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 Un nouveau commencement

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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 9 Juil - 11:19

Je m’étais posée contre le mur juste à côté de la fenêtre. Un endroit stratégique qui me permettait de surveiller la porte en face de moi. Au moins, il y avait une poignée à celle-ci, et les fenêtres n’étaient pas décorées de barreaux pour empêcher toutes personnes de fuir. C’était étrange. Il y a encore quelques jours, je n’aurais pas été si méfiante à l’idée d’être dans une chambre. Mais j’étais forcée de constater qu’avoir été enfermée à mon insu, me poussait à être beaucoup plus vigilante. Et puis la vielle dame de la réception ne m’inspirait pas du tout confiance.

Le cri de Zéphyr lorsqu’il fut sous la douche me sortit de mes pensée et un sourire apparut sur mon visage. Peut-être m’avait-il crut lorsque j’avais annoncé que les douches étaient aux tops. Pourtant, j’étais sûre d’avoir bien souligné mon ton ironique. Et puis, vu les bruits de tuyauterie qu’on entendait d’ici, il aurait dû s’y attendre lorsque j'avais pris ma douche il  y a encore quelques minutes.

Je fus surprise d’entendre Julian aborder son histoire de guerre. C’était une question que j’avais posé il y a un bon moment déjà alors je ne m’attendais pas à ce qu’il s’en souvienne ou en tout cas qu’il soit si direct. Lorsqu’il me raconta son aventure, j’avais l’impression de voir le film « I, Robot ». Sérieusement, il ne manquait plus que Will Smith et c’était bon. Cependant, la partie qui m’intriguait le plus était celle de « technologies super avancées ». En fait, ce que je voulais savoir c’était si il y avait des téléphones portable avec du réseau et surtout, surtout internet. Melena m’avait fait comprendre qu’effectivement, dans certains endroits à Dreamland, il y avait quelque chose qui s’apparentait à internet. Peut-être que grâce au témoignage de Julian, je pouvais avoir des détails plus précis. De plus, j’avais de plus en plus de mal à supporter l’absence de mon portable. A peine y songeais-je, que ma main glissa comme par réflexe dans la poche arrière de mon pantalon. Evidement qu’il n’y avait rien. Je le savais mais ce geste était tellement automatique que je ne pouvais pas y faire grand-chose.

- Comment… ? A oui, les cannibales…

J’étais déçu de ne pas avoir eu le temps de poser plus de questions sur cette fameuse technologie. Ce n’était pas la faute de Julian, il m’avait apparemment laissée le temps de tout bien comprendre mais j’avais été ébranlée par ce simple geste.

Je penchai la tête me remémorant les événements. Je réfléchissais aussi à ce que j’allais vraiment raconter. Le problème étant que Zéphyr m’avait accompagnée tout du long, donc je ne pouvais pas non plus créer une histoire de toute pièce. Et puis, l’événement avait été tellement fascinant que je ne voyais pas l’intérêt pour moi de raconter autre chose.

- Disons qu’encore hier, nous étions avec deux autres voyageuses. L’une d’elle à proposer de faire du stop pour aller au prochain village afin de faire le plein.

Ma voix était détendue pourtant, je ressentais encore une certaine colère envers cette psychopathe londonienne. Je me rappelais l’avoir pourtant prévenu que c’était dangereux mais à la place je m’étais fait engueulée. J’avais alors vite appris qu’il ne fallait pas contester les ordres de la reine des sociopathes.

Je continuai donc mon récit, faisant durer parfois le suspense ou mettant en avant certaines actions. Il y avait aussi un côté assez gore lorsque je décrivis l’entrepôt qui comportait encore des restes d’humains. Après tout, j’étudiais la littérature, ce n’était pas pour rien ! Je ne me retins pas non plus en amplifiant le côté psychopathe de Melena ou comment elle avait zigouillé trois personnes en même temps ou encore quand elle perdait les pédales sur sa chaise tout en se balançant d’avant en arrière. C’est ainsi que j’expliquais qu’après avoir était enfermé dans l’hôtel « du soldat rouge », nous avions réussi à sortir pour finir par brûler l’entrepôt pour courir de l’autre côté afin de sortir de ce maudit village.

Je devais avouer, j’étais assez fier de moi. Je n’avais pas eu besoin de mentir.

- Enfin, bref, tous ce que j’en retiens c’est que les cannibales sont des co*s et que j’irais bien brûler entièrement leur village la prochaine fois que j’y repasse…

Une personne normalement constituée aurait dû avoir peur d’y retourner, pourtant j’étais fébrile à cette idée. Cela avait vraiment été une aventure hors du commun qui m’avait sortie de l’ennuie perpétuelle qu’était devenue ma vie à San Fransisco.

La seconde suivante, Zéphyr fit irruption dans la pièce. Rapidement, Julian le mit au courant de ce que l’on discutait.

Toutefois je restais silencieuse lorsqu’on aborda le sujet des pouvoirs. Je laissais donc la parole à Julian et à Zéphyr. Moi aussi j’étais heureuse d’avoir des pouvoirs mais c’était l’expliquer qui me posait des difficultés. Il était hors de questions que je dise que j’étais mythomane (ce que je n’étais pas mais c’était ce que mon psychologue avait diagnostiqué). De plus, je ne comprenais pas vraiment le fonctionnement de mon pouvoir.

Cette fois, je pris une place plus confortable en m’asseyant à même le sol. Il fallait bien un moment en parler.

- Je t’avoue que je ne comprends pas mon pouvoir. Apparemment j’arrive à faire apparaître des trucs… Mais c’est étrange puisque je n’ai pas de pathologie à ma connaissance…

Voilà, c’était dit, et j’espérais sincèrement que personne n’allait chercher plus loin dans mes explications que de toute façon je n’avais pas.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Sam 18 Juil - 19:40

Eva était donc en train de lui parler plus en détail de leur périple chez les cannibales ? Elle avait certainement épuisé le sujet car déjà le jeune homme passait à autre chose. Tant mieux. Zephyr ne se voyait pas revivre ce moment, même simplement en pensée. Si Dreamland avait un certain charme, il était des choses qu'il valait mieux oublier.

Avant de répondre, et puisque le lit était occupé, l'herpétophobe vint s'adosser au mur qui faisait face au lit et à la fenêtre, à gauche de la porte et s’assit par terre. C'était un peu poussiéreux mais au moins il pouvait voir ses interlocuteurs. Voyant qu'Eva ne semblait pas pressée de répondre à Julian, il se lança le premier :

« Nos pouvoirs … C'est bien la dernière chose à laquelle je m'étais attendu en entrant chez ce foutu marabout. Je suis herpétophobe. Eva pourra facilement te le confirmer … En gros, dès que je vois un serpent ou n'importe quel reptile, même un petit lézard de rien du tout, je perd complètement les pédales. Je te raconte pas la panique quand une de nos anciennes camarades de route s'est retrouvée avec des serpents à la place des cheveux … Enfin bref. Tout ça pour dire que ce monde absolument charmant n'a rien trouvé de plus comique que de me donner le pouvoir de parler aux serpents... »

Au souvenir de Melena et de sa chevelure reptilienne, il eut des frissons et la chair de poule lui fit se dresser les poils de ses bras et de sa nuque. Parler aux serpents... S'il avait put choisir son pouvoir, il aurait plutôt préféré pouvoir les faire disparaître à tout jamais.

« Ce monde à vraiment un drôle de sens de l'humour. Ces bestioles, je peux déjà pas les voir en peinture, mais alors les entendre me prévenir qu'elles vont me mordre ! Brrrrr ! »

Il se frotta les avant bras, comme s'il avait froid. Il essayait juste de calmer un sentiment de terreur qu'il sentait poindre au fond de lui. Rien que de visualiser un serpent lui suffisait à baliser. Parce que c'était toujours le même. Le serpent à sonnette sur sa corniche. Lui qui pendait dans le vide à bout de bras et le serpent qui le fixait de ses yeux sans paupières. Ses pupilles fendues ne le lâchant pas d'une semelle et sa langue bifide qui fouettait l'air à la recherche de la moindre odeur à analyser. Son odeur. L'odeur de la peur.
Il tremblait, imperceptiblement. Il secoua la tête et se passa une main dans les cheveux. Ils étaient encore humides. Il n'y avait pas de reptile ici. Aucune raison de se mettre dans des états pareils. En face de lui, Eva et Julian avaient forcement remarqué la peur sur son visage. Ou peut être pas. Il fallait qu'il pense à autre chose. Le problème quand on essaye de ne pas penser à quelque chose en particulier, c'est qu'on se retrouve incapable d'avoir autre chose en tête.

« Et sinon, toi c'est quoi ton truc ? J'ai cru comprendre que tu n’appréciais pas particulièrement les bains de foule. »
Laissant Julian s'exprimer, il se sortit enfin ce fichu reptile de la tête. Mieux que ça, il se laissa bercer par sa voix au point de ne plus du tout angoisser. Ce type avait une façon de parler bien à lui qui ne manquait pas de faire sourire Zephyr. C'était toujours inattendu et déconcertant. Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il le détailla plus précisément, l'observant tout en l'écoutant. Au premier abord, il n'avait rien de particulier le faisant sortir de l'ordinaire. Mais à force de le détailler, Zephyr ne put s’empêcher de constater qu'il n'était pas désagréable à regarder. Bien au contraire. Il avait même un regard assez hypnotique, sombre et profond que l'herpétophobe ne parvenait plus à quitter. Une certaine force se dégageait de lui, ainsi qu'un détermination qui rassurait Zephyr sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Mais peut-être imaginait-il tout cela ?

Lorsqu'Eva prit la parole, il sursauta à moitié. Il n'avait écouté qu'à demi la fin de ce que qu'avait dit Julian, trop absorbé par ses propres pensées. Maudit soit sa rêverie !
La jeune femme ne fit que survoler la réalité concernant son pouvoir. Elle ne parla même pas du contre coup qui lui avait valu de se retrouver avec une fermeture éclair à la place de la bouche. Et puisqu'elle avait forcement une pathologie, le fait de nier en avoir une ne pouvait signifier que deux choses. Soit elle n'en avait vraiment pas conscience, soit elle ne tenait vraiment pas à leur en parler auquel cas elle était une excellente menteuse. Quoi qu'il en soit, puisqu'il la considérait comme son amie, il respecta son choix de ne pas en dire plus et lui offrit un sourire amical pour accueillir la fin de sa courte explication.

« En tout cas, ton pouvoir t'a quand même sauvé la vie. »
Se tournant vers Julian, il ajouta :
« Tu ne devineras jamais ce qu'elle a fait apparaître pour sa toute première fois.... Je te le donne en mille : un serpent ! A croire qu'elle voulait ma mort plus que celle de ce cannibale. »
Il se mit à rire de bon cœur, oubliant volontairement qu'Eva gardait des choses enfouies au fond d'elle. Si elle le jugeait nécessaire, elle s'ouvrirait à eux au moment voulu. Ce n'était pas à eux de la presser comme un citron.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Dim 19 Juil - 11:54

Écoutant l'histoire d'Eva, Julian put se faire une idée relativement effrayante de Méléna et espérait bien ne jamais la rencontrer. L'impression qu'il s'agissait là d'une psychopathe complètement anormale s'avérait certes attirant, mais en même temps, il tenait un minimum à la vie, et à en croire les tendances exacerbées de la demoiselle à tuer tout ce qui bougeait appelait à rester prudent. Ce serait à voir le jour où ses pouvoirs seraient assez développés pour se protéger de son mauvais caractère.

Il n'en restait pas moins clair que tout le monde n'avait pas le droit aux mêmes compagnons de route. Bien que Selene et Anastasia puissent l'avoir jeté comme un moins que rien, le temps passé avec eux s'était avéré agréable. Surtout cette histoire de cœur avec (sa douce) Selene.

La discussion coula ensuite sur les pouvoirs possédés par tout à chacun, sur ses propres paroles au retour de Zephyr, et ce fut d'ailleurs ce dernier qui débuta avec son herpétophobie. Julian avait du mal à comprendre comment l'on pouvait avoir peur d'animaux tel que des serpents. De par son habitat dans sa cabane, il en croisait régulièrement, et il n'était pas bien difficile de les maîtriser s'ils s'essayaient à être menaçant. Le plus souvent, un bâton un peu long ramassé à droite ou à gauche, et il était possible d’attraper ou repousser la bête sans soucis majeur. Dans le pire des cas, il suffisait de le contourner, et aucun problème majeur ne se présentait.

Qui sait si cette expression d'incompréhension face à une peur qu'il trouvait un peu ridicule se vit sur son visage, mais il se permit de répondre au discours de son nouveau compagnon, faisant attention de ne pas le froisser :
- Mais... C'est cool pourtant les serpents, j'en croise souvent, c'est pas méchant... M'enfin si t'en as une phobie, on y peut rien. Mais là, si tu peux parler avec, c'est juste super cool ! Comme ça justement tu sais s'ils sont agressifs ou juste sur la défensive, ou même s'ils en ont rien à faire de toi. Ça t'donne plus de donner pour lutter contre eux et ta peur, c'est top moumoute !

Et de la même manière, le phobique répondit à l’assertion à laquelle il n'était pas d'accord, celle concernant « ce monde » :
- Par contre je suis carrément pas d'accord. Ce monde est juste génial ! Tu vois pas à quel point rien de normal ne se passe ici ? C'est juste le paradis, enfin une vie où tout n'est pas réglé jusqu'à la fin de tes jours avec métro boulot dodo retraite ! Tous les jours rien n'est pareil, rien n'est normal.

Et effectivement, Julian adorait ce monde. Depuis qu'il y était arrivé, jamais il n'avait vraiment eu l'occasion de s'ennuyer. De la même manière, il avait en peu de temps put expérimenter tant de choses qu'il n'aurait probablement jamais eu l'occasion de voir dans le vrai monde, comme la petite histoire avec Selene par exemple. Et puis ses pouvoirs se développeraient, il pourrait faire tant de choses avec plus tard, il le sentait et désirait avec ardeur savoir ce qu'il deviendrait.

La discussion continuant, Julian offrit un immense sourire à son coéquipier quand ce dernier lui parla du fait qu'il « n'aimait pas les bains de foules », et se permit de répondre :
- Oh ! Si ce n'était que ça, ça serait bien et ça me simplifierait la vie. Semblerait d'après les médecins que je puisse avoir une phobie un peu plus... « contraignante ». J'suis d'après eux phobique de tout ce qui est normes, règles, convenances ...etc... et je veux bien les croire. J'ai jamais aimé ça, d'puis toujours. C'est juste... difficile à vivre parfois vu tout ce que ça implique... même parler, vivre ou respirer peut être sujet à me faire stresser...

Et il se rendit compte de sa bêtise en disant cela. Alors même qu'il gardait les points de ce genre, contre lesquels il ne pouvait rien faire, de côté au fin fond de son esprit, bien enfoui, il venait comme un idiot de les déterrer. Fermant les yeux pour se concentrer, pour éviter la crise qui pointait le bout de son nez, il tenta de l'esquiver en continuant à parler avec ses compagnons, surtout Eva qui venait de parler de son pouvoir.

- Faire apparaître des trucs ? C'est flou dit comme ça, mais ça paraît cool. Au moins tu peux faire ce que tu veux, et t'es pas obligée de te confronter à ton problème comme mon pouvoir qui change mes fringues selon la norme du coin. C'est... dur. Enfin, je m'y fais un peu maintenant, mais c'est vraiment pas évident.

Comme un idiot, il avait renchérit sur sa propre maladie. Et combien même il se disait que, finalement, la demoiselle était restée large dans sa description et cachait quelque chose, il n'allait pas insister sur le sujet. Ça aurait été trop normal de faire cela. Et puis, sa peur prenait tout doucement le dessus, et se calmer devenait une priorité. Rapidement, il estima qu'aller à la douche pourrait être une idée intéressante.

Sur la petite anecdote de Zephyr concernant la première apparition dû au pouvoir d'Eva, le jeune homme eu un petit rire où son stress se faisait ressentir, et non pas qu'à moitié. Là-dessus, il s'excusa auprès d'eux en annonçant qu'il irait se laver. Il ne pouvait être qu'évident à leur yeux qu'il se sentait mal, mais il ne sut pas si ils avaient essayé de l'arrêter. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il était déjà sorti de la chambre.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 22 Juil - 22:06

Ce fut un véritable soulagement que personne ne posa plus de questions sur mon pouvoir. La discussion continua donc et ainsi j’appris que Julien avait la phobie de tous ce qui était dans les normes. Ce type était bizarre, et je ne fus qu’à moitié étonnée de découvrir sa peur. Pourtant malgré son étrange façon de penser, je ne pouvais que le rejoindre lorsqu’il déclara que Dreamland était un monde génial. Ici, on ne s’ennuyait plus et en prime on avait droit à des pouvoirs. Et même si nos vies étaient en danger pratiquement en permanence, je préférais ça à ma vie barbante à San Francisco. Cependant notre discussion s’interrompit alors que notre nouveau compagnon nous expliquait à quel point il était difficile de vivre avec sa phobie. Je ressentie comme un malaise en voyant Julien se crispait à la pensée de s’habiller comme les autres. Alors que Zéphyr repris la parole, Julien se releva du lit et sortit de la chambre comme si il était poursuivis par une araignée un peu trop grosse pour  pouvoir l’écraser avec son pied.

Je n’eus pas le temps de parler que déjà la porte se refermer derrière lui. Je me tournai alors vers Zéphyr pour savoir si lui aussi avait ressentis le malaise de julien qui était plus qu’évidente. Enfin, je suppose que c’est ça être phobique. Même lorsque l’herpétophobe évoquait le petit animal aux écailles froides, ce dernier frissonner rien que de l’imaginer. Je devais reconnaître que j’avais le sacré avantage de ne pas être phobique et d’avoir en conséquence un pouvoir lié. Cela devait être une véritable torture.

- Qu’est- ce que tu penses de lui ?

Ma question avait été directe. Après tout, c’était la première fois qu’on se retrouvait tous les deux depuis qu’on avait rencontré le gus aux comportements étranges. Pour moi, il partait du bon pied à partir du moment où ce n’était pas un psychopathe comme Melena. Et même si il était étrange, il était quand même allait jusqu’à aider un enfant en danger, ce qui faisait de lui quelqu’un de moralement bon. J’écoutais alors attentivement la réponse de Zéphyr pour reprendre la parole.

- Moi, il me semble que c’est quelqu’un d’honnête. On vient peut-être de le rencontrer mais je pense qu’on peut lui faire confiance aux moins un minimum.

A ce même moment, la tuyauterie se mit en route, faisant vibrer quelque peu les murs. Décidément, cet hôtel avait bien besoin de travaux pour le remettre à neuf. Et quelque chose me dit qu’on ne manquera pas de boulot demain.

Cette fois un bruit lourd ce fit entendre, et cela n’avait rien avoir avec le fait que Julien prenait une douche. Le bruit provenait de ma propre chambre. Je fronçais des sourcils et me relevai pour aller vérifier.

- Je vais voir ce que c’est, si quelqu’un est entré dans ma chambre, il va savoir de quoi je me chauffe…

La seconde suivant, j’étais de nouveaux dans ma chambre et qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir un hibou au milieu de la pièce. Ses grands yeux jaunes me fixaient avec curiosité. Je compris rapidement qu’il était entré par la fenêtre que j’avais laissée malencontreusement ouverte. Qu’est-ce qu’un put*** d’animal nocturne faisait ici en pleine journée ?! Je m’avançais brusquement pour le faire fuir et ni vu ni connu, l’oiseau s’envola comme il était entré. Je faillis trébucher sur un objet laissé par terre qui n’était pas là lorsque j’étais partie. Je m’abaissai pour ramasser le petit paquet. C’était une boîte emballée avec un petit mot marqué dessus.

« Pour Alicia, en espérant que cela te fasse PLAISIR… »

Je restais un instant immobile me demandant bien qui était la personne qui connaissait mon prénom. Je ne tardais donc pas à déchirer le message en petit morceau afin que personne ne puisse le lire et jetai par la fenêtre les bouts de papiers, m’assurant pour que tout se disperse dans le vent. Et puis j’ouvris la boîte.

- Qu’est-ce que…

Il me fallut quelques secondes pour comprendre ce que c’était. L’objet était un espèce de cylindre rose, et il y avait un petit lapin.

Un Sex toy.

Maintenant, je comprenais pourquoi le mot « plaisir » avait été écrit en majuscule. Je pouffais de rire, me disant que les gens étaient assez timbrés pour envoyer ce genre de chose à une inconnue. Je rangeai alors l’objet avec le reste de mes affaires et fermai la fenêtre. Je jetai un dernier coup d’œil vers le sex toy pour finir par le recouvrir. Qui sait ? Peut-être que cela me servirait ?
Lorsque je revins dans la chambre des garçons je souriais encore de ma découverte.

- Finalement, ce n’était rien, juste un oiseau qui est entré par inadvertance dans ma chambre.

En toute franchise, j’aurais pu inventer quelque chose sur cet événement. Le problème étant que ma fenêtre et la leur étaient ouvertes, Zéphyr avait dû entendre le bruit des battements d’ailes, ce qui ne me laissait pas une grande marge de manœuvre.

Je repris donc place contre le mur pour m’asseoir à même le sol. La décoration de la pièce laissait vraiment à désirer.  Le papier peint était « has been » et je pouvais même voir des toiles d’araignée dans les angles.

Il fallait espérer que la nourriture n’était pas à l’image de cet hôtel. C’est-à-dire froide et moisie…
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 23 Juil - 10:34

Julian semblait vraiment apprécier Dreamland. Un vrai gosse au pays des rêves. Le fait de risquer sa vie ne parvenait même pas à doucher son enthousiasme. Il était vrai que cet endroit avait ses charmes. Mais frôler la mort avait tendance à refroidir les ardeurs de l'herpétophobe...
Ainsi donc, il avait la phobie des normes et des règles... voilà qui n'était pas commun. Cela dit, il pouvait comprendre que se plier à la normalité et entrer dans un moule tout fait n'était pas vraiment très réjouissant. Mais en bon citoyen formaté, il ne s'était jamais vraiment posé la question plus en profondeur. Maintenant qu'il était ici, sa vision du monde s'en retrouvait bouleversée et il était plus enclin à accepter des choses qui lui auraient fait perdre la tête dans le monde normal.

Sur ce, Julian fila lui aussi à la douche et Zephyr se retrouva seul avec Eva. D'ailleurs celle-ci en profita d’emblée pour parler du nouveau de la bande. Ce qu'il en pensait ? Pouvait-il vraiment le dire à voix haute ? Il le trouvait à son goût, voilà la première chose qui lui venait à l'esprit à cette question. Rougissant à moitié, il s'empressa de bafouiller une banalité :
« Il est sympa. Un peu bizarre, mais sympa. »
Ne sachant pas quoi ajouter d'autre, son cerveau refusant d'aligner une nouvelle phrase logique, il se gratta la tête, pensivement. Il espéra qu'Eva n'aurait pas remarqué sa gène. Heureusement, elle enchaîna, avouant qu'elle pensait pouvoir lui faire confiance. Il opina du chef sans rien ajouter de plus. L'essentiel était dit.

Lorsqu'un bruit lourd retentit dans la chambre d'à côté, Zephyr sursauta, tournant automatiquement la tête vers le mur. Il se leva mais Eva fut plus rapide et fila voir ce que c'était. C'était à la fois courageux et stupide. Après ce qu'ils avaient vécu, jamais Zephyr n'aurait foncé ainsi tête baissée vers un bruit suspect sans au moins un couteau pour se protéger. Instinctivement, il porta la main à la poche de son pantalon, prêt à en sortir son canif s'il entendait la jeune femme hurler. Mais elle revint bientôt, un drôle de sourire sur les lèvres. Rassuré, Zephyr laissa retomber sa main le long de son corps. Ce n'était qu'un oiseau. Un stupide oiseau.
Eva s'installa de nouveau et Zephyr vint prendre place sur le lit pour soulager son fessier qui commençait à s'engourdir par terre. Il retira ses chaussures et les fit glisser légèrement sous le lit puis il se mit en tailleur sur la couverture poussiéreuse. Il faudrait qu'il secoue tout ça avant de dormir.

Regardant la jeune femme, il profita de l'absence de Julian pour lui poser une question qui lui brûlait les lèvres :
« Eva ? Je sais que je ne devrais pas te demander ça, que ça ne se fait pas mais … Concernant ta … pathologie, désolé je n'ai pas de meilleur mot, même s'il ne me plaît pas. Tu dis que tu ne crois pas en avoir mais puisque tu as un pouvoir c'est que tu en as forcement une. Est-ce que tu ne sais vraiment pas ? Ou bien tu n'oses pas nous le dire ? Parce que dans le premier cas, si tu veux, je pourrais essayer de t'aider à y voir plus clair. Tu comprendrais mieux ton don si tu savais de quoi il vient. Et dans le second cas, si tu préfère garder le silence, je ne t'embêterais pas plus. »

Il ne voulait pas l’oppresser, mais si elle voulait découvrir sa pathologie, il avait pensé judicieux de lui proposer son aide. Et si elle mentait pour cacher sa maladie, c'était son choix et il le respecterait. Pour assurer Eva de sa bonne fois, il lui sourit amicalement. Par ce simple sourire il lui offrait son amitié mais également son soutient, quoi qu'elle décide. Parfois, un geste valait plus qu'un long discourt. Et Zephyr n'était pas un expert en long discourt.

La laissant s'exprimer, il l'écoutait sans l’interrompre. Et alors qu'elle finissait sa phrase, l'herpétophobe reçut un truc dur derrière la tête.
« Aoutch ! »
Il se retourna vivement, se massant l'arrière du crâne et vit ce qui l'avait percuté. Quelqu'un avait lancé un petit paquet par la fenêtre. Il le saisi de sa main libre et le montra à Eva. Son nom était écrit dessus avec un petit mot en plus : 'Ne pas utiliser les fenêtres fermées.'
« J'aimerais quand même savoir qui peux bien connaître mon nom et me faire des cadeaux... »

Il le déballa et, en plus de quelques Rubz, il trouva un petit sachet rempli de petites boules d'un vert foncé peu engageant. Le sourire jusqu'aux oreilles, il lu sur l'étiquette 'boules puantes, attention à vos narines !'.
Voila quelque chose qui ne servirait pas à grand chose, si ce n'était à s'amuser un peu. Il fourra les Rubz dans sa poche avec les autres et se leva pour aller mettre les boules puantes dans son sac en papier qui contenait toujours ses achats de la journée. Dans sa poche elles risqueraient de s'éclater… Il valait mieux éviter. Il revint s'asseoir sur le lit, toujours en tailleur et alors qu'il s’apprêtait à répondre à Eva, Julian fit irruption dans la chambre.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 23 Juil - 13:58

Une seule direction pour Julian après être sorti de la chambre, les douches, moins pour s'isoler et se détendre que pour tenter de contrôler sa crise phobique qui avait démarrée quelques instants plus tôt. Et bien qu'il n'y avait pas plus de 10 mètres jusqu'à la porte de la salle de douche commune, ils furent plus long que jamais pour lui tant il avait du mal à marcher. Après tout, marcher était quelque chose de commun et normal, autrement dit, quelque chose d'effrayant. Avoir une trottinette s'avérait pour lui, le plus souvent possible, un moyen d'esquiver cette nécessité à laquelle il était confronté à cet instant.

Finalement, le phobique enfonça une autre porte, celle des toilettes, en courant et sans réfléchir autre chose qu'atteindre une cuvette, un évier, ou quoi que ce soit qui puisse servir de récipient à ce qu'il allait incessamment sous peu régurgiter. Le pire dans tout cela ? Que ça puisse le dégoûter encore plus d'aller vomir à cause de sa peur, chose si classique pour un phobique.

Il ne mit pas plus de quelques de deux ou trois minutes pour faire son affaire, ayant principalement recraché dans une douleur désagréable d'estomac se tordant les petits gâteaux qui lui avaient servi de nourriture depuis le début de journée, sous une forme beaucoup moins appétissante toutefois. Il en profita pour faire ce qu'il avait à y faire. Puis, ressortant de la pièce où le drame avait eu lieu, des toilettes vraiment sales maintenant qu'il prenait le temps de les regarder, il se dirigea enfin vers les douches.

Elles n'étaient pas des plus accueillantes, ni des plus récentes. À bien y regarder la tuyauterie au plafond, il comprenait d'ailleurs mieux pourquoi ils faisaient autant de bruits. Après les avoir nettoyés, les fixer correctement s'avérerait utile pour éviter de futurs boucans à la moindre envie de douche de quiconque. Le passage dans la douche lui fit le plus grand bien du monde, calmant sa crise alors même qu'il s'abandonnait sous le maigre jet d'eau froide, si agréable. Il l'apprécia suffisamment pour même aller jusqu'à s'asseoir et fermer les yeux, profitant pour respirer profondément et repoussant ses craintes tout au fond de lui. Éviter de vivre n'était pas possible, sauf à travers le suicide. Et dans une certaine mesure, le suicide, tout comme l'esquive, serait bien trop normal dans sa situation pour qu'il y cède. Il valait bien mieux que son « problème », ce dernier ne le contrôlerait absolument pas.

Au bout d'une dizaine de minutes, il fini par sortir de là pour retrouver posé sur une tablette toute sale un hiboux avec un petit paquet dans le bec. À peine l'eut-il vu qu'il lâcha le paquet et s'envola à travers la porte de la pièce, ouverte, alors qu'il lui semblait l'avoir fermée. Soit, il s'en moquait éperdument, plutôt intéressé par le colis qui portait son nom et prénom. L'ouvrant, il découvrit quelques rubz, une centaine, ainsi qu'une boule à neige avec la fameuse et horrible tour de Techyo à l'intérieur.

Oh qu'il sursauta quand un petit robot fit entendre sa voix d'un seul coup, sans prévenir, et surtout sortant de nul part, le tout pour réclamer la moitié des gains de l'instant soit-disant pour combler sa dette, ou plutôt son amende. Sans même avoir le temps de dire « ouf » que l'engin avait attrapé sa part et filait à l'anglaise dans le couloir. Décidément, il y avait bien beaucoup de va et vient dans ce petit hôtel. À force, il finissait véritablement par ne plus s'étonner des événements de Dreamland.

Sur ce dernier événement, le retour dans la chambre s'imposa après s'être à rhabillé, ne réussissant pas à activer le pouvoir qu'il disposait pour retrouver sa douce cape protectrice. Il y retrouva ses deux compagnons, Zephyr ayant manifestement lui aussi reçu un petit cadeau à en croire ce qu'il tenait dans ses mains. Rigolant, il s'approcha et posa devant Eva la boule à neige :
- Tiens, c'est ça la foutu tour de Techyo, vu qu'tu semblais intéressée 'taleur.

Puis sans s'adresser à quiconque en particulier il lança :

- Et ben vous savez quoi ? On va rire à nettoyer c'est foutus toilettes. J'y ai fais un tour avant d'passer à la douche, elles sont vraiment crades. J'y poserais pas les fesses d'avant d'les avoir bien brossés.

Enfin, sans raison autre que de se sentir bien, il s'allongea à même le sol, s'étirant en étoile de mer, et parlant :
- Raaaaah... J'commence à avoir faim... Vivement qu'on mange...

Puis il écouta ce que les autres pouvaient avoir à raconter de beau, profitant du repos qu'il s'offrait.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Ven 24 Juil - 11:07

Il était hors de question de révéler le diagnostic de mon psychiatre. De plus, ce dernier était  faux, archi faux. Je n’étais pas atteinte de mythomanie. Il est vrai, ceci-dit, qu’il m’arrivait de temps en temps de raconter quelques mensonges mais c’était tellement insignifiant que ça ne pouvait pas avoir d’impact dans ma psyché. Pourtant, j’avais bien un pouvoir et si Melena avait dit vrai, je devais donc avoir une maladie mentale. Le problème était donc autre part. Je pris le temps de réfléchir, de faire une introspection mais je ne voyais vraiment pas de pathologie. Ah, si ! J’avais peut-être une légère tendance à rester un peu trop collée sur mon téléphone portable ou à être connectée à internet en permanence. Serais-je cyberdépendante ?

Ma main droite se crispa comme par réflexe. Je pris une inspiration pour calmer ce sentiment d’urgence d’avoir un portable entre les mains. Je relevai mon regard pour croisé celui de Zéphyr. Il semblait vouloir prendre des pincettes avec moi. Je souris timidement, élaborant déjà une réponse qui me paraissait convenable.

- C’est difficile à dire lorsqu’on doit s’analyser soit même. Et je t’avoue que ça m’aiderait franchement de  savoir, surtout si cette pathologie à des conséquences dans ce monde… A la base, je suis ici pour étudiée la thérapie par hypnose du docteur Parkinson… Je ne pensais pas découvrir que j’étais moi-même pathologiquement atteinte…

Mes yeux s’agrandirent lorsque je vis un mouvement vif provenant de la fenêtre. Je n’eus pas le temps de le prévenir que déjà un objet percutait la tête du jeune homme. Ce dernier découvrit le même type de paquet que j’avais retrouvé, quelques instants auparavant, dans la chambre voisine.

- Pareil, c’est ce qui m’est arrivé avec la montre à l’arrêt de bus…

Alors que l’herpétophobe déballait son cadeau, il ressortit un sachet de boules puantes. Je pouffais  face à ce présent peu conventionnel. Honnêtement, la personne qui envoyait ce genre de chose, devait être bien tordue.

Alors que Zéphyr se réinstallait sur le lit après avoir rangé sa nouvelle acquisition, au même moment Julian entra dans la pièce. Sans comprendre le comment du pourquoi, je me retrouvais avec une boule à neige entre mes mains. Je soulevai l’objet pour l’inspecter plus en profondeur et l’agitai afin de provoquer un tourbillon de neige. C’était plutôt joli. On pouvait voir une espèce de tour au centre qui ressemblait de façon identique à celle de Tokyo. Une des fameuses tours. Et si ma mémoire était bonne, et elle était bonne, celle-ci représentait l’avarice. Ceci dit, je me demandais quel lien pouvait-elle avoir avec celle de la réalité car ce n’était certainement pas un pur hasard que ces tours soient de vraies jumelles.

- Dis-moi, si j’ai bien compris il y a 7 tours représentant chacun un des péchés capitaux. Est-ce que tu serais ce que signifierait d’avoir un tatouage en lien avec un de ces pêchés ?

Je lui décrivis celui que j’avais vu sur la londonienne. Un crâne avec « slut » inscrit juste au-dessus. Si le jeune homme avait des informations, cela était susceptible de m’intéresser. J’avais envie de connaître un peu mieux ce monde et j’étais sûre que le tatouage avait un sens caché. Enfin, maintenant que je n’avais plus internet pour répondre à mes questions il fallait bien les poser à quelqu‘un.

Cette fois, la simple pensée d’internet ne me fit pas réagir. Il y avait juste un sentiment de malaise au fond de moi. Je me relevai donc de toute ma hauteur et m’étirai alors qu’au même moment Julian s’allongea sur le sol de façon totalement normale. J’avais l’impression d’avoir un gamin en face de moi, en train de faire l’ange dans la neige. Seulement la neige était remplacée par de la poussière. Je ne fis aucun commentaire sur son comportement. Après tout c’était son problème  s’il tombait malade et ça faisait aussi partie de son trouble.

Et puis quelqu’un frappa à la porte.

Je me retournai vers la porte :

- Qui est-ce ?

- C’est Tom… le petit fils de la réceptionniste…

Reconnaissant effectivement la voix criarde du petit garçon j’ouvris.

- Qu’est-ce que vous avez fait ?!

Le jeune garçon désigna d’un air affolé les volets que nous venions d’ouvrir pour aérer. Il se précipita alors dans la pièce pour refermer les persiennes, nous plongeant de nouveau dans l’obscurité. Ce dernier ne jeta même pas un regard vers les occupants de la pièce. Après  avoir tout refermé, il se tourna enfin vers nous les mains sur ses hanches comme pour nous rabrouer.

- Il ne faut pas ouvrir les volets ! Ça fait partie du règlement.

Le petit brun nous regarda chacun pour être sûre qu’on avait bien compris.

Ok, bon là c’était vraiment bizarre.


Dernière édition par Alicia Smith le Mer 29 Juil - 20:07, édité 1 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Ven 24 Juil - 16:48

Cela fit plaisir à Zephyr de découvrir que la jeune femme accepterait son aide pour découvrir de quoi elle souffrait. Sa sincérité n'était plus à remettre en doute et il s'en voulu un peu de l'avoir prise pour une menteuse. Il y avait beaucoup de gens qui souffraient sans savoir de quoi, parfois même sans avoir conscience d'être malade. Il tâcherait d'y réfléchir dans la soirée, peut-être même avant de s'endormir. Le calme de la nuit serait bonne conseillère. Et s'il trouvait un indice, il lui en ferait part le lendemain.

Lorsque Julian était revenu, il avait lancé à Eva une boule à neige contenant, d'après lui, la tour de Techyo. Ne sachant pas vraiment ce qu'était ce bâtiment, il regarda depuis le lit l'objet que la jeune femme avait entre les mains. La fameuse tour ressemblait à s'y méprendre à une petite tour Eiffel illuminée de mille feux.
A l'évocation de l'état des toilettes, Zephyr fit une moue de dégoût. S'il le pouvait, il laisserait cette besogne à ses deux amis. Il préférait encore s'occuper de la tuyauterie que de patauger dans les excréments. Très peu pour lui. En plus, Julian d'après sa façon d'en parler, semblait prêt à s'en occuper. Il ne ferait rien pour l'en dissuader.

Alors qu'Eva posait une question pertinente concernant le tatouage qu'elle avait aperçut sur Melena, leur ancienne compagne de route, Julian en profita pour s'affaler par terre, les bras et les jambes en croix. Ce type était décidément hors normes. C'était le cas de le dire. Cela fit sourire l'herpétophobe qui se pencha au bord du lit, vers lui, toujours en tailleur, pour le regarder. Ne pas pouvoir faire comme tout le monde au risque d'en devenir cinglé devait vraiment être invivable.
Julian n'eut même pas le temps de répondre que quelqu'un toqua.

Le petit garçon qu'ils avaient vu un peu plus tôt entra dans la chambre. Et à peine ses yeux s'étaient-ils posés sur les fenêtres ouvertes qu'il se précipita sur les volets pour les refermer. Se retrouvant dans la pénombre, la lumière au plafond parvenant à peine à dissiper les ombres, le gamin leur expliqua qu'ils ne devaient plus jamais les ouvrir. Qu'est-ce que c'était que cette règle bidon ? Dans quel monde n'avait-on pas le droit d'ouvrir des fenêtres et des volets ? De toute façon, il lui faudrait passer outre cette règle s'il voulait secouer un peu les draps poussiéreux avant de dormir. Cela dit il comprenait mieux l'état général de l’hôtel à présent. Combien de règles de ce genre allaient-il encore découvrir ?
Se calmant un peu, le petit les toisa l'un après l'autre et indiqua enfin la raison de sa venue :
« J'étais venu vous dire que le repas sera bientôt servi au réfectoire. Donc si vous voulez manger, il faudra descendre dans un quart d'heure. Ce sera la deuxième porte de droite après avoir descendu l'escalier, puis celle de gauche. Ne vous trompez pas. »

Son regard s’attarda sur Julian, toujours sur le sol. Un moment, Zephyr cru même qu'il allait lui demander ce qu'il fabriquait allongé par terre. Mais il n'en fit rien. Il leur adressa un petit sourire timide et s'en alla. Mais à peine avait-il passé la porte qu'il se figea et se retourna.
« Oh et j'allais oublier ! Surtout, n'ouvrez jamais la porte qui se trouve au fond de ce couloir, juste après les douches. Mamie a dit que si vous l'ouvrez vous n'aurez qu'à vous en prendre à vous même. Elle a pas voulu me dire pourquoi. »
Il les regarda avec innocence et Zephyr ne douta pas un seul instant de la véracité de ses propos. Sur ce il se retourna à nouveau et s'en fut en courant dans le couloir, le bruit de ses petits pieds s'évanouissant dans l'escalier.
Le silence qui suivit commençant à le mettre mal à l'aise, il fut le premier à le rompre.

« Je sais pas vous, mais cet endroit commence vraiment à me ficher la chair de poule. »
Il leva les yeux au plafond, regardant l'ampoule se balancer légèrement sur ses fils. Il n'y avait pourtant pas de vent... Quelque chose le frappa alors soudain. Figé en tailleur sur le lit, les yeux écarquillés sur le plafonnier, il aurait bien été en peine de bouger même si sa vie en avait dépendu. L'hôtel décrépit, la déco semblant sortir d'un autre âge, la vieille qui disparaissait sans un bruit, les silhouettes dans le couloir, les volets à ne pas ouvrir, et même le questionnaire étrange ! Un seul mot lui venait à l'esprit mais jamais de la vie il ne l'aurait prononcé à voix haute. Par peur de sembler ridicule ? Non. C'était plus compliqué que cela. Lorsqu'il était petit, et même encore maintenant, Zephyr croyait que s'il énonçait quelque chose dont il avait peur à voix haute, cette chose se réaliserait ou apparaîtrait. C'était exactement ce qu'il ressentait en cet instant. Il avait peur que s'il prononçait ce simple mot, des choses horribles allaient arriver.
Lorsqu'il parvint enfin à quitter le plafond des yeux, il croisa le regard d'Eva. Avait-elle compris ? Ses yeux toujours écarquillés, il ouvrit la bouche pour parler mais il ne trouva rien à dire. Rien de sensé en tout cas. Chaque phrase qu'il pensait formuler lui paraissait ridicule. Finalement le coin gauche de sa lèvre remonta en un drôle de rictus et il laissa échapper un rire nerveux. Il avait une imagination trop fertile. Ce devait être ça.
Alors pourquoi son cœur battait-il la chamade dans sa poitrine au point qu'il pouvait presque l'entendre, symphonie de tambours déchaînés semblant annoncer Ragnarök ?
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Dim 26 Juil - 10:29

Eva lui ayant posé la question sur les tours, Julian tenta de se remémorer exactement ce que Selene pouvait lui avoir raconté dessus. Alors, oui en effet, il y en a avait 7, une par péchés capitaux, il semblait qu'elle en avait parlé, mais il se rappelait surtout qu'elles étaient dangereuses. Par contre, tout rapport à un tatouage ne lui évoquait vraiment rien du tout.

- Désolé miss, j'confirme pour les péchés, mais les tatouages, j'en ai jamais entendu parler. Selene m'a rien dit là d'ssus ou je m'en souviens pas. 'fin tu m'diras, elle en avait surtout super peur et n'a jamais arrêté d'me dire combien elles étaient dangereuses, et qu'il fallait pas les approcher.

Sur ces derniers mots, il se souvint de la crise faites à Techyo, l'obligeant maintenant à payer une amende assez abusée pour peu de chose. Il n'était même pas rentré dans la tour pourtant, à peine sur la place de cette dernière. Posant sa main sur son épaule, son ancienne blessure maintenant soignée se faisait quand même sentir, comme un rappel du danger que cela représentait de les défier.

- Ouai... elle a pas tord d'ailleurs... Si j'avais pas fait d'crise, je serais probablement mort. C'était ça la blessure qui a pissé l'sang quand on s'est rencontré. Mais ça s'rait vraiment trop normal de pas tenter d'aller les voir...

Mais pour Julian, cette excursion avait surtout signifié la fin de son aventure en ce monde avec les 2 filles. L'événement avait servi d'excuse pour qu'elles le jettent comme une vieille chaussette, pour que Selene puisse le quitter d'horrible façon. Et surtout pour qu'Anastasia le traite comme un moins que rien, se croyant supérieure alors qu'au finale, il la trouvait dégoûtante, affreusement normale. Qu’elle honte qu'il éprouvait d'avoir cru un instant qu'il s'agissait de quelqu'un de bien.

Toujours pleinement plongé dans ses pensées, on l'en sorti de force avec le petit Tom frappant à la porte. Ce dernier s'excita tout seul concernant la fenêtre. L'interdiction d'ouvrir celle-ci fit vraiment plaisir au jeune homme. Quel hôtel pouvait bien interdire quelque chose d'aussi basique ? Aucun ! Autrement dit, le groupe se trouvait dans un établissement absolument anormal. Encore que ce sus-dit point avait déjà trouvé démonstration de par la décoration des lieux. Quoi qu'il en soit, cela le requinqua, lui faisant oublier ses pensées déprimantes.

Il se redressa en position assise à l'instant même où le gamin annonçait qu'ils pourraient descendre 15min plus tard pour manger. Enfin ! C'est que la faim se faisait manifestement sentir à force. Il serait malgré tout impossible de respecter un délai imposé. Mais partir dès maintenant serait trop normal pour quelqu'un recherchant l'anormalité, et choisir un temps correspondant à la moitié le serait trop aussi... Il attendrait environ 8 minutes. Ça paraissait parfaitement anormal comme choix à la fois pour tous mais pour lui aussi. Le problème venait du fait qu'il n'avait pas de montre. Son regard porta sur celle d'Eva :

- Dis Eva, tu pourras m'dire quand 8 minutes seront passés ? S'teuplait.

Par contre, l'affirmation concernant la porte du fond du couloir s'apparentait plus à une invitation pure et dure à ne pas respecter l'ordre, surtout lorsque c'était adressé à un phobique des règles.

- Dites... Concernant l'porte qu'on doit pas ouvrir... Soit vous arrivez à m'retenir à la première crise venue, soit je vais l'ouvrir à la première occasion venue. Ça me démange déjà d'y aller. Même si c'est normal d'aller l'ouvrir pour un anormal comme moi.


Et Zephyr qui annonça que l'endroit lui donnait la chaire de poule. De quoi avait-il peur ? Ils étaient trois pour se défendre, au courant des dangers de ce monde, donc tout se déroulerait bien. Et puis si ils étaient engagés pour travailler, on ne leur ferait rien. Et puis après tout, il aimait l'endroit, purement et simplement.

- Boarf, j'adore les lieux, y'a rien d'normal ici, c'est cool ! J'sens qu'on va passer un bon moment.

Quand bien même il fallait rester prudent, il pensait vraiment ses paroles, ce que montrait l'expression sincère sur son visage, pouvant presque le faire passer pour quelqu'un de candide.


---
Dans 8 minutes, surtout si Alicia lui dit que c'est bon, Julian se casse manger, de gré ou de force, même en pleine conversation. En le disant tout de même qu'il lui serait impossible de tenir 15min comme demandé ^^
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 29 Juil - 15:48

Glauque. Ce mot résonnait dans mon esprit alors que je tentais encore de comprendre le pourquoi du comment. Le garçon avait déjà disparu de la pièce ne nous laissant pas le temps pour plus de questions.

Je détestais les gamins. Pendant un instant, je songeais à mes anciens voisins, une famille qui comportait une ribambelle de rejetons aussi bruyants les uns que les autres. J’en avais eu des boutons à me réveiller tous les nuits parce qu’un des bébés brayait. Ça n’avait pas arrangé mon aversion envers les enfants. Alors des gamins qui donnaient des ordres, ce n’était pas quelques boutons mais la varicelle à ce stade-là. « Ne pas ouvrir la porte » ? Il aurait mieux fait de rien dire que cela aurait été plus efficace. Maintenant, j’avais envie de savoir ce qu’il se cachait derrière cette satanée porte. Le règlement était vraiment étrange et ce n’était pas simplement le « n’ouvrez pas les fenêtres ! ». Non, il y avait beaucoup trop de choses anormales qui se cumulaient dans cet hôtel. La preuve en était la joie de Julian à se retrouver ici. Je ne fus même pas surprise qu’il énonce vouloir à tout prix ouvrir la fameuse porte « au fond du couloir juste après les douches. ». Moi je pouvais encore me retenir, mais au vu de la pathologie du jeune homme assis par terre, cela pouvait s’avérer plus compliqué.

Quant à Zéphyr, cela ne sembla pas le rassurer. Même dans la faible lumière de l’ampoule, qui se balançait au plafond, je pouvais apercevoir son inquiétude. Je comprenais son sentiment de malaise. Étrangement, je n’avais pas envie qu’il se sente mal. Je ne savais pas à quoi il pensait exactement mais cela m’embêtait vraiment de le voir ainsi. Alors sans hésitation, je me relevai, vérifiai qu’il n’y avait plus personne pour nous donner des ordres et me dirigeai vers cette maudite fenêtre afin de l’ouvrir de nouveau et laisser entrer les rayons du soleil. Bon, j’avais enfreins une des règles mais j’en avais rien à foutre. Ce n’était certainement pas un gamin qui allait me dire ce que je devais faire. Et si la vieille avait un truc à dire, qu’elle nous le dise en face au lieu d’envoyer son petit larbin.

- Je ne sais pas vous, mais je respire mieux ainsi et puis de toute façon on y voit rien.

Voilà, c’était mon excuse. De toute façon, je ne me voyais pas dire que j’ouvrais la fenêtre pour que Zéphyr se sente mieux. Même dans ma tête, c’était un geste étrange. Je secouai la tête ne voulant plus y penser.

Je jetai un coup d’œil à ma montre pour voir qu’il ne s’était passé que deux minutes. J’étais tout de même tentée de ne rien dire à Julian au bout de 8 minutes. Le problème étant qu’au bout d’un moment il s’en rendrait compte. Mais si je décalais seulement de 2 minutes, il n’y verrait que du feu. Je me retournai  pour faire face à mes compagnons, les mains dans le dos. Julien pouvait bien adorer cet endroit mais il me semblait primordial de rester vigilant. Et ce n’était pas en restant silencieux entre nous qu’on allait réussir à survivre dans ce monde.

- Bon, il est clair qu’il se passe quelque chose ici. Et je pense qu’une certaine prudence s’impose… Alors oui, Julian, si je dois t’assommer pendant une crise, je le ferais, j’ai déjà de l’expérience dans ce domaine…

Je souris en me souvenant de ce cannibale qui s’était pris un coup de cross en plein visage. J’avais dû m’y prendre à deux fois pour le faire tomber dans les vapes. Ça ne me gênait pas de devoir recommencer. Je repris donc:

- Ensuite, je pense qu’il vaut mieux ne pas trop se séparer lorsqu’on travaillera demain. Ou en tout cas, qu’on reste à portée de voix si jamais  il arrivait quelque chose à l’un d’entre nous…

J’attendis leur réaction. Je ne voulais pas créer de panique mais c'était toujours mieux de prévenir que de guérir…

Je regardai de nouveau ma montre pour voir que dix minutes pile étaient passés.

- Le temps est écoulé, dis-je en m’adressant à Julian.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 4 Aoû - 16:50

Julian n'avait pas l'air d'avoir été plus perturbé que cela par l'intervention du petit. Bien au contraire. Il rayonnait. Quant à Eva... Non, elle n'avait pas l'air plus inquiète que cela. Etait-il donc le seul penser que ce lieu était un repère de … non il ne voulait même pas songer à ce mot. Rien que d'y penser risquait de provoquer une catastrophe.
Julian manifesta alors l'envie d'aller ouvrir la fameuse porte que le garçon leur avait vivement déconseillé d'ouvrir. Rien de vraiment étonnant le concernant. Mais si ce lieux était … Bon sang, que pouvait-il bien y avoir derrière cette porte. Il était vrai que la curiosité démangeait pas mal l'herpétophobe. Mais d'un autre côté, son instinct lui soufflait de choisir la voie de la prudence et de ne rien tenter. Pourquoi risquer délibérément sa vie dans un monde où tout pouvait déjà être un danger potentiel ?

Quoi qu'il en soit, le fait que Julian soit à se point décontracté eut pour effet de rasséréner un peu le jeune homme. Et le fait qu'Eva brise l'interdit aussitôt après le départ du garçon en rouvrant la fenêtre l'apaisa encore d’avantage. Le soleil ne tarderait pas à complètement disparaître à l'horizon, autant profiter un dernier instant de ses rayons. Zephyr adressa un sourire de remerciement à Eva. Il avait besoin d'un peu d'air. Il se dirigea vers la fenêtre et s'y appuya, regardant la rue en contrebas. Il inspira à fond et relâcha doucement l'air de ses poumons. Il se retourna pour faire face à Julian, Eva se tenant juste à côté de lui. Les fesses appuyées contre le rebord de la fenêtre et les bras croisés pour se donner un peu plus de contenance, il acquiesça à son idée.

« Je pense que ça pourrait être judicieux en effet. Cet endroit n'est pas normal. Je sais que toi ça te convient Julian mais si ça veut dire que ça nous met en danger, je ne sais pas si c'est une si bonne chose. »

Un instant, il songea à les mettre au courant de ce qu'il avait déduit sur cet endroit. Mais il s'abstint, certain qu'ils le prendraient pour un parano. Et puis de toute façon, qu'est-ce que ça changerait qu'il le leur dise ou non ? Julian trouverait ça trop cool et Eva … Pour Eva il ne savait pas vraiment quelle réaction elle pourrait avoir mais puisqu'ils ne pourraient rien y faire, autant ne pas l'inquiéter pour rien. Il se trompait peut-être après tout.

Finalement, Eva leur annonça qu'il était l'heure de descendre. Quittant son rebord de fenêtre, Zephyr  se força à refermer les voler avant de quitter la pièce. Briser un interdit était une chose mais tant qu'ils n'était pas dans la chambre, pourquoi risquer de s'attirer les foudres de la tenancière ? Rien qu'à l'idée de la voir débarquer en colère lui donnait la chair de poule.

« Comme ça on ne pourra rien nous dire »
Précisa t-il tout de même à l'attention de ses deux camarades. Il laissa toutefois les fenêtres ouvertes pour laisser passer un mince filet d'air frais dans la chambre. Cela ne changerait rien à l'odeur de renfermé de la pièce mais ne savait-on jamais. Laissant ses affaires dans la chambre, il suivit Eva et Julian dans le couloir, puis dans l'escalier. Il n'avait pas put s’empêcher de tourner la tête vers le fond du couloir, ses yeux s'étant posés sur la porte interdite. Il aurait aimé savoir ce qui se trouvait derrière. Mais la perspective de se mettre en danger suffisait à le refroidir. Et puis il avait trop faim pour risquer sa vie maintenant.

Alors qu'ils s'engageaient dans l'escalier tortueux, Julian en tête, Zephyr ne put s’empêcher de remarquer au poignet d'Eva que la montre n'indiquait pas l'heure que Julian avait demandé. Elle avait attendu plus longtemps que 8 minutes. Volontairement ou délibérément ? Quoi qu'il en soit, si Julian s'en apercevait il risquait une belle crise. Littéralement.

Alors qu'ils devaient se trouver au milieu de l'escalier en colimaçon, la faible lumière qui les éclairait disparut, soufflée comme la flamme d'une bougie et ils se retrouvèrent dans le noir le plus total. Devant lui, Eva s'était arrêtée plus vite que lui et il la percuta de plein fouet, l’entraînant dans sa chute. Elle dut percuter Julian car ils se retrouvèrent tous les trois à dévaler l'escalier. Arrivé tout en bas, Zephyr mit un moment à comprendre dans quelle position il se trouvait car il faisait toujours nuit noire. Il se trouvait sur le dos, quelque chose lui rentrait dans les omoplates et un bras – ou peut-être une jambe – lui barrait l'estomac.
Il avait beau ouvrir les yeux, tout n'était que ténèbres autour de lui. Il sentit ses amis remuer sur et sous lui et lorsque quelque chose lui écrasa la jambe il ouvrit la bouche pour pousser un 'aïe' qui resta silencieux.

« C'est ma jambe ! » souffla t-il après quelques secondes sans trop savoir qui était en train de la lui écrabouiller. Il la récupéra et tenta de se relever. Il sentit un corps mou sous sa main lorsqu'il s'appuya pour se redresser.
« Oups, désolé. »
Une fois remis sur pieds, il tâtonna autour de lui pour essayer de savoir où se trouvaient les deux autres. Il sentit un bras sur sa droite et comprit à sa finesse qu'il devait s'agir d'Eva. Elle sembla tressaillir et il s'empressa de la rassurer.
« T'inquiète c'est moi. Julian t'es où ? »

Le phobique devait être aux anges avec un coup pareil. Il aurait lui-même éteint la lumière que ça ne l'aurait pas étonné. Zephyr se massa un moment le bras gauche puis les fesses, tous deux douloureux après cette chute. Mais rien de plus grave que quelques bleus n'étaient à déplorer.

Avançant les bras tendus en avant, il fini par atteindre un mur. Il s'y adossa, espérant apercevoir quelque chose mais c'était peine perdue. C'est alors qu'il les vit. Deux yeux jaunes se tenaient en hauteur, très certainement dans l'escalier, et le fixaient sans ciller. Comme paralysé par la peur, Zephyr sentit tous ses muscles refuser de lui obéir. On aurait dit deux lucioles suspendues dans les ombres. Elles disparurent et réapparurent aussitôt. La chose venait de cligner des yeux. Puis la lumière revint aussi soudainement qu'elle s'était éteinte. La où les yeux s'étaient trouvés quelques instants plus tôt, un gros chien à l'air un peu pataud bavait abondamment dans l'escalier. Les babines pendantes, il descendit lourdement les dernières marches et, ignorant superbement les trois voyageurs, il fila à travers le couloir d'un démarche pesante et maladroite.
Quelque chose clochait. Les yeux qu'il avait aperçut et qui reluisaient dans l'escalier lui avaient parut bien plus éloignés l'un de l'autre que les yeux de ce chien. S'il avait dut lui donner une taille, il aurait facilement comparé la bestiole à un ours ou un énorme loup.

*Reprend toi mon vieux, tu perds la boule !* Se morigéna t-il.

Toujours adossé au mur dont le papier peint se décollait par endroit, il se fit violence pour s'en séparer et suivre les deux autres vers la salle à manger.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Sam 8 Aoû - 16:06

Et voilà qu'à peine 1 ou 2 minutes au maximum après le départ du gamin qu'Eva ouvre à nouveau la fenêtre, au plus grand plaisir de Julian. Quelle belle infraction au règlement, naturelle et spontanée. C'est qu'elle s'avérait de plus en plus géniale aux yeux du phobique.

Et en plus de cela, elle propose même de l’assommer sans même une hésitation. À croire que la pièce ne recelait pas une seule personne voulant être anormale, mais au moins deux, bien que la méthode proposée puisse se révéler assez extrême et brutale. Les manières et la façon d'être de la jeune fille intéressaient vraiment Julian, qui pensait sérieusement pouvoir s'en faire une amie si elle continuait à ce rythme là.

Quand à la proposition de ne pas se séparer le lendemain, elle ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd. L'idée était logique, peut être un peu trop normale, mais nécessaire dans tous les cas. Quoi qu'il en soit, à en croire à cet instant sa compagne de route, le temps était écoulé. L'heure de descendre autrement dit. Et ce n'est pas le jeune homme qui se serait fait prier pour cela, la preuve en fut la vitesse avec laquelle il franchit la porte et s'engagea dans le couloir. Il n'en remarqua même pas que la fenêtre retrouva sa position « fermée ».

Descendant les escaliers au bout du couloir, Julian s'adresse à Eva, tiltant sur une information qu'elle trouverait certainement importante :
- Au fait... Si l'gamin à fermer not' fenêtre, la tienne va l'être aussi maintenant...


Mais en plein retour sur ses considérations mineures, comme comment marcher de manière étrange sur les étranges motifs du tapis recouvert de poussière, la lumière s'éteint. Habituellement, ça ne lui aurait pas nécessairement posé de problème de continuer son déplacement dans le noir, les lieux étant certes en bazars, mais Julian en avait retenu la disposition. C'était une simple habitude de sa part mais qui lui évitait de devoir allumer la lumière la nuit, afin de, encore et toujours, esquiver la norme. Seulement, là, ses deux compagnons en décidèrent autrement en chutant, l’entraînant dans les escaliers avec eux pour un rouler-boulet digne des meilleurs cirques de Dreamland certainement, par chance bien plus ridicule que violant. Les livres et l'étrange barda reposant un peu partout avait pu amortir les différents chocs.

En bas, impossible de se relever immédiatement. On l'écrasait de la tête aux pieds. Et d'après le poids, tout autant Zephyr qu'Eva reposaient sur son corps. Aux premiers mouvements et paroles, il comprit d'ailleurs que les fesses qui lui étouffaient le visage n'étaient pas celle de l'herpétophobe mais bien celles de la mythomane. Et une fois libéré, assez rapidement mine de rien, Julian chercha à savoir contre un mur, ce qu'il fit tout en voyant passer un gros chien tout pataud. D'où pouvait-il sortir... ?

La question resterait sans réponse. Son estomac avait rappelé à l'ordre le groupe pendant que tout à chacun reprenait complètement ses esprits en examinant les diverses égratignures. Il se leva donc et fini le chemin les séparant de la salle à manger de l'hôtel. Cette dernière était à peine d'une cinquantaine de mètres carrés, mais, contrairement au reste des lieux, d'une propreté relativement correcte. Tout du moins ne voyait-on pas le souks habituel, ni la poussière accumulée. Bien que la chose n'inquiète pas Julian, il se doutait que cela rassurerait ses compagnons. Seule la décoration globale donnait un ton étrangement sombre et clair à la fois.

Une table pour trois personne se trouvait toute prête dans un coin de la salle. Le gamin entra à ce moment là par une porte donnant probablement sur les cuisines et couru vers le petit groupe. Se moquant gentillement d'eux pour les bleus qu'ils portaient sur eux, il les mena à leur table et leur annonça que le repas était presque prêt et allé arriver. Concernant la boisson, il leur fut uniquement servi de l'eau, mais ils furent informés de la possibilité de payer quelques rubzs . L'incapacité de Julian à s'asseoir comme tout le monde l'amena à se poser les jambes croisées sur la chaise.

Le repas fini par arriver, et ce qui leur fut servi fut un simple plat d'épinards – apparemment, et surgelés il y a encore quelques temps auparavant – avec dans leurs assiettes de magnifiques steak au délicieux goût de veau, avec un arrière goût de porc. Pour un hôtel pas cher, la qualité de la viande faisait vraiment étrange, anormale, et c'est bien pour cela que le phobique ne se posa pas la question et dévora son assiette. Qui plus est, il raffolait d'épinards, donc que demander de plus ?
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 12 Aoû - 14:00

C’était la deuxième en fois en une journée que je me faisais bousculer pour tomber douloureusement par terre. Enfin, sur Julian dans ce cas précis. Alors que nous étions en train de descendre les escaliers, je fus surprise par la brusque absence de lumière. Heureusement j’avais de bons réflexes en m’arrêtant tout en m’accrochant à la rambarde. Cependant, ce ne fut pas le cas de Zéphyr qui se tenait juste derrière moi. Apparemment, je ne faisais pas le poids face à un homme bien bâti, plus grand que moi. Ainsi, je fus emportée, les marches ont grincé, la poussière s’est soulevée, et nous finîmes tous en bas des escaliers.

Après quelques secondes de désorientation, je tentai de me redresser mais ce fut plus compliqué que je m’y attendais puisque des jambes et des bras me barraient la route. L’obscurité n’était pas non plus d’une grande aide, surtout lorsqu’on se trouvait dans un endroit qui ne nous était pas familier. Je tâtai donc autour de moi, espérant trouver quelque chose qui m’aiderait à me relever. Une douleur me traversa au thorax lorsque je levai mon bras vers ce qui me semblait être la rambarde. Automatiquement, je me recroquevillai, serrant les dents me rappelant que c’était la deuxième fois que je me faisais mal au même endroit. Ce n’était pas grand-chose, mais j’étais à peu près sûre que demain, je me retrouverais avec un joli bleu.

Je massai quelque peu la zone où j’avais mal lorsque je crus sentir Zéphyr se lever. Il n’y avait toujours pas de lumière et il était difficile de le discerner. Cependant, en tournant la tête vers l’étage, je crus apercevoir deux petits points brillants dans le noir. Je fronçai des sourcils face à ce phénomène étrange. Il y avait quelque chose d’angoissant et le silence accentuait ce sentiment d’oppression que je ressentais en fixant ces points lumineux.

- Qu’est-ce…

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que l’éclairage revînt aussi soudainement qu’elle avait disparu. Mon regard se posa de nouveau vers l’endroit où j’avais cru voir deux points brillants pour me rendre compte qu’il n’y avait plus rien. Seul un  gros chien descendit tranquillement les dernières marches, nous ignorant superbement tout en laissant quelques traces de baves sur le plancher. Mon regard suivit la course de l’animal jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière une autre porte. Je n’étais pas sûre, mais il me semblait que ses yeux étaient, de façon déconcertante, de la même couleur que ce que j’avais aperçu un peu plus tôt en haut de l’escalier.

Je restais quelques instants immobiles, tentant de trouver une façon logique d’expliquer ce qui venait de se passer. Toutefois, Julian ne perdit pas de vue son objectif premier, car ce dernier, sans se poser plus de question se dirigea directement vers la salle à manger.

Nous le suivîmes donc mais je pris le temps de me tourner vers l’herpétophobe.

- Dis-moi, t’as bien vu deux points lumineux en haut des escaliers ?

En fait, je voulais d’abord m’assurer que je n’avais pas halluciné. Je n’étais pas du genre à vouloir me voiler la face sur certaine chose. Et il me semblait important, surtout dans ce monde, de faire attention à chaque indice. S’il y avait un quelconque danger, je voulais être au courant. J’attendis donc la réponse de Zéphyr mais en l’observant je compris que quelque chose l’inquiété. C’était plus que le simple fait de ne pas avoir le droit d’ouvrir des volets. Non, quelque chose lui faisait vraiment peur.

Malgré, ce phénomène étrange, je fus tout de même soulagé de découvrir une salle à manger plutôt propre, contrairement au reste de l’hôtel, et une table prête pour trois personnes. La décoration restait toujours à désirer mais au moins on avait un coin tranquille pour manger et discuter. Julian s’était déjà installé sur sa chaise lorsque nous nous installâmes à notre tour. Au même moment, le petit garçon impertinent fit irruption dans la pièce. Et ce fut avec un sourire moqueur qu’il nous annonça que le repas serait bientôt prêt.

Ce fut donc au bout de deux minutes que mon regard se posa sur des légumes congelés et de la viande saignante. Où était mon carpaccio là-dedans ? Je triturai du bout de ma fourchette la nourriture qui me semblait peu appétissante. Je n’aimais pas spécialement les épinards, et la viande saignante, même si elle semblait de bonne qualité, n’était pas mon truc en ce moment. Surtout après avoir fait un tour, juste avant, dans un village de cannibale. Je décidai à la place de me servir un verre d’eau. C’était tout de même reposant. On pouvait enfin manger dans le calme, dormir dans un vrai lit et surtout arrêter de crapahuter partout pour survivre.

Je me forçai tout de même à manger car je savais que je n’allais pas tenir plus longtemps le ventre vide. Et alors que je mastiquai avec difficulté mes épinards nous fûmes interrompus par un claquement de canne. Levant la tête, ce fut sans surprise que je découvris la vieille dame de l’accueil toujours aussi trapue et ridée. Un sourire forcé se forma sur ses lèvres gercées lorsqu’elle nous tendit à chacun un bout de papier.

- Voilà, c’est votre emploi du temps à chacun. Vous trouverez toutes les instructions et les informations nécessaires pour accomplir votre travail demain dont un plan de l’hôtel. Je vous ai confié à chacun des tâches différentes en fonction du formulaire que vous avez remplis un peu plus tôt.

Elle s’arrêta un  instant pour prendre une inspiration comme si elle avait quelques difficultés à respirer. Son regard vif se posa tour à tour sur chacun de nous pour être sûre qu’on avait bien compris. Et sans rien ajouter d’autre, cette dernière repartie d’un pas étrangement rapide malgré sa canne.

- J’ai l’impression d’être dans la maison de la famille addams…

Je parcourus rapidement les bouts de papier pour voir qu’on m’avait confiée le rôle de femme de chambre. Chouette, je vais devoir changer les draps transpirants le moisi et nettoyer les saletés des clients. Je pris aussi le temps de regarder le plan. Bien évidement je fus attirée par la fameuse porte qu’on ne devait pas ouvrir. Malheureusement, le plan ne semblait pas complet puisque il n’y avait rien d’inscrit derrière la porte en question.


Dernière édition par Alicia Smith le Mer 23 Sep - 14:14, édité 1 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Sam 5 Sep - 13:26

A sa grande surprise, Eva, elle aussi, avait vu les yeux du chien dans le noir. Julian ne faisant pas mine d'avoir vu quoi que ce soit se dirigeait déjà vers le repas qui s'annonçait. Chuchotant pour que seule son amie l'entende, il lui exposa son angoisse, trop heureux de pouvoir la partager à quelqu'un :
« Oui je les ai vu. Je ne les ai pas lâché des yeux. Et lorsque la lumière est revenue c'est le chien qui se trouvait à cet endroit. Mais ça ne pouvait pas être ses yeux. Ils étaient beaucoup plus espacés... Je ne sais pas trop ce que j'ai vu. Et à vrai dire je crois que je n'ai pas trop envie de le savoir … On ferait mieux d'aller manger sinon Julian risque de se charger de nos assiettes pour nous. »

Cette baraque le rendait peut-être parano. A la suite de Julian et d'Eva, il entra dans le réfectoire qui n'était pas bien différent du reste de l'hôtel, mise à part la propreté évidente. Ici pas de toiles d’araignées ou de bric à brac éparpillé. Mais toujours le même vieux papier peint et une ambiance glauque à souhait. Cela dit, Zephyr n'aurait pas sut dire avec exactitude de quoi lui venait cette sensation.

Ils s'installèrent tous les trois à une table déjà dressée pour eux et l'herpétophobe essaya d'oublier le gros chien. Mais tout dans cet endroit lui donnait la chaire de poule et ce ne fut que lorsqu'il remarqua la drôle de position de Julian qu'il parvint à se changer les idées. Il ne pouvait décidément pas faire comme tout le monde. Cela fit sourire le jeune homme qui se demanda, sans trop savoir pourquoi lui était venue cette pensée, comment il s'y prenait aux toilettes...

Lorsque le repas arriva, Julian se jeta dessus avec un plaisir évident alors qu'Eva sembla faire la fine bouche. En ce qui le concernait, il ne ferait pas le difficile. Il avait trop faim pour ça. Il attaqua sans plus de cérémonie les épinards accompagnés d'une viande qui ne lui rappela que trop bien le ragoût de Quiet Hill. Ils mangèrent quelques instants en silence et Zephyr ne put s’empêcher de sursauter lorsque la vieille de l'accueil fit remarquer sa présence par un claquement de sa canne. Il ne l'avait même pas vu arriver ! Elle leur tendit alors à chacun une feuille qui leur détaillait leur mission respective pour le lendemain.

La réflexion d'Eva après le départ de la vieille le rendit quelque peu nerveux. Un sourire ironique sur le visage il ne put s’empêcher d'ajouter :
« Moi cet endroit me fait plutôt penser à un château hanté, genre dans les Carpates. Si vous voyez où je veux en venir. »

Alors qu'Eva regardait sa feuille, il jeta un coup d’œil à la sienne. Il serait apparemment en charge de la maintenance et de la réparation des divers équipements de l'hôtel. Chouette, de la plomberie et du bricolage... Il afficha une mine dépitée en montrant ça aux autres :
« Avec un peu de chance demain soir on aura de l'eau chaude... Enfin si je trouve comment ça fonctionne... »

Se retrouver de corvée de réparation n'était pas le pire qui pouvait lui arriver. Il se demanda ce que Julian serait en charge de faire. En tout cas, ils seraient séparés, c'était certain, et cela ne faisait qu'inquiéter d'avantage l'herpétophobe. Mais après tout c'était logique. Ils n'allaient pas les coller tous dans la même pièce. Et pour faire quoi ? Le lendemain, ils devraient s'acquitter au mieux de leurs tâches respectives mais rien ne les empêcheraient de se retrouver de temps à autre pour être sur que tout va bien.
« Ce que je vous propose pour demain c'est qu'on essaye de se regrouper toutes les deux ou trois heures pour être certains que tout le monde va bien. Vous pouvez me traiter de parano si vous voulez mais... »
Il baissa la voix au maximum et se pencha vers les deux autres pour qu'ils l'entendent :
« Y a un truc ici qui tourne pas rond. Je sais que toi ça te plaît bien Julian mais ça ne doit pas nous empêcher de rester prudents. A Quiet Hill aussi y avait un truc qui clochait et on a bien vu Eva et moi comment ça a bien failli finir. J'ai pas envie de me retrouver au menu alors on reste sur nos gardes ok ? Et interdiction d'ouvrir cette fichue porte ! »
Il n'avait regardé que Julian en disant cela, certain qu'Eva aurait assez de jugeote pour ne pas céder à la tentation. Lui-même aurait bien aimé savoir ce qui se cachait derrière, mais il avait encore assez de bon sens pour rester dans la spéculation.
« Comme il n'y a que toi qui possède une montre, ajouta t-il à l'adresse de la jeune femme, il faudra qu'on s'assure d'avoir toujours une horloge ou un truc du genre sous la main. Ça doit pas manquer dans une baraque pareille. Il va falloir qu'on s'organise un peu. »

Laissant les autres réfléchir à sa proposition, il piqua un peu d'épinard au bout de sa fourchette et mangea un peu plus lentement qu'au début. La viande avait un goût indéfinissable et il aurait bien été en peine de dire si c'était du bœuf, du porc ou de l'être humain. N'ayant pas envie de connaître la réponse, il évita de se poser trop ouvertement la question. Il songea plutôt au bon lit qui l'attendait. Une nuit de repos au chaud et dans des draps (pas forcement propres mais bon) ne pourraient lui faire que du bien. D'autant qu'il partagerait le lit avec Julian... Cette pensée lui fit monter le rouge au visage et il se concentra sur la mastication de ses aliments. Pour le coup, il se serait senti moins mal à l'aise s'il avait dut dormir dans le même lit qu'Eva. Si leurs pieds ou tout autre partie de leur corps s'étaient touchés ou même frôlés, ça ne lui aurait rien fait. Par contre s'il se rendait compte au milieu de la nuit qu'il était collé à Julian, il risquait … mieux valait ne pas y penser.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 10 Sep - 17:21

Qu'il était bon de manger à sa faim, quelque soit le contenu de son assiette. Et ce n'était pas Eva qui n'y touchait pas qui allait gâcher son repas. Le petit groupe eut par ailleurs le droit à un petit intermède incarné par la petite vieille les ayant accueillie plus tôt dans la journée, et semblant toujours apparaître sans bruit, près d'eux. Celle-ci leur fourni les emplois du temps du lendemain, ainsi qu'un plan afin qu'ils puissent s'y retrouver plus aisément dans l'établissement. Effectivement, de nombreuses pièces et couloirs sinuaient partout dans les lieux, et le plan en question était de fait le bienvenu. Toutefois, pas de trace de la fameuse porte interdite, de quoi donner encore plus envie d'aller y faire un tour à quelqu'un comme Julian.

Laissant sa feuille reposer dans un coin, il continua de manger sans y faire plus attention que cela. La discussion de ses deux compères s’avérait être bien plus amusante, au point même qu'il se prit à y répondre en rigolant :
- Que ce soit la maison de la famille Adams, ou un château hanté, dans les deux cas ça va être bien fun ! Enfin... L'pire c'est que nous sommes à Dreamland mes gens hein, donc vos idées lancées en rigolant, elles peuvent très bien être justes.

Finissant sa phrase, il laissa retomber sa tête sur sa main, son bras s'appuyant du coude sur la table. Un petit sourire mi-amusé, mi-sadique flottait sur ses lèvres, et de nombreuses étoiles inquiétantes brillaient dans ses yeux malicieux.

Puis il se reprit, tapant d'une main sur la table, et continuant à manger :

- Breeeffff ! On verra bien ! Pour l'instant, faut bien finir de manger !

Peu après, il apprit que Zephyr comptait bien à travers son poste du lendemain remettre en fonctionnement l'eau chaude. On ne peut pas dire que cela lui faisait « chaud ou froid » puisqu'il aimait l'eau froide, mais bon, si son camarade voulait s'amuser, tant mieux pour lui. Et s'ils se sentaient mieux avec de l'eau chaude, ça ne l’empêcherait pas ne ne faire couler que de l'eau froide.

Finissant son assiette, il se décida enfin à regarder sa feuille de travail. Pour lui, ce serait nettoyage et rangement des parties communes, incluant en priorité les sanitaires, autrement dit les douches et les toilettes. Parfaitement charmant comme programme, mais dans le cadre où quiconque râlerait face à une telle mission, lui ne broncherait pas le moins du monde.

Au même instant, son camarade masculin crut bon de faire une crise de paranoïa au grand damne de Julian. Il est difficile de dire qu'il appréciait ce genre d'élan qui ne servait souvent qu'à mettre les gens en stress intensif, sans qu'il en ressorte grand chose de bon. Il préféra laisser passer les dires de ce derniers, ne relevant aucunement les passages concernant les regroupement régulier, ni l'incitation à la prudence, et encore moins le moment où Zephyr lui porta un regard lourd de sens à propos de la fameuse porte interdite. La paranoïa et l'organisation trop poussée le mettaient vraiment mal à l'aise, le rendaient mal, et à vrai dire, purement et simplement, l'effrayait tant cela était normal et courant.

Le repas ainsi en partie gâché, il lâcha quelque chose qui venait de faire tilt dans son esprit :
- Hey. En fait, si ils ont trouvés des gens pour bosser, et qu'ils s'embètent à nous r'filer des emplois du temps et des plans, c'est pas pour nous tuer. Ils doivent être bien content qu'on soit pas parti en courant déjà vu l'étrangeté du lieu. Pour moi, on risque que d'chi ici.

Puis il se servit un verre d'eau tout en repoussant son assiette, attendant leurs réactions, et peut être même un éventuel dessert, aussi simple soit-il...
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 23 Sep - 14:13

Julian avait raison pour le coup. En y réfléchissant, je ne voyais pas non plus pourquoi ils nous embaucheraient si c’était pour finalement nous tuer. Cependant il était indéniable qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce lieu.

Je baissai les yeux sur mon assiette pour voir que j’avais presque finis  celle-ci. A croire que mon aventure chez les cannibales n’avait aucunement empêché mon ventre de vouloir se remplir. Ouais, tu me diras, après avoir dormis dans la nature sans manger, je devais bien m’habituer et surtout ne pas me priver de manger quand je le pouvais.

- Julian a raison, je pense qu’il n’y a rien à craindre tant que l’on fait juste notre boulot et qu’on ne va pas farfouiller n’importe où…

Levant les yeux vers Zéphyr, je souris pour le convaincre que nous étions en sécurité. Ceci dit, ça ne voulait pas dire faire n’importe quoi ou ne pas être sur ses gardes.  A cette simple pensée, l’image du chien dans les escaliers m’apparut. Je réprimais un frisson en repensant à la lumière qui s’était éteinte soudainement, au silence et plus particulièrement à ces deux orbes incandescentes.

Je trifouillai pendant encore quelques secondes mon plat pour finir par me lever. Zéphyr et Julian n’avaient pas encore finis leur assiette, tout comme moi. De toute façon, je n’avais plus faim et je n’étais pas ce qu’on pouvait dire « une grosse mangeuse ».  J’avais réussi à garder une expression neutre, ne voulant pas communiquer ma peur aux autres, ce qui j’en étais sûre, n’aurait pas aidé Zéphyr.

- Je n’ai plus faim, je vais  prendre l’air juste à l’entrée…

J’avais besoin de respirer un peu et de sortir de ce bâtiment bien trop poussiéreux pour ma santé. De plus, l’entrée de l’hôtel était juste après le couloir que nous venions de traverser pour venir ici. Je pris donc mes papiers pour le boulot de demain et me redressai.

- Lorsque vous aurez finis de manger, si je ne suis toujours pas revenue vous pouvez toujours me retrouvez à l’entrée… Il n’est pas encore l’heure de se coucher et nous pouvons toujours nous promener dans les alentours au lieu de rester cloîtrés dans une chambre…

J’hésitai encore un instant puis me dirigeai vers la sortie. Les rares clients me regardèrent partir pour finalement retourner à leur occupation du moment. La porte d’entrée de l’immeuble n’était plus qu’à quelques mètres lorsque quelque chose m’interpella. Je tournai la tête pour voir le bout d’un cadre ressortir juste derrière un lourd rideau. Je déviai de ma trajectoire pour m’approcher et soulever le pan de tissu. Je débarrassai les murs de quelques toiles d’araignée pour mieux voir le tableau qui y était caché.

Encore un portrait. Toutefois, celui-ci paraissait beaucoup moins austère que les autres accrochés dans chaque coin de cet hôtel. En fait, c’était même une œuvre d’art lumineuse où une femme dans une robe moyenâgeuse souriait à l’artiste. La modèle était magnifique, assis sur le rebord d’une fontaine.

Je reculai d’un pas, penchant la tête. Cette femme semblait même assez réelle avec ces jolies boucles noires et ces yeux d’un vert perçant.

Le tableau était sans aucun doute splendide et aurait sa place dans un musée tel que le Louvre.  Alors pourquoi le caché derrière un rideau opaque ?  Il semblait même assez bien entretenu. En  regardant d’un peu plus près le chef d’œuvre, les couleurs étaient encore vives. Et vu le style, l’œuvre devait être assez ancienne.

Je secouai la tête pour arrêter de me poser des questions. Je remis la draperie devant le tableau et arrivai enfin dehors. J’avais l’impression de respirer de nouveau sans avoir l’impression d’être épié par une vielle sénile. Par chance, il y avait un banc à quelques mètres et décidai de m’y asseoir. Il ne faisait pas encore complètement noir mais cela n’allait pas tarder. Ne voulant pas réfléchir à grand-chose, je me mis à observer les rares passants qui défilaient dans la petite rue. C’est ainsi que je pu voir une des première clientes de la soirée rentrer dans l’hôtel. Je dis cliente puisqu’elle portait une petite valise. Cette dernière était impeccablement maquillée et coiffée comme si elle allait à une soirée. Elle portait une écharpe et un long manteau noir qui cachait sa tenue.

Je levai un sourcil lorsque je la vis sortir un petit miroir pour se pomponner le nez et remettre de l’ordre dans ses cheveux déjà parfaitement coiffés. Puis elle rentra comme si elle venait de mettre le pied dans un grand cinq étoiles.

Je pouffai de rire lorsque la femme disparue de ma vue.
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 22 Oct - 10:00

Après ses propres dires, Alicia appuya ceux de Julian – au moins en partie – et le rassura : ses compagnons de voyage du moment n'était pas idiot, et étaient capable de réfléchir un tant soit peu. Comparé à la demoiselle Anastasia, il ne pouvait que se réjouir de cela. La regardant partir « prendre l'air », il se tourna vers Zephyr, sans nécessairement dire quoi que ce soit. Après tout, tout ce qu'il attendait en cet instant s'incarnait dans la possibilité éventuelle d'un dessert, quel qu'il soit. Et sa demande s'exhaussa à travers le gamin ramenant à chacun une ridicule petite coupelle avec 2 minuscules cookies aux fruits rouges – même pas au chocolat – de posés à l'intérieur. Et à en croire leur tête, la probabilité qu'ils soient sortis directement d'un paquet acheté dans un lot acheté en « gros » était plutôt forte...

Avalant les deux siens d'une seule bouchée, les déglutissant difficile de par leur horrible goût, il attrapa ceux d'Alicia et se décida à les lui ramener, prévenant Zephyr au passage de sa propre destination. La demoiselle fut retrouvée à l'entrée après avoir croisée une vieille femme vraiment effrayante tant elle essayait de paraître plus jeune avec son « maquillage parfait ».

- Brrr... Elle fait vraiment peur la vieille qui vient d'rentrer. Elle est tellement caricaturale de toutes ces femmes qui se maquillent parfaitement pour faire plus jeune...

Puis retrouvant la raison première de sa venue, Julian continua, tendant les gâteaux :
- Ah, au fait, tient... C'est l'dessert. Immonde, m'enfin tu l'as payé quoi...

Une fois cela chose faites, le jeune homme posa ses fesses au sol, s'appuyant contre un mur, il sortit de son sac un pique apéritif qu'il mâchouilla pensivement, en proposant à sa camarade aussi, et quelques dés avec lesquels il joua, faisant quelques figures dans ses mains avec ces derniers. Ça occupait le corps pendant que l'esprit réfléchissait ou discutait, sans compter sur l'originalité de la chose.

Posé ainsi, le désir de discuter avec Alicia était là, de la vie en dehors de Dreamland par exemple, pour passer un peu le temps. Après tout, peu de monde se confiait aux autres en aussi peu de temps après une rencontre, donc autant le faire, c'était bien plus marrant, et cela évitait toutes ces normes relationnelles fastueuses, longues et ennuyantes...

Et aussi, cette peur des normes, traduite par son obsession continuelle d'esquive de celles-ci, restait sous-jacente, toujours présente. Jamais il n'y échapperait entièrement, il trouverait toujours une forme de norme ou de règle dans son environnement ou ce qu'il faisait, sa seule possibilité étant le contrôle et de centrer sa pensée sur les esquives. Un des psychologues qu'il avait rencontré lui aussi donné cette technique après quelques séances, qui lui permit ainsi d'au moins réussir à en faire suffisamment pour « vivre » seul, et ne pas finir en institut psychiatrique. Malheureusement, ce « moyen d'esquive » tourna rapidement – trop – en cette obsession caractéristique que les gens remarquaient en premier lieu chez le phobique.

Mais à l'heure actuelle, son désir de discussion ne surpassait pas le flot d'émotions mélancoliques, tristes, qui remontaient du fin fond de son cœur en pensant à Selene. Lui qui n'avait jamais connu l'histoire des sentiments amoureux, et qui y avait plongé entièrement, sans retenue, en un temps très court ne savait comment gérer ce rejet récent, cette fin si violente, imposée sans qu'il ne puisse y dire son mot.

Se prenant la tête entre les mains, il tentait de se canaliser, de se maîtriser, mais rien n'y faisait. L'ancienne force de sentiments éprouvés ne pouvait être repoussée. Son inexpérience en la matière provoquait le même effet que chez les adolescents, l'impression d'une perte si immense que la vie ne valait pas le coup de continuer à être. Et dans le même temps, une rage, une haine et une colère si profonde, si noire, affluait envers Anastasia. Julian rejetait largement toutes les raisons de cet échec sur elle. Heureusement qu'elle ne se trouvait pas en ce moment même près de lui, parce qu'il était persuadé qu'il la détruirait de toute son âme dans le cas inverse, tant physiquement que mentalement.

Puis, ne sachant comment faire, que faire, il repoussa sa tête en arrière, la claquant contre le mur comme pour essayer de reprendre ses esprits – et surtout y gagnant probablement une petite bosse – et parla à Alicia, d'une voix déchirée de douleur, de toutes sortes de douleurs...

- Dis... J'sais que j'suis nul, bizarre et tout ça. J'sais que c'était pas normal d'être jamais sorti avec quelqu'un avant elle, tout ça tout ça... Mais explique moi comment on fait pour se débarrasser de tous ces sentiments à la con ? En plus, c'est tellement normal d'éprouver des sentiments... j'en peux plus, ça m'fait si peur, mais je peux pas courir loin d'ça, ma peur est là, en moi, avec ces sentiments qui m'détruisent aussi... Dis moi s'qui faut faire...

Annonçant cela, sans même s'en rendre compte, il s'était planté l'un de ses piques apéritif dans la jambe, assez fort pour que du sang teinte légèrement son pantalon, comme si la douleur pouvait régler le problème...
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Lun 2 Nov - 21:54

A peine l’étrange cliente disparue que ce fut l’étrange Julian qui apparut pour me rejoindre à côté du banc…et s’asseoir par terre… Il faut le dire, il avait du cran pour le faire car même moi je n’aurais pas osé à cause de la saleté qui semblait imprégner cette rue de manière permanente. Enfin bref, il avait tout de même eu la gentillesse de ma rapporter mon dessert alors je n’allais certainement pas le critiquer sur son éternel comportement étrange qui semblait le satisfaire. Je pris donc le cookie et le grignotai à petites bouchées. Je n’avais pas faim mais j’avais toujours eu un petit faible pour les fruits rouges.

- Merci. Zéphyr est toujours à table ?

Je ne savais pas pourquoi mais j’étais persuadée que notre herpéthophobe aurait tout fait pour éviter de se retrouver seul dans cette hôtel miteux. Je n’étais cependant pas inquiète, juste surprise qu’il n’ait pas suivit Julian. Pour être inquiète il aurait fallu que je le connaisse un peu plus et que je tienne un minimum à lui. Ce qui n’était pas le cas, tout comme Julian.  Il m’a toujours été difficile de créer des liens avec les autres. C’était…trop compliqué. Je n’étais pas sociopathe, non, j’adorais même discuter avec les gens mais ça s’arrêter là. Je n’avais jamais eu l’envie d’avoir des amis. L’amitié et l’amour c’était seulement beau dans les films, les séries télé et les livres. La réalité me semblait bien moins reluisante.  Enfin, je dis ça mais nous ne sommes plus dans cette réalité. Je devais encore être endormie sur un divan juste à côté de ce fichu psychologue alors que ma conscience était là.

Je secouai la tête pour ne plus y penser, ça allait me mettre de mauvaise humeur.

Pendant ce temps, le jeune homme avait entrepris de jouer aux dés tout en mâchouillant un cure-dents. Evidemment, ce dernier n’allait pas se contenter de lancer les fameux dés, non il fallait qu’il fasse… autre chose. Je ne savais pas vraiment ce qu’il voulait faire mais lorsqu’il me proposa de participer à son jeu je refusai trouvant beaucoup plus amusant de le regarder faire. Pourtant, au lieu d’être pris par son jeu, Julian arborait une attitude pensive. Quelque chose le taraudait. Je penchai la tête me demandant ce qui pouvait bien le préoccuper. En fait, il y avait beaucoup de sujets à inquiétude ici, dans ce monde aussi dangereux que fascinant.

Je fus donc surprise lorsqu’il se prit la tête pour finalement se la cogner contre le mur m’annonçant de but en blanc qu’il avait un problème de cœur. J’en restais scotchée. Premièrement parce qu’il avait dû avoir mal et deuxièmement les problèmes de cœur n’étaient certainement pas le sujet auquel j’aurais réfléchis à ce moment précis. Je pris tout de même le temps de l’écouter ne sachant absolument pas comment répondre à ce qui semblait être une demande d’aide. Je devinai aisément qu’il était tombé amoureux d’une personne qu’il avait rencontrée à Dreamland.

L’amour.

Je ne l’avais pas connue, je n’étais jamais sortie avec quelqu’un alors en parler…

Si si, en fait je pense que je pouvais le faire.  J’étais tout à fait capable de parler de ce sujet bien trop mièvre à mon goût. Si j’avais été honnête, je lui aurais certainement dit qu’il n’aurait jamais dû s’attacher à une personne en un aussi court lapse de temps. Qu’il aurait dû y réfléchir à deux fois voir même trois. Il aurait dû savoir que ça ne pouvait pas bien se finir car l’amour c’est ça, c’est une injustice et de belles illusions toutes roses. Et pour finir, je lui aurais déclaré que c’était bien fait pour lui, qu’il ne lui restait plus qu’à retenir la leçon.

Le problème, c’était qu’il m’aurait sûrement regardé de travers et que ça n’aurait pas réglé la question. Alors je teins ma langue et réfléchis à une réponse plus convenable.

- Tu sais, je pense qu’elle ne devait pas être si indispensable que ça cette personne. Après tout, tu as vécu plus de temps sans elle qu’avec non ? De toute façon la vie à toujours été dure mais parfois il faut se donner les moyens pour s’en sortir et arrêter de pleurer sur son sort. Je ne veux pas être méchante ou quoique ce soit mais bouge toi. Bien sûre ça va prendre un certain temps pour que ce sentiment disparaisse mais ici tu as la chance de pouvoir expérimenter tellement de choses différentes que tu ne devrais pas en rester là à broyer du noir.

Je pris une pause me demandant s’il voyait où je voulais en venir. Je n’avais pas été de main morte mais je pense que si j’avais été à sa place (si c’était possible.), je n’aurais pas aimé qu’on me dise que j’étais une pauvre victime et que le véritable amour n’avait simplement pas encore frappé à ma porte. Cependant, je tentais de rester correcte même si j’avais envie de le secouer et de le faire lâcher cette pique avec laquelle il se faisait mal. Je n’aimais pas du tout les gens qui se laissait faire et qui inconsciemment semblait prendre plaisir à être un bouc émissaire. Julian ne m’avait pas parût être ce genre de personne.

Je m’accroupis alors juste en face de lui et finis par lui arracher des mains son objet de torture pour le jeter au loin.

- Si tu veux te faire mal bat toi, mais ne va pas te faire mal avec ce tout petit bout de bois, c’est ridicule !  Moi aussi un jour je suis sortie avec quelqu’un. Le jour où on s’est séparé, ça n’a pas été  drôle non plus. Alors au lieu de pleurer sous ma couette, je me suis jetée à corps perdu dans ma passion… Je ne te dis pas de faire la même chose que moi, quoi que j’aimerais bien te voir danser, mais chacun sa façon de faire et se torturer n’a jamais fait partie des méthodes efficac…

- Excusez-moi de vous interrompre…

Je fronçais des sourcils et me tournai vers un inconnu qui avait eu le malheur de me couper la parole. L’homme debout à côté de moi devait avoir la trentaine, le ventre bedonnant et esthétiquement pas très mignon. Il me tendait un tract, arborant un sourire d’excuse quant à son interruption.

- C’est pour le festival qui va avoir lieu ce soir en centre-ville…

- Est-ce que j’ai l’air d’avoir la tête à aller à une fête là tout de suite ?

Bien-sûr ma question n’attendait pas de réponse mais l’odieux personnage finis par comprendre le message et partir la tête basse. J’y avais été peut-être un peu fort. Toutefois en baissant la tête, je vis qu’il avait vicieusement fait tomber un de ses bouts de papier.

- Je te jure… Un jour je commettrais un meurtre.
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 5 Nov - 13:08

Oh... Julian avait complément bloqué dès le début du discours de sa camarade. Ce qu'elle lui disait apparaissait logique, intelligent et sensé, et c'était bien ça qui avait attiré toute son attention. « Normalement », les gens envoyaient des discours pré-formatés, bateaux, dans ces moments là, et souvent complètement vides ou illogiques. La jeune femme lui plaisait beaucoup pour le coup, la franchise et l'intelligence étant bien trop rare quel que soit le monde. Quoi qu'il en soit, le discours le ramena à la raison, et sa réaction à posteriori complètement idiote. Oui, il avait toujours vécu seul, et l'histoire avec Selene n'eut duré que quelques jours. Et combien même il put tenter de donner son maximum, il avait été rejeté. Et bien soit, le retour à « l'avant » où il pouvait ne pas se prendre la tête serait le bienvenu, et il ne se laisserait pas reprendre à cette idiotie du couple. Pour le coup, il allait déjà beaucoup mieux. Mais à vrai dire, il fallait aussi remercier Julian, et sa parfois simplicité d'esprit pour ce twist psychologique...

Ne remarquant pas ce changement, pourtant visible au regard à nouveau vif de Julian, Alicia – enfin, Eva pour lui – continua carrément en s'assoupissant, à en croire qu'elle pouvait être vraiment très sympa... Il s’apprêtait à la couper, et à la remercier quand il remarqua que, positionnée comme elle était, son débardeur rouge laissait voir « beaucoup » de choses. À ce moment là, il aurait probablement été difficile de différencier une belle tomate bien mure avec son visage, et il remercia la terre – ben ouai, le ciel c'est trop commun – qu'un homme vienne les ennuyer en voulant leur remettre un tract pour un festival pour détourner l'attention d'Eva de son visage.

Toujours gêné, il remarqua que la Mythomane n'appréciait pas tellement que cela l'interruption bénite de l'individu. Et ne comptait pas non plus à aller au festival, ce qui l'arrangeait aussi. Qui disait festival, disait gens. Et les gens, tout du moins trop, très peu pour lui. Entendant la dernière phrase qu'elle lança – concernant le meurtre – il répondit sans s'en rendre compte, posément et peut être de manière un peu sinistrement terrifiante :
- Tout ce que j'ai tué depuis que je suis ici, c'est des robots... Mais si je croise une certaine personne, moi-aussi je commettrai un meurtre...

Annonçant cela, il avait une vision claire de la personne à qui il pensait, Anastasia. Potentiellement, ce serait logique d'oublier et laisser courir, ce serait surtout « normal ». La jeune fille n'aurait aucun intérêt à recroiser un jour sa route. C'était peut être idiot comme réaction envers elle, mais ses ennuis avaient commencés avec son arrivée, et il avait fini par se prendre la tête – pour rien – par sa faute... Maintenant qu'il acquerrait à nouveau un esprit « sain », il se devait de nettoyer les déchets qui pourraient à nouveau permettre un quelconque encombrement mental. Après cela, tout irait pour le mieux dans l'un des moins bon des mondes. Et sa phobie ne le bloquerait pas à ce moment là, il suffisait de voir cela comme une anormalité d'action...

Puis, joyeusement, il lança :
- Bref ! Pour Zephyr, ouaip, il est resté dedans. J'sais pas c'qu'il fait, mais bon, il est assez grand j'pense ! 'Tout cas, j'suis pas fatigué, tu veux faire quelque chose en attendant qu'on aille dormir ?

Disant cela, une petite vieille – caricature de sorcière – apparu de nul part devant lui. Et ben ! Dreamland exaucé ses souhaits en lui offrant de l'action. C'est pourquoi il n'hésita pas la moindre seconde en dévorant le bonbon offert – sans compter que les bonbons, c'est vachement bon. Ce petit là était à la violette, et plutôt bon, avec un goût pas trop prononcé. Parfait en somme.

C'est en commençant à marcher au hasard de la rue que Julian commença à se sentir étrange, très étrange. Regardant sa peau, il eut un fou rire en voyant celle-ci devenir toute violette. Pire encore, il se rendit compte que son corps était devenu aussi élastique que du chewing-gum - vu comment s'étiraient ses jambes pendant qu'il marchait. C'était complètement n'importe quoi ce bonbon, et c'était absolument génial !

Pour le coup, il s'en retourna voir si Alicia subissait la même chose ou non...

Bonbon:
 


Dernière édition par Julian McMorre le Ven 18 Déc - 8:55, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Dim 13 Déc - 22:53

Bon, apparemment Julian avait plutôt bien pris mon « sermon ». Enfin, ça ne devrais même pas m’étonner puisque ce dernier adorait avoir des comportements complétement aléatoires, voir faire l’inverse de ce que l’on attend de lui.

Mais qui aurait cru qu’en tournant légèrement la tête il aurait aussitôt disparus et à la place je me retrouvais avec une espèce de mégère en face de moi. Je vous assure. Si c’était une blague elle n’était pas drôle. Cette dernière me tendait un bonbon. Je fronçais des sourcils, n’étant pas assez bête pour accepter quelque chose de quelqu’un que je ne connaissais pas. La grand-mère était vraiment affreuse. Mais ce n’était pas son énorme verrue sur son nez crochu ou encore sa bosse formidable qui me faisaient flipper, non c’était plutôt le fait de ne pas l’avoir entendu s’approcher de nous. Cette sorcière. Exactement, elle avait tout pour être une fichue sorcière avec ses sucres empoisonnés.

En y réfléchissant, si Julian l’avait vu avant moi et qu’elle lui avait aussi tendu un bon becque alors il ne faisait aucun doute qu’il  avait dû se jeter sur le présent. Oui car une personne normalement constituer aurait reculé comme je venais de le faire à l’instant.

- Enfin, je ne vais pas te manger mon enfant, prend donc cette sucrerie. Tu ne refuserais tout de même pas la gentillesse d’une vielle femme inoffensive comme moi ?

Elle s’était avancée lentement mais je continuais à garder mes distances tout en scrutant la rue, espérant retrouver mon compagnon de voyage.  

- Je n’en veux pas mais j’ai cru repérer des gamins là-bas qui seraient enchantés de manger des bonbons…

Je désignai du doigt un endroit un peu plus loin. Bien sûre, il n’y avait pas d’enfant mais peut-être que l’appât que je lui tendais serait suffisant pour qu’elle me lâche la grappe.

- Ça ne sert à rien de me mentir, celui-là est pour toi, point.

La sorcière s’avança brusquement et mit de force le bonbon dans ma main pour partir aussitôt après. Cette s**** m’avait fait mal en plus ! J’en avais marre des vielles femmes qui pétaient plus haut que leur cul. Je l’aurais même insulté à plein poumon si l’absence de Julian ne me préoccupait pas autant. Je continuai donc à chercher en haut, en bas…

Je me mis donc à arpenter les ruelles voisines. Heureusement, il n’était pas allé très loin. Cependant quelque chose clochait. Pourquoi Julian rigolait-il ainsi ? Je penchai la tête mais étant donné qu’il me tournait le dos je ne pouvais pas voir ce qui le faisait rire.

- Julian ! Mais qu’est-ce…

Je l’avais pris par l’épaule pour qu’il se retourne. Non seulement, le contacte avec son épaule était étrange comme si elle s’était ramolli, mais le pire était sa couleur de peau. Elle était violette. J’en restais sans voix pendant quelques secondes avant de me prendre la tête entre les mains.

La meilleure chose à faire maintenant c’était de rentrer à l’hôtel pour que les effets s’estompent, enfin si ce n’était pas irréversible.

- Je te jure, lorsque tout reviendra « normal » pour toi, on va faire plein de chose que tout le monde fait lors d’un festival ! Et après ça, je te ferais manger l’autre bonbon !

Je le tirai donc par le bras pour être sûre qu’il ne disparaisse pas encore une fois. Evidemment, ça ne pouvait pas être  aussi simple. Alors que j’avançais tout en lui tenant la main, je me rendis  compte que son bras s’était allongé. Je lâchais le bras par réflexe car la vision n’en était pas moins dérangeante. Après une certaine hésitation, je m’approchais de nouveau et lui tirai l’autre bras pour constater le même effet.

P****n. De. Merde.

-Allez,  viens Elastic-man…

J’étais en rogne. Je n’avais rien en particulier contre la personnalité de Julian, il me paraissait sympathique (parfois naif mais bon…) mais si ses conneries nous mettaient dans la merde je n’allais pas non plus continuer à sourire comme la blonde que je n’étais pas. Tout en marchant, j’observais le bonbon qu’on m’avait donné. La sucrerie était joliment emballée dans un papier dorée. Faisait-il le même effet que celui qu’avait mangé Julian ? Bien sûre, pour avoir la réponse il fallait le manger. Je ne le fis pas, je n’étais pas idiote à ce point.

Il ne me fallut pas plus de quelques minutes pour arriver à l’entrée du grand bâtiment. Je ne pris même pas la peine de regarder derrière moi pour voir si mon compagnon de route m’avait suivie.

Je croisais de nouveau notre chaleureuse hôte recourbé sur sa canne. Son regard acéré me détailla de haut en bas comme si quelque chose cloché chez moi.

Pendant un instant, un court instant, j’étais tentée de lui proposer de manger le fameux bonbon. Je souris, j’étais rancunière et en plus en rogne. C’était parfait.

- Vous ne voudriez pas de ce bonbon que j’ai pris du festival juste à côté. En plus ils ne sont pas du tout dure pour les dents… Ils sont délicieux et j’ai pensé vous en garder un pour vous remercier de nous avoir embaucher…

Ma voix était mielleuse.

Je mentais délibérément, je le savais mais j’en avais ma claque et j’avais juste envie de me venger sur quelqu’un et c’était tombé sur elle…
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 23 Déc - 16:53

Manifestement, Eva avait suivi le mouvement, mais ne semblait pas avoir mangé son propre bonbon. L'effet de sa main sur son épaule fut assez comique, celle-ci réagissant littéralement comme du chewing-gum mou, c'est à dire en se compressant légèrement. La tête que sa camarade tirait était des plus sympathique aussi, puisque l'on pouvait y lire un certain étonnement face à la couleur nouvelle de la peau du jeune homme.

Décidément, Julian était vraiment de bonne humeur. La transformation dû au bonbon rendait les choses vraiment anormalement anormales, pour son plus grand plaisir. La consternation que l'on pouvait ressentir dans les paroles d'Eva était aussi douce au oreilles du jeune homme que... quelque chose de doux. Elle parlait de faire des choses « normales », et « comme tout le monde », au festival. Comme si il y avait la moindre chance qu'il puisse s'amuser à faire cela ! S'amuser tout court ne serait pas non plus à l'ordre du jour s'il s'exécutait. C'était bien trop effrayant, au point de devoir réprimer un frisson de dégoût malgré sa joie. Dire qu'il y avait encore quelques minutes, il déprimait. Il se sentait véritablement à part, pas comme les autres, parfait. Dans tous les cas, il ne répondit pas à l'assertion de sa camarade, ou uniquement avec un sourire qu'il ne pensait pas qu'elle ait vu.

Il n'en pensait pas moins concernant le fait de manger le bonbon. Hors – de – question ! Ça aurait été bien trop normal de faire deux fois d'affiler une telle chose anormale que de manger un bonbon aux effets magiques étrange. Pour cela aussi, il en frissonna d'horreur à l'idée de le faire...

- Sans moi pour manger le bonbon ! Ça serait trop normal de ma part de le faire va !

Il n'était pas sûr qu'elle ait écoutée sa réponse, surtout qu'elle repartait déjà vers l'hôtel, en, étrangement, emportant sa main avec elle – de manière littérale. Son bras s'étirait comme le héros d'il ne savait plus quel manga. Le résultat était à proprement dit gé-ni-al ! Eva lui lâcha le bras pour revenir essayer, mais avec l'autre, pour le même effet. Pendant ce temps, Julian ne bougeait pas, tant la situation l'amusait, la tête d'Eva y comprit. À croire qu'elle était en rogne. Mais il n'y pouvait rien, lui, si le bonbon avait ce drôle d'effet. Peut être à la limite aurait-il pu ne pas le manger mais bon, ne pas le faire aurait été bien trop effrayant pour lui...

Lorsqu'elle repartit à l'hôtel, il suivit le mouvement. Tant qu'à faire, que plus de monde puisse voir son état, ça n'en serait qu'encore plus fun. Zephyr rigolerait probablement, ou tirerait encore une tête de stressé, qui savait. Dans tous les cas, le découvrir serait des plus intéressant. Ainsi, il entra dans le hall juste à temps pour entendre Eva mentir effrontément à leur employeur de manière si convaincante que cela en était dingue. Limite, même en connaissant le mensonge, Julian aurait pu se laisser berner.

Ce fut dommage que la petite vieille refuse – pour une vague excuse dû à son grand âge lié au fait de ne pas aimer les bonbons. Il aurait pratiquement tué pour constater les effets du second bonbon. Ils continuèrent après ce refus dans les escaliers – pour remonter aux chambres, Zephyr n'étant plus dans la salle à manger – et Julian en profita pour questionner la demoiselle :

- Ben diou ! Tu fais comment pour mentir comme ça ? Limite, tu m'aurais pratiquement convaincu de le manger alors que je suis au courant que c'était un mensonge ! C'est vraiment la classe, et complètement hors norme ! J'adore !

Il pensait vraiment ce qu'il disait. En aucun cas il ne voulait apprendre à faire pareil, mentir était pour lui quelque chose de trop normal chez les gens, et bien trop abominable à faire pour lui. Il serait si submergé par sa phobie qu'il en serait de toute manière incapable, les gens verraient immédiatement son mensonge.

Arrivant au palier, il trébucha à la dernière marche et s’étala purement et simplement au sol. Se relevant, il constata que la couleur violette disparaissait, à son plus grand désarrois. De fait, il questionna sa camarade :

- Bon ben, finalement, l'effet est parti, c'est trop triste. Tu veux vraiment aller au festival au final.. ? Il y a des gens là-bas... Ça fait peur... Je serais plutôt pour passer la soirée à... je sais pas ! Ce que tu veux !

Disant cela, ses méninges tournaient à fond les ballons, cherchant un truc bien étrange à faire, ce qui ne fut pas bien difficile, tiltant rapidement sur une excellente idée. Ce faisant, il trottina à sa propre porte de chambre et, l'ouvrant, examina l'intérieur. Pas de Zephyr, parfait. Il exposa alors son idée à Alicia :

- J'ai bien une idée de quoi faire ! T'es complètement anormale de ce que j'ai pu voir, autrement dit géniale ! Donc avec toi, ça s'rait cool. Tu veux pas me dépuceler ? M'apprendre le sexe, tout ça ? Ton discours de 'taleur, quand je déprimais, m'a fait prendre conscience qu'il faut que j'change et que j'me bouge. Ça pourrait commencer par ça déjà.

De la manière où il le disait, n'importe qui pouvait saisir à quel point sa proposition était des plus réfléchie et sérieuse, sans aucun sous-entendu... Il continua, sûr de son idée :

- Zephyr est pas là, au festival ça se trouve, donc on est tranquille en plus. Ça s'rait cool non ? Pas besoin de sentiment ou tout connerie du genre en plus ! Juste du sexe, tu es même gagnante si tu apprécies un minimum ! 'fin, ma demande te paraît peut être étrange, surtout quand ça fait pas 24h qu'on se connaît, mais voilà, j'ai qu'à toi à demander ça, surtout que tu es cool. On change rien entre nous après si tu veux ! T'en pense quoi ? Si tu veux pas, tant pis hein.
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 29 Déc - 15:10

Bien sûre que je n’aurais pas dû faire ça. Pourquoi avais-je mentis devant Julian ? Je le pensais un peu plus loin derrière moi, ralenti par son corps tout ramolli.

Pourquoi ?!

J’étais en colère, d’accord mais de là à ne pas faire attention à qui était dans la pièce pendant que je mentais n’était pas du tout mon genre. Bien sûr, Elastic-man avait tout capté et bien sûr ma main droite se mit de nouveau à trembler.

Cerise sur le gâteau : la vieille ne veut même pas de mon cadeau.

Je me sentais mal. Pris en flagrant délit. Comme un animal sur la route qui se fait soudainement aveuglé par les phares d’un camion allant à 100 à l’heure. Freeze.

Mon sourire n’avait pas disparu, je savais me contrôler. Intérieurement, c’était la tempête. Je voyais les lumières rouges clignotés, j’entendais le « bip » sonore et répétitif. Un frisson parcourût tout mon corps. Pendant un instant, je revis le moment où la police vint frapper à ma porte pour m’interroger sur une histoire d’enlèvements d’enfants. Aussitôt j’avais sû. J’étais dans la merde complète ce jour-là. Cependant j’avais pris mon courage à deux mains et les avais suivi jusqu’à la station dans une salle d’interrogatoire. J’avais eu du courage.

Voilà. Il me fallait simplement du courage pour y faire face.

Je pris une nouvelle inspiration pour constater que Julian était déjà parti vers les escaliers. Je fis donc de même Celui-ci se mit à craquer sous notre poids comme à son habitude et les toiles d’araignées donnaient toujours ce sentiment d’être dans une maison hantée. J’avais beau commencer à m’accoutumer à toutes ces bizarreries ou aux multiples dangers qui pouvaient nous attendre dans chaque coin de pièce, je ne pus m’empêcher de sursauter lorsque Julian tomba en arrivant à l’étage.

En fait, c’était plutôt la remarque du phobique qui m’avait surprise. J’étais restée sans voix, ne faisant pas attention à ce qu’il faisait devant moi. Je n’aurais pas dû être aussi secouée. J’avais beau me dire que je contrôlais la situation sur moi et mes problèmes mais ce n’était pas vrai. Les tremblotements de ma main en étaient une preuve incontestable. Mes doigts tentaient toujours de saisir le portable dans ma poche qui pourtant je savais ne s’y trouver pas. C’était un geste mécanique dont je n’arrivais pas à me débarrasser. Et cela était pire quand l’objet se retrouvait absent.

Je me faisais l’impression d’être une droguée en manque.

Perdue dans mes pensées, je ne pris pas le temps de répondre aux questions de mon compagnon. Cela n’avait pas l’air de le déranger puisqu’il continua son discours comme si mon mensonge ne l’avait pas ébranlé. Je le suivis donc lorsqu’il ouvrit la porte de la chambre. J’étais toujours en mode automate lorsque quelques mots du discours de Julian me firent sourciller.

Je relevai la tête alors que je comprenais enfin son étrange proposition.

Ceci-dit, ce n’était pas le fait qu’il me propose du sexe qui m’interpella mais plutôt le fait qu’il me trouvait cool malgré mon mensonge. Il me trouvait cool ?! J’avais toujours cru que mentir était très mal vue en société. Enfin, surtout si celui-ci était découvert. Hors Julian m’avait entendue fabuler et pourtant il ne semblait pas révulser par ma personne. Bien au contraire.

Je me mis à fixer son visage pâle qui arborait un air enjoué comme si son idée semblait tout à fait appropriée. J’essayais d’y déceler une quelconque blague, ou un dégoût finement caché. Oui, car même si Julian me paraissait tout sauf normal, il me semblait être quelqu’un de bien trop honnête pour accepter ce qui venait de se passer.

Je penchai la tête, me rapprochant un peu plus de lui pour mieux le voir et être sûre de bien analyser son expression. Je n’étais peut-être pas psychologue mais il m’avait l’air assez sincère dans ses propos.

Bref, j’étais cool apparemment.

Le coin de mes lèvres s’étirèrent comme si on m’avait raconté une bonne blague. Je me mis à rire. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ri. Je veux dire véritablement ri. J’avais passé ma vie à contrôler mes moindres faits et gestes et là, un mec que j’ai rencontré il y a même pas une journée entière arrivait à me faire sourire.

Je n’avais pas l’intention d’accepter sa demande mais je décidais finalement de ne pas me sentir offensée. Je pensais un instant à inventer une excuse comme le sida, que j’avais un copain ou alors lui proposer le rabbit que j’avais enfouis dans mes affaires. Mais non. Julian ne méritait certainement pas que je lui mente pour le moment. Après tout j’étais cool et il était étrange qu’une personne le pense vraiment.

Il me fallut encore quelques secondes pour reprendre contenance et lui répondre.

- Désolée Julian mais c’est non. Pour ce qui est du festival tu es sûr de ne pas vouloir y aller ?...

Il avait ses phobies, je voulais bien comprendre mais si c’était pour rester coincé dans cet hôtel macabre plutôt me pendre. Disant cela, je fermai la porte et m’avançai pour ouvrir de nouveau les volets. Bien sûre, je forçai sur la poignée coulissante.

- Je t’avoue que je n’ai pas envie de passer ma soirée ici. Alors si tu as une autre idée je suis preneuse…

En disant cela, j’entendis un grincement. Me retournant, je constatais que la porte était maintenant grande ouverte sur une obscurité totale. Je me plaquai contre le mur sentant une présence au de-là de la chambre qui me semblait bien trop proche de Julian. Alors que la peur revenait au grand galop, je pris conscience qu’il n’était pas normal que les lumières du couloir soient éteintes. Après tout nous étions montés il n’y a pas longtemps, et tout était éclairé à ce moment-là.

Je crus distinguer un mouvement dans les ombres mais je n’arrivais toujours pas à la discerner suffisamment.

- Un peu de silences s’il vous plaît… je vous entends depuis tout à l’heure et vous n’arrêtez pas de troubler le calme de cette demeure…

La voix qui sortait des abysses était grave et semblait en même temps vous chuchoter à l’oreille . Je vis une main se poser sans le moindre bruit sur l’encadrement de la porte. Je fronçai des sourcils n’arrivant toujours pas à voir à qui ou à quoi nous avions à faire. Mon instinct me disait que ce qui se trouvait à quelques mètres de moi n’était pas humain.

- Quoique vous m’avez l’air assez alléchant pour un repas…

Cette fois je cherchais du regard une arme, n’importe quoi qui aurait pu me défendre.
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 30 Déc - 15:15

Julian ne connaissait que depuis peu la jeune femme, et il ne l'avait que rarement vu sourire. Et encore, légèrement. C'est pour cela qu'il en resta coi lorsqu'elle se mit à exploser de rire. De un, c'était complètement inhabituel et inattendu. Et de deux, certes, sa proposition pouvait paraître étrange aux gens, indécente et tutti-qanti, mais à la limite, il s'attendait plus à un refus envoyé à l'aide d'une baffe, ou tout autre truc du même style. Certainement pas à ce qu'Eva rigole – mais d'un rire joyeux, non pas moqueur.

Encore abasourdi par l'étrangeté des événements qu'elle confirma donc, simplement, le refus probable, et attendu. Il n'en prit pas mouche, elle l'avait véritablement régalé d'anormalité, et cela lui suffisait bien. Elle était vraiment géniale comme camarade. Julian avait l'impression de pouvoir, avec le temps, se faire d'Eva une véritable amie en ce monde. Pas une petite amie, non, une copine juste, mais avec qui il pourrait parler de ses idées étranges, comme celle d'avant, et qui ne le prendrait pas mal, ou le considérerait comme un fou. Elle était vraiment cool...

Elle partit ensuite ouvrir la fenêtre, Julian restant muet, plein de ces réflexions, puis elle insista quelque peu sur le programme de la soirée. Rester dans l'hôtel n'était effectivement pas des plus plaisant, même pour lui. Et s'ils ne couchaient pas ensemble, il y aurait peu d'occupations des plus intéressantes pour elle. S'il voulait s'en faire une amie, la première vraie, il faudrait qu'il se bouge les fesses et fasse des efforts. Ça passerait par accepter d'aller se promener au festival.

Il allait ouvrir la bouche pour répondre lorsqu'un grincement intempestif se fit entendre derrière lui, provoquant au passage une étrange réaction de la part de la jeune fille. Elle venait en effet de blanchir d'un coup net, regardant derrière lui, par dessus son épaule. Une réaction comme celle-ci en Dreamland ne pouvait signifier qu'une seule chose : des ennuis, et il le savait pertinemment. Se retournant, il constata une obscurité des plus totales, pratiquement tangible, dans le couloir qu'ils avaient quitté à peine quelques instants plus tôt. Cette obscurité fut accompagnée d'une voix caverneuse réclamant le silence, d'une main peu humaine contre l'encablure de la porte, et d'une menace de servir de plateau repas...

Bêtement, Julian s'en trouva énervé, des plus frustré. Il y avait toujours quelque chose en ce monde qui tournait mal, toutes les 5 minutes en non stop, ou presque. Et évidemment, ils traînaient dans un hôtel miteux où vivaient des créatures x ou y sortis tout droit de l'on ne sait où, comme par hasard. Furieux, il répondit à l'ombre à peine visible, sans aucune hésitation ni sensation de danger – comme un idiot en fait :

- Le repas, vous allez aller vous le chercher ailleurs ! Je ne sais pas quelle créature vous pouvez bien être, mais je m'en fou ! J'ai signé pour travailler pour l'hôtel, et vous aider à le nettoyer, alors ne venez pas nous embêter ! Vous avez bien de la chance, vu tous les trucs bizarres ici, qu'on soit resté, profitez de cette chance ! Si vous vous en prenez à nous, le tout va mal se passer, et vous n'aurez même plus d'employés !

Il n'avait même pas laissé à la créature le temps de répondre. Cette dernière avait été complètement déstabilisée sur le moment par l'aplomb inattendu du jeune homme, et ne trouvait pas de réplique. Ses envies de repas elles-mêmes venaient – pour le moment – de s’évanouir sous l'effet de la surprise.

Julian reprit, plus calmement :
- Bref ! Excusez moi pour m'être énervé. Si vous voulez du calme, vous allez l'avoir, nous partons au festival, et c'est tout.

La créature eut à peine le temps de répondre quelque chose du genre :
- Je... euh... d'accord... mais...
que le jeune homme se retourna et annonça à Eva qu'elle avait raison, autant aller se promener, puis il s'avança et s'enfonça dans l'obscurité d'un pas sûr – dieu merci son idiotie, sous les yeux même d'Eva et de la chose.

L’obscurité resta suffisamment longtemps pour permettre à Julian de pratiquement manquer les marches des escaliers, et d'encore une fois tomber – à en croire que cela était habituel à force pour lui. La rambarde lui permit toutefois de se rattraper à temps. Pendant ce temps, Eva put entendre ces paroles avant que le couloir ne revienne à la normal, sans rien ni personne dedans :
- Votre ami est-il toujours comme ça ? Je ne comprends pas, pourquoi n'a-t-il pas eut peur de moi, comme tout le monde d'habitude ? Enfin... il a peut être raison, autant vous laisser vivre... Bon festival, mais pas de bruit lorsque vous reviendrez !
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Dim 7 Fév - 19:12

Je sentis la lumière vaciller dans la chambre alors qu’une ombre insondable semblait vouloir rentrer dans la pièce. Il n’y avait aucune arme et je me maudissais déjà de ne pas avoir était plus prévoyante. Mon instinct de survie me soufflait de me cacher quelque part où cette chose ne me retrouverait pas. Cependant, dans la chambre il y avait très peu de possibilité et je ne me voyais pas me précipiter sous le lit. La fenêtre derrière moi était encore solidement fermée. Une impasse donc. Je repensais un instant à la robe de Melena. Celle qui lui avait permis de traverser les murs. La londonienne était peut-être une odieuse gamine mais au moins elle était bien mieux équipée que moi.

Voilà, ça me remettait en colère.

En revanche, l’instinct de survie de Julian semblait…comment dire ? Absent. C’est donc sans la moindre peur, qu’il se retourna pour répliquer d’une voix coléreuse. J’appris par la même qu’il voulait bien aller au festival et sans demander son reste, sortit. C’était aussi simple que ça. Heureusement que l’ombre était stupéfaite par ce comportement pour ne rien lui faire. Et moi, j’en profitai pour me précipiter à la suite de mon compagnon profitant de l’effet de surprise. Toutefois, la nuée sombre eut le temps de me poser une question avant de partir.

Je pris mon courage à deux mains et tournai la tête pour fixer l’obscurité. Je n’allais certainement pas lui répondre que le jeune homme avait la phobie même de la normalité. Alors bien évidement son comportement était atypique. Si je devais donner ce genre d’informations, ça serait pour avoir une autre information en échange. Ce n’était pas le cas. De plus, la peur m’empêchait de trouver correctement mes mots. Je haussai simplement des épaules et descendis les escaliers ne prenant pas le temps de répondre aux autres questions.

A peine avais-je entamée la deuxième marche que la lumière reprit son droit et éclaira de nouveau les couloirs. Je me décrispais en sentant disparaître l’étrange créature.

Je rejoignis Julian, me demandant encore comment il avait été aussi inconscient. Pourtant, cela avait apparemment fonctionné mais je n’étais pas sûre que si cela se reproduisait, on s’en sortirait de la même façon. J’avais l’habitude de pouvoir anticiper certaine chose mais avec lui cela paraissait inutile. Qu’importe à quel point je pouvais prévoir les choses, Julian serait toujours le facteur inconnu. Pouvais-je me permettre de rester avec quelqu’un qui semblait agir de façon inconsciente face au danger ? Je ne savais pas. D’un côté, la logique voulait que je me sépare par pure sécurité. D’un autre côté, je ne pouvais pas me plaindre qu’il ne se passait rien avec lui. Et puis, je savais d’expérience qu’il était difficile de se trouver des compagnons de confiance ici et qui en plus n’était pas un psychopathe.

Alors que nous passâmes le pas de la porte pour rejoindre enfin l’extérieur, je décidais de rester. C’était toujours mieux que d’être seule.

Je tournais la tête vers Julian.

- Bon je suppose que pour aller au festival, il faut suivre le bruit…

En effet, un peu plus loin, je pouvais entendre de la musique. Les lumières étaient aussi un peu plus vives vers le centre-ville. Cela me paraissait être un bon indice pour savoir où nous devions aller.

Je me mis donc en marche mais m’arrêtai aussi nette. Et Zéphyr ?

- Et Zéphyr ?

Comment avais-je pu l’oublier aussi facilement ? Si nous partions tous les deux, cela voulait aussi dire laisser seul derrière nous l’herpétophobe. Sachant que l’hôtel n’était pas l'endroit le plus fiable. Je repensais à ces yeux que j’avais aperçus lorsqu’on était tombés des escaliers, au gros chien, à l’ombre qui était apparue à l’instant ou encore le gamin. Ouai, le gamin était le pire de tous. Je déteste les enfants.

- Je ne crois pas que l’on devrait le laisser seul ici…

Je me demandais s’il était toujours dans la salle à manger. En tout cas, il y avait peu de chance qu’il soit dans sa chambre, pas après tout le grabuge qu’il y avait eu. Je lançai un regard vers Julian pour savoir s’il était d’accord. Cependant, avant même que mon compagnon puisse répondre nous fûmes interrompus par un toussotement forcé. Je fronçai des sourcils pour me retournai vers notre magnifique hôtesse. Je baissai la tête pour  fixer la vieille bossue nous toisant d’un air supérieur.

- Si vous allez au festival ce soir, n’oubliez pas que vous devez rentrer avant une heure, sinon nous seront fermés. Demain, je vous veux prêts pour sept heure du matin… C’est pareil pour l’autre jeune homme qui vous accompagne…

Je hochai la tête pour lui indiquer que nous avion bien tous compris même si intérieurement j’avais envie de la lapider juste pour son air supérieur. Heureusement, j’arrivais facilement à cacher mon agressivité envers elle avec un léger sourire aux lèvres.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 9 Fév - 17:07

Eva et Julian ayant déserté la salle à manger, voilà que Zephyr se retrouvait seul à table avec le reste de son assiette et ses deux malheureux cookies aux fruits. Il s'empressa de terminer le plat principal et attrapa son dessert avant de faire mine de s'en aller.
Il n'eut pas le temps d'arriver au niveau de la porte qu'il aperçut de nouveau ces deux mêmes yeux flamboyants qui le fixaient, là bas, dans le couloir obscur. Il jeta un regard alentour. Personne dans la salle ne semblait avoir remarqué. Fourrant fiévreusement ses gâteaux dans sa poche, il approcha doucement de la porte. Les deux loupiotes s'éteignirent puis réapparurent, signe que la chose venait de cligner des yeux. Puis elle fila ventre à terre, s'enfonçant dans le dédale obscure des couloirs de l'hôtel.
Zephyr aurait put rejoindre ses deux compagnons. Il aurait dût les rejoindre … Au lieu de quoi il dirigea ses pas dans l'autre sens, vers la créature, ainsi que le danger, très certainement.
Cela ne lui ressemblait pas d'agir ainsi. Lui d'ordinaire si prudent, mesurant toujours le pour et le contre. Mais il devait en avoir le cœur net. Ne pas savoir ce qu'était cette chose le tarabustait. Et puis, il était dans un hôtel non ? Un lieu de passage et de foule où il ne pouvait rien lui arriver. Se le dire était une chose. S'en convaincre en était une autre.
C'est donc les mains moites et les genoux peux assurés qu'il avança dans la pénombre.

Il y avait bien des chandeliers accrochés aux murs, mais leur faible lueur parvenait à peine à dissiper  l'obscurité, allant même jusqu'à ajouter des ombres fantomatiques qui dansaient sur les tapisseries délavées. Sous ses pieds, l'herpétophobe entendait le plancher craquer sous les épais tapis aux motifs excentriques. C'était d’ailleurs, avec celui de sa respiration, le seul bruit que l'on distinguait, à croire qu'il n'y avait pas âme qui vive à des lieux à la ronde. Ce détail n'arrangeait rien à l'angoisse qui naissait dans le creux de son estomac.
Au bout d'un long couloir pas vraiment très droit, une zone d'ombre plus persistante que les autres abritait les deux orbites de la bête inconnue. A croire que celle-ci s'amusait d'être ainsi suivie et attentait pour ne pas être distancée. Zephyr tourna la tête un instant, se demandant s'il ne ferait pas mieux de rebrousser chemin. Il n'était pas encore trop tard pour rejoindre Alicia et Julian. Il pouvait encore aller les retrouver dans la chambre où ils passeraient une soirée monotone et sans danger.

Un grognement devant lui, bref au point qu'il douta de l'avoir bien entendu, lui fit comprendre qu'il était trop tard pour changer d'avis. Lorsqu'il regarda à nouveau devant lui, les yeux avaient disparus. Au lieu de quoi, une porte sur la droite, tout au bout du couloir, laissait échapper un raie de lumière. La bête n'avait put aller que là.
Zephyr déglutit et recommença à avancer. Arrivé au niveau de la porte, il eut l'impression que sa main n'arriverait jamais jusqu'à la poignée. A quelques centimètres de celle-ci, il se ravisa et, réflexe oblige, il toqua deux fois, si doucement que seule une oreille attentive aurait put l'entendre. S'il n'obtenait pas de réponse, il ferait demi tour et n'en parlerait plus. Par contre, si quelqu'un lui répondait … que dirait-il si une personne venait lui ouvrir ? Qu'il était à la poursuite d'une grosse bête sombres aux yeux de braise ?
Personne ne vint et personne ne dit mot. Pourtant la porte s’entrebâilla seule sans emmètre le moindre grincement. C'était un peu comme si quelqu'un venait de couper le son du téléviseur au beau milieu d'un film d'horreur. N'osant pas entrer, Zephyr resta sur le pas de la porte, scrutant l'intérieur faiblement éclairé par un agréable feu de cheminée. La pièce en elle-même semblait être un petit salon privé. Des fauteuils se faisaient face devant l'âtre, une petite table en bois brut se tenant entre les deux. Les murs étaient ornés de tableaux représentant des personnes richement vêtues et un bouquet de fleur fraîchement cueillies trônait même sur une magnifique commode agrémentée d'un napperon finement brodé. Tout dans cette pièce respirait le calme et la quiétude, pourtant, il y avait comme un malaise.
Faisant un pas, puis un autre, et encore un, Zephyr se retrouva à quelques centimètres de l'un des deux fauteuils. La pièce était complètement vide.
« Bonsoir. » hasarda t-il en regardant prudemment tout autour de lui.
« Bonsoir » fit une voix rocailleuse et sombre. Celle-ci semblait venir de partout et de nul part à la fois.
Sursautant légèrement, Zephyr se sentit obligé de justifier sa présence en ce lieu.
« Euh, je … la porte s'est ouverte et … enfin, je ne voulais pas vous déranger. »
« Tu as pourtant frappé à la porte. C'est donc que tu désirais entrer. » rétorqua la voix sombre.
C'était l'évidence même et Zephyr ne trouva rien à répondre à cela. Se sentant un peu bête, il chercha du regard d'où pouvait bien venir la voix. Il n'y avait personne … C'était très … perturbant.
S'il ne s'était pas trouvé à Dreamland, il aurait crut à un canular, une sorte de caméra cachée. Mais il ne douta pas un seul instant que son interlocuteur était bel et bien réel et très sérieux.
N'obtenant pas de réponse, la voix poursuivit :
« Que cherches-tu ? »
« Je … je ne sais pas trop. J'ai suivi ... » Zephyr allait dire 'j'ai suivi un chien', mais à vrai dire il ne savait pas trop ce qu'il avait suivi. Ni même pourquoi il l'avait fait. Un peu comme si une force invisible l'y avait poussé.
« Tu as suivi une ombre. » Ce n'était pas une question. Et d'une certaine manière, la voix venait de taper dans le mille. Mis à part les deux yeux, Zephyr n'avait même pas distingué la silhouette de la créature. Ce pouvait n'être qu'une ombre en effet.
« Je voulais savoir... » Zephyr n'eut pas le temps de finir sa phrase que la voix le coupa :
« La curiosité peut être dangereuse. Mais elle est aussi ce qui nous permet de dépasser nos peurs. Bien rares sont ceux qui osent la suivre. »
Un lourd silence s'abattit, que rien ne vint troubler jusqu'à ce qu'une braise éclate dans le feu, projetant quelques étincelles qui moururent avant d'atteindre le sol. C'est à cet instant que le phobique l'aperçut. Dans un angle de la pièce, la lumière était inexistante. Même le feu ne parvenait pas à dissiper cette ombre, comme si cette dernière aspirait la lumière à la manière d'un trou noir. Les deux orbes flamboyants n'étaient plus à hauteur d'une bête mais à une tête de plus que lui. La chose s'était comme redressée, se tenant debout et le surplombant de sa hauteur.
La créature esquissa un mouvement, et la pénombre suivit le mouvement de sorte qu'il était impossible de distinguer les contours exacts de celle-ci.
« Qu'est-ce que vous êtes ? » S'entendit dire Zephyr. La question était sortie spontanément, le ton et le tremblement de sa voix traduisant sa panique.
Un rire profond se fit entendre, rauque et lent. C'était un rire à la fois compatissant et malveillant. Le genre de rire qu'aurait put emmètre un chat avant de dévorer une souris. Sauf que dans cette situation, la souris, c'était Zephyr.
Faisant un pas en arrière, le jeune homme regretta presque aussitôt d'être entré dans cette pièce. Il recula encore et, lorsque son dos heurta le mur, il se rendit compte qu'il s'agissait en fait de la porte qui s'était refermée sans qu'il ne sache quand exactement. Il avait été tellement obnubilé par la créature qu'il n'avait pas vu le piège se refermer.
Ne quittant pas la bête du regard un seul instant, puisque c'était tout ce qu'il distinguait d'elle, il posa ce qui risquait d'être la dernière question de toute sa vie :
« Vous allez me tuer ? »
Un nouveau rire, plus joyeux et franc se fit entendre. Bizarrement, cela donna à Zephyr l'envie de rire également. Comme si, finalement, il n'y avait rien de grave à la situation. Et c'était peut-être le cas.
« Je n'ai pas l'intention de te faire du mal. Si c'était le cas, j'aurais put vous tuer, toi et tes deux amis lorsque vous étiez dans les escaliers. Je voulais simplement voir si tu me suivrais. Tes deux amis ne m'ont même pas aperçu lorsqu'ils ont quitté le réfectoire. »
« Alors pourquoi avoir refermé la porte ? »
« Et bien, je n'ai pas l'intention de te faire du mal mais...  je ne te laisserais sortir qu'à une seule condition. »
A nouveau le silence s’abattit sur la pièce. Cette fois-ci ce fut Zephyr qui le brisa :
« Je vous écoute. »
« Offre-moi un de ces délicieux biscuits aux fruit et je te laisserais partir. »
C'était tout ? Un vulgaire biscuit ? Ce fut plus fort que lui, Zephyr éclata de rire. Ce fut si spontané qu'il se demanda, un peu tard, s'il ne risquait pas de vexer l'étrange créature.
« S'il n'y a que ça, je vous offre les deux. »
Sortant son dessert de sa poche, il tendit les deux cookies vers l'ombre qui s'approcha. Le feu sembla mourir lorsque la bête passa à côté, les flammes reprenant avec peine une fois qu'elle s'en fut éloignée.  C'était comme un nuage de fumée noire et opaque qui se déplaçait. Zephyr avait bien conscience qu'un corps se cachait là dessous, mais impossible d'en distinguer les contours. Un morceau de l'ombre, certainement le bras de la créature, s'éleva et pris les cookies de la mains du jeune homme. Zephyr crut sentir des griffes et une peau dure contre sa paume. Quelle était donc cette chose ?
Dans son dos, la porte s'ouvrit, l'obligeant à faire un pas en avant. La créature avait complètement disparue. A la place, un gros chien noir et pataud était en train de dévorer les biscuits, affalé sur un épais tapis devant l'âtre de la cheminée.
Sortant de la pièce à reculons, il s'adressa au chien avant de partir, sans être certain que c'était bien la même bête :
« Merci. »
Le chien leva la tête tout en mastiquant un des biscuits puis il se désintéressa de l'humain pour se concentrer sur son repas.

Refermant la porte, Zephyr s'adossa un instant au mur dans le couloir, repensant à ce qu'il venait de se passer. C'était complètement dingue !
Devait-il en parler à ses deux compagnons ?  Le croiraient t-ils seulement ? Lui-même n'était pas certain de ce qu'il venait de vivre et il doutait de croire quiconque lui raconterait une telle chose. Mais il était à dreamland. Ce simple argument suffisait à rendre crédible n'importe quoi.

D'un pas plus assuré qu’auparavant, il se dirigea vers l'autre bout du couloir. Il repassa devant le réfectoire puis continua jusque dans le hall d'entrée où il aperçu Eva qui, visiblement, était en train de le chercher. Un sourire de gosse sur les lèvres, il se rendit compte qu'il était heureux dans ce monde. Ses doutes, ses craintes... Cette peur lovée au creux de son ventre. Envolés.
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