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 Un nouveau commencement

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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Un nouveau commencement   Mar 19 Mai - 13:19

Vient de là>>ici

Melena et Yoake restèrent en arrière alors que nous avancions vers Riven Town. Le groupe s’était disloqué, un fait qui était inéluctable. Cependant, j’avais encore des frissons en voyant Melena menacer Zéphyr de son pieu. Etait-elle vraiment prête à tuer juste pour une rixe ?  Si c’était le cas, c’est qu’elle n’avait pas peur de la mort mais qu’elle en était obsédée. Quant à Zéphyr, il avait eu le courage de faire face à une furie qui ne connaissait aucune limite à la violence. Je n’avais donc pas manqué de le suivre pour abandonner la psychopathe au regard d’orage. Ne pouvant pas parler à ce moment-là, je saluai une dernière fois la japonaise espérant qu’elle s’en sortirait seul avec Melena. Mais comme Eva était une personne très polie, je fis de même avec la cadette le sourire toujours sur mes lèvres cousues.

Nous reprîmes donc la marche vers une autre ville, espérant que celle-ci serait beaucoup moins dangereuse que Quiet Hills. Dans tous les cas, la méfiance était de mise, j’avais bien retenu ma leçon. Même les filles en apparence fragiles pouvaient cacher des secrets bien morbides. Cependant, la présence du jeune homme était rassurante. Ce n’était pas que je me pensais faible et que j’avais besoin d’être protégée. Tout ce que je voulais c’était de ne pas être seule et Zéphyr était une personne en qui je pouvais avoir confiance, j’en étais certaine. J’eu un pincement au cœur en pensant que peut-être un jour il se rendrait compte de mes mensonges. Et alors je retomberais dans mon éternelle solitude qui m’attendait toujours derrière le mur de vérité. Je n’avais pas le courage d’être honnête envers qui que ce soit, même envers moi-même mais il faudrait bien un jour que j’accorde ma confiance totale à quelqu'un, surtout si je devais traîner encore un moment ici. Cependant, l’amitié m’était quelque chose d’inconnue. J’avais toujours fait semblant, endossant le rôle d’un personnage que je m’imaginais être. Personne n’avait encore percé mon armure de mensonges et j’espérais au fond de moi que cela continuerait ainsi.

Zéphyr s’excusa, affirmant que c’était lui qui avait permis au bus de partir sans nous. Je secouai la tête, dénigrant ces dires, un léger sourire aux lèvres.

- Tu n’as pas à t’excuser pour quelque chose qui n’est pas de ton fait. Le fautif ou les fautifs plutôt sont les habitants de Quiet Hills. C’est eux qui ont foncé droit sur le bus et qui nous on menaçaient avec leur arme.

Je sursautai en entendant ma voix. J’avais répondu par réflexe oubliant encore une fois mon handicap mais je fus heureuse de voir que j’étais de nouveau libre de parler. Je fis quelque grimace pour être sûre que plus rien ne me gênerait pour m’exprimer. C’était un exercice que j’avais appris en pratiquant le théâtre afin de mieux articuler.

- Chouette !

Reprenant un peu plus confiance, je me tournai vers mon seul compagnon qui me remercia de l’avoir suivi. Pourtant, j’avais plus le sentiment que c’était justement moi qui devait le faire. C’était lui qui avait fait le premier pas alors que moi je n’avais rien tenté par peur de me retrouver toute seule. Lui avait pris le risque sans être sûr que je le suivrais. Sans compter qu’il m’avait défendue. Même si pour lui ce n’était rien, je ne m’étais jamais sentie aussi impuissante sans mes mots et le fait qu’il s’exprima à ma place fut un véritable soulagement.

- Alors moi aussi je te dois des remerciements, car contrairement à toi, je n’ai pas eu la volonté de dire ce que tu as dit. Il m’a été facile de te suivre.

C’était un fait dont je n’avais pas besoin d’enrober de mensonges. Cependant je tiquai lorsqu’il énonça une pathologie à mon encontre. Mon expression ne changea pas, juste une lueur d’incompréhension transparaissait sur mon visage. Nier en bloc ne servait à rien et puis ce monde offrait tellement de possibilité qu’il n’était pas étonnant de découvrir des choses impossibles. Je fixai alors les yeux bleus de Zéphyr sous sa casquette des « giants ».

- Non, je ne comprends pas non plus d’où vient ce pouvoir, j’ai même mis du temps à comprendre que ça venait de moi. Mais promis, la prochaine fois je ferais en sorte de faire apparaître un joli petit écureuil à la place.

Alors que nous avancions depuis un petit moment déjà, les bruits de la ville se firent omniprésents. En face de nous se trouvait maintenant une ville tous ce qu’il y avait de plus normal. Il n’y avait pas de tour de guet ou de fils barbelés. Les maisons semblaient modernes alors que les gens circulaient librement dans les rues passant par divers commerce.

- Bon au moins on va bientôt pouvoir manger et s’acheter des trucs utiles !

J’espérais juste qu’on ne se fasse pas trop remarquer dans cette foule qui se tenait plus très loin de nous. Mes vêtements étaient sales et nous n’avions rien sur nous, ce qui n’était peut-être la meilleure façon de faire son entrée. Cependant les épaules droites, j’avançai d’un pas assuré comme tout élipsien qui se respecte. La peur et la méfiance étaient ce qui attiraient le plus l’attention autant faire comme si tout était normal.


Dernière édition par Alicia Smith le Mar 19 Mai - 21:49, édité 1 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 19 Mai - 14:50

Eva avait finalement retrouvé la parole. C'était déjà une bonne chose. Au moins les conséquences de son pouvoir ne duraient pas trop longtemps. La jeune femme sembla ravie d'être enfin libérée de cette entrave. Lorsqu'il avait évoqué sa pathologie, elle n'avait pas semblé comprendre d'où cela pouvait venir, inconsciente d'une éventuelle maladie mentale. Zephyr ne voyait pas vraiment de quoi elle pouvait souffrir. Lui qui était herpétophobe avait acquis la capacité de parler aux serpents. C'était somme toute logique. Et elle, qu'avait-elle fait au juste ? Elle avait dit qu'il y avait un serpent et il était apparut... Elle pouvait donc faire apparaître des choses rien qu'en en parlant...
Il avait beau retourner la question dans tous les sens, il n'arrivait pas à faire le lien entre ce pouvoir et une éventuelle pathologie.

Zephyr fut tiré de sa réflexion par une animation fort agréable à découvrir.
« Oui, je meurs de faim ! » répondit-il simplement.

Il avancèrent d'un pas décidé, Zephyr ayant prit exemple sur Eva et marchant la tête bien droite en essayant de ne pas paraître perdu. Après avoir dépassé quelques habitations, ils tombèrent sur les premiers commerces de la ville. Sur le trottoir où ils se trouvaient, il y avait un petit café qui servait des boissons en terrasse. Un peu plus loin, une boucherie et un bureau de poste se tenaient côte à côte. Mais ce qui attira le regard de Zephyr se trouvait sur l'autre trottoir. C'était une boulangerie !
« Je crois que j'aurais pas put rêver mieux » concéda t-il simplement.
Manger au restaurant aurait sans doute épuisé leurs maigres ressources. Alors qu'une boulangerie ... C'était le paradis des petites bourses. Il interrogea Eva du regard, mais elle semblait aussi affamée que lui. Après ce qu'ils avaient vécus, un bon repas tout ce qu'il y avait de plus normal ne pourrait que leur faire du bien. Même si ce n'était pas excellent pour la ligne.
« Bon, voilà ce que je te propose. On se prend de quoi manger, on se pose un peu pour manger tranquillement et ensuite on essaye de se trouver de quoi s'équiper pour la route. Enfin je dis ça mais je ne sais même pas où aller ensuite. »

Peu importait ce qui se passerait ensuite à vrai dire. Pour le moment, il mourait de faim. Il traversa la rue animée et entra dans la boulangerie. Immédiatement, l'odeur du pain chaud lui mit l'eau à la bouche. Une petite grand mère terminait sa transaction en prenant bien tout son temps. Mais ce n'était pas bien grave. Cela permis à Zephyr de contempler les délicieuses choses qui se trouvaient en vitrine. Il y avait beaucoup de choix. Des pâtisseries, des viennoiseries, des petites pizzas, des pâtés, et même des choses que Zephyr ne parvint pas vraiment à identifier.

« Bonjour ! Qu'est-ce que ce sera monsieur ? »
Au comptoir, une femme souriante aux longs cheveux noir attendait sa commande. Sa tunique vert émeraude était tendue à craquer par un ventre arrondi qui ne laissait aucun doute quand à ce qui se trouvait à l'intérieur. Zephyr ne put s’empêcher de sourire en se disant que finalement, il y avait aussi des gens normaux ici.

« Euh … je ne sais pas trop. Hum... Vous n'avez qu'à me mettre un de ces pâtés en croûte. » Au moins ce truc là ne serait pas à la viande humaine... Enfin il fallait l'espérer.
« Ça nous fera donc 5 Rubz s'il vous plait. »
Zephyr s'empressa de donner à la jeune femme les Rubz nécessaire et prit le petit sac en papier qui contenait son repas. Il s'écarta un peu pour qu'Eva puisse prendre commande à son tour. Elle avait une bien triste allure avec ses vêtements tachés de boue. La jeune femme au comptoir dut s'en apercevoir car son sourire s'effaça peu à peu pour laisser place à une certaine méfiance. Melena les avait prévenu que les voyageurs n'était pas vraiment les bienvenus, sauf exception et il se para de son sourire le plus charmeur pour embobiner la pauvre femme.

« Vous avez vu ce qui est tombé tout à l'heure ? On a vraiment mal choisi notre moment pour aller prendre l'air. On est bon pour retourner nous changer. Et toi qui trouve le moyen de trébucher sur une pierre, direct dans la boue. » plaisant t-il à l'adresse d'Eva.
La jeune femme sembla se rasséréner un peu devant l'assurance de son client, ravie d'avoir une histoire banale à gober.
« Oui, c'était une belle averse. Ma pauvre, vous êtes dans un état. J'espère que vous ne vous êtes pas fait mal. » Son inquiétude semblait réelle et Zephyr s'en voulu un peu de jouer ainsi la comédie. Mais finalement, ce qu'il disait là était plus ou moins vrai.
« Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? » Elle avait retrouvé son sourire joyeux, toute méfiance envolée.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 19 Mai - 15:07

Arrive de : Techyo

Dans l'avion prêt à partir, Julian n'avait aucune idée du temps que le voyage prendrait, et en vérité, il s'en moquait éperdument. Le seul désir qu'il avait se trouvait être de quitter les lieux pour d'autres qu'il espérait meilleurs. Et à vrai dire, tout ce qui importait un tant soit peu, c'était qu'il avait faim : manger quelques gâteaux depuis plus de 24h n'était pas ce qu'il y avait des plus nutritif. Il devrait ronger son frein encore un peu de temps, n'ayant plus un seul centime en poche. Mais bon, il s'en sortirait, manger faisait peur puisque tout le monde y était assujetti, et si cela pouvait être esquivé, même un peu de forcé, ça irait et ce serait supportable.

L'avion fini vibrer très légèrement puis décolla. Pour s'occuper, il sorti son livre de devinettes et se prit la tête bien suffisamment pour résoudre les questions et énigmes qui pour certaines ne faisaient vraiment pas semblant. Ceci étant, le temps de vol passa en un clignement d’œil et l'avion-crayon atterrit sans même qu'il ne s'en rende compte. Il fallu même que l'hôtesse vienne le secouer pour qu'il sorte de l'avion et aille récupérer à l'arrivage-bagages sa trottinette.

Une fois cela fait, il prit le parti d'aller visiter brièvement les lieux où il était arrivé. Rien que de par l'aéroport, il fut soulagé. Beaucoup plus petit et bien moins fourni de technologies high-tech, il était vraiment rafraîchissant pour qui voulait fuir tout ce qui faisait Techyo. Il n'y avait même pas le moindre robot et l'architecture était simple, faite de grandes lignes et de murs lisses au possible, de même que pour les sols.

Et une fois sorti de là, il constata qu'il fallait prendre le bus pour arriver en ville, une histoire de 5-10 minutes de route à en croire l'une des personnes qui attendait à l'arrêt. Manifestement, il fallait donc noter que l'aéroport était hors ville, ce qui semblait compréhensible quand il prêta l'oreille au bruit assourdissant que faisaient certains des avions qui décollaient ou atterrissaient.

Une belle malchance pour lui, il pleuvait averse pour le moment, mais il s'en moquait complètement, être trempé ne l'effrayait pas. Et il était hors de question pour le phobique de prendre un quelconque transport en commun, comme tout le monde. Il était bien trop horrible et terrifiant que de faire comme la multitude de personnes qui attendaient que le bus arrive pour les amener en ville. Et de toute façon, il n'avait même pas l'argent pour payer un ticket.

La solution à cela n'était pas des plus compliqué : dépliage d'engin à deux roues motorisé par les pieds du conducteur, et départ en trompe en sautant dessus et en suivant la route un peu cabossée et surtout suffisamment granuleuse pour qu'il subisse vivement les vibrations de cette dernière.

Il fallut une quarantaine de minute pour arriver aux abords de la ville. En effet, la faim qui le rongeait s'était réveillée plus que jamais, et le fatiguait énormément, sans compter sur le fait que la route n'aida pas à avoir une vitesse des plus stable.

D'ailleurs, lorsqu'il commença à y avoir plusieurs croisements, il réussit même à se perdre peu après l'entrée en ville, ne faisant aucunement attention aux panneaux. Encore que se perdre n'était peut être pas ici le terme exact : maintenant qu'il était libre comme l'air et loin de Techyo, il se donnait tout loisir de flâner au gré de ses envies. Donc où qu'il soit, ça irait très bien.

Au bout d'une dizaine de minutes supplémentaires de route, il eut la tête qui tournait largement et ajoutait donc son grain de sel. Il lui fallait s'arrêter pour manger au moins quelques gâteaux, il ne tiendrait pas beaucoup plus sans calmer son estomac un minimum. Heureusement qu'il n'avait pas besoin de beaucoup manger pour être repu, il ne lui suffirait pas de grand chose plus tard pour se rassasier.

Et alors qu'il pensait stopper, et se poser sur le trottoir, tranquillement, pour grignoter, il regarda, en ralentissant, l'intérieur d'une boulangerie qui lui faisait de l’œil. Il vit parmi les clients deux jeunes gens dont l'état totalement anormal pour les lieux l'interloqua sur le moment, et était tel qu'il aurait juré avoir eu la même tête dans les égouts d'Elipse ou durant la bagarre à l'Église. Se tournant pour les regarder mieux, il ne fit pas attention à une ornière où sa roue avant se coinça. Incapable de réagir à cela, les deux jeunes gens, s'ils s'étaient tourné, ainsi que les passants, purent le voir faire un vol plané faire moult roulés-boulés sur le bitume après avoir raté un rattrapage sur ses jambes. L'engin fit pratiquement le même vol et glissa à ses côtés.

Et c'en était trop pour lui. Il resterait là étendu sur le trottoir, et mangerait un coup. C'était décidé, il n'irait pas plus loin...
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 19 Mai - 23:21

Zéphyr se dirigea alors vers ce qui semblait être une boulangerie. Je ne protestai pas déjà attirée par l’odeur de pain qui s’en dégageait. C’était une pure merveille et au même moment mon ventre grogna de faim. La vitrine offrait une diversité de petites pâtisseries toutes plus sucrés les unes que les autres. Et même si ce n’était pas bon pour ma ligne, mon estomac lui n’en avait que faire tant que cela me nourrissait. Ce fut donc l’eau à la bouche que nous rentrâmes dans la boulangerie.

Nous fûmes accueillit par une charmante femme qui avait apparemment un polichinelle dans le tiroir. Mais son sourire de bienvenu s’effaça aussitôt en découvrant mon état peu propre.  Je choisis de l’ignorer et de détourner le regard pour laisser Zéphyr faire sa commande. Moi, je prenais le temps de détailler chaque petite merveille de sucrerie. Etrangement, ces dernières n’avaient rien de différent de celles que l’on pouvait trouver à San Fransisco. En effet, on retrouvait des gâteaux au chocolat, des framboisiers, des muffins et même des Cranberry. C’était tout simplement fantastique et j’étais presque sûre que le goût était aussi délicieux que l’odeur le laissait croire. Cependant, ma contemplation fut interrompue par Zéphyr prétextant que j’étais tombée dans la boue lors d’une promenade. Mouai, ce n’était pas faux, j’étais littéralement tombée, voir même écrasés, dans la boue. Je grimaçai à ce souvenir alors que je sentais toujours une légère douleur à mon thorax.

- Ce n’est pas ma faute, tu sais très bien que je suis maladroite…

Je m’avançai vers la future mère, souriante pour pouvoir la rassurer. Je la sentie se détendre en entendant notre fausse histoire. Mais je compris aussi qu’il fallait absolument que je change de vêtements et vite. La femme avait peut-être gobée notre mensonge mais je ne me voyais pas continuer comme ça avec toutes les personnes qui se méfiaient de notre apparence.

- Non, tout va bien, il y a eu plus de peur que de mal.

Mon doigt désigna un petit fondant au chocolat que j’avais repéré quelques secondes avant. De suite après, la boulangère emballa le désert pour me le tendre. Sans plus attendre, je sortis les sous de ma poche pour pouvoir payer. C’est à ce moment-là que quelqu’un décida d’avoir un accident juste devant l’entrée de la boulangerie. J’avais eu le temps d’entendre un bruit brusque pour me retourner et observer un jeune homme faire un magnifique vol plané. Je fronçai les sourcils en ne voyant pas l’accidenté se relever. Pourtant, il ne semblait pas blessé mais peut être que sa tête s’était cognée contre le trottoir. Oui, ça ne serait pas étonnant en fait. Déjà la foule se rapprochait du jeune homme pour s’enquérir très certainement de son état de santé. Je me retournai alors pour déposer les 5 rubz que je devais et emportai ma pâtisserie, oubliant rapidement cet événement.

Cependant, la boulangère n’était pas de cet avis. Après tout, c’était devant sa vitrine qu’une personne avait eu un accident, et le laisser-là ne devait pas être bon pour son commerce. Alors sans attendre, n’oubliant pas au passage d’encaisser mon achat, elle se précipita vers la pauvre victime. En vérité, je n’en avais rien à faire de la santé du malheureux conducteur et je ne fis aucun geste pour aller l’aider. De toute façon, il y avait déjà trois personnes autour pour s’occuper de lui. Il ne manquerait plus  que l’on vienne et que l’on se fasse remarquer. Au milieu d’une foule, il n’y avait pas meilleur endroit pour être sûr d’attirer l’attention avec ma dégaine. Néanmoins, j’étais rassurée de savoir qu’il n’y avait pas que des cannibales dans le coin, mais bien des personnes altruistes qui se comportaient comme de bon citoyens.

La boulangère paraissait vraiment inquiète et s’approchant de l’accidenté, elle chassa les personnes qui restaient à côté à ne rien faire.

- Est-ce que quelqu’un est médecin ? ou infirmier ?

L’appel à l’aide de cette dernière ne fit réagir personne mais quelque chose me disait que l’homme encore allongé par terre n’était pas aussi mal en point qu’on pouvait le penser. Je décidais donc de retourner à mon fondant au chocolat et à le déguster comme il se devait. C’était un vrai délice et je pris mon temps pour profiter de chacune des bouchées. J’en aurais presque ronronné de plaisir et au fur et à mesure que je mangeai, le tiraillement de mon ventre se fit de plus en plus léger.

- Vous devriez venir vous asseoir à l’intérieur sur une chaise… ça vous fera du bien…

La boulangère était vraiment soucieuse et ne semblait pas vouloir laisser tomber. Peut-être était-elle plus sensible du fait qu’elle était enceinte ? La réponse importait peu puisque elle rouvrit la porte pour préparer une chaise afin de soulager le jeune homme. Maintenant qu’il n’y avait plus personnes autour de lui, je pouvais m’apercevoir qu’il avait un style vraiment particulier. Il portait une espèce de veste à grande capuche qui ressemblait étrangement aux longues vestes du moyen-âge. Je souris en repensant à certaines personnes geeks que j’avais connu à ma fac.

- Tu paris que c’est un joueur qui fait des GN ?

Ma question était adressée à Zéphyr mais je n’étais pas sûre qu’il comprenne ce qu’était un GN. Une lueur d’amusement éclaira mon regard alors que l’accident en lui-même n’aurait pas dû me réjouir. Toutefois, voyant qu’il n’y avait pas de sang ni rien de ce genre, je pensais pouvoir me permettre certaines plaisanterie.

Achat: fondant au chocolat 5rubz


Dernière édition par Alicia Smith le Jeu 21 Mai - 8:12, édité 2 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 20 Mai - 13:51

Alors qu'Eva craquait pour une pâtisserie, Zephyr ne put s’empêcher de la charrier en souriant :
« C'est pas bon pour la ligne ça. En plus tu vas avoir soif. »
Il leur faudrait rapidement trouver de l'eau. La boulangère vendait bien des petites canettes mais il leur faudrait bien plus que ça pour voyager. Alors qu'il se dirigeait déjà vers la porte pour sortir de là, un homme se vautra purement et simplement devant la boulangerie, sa trottinette faisant le grand saut également pour atterrir non loin de lui. Restant couché, plusieurs badaud vinrent voir s'il n'était pas blessé. Le premier réflexe de l'herpétophobe fut de sortir en trombe pour vérifier qu'il n'avait rien de grave puisqu'il ne se relevait pas, puis la voix de Melena résonna à ses oreilles. Il ne devait pas se faire remarquer. La jeune femme avait beau ne pas être de très bonne compagnie, ses conseils étaient précieux et s'il voulait rester en vie et ne pas mettre leur binôme en danger, il devait les appliquer. C'est donc en se mordant la lèvre qu'il assista, bien en retrait, à l’intervention de la boulangère.

De son côté, Eva ne semblait pas vouloir s'impliquer non plus dans l'affaire et avait même commencé à manger son fondant. Après tout pourquoi pas. Sortant à moitié son pâté en croûte du petit sac en papier, Zephyr mordit dedans à pleines dents, en dévorant le quart d'une seule bouchée. Après que la jeune femme enceinte se soit chargée de l'affaire, les gens avaient pratiquement tous reprit leur chemin comme si de rien n'était. Seuls quelques curieux observaient l'accidenté avec curiosité. Il était vrai que de le voir ainsi rester allongé était étrange. Un instant, Zephyr se demanda même s'il pouvait vraiment être du coin vu la façon dont les gens le regardaient. Dans un sens, il fut content que les regards soient braqués sur quelqu'un d'autre que lui. C'était presque étrange de se retrouver du côté de la majorité, des gens 'normaux'.

La boulangère, fort soucieuse de la santé du jeune homme voulait déjà le faire entrer pour qu'il s’assoie. Rien ni personne n'aurait put empêcher cette femme de le tirer à l'intérieur et, bien que le type étendu au sol n'avait pas vraiment l'air d'avoir envie de bouger, la détermination de la futur maman aurait fait obéir un troupeau d'éléphant en colère. Traînant pratiquement de force le drôle de personnage jusque dans sa boutique, elle le fit asseoir sur une chaise.
De leur côté, Zephyr et Eva  étaient restés dehors et cette dernière tenta de faire une vanne … qui tomba malheureusement à l'eau.
« C'est quoi des GN ? »

Alors que la petite foule s'était entièrement dissipée, Zephyr s'adossa au mur, juste à côté de la boulangerie pour terminer de manger son délicieux pâté. A cet instant précis, il en aurait presque oublié l'endroit où il se trouvait. Le ciel était redevenu d'un bleu magnifique parsemé de dizaines de boules de cotons dérivant doucement, une petite musique d'ambiance s'élevait du café d'en face et le va et viens des passants offrait un cadre assez rassurant. Tout semblait normal, parfaitement normal.
« Tu sais quoi ? J'ai même plus envie de repartir d'ici. C'est vrai après tout, qu'est-ce qui nous oblige à prendre la route. Et puis pour aller où de toute façon ? Bon c'est vrai qu'y a un village cannibale pas loin, mais cet endroit est chouette. »
Rester là … Mais pour quoi faire en fin de compte. Vivre sa vie comme si c'était le monde normal ? Trouver un travail, se faire de nouveaux amis … et puis quoi ? On découvrirait d'où il vient, ce qu'il est … un voyageur. Et là la fête serait terminée.
« Bah, oublie ça. Je dis n'importe quoi. »
Zephyr avala la dernière bouchée de son repas et regretta de ne pas en avoir prit deux. Mais il aurait besoin de tous ses Rubz s'il voulait pouvoir s'équiper un peu. Alors qu'il n'y pensait plus depuis un moment, il se remit à éternuer. Se reposer un peu dans le bus lui avait fait du bien mais il devrait encore se reposer s'il voulait que son coup de froid passe complètement. Et puis garder des vêtements trempés sur lui n'aidait pas.

Le jeune homme que la boulangère avait presque prit en otage fini par ressortir. Il n'avait effectivement pas l'air blessé, c'était rassurant. Mais il n'avait pas l'air non plus d'un habitant du coin. Et si … non, ce serait trop beau pour être vrai. Un autre voyageur ? Était-ce vraiment possible ? Il devait en avoir le cœur net. Sans même prendre la peine d'en parler avec Eva, il prit les devant et interpella l'homme à la trottinette :
« Hey ! Salut, est-ce que vous allez bien ? C'était un sacré vol plané. »
C'était un peu cliché mais au moins, s'il n'était pas un voyageur, cela pourrait passer pour un simple échange entre deux citoyens normaux.

***

hrp: j'ai modifié deux trois trucs par rapport à la tenue de Julian
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 20 Mai - 15:38

Oh qu'il se sentait bien, allongé au sol, et ceci malgré les douleurs qui le lançaient aux avant-bras, et toujours à l'épaule, là où il y a si peu de temps, il s'était fait tirer dessus. Comment faisait-il pour passer son temps depuis son arrivée en ce monde à se ramasser à droite à gauche et toujours se blesser ? Au point où il en était, il ne demandait plus que du repos, et que personne ne le dérange pendant qu'il grignotait quelques gâteaux.

Mais à en croire l'attroupement autour de lui et tous ces gens lui demandant s'il va bien, piaillant à qui mieux mieux ce qu'il fallait faire pour l'aider alors qu'il ne nécessitait aucun soin, il n'aurait pas le droit à la moindre minute de repos. Il tenta même de se réfugier dans son petit monde en activant son pouvoir afin de revêtir un temps sa douce cape le protégeant du monde extérieur. Et effectivement, cela fonctionna au moins de manière approximative : quelques personnes lancèrent quelques jurons à son encontre, qu'un voyageur n'avait pas besoin d'aide tant ils posaient de problèmes en ce monde et que tous n'étaient que des monstres.

Quoi qu'il en soit, pour être véritablement tranquille, il aurait fallu ne pas compter sur la petite boulangère de la boutique devant laquelle le vol plané de Julian eu lieu. Quelle que soit la raison qui poussait cette dernière, compassion, pitié, réelle gentillesse dû à sa grossesse manifeste, ego à satisfaire, ou plus certainement le fait que le jeune homme gênait ses affaires, elle ne lâcha rien du tout et l'obligea à contrecœur à rentrer dans sa boutique en le harassant de questions sur son état de santé.

Une fois à l'intérieur, il pu profiter d'un siège et d'une attention bien trop insupportable aux yeux du phobique. De fait, combien même son ventre gargouillait et qu'il pouvait observer les deux individus qui avaient détournés son attention, il n'y avait qu'un seul désir pour lui, filer de là, rapidement. Il pourrait toujours attendre la sortie des deux personnes pour les observer plus précisément. Son vœux fut exaucer quand la boulangère fila en arrière boutique soit disant pour aller lui chercher au moins un verre d'eau. Ni une ni deux, le jeune homme était sortie de là.

Cependant, il semblerait que l'une de ses cibles ait eu l'idée de prendre le pas et de venir à lui de soi-même, sans même avoir le temps d'atteindre le banc situé un peu plus loin. Ayant littéralement la flemme de prononcer pour le moment le moindre mot, il l'invita d'un signe de tête à aller se poser jusqu'au fameux banc où il sorti de sa sacoche un de ses paquets de spéculite et commença à en grignoter quelques uns.

Une fois cela fait, et que son ventre se fusse au moins calmé de son appétit, il parla tranquillement :
- Ça va ça va, j'avais juste faim, je voulais m'arrêter un coup et toi et ta copine vous m'avez perturbé, j'ai pas vu l'ornière dans le trottoir. J'ai l'habitude – il frissonna à la l'énoncé de ce mot – de prendre des gamelles à longueur de temps depuis que je suis dans ce monde.

Au regard interloqué de Zephyr, qui ne pouvait que comprendre à cette phrase que Julian était un voyageur, il continua :
- Fait pas style d'être étonné, je suis un voyageur et je pari ce que tu veux que toi et la blonde vous êtes pas de ce monde non plus. Si il y a des trucs qui sont pas normaux, je tilte instantanément, c'est une partie de mon problème. Cette seconde partie fut accompagnée d'un signe du doigt sur la tempe, dénonçant un problème « mental », espérant que l'homme comprenne l'allusion, étant lui aussi voyageur, et donc malade.

- M'enfin, j'me trompe peut être ?
La question posée, Julian tourna la tête vers l'herpétophobe et leva un sourcil interrogateur. Dans tous les cas, moi c'est Julian...

Pendant ce temps, la demoiselle avait fini par arrivée, encore qu'il ne sache pas exactement à quel moment. Là, il attendrait tranquillement la réponse, et si il avait vu juste, ce dont il était sûr, peut être ferait-il un brin de marche avec les deux jeunes, histoire de savoir ce qu'ils comptaient faire...
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 20 Mai - 22:42

Alors que la boulangère embarquait déjà l’accidenté dans sa boutique, je me tournai vers Zéphyr.

- GN veut dire « grandeur nature », c’est du jeu de rôle où des joueurs se créent des personnages imaginaires dans un monde d’héroic-fantasy (généralement) avec une personne qui fait le Maître du jeu. Ce dernier raconte une aventure dans laquelle chaque joueur va agir selon la personnalité et le rôle du personnage qu’ils ont construit.

Je pris une pause pour ne pas le noyer dans une tonne d’informations. Le jeu de rôle m’avait toujours intéressée depuis que j’étais adolescente. C’était un jeu où il fallait se mettre dans la peau d’un personnage imaginaire accomplissant des exploits lors d’une quête. C’était une activité parfaite pour oublier ma propre vie ennuyeuse. Je me souvenais d’ailleurs avoir fait des nuits blanches à lancer des dés et discuter avec les autres personnes tout en mangeant de la pizza. Malheureusement, je n’avais fait l’expérience de ces « jdrs » que deux fois dans ma vie. Par la suite, il n’y avait plus eu de soirées jeu.

- Ce type de jeu se passe généralement autour d’une table avec papiers et crayons. Le GN c’est la même chose sauf que les joueurs endossent le costume de leur personnage. Par exemple un joueur qui joue un chevalier s’habillera réellement d’une armure avec une épée en mousse. Et tout ce petit monde se rassemblera dans un grand terrain qui leur permettra de faire de « véritable » aventures. Et lorsqu’on voit ce mec…

Je désignai discrètement l’accidenté.

- On peut se dire qu’il est prêt pour un GN avec ses vêtement…Enfin, en y réfléchissant je ne pense pas qu’il y ait vraiment de GN ici…

C’est vrai qu’en y pensant je me trouvais un peu stupide. L’homme à l’étrange veste ne devait être qu’un de ces habitants qui ne devait  pas connaître ce genre d’amusement. Il ne fallait pas oublier que je n’étais plus aux Etats-Unis mais bien dans un monde de songe où la culture n’était pas la même. Je haussai les épaules et finis par savourer les dernières bouchés de mon dessert.  Cependant, même si j’avais l’impression d’être une idiote, c’était plutôt agréable de pouvoir discuter de banalité au lieu de réfléchir à comment échapper à des psychopathes. Et puis, si nous devions faire un bout de chemin ensemble, autant faire la connaissance de Zéphyr. La première impression que j’avais eue du brun était celui d’un homme un peu perdu, gentil certainement mais avec une bonne touche de détermination. Dans ma tête, Zéphyr était un homme très clair, sans tâche même avec sa pathologie. Et pourtant, il n’avait pas hésité à broyer le cou d’un homme armé. Son image s’était alors un peu plus assombrie mais j’aimais bien ce côté. Cette ombre qui faisait de lui quelqu’un de surprenant. Melena pouvait bien dire ce qu’elle voulait sur sa soi-disant « infériorité », il savait agir quand il le fallait.

Ce dernier me confia qu’il avait dans l’idée de peut-être s’installer ici. Pourquoi pas ? Après tout, nous n’avions aucune destination à atteindre. Juste à attendre qu’on se réveille de notre hypnose pour reprendre notre vie normalement. Toutefois, avant de pouvoir trouver une place ici, il fallait d’abord s’acheter des choses utiles et trouver un moyen de gagner de l’argent.  J’ouvris la bouche alors pour répondre mais Zéphyr me coupa dans mon élan, ajoutant que ce n’était peut-être pas une si bonne idée.

- Non, je pense que c’est à y réfléchir mais pour l’instant il faut faire des achats pour pouvoir un minimum survivre.

A ce même moment, quelqu’un nous dépassa et je reconnu la silhouette étrange. Sa démarche semblait sûre, ce qui démontrait que sa chute n’était pas si grave. Je n’avais pas eu le temps de réagir que déjà Zéphyr se lança à sa poursuite. Peut-être était-il poussé par la curiosité ? Ou alors c’était son côté ambulancier qui voulait peut-être s’assurer que tout allait bien pour la personne ? Quant à moi je restai méfiante, il était difficile de savoir s’il n’y avait pas de risque à discuter avec un inconnu. Toujours en arrière, je me tâtai pour savoir si moi aussi je venais pour faire connaissance. En observant un peu plus en détail cet homme, je ne vis aucune cicatrice ou arme. Il aurait pu en cacher sous ses vêtements mais nous étions au milieu d’une rue bondée et je ne le voyais pas nous menacer comme ça.

Après un instant d’hésitation,  je dépassai les derniers mètres qui nous séparaient pour entendre que l’inconnu nous soupçonnait d’être des voyageurs, tout comme lui. Je fus surprise par tant de franchise. Il aurait très bien pu nous mentir mais je reconnaissais la vérité quand je l’entendais. Cet homme était aussi étrange que son apparence le laissait croire. Au moins, cela changeait d’une autre rencontre que j’avais fait avec une personne, un couteau entre nous deux.

Toujours polie, c’est avec le sourire sur les lèvres que je me présentai en même temps que Zéphyr.

- Moi c’est Eva… Dis-moi, tu ne serais pas un rolliste par hasard ?

La question m’avait échappée mais maintenant que je savais qu’il était un voyageur, il y avait plus de chance qu’il fasse du GN. De toute façon il avait été tellement direct que je ne voyais pas pourquoi je ne ferais pas pareil à son encontre. Cependant, je gardai tout de même d’autres questions pour moi. Même si il semblait inoffensif, je ne voulais pas prendre de risque. Je ne m’appelais pas Melena, je n’étais pas prête à tuer pour une simple méfiance mais le monde était bien trop dangereux pour tout prendre à la légère.

Et comme toujours, mon visage avait pris une expression amicale ne trahissant pas la tension que je sentais sous-jacente.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 21 Mai - 14:12

L'inconnu le conduisit jusqu'à un banc où il s'installa pour déguster des petits gâteaux avant de répondre. Et quelle réponse ! Dès sa première phrase il lui signifia clairement qu'il était un voyageur. Voila qui était bien imprudent. Si Zephyr et Eva avaient été des habitants du coin... Mais avec leur dégaine, il était difficile de les confondre avec les gens qui vivaient ici.
D'ailleurs, le nouveau venu lui confirma qu'ils avaient vraiment une dégaine de voyageurs.
« Euh … non tu ne te trompes pas, malheureusement. Moi c'est Zephyr. En tout cas ça fait plaisir de rencontrer quelqu'un comme nous. »

Eva s'était approchée, se présentant à son tour. Et voilà qu'elle remettait le paquet avec son histoire de GN. Cela dit, il était vrai qu'il y avait de quoi se poser la question. Malgré la situation pour le moins étrange, elle semblait détendue et très à l'aise. Zephyr imagina un instant la réaction qu'aurait put avoir Melena face à un tel énergumène. Il l'imagina sortir un flingue de sa ceinture pour le lui coller sur la tempe. Finalement, ce n'était pas plus mal qu'ils aient quitté cette foldingue.
Quoi qu'il en soit, Eva n'y était pas allé par quatre chemin et cela fit sourire Zephyr qui écouta sa réponse.
Par la suite, il enchaîna avec une question qui lui brûlait les lèvres. Après tout, vu la façon dont il semblait équipé, il était certainement là depuis un moment. Peut-être saurait-il les renseigner sur la façon de se réveiller de ce songe démentiel. Il était resté debout tout ce temps et décida de prendre place à côté de Julian. Appuyant ses avant-bras sur ses genoux, il espéra que la réponse serait satisfaisante.

« Désolé de te demander ça comme ça mais, tu sembles être ici depuis un moment. Comme tu l'auras sans doute remarqué, on est carrément des novices et … comment dire … »
Il se passa une main sur le menton avant de poursuivre, cherchant ses mots pour être le plus précis possible. Lorsqu'il avait interrogé Mel, elle avait complètement éludé la question, lui répondant simplement que le temps ne s'écoulait pas de la même façon dans un monde et dans l'autre.
« On ne sait pas comment s'y prendre pour quitter Dreamland. Non pas que le lieu ne soit pas charmant... enfin si on oublie les cannibales et les serpents, mais on aimerait bien rentrer chez nous. Est-ce que tu sais comment faire ? »

Il avait parlé au nom d'Eva sans trop savoir si elle était du même avis mais après tout, un tel renseignement serait certainement apprécié par la jeune femme, même si elle voulait rester dans le coin. Il ne craignait qu'une chose ; qu'il n'y ai aucune réponse à cette question. Une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'il n'y avait pas de solution, que lorsqu'on était en train de rêver, le seul moyen de s’éveiller s'était que notre corps en décide ainsi.
Il repensa à la mixture infâme qu'il avait ingéré, le plongeant dans un sommeil artificiel vraiment très profond. Combien de temps durerait un tel sommeil ? Quelques minutes ? Plusieurs heures ? Et si une journée entière à Dreamland ne représentait que quelques minutes dans le monde réel, combien de journées passerait-il ici avant de réintégrer son corps à San Fransisco ?
Chaque heure supplémentaire passée ici rendait ses chances de survies plus minces. Si ce n'était pas les cannibales, cela pouvait bien être autre chose. Après tout, c'était le pays des rêves. Dieu seul savait ce qui pouvait bien s'y trouver.

Alors qu'il attendait la réponse avec anxiété, il capta du coin de l’œil une drôle d'agitation au bout de la rue. Il tourna la tête pour voir ce qu'il se passait et repéra trois hommes en uniforme qui devaient être la police locale. Deux personnes leur parlaient avec agitation en faisant de grands mouvements avec leurs bras. Zephyr reconnu deux des personnes qui avaient scruté Julian avec un peu trop d'insistance alors qu'il était allongé au sol. Puis quelque chose donna des frissons à l'herpétophobe. L'un des deux civils pointa un doigt dans leur direction. Ce n'était peut-être qu'une coïncidence mais, pour une raison étrange, Zephyr sentit qu'ils allaient peut-être encore au devant de quelques ennuis.

"Euh... si on bougeait en fait ? Je pense que ce serait judicieux."
D'un discret mouvement de tête, il désigna les trois policiers qui avançaient maintenant vers eux d'un pas décidé.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 21 Mai - 20:09

Bouger ? Ça aurait été une très bonne idée car les policiers qui se dirigeaient actuellement vers le trio de voyageurs n’avaient pas l’air bien commode. Malheureusement, si Alicia et Zephyr avaient toute liberté de prendre leurs jambes à leur cou, Julian subirait le contrecoup de sa mauvaise chute dès qu’il essaierait de se remettre debout. Malmené par les gardes de la tour de Techyo et les officiers de la métropole la veille, sa cascade en trottinette était au-delà de ce que son corps convalescent pouvait supporter : plusieurs de ses lésions internes s’étaient rouvertes, rappelant la douleur et provoquant notamment une toux qui projeta des gouttelettes de sang sur le beau visage d’Alicia. Qui plus est, même s’il ne l’avait pas encore remarqué, sa blessure à l’épaule, causée la veille par un laser et non soignée depuis, s’était mise à saigner abondamment. Une tâche sombre s’élargissait alors après avoir imbibé le tissu de sa cape – et ferait de même à chaque fois qu’il changera de tenue. Quiconque jetterait un œil à sa blessure s’apercevrait qu’il serait plus que temps de la nettoyer pour éviter une infection grave.

Faut faire attention à sa santé Julian ! Wink
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Dim 24 Mai - 12:35

Apparemment, il ne s'était pas trompé dans son intuition à propos des deux jeunes gens. Le jeune homme qui, d'après ses dires, se nommait Zephyr, avait confirmé qu'ils étaient des voyageurs. Il s'agissait donc bien là d'éventuels camarades de route, avec qui il y aurait des chances de vivre des événements tout sauf normaux. Le combo entre ce monde et les voyageurs avait manifestement à ne pas laisser les protagonistes tranquille et toujours leur réserver de multiples bricoles, plus ou moins marrantes.

D'ailleurs, son pouvoir venait de se désactiver tout seul, et des habits à la mode du coin venaient de le recouvrir à nouveau... Oh qu'il aimerait que cette compétence puisse durer plus longtemps... Il faudrait vraiment continuer de l'utiliser pour espérer cela...

À peine pensé cela que le demoiselle se présentait à lui sous le nom d'Eva. Bof, il trouvait ce nom ne lui allait pas mais il préféra n'en rien dire. Julie aurait pu être cool et coller à son physique peu désagréable. En tout cas, les deux n'étaient pas aussi jeunes que Selene, ni aussi âgé que Anastasia (encore que le terme soit fort), ça changerait un peu, et ce n'était pas plus mal. Il pourrait ainsi tenter d'oublier le dénouement de l'histoire de son précédent groupe « de voyage ».

Quand à la question de la jeune femme, il répondit simplement :
- Roliste, moi ? J'dois r'connaitre que c'est assez cool, et c'est tout sauf classique et normal d'en faire, et tout ce qu'on y fait sort de la normalité, j'aime bien ça ouai. Mais j'ai pas vraiment d'amis dans le monde réel, donc je peux pas en faire...

Et de toute évidence, du fait de l'habitude de ce monde qu'il semblait montrer de par son attitude, le Zephyr semblait bien décidé à lui poser des questions sur ce monde, au moins une, confirmant au passage qu'ils n'étaient pas arrivés il y a très longtemps ici. Que connaissaient-ils exactement de Dreamland ? Ça faciliterait les choses pour expliquer le peu dont il avait connaissance. C'est pourquoi il annonça :

- Oh, un peu plus d'une 1 semaine environ, je sais pas si c'est vraiment « depuis un moment ». Je n'ai fais que « visiter » la super ville d'Elipse – une moue de dégoût passa sur son visage sur ces derniers mots – et Techyo avec ses plaines quelque peu dangereuses. C'est pas grand chose, même si je dois avouer en avoir vécu en aussi peu de temps...

Puis, il prit quelques secondes pour réfléchir à la suite, alors même qu'il connaissait à se sentir mal sans raison apparente... :

- Et pour partir d'ici, j'en sais absolument rien, et j'en ai pas forcément envie. Tout ce que je sais, c'est qu'il y a pleins de façons de venir qu'on m'a dit. Moi, c'est en dormant, et j'me suis déjà réveillé une fois. Un bouquin sur une étagère s'est ramassé droit sur mon visage. Mais dès que j'ai été dormir à nouveau, pouf, direct de retour. J'crois que quitter définitivement ce monde, ça doit pas être bien simple...

Sur ces quelques mots, Zephyr montra les policiers et proposa de bouger. Effectivement, à en croire de loin les visages qu'ils tiraient, ces gens devaient ne pas aimer les voyageurs, à s'en croire de retour à Elipse. Dire qu'à Techyo, personne ne s'en était formalisé...

- J'sais pas, à Elipse ouai vaut mieux pas se montrer, mais à Techyo, tout le monde s'en moquait qu'on soit ou non des voyageurs. Voir même ça les a arrangé pour un petit job... Donc à moins d'être proche d'Elipse et qu'ils pensent approximativement pareils ici, on a rien fait et on risque rien. Sinon...


Il ne put terminer sa phrase. Alors qu'il se levait il se plia en deux et tomba à genoux, toussant du sang. Là-dessus, il prit conscience qu'il avait en fait vraiment mal partout, surtout « à l'intérieur », et que son épaule qui avait prit la balle commençait à saigner abondamment.

Tout cela l'énervait passablement. Il n'aurait jamais la moindre minute de repos dans ce monde, et à en croire son état, il lui faudra bien plus que des minutes pour récupérer entièrement. Voir, parti comme cela, il ne se soignerait jamais totalement, et cela l'énervait. Il parla, plutôt sous forme d'un sifflement :

- Râhhh, bordel, j'en ai marre je vais jamais pouvoir me soigner...


Réfléchissant à ce qu'il pouvait faire, c'est à dire tout sauf bouger, il tilta à la bouteille qui était dans sa sacoche. Si elle ne s'était pas brisée avec la chute, et à en croire la notice expliquant qu'il s'agissait là d'une potion de soin, comme dans les jeux, il n'hésita pas. Le ras le bol des blessures et douleurs constantes avait largement gagné la bataille.

Ainsi, il attrapa la bouteille et regarda Éva, la lui montrant et tentant une blague :
- Tu voulais savoir si j'fais du jeux de rôle ? Ben s'monde, c'est un putain de jeu de rôle en lui-même, la bouteille là, c'est étiqueté comme potion de soin majeur, comme dans les jeux.

Puis il n'hésita pas, il avala en une traite tout le liquide. Ce dernier avait un horrible goût de savon mélangé à du sirop de chewing gun malabar. Par contre, elle provoqua une étrange chaleur à travers tout son corps, et Julian put sentir qu'en lui, ça bougeait, et pas qu'un peu. Même son bras le démangeait et le grattait, et il sentait que la plaie se refermait. Et comme cela, en peu de temps, il fut soigner et était comme neuf, mis à part une petite cicatrice qui resterait sur le bras. Il cracha encore un peu de sang qui se devait d'être évacué, puis se releva, comme neuf, jetant la bouteille dans son sac. Vide ou pas, ça ferait toujours un contenant ou de quoi assommer quelqu'un en tapant avec...

- Bon ben, c'est comme vous l'sentez ! On peut maintenant bouger si vous voulez, j'suis comme neuf !

Disant cela, il abordait un grand sourire, classique de son humble personne. Et il donna même une tape amicale à ses deux nouveaux copains.

---
Problème réglé pour ma santé, ça, c'est fait !
Et j'ai récup' des fringues à la norme du coin !
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Lun 25 Mai - 17:42

Bon, il était clair que le mec en face de nous était bizarre. Peut-être était-ce dû au fait que sa tenue ait changé en un clin d’œil ? Ou encore à cause du fait qu’il aimait les choses anormales ? Oh ! Et ne surtout pas oublier la tâche de sang qui apparut sur son épaule et qui semblait s’étendre de plus en plus à chaque seconde. Je ne fus donc pas étonnée que Zéphyr nous signale que des agents de la police se dirigeaient vers nous. Une personne comme se dénommait Julian ne devait pas passer inaperçu dans les rues. Et ce, d’autant plus qu’il avait eu un accident juste avant, rameutant une petite foule autour de lui. Peut-être même que c’était la boulangère qui, inquiète du sort de l’accidenté, avait fait appel à la police pour le retrouver et s’assurer que tout allait bien pour lui.

D’ailleurs, je fronçai des sourcils en le voyant se plier en deux et cracher du sang dont quelques gouttes vinrent m’éclabousser. J’essuyai mon visage d’un coup de poignet. Je n’avais pas le souvenir qu’il avait été autant blessé. Il avait fait un magnifique vol plané certes, mais sa chute, me semble-t-il, n’avait pas été aussi grave. Ce qui me suggérait qu’il avait dû se passer quelque chose avant qu’on le rencontre et qu’il l’aurait mis dans cet état-là. En même temps, cela faisait une semaine qu’il était dans ce monde. Nous, en à peine une nuit, on avait dû faire face à un village de cannibale, alors il n’était pas étonnant qu’il ait vécu des choses aussi dangereuses si ce n’est plus.

Je lançai un regard dans les alentours pour repérer un endroit où nous pourrions nous échapper de ces gardiens de la paix peu commodes. Je discernais quelques rues bien animés qui pourraient faire l’affaire. Au même moment, je crus reconnaître deux silhouettes sortant de la même boulangerie dans laquelle nous venions de sortir, Zéphyr et moi. Cependant, je me détournai de mes anciennes compagnes pour revenir à notre blessé. Malheureusement, le sang continuait à suinter de ses vêtements et sa respiration devenait chaotique. Julian ne semblait pas très costaud avec sa silhouette mince et son teint plus que pâle. Et si ses blessures, car elles ne pouvaient qu’être multiples, continuaient à s’aggraver alors il risquait fort de rester allongé par terre mais cette fois sans pouvoir se relever.

En fait, j’aurais très bien pu le laisser tomber, après tout on ne se connaissait que depuis quelques secondes. Et si c’était pour nous coltiner des problèmes en plus, j’aurais pris mes jambes à mon cou. Toutefois, le jeune homme semblait connaître bien plus de choses sur ce monde que nous et son savoir pouvait nous être utile pour survivre ici. Le calcul pour moi fut alors assez rapide. Je tendis les bras pour aider Julian à se relever mais ce dernier interrompit mon geste en me montrant une étrange fiole. Un sourire aux lèvres comme pour une plaisanterie, il m’annonça que l’objet faisait office de potion de soin semblable à ce qu’on pouvait trouver dans les jeux. Et d’un simple mouvement, il avala tout le contenu. L’effet fut immédiat. Déjà, la blessure sembla se résorber, une dernière gerbe de sang et il se redressa comme si tout cela n’était qu’un vieux souvenir. C’était assez impressionnant.

- Tu me diras où tu l’as eu, c’est plutôt cool mais pour l’instant, je suis d’accord avec Zéphyr, il faut partir et vite…

Je fis discrètement un geste de la tête pour montrer une rue bondée. Là-bas on aurait peu de chance de nous rattraper et puis il me semblait avoir aperçu quelques commerces intéressants pour nous équiper. Sans plus attendre, je me mis en marche d’un pas vif. Courir aurait attiré l’attention, et moins on se faisait repérer, plus on avait de chance de se fondre dans la foule. Je continuai donc, sans me retourner, et naviguai dans cette mare de personnes. Comme je l’avais prédit, l’allée était animée par divers commerçants déclamant  que leurs produits ou leurs services étaient les meilleurs. Il n’y avait aucun doute sur le fait que Riven Town était en partie un attrape touriste. Surtout lorsqu’on était une ville portuaire, on profitait évidement de la naïveté des étrangers.

Au bout d’une dizaines de minutes, je décidai de bifurquer vers la droite pour entrer dans un grand magasin tout aussi remplis. C’était un magasin de vêtement avec "Sir & Taylor" inscrit sur leur enseigne. Heureuse de pouvoir enfin me procurer de nouveaux habits, je me retournai vers mes coéquipiers.

- Je ne sais pas pour vous mais tant qu’il y a du monde, moi je profite pour faire des achats. Je ne vais pas rester avec ses vêtements sales…

Oui, le pantalon que je portais me démangeait et me collait désagréablement à la peau. De plus, après avoir pris la pluie, mon tee-shirt n’était pas suffisant pour me réchauffer. Zéphyr avait peut-être essorait son haut, et Julian modifier sa tenue vestimentaire, il était hors de question que je reste avec cette dégaine-là. De plus, dans les cabines d’essayage, je pouvais toujours essayer de m’arranger avec les miroirs. L’objectif étant de paraître un peu moins bizarre avec mes vêtements trempés et sales à cause de la boue. Même ma tresse n’avait pas tenu le coup, et déjà quelques mèches pendaient devant mon visage.

- Je ne sais pas si ça sera suffisant pour que la police ne nous trouve pas, mais on peut toujours se promener séparément dans ce magasin… Il y a plus de chance pour qu’ils recherchent un groupe…

Mon regard pivota entre Zéphyr et notre nouveau compagnon pour connaître leur avis. Je n’étais pas une experte en camouflage mais mieux valait ça que de rester planter là à ne rien faire. Et lorsqu’on sera sorti de cette situation, je ne me gênerais pas pour interroger Julian sur Dreamland. Je ne lui faisais pas encore confiance mais il était aussi un voyageur et cela ne coûtait rien de faire connaissance et de profiter de son expérience.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 27 Mai - 12:20

Alors que les trois agents semblaient se diriger droit vers eux, leur nouvel ami sembla défaillir. Sa chute n'avait pas put le mettre dans un tel état ! Sans doute avait-il été blessé plus tôt et son accident avait rouvert ses blessures. Quoi qu'il en soit, il saignait abondamment et sans soins rapides, il se pouvait même qu'il y reste...
Sortant une fiole de sa sacoche, il expliqua à Eva qu'on était bel et bien en plein jeu de rôle. Et en effet, à peine en avait-il avalé le contenu que ses blessures se résorbèrent. Ce fut comme s'il n'avait jamais été blessé. Zephyr n'en cru pas ses yeux. Si de tels élixirs existaient dans le monde réel, cela rendrait la vie tellement plus simple...

Julian semblant remit sur pied, Eva ne tarda pas à les entraîner dans la foule. S'arrêtant devant un magasin de vêtement, elle leur proposa de se séparer à l'intérieur. Se séparer n'était peut être pas de bon ton dans ces circonstances, mais il se rait moins repérables seuls qu'à trois.

« Okay, ça me va. J'ai repéré d'autres magasins intéressants dans la rue, on a qu'à se retrouver ici dans une dizaine de minutes. Et si l'un de nous a des ennuis, il n'a qu'à hurler un bon coup. La rue n'est pas très grande et même avec la cohue, ça devrait s'entendre. »

Dans un coin de sa tête, Zephyr pria pour qu'aucun d'eux ne rencontre de problème. Tant qu'ils étaient ensemble, ils pouvaient se soutenir et agir les uns pour les autres. Mais séparés … Rien ne garantissait que Julian viendrait à leur secours... Et même si Eva était comme une amie à présent, il était impossible de savoir ce qu'elle avait vraiment dans la tête. Partant de ce constat, Zephyr considéra qu'il valait mieux se considérer seul et sans soutient que de compter sur une aide qui ne viendrait peut être jamais.
Et lui-même … porterait-il secours à la jeune femme si elle appelait à l'aide ? Il y avait de grandes chances. Et en y réfléchissant bien, même Julian obtiendrait son aide s'il le demandait. C'était idiot, mais il était comme ça.

Alors qu'Eva entrait dans la boutique de vêtement, Zephyr préféra se diriger vers un commerce un peu plus discret qu'il avait repéré du coin de l’œil. La devanture annonçait « Le Pic Épeiche » et en plus petit sur la vitrine il était précisé « chasse et pêche – camping et survie ». C'était exactement ce qu'il lui fallait.
Il entra rapidement dans la boutique et regarda quelques instants par la fenêtre. Les trois policiers qui marchaient vers eux un peu plus tôt passèrent sans même regarder à l'intérieur, poursuivant leur chemin. Il s'était peut être fait un film après tout. Ce monde avait de quoi devenir paranoïaque.
Dans la boutique, de nombreuses étagèrent se serraient les unes aux autres, présentant leurs articles de chasse et de pêche ; bottes, pantalons et manteaux côtoyaient des couteaux et des fusils d'un côté du magasin alors que de l'autre, canne à pêche et appâts qui se tortillaient trônaient sous des annonces de réduction. Un vieil homme était concentré sur un magnifique coffret à appât, maugréant sur le prix bien trop élevé à son goût alors qu'un autre, plus jeune, choisissait sa nouvelle arme à gibier.
Zephyr se dirigea vers le fond du magasin, où une tente était campée en démonstration à côté de divers articles destinés à passer pas mal de temps en extérieur.

Se fiant à ce qu'il avait déjà vécu, il attrapa une couverture de survie. Le prix n'était pas donné mais il était hors de question qu'il passe une nuit de plus à se les geler. Il prit également une gourde d'un litre. Il trouverait bien une fontaine ou une rivière où la remplir à l'occasion. En plus il y avait une promotion ! Pour deux articles camping achetés, une carte et une boussole étaient offertes ainsi qu'une ration de survie au choix parmi plusieurs recettes différentes. Voila qui pouvait s’avérer fort utile. Il prit également un petit couteau suisse au métal d'un rouge clinquant. Un couteau pouvait toujours être utile.

Alors qu'il se dirigeait vers la caisse, il repéra un manteau qui avait l'air bien chaud. Contrairement à la plupart des manteaux pour la chasse, il n'était pas bariolé mais d'un noir uni avec un col qui remontait dans le cou. Il était également muni d'une capuche et de pas mal de poches. Il le prit sans hésitation et tant pis pour les finances.

Il déposa le tout sur le comptoir, se demandant quand même comment il allait transporter tout ça. Une hotte comme celle de Melena serait l'idéal mais il n'avait pas assez de Rubz pour se payer un sac. Bah, il trouverait bien un moyen. A la caisse, une jeune femme à lunette assez petite semblait perdue dans des fiches de compte et se rendit à peine compte de sa présence.
« Hum hum ! Bonjour. »
Relevant son nez aquilin de ses papiers, elle lui adressa un sourire d'excuse.
« Oh, bonjour, excusez-moi. »
Elle tapa plusieurs chiffres sur sa caisse, semblant parfois hésiter quelques secondes. Elle avait l'air complètement perdue et incertaine de ce qu'elle devait faire.
« Il y a une réduction je crois... »
Attrapant la carte et la boussole, elle rectifia certains chiffres sur sa caisse. Elle s'arrêta, regarda la ration de nourriture et fit de même. Zephyr se demanda si elle savait vraiment ce qu'elle faisait. A la voir, on aurait cru une stagiaire lors de son premier jour, sauf qu'il n'y avait personne pour lui dire quoi faire et elle devait se débrouiller.

« Voila, ça devrait faire 110 Rubz … Enfin je crois …. »
Elle regarda plus intensément le prix que la caisse indiquait, comme si elle s'attendait à ce que celle-ci lui confirme qu'elle n'avait pas fait d'erreur. Sortant ses Rubz de sa poche, Zephyr eut un pincement au cœur à l'idée de dépenser autant. Mais c'était pour la bonne cause.
« Voila. »
La jeune femme entreposa la couverture avec la carte, la gourde, la boussole la ration et le couteau dans un sac en papier avec des anses. Lui adressant un dernier sourire, elle replongea dans ses papiers sans plus penser à lui. Il dut prendre le manteau à la main et sortit du magasin pour contempler ses emplettes.
Il fit un rapide calcul et il s'avéra que la femme aux lunettes avait oublié de lui compter le manteau. Elle allait se faire taper sur les doigts ! Mais, même s'il eut un peu de peine pour elle, il n'allait certainement pas le lui faire remarquer. Il retourna vers la boutique de vêtement après avoir enfilé son nouveau manteau bien chaud, glissant déjà son tout nouveau couteau suisse dans l'une des poches intérieur.

___________________________________

Achats :

- une gourde de 1L → 30 Rubz
- une couverture de survie → 80 Rubz
- un couteau suisse → 3 jetons
- un manteau → 3 jetons
- une ration de nourriture → 1 jeton
- carte de dreamland + boussole → 1 jeton
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 28 Mai - 10:47

Il n'y eu absolument pas le temps de discuter d'avantage. À peine avait-il annoncé qu'il était en forme pour bouger et se faire discret un peu plus loin que voilà ses deux nouveaux futurs compagnons partis pratiquement au trot à l'opposé des policiers du coin. Pour des gens qui voulaient se faire discrets, c'était vraiment raté : soit on est totalement visible et on court, soit on marche. Mais l'entre-deux est tel qu'il n'existe rien de plus anormal et visible, sans compter que des gens agissant étrangement par rapport au groupe de référence leur donne une impression de culpabilité qui pourrait jouer contre eux.

Mais à vrai dire, cela ne le dérangeait pas tant que ça. Rencontrer encore une fois des forces de l'ordre commençait sérieusement à ne plus l'amuser du tout, surtout si c'était pour se faire rouer de coups ou envoyer en cellule, le tout juste après être enfin soigné de ses blessures.

Il suivit donc les deux énergumènes tout en ayant le sourire aux lèvres. Il risquerait de bien s'amuser avec eux si les choses se passaient déjà ainsi. Toutefois, il s'amusa beaucoup moins quand le plan de la jeune femme fut de se diriger à l'intérieur d'une rue bondée de monde, et c'était là bien parce qu'il espérait que la suite des événements ne décevrait pas son humble personne qu'il se força à suivre le mouvement, non pas sans traîner à moitié les pieds – il fallait bien qu'il puisse avancer quand même.

Oh qu'il en était malade de peur d'être dans cette rue, d'y marcher comme tout le monde. Parce que oui, la rue étant pavée, impossible d'y déplier son engin et de rouler avec ici. Pour ne pas en partir en courant de toute ses forces, il s'accrochait fermement à l'espoir de réussir à faire partir d'ici le groupe rapidement. Et principalement, il fermait le plus possible les yeux pour se concentrer et garder une respiration profonde et calme. Il le fallait, rester calme. Il ne pouvait décemment pas faire de crise ou d’esclandre maintenant...

Le groupe fini par s'arrêter devant une énorme boutique de vêtements, et là, Eva proposa d'y rentrer pour se changer, voir en profiter pour se séparer et ne pas être repéré. Julian aurait voulu rétorquer que la séparation ne servirait à rien du tout, qu'il était peu probable que, depuis le temps qu'ils marchaient dans cette rue, des fonctionnaires s'ennuient à les trouver dans une population aussi dense. Surtout qu'ils n'avaient rien fait... Toutefois, les dires de la jeune femme le fit tilter quelques secondes de trop sur sa tenue qu'elle avait déjà validée la proposition de son compagnon – qui lui même était parti plus loin – et qu'elle était partie faire ses emplettes. Les quelques secondes en question furent plus précisément occupées à regarder la courbure de la poitrine d'Eva, ainsi que celle de ses fesses quand elle retourna pour partir. Il conclu suite à cela qu'elle était vraiment loin d'être moche, et avait manifestement un corps bien plus mature que celui de son ex-petite amie.

Le stress et la peur reprirent quoi qu'il en soit le dessus bien vite après qu'il soit seul, devant les portes du magasin. Il était seul, en pleine rue, avec plein de gens, habillé comme eux, et il ne pouvait se permettre de partir maintenant. En plus, on lui avait proposer d'aller faire les magasins... Dire que cela était cauchemardesque pour lui serait bien trop faible pour être correct. Il lui fallait à tout prix se calmer sans quoi il ne tiendrait pas longtemps avant de s'écrouler, là, en pleine rue, ses efforts n'ayant servis à rien.

Plus ou moins paniqué, il chercha à travers foule un endroit où personne n'allait, un endroit anormal où se reposer, où souffler. Et il trouva entre deux magasins plus ou moins en face du « Sir & Taylor » un espacement que l'on pourrait difficilement appeler ruelle ou impasse. Il eut tout juste la place de passer de biais entre le mur et la poubelle qui avait place à l'endroit en question, mais cela eu l'avantage de l'isoler complètement de la foule. Personne ne le dérangerait là, et il avait approximativement vue sur la sortie du magasin, autrement dit il pourrait rejoindre ses compagnons le moment venu.

Là, il se posa à même le sol, activant son pouvoir pour récupérer sa douce cape le protégeant de tout, au moins dans sa tête. Il sorti de sa sacoche quelques piques qu'il grignota et massacra sans vraiment le vouloir et sans aucune pitié, ainsi que ses dés avec lequel il se changea l'esprit et s'occupa en jouant à quelques jeux divers et variés, jetant de temps à autre un coup d’œil vers le point de rendez-vous prévu. Il avait au moins pour le moment réussi à se calmer, mais il faudrait encore affronter la foule de la rue, et il en avait terriblement conscience, espérant que ses nouveaux copains l'aideraient à faire face et surtout à fuir cette horrible rue...
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 28 Mai - 21:50

C’était horrible, tout simplement horrible. Le magasin avait beau être grand et avoir un nom presque classe, il n’y avait absolument rien qui ressemblait, un tant soit peu, à quelque chose de tendance. La découpe des vêtements était trop large, les couleurs semblaient vouloir aveugler le client avec des modèles de fleurs et de cœurs pour les filles. C’était quoi ?! Un hymne pour les hippies ?! Je secouai la tête et continuai à avancer entre les rayons. Il me fallait me rendre à l’évidence, je n’allais pas trouver des habits à mon goût ici.

Un regard au coin de l’œil m’appris aussi que certains clients me regardaient bizarrement. Je levai les yeux au ciel. Ne pouvaient-ils pas comprendre par eux même qu’il avait plu et que j’étais tout simplement tombée ?! Non ? Je fusillai une petite fille du regard qui se détourna rapidement et se cacha derrières les jupes de sa mère. Cette dernière marmonna quelque chose à mon encontre et s’éloigna définitivement de moi. Je haussai des épaules, ça commençait à me fatiguer tout ce bordel.

Reprenant mon activité shopping, enfin je repérai quelque chose qui faisait un minimum l’affaire. Pas trop pimpant ni trop moche, je m’emparai de mes futurs achats et me dirigeai vers l’une des cabines d’essayage. Seule, je pus souffler, prenant appuie contre l’un des murs. Un regard sur ma montre m’appris qu’il me restait encore 5 bonnes minutes. Je n’avais jamais fait de shopping aussi vite. Je souris à cette idée. Et dire qu’il y a encore quelques jours j’aurais refusé catégoriquement d’acheter des vêtements de ce  type.

J’enlevai alors mon haut et mon pantalon. Un petit calvaire quand le tissu mouillé faisait pratiquement ventouse contre votre peau. Je me dépêchai alors d’enfiler les habits neufs et m’inspectai devant le miroir. Le pantalon noir était simple, et le débardeur rouge assez ample pour ne gêner aucun de mes mouvements. Je restai encore quelques secondes pour nettoyer mon visage des dernières traces de saleté et défis ma tresse. Je glissai mes doigts entre mes cheveux et le tour était joué, je ne ressemblai plus à une clocharde.

Remettant mes anciens vêtements, je ressorti de la cabine pour me diriger vers les caisses, mes futurs achats en main. En passant, je vis une longue veste avec capuche. Je m’en emparai, regardai la taille  et l’ajoutai à ma pile de vêtements pour déposer le tout sur le comptoir. La vendeuse, très commerciale, me lança un joli sourire et encaissa les produits tout en enlevant les antivols. Des gestes mécaniques qu’elle devait pratiquer depuis longtemps. La jeune femme tapa quelque chose sur son ordinateur et son sourire s’élargit à mon encontre.

- Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous êtes notre 1000ème cliente aujourd’hui. Cela veut dire que vos achats son gracieusement offert par le magasin « Sir & Taylor ».

Je n’en crus pas ma chance. Je repris mes affaires, la remerciant au passage. Tout cela tombait à pic et je n’allais pas m’en plaindre.

Cependant, je ne me dirigeai pas directement vers la sortie mais choisis plutôt de faire un détour aux toilettes publics du magasin pour me changer. Enfin prête, je pris aussi le temps de m’asperger le visage pour me rafraîchir. J’avais mis mes affaires sales dans le sac plastique que m’avait donné la vendeuse. C’était un véritable soulagement que de se sentir propre sur soi. Il ne manquait plus qu’un sac et quelques objets utiles pour survivre dans la nature et ce serait parfait.

Je refis donc le chemin inverse pour revenir à notre point de rendez-vous. Il n’y avait encore personne et je me retrouvai debout à attendre seule. Peut-être que Zéphyr avait trouvé une autre boutique beaucoup plus intéressante que Sir & Taylor. Dans tous les cas, il faudra bien trouver un endroit pour dormir. Nous étions peut-être en plein après-midi mais le soleil était dans son déclin.

Je pris donc le temps de m’asseoir sur un petit banc et observai la foule. Je n’aimais pas rester toute seule comme ça, surtout dans un lieu qui m’était complétement inconnu. J’espérai sincèrement que mes collègues reviendraient vites. Finalement, se séparer n’était peut-être pas une si bonne idée après tout ? Mentalement je me traitais d’idiote. J’avais encore quelques minutes d’avance, il était normal qu’ils ne soient pas encore là.

Relevant la tête, je crus reconnaître un peu plus loin Julian avec sa veste étrange sur le dos. Mes épaules se détendirent en le voyant approcher.

***
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Ven 29 Mai - 8:51

Alors qu'il se dirigeait vers le point de rendez-vous, Zephyr aperçut Julian, coincé entre un mur et une poubelle, drapé d'une cape qui le faisait vraiment ressembler à un joueur de rôle play. Ainsi prostré dans son coin, on aurait dit qu'il cherchait à s'isoler de tout et de tout le monde, enveloppé dans un cocon de solitude salvatrice. Était-ce là son problème ? La peur de la foule ? Si c'était le cas, ils n'avaient pas choisi la meilleure rue.

Zephyr vit Eva qui attendait devant la boutique de vêtement, mais il approcha d'abord de Julian. Il était assis par terre et semblait enfermé dans son monde. S’accroupissant pour être à son niveau, il posa sa main sur son épaule pour l'informer de sa présence, la retirant aussitôt.
« On va pouvoir y aller. Eva a terminé aussi. Si ça te dit, on va essayer de se trouver un coin plus calme. »
Se redressant, il adressa un sourire compatissant à ce nouveau compagnon de route pour le moins inhabituel, puis il se dirigea vers la jolie blonde assise sur son banc et qui semblait se faire un sang d'encre. Arrivé à sa hauteur, il regarda rapidement tout autour de lui, s'assurant que les policiers de tout à l'heure n'étaient pas revenus sur leurs pas. Mais il n'y avait que des badauds, pressés de faire leurs achats ou tout simplement d'arriver à destination.

« Bon, ça s'est bien passé. Pour une fois … Espérons que ça continue. »
Il leur fallait trouver un endroit pour passer la nuit qui finirait par tomber dans peu de temps. Et avec seulement un pâté en croûte dans l'estomac, Zephyr recommençait à avoir faim. Si on lui en avait donné l'occasion, il aurait dévoré un buffle entier.
« Il faut qu'on trouve un abri pour la nuit. Perso, j'aurais bien dormi dans un bon lit bien chaud mais l’hôtel ne doit pas être donné. »

Quoi qu'il en soit, ils devaient quitter cette rue. Ils se mirent donc en route, dépassant les commerces et leur trop grande animation, se retrouvant dans des rues plus étroites et moins encombrées. Profitant de cette accalmie passagère, Zephyr repensa rapidement à ce que lui avait dit Julian à propos de la façon de se réveiller... Il n'y en avait pas vraiment. C'était à craindre. Mais au moins, il finirait par se réveiller, Julian était déjà partit d'ici.... Mais s'il se rendormait dans le monde réel, il se retrouverait à nouveau ici ! Cette partie du discours de Julian lui avait donné la chair de poule. Maintenant qu'il avait débarqué ici, il était condamné à ne plus pouvoir s'endormir dans le monde réel sans se retrouver là, risquant sa peau à chaque instant.

Alors qu'ils quittaient un rue assez étroite et pavée, il débouchèrent sur une petite place où il semblait y avoir pas mal d'animation. Un véritable attroupement se trouvait en face d'eux et Zephyr ne tarda pas à comprendre pourquoi. Un petit théâtre s'était campé là et des artistes faisaient bouger des marionnettes aux couleurs vives pour le plus grand plaisir des enfants qui occupaient les premiers rangs de la foule. Assis à même les pavés, ils riaient aux éclats alors que les adultes debout derrière eux souriaient de façon plus modérée mais applaudissant tout de même lorsqu'il le fallait.
Le sourire jusqu'aux oreilles, Zephyr s'arrêta un instant, observant le spectacle à travers les épaules des parents attroupés devant eux. Un instant il oublia qu'ils allaient sans doute passer la nuit dehors, qu'il avait faim et qu'il était dans un lieu plus ou moins hostile. L'espace d'un petit instant, il se permis de rêver un peu que tout était normal et que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Cela dit, la réalité se rappela bien vite à lui lorsqu'un cri retenti. C'était une voix d'enfant, sans doute un petit garçon, qui hurlait à pleins poumons sur une note aiguë. Aussitôt, la foule paniqua, cherchant d'où se cri provenait et ce qui l'avait provoqué. Certains parents saisirent leur enfant pour s'enfuir avec et bientôt, la place fut à moitié vidée de son public. Alors que l'espace était enfin dégagé, Zephyr put voir ce qui avait fait hurler le garçon. Accroché à son bras, une drôle de créature, savant mélange entre un singe et un rat pas plus gros qu'un chaton, l'avait mordu à sang. Paniquée, l'une des joueuses de marionnettes essayait désespérément de détourner l'attention du petit animal en agitant ce qui semblait être un morceau de viande crue. Mais cela ne semblait pas fonctionner, le singe-rat préférant le goût sucré et tendre du bras de l'enfant qui hurlait de plus belle, accompagné à présent par les cris hystériques de sa mère qui n'osait même pas approcher de son garçon pour l'aider. La femme au bout de viande n'avait pas l'air surprise à la vue de la bestiole et Zephyr soupçonna qu'elle devait lui appartenir, à elle ou aux autres saltimbanques.
L'herpétophobe aurait aimé pouvoir faire quelque chose, mais parler aux serpents n'était d'aucune utilité dans cette situation et il y avait peut de chance pour qu'il arrive à décrocher ce truc du bras du petit sans le lui arracher. Se tournant vers ses compagnons il demanda :
« Si l'un de vous a une idée brillante ou un pouvoir utile c'est le moment ou jamais... »
Ils auraient tout aussi bien put passer leur chemin mais les cris déchirants du gamin ne pouvaient laisser personne de marbre.

_______________________________
Hrp : je me suis permis d'inventer une tite bêbête   :3   Comme le bestiaire n'est pas très fourni, je me suis dit qu'il fallait commencer à l'étoffer un peu   Very Happy
Si jamais ça ne va pas, dites le moi je modifierais mon post.
La bête que je m'imagine serait un mélange de singe pour la queue préhensile, les doigts aux pouces opposables, les oreilles (légèrement pointues) et la forme générale du corps, et un mélange de rat pour les griffes, le museau et le poil gris, avec en prime une mâchoire remplie de dents bien aiguisées. Elle appartient aux joueurs de marionnettes qui s'en servent comme animal de compagnie, un peu comme un chien mais plus dangereux. Et là il s'est échappé  Very Happy
Je vous laisse le soin de lui trouver un ptit nom sympa
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Ven 29 Mai - 14:00

Caché dans sa pseudo ruelle, Julian fini par complètement oublier le monde extérieur, au point de ne pas faire attention à qui viendrait au point de rendez-vous, et quand. Par chance, Zephyr réussit à l’apercevoir, caché derrière la poubelle, et le ramena à l'horrible réalité de cette rue pleine de monde. Heureusement que ce dernier avait proposé d'aller loin de ces lieux pleins de gens, et pas quelque chose du genre « continuer de faire les boutiques ». Cela aurait été le cas contraire que l'herpétophobe serait reparti tout seul de là et que Julian serait resté isolé dans son coin.

Il se leva donc après avoir rangé ses affaires et le suivi pour rejoindre la demoiselle qui était déjà en place, posée tranquillement sur un banc dans des habits tout neufs. Le phobique sourit à cette pensée, se disant qu'ici, les fringues de voyageurs ne restaient ni entiers, ni propres très longtemps. Le budget habillement était particulièrement élevé en ce monde. Quoi qu'il en soit, son pouvoir prit fin bien plus rapidement qu'il ne l'espérait et il en récupéra les habits à la norme du coin, qui en soit n'était pas véritablement super super...

Et c'est avant de commencer la marche que Zephyr parla de leur avenir : où dormir. Effectivement, il devait bien être 14-15h, cela pouvait être bien de se poser la question. Mais une autre tiraillait Julian, autrement plus importante pour lui. Cette dernière concernait la nourriture, puisque après tout, on ne se nourrit pas de gâteaux, et que sans argent, il ne risquait pas de trouver de quoi manger.

Mais pour le moment, il laissa les deux questions en suspens, suivant le groupe pour enfin quitter cette rue et souffler le plus rapidement possible. Cette peur qui le crispait le fatiguait énormément, et faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire « marche », « acheter » serait le bienvenu.

En marchant, il répondit à la question d'Eva, tout du moins celle qu'elle avait posée un peu plus tôt :
- Pour la potion, elle est apparue comme ça, de nul part dans mon sac, pourtant rangé dans un casier sécurisé, pendant que j'étais sur le champ de bataille. Mais bon, c'est pas la première fois que des trucs apparaissent de nul part à Dreamland... C'est pareil avec tout l'argent que j'ai eu, pouf, apparue comme ça dans mes poches ou ma sacoche. Ou sinon j'ai beaucoup vu des hiboux arriver de nul part et lâcher de petits paquets dans les mains où se trouvait des objets tout aussi divers que variés.

Puis, tout en écoutant les réactions de la jeune fille, il sortit un flyer tout chiffonné de sa poche. Sur ce dernier, on voyait une photo horrible et au dessus, en légende : « Madame Labeau Nefaie ». En dessous était expliqué la formule pour faire appelle à cette « charmante » dame, et les services qu'elle pouvait rendre. Tout cela était bon à savoir pour le jour où il aurait vraiment besoin d'un achat au milieu de nul part, encore faudrait-il avoir de l'argent.

Après l'avoir relu, Julian le donna à Eva pour qu'elle puisse le lire à son tour, et s'exprima :
- C'est bon à savoir. Je savais pas du tout que c'était possible. Je suis tombé là dessus pendant que vous faisiez les magasins.

En effet, alors qu'il attendait en jouant aux dés, l'un d'eux avait roulé sous la poubelle. En le récupérant, il était tombé sur ce fameux petit papier cartonné.

Enfin, leur pérégrination à travers quelques rues plus calmes et apaisantes les amenèrent sur une place encore plus remplie de monde que la précédente rue marchande. À bien y regarder, il y avait un spectacle ambulant installé là qui y effectuait une représentation de marionnettes. Il était plaisant de voir combien les artistes étaient doués de leurs mains pour donner vie à ces jouets.

Mais puisque l'on était à Dreamland, et que leur groupe était composé exclusivement de voyageurs, il y avait peu de chance pour qu'il ne se passe rien et qu'ils aient un moment de détente complet. À croire que ce monde leur en voulait terriblement d'y avoir pénétré. Et il ne s'y trompa pas le moins du monde, ni ne fut vraiment étonné quand les cris et les mouvements de foule commencèrent, nettoyant rapidement la place de sa foule, pour son plus grand soulagement. Ne resta que les marionnettiste affolé, principalement celle à qui appartenait l'animal qui voulait faire d'un bambin son casse-croûte, ainsi que la mère de l'enfant.

Vraiment, qu'y avait-il de mieux que les hurlements de l'enfant, ainsi que ceux de la mère, pour exciter encore plus l'étrange bête ? Peut être un manque de réaction et un affolement le plus complet de la part de la dresseuse, en effet. Et voilà que ses collègues retenaient tout le monde à distance pour que personne d'autre ne soit blessé. Avaient-ils consciences qu'ils faisaient cela en ayant eux-même une bête du même acabit sur l'épaule ?

Mais plutôt que de se poser trop de question, ne pouvant pas résister au besoin de ne pas faire comme tout le monde, rester à l'écart et voir comment les choses évoluent, Julian s'avança en directement de l'enfant et de l'animal. Deux des dresseurs tentèrent de le repousser, sans résultat autre que d'avoir le droit pour l'un et l'autre à une bousculade suffisamment forte pour les faire chuter. Quand à la dresseuse, elle le suppliait de ne pas s'avancer pour exciter d'avantage l'animal, qui en effet, à en croire ses poils de rats se dresser, n'était pas des plus content que l'on vienne le déranger encore plus. Mais le phobique n'en tenu absolument pas compte et continua d'avancer.

Dans les quelques derniers mètres le séparation de la créature, il stoppa momentanément, posant sac et trottinette au sol, sortant en douce quelques piques de son sac et tenta d'activer son pouvoir, sans succès. Un peu frustré de la chose, il prit un manteau laissé à terre au cours de la fuite du public, et se l'enroula autour du bras gauche comme d'une protection contre les morsures, puis fini de faire les quelques pas le séparant du massacre actuel.

Là, même si l'enfant se mettait à hurler encore plus fort du fait que l'animal mordait encore plus fort de rage que Julian s'approche, ce dernier commença à la donner des petits coups dans la tête avec son bras emmitouflé, et de l'autre main le piqua à droite à gauche avec ses petits piques. Le tout avait pour but d'énerver suffisamment la chose et la motiver à sauter sur lui.

Et ce fut exactement ce qui arriva. N'en pouvant plus des provocations du phobique, la créature tenta de lui sauter au visage, mais fut intercepté par le bras protégé. N'en ayant cure, elle mordit de tout ce qu'elle pouvait cette prise tendit que Julian plaquait l'adversaire au sol, sentant mine de rien que la bête avait une sacrée force dans les mâchoires, et bien content de s'être protégé. Sans compter les coups de queue et de griffes qu'elle tentait d'assener...

Tout cela ne dura en réalité pas plus d'une ou deux bonnes minutes, et il cria :
- Bon ! Y'a pas quelqu'un pour s'en occuper maintenant ? J'vais pas le retenir toute ma vie non plus, il va finir par me blesser aussi à ce rythme...


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Julian, débile sans peur ni reproche qui aurait pu faire tuer le gamin, et se faire arracher le visage... cheers
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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Lun 1 Juin - 23:03

Mon appréhension disparut lorsque je vis Julian et Zéphyr s’approcher de moi. La rue était toujours aussi animée mais les lieux m’étaient inconnus et je n’aimais pas ce sentiment de solitude. Je me relevai donc du banc pour les rejoindre. Je souris en voyant que Zéphyr portait aussi un sac de course. Il avait sûrement dû trouver des choses bien plus intéressantes que des vêtements. Cependant, je n’eus pas le temps de lui demander ce qu’il avait bien pu dégoter que l’herpétophobe nous questionna sur l’endroit où nous allions dormir. Il n’avait pas tort, c’était un problème que l’on devait résoudre au plus vite. De plus, je n’avais pas envie de refaire une nuit à la belle étoile, il faisait bien trop froid et un matelas ne serait pas du luxe pour cette nuit.

- Je suppose qu’on devra chercher un peu plus loin un hôtel pas cher… au moins pour cette nuit…

Mon regard se posa alors sur l’allée où il n’y avait que des commerces. Ce n’était pas ici qu’on pourrait trouver un hôtel. Il devait bien y en avoir quelque part, pas très loin. Après tout, Riven Town était une ville portuaire, on ne devait pas être les seuls à chercher un endroit où dormir. Les touristes étaient bien trop nombreux pour qu’il n’y ait pas de quoi loger toutes ces personnes.

Nous décidâmes alors d’arpenter une autre rue, nous éloignant de la foule. Je pris tout de même le temps de regarder discrètement à droite et à gauche pour être sûre qu’il n’y avait plus de policiers après nous. Il ne manquerait plus que l’on soit arrêté.  Et puis, je n’avais pas un très bon souvenir de ces gardiens de la paix. Je n’oubliais pas que c’était en partie à cause d’eux que je me retrouvais ici. «  Vous n’avez pas le choix, mademoiselle Smith, où vous aller voir le psychiatre ou c’est la prison… ». Ouai, au final, peut-être que la prison était le choix le moins dangereux. Cependant, je devais avouer que depuis que j’étais ici, je ne m’étais pas ennuyée une seule seconde. C’était beaucoup plus palpitant que d’étudier la littérature anglaise.

Julian me révéla qu’en fait la potion était apparue comme par magie dans sa poche. Il me raconta aussi que certains objets arrivaient par vol d’oiseau. Sur ce dernier point j’étais un peu moins étonnée puisque c’était exactement comme ça que j’avais eu ma montre. Ce qui me dérangeait le plus c’était que les personnes qui envoyaient ces paquets connaissaient mon nom alors que ne l’avait révélée à personne. Etrange, et très dérangeant. Quelque part quelqu’un devait savoir que je mentais et je n’aimais pas cette sensation. Cependant autre chose me fit tiquer.

- Un champ de bataille ? Tu es allé à la guerre ici en à peine une semaine ?

J’étais de plus en plus curieuse sur ce qu’avait vécu cet homme. Ce dernier me tendit un flyers. Le bout de papier faisait la publicité d’une espèce de marchande qui apparaissait apparemment lorsqu’on prononçait une formule bien particulière. Je fronçais des sourcils. Oui, c’était plutôt utile mais ce que je voulais savoir c’était si elle aussi connaissait ma véritable identité. Si c’était le cas, je ne préférais pas faire appel à elle en présence d’autrui. Cependant je souris, contente de cette « bonne nouvelle ».

Continuant à discuter, nous arrivâmes sur une nouvelle place bien plus animé que la rue que nous avions quittée précédemment. Il me sembla apercevoir à travers la foule, une troupe d’artistes mettant en avant leurs divers talents. Tout semblait normal et l’instant d’après les gens se dispersèrent, des cris résonnant dans toute la place. Mon regard se posa alors sur la cause de cette agitation. Il ne restait maintenant plus que les fameux artistes avec un gamin se débattant avec une bestiole accroché à son bras. Une bête au air de gros rat, très gros rat de gouttière. L’animal avait mordu la peau tendre de l’enfant jusqu’au sang et on pouvait déjà voir des petites gouttes cramoisies se répandre sur le sol.

Une des membres de la troupe se rapprocha et tenta d’éloigner la bête avec un appât mais en vain. C’est à ce moment-là que Julian choisit d’intervenir. Il ramassa un manteau laissé par terre, l’enroula autour de son bras. J’avançai d’un pas, pas très sûre de savoir quoi faire dans ce genre de situation. Cependant, le phobique réussit à attirer la créature vers lui et à le faire lâcher l’enfant. Ce dernier se précipita en pleur vers sa mère qui était dans le même état.

Cependant, mon regard tomba sur le reste des artistes. Tous en cercle, ils regardèrent un instant Julian se débattre comme si c’était le nouveau spectacle du jour. Néanmoins, quelques secondes après la demande d’aide de Julian, l’un des artistes se décida à intervenir. Copiant la technique du jeune homme, il prit une des vestes laissé par terre. Se rapprochant, il lança un regard vers la dresseuse impuissante face à son animal de compagnie. Elle ne fit aucun geste contre lui. De toute façon, l’homme était une véritable montagne de muscle. La carrure impressionnante, cela fut encore plus saisissant en voyant la différence entre lui et Julian qui devait faire trois têtes de moins.

Ce fut d’un geste vif que l’espèce de montagne recouvra l’animal du vêtement pour finir par totalement le piéger dans un sac de tissu. Le géant se retourna alors pour arriver jusqu’à une petite cage pour lancer le paquet à l’intérieur et refermer aussitôt après.

Pendant un instant, je crus que la dresseuse allait remercier le phobique mais à la place elle se mit en colère :

- Non, mais vous êtes fou ! Vous n’aviez pas à intervenir, vous auriez pu aggraver la situation !

Cette fois je m’avançai d’un pas sûr pour me mettre juste devant l’irresponsable qu’était cette artiste. Elle n’avait aucun droit d’agresser quelqu’un alors que c’était elle qui avait fait prendre des risques inconsidérés aux spectateurs. Je la regardais de haut en bas, la jugeant de mon air le plus hautain. Je n’aimais pas les enfants mais je détestais encore plus ceux qui pleuraient et celui qui se tenait juste derrière elle braillait bien assez fort pour mes oreilles. Et tout cela était sa faute.

- Avant de lancer le blâme sur quelqu’un qui vient de vous éviter de finir en prison parce que vous n’auriez pas réussi à maîtriser votre animal, vous devriez vous remettre en cause.

Je pouvais être une véritable peste quand je le voulais. De plus, le reste de la troupe ne semblait pas vouloir la défendre. En y réfléchissant, ce n’était peut-être pas la première fois que ce genre d’incident devait arriver. Mon interlocutrice me foudroya du regard.

- Qu’est -ce que tu veux toi ? T’étais pas là, t’a rien à dire…

J’allais protester lorsqu’un mouvement du coin de l’œil attira mon regard.

- Qu’est ce qui se passe ici ?

Cette fois je restais sans voix lorsque je reconnus les uniformes que portaient les trois hommes justes à côté de nous.

Des policiers attirés par les cris venaient très certainement pour éclaircir la situation et régler le problème. Et merde…
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 3 Juin - 19:39

Tout s'était passé très vite. Julian, sans même prendre le temps de réfléchir s'était précipité vers le gamin avec la ferme intention de faire lâcher l'animal. Sous le regard impuissant de ses deux nouveaux amis, il avait transféré la fureur de l'animal contre lui-même. Il était peut-être bizarre mais il ne manquait pas de courage.

Lorsque le petit fut enfin libéré, Julian demanda de l'aide autour de lui. Ce fut l'un des saltimbanques qui s'en chargea, récupérant le petit mammifère vorace après quoi la dresseuse incompétente laissa éclater sa colère contre le pauvre Julian. Zephyr n'en crut pas ses oreilles. Il venait d'éviter une catastrophe et elle le calomniait ?! Abasourdit, il hésita un instant pour trouver quoi répondre à cette petit bécasse mais Eva fut plus rapide et laissa ressortir toute la hargne qu'elle pouvait avoir au fond du cœur. Un instant, il l'imagina face à Melena. Elle lui avait à peu prêt parlé de la même manière juste avant qu'ils ne prennent le bus. C'était d'ailleurs ce qui avait valu aux deux jeunes femmes de ne plus vraiment pouvoir se voir en peinture. C'était aussi la raison pour laquelle Zephyr commençait à vraiment apprécier la blondinette. Elle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et à Dreamland, c'était une qualité dont on ne pouvait pas se passer. En plus, ça lui donnait un certain charme. Le charme d'une tigresse.

Se laissant aller à sourire, il oublia un instant les pleures du gamin qui devait avoir le bras en charpie. Mais la dresseuse semblait avoir un certain tempérament elle aussi et ne se laissa pas parler ainsi impunément. D'ici quelques secondes, ils allaient tous assister à un crêpage de chignon dans les règles. Enfin ils auraient put si les trois flics n'avaient pas fait leur come-back à cet instant précis. En voyant le gamin au bras ensanglanté, l'un d'eux s'emballa et porta sa main à son ceinturon, très certainement sur son flingue, observant attentivement tous ceux qui se trouvaient sur la place. Et ils n'était plus tellement nombreux. En fait, les seuls à ne pas faire partie de l'équipe d'artistes étaient la mère, son gamin et les trois voyageurs. Tous les autres spectateurs avaient filé depuis longtemps.

Zephyr s'approcha d'Eva. Il lui posa une main sur l'épaule pour attirer son attention et lui souffla à l'oreille de sorte qu'elle seule entende :
« Il faut qu'on se fasse passer pour des gens d'ici. Sinon ils vont nous coller ça sur le dos. Passe le mot à Julian. Je m'occupe du gosse. »
Puis il s'approcha du petit qui tenait son bras duquel s’échappait un filet de sang qui gouttait sur le sol pavé de la place, laissant Eva et Julian derrière lui. Il s'accroupit devant lui, guettant les trois flics du coin de l’œil. Celui qui avait posé la main sur son arme avait semblé se rasséréner en voyant que le danger, quel qu'il fut, n'était plus d'actualité.
Alors qu'il adressa un grand sourire au gamin, il lui saisi délicatement le bras tout en le rassurant :
« Je suis formé aux premiers soins. Tu me montres ton bras ?»
Le petit sembla hésiter un instant puis il se décida à lâcher sa plaie pour tendre son bras devant lui.
A coté de lui, l'un des policier s'était approché, laissant ses deux collègues se charger des artistes de rue et des deux autres voyageurs et s'adressa directement à la mère qui regardait Zephyr avec la méfiance d'une chatte qui voit un étranger tripoter son chaton.

« Bonjour madame. Je suis l'agent Hodge. Qu'est-il arrivé à votre fils ? »
Aussitôt, la femme se précipita sur l'occasion et se mit à moitié à hurler ses explications, y mêlant quelques sanglots exagérés, en oubliant presque son fils. Selon elle, c'était une honte que de tels spectacles de rues ne soient pas supervisés par les autorités pour éviter ce genre d’incidents. Pendant ce temps, Zephyr eut tout le loisir de contempler la plaie du gamin. On voyait clairement la forme de la gueule de la bestiole qui avait entamé la chair aussi bien sur que sous l'avant-bras, y laissant des marques profondes et fines. Le petit serrait les dents en faisant la grimace. Ses blessures saignaient beaucoup. L'animal devait avoir des dents vraiment longues et acérées. Une chance que Julian ai pensé à prendre un tissu pour protéger son bras sans quoi lui aussi aurait subit le même sort. Voyant que le petit devenait blême à la vue de son propre fluide vital, il tenta de détourner son attention.
« Comment tu t'appelles petit ? Moi c'est Zephyr. »
« Na … Nathan. » souffla t-il doucement pendant que sa mère accaparait toujours le policer qui semblait regretter de s'être adresser à elle.
« Et bien Nathan, tu as de la chance. Tu n'auras même pas besoin d'aller à l’hôpital. On va juste désinfecter ta blessure et y mettre un bandage. Tu va pouvoir frimer à l'école en racontant ce qui t'es arrivé à tes copains. »
Nathan sembla retrouver le sourire. La perspective d'être le héro de la court de récré devait certainement lui faire oublier un peu la douleur de la morsure.
Le type hyper costaud qui avait remit la bête dans sa cage s'était approché d'eux et s'accroupit lui aussi devant le gamin. Malgré ça il faisait encore une tête de plus que Zephyr qui se sentit soudain bien petit. Il en profita pour lui demander :
« Il faudrait désinfecter sa blessure. Vous auriez ... » Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le type répondit d'une grosse voix burinée et roulant fortement les R :
« Nous avons tout ce qu'il faut à l'intérieur. Viens petit. » Il lui ébouriffa les cheveux et se releva, se dirigeant vers une fourgonnette à laquelle une caravane était accrochée garée à l'une des extrémités de la place.
« Maman, le monsieur va me soigner. » Dit-il à sa mère avant de suivre sans aucune hésitation le géant tout en muscle dont les cheveux longs et en bataille d'un noir de jais se balançaient dans son dos au rythme de sa démarche chaloupée. La femme, toujours occupée à se plaindre lui répondit un simple 'oui mon chéri', sans même le regarder.
Zephyr suivit le mouvement, jetant un regard à Eva et à Julian qui se trouvaient avec les autres artistes et les deux policiers. D'un mouvement de la main il lui signifia qu'il se rendait à la caravane avec le costaud et le petit.

L'intérieur était spacieux, et entièrement remplit de matériel. Des marionnettes mais aussi des balles de toutes taille, des costumes et des instruments de musique. Ce n'était certainement pas là qu'ils devaient tous dormir. Voyant son air surprit, le géant lui expliqua simplement :
« Nous avons un camp juste à l’extérieur de la ville. Mais on ne fait pas beaucoup de recette en nous produisant là bas alors on vient en ville avec ça. Bon, où ai-je mis la boite à pharmacie ? »
Il fouilla un instant dans le capharnaüm et fini par dégoter une vieille boite rouillée sur laquelle une croix rouge avait été peinte à la main. Il en sortit un flacon remplit d'un liquide transparent ainsi qu'un bandage encore emballé et des compresses.
« Merci. » lui répondit simplement Zephyr en se saisissant du tout. Il fit asseoir Nathan sur un bout de siège qui n'était pas encombré et s'agenouilla devant lui pour désinfecter sa blessure. Pendant qu'il faisait cela, le type battit comme une montagne se laissa aller à bavarder.
« C'est la première fois qu'un de nos ouisticratte réagit ainsi. Je ne comprend pas ce qui a bien put lui passer par la tête. Ils sont très docile une fois qu'ils sont dressés. » Il se gratta la tête, l'air désolé.
Zephyr termina de bander le bras du garçon qui ne pleurait plus. Au contraire, il tendit fièrement le bras devant lui et affirma, l'air content de lui :
« Les potes vont trop être jaloux ! Merci monsieur. »
« Il faudra quand même montrer ça à un médecin. Dis le bien à ta mère. »
Il opina du chef puis il sortit de la caravane en sautant les deux marches et fila vers sa mère qui parlait toujours au flic avec véhémence. Le pauvre ne semblait vouloir qu'une chose, qu'elle se taise pour qu'il puisse s'en aller. L'incident était clos.
Zephyr allait sortir de la caravane pour rejoindre Eva et Julian mais le type un peut bourru lui attrapa l'épaule.
« Merci pour ça, c'était gentil. Et je vais aussi aller remercier l'autre ! »
Il lâcha alors Zephyr et sortit pour se diriger d'un pas lourd vers Julian.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 4 Juin - 16:47

De toute évidence, il fallait avouer que par rapport à la dresseuse tout à fait incapable de faire correctement son boulot, le type baraqué qui s'était approché s'avérait bien plus réactif qu'elle. À peine le temps de demander de l'aide qu'il s'agenouillait déjà et, utilisant la même technique que Julian, récupérait l'animal sans encombre pour le mettre en cage.

Soulagé qu'il n'y ait pas eu plus de casse que cela, le phobique souffla profondément, assit au sol, étendant les jambes et s'appuyant sur les bras, profitant du bref répit qui lui était accordé. Enfin, peut on réellement parler de répit quand en à peine quelques secondes, la saltimbanque se jette pratiquement sur lui pour l'incendier à propos de son intervention.

Mais à vrai dire, n'ayant pas la moindre envie de répondre, ni aucune considération envers cette dernière, tout ce qui lui fut opposé ressembla à s'y méprendre à un regard de poisson mort. Celui-ci démontrait très bien à quel point il ignorait la jeune fille, et il s'en fallu de peu pour qu'elle ne s'énerve pas plus face à tant de « je m'en foutisme ».

Heureusement, Eva était intervenue pour tenter de la calmer, bien que l'essai ne fut pas des plus fructueux. Ce fut l'arrivée de trois policiers qui la firent taire, et à en croire sans regard paniquée, elle avait parfaitement conscience d'être en tord et qu'elle risquait de gros problèmes. De sa position assise, il put parfaitement voir l'un d'eux mettre la main sur son arme, certainement « dans le doute ». De là, il put aussi saisir le fait que Zephyr s'était approché d'Eva pour lui murmurer quelque chose à l'oreille, avant qu'elle n'en fasse de même à sa propre oreille : « faire comme si l'on était du coin », et que dans le même temps l'un des nouveaux arrivant était parti interroger la mère de l'enfant.

Décidément, les événements qui se déroulaient l'énervaient au plus haut point : Il pouvait plus ou moins supporter la femme qui brillait comme si quelqu'un essayait de l'égorger, chose compréhensible après la peur ressentie pour son gosse, mais agressant dans le même temps ses tympans. Mais qu'on lui donne un ordre, qui plus est de ce genre là, relevant du bon sens, il n'appréciait vraiment pas. Merci bien à elle, mais combien même il pouvait être atteint par sa phobique, il n'était pas encore complètement con non plus. Et c'était là bien parce qu'elle l'avait défendue un peu tôt qu'il réussit à se retenir de dire quoi que ce soit.

Mise à part cela, la scène passa relativement vite, sans qu'il s'y intéresse aucunement. Les événements avaient été expliqués aux forces de l'ordre, sachant que les saltimbanques ne tiendraient pas rigueur à Julian de sa manière d'intervenir, l'animal étant encore bel et bien vivant, et de plus gros problèmes avaient été évités. Par contre, la dresseuse et la troupe allait devoir passer par le poste de police pour régler quelques détails concernant les dommages causés à l'enfant et la paniquée créée.

Ce ne fut qu'au moment où il entendit parler de passer aussi au poste pour témoigner des événements que Julian revint à la réalité, accompagné d'un long frisson de sueur dans le dos. Effectivement, il n'y avait pas pensé, mais c'était tout à fait « normal » que les témoins, ben témoignent. Mais ça, c'était proprement impossible, ils étaient des voyageurs et l'on pourrait leur chercher la misère pour peu de choses, sans compter sur sa phobie qui lui déclenchait déjà d'ignobles mots de ventres à l'idée de se conformer aux règles et normes d'une telle situation. Il était hors de question de témoigner de quoi que ce soit.

Son sauveur se trouva être l'espèce de géant musclé qui avait un peu plus tôt attrapé l'immonde bête. Il était arrivé sans qu'il ne s'en aperçoive et, s'agenouillant, le remercia d'avoir aidé à régler la situation en lui tapotant l'épaule. Lançant un regard noir à sa camarade, il se releva et annonça aux policiers qu'il n'y avait vraiment pas besoin d'ennuyer plus le groupe de Julian après de tels événements. Les membres de la troupes suffiraient largement pour se porter garants du déroulement des choses.

Réfléchissant quelques secondes, l'agent fini par annoncer que oui, cela devrait passer. En vérité, il était surtout impressionné par la carrure de son interlocuteur qui avait bien 2 têtes de plus, et ne désirait certainement pas le contrarier.

Ni une ni deux, il n'en fallu pas plus au phobique pour prendre la main d'Eva tout en se relevant et l'attirer vers les affaires qu'il avait posé un peu plus tôt. Les récupérant, il appela Zephyr pour lui dire que le groupe filait, et remercia de loin le géant. Vraiment, Julian n'avait absolument aucune envie de demander son reste, et s'il pouvait être rapidement tranquille, ce serait le bonheur.

Ne cherchant pas à savoir si on le suivait ou non, il s'engagea dans une ruelle à l'opposée de celle où ils étaient arrivés, avisant quiconque l'aurait suivi qu'ils n'avaient peut être pas tord, que trouver un hôtel était une bonne chose avant qu'il ne soit trop tard, mais qu'il faudrait avant toute chose récupérer un journal ou n'importe quoi d'autre avec des petites annonces afin de renflouer quelque peu les caisses, au moins le temps d'une journée.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 10 Juin - 16:09

Honnêtement, il ne m’avait fallu pas plus de deux secondes pour avoir déjà une histoire sur les raisons de notre présence ici. Oui, après tout je pouvais tout à fait expliquer à ces chers policiers que nous devions absolument prendre un avion pour assister à un enterrement. Ils auraient compris, j’en étais sûre. Et puis, un rendez-vous avec la mort ça ne se rate pas. J’avais donc repris rapidement contenance, déjà prête à balancer mon bobard. J’aurais tout fait pour éviter un interrogatoire et je parlais par expérience. Cependant, avant même d’avoir pris la parole, je fus coupée par le géant tout en muscle qui nous défendis devant la police. Je le laissais donc faire et pris la décision de ne pas dire un mot. Je n’aimais peut-être pas me reposer sur quelqu’un quand il s’agissait de me défendre mais ce saltimbanque devait mieux savoir comment fonctionner la police.

Je reculai donc de quelques pas voulant fuir ses regards inquisiteurs. J’avais bien fait de m’être changée, si j’avais encore eu de la boue sur mes vêtements, j’étais à peu près sûre que je n’aurais pas pu éviter le poste de police. C’était donc avec soulagement que j’entendis que l’un des trois flics voulait bien nous laisser partir. Je n’allais certainement pas louper cette occasion en or pour fuir. Apparemment, Julian les appréciait autant que moi puisque lui aussi réagit rapidement en me prenant la main, récupérant nos affaires au passage. En moins de temps qu’il n’en faut, nous nous trouvions déjà bien loin.

En fait, je n’avais aucune idée de où nous nous trouvions. J’avais suivis à l’aveugle Julian, me disant qu’il devait savoir ce qu’il faisait. Cette fois, la ruelle où nous nous trouvions était beaucoup  plus étroite et bien moins animée que la place que nous venions de quitter. Il semblait ne pas y avoir non plus beaucoup de commerces et les passants étaient rares. Il y avait même un chien errant, les poils hirsutes et le corps tout maigrichon. Par chance, je vis, à quelques pas de nous, l'enseigne d’un hôtel. L’endroit n’était peut-être pas le plus sûre mais nous étions trois et un lit serait le bienvenu pour cette nuit. Je lançais un regard vers mes compagnons voulant savoir si l’un d’eux ne voulait pas aller plus loin.

- C’est peut-être pas un cinq étoiles mais au moins les chambres ne doivent pas être chère, ça nous coûte rien de nous renseigner…

Je haussai les épaules et avançai vers le vieux bâtiment en pierre. L’hôtel avait une partie de l’armature en bois qui faisait son charme mais cela s’arrêtait là. Les propriétaires n’avaient apparemment pas pris le temps de changer les vieux rideaux poussiéreux ou encore d’arroser les plantes qui décoraient chaque petit balcon. Et dire qu’il y a encore quelques jours, j’aurais catégoriquement refusé de rentrer dans un hôtel qui avait moins de trois étoiles. Mais je savais que je ne pouvais pas me permettre de faire la fine bouche et la bourse dans ma poche n’était pas non plus inépuisable.

Je fis donc le premier pas et entrai à l’intérieur pour y découvrir un silence morne. Si il y avait encore du soleil dehors, ici on avait décidait de s’isoler à tout ce qui pouvait s’apparenter à la lumière. Seuls quelques candélabres éclairaient faiblement les lieux. Même les portraits accrochés aux murs étaient tristes à cause de la pâleur des modèles ou encore des couleurs sombres qui les composaient.

J’hésitai encore quelques secondes puis me dirigeai d’un pas ferme vers la réception. Et c’est sans surprise que je découvris un bureau et une chaise vide. Personne pour souhaiter la bienvenue aux clients, pourtant le panneau accroché à la porte indiquait clairement  que l’hôtel était bien ouvert. Je fronçai des sourcils, regardai à droite et à gauche pour être sûre qu’il n’y avait personne. Sur la table était posé négligemment des feuilles et des stylos pour sûrement remplir toute la paperasse. Et puis je vis un espèce de bouton à sonnette. Peut-être que cela servait à appeler le réceptionniste, qui sait ? J’appuyais donc dessus et attendis que quelqu’un daigne venir nous accueillir.

Il eut un long silence puis des bruits de pas lourds.

La porte de l’autre côté du comptoir s’ouvrit et une vielle dame apparut. Cette dernière était trapue et s’aidait d’une canne pour avancer. Une fois devant nous, elle releva la tête pour nous inspecter. Ses cheveux blancs attachés en un chignon, qui ne tenait pratiquement plus, laissait quelques mèches retomber sur son visage bien ridés. Elle devait avoir environ 80 ans car la fatigue marquait chacun de ses traits sur sa peau cireuse. Seul son regard vert perçant était vif.

- Qu’est-ce que vous-voulez ?

Sa voix était sèche comme si notre simple présence la gênait. Je n’étais maintenant plus sûre de vouloir dormir ici, si c’était pour avoir un tel accueil.

- Nous venons pour savoir si vous avez des chambres à disposition…

Je n’eu même pas le temps de finir ma phrase qu’elle me coupa.

- Vous avez au moins de quoi payer? Je ne veux pas perdre mon temps avec des jeunes qui passent leur temps à faire des blagues à des vielles femmes comme moi…

Je serrai les poings tentant de calmer ma colère. Elle avait du culot.  D’où nous jugez-t-elle comme ça ? Cette dernière pris même le temps de s’asseoir confortablement sur sa chaise, les bras croisés à nous observer comme si nous n’étions que des insectes. Ce n’était plus possible, j’en avais marre des gens qui me parlait mal.

- C’est dommage, on avait effectivement de quoi payer mais j’ai changé d’avis, on va aller voir votre concurrence, ils doivent être plus hospitalier que vous…

Sans un autre regard, je me retournai pour aller vers la sortie.

- Attendez…

La voix de l’ancêtre s’éleva dans toute la pièce. Je souris, peut-être nous parlerait-elle plus gentiment maintenant ?
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Jeu 11 Juin - 18:35

L'intervention du géant tout en muscle mit fin aux questions des policiers et Julian n'attendit pas pour filer en prenant Eva par la main. Zephyr aurait aimer remercier leur sauveur pour avoir enfermé la bestiole et avoir convaincu les flics de ne pas aller plus loin, mais il se résigna à suivre un Julian qui ne semblait vraiment pas du tout à l'aise. Alors qu'ils quittaient la place désormais presque déserte, il s'approcha un peu plus de Julian.
« Quand même, on aurait put les remercier non ? On a filé à l'anglaise comme si on avait quelque chose à se reprocher… Je sais bien qu'on est des voyageurs mais dans un sens, eux aussi. »

Bientôt, le trio fini par se retrouver devant l'enseigne peu avenante d'un hôtel qui semblait carrément miteux. Eva avait raison. Ils ne pouvaient pas se permettre de faire la fine bouche.
« Non elles doivent pas être très chères... Et si tu veux mon avis, je m'étonnerais même de ne pas trouver quelques cafards dans les matelas. »
Eva en tête, ils entrèrent. La première impression de Zephyr fut d'être entré dans un manoir hanté. C'était lugubre, poussiéreux et même la déco rendait les lieux encore plus sinistres. Les portraits aux murs, le tapis délavé et sale qui recouvrait un plancher usé, les rideaux qui ne laissaient filtrer aucune lumière extérieure ; tout ici respirait le manoir hanté. Dans un coin, un pot pourri était posé sur une petite commode en bois, mais à moins de se pencher le nez dessus, il était peu probable que les fragrances du mélange de pétales parviennent à combattre l'odeur de moisi omniprésente.

Sans trop savoir pourquoi, Zephyr eut la chair de poule jusque dans sa nuque lorsqu'Eva fit retentir la petite sonnette sur le comptoir. Trop occupé à détailler le petit hall d'accueil, il ne l'avait pas vu avancer. Le silence qui suivit ce tintement était vraiment lugubre. Zephyr se força même à respirer le plus doucement possible, comme si le fait de faire le moindre bruit avait put attirer un fantôme... ou pire encore ! Lorsque la petite vieille entra, l'herpétophobe se sentit un peu bête. C'est fou comme un décor peu vous mettre dans de drôles de conditions mentales. Prenant les choses en main, Eva demanda si des chambres étaient libres. Zephyr aurait pensé qu'elle sauterait de joie à l'idée d'avoir trois clients ! Au lieu de quoi elle se renfrogna, pas du tout commerçante, les traitant à moitié de voyous. C'était presque amusant. Enfin ça l'aurait été si la vieille bique ne flanquait pas autant les jetons.

Lorsqu'Eva évoqua une quelconque concurrence, l'expression du visage de la vieille changea du tout au tout. Voyant qu'elle allait clairement perdre des clients sérieux, elle se releva de la chaise dans laquelle elle s'était affalée. S'emparant d'un stylo plume et farfouillant dans les feuilles étalées sur le bureau, elle leur intima d'approcher d'un signe de sa main rabougrie. Un instant, Zephyr cru même distinguer des griffes au bout de ses doigts mais ce n'étaient que ses ongles qu'elle avait laissé un peu trop pousser. Elle lui faisait penser à un rapace. Un vieux vautour qu'il ne fallait pas essayer de berner ni même d'ennuyer.

Lorsqu'il posa ses mains sur le bureau pour s'y appuyer, regardant par la même ce que la vieille chouette était en train de trafiquer avec ses papiers, elle releva aussitôt la tête et le regard qu'elle lui lança le convainquit de ne plus toucher au bureau. Se redressant à toute vitesse, il sentit à nouveau la chair de poule lui parcourir le dos. Elle replongea aussitôt dans sa paperasse.

« Voila. Remplissez ces formulaires. Le repas n'est pas comprit dans le prix de la chambre. »
Elle fixa alors Eva d'un regard suspicieux avant d'ajouter :
« On accepte que les clients sérieux ici. Au moindre problème, la direction se garde le droit de vous mettre dehors. »
Sous entendu que la direction, c'était elle. Elle avait posé trois feuilles devant eux et Zephyr en prit une. Il crut d'abord à une plaisanterie mais en voyant l'air renfrogné et plus que sérieux de la tenancière, il s'abstint de faire le moindre commentaire. Sur le papier, il y avait au moins une bonne douzaine de questions idiotes du genre 'ronflez-vous ?' ou encore 'quel est votre groupe sanguin ?'.
Celle qui fit le plus sourire l'herpétophobe fut 'consommez-vous régulièrement des plats à base d'ail ?'. La seule question qui concernait véritablement l’hôtel était le nombre de nuits et/ou repas qu'ils désiraient réserver ainsi que leurs nom et prénom.
Se tournant vers Eva et Julian, il demanda tout bas :
« Je suppose qu'on ne prend qu'une seule nuit ? Par contre, je serais bien tenté de prendre le repas du soir plus le petit déj de demain. Non pas que je meure de faim mais … J'ai carrément la dalle en fait. »
Quelle que soit la qualité des repas servi ici, il ne ferait pas son difficile. Alors qu'il terminait de remplir le formulaire plus qu'étrange et qu'il le rendit à la vieille, il vit dans son regard une certaine déception. Une seule nuit ça ne devait pas rapporter grand chose à l’hôtel, même avec deux repas.

A cet instant, un petit garçon fit irruption dans le hall, tout paniqué.
« Mamie ! Mamie ! Y a Fergus qui s'est encore sauvé ! »
« DE QUOI ? » La vieille en avait lâché ses formulaires. « IL COMMENCE A ME COURIR SUR LE HARICOT CELUI-LA ! »
Le petit garçon semblait vraiment affolé et la grand-mère, plus énervée qu'autre chose essaya de baisser d'un ton. Elle était devant des clients tout de même.
« Ne reste pas planté là, va dire à ton frère d'essayer de le retrouver. »
« Mais mamie, la dernière fois ça lui a prit trois semaines ! »
« Justement, plus vite il commencera à chercher, plus vite il le retrouvera. »
Sautant d'un pied sur l'autre, pas du tout à l'aise, le petit garçon fini par retourner d'où il venait avec la même précipitation. La vieille quant à elle s'employa à ramasser ses feuilles tout en maugréant, trop bas pour que Zephyr puisse comprendre ce qu'elle disait. Semblant un peu gênée elle fini par leur demander :
« A tout hasard, vous ne chercheriez pas du travail ? Voyez-vous, Fergus est notre … hum … Notre 'homme' à tout faire. Mais il n'a plus vraiment toute sa tête et il lui arrive de quitter l’hôtel et il se perd dans les rues. La dernière fois nous l'avons retrouvé caché dans la cheminée d'une maison abandonnée... Et en attendant, l’hôtel ne s'entretient pas tout seul ! Je vous payerais bien sur. Mais la chambre et vos repas resteraient à votre charge. Qu'en dites-vous ? »

Zephyr se tourna vers Eva et Julian. Une rémunération ? Même si la vieille ne semblait pas vraiment sympathique, ils n'allaient tout de même pas cracher sur quelques Rubz supplémentaires ? Il hocha discrètement la tête, le regard plein d'espoir pour signifier à ses amis qu'il était tout à fait prêt à accepter. Restait à savoir ce qu'ils en pensaient.
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mar 16 Juin - 18:03

Alors que le trio se promenait dans les rues, la question de Zephyr à propos d'un remerciement plus poussé que le léger signe de tête envoyé ne reçu qu'un simple et basique « Hum ». Savoir ce qu'ils devraient faire après ces événements, là où dormir et voir à se faire quelques rubz pour au moins pouvoir manger étaient légèrement plus important. Sans compter sur le fait qu'ils avaient déjà bien assez à faire avec les forces de l'ordre.

Mais bref, leur courte pérégrination les amena devant un « magnifique » hôtel dont l'appellation ne collait pas particulièrement à la façade peu attirante. Bien que cela soit loin d'être à son goût, et malgré le fait qu'il n'avait pas un seul centime en poche, Julian accepta tout de même sans rien dire de suivre ses compagnons à l'intérieur de l'établissement.

Et pour quelqu'un ayant une phobie comme la sienne, il fut servit. Rien n’apparaissait normal dans ce lieu, et tout était plus qu'étrange, du sol au plafond, à s'en croire dans un film. Alors même qu'il se trouvait en pleine admiration de l'aménagement, la mistinguette s'occupa de prendre les devants pour sonner à ce qui ressemblait au mieux à un comptoir. L'attente s'avéra relativement longue avant que quiconque ne pointe le bout de son nez...

Et quand on attend, on pense à tout et rien. C'est pourquoi à l'idée de « quiconque » vivait en ce lieu, de par la décoration et le fait que l'on était à Dreamland, le jeune homme y visualisait un monstre horrible, relativement effrayant. Dans une certaine mesure, il n'eut pas tord. C'était effectivement un monstre qui était arrivé, mais un monstre de vieillesse, comme il en avait enterré tant à son travail.

Toutefois, la première réflexion de cette hôtelière provoqua un frisson dans le dos du phobique. Pourquoi se préoccuper immédiatement du facteur financié plutôt que sur l'occasion d'avoir enfin des clients ? Le lieu ne devait pas brasser énormément de clients, loin de là, alors autant les accueillir convenablement plutôt que de vouloir déjà les virer. Si Eva n'avait pas prit la mouche immédiatement, au point que la petite femme derrière le comptoir changea de ton, Julian aurait déjà tourné les talons et quitté les lieux.

La « discussion » amena l'hôtesse à leur donner à chacun une feuille à remplir, pleine de questions plus étranges les unes que les autres. Devant ce papier, Julian ne savait que faire. Il n'avait pas un centime en poche, et aucun hibou n'avait déposé le moindre ticket hôtel dans ses mains. Il dû se résoudre à recevoir un refus de la part de Zephyr en lui demandant – discrètement – si cela l'ennuyait de partager une chambre ainsi que de lui avancer le prix. Un simple non et le jeune homme n'aurait pas prit la mouche, il dormirait le soir même dans un coin peu loin de l'hôtel, dans son sac de couchage. Par chance, son compagnon accepta, au point qu'il n'en revenait pas, c'était si inhabituel de la part des gens que d'avancer de l'argent à un quasi-inconnu. Pour le remercier, Julian lui fit littéralement un câlin, tapotant son dos, et lançant un : « Merci camarade ! Tu gères sa moumoute ! ».

Puis ce fut le retour au questionnaire. Oh que les questions étaient inhabituelles, tout sauf normales. Il ne fut ainsi pas stressé le moins du monde d'y répondre, sa peur n'ayant aucune raison de se faire sentir. Il fit même l'effort de répondre « normalement » à tout, au point d'en activer son second pouvoir, provoquant une gêne plus que légère chez ses compagnons. D'ailleurs, il accepta aussi de souscrite au repas. Manger enfin autre chose que ses gâteaux paraissait vraiment une bonne chose, et tant pis pour la normalité.

À peine le temps de répondre au tout que moultes cris retentirent, provenant d'un gamin à en croire le nouvel arrivant tout essoufflé d'avoir couru, avec un petit air paniqué. Tout cela pour une sombre histoire de quelqu'un ou quelque chose de perdu, susnommé « Fergus », qui causait un certain nombre non négligeable d'après les réactions des protagonistes des événements. Il était plaisant de voir autant d'animation, lui sortant de tête toute « normalité » de la situation.

Tout ce joyeux bazar eut cependant une conséquence agréable pour le groupe : plus besoin de chercher un travail, on le leur en proposait un. Et sur les lieux même où ils dormiraient, quoi de plus parfait que cela ? Julian ne dirait pas non à travailler dans un lieu aussi étrange. Et à en croire les têtes de Zephyr et Eva, ces derniers ne refusaient pas non plus l'offre, pas besoin d'en discuter.

Parlant pour le groupe, le phobique acquiesça alors auprès de la vieille femme. Il ne put se résoudre à parler du facteur financier de la chose, ayant trop peur pour le faire, et se retourna sur Zephyr pour lui dire de s'en occuper s'il le voulait bien. Concernant leurs tâches : entretien des chambres et nettoyage de tout l'hôtel. Moins commun, ils auraient aussi à faire – s'ils se débrouillaient – de multiples réparations à effectuer à droite et à gauche, beaucoup de choses étant abîmées.

Dans tous les cas, ils signeraient le contrat de vacation le lendemain matin s'ils n'avaient pas fui d'ici là, et leur chambre leur serait montrée pour le moment, avec paiement immédiat. Julian s'écarta ainsi du comptoir pour laisser ses deux camarades payer les frais des chambres. Pour le repas du soir, il leur faudrait attendre au moins 21h. Des clients n'étant pas attendus, le chef cuisinier dormait encore, et était difficile à réveiller.

La femme s'arma alors de deux clés sous son comptoir, et leur demanda de les accompagner. Empruntant un couloir sombre et exigu, digne d'un coupe-gorge, le groupe fini par emprunter un escalier en colimaçon tout aussi peu éclairé. Seuls quelques candélabres datant du millénaire dernier participaient à donner de la lumière. D'ailleurs, les lieux étaient dans ce coin ci encombrés d'un bric à brac fichtrement ahurissant, comme des piles de magasines ou énormément de boites à chaussures. Il y avait aussi de multiples portes manteaux pleins de vêtements. Et le pire pour qui aurait peur de ces bêtes ci, c'est qu'il y avait des couches de toiles d'araignées partout, se prenant dans les vêtements et les cheveux, emportant les hôtes de celle-ci en même temps. Comment un tel établissement pouvait-il toujours être ouvert ? Au moins il n'y avait pas de trace de pourri, seulement de l'humidité aux murs, et des papiers peints plus que décrépis.

Se mouvoir dans ces conditions était véritablement difficile pour Julian qui manqua plusieurs fois de dégringoler les escaliers, emportant en même temps ses camarades qui le suivaient en file indienne, la configuration des lieux ne laissant que peu d'espoir de faire autrement. Mais ce qui était proprement fou, c'était que la petite vieille marchait d'une vitesse et aisance que personne n'aurait pu imaginer.

Rapidement, si l'on peut le dire, ils arrivèrent tous devant une très vieille porte en bois située à l'étage, dans une couloir où la seule lumière présente venait des escaliers. Autant dire aucune ou presque. Leur hôte leur annonça qu'il s'agissait là de la chambre pour Eva, et lui donna sa clé. Puis elle accompagna les garçons à la porte suivante, et confia la clé à Zephyr, ce serait leur chambre. Elle annonça qu'il suffisait de sonner à l'accueil si quelque chose n'allait pas, mais que de toute façon elle ne pourrait pas faire grand chose puisque c'était eux les agents d'entretien maintenant. Elle leur montra aussi deux portes dans le fond du couloir et déclara que la première était celle des sanitaires communes, et l'autre les douches – communes aussi –, si tant est qu'ils arrivaient à tirer un peu d'eau, avec peu de chance qu'elle soit beaucoup plus que tiède, la chaudière étant un peu en panne.

Julian voulu alors la remercier, par pure politesse, mais ne trouva pas la dame. Elle avait proprement disparue. Ou alors il n'avait pas vu qu'elle était partie, ce qui étant aussi probable, tête en l'air comme il était. Se tournant donc vers Zephyr il annonça :

- Bon ben... J'te laisse l'honneur d'ouvrir hein, s'toi qui a la clé.

Puis à Eva qui n'était pas rentrée dans sa chambre :
- S'tu veux venir parler, et pas rester seule dans ton coin, viens hein. Et puis le lieu est glauque, funky mais glauque, donc hésite pas hein. Et à ta question plus tôt dans la journée, ouaip j'ai dû faire la guerre, contre des robots.

Ne restait plus qu'à rentrer dans la chambre...
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Mer 17 Juin - 21:33

Franchement, je n’en avais  rien à foutre de leur formulaire. C’était bien la première fois qu’un hôtel me demandait « Quels sont vos habitudes alimentaires ? ». C’était quoi cette question ? Et encore, il y en avait plein d’autres comme celle-ci qui n’avaient ni queue ni tête. Je levai les yeux vers la vieille pour être sûre que ce n’était pas une blague. Son visage ridé resta impassible, attendant patiemment qu’on lui rende les formulaires. Je haussai des épaules et piquai un stylo sur le comptoir pour tout remplir. Si elle pensait que j’allais révéler tous mes petits secrets, elle pouvait se mettre le doigt dans l’oeil, la vieille. C’est comme ça que je devins Eva Owen, une gentille fille qui adorait le carpaccio  et les tartes aux citrons. Qui sait ? Peut-être qu’ils le prendraient en compte et qu’au repas, j’aurais droit à mes fines tranches de viande et à un succulent dessert.

Je tendis alors mon formulaire tout comme Zéphyr et Julian, ressentant, tout de même, une certaine gêne que je n’arrivais pas à totalement expliquer. L’instant d’après, un gamin arriva comme une furie pour expliquer à la grand-mère qu’un certain « Fergus » était parti. La réaction ne se fit pas attendre, et je sursautai en voyant notre hôte se redresser de toute sa petite hauteur avec énergie tout en élevant la voix. Et puis l’enfant repartis aussitôt, disparaissant derrière un autre rideau poussiéreux. De nouveau, elle se tourna vers nous et de but en blanc, nous proposa un job.

Mon regard convergea avec ceux de mes compagnons. Il était clair que nous étions tous d’accord, cette offre ne se refusait pas. Même si le boulot en lui-même n’était pas le plus gratifiant, ça restait toujours un moyen de se faire des sous. De plus, il était vrai aussi que cet hôtel avait bien besoin d’un grand coup de nettoyage.

En attendant, il fallait payer pour cette nuit, la chambre et le repas. Je déposai donc quelques rubz sur le comptoir et suivis le reste de la troupe pour rejoindre nos chambres. De ce que j’avais compris, Zéphyr et Julian se la partageraient contrairement à moi. Je me retrouverais donc seule cette nuit, loin de la nature ou d’un certain village cannibale. Nous traversâmes donc un couloir et un étroit escalier qui étaient à l’image du reste du bâtiment, c’est-à-dire dans un état délabré et envahit par des petites bêtes aux longues pattes. La décoration était à refaire, tout semblait démodé. Les tableaux étaient lugubres, le papier peint moisi dans les coins. Il n’y avait vraiment rien de tendance, à part si on était quelqu’un de vieux jeu et encore il ne fallait pas être allergique à la poussière ni aux insectes.

Je réfléchissais déjà à la manière dont j’améliorerais les lieux lorsque nous arrivâmes devant nos chambres. La vieille femme me tendit une clé que je récupérai. Je me tournai donc vers la porte pour l’ouvrir dans un grincement strident. Je levai les yeux vers le ciel. Pourquoi est-ce que cela ne me surprenait même pas ? Juste avant d’entrée dans ma chambre, Julian me proposa de les rejoindre pour discuter.

Je souris, heureuse de ne pas être mise de côté malgré le fait que nous n’étions pas dans la même chambre. Je hochai donc la tête.

- Je vais prendre une douche, et je vous rejoins !

Je lançai un dernier regard à mes compagnons et rentrai dans la pièce. L’intérieur était sombre et il me fallut palper le mur pour y trouver un interrupteur. La lumière vacilla au début puis éclaira la salle qui comportait un simple lit et une petite commode. Rien de vraiment top mais de toute façon, au vue  du reste de l’hôtel cela était normale. Je déposai donc mon sac plastique au pied du lit et le reste de mes affaires sur la table de chevet. Enfin je pus me détendre. Mes épaules s’abaissèrent, la tension envolée. Je n’avais plus besoin de joué, juste de me reposer. Je m’affalai sur le lit, ce qui eut pour conséquence une levée de particules de poussières qui me fit éternuer. Je me redressai rapidement. Il était hors de question de dormir dans la saleté. Je pris donc la décision d’ouvrir la fenêtre qui se trouvait juste en face de la porte et faire de même avec les volets pour pouvoir un minimum aéré.

Étrangement, il me fut difficile d’ouvrir ces maudites persiennes. On aurait dit qu’on les avait scellés afin que plus aucune lumière ne passe au travers.

- Si tu crois que je vais abandonner aussi facilement…

Cette fois, je forçai à deux mains et tirai de toutes mes forces. Le mécanisme ne céda qu’au bout d’une bonne minute et lorsqu’il lâcha se fut pour tomber lourdement par terre. Les fesses endoloris, je me relevai pour ouvrir en grand les volets. Lorsque cela fut fait, je  m’emparai de tous les draps pour les secouer par la fenêtre. Dehors, le soleil était toujours présent mais il était facile de deviner que nous arrivions à la fin d’après-midi. Cependant, il restait encore un petit vent frais qui s’engouffra délicieusement dans la chambre. Je profitais un instant de ce moment. Quand je fus satisfaite, je reposai le tout sur le lit et partis enfin pour une douche.

Je m’étais déjà préparée au pire. Je m’imaginais la vieille douche avec le calcaire et les quelques bout de carreaux manquant. Et je ne fus pas déçu. Je pris tout de même mon courage à deux mains. Je tournai la tête de droite à gauche pour être sûre que j’étais bien seule. C’était peut-être des douches communes mais je n’étais pas nudiste. Heureusement pour moi, il n’y avait apparemment personne.
Il me fallut cinq minutes pour me laver. Cinq ! Vous vous rendez compte, c’était un véritable record pour moi. J’avais réussi à repousser mes limites grâce à l’eau glaciale qui coulait par gerbe irrégulière. A croire que les propriétaires voulaient économiser de l’eau.  J’en étais ressortie grelotante mais propre. J’avais même réussi à me dégoter du savon et une serviette, ce qui était tout ce dont j’avais besoin pour le moment. Je me frottai énergiquement pour tenter de regagner en température et me rhabillai avec mes nouveaux vêtements.

C’était donc toute pimpante que je frappai à la porte des garçons. Trois seconde plus tard, la porte s’ouvrit et je rentrai.

- Enfin, on va parler de guerre ! Et au fait, les douches sont tops !
Oui, un peu de sarcasme, ça ne pouvait que faire du bien…
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Ven 19 Juin - 18:50

A l'évidence, tout le monde était partant pour le boulot. Voila qui ferait du bien à leur finance. En plus de ça, Zephyr ne serait pas tout seul puisqu'il partagerais la chambre avec Julian qui lui manifesta sa gratitude avec un enthousiasme peu modéré. L'herpétophobe avait rendu son étreinte au drôle de personnage, un peu gêné mais amusé.

En revanche, lorsque Julian lui demanda de se renseigner sur le montant de leur futur paye, Zephyr marmonna une réponse évasive comme quoi ils auraient bien le temps de voir ça le lendemain matin. Non pas que cela le gène de parler argent, il en fallait plus que ça pour l'indisposer. Mais de se retrouver confronter à la vieille et de lui poser une question en ne sachant pas comment elle pourrait réagir … Tout le monde n'aimait pas parler argent … Mieux valait faire profil bas jusqu'au matin et aviser à ce moment là. Tant qu'ils n'avaient rien signé de toute façon, ils n'étaient engagés à rien. Quoi qu'il en soit, Zephyr paya les 30 Rubz pour la chambre ainsi que les Rubz pour le repas du soir après quoi il suivit la vieille à travers un couloir étroit puis un escalier en colimaçon. Décidément, tout ici avait des airs de demeure hantée. Zephyr préféra ne pas songer au boulot de titan qu'ils auraient en voyant le bric à brac qui les entouraient. Si ce Fergus s'était sauvé, c'était certainement pour une bonne raison...
A un moment, Julian trébucha sur une des piles de vieux journaux et Zephyr le réceptionna, posant malencontreusement une de ses mains sur sa fesse gauche. Sans trop savoir pourquoi, il sentit le rouge lui monter aux joues. Par chance, la faible luminosité ne laissa rien transparaître.

Lorsqu'ils se retrouvèrent finalement devant leurs chambres, Zephyr, en prenant sa clé, frola les doigts de la vieille dame. Ils étaient plus glacés que la mort et il se demanda même un instant si un cadavre ne serait pas moins froid que ça. Pourtant elle avait l'air en plaine forme ! Tachant de ne pas songer à la bizarrerie des lieux et de la tenancière, il ouvrit la porte de sa chambre, s'attendant presque à voir surgir une flopée de chauve-souris. Eva était déjà entrée dans la sienne et la porte de la chambre des garçon grinça avec autant de conviction que l'autre. L'obscurité semblait être la maîtresse des lieux et un vieux rat tout gris se précipita hors de la chambre, dévala les escaliers et couina encore quelques secondes avant d'être trop loin pour être encore entendu. Crispé, la main sur la poignée de la porte, Zephyr se tourna vers Julian pour voir s'il l'avait vu lui aussi.
« Je te préviens tout de suite, les rats je gère, mais si tu vois le moindre reptile il est pour toi. »

Il fini par entrer et lorsqu'il alluma la lumière, il put découvrir une chambre très sobre, un lit double entouré de deux tables de nuit occupant le mur de gauche et un petit bureau affublé d'une vieille chaise en bois occupant celui de droite. Sur le sol, un très épais tapis en laine aux motifs compliqué semblait faire office de ramasse poussière. Et sur le mur d'en face il y avait une fenêtre aux volets clos. Aucune trace d'un quelconque autre rat. A la vu du lit double Zephyr, après avoir posé son manteau sur la chaise et son petit sac en papier qui contenait toujours sa gourde, sa carte, sa boussole et sa couverture de survie sur le bureau se tourna vers Julian, un peu gêné.
« Euh … C'était pas vraiment prévu comme ça. Bon on est pas très épais ni l'un ni l'autre alors si ça ne te dérange pas... Enfin je veux dire... de dormir tous les deux dans le même lit. »
Sans savoir pourquoi, le rouge lui monta à nouveau aux joues. Bon sang, c'était pas le moment de penser à ce genre de choses ! Il se passa rapidement la main dans les cheveux, ne sachant plus vraiment où se mettre. Il se retourna finalement vers la fenêtre.
« Bon, si on aérait un peu. On étouffe ici. »

Se dirigeant d'un pas vif vers le mur du fond, il ouvrit la fenêtre, non sans devoir y mettre toute sa force, puis se fut le tour des volets qui résistèrent également. Historie de détendre un peu l'atmosphère, il plaisanta :
« Eh bein ! On dirait que personne n'a jamais ouvert ces volets. Ils accueillent qui ici ? Des vampires ? »
Dans la chambre d'Eva, il entendit alors un gros 'boum' qui fit un peu trembloter la lumière. Puis les volets de sa chambres s'ouvrirent en produisant un affreux grincement. Elle aussi avait dut peiner. Il ne put retenir un petit ricanement lorsqu'il l'imagina se vautrer sur le sol en s’excitant sur la fenêtre. La pauvre dormirait toute seule cette nuit … A sa place, il aurait certainement eut un peu les jetons.
Alors qu'il regardait par la fenêtre qui laissait entrer un air pur et doux, renouvelant celui vicié de la chambre, Zephyr se laissa aller à repenser à son corps qui devait toujours être allongé sur des coussins douillets chez le marabout. Combien de temps s'écoulerait t-il encore avant qu'il ne reprenne conscience ? Il s'appuya sur le rebord de bois légèrement vermoulu et contempla les nuages éparses qui dérivaient paresseusement dans un ciel qui commençait à s'assombrir. Le soleil ne devait pas encore être couché mais cela ne tarderait plus. Comment un endroit qui semblait si paisible pouvait être aussi dangereux à parcourir ? Cela dit, avec des pouvoirs adaptés, les choses devenaient un peu plus simple. Zephyr soupira alors. Oui, c'était une aventure dangereuse. Mais en même temps, jamais sa vie n'avait été aussi excitante.

Il se retourna alors pour contempler la chambre, sortant de sa rêverie. C'était pas le grand luxe, mais au moins ils seraient au chaud. Son ventre gargouilla alors furieusement, lui rappelant qu'il n'avait mangé qu'un pâté depuis la veille. Ils devraient encore patienter avant de pouvoir se rassasier.
« Je sais pas toi mais je meure de faim. »
C'était le moment ou jamais de faire un peu la conversation. Ils avaient le temps jusqu'à 21h. Dans le couloir, un bruit d'eau qui coule se fit entendre et aussitôt, les tuyaux qui parcouraient le couloir se mirent à faire de même. Vachement discret. Eva était certainement en train d'expérimenter les douches de l'hôtel. Zephyr rêva alors d'un bon bain brûlant.
« Tiens, j'en connais une qui expérimente les douches. Si ça te dérange pas, quand elle aura fini, j’irai bien y faire un tour moi aussi. Après la pluie qui est tombé cet après midi, je me sens poisseux et j'ai le jeans qui me colle encore aux jambes. Et je te parle pas du reste ... C'est pas très agréable. »
Toujours appuyé contre le rebord de la fenêtre, il repensa à cette historie de guerre.
« Alors comme ça tu as combattu des robots ? Si tu veux tout savoir, Eva et moi on a combattu que des cannibales pour le moment. Mais quelque chose me dit que plus on reste à Dreamland, et plus notre liste d'ennemis se rallonge … »

Quelqu'un toqua à la porte. Zephyr n'avait pas remarqué que les tuyaux étaient redevenus silencieux. Il fit signe à Julian qu'il s'en chargeait et alla ouvrir à une Eva aux cheveux encore trempés. A croire qu'elle venait de subir une deuxième averse.
« A moi. Je serais pas long. »

Il traversa le couloir obscur et pénétra dans la salle de bain commune. Deux douches étaient côte à côte et deux éviers leur faisaient face. Sur un portant, quelques serviettes apparemment propres étaient suspendues et Zephyr en prit une qu'il se réserva dans un coin. Il se déshabilla et entra dans la douche la plus proche. Grelottant déjà, il poussa un cri de surprise que tout l’hôtel avait dut entendre lorsque l'eau glacée se mit à lui couler sur le dos. Eva avait prit sa douche juste avant, l'eau aurait dut être au moins tiède ! Il fallait espérer que le repas remonterait le niveau.
Se dépêchant de se laver, il ressortit en tremblant de froid et se frictionna vigoureusement pour se réchauffer. A ce moment là, une petite araignée dégringola du plafond et se retrouva sur son avant bras.
« Oh mais c'est pas vrai ! C'est le manoir de Dracula ici ! » ne put-il s’empêcher de pester tout haut.
Il chassa la bestiole et termina de se sécher. Un instant, il crut voir une silhouette tapie dans le couloir qui l'observait mais lorsqu'il passa la tête à travers la porte, emmailloté dans la serviette, il ne vit personne. Il se rhabilla finalement, se disant qu'il aurait aimé enfiler des habits propres, puis il retourna dans sa chambre où Eva et Julian étaient en pleine conversation.
«Bon, qu'est-ce que j'ai loupé ? »
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Julian McMorre

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MessageSujet: Re: Un nouveau commencement   Lun 29 Juin - 13:39

Le moment d'entrer dans les chambres était arrivé, et c'est bien ce qu'ils firent, le groupe scindé en deux, chacun ayant sa chambre respective. La petite réflexion de Zephyr avant d'ouvrir la porte, concernant les reptiles, tira un grand sourire à Julian qui se voulu rassurant, lançant un :
- T'inquiète ! J'vis dans les bois dans l'vrai monde. C'est que des bêtes tout ça, sert à rien d'en être effrayé ! 'fin après si on est phobique hein, c'est psychologique et on peut pas faire grand chose. Bref, rentrons !

Et c'est ce qu'ils firent. Le phobique trouva la chambre tout à fait simple, quoique poussiéreuse à souhait, mais estima qu'elle convenait largement pour le prix qu'ils avaient payés, surtout quand on voyait le reste de l'hôtel. Manifestement, ils essayaient au moins de garder les chambres « propres », et ce n'était pas une mauvaise chose de ne pas avoir de cafards ou autre bête du même genre. C'était autrement plus ennuyant comme petite créature que ce qui se promenait dans sa cabane dans les bois...

D'ailleurs, contrairement à son compagnon, il n'avait pas noté l'intérêt de se poser la question du lit unique. S'il n'y en avait qu'un seul, bien sûr que les deux dormiraient ensemble, surtout qu'après tout, ce n'était que deux personnes n'ayant aucun liens « amoureux », seulement amicaux. Pour les plus puristes, il est même possible d'ajouter qu'il s'agit de deux hommes, mais pour Julian, paradoxalement à son attitude parfois enfantine ou « de puceau inexpérimenté », il ne voyait pas le moindre problème à dormir avec une fille. S'il n'y avait rien d'autre que du compagnonnage ou de l'amitié, pourquoi se torturer l'esprit avec une histoire de sexe, vraiment ?

C'est un peu pourquoi la réponse du jeune homme fut donnée avec un air interloquée, loin d'être méchante :
- Ben... oui, enfin logique non ? J'vois pas pourquoi se poser la question.

La suite des événements pu mettre Julian de bonne humeur pendant qu'il installait ses affaires dans un coin de la chambre, tentant par la même occasion de retrouver ses habits normaux, sans succès, son pouvoir n'étant toujours pas... rechargé ? Il ne trouvait pas d'autre mot pour décrire la chose, mais ça semblait convenir tout de même, et il s'en contenterai. Quoi qu'il en soit, la galère de son compagnon avec les volets, ainsi que, d'après les bruits, celle d'Eva dans sa propre chambre, était vraiment marrante. Il en aurait presque été possible de croire qu'ils étaient scellés pour que l'on ne puisse pas les ouvrir.

Ce qui fit beaucoup moins sourire le phobique fut l'allusion aux vampires. Julian n'en dit rien sur le moment, mais il savait pertinemment que blague ou non, il serait plus que possible que cela soit vrai, et que ces créatures existent bel et bien. Dans quel cas ils ne seraient pas sortis de l'auberge – l'expression collant bien à la situation – encore plus de par le fait que la nuit allait tomber. À croire que Dreamland ne laisserait pas le groupe se reposer si Zephyr n'avait pas tord...

Quoi qu'il en soit, la bonne humeur revint rapidement en voyant la tête comique que l'herpétophobe faisait en regardant à la fenêtre, digne d'un film cucul la praline. Ne voulant pas le laisser se ridiculiser comme cela, Julian prit le parti d'aller lui tapoter l'épaule tout en répondant à propos de la faim qui pointait le bout de son nez :
- Bof... oui et non, j'grignotte beaucoup donc ça coupe la faim, surtout que j'ai appris à pas manger beaucoup. C'est trop... normal, de manger.

La discussion n'eut pas le temps d'aller plus loin, coupée nette par le bruit de la tuyauterie hurlant tout ce qu'elle pouvait au passage de l'eau, et vibrants au passage pour ajouter au vacarme ambiant. Sur le principe, Julian serait bien allé se doucher aussi, mais il ne fallait pas être savant pour deviner que ça ne plairait pas à la jeune femme qu'il débarque en même temps. Après tout, il s'agissait seulement d'une personne normale, encore une fois sans relation « privée », et il savait à quoi ressemblait une paire de seins. Donc pourquoi s'embêter avec ce genre de détail idiot, et bien trop normal au goût du phobique. Il s'y conforma toutefois, non pas sans gêne et mal de ventre à l'idée de respecter la norme, voir du dégoût, comme un sale goût dans la bouche. Il n'entendit même pas Zephyr annoncer que lui aussi y irait bien...

À écouter le bruit qui stoppait au bout d'à peine 5 minutes, Julian devina sans mal que les douches ne devaient pas être très agréables, avec de l'eau froide à en croire la grand mère qui les avait mené à leurs chambres. Ça ne gênerait pas le jeune homme qui se douchait toujours à l'eau froide et y était habitué.

C'est quasiment simultanément que fut avancer la discussion à propos des cannibales. Ça n'avait pas dû être très marrant comme aventure, et le phobique n'aurait pas voulu y être, la chose ressemblant bien trop aux divers films d'horreurs classiques. Ça aurait été horrible et si effrayant à vivre pour lui... Il prit plutôt le parti de « rassurer » son interlocuteur :
- Oh tu sais, ça fait que commencer ! Ça fait pas 15 ans que j'suis arrivé, et j'ai déjà une paire d'histoires à raconter. La meilleure c'est p'têt la bataille contre des poussins.

Là dessus, il explosa de rire, puis Eva frappa à la porte. Ce fut Zephyr qui lui ouvrit avant de filer lui-même à la douche. À peine le temps de proposer à la demoiselle de s'asseoir sur le seul siège disponible, le lit, qu'ils avaient entendus le hurlement de leur camarade. Le phobique explosa de rire, s’esclaffant « Il est trop drôle comme type, j'adore ! » avant de reprendre son sérieux et répondre aux questions de la mythomane :
- Tu veux parler d'la guerre donc ? Bah, d'après ce que j'ai compris, c'est un peu le dada d'la ville de Techyo de faire la guerre. C'est une ville de fou, pleine de technologies super avancées, mais à côté, y'a une grande plaine peu accueillante. Et là-bas, y'a plein d'robots qui veulent se venger des humains qui les ont jetés là-bas. Et v'là, pour un job et m'faire d'l'argent, j'ai aidé lors d'une bataille dans une organisation au nom ridicule, la M.E.R.D.E.

Se tournant vers Eva, il lui fit un grand sourire avant de continuer :
- Et c'est vraiment la merde, parce que j'y ai pas gagné un centime ! J'y ai foutu le dawa et on m'a retiré du champ de bataille de force. Parait même que les soins que j'ai reçu valent plus cher que les 300 rubz de paye que j'aurais dû avoir. Bah, c'est cool, c'est tellement pas normal de bosser gratuitement, et d'avoir combattu en situation vraiment anormale, que ça me va parfaitement !

Il l'a laissa digérer les informations, puis continua :
- Et donc vos canibales ? Zeph' Zeph' m'a raconté qu'vous en aviez croisé. T'me raconte un peu ? Ça a l'air assez... 'fin vas y raconte !

Et la discussion se poursuivi ainsi, peu longtemps puisque Zephyr venait d'arriver, et à qui il répondit :
- Bah ! Elle m'raconte un peu vos canibales là ! Et j'allais après lui demander d'me raconter un peu quels étaient vos pouvoirs. J'trouve ça fun et tellement pas normal d'en avoir que j'adore ! S'voulez j'vous dis le miens hein ! T'façon faut bien qu'on passe le temps jusqu'à l'heure de manger.

Et la phobique comptait bien raconter ce qu'ils voulaient de son expérience, que ce soit les poussins, les démons ou la guerre encore plus en détail, voir le dôme et les flics, ou la promenade dans les égouts, et tout et tout.
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