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 [job] La ville des anges

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Le Marchand de sable

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MessageSujet: [job] La ville des anges   Lun 11 Mai - 18:55

Très peu de gens avaient entendu parler de la Ville des anges – ou Ketheriah. Les êtres humains communs, c’est-à-dire par exemple l’elipsien de base, étaient incapables de la voir. Seules les personnes dotées d’essence magique, comme les mages ou les voyageurs, auraient la chance de l’apercevoir. Ce n’était pas l’unique particularité de cette cité : implantée quelques kilomètres à l’ouest de Gloutoniskaïa, elle n’était pas au niveau de la mer mais flottait, comme une île divine, au-dessus des nuages. Quand il faisait beau, on pouvait la voir, hémicycle lévitant si haut qu’il en était réduit à la taille d’un simple terrain de tennis et étrangement, il ne projetait aucune ombre sur la plaine félicité. Son seul lien avec la terre ferme : un rayon de lumière étincelant qui transperçait le ciel pour dessiner au sol un cercle, assez large pour envelopper une personne. A ses côtés, un homme se tenait droit comme un i, méditatif, les mains accolées devant lui comme s’il priait.    

Il faisait au moins deux mètres, épaules carrées, drapé d’une élégante toge de soie brodée d’or et d’argent. Sa peau d’ébène semblait lisse et irréelle, renvoyant la lumière du soleil comme aucun être humain ne pourrait jamais le faire. Il avait des yeux dorés, scintillants, tournoyant même, comme si ses iris étaient animés d’un mouvement perpétuel. C’est devant lui que Sydney, Yoake et Anastasia, voyageant dans une calèche sans chevaux tirées depuis Gloutoniskaïa, s’arrêtèrent avec douceur. Le sorcier d’âge mûr qui les conduisait leur expliqua avant qu’ils ne sortent :

- C’est le gardien de Ketheriah. Lui seul peut ouvrir le passage. Ils vous attendent là haut, alors je ne pense pas que vous aurez des problèmes pour passer.  

Quand les voyageurs furent seuls devant le gardien, celui-ci ne dit pas un mot. Il les regarda chacun intensément, comme s'il sondait leurs âmes, mais aussi qu'il parlait. Il n'y eut aucun son mais les trois recrues surent qu'on leur souhaitait la bien venue et qu'ils devraient se place sur le cercle de lumière. Personne ne l'avait vu bouger et pourtant, celui-ci était désormais assez large pour que 3 ou 4 personnes s'y tiennent à l'aise. Quand ils furent prêt, le gardien attrapa à deux mains ce qui ressemblait à la poignée d'une longue et élégante épée d'or et d'argent enfoncée profondément dans un mécanisme à même le sol. Les pièces métalliques étaient toutes ornées de symboles ésotériques complexes mais les voyageurs n'eurent pas le temps de les analyser : ils entendirent un cliquetis et  furent aspirés avec la désagréable impression de s'étirer pour passer à travers un tube trop fin.

Anastasia, Sydney et Yoake retrouvèrent le controle de leur corps sur un large disque de verre illuminé. De nombreuses sphères translucides étaient suspendues dans les airs sur le contour de la lunette, projetant une puissante lumière qui pourtant ne les aveuglait pas. Pour ceux qui avaient le vertige, il fallait mieux ne pas regarder sous ses pieds et avancer jusqu'à l'escalier de marbre qui pemettait de descendre du téléporteur. La pièce se révélait alors dans toute son ampleur : haute de plafond, il n'y avait pas de torches mais des arabesques lumineuses couraient sur les murs, diffusant une lueur si pure que l'on croirait instinctivement qu'elles ne s'éteignait jamais. Sur le sol de marbre blanc immaculé, des demi-cercles dorés reliant deux murs opposés s'étiraient successivement. Lorsqu'on approchait, des inscriptions apparaissaient sur chaque anneau : AIN - AIN SOF - AIN SOF OHR.

Au centre de la pièce attendaient trois hommes en toges blanches. Ils avaient la peau irisée, des yeux d'un bleu d'azur et... en vérité, étaient-ce des hommes ? Leurs traits étaient d'une finesse absolue, délicats, une androgynie parfaite. Si deux d'entre eux avaient les cheveux noirs et courts, celui qui se tenait légèrement en avant possédait une longue crinière blonde ondulant jusqu'à mi-dos. Des chaines de perles blanches décoraient sa chevelure, lui donnait un air résolument féminin. Pourtant, un œil pratique sera obligé d'observer qu'il n'avait pas de seins. Quand il vit les invités, il joignit les mains en signe de prière et s'inclina légèrement, imité par ses acolytes :

- Dieu merci, vous voici. J'espère que le luminateur ne vous a pas rendu malade.

Il étudia ses invités comme s'il s'attendait à ce que l'un d'eux vomisse. Comme ce n'était pas le cas, il se présenta de sa voix douce aussi androgyne que son visage.

- Je suis Ariel, premier conseiller du Dieu et par ailleurs maire de notre belle ville. Voici Feriel et Kanel, mes deux assistants. Vous êtes monsieur Miles et mesdames Akiyo et Waitten n'est-ce pas? Vous n'imaginez pas comme vous étiez attendus.

D'un signe gracieux de la main il les invita à le suivre à l'extérieur. Ils se trouvaient en fait dans un dôme entouré d’un anneau de colonnes à la grecque. Un long sentier dallé traçait droit jusqu'à un palais aux tours surréelles. Il aurait semblé banal si la lumière du soleil, éclatante dans ce ciel bleu sans nuage, ne faisait pas luire de nouveaux ornements ésotériques sur chaque pavé. Quant au palais, comment le définir sinon en disant qu'il semblait fait de lumière ? Les murs de cristal dardaient vers le firmament, des fenêtres cerclées d'or se détachaient, immenses. Sur certaines parois s'écoulait de l'eau, fontaines translucides, étincelantes. Le parvis en marbre était actuellement envahi par des dizaines d'anges anxieux aussi beaux et androgynes les uns que les autres.

- Vous comprenez, expliqua Ariel, la Coupe nous maintient en vie. Tous. Si le Dieu en est privé, c'est l'effondrement pur et simple de notre cité qui nous attend, sa voix se fit grave, aucun habitants n'aurait sciemment commis ce vol - ce serait du suicide - mais aucun étranger mal intentionné ne saurait passer devant notre Gardien. C'est pourquoi cette affaire nous échappe... un œil neuf et extérieur pourrait être ce qu'il nous faut.

Ils passaient désormais au milieu des curieux qui dévisageaient les voyageurs avec respect. Sydney ressentirait peut-être un étrange sentiment de déjà-vu. Une fois le cortège de six à l’ombre d’un immense porche soutenu par des colonnes emprisonnées par des fleurs bleues introuvables dans le monde réel, la grande porte d’or s’ouvrit sur un hall somptueux mais épuré. Comme si toute la grandeur des lieux ne reposaient que sur la sobriété sacrée et la valeur des matières premières qui avaient servi à bâtir cloisons, torches, fenêtres et autre rideaux. Contrairement à ce qu’on pensait de loin d’ailleurs, les murs n’étaient pas en cristal mais fait de matériaux à mi-chemin entre le béton et le verre… indescriptible en vérité.

Ariel entraîna ses invités jusqu’à ce qu’ils entrent dans un couloir drapé d’un bleu roi, du tapis au sol aux rideaux qui masquaient de grandes fenêtres sur la paroi gauche. Finalement, ils firent halte devant une double porte close au milieu desquelles se trouvaient des sortes de hublots. Le maire invita les voyageurs à regarder au travers. Ils purent alors voir un être sans âge si maigre dans les draps blancs qui l’enveloppaient qu’il paraissait prêt à se casser à la moindre pression. Ses cheveux et sa longue barbe étaient argentés, sa peau tellement ridées qu’on distinguait à peine sa bouche et ses yeux clos. Autour de son lit brillait un cercle rituel tracé à même le sol autour duquel quatre personnes étaient visiblement occupés à marmonner des formules magiques.

- Notre Dieu, notre Père à tous. Pour l’instant, nos meilleurs mages le maintiennent en vie avec d’anciens sortilèges, mais il a besoin de la Coupe d’Ether pour retrouver son immortalité. Sans elle, ses pouvoirs s’en vont, il est trop vieux. Cinq jours… c’est environ le temps que notre humble magie peut nous faire gagner. Venez voir le lieu du crime maintenant.

Ils se mirent en marche à nouveau et parcoururent tellement de corridors qu’aucun des voyageurs ne saurait se retrouver s’il s’y aventurait seul. On avait la sensation d’être à des dizaines de mètres sous terre quand enfin, se dessina un étroit couloir baigné d’une lumière océanique. Il débouchait sur une salle circulaire éclairée par des torches aux flammes bleues. Il y avait tellement de symboles ésotériques tracés au sol, sur les murs et sur le plafond en forme de dôme qu’on les croirait jetés là au hasard.

- Cet endroit, expliqua Ariel en murmurant religieusement, est la pièce sacrée où était gardée la Coupe… la magie qui la protégeait était très ancienne. Il a fallut de très puissants pouvoirs magiques pour briser tous les sceaux, ou bien connaître par cœur nos plus vieilles arcanes. On a presque immédiatement ressenti la disparition de la Coupe bien sûr mais quand nous sommes arrivés ici, les sorts de défense étaient désactivés et les torches éteintes.

La voix du conseiller laissait percer son désarroi. Ses yeux bleus se perdirent sur le socle nu au milieu de toutes les protections, juste sous une ouverture dans le plafond. Elle était difficile à voir parce qu’au milieu de tous les symboles couleur charbon, on croirait simplement voir un gros point.

- J’espère sincèrement que vous saurez nous tirer de cette situation catastrophique qui est pour nous une première. En plus de notre infinie gratitude, vous serez récompensez pour votre travail. Par ailleurs, tant que vous enquêterez, vous serez nourris et logés dans une aile du palais, avec nos stagiaires de l’université de Gloutoniskaïa. J’espère que cela ne vous dérange pas ? Ce sont de jeunes gens dynamiques mais travailleurs ; ils sont aussi choqués que nous par cet événement.

==== HRP ===

A vous ! Si vous voulez posez des questions, faites-le de suite et je vous répondrai avec le MJ (ou par mp selon la longueur de la réponse). Si vous souhaitez faire autre chose (aller voir votre suite, ramper par terre avec une loupe ou demander une thalasso), faites-vous y conduire comme des grands. Les 3 pnjs vous laisserons seuls une fois revenus dans les pièces « habitées » du château, vous pourrez y circuler quasiment librement.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Lun 11 Mai - 20:47

Le pirate avait embarqué à Gloutoniskaïa dans cette calèche qui devait le mener sur les lieux du crime, sur les lieux de son nouveau travail pour lequel il n'était pas vraiment certain de savoir pourquoi il avait postulé. Sans doute pour pouvoir un jour satisfaire son rêve... Il aurait besoin d'argent.

Premier arrivé, il laissa monter les deux demoiselles avec qui il devrait manifestement faire équipe. A voir leur tronche, c'était sans doute la première fois qu'elles mettaient les pieds dans cette ville magique. Oh, elles déchanteraient vite...
Il ne les accueillit qu'avec un « bonjour » assez froid et sans intonation, restant assis les bras croisés. Il souhaitait autant que faire se peut limiter les interactions avant le travail : moins ça piallerait, mieux il se porterait. De toute façon, l'étonnement de voir la calèche décoller alors que rien ne semblait pourtant la tracter fut suffisant pour lui clouer le bec, à lui. Il pensait pourtant que cet endroit ne pouvait plus le surprendre... Il se trompait, manifestement.

- Eh ben il commence bien, ce boulot : dès le début on t'annonce qu'il y a aucune logique. Monde de merde...
Ce fut là son seul commentaire jusqu'à leur prise en charge par le passeur devant lequel il resta planter, faute de savoir où il devait se mettre. Il écouta, ressentit le message de cet être étrange et avança avec une confiance surprenante à l'intérieur du cercle qui le propulsa dans la ville des anges.

Il fit bien sûr l'erreur de regarder en bas... Qui ne l'aurait pas faite ? Si le voyage ne l'avait pas tant secoué que ça, le vertige lui arracha tout de même un hurlement intérieur et un bon frisson dans le dos. Il avança prudemment de peur de passer à travers ce sol à l'apparence raffinée mais fragile. Leurs guides les accueillirent avec un salut qu'il tenta d'imiter : mimer les autochtones et leurs mœurs avait toujours été le meilleur moyen de se faire accepter. Sauf s'il s'agit d'une ville de gorille car il se rappelait que ces sales bêtes avaient pour habitude de se lancer leurs propres selles... Mais cela n'avait pas grand-chose à voir avec l'endroit dans lequel il se trouvait actuellement... voire rien du tout.

Son attention fut attirée par leur interlocuteur qui présentait ses deux compagnons. Il peina à se retenir de rire en croyant entendre « Cannelle ». Quel nom stupide... Pourvu qu'ils ne lisent pas dans les pensées !
Sydney échangea un regard avec celle qu'il appelait « la chinoise » à défaut de connaître le nom. Elle semblait tout aussi paradoxalement paumée et admirative que lui devant toute cette splendeur, cette richesse architecturale.

Le tour du propriétaire fut l'occasion pour Sydney d'essayer de repérer les lieux, sans succès. Le dédale de couloirs l'avait complètement perdu et il commençait à s'interroger sur les motivations de tels détours : ces gugus n'essayaient pas de les impressionner en même temps que de les briefer sur leur mission ? La ville des anges était donc en proie à l'orgueil – et à l'avarice, à en juger par la quantité de minéraux et métaux précieux employés dans la construction de bâtiment où personne ne semblait transiter. Pas étonnant que la ville coure à sa perte : déjà deux péchés capitaux sur sept.

Arrivés devant l'autel, Sydney fit une rapide synthèse de ce qu'il avait compris : la coupe était nécessaire à la survie des anges mais celle-ci avait été volée. Or, il n'y a aucune raison pour qu'un ange veuille voler la coupe et il est théoriquement impossible pour un humain normal de commettre ce crime. La réponse la plus simple qui s'imposait dans l'esprit du pirate prit forme sans qu'il le veuille vraiment et les mots s'échappèrent de sa bouche ; il murmurait alors à Anastasia :
- C'est simple : c'est le vieux loup de mer le coupable. Il en a marre d'être trop vieux, il veut crever... Affaire classée.

Il jeta un regard furtif en direction de leurs hôtes pour s'assurer que ces derniers ne l'avaient pas entendu... il l'espérait, tout du moins.
En voyant cette foule s'amasser autour du trio de voyageurs, le corsaire s'était remémoré ses mésaventures à Atlantis. Il avait voulu se faire passer pour un dieu, pour leur sauveur... ses compagnons l'avaient payé cher. Mais c'était de leur faute, aussi ! S'ils avaient écouté son plan, tout se serait déroulé à merveille, il en était persuadé. Toujours est-il que la dernière chose qu'il voulait était de contrarier ses nouveaux hôtes. Devoir partir de manière impromptu en faisant le saut de l'ange depuis la ville aérienne lui plaisait encore moins que de se jeter dans l'eau qui entourait Atlantis.

- Hu-hum... Messieurs, soyez assurés que mes camarades et moi-mêmes feront tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider, dit-il sur un ton très sérieux en s'adressant à Ariel. Ce genre de promesse n'engageait à rien : « faire tout ce qui est en son pouvoir », ça ne voulait rien dire du tout alors il ne prenait aucun risque en disant cela. Et puis si ça pouvait les aider à déstresser un peu...
- Je pense que la première étape sera de... il soupira longuement à l'idée de cette tâche qui lui était si pénible.  « faire connaissance »... youpi.. histoire de cerner les capacités de chacun. Ensuite, j'aimerais m'assurer que nous aurons un accès garanti à cette salle afin de pouvoir y mener l'enquête. Il doit bien y avoir un indice quelque part, je suppose...

Les lèvres du capitaine se pincèrent alors que celui-ci réalisait qu'il omettait un détail important. Il leva son index à mi-hauteur pour réclamer à nouveau l'attention de ses hôtes et demanda d'une voix un peu gênée :
- Au fait, vous serait-il possible de nous dire à quoi ressemble La Coupe ou nous en faire parvenir une image un peu plus tard..? Ça serait sympa.
En effet, comment peut-on chercher un objet dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est rien du tout mis à part la fonction... et encore.

Dans tous les cas, le paranoïaque ressentait une sorte d'excitation à l'idée de mener l'enquête. Il avait déjà ses suspects dans cette affaire et il était impatient de tirer tout ça au clair. Ajoutons à ça le cadre idyllique, la présence des deux jeunes filles – les jeunes femmes sont toujours influençables, il n'aurait donc pas de mal à s'imposer comme capitaine de cet équipage improvisé – et le logement gratuit, il était vraiment au paradis ! L’œil brillant, il esquissa un léger sourire à peine visible. Le capitaine Syd' partait à l'abordage.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mar 12 Mai - 9:46

Anastasia qui ne connaissait de Dreamland qu'Ellipse, Techyo et les Mécanoplaines scrutait, tout en marchant, le paysage environnant avec de grands yeux étonnés, tournant la tête de ci de là telle une girouette.
Ici il faisait doux. Elle remonta les manches de son blouson laissant apparaître sur son avant-bras droit la petite plaque de métal bleu clair auréolée d'une fine cicatrice blanchâtre, souvenir de la guerre des machines.
Un peu derrière elle, une jeune fille de type Asiatique, jolie, fine, se dirigeait comme elle vers la calèche sans chevaux devant laquelle était posté un jeune homme habillé ou déguisé en pirate. Elle lui envoya un sourire discret mais cordial.
Arrivée à hauteur du jeune homme, elle fut accueillie par un bonjour froid, sans expression qui manifestement faisait tout de même preuve de galanterie en les laissant s'assoir les premières.
Anastasia murmura un bonjour timide en réponse et s'installa.
L'homme n'était pas bavard; cela tombait bien: Anastasia n'avait aucune envie de parler, encore moins d'engager une conversation, elle était tendue comme à chaque fois qu'elle était confrontée à l'inconnu.

La calèche fila sans chaos comme mue par le vent et s'arrêta devant un cercle dessiné par un rayon de lumière où se tenait... Un Ancêtre d'Edem ? "non" pensa Anastasia, "ce serait de la folie !"
Le Cocher-du-Vent le présenta comme étant le gardien de Ketheriah et ses yeux se levèrent vers le ciel pur, à peine orné de quelques petits nuages. Instinctivement la jeune femme suivit ce regard et aperçut quelque chose comme une petite île flottant loin au-dessus des rares cirrus.
Béate devant un tel spectacle, seul un "Monde de merde" prononcé par le pirate vint percuter ses neurones en ébullition.
Déroutée, elle regarda vivement autour d'elle afin de chercher l'indice merdique d'une telle situation. Non seulement elle ne vit rien mais se sentit attirée vers le gardien comme un appel intérieur.
Elle avança, en même temps que les deux autres.
L'homme à la peau d'ébène ne bougeait pas mais elle eut la sensation que ses yeux d'or pénétrait jusqu'aux tréfonds de son âme.
Elle décida d'ouvrir en grand son Livre Spirituel, y compris les pages sombres, afin que l'homme puisse le feuilleter à sa convenance. Il y nota ses consignes et tout se passa très vite: l'épée flamboyante, le tube qu'ils empruntèrent à l'intérieur duquel la jeune-femme eut l'impression désagréable de passer en une seconde de la taille 36 à du 12 ans fillettes, le cercle de verre au-dessous duquel... Non, elle ne regarderait pas ! Une flopée de marches et une grande pièce où les attendaient trois personnes étranges, splendides.
Déconcertée, elle laissa passer le jeune homme, se rapprochant spontanément de la jeune fille et eut le temps d'apercevoir les mots gravés au sol avant que la personne blonde prenne la parole pour leur souhaiter la bienvenue. Elle ne répondit pas à la question sur le confort de leur voyage: quelque chose la tracassait. SOF et SOF OHR avaient tous deux une faute d'orthographe.
Elle n'eut pas le temps de réfléchir au problème, la personne se présentait. Ainsi, c'était un Ange... Etaient-ils au Paradis ?
Tout n'était que merveille de beauté et de pureté à tel point qu'elle baissa la tête quand les Anges sur le parvis la dévisagèrent; elle se sentait sale et noire face à tant de lumière et osa à peine regarder le Dieu. Toutefois, cette impression fut chassée assez vite; il se dégageait d'Ariel une aura d'amour intense qui la rassura.
Immanquablement le dédale de couloirs lui fit penser à la base des robots. Son visage s'assombrit en pensant à Joan, Ron, Andrew et surtout, Edem... Etaient-il là à présent ?

Quand ils pénétrèrent dans la salle circulaire où quelque temps encore se tenait la Coupe, elle eut le souffle coupé par la multitude de symboles ésotériques, allant même jusqu'à se chevaucher dans un désordre peut-être qu'apparent. Elle se pencha pour les examiner, en vain; contrairement aux trois mots dont il lui avait été aisé de deviner la signification, ceux-là étaient totalement hermétiques.
Levant les yeux au plafond, le petit point noir au milieu lui fit immanquablement penser à un livre dont elle lisait régulièrement les premières pages comme on savoure un loukoum. L'auteur y décrivait le Pendule de Foucault d'une manière très particulière.
Nageant avec délice dans cette poésie, c'est ce moment que choisit le pirate pour lui glisser à l'oreille son énormité. Elle faillit éclater de rire alors qu'Ariel d'une voix sombre expliquait les circonstances du vol. Elle se retourna vivement et croisa le regard de l'Asiatique. cela ne fit que décupler son envie de fou-rire. le visage cramoisi par la retenue, elle se mordit les lèvres afin de reprendre ses esprits mais quand elle entendit le jeune homme prononcer "il doit bien y avoir un indice" Anastasia passa du rouge tomate au blanc livide: la petite phrase avait débloqué des informations qui étaient jusqu'à cet instant emprisonnées dans son subconscient.
Kether-iah, ain/ain sof/ain sof ohr, Ariel... La coupe d'Ether impossible à dérober par le commun des mortels... Kether, surtout.

Elle leva vers Ariel des yeux emplit d'effroi, priant, suppliant le vieux Dieu pour qu'elle se soit trompée dans son raisonnement, maudissant le jour où elle avait ouvert le premier livre d'ésotérisme; espérant que l'Ange saurait lire dans ses pensées et répondrait d'un ton rassurant: "non, c'est une fausse piste".
Allaient-ils devoir prendre le chemin que "nul ne devraient arpenter sous peine d'être détruits" ? Qlipah clignotait en rouge dans le cerveau de la jeune femme.

Afin d'avoir un semblant de réponse, elle osa poser timidement, d'une voix blanche, une question détournée à Ariel: Pensez-vous que la Coupe d'Ether aurait pu être dérobée par quelqu'un habitant un lieu... contraire au vôtre...Comment dire... Quelqu'un qui viendrait... d'un côté obscur?.
Dans les yeux d'Anastasia l'Ange pouvait lire: "s'il-vous-plait, dites-moi que c'est impossible..."

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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 13 Mai - 12:24

Yoake avait traversé la plaine félicité pour rejoindre Gloutoniskaïa, arrivée au point de rendez-vous elle put rencontrer les personnes avec qui elle devait travailler pour se Job. Le pirate marmonna un bonjour à son approche et la femme brune y répondit immédiatement. Yoake, elle essaya de paraitre plus polie et dit alors « bonjour » dans un sourire.

Après avoir découvert Gloutoniskaïa en arrivant, la charrette qui avançait sans chevaux n’avait rien d’étonnant. Elle s’installa donc et prit le temps de réfléchir dans quoi elle s’engageait. Bon, il était un peu tard pour y réfléchir, mais au moins gagnait-elle en détermination. À eux trois, il pourrait bien retrouver la coupe d’Ether.

Elle s’attendait malgré tout à en prendre plein les yeux et ne fut pas déçu en sortant la charrette, elle découvrit le gardien, et cligna plusieurs fois des yeux cherchant à voir si c’était elle qui le rendait ainsi. Mais il avait tout d’un ange les ailes en moins. Elle suivit alors Sydney et Alicia et sentit ses yeux dorés regarder en elle comme dans un livre. Elle ne pouvait rien lui cacher et elle ne tenta pas de le faire. Elle fut donc invitée à entrer dans le cercle lumineux et eu tout juste le temps d’apercevoir l’épée et les signes mystérieux avant de se faire aspirer. Elle ferma les yeux espérant que tout ce passe vite et les rouvrit quelque seconde plus tard.

Ses yeux sombres en amandes fixaient chaque détail des inscriptions sur le sol, des trois êtres qui se tenaient devant elle, et même la hauteur qu’ils avaient prise en quelques secondes. Elle avança doucement, non pas qu’elle doutait de la solidité du disque de verre. Mais elle avait la désagréable sensation de pouvoir tomber n’importe quand.

Ariel les salua et Yoake rendit son salut d’un signe de tête, elle ne voulait pas reproduire un geste dont elle ne connaissait pas la signification exacte.

Au signe d’Ariel, ils les suivirent et la jeune femme porta son regard autour d’elle s’étonna des matériaux de fabrication et surtout de la beauté des lieux. Elle sentit alors qu’on les regardait et leva les yeux sur les anges, elle entendit les parole d’Ariel et se permit alors un sourire rassurant envers leurs hôtes et suivit à nouveaux leurs guides dans les dédales du couloir.

Elle fit ainsi connaissance de leur dieu et son regard se fit triste, ils ne pouvaient pas le laisser comme ça, elle imagina un instant l’île s’écraser sur la plaine, mais secoua rapidement la tête. La personne qui avait volé la coupe était-il au courant de ce qu’il allait arriver à ce monde ? Possible…Elle fit ainsi connaissance de leur dieu et son regard se fit triste, ils ne pouvaient pas le laisser comme ça, elle imagina un instant l’île s’écraser sur la plaine, mais secoua rapidement la tête. À regret, elle laissa le dieu au bon soin de son peuple et suivit le groupe jusqu’au lieu où se tenait la coupe d’Ether.

La salle circulaire était magnifique, et Yoake regarda les signes ésotériques, était-ce la base de leurs magies ? Surement, mais alors une personne qui avait connaissance de cette magie pouvait aisément contourner son pouvoir, après tout, il suffisait juste de reconnaitre les symboles. Bon d’accord la tâche n’était peut-être pas facile comme le disait Ariel, mais elle restait possible.

Elle laissa ses compagnons poser leurs questions : Sydney avait raison de demander à quoi ressembler la coupe était-elle fait de matériaux précieux ? Était-elle tellement simple que seul le pouvoir était intérressant. Elle posa alors son regards sombre sur Anastasia, qui demandait si il existait l’opposé de ce monde du moins c’était l’idée qu’avait saisi la japonaise. A son tour elle se tourna vers les trois anges.

-Je vous remercie de la confiance que vous placez en nous, mais j’ai moi aussi quelques questions.

Elle savait que ce qu’elle allait dire n’allait pas plaire, mais elle ne pouvait pas ignorer cette question :

- Dites-moi est que la coupe d’Ether peut rendre n’importe qui immortel ? Même les humains ?


C’était surement un sacrilège, mais pour trouver un voleur, il fallait connaitre la raison de son vol. et pour le moment, elle était inconnue.

- Est-ce que l’on peut avoir la liste des personnes qui sont entrées où sorti de Ketheria? Ses derniers mois ? De préférence avec leurs statuts, et la raison de leurs présences ici.

Bien sûr, ce serait surement très long, mais cette liste pouvait les aider surtout que comme il l’indiquait. Passer par le gardien était la seule possibilité de rentrée et sortir, bizarrement Yoake avait l’impression que le voleur se trouvait toujours sur place à attendre le bon moment pour sortir, mais dans ce cas-là…

- Vous dites avoir senti la coupe disparaitre, mais sentez-vous sa présence quand elle est proche de vous ?

C’était beaucoup de questions différentes qui pouvaient en perdre plus d’un. Mais Yoake comptait sur son intelligence pour emmagasiner un maximum d’informations pour ensuite trouver la solution au plus vite : le temps était compté.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Jeu 14 Mai - 21:10

Les questions de sydney et Anastasia déstabilisèrent toutes les deux Ariel, mais pour des raisons bien différentes. Il parut attendre, comme s'ils allaient apporter plus de précision à leur requête, mais ce n'était visiblement pas le cas. Leur faire parvenir une image de la coupe ? Enfin...

- Je devrais pouvoir vous trouver une représentation de la Coupe d'Ether oui, repondit-il d'un air hésitant, mais soyez sûr que vous la reconnaîtrez en la voyant.

Aux yeux des habitants de Ketheriah, tout le monde savait à quoi ressemblait leur trésor. Il était difficile d'imaginer quelqu'un qui n'en ai aucune idée, mais cela l’était encore plus de comprendre la question de l'aînée des enquêteurs. Les notions d'anges, de démons, de paradis et d'enfer étant propres aux humains du monde réel, Ariel ne voyait absolument pas à quoi la jeune femme faisait référence en parlant de lieu « contraire ». Son beau visage trahissait son trouble candide quand il lui dit :

- Excusez-moi, je ne vois pas ce que vous voulez dire... contraire à nous ? Enfin... Les gens font partie de cette cité, ou pas, mais nous n'avons jamais reconnu certains peuples comme étant nos « contraires »... Je ne peux vous éclairer sur ce point, désolé. Quant à savoir si le voleur pourrait pratiquer ce que nos voisins de Gloutoniskaïa appellent la « magie noie »… je suppose que c’est possible.

Au moins, les interrogations de l'autre jeune femme étaient à la portée du maire. Il la regarda avec un léger sourire et entreprit de répondre avec autant de sincérité que possible.

- L'histoire dit que notre ville est née de la rencontre entre notre Dieu et la Coupe d'Ether. Personne d'autre ne l'a utilisée, on ne sait pas de quels pouvoirs disposera la personne qui l'a dérobée. Nous sentons effectivement la présence de la Coupe en temps normale mais là... c'est comme si nos sens étaient brouillés. Impossible de la repérer.

Ariel fit quelques pas, pensifs, puis indiqua finalement la sortie d'un geste courtois signifiant qu'il laissait ses invités passer devant.

- Si vous le voulez bien, je vais vous montrez vos appartements. Le temps que vous vous installerez, je me procurerai ce que vous m'avez demandé.

Il ferma la marche derrière ses assistants et tout ce cortège emprunta à nouveau les différents sous-sols du palais. De retour dans les pièces principales, ils traversèrent à nouveau le grand hall épuré pour se diriger vers une porte discrète qui donnait sur les jardins. Là, au milieu de parterres de fleurs surplombées par des statues de craie, un petit sentier en gravier rose serpentait vers un pavillon à trois étages aux murs immaculés. Les contours des fenêtres, ainsi que les poignées de porte, semblaient être en argent. A peine furent-ils entrés que plusieurs jeunes voix résonnaient dans ce qui était une salle commune avec tout le confort imaginable. Les étudiants de Gloutoniskaïa débattaient avec fougue d'une théorie selon laquelle un sorcier du nom de Wingald Tourdemain avait trouvé un sortilège qui ouvrait des passages entre les mondes. Quand ils virent Ariel, ils stoppèrent immédiatement leurs argumentations et le saluèrent avec respect. Tous portaient des robes de sorciers bleu nuit ou pourpre, avaient la vingtaine d'année, et arboraient des expressions décontractées, sauf deux garçons roux à la mine un peu renfrognée - voire angoissée.

- Bonjour, lança le maire, je vous présente les personnes qui vont nous aider à découvrir l'identité du voleur. Ils vont loger dans le dortoir du troisième étage pendant leur enquête, je vous prierais de ne pas trop les perturber dans leur travail.

Il eut un sourire complice et traversa la pièce remplit de poufs, canapés et autre table pour rejoindre un escalier à la rampe d’airain qui grimpait jusqu'à un dortoir de 7 lits. Plus longue que large, la pièce était parfumée par une discrète odeur de rose, les draps blancs étaient impeccables, le soleil se déversait copieusement par les grandes fenêtres.

- Les sanitaires et la salle de bain sont au bout de la chambre, précisa Ariel en désignant une porte à l'opposée de celle par laquelle ils étaient entrés, installez-vous, n'hésitez pas. Oh oui, reprit-il alors qu’il s’apprêtait déjà à prendre congé, vous auriez bien entendu autant accès que nécessaire à la pièce sacrée.

Il s'éclipsa en inclinant légèrement la tête, laissant les voyageurs prendre possession de leur chambre. Une quinzaine de minutes plus tard, un assistant se présentera avec un magnifique tableau représentant une Coupe au pied d'argent décorée de motifs complexes et au contenant en cristal. Une lueur bleutée enchanteresse était représentée à l’intérieur, sans doute le plus fidèlement possible, mais on devinait que la vraie était plus éblouissante encore. Aussi, il donnera à Yoake un parchemin avec le nom des personnes étrangères qui avaient visité la ville au cours des 6 derniers mois :

ENCORE SUR PLACE :

Mathilda Slivering – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Damian Donovan – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Elisa Bagueise – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Albus Harold – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Viktor Dessay – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Mickaël Dessay – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Zecko Poivre – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Edmond Sortes – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Megane Hunt – Etudiant à l’université de Gloutoniskaïa – Stage
Minerva Atcturus – Professeur d’ensorcellement à la retraite – renseignements sur les enchantements locaux


REPARTIS :

Severus Artur – Professeur de l’université de Gloutoniskaïa – signature d’une convention de stage
Antonin Grale – Professeur de l’université de Gloutoniskaïa – écriture d’une thèse
Victoire Heleonor – Centre culturel magique de Gloutoniskaïa – préparation d’une exposition
Melanie Meyrah – Spécialiste des artefacts magiques – mise à jour de son répertoire avec a Coupe

C’était en soi une chance que Ketheriah ne soit pas une cité à vocation touristique  Au moins, la liste n’était pas bien longue.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Sam 16 Mai - 9:57

Le pirate fut quelque peu déstabilisé par le désarroi de son hôte mais en une fraction de seconde, il prit ce sentiment à contre-pied et s'affirma, montrant un air sûr de lui et fixant Ariel droit dans les yeux. Ce n'était pas un imbécile incapable de prendre soin de son verre à champagne qui allait rendre mal à l'aise Sydney Miles ! Et puis en tant qu'enquêteur, il était certain qu'il avait besoin de savoir à quoi ressemblait leur relique.

Apparemment, les deux autres avaient elles aussi beaucoup de questions et c'était normal. Mais les anges auraient-ils les réponses à toutes les questions que leur trio pourrait se poser pendant toute l'enquête..? Il était très probable que non, sans quoi l'affaire serait déjà classée.
Les interrogations de la chinoise étaient très bonnes, selon le corsaire. Bien meilleures que celles délirantes de la fanatique des Illuminati dont les élucubrations kabbalistiques arrachèrent un râle exaspéré au jeune homme. Tant de conneries ésotériques, c'était bon pour les gosses de 14 ans !

Les données étaient encore trop infimes pour qu'aucune conclusion concrète ne puisse être tirée mais le capitaine parano' avait le sentiment qu'Ariel ne leur disait pas tout, sans savoir si ce sentiment était légitime ou non – et il s'en fichait, en fait. Suspicieux, il accepta cependant de quitter les lieux du crime pour se diriger vers leurs appartements.
- J'aurais au moins espéré qu'on ait nos propres quartiers... On doit comprendre quoi, là ? On est au même niveau que des stagiaires ? Sympa, le sens de l'hospitalité.
Il était déçu... et outré. Pour lui, c'était un manque de respect, un manque de confiance. On ne les reconnaissait pas à leur juste valeur. La cité des anges était gigantesque, d'un point de vue humain. Écrasante, même ! Qu'on n'essaye pas de lui faire croire que toutes les chambres étaient prises parce que ce serait un mensonge éhonté. Ils préféraient réserver leurs chambres aux vrais hôtes de luxe, voilà tout ; voilà leur véritable motivation pour les cloîtrer dans un poulailler. Et avec des magiciens, en plus de ça ! Superbe.

Il prit tout de même le temps de saluer les stagiaires d'un signe de tête. Ces gens n'étaient pas comme lui et il ne souhaitait pas s'y mélanger, mais la cohabitation semblait inévitable au moins pendant le temps de leur job alors il valait mieux ne pas se mettre tout le monde à dos. Il remercia également Ariel pour sa coopération : avoir accès à la salle sacrée était une nécessité, une condition sine qua non au bon déroulement de l'enquête. Leur refuser aurait propulsé Monsieur Serein en tête de classement des suspects.

Une fois (relativement) seuls, Syd' se tourna vers ses deux charmantes collègues et trouva judicieux d'en terminer une fois pour toutes avec les présentations. La dernière fois qu'il avait refusé de donner son nom, c'était à Eve et Jonh.. et ils l'avaient bien évidemment mal pris, parce que quand on est coincé dans ses petites habitudes sociales, on a du mal à accepter les réalités de la vie et des dangers dreamlandiens. Le pirate espérait secrètement que les deux voyageuses qu'il avait en face de lui seraient moins stupides.

- Bon, finissons ça au plus vite : je suis le capitaine Sydney Miles mais vous pouvez m'appeler « Capitaine », c'est plus court et moins convivial : tout bonus ! Par défaut, toi tu es « la chinoise » et toi « l'illuminati ». Je vous dis ça parce que vous avez le droit de ne pas me donner votre nom, auquel cas vous répondrez de ces surnoms, au moins vous êtes prévenues...
Il agrémenta sa tirade d'un haussement d'épaules sceptique. La réaction de ses acolytes devrait lui donner un aperçu de leur caractère, il pourrait ainsi établir un bilan assez clair de sa situation sur l'échelle ouverte du Voyageur. Entre 1 et 4, il serait « pas trop dans la merde ». Au-delà de 4 et jusqu'à 8, « pas sorti de l'auberge » et au-delà de 8 : « on va tous crever ». La dernière fois, à Atlantis, on devait être grimpé de 7 à 12 ou un truc gentillet du genre.

- Je propose deux choses : la première, c'est qu'on aille interroger les étudiants ou qu'on prenne congé parce que je ne leur fais pas confiance du tout. La seconde, c'est qu'on profite de notre congé pour faire un brainstorming des coupables potentiels, des raisons qui auraient pu pousser X ou Y à commettre le vol et les moyens employés. Croyez-moi : je suis un expert là-dedans... mais il faudra me faire confiance, c'est tout ce que je vous demande.
Son sourire ne trahissait aucune inquiétude et se voulait rassurant, du moins en théorie. Il tenait vraiment à s'assurer que les filles étaient de son côté et il tenait tout autant sinon plus à prendre la tête des opérations. Comme à chaque fois qu'il était confronté à des inconnus, le boucanier avait pour réflexe de s'imposer en tant que leader, ce qui trahissait en fait un manque de confiance en lui que ses années de solitude avaient accentué. De son point de vue, en revanche, c'était prendre le risque de devenir une cible mais garantir que les choses seraient faites à SA manière sans qu'il ait trop à se mouiller puisqu'il comptait « utiliser ses boucliers humains » pour aller au-devant du danger à sa place. Il était si intimement convaincu du bien-fondé de cette réflexion que les débats n'avaient jamais servi à rien d'autre qu'à le braquer.

En vérité, il ne s'y connaissait pas du tout en enquête et n'avait résolu que celles des feuilletons TV et des jeux vidéos qu'il avait à sa disposition, mais cela ne lui effleura même pas l'esprit. Son approche agonistique des choses et des relations humaines ne lui faisait voir que les scenarii catastrophe dans lesquels il aurait à se défendre. Ainsi, il gardait toujours à sa ceinture sa dague magique, son fouet d'obéissance et sa couronne de Méduse ; hors de question de laisser ces objets dans son sac, même pour dormir !

Tout en écoutant les 'présentations' de ses collègues, il en profita pour retirer son sac à dos de ses épaules et le posa par terre pour en fouiller le contenu. Il en sortit un petit livre à la couverture en cuir qu'il déposa dans les mains d'Anastasia en lui disant :
- Tiens : un peu de lecture. Ouvre-le, tu peux le feuilleter autant que tu veux. C'est pour prouver que je suis un bon enquêteur.
Dans le livre, quelques pages étaient remplies de noms et de données diverses plus ou moins variés sur les personnes, comme par exemple un petit listing des bonnes et mauvaises actions.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Dim 17 Mai - 16:47

Entourée de gens inconnus, la dépendante affective scrutait d'instinct les comportements et réactions des autres, ses principaux soucis étant: "est-ce que je ne gêne pas ?, suis-je acceptée ?, me reconnait-on ?, ne va t-on pas m'abandonner ? ne va t-on pas me détester ? va t-on se moquer de moi ?"
Ariel ne lui posait pas trop de problème, il l'avait choisie parmi d'autres ce qui prouvait qu'il s'était penché sur sa lettre de motivation de manière positive; il était gentil et surtout, il était une sorte de chef; il lui suffirait de faire son travail correctement, sans remous et tout irait bien.
La jeune fille Asiatique l'embarrassait un peu. A part un "bonjour" souriant et poli, elle n'avait pas eu l'air de s'intéresser à elle.
Ses questions étaient très pertinentes, il était indéniable qu'elle était intelligente mais elle semblait très sûre elle, presque catégorique, trait de caractère qui intimidait - voire - qui lui faisait peur.
Le jeune homme était surprenant, elle ne savait qu'en penser. Il semblait chaleureux mais présentait un aspect froid; il désirerait la confiance des autres mais n'avait pas l'air de faire confiance; par contre il était drôle et en plus, c'est vers elle qu'il avait glisser sa boutade sur le vieux dieu; ce détail était de la plus haute importance pour la jeune femme: elle existait, il l'avait remarqué; cela la rassura d'autant qu'il avait l'air de vouloir se positionner en leader; ce type de réaction - dont elle était incapable - la rassura.
Quelle ne fut pas sa honte quand elle entendit le pirate pousser un grognement d'impatience ou de mépris à ses questions ésotériques. Et quand Ariel lui répondit elle se transforma en pivoine.
Elle baissa les yeux et se ferma. Elle avait encore été stupide et ridicule sa mère avait raison: elle était haïssable et sans aucun intéret.
Elle regretta d'être allée ici sans Selene; avec elle, elle savait être forte.
Elle se souvint malgré tout qu'elle avait postulé à ce job pour avoir de l'argent afin d'acheter des objets qui lui permettrai de protéger sa jeune amie. Cette pensée la ragaillardit un peu; elle reprit le cours de la conversation.
Au moins une chose était sûre: le voleur ne faisait pas partie de ceux qui représentent les sephiroth de l'arbre de mort. Il n'auraient pas combattre un dragon roux à 7 têtes et 10 cornes... Elle en fut bien rassurée !

Tandis qu'elle pensait et écoutait à la fois, ils avaient traversé un superbe jardin et se retrouvait dans une salle commune où elle salua timidement les stagiaires. Les jeunes gens répondirent avec un large sourire lumineux sauf deux qui restèrent maussades.
Evidemment la jeune femme ne vit que ces deux là: pourquoi faisaient-ils la tête ? s'étaient-ils disputés ou étaient-ils mécontents de leur venue ? ou pire: étaient-ils indisposés par sa présence ?
déstabilisée elle ne jeta qu'un vague regard au dortoir qui de toutes façons était simple. Au moins ici avaient-ils un lit et des repas; rien à voir avec la M.E.R.D.E. qui ne leur avaient même pas fourni une bouteille d'eau.

Quand ils furent seuls, le silence gêné ne dura pas longtemps. le jeune homme se présenta et voulait qu'on l'appelle...Capitaine ! Anastasia trouvait que cela faisait vieux chnok édenté et décida qu'elle l'appelerait Sydney malgré tout mais quelle ne fut sa surprise quand il imposa 'un surnom pour elles deux.
Vexée et furieuse elle répondit sans ambages: Illuminati ? n'importe quoi ! c'est comme si je t'appelais marin d'eau douce ! mon nom est Anastasia Waitten mais on m'appelle souvent Ana, c'est plus court.
Pour ce qui était de lui faire confiance, la jeune femme n'y voyait pas d'inconvénients à condition qu'il ne les envoient pas à la catastrophe et au pire... elle avait son pouvoir.
Elle repensa à Julian qui aimait tellement être anormal qu'il avait passé son temps à les mettre en danger. Elle espérait vivement que le pirate ne soit pas du même acabit.
Tandis que la jeune Asiatique se présentait, Sydney lui tendit un livre. Anastasia fut émue par ce geste et l'accepta avec un grand sourire: comment avait-il deviné qu'elle aimait les livres ?
elle caressa la couverture plein cuir plus de 10 secondes: elle aimait le contact du livre ancien entre ses doigts, le feuilleta et découvrit une liste de noms qui lui étaient inconnus, leurs pouvoirs, leurs traits de caractère suivis d'une liste de bonnes et mauvaises actions.
Cela semblait très personnel et n'osa pas se pencher sur les détails. Arrivée à la partie vierge de l'ouvrage elle se prit à songer à ce qui pourrait bien être écrit si le jeune homme prenait la peine de noter des choses sur elle... "Jeune femme très intéressante, intelligente et sympathique" ? elle en doutait fort et penchait plutôt vers: "jeune femme normale, ennuyeuse, sans aucun intéret..."
Elle rendit le carnet à son propriétaire en balbutiant un merci gêné.

Pour ce qui était d'interroger tout de suite les stagiaires, elle n'était pas chaude et répondit: je préfèrerais qu'on fasse d'abord un brainstorming, qu'on se mette d'accord sur une liste de questions à poser avant d'aller interroger les jeunes gens, qu'en pensez-vous ?
Anastasia était loin d'être une Sherlock Holmes: elle ne devinait jamais les meurtriers ni dans les films ni dans les livres, elle était mauvaise stratège et possédait une logique très particulière.
Par contre elle était très observatrice des détails et des émotions des gens.
Elle continua: de toutes façons, cette coupe a été volée soit par quelqu'un qui connait son pouvoir et veut s'en servir soit par un tueur en série, c'est à dire quelqu'un qui veut perpétrer un génocide: anéantir ces gens pour une raison inconnue. Et... si lui même fait partie de ce peuple, on pourrait dire qu'en plus c'est un kamikase... Qu'en pensez-vous ?
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Lun 18 Mai - 14:09

La japonaise écouta attentivement les réponses évasive d’Ariel, cherchant à en déduire quelques indices. Par exemple la coupe d’Ether n’était pas une simple coupe, n’importe qui en voyant cette objet aurait vu sa puissance, il fallait donc ne pas chercher de raison précise. De plus les habitants de Ketheriah n’avaient aucun ennemie connue d’après la réponse qu’il donnait à Ana. Cela confirma l’impression qu’elle avait… Il devait s’agir uniquement de voler la coupe, la destruction de cette ile n’est qu’une malheureuse conséquence.

Alors Ariel se tourna vers elle pour répondre à sa question, ses pouvoirs sont inconnus…et la coupe aurait mystérieuse disparue comme sur un radar à la sortie du palais. Une coupe qui pouvait rendre un dieu immortel pouvait avoir un grand pouvoir aux mains d’un être humain, pourquoi ne s’en était-il pas encore servit ? Pourquoi personne ne ressentait sa présence ? Un sort ? Ou un artefact permettant de la cacher ? Mais cela n’empêchait pas le passage du gardien. La coupe serait-elle vraiment ici ?

Ariel leurs proposa alors de les amener dans leurs quartiers et la japonaise accepta : il était peut-être temps de partager leurs impressions avec Ana et Sydney.

Sydney souhaitais apparemment de meilleurs quartiers, mais Yoake ne répondit pas, après tout une chambre avec un lit et une salle de bain était amplement suffisant, à coté de tout ce qu’elle avait vécu jusque-là. Ils traversèrent ainsi un magnifique Jardin qui émerveilla la japonaise et entrèrent dans la salle commune de l’université. Ils furent alors présentés aux étudiants et Yoake les salua d’un geste avant de suivre ses coéquipiers au troisième étage. Elle avait néanmoins remarqué l’air sombre et angoissé des deux êtres roux et plaça cette information de côté.

La japonaise posa alors son sac à dos contre un lit et vérifia que toutes ses affaires étaient bien en place. Quand Sydney lança les présentations d’une drôle de façon, outre le fait qu’il souhaitait être nommé capitaine, il avait déjà trouvé des surnoms aux jeunes femmes alors que leurs mission ne leurs laissait pas forcément le temps de plaisanter là-dessus… Il n’avait pas la trempe d’un capitaine, alors la japonaise se décida à le nommer « Sydney » ce qui était largement suffisant. Elle laissa donc Ana justifier son désaccords… et s’apprêta à faire de même quand quelque chose l’arrêta : ils s’apprêtaient à travailler ensemble autant laissé tomber pour cette fois :

- pour ma part c’est Yoake Akiyo, mais appelez-moi Yoake ce sera plus simple.

Elle écouta patiemment Sydney expliquer les options qu’ils avaient et jeta aussi un œil sur le carnet par-dessus l’épaule d’Ana après tout il ne lui avait pas interdit d’y jeter un œil les lignes d’écritures sur chaques personnes était impressionnantes il aurait pu facilement faire journaliste avec tout ce qu’il avait amassés. La japonaise se demandait même si c’était un de ses pouvoirs s’il pouvait acquérir autant d’information sur quelqu’un. En tout cas ici c’était particulièrement utile il fallait l’avouer. Son sourire s’agrandit et elle s’exclama :

- Impressionnant !

Ana partagea alors son opinion et la japonaise l’écouta attentivement son opinion rappelait un point que la japonaise n’avait pas traité. Est qu’un ange pouvait se retourner contre son propre dieu ? Peut-être arriverait-il même à prendre sa place… Yoake frissonna et prit finalement la parole :

- Personne ne connait l’effet de la coupe sur les non-dieux mais ton avis m’a inspiré une deuxième hypothèse que je n’avais pas encore imaginée possible.

Elle regarda Sydney et Ana avant de poursuivre :

- En fait je pense qu’on peut déjà préparer un profil du voleurs à partir des données que nous avons. Nous pourrons ensuite comparer se profil avec la liste que j’ai demandé. Tout d’abords l’envie de voler la coupe d’Ether, c’est passé une fois à Ketheriah sinon le gardien l’aurait sentit. Ensuite la personne qui la volé pouvait contourner la magie de la pièce du palais donc il devait avoir pas mal de connaissance magique, Une fois le palais passé la coupe à disparu alors que tous les anges ressentait sa présence, le voleur a dû utiliser un sortilège ou un artefact pour faire « disparaitre » la coupe du moins au niveau de la sensation des anges, d’où le fait qu’à mon avis c’est quelqu’un de puissant en magie. Enfin je ne pense pas que la coupe est véritablement quitté Ketheriah, le voleur doit patiemment attendre la limite de temps, le gardien serra ainsi incapable de s’occuper de cette ile qui tombe en ruine.

Elle inspira profondément les laissant réfléchir sur ses hypothèses et continua :

- Enfin à mon avis le voleurs est soit un ange qui veut prendre la place du dieu grâce à la coupe d’Ether, personnellement je ne vois pas ce qu’il peut trouver d’intéressant à perdre ses semblables, je pense plutôt qu’il sauvera la ville au dernier moment. En prenant la place du dieu mort entre temps. Soit il s’agit du homme extérieur au peuple qui veut la coupe pour le pouvoir ou la richesse et il doit mépriser les anges pour voler l’objet qui leurs permet de vivre.

Ses hypothèse étaient complètes et peut être fausses mais c’était l’idée du brain storming peut-être que ça aideraient ses coéquipiers. Elle s’apprêtait à poursuivre son explication quand quelqu’un frappa à la porte, la japonaise partit ouvrir et trouva l’assistant qui lui tendit un parchemin contenant la liste qu’elle avait demandée, il porta aussi un vieux tableau représentant la coupe d’Ether. La japonaise pensa qu’elle était magnifique, mais elle ne s’y attarda pas elle remercia l’assitant et déplia le parchemin sur un lit pour permettre à tout le monde de la voir. Quatre noms lui sautèrent aux yeux Viktor et Mickaël Dessay aussitôt les deux étudiants roux lui revenait en mémoire comme si c’était quelque chose d’évident. Il y avait aussi Minerva Atcturus qui travaillait sur les enchantements locaux, peut-être était-elle capable de comprendre les écritures qui protégeaient la coupe d’Ether, et Mélanie Meyrah qui avait étudié la coupe mais qui était apparemment repartit sans encombres, avait-elle la coupe ? L’hématophobe trouvait tout de suite le défaut de cette liste il n’y avait pas de dates, c’était comme la coupe, quand avait-elle était volé ? La japonaise s’en voulait de ne pas avoir posé ces questions supplémentaires.
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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 27 Mai - 20:19

[HRP : Trop de fautes tue le RP ! J'ai eu un mal de chien à lire et comprendre ce qui était écrit. Merci de vous relire quand vous savez que votre orthographe n'est pas bonne. Pensez aussi à utiliser un logiciel de traitement de texte : ils savent généralement vous indiquer vos erreurs.]

_____________________________________________

Les provocations avaient toujours marché. Peu importe la nature de ces dernières, les réactions suivaient sans délai. Ici, nous avions donc l'archétype de celle qui s'énerve en contre-attaquant. Typique et agaçant. La seconde se faisait plus réservée et cette pseudo mimique du ton que le pirate avait lui-même employé lui fit serrer les lèvres de manière imperceptible : il n'aimait pas ce genre de réaction. Au moins, cela lui avait permis de mieux cerner le tempérament de ses collègues et aucune des deux ne semblait dangereuse, pour ainsi dire. Du moins pas directement.

Ana' et Yoake, donc. La première lisait docilement le carnet tandis que l'autre espionnait par-dessus l'épaule de sa camarade. Qu'elle ne s'inquiète pas : elle serait la prochaine entrée dans le Casier Judiciaire de Sydney. Le corsaire reprit son livre sans adresser aucun regard à la jeune femme à qui il l'avait donné, se contentant de feuilleter les pages jusqu'à tomber sur ce qu'il cherchait :


Anastasia Waitten
30 ans
neutre

T'en penses quoi, toi ?
Loin des yeux, près du cœur


B. A aidé la ville de Techyo à livrer bataille contre les androïdes.

M. A provoqué Julian McMorre

B. A offert un cocktail à Selene Nymphadora.

M. A provoqué Leorio Vardonis

B. A aidé Leorio vardonis à retrouver son ombre.



Quoi, c'est tout ? C'était sincèrement tout ce que le carnet pouvait donner comme information ? Pendant un instant, l'imagination du corsaire lui laissa entrevoir plusieurs possibilités délirantes comme par exemple le fait que le carnet ait mal fonctionné pour une cause X ou Y liée à Ana, ou bien que celle-ci dispose carrément d'un pouvoir rendant le traçage de ses actions impossible. Il n'écarta pas ces idées de son esprit mais préféra concéder pour le moment que la voyageuse pouvait également être une petite nouvelle sans expérience : le carnet aura tout simplement été incapable de trouver ce qui n'existait pas.

Ceci mis à part, l'épisode des robots fit hausser un sourcil inquisiteur au paranoïaque. S'agissait-il de la même histoire qu'avec Liam et Jonh ? Si oui, alors il était manifeste qu'Ana s'était trouvé dans le camp adverse ; qui était l'ennemi, dans ce cas-là ?
La seconde chose qui le fit tiquer fut le nom de Selene. Ainsi, elle voyageait toujours. Ce n'était pas étonnant en soi mais les mains du capitaine se crispèrent de colère sur la couverture de cuir à la simple idée qu'elle puisse se promener ainsi en toute impunité.

Il referma le carnet et se concentra à nouveau sur le brainstorming qui portait déjà ses fruits. La thèse de l'ange qui veut voler la place de Dieu était très intéressante et méritait qu'on la garde sous le coude. Anastasia avait raison également : cette coupe ne pouvait avoir été volée que par une personne consciente des pouvoirs de l'artefact, sinon cela n'aurait aucun sens.

- Eh ben vous avez l'esprit fertile, c'est déjà ça de pris. J'ai tellement l'habitude de travailler avec des crétins que j'étais prêt à vous mettre dans le même panier, figurez-vous. Heureusement que vous savez vous vendre. Tout en parlant, il passa ses mains derrière son dos et profita d'un instant d'inattention de la part des filles pour faire disparaître le Casier Judiciaire qu'il tenait encore. Il n'avait plus de raison de le garder sur lui pour l'instant.
- On a donc un coupable qui connaît très probablement le pouvoir de la coupe et la convoite suffisamment pour la voler. On ne sait cependant pas si cette personne est un ange, une personne extérieure à tout ça ou bien le dieu lui-même. Il va falloir trouver des indices supplémentaires. En tout cas, la coupe n'est pas disparue toute seule, sinon la porte, les sceaux et le gardien n'auraient pas été mis H.S.

Il y avait eu intrusion, c'était certain. Mais pourquoi passer par la porte quand la magie permet de se téléporter instantanément d'un endroit X à un endroit Y ? Le voleur aurait très bien pu apparaître dans la salle, voler la coupe et s'enfuir avant même qu'on puisse le poursuivre. Il devait y avoir une raison mais Sydney était incapable de la cerner pour le moment. De plus, il sentait les regards des étudiants dans son dos. Ils l'observaient, le jugeaient, le méprisaient peut-être même et c'était assez désagréable pour empêcher le pirate au bandana de se concentrer correctement.

Leur briefing fut interrompu par un ange qui leur apporta ce qu'ils avaient demandé. Sydney s'occupa d'abord d'inspecter la toile qu'il jugea de mauvais goût car « trop kitch, trop bling bling ». Cependant, il disposait dorénavant d'une représentation correcte de l'objet et savait un peu mieux quoi chercher. Il aurait en revanche apprécié qu'on lui dise si le tableau était à l'échelle ou bien si la coupe était en réalité plus petite ou plus imposante.
Vint ensuite le tour de la liste. Fouiller les documents administratifs était d'un chiant...
- Meyrah est repartie, c'est dommage. Par contre, on peut encore rencontrer Atcturus : si elle s'y connaît en enchantements, elle pourra nous en apprendre davantage. Oh, et j'ai décidé que c'était une suspecte, également. Quoi de mieux pour passer outre des défenses magiques qu'un expert en enchantements ?

Comme la liste ne l'intéressait pas vraiment, le pirate fut le premier à se redresser, délaissant l'étude du document pour se frotter le bouc, pensif.
Depuis le dortoir, Sydney jeta un œil aux étudiants dont ils s'étaient volontairement éloignés. Tous le fixaient avec un air ahuri. Tous des « intellectuels » pédants et complètement ignorant de la réalité du monde ; des beaufs. Il voyait le mépris dans leurs yeux et se mit instinctivement à les mépriser avec une ardeur qu'il jugeait équivalente à ce qu'il voyait. Les irrespectueux ne méritaient pas son respect.

- Pour ma part, je ne pense pas qu'un de ces marins d'eau douce puisse être responsable du vol. Ce sont des stagiaires, des jeunes cons écervelés : s'ils sont là, c'est qu'ils ont des choses à apprendre et il est donc impossible qu'ils parviennent à commettre un tel crime car leur magie est logiquement bien moindre comparée à celle des anges.

Il fit une brève synthèse de ce qui avait été dit jusque là. De quoi avaient-ils besoin pour éliminer les fausses pistes ? S'il s'agissait d'un ange ou du dieu, alors le coupable était encore sur place. En revanche, s'il s'agissait d'une personne extérieure, la coupe n'était peut-être plus ici. Sydney se fit un petit pense-bête dans sa tête sur lequel il nota : « interroger les anges sur les départs récents ». Avec ça, ils pourraient déterminer si le coupable était toujours sur les lieux du crime ou non et cela aiderait déjà grandement. Ensuite, le mobile : il faudrait interroger le dieu afin de lui demander si n'importe qui peut utiliser la coupe. Peut-être que seuls les anges en avaient le pouvoir, auquel cas de nouvelles conclusions pourraient être tirées.

Peut-être aussi... La mine du corsaire s'assombrit brusquement alors que son cerveau malade établissait un rapport qui n'augurait rien de bon : peut-être que le voleur a commis son crime en sachant pertinemment qu'on engagerait des voyageurs pour mener l'enquête. Pouvait-il s'agir d'une couverture ? D'un stratagème pour les éliminer en même temps que l'île ? La paranoïa s'instillait de manière insidieuse dans les conclusions du capitaine qui devinrent bientôt incohérentes et illogiques sans que lui-même s'en rende compte. Il restait simplement là, austère et silencieux, à contempler les éventualités que son esprit lui présentait.

- Si vous voyez d'autres suspects, dites-le maintenant, histoire qu'on se mette à l'abordage... parce que j'ai l'impression qu'il vaut mieux pour nous qu'on se dépêche de résoudre cette enquête. Et croyez-moi : j'ai du flair pour ce genre de choses.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Jeu 28 Mai - 9:05

Anastasia fut soulagée de constater que la jeune fille n'avait eu aucune remarque désobligeante concernant ses questions occultes. Elle avait même eut l'air de prendre cela comme une simple hypothèse à écarter; ce genre de réaction lui redonna confiance.
Le jeune homme, par contre, n'en finissait pas de l'intriguer: il avait repris le livre sèchement, sans un regard et semblait l'étudier avec grand sérieux, ouvrant de grands yeux ou fronçant les sourcils; qu'y lisait-il donc ?
De plus, il passait son temps à regarder les étudiants avec une impression tantôt méprisante, tantôt suspicieuse. Qu'avait-il ? il semblait parano, y avait-il une raison ? les connaissait-il ?
Tout cela perturbait la jeune femme au point où une idée lui effleura l'esprit: était-il le coupable ? après tout, elle ne le connaissait pas.
La supposition lui sembla peu probable, malgré tout elle décida de se méfier de lui.

L'affirmation sur les preuves tangibles du vol la fit sursauter, elle s'empressa de répondre: Je ne me souviens pas qu'Ariel nous ait dit que la porte, le sceau et le gardien étaient H.S... D'où tiens-tu cette information ? puis elle ajouta: C'est très important car cela nous permettrait d'écarter l'hypothèse de disparition "naturelle" de la coupe.
Sentant que Yoake et Sydney ne comprenaient pas trop son raisonnement, elle précisa: Disons... La coupe aurait pu disparaître à cause de circonstances météorologiques spéciales ou suite à un alignement de planètes rare, par exemple, qui provoqueraient une sorte d'escamotage temporaire des pouvoirs de la coupe et empêcheraient même de la voir. dans ce cas, l'idée de vol serait écarté.

Le cerveau en ébullition, Anastasia tournait en rond dans la pièce.
Elle regrettait son manque d'expérience de la vie. Solitaire par obligation (elle n'avait jamais su tisser des liens d'amitié) ses seules références étaient livresques et elle avait tellement lu qu'elle finissait souvent par croire que les histoires narrées au fil des pages étaient la réalité.
Mentalement elle fit le parallèle entre la fiction et cette enquête.
Elle avait eu l'occasion de se pencher un certain nombre de polars et en avait tiré des conclusions qui pourraient servir au débriefing. Elle reprit la parole:
Je ne suis pas d'accord avec la décision d'éliminer les étudiants, le ou les coupables ne sont jamais ceux qu'on croit.
Ok, ils n'ont peut-être pas le niveau mais qui dit qu'un d'entre eux n'a pas été un des exécutants ou un pion manipulé dans cette histoire ?
Il faut chercher dans le sens: "à qui profite le crime" et là, je crains qu'on soit obligés d'allonger la liste des suspects et d'en écarter aucun sans preuve matérielle.


Le jeune femme cru sentir une onde négative de la part de ses collègues ou tout au moins une certaine forme d'impatience.
Qu'importe, elle avait le sentiment que ce qu'elle pensait était important et si son rôle devait se cantonner à ne formuler que des hypothèses à éliminer d'office, elle le tiendrait; après tout, il fallait bien que quelqu'un s'y colle !
elle continua:
Reprenons notre périple à son début: qui avons-nous croisés ?
un cocher. Qui est-il ? le voleur pourrait justement être une personne qu'on oublie très vite tant il revêt peu d'importance à nos yeux...
Ensuite, le passeur. Quel place tient-il dans cette cité ? où est-il à présent ? quelle est sa puissance?
Arrivés ici, nous avons été accueillis par Ariel. Parfois, le voleur se trouve être justement celui qu'on pense être au-dessus de tout soupçon, or, aussi gentil soit-il, il m'a paru bien évasif dans ses explications... Rien ne prouve qu'en son for intérieur il ne cache pas une soif de pouvoir ? une rébellion contre son dieu ?
il était accompagné de deux anges. Encore une fois, qui sont-ils exactement ? les présentations ont été brèves. Est-ce que j'oublie quelqu'un ?
demanda t-elle en regardant tour à tour l'un et l'autre.
Je pense qu'il pourrait être intéressant, en plus des questions évidentes, de demander à chacun ce qu'il pense des autres. Que pensent les étudiants d'Ariel ? que pensent les anges du passeur ? que pensent du cocher ceux qui vont et viennent ? etc...

Après réflexion elle ajouta:
je ne suis pas satisfaite des renseignements d'Ariel... je propose que nous dressions également une liste de questions plus pointues et que nous la lui soumettions.

La jeune femme avait beaucoup parlé, elle s'en étonna elle-même: ce n'était pas dans ses habitudes mais elle avait la conviction qu'il ne fallait rien négliger.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Lun 1 Juin - 10:54

Yoake écouta les réponses d’Ana et de Sydney, essayant de noter chaque détail de leurs opinions, tout en jetant un coup d’œil discret aux étudiants. Il ne fallait peut-être pas donner de nom devant eux et faire preuve d’un peu plus de discrétion. Les réflexions d’elle et de ses compagnons pouvaient créer un cercle de suspicion auprès des étudiants. S’ils savaient, qui ils suspectaient ? Prendrait-il le risque de répondre à leurs questions ?

Car la Japonaise n’avait pas tout de suite écarté la thèse qu’un étudiant soit responsable de cet acte, et même, s’il n’était pas responsable, il savait déjà plus de chose qu’eux trois réunit. Il ne fallait pas les négliger.

Sydney semblait sûr de lui concernant les personnes à écarter ou les suspects, c’était comme s’il savait quelque chose qu’eux ne savaient pas encore. De même, son carnet en était presque effrayant, comment avait-il pu obtenir autant d’informations sur chaque personne ? Est-ce-que c'était son pouvoir ? Toujours est-il que les compétences du pirate allaient être utiles dans cette enquête. Mais l’hématophobe avait la forte impression qu’elle n’obtiendrait rien de lui, s’il n’était pas d’accord avec son point de vue.

Anastasia parla d’une disparition naturelle, mais Yoake n’y croyait pas, c’était trop parfait, les anges n’ont rien senti, pourtant, ils connaissaient leur environnement, s’il y avait eu des disparitions naturelles ça se saurait. Par ailleurs, Ana confirma ses pensées en disant qu’il ne fallait écarter personnes que ce soit les étudiants ou Ariel lui-même. La Japonaise frissonna en regardant une possible réaction des étudiants, s’ils apprenaient qu’ils soupçonnaient le maire de Ketariah que ferait-il ?

Elle ne fit aucun commentaire et leva finalement les yeux sur ses deux comparses. Une fois qu'Ana eut terminé, elle prit la parole espérant ainsi faire bouger les choses :

- Je pense comme Sydney qu’on devrait commencer maintenant, on n’a pas suffisamment d’informations pour dresser des hypothèses plus précise.


Concentrée, elle indiqua du doigt les noms de Viktor, Mickaël Dessay et Minerva Atcturus :

- On pourra interroger ses personnes.

Elle n’avait pas dit leurs noms, car deux des personnes qu’elle indiquait concernaient des étudiants, inutiles de mettre la puce à l’oreille de leurs colocataires maintenant, s’ils avaient besoins leurs aides.

- Je pense qu’il faut aussi qu’on retourne à la salle, on croisera peut-être quelqu’un qui pourra-nous en dire plus.

Elle se tourna finalement vers Ana :

- J’ai aussi des questions à Ariel, nous ne savons pas quand la coupe a été volé et si c’était avant ou après le départ de la spécialiste. Ça permettrait peut-être de l’écarter.

Ajoute-t-elle en indiquant Mélanie Meyrah de sa main.

- D’ailleurs, je pense qu’on pourrait poser des questions sur elle à nos différents interlocuteurs… Pour en revenir à Ariel, nous pouvons toujours le questionner lui, Fériel ou Kannel, sur le gardien, et sur cette femme qui est partie.

Elle dit après un temps de silence :

- Vu le nombre de personnes qu’on doit interroger, il faudrait qu’on se sépare, on pourra toujours faire un nouveau brainstorming plus tard. J’aimerais aussi demander une salle de travail aux anges.


En effet, comment pouvaient-ils travailler discrètement dans ce dortoir entouré d’étudiants ? Elle n’allait pas passer son temps à indiquer des noms sur une feuille.

- Le mieux, c’est que chacun indique maintenant ce qu’il souhaite faire et s’en aille. Il faut qu’on en sache plus.

Elle avait besoin d’action son cerveau était en ébullition au point de lui donner un début de migraine. De plus, la discussion n’avançait pas, ils en venaient pratiquement à soupçonner tout le monde, autant glaner les informations qu’ils pouvaient déjà avoir. Elle attendit les réponses de Sydney et Ana, espérant qu’il serait d'accord avec elle sur la marche à suivre. Elle replia aussi la liste et la rangea dans ses affaires. Inutile de la laisser trainer à la vue de tous.
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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mar 2 Juin - 15:24

La vanité naturelle du pirate lui donnait un zèle et un pouvoir persuasif assez virulent qui ne manqua pas de tromper les deux jeunes filles sur bien des points le concernant. Lui, il ne s'en rendait même pas compte tant il était logique pour lui d'être au-dessus de la plèbe dans tout domaine. Peut-être même s'était-il persuadé et trompé lui-même dans ses déductions paranoïaques mais sa maladie l'empêcherait toujours de s'en rendre compte...

La pire chose qu'on pouvait faire face à Sydney à cet instant, c'était s'opposer à lui... Paradoxalement, c'était aussi la meilleure chose à faire objectivement pour certains. Quand Anastasia fit part de son désaccord, le corsaire écarquilla les yeux, la fixant d'un air grave et inquisiteur, notant avec une précision mortelle chaque mot qu'elle employait avec l'idée précise de l'achever à la moindre erreur de sa part... et il trouva ce qu'il cherchait. A cet instant, il laissa s'échapper un ricanement très court mais affreusement mesquin et méprisant. Croisant les bras, il attendit la fin de l'exposé de la dépendante affective.

Bien sûr, tout ce qu'elle disait n'était pas mauvais mais il comptait voler ses idées, se les approprier dès qu'il le pourrait. Pour le capitaine, il était impensable qu'une nouvelle voyageuse remette en question sa suprématie intellectuelle et cognitive, quand bien même celle-ci était truffée d'approximations et d'incertitudes soutenues seulement par une logique vide et ad hoc.

Son sourire s'étira un peu davantage quand Yoake se rangea de son côté – du moins c'est ainsi qu'il l'interpréta – pour presser un peu l'enquête. L'idée de se séparer était très bonne et il jalousait presque la japonaise pour ne pas avoir pu lancer l'idée lui-même.
- Bien vu, la séparation : on pourra rassembler plus d'informations plus vite, de cette manière. Je suis content que mon brainstorming t'ait permis d'être aussi productive euh... Mononoke.

Son sourire s'évanouit brusquement alors qu'il tournait la tête en direction d'Anastasia.
- De toute façon, il semblerait que le matelot Illuminati veuille faire bande à part. Mademoiselle « n'est pas d'accord ». Elle sait mieux que nous ce qu'il faut faire, apparemment. Mais elle a oublié qu'Ariel nous avait bel et bien dit que tous les sceaux protégeant la coupe avaient été brisés, ce qui nécessitait une magie puissante ou des connaissances hors du commun.
Il se redressa de manière impérieuse et regarda Anastasia de haut pour se donner davantage de prestance.
- Une enquête nécessite de la vivacité d'esprit... et de l'attention ; un soucis du détail particulièrement affûté. Tu veux te mutiner contre moi ? Tu veux être le capitaine à la place du capitaine ? J'aimerais bien voir ça, tiens.

Encore une fois, la personnalité paranoïaque de Sydney le rendait paradoxal, incohérent et surtout méchant : il ne supportait pas qu'on s'oppose à lui ou qu'on soit meilleur que lui ; il ne supportait pas qu'on n'adhère pas immédiatement à sa pensée qu'il considérait être la seule valide. Il avait de lui-même lancé l'idée du brainstorming, chose qui normalement encourage la liberté d'expression et la diversité des points de vue, mais sa maladie l'avait transformé en moyen d'assouvir son contrôle sur les autres ou de les discréditer si la première option s'avérait impossible...

Ainsi, il méprisait et enfonçait Anastasia avec la volonté malsaine de la déstabiliser, de lui faire perdre confiance afin de lui faire comprendre son « rang » cependant qu'il encourageait Yoake dont il considérait les idées comme découlant naturellement des siennes. Et tout cela, il n'en avait pas vraiment conscience, au fond.

- Très bien, conclut-il hypocritement en haussant les épaules. Anastasia prétend savoir se débrouiller, pourquoi pas ! Je ne suis pas un tyran, après tout. Peut-être qu'Ariel, le passeur ou bien le gardien sont coupables et je n'ai jamais dit le contraire. Mademoiselle je-sais-tout n'aura qu'à aller le questionner elle-même, qu'en pense-t-elle ?
De mon côté, j'aimerais beaucoup aller poser des questions au vieux dieu si on me laisse le rencontrer, je pourrais éventuellement faire un crochet par la salle de la coupe vu que c'est sur le chemin. Yoake, où veux-tu aller, moussaillon ?


Se séparer était certes constructif, mais cela faisait également d'eux des cibles faciles si le criminel était toujours sur place. Il y avait fort à parier que si cette personne était déterminée au point de voler la coupe, elle n'éprouverait que peu de remords à éliminer les quelques obstacles qui se dresseraient entre elle et la réussite de son entreprise...
- Dans tous les cas, restez prudentes quand nous seront séparés. On n'a aucun moyen de se contacter les uns les autres alors il faudra garder à l'esprit que nous serons seuls face au danger. Il nous faut aussi un lieu de rassemblement. Yoake, on pourrait peut-être attendre d'avoir la salle que tu souhaites demander avant d'aller chacun de son côté ; on n'aura qu'à se donner rendez-vous dans cette salle. Est-ce que ça vous va, et surtout : est-ce que je peux vous faire confiance ?

Pour tout avouer, la question était réelle et Sydney se la posait sincèrement. Pouvait-il considérer comme véritable la subordination de yoake ou bien profiterait-elle de la solitude pour conspirer contre lui afin de s'emparer de la place de chef de groupe ? Et Ana', quelle garantie y avait-il qu'elle n'en ferait pas à sa tête, risquant ainsi de compromettre l'unité du groupe et leur sécurité ? Comment faisaient les autres dans ce genre de cas ?

Plus le pirate y réfléchissait et plus il s'emmêlait dans ses pensées paranoïaques, plus l'engrenage insidieux de ses pensées misanthropes l'étouffait, apportant des milliers de questions à chaque infime réponse trouvée, lui laissant entrevoir les pires scenarii possibles pour chaque chose.
Devait-il laisser tomber et ne pas se méfier ? Dans ce cas, c'était prendre le risque de se faire poignarder dans le dos. S'il se montrait méfiant, il attirerait la méfiance en retour. Peut-être même que c'était même ce qu'elles voulaient : qu'il se méfie d'elles afin de dissimuler leurs intentions réelles et mieux le piéger. Tout tournait autour de la question : savaient-elles qu'il se méfiait et devait-il, lui, prendre en compte leur méfiance vis-à-vis de sa propre méfiance ?
Métaphoriquement, son esprit était prisonnier d'un paradoxe : il tenait dans ses mains un revolver chargé et faisait face aux deux jeunes filles, elles aussi armées mais il n'avait pour l'instant aucun moyen de savoir si leurs armes étaient chargées ou non, et si elles avaient l'intention de tirer.
Devait-il tirer en premier ? Les voyageuses tireraient-elles en pensant qu'il tirerait ? Dans ce cas, devrait-il tirer avant qu'elles ne tirent de peur qu'il le fasse ? Attendre patiemment n'était pas non plus une option viable et jamais, ô grand jamais Sydney n'admettrait en son âme et conscience la possibilité d'une trêve en déposant les armes : les paroles n'étaient que mensonges.

Il se perdit à tel point dans ses pensées qu'il en oublia presque ce qu'il voulait faire en premier lieux. Ce n'est que lorsque son regard se posa sur la peinture qu'il se souvint qu'il voulait interroger le dieu et inspecter la chambre forte. Et que se passerait-il s'il revenait les mains vides, sans aucun indice, et que les filles, elles, revenaient avec une myriade d'informations ? Il serait discrédité et Yoake deviendrait le chef du groupe... Cela ne devait pas arriver ! Il sentait qu'il ne le supporterai pas.
Intimement, il se jura de lui faire toucher son carnet dès que l'occasion s'en présenterait. Il voulait savoir QUI était cette voyageuse. Cette information était désormais vitale.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 3 Juin - 11:50

Tandis qu'elle parlait elle sentit le regard lourd et pointu de Sydney. Qu'avait-elle encore dit de si terrible ? elle ne tarderait probablement pas à le savoir mais pour l'heure Yoake venait d'émettre une proposition logique, efficace mais qui lui faisait froid dans le dos: se séparer...
Séparation, abandon et agir seul étaient des concepts qui l'angoissaient au plus haut point.
Comment allait-elle se débrouiller ? quelles questions allait-elle poser et à qui ?
Elle s'apprêtait à demander à la jeune fille si elles ne pourraient pas faire tandem quand le pseudo-matelot l'agressa verbalement.
Choquée, Anastasia écarquilla les yeux, rougit et balbutia: Mais... Je n'ai jamais dit que je voulais faire bande à part et que je savais tout mieux que vous... j'ai juste dit "je ne suis pas d'accord", comme cela; c'était une façon de parler pas une agression personnelle... Excuse moi si...
Elle était très mal à l'aise: elle avait contrarié le pirate; il ne l'aimait déjà plus, c'était épouvantable.
Comme toujours dans ce cas précis sa pathologie mettait instinctivement en place un surinvestissement visuel. Elle se mit à détailler tous les mouvements de Sydney, les expressions de son visage, les changements les plus subtils de son regard et continua, de plus en plus déstabilisée: J'ai essayé de faire attention à tout mais Ariel a donné beaucoup d'informations et je n'ai pas tout compris... Par exemple, les sceaux... Je me suis suis dit qu'ils étaient peut-être virtuels donc invisibles et "brisés" par un pouvoir magique du genre... Enfin par quelqu'un ou quelque chose qui aurait...
Elle avait l'impression que plus elle parlait, plus elle s'enfonçait. La sensation était abominable au point qu'elle aurait souhaité être une souris et se cacher au fond d'un trou.
"Je suis vraiment stupide" pensa t-elle, "pourquoi ai-je cru que les sceaux n'étaient pas des objets matériels ? je ne les ai pas vus..."
Son visage était devenu couleur pivoine quand le jeune-homme laissa entendre qu'elle voulait être chef à sa place: loin de là son idée, c'était même tout le contraire.
Elle prit ce reproche pour une injustice, le ton commença à monter: Tu es injuste, tu sais bien que ce n'est pas vrai, au contraire ! je n'ai rien de l'âme d'un chef, je cherche juste à faire au mieux pour aider ces gens !
Mais Sydney continuait son discours acerbe comme s'il voulait la traîner plus bas que terre, l'enfoncer et l'écraser du pied comme une vulgaire araignée; elle en eut les larmes aux yeux.
Cependant, Sydney émit la petite phrase de trop ou celle qui ne fallait pas.
La jeune femme piqua un fard et répliqua vertement: C'est ça, tu as raison, je vais aller les interroger moi-même comme cela tu sera seul à poser ton hégémonie !.
A sa question "est-ce que je peux vous faire confiance", elle haussa les épaules, prit la porte d'un pas rageur et sortit en la claquant violemment en signe de protestation.

Elle était seule dehors à présent mais la colère lui donnait des ailes.
Elle entreprit de chercher Ariel et ne tarda pas à le trouver. A la vue de l'ange, si calme, son courroux s'évanouit et c'est d'une voix claire qu'elle exposa sa requête: J'aurais besoin de poser des questions au gardien, est-ce possible ? et... Quelqu'un pourrait-il m'accompagner, s'il vous plait ?
L'ange acquiesça et son sourire rassurant balaya les craintes d'Anastasia.
Ils se dirigèrent ensemble, silencieusement vers la plateforme de verre.
La jeune femme le remercia chaleureusement et refit le trajet de départ en sens inverse, direction le chemin de lumière.

Elle ne pensait pas que le gardien fut le voleur, à priori c'était absurde mais peut-être saurait-il la renseigner sur certaines choses ?
Son choix s'était arrêté sur lui à cause de ses facultés de télépathie. Cela lui semblait beaucoup plus simple d'ouvrir à nouveau son "livre mental" où il pourrait à loisir y découvrir toutes les questions au fur et à mesure qu'elle se présenteraient plutôt qu'avoir à faire des phrases qui pourraient être mal interprétées comme cela venait de se passer avec le pirate.

Elle n'eut pas le temps de davantage de réflexions car elle était arrivée.
L'homme était là, imposant tant physiquement que mentalement.
Elle se plaça devant lui et le salua timidement.
Elle le laissa la regarder intensément et sonder son âme; elle savait à présent qu'il était à son "écoute", elle pouvait lui communiquer le questionnaire. sa seule crainte était: dirait-il la vérité ?

Je voudrais vous demander si de là où vous êtes vous avez la faculté de voir et ressentir tout ce qui se passe sur l'île ?
Et si oui, avez-vous, vous aussi ressenti la disparition de la Coupe ? quand cela s'est-il produit exactement ?

Elle laissa un temps et continua:
Avez-vous fait passer quelqu'un avant cette disparition ou fait partir quelqu'un juste après ? et si oui, qui ?
Si non: est-il possible de voler cette Coupe sans passer devant vous ? en prenant un passage entre deux mondes par exemple ou en utilisant un chemin parallèle ?

Elle arrêta un petit moment le fil de ses pensées car la question suivante la gênait. Cependant, il fallait qu'elle sache. Ses collègues ne seraient peut-être pas très content de savoir qu'elle avait éluder une information.
Elle prit son courage à deux mains et relança le flux mental:
Où étiez-vous au moment de la disparition, que faisiez-vous et avec qui ? et... avez-vous un témoin ?
Elle soupira afin d'évacuer la tension provoquée puis, plus calment:
Vous savez lire dans les âmes... Avez-vous remarqué dans le cerveau de quelqu'un, quelque chose de spécial, de bizarre qui vous aurait surpris ou encore quelque chose de négatif comme une mauvaise intention par exemple ou au contraire, avez-vous été étonné de rencontrer quelqu'un dont vous il vous était impossible d'accéder à l'âme, comme si elle avait été obstruée, comme si l'on vous cachait une information ? et si oui, qui ?
Elle espérait sincèrement être claire dans tout cela et qu'au pire, le gardien saurait faire un tri, serait ouvert au maximum sur le sens profond des questions avec un désir évident de lui venir en aide...
Pensez-vous honnêtement qu'il pourrait y avoir un traitre parmi les anges ? l'un d'entre eux pourrait-il être assoiffé de pouvoir ? ou en rebellion contre le dieu ? ou en colère contre son peuple au point de vouloir le punir ? ou un fou, attiré par la destruction ?
et que pensez-vous des stagiaires et des professeurs ? vous avez fouillé leurs âmes avant de les faire monter sur l'île, l'une d'elle pouvait-elle porter ce genre de sentiment négatif ?

Cela faisait beaucoup de choses mais tout lui semblait important. Elle espérait seulement ne pas être à côté de la plaque comme d'habitude; elle serait effondrée si elle devait être la risée de Sydney et Yoake.
J'ai encore trois questions:
la première: pouvez-vous sentir si la Coupe a quitté l'île ou non ?
la deuxième: êtes-vous aveugle? avec vos yeux s'entend ?
Et enfin, en fonction de vos réponses, me serait-il possible de rencontrer le cocher qui nous a amené ici ?
Je vous remercie beaucoup... Pour tout
.

Emue et inquiète, Anastasia attendit poliment les réponses.

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Jeu 4 Juin - 11:39

Et tout alla de travers : outre le fait de se faire appeler Mononoke, surnom qu’elle avait suffisamment subis dans sa vie, elle voyait Sydney descendre littéralement Ana. La Japonaise ne comprenait pas l’intérêt de Sydney se mettre en avant comme cela, ni la réaction d’Ana qui ne savait pas quoi lui répondre, elle semblait troublée et était rouge comme une tomate, mais ce n’était pas forcément dû à la colère, c’était autre chose.

Elle tenta bien sûr de calmer le jeu, d’essayer de se faire entendre, elle cria des « Écoutez ! » , mais aussi des morceaux de phrases du genre « ce n’est pas… » , Mais c’était inutile tout ce qu’elle pouvait faire c’est regarder ce qui se passait impuissante. Sur le coup, elle regrettait Melena, Zephyr et Alicia, au moins étaient-ils complémentaires, et même s’ils avaient des différents arrivaient à travailler ensemble. Quelque chose sauta alors aux yeux de la Japonaise jusque-là, elle n’avait eu affaire qu’à des phobiques, mais il y avait bien sûr d’autres pathologies : trouble de la personnalité, paranoïa, psychopathe. Si ses coéquipiers étaient vraiment des voyageurs, peut-être appartenaient-ils à une autre catégorie plus violente. Elle frissonna en pensant à toutes ses pathologies, qu’elle ne connaissait pas et sur les risques encourus
Pouvait-elle leur faire confiance ?

Cette question posait dans son esprit était la même que celle de Sydney. Au moins la sortit-il de ses sombres pensées par la même occasion. Non ça ne lui ressemblait pas d’être si méfiante, elle ne devait pas faire écho à la propre inquiétude de Sydney. Elle devait rester la même, si elle voulait résoudre cette enquête. Anastasia ne l’entendit pas de cette oreille et partit en précisant néanmoins ce qu’elle allait faire. Seulement la rage qu’elle montrait en claquant la porte en disait long.

Un long silence s’en suivit, un silence que l’hématophobe savoura un maximum avant de lever les yeux vers Sydney.

- Cette dispute ne te parait pas futile quand tu sais qu’un peuple tout entier risque de mourir dans même pas cinq jours ?

Un petit sourire triste s’étira sur son visage tandis qu’elle observait la réaction du pirate, elle porta alors son regard sur la porte et annonça :

- Je vais interroger les trois personnes qui étaient sur la liste, et si je croise Ariel ou un de ses acolytes, je lui demanderais une salle de travail. J’aurais bien demandé à Ana de s’en occuper, mais elle est partie un peu vite. On se retrouve ici du coup, de préférence avant de manger.

Elle remit son sac sur ses épaules et se tourna à nouveau vers Sydney :

- Tu peux me faire confiance pour résoudre cette enquête, je suis plutôt déterminée quand il s’agit de sauver des vies. Et toi? Je peux te faire confiance ?


La question était venue d’elle-même, non pas qu’elle n’avait pas confiance dans le pirate, mais c’était quelque chose qui se méritait et ça allait surtout dans les deux sens. De plus, elle se doutait que la demande de Sydney a été dite sans arrières-pensées. Elle écouta donc sa réponse avant de dire :

- Tu sais, je pourrais déjà avoir plus confiance en toi si au moins tu pouvais retenir mon nom, je déteste ce genre de surnom débile.

En disant cela, elle était restait très calme, elle ne voulait pas déclencher un nouveau conflit, il y avait bien plus important certes, mais elle ne voulait pas non plus qu’on la piétine.

- À plus Sydney.

Et elle sortit du dortoir le laissant seule.

Au départ, elle s’inquiétait pour le bien de l’enquête, mais elle se rassura vite en se disant qu’ils étaient adultes et qu’à eux trois, ils trouveraient la coupe d’Éther.

En sortant, elle remarqua que les étudiants étaient déjà en cours les deux rouquins attendraient donc autant aller trouver le professeur, mais la question était de savoir où la trouver. Son regard se porta alors sur un professeur en robe de sorcier qui semblait médité dans le jardin. Yoake le rejoignit et lui demanda après l’avoir salué.

- J’aimerais parler à Minerva Acturus, vous savez où je peux la trouver ?

Le professeur lui répondit qu’elle pourrait peut-être trouver ce professeur à la retraite dans une maison d’hôte tout proche d’ici.

Après avoir remercié l’enseignante, elle sortit de l’université et porta son regard sur les constructions magiques de l’île. C’était beau, magnifique même peut être que Minerva accepterait-elle de l’aider pour le bien de cette île.

Le visage serein, elle trouva la maison d’hôte après quelques minutes et entra, un ange la salua et lui demanda si elle voulait une table, mais Yoake refusa poliment :

- Excusez-moi, je cherche seulement Minerva Acturus.

- Oh, elle se trouve dans la véranda sur votre gauche.


- Merci.

La jeune femme avança tout en évitant les tables de l’eau devais couler quelque part, car un magnifique son de chute d’eau la détendit immédiatement. Elle arriva dans la véranda et son regard s’arrêta directement sur une personne. Bon certes, elle était la seule présente dans cette pièce, mais ce n’était pas tout : en plus d’être humaine et typée asiatique, cette femme de 65 ans environ flottait dans sa robe de sorcier. La japonaise confondue d’ailleurs cette robe avec un Kimono à cause des motifs floraux dessus. Elle s’approcha alors et scruta chaque trait gracieux de son visage point positif, il n’y avait pas de cicatrice. Soulagée, elle se présenta :

- Bonjour, je suis Yoake Akiyo, je… Je pense que vous savez pourquoi je suis là, Mme Acturus, c’est bien ça ?

La femme leva alors ses yeux et Yoake fut subjugué par sa puissance, elle faillit d’ailleurs en oublier la raison de sa présence ici.

- Je souhaite aider les anges, mais je n’y arriverais pas seul, j’ai besoin de votre aide. Pouvez-vous répondre à quelques questions ?


Le professeur hocha la tête et Yoake s’assit alors en face d’elle espérant ainsi rendre la conversation plus simple :

- Merci, vous êtes professeur des enchantements à la retraite non ? Connaissez-vous l’enchantement de la salle ou était gardé la coupe, mais aussi celle de l’épée qui permet au gardien de contrôler l’ascenseur ? Connaissez-vous quelqu’un capable de rompre ses sortilèges ? Vous peut-être ?

Ce professeur était intimidant, mais la Japonaise ne se laissait pas démonter, elle continua :

- Connaissez-vous Melanie Meyrah ? Elle étudiait la coupe, Comment a-t-elle pu l’approcher malgré les enchantements. Est-elle partie avant le vol de la coupe ?

Melanie Meyrah aurait fait une coupable idéal, mais elle était repartie réduisant ainsi les personnes à interroger. L’hématophobe ne savait malheureusement pas si c’était une bonne chose ou non. Elle ajouta alors dans un sourire :

- J’aimerais aussi avoir votre avis qui a volé la coupe selon vous ? Des anges ? Des sorciers ? Des humains ? Et surtout pensez-vous qu’elle se trouve encore sur place, après tout, on ne peut pas passer le gardien avec la coupe non ?


Une fois de plus il y avait beaucoup de questions, mais la Japonaise savait qu’avec ces réponses, elle pourrait peut-être obtenir des indices. Elle écouta alors les réponses de l’enseignante scrutant son visage, tout en essayant de rester amical, elle n’était pas là pour se faire des ennemies.


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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Jeu 11 Juin - 18:47

Petite précision quant à la raison d'être de mon message : il est en fait bien assez long, je n'ai pas envie de me faire arnaquer sur la rémunération (ahah). Et puis comme ça, les filles sont libres de poursuivre leur RP de leurs côtés, puisque les 3 protagonistes sont actuellement séparés.

====

*** Du côté du Gardien – au pied du Luminateur ***

Quand Anastasia se présenta dans la lumière, un sourire bienveillant s’afficha sur son visage. Les yeux dorés du gardien se posèrent sur elle. Il voyait en son âme, percevait son trouble, véritable capharnaüm émotionnel. Pourtant bientôt, il réussit à déchiffrer toutes ses interrogations. Il ne lisait pas vraiment dans les pensées – c’était une vision réductrice de voir les choses – mais le résultat était le même : il savait interpréter ce qui émanait des esprits mieux que beaucoup d’autres. D’ordinaire, il ne parlait pas. Les mots étaient sources d’erreurs, de mauvaises interprétations, de trop nombreux conflits. Mais face à une humaine pétrie d’autant d’interrogations, il songea que ce serait plus évident, pour elle, qu’il s’abaisse à son niveau d’expression. Quand il ouvrit la bouche, sa voix était grave, profonde, chaude comme le soleil. Elle donnait l’impression de résonner autant dans les airs que dans la tête d’Anastasia.

- Je comprends votre suspicion et croyez bien que je suis infiniment reconnaissant de l’énergie dont vous faites preuve pour sauver notre peuple. Toutefois, vous comprendre, pour votre réussite et notre bien à tous, qu’aucun ange ne pourrait être le coupable. Nous ne sommes pas… comme vous, des entités individuelles qui habitent une même ville et se reconnaissent une communauté simplement par quelques habitudes et coutumes partagées de tous. Nous, les anges, sommes Un. Le Dieu, la Coupe, Ketheriah, chacun de ses habitants, nous sommes tous intimement liés. Si l’un de nous souffre, nous sommes tous au courant. Si l’un de nous est en colère, nous le savons aussi. Alors si l’un de nous avait eu le désir de dérober la Coupe, nous l’aurions tous su.

Il marqua une pause. Ce principe d’unité était primordial. Connaître la ville des anges, si cela ne résolvait pas magiquement l’enquête, permettrait au moins de cibler les coupables potentiels. Le gardien reprit alors en suivant plus fidèlement le fil des questions qu’avait posé l’émotive pathologique :

- Comme tous les autres, je ressens donc ce qui se passe sur l’île, et j’ai senti la disparition de la Coupe. C’était deux nuits avant votre arrivé, il ne s’est passé qu’un jour – et une autre nuit – avant que vous ne soyez précipités sur place avec vos collègues. Avant vous, les derniers à être montés sont les étudiants de Gloutoniskaïa, une semaine avant le vol. Aucun d’eux n’avait la moindre mauvaise émotion à l’égard de la Coupe, et aucun d’eux n’était suffisamment puissant pour briser nos protections. Je n’ai pas bougé d’ici, reprit-il après un autre silence, je ne bouge jamais de mon poste ; et personne n’est ressorti depuis, mis à part vous.

Il inclina légèrement la tête. Ses yeux d’or se perdirent sur l’horizon alors qu’il reprenait :

- Il est impossible de quitter l’île sans passer devant moi. Le Luminateur est l’unique passage et moi seul en contrôle l’utilisation. Je ne laisse jamais monter des personnes qui sont avides de pouvoir, projetant d’observer notre travail dans le but de nous voler – par exemple – et je ne pense pas qu’une âme ait jamais pu échapper à mes pouvoirs. Toutefois… cela fait des années que des étudiants de l’université de Gloutoniskaïa viennent réaliser des stages chez nous. Notre magie, notamment protectrice, fait considérablement avancer leurs propres recherches. Ceux qui viennent sont, presque toujours, remplis de curiosité et d’une soif de savoir tout à fait saine. Par contre, ce n’est pas rare que certains repartent envieux… l’envie de voler la Coupe, de contrôler son pouvoir, de repousser les limites d’un mage plus loin qu’elles ne l’ont été jusqu’à maintenant.

Son regard doré se posa à nouveau sur Anastasia. Il marqua une autre pause, soucieux qu’elle engrange bien tout ce qu’il lui disait.

- Pour certains ce n’était qu’une bête envie égoïste mais d’autres ont bien pu se rendre malade à l’idée de ne pas pouvoir posséder la Coupe. J’ai refusé l’accès à un petit nombre de ces anciens élèves devenus adultes, encore dévorés par la soif de pouvoir. Je pense personnellement qu’il y a plus de coupables potentiels hors de Ketheriah qu’à l’intérieur. La Coupe n’a pas quitté l’île, assura-t-il, mais la personne qui l’a attend certainement qu’elle s’effondre. Si Ketheriah est détruit, alors le passage s’ouvrit de lui-même.

Le gardien fit alors un geste en direction de Gloutoniskaïa qu’on apercevait à l’horizon.

- Si vous voulez voir le cocher, je peux lui demander de venir. Il peut être là dans une trentaine de minute.  

*** Du côté de Minerva Atcturus – en ville ***

Elle se doutait que les personnes à qui Ariel aurait fait appel pour résoudre l’énigme de la Coupe viendraient la trouver tôt ou tard. Cette histoire lui donnait un étrange malaise, mais elle n’avait pas choisi de s’impliquer, pour éviter qu’elle ne se fasse accuser. Elle avait ses propres soupçons sur l’affaire mais attendait le bon interlocuteur pour les partager. Ce dernier se présenta en la personne d’une jeune femme assez pâle, l’air un peu déstabilisée, mais visiblement pleine de bonnes intentions.

Minerva l’observa poser ses questions, ses lunettes rectangulaires donnant à son regard une expression stricte. Ses sourcils se soulevèrent très légèrement quand la japonaise sous-entendit un soupçon à son égard, mais elle attendit qu’elle termine, ses lèvres minces pincées. Quand ce fut le cas, elle ferma son livre et se redressa. Elle était si droite et semblait si sévère que Yoake se sentirait dominée par la magicienne, alors qu’elle faisait à peine sa taille.

- Dites-moi mademoiselle Akiyo, pensez-vous sincèrement que si j’avais dérobé la Coupe d’Ether, je serai encore ici à lire en sachant que ces heures sont comptées ? Si j’ai pu tromper le gardien pour entrer, je saurais le faire en sortant n’est-ce pas ? Si j’avais volé la Coupe, je serai tout simplement partie comme si de rien était.

Elle se doutait qu’on la soupçonnerait, c’était évident, mais souhaitait quand même remettre les points sur les « i ». En fait, c’était même primordial, car il fallait que Yoake croit en ses réponses. Sinon, rien de ce qu’elle ne pourrait dire ne sera utile. Minerva entreprit alors de répondre, un peu moins froide :

- Plusieurs enchantements protègent ordinairement la Coupe. La magie des anges est très précieuse pour nous, à Gloutoniskaïa. Pour nos banques, nos archives secrètes, nos réserves de bibliothèques, tout ce qui peut avoir besoin d’être préservé des intrus. C’est pour cela que nous l’étudions. Connaître les fondements d’une science magique est une chose, mais savoir la briser en est une autre. Je les connais, ça ne veut pas dire que je saurais les briser.

Son regard noir se fixa dans celui de Yoake et refusa de s’en déloger. Un homme au visage androgyne lui apporta une tasse de thé. Elle se remercia poliment et, sans qu’elle ne la touche, la cuillère posée dans le breuvage se mit à le remuer toute seule.

- Mais les sceaux ont beau être puissants, ça ne signifie pas qu’un sorcier suffisamment doué ne puisse pas les neutraliser. Je connais Melanie Meyrah bien sûr, c’est une femme très respectée qui tient une encyclopédie des artefacts magiques les plus symboliques connus à Dreamland. Les chances qu’elle soit coupable sont infimes, et elle était partie bien avant l’incident.

Minerva Atcturus avait l’air de s’impatienter. En fait, balayer une à une les accusations hasardeuses de la voyageuse la fatiguait. A ses yeux, Yoake se posait les mauvaises questions, et elle ne manquerait pas de le lui faire savoir :

- Si je puis me permettre, puisque vous me demandez mon avis, vous perdez du temps à vous demander « qui ». Vous avez l’air de déjà savoir que personne ne peut passer devant le gardien sans qu’il ne perçoive la moindre mauvaise intention, alors pourquoi vous obstiner à chercher « qui » peut être le coupable ? Vous soupçonnez à la louche, sans aucune vraie piste, et vous vous faites des nœuds au cerveau pour rien. La première question n’est pas « qui » mais « comment ».    

L’ancienne professeur était consciente que sa déclaration ferait son petit effet. Elle laissa le temps à l’hématophobe de digérer, profiter d’une première gorgée de thé, et poursuivit :

- Si le coupable ne pouvait pas se permettre de passer devant le gardien, alors peut-être s’est-il arrangé pour ne jamais lui passer devant ? Je pense, c’est mon opinion, qu’il utilise un intermédiaire. Votre travail devrait d’abord être de savoir « quoi ».
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Ven 12 Juin - 11:57

[HRP : je me doutais que tu ferais un post MJ, du coup j'attendais pour cette raison lol. Du coup, ça va être à mon tour de t'embêter !:p]

________________________________________________

Les excuses d'Anastasia n'avaient aucun impact sur Sydney. C'était comme parler à un mur et il ne se rendait lui-même pas compte de l'agressivité qui ressortait dans son ton. Bloqué dans sa logique bien à lui, il était dans son bon droit d'enfoncer de la sorte quiconque s'opposait à lui et la sympathie était déjà bien loin derrière.

Lorsque la jeune femme passa du mode victime au mode colère, il la laissa faire et ne chercha même pas à la retenir lorsqu'elle partit, se contentant de hausser les épaules comme si sa réaction était tellement exagérée qu'elle en devenait sans incidence.
- A plus tard, alors~, répondit-il avec un flegme assez insolent.

Il se pencha alors sur la question que lui posait Yoake, chez qui la dispute semblait avoir éveillé des considérations morales tout à fait hors-sujet selon le pirate. Il lui répondit de la même manière : un haussement d'épaules tout à fait inexpressif. Aucune dispute n'est jamais futile : elle détermine qui s'affirme et qui se laisse marcher sur les pieds ; ça n'est jamais innocent. Et le fait que les anges meurent ne le dérangeait pas tant que ça, au final : il n'avait pas eu conscience de leur existence jusqu'à présent et quand bien même, leur disparition ne le gênait que dans le sens où on pourrait éventuellement la lui reprocher. Ça et le fait que l'échec de leur mission signifiait une fiche de paye affichant zéro.

La japonaise piqua cependant la curiosité du corsaire en lui retournant sa propre question sans y avoir répondu au préalable. C'était une mécanique qu'il décelait aisément du fait qu'il l'appliquait très souvent lui-même. En revanche, il ne savait pas vraiment si cela lui plaisait ou l'irritait. Le capitaine chercha ses mots pendant quelques secondes avant de répondre avec simplicité :
- Si tu ne me faisais pas confiance, tu ne serais déjà plus là... et si je n'avais pas un minimum confiance en vous, je n'aurais même pas voulu prendre les rênes de ce groupe. Tu ne penses pas ?
Un sourire confiant se dessina sur ses lèvres sans qu'il cherche à croiser le regard de son interlocutrice. Il s'émerveillait lui-même de sa répartie : ça faisait tellement sens, c'était tellement logique pour lui..

- Et c'est pas un surnom, tu sais : j'ai vraiment oublié ton nom. Je vous l'ai dit que j'avais une mémoire de poisson rouge pour les prénoms, non..?
Et sur ce point-là, il était d'une sincérité atterrante. Peut-être que cela manquait cruellement de tact mais ça restait vrai : il avait complètement oublié le nom de la japonaise, aussi ne se souvenait-il de celui d'Ana' que parce qu'il l'avait lu dans son carnet.
- À tout à l'heure, matelot.

Une fois seul, il soupira longuement et s'assit sur le lit le plus proche. Ils n'avaient pas demandé le bureau et étaient donc condamnés à se retrouver ici même alors que c'était le dernier endroit que Sydney voulait côtoyer. Fermant les yeux, il se pinça l'arête du nez et se massa les sourcils avant de se mettre en route de son côté.
- Eh ben mon vieux... J'suis pas rendu, moi...

Les mains dans les poches, il se gardait cependant de flâner et suivait de l’œil chaque mouvement que ce dernier captait. Il avait ses armes à proximité et ne les céderait pour rien au monde.
Le capitaine marchait à vive allure dans le dédale de la ville des anges, rasant les murs, ne s'attardant que rarement et jetant assez souvent des regards par-dessus son épaule afin de s'assurer qu'il n'était pas suivi. En tant qu'enquêteur, il constituait une cible à éliminer pour le criminel.

Sa première escale fut la salle dans laquelle le vieux dieu se trouvait. Bien entendu, la porte était fermée ; il toqua jusqu'à ce qu'on lui ouvre. Ce fut l'un des anges qui s'occupait des rites sacrés maintenant le vieillard en vie qui répondit à l'appel insistant du pirate. Ce dernier semblait assez contrarié ou perturbé du fait de cette interruption et prit soin d'avertir le pirate qu'il pouvait parler au dieu mais que celui-ci n'était pas vraiment en état de recevoir de la visite.

Sydney écarta l'ange de son passage et pénétra dans la chambre en rétorquant :
- Ouais ben s'il crève, il sera plus en état de parler à grand monde alors laissez-moi lui parler avant qu'il soit trop végétatif pour ne serait-ce que respirer.
Il s'avança doucement vers l'ancêtre et s'arrêta à quelques mètres de ce dernier, ne sachant pas vraiment si ce dernier avait ou non remarqué sa présence.

- Si vous avez assez de force, j'aimerais que vous répondiez à une question simple. Peut-être que ça sera une sorte d'hérésie mais je veux être fixé : serait-il possible que vous ayez envie de mourir, vieil homme ? Ce que je veux dire par-là, c'est : serait-il possible que vous ayez volé la coupe vous-même dans le but de mettre fin à votre longue existence ?
Les anges au chevet de la divinité s'offusquèrent, leur réaction était prévisible.
- Je savais que vous réagiriez comme ça. Aussi, deux choses : la question s'adresse à votre dieu, pas à vous. Et secondement, même si la réponse devait être oui, je ne pense pas que vous avoueriez en face de vos fidèles, n'est-ce pas ? Mais vous êtes un dieu, alors dites-le moi par télépathie ou un autre truc du genre. Promis : je ne révélerai pas votre réponse. De toute façon je m'en fiche, ça m'aidera juste à savoir si je dois continuer à chercher ou non.

Rien de concret ne venait appuyer la théorie de Sydney, à ce point-là de l'enquête. Mais il avait le sentiment qu'il devait poser cette question au moins une fois, c'était purement instinctif. Et puis ça serait tellement plus simple si c'était le cas... resteraient seulement les questions d'éthique : devrait-il le dire aux autres anges ou même à ses propres collègues ? Devrait-il tenter de convaincre le vieux dieu de survivre ou bien le laisser mourir ? Il verrait tout ça en temps voulu. Tout ce qu'il espérait, c'était simplement que la divinité lui réponde avec honnêteté et ne se contente pas d'une réponse démagogique dans laquelle le mensonge serait impossible à déceler.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Ven 12 Juin - 15:17

Quand le Gardien eut posé les yeux sur elle, Anastasia lui trouva une beauté intérieure si extraordinaire, si transcendante qu'elle regretta ses soupçons.
A sa grande surprise il se mit à parler. Quelle voix... Basse profonde, large, colorature.
A l'Opéra de San-Francisco, elle avait eu l'occasion d'entendre une telle voix; elle en avait eu les larmes aux yeux et la chair de poule d'émotion. En ce qui concernait le Gardien c'était multiplié par cent. Elle aurait voulu se mettre à genoux devant lui, pleurer, rire, l'embrasser, tomber en extase hystérique comme certaines saintes de son monde, faire voeu de silence absolu jusqu'à la fin des temps, s'abandonner... Non.
La jeune femme se ressaisit, elle n'était pas dans une salle de spectacle ni aux fins fonds d'une abbaye cistercienne et ce que l'ange disait était de la plus haute importance.
Elle se concentra sur les paroles où aucune mauvaise interprétation n'était envisageable. "Si tous les gens pouvaient être capables de communiquer aussi clairement, aussi sereinement, tant de conflits seraient évités..." pensa t-elle, se rendant tristement compte que malgré la multitude d'ouvrages qui s'empilaient sur les rayons des bibliothèques, l'humain était resté bien limité dans ce domaine.

Elle écouta attentivement la description de la mentalité et fonctionnement des anges. Elle en fut abasourdie: une Unité !
cela lui fit immanquablement penser au monolithe en prologue du film "2001 odyssée de l'espace"; sa musique: "Ainsi parlait Zarathoustra" de Strauss puis le singe lançant l'arme en silex ou os ? jusqu'au ciel.
La cité, les anges, la Coupe et le dieu étaient le monolithe; ainsi parlait le Gardien. Cela signifiait-il que le ou les coupables étaient le singe de ce prologue ? quelqu'un dont le désir était de casser l'unité mais pourquoi faire ? une dualité ? duel... Un combat ? mais combattre quoi ?
Elle regretta de ne plus se souvenir de la suite de ce film qui comportait peut-être d'autres messages cachés. Oserait-elle en parler à ses collègues ? peut-être pas: ils se moqueraient comme ils l'avaient fait pour ses hypothèses ésotériques...
Par contre, elle pourrait d'emblée leur faire rayer de la liste tous les anges, le gardien et le dieu, cela faisait pas mal de monde en moins, tout de même !
Elle reprit le cours de ses investigations: qui pouvait avoir le désir de casser l'Unité, dans quel but ? pour mettre quoi à la place ?
Rompre l'unité signifiait affaiblir. La dualité était souvent un contre un autre, rarement un pour un autre. Cela pouvait peut-être signifier Un prenant le pouvoir sur l'Autre ?
La Coupe aurait-elle été volée pour prendre le pouvoir ?
Son esprit avait du mal à imaginer quelqu'un faisant cela pour le bien de l'humanité, en rayant de la carte le monde des anges, qui plus est !
La ou les personnes avaient donc des intentions néfastes. Cela signifiait-il qu'ils connaissaient les pouvoirs de la Coupe ? que celle-ci - selon un mode d'utilisation déterminée - pouvait avoir des pouvoirs négatifs ?
autant de questions qui restèrent sans réponse. Le cerveau d'Anastasia ressemblait à un écheveau de laine plein de noeuds.

Au fur et à mesure que le gardien parlait d'autres interrogations se bousculaient, peu de conclusions ne s'émanaient, aucune certitude ne s'imposait.
La Coupe avait disparu de nuit, était-ce plus important que s'envoler de jour ou cela n'avait-il aucune incidence ?
certes, la nuit c'est plus facile: les gens dorment mais les anges, dorment-ils réellement ? il faudrait qu'elle résolve ces problèmes avec Ariel. Lui saurait peut-être soulever le voile de ce mystère temps. Quant aux étudiants présents, le Gardien avait l'air de ne pas croire un instant en leur culpabilité; fallait-il les rayer de la liste ? peut-être pas complètement: l'un d'eux pouvait être complice direct ou indirect.

Anastasia se doutait un peu de la réponse: le gardien veillait jour et nuit sur le passage, nul ne pouvait l'emprunter sans son autorisation. Par contre, il affirma qu'il n'existait aucune autre voie.
La jeune femme ôta de son esprit ses idées d'univers parallèles ou autres chemin détournés.
Puis elle écouta avec avidité le suite des explications. Le gardien savait tout lire dans les âmes, aucun subterfuge n'était possible et il avait déjà refusé l'ouverture du passage à certaines personnes... Des anciens élèves, adultes aujourd'hui...
Avides, ces individus devaient en vouloir mortellement au gardien donc avoir le désir que le chemin s'ouvre tout seul dans... 4 jours maintenant, si elle avait bien tout compris ?
La jeune femme imaginait déjà un groupe de Voldemort, mains levées vers les ténèbres, doigts tremblants de transe, psalmodiant des incantations magiques suffisament forte pour briser... Pourquoi pas ? par ce biais, inutile de monter dans la cité, inutile de s'emparer réellement de l'objet, il suffisait de le cacher où le rendre invisible... Oui mais comment plus précisément ? seule une personne très calée pourrait répondre à cela et encore...
Ainsi, selon le gardien, le ou les coupables ne seraient pas à Ketheria. Où étaient-ils ?
probablement à Gloutoniskaïa; c'était le seul endroit magique.
Oserait-elle dire à Yoake et à Sydney qu'ils perdaient leur temps dans la cité des anges ? qu'il fallait au contraire fouiller Gloutoniskaïa de fond en comble ?
pour cela il lui faudrait plus de détails...
Des anciens stagiaires devenus assez puissant pour... Mais pour quoi faire ? contrôler les systèmes bancaires du lieu ou autres protections ? cela semblait trop peu pour de tels risques.
Contrôler les systèmes des autres continents ? Techyo par exemple ?
Instinctivement le souvenir de la guerre lui revint ainsi que Selene et Julian... Julian qui... La Tour ! Les tours...
Qu'était déjà la tour de Gloutoniskaïa ?
La petite voix de son amie s'éleva dans sa tête: "les tours sont très dangereuses. Elles ont peut-être un lien avec le monde réel... La tour de Gloutoniskaïa se nomme la tour de la gourmandise... Les gardiens..."
Gourmandise ou envie ? Anastasia ne savait plus trop mais cela revenait presque au même.
Contrôler Dreamland puis le monde réel...Qui était le gardien de cette tour ? un gourmand, évidemment.
La jeune femme se souvint avoir vu un film où les personnages se bâfraient à en vomir; il en fallait toujours plus: plus gros, plus gras, plus sucré, plus salé... La caricature type du gourmand, de l'avide.
Gourmandise, avidité allaient de paire.
Se pourrait-il que le gardien de la tour de Gloutoniskïa n'ait aucun moyen de contrôle sur la cité des anges et, ne la possédant pas, en serait malade d'envie ?
L'hypothèse pouvait se tenir... Surtout s'il avait soudoyé ou obligé les meilleurs mages à travailler pour lui afin de voler cette Coupe.
Il lui suffisait d'attendre que ce monde abhorré s'auto-détruise afin de prendre le pouvoir sur tout. N'est-ce pas le rêve de plus mégalo des gourmands ?

Anastasia leva les yeux vers la cité puis contempla l'horizon que le gardien lui présentait d'un geste.
Elle le remercia chaudement pour toutes ces indications mais ne put s'empêcher de lui poser une dernière question: il lui fallait plus de détails afin d'étayer l'interrogatoire du cocher.
Excusez-moi, pourriez vous me fournir la liste des noms de ces anciens stagiaires avides, devenus adultes ?
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mar 16 Juin - 21:22

Yoake avait écouté les réponses direct de Minerva Acturus, personnellement, elle ne la pensait pas coupable, mais le pourquoi du comment restait sombre pour la jeune femme. Elle ne pouvait pas fonder des décisions en se basant sur des sentiments ou des impressions.

Pourtant les réponses de Minerva Acturus pour l’innocenter n’étaient pas vraiment claires. Difficile de passer outre le gardien, quitter Ketariah était impossible pas une fois qu’on avait volé la coupe, il fallait attendre le dernier moment. Alors à sa place Yoake aurait fait pareil garder ses habitudes boire un thé au même endroit tout les jours.

La japonaise choisit malgré tout de croire pour le moment cette enseignante elle semblait tout savoir : que ce soit sur la coupe, Ketariah, ou sur les enchantements. L’hématophobe pouvait obtenir d’elle pas mal de réponses, et puis elle n’était pas obligée de tout savoir de l’avancement de l’enquête.

Elle garda donc son visage souriant et confiant soutenant ainsi le regard de son interlocutrice, bien sur elle n’était pas aussi à l’aise que l’enseignante mais elle ne voulait pas le montrer. Déterminée, avec Sydney et Ana, ils résoudraient l’énigme. Elle avait néanmoins la drôle d’impression que toutes ses réflexions tombaient une à une à l’eau… alors que ses doutes augmentaient. Après une inspiration, elle dit :

- Vous avez raison, trouvons comment, mais ce n’est pas aussi simple.

Un sourire ce dessina sur le visage de la japonaise, tandis qu’elle reprit :

- Le voleur ne pouvait pas passer le gardien avec le but de voler la coupe d’Ether, l’envie à du être soudaine mais vu le pouvoir attractive de cette coupe cela doit être normal. Il y a par contre une question qui me taraude depuis que je suis ici : Comment la coupe à pu se volatiser ? Les anges assurent qu’ils ont arrêté de la sentir soudainement. Un sortilège peut il la « cacher » aux yeux des anges ? Si c’est le cas j’ai besoin de tout savoir sur ce sortilège.

Elle se leva et préféra marcher de long en large comme si cette façon de faire l’aidait à réfléchir :

- Passons à la suite. La coupe est « invisible » il faut maintenant la ramené en dehors de l’ile sauf que passer le gardien après avoir volé la coupe c’est impossible. Se servir d’un intermédiaire humain ou autre est une bonne idée mais ça n’aide pas à passer le gardien. La coupe est peut être passé devant les yeux du gardien, mais le voleur n’as pas le choix il doit être encore ici.

Elle s’arrêta net, une idée lui avait traversé l’esprit, ou du moins des paroles que Minerva avait dites, la japonaise choisit alors d’être direct et précise :

- Je ne vous crois pas coupable, mais vous avez dit que si vous l’étiez vous serez déjà loin, vous connaissez donc une façon d’éviter le gardien ?

Yoake commençait à reprendre confiance, il fallait trouver une solution et passez sur le comment est peut être une bonne idée mais ce n’était pas non plus la solution finale tout le monde ici pratiquait la magie tout le monde pouvait donc voler la coupe d’Ether, et la cacher si le voleur était encore ici.

- je dois me mettre à la place du coupable pour trouver cette la vérité, et pour cela j’ai vraiment besoin de votre aide.


Le regard sombre de Yoake passa sur le visage de Minerva, elle avait l’impression un moment de croiser le regard de Melena, une erreur peut-être mais pourtant la japonaise se sentait attiré par ce genre de personne : celles sûr d’elle, qui semblaient tout avoir vécus.

- Avec ces questions je pense avoir fait le tour du « comment ». On peut peut-être faire le tour du « qui » à présent ?


Elle sortit de son sac la liste de noms et la déplia sous le nez de l’enseignante à la retraite en levant ses yeux, Minerva pourrait surement y lire l’espoir d’y trouver quelque chose preuve que son intuition était bonne et surtout qu’il ne s’agissait pas uniquement d’un travail.

- Est-ce qu’un de ses noms vous saute aux yeux ? Ne serait ce qu’un geste, un lien, des paroles n’importe quoi, en rapport de près ou de loin avec ce vol ? Peut être même un couple ou une amitié séparés trop brusquement.

Elle finit par s’assoir, et pris le temps d’écouter la réponse surement sèche de Minerva, personnellement elle trouvait bizarre que chaque personnes repartit avait un lien avec la coupe ou/et avec Gloutoniskaïa. La réponse du professeur permettrait peut être de fermer cette piste et de se baser sur toutes les personnes encore présentes.
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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 17 Juin - 8:05

*** Dans la chambre du Dieu ***


La divinité ressentit la présence de Sydney plus qu’il ne le vit. Ses paupières restaient closes, de lassitude, de faiblesse. Les questions du pirate étaient si prévisibles venant d’un mortel que même dans son semi-coma, il ne s’en offusqua pas. Ses anges furent contrariés mais il diffusa immédiatement un sentiment de tolérance qui les empêcha de congédier l’enquêteur en herbe sur le champ. Alors quoi : était-il le coupable ? Il fallait avoir une vision très étriquée pour penser cela. Celle d’un humain, d’un mortel, d’un être qui ne jure que par le temps qui passe. « Vieil homme » « longue existence », tout cela n’était que des apparences… une coquille pour s’abaisser à la matière, mais les habitants de Ketheriah étaient aussi tellement plus.

Le Dieu n’avait pas parlé, pas bougé, mais subitement, le monde eut l’air de s’immobiliser autour de Sydney. En fait, Sydney lui-même ne pouvait plus bouger, à peine pouvait-il tourner les yeux. Un battement de paupière… et la chambre s’était effacée. La ville des anges s’était effacée. Dreamland s’était effacé. Il ressentait – plus qu’il ne pouvait le voir ou le comprendre – qu’il était dans le néant. Le rien du tout. Ni ténèbres, ni lumière, ni couleur, ni matière. Rien. Brusquement, une étrange explosion et l’atmosphère changea. Il régnait un noir opaque. Ce n’était pas l’obscurité – car la lumière n’existait pas – mais ce n’était pas le néant : c’était le vide. Autre explosion, et la lumière jaillit. Une sphère dense, concentrée, qui diffusait ses rayons jusqu’à l’infini. Elle grossissait, grossissait, grossissait… elle enveloppa tout, y compris Sydney, qui ne vit bientôt rien d’autre d’un éclat blanc. Quand il se dissipa, il se trouvait dans les airs, survolant une grande ile elle-même suspendu dans le ciel bleu. Il n’y avait pas encore de maisons, de palais, d’anges, de routes… mais on pouvait facilement comprendre qu’il s’agissait de Ketheriah.

La sphère de lumière était au centre. Elle rapetissait, changeait de forme, jusqu’à devenir un vieil homme sans âge, enveloppé des draps immaculés, portant dans les mains la Coupe d’Ether. Le paranoïaque comprendrait-il ? Il venait d’assister à la Création. Ou en tout cas, une version onirique de la Création. Sans doute le songe d’un kabbaliste dévoué qui avait été consacré par l’apparition de la ville des anges à Dreamland. Tout s’accéléra alors, Sydney vit la ville se créer, se développer, ses êtres apparaître, se multiplier, disparaître… des sentiments qui n’étaient pas les siens l’envahirent jusqu’à l’étrangler : la fierté, l’Amour inconditionnel.

C’était la réponse du Dieu. Il était en dehors du temps. L’existence n’était pour lui qu’un instant. Pas un instant eternel, juste un instant. Et pendant cet instant, il contemplait ses créatures et ça le remplissait de joie. Jamais il n’aurait volontairement choisi de mettre fin à cet écosystème tant chéri. La Coupe était à la fois une partie de lui et son complément. Sa perte le déchirait, l’anéantissait. Ses anges avaient beau colmater la brèche, cette incomplétude mettrait fin à tout, et il ne le voulait pas !

Sydney fut si brutalement de retour dans la chambre du Dieu qu’il tomba sur ses fesses. En plus de la vision de la création, il repartait avec un lourd bagage : la douleur de l’être divin qui agonisait en silence, sa peine de ne pouvoir sauver son peuple. Il n’était pas tout-puissant, il était juste démiurge. Simple démiurge.

*** Aux pieds du Luminateur ***


Le gardien avait poliment incliné la tête quand Anastasia l’avait remercié, un sourire bienveillant sur les lèvres. Quand elle lui demanda s’il pouvait lui communiquer la liste des anciens stagiaires qu’il avait refoulé, fort heureusement, il n’y en avait pas tant que ça. Toutefois, il songea que la jeune femme serait incapable de tous les retenir s’il les lui communiquait à l’oral. Il se mura à nouveau dans le silence, ses yeux d’or transperçant la voyageuse, et les noms s’inscrivirent en elle si intensément qu’elle ne pourrait pas les oublier de sitôt :

Grindelwald A. Meredius
Viktor Alumni
Bella Beatrix
Magnus Delioncourt
Simon Potter
Adam Meyer
Katherine Ravenclaw


Anastasia compris également, sans que le moindre mot soit échangé, qu’ils étaient les stagiaires cupides qui étaient revenus dans les 300 dernières années. Le gardien lui communiqua par ailleurs que si elle souhaitait toujours voir le cocher, il l’appellerait et il se présenterait dans les trente minutes.

*** En ville avec Minerva Atcturus ***

La sorcière à la retraite balaya la liste d’un air exaspéré qu’elle dissimulait à grande peine puis secoua la tête en signe de négation.

- Rien ne me saute aux yeux non. Enfin, je connais Severus, Antonin et Victoire, mais j’ai une grande confiance en mes anciens collègues. Je ne pense pas qu’ils aient quoique ce soit à voir avec ce vol.

Elle commençait à se demander si la jeune femme qu’elle avait devant les yeux était réellement capable de résoudre le problème du vol. Ce qu’elle disait n’était pas bête c’était juste… évident. Ça revenait presque à dire « quelqu’un a volé la coupe, il se cache, et on ne sait pas qui c’est » et à prendre cela pour une déduction. Malheureusement, les anges ne l’avaient pas attendue pour ce constat et Minerva ne songeait pas à quitter la quiétude de sa retraite pour se lancer dans une chasse au criminel. C’était odieux, oui, mais elle se faisait vieille, elle avait d’autres priorités, et n’était pas payée pour ça.

- Vous tournez en rond mademoiselle , dit-elle sèchement, ai-je jamais dit que je savais tromper le gardien ? J’ai simplement dit que dans l’hypothèse où j’aurais su le faire pour venir sur l’île et voler la Coupe, j’aurais très bien pu, de la même manière, la quitter comme si de rien était. Quant à savoir pouvoir les anges ne ressentent plus la Coupe, malheureusement il y a plein de possibilités… des artefacts magiques, des sortilèges brouilleurs, des sceaux de dissimulation, …

La retraité se leva après avoir fini son thé. Elle n’était pas très grande, mais une puissance qui contrastait avec son apparence fragile de vieille femme intimait le respect. La tasse disparut comme par enchantement, sa chaise se rangea docilement sous la table qui lui faisait face.

- Je n’ai malheureusement pas les qualifications pour résoudre votre enquête à votre place mademoiselle Akiyo. Vous avez raison en suggérant que le voleur soit toujours caché sur l’île, je pense aussi que quelque soit la méthode utilisé, il attend que l’île s’effondre pour être libre – ou que la personne qui l’a emmené ici sans aille. Un intermédiaire non-humain, précisa-t-elle en dressant son index, je suis certaine que c’est la clef de tout, car un simple larbin aurait été intercepté par le gardien. Concentrez-vous là-dessus. Pour l’instant, les pistes sont trop vagues, mais je serai ravie de vous aider à nouveau si vous revenez me voir avec des questions plus concrètes.

Sur ce, elle prit congé avec élégance, sa robe/kimono flottant avec grâce derrière elle.


==== HRP ====

Anastasia : si jamais tu veux faire venir le cocher et lui parler, je te laisse gérer seule jusqu'à ce qu'il arrive et que tu lui poses tes questions. Je ne vais pas rejouer le MJ juste pour dire "ok il arrive". Idem si tu veux retourner à Ketheriah, le gardien t'ouvrira le passage.
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Ven 19 Juin - 8:53

Anastasia remercia chaleureusement le gardien pour ce supplément d'information et lui dit que oui, elle désirait voir le cocher.
Intermédiaire entre Keteriah et Gloutoniskaïa, cette personne pouvait avoir son importance.
La demi-heure d'attente ne serait pas de trop pour rassembler un peu ses idées qui fusaient de toutes parts. Elle marcha de long en large afin de se concentrer, s'arrêtant de temps à autre chaque fois qu'une hypothèse voyait le jour puis reprenait sa déambulation.
En tout premier lieu, elle choisit de récapituler afin de poser des "si" qui formeraient une histoire, rocambolesque certes mais Dreamland n'était-il pas rocambolesque ?

Elle repensa à l'unité et surtout à la notion de divinité.
Athée, sa seule explication logique était qu'un dieu ne pouvait être qu'une sorte de représentation de l'univers et sa création; le fameux big-bang, l'avant et l'après.
Avant le big-bang c'était le néant, le vide, les ténèbres d'après les hypothèses scientifiques. Ensuite il y eut une grosse boule de matière avec de la lumière, l'explosion de cette boule, l'éparpillement des matières, l'agglomération jusqu'à faire des planètes puis l'expansion.
De la lumière est née la vie. L'unité est donc née de la lumière. Le dieu et la coupe en sont la représentation.
Les ténèbres...La nuit. Oui, ce moment devait avoir son importance, il faudrait vraiment qu'elle en parle avec Ariel !
"Que la lumière soit et la lumière fut"... Et si la lumière n'est plus ?
Anastasia imagina un immense voile noir se posant sur l'univers. Plus de soleil sur la planète Terre donc à terme, plus de vie... et l'idée de dieu née dans le cerveau du genre humain meurt avec lui.
Et si c'était précisément ce qui était en train d'arriver à Keteriah ?
quelqu'un ou quelques-uns hors de l'île, puisque néfastes, auraient manipulés la nuit afin de l'étendre sur cinq jours au niveau de la coupe...
La jeune femme se souvint du petit point noir au milieu de la voute, au-dessus de l'emplacement de la coupe.
"La ténèbre était opaque" écrivait Pergaud tandis que Roginssart notait: "La ténèbre effaçait la terre"... Cela ne devait pas être évident de placer de l'opacité tout en haut d'une coupole; par qui ou par quoi avaient-ils été aidés ? un ordinateur ? la cité des anges possédait-elle une telle chose ? des formules magiques ?
un complice sur l'île ? pourquoi pas mais alors un complice involontaire de prime abord: quelqu'un serait monté sur l'île avec de bonnes intentions d'études saines sur la coupe... Une fois arrivé, un des néfastes aurait manipulé son mental afin qu'il leur serve d'esclave pour leur entreprise... Cette personne passe devant le gardien dans toute sa naïveté et une fois là-haut, devient obligé de se soumettre à l'ordre diabolique... Cinq jours après la lumière revient mais il est trop tard pour Keteriah et les mauvais sont enfin en possession de la coupe qui a reprit ses fonctions... Quant à celui qui a été manipulé, il serait libre ou...assassiné.

Anastasia fut obligée d'arrêter là ses tergiversations: le cocher arrivait.
Elle salua aimablement l'homme entre deux âges, lui expliqua brièvement le but se sa visite et lui posa les questions:

Je suppose que vous connaissez bien Gloutoniskaïa et sa tour; pouvez-vous me parler très précisément de son gardien ? qui est-il ? a t-il des pouvoirs ? est-il entouré de puissants mages ou a t-il suffisamment d'argent, d'arguments pour en enrôler afin de servir ses desseins?

Anastasia laissa un temps de réponse, se concentra afin de les mémoriser et continua:
Connaissez-vous monsieur Wingald Tourdemain ? qui est-il exactement ?
ce nom avait fusé sans logique dans sa tête mais les étudiants en avaient parlé à mots couverts au moment où ils étaient entrés dans le dortoir, il valait quelques éclaircissements.

Elle continua:
Dans une calèche, les gens discutent sans penser que vous pourriez entendre les conversations. Vous est-il arrivé d'entendre quelque chose qui vous aurait interpelé, choqué ou alerté ? des médisances, un discours néfaste à propos de l'île, un désir de pouvoir quelconque, ou d'autres choses, même un détail ? et si oui, pourriez vous me donner aussi les noms ?
En parlant de noms, elle se souvint de la liste.

Elle s'approcha de l'interlocuteur, lui récita les noms un à un et demanda:
Connaissez-vous ces gens ? parmi ceux-là, il y en a des très, très vieux que vous n'avez peut-être pas transportés ! par contre, pouvez-vous m'indiquer ceux qui sont encore en vie et que vous auriez amenés jusqu'ici ?
Qui sont-ils exactement ? quelle est leur place et leur notoriété à Gloutoniskaïa ? ont-ils des pouvoirs magiques avérés ?
S'ils sont chercheurs ou professeurs connaissez-vous leurs thèmes d'études ou d'investigations ? leur spécialité ?
avez-vous entendu ne serait-ce qu'une bribe de leur conversation ?
quelle fut votre impression sur ces gens ?


Pour conclure, avant de le saluer et le remercier avec un grand sourire elle demanda:
Est-ce que par hasard... dans votre vie de tous les jours, vous connaitriez un ou quelques-uns des nouveau stagiaires ? et plus particulièrement Viktor et Mickaël Dessay ? pourriez-vous me dire si l'un ou quelques-uns d'entre eux pourraient avoir un caractère influençable, un peu plus faible ou un peu plus naïf que les autres ?

Pour l'instant, elle ne voyait pas que demander d'autre et estima que c'était déjà pas mal.
Elle rebroussa chemin, se présenta à nouveau devant le Gardien, reprit le luminateur et se se retrouva sur l'île à la recherche d'Ariel.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Lun 22 Juin - 7:17

Yoake l’avait vraiment espérée… La liste, qu’elle avait entre ses mains servirait-elle vraiment à quelque chose ? Sur le moment, elle en doutait. Minerva avait le don pour tout chambouler en elle sa puissance était écrasante et en ça la Japonaise ne comprenait pas pourquoi ne résolvait-elle pas cette énigme, elle-même ? Elle avait les connaissances et le pouvoir.

Elle choisit de ne rien ajouter. Après tout, son interlocutrice en avait simplement assez. Elle leva donc ses yeux sombres vers l’enseignante :

- Merci pour vos réponses… Madame Acturus.


Elle n’ajoutait rien et ne promettait pas non plus de résoudre cette enquête, pour le moment, ce n’était que le début. Malgré sa détermination, la peur s’insinua en elle, le temps filait entre ses doigts comme s’il était impossible de le retenir. Cet échange, lui avait laissé un étrange sentiment de solitude. La Japonaise s’avança vers la fenêtre et prit le temps d’admirer le paysage qui s’étendait devant elle : l’écoulement de l’eau calma alors son angoisse et elle réfléchit alors à cette discussion.

Tout d’abord, la coupe pouvait déjà avoir atteint les terres grâce à un objet un contenant ? Il fallait qu’elle vérifie l’approvisionnement… Il devait bien y avoir quelque chose… Apparemment cacher la coupe avec un sortilège était possible par bien différentes façons, mais l’hématophobe n’avait malheureusement aucune idée des conditions… Minerva n’a pas était très précise, comme si la Japonaise ne devait pas chercher de ce côté.

Cette impression d’être manipulée s’insinua en elle, mais elle choisit de lui faire confiance sinon comment pourrait-elle résoudre cette énigme ? Elle continua alors dans ses réflexions.
Le voleur était toujours ici, au moins était-ce un point ou Minerva et elle, étaient d'accord peut être devait-elle se concentrer sur les personnes présentes plutôt que celle partie comme elle le faisait jusqu'à maintenant. Le voleur attendrait la toute fin pour quitter Ketariah, il fallait préparer un plan d’urgence au cas où. Bien qu’elle préfère mettre fin tout de suite à cette enquête.

- Mademoiselle ?

La Japonaise se retourna alors et trouva l’androgyne serveur, cela faisait combien de temps que l’hématophobe se trouvait ici ? Trop longtemps surement. Elle devait arrêter de rêvasser et faire ce qu’elle était venue faire ici : trouver une solution.

- ça va merci, bonne journée.

Elle sourit à l’ange avant de quitter la maison d’hôte

En marchant sur les rues pavées en direction de l’aile de l’université, elle se dit qu’elle allait faire ce qu’elle avait prévue tout d’abord parler aux deux étudiants roux puis rejoindre le dortoir. Il fallait aussi qu’elle trouve une salle de travail pour leur équipe.

C’est alors qu’en levant la tête, elle reconnut l’ange qui marchait en sens inverse, il accompagnait Ariel lors de leurs arrivée, peut-être pourrait-il l’aider :

- Bonjour, vous êtes Feriel, c’est bien ça ?

Yoake hésita un moment sur l’identité de son interlocuteur Feriel et Kannel se ressemblait tous les deux, faire l’erreur sur le nom n’était pas la meilleure des introductions. Elle continua :

- Pourrait-on avoir une salle de travail, pour échanger nos points de vues en toute discussion ?

Peut-être que seul Ariel pouvait leur attribuer une salle, mais Yoake pour le moment ne l’avait pas encore trouvé alors autant commencer avec Feriel. Elle hésita une nouvelle fois, mais se lança dans une nouvelle demande.

- J’aimerais aussi avoir une liste des humains ou sorciers présents, est-ce que vous pouvez nous la transmettre ?


Elle leva les yeux vers lui et prit le temps d’attendre ses réponses avant de poser une ultime question après tout autant explorer les pistes qu’on lui avait apportées.

- À Ketariah comment se passent les échanges d’objets avec les villes d’en dessous ? Bénéficier-vous d’approvisionnement ? Et quand vous exportez des colis par exemple ? J’imagine que le gardien ne peut pas deviner ce qu’il y a dans ses paquets ?

Tout comme Minerva et bien que ce soit plus difficile la Japonaise regarda une à une les réactions de Feriel
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Lun 22 Juin - 13:50

Anastasia courait presque: elle avait hâte de trouver Ariel car il y avait quelque chose de fondamental qu'elle ne comprenait pas, il lui fallait une réponse claire.
Elle le trouva songeur devant la fontaine.
Elle l'interpela doucement et lui demanda s'il était disponible pour répondre à une paire de questions.
En guise de réponse, il lui sourit et lui indiqua la margelle d'un geste de la main indiquant qu'il l'invitait à s'assoir à côté de lui.
Cela tombait bien pour deux raisons: elle avait mal aux jambes à force d'être debout et surtout, cela démontrait qu'il lui accorderait tout le temps qu'elle voudrait.
D'emblée, elle lui fit part de son problème principal:
Le gardien m'a dit que vous étiez une unité.
Lui-même, Kheteriah, les anges, la coupe et votre dieu ne font qu'un. Quand la coupe disparaît, tous le ressentent. Le dieu est très affecté et certainement atteint d'une profonde tristesse que vous devez donc tous partager.
A partir de là, voilà ce que je ne comprends pas: une Unité, c'est tout ou rien... Je veux dire ou l'unité est vivante et existante ou elle est morte et l'on n'a plus rien.
Si vous les anges, Ketheriah, le gardien et le dieu disparaissent, meurent, alors... la coupe aussi!
Quel genre d'individu voudrait posséder une coupe qui ne fonctionne plus ?
à moins de la mettre dans une vitrine de salle d'exposition en tant que "souvenir archéologique", je ne vois pas d'autres motivations...
Quand votre dieu mourra, la coupe mourra avec lui, non ?


Tout en laissant le temps de réponse nécessaire, elle continua ses élucubrations:
A moins que... Le voleur ou l'instigateur de ce vol n'ai pas envie de vous laisser mourir, juste le laisser croire...
Avec des sortilèges quelqu'un brise les sceaux, fait disparaître la coupe ou la rend invisible aidé par quelqu'un sur l'île qui aurait subi un sortilège de soumission. Puis il vous laisse imaginer votre effondrement prochain dans 5 jours.
Supposons que cette personne veuille les pouvoirs de la coupe: elle ne peut réduire l'unité à néant... Au bout de quatre jours par exemple, elle vous propose un marché: l'unité a la vie sauve à condition qu'elle soit contrôlée par lui, sous entendu qu'il prenne le contrôle des pouvoirs de la coupe, est-ce possible ?


La jeune femme laissa l'ange parler. Elle espérait avoir été claire et qu'il lui serait possible de répondre avec précision à cette énigme d'Unité. Peut-être que tout cela pourrait donner des débuts de réponses aux nombreuses interrogations qu'ils se posaient tous les trois.
Elle avait hâte de faire un débriefing, de connaître le fruits de leurs recherches isolées.
Quand Ariel eut terminé elle enchaîna ses autre questions:

Le gardien a dit que la coupe a été volée de nuit. La nuit a t-elle une importance ? est-ce parce que vous dormiez ? cela lui aurait laissé plus de temps que durant les moments où votre conscience est davantage vigilante ? ou bien quelqu'un aurait-il pu manipuler la nuit, les ténèbres afin de l'étendre sur la coupe pendant 5 jours, pour la rendre invisible ou dénuée de tout pouvoir, ce qui expliquerait le petit point couleur charbon dans la voute, juste au-dessus de l'emplacement de celle-ci ? ou y a t-il un autre rapport ?

Elle espérait que le problème du vol nocturne serait résolu. C'était peut-être une goutte d'eau dans l'océan, qu'importe, il fallait bien chercher dans toutes les directions avant de réunir les informations nécessaires.
Elle souhaitait que Yoake ou Sydney aient la chance de posséder l'esprit de synthèse qui lui faisait défaut, quitte à trouver eux, la réponse à cette énigme sur la base de ses trop nombreuses hypothèses qui s'entrechoquaient dans son cerveau, éternel bureau encombré de mille et un documents empilés, jamais rangés.

Elle passa à la question suivante:
Au début vous avez dit: Nous avons presque immédiatement ressenti la disparition", pourquoi presque ? justement parce que vous dormiez ou parce que la coupe a disparu progressivement ou y avait-il une autre raison ?

Puis elle récita la liste de noms que lui avait donné le gardien, demandant à Ariel s'il les connaissaient ainsi que son avis sur chaque personne.

Quand l'ange eut donné toutes ses impressions, elle enchaîna:
Connaissez-vous et que pensez-vous du gardien de la tour de la gourmandise ? pourrait-il avoir envie de posséder la coupe ? a t-il un contrôle quelconque sur Ketheriah ?

Elle gardait la question la plus épineuse pour la fin: elle avait peur que l'ange refuse: cela ferait un tel remue-ménage !
au bout d'un temps de silence elle se lança, elle verrait bien: qui ne tente rien n'a rien !
Enfin, je voudrais vous demander l'autorisation de refaire passer devant le gardien tous ceux, qui ne sont pas anges, et qui sont présents ici, est-ce possible ?
Elle espérait vivement que oui. Le gardien saurait lire un subit changement d'état d'esprit...

Ensuite elle partirait à la recherche de ses deux collègues pour faire le point.
Et pour ses questions concernant les sortilèges, elle irait voir la professeur, Madame Acturus.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mar 23 Juin - 16:18

*** Aux pieds du Luminateur ***

Le cocher avait, depuis la ville, ressentit l’appel du gardien de la ville des anges et s’était empressé de venir. Il pensait que quelqu’un souhaitait tout simplement regagner Gloutoniskaïa, mais il ne s’attendait pas à trouver l’une des enquêtrices l’attendant de pied ferme, encore moins pour se faire interroger. Volontaire mais très incertain de pouvoir aider, il écouta les questions d’Anastasia avec un brin d’anxiété :

- Baal ? Vous savez, personne ne cherche vraiment à le connaître. Il a tué son prédécesseur, son rire rend fou et on dit qu’aucune matière ne résiste à ses mâchoires… on n’a pas besoin d’en savoir plus. Il a quelques subordonnés oui, mais pas de magiciens notables… je ne sais pas s’il paye des gens, désolé.

A la question suivante, il se gratta la tête, les rides de son front plus plissés que jamais. Il avait la malheureuse sensation d’être un écolier qui n’avait pas appris sa leçon.

- Je crois que c’est un chercheur qui affirmait non seulement que Dreamland et euh… là d’où viennent les voyageurs, ne sont pas les seuls mondes parallèles existants, mais qu’en plus il pouvait ouvrir des brèches physiques. Je crois que l’opinion publique est partagée sur son cas… il refuse de faire des démonstrations pour l’instant.

S’il avait entendu des choses dans sa calèche ? Et bien…

- Vous savez, on entend de tout dans ce genre de métier. Depuis celui qui a un furoncle sur les parties intimes aux idées révolutionnaires lancées entre camarades de fac. Bien entendu, certains stagiaires soufflaient qu’un objet comme la Coupe serait génial dans leur vie et s’inventait toute sorte de projet avec mais… rien d’alarmant, que des fantasmes de jeunes.  

La cascade de noms et de questions qui suivit faillit lui faire lever les bras au ciel en hurlant « stop ! ». Il avait peur de ne pas tout retenir. Au moins, l’un d’eux l’avait marqué, forcément :

- Grindelwald Meredius est décédé il y a peu… une bête histoire de sortilège expérimentale raté. Je me souviens aussi de Magnus Delioncourt parce que c’est un homme d’une famille plutôt aisée, ils possèdent une fabrique de balai. Il a été vraiment outré de se voir refusé le passage et a failli détruire ma calèche. Je ne peux pas vous aider sur les autres… désolé. Je ne connais pas non plus les stagiaires, mon rôle est simplement de faire quelques navettes, je ne discute pas beaucoup avec les gens.  

Le cocher se sentit soulagé quand les questions furent terminées. Il n’était pas certain d’avoir été d’un grand secours mais au moins, il avait dit ce qu’il savait. Ah non, pas tout ! Un détail lui revenait. C’était peut-être rien, mais on raconte dans les séries policières que le moindre indice peut aider à interpeller un coupable.

- Mademoiselle ! il rappelait Anastasia avant qu’elle ne franchisse le Luminateur, chaque fois que je transporte des gens, surtout des étudiants, je vérifie que rien n’a été oublié dans la calèche. Quand j’ai transporté les derniers stagiaires, j’ai trouvé un tout petit carnet, caché dans un coin, que personne n’avait vu. Je l’ai signalé aux étudiants : ça n’appartenait à aucun d’eux, mais il a été récupéré par un rouquin qu’un de ses amis à appelé « Mickaël ». Euh… c’est tout.  

En fait, son indice était peut-être très bête. Qu’importe, l’enquêtrice était repartie.  

*** Avec Ariel ***

La journée était bien avancée désormais, le crépuscule pointait le bout de son museau, le sablier s’égrenait inlassablement. L’ange avait vu arriver la brunette avec un sourire. Visiblement, elle se démenait pour comprendre leur souci, ce qui n’était pas mal vu, puisque le temps leur était compté. Il lui fit signe de s’asseoir et l’écouta attentivement, rejetant de temps en temps dans son dos sa crinière blonde enchevêtrée de perles.

- Très bonne question. C’est effectivement possible que la Coupe perde son pouvoir, mais rien n’est moins sûr. Prenez votre corps : il est une unité. Plus précisément, prenez votre cœur et vos bras. Si on ôte son cœur, vos bras meurent ; mais si on coupe vos bras, le cœur reste intact. C’est un peu le même principe : la Coupe et le Dieu sont deux éléments complémentaires, ils sont le cœur. Le mobile et l’immobile. Forcément, le Dieu meurt sans la Coupe car il est le seul « vivant » des deux, mais la Coupe peut survivre à la disparition de notre monde. Vous comprenez ?

La jeune femme, trop occupé à réfléchir, ne répondit pas mais proposa une autre solution qu’il accueillit avec un sourire bienveillant :

- Je doute fort que ce soit cela. Si quelqu’un veut le pouvoir de la Coupe, il n’a pas besoin de s’encombrer de l’île.

La suite des interrogations de la dépendante affective suscita un sursaut. Elle venait de mettre le doigt sur quelque chose qu’il n’avait pas relevé même si… même si ça n’avançait rien au bout du compte.

- Le point au plafond c’est simplement une ouverture par laquelle la lumière de la Coupe se canalisait pour aller inonder la chambre du Dieu, expliqua-t-il en secouant négligemment la main, mais effectivement… oui on dort la nuit. Comme vous, on éteint les lumières. Il n’y a que la pièce du Luminateur qui ne s’éteint jamais… et normalement, les torches de la salle de la Coupe, qui sont autant magiques qu’utilitaire. Sans elles, il fait nuit noire. Qui que soit le Coupable, il avait besoin de l’obscurité oui…

Il pensait encore quand Anastasia posa une autre question :

- Oui, parce qu’on dormait, et aussi parce qu’on avait jamais ressenti son absence avant. Il faut le temps avant de réaliser ce qui manque. Je ne sais rien du gardien de Gloutoniskaïa à part que c’est un gourmand dans tous les sens du terme. Il aimerait certainement avoir la Coupe, mais il n’a aucun contrôle ici et je ne pense pas qu’il organise des expéditions pour récupérer des objets… c’est Léviathan qui est tristement célèbre pour ça, et il est heureusement très loin d'ici.  

L’enquêtrice avait l’air d’hésiter à poser sa dernière question mais elle se lança, et Ariel ne trouva pas l’idée mauvaise. Il était persuadé que tous les invités étaient innocents, mais si ça pouvait conforter l’enquête… il n’avait pas embauché des gens pour faire obstruction :

- Bien entendu, on fera cela quand vous voulez. Plutôt en soirée ? Pour ne pas perturber les cours des stagiaires.

*** Avec Kanel ***

- Non, moi c’est Kanel, désolé, il sourit à Yoake, ses yeux bleus rieurs, suivez-moi, je vais vous trouver une salle vide.

Il la fit bifurquer vers le palais en l’écoutant. Sans oser le dire directement, il avait la sensation que la japonaise se répétait un peu. Avec tout le tact dont il était capable, il lui dit en poussant les portes dorées de la demeure du Dieu – et des instances administratives :

- Je ne comprends pas bien… nous vous avons fourni une liste ce matin avec les étrangers qui étaient venus ces derniers mois, dont ceux qui sont encore sur place. Quelle la différence avec ce que vous voulez maintenant ? En tout cas on n’échange pas beaucoup avec l’extérieur. On fait quelques imports triés avec soin, aucun objet malvenu ne peut rentrer à Ketheriah par ce biais.  

Après le somptueux hall épuré, ils avaient pris un couloir opposé à celui qui menait aux appartements du Dieu, mais toujours couvert de ce tapis bleu roi. On pouvait deviner qu’il s’agissait des locaux administratifs quand on voyait les amoncellements de papiers sur les bureaux des pièces ouvertes et les nombreux anges qui s’affairaient avec des dossiers plein les mains. Kanel ouvrit finalement la porte écrue d’une salle de réunion assez simple : une grande table ovale, des sièges, un tableau de liège avec des punaises, un tableau de réunion avec plein de feuilles vierges et des feutres, et une bonbonne à eau avec gobelets en plastiques.

*** HRP  ***

Pfiou, vous êtes crevant ! XD. Ana, si tu décides d’amener des gens au luminateur, envoie-moi un MP avant Wink
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 24 Juin - 11:27

Yoake rougit légèrement, quand Kannel annonça qu’elle s’était trompée. Elle bafouilla quelques excuses et suivit l’ange en direction du palais, quand il avoua ne pas comprendre la demande de la Japonaise. Troublée, cette dernière sortie la liste de ses affaires pour finalement se rendre compte qu’elle avait déjà cette liste dans les mains. Elle qui pensait avoir juste les personnes arrivées récemment. Elle avait surement cru voir ça en voyant le faible nombre de personnes présentes sur l’île. Décidément, elle enchaînait les erreurs avec Kannel.

- Vous avez raison, c’est une erreur, je viens de vérifier, pardonnez-moi.

Répondit-elle, encore plus rouge. Il parla aussi des échanges avec la terre ferme et Yoake fut étonnée du peu d’échanges qu’il y avait entre Ketariah et Dreamland.

- Vous voulez donc dire que la coupe n’avait aucun moyen d’arriver à Dreamland par ce biais ?

Elle posa ses yeux sombres sur la décoration et la couleur bleu roi du couloir rappela à Yoake celui qui menait au dieu, mais en voyant les anges s’afférer autour des bureaux remplies de pile de papier, elle se dit qu’il devait s’agir d’une autre aile. Gérer Kétariah administrativement parlant ne devait pas être une tâche aisée, néanmoins ceux qu’un des anges emmenait dans une pièce voisine lui rappelaient soudainement son ancien boulot. Il n’y avait pas à dire, travailler comme enquêtrice était nettement plus intéressant que de classer des dossiers dans une salle d’archive.

Elle suivit son interlocuteur dans la salle de réunion et passa son regard de la table, aux deux tableaux, elle remarqua aussi les feutres, les papiers et la bombonne à eau. C’était bien mieux que le dortoir échanger ici serait surement plus productif que sur un lit entouré d’étudiant. Elle sourit satisfaite et dit :

- Merci ça conviendra parfaitement.

Elle regarda alors les feuilles et se demanda un moment ce qu’elle pouvait y noter : que la coupe était peut-être sur place ? Qu’il y avait plusieurs moyens de la cacher aux yeux des anges ? Que le voleur était sur place… Finalement après réflexion, elle était toujours au point de départ. Sa discussion avec Minerva ne lui avait rien donné, et peut être que celle des deux frères roux ne lui apporta pas grand-chose non plus, apparemment, elle manquait réellement de formation et d’expérience dans ce travail heureusement, ils étaient trois. Sans rien ne laisser paraitre de ses doutes, elle leva ses yeux sombres sur l’ange et décida de lui poser quelques questions après tout tant qu’elle l’avait sous la main, et peut être qu’avec un peu de chance, il y aurait un ou deux indices qui lui sauteraient aux yeux.

- Je me demandais, quel est votre point de vue sur toute cette histoire ? Vous avez surement enquêté avant notre arrivée quelque chose ne vous a-t-il pas sauté aux yeux ? En fait même, un détail que vous pensez infime pourrait nous aider.

Elle regarda à nouveau la fiche et se rappela qu’elle devrait ensuite questionner les deux frères roux qu’elle pensait être les Dessay de la liste. Ensuite, elle retournera surement au dortoir pour retrouver ses collègues et leur proposer d’entamer l’échange dans la salle de travail. Avec ça, la journée sera bien entamée, mais si tout allait bien, ils auraient des pistes pour la prochaine journée et n'éviteraient pas la même occasion un génocide. Finalement, 5 jours pour trouver la solution s’étaient courts, trop courts même.

Elle attendit la réponse de l’ange, cherchant à se reprendre et à calmer le rouge qui n’avait pas encore quitté son visage.

***

HJ : On aime bien t’embêter c'est pour ça Wink . Par contre plus ça va plus mes messages sont courts ><
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Anastasia Waitten

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MessageSujet: Re: [job] La ville des anges   Mer 24 Juin - 21:18

Anastasia ne quitta pas tout de suite Ariel.
Elle n'avait pas d'autres questions à lui poser mais resta tout de même assise sur la margelle, pensive, à côté de lui; l'espèce de sentiment d'amour sans ambiguïté et sans condition qui s'émanait de lui, lui faisait du bien, la ressourçait et elle en avait besoin...
Elle était frustrée.
Elle s'était attendu à des déclarations chocs, à des indices flagrants, à quelque chose de clair, net et précis dont elle aurait pu tirer des conclusions évidentes; à la place de cela elle avait l'impression qu'on lui avait répondu de manière vague, que ses maigres hypothèses tombaient à l'eau.
A nouveau l'écheveau de laine était emmêlé.
Elle tira tout de même une information positive: la piste du gardien de la tour de la gourmandise était à écarter, aucun des deux n'avaient réagi de manière sensible à l'évocation de cet individu.
Elle tenta de récapituler: le voleur et la coupe était toujours sur l'île... Il avait eu besoin d'obscurité pour son larcin....
Si l'on s'en référait a tout ce qu'on lui avait dit, personne à Ketheriah n'était coupable, un comble !
Voilà ce qu'elle ne comprenait pas.
Le gardien du luminateur avait laissé entendre que le vrai coupable était en dehors de l'île... Comment le voleur pouvait-il être à la fois sur l'île avec la coupe et en dehors de l'île ?
Cela non plus elle ne comprenait pas.
Elle se rappela mentalement toutes les informations données depuis le début: cela ressemblait à un manège sans fin qui tournait dans sa tête !
qu'importe elle était tout de même contente de savoir qu'Ariel avait accepté de refaire passer tout le monde devant le gardien.

Sur cette note optimiste elle prit congé de l'Ange en lui adressant un sourire discret car il avait l'air perdu dans ses pensées lui aussi.
La jeune femme le comprenait: on serait perdu à moins et ses trois enquêteurs en herbe n'avaient pas beaucoup avancés.
Tout à coup elle se souvint de la question d'Ariel; elle se retourna et répondit: Oui, ce soir après les cours, merci !
Elle s'éloigna sans trop savoir où elle allait ni vers qui elle se tournerait. Elle avait la désagréable impression d'être dans une impasse.
Heureusement il faisait doux. Le jardin sous le soleil couchant était splendide et invitait à la méditation.
Elle repensa au cocher; elle avait eu tort de le déranger avec ses questions, il semblait si embarrassé de ne rien savoir de plus... A part, peut-être Magnus Delioncourt qui avait failli détruire sa calèche; quel goujat !

Anastasia aurait voulu se concentrer sur les réponses du gardien et d'Ariel afin de faire une tentative de synthèse mais quelque chose l'en empêchait; chaque fois elle repensait à ce pauvre cocher si empressé de lui rendre service en vain.
C'était comme si elle tenait là un fil ténu qui lui échappait des mains dès quelle voulait l'attraper ou comme si elle avait oublié quelque chose d'important sans savoir quoi; la sensation était agaçante.

Tout en dirigeant ses pas vers le palais, elle ne cessait de se répéter: "le voleur est sur l'île avec la coupe mais le coupable est en dehors de l'île... Ou inversement: le coupable est sur l'île mais le voleur... J'ai dû oublier quelque chose, un détail infime... d'une importance cruciale ? je ne vois pas... Oublier..."
Rien à faire, le souvenir du cocher, une fois de plus, barrait la route des réflexions.
mais qu'avait donc dit ce cocher ?
La jeune se rappela bien toutes les réponses aux questions puis elle était partie... Non, elle n'était pas partie: le cocher l'avait rappelée; mais pour lui dire quoi ?
Ah oui, une histoire de carnet oublié, rien d'important... Un tout petit carnet caché dans un coin qui n'appartenait à personne; le précédent voyageur avait dû l'oublier, Mickaël le lui rendra une fois de retour à Glouto... A qui était ce carnet ? pourquoi Mickaël l'avait-il prit ? y avait-il le nom du propriétaire à l'intérieur ?

Une idée jaillit comme un flash dans la tête de la jeune femme: "et si... le "coupable" n'était pas quelqu'un mais quelque chose ?"
Le cerveau en ébullition elle posa une nouvelle hypothèse:
"quelqu'un, pourquoi pas Delioncourt, veut la coupe mais ne peut pas monter à Keteriah à cause du gardien. Qu'importe, il se débrouille pour cacher un petit carnet magique dans la calèche juste avant que les stagiaires s'y installent... Son plan réussit puisque Mickaël le prend avec lui et monte sur l'île.
A un moment donné, Mickaël ou un autre l'ouvre par curiosité.
Dedans une formule magique est peut-être notée, ou une marche à suivre ? bref, le stagiaire fait ce qu'il faut... A moins qu'il n'y soit obligé par un sortilège quelconque noté sur la page ?
et se retrouve être à son corps défendant... le voleur de la coupe ! dans cinq jour, le propriétaire du carnet n'a plus qu'à aller voir le jeune stagiaire et prendre l'objet convoité..."

Prise de panique, Anastasia tournait et virait, le visage blême, comme paralysée d'effroi, sans même envisager le fait que l'hypothèse était peut-être fausse.
A deux pas du palais, elle aperçut la silhouette de Yoake qui semblait ressortir d'une aile du bâtiment en compagnie de Kanel.
"Quelle chance !" se dit-elle.
La jeune femme attendit patiemment que l'Asiatique termine sa conversation puis s'élança vers elle.
Yoake ! yoake !
La jeune fille se retourna peut-être surprise de l'entendre crier ainsi.
Essouflée, Anastasia arriva à sa hauteur et sans même prendre le temps de respirer, lui fit un résumé de tout ce qu'elle avait appris, lui parla du carnet et de son hypothèse.
Quand elle eut terminé elle lui dit:
Je crois me souvenir que tu avais prévu d'aller questionner les frères Dessay... Crois-tu pouvoir tirer cette histoire de carnet au clair avec eux ? essaye d'en savoir le plus possible sur ce sujet, c'est peut être rien, c'est peut-être important, je ne sais pas mais ce détail me tracasse... Merci !

Ne sachant trop que faire de plus dans l'immédiat elle ajouta: je serai assise sur la margelle de la fontaine, je t'y attendrai; bon courage ! j'ai hâte de savoir...

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