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 Sur les eaux de l'esclavage

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Diane Hargreaves

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Maladie mentale : Claustrophobie

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Dim 10 Jan - 11:35

- Bien sûr qu’on peut rester ensemble ! acquiesça Diane, ça me vraiment plaisir, vraiment.

Dans tous les cas, Fanny était sa plus vieille alliée à Dreamland. Il y avait de fortes probabilités que dans le monde réel, elles ne se soient jamais adressé la parole mais ici… ici c’était différent. Ce qu’elles avaient traversé les avait rapprochées, d’une certaine manière. La journaliste savait qu’elle ne souhaitait aucun mal à la benjamine, même si elle était parfois un peu brusque.

- Aucune idée, avoua-t-elle à la question de sa complice, je n’y ai pas trop réfléchi à vrai dire.

Parce qu’elle n’était pas du genre à chercher « ce qui n’allait pas » chez les gens. Son truc à elle, c’était plutôt de déceler leurs bons côtés, leurs qualités. La dermatophile, par exemple, était courageuse. Combien de jeunes femmes de son âge se seraient prostrées en pleurant devant un gang d’esclavagiste ? Combien auraient été rebutées à l’idée de faire une lessive énorme à la main ? Combien se seraient montrées tout simplement égoïstes et individualistes dans ce genre de situation ? Elle voulait jouer la grande fille au fort caractère mais au fond, elle était loyale et brave. Ça, la trentenaire l’avait compris.

En retournant à leur travail, Diane souriait. C’était comme si avoir transcendé sa propre identité avait développé chez elle une faculté à lire celle des autres. Et ça faisait du bien. Voir le bon dans les gens avant de voir le mauvais, ça réchauffait le cœur. Toujours aucune trace de Gawain ceci dit, à se demander où il était passé. A chaque instant, la journaliste espérait le voir débouler en disant qu’il s’était perdu dans le bateau ; et à chaque minute d’absence supplémentaire, elle craignait un peu plus qu’il n’ait été jeté par-dessus bord pendant la nuit. Ou bien, s’il avait eu de la chance, s’était-il déjà réveillé ? Elle le lui souhaitait. Qu’il soit loin de tout ça…

Ça faisait un moment que le tangage du navire était chaotique quand un pirate vint les dénicher dans leur coin de pause pour leur dire de venir sur le pont. Inquiète, la blonde suivit, essayant de comprendre quelque chose dans les voix qui hurlaient des ordres en jargon. A peine eut-elle posé un pied sur le pont qu’une bourrasque de vent déchaîna ses cheveux sales et souleva sa marinière en dévoilant son nombril. Le ciel, bleu et clair dans la matinée, était désormais sombre et menaçant. Les éclairs qui déchiraient la peau obscure des nuages apportaient des grondements de tonnerres violents et terrifiants.

Les yeux de Diane croisèrent les pupilles anxieuses de Fanny. Déjà, défilaient dans sa tête une multitude de scenarii à base de naufrage, de noyade dans le grand large ou de bancs de requins affamés. Essayant de se galvaniser de courage, la journaliste affirma :

- T’inquiète pas pour moiiiiiiiiiiiiiiiiii….

Une vague dur comme la pierre venait de percuter le flanc droit du bateau, envoyant valser de nombreux marins qui se relevèrent trempés. La claustrophobe s’était, elle, à peine remise sur ses jambes, recroquevillée sur elle-même, le visage dégoulinant d’eau salé. On la bouscula alors, lui hurlant d’aider à réduire la voilure, et elle y courut sans trop savoir quoi faire. Des pirates s’échinaient à retenir le cordage, tirant pour replier les larges morceaux de tissus qui menaçaient de se déchirer sous les rafales de vent. Diane se joignit à eux, ses muscles courbaturés gémissant sous l’effort. La pluie tombait drue désormais, une averse torrentielle de gouttes énormes et glacées. On y voyait à peine autour de soi, le navire était secoué par les vagues hautes de plusieurs mètres et bientôt, la journaliste ne distinguait à peine le ciel électrique de la mer sombre et déchainée.

Quand les voiles furent repliées, elle était trempée jusqu’aux os. Ses vêtements collaient à sa peau, soulignant sa longue silhouette. On voyait ses seins à travers les bandes blanches de sa marinière, mais plus personne ne s’y intéressait. Elle ne reconnaissait plus personne, avait perdu Fanny de vue. Le seul repère était le capitaine, campé droit comme un roc à son gouvernail, clamant des ordres avec une assurance absolue. A cet instant, Diane comprenaient les pirates et leur dévotion pour leur capitaine. Il était la raison, le phare, le repère. Sans lui, rien ne fonctionnerait. Il était l’immuable dans le chaos alors on l’écoutait aveuglément. Il était presque divin.

Il était maintenant question de ceinturer l’avant et l’arrière du navire de cordages pour ne pas que les lourds assauts marins ne finissent par disloquer le bateau. La claustrophobe se joignit à l’effort, serrant, tirant, abîmant chaque fibre de ses membres douloureux, aveuglée par la pluie et la peur. Pour ne pas se perdre, il n’y avait que la sensation de l’homme à sa gauche, de l’homme à sa droite, et du sol humide sous ses pieds. Une vague se montra alors, plus violente que les précédentes, balayant Diane et ses collègues. Sa tête s’était cogné, elle résonnait, mais pas le temps de s’attarder. Comme une machine, aussi fragile qu’une poupée, elle s’était relevée pour retrouver son poste. Ils avaient presque fini ensuite… il n’y aurait plus qu’à s’accrocher, et à prier.
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Fanny Melycena

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Dim 10 Jan - 13:33

En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, des marins lui arrachaient déjà Diane pour l'emmener aider aux voiles. Fanny ne se retrouva toutefois pas seule très longtemps, puisque d'autres l'emmenaient eux-même sur un autre boulot à faire d'urgence. Elle suivit donc comme elle put le mouvement.

Les énormes vagues qui submergeaient le pont empêchaient quiconque de se déplacer librement, sans s'efforcer de garder l'équilibre, voir d'attraper un quelconque élément fixe du bateau. La jeune femme pouvait voir que les marins étaient habitués à vivre cette lutte, et il était clair qu'ils avaient bien moins de mal qu'elle pour tenir debout et éviter de passer par dessus bord, emmenés par le flot. Encore que vu la violence des éléments, un certain nombre d'entre eux avaient le droit de rouler à terre. La chose étant, ils se relevaient immédiatement, comme un réflexe naturel, sans même se poser de question. Le vent lui-même n'aidait pas à non plus à faire quoi que ce soit, envoyant claquer les vêtements pourtant trempés – et lourd, de véritables fouets.

Avançant difficilement, la pluie ne l'aidant de toute manière pas à y voir grand chose, la dermatophile s'attaqua à exécuter les ordres donnés : en premier lieu, attacher le mieux possible tout ce qui pourrait être emporté par la tempête, en commençant par les canons. Ces derniers, bien que lourds, avaient effectivement tendance à glisser sur le pont. Se voyant remise des cordes, lourdes de base, et bien plus encore à cause de l'eau absorbée, elle lutta pour enrouler au moins la première d'entre elle sur le canon le plus proche, puis pour passer cette corde dans les crochets associés au maintien de l'engin. Il fallait maintenant tirer comme une brute dessus, pour ramener l'arme à son point de départ et l'empêcher de bouger avec un nœud plus que serré. Si elle avait un jour pensée que ses petits jeux sexuels, à s'attacher, ou à attacher un partenaire, lui servirait comme cela...

À peine ce dernier fini qu'elle put sentir ses muscles brûler, sans pouvoir s'empêcher des les utiliser pour tenir debout. Ses épaules et les avants bras étaient véritablement en feu. Une telle épreuve aidait à comprendre pourquoi ils étaient tous aussi musclés.

Mais douleur ou non, elle continua, canon après canon, parfois aidée par un autre marin pour tirer, ou faire un vrai nœud. Qui plus est, elle remercia le temps qui empêchait d'y voir à plus d'un mètre devant soit. En effet, un horrible mal de mer pointa complètement le bout de son nez, plutôt que de rester – comme depuis le début – sous-jacent, et plusieurs fois elle eut l'occasion de vomir tripes et boyaux, le tout immédiatement nettoyé par la pluie et les vagues.

Épuisée, elle ne fit pas attention à une vague bien plus forte que les autres. Elle fut projetée sur toute la longueur du pont, la laissant glisser et percuter la embarde la séparant du vide et de la mer déchaînée. Pour un peu, ce choc ne l'aurait pas ralentie qu'elle ne se serait pas rattrapée à la corde d'un canon, les jambes déjà dans le vide, et aurait eu le droit à un cours de natation en pleine mer. Elle se redressa, complètement étourdie. Elle cherche Diane du regard, mais ne put la trouver nul part. Fanny espéra vraiment qu'elle était encore sur le bateau, et non pas à l'eau.

Déstabilisée comme elle l'était, elle entendit le capitaine hurler à l'un de ses marins de « ramener cette gourdasse aider à l'intérieur aux canons de sous le pont ». Effectivement, elle prit conscience que sa glissade l'avait amenée aux pieds des escaliers menant à la passerelle de l'homme, posté comme un phare dans la tempête derrière son gouvernail, grand, majestueux et fier. Pour le coup, Fanny comprenait pourquoi il était le capitaine du navire.

Qu'elle soit à l'intérieur ou non, le tangage du bateau ne s'arrêta pas pour autant. Au moins pouvait-elle y voir devant elle, mais l'eau s'était infiltrée partout, et la notion de « sec » pouvait s'oublier, clairement... Elle descendit ainsi, accompagnée par le marin, dans les ponts inférieurs et continua la même tâche que précédemment, à attacher les canons et surtout les marchandises – volées ou non – qu'il fallait avant tout regrouper. Elles avaient été éparpillées partout.

Ce petit manège dura encore quelques temps, de plus en plus de marins descendants aider – leurs tâches précédentes terminées – jusqu'à ce que plus personne n'ait rien d'autre à faire que de s'accrocher, à l’abri dans le bateau, à attendre que la tempête termine. Encore qu'il y avait toujours un élément qui se décrochait, ou un placard qui s'ouvrait, et le travail ne stoppait jamais. Et puis, les marins s'alternaient sur le pont où il fallait constamment des gens pour maintenir en un seul morceau le vaisseau qui fendait les flots.

Fanny, elle, était juste malade comme pas possible, ne désirant qu'être débarquée à terre au plus tôt possible. Elle chercha toutefois Diane, pour s'assurer qu'elle était encore en vie quelque part...
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Diane Hargreaves

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Mer 13 Jan - 19:47

Le navire craquait, grinçait, vibrait. Une fois les cordes fixées, Diane avait été envoyée à l’intérieur, avec une partie de l’équipage. Seuls quelques hommes restaient sur le pont à braver la colère océanique avec le capitaine. Les autres, à l’instar de la blonde, s’agrippaient où ils pouvaient le temps que la tempête se calme. A chaque secousse trop violente, la journaliste craignait que le bois se fende, que le bateau s’éventre et qu’elle sombre dans l’océan. Elle eut ainsi peur de longues heures, blafarde, crispée. On avait fini par l’appeler dans les cuisines, où plusieurs des tiroirs pourtant fixés s’étaient délogés des meubles en rependant leur contenu sur le sol. Epuisée et courbaturée, la trentenaire crut s’évanouir de soulagement quand enfin, les flots s’apaisèrent. L’angelus fut balloté encore de longues minutes avant qu’il soit à nouveau possible de se déplacer sans risque.

Assise sur un tabouret, fébrile, plusieurs pirates lui tapèrent dans le dos avec une force insoupçonnée. Ils voulaient la féliciter pour ses efforts mais elle avait plutôt l’impression qu’ils essayaient de l’expulser hors de son corps. D’ailleurs, maintenant qu’ils n’étaient plus focalisés sur l’œuvre neptunienne qui tentait de disloquer leur pavillon, les marins étaient plus attentifs aux formes de Diane visibles à travers son haut trempé. Gênée, elle s’empressa de se lever et de marcher tituber jusqu’à ce qu’elle retrouve Fanny.

Elle croisa la route de sa comparse, qui la cherchait aussi, dans ce qui ressemblait à une salle de distraction où tout ce qui n’avait pas correctement été attaché jonchait le sol : jeux de cartes, dés, bouteilles de rhum, gobelets, … . Sa cadette paraissait éprouvée elle aussi, trempée, échevelée, mais vivante. La journaliste était tellement soulagée qu’elle n’ait pas basculé par-dessus bord qu’un grand sourire illumina son visage laiteux. Elle avait réellement eu peur, pour elle d’abord bien sûr, et cette sensation d’avoir échappé au pire allumait une flamme purement charnelle au creux de ses entrailles barbouillées. Diane voulut enlacer la dermatophile mais fut gênée par son pouvoir répulsif.

- Merde…, souffla-t-elle avec un coup d’œil complice, s’il n’y avait pas cette foutue barrière entre nous, je crois que je t’aurais embrassée.

Toujours aucune trace de Gawain. La trentenaire espérait réellement qu’il se soit réveillé, se refusant à croire que son compatriote aurait été jeté à l’eau. Un groupe de pirate entra soudainement dans la pièce, parlant fort et rapidement. Ils étaient éprouvés, certains arboraient une blessure ou boitaient, mais ils ne pouvaient se permettre de se reposer. De ce que compris Diane, ils venaient évaluer les dégâts. D’ailleurs l’un d’eux, dont l’épaisse barbe gouttait encore sur son torse velu, s’adressa aux filles en leur indiquant la sortie :

- Allez à la calle, voir s’il n’y a pas de voie d’eau.

La claustrophobe retint un soupir et s’exécuta. Elle avait simplement envie de s’avoir et reposer ses muscles douloureux. Raisonnable, elle n’osait même pas songer à s’allonger tellement ça tenait du rêve. Aucune idée de quel escalier menait aux calles, mais tous les marins semblaient bien trop absorbés pour leur accorder une attention quelconque. A les entendre, un canon mal fixé avait écrasé un certain Madison, Bernerd avait été emporté par une vague et Jim s’était mortellement cogné sur un coin de table après une trop forte secousse.

S’éloignant des évaluations lugubres, les deux voyageuses durent faire fausse route deux où trois fois avant de découvrir une volée de marches gorgées d’humidité qui descendaient vers une pièce plongée dans la pénombre.

- Oh non…, murmura Diane.

L’appréhension montait déjà. Retenant son souffle, elle brava la moitié de l’escalier mais à mi-chemin, ses jambes refusèrent d’obéir. Déjà, les ténèbres l’empêchaient de percevoir correctement l’espace dans lequel elle s’aventurait. Les parois semblaient toutes trop proches, l’oppressant, et l’odeur de moisi n’aidait pas. Elle avait beau se faire violence, la journée tremblait et se sentait incapable de faire un pas de plus. Mal à l’aise, elle eu besoin de plusieurs tentatives avant que ses lèvres ne parviennent à former une suite de son intelligibles :

- Je… excuse-moi, je peux pas… je me sens pas bien là… j’ai pas ma lampe torche là et… c’est un peu… étouffant ici, non ?

Cette peur était toujours aussi handicapante, mais il était sincèrement trop difficile de lutter. Surtout à cet instant, où elle se sentait à bout de force.
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Fanny Melycena

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Jeu 14 Jan - 12:55

Errant dans le navire à la recherche de Diane, Fanny fini par atterrir dans ce qui semblait être une salle de détente, transformée en capharnaüm par la tempête. La part de ménage à faire n'était pas des plus négligeable. Fatigué, éreinté même, elle prit une chaise pour souffler quelques minutes. De toute manière, la tempête était passée, et la vaisseau tanguait à nouveau au rythme « normal », suffisamment peu tout du moins pour lui permettre de ne plus vomir à chaque coin de couloir sous l'effet du mal de mer. Il lui faudrait tout de même un peu de repos pour se remettre de cette horrible expérience, et pour réussir à grignoter quoi que ce soit.

Trouvant une bouteille de rhum encore un minimum en état, elle s'en empara avant de boire plusieurs grandes gorgées directement au goulot. Au moins, même si cela lui avait arraché la gorge, le goût acide et désagréable du vomi et de la bile – quand elle n'avait eu plus rien à vomir – disparaissait de sa bouche. Qui plus est, elle se sentit momentanément requinquée, et réchauffée. Quelques instants plus tard, une de ces heureuses coïncidences dont jouissent les voyageurs fit que Diane la retrouva dans la pièce en question.

Avant d'avoir eu le temps de dire quoi que ce soit, cette dernière enlaça la dermatophile – leurs visages se repoussant à cause de son pouvoir. L'étonnement fut tel que Fanny n'en dit rien, et se laissa faire, profitant d'un moment de tendresse qui lui manquait depuis son arrivée à Dreamland. Elle se maudit de ne savoir gérer sa capacité de répulsion à l'annonce de l'embrassade. Oh quelle en aurait eu envie... peut être même auraient-elles eut l'occasion de se « détendre » de cette nuit agitée en allant s'isoler à la lingerie. Il aurait été peu probable que quiconque vienne s'occuper d'elles là-bas... Elle eut encore plus de regrets, à s'en mordre l'intérieur de la joue, quand elles se détachèrent l'une de l'autre et qu'elle aperçue les vêtements suffisamment trempés de la jeune femme pour montrer les jolies formes de Diane.

Son esprit commençait à s'échauffer tout seul sur les diverses possibilités qui se seraient offertes à elles sans ce pouvoir qu'elle dû revenir à la réalité à cause d'un groupe de marins qui tentaient de repérer les dégâts finaux de la tempête. Eux aussi avaient l'air fatigués, et de fait, peu portés sur la sympathie. C'est sur un ton peu amical qu'ils envoyèrent les filles voir si la cale avait – ou non – un problème tel qu'une voie d'eau. Il était vrai qu'un bateau qui coule aurait quelques difficultés à les amener à bon port, c'est pourquoi Fanny ne broncha pas et s'exécuta.

Manifestement, l'orientation dans le bateau n'était leur fort. Elles tournèrent un moment avant de découvrir enfin le couloir amenant à l'escalier pour descendre à la cale. Plus vite leur tâche serait terminée, plus vite elles pourraient se reposer. Donc, ni une ni deux Fanny prit les devant et descendit dans la pièce non éclairée, sombre au possible, puis elle réagit à la panique de sa camarade, bloquée à mi-escaliers.

Se tournant vers elle, elle lui lança :
- T'inquiète va ! Je m'en occupe, reste là-haut, ça va pas prendre longtemps.
Puis elle continua sa route dans la cale.

Un véritable chaos régnait ici-bas. Personne ne semblait être réellement descendu accrocher quoi que ce soit, et les divers caisses et paquetages s’étalaient et s’empilaient partout. Si il y avait eu de la lumière à une époque, il n'y en avait plus du tout. Il fut des plus compliqué de se déplacer, sans compter qu'il fallait vérifier si un problème x ou y majeur se produisait. Le noirceur des lieux n'aidait pas, même après que ses yeux s'y soient habitués. Il lui fallu ainsi bien une vingtaine de minutes fatigantes – comme si elle n'était pas déjà suffisamment épuisée comme cela – pour ressortir des lieux et rejoindre Diane, annonçant qu'à part des poulets en vadrouille, il n'y avait rien à signaler.

Elles s'en allèrent donc faire leur rapport à qui de droit. Cela fait, elles croisèrent le capitaine qui, leur souriant, leur annonça qu'elles avaient bien gérés pour des civiles, que peu de jeune marins avaient leur trempe. Ensuite, elles eurent même l'autorisation d'aller se reposer le temps que le bateau soit remis en ordre, et que la bâtiment arrive à bon port, dans quelques heures maintenant – normalement.

Cette « autorisation » fut prise comme une bénédiction par Fanny, qui proposa à Diane, une fois libérées par le capitaine, de se reposer à la laverie pour ne pas être gênées par l'équipage. Aussi, elle passa avant toute chose récupérer son sac à dos pour se changer, les habits trempés et pleins de sels n'étant pas vraiment agréables...

À la laverie, Fanny verrouilla la porte pour ne pas être dérangées, puis, sans prévenir, enleva ses habits jusqu'à être en culotte uniquement, dévoilant ses tatouages ainsi que tout son corps, sans aucune pudeur. Elle tenta d'essorer ces derniers après avoir essayé d'en enlever le sel de mer dans un fond d'eau des bacs de lavage, puis les accrocha dans un coin. Elle sortie alors un t-shirt qu'elle enfila – sans même remettre de soutien-gorge, et regretta de n'avoir acheté qu'un short en plus du jean en train de sécher, tout comme une seule paire de baskets. Se résignant, elle resta en t-shirt-culotte et s'empara de la couverture rouge et verte, portant le dessin d'un lutin du père-noël, qui était apparue dans son sac le jour précédent, et s'enroula dedans avec de s'arranger un lit dans le tas de vêtements sale.

S'adressant à Diane, elle lui dit : « Je ne sais pas ce que tu vas faire, mais moi je pique un somme, je n'en peux plus, et les effets du mal de mer ne sont pas encore partis... À tout à l'heure ! »

Elle lui adressa un clin d’œil, et ferma la yeux tout en posant sa tête sur un coussin improvisé. L'odeur du linge sale ne l'ennuya même pas, puisqu'en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, elle s'était endormie d'un sommeil sans rêves...

Finalement, elle fut réveillé plus tard par un marin frappant à la porte, annonçant de sa forte voix qu'ils arrivaient bientôt au port, et qu'elles allaient pouvoir débarquer. Ce qui lui tira un « C'est pas trop tôt » en pensées.
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Diane Hargreaves

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Sam 16 Jan - 14:25

Diane fut extrêmement soulagée que sa complice accepte de descendre seule. Dès que celle-ci eut disparu dans la cale, elle s’empressa de remonter pour retrouver un peu d’air. Elle n’en menait pas large, mais cette peur était réellement irrésistible. Heureusement, personne ne vint lui demander ce qu’elle glandait sans rien faire en haut des escaliers menant au sous-sol et Fanny revint en lui signalant que tout était ok.

- Merci, murmura la journaliste dans un souffle.

Leur rapport fait, l’autorisation de se reposer tombait à point nommé. Elle n’en pouvait plus et ne rêvait que de longues heures à laisser ses muscles agoniser en paix. Dans la laverie, que la dermatophile choisit comme lieu de repli, les piles de linges sales jonchaient le sol. La conscience perfectionniste de la blonde lui souffla un instant qu’elle pourrait tout ramasser… et abandonna bien vite cette idée. Elle fut de toute façon distraite par son acolyte qui se dévêtit sans pudeur. Avec toutes leurs mésaventures, Diane l’avait déjà vue nue, mais c’était la première fois qu’elle ressentait cette étincelle de désir. Ses yeux bleus s’attardèrent sur ses formes de femmes, sa peau lisse, ses tatouages, et toute la sensualité de ses mouvements. Elle se mordit la lèvre, imaginant un instant toutes les choses qu’elles pourraient faire sans ce pouvoir répulsif. La voix de Fanny la tira de ses fantasmes. Un léger sourire aux lèvres, la claustrophobe assura :

- Je vais me reposer aussi, t’en fais pas.

En scrutant la pièce, elle s’aperçut que ses propres effets, laissés dans un coin, s’étaient aussi éparpillés. Grimaçant sous la douleur de ses courbatures, elle se lança dans une quête minutieuse. Rien ne devait se perdre, caché sous une chemise sale ou un caleçon crasseux. Dans son entreprise, elle découvrit même un lot d’affaires neuves : une trousse de toilette, un pack de vêtements, et une boîte de cigares cubains. Si elle ne voyait pas encore quoi faire de cette dernière trouvaille, les autres étaient une bénédiction.

Ce fut à son tour de se déshabiller. Ses vêtements humides sentaient le sel et la transpiration, elle-même empestait et ne rêvait que d’une douche. Sa peau était marbrée de bleus, résultats de ses nombreuses chutes pendant la tempête. Préférant garder les sous-vêtements propres pour quand elle pourra se laver, Diane enfila le jean et le T-shirt, ainsi que ses bottes et son pull de Noël. C’était assez excentrique mais au moins, elle n’avait plus froid. En observant toutes ses possessions qu’il serait difficile de transporter à la main, la trentenaire eut une idée : emportant avec elle sa boîte de cigares cubains, elle n’eut aucun mal à trouver un pirate qui accepta de lui échanger contre une espace de grand sac en boyau. Avec deux anses, comme les sacs plastiques qu’elle connaissait. Finalement, elle revint dans la laverie où Fanny dormait déjà à poings fermés mais ne verrouilla pas la porte : elle ne se sentait pas à l’aise dans une pièce close.

La journaliste s’était aussi enveloppée dans sa couverture à l’effigie d’un lutin et s’endormit immédiatement. Quand on les éveilla, elle avait la sensation de ne pas s’être reposée. Ses muscles lui faisaient encore plus mal, ses paupières peinaient à rester ouvertes, et elle se sentait exténuée. C’était avec un air de zombie, ses cheveux blonds plus décoiffés que jamais, que Diane suivit le pirate sur le pont. La terre était effectivement visible : une baie se dessinait, baignée d’une eau étincelante sous le soleil du matin. A plusieurs kilomètres à l’ouest, l’ombre d’une grande forêt s’étendait à perte de vue. Plus le bateau s’approchait, plus l’architecture de la ville se dressait : des bâtiments excentriques, colorés ou couverts de paillettes. Il devait y avoir un parc d’attraction puisqu’on pouvait voir une grande roues et plusieurs manèges de type grand 8 émerger de terre. De grands panneaux publicitaires étaient visibles depuis l’océan, vantant des films, des pièces de théâtres, du cirque, et autres casinos.

Le navire avait toujours arrimé le pont du port que Diane put voir une grande pancarte « Glitter City – la ville des stars ». Une caricature hollywoodienne version Dreamland. En effet, au milieu des yachts blin-bling où se préparaient des soirées VIP, l’Angelus ressemblait à une épave errante. Pourtant, les hommes sur le pont prêts à recevoir le capitaine, vêtus de costumes impeccables et de lunettes de soleil forme Rayban, se frottaient déjà les mains avec avidité. Ne voulant pas interferer plus longtemps dans les affaires de leur hôte, la journaliste remercia une dernière fois leur sauver et sauta hors du bateau avec Fanny. Elles étaient libres désormais, libres…

- Bon, je suis ouverte à toute sorte de projet, confia Diane à sa cadette en s’éloignant du navire, mais s’il te plait… on commence par se réserver une chambre et prendre une douche. Ça te va ?
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Fanny Melycena

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MessageSujet: Re: Sur les eaux de l'esclavage   Mar 19 Jan - 9:26

Au réveil, Fanny se rendu compte qu'elle n'était pas la seule à avoir une sale tête, provoqué par un sommeil dans de mauvaises conditions. Et à en voir l'expression de Diane, elle connaissait aussi la notion de muscles endoloris par les efforts effectués tant à la laverie que pendant la tempête. La jeune femme pesta de ne pas avoir pris le temps – malgré la fatigue – de s'étirer rapidement les bras et les jambes. Les différentes douleurs de son corps auraient peut être été atténuées.

C'est donc difficilement qu'elle regroupa toutes ses affaires, même celles trempées – se baisser étant atrocement douloureux – et se dirigea vers le pont non pas sans avoir pensé à s'habiller un minimum. Être pratiquement nue allait bien pour dormir, mais cela risquait de compliquer les choses si elle restait ainsi pour la suite. Là, elle put voir à l'horizon une ville absolument excentrique, manifestement pleine de richesse et tout sauf misérable. La ville faisait clairement rêver, il y avait même un parc à en croire les attractions visibles, et d'immenses panneaux publicitaire envahissaient l'espace restant disponible. La notion de « coin de verdure » semblait bien absente de ces lieux, si ce n'est dans les grandes propriétés visibles qui disposaient toutes de grands, très grands jardins, le tout dans les collines plus loin derrière la ville... Et au fur et à mesure que le bateau s'approchait, Fanny avait vraiment l'impression de voir une parodie grandeur nature d'Hollywood – dans le nom ici était de « Glitter City – La ville des stars » d'après une pancarte elle-aussi défiant question taille tout ce qui était raisonnable.

À voir ce qui attendait les filles là-bas, mais ça ne pourrait pas être pire que ce qu'elles avaient vécu jusque là. Et puis, ce n'était pas non plus une ville faite de bonbons, avec des loups affamés pour tenter de vous tuer à la moindre occasion.

Le bateau, d'allure pitoyable parmi les yachts aux prix inestimables, se fraya un chemin jusqu'à un pont semblait-il préparait pour lui, où attendaient des gens richement habillés. Ne cherchant pas à en savoir plus, elle remercia le capitaine pour son « hospitalité », et fila avec Diane pour un ailleurs plus confortable, où elles seraient libres de souffler et de faire ce qui leur chantait.

Fanny acquiesça à la proposition de Diane. Une douche ne ferait pas de mal, mais pas question de dormir. La journée avait beau être avancée, il restait du temps avant la nuit. Autant s'occuper en allant se promener voir ce que réservait la ville, surtout qu'elles avaient dormis il y a peu de temps, mal, certes, mais dormis quand même. Ainsi, elles se promenèrent au hasard des rues, parmi les attroupements plus grand les uns que les autres de gens, criant à la moindre « star » passant dans le coin. Elles réussirent par miracle à trouver un hôtel, dans une petite rue moins fréquentées, qui ne soit pas d'extrêmement haut de gamme, aux prix exorbitants, largement hors de leurs moyens. Il semblait tout à fait « dans la norme », aux services simples et normaux. Elles se dirigèrent donc vers l’accueil afin de réserver une unique chambre, et Fanny sortie les 25 rubz de sa part, laissant Diane régler sa part de son côté.

Une fois les clés en main, elles montèrent à leur chambre, la 403 – autrement dit la troisième chambre du quatrième étage. La chambre était propre, sans odeur désagréable si ce n'est celle dégagée par les filles. Peu grande, elle disposait de deux petites tables de chevets disposaient autour d'un lit double, simple lui aussi. Une salle de bain était attenante à cette unique pièce où trônait aussi un petit placard, que l'on pourrait croire sortie directement de chez le fameux constructeur de membres ikéa. Contrairement à la pièce principale qui avait une fenêtre – heureusement – la salle de bain, elle, n'en avait pas. D'ailleurs, elle ne possédait qu'une douche – de taille plutôt correcte pour y rentrer à deux sans être trop serrés. Cette histoire de fenêtre n'était pas dramatique, mais il était aussi vrai que Fanny aimait se doucher avec la fenêtre ouverte. L'idée d'être possiblement espionnée par quelqu'un était terriblement excitant.

De fait, ni une ni deux, elle se déshabilla à la seconde même où la porte était claquée par sa camarade, annonçant qu'elle commençait la première à prendre la douche, elle en avait vraiment trop besoin. Elle lança aussi, non innocemment, qu'elles pouvaient pour une question de rapidité se doucher à deux – oubliant par la même occasion son pouvoir. Laissant la porte ouverte, et sans attendre la réponse de Diane, elle se jeta pratiquement sous la douche dont elle profita au maximum – vraiment au maximum. Ce moment de « détente » lui permit de se rendre compte qu'il y avait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas « jouée » avec une autre personne, homme ou femme, et régla plus ou moins le problème seule – peut importait que la claustrophobe entende ou non, voir même cela n'en était que plus amusant.

En sortant finalement de la douche bénite, se sentant plus propre que propre, et parfaitement détendue – ses muscles restant tout de même douloureux – elle resta nue en appelant sa camarade pour qu'elle puisse prendre son tour, ce qu'elle ne comptait pas faire à la croire tant que Fanny ne sortirait pas – et estima l'idée correcte de laver à nouveau ses quelques habits sales dans le lavabo, s'excusant au passage du temps supplémentaire prit. Qui sait quand une nouvelle occasion se présenterait de le faire ? Ils furent ensuite accrochés comme possible aux divers éléments de la sale de bain, mettant de l'eau partout.

Elle sortie ensuite pour définitivement laisser la place à Diane, et s'allongea en étoile de mer sur le lit, profitant pleinement du matelas, sa serviette à cheveux placée de manière à ne pas tremper le lit. Il n'avait beau être qu'un simple matelas, c'était bien plus confortable qu'un tas de vêtement puants, ou un hamac de cordes, voir que le sol. Elle fini – difficilement – par se décider à s'habiller, remettant dessous et t-shirt moulant, ainsi que le short – et non pas le pantalon trempé de la salle de bain. De toute façon, le climat environnant était plutôt agréable, et elle ne devrait pas avoir froid ainsi.

Quand Diane sortirait, elle comptait bien proposer d'aller faire un tour. De toute manière, elle voulait vraiment faire un achat en particulier : une boite de gants en latex pour pouvoir enfin toucher les gens...

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