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 Sur la route de la vengeance

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Liam Baldwin

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Maladie mentale : Hypersexualité

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MessageSujet: Sur la route de la vengeance   Mar 15 Déc - 19:12

>> En provenance de Candyland

La paume de sa main le lançait et la fumée brûlait ses poumons mais ça lui rappelait qu'il était en vie. Il faisait partie de ceux que la sélection naturelle avait épargné et il comptait bien y mettre du sien en faisant disparaître quelques spécimens Dreamlandien. Entre chaque bouffée, ses doigts pianotaient sur le volant, dénotant son impatience. Qu'est-ce que Jonh fichait à la fin ? Il s'apprêtait à descendre de la camionnette pour vérifier qu'il ne s'était pas pendu avec un rouleau de réglisse géant quand la silhouette du dépressif se découpa dans la lumière des phares.

- C'est pas trop tôt , siffla-t-il entre ses dents alors qu'il mettait le contact.

Le moteur se mit à ronfler dans le silence de la nuit et Jonh monta à l'avant, place généreusement laissée par Rochel. Liam n'était pas trop sûr de comprendre pourquoi mais ce n'était pas plus mal. Moins il aurait de pseudo dispute de couple et mieux ça irait. Il était vraiment pas en état de se prendre la tête pour des histoires sexo-sentimentales. La raison de son isolement était peut-être autre, peut-être voulait-il simplement un peu de temps pour penser à sa nana cannée après la conversation qu'ils avaient eu dans le bar, mais le fait est que la finalité le servait plutôt.

Alors que le véhicule s'engageait dans la rue déserte, son élève prit la parole pour s'excuser. Assez inattendu, au point de faire hausser un sourcil du violeur. Il aurait cru que les premiers mots qu'on lui lancerait serait des reproches mais ce bouleversement dans les habitudes n'était pas un mal. S'il avait besoin d'un soutien, c'était bien de Jonh. C'était le seul à avoir voyagé en leur compagnie, à avoir pu voir vraiment à quel point ils étaient proches et donc la perte grande. Le seul à avoir connu et apprécié Ella. Le seul à souffrir aussi de sa perte, même si c'était de façon moindre. Le seul à le comprendre assez pour supporter sa rage, ses accès de colère et sa cruauté motivée par sa douleur.

- Merci.

Un coude à la portière, Liam inspira une nouvelle bouffée de nicotine, les yeux rivés sur la route. Ces cinq lettres, il n'y avait rien besoin de plus. Quand on savait à quel point ce mot était rare dans sa bouche, on savait le savourer.

Il leur fallut environ 20 minutes pour rejoindre le tunnel qui menait hors de Candyland et 2 pour le franchir. Pouvoir enfin respirer un air non chargé de particule de sucre était un véritable soulagement mais l'ex-taulard n'était pas en état de se réjouir des plaisirs simples de la vie. Il scrutait les panneaux afin de trouver la destination qu'il recherchait, sa carte de Dreamland dépliée sur ses genoux crasseux. Il ne fallut pas longtemps pour qu'un panneau clinquant annonce la direction tant attendue...

… Gloutoniskaïa.

Appuyant sur le champignon, Liam s'engagea sur la voie rapide. Une chance que la destination soit si touristique. Ça leur évitait les routes de terre et les errances, l'heure tardive les protégeant en plus de ça des embouteillages. C'était comme si l'univers entier s'agençait pour lui offrir sa vengeance sur un plateau d'argent. Cette pensée fit flotter l'espace d'un instant un sourire sur ses lèvres après quoi il fut de nouveau avalé par une vague de tristesse et de colère. Il se réjouirait lorsqu'il danserait sur leurs cadavres, en attendant il fallait se concentrer sur sa conduite.

A ses côtés, Jonh se tenait dans une position inconfortable pour ne pas souffrir ; à l'arrière, Rochel se muait dans un silence pensif. De tout ça ne sortait qu'un silence lourd, dérangeant, où l'on pouvait presque voir dériver des nuages d'idées noires. Liam le balaya sans remord en prenant la parole alors que la camionnette dépassait une borne qui indiquait « Gloutoniskaïa : 250 km ».

- Jonh, je pense savoir comment trouver ces enfoirés mais on risque de se taper beaucoup de route, surtout si on doit ensuite remonter dans les terres gelées. On te soignera là-bas, y'aura forcément un Merlin l'enchanteur pour nous vendre une poudre de perlimpinpin quelconque.

Il tapota la vitre pour désigner le panneau sur lequel le nom de la ville magique s'étalait en lettres de feu. Pour mettre autant de cœur à être visible, cet endroit devait être un vrai attrape-touriste. Ne restait plus qu'à espérer que de vrais professionnels se trouvent là-bas et non juste une armée de charlatans.

- Si nous ne sommes pas capables de deviner qui ils sont, la magie le peu, non ? Donc on va se trouver un voyant, un mage ou n'importe qui capable de nous renseigner. Je payerai ce qu'il faut pour pouvoir les faire payer, eux.

Son regard s'était fait aussi dur et froid que l'acier alors que ses poings se crispaient sur le volant, faisant crisser le cuir. Un léger soubresaut fit serrer les mâchoires du dépressif, tirant Liam de sa rêverie meurtrière. Tiens, pourquoi ne pas se conter des histoires pendant le trajet ? Ça aurait au moins le mérite de l'empêcher de ruminer.

- Et si tu nous racontais en détail ton initiation au sado-masochisme ? Rochel pourrait aussi te conter notre petit safari sucré. Il marqua une pause et ajouta, sur un ton qui ne permettait pas de trancher entre le sérieux et l'humour : Empêchez-moi de penser.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Sam 19 Déc - 20:45

Comme prévu, Jonh ne tarda pas à revenir. L'attente avait été longue pour Liam ; Rochel, quant à lui, était soulagé. Soulagé de voir que Liam pouvait au moins compter un ami dont la fidélité indéfectible lui permettait de ne pas être seul. Manifestement, le concerné ne le vit pas de cet œil-ci mais un jour il comprendrait, avec un peu de chance. Seul le temps permet de soigner les blessures et donne à la raison la clé de la conscience de ce qui nous entoure.

Les premiers mots du bipolaire furent à l'adresse de l'insomniaque qui lui répondit par un signe évasif afin de lui signifier qu'il n'y pensait déjà plus. Tout était pardonné, la rancune n'avait pas sa place dans le cœur de Rochel. Pas pour un incident aussi futile, tout du moins. Chaque homme subit les aléas de ses passions et on ne peut reprocher même au plus sages de faire preuve de faiblesse par moment. Le fait que Jonh regrette était déjà amplement suffisant pour le phobique.

Il sentit le regard de Liam se poser un instant sur lui mais ne lui rendit que furtivement son regard. Peut-être que ce dernier s'interrogeait sur la raison qui l'avait poussé à céder sa place à Jonh. Aux yeux de l'insomniaque, c'était assez évident. Il ignorait toujours quels rapports entretenait ce dernier avec Liam mais il voulait que son inclusion au groupe se fasse naturellement et pas par une espèce d'imposition impromptue. Le temps était le maître mot, à fortiori pour lui, pour qui le temps s'était déjà arrêté depuis...

Une fois arrivés au tunnel, les gardes de CandyLand leur firent signe de passer en indiquant que le tunnel était bien opérationnel. Les routes avaient été dégagées au préalable et le passage sous la montagne passé au peigne fin dans le but de débusquer les survivants éventuels de la nuit dernière. Bien que le trajet sous la roche fut proportionnellement court par rapport au reste du voyage qu'ils venaient d'effectuer, ce fut le moment le plus marquant pour Rochel.

Cette nuit, il quittait une région pour en visiter une autre. Pour voyager. C'était à priori ce que l'on attendait de lui au vu de sa nature, du nom auquel ils répondaient : les voyageurs. En outre, plus rien ne le retenait dans ce lieu merveilleux... mais il avait le vague à l'âme. Pour la première fois, il avait l'impression de quitter un lieu en y ayant véritablement FAIT quelque chose, en ayant influé sur le cours de l'histoire de manière positive. Cette impression de plénitude mélancolique qui, elle seule, sait remplir un cœur laissé trop longtemps vide ; l'impression d'appartenir à quelque chose.

Les habitants de CandyLand lui manquaient déjà, les décors aussi. Tout comme Anna et Toffee, Dieu seul sait où ils sont.
- C'est donc là que nous allons : « Gloutoniskaïa » ? demanda Rochel après que Liam eut pris la parole, brisant encore une fois un silence oppressant comme lui seul savait le faire.

Il n'avait pas souvenir d'être allé dans un tel endroit. L'insomniaque tenta un instant de se plonger dans ses souvenirs afin de faire une liste des lieux qu'il avait visité. Il remonta ainsi jusqu'à Elipse quand son crâne fut transpercé d'une douleur atroce, accompagnée d'un réel sentiment de mal-être dont la cause était inconnue. Plus il ressassait ce nom et plus il était troublé, en proie à des réflexions équivoques et paradoxales ; des impressions de déjà vu...

L'ex-taulard le tira à moitié de cette spirale infernale mais il eut besoin d'au moins une bonne minute pour chasser définitivement ces pensées néfastes de sa boîte crânienne qui semblait sur le point d'imploser.
- Je n'ai rien contre le fait de raconter mais l'histoire est quand même largement moins joyeuse que le titre ! Mais bon, à toi l'honneur, Jonh. Je suppose que tu as toi aussi subi cette téléportation hasardeuse ? Où as-tu atterri ?

Rochel voulait savoir si cet événement qui les avait réunis, James, Liam et lui, était juste un phénomène isolé ou plus global. Et dans le second cas, quelle en était la signification ? Quel dessein pouvait vouloir les placer dans de telles situations ? Était-ce pour obliger les voyageurs à se rencontrer et se côtoyer ou bien le but était-il moins noble et Dieu voulait juste les séparer de ceux qu'ils connaissaient ?
Il fronça légèrement les sourcils et chassa rapidement sa pensée blasphématrice. Il n'avait pas besoin d'être hanté par un Diable dreamlandien, vraiment : il avait déjà assez de problèmes comme ça.

Sur la route, tout semblait calme et seules quelques rares voitures croisaient leur chemin de temps à autre. Parfois, on entendait le bruit d'un chemin de fer à proximité.
Ah si, il y avait bien cet homme qui attira l'attention en levant le pouce pour qu'on le prenne en stop. Enfin c'était surtout son bonnet à pompon qui attirait l'attention avec ses couleurs bariolées.
- C'est... c'est un hippie..?
La camionnette passa mais ne s'arrêta pas. Au contraire, il sembla à Rochel que le véhicule avait légèrement accéléré. Comme les petits détails de la vie qui fâche, on est pressé de les mettre de côté, semble-t-il.
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Jonh Matrevis

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Lun 21 Déc - 20:28

C'était un simple mot mais Liam le disait tellement peu que venant de sa part il n'était pas "simple". En même temps Jonh n'avait pas non plus attendu de remerciement en retour. Cela lui paraissait normal d'aider son ami à venger sa fille. Surtout que ces salopards n'hésiteraient pas à s'en prendre à d'autres voyageurs innocents. Maintenant restait à savoir comment retrouver les coupables. A Dreamland tout était possible alors retrouver ce genre de personne ne devrait pas être compliqué si on savait où aller.

A la vue des panneaux, Liam semblait avoir jeté son dévolue sur une ville appelé Gloutoniskaïa. Ce nom ne disait rien au dépressif, mais ça lui inspirait de la nourriture. Après le pays des bonbons ils allaient tomber dans quoi ? Le conducteur ne tarda pas à affirmer son hypothèse silencieuse. Apparemment là bas il y avait des magiciens vu que l'hypersexuel s'attendait à voir Merlin l'enchanteur et de la poudre de perlimpinpin. Peut être un endroit où au moins il ne serait pas bizarre de se balader avec un nuage au dessus de la tête ou d'être confondue avec un Dieu.

- Si tu le dis, je te fais confiance

De toute façon ce n'était pas en restant à Candyland qu'ils allaient trouver un moyen de retrouver les meurtriers. Alors peut être que Gloutoniskaïa était une bonne idée, si il y avait vraiment des magiciens là bas. A voir ensuite à quel prix une telle information risquerait de coûter à Liam. Si il le fallait Jonh y mettrait du sien aussi. Rochel, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis leur départ, demanda confirmation sur la destination.

- C'est ça, tu y es déjà allé ?

Après tout Rochel ne semblait pas être un nouveau voyageur, peut être avait il pas mal de vu de ville avant de tomber sur Liam. Le dépressif aurait préféré être avec quelqu'un sur Rochel que de retrouver Eve et de faire connaissance avec Sydney. Il espérait ne plus jamais recroiser ces deux là, que ça soit ici ou dans le monde réelle.
La voiture sauta légèrement, faisait serrer les dents de Jonh. Pendant un temps il avait oublié que Liam n'avait pas une conduite très souple. A vrai dire la route ne semblait même pas avoir de limitation de vitesse. L'hypersexuel choisit ce moment pour se raconter à chacun leur petite aventure. Le dépressif n'avait pas vraiment envie de parler de ça, mais bon si ça permettait à Liam de ne plus avoir des pensées sombres alors il pouvait bien se sacrifier. Visiblement, c'était même à lui de commencer, honneur que lui faisait Rochel.

- J'ai atterri 20 milles lieux sous les mers

Marmonna t-il. Rien que de dire ça, il sentait ses mains se crisper sur son siège. Il ne mettrait plus ja-mais un pied dans l'océan.

- A Atlantis, plus exactement...oui la cité engloutie

Reprit il en devançant la question.

- Sauf que ça s'est pas passé aussi bien que de votre côté...déjà je suis retombé sur une de nos connaissances Liam...Eve.

Il était toujours étrange qu'elle n'ait pas tenté quoique se soit là bas quand il avait le dos tourné.

- Il y avait aussi un autre de tes camarades...Sydney, un grand paranoïaque ça te dit quelque chose ? Manifestement il a beaucoup de respect pour toi


Il se tue quelques secondes, bougeant sur son siège en grimaçant pour trouver une position plus confortable. Il y en avait pas cinquante, mais être arqué à la longue lui faisait mal à la nuque. D'ailleurs il passa sa main dessus pour se masser un peu. Ils croisèrent un piéton sur le bord de la route et Rochel avait l'air étonné de voir un hippie. Jonh haussa les épaules et reprit.

- En gros, les habitants de là bas nous ont pris pour des Dieux, parce qu'ils avaient demandé leur aide. Ils ont une île voisine en dessous de la leur qui leur est rentré dedans...Du coup ils étaient largement en guerre et voulait régler le soucis...Mais bon voilà, Eve pouvait pas se taire et à hurler aux mensonges alors qu'on était avec le roi. C'est drôle quand même alors que pour tabasser des gens elle hésite pas à lever la main...enfin bref du coup le roi il a crié à la trahison et nous a ligoté sur des rochers pour qu'on se fasse manger par un poulpe géant...

Jonh continua son récit, racontant comment par miracle il avait lancé un éclair sur la tentacule et que du coup le roi l'avait prit pour Zeus. Ce rôle, qu'il avait pas demandé, forcé de porter pour trouver un moyen de remonter la surface. De quelle façon la paranoïa de Sydney avait failli le rendre fou et aussi tout foutre en l'air...jusqu'à la note finale.

- J'ai pas les épaules pour jouer à Zeus, ils avaient sans doute griller depuis le début que j'étais pas lui... On nous a servis à manger mais c'était empoissonné. Quand on s'est réveiller Eve et moi on était sur une place publique. Il n'y avait aucune trace de Sydney, il avait dû fuir, il nous avait même pas suivis au repas je crois...et puis ils nous ont fouettés encore et encore jusqu'à ce qu'on perde connaissance

Il se souvenait encore des coups sur son dos, de leur brûlure et de la pierre froide à son réveil.

- J'étais en prison quand j'ai reprit mes esprits, j'allai être exécuté mais...un coup m'a réveillé

Jonh jeta, malgré lui, un coup d'oeil accusateur sur Liam. La frustration renaissante d'avoir été si près du but. A deux doigts d'atteindre le salut, de pouvoir oublier tout ça, toute cette douleur. Et ce mal qui habitait son dos lui rappelait vilement qu'il avait frôlé la mort.

- Bien sur, mes blessures d'ici sont aussi douloureuses que là bas alors mon dos me faisait un mal de chien...je suis allé dans la salle de bain et j'ai vidé une boîte de doliprane...je pense que j'ai du trop en prendre puisque je me retrouve là

C'était une pure invention, mais Jonh n'avait pas envie de raconter sa deuxième rencontre avec Sydney, le coup de couteau et les flics. Au final il avait quitté une prison à Dreamland mais il allait en rejoindre une autre à San Francisco.
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Liam Baldwin

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Mar 22 Déc - 20:22

Est-ce qu'ils allaient à Gloutoniskaïa ? Oui. Est-ce qu'il y était déjà allé ? Non, mais il en avait longuement entendu parler durant sa première semaine à Dreamland. Sept jours à draguer la jolie Marie, l'écouter parler puis pleurer et supplier une fois qu'elle s'était retrouvée séquestrée dans son propre appartement avec son gosse de 13 ans pour lui tenir compagnie. Son hôte forcée travaillant dans l'import-export, elle n'avait que put aborder le sujet du premier partenaire commercial d'Elipse – et probablement du reste du monde. Un endroit pseudo utopique remplit de magiciens et autres conneries mystiques. Jamais jusqu'alors le tueur n'avait eu envie d'y mettre les pieds. Ce n'était qu'un attrape-touriste, une attraction pour tous les fans d'Harry Potter qui parcourraient Dreamland... mais qui pourrait se rendre utile cette fois.

- Non, mais mon petit doigt m'a dit que c'était l'endroit rêvé pour ce que je veux.

Joignant le geste à la parole, il leva sa main valide pour plier et déplier son petit doigt avec un clin d’œil lourd de sens. Cette réponse sembla suffire à Jonh qui, après y avoir été doublement invité par Rochel et lui, entreprit de raconter son périple. Liam écoutait attentivement, y allant de temps en temps de sa petite remarque humoristico-sarcastique jusqu'à ce que l'histoire arrive à son terme. Le moins qu'on puisse dire était que son élève ne s'était pas ennuyé...

Être pris pour un Dieu ? Vraiment ? C'était quelque chose que Liam aurait trouvé jouissif. Les portes de l'abus de pouvoir se seraient ouvertes à lui, la voie royale pour modeler le monde en son idéal moral. Mais Jonhy préférait se plaindre de ce rôle et de ses compagnons de route. Bon, il fallait avouer qu'il n'avait vraiment pas été gâté, d'ailleurs en entendant les noms Liam ne s'était pas privé de lâcher un rire narquois.

- Je ne suis pas vraiment étonné de la conclusion étant donné les gens qui t'accompagnaient... Le bon, la brute et le truand, vraiment ! Mais vous vous étiez trompés de décor, ça aurait mieux rendu en style western.

Une musique s'éleva alors dans l'habitacle, liam se lançant dans ce qui ressemblait plus ou moins à une improvisation involontaire de comédie musicale.

♪ Écoutez bonnes gens, la cruelle et douloureuse histoire des voyageurs qui furent l'incarnation des dieux... et que ceux ci servent d'exemple à tous ceux qui se laisseraient tenter par la mégalomanie.

A leur arrivée sous l'eau...
Au lieu d'être des hommes, ils furent des dieux
En guise de costumes, des voiles de mensonge
Ne vous étonnez pas si leur tout premier échec
Fut de se tirer dans les pattes pour la gloire.

Tagada tagada, voilà les faux dieux,
Tagada tagada, voilà les faux dieux,
Ils s'sont fait griller !
Tagada tagada, ils ont bien bouffé... ♫


Il n'était pas bien sûr de ce qui venait de se passer mais il accueillit l'interlude musical avec un haussement d'épaule. Le dépressif avait déjà ses règles – elles lui dégoulinaient même dans le dos- alors ça ne pouvait pas être pire, chanson ou pas chanson.

Le fait que Sydney le tienne en si haute estime était surprenant, néanmoins. Ce mec était malin mais complètement parano, il était du genre à ne croire et n'estimer que lui-même. Pourquoi alors vanter les mérites d'un mec qui n'avait croisé qu'une fois sa route et avait trahis sous ses yeux quelqu'un, juste dans le but de s'en sortir facilement avec une part plus grosse ? Jonh avait dû se faire manipuler comme un bleu, assez évident quand on voyait qu'au final le pirate s'était tiré sans eux. Connaissant le larron, c'était couru d'avance.

Lorsque fut évoqué sa presque mort, le coup d’œil accusateur du dépressif fit hausser les épaules de Liam. Il ne croyait quand même pas qu'on allait le plaindre de ne pas avoir fini en légume, non ? Liam ne se sentait pas coupable pour deux sous, en tout cas.

- On va régler tes petits soucis de santé bientôt, tout ça ne sera qu'une anecdote à raconter au coin du feu.

Une borne kilométrique indiquant « Gloutoniskaïa : 235 kilomètres » lui signifia que bientôt était encore loin. Pas sûr que Jonh tienne aussi longtemps dans cette position soit-dit en passant. Il aurait plus vite fait de se foutre à genoux par terre, la gueule sur le siège. Ça donnait l'air stupide mais ça aurait au moins eu le mérite d'être plus confortable. Mais c'était un grand garçon, il saurait se gérer tout seul.

Tout ce qu'il pouvait faire pour aider, c'était appuyer sur le champignon. Autant pour lui que pour son associé. Il avait déjà trop perdu pour se permettre de se la couler douce et de se retrouver avec un macchabée mort d'infection sur le siège passager. Même s'il l'aurait difficilement reconnu à voix haute, perdre de Jonh aurait été le coup de grâce après ce qu'il avait appris le matin même. Quand deux doigts suffisaient à compter les gens qui tenaient à vous, il fallait savoir en prendre soin, un minimum.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Sam 2 Jan - 18:30

- Je n'y suis jamais allé non plus... je crois.

La conviction était la seule chose qui restait alors que les souvenirs de l'insomniaque se trouvaient toujours plus brouillés d'aventure en aventure. Deamland était pourtant tellement étrange qu'on pourrait passer toute une vie à l'explorer et le découvrir encore par endroits ; c'était la mécanique inverse pour Rochel. Bien sûr : il découvrait les lieux nouveaux avec le même étonnement que tout le monde mais il y avait aussi cette sorte de dualité, cet effet de déjà-vu qui le suivait en permanence sans qu'il puisse mettre le doigt dessus. Il n'était jamais allé à Gloutoniskaïa et pourtant, c'était comme s'il avait déjà entendu parler de cet endroit, d'une manière ou d'une autre.

Jonh avait déjà commencé son récit et l'insomniaque eut besoin de quelques bonnes minutes pour comprendre le fond de ce que son collègue dépressif disait tant le récit était décousu. Lorsque Liam reprit la parole pour commenter, Rochel s'abstint de toute parole tant il était dubitatif. Il imaginait également Atlantis, la ville majestueuse que les flots ont recouverts. Si de telles légendes existaient vraiment à Dreamland, alors les événements de la Bible devaient bien y avoir place eux aussi. Nul doute ainsi que Dieu existe bel et bien, mais dans ce cas, comment expliquer sa volonté et la course du temps que lui seul a su broder au Commencement de l'univers ?

- Si on parle de la même Eve, alors je l'ai croisée aussi. Dans les Terres Gelées. C'est d'ailleurs en très grande partie grâce à elle et son amie que nous avons pu retrouver nos ombres. J'ignorais où elle était depuis que nous avons été magiquement séparés. J'imagine que Dieu a voulu la placer à tes côtés pour une raison quelconque, Jonh.

Il avait utilisé le terme « Dieu » à défaut d'un autre terme, n'aimant pas vraiment considérer l’œuvre de leur créateur comme un simple hasard. Il fallait de plus être prudent sur les termes à utiliser si Dieu existait vraiment physiquement dans ce monde.

- L'autre, par contre, « Sydney », je n'en ai jamais entendu parler. Les seuls voyageurs que je connaisse, je les connais depuis peu, lorsque je suis arrivé dans ce monde, à la sortie d'Elipse. Notre groupe en a rencontré un autre et tout le monde s'est séparé par la suite, il n'y a pas grand-chose d'autre à savoir. Mais bref, pour le « safari sucré »...

Le jeune homme se mit à réfléchir en faisant le point sur le contexte et les événements clés afin de résumer simplement mais efficacement leur périple. Il s'était passé tant de choses que raconter le moindre détail prendrait trop de temps, bien qu'ils en avaient à disposition. Se contenter des anecdotes les plus intéressantes devrait faire l'affaire, et puis Liam pourrait toujours commenter pendant le récit.

- Nous sommes arrivés à CandyLand à peu près en même temps, Liam, James et moi. On ne pensait pas rester très longtemps mais partir immédiatement s'est avéré impossible à cause de la mise en quarantaine de la ville à cause de ce que les villageois appelaient les « Grands Dévoreurs ». Chaque nuit depuis un mois, ils étaient visités par des monstres qui s'en prenaient à eux et à leurs habitation. Et le jour de notre arrivée, c'est leur trésor le plus précieux qui leur a été dérobé. Nous avons donc proposé notre aide au maire.

Pour des raisons de concision et parce qu'il se doutait qu'elles étaient assez différentes d'un voyageur à l'autre, Rochel évita de mentionner la raison pour laquelle ils avaient proposé leur aide. Lui, il l'avait fait par simple bonté morale mais il y avait fort à parier que c'était la promesse d'une quelconque récompense qui avait surtout appâté Liam. La charité chrétienne n'y était probablement pas mais au final, seul le résultat comptait.

- Comme tu peux le constater, nous avons survécu et apporté la paix dans la région mais il a d'abord fallu comprendre que deux affaires étaient croisées autour d'une même investigation : la pépite de chocolat géante avait en fait été volée par des chasseurs de primes précédemment engagés par le maire après lui avoir fait croire qu'ils souhaitaient, eux aussi, résoudre le problème des Dévoreurs.

Nous avons donc retrouvé la pépite, écroué les voleurs et... décimé les Dévoreurs. C'était la seule solution. Des vies étaient en jeu !
Ah, et nous avons fait la connaissance de Fanny, une nouvelle voyageuse, et Anna, une fillette voyageuse prise entre deux feux relatifs à cette affaire. Toutes les deux vont bien et ont déjà dû partir loin d'ici.


Il laissait à l'ex-taulard le choix de parler davantage ou non de leurs rencontres, omettant ces précisions car elles n'étaient pas vraiment centrales à l'intrigue principale... enfin pas rétrospectivement. A la pensée d'Anna, l'insomniaque eut un regard attendri sur le bracelet de plastique qu'il avait autour du poignet. Pourvu qu'ils ne manquent pas à Anna, où qu'elle aille. Peut-être qu'un jour, leurs chemins se croiseraient à nouveau et que ce serait elle qui les aiderait en retour, qui sait ? Tout pourvu qu'elle ne connaisse pas le même sort que la petite Ella. Ça non plus, il ne l'aurait pas dit à haute voix : inutile de retourner le couteau dans la plaie !

- Ça dérange quelqu'un si je mange un peu de sanglier séché ? J'ai vraiment besoin de manger quelque chose qui ne soit PAS du sucré...
En effet, le contenu de son baluchon n'était pas très probant, bien que beaucoup d'objets s'y soient amoncelés, apparaissant à intervalles régulières à mesure qu'il avait énoncé leur aventure. Des objets de Noël, pour la plupart. Il commença à en faire l'inventaire, d'ailleurs, découvrant des artefacts du plus utile au plus... décoratif.
Il y avait aussi une cloche qu'il ne se souvenait pas avoir possédé auparavant, ainsi que d'autres bizarreries. Un rire discret mourut dans sa gorge en constatant qu'il y avait une couverture dans le lot. Il pourrait rendre la sienne à Milly, à l'occasion.

Refermant un pan de tissus sur ses biens, il se pencha à nouveau en direction de la fenêtre pour regarder le paysage défiler tout en mâchonnant une espèce de jambon de sanglier au goût musqué assez prononcé. La fatigue était toujours présente mais il se sentait bien. Assez pour pouvoir veiller une bonne partie de la nuit. Il espérait seulement que ses compagnons l'aident un peu à ne pas tomber de sommeil, ce qui s'avérait difficile entre un Liam à l'humeur massacrante et un Jonh courbé comme un vieil homme. Ce n'était pas ce soir qu'ils allaient faire une soirée Twister..
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Jonh Matrevis

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Sam 2 Jan - 20:43

Aucun d'eux n'avait été à Gloutoniskaïa. Chouette. Qui savait ce qu'il y avait là bas. Jonh espérait en tout les cas que ça ne soit pas Eve ou Sydney. Il avait suffisamment vu leur visage jusqu'à sa mort. Quoique le nom de cette ville lui disait quelque chose. On lui en avait déjà parlé mais pour l'instant il n'arrivait plus à mettre le doigt dessus. Ca lui reviendrait sans doute plus tard, il y avait encore beaucoup de kilomètres avant d'arriver à destination. Un temps suffisamment long pour que le dépressif se lance dans le récit de ses aventures. Il ne s'attendait pas à ce que Liam se montre compréhensif ou n'importe quel autre sentiment qu'une personne normal ressentirait. Non il restait lui-même, Jonh s'étant donc simplement contenté de froncer les sourcils. Visiblement l'hypersexuel trouvait ça drôle, assez pour blaguer et même chanter dessus.

Rochel connaissait Eve, et il était difficile de croire qu'il s'agissait de la même personne. Elle était comme Sydney, elle pensait qu'à sa pomme. En tout les cas si c'était Dieu qui s'était amusé à faire ce trio, si jamais Jonh croisait son chemin il allait lui dire sa façon de penser. Il aurait préféré être tout seul au fond de l'eau, au moins personne ne l'aurait prit pour ce qu'il n'était pas.

- Je te souhaite de ne jamais le rencontrer, ou si c'est le cas je te conseille de l'éviter...Même Liam est plus fréquentable que ce pirate à deux balles

Au moins Liam n'était pas un lâche. Du moins pas dans les souvenirs du dépressif. Ce fut au tour de Rochel de raconter ses aventures avec l'ancien taulard. Il n'était pas étonné que son ami ait accepté d'aider, dans ce genre de chose il y avait toujours une récompense. Il se sentait quand même fier que celui pour qui il avait des sentiments avaient quand même un coeur. Pas qu'il en ai douté, après tout il l'avait donné à Ella. Le nom de James et de Fanny ne lui disait rien du tout. Combien y'avait il de voyageurs dans ce monde ? Jonh avait l'impression d'avoir plus rencontrer de gens ici que dans le monde réelle.

- Vous devez être des héros pour cette ville alors...En tout les cas je suis rassuré que vous vous en soyez sortie

Il posa brièvement sa main sur la cuisse de Liam. Il ne savait pas ce qu'il aurait fait si il se serait réveillé avec un légume à côté de lui. Sans doute aurait il cherché un moyen de le ramener à Dreamland. N'importe lequel. Même échanger sa vie. Quoiqu'il en dise, il remplissait sa vie à présent et sans lui, le dépressif se sentirait vide de tout sens. Il était plus probable que Liam se remette de sa mort que l'inverse.
Rochel l'enleva de ses sombres pensées en demandant si il pouvait manger la viande séchée. Il comprenait que ça devait être difficile de voir les sucreries en peintures, après en avoir vu des vivants et résidé dans une ville qui ne sentait que ça. Du peu que Jonh était resté, il sentait que lui même ne pourrait pas supporter un bonbon pendant un moment.

- Oui bien sur

Jonh replongea ensuite dans ses pensées, essayant de se rappeler où il avait entendu parler de Gloutoniskaïa. Ca l'aidait aussi pour oublier les courbatures dû à sa position inconfortable et le sentiment que son sang coulait le long de son dos. Il avait hâte que tout ça ne soit plus " qu'une anecdote à raconter au coin du feu". Le paysage défilait devant ses yeux, et chaque pancarte qu'il apercevait voyait les kilomètres de leur destination diminuer. 220. Ca lui paraissait le bout du monde.
Jonh ferma les yeux pour se concentrer, se repassant dans sa tête les évènements. Ce n'était pas à Atlantis, ni chez les robots. Ça ne pouvait pas être Liam. Ce n'était pas non plus Jake. Le dépressif sursauta tout seul sur son siège comme si il venait de se réveiller d'un cauchemar. Il lâcha un gémissement de douleur dû à cette soudaine pulsion. Alexander. C'était Alexander qui lui en avait parlé dans la plaine.

- Le Marchand de sable

Jonh tourna la tête vers Liam et légèrement vers Rochel.

- Alexander, un autre voyageur m'avait parlé de ce qui lui était arrivé à Gloutoniskaïa...Son groupe s'était fait attaquer dans la bibliothèque...Il m'a dit qu'il était dangereux et qu'il voulait notre fin.

Le dépressif n'avait pas peur, non au contraire, se souvenir qu'on l'avait prévenu qu'il était lui aussi en danger de mort l'excitait. Il avait même pas besoin de chercher à mourir, quelqu'un le ferait le moment venu.

- Enfin c'est pas du sable qui nous empêchera de venger Ella
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Liam Baldwin

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Mar 12 Jan - 20:01

Les bondieuseries de Rochel arrachèrent un grommellement inintelligible à Liam. C'est Dieu qui l'avait voulu, hein ? Mon cul oui ! Le saint père existait autant que sa propre chasteté et les preuves de cette affirmation étaient si nombreuses que le tueur ne voyait pas par où commencer. « Il » avait des desseins cachés, « Il » leur imposait des épreuves... le fait est que les grenouilles de bénitier avaient juste besoin d'un espoir à quoi se raccrocher pour mieux supporter la dure réalité. Personne ne veillait sur l'humanité depuis un putain de nuage. L'Homme naissait seul et crevait de la même manière. Est-ce qu'il avait envie de le lui balancer ? Oui. Est-ce qu'il le fit ? Non. Si prendre la gueule au volant, c'était un coup à finir dans le décor, surtout vu son état actuel.

Comme s'il avait compris l'agacement du trentenaire, le phobique changea de sujet pour raconter leurs récentes aventures. En l'écoutant, le violeur avait presque l'impression d'être un blanc chevalier en armure. La blague ! Un sourire étrange flottant sur ses lèvres, Liam acquiesça d'un signe de tête lorsque la demande de piquer dans les réserves de barbaque fut formulée. Il y en avait tellement qu'il ne voyait pas l'intérêt de rationner. Et pendant que Rochel mâchonnait, Jonh quant à lui déversait son venin sur Sydney. Le sourire en coin de l'ex-taulard s'agrandit d'un cran.

- Il est pas si terrible que ça... il est au moins capable de suivre un plan quand on lui donne. J'ai déjà bossé avec et j'ai pas eu à m'en plaindre. Enfin je ne sais pas si s'entendre avec moi en fait quelqu'un de socialement viable, conclut-il avec humour.

Il se sentait toujours mal mais parler lui faisait du bien. Le contact de la main de Jonh sur sa cuisse, aussi, comme le démontra bientôt la croissance de son bras et d'une bosse dans son pantalon. A croire que les hormones ne prenaient jamais de repos... mais après tout, quoi de plus normal ? Le sexe était un moyen comme un autre d'évacuer la tristesse, la colère et la frustration. Comme s'il avait capté sa pensée et tenté d'y couper court, son élève se mit alors à déblatérer des choses sur un certain Marchand de Sable. Visiblement Gloutoniskaïa n'était pas aussi paisible qu'elle était décrite dans les brochures touristiques mais... et alors ? Il n'y avait pas grand endroit dans ce monde où personne ne voulait votre peau.

- Et bah il foutra son nom sur la liste et il fera la queue, comme tout le monde. Il jeta un regard entendu à Jonh. Dis-moi plutôt ce qui ne veut pas nous tuer, ce sera plus rapide. Et dans tous les cas... tant qu'on le crève avant qu'il ne nous ait fait la peau tout ira bien.

Tuer ou être tué, un formidable précepte autour duquel tous les voyageurs construisaient leur vie à Dreamland. Le violeur n'avait aucune idée de qui était ce personnage de conte pour enfant mais ce n'était pas ce genre de croque-mitaine qui allait lui faire peur. Il opina du chef lorsque le dépressif déclara qu'il ne représenterait pas un obstacle à leur vengeance.

- Même la mort ne m'empêcherait pas de la venger.

Cette déclaration était tombée comme un couperet et l'ambiance avec. Les vagues tentatives de conversation qui suivirent tombèrent à l'eau et la suite du voyage se déroula dans un profond silence. Si Jonh et Rochel purent éventuellement fermer l’œil, ceux de Liam restèrent braqués sur la route. Il avalait les kilomètres en fixant l'horizon où le visage souriant d'Ella se superposait au paysage. Dans ce calme nocturne lui revenait chaque souvenir, chaque instant de paix, chaque éclat de rire. Il se remémorait avec douleur à quel point sa vie était devenue presque parfaite et jubilait intérieurement à l'idée des sévices qu'il allait infliger aux bourreaux de sa fille. Ainsi perdu dans ses pensées, le trajet ne lui parut plus si long...

- Debout les marmottes, on est arrivés.

Toquant à la vitre pour pousser ses camarades à regarder à l'extérieur du véhicule, ils purent tous admirer la vue idyllique qu'offrait l'entrée de la cité. C'était tellement fantaisiste, lumineux et incroyable qu'on ne pouvait s'empêcher de se frotter les yeux pour vérifier qu'on était bien éveillé. La camionnette était garée sur le parking d'un gigantesque hôtel situé à la périphérie de Gloutoniskaïa et qui portait le nom pompeux « Aux bras de Morphée ». Il était 3 heures du matin et Liam était si claqué qu'il avait déjà décidé sans consultation qu'ils passeraient la fin de la nuit ici. Les choses sérieuses attendraient le petit matin.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Ven 5 Fév - 16:35

Le monde est petit, dit-on. Encore une fois, l'expérience des voyageurs légitimait cet adage autour de la personne qu'était ce Sydney. Tantôt dépeint comme un monstre d'égoïsme et de lâcheté, tantôt loué pour sa loyauté et sa fiabilité, les avis de Jonh et Liam étaient contradictoires... trop pour qu'il fut possible d'établir un portrait correct de cette personne. Cela avait au moins le mérite de soulever la problématique d'un second adage, à savoir que l'habit ne fait pas le moine. C'était mieux ainsi : Rochel se ferait sa propre idée des gens qu'il croiserait, tout comme il avait un avis sensiblement différent de Jonh et Liam concernant Eve, Dieu seul sait où elle est et si elle va bien.

- Qui, les Candilandiens ? Hm oui, je suppose qu'on doit être des sortes de héros à leurs yeux. Pour ma part, j'ai été récompensé pour mes actes, je ne demande rien d'autre. L'idée d'avoir des gens me vouant un culte, ce n'est pas ce que je veux. On a tous agi parce qu'on avait nos raisons – différentes les unes des autres – mais est-ce que c'était vraiment de l'héroïsme..?
Le silence avec lequel l'insomniaque répondit à sa propre question indiquait de manière éloquente l'ironie et le caractère rhétorique de celle-ci. Il n'avait pas non plus la force de s'interroger davantage, pas plus qu'il n'avait l'envie de se plonger dans de longues introspections philosophiques pour un sujet comme celui-ci. Tout s'était bien terminé, c'est ce qui compte.

Malheureusement, on a beau se refréner, on ne peut s'empêcher absolument de penser, aussi l'esprit du dépressif dériva rapidement du souvenir bienheureux des habitants sains et saufs à ses propres préoccupations macabres et mélancoliques cependant qu'il mâchonnait sans réelle faim un morceaux épais de viande séchée.

Il ne sursauta même pas lorsque Jonh prononça le nom du Marchand de Sable sur un ton assez paniqué. En vérité, c'était moins grâce à un quelconque sang froid de sa part qu'à une absence pour laquelle une dizaine de secondes furent nécessaire afin de ramener son esprit des méandres insondables de ses pensées. Il tenta de se concentrer sur le résumé de récit qu'on lui donnait pour seul éclaircissement sans vraiment parvenir à capter l'essence du message et la gravité de la situation.
La réplique de l'ex-taulard fut accompagnée d'un haussement d'épaules de la part de Rochel, signe qu'il ne prêtait pas plus d'importance à l'objet de cette déclaration soudaine.

- Liam a raison : c'est juste un danger comme il y en a partout dans ce monde. Entre temps, il est très probablement parti et quand bien même, on n'a pas vraiment besoin d'aller dans cette bibliothèque de toute façon.
L'humeur retomba rapidement après la dernière déclaration du tueur, comme si celle-ci ravivait le souvenir douloureux des événements dont il avait été témoin. Rochel n'ajouta rien, ne trouvant de toute manière rien à dire pour réconforter l'un ou l'autre de ses compagnons. Il reparti s'asseoir entre les morceaux de sangliers et entreprit de passer la nuit à faire l'inventaire de son baluchon dont le contenu avait magiquement gonflé et à observer la route défiler à travers les vitres de la camionnette.

A ses biens d'origine venaient à présent s'ajouter plusieurs articles sur le thème de Noël pour une raison qui lui échappait. Était-ce déjà Noël, en-dehors de ce monde ? Avait-il déjà passé autant de temps hors de lui-même ? Il devait tenir bon et trouver un moyen de se réveiller, revenir à lui avant que son corps ne lâche, avant que le lien se brise ou qu'on le débranche en le croyant mort cérébralement. D'un autre côté, si l'idée de se réveiller tenait de l'instinct de survie, la perspective d'un long voyage ou d'efforts insurmontables pour y parvenir le décourageait. Il s'interrogea alors sur le débranchement qu'il craignait tant : serait-ce vraiment une mauvaise chose en soi ? Ca le serait pour sa famille, probablement. Et tant que ce serait le cas, tant que ces personnes seraient les seules à même de faire un tel choix, il aurait une chance de se réveiller un jour. « Un jour »...

Seuls deux petits sachets plastiques échappèrent à la compréhension de l'insomniaque. Deux petites pochettes contenant une espèce de poudre. Bien sûr, il envisagea l'hypothèse de la drogue avec un air froid et désapprobateur, mais quel était le lien avec les fêtes de fin d'année ? Il pouvait aussi s'agir d'un objet magique à l'utilité indéfinie. Dans ces deux cas, Rochel parvenait à la conclusion qu'il ne souhaitait pas ouvrir ces sachets ni se lancer dans des investigations plus poussées sur la nature de ces derniers.

La nuit fut longue et rester éveillé s'avéra difficile. La tâche aurait sûrement été impossible si l'angoisse de cauchemarder n'était pas présente à chaque fois que Rochel se sentait partir. L'aube arriva paresseusement, caressant l'intérieur de la camionnette d'une lueur apportant un peu de chaleur.
Et même si la nuit était pour Rochel la réminiscence constante de sa tristesse et de ses souffrances, c'était comme si une partie de lui n'arrivait pas à s'y arracher, que ce soit à cause du soleil qui lui brûlait les yeux, le forçant à rechercher le moindre petit coin d'ombre comme un vampire apathique, ou bien de son corps endolori par des positions jamais vraiment agréables et des courbatures liées au contact dur et froid de la taule maculée de sang séché qui l'entourait comme une cage morbide.

Il n'avait pas eu envie de regarder par la fenêtre lorsque Liam l'y avait invité. Il n'avait pas envie d'arriver... il n'avait pas envie de continuer non plus. Il était surtout trop fatigué pour que la notion d'envie évoque quoi que ce soit à son esprit altéré par un sommeil à l'absence délétère. Celui-là même qui le hantait au travers de ce que l'on appelle communément les besoins primaires. En définitive, il ne se sentait pas bien, aujourd'hui. Il soupira longuement, silencieusement, la tête appuyée contre la taule.

Rochel se redressa finalement, les yeux dans le vague et rivés sur ses chaussures qu'il trouvait soudainement particulièrement atroces tout comme le reste de ses vêtements et de son corps. Un déchet emballé dans un sac poubelle en lambeaux, voilà ce qu'il était. Un « héros »... une larve. Mais une larve qui avait au moins la décence de n'avoir aucune prétention et dont l'humilité la rendait peut-être un peu moins méprisables. Peut-être.

Il était seul dans le véhicule lui-même abandonné sur le parking d'un motel miteux. C'est alors qu'il réalisa qu'il avait dû s'endormir malgré lui, ce qui expliquait en partie son humeur particulièrement déprimée de ce matin. Il se souvenait avoir rêvé de la nuit dernière, des victimes qu'il avait vu mourir sous ses yeux, de tous ces innocents qui avaient perdu la vie. De Ella, aussi. Il avait revu l'apparition de la fillette et tout s'était ensuite mélangé de sorte qu'il se retrouvait à la place de Liam à consulter une Alice fantomatique qui lui avouait ses ultimes souffrances entre deux sanglots.

Si Liam avait vu son rêve au moment où il avait rêvé de lui et Ella, il était assez logique qu'il n'ait pas eu envie de le réveiller pour lui offrir le luxe d'un vrai lit. Comment lui en vouloir alors que c'était Rochel qui retournait le couteau dans la plaie du violeur ?
Il n'osa pas sortir de la camionnette, ni même rejoindre les deux voyageurs de peur qu'on lui en veuille réellement. Il parvint à se convaincre en invoquant le fait que, de toute façon, Liam et Jonh devaient avoir besoin d'un peu de temps ensemble, en privé, sans personne pour leur tenir la chandelle en bâillant. Il se sentait tellement inutile...

De ses yeux endoloris, il chercha la poignée intérieure de la porte arrière qu'il actionna finalement pour laisser entrer l'air frais du matin et un peu de soleil pour le réchauffer. Assis dans l'ouverture de la porte, il s'enroula dans sa couverture aux couleurs festives et s'offrit la moitié de son Père-Noël en chocolat en guise de petit déjeuner. Une fois son en-cas terminé, il attendit le retour de ses compagnons de voyage, tiraillé entre l'envie de rester et celle de partir ; s'imposer dans un groupe pour ne pas être seul ou bien accepter de partir pour ne pas risquer de communiquer sa tristesse. L'appel de l'aventure était tentant.
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Jonh Matrevis

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MessageSujet: Re: Sur la route de la vengeance   Lun 29 Fév - 17:27

Sydney, suivre un plan ? Jonh ne savait pas rire si il devait rire de cette affirmation. La seule chose que le pirate suivait, c'était le meilleur moyen de sauver ses propres fesses, peu importe les dommages collatéraux. Égoïste jusqu'au bout des ongles des doigts de pieds et sa paranoïa n'arrangeait rien du tout là dedans. Jonh espérait ne plus jamais recroiser ce type dans ce monde ou dans l'autre, il serait capable de lui en mettre une deuxième dans la tronche, mais pas pour la même raison que la dernière fois.

- Il valait mieux qu'il t'écoute si il voulait sauver ses fesses

Dans tous les sens du terme d'ailleurs. Sydney n'était peut être pas un criminel mais c'était une véritable ordure. Jamais il n'aurait fait ce que Liam et Rochel avaient réalisé pour les Candylandiens. Il se serait déjà planqué ailleurs, loin des Dévoreurs. Même Eve n'avait pas laissé tomber Jonh, alors qu'elle aurait pu, vu leur passé commun. Si l'insomniaque avait découvert une autre voyageuse en elle, il n'allait pas s'amuser à lui montrer le contraire. Le dépressif comprenait aussi pourquoi la jeune femme lui en voulait. Se faire balancer et tabasser, n'étaient pas des choses très réjouissantes.

- Vous aviez vos raisons, mais vous auriez aussi pu très bien les laisser dans la merde, ou garder la pépite pour vous.

Beaucoup de choix, et ils avaient décidés d'aider des innocents. Si ce n'était pas de l'héroïsme, alors qu'est ce que c'était ? Tout le monde n'était pas comme les Atlantes. C'était ce que Jonh devait se convaincre si il ne voulait pas finir comme le pirate.

Ni Rochel ni Liam ne semblaient craindre le Marchand de Sable. Intérieurement, le dépressif en était ravie. Ne pas être sur ses gardes voulaient dire plus de chance de se faire tuer. En attendant c'était ses blessures qui allaient le tuer de douleur. Jonh désespérait de voir le bout du voyage, ou d'être encore en vie à ce moment là. Avant de crever, il voulait d'abord aider Liam à venger Ella.

Il était à moitié endormie quand l'hypersexuel le réveilla en frappant la vitre. Si l'entrée de la ville en éblouissait sans doute plus d'un, Jonh était trop dans le coltard pour les rejoindre là dessus. La seule chose dont il était ravie c'était l'hôtel. Rochel lui était en train de dormir de son côté et vu qu'il en avait bien besoin. Le dépressif n'osait pas le réveiller.

- On devrait le laisser là...de toute façon il ne risque rien

Chuchota t-il à Liam avant de se glisser, lentement mais surement, à l'extérieur de la camionnette. Il lui semblait avoir un bon pour une nuit dans ses affaires. Silencieusement, Jonh alla fouiller dans sa hotte bien rangé, notant de nouvelles choses dedans dont il n'avait pas souvenir. Il verrait ça plus tard. Il rejoignit Liam, avec son sac à pharmacie.

Après un rapide passage à la réception, le duo arriva dans leur chambre. Mais avant de dormir, il restait quelque chose à régler. Jonh ne laissa pas le temps à Liam de prendre ses aises et lui tendit le sac.

- Un peu d'aide serait pas de refus

Après tout c'était de sa faute aussi. Si l'hypersexuel l'avait laissé sauter de la tour, il n'aurait pas eu à subir des coups de fouets. Le dépressif retira sa chemise qui n'était plus très propre avec le sang derrière. Le bandage que lui avait fait gentiment Rochel tantôt ne servait aussi plus à rien.
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