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 La marche de l'avenir

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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Dim 3 Mai - 21:25

L’Hypnose, un thème que la jeune femme n’avait que très peu abordé dans sa vie, il n’y avait pas de psycho dans son cursus et jusqu'à ce que sa phobie se déclare, elle évitait comme elle pouvait les psys en tout genre. Et surtout, il n’y avait aucun rapport entre la musique et l’hypnose… Après sa phobie son discours fut tout autre, les nombreux psys qu’elle avait vu pendant ses cinq ans l’avaient permis de voir la vie sous un nouveau jour. On n’avait néanmoins pas soumit l’idée de l’hypnose, pour résoudre son cas, peut être à cause de l’effet désastreux sur certain patients qui se réveillaient avec des pouvoirs, du moins c’était une raison plausible. L’hématophobe s’était dirigée vers le docteur Senchi Tchi de son propre chef, elle n’avait d’ailleurs pas suffisamment suivi les informations pour se méfier et maintenant la voici dans cette spirale dont elle ne comprenait rien, du moins elle ne comprenait pas les explications de la mythomane, enfin si mais ça ne répondait pas à ses questions… mais avait elle seulement des questions sur l’hypnose ? Pas vraiment, pour le moment elle se trouvait là, perdue entre la réalité et Dreamland, à essayer de trouver sa place… En avait elle seulement une maintenant qu’elle avait tué ?

Tout en se posant des questions, elle écoutait la suite de l’explication d’Alicia, elle était donc là pour en apprendre plus, aussi avait elle une pathologie ? Pas sur, mais d’après ce qu’elle avait comprit, aucune pathologie signifiait aucun pouvoir, elle faillit se poser la question de ce qui était le mieux entre avoir une pathologie et donc un pouvoir ou se retrouver démunie à Dreamland sans aucunes pathologie certes, mais surtout aucun pouvoirs. Heureusement Melena parla à ce moment là, la coupant dans ses réflexions, le docteur Parkinson ne savait donc rien ? Et s’était enfui devant leurs pouvoirs… En fait, en réfléchissant, Yoake avait au moins comprit une chose l’hypnose était loin d’être une science connue, et la proposer comme soin devrait être interdit… n’était-il que des cobayes ?

Melena la sortit de ses pensées, en lui proposant de mettre la jupe coloré en échange de son leggins, Elle leva ses yeux sombres vers l’irlandaise essayant de comprendre, avait-elle vu son malaise qu’elle s’évertuait pourtant à cacher ? Apparemment oui. Elle aurait tant voulu refuser, Melena l’avait aidé tellement de fois jusque là sans qu’elle ne puisse lui rendre la pareille. Elle aimait beaucoup Melena, discutait avec elle de la vie de Dreamland, ou de San Francisco lui plaisait, tout comme elle pouvait se comprendre sans échanger comme maintenant, Mais tout ce qu’elle avait fait pour elle jusque là était inimaginable, c’était comme si elle ne pourrait jamais lui rendre la pareille. Et malgré toute cette réflexion elle tendit une main tremblante vers le tissu de la jupe comme si c’était la clé qui résoudrait tout ses problèmes.

- T’inquiète pas, là je suis à des lieux de penser à la mode merci Melena, j’achèterais un pantalon à Riven Town, je pourrais alors te rendre cette jupe.

Elle saisit donc le vêtement et se tourna vers Zephyr qui s’était retourné pour suivre la conversation.

- Excuse-moi, Zephyr peux-tu te retourner encore une fois je n’en ai pas pour longtemps.

Hochant la tête il accepta de se retourner et l’hematophobe enleva avec soulagement son leggins. Elle n’était pas vraiment pudique, et puis pour elle personnes ne pouvait s’intéresser à son corps et encore moins ses camarades féminins aussi ne fit-elle pas attention à leurs regards elle passa la jupe et la noua faisant rentrer sa tunique à l’intérieur. Bon une chose était sur ce n’était surement pas à la mode, ça lui donnait même surement un air de paysanne, ou de bohémienne, mais bon ça faisait longtemps que la japonaise ne s’était pas sentit, a présent aucune tache de sang ne souillait son corps.

- c’est bon Zephyr.

Elle se leva finalement et sortit le couteau suisse de son manteau trempé encore pendu à l’abri bus et le tendit à son amie. Elle demanda alors d’une voix inquiète à la thanatophobe :

- Tu es sur que ça ne te dérange pas ? Il… il va bien falloir que je m’y habitue.

Mais en même temps, pouvait-elle vraiment s’habituer au sang en à peine quelques heures alors que sa crise de ses 17ans l’avait mis hors course pendant cinq ans ?… Surement pas. Bon sang qu’elle se détestait de devoir compter autant sur Melena.

Finalement elle pu à nouveau réfléchir sainement et des questions concernant l’hypnose commençait à naitre dans son esprit, elle se tourna donc vers Alicia et demanda après un temps de réflexion :

- Melena à raison, ont-ils fait des analyses sur les résultats de l’hypnoses ? Et surtout personne ne s’est encore interrogé sur les morts cérébrales des patients ? Je veux dire que cette pratique n’est pas sans risque. Comment ça se fait qu’elle soit toujours autorisée ?


En même temps Yoake n’avait certainement pas lu la ligne écrite en petit sur son contrat qui stipulait qu’elle acceptait les conséquences que pouvait avoir l’hypnose sur son cerveau, séquelles, ou mort, peut être même qu’elle avait signait quelque chose comme quoi elle offrait son corps à la science si elle mourrait… Oh bon dieu la première chose qu’elle ferait en se réveillant ça serait de fermer son cabinet de malheur. Sans s’en rendre compte une heure était passé depuis qu’ils attendaient le bus.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 4 Mai - 21:36

Ce fut mon tour d’écouter attentivement leur réaction et leurs questions. Et je fus surprise d’entendre que Melena avait été en contact direct avec le docteur Parkinson. Un psychologue qui apparemment ne contrôlait pas du tout ce qu’il faisait à entendre la thanatophobe. Cependant, je ne réfutais pas ce qu’elle déclara, si elle l’avait vraiment vécu, il ne servait à rien de le nier. Et puis de toute façon, ça ne serait pas la première fois qu’en sciences humaine, nous ne comprenions pas tous les mystères du cerveau humain. Parfois, il fallait juste attendre, laisser le temps faire son travail pour pouvoir mieux comprendre plus tard.

- C’est le problème avec la psychologie, il arrive souvent qu’on ne contrôle pas certaines variables. L’hypnose reste une technique fascinante mais pas totalement expliquée.

Je me souvins alors de l’avertissement de Melena et Yoake. Mourir à Dreamland signifiait bien pire dans le monde réel. Il était alors étrange que d’autres docteurs continuent à hypnotiser des patients sans connaître les effets secondaires. Ces experts avaient bien dû entendre parler du phénomène dont avait été témoin Melena, non ? Ce qui était sûr, c’est que cette thérapie n’était pas du tout recommandable et tous ces psychologues étaient des incapables doublés d’irresponsabilité. De plus, je n’avais même pas de pouvoirs ! Oh en revenant, je pourrais toujours raconter sans mentir que non seulement j’avais brûlé tout un bâtiment  mais  que j’avais aussi goûté à la viande humaine. Wouahou ! Quelles expériences à faire partager !

- Et de mon point de vue, après cette nuit, je n’utiliserais sûrement pas ce type d’hypnose sur quiconque…

Je détournai mon regard de celui orageux de Melena pour fixer le ciel. Il me sembla,  pendant un instant, que l’averse se calma, se transformant en une pluie fine. Je me redressai alors qu’on proposa à la japonaise une jupe pour ne plus avoir à porter son leggins ensanglanté. Je poussai un soupire. Il était clair que Melena n’aurait en aucun cas fait ce genre de geste pour Zéphyr ou moi. La vérité était que les deux filles avaient déjà noué une relation avant que l’on arrive. Pour résumer, Melena faisait plus confiance en Yoake qu’envers nous et qu’elle était donc plus apte à l’aider. Tout cela ne me gênait pas, non mais je commençais à me dire qu’avoir de vrais alliés serait un véritable avantage pour survivre dans cet univers. Nous nous étions peut-être entraidé cette nuit mais je devais dire qu’entre ma vie ou la leur, j’aurais une légère préférence pour ma vie. Parfois, je me maudissais de ne pouvoir me lier véritablement avec quelqu’un. C’était un sentiment horripilant. Cependant, révéler qui j’étais provoquer en moi une sensation bien pire. Je n’avais pas envie que les gens voient en moi un être sans intérêt. C’est pour cela que je cherchais de l’attention, le regard des autres, pour me sentir vivante. Il n’y avait rien de plus important à mes yeux.

Je tendis la main pour sentir de nouvelles gouttes d’eau glisser le long de ma main. La froideur de ce contacte me permis de refouler ces pensées. Je déteste broyer du noir surtout pour une chose aussi futile que  créer des liens d’amitiés. La seule personne qui savait véritablement tout sur moi était mon psychologue et regardez où ça m’a amené ! Il m’avait mis dans la case « mythomane » pour m’envoyer par la suite, dans un monde où on pouvait mourir beaucoup plus facilement. Ça m’apprendra tient.

Je me retournai vers Yoake lorsque celle-ci me demanda s’il y avait déjà eu des analyses concluantes sur la technique du docteur Parkinson. Pas étonnant qu’elle se pose la question. A sa place j’aurais fait de même. C’était étrange en effet de n’avoir aucune information sur internet à ce sujet. Rien, il n’y avait tout simplement rien. Je secouai donc la tête ne sachant pas quoi dire de plus.

- Justement, c’est ce qui m’intrigue, d’où l’orientation de ma recherche… Les psychologues utilisent cette technique sans vergogne tout en n’ayant aucune connaissance des conséquences que tout cela peut avoir… Elle ne devrait effectivement pas être utilisé mais comme à chaque fois y a toujours des…

Je ne pus finir ma phrase lorsqu’un objet tomba littéralement du ciel. C’était un petit sachet marron comme ce qu’avait ramené Yoake quand nous étions au bar lors de la dégustation du fameux ragout. Je m’accroupis donc pour l’attraper. Quelque chose attira mon regard et je levai la tête pour apercevoir un oiseau s’envoler au loin. Je fronçai des sourcils. Non, ça ne serait quand même pas… Je me redressai curieuse de savoir ce que le paquet pouvait contenir. Je l’ouvris pour en sortir une montre d’un bleu assez clair. Sur le bracelet était attachée une étiquette avec « Pour Alicia ». Je me dépêchai d’enlever le mot et le glissai dans ma poche pour que personne ne puisse le voir.

Je souris face à ma trouvaille et l’attachai à mon poigné. Les aiguilles indiquaient qu’il était 12h30. En voyant qu’on avait déjà attaqué le début de l’après-midi, mon ventre décida de grogner pour signaler que j’avais faim. Je grimaçai, gênée par le gargouillement que j’avais produit.

- Désolé… Bon la bonne nouvelle c’est que dans un quart d’heure, le bus sera là…
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 5 Mai - 18:43

« Psychologie »… ce terme se répétait en boucle dans la tête de Melena. Il sonnait faux. D’après le peu qu’elle en savait, notamment quand il s’agissait de soigner des personnes souffrant de pathologie mentale sévère, l’hypnose se rattachait plutôt à la psychiatrie, la psychanalyse ou la psychothérapie - qui en fait était un terme regroupant à peu de choses près les précédents. C’était étrange, de la part d’une étudiante spécialisée, d’entendre un tel amalgame. La psychologie n’était-elle pas censée se distinguer justement dans le fait qu’elle se penche plutôt sur l’étude de l’impact des facteurs environnementaux d’un sujet sur son comportement ? L’irlandaise tut cette réflexion, sondant toutefois les yeux bleus perçant de son aînée, comme si un masque allait tomber d’un instant à l’autre. Peut-être avait-elle pris ce raccourci parce qu’elle pensait que le mot « psychothérapie » serait trop difficile à comprendre par une adolescente ?

Les orbes d’Eva s’arrachèrent aux siens, elle reporta alors son attention sur Yoake qui la remerciait en lui affirmant qu’elle s’achèterait un pantalon une fois en ville. Un léger sourire fendit le visage de Melena : pour ce qu’elle faisait de sa jupe, ce n’était pas un problème que son amie la garde. Zephyr fut invité à se retourner à nouveau et instinctivement, la nécrophobe se replongea dans la contemplation de la flaque d’eau de l’autre côté de la route. L’averse avait l’air de se calmer mais les gouttes continuaient de s’écraser en créant chaque fois une multitude d'éclats. Elle fit volte face quand l’hématophobe lui tendit son couteau-suisse ensanglanté. Si ça la dérangeait ?

- T’en fais pas, assura-t-elle, et je sais ce que c’est, elle ne finit pas sa phrase, certaine que la japonaise comprendrait qu’elle parlait du fait d’affronter sa phobie, si je peux au moins t'épargner ça…

Elle tendit la main pour que la pluie arrose copieusement l’objet récupéré sur leur dernière victime tandis que Yoake posait à son tour des questions à leur étudiante. Cette fois, Melena fronça les sourcils à la réponse d’Eva. Peu importait qu’une montre tombe du ciel, elle était habituée au fait qu’un hibou vienne chaque soir lui larguer un journal sur le sommet du crâne - les bizarreries locales lui étaient d'une normalité qui ferait pâlir un Julian. Toutes ses pensées convergeaient vers ce qu’avançait sa comparse : elle avait étudié les travaux du psychiatre sans jamais s’intéresser à sa profession ? A croire qu’elle avait tout appris sans lever le nez de ses bouquins jusqu’à aujourd’hui.

- Moi je sais pourquoi, répondit l’irlandaise en observant tour à tour l’hématophobe et la mythomane, comment dire… il n’y a pas QUE l’hypnose qui permet d’accéder à Dreamland. J’ai connu des gens qui étaient dans le coma, Jade a réussi à revenir en s’endormant simplement et là, je suis ici grâce aux grigris bizarres d’un vieux sorcier africain, confia-t-elle sans se soucier de leur opinion. Là où je veux en venir, c’est que parmi toutes ces portes d’entrées… l’hypnose en est peut-être une minime. Alors combien de gens en mort cérébrales pour tous ceux qui s’en sortent ? Sans doute pas assez. Surtout qu’avant l’exil, c’était facile de se réveiller et d’oublier les personnes qu’on a rencontré, ce qu’on a vu… on était inconsciemment, qui de saint d’esprit croirait qu’on était ailleurs que dans un rêve ? Surtout pas un médecin dont la formation est de ne pas entrer dans les délires de ses patients...

Melena marqua une pause. Si tout s’était passé normalement, ça aurait pu être son cas. Elle serait probablement retournée là où elle passait les vacances, serait rentrée à Londres avec ses parents adoptifs, et l’expérience vécue à San Francisco n’aurait été qu’une étrange chimère. Oui, sa vie aurait reprit son court si le Marchand de sable ne s’en était pas mêlé…

- Parkinson était un peu une célébrité de la profession en Californie. Tout ce qu’il voyait c’était que les gens qu’il hypnotisait revenaient à eux avec des améliorations notables. Et pour les autres et bah… je suppose qu’il disait que c’était un risque, qu’ils avaient signé une décharge, comme avant une opération à risque.

Elle accrocha son regard dans le ciel aussi gris que ses yeux. L’air pensive, rêveuse, comme si l’espoir que tout cela puisse se résoudre d’un claquement de doigt la traversait à nouveau. En vain. D’une voix lente, sans se défaire des nuages qui continuaient de pleurer sur les plaines félicités, elle ajouta :

- J’étais simplement à San Francisco en vacances… chez la sœur de ma tutrice, elle eut un rictus qui signifiait clairement qu’elle ne l'appréciait pas, c’est elle qui lui a farci la tête avec ce docteur qui faisait soi-disant des miracles, que je serai guérie en moins de deux, elle poussa un soupir dédaigneux, comme tu dis au final, c’était un abruti qui utilisait une « super » technique sans avoir la moindre idée de ce qu’elle impliquait… ah, mais il était psy-chiatre au fait, pas psy-chologue, ajouta l’irlandaise en défiant le regard bleu de la blondinette.

Elle avait tiqué lorsque sa comparse avait évoqué la mauvaise profession. Cette fois c’était plus fort qu’elle, un demi-sourire sous-entendant l’insolence flottait sur ses lèvres pâles. Réalisant qu’elle n’avait toujours pas rendu son couteau-suisse propre à Yoake, elle lui tendit sans fuir les orbes perçantes de la mythomane. Elle était un peu déçue pour l'instant, elle aurait songé apprendre des choses qu'elle ne savait pas encore... le mécanisme même de cette transe, qui ferait peut-être lumière sur le reste.

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Dernière édition par Melena Autumn le Jeu 7 Mai - 23:51, édité 1 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 7 Mai - 14:35

Les filles s'étaient mises à parler d'un certain docteur Parkinson. Comme la maladie ? Zephyr esquissa un sourire à cette pensée. Mais ce qui suivit le fit déchanter. Ce bonhomme avait envoyé des gens ici consciemment à l'aide de l'hypnose … Enfin consciemment... pas tant que ça puisqu'il semblait avoir été paniqué à la vue des pouvoirs de ses patients.
Il s’imagina alors possédant des pouvoirs dans le monde réel. Ce serait tellement cool ! Non pas que les siens soient vraiment très utiles mais c'était mieux que rien. Et puis Melena semblait en avoir plusieurs alors peut-être que lui aussi finirait par s'en découvrir d'autres.

Alors que Melena proposait à Yoake de quoi se changer, il se retourna contre le bois humide jusqu'à ce qu'elle ai terminé. Elle devait être soulagée de pouvoir enlever son leggins taché de sang et trempé à souhait. Il en aurait bien fait autant mais il n'était pas certain qu'une jupe lui convienne.
Lorsqu'elle eut fini et qu'il put se retourner à nouveau, il en profita pour récupérer son tee-shirt et l'enfiler. Il était encore très humide et froid de surcroît. Mais au point où il en était, un peu plus ou un peu moins ne changerait rien à son rhume.

La conversation devint de plus en plus compliquée. Il était question de psychologie. Non pas que Zephyr ne s'y intéressait pas, mais il avait d'autres questionnements en têtes pour vraiment s’intéresser à cette histoire d'hypnose. Il pensait aux gens qui vivaient véritablement ici, sans avoir eut besoin de se plonger dans un sommeil ou une transe hypnotique pour venir. C'était donc que ce monde était réel, d'une certaine manière. Un monde parallèle ? Une autre dimension ? Ou une simple élucubration de leur esprit brouillé par des substances chimiques ? Mais comment pouvait-on inventer des personnes au point de leur créer une phobie, un caractère, une vie... Les expressions changeantes de leurs visages ne pouvaient pas être le fruit de son imagination. Les contemplant tour à tour, il se demanda s'il avait vraiment put inventer tout cela. Mais la réponse évidente fut non. Il n'avait pas assez d'imagination pour cela de toute manière.

Donc, si ce monde n'était pas un rêve, il avait une substance physique. Et si eux avaient put parvenir jusqu'à ce monde, qu'est-ce qui empêchait les gens d'ici de faire de même en allant dans leur monde ? Y avait-il ici aussi un docteur fou prêt à envoyer les gens dans les méandres de leur esprit sans en connaître les conséquences ?
Alors qu'il était perdu dans le cheminement de ses pensées, Eva annonça que le bus serait là dans un quart d'heure. Il remarqua alors la montre à son poignet et se demanda comment elle avait atterrit là. Elle n'en avait pourtant pas quelques minutes plus tôt ?

Melena poursuivit la conversation sur l'hypnose. Il était vrai que ce n'était pas l'unique moyen de parvenir ici. Pour preuve, lui même avait seulement bu une infâme mixture avant de s'écrouelr sur des coussins. Il songea à son corps sans défense … et une soudaine panique s'empara de lui. Il mangeait et buvait ici, certes, mais son corps lui ne se nourrissait pas ! Combien de temps pouvait-il survivre ainsi sans eau ni nourriture ? Combien de temps son corps resterait-il en vie s'il ne se réveillait pas. Coupant court à la conversation houleuse des filles, il croisa les bras pour tenter de se donner une certaine contenance et demanda sur un ton où perçait sa panique :

« Dites, on … on fait comment pour se réveiller ? Nan je demande ça parce que on est ici depuis presque 24 heures en ce qui me concerne et … enfin, je pense à mon corps resté la bas. Je ne suis pas dans le coma alors je ne suis certainement pas sous perfusion ni quoi que ce soit. C'est un foutu marabout qui m'a fait boire un truc immonde. En ce moment mon corps gît sur des coussins. Et je suppose que manger ici ne nourrit que l'esprit. Donc à moins de vite se réveiller ,on risque de mourir de déshydratation. »

Il s’interrompit quelques secondes. Au loin, les feux d'un véhicule transperçaient le rideau de pluie. Il n'aurait peut être pas le temps de recevoir une réponse. Ce devait être leur bus qui arrivait avec un peu d'avance.

« Désolé si je vous donne l'impression de flipper mais c'est le cas. » Ajouta t-il, des fois qu'elles n'aient pas comprit malgré la ton de sa voix.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 7 Mai - 16:14

Au départ, elle fut rassurée qu’Alicia approuve ses dires, aussi, pouvait-elle faire éclater librement sa colère, s’ils étaient là, c’était à cause de Psy non compétent qui constataient des morts cérébrales mais qui continuaient malgré tout d’hypnotiser leurs patients. Puis Melena fit part de son hypothèse et tout s’écroula. Forcément, il y avait d’autre façon d’atteindre Dreamland, les psychologues n’était pas les uniques responsables. De même, s’il suffisait juste de s’endormir pour rejoindre Dreamland qui était le responsable s’il y avait mort cérébral ? Soit même ? Contre qui pouvait-elle donc diriger sa colère ?

Melena parla alors de son propre parcours et l’hématophobe écouta avec attention les paroles de son amie, sympa les vacances… Bienvenue à Dreamland, au programme participation au colisée, mission à Elipse, et visite d’un village cannibale. Nous vous souhaitons un agréable séjour et nous signalons que nous ne sommes pas responsable en cas de perte, et vol d’objet, ni même en cas de mort…Melena sortit la japonaise de ses pensée en insistant sur le fait que le docteur Parkinson était Psychiatre et non psychologue… elle tendit alors le couteau à la japonaise, mais continua de fixer Alicia de ces yeux d’orages.

Yoake ne comprenait pas se regard, que cherchait-elle à comprendre ? La japonaise était très loin du combat qui se montait entre la blonde et la brune. Elle porta malgré tout son regard sur les deux jeunes femmes et se décida enfin à récupérer son couteau suisse.

Toute en écoutant l’échange qui devait surement se poursuivre, elle l’ouvrit et constata avec soulagement que sa lame était comme neuve. A présent, seules les gravures sur le manche prouvaient que c’était celui avec lequel elle avait tué, mais ce n’était pas grave, car elle ne voulait pas l’oublier. Elle pensa alors à son psy dont-elle n’avait toujours pas vu son visage et dit sombrement :

- En tout cas si je me réveille, je ferais en sorte de le faire fermer boutique… je ne peux pas le laisser se servir de nous comme ça, qu’il soit responsable ou non.

Elle leva ses yeux sombre et regarda un moment son leggins, se demandant quoi en faire, elle n’allait quand même pas le remettre dans son sac, il était foutu, ce n’était plus qu’un bout de tissus…un bout de tissu qui finalement pouvait bien lui servir.

Un couteau à la main, elle se saisit de son leggins et coupa la jambe non souillé, qu’elle remit dans son sac à dos, la partie souillée, elle, termina directement dans la poubelle à côté de l’abri bus. Ce bout de tissus pourrait recouvrir ses futures entailles si elle venait à utiliser son pouvoir, se serait plus efficace que l’herbe de la plaine. Soulagée elle regarda la lame du couteau et la referma avant de le remettre dans la poche de son manteau qui était toujours aussi dégoulinant.

A ce moment-là, une dernier question lui sauta aux yeux mais elle n'eut pas le temps de parler car Zephyr posa la question fatidique comment rentrer a San Francisco, Yoake ne le savait pas vraiment et en fait elle cherchait pas forcément à le savoir. Quand il parla de nourriture du corps Yoake réfléchit rapidement cette question devait avoir une réponse évidente après tout Melena avait passé deux mois ici, d'autre voyageurs devaient certainement passer plus de temps. Finalement le bus arriva en avance ses feux éclairant les voyageur aux travers du rideau de pluie. Elle dit finalement :

- Je pense ne pas que tu vas mourrir de faim ton marabout va s'occuper de toi comme il faut. Et puis dit moi si je me trompe Melena mais à mon avis il ne s'est pas réellement passé une journée dans le monde réel.

Elle aurait bien aimé continuer mais les portes du bus s'ouvrit aussi murmura-t-elle :

- La question serait plutôt : comment ne pas retourner à Dreamland?

En effet même une fois revenu il pouvait retourner à Dreamland même sans le vouloir, il suffisait de dormir...

La japonaise récupéra son manteau et monta alors dans le bus boueux à cause de la pluies et de la terre des plaines, mais il était en bonne état. Rassurée, elle dévisagea alors le chauffeur, le visage tanné, et la quarantaine en voyant ses mouvement sûr, la japonaise su qu’il connaissait son Métier. Au moins ne ressemblait-il pas au chasseur de Quiet Hill ni au dragueur qu’ils avaient croisé sur la route. Elle paya les 20 rubz demandés et remercia le chauffeur d’un sourire.

Elle n’avait pas oublié qu’il provenait d’Elipse et que certain passager pouvait avoir une dent contre les voyageurs. Aussi profitant que ses compagnon paye leurs places dévisagea chaque personne discrètement à la recherche de cicatrices, de sang ou d’hématomes heureusement le résultat de l’examen fut négatif, de plus pour le moment, personne ne semblait faire attention à eux. Elle partit donc s’assoir vers le fond du bus ou elle trouva quatre places de disponibles. Elle garda son sac sur ses genoux et son manteau dessus afin de laisser la place à ses compagnons.

Elle se mit à sourire en regardant la pluie continuer à tomber ils étaient enfin au sec. C’était alors qu’après l’habituelle secousse, le bus démarra.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 7 Mai - 23:44

Je détestais me faire contredire. Je détestais encore plus qu’on mette en doute ma parole. Et lorsque Melena précisa que le docteur n’était pas un psychologue mais un psychiatre, soulignant par-là que je m'étais trompée, mon sang ne fit qu’un tour. La colère, ce sentiment que j’avais enfouis au plus profond de moi, remonta pour ne former qu’une boule concentrée au creux de mon ventre. Son histoire était bien triste certes mais son sourire effronté avait suffi pour me mettre les nerfs en pelote. Je ne m’appelais peut-être pas Eva, je n’étais peut-être pas une étudiante en psychologie clinique mais je savais ce que je disais. Je connaissais mon sujet sur le bout des doigts et jamais il ne m’était arrivé de me tromper. Ceci-dit, je n’avais pas envie de déverser toute ma rage, ce n’était pas dans mon caractère de perdre pied. De plus cela aurait été de la perte d’énergie que je n’avais pas envie de dépenser pour une personne telle que Melena. Je voulais bien l’écouter quand il s’agissait de Dreamland mais certainement pas de me corriger sur mes connaissances propres.

Alors je souris en retour, face à la cadette sûre d’elle, comme si ça pique ne m’avait pas touchée.

- Melena, ce n’est certainement pas toi qui va m’apprendre ce qu’est la psychologie encore moins me persuader que le docteur Parkinson n’est pas psychologue puisqu’il l’est. Cela dit, il est vrai qu’il est aussi psychiatre mais comme tu le dis si bien, beaucoup font un amalgame entre ces deux disciplines mais étrangement certaines personnes ont aussi cette fâcheuse tendance à les séparer alors qu’en fait elles se complètent.

Ma voix s’était faite glaciale. Je n’avais plus envie de jouer la gentille Eva qui se laissait marcher sur les pieds. Je voulais que les choses soient claires, on ne remet pas en cause ma parole. Toutefois je n’avais pas le temps de lui faire un topo sur les différentes spécialités de la psychologie. En effet, on retrouvait la psychologie développementale, la psychologie sociale, l’ergonomie, la cognitive, la clinique ou encore la neuroscience. La liste était longue et je ne voulais pas perdre mon temps à expliquer ni à donner des définitions sur l’histoire de la psychologie. Si elle persistait à penser que la psychologie n’avait pas avancé depuis le courant behavioriste, grand bien lui fasse, je n’étais pas son professeur d’école.

- Et peut-être ne m’as-tu pas entendue toute à l’heure lorsque j’ai dit être en psychologie clinique, ce qui concerne la psychothérapie. Donc en effet, dans mon domaine on utilise les TCC, les thérapies familial ou encore l’hypnose. Je ne vais pas te faire un cours, mais il n’y a pas qu’en psychiatrie que l’on rencontre des sujets phobiques, psychotiques, névrosés ou encore hystériques.

Pour ce qui était du reste, ce n’était pas ma faute si certains psychologues ou psychiatres ne respectaient pas leur charte de déontologie. Et puis, des irresponsables, il y en avait partout dans le monde alors il ne servait à rien de s’en étonner. Je n’étais pas non plus insensible au sort de ses pauvres personnes, victimes de la thérapie par hypnose du docteur Parkinson mais c’était des faits et on ne pouvait rien changer à cela. Cependant, je n’avais pas envie qu’on me mette dans le même panier que ces bourreaux. J’avais mon image à défendre.

- Et si je suis là, c’est pour en savoir plus sur la technique du docteur Parkinson car effectivement tout cela reste en partie un mystère. Alors, non je ne fais pas l’apologie de ce docteur et j’espère qu’en revenant dans la réalité, je me ferais entendre par mes confrères comme quoi ce type d’hypnose est inadmissible en thérapie ou en quoique ce soit.

Zéphyr choisis ce moment-là pour intervenir. Il semblait assez secoué et se posait des questions sur l’état de son corps dans la réalité. Ces questions étaient légitimes mais étrangement je n’avais pas envie d’y répondre, et Zéphyr ne méritait pas une réplique cinglante de ma part. De toute façon, apparemment, il y avait d’autre personne qui semblait mieux connaître le sujet que moi. Par chance, le bus choisit ce moment pour apparaître et s’arrêter devant nous.

- je suis sûre que Melena à les réponses à toutes ces questions…

Sans écouter la suite de la conversation, je montai en trombes dans le transport en commun pour déposer l’équivalant de 20 rubz. Ayant enfin mon ticket, je suivis Yoake pour m’installer au fond, du côté de la vitre. Il y avait quelques passagers mais ils étaient rares. Lorsque tout le monde fut installé, le moteur se mit à vibrer et nous reprîmes la route mais cette fois nous étions protégés de la pluie.

Je pris alors le temps de réfléchir réellement à notre situation. Si on reprenait conscience de l’hypnose, étions-nous vraiment guéris totalement ? Certains travaux de Freud avaient tendance à dire que oui mais que cela était de courte durée puisque les symptômes revenaient au bout d’un moment. Cependant, la technique de Parkinson allait bien plus loin encore. Il ne savait peut-être pas ce qu’il faisait mais il avait tout de même réussi un tour de force : celui d’arriver à rassembler des esprits inconscients dans un même monde. C’était scientifiquement impossible, tout comme ces histoires de pouvoirs qui donnent l’impression de sortir tout droit d’un bouquin d’héroic-fantasy. En fait, la psychologie ou la psychiatrie ne suffisaient pas pour expliquer ces phénomènes étranges. Tout cela était un véritable casse-tête à comprendre.

Mais comme je l’avais dit auparavant, il faut laisser le temps faire son œuvre. Et parfois, effectivement, cela passait par des erreurs. Qui aurait pu se douter, qu’après l’expérience de Milgram, certains des participants iraient se suicider car ils pensaient avoir réellement tué quelqu’un ? Néanmoins, la recherche de Milgram avait permis de comprendre pourquoi des personnes sans antécédents psychologiques, arrivaient à torturer des personnes sans broncher comme les nazis lors de la seconde guerre mondiale.


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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 8 Mai - 0:54

En fait… Melena ne sut pas quoi répondre. Rien dans son apparence ne vacilla, de son regard effronté à sa stature mince, mais intérieurement, ça bouillonnait. Elle détestait Eva d’avoir raison, elle se détestait de ne pas trouver d’argument convaincant pour la contrer. Au moins, la mythomane avait prouvé qu’elle n’était pas une buse ignorante de son sujet mais ça ne répondait pas aux questions principales de l’irlandaise. Finalement, la théorie pure du docteur Parkinson ne l’intéressait pas, elle n’avait pas spécialement l’intention de suivre des cours de psychologie après son cycle secondaire. Non ce qu’elle espérait apprendre, c’était quelle porte, ou quelle clef, si tant est qu’elle soit identifiable, l’hypnose actionnait pour venir à Dreamland. C’était important parce que quand on sait comment ouvrir un passage, on sait comment le refermer.

Elle se raccrochait à ça pour dénigrer le travail de sa comparse : tout ce blabla ne lui avait rien appris, c’était inutile. Melena était déçue mais avait surtout envie de trouver un prétexte pour ne pas aimer la blonde et visiblement ce sentiment était réciproque. Oh bien sûr, elle continuait d’arborer son sourire de première de la classe, mais sa voix glaciale ne laissait aucun doute. Heureusement que l’intervention de Zephyr coupa court à la conversation et si la mythomane fit suffisamment preuve de bon sens pour ne pas reporter sa fureur sur lui, ce ne fut pas le cas de la benjamine du groupe.

Tandis que Yoake lui proposait une réponse somme toute très juste, Melena avait éclaté d’un rire moqueur comme si l’herpétophobe avait sorti une ânerie grossière. Tout en hochant la tête pour approuver la version de la japonaise, elle ajouta en dévisageant son aîné avec l'expression qu’elle aurait eu devant un débile fini.

- T’en fais pas, lui dit-elle en calmant son hilarité, ça ne doit pas faire cinq minutes que tu dors dans le monde réel, tu es encore loin de la déshydratation.    

Elle s’en fichait de blesser le pauvre Zephyr qui ne lui avait rien fait, elle était de mauvaise humeur. « Tout ça c’était de la faute de miss l’étudiante en psychologie » ruminait inlassablement l’adolescente comme face à une ennemie de cours de récréation. Maintenant elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer Eva en train de faire un exposé au mâle du groupe du type « ne fais pas attention à elle, c’est une gamine frustrée qui a besoin d’extérioriser sa colère et c’est tombé sur toi. Ça va passer ». Discours de psy… elle enrageait d’avance.

Le bus arrivait un peu avant l'heure, ruisselant de pluie, tâché de boue, mais bien opérationnel. Il n’avait qu’un seul étage et Melena se prit à regretter les transports londoniens. Dans un cadre pareil, elle aurait adoré être plus haut pour voir ce qu’offrait la plaine à l’horizon. Sans doute des étendues vertes gorgées d’eau actuellement, mais après ? Après tout, ce territoire était si vaste qu’une surprise pouvait se trouver tous les cents mètres. Quand Yaoka murmura une question, la nécrophobe marmonna :

- Bah normalement ça ce serait du domaine d’un « spécialiste » mais y’en a pas dans le coin.

Aucune des deux filles ne semblait l’avoir entendue et ce n’était pas plus mal. Le seul auditeur potentiel de sa pique puérile destinée à Eva était Zephyr mais l’irlandaise lui tourna le dos pour grimper dans le bus. L’instinct de survie reprit immédiatement le dessus : à peine avait-elle payé ses 20 rubz que ses yeux gris scrutèrent le vehicule et ses passagers, des fois qu’un gang d’anti-voyageurs elipsiens bêtes et méchants ne soient cachés sont un fauteuil. Elle traversa le bus pour venir s’assoir à côté de Yoake, non sans avoir fusillé la mythomane du regard une dernière fois.

La hotte coincée entre ses jambes, Melena sortit de sa poche l’écrin humide qui renfermait la bague de fiançailles et l’ouvrit encore une fois, par curiosité. Un frisson d’horreur et de tristesse mêlées la traversait en se souvenant de l’état dans lequel se trouvait l’homme qui devrait plutôt apporter le bijou lui-même. Pourquoi l’aidait-elle déjà ? Ce n’était pas sa nature d’aider les vivants, voilà maintenant qu’elle se mettait à aider les morts ? Cette bague elle pourrait tout aussi bien la revendre pour se faire une bonne poignée de rubz. Alors pourquoi ? Pourquoi… pour racheter sa conscience encore ?

« Racheter ta conscience ? Mais tu n’as plus de conscience ma grande… », souffla une voix dans sa tête étrangement semblable à la sienne, « Rappelle-toi, rappelle-toi, … tu as tué ta mère. TA MERE ! Tu es maudite… comme Caïn dans la bible. Tu es… »

L’adolescente avait plaqué ses mains sur ses oreilles mais la voix démente murmurait toujours. Parfois ses paroles n’étaient même plus un son, elles étaient des émotions, des images, balancée dans les pensées de l’irlandaise pour former une mare chaotique. Après la voix principale, elle se mit à entendre des litanies crispantes, des appels sans sons, des chants sans sens, un brouillard de mots qui surgissait de son subconscient. Pâle comme un linge, Melena sentit qu’elle avait besoin de se raccrocher à quelque chose. Le monde qui l’entourait n’avait jamais semblé si lointain, ni les autres si étrangers. Finalement la folie c’était comme se noyer ? On se sentait partir lentement mais sans douleur ; sans…

« Un jour, tu seras morte toi aussi. »

Un coup de fouet l’avait fait revenir à elle. Inconsciemment, sa main s’était agrippée à celle de Yoake. Le contact de sa peau contre la sienne, glacée, l’avait brusquement ramené dans la réalité du bus qui roulait paisiblement sur la route d’asphalte. Elle avait l’impression de se réveiller d’un cauchemar, sauf qu’elle ne s’était jamais endormie. Melena fut incapable de bouger pendant de longues secondes, comme si lâcher son amie signifiait replonger dans la démence et la terreur. Lorsqu’elle put enfin libérer la japonaise, elle souffla un « désolé » en regardant ailleurs.

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 8 Mai - 6:32

Alors que Yoake se montra compatissante et rassurante autant qu'il était possible de l'être, Melena ne prit pas cette peine. Sèche et limite vexante, elle lui répondit tout de même. Sa panique enfin apaisée, un nouveau sentiment naquis en son fort intérieur. Melena était peut-être la doyenne du groupe en ce qui concernait l'expérience aquise au cours de ses voyages à dreamland, mais cela ne lui donnait pas le droit de les traiter ainsi. Depuis qu'il était arrivé, elle passait de la froideur à la douceur d'une maman sans aucune explication ni aucune raison. Non content d'être une phobique de la mort, elle était aussi changeante que les écailles d'un caméléon. Comment alors se fier à elle. Comment faire confiance à une personne aussi versatile que Melena ? Le truc c'était qu'il n'avait pas vraiment le choix. C'était ça ou s'exposer à ce monde sans rien en connaître. Un risque qu'il ne pouvait pas se permettre de prendre … pour le moment. Mais ce qu'il y a de bien avec le vent, c'est qu'il fini toujours par tourner.

Le bus s'arrêta devant eux. Ravalant une réplique cinglante contre Melena, il suivit simplement le mouvement, donnant les 20 Rubz au chauffeur, la mâchoire serrée de colère. Oui il avait paniqué un peu vite. Oui il avait supposé que son corps pouvait mourir de déshydratation sans prendre en compte qu'en rêve le temps n'est pas le même. Comment aurait-il put le deviner?
Mitraillant du regard le dos de la jeune femme, il fut content de ne pas devoir s'asseoir à côté d'elle. Tenant compagnie à Eva, il se pencha discrètement vers elle pour lui souffler :
« Elle a ses règles ou quoi ? Depuis qu'on est là elle a pas arrêté de nous prendre de haut. La seule à se faire cocooner c'est Yoake. Si j'étais pas à ce point perdu dans ce monde, je filerais de mon côté. »

Se confier à Eva n'était peut être pas la meilleure solution mais il avait besoin d'extérioriser sa colère d'une façon ou d'une autre. C'était le seule moyen de ne pas s'emporter contre Yoake ou Eva sans le vouloir. Et puis, en parlant avec elle alors qu'elle venait tout juste de se prendre le bec avec Melena lui assurait de sa part une parfaite confidence puisqu'elle devait également bouillir. A moins qu'elle ne soit plus sage que lui et qu'elle soit passée au dessus de ça.

Finalement, cette petite balade en bus allait peut être lui permettre de mieux connaître Eva. Il avait eut l'occasion de parler avec Yoake, un peu aussi avec Mel mais jamais avec la jeune femme blonde à ses côtés. Il ne savait d'elle qu'une seule chose. Elle était étudiante. Il ne regrettait qu'une chose finalement. D'être le seule garçon du groupe. Non pas qu'il ne se sente pas à l'aise avec des filles. Le truc c'était qu'il aurait voulu ne pas être la minorité du groupe.

« En fait, ajouta t-il tout bas pour que, encore une fois seule Eva l'entende, dès que j'en aurait l'occasion, je pense que je tacherais de me débrouiller tout seul. Ou en tout cas, sans elle. »

Après tout, il avait beau être novice, il n'était pas un crétin contrairement à ce que la jeune femme aux cheveux noirs corbeau semblait croire. Et elle lui avait déjà apprit tout ce qu'elle pouvait finalement. En quoi aurait-il encore besoin de sa présence ? Certes elle avait de puissants pouvoirs, elle était leur bouclier, mais le resterait-elle toujours ? Elle finirait bien pas les laisser tomber. En tout cas, c'était ainsi que Zephyr le ressentait. Et il préférait quitter le groupe de sa propre initiative plutôt que de se faire lâcher. Il avait toujours eut une sainte horreur des échecs. Il lui était même parfois arrivé de rater volontairement un contrôle qu'il était certain de ne pas réussir lorsqu'il était au lycée. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui lui avaient valu une si mauvaise moyenne. C'était idiot, il le savait, mais cela lui donnait en quelque sorte l'impression d'avoir gardé le contrôle de la situation.

Alors que le bus filait sous la pluie qui ruisselait sur les vitres sales, il apprécia le cahot qui les berçait. Il ajouta :

« Peut-être que dans la prochaine ville... je verrais bien ce qui arrivera. Melena est peut-être un bon moyen de rester en vie, mais elle a un objectif et nous n'en faisons pas partie. Maintenant qu'on sait à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur ce monde, on a toutes les cartes en main pour s'en sortir. J'aimerais tout de même juste savoir comment repartir d'ici... Et puis je me dis que la suivre dans sa quête pourrait s'avérer plus dangereux encore que de se débrouiller seuls. Après tout, on ne sait pas vraiment ce qui risque de se trouver sur son trajet. »

Oui, sa décision était prise. Il quitterait le groupe. Il ne savait pas encore vraiment quand ni comment ni même pour quoi faire par la suite, mais il ne suivrait pas Melena. Elle ne se souciait clairement pas d'eux. Sauf peut-être de Yoake. Un peu. Et même si elle leur avait sauvé la vie à Quiet Hill, rien ne garantissait qu'elle referait la même chose par la suite. Elle était trop changeante pour qu'on puisse vraiment s'y fier. Et ne pas pouvoir être sur de quelqu'un dans un lieu pareil, c'était aussi dangereux que d'être seul en fin de compte.

Dépité à l'idée de se retrouver seul à Dreamland, mais néanmoins certain que cela restait la meilleure décision, il posa sa tête contre le dossier devant lui, posant ses mains jointe sur son crâne. Au moins, il n'était pas sans ressource. Il avait de l'argent et sa phobie lui avait accordé un pouvoir, certes pas vraiment utiles mais comme il se l'était déjà dit, il en acquerrait certainement d'autres.
Alors qu'il avait fermé les yeux pour réfléchir à son plan, il fini par les rouvrir et aperçut quelque chose de noir sous son siège. Tendant la main il s'en saisi et se rendit compte qu'il s'agissait d'une casquette. Il se redressa dans son siège et l'épousseta un peu. Elle était complètement noir avec juste un logo rouge clair, presque orange sur le devant. Regardant autour de lui, personne parmi les quelques passagers ne semblait du genre à porter une casquette. Tout fier de sa trouvaille, il s'empressa de se la visser sur la tête.

A peine avait-il fait cela que de nouveaux éternuements s'emparèrent de lui. C'était également l'une des raisons qui faisaient qu'il ne pourrait pas suivre Melena dans sa quête. Il avait besoin de se reposer. S'il passait encore une nuit à la belle étoile dans son état, son simple petit rhume se transformerait en grippe, et pourquoi pas en pneumonie. Et si un rhume n'était pas grand chose à soigner, même dans un lieu comme celui-ci, il ne donnerait pas cher de sa peau si cela s'envenimait. Et puis, peut-être qu'Eva aurait envie de quitter le groupe elle aussi. Ils étaient novices l'un comme l'autre. Ils n'avaient pas vraiment leur place auprès de Melena, elle qui en savait déjà tant et qui se complaisait à le démontrer. Ensemble, ils s'en sortiraient surement. En tout cas, être seul ne lui disait rien.

Au moins, il avait le temps. Le bus était encore loin d'être arrivé et même une fois en ville, ils auraient des achats à effectuer. Il avait encore le temps...
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 8 Mai - 23:45

Le bus continua sa route, berçant par la même occasion les voyageurs : tout allait pour le mieux enfin façon de parler…

L’échange d’Alicia et Melena était tendu, chacune avait été de leurs répliques cinglantes envers l’autre. Après avoir répondu à l’herpetophobe, la japonaise était monté dans le bus sans entendre les réponses des deux femmes. Finalement quand tous étaient remontés dans le bus, elle avait remarqué la tension qui régnait dans le groupe…

Dans un sens, elle ne comprenait pas cette aversion, après tout ce qu’ils avaient traversé, ils ne pouvaient pas ignorer qu’ils formaient une bonne équipe. Etait-ce une entente de façade ? Possible. La japonaise avait remarqué que la thanatophobe se comportait différemment avec elle qu’avec Zephyr et Alicia, pourtant elle ne s’en formalisait pas car plus Melena lui parlait, plus elle avait l’impression de voir la l’adolescente qu’elle était, elle arrivait petit à petit à rapprocher le fossé entre elle deux.

Elle se sentait malgré tout mal à l’aise de cette situation mais elle préférait mettre leurs différents sur la tension qui se relâchait depuis Quiet Hill, ils étaient hors de danger maintenant, non ?

Tentant de se détendre, elle se lova contre son fauteuil et s’apprêta à somnoler… seulement Melena ouvrit l’écrin qu’elle avait récupérer auprès de la voiture et le regard de l’hématophobe se posa sur la bague de fiançailles. Elle était belle, très belle même, s’agissait-il vraiment du fiancé dans la voiture ? Il y avait de forte chance, mais Yoake n’était pas encore prête à cette vérité. Ainsi ne posait-elle aucune question et s’apprêta à reporter son attention ailleurs. La tension soudaine du corps de Melena, obligea alors la jeune femme à la dévisager la thanatophobe porta ses mains rapidement à ses oreilles comme si elle ne voulait rien entendre des paroles inaudibles des passagers et de leurs deux compagnons, mais la japonaise savait qu’il ne s’agissait pas de ça. Inquiète elle dévisagea son amie reconnaissant la peur dans ses yeux, elle fit comme d’habitude posant sa main sur son bras espérant lui transmettre un peu de force. Aussitôt la thanatophobe s’agrippa à sa main, et l’hématophobe reconnu tout de suite ce geste, elle s’attachait à elle comme s’il s’agissait d’une corde de survis quelque chose qu’il ne fallait pas lâcher si elle ne voulait pas sombrer dans la folie de ses cauchemars… Ce geste Yoake l’avait effectué plusieurs fois dans cette situation.

Peu à peu elle revenait à elle sous le regard inquiet de l’asiatique, leurs phobies était tellement proche que Yoake avait l’impression parfois de voir son reflet. Elle l’achat finalement son bras permettant au sang de circuler à nouveau dans sa main. C’est alors qu’elle s’excusa :

- Tu n’as pas à t’excuser, tu sais ? Il se peu que la prochaine fois nos rôles soient inversés. Enfin, le plus tard serait le mieux bien-sûr.

Elle posa finalement ses yeux au sol du bus et trouva l’écrin que la thanatophobe avait fait tomber lors de sa crise. Elle regarda alors la bague de plus prêt et referma la boite avant de la tendre à Melena. Ensuite, elle posa ses yeux sur Zephyr et Alicia qui semblait discuter avec animation bien qu’elle ne comprenne pas leurs paroles. Elle en profita donc et dit en tournant son visage vers la thanatophobe :

- Riven Town sera surement plus calme que le dernier village, On pourra peut être en profiter pour… échanger un peu plus toutes les deux.

Un fin sourire se dessina sur le visage de la japonaise, tout en ne sachant pas pourquoi elle proprosait ça. Peut être parce qu’elle ressentait un certain malaise chez l’irlandaise, mais aussi parce que leurs discussion leurs manquait. Non décidemment elle devait être la seule de ses compagnons a ne pas s’inquiéter de la thanatophobe.

- Enfin si tu en as envie.

Elle porta alors son regard sur l’extérieur, la pluie tombait elle toujours autant ? Difficile de dire aux travers de la vitre embuée. Elle passa sa main et écouta la réponse de son amie tout en admirant la plaine si vaste qu’ils traversaient.

Un sentiment bizarre la prit alors l’envie de continuer de traverser cette étendu d’herbe, l’envie d’être libre et de continuer à discuter avec ses compagnons. C’étaient peut être utopiste mais la japonaise ne regrettait pas d’être ici et ça malgré tout les dangers qu’ils avaient affrontés et qu’ils affronteraient dans l’avenir. Son boulot dans les archives de la ville n’était déjà pas intéressant mais là, elle ne voulait plus y retourner, elle préférait plutôt affronter sa phobie autant de fois qu’il le faudrait… Peut être pourrait-elle acheter une guitare dans ce monde, l’occasion pour elle de prendre à nouveau le taureau par les cornes.
Ses yeux se froncèrent un instant, au loin un rayon de soleil semblait traverser les nuages, rendant le paysage plus beau.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 11 Mai - 14:45

Honnêtement j’avais du mal  à suivre les humeurs de Melena. Elle me donnait l’impression de passer du chaud au froid, surtout au froid… Parfois, elle prenait le temps de vous expliquer les choses de manière calme et parfois, voir souvent, la londonienne était acerbe et méprisante. Zéphyr et moi venions d’arriver dans Dreamland, nous étions donc nouveau dans ce monde certes mais nous ne méritions certainement pas ce genre de traitement. Nous étions tous dans la même galère alors pourquoi se comportait elle ainsi avec nous ? La réponse était simple, quelque chose n’allait pas dans sa tête et ce n’était pas juste sa phobie mais ce qui en était à l’origine. Pas étonnant, qu’on ait voulut l’envoyer ici en fin de compte.

Je décidais donc de l’ignorer dans le bus, mes yeux rivés vers l’extérieur. Mon attention fut finalement détournée par Zéphyr qui s’installa juste à côté de moi. Le jeune homme ne semblait plus inquiet par rapport à la santé de son corps mais plutôt en colère contre Melena puisqu’il me livra discrètement qu’il en avait marre d’elle et de ses sautes d’humeurs. Je ne pouvais qu’être d’accord avec lui, moi-même, si je n’avais pas été à ce point perdue, je ne serais pas restée avec une psychopathe pareil. De toute façon, depuis le début, il n’était pas question de demeurer éternellement avec la cadette. Surtout quand cette dernière m'avait menacée avec son couteau de cuisine alors que c’était la première fois que nous nous rencontrions. J’avais peut être annoncée que j’aiderais les deux jeunes filles mais sûrement pas que j’allais les suivre jusqu’au bout. Cependant partir du groupe voulait aussi dire se retrouver seule car je savais qu’il y avait de forte de chance pour que Yoake reste, tout comme Zéphyr. Mais dès que Melena avait reporté sa colère contre le brun, il ne serait pas surprenant qu’il veuille partir lui aussi.  

Je ne fus donc pas déconcertée lorsque j’entendis ce dernier me dire qu’il prévoyait de quitter le groupe. Et c’était peut-être l’opportunité pour moi aussi de lui confier que je ne projetais pas non plus de rester avec Melena. De toute façon ce n’était pas comme si on l’abandonnait seule, Yoake serait là pour elle. Puis la connaissant, elle pouvait très bien se débrouiller seul. Je ne ressentais donc aucun regret à la laisser elle et sa quête.

J’abaissai ma tête de façon imperceptible pour murmurer :

- Je ne compte pas rester en sa compagnie non plus…

Je n’avais pas besoin de mentir sur ce propos.

Et puis une pensée sournoise s’insinua dans ma tête. Je jetais un coup d’œil furtif vers la fine silhouette aux cheveux d’ébènes. Je fronçai des sourcils me demandant s’il était possible qu’elle ait tout orchestré. Elle était peut-être jeune mais elle avait déjà démontré qu’elle était capable de chose qu’une personne de son âge ne pourrait normalement pas faire. Peut-être que ses répliques cinglantes n’étaient pas là par hasard mais qu’elle voulait simplement qu’on parte de notre propre chef. Et puis dès le début, il n’était pas difficile de deviner qu’elle ne voulait pas s’encombrer de « boulets » comme nous pour poursuivre son objectif. Etait-il possible que tout cela, toute cette mauvaise humeur, soit pour nous évincer ? Je n’aimais pas l’idée de me faire manipuler, en particulier par cette gamine. Cependant, je devais admettre que si c’était le cas, je ne pouvais être qu’impressionnée.

La voix de Zéphyr me fit revenir à notre conversation, mettant de côté cette hypothèse dérangeante d’une Melena bien plus intelligente qu’on pourrait croire. L’herpétophobe  me confia qu’il planifiait certainement de partir dès qu’on serait arrivés à Riven Town. Je hochai la tête lorsqu’il exposa que nous n’avions plus vraiment besoin de Melena. C’était vrai, dans la mesure où cette dernière nous avait déjà tout expliqué sur le fonctionnement de Dreamland. Elle possédait un arsenal de pouvoir certes mais si on était deux on pouvait se débrouiller sans elle. Ce fut à mon tour de souffler ce que moi-même je pensais de tout cela.

- C’est un fait avec lequel je ne peux qu’être d’accord avec toi. Retrouver cette Jade viendra toujours avant nous. Et puis de toute façon elle ne nous voit que comme une gêne… Si ça ne te dérange pas, je veux bien partir avec toi sinon ça va finir en crêpage de chignon et ça serait vraiment moche…

Je souris à cette pensée incongrue. Je n’avais jamais eu à aller jusque-là avec une fille, à me battre comme un chien enragé tout en tirant les cheveux de cette dernière. C’était tout simplement ridicule mais c’était drôle d’y penser.

Je repris mon sérieux rapidement, je ne voulais pas que Zéphyr pense que je prenais à la légère sa confidence. C’était important et peut-être ma seule chance de ne pas me retrouver seule. Je détestais me sentir seule et devoir faire face à ma vie vide de sens. C’était insupportable. Alors je repris toujours en chuchotant:

- De plus, elle ne nous fait pas confiance. Tu te souviens lorsqu’elle nous a parlé des tours représentant les pêchés capitaux ? Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le tatouage en forme de crâne avec « sloth » inscrit sur elle. Tu n’as pas pu le voir lorsqu’elle a mis sa robe de mariée mais je suis sûre qu’il y a un lien et qu’elle nous le cache…

Et si j’avais raison, on était alors d’autant plus en danger près de Melena. Et puis j’avais envie de savoir ce qu’en pensé Zéphyr, savoir si il partageait le même avis que moi. Je n’avais pas envie de garder cet indice flagrant de non confiance envers nous. Et si nous devions faire un bout de route ensemble, il fallait aussi apprendre à partager les informations.

Je me redressai sur mon fauteuil quand le bus s’arrêta à un nouvel arrêt. Deux passagers entrèrent pour s’installer non loin de nous. Je me méfiais maintenant et je pris donc le temps d’observer chacune des personnes présentes dans ce bus. C’est ainsi que je croisai par mégarde le regard d’une vieille femme. Elle se trouvait à quelque rangée devant nous, me fixant anormalement. Quoi, j’avais un truc sur le visage ?! Finalement, je détournai le visage pour la vitre juste à côté de moi. Je lui aurais bien fait ravaler son air de dédain qu’elle avait envers moi mais on m’avait dit de rester discrète. Je n’étais pas assez idiote pour tenter le diable.

Je repris donc ma contemplation de la pluie et de la buée qui se formait petit à petit.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 11 Mai - 19:52

Elle ne dit rien mais le son de la voix de Yoake, plus que ses paroles, l’apaisèrent. Ses lèvres étaient serrées, on aurait dit qu’elles retenaient plus de fragilité qu’elle n’en avait déjà montrée. Sa mauvaise humeur s’était envolée, il ne lui restait qu’un vague écho de souffrance, comme si elle ressentait toute la tristesse du monde. D’une main fébrile, elle attrapa l’écrin pour le ranger dans l’une des poches de sa combinaison. Comme souvent, une partie d’elle avait envie de s’épancher, de trouver une épaule amicale sur laquelle déverser quelques larmes d’adolescente. D’un autre côté, Melena ne voulait pas livrer ce qui lui rongeait la tête. C’était difficile à admettre, mais elle n’avait pas seulement envie de voir Jade… Elie, Ace et même Feufolé lui manquaient.

- Ce serait cool, répondit sincèrement l’irlandaise avec un fin sourire triste quand Yoake proposa qu’elles reprennent le temps de discuter à Riven Town, vraiment.

Elle avait beau le nier, c’était bon de ne pas se sentir seule. Y être habituée ne signifiait pas ne plus en souffrir mais seulement que le vide se faisait oublier. Certes elle ne faisait rien pour se rendre plus sociable, mais était-ce totalement de sa faute ? Projet parfait pour un examen de psychologues. Vous avez 4h ! Le regard orageux de la nécrophobe se tourna vers le ciel en pleine éclairci puis poursuivit sa route jusqu’à la japonaise. Auprès d’un intense combat intérieur, la part glaciale de Melena se retrancha momentanément, vaincue, et elle appuya doucement sa tête contre l’épaule de son amie.

Ce simple contact diffusait une sensation de chaleur réconfortante. Ainsi, elle savait que la voix ne reviendrait pas ; pour l’instant du moins. Elle ferma les yeux, respirant paisiblement, recouvrant son calme. D’un murmure silencieux, quelque chose dans sa conscience devait appeler Yoake à franchir le fossé qui les séparait. Ce n’était pas pour remplacer Jade, dont la place était indétrônable, c’était simplement parce qu’elle se sentait comprise, sans dire de mot.

Ce fut l’arrêt qui l’amena à se redresser alors qu’elle se sentir emportée par un vague sommeil. Elle cligna des yeux, aveuglée par la lumière grise du jour, et épia également les passagers qui montaient dans le bus. Ils avaient déjà bien roulé : Riven Town n’était désormais plus très loin, on pouvait déjà voir les contours de la ville civilisée à environ six cents mètres. Melena se pencha vers la fenêtre pour essayer de déceler toute trace d’éventuelle hostilité mais elle ne put que constater avec joie qu’il n’y avait pas l’ombre d’une clôture ni de miradors. Par contre, elle vit autre chose. Quelque chose de terrifiant qui raviva un récent cauchemar. Un instant elle crut rêver, mais non…

Coupant par la plaine herbeuse à toute vitesse, projetant des gerbes d’eau et de boue dans son sillage, un gros 4x4 des années 50 roulait vers la trajectoire du bus comme un rhinocéros en pleine charge. Un pare-choc bélier luisait sous la pluie : plaques de metal hérissées de pointes usées qui devaient avoir, plus d’une fois, servi à emboutir de pauvres véhicules pris en chasse. Alors que le bus se remettait en route, l’irlandaise était pâle comme une morte. Elle semblait être la seule à l’avoir vu, la seule à savoir, mais elle était tellement surprise qu’elle restait tétanisée. Le 4x4 n’était plus qu’à une trentaine de mètres quand elle retrouva l’usage de la parole :

- Accrochez-vous !!

Elle sut ce qu’elle devait faire avant que la terreur ne paralyse ses méninges. Quelques secondes avant l’impact, sans que personne ne le voit, elle activa son pouvoir morbide pour prendre l’apparence d’une accidentée de la route puis… le choc. Le 4x4 heurta violemment le véhicule de transport sur son flanc droit en dépit des coups de klaxon du chauffeur, soulevant ses roues avant et le déviant de sa trajectoire jusqu’à le faire quitter la route d’asphalte. Melena s’était envolée comme une poupée de chiffon, propulsée sur la vitre opposée qui se fissura sous son poids alors que sa tête produisait un craquement sinistre. La douleur éclata comme une bombe alors qu’elle retombait mollement sur le siège, mais ses hurlements étaient prisonniers de sa carcasse de cadavre. Avec une réalité saisissante, un filet de sang coulait depuis son crâne sur son visage blafarde crispée dans une expression de terreur qui n’avait rien de feint. Elle avait tellement mal que rassembler ses pensées devenait difficile pourtant, c’était important pour la suite du plan. Il fallait que les types de Quiet hill la croient morte, sinon elle ne pourrait pas sauver ses compagnons. Yoake allait-elle tomber dans le panneau ? Après tout, elle était la seule à connaître sa faculté de fausse défunte. Les autres penseraient sûrement qu’ils venaient bel et bien de perdre leur meilleur atout.

Le bus était à l’arrêt, la tôle de son flanc droit enfoncée. Les quelques passagers avaient pratiquement tous réussis à s’accrocher, sauf la vieille qui avait dévisagé Eva un peu plus tôt. Elle aussi gisait avec la tête fracassée et ce n’était malheureusement pas un leurre. Quatre silhouettes étaient sorties du 4x4, en tête d’un trio tout en graisse et en musc de mâle, le psychopathe au teint cireux. Il était le seul à le pas brandir de fusil mais un colt python qui lui allait étrangement, comme s’il n’était pas fait pour porter une arme à feux. Ils frappèrent à la porte avant du bus et le chauffeur, qui se tenait l’arrière du crâne d’un air terrifié, ne se fit pas prier pour ouvrir avant de lever les mains en signe de reddition :

- S’il vous plait…, commença-t-il à supplier, j’ai une femme qui m’attend et-
- La ferme, trancha le grand décharné de sa voix glacée, vous n’avez rien à craindre, je ne m’intéresse qu’à des… animaux, qui se sont enfuit de leur cage en saccageant notre ville.

Il observa de ses yeux dénués de sentiments les voyageurs secoués par « l’accident ». Quand il aperçut le corps inanimé de Melena, le coin de ses lèvres tiqua, comme s’il était contrarié. Il parut pâlir encore plus si c’était possible et ordonna en pointant son arme sur l’irlandaise :

- Vérifie si elle est bien morte, et NE TE TROMPE PAS ! Ce serait bien dommage d’avoir une coupable de moins à punir une fois de retour chez nous.

Prisonnières de son corps sans vie et de la douleur, la nécrophobe savait ce qui allait se passer. Elle l’avait prévu, mais ça n’empêchait pas la peur de lui faire perdre la tête. Et si elle mourrait pour de vrai cette fois ? Et si rien ne fonctionnait ? Avec ses yeux éteints, elle vit s’approcher d’un type barbu, sans doute le moins gras des trois qui accompagnaient l’homme aux airs de croquemort. Il était moite de pluie et de sueur quand il se pencha pour prendre le pouls de l’adolescente et au moment où ses doigts entrèrent en contact avec sa peau décolorée, il s’effondra, paralysé à son tour par une fausse mort saisissante. La réaction ne se fit pas attendre : le psychopathe tira deux balles dans la tête de Melena. Les projectiles traversèrent ses chairs de part et d'autre pour faire exploser la grande vitre derrière elle. Si les passagers hurlèrent de peur en entendant les coups de feu, ce n’était rien comparé à la douleur intense de la thanatophobe. Elle avait envie de vomir, de se déchirer les cordes vocales à force de crier, mais elle était inerte… dans un décès factice trop réel.

- Ne l’approchez pas ! Inutile qu’elle nous tue tous un par un… embarquez les autres et laissez « celle-là » ici.

Un dégoût palpable se fit sentir lorsqu’il parla de l’irlandaise. Immédiatement, trois fusils s’étaient levés vers Yoake, Eva et Zephyr. Leur championne était morte désormais. Ou en tout cas, tout le monde devait le croire…

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 11 Mai - 22:42

A la perspective qu'Eva l'accompagne, il se sentit plus tranquille. Il avait vu juste. Elle non plus n'avait pas vraiment confiance en Melena. Plus encore, elle lui confia certains doutes qu'elle avait à propos de la thanatophobe. Lorsqu'elle leur avait parlé des tours et de leurs gardiens … il n'avait écouté qu'à moitié, ne comprenant pas vraiment le pourquoi du comment de la chose. Mais le fait de savoir que Melena avait un tatouage en rapport avec l'une de ces tours le fit tiquer. Elle ne leur en avait peut être pas dit tant que ça …
Mais il n'avait nulle intention de s'approcher de prêt ou de loin de ces fichues tours et la question ne l’ébranla pas plus que ça.

« Ça, je crois qu'on en saura pas plus. Il est normal qu'elle ne nous ai pas vraiment tout révélé en ce qui la concerne, mais je continue de croire qu'on sera plus en sécurité sans elle... »

Il se tut quelques instants, laissant le silence s'installer et ses pensées divaguer. Vouloir quitter le groupe c'était bien beau, mais encore leur faudrait t-il un but. Il ne leur suffirait pas de se promener dans Dreamland en espérant se réveiller comme ça en claquant des doigts. Cela dit, leur esprit s'éveillerait peut-être tout seul au bout d'un certain moment. Il suffisait donc de faire profile bas en attendant. Parlant toujours aussi doucement il exposa ses intentions à la jeune femme qui serait bientôt son unique partenaire de route. Il regretterait Yoake. Il appréciait beaucoup la japonaise et il lui devait la vie. Mais ils se recroiseraient un jour, Zephyr en était convaincu.

« Quand on sera à Riven Rown, il faudra qu'on trouve des commerces. Une fois qu'on sera équipés, on nous prendra déjà un peu moins pour des novices. Il va nous falloir une carte et une boussole, ça me semble essentiel. Et surtout de quoi boire et manger. C'est là que je regrette de ne pas avoir mon sac de randonnée. Et si on pouvait se dégoter un peu d'aspirine je ne serais vraiment pas contre ... »

Le bus s'arrêta. De nouveaux passagers montèrent. Le soleil refaisait petit à petit son apparition et Zephyr ne fut pas mécontent de constater que droit devant eux, des bâtiments se dressaient, tels une multitude d'oasis au cœur d'un désert de pluie. Il se mit à sourire. Ils arriveraient peut être à passer une journée calme et sans embûche.
A peine avait-il formulé cette pensée que le cri de Melena lui fit tourné la tête. Il n'eut le temps que d'apercevoir un éclair métallique foncer sur le bus. Le choc fut si violent qu'il fut projeté hors de son siège, se retrouvant à quatre patte dans l'allée avec au moins trois autres personnes qui n'avaient pas eut le temps de s'agripper à un siège. Il se redressa, le bras gauche endolori par sa chute et se retint au siège pour ne pas retomber. Un homme monta, aussi agressif qu'un pitbull enragé et suffisamment armé pour être prit au sérieux. Son discourt ne laissa aucun doute quant à son objectif. Les seules proies qu'il voulait, c'était les quatre voyageurs. Ils avaient donc fini par les retrouver.
Zephyr se tourna vers Eva pour s'assurer qu'elle allait bien. Elle ne semblait pas blessée. Il chercha alors Yoake et Melena du regard. Il trouva la japonaise, mais lorsque son regard se posa sur la thanatophobe, il sentit son estomac se soulever. Du sang lui maculait le visage et son regard vide scrutait le bus sans vraiment le voir. C'était fini. Elle qui avait si vaillamment combattu les cannibales à Quiet Hill, il avait suffit d'un simple choc pour qu'elle s'ouvre le crâne !

L'herpétophobe était figé, incapable de réagir devant ce spectacle qui lui semblait impossible. Elle allait se réveiller d'un moment à l'autre, ce devait être un autre de ces tours miraculeux. Mais le sang qui coulait, rouge sombre, presque noir, ne laissait aucun doute possible. Cette fois, nul artifice, pas de miracle. Melena était morte. Le temps qu'il avait mit à contempler le cadavre de la jeune femme, un des cannibales s'était approché pour lui prendre le pouls. Il devint lors aussi blême que Melena et s'étala dans l'allée du bus. Ce que fit leur chef fut alors insoutenable. Comme si Mel avait put être encore en vie, il lui perfora le crâne de deux coups de feu. Zephyr sursauta, réalisant que si c'était trop tard pour la cadette du groupe, sa vie ainsi que celle des deux filles était en danger.

Les trois types, armés jusqu'aux dents, les tenaient en joue. Au moindre faux pas, le coup partirait. Levant les mains en l'air, ils n'avaient d'autre choix que d'obtempérer. Jetant un dernier regard sur Mel, Zephyr sentit une colère noire monter en lui. Les dents serrées, il avança le long de l'allée, enjambant le barbu foudroyé par la mort. Il avait voulu passer devant les filles, leur évitant de se prendre un coup malencontreux s'il prenait l'envie aux trois brutes de se défouler un peu. Il faut dire qu'il devaient vraiment être remontés après ce qu'il avaient fait à leur ville. Il avançait donc en tête, ne lâchant pas le plus gras d'entre eux du regard. Il tremblait de colère et son arme oscillait dangereusement.

Descendant du bus, Zephyr se demanda ce qu'ils pouvaient faire pour se sortir du pétrin. Derrière lui, il entendait les autres passagers gémir de peur, blottis dans leurs sièges. Yoake et Eva le suivaient, poussées nonchalamment par le chef du groupe. Elles n'avaient pas encore posé pied à terre lorsque l'un des types le saisi à l'épaule pour le faire se diriger vers le 4x4. S'il montait, le type l’assommerait sûrement, histoire d'avoir la paix, réservant le même sort aux filles. Il regarda derrière lui. Les deux autres étaient encore dans le bus derrière les filles. L'un d'eux reluquait d'ailleurs Eva avec envie alors que leur chef pointait son arme dans le dos de Yoake. C'était le moment ou jamais d'agir. Zephyr ferma son poing, prit un maximum d'élan et se retourna pour assener un coup violent dans la gorge de son agresseur. Ses jointures fracassèrent la pomme d'adam du cannibale qui bascula en arrière en émettant un borborygme incompréhensible. Il y avait peu de chance qu'il se relève un jour, l'air ne parvenant plus jusqu'à ses poumons à cause de sa gorge écrabouillée et il s'étouffa en se tenant le cou de désespoir. Son corps ayant à moitié basculé dans le bus, il empêchait les autres de sortir sans devoir lui marcher dessus.

« Qu'est-ce que tu fout Edwin ? Relève toi crétin ! »

Leur chef n'avait pas vu la scène, certainement occupé à s'assurer qu'aucun des passagers du bus ne lui poserait de problème et il n'avait pas pensé une seconde que ses prisonniers se rebelleraient aussi tôt. Cherchant quoi faire pour régler leur compte aux deux autres, Zephyr dut admettre qu'il ne pouvait rien faire. A la queue leu leu, les filles étaient bloquées par le corps d'Edwin agonisant toujours, suivie de très prêt par le seul sbire encore vivant du psychopathe dont les yeux fous venaient de comprendre la scène. Seul à l'extérieur du bus, Zephyr regretta que Melena ne puisse pas venir à leur aide cette fois-ci. Il voulait quitter le groupe, certes, mais certainement pas comme ça ! Enfin, maintenant qu'elle n'était plus là, c'était le moment ou jamais de prouver qu'ils étaient capable de survire sans elle. Cela dit, les deux armes encore pointées sur les filles le découragèrent quelque peu.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 13 Mai - 8:35

Melena s’était détendue et avait appuyé sa tête contre l’épaule de la japonaise. Rassurée, cette dernière ce perdit dans ces pensées, elle voyait en Riven Town l’occasion de prendre un nouveau départ. Elle pourrait acheter des vêtements, de quoi se défendre, prendre un repas digne de ce nom, une bonne nuit d’hôtel et surtout bien discuter avec Melena avant de partir retrouver Jade.

Si seulement… si seulement les chasseurs avaient abandonnés. L’annonce de la thanatophobe fit tout basculer

La japonaise en s’accrochant contre le fauteuil de devant eu juste le temps de voir un 4x4 s’enfoncer contre le bus… elle hurla tout en s’agrippant et vit le cadavre de Melena voler contre la vitre, le craquement sinistre résonnant dans ses oreilles à répétition. Tremblante et pale comme un linge elle s’avança vers le cadavre fixant le sang qui coulait le long du crane de Melena et de la grand-mère au passage… sa respiration se fit sifflante et la panique se lisait sans problème sur son visage. Melena n’était plus qu’un cadavre comme la dernière fois dans cette voiture… allait-elle reprendre vie cette fois aussi ? Il le fallait, il y avait de l’espoir, alors pourquoi avait elle l’impression de subir une nouvelle crise.

l’hématophobe entendit la voix du chauffeur qui suppliait pour sa vie… elle-même l’aurait bien fait, si elle était capable de parler… mais elle savait bien que ses compagnons et elle-même, étaient à l’origine de ce désastre. Elle savait que sur sa gauche se dressait les chasseurs de Quiet Hill. Mais son regard ne quitta pas le sang devant elle.

C’est alors qu’on demanda si elle était bien morte, un des hommes massifs de Quiet Hill s’approcha de Melena poussant Yoake au passage. Il tendit alors la main et tout se passa très vite. L’homme prit une couleur de cadavre et s’effondra à côté de la thanatophobe, deux coups de feu partir alors sans prévenir, venant perforer le crâne de la malheureuse de part en part. Des larmes de colère et de dégout coulèrent le long des joue de l’asiatique. C’était la dernière réaction visible de la japonaise, le sang s’écoulait des plaies béante de la thanatophobe et de la grand-mère, remplissant le bus de ce liquide rouge jusqu’à sa taille. Les morts remplirent le bus ajoutant leurs sangs et l’hématophobe se laissa ensevelir une nouvelle fois ressentant le gout amer dans sa bouche. Sa voix citait les dernières paroles des morts comme une formule magique. Au fond d’elle une petite voix lui hurlait que son amie n’était pas morte que c’était le pouvoir de la thanatophobe, qu’elle survivrait et viendrait les sortir de là… mais c’était tellement réelle, son esprit ne faisait pas la différence.

Zephyr et Alicia se rendirent, après tout il ne pouvait rien faire face au chasseurs de Quiet Hill. Yoake, elle, en aurait bien fait autant, mais sa crise la paralysait sur place, son corps crispé était incapable de bouger. Le chef de la bande des cannibale ne l’entendit pas de cet oreille… il l’aurait d’ailleur bien tué ici tout de suite mais ça allait diminuer le plaisir. Aussi, maintenant qu’il n’y avait plus que deux jeunes filles, il ne pouvait plus se permettre d’en tuer une maintenant. Sous les regards effrayés des passagers, le chef s’approcha doucement de sa victime et passa une main devant les yeux vides de cette dernière. Son sourire s’agrandit en la voyant impuissante. Il dit alors victorieux en faisant craquer ses maigres poings :

- Tu me résiste toujours ? Alors soit sur que je te fasse regretter jusqu’à la fin ton geste. A commencer par maintenant.

Son poing s’écrasa contre la japonaise la faisant tituber jusqu’à la cabine conducteur avant de s’effondrer.

Comme n’importe quel acte, la douleur la fit sortir à moitié de sa crise, sous un voile rouge de sang la japonaise vit alors avec dégout son ennemie s’approcher, fier comme un coq. Elle remarqua aussi Kyle assit sur la première rangée, qui le regardait de son visage mort impassible…déroutée, ne sachant plus ce qui était réel ou non, elle se laissa relever par le chef du groupe et sentit son flingue contre son dos :

- Ne fait rien… ça serait dommage…de qu’est-ce que c’est que ça ?

La jeune femme, encore en plein crise n’avait pas vu la scène, elle entendit juste le chef intimer à Edwin de se relever. Chose qu’il ne fit pas apparemment car il ajouta :

- Bon sang c’est à cause de ce type, ne le laisse pas nous fausser compagnie Joe, mais surtout ne le tue pas, il nous les faut vivant.

Ces paroles réveillèrent un peu plus Yoake, Zephyr ne méritait pas de mourir de leurs mains tout comme les autres d’ailleurs voyant le chef tendre son arme vers l’extérieur du bus l’hématophobe tenta de regrouper ses dernières forces et se jeta sur le meurtrier mais ce dernier sur de lui la repoussa d’un geste dans un sourire.

- Dégage !

Elle fut repousser avec forces et dégringola entrainant Alicia et son geôlier, ses yeux fixèrent le chef plissés par la colère. Il ne fallait pas qu’il tire, pensa-t-elle. Elle tendit alors une main comme pour tenter de l’arrêter et tout alla très vite.

Une vive douleur au doigt la fit crier, tandis qu’un fouet fonça sur son geôlier saisissant son poignet et l’entraina dans sa chute l’arme tomba juste à côté de sa main. Elle s’en saisit avant le meurtrier et le visa mais rien ne se passa, elle lança alors le fouet sur le cou de sa victime et s’aida de ses jambe pour maintenir sa prise.

Le visage du meurtrier passa par toute les couleurs mais Yoake ne s’arréta pas il avait osé tirer sur Melena, il l’avait frappé, et maintenant il voulait tuer Zephyr…cette homme était dangereux pour son bonheur. Les spasmes de son corps s’arrêtèrent et presque en même temps le fouet de la jeune femme se résorba. Yoake tomba alors face contre terre, épuisé par cette crise qui ne la quittait pas et par son pouvoir qu’elle venait de découvrir. Le sang allait-il la recouvrir une fois de plus ?
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 13 Mai - 12:50

Ça avait été tellement vite. Tout était calme puis l’instant d’après ce fut le chaos. Je ne compris pas grand-chose, juste l’avertissement de Melena nous disant de nous accrocher. Ce que je fis immédiatement avec le fauteuil juste en face de moi, le serrant à faire pâlir mes jointures. Et puis le bus trembla violemment sous un impact. Je me crispai silencieuse alors que j’entendais les cris de certains passagers à l’avant. Quelques secondes plus tard, le monde fut de nouveau stable. Je me relevai lentement, toujours accrochée au siège de peur que ce ne soit pas terminé. Zéphyr semblait allé bien malgré le fait qu’il soit tombé, tout comme Yoake. Cependant, mon regard croisa les yeux vides de la thanatophobe. La flaque cramoisie qui s’étalait petit à petit ne faisait aucun doute. Elle était morte. Avachie comme une poupée disloquée, une expression de terreur gelée, elle ne ressemblait plus à la jeune femme froide et têtue que j’avais connue.

Je détournai la tête, cette vision ne me plaisait pas. J’avais beau ne pas l’apprécier, je n’aurais jamais souhaité sa mort. Elle ne le méritait pas. Je me mordis les lèvres, me demandant ce qu’on allait bien faire maintenant que notre leadeur n’était plus qu’un légume dans la réalité. Cette pensée me fit tressaillir et je fermai les yeux tentant d’oublier ce fait. Mais l’image d’une Melena ensanglantée était imprimée dans ma rétine. Malheureusement, ma mémoire avait déjà enregistré, et n’effacerait pas ce souvenir de sitôt.

Soudain, la porte du bus s’ouvra et quatre hommes entrèrent. Il ne me fut pas difficile de les reconnaître avec leur fusil et les quelques balafres qui marquaient leur peau. Seul celui qui semblait donner des ordres se distinguait des autres. Le visage blafard, presque maigre sous ses vêtements des années 50, le différenciait des brutes qui l’accompagnaient. Les cannibales de Quiet Hills… Il était facile de savoir pourquoi ils étaient là. Pour la vengeance. Pour avoir brûlé leur stocke de viande mais aussi pour avoir tué certains de leurs collègues. J’étais presque tentée de me cacher mais ils nous avaient déjà repérés. L’un deux s’approcha du corps inerte de la londonienne pour vérifier qu’elle soit bien morte. A peine avait-il eut le temps de toucher sa peau qu’il s’effondra par terre comme statufié par la mort. Je repris alors espoir. Si le corps de Melena faisait un tel effet, cela devait provenir encore de l’un de ses pouvoirs, non ? A peine cette pensée me traversa que deux balles retentissantes vinrent se loger dans son crâne.

C’est à ce moment-là que la peur vînt réellement me saisir. Je sentis chacun de mes membres trembler et je reculai pour m’éloigner de cette scène. Ce n’était tout simplement pas possible. Je ne voyais plus comment  Melena pouvait se relever avec ces perforations bien trop fatales à mon goût.

- Avance ma jolie.

Dans ma frayeur, je n’avais pas vu le fusil braqué sur moi. Le sourire carnassier de mon agresseur fit remonter toute la colère. Il devait être si fier de lui, derrière son arme face à une pauvre victime impuissante. Je ne savais pas encore ce que j’allais faire mais j’étais résolue à lui faire ravaler son arrogance. Alors que Zéphyr s’avança, menacé par son propre geôlier, je fis de même tout en prenant mon air le plus terrifié. L’angoisse était toujours présente mais la colère m’avait fait reprendre mes esprits.

Le pas faussement hésitant, j’enjambai le cadavre de la vieille qui m’avait fixée quelques minutes plus tôt. Les passagers étaient tous recroquevillés, nous regardant bêtement. Evidement que personne n’allait agir, ils étaient tous trop lâches pour cela. Je sentis la colère se transformer en rage. Mon expression de pauvre victime se fissura mais personne ne pouvait le voir. Ils allaient le regretter.

Derrière moi, j’entendis Yoake s’effondrer tout près de moi. Je serrai les dents face  mon impuissance. Un seul geste de ma part et j’aurais aussi droit aux coups. A ce même moment, quelque chose attira l’attention du chef. Etant pratiquement sortie du bus, je pus constater qu’en effet Edwin n’allait pas se relever d’aussitôt. Zéphyr avait tout bonnement écrasé la gorge de son agresseur.

Je n’eu même pas le temps de me réjouir que je me fis bousculer par la brute juste derrière moi. Malheureusement, les marches étant mouillées, je me sentis inexorablement glisser vers le bas. Mon réflexe fut de me retourner et de m’accrocher à la première chose qui me passa sous la main. Et ce fut le fusil.

L’homme armé ne voulant pas lâcher son arme ni tirer fut emporté avec moi dans la chute.

L’impact me coupa le souffle alors que je m’étalai sur le sol boueux, pris en sandwich par mon geôlier. D’ailleurs ce dernier pesait bien lourd sur mes côtes. L’arme se trouvait maintenant entre nous deux, et il était impossible pour mon assaillant de s’en servir pour le moment. Lui-même étourdis, il reprit ses esprits en même temps que moi. Il se redressa quelque peu, et pris conscience de notre position embarrassante. Toutefois, lui ne semblait pas du tout embarrassé, bien au contraire, une lueur d’avidité illumina ses yeux.

Oh non, mon coco ! Je vais les faire refroidir tes ardeurs. Son hésitation allait lui coûter cher.
Je ne pris pas le temps de méditer, mon regard se riva vers le bout de l’arme. J’accentuai mes tremblements et la frayeur qui se dessinait sur mon visage. Je pris une inspiration et criai :

- Y a un putain de serpent juste à côté !

En fait, je n’avais pas vraiment réfléchis. Je me souvenais juste que la veille encore, Zéphyr avait été surpris par un de ces reptiles. Du coup, il ne m’était pas difficile d’imaginer un serpent surgir des hautes herbes juste là où nous étions. Même dans la panique, je faisais en sorte que mes mensonges soient convaincants comme quoi j’étais un vrai génie !

Sans attendre, je tournai le visage vers l’homme à moitié redressé. Et comme je m’y attendais son attention fut distraite par mon affabulation. Toutefois, il ne lâcha pas l’arme. Du moins dans les premières secondes car bientôt son visage devînt pâle, et ses yeux s’agrandirent sous la frayeur. Je ne voyais pas du tout pourquoi il réagissait ainsi mais je profitais que sa poigne se fasse moins forte sur le fusil pour le lui arracher des mains. Au même moment, il recula, et je vis ce qui le fit peur. Un véritable serpent s’était enroulé sur la crosse de l’arme.

Mon cerveau décida que ça n’avait pas d’importance maintenant, le plus grand danger était devant moi. Ne sachant pas me servir d’une arme à feu, je fis la seul chose dont j’étais capable. Je lui mis un coup de crosse dans la tête. Cela ne l’assomma malheureusement pas mais dans l’élan, le serpent se retrouva sur la poitrine de mon agresseur. L’animal ne semblait vraiment pas content de se voir balancer car il se redressa  de toute sa hauteur. Le cannibale, trop obnubilé, ne vit pas le second coup de crosse qu’il se prit à la tête. Cette fois, il tomba bien inconscient.

Le serpent, lui, disparut dans les hautes herbes loin du vacarme.

Essoufflée, je me redressai, la boue maculant pratiquement tous mes vêtements. Je sentais l’adrénaline parcourir mes veines, prêtes à réagir à une autre attaque.

Pour une fois, c’était moi qui avais le fusil en main…

Hp: du coup j'ai utilisé mon pouvoir et je ne prononcerais plus un mot... youpi!
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 13 Mai - 21:27

Tout s'était passé très vite. Melena comptait simplement faire diversion, que les cannibales la croient morte et accompagnent ses comparses jusqu'à leur 4x4. Elle aurait alors eu tout son temps pour revenir à la vie et les prendre par surprise, mettant un point final à leur altercation avec Quiet hill. Toutefois, Zephyr semblait avoir avalé la leçon qu'elle leur avait faite la veille en une nuit et fut le premier à se rebeller. A peine 30 secondes, c'est le laps de temps qui se déroula en réalité pendant que les passagers terrifiés, et Melena paralysée, assistèrent à la mêlée entre les voyageurs et leurs bourreaux. Au travers un voile de douleur intense, l'irlandaise voyait son amie lutter du coin de ses yeux morts et priait intérieurement qu'elle ne se fasse pas tirer dessus.

Un silence irréel enveloppa le bus quand Alicia assomma le dernier des hommes enrobé de gras. Une ou deux bonnes femmes pleuraient, un type chauve avait les yeux exorbités rivés sur la vieille au crâne fracassé et une quarantenaire en tailleur détaillait Yoake avec horreur. Difficile de savoir si elle avait plus peur ou si l'impression de faire face à un cafard géant était la plus forte.

A ce moment, Melena sentit son corps revenir à la vie. Ses blessures mortelles se résorbèrent, ne laissant aucune trace sur la chair blafarde de son front. En écho, le cannibale sur lequel son pouvoir létal avait été transféré s'éveilla, mais elle fut la plus rapide : elle se drapa instantanément de sa tenue de faucheuse et sa lame éthérée traversa l'homme. Il s'effondra à nouveau, débarrassé de son âme. Tous les regards horrifiés s'étaient alors tournés vers elle pendant qu'elle ramassait son pieu, tombé au sol à cause de l'accident, et qu’elle transperça sans hésiter la poitrine du chasseur. Son regard glacé où se reflétait sa démence phobique le toisa une seconde avant de le fuir.

- Vous... êtes vraiment des monstres ! Vociféra soudainement la quarantenaire en la pointant d'un doigt accusateur, sales voyageurs ! Quand allez-vo-

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase car la nécrophobe l'avait également fauchée froidement. Du bout de ses doigts fins, comme si elle craignait de se salir, elle poussa le corps végétatif de l'elipsienne qui oscillait sur ses pieds. Elle s'affaissa mollement sur les fauteuils derrière elle tandis que tous les autres passagers reculaient jusqu'à se coller aux parois, à croire qu'ils voulaient les traverser pour s'enfuir.

- Elle n'est pas morte, précisa Melena avec agacement.

La mort. Elle la sentait, avec son odorat et avec son corps. Il lui fallait de l'air, ce bus devenait irrespirable. Dehors, il ne pleuvait presque plus, le soleil revenait même ; un arc-en-ciel se dessinait à l'ouest de Riven town. Parvenue à la hauteur de Yoake, elle lui tendit une main pour l'aider à se relever. L'adolescente ne put s'empêcher de sourire légèrement mais s'empêcha de l'étreindre. Elle n'avait rien de plus qu'un bleu au visage, c'était l'essentiel. Son regard d'orage croisa celui d'Eva qui, par ailleurs, avait les lèvres zippée par une fermeture. Elle fronça les sourcils mais remit ce fait à plus tard, déclarant avec une désinvolture qui ne masquait pas complètement sa terreur :

- Il faut bien plus que ça pour me tuer. Je pensais les prendre en traître mais...

Elle reporta son attention sur son amie. Aucune blessure grave apparente, mais elle n'allait pas bien. En fait, elle rivalisait avec la blancheur maladive de Melena. Cette dernière prit la japonaise par les épaules pour l’entraîner à l'extérieur, non sans fermer les yeux pour enjamber le cadavre du type à la gorge écrasée.

L'air était frais, rafraîchissant, parfait après l'atmosphère vicié du véhicule. Après avoir fait quelques pas avec Yoake, l'irlandaise revint vers le bus. Le cannibale qu'avait assommé la mythomane émit un grognement en sortant de son coma : elle le transperça de son pieu sans autre forme de procès. Droit dans l'œil, au travers son encéphale. Juste avant de monter les marches, elle fit une pause, hésitante, et se pencha finalement pour effleurer du bout des doigts la peau de ses joues. Un haut-le-cœur de panique souleva sa poitrine fragile, mais elle reçut un flash d'un homme allumant un feu en pleine forêt en frictionnant des bouts de bois, puis un autre de ce même homme qui jouait au poker. Son costume de faucheuse, en son arme, s'envolèrent à ce moment, libérant sa silhouette frêle. Pourtant, quand elle se dressa face au conducteur, ce dernier semblait encore plus terrifié que pendant l'attaque des cannibales :

- Vous avez fait preuve d'un courage époustouflant, cingla-t-elle froidement, j'espère que vous serez aussi brave quand vous serez obligés de défendre votre femme d’une attaque de psychopathes qui cherchent à la torturer.

Le bonhomme tressaillit. Ses yeux s'affolaient, roulant presque dans ses orbites. Cette fille était morte sous ses yeux... c'était du pur délire. Pourtant elle était là, son sourire carnassier et son pieu ensanglanté bien trop réel.

- Vous allez me nettoyer ce bus, ordonna-t-elle, vous évacuez les cadavres et on roulera jusqu'à Riven Town comme prévu. J'ai payé mon ticket et je ne vois pas en quoi une attaque de criminel m'empêchera d'arriver à destination.

Le chauffeur restait pétrifié, observant l'irlandaise comme s'il s'agissait d'un démon. Elle poussa alors un soupir agacé et fit pivoter son pieu pour faire mine d'observer sa pointe d'un air distrait.

- Ecoutez monsieur, je ne suis pas très patiente... J'aimerais bien ne pas être en retard en ville. Je sais que je suis célèbre depuis que j'ai débarrassé Elipse de sa terroriste, mais… arrêtez de me fixer comme ça et bougez-vous.

La menace dissimulée semblait avoir fait son effet. Blanc comme un linge, le chauffeur quitta son habitacle pour s'approcher avec lenteur d'un premier cadavre. Personne ne disait rien. La plupart avait beau être des élipsiens qui ne portaient pas les voyageurs dans leur cœur, ils avaient suffisamment d'instinct de survie pour savoir qu'ils n'étaient pas assez nombreux pour lancer une vendetta contre quelqu'un de la trempe de Melena. Cette dernière se refusait d'ailleurs à entrer dans le bus tant que les charognes y seraient.  Elle ressortit alors en compagnie de ses acolytes. Tout en s'approchant de Yoake pour s'inquiéter de son état, elle se tourna vers Zephyr pour lui demander :

- Pourquoi elle a la bouche comme ça l'autre ?!

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Sam 16 Mai - 13:07

Alors que le chef du charmant petit groupe intimait à Joe de reprendre le contrôle de la situation, voilà qu'ils se retrouvaient tous à dégringoler les uns sur les autres. Il faut dire que la place dans un bus est très limitée et tomber sans entraîner quelqu'un dans sa chute relève du miracle quand on est aussi proche. Yoake fit alors appel à son pouvoir. C'est du moins ce que pensa Zephyr car il ne pouvait pas en être autrement. Un filet de sang se transformant en fouet … Ce devait forcement être ça. Après l'avoir désarmé, elle se mit à l'étrangler. Le visage du type passa par tout un camaïeux de couleurs de plus en plus vives pour finir par une pâleur cadavérique. Encore un de moins sur les bras.

Et pendant que Yoake s'était occupée du chef, Eva, elle, avait entraîné Joe dans sa chute. Passant par dessus le cadavre qui encombrait l'entrée du bus, ils se retrouvèrent à se rouler dans la boue comme un charmant couple de porcidés. Zephyr qui s'était tenu très proche de l'entrée recula vivement de quelques pas, cherchant comment aider son amie. Mais le fusil qui se retrouvait maintenant coincé entre eux pointait dangereusement dans sa direction. Si le coup partait, la balle serait pour lui.

Eva hurla alors au serpent. Paniqué par cette annonce, Zephyr chercha en tout sens. Il les observait depuis le début et n'avait vu aucun reptile. Pourtant, il y en avait bien un à présent, comme sortit de nul part, apparut comme par magie. Joe l'avait vu lui aussi et se retrouva tétanisé. Eva profita de cette diversion pour assommer son agresseur. Le serpent se retrouva sur l'homme et permit à Eva de lui assener un second coup qui le mit KO. Soulagé de voir le serpent se sauver dans les hautes herbes, il s'approcha d'Eva. Lorsque celle-ci se retourna vers lui, il vit que sa bouche avait été remplacée par une tirette close qui l’empêchait de parler. Il ne fallut pas longtemps à l'herpétophobe pour comprendre que le serpent devait bel et bien être une apparition due à la jeune femme et qu'elle en payait maintenant le prix.

Dans le bus, pas un bruit ne se faisait entendre à part quelques sanglots. Un peu comme si tous les passagers avaient eux aussi la bouche zippée. Puis il y eut une certaine animation et quelqu'un s'adressa à une jeune femme debout dans l'allée. Il comprit alors. Melena était revenue d'entre les morts. A la fois soulagé et effrayé par cette soudaine résurrection, il se conforta dans l'idée qu'il ne voulait vraiment pas poursuivre sa route avec une personne aussi froide et indifférente à la vie. Elle venait de tuer la personne qui avait osé la calomnier. Le seul crime de la jeune femme avait été de dire tout haut ce que la totalité des passagers devaient penser tout bas. Et pouvait-on les en blâmer ? Elle n'est pas morte ? Vraiment ? Melena ne semblait pas le moins du monde affectée par ce qu'elle venait de faire. Zephyr sentit une véritable boule de colère naître en lui, comme une chat sauvage qui se serait logé au creux de son ventre pour lui lacérer les entrailles.

Cette sensation s'accentua devant le sourire qu'elle adressa à Yoake. Oui, lui et Eva n'avait vraiment pas leur place dans ce petit binôme. Il ravala une réplique du genre 'nous aussi on va bien, c'est gentil de demander' mais il ne put s’empêcher de la foudroyer du regard. Alors que Melena s'éloignait du bus pour prendre un peu l'air, Zephyr s'approcha d'Eva et lui posa doucement la main sur l'épaule.
« Tu as été géniale. Tu n'as rien ? »
Il fut évident qu'elle ne pouvait pas répondre. Zephyr espéra que son état de durerait pas trop longtemps. S'ils débarquaient en ville comme ça, il y aurait écrit 'voyageur' en gras sur leur front. Lorsque Melena revint vers le bus, se fut pour dispenser la mort une fois de plus. La jeune femme qui craignait tellement la faucheuse, en avait finalement adopté les habits aussi bien que la froideur.
Par la suite, elle s'employa à terroriser le chauffeur. Elle dépassait vraiment les bornes. Pas étonnant que les habitants de Dreamland haïssaient autant les gens comme eux. S'ils étaient tous comme Melena …

Elle ressortit du bus, laissant le chauffeur seul avec les cadavres et sa terreur. Lorsqu'elle demanda nonchalamment pourquoi Eva avec la bouche close, il n'y tint plus et laissa exploser sa colère si durement contenue.

« L'autre elle a un prénom pour commencer ! Tu te prends pour qui exactement ? C'est pas parce que tu es la plus puissante et la plus ancienne du groupe que ça te donne le droit de nous traiter comme tu le fais ! Et puis, se défendre, c'est une chose... Mais toi tu ne te contente pas de ça. La femme dans le bus, tu peux m'expliquer ce qu'elle t'as fait pour mériter ça ? Tu n'es qu'une ado vexée et le fait que tu soi aussi puissante n'arrange rien. Tu te crois tout permis ! Mais il y a des règles dans la vie, des bornes à ne pas dépasser si l'on veut pouvoir se regarder dans le miroir. » Lui-même n'était pas très fier de ce qu'il avait fait. Mais c'était une question de vie ou de mort.

Il s'était approché d'elle, pointant un doigt accusateur dans sa direction. Dans le bus, le chauffeur venait de dégager un premier corps. Il disparut à nouveau dans le véhicule pour aller chercher le deuxième. Zephyr quant à lui continua de laisser libre court à sa colère.

« Écoutes-moi bien ma petite demoiselle, à partir de maintenant, ça sera sans moi. Et quelque chose me dit que je ne serais pas le seul à tracer ma route de mon côté. A agir avec les gens comme tu le fais … A agir avec tes amis comme tu le fais... Tu finira par te retrouver seule, avec pour seules compagne la mort et la souffrance. Va donc retrouver ta Jade. Si c'est encore la seule personne à pouvoir te supporter. »

Il se tut enfin, méprisant Melena du regard, puis il tourna les talons pour se diriger vers Eva qui avait toujours les lèvres closes. Dans son dos, un bruit de moteur le fit se retourner. Le chauffeur avait fermé les portes en quatrième vitesse et mettait déjà les gaz pour démarrer sans eux. Il n'avait sortit aucun autre cadavre, se disant qu'il serait plus sur de les évacuer plus loin et que le principal était de filer sans les voyageurs. Les deux corps entassés devant les marches empêchaient quiconque de monter rapidement pour le stopper. Les passagers du bus étaient scotchés à la vitre et l'un d'eux leur tira même la langue alors qu'ils prenaient de la vitesse. Bien vite, le véhicule providentiel ne fut plus qu'un petit cube à l'horizon. Encore une fois, ils se retrouvaient livrés à eux-même.

Furieux, Zephyr se retourna vers Melena. Tout était sa faute. Si elle n'avait pas flanqué la frousse au chauffeur, il n'aurait peut-être pas été aussi prompt à filer à l'anglaise. Ironique, il lança :
« Bien joué ! On fait quoi maintenant, on les retrouve et on les tue tous pour se venger ? La prochaine fois, essaye avec un 's'il te plaît' au lieu de menacer. Je t'assure que ça a fait ses preuves. »

Voila qu'ils se retrouvaient à nouveau au milieu des plaines. Mais il y avait quand même plusieurs bonnes nouvelles. Pour commencer, la ville n'était plus très loin et il ne pleuvait plus vraiment. En plus, avec un peu de chance, les clés du 4x4 se trouvaient peut-être dans les poches du chef de la bande de cannibales, seul corps que le chauffeur avait évacué de son bus et qui pesait mollement sur le corps flasque d'Edwin.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 18 Mai - 9:38

Yoake laissa son esprit dériver combien de meurtre allait elle devoir commettre, elle s’était pourtant juré de ne plus tuer. Ce sentiment de haine qu’elle avait ressenti à ce moment-là était tellement fort, qu’elle ne s’était pas contrôlée. Peu à peu, elle comprenait Melena, comment ne pas perdre ses limites face à ce monde ou tout était à refaire où tous les voyageurs ne pensaient qu’à leurs propres survis, sans prendre en compte son entourage… Yoake ne voulait pas devenir comme ça, elle se l’était promis.

La voix de Melena la sortit de ses pensées, Elle était vivante ! Son pouvoir de prendre l’apparence d’une morte était vraiment pratique, mais tellement dur. L’asiatique n’oubliait pas l’origine de son pouvoir, elle était thanatophobe, se transformer en cadavre devait être inimaginable pour elle, pas sûr qu’elle se soit habituée.

Elle retrouva quelque peu sa détermination et tenta de se relever, apparemment elle avait retrouvé sa force quand son nouveau pouvoir avait disparu, une main se tendit vers elle et Yoake reconnu immédiatement celle de l’irlandaise. Elle s’en saisit et se redressa tremblante, elle remarqua le sourire encourageant de l’irlandaise et tenta de lui rendre la pareille mais c’était peine perdue. Elle espérait néanmoins que la thanatophobe pouvait lire en elle le soulagement qu’elle ressentait en la voyant. La personne qu’elle souhaitait aider plus que tout, était en vie.

En tournant la tête autour d’elle, elle remarqua la fermeture éclair d’Alicia et eu un léger sourire, elle avait donc découvert son pouvoir ? Elle aurait bien voulu la féliciter, ou demander plus d’informations mais les regards lancés par les passagers la fit pâlirent un peu plus, la plupart avait peur mais Yoake n’arrivait pas à déterminer s’ils avaient eu peur des chasseurs de Quiet Hill ou alors d’eux. Au final, seul un petit garçon la regardait dans un sourire comme si elle avait été l’héroïne du jour, cette impression d’avoir servi à autre chose qu’a la mort soulagea quelque peu l’asiatique.

Melena l’a saisit alors par les épaule et l’entraina à l’extérieur Yoake se laissa faire trop faible moralement pour résister, et puis un peu d’air frais lui ferait du bien, elle avait raison sur ce point-là. En regardant la thanatophobe de plus près elle pouvait voir combien ce combat l’avait éprouvé mentalement, cela renforça immédiatement la détermination de la japonaise. Elle dit alors à Melena :

- ça va mieux ne t’inquiète pas, j’espère juste qu’on en a terminé avec eux.

La thanatophobe ne répondit pas et remonta dans le bus laissant l’hématophobe seul. C’est à ce moment-là que Yoake ressentit la douleur sur son visage, pourquoi déjà ? Son adversaire avait dû la frapper alors qu’elle était en pleine crise. Dans un sens ça lui avait permis de se défendre… mais le prix à payer ne lui plaisait pas, elle posa se main délicatement sur sa joue et grimaça de douleur et de dégout, elle porta alors sa main à ses yeux et ne vit pas de sang. C’était toujours ça, mais le bleu sur son visage l’inquiétait combien de temps avant de disparaitre ? Plusieurs jours ? Plusieurs semaines ? Sans pouvoir se contrôler elle frissonna et remarqua à ce moment-là la blessure sur son index c’était un petit trou ou le sang avait séché lui rappelant la douleur qu’elle avait ressenti en utilisant son pouvoir. Tremblante elle s’assit contre le bus retenant ses larmes au mieux, à coté son bleu au visage n’était rien, la blessure sur son index, elle se la ferait surement à chaque utilisation de son pouvoir. Au même titre que sa cicatrice sur l’abdomen, Yoake allait surement trainer cette blessure à vie. Elle revoyait encore le sang sortir de son doigt et faillit repartir sur une crise, heureusement une boite de pansement tomba du ciel, ou plutôt de la fenêtre du bus aux dessus d’elle, le petit garçon lui faisait de grands signe au travers de la fenêtre ouverte. Yoake se força à sourire et dit alors à l’attention du garçon :

- Merci

Elle ne sut pas si le garçon l’avait entendu ou non car des adultes refermèrent la fenêtre entrainant le garçon avec eux. Elle se saisit alors de la boite enfantine de pansement, soulagée que cet enfant ne les voit pas comme des personnes à abattre. Elle se saisit alors d’un pansement et regardant ailleurs positionna au mieux le pansement sur son index. C’était provisoire mais mieux que si elle ne faisait rien. Au moins pendant un temps se sentirait-elle mieux.

Elle se releva finalement quand elle vit ses compagnons descendre du bus, mais assista à la scène entre Zephyr et Melena, Zephyr ne voyait pas la thanatophobe de la même façon qu’elle bien sur ses réactions étaient disproportionnés, mais ce n’était pas en lui gueulant dessus qu’elle allait s’excuser. Elle avait beau avoir 17ans les choses qu’elle avait vécu était à l’origine de sa façon d’être, Yoake l’a comprenait que trop bien… Car elle avait peur de ce que Dreamland pourrait faire d’elle quelqu’un d’inhumain… quelqu’un qui ignorait les autres, comme si ils n’en valaient pas la peine. Zephyr ne ressentait-il pas la même chose ? Ce n’était pas Melena la source de tous leurs problèmes mais Dreamland lui-même. L’asiatique voulait répondre immédiatement aux remarques de Zephyr, mais elle se tut laissant à la thanatophobe le soin de répondre si elle le voulait.

Après quelque minute, un bruit de moteur la fit se retourner, mais trop tard le bus s’éloignait déjà vers la ville qu’on apercevait au loin. Zephyr en profita pour en rajouter une couche et ce coup-là, Yoake faillit lancer une réplique cinglante pour le faire taire. Elle était peut être naïve mais la jeune femme appréciait ses compagnon et ne voulait pas les voir se déchirer comme ça et même si Zephyr avait dans un sens raison elle ne pouvait pas l’accepter pas maintenant. Aussi tendit-elle le doigt vers les bâtiments qu’on voyait au loin.

- On va marcher, ça laissera l’occasion à tout le monde de réfléchir sur ce qu’il veut faire.


Personnellement pour Yoake c’était déjà fait. Elle soupira avant de continuer tout en jetant un coup d’œil à ses coéquipiers :

- Une fois à Riven Town, chacun ira où il voudra… personnellement je n’ai pas envie qu’on se sépare sur cette note mais ce n’est pas à moi d’en décider.

Le visage fermé afin de cacher ses sentiments contradictoire la jeune femme ouvrit son sac et y glissa sa boite de pansements dans son sac avant de le remettre sur ses épaules lasse.

***
HJ : Zephyr, Melena a Précisé que la ville était à 600m du coup j’ai écrit mon message en fonction du sien.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 18 Mai - 23:45

L’adrénaline retomba et j’avais du mal à respirer à cause de la douleur à ma poitrine. Je laissai retomber le fusil par terre maintenant que je n’en avais plus l’utilité. Le cannibale n’était pas prêt de se relever, tout comme l’homme à la gorge écrasé ou encore à l’autre blafard étranglé. Le silence repris place, seuls quelques sanglots des passagers vinrent perturber ce calme éphémère. La fatigue imprégnait le moindres de mes membres mais j’étais heureuse d’être encore vivante. Heureuse de savoir qu’un véritable serpent soit intervenu alors que je me débattais contre quelqu’un qui faisait plus du double de mon poids. J’avais été chanceuse sur le coup et je me promis de remercier ma bonne étoile plus tard.

Mon regard fut attiré par des mouvements à l’intérieur du bus. A travers les grandes vitres, j’aperçus une fine silhouette, qui ne m’était pas inconnue, debout. Elle n’aurait pas dû être debout. Je l’avais vu prendre deux balles dans le crâne qui n’aurait pas dû la laisser indemne comme je pouvais l’observer maintenant. Il ne me semblait pas voir de traces de blessure, elle qui avait saigné abondamment quelques minutes auparavant. Me retournant vers Zéphyr, je voulu m’exprimer sur ce fait pour le moins étonnant. Malheureusement aucun son ne sortit de ma bouche qui resta irrémédiablement close. C’est là où je pris conscience que je ne respirai plus que par le nez depuis que je m’étais relevée. Lentement, ma main tremblante vînt toucher mes lèvres pour voir ce qui m’obstruait. Mes doigts rencontrèrent alors une espèce de fermeture éclair, m’empêchant de parler. Mon premier réflexe fut d’essayer de l’ouvrir mais en vain évidement. Je sentais de nouveau la panique remonter comme si on m’avait coupée de quelque chose qui m’était vitale. J’avais détesté être sourde mais je ne pouvais supporter d’être muette. La parole était tout ce que j’avais, je ne voulais pas en être dépourvue, jamais. Je lançai un regard implorant vers le jeune herpétophobe pour qu’il m’aide à ouvrir ce truc. Ce dernier se rapprocha mais ne sembla pas aussi affolé que moi. Bien au contraire, il avait l’air d’avoir compris quelque chose que je n’arrivais pas à saisir.

De nouveau, notre attention fut aspirée par la voix d’une des femmes dans le bus qui eut la mauvaise idée d’insulter la londonienne. La réaction ne se fit pas attendre et déjà la passagère fut réduite au silence. Il était difficile d’entendre correctement mais son regard glacial ne faisait aucun doute quant à son attitude envers les autres. Seul un contact avec Yoake réussi à réchauffer un peu l’expression de son visage. Puis nos regards se croisèrent. Elle fut la première à se détourner mais je savais qu’elle avait remarqué ma nouvelle gêne. Tout cela paraissait normal pour elle, et elle alla s’enquérir de l’état de santé de son amie Oui, à la différence de Zéphyr et moi, il était évident que les deux jeunes femmes avaient tissés des liens profonds. Une amitié qui me paraissait étrange lorsqu’on connaissait un peu Melena. Elle ne faisait confiance à personne, survivait par ses propres moyens, se défiant de tout le monde, et pourtant elle avait accepté Yoake. Je ne m’en offusquais pas. Tant mieux si elle avait pu trouver un peu de paix dans cette relation. En revanche, faucher une femme innocente juste parce qu’elle n’avait pas dit ce qui lui plaisait, me dérangeait vraiment. Tout ce pouvoir et ces humeurs changeantes faisaient d’elle une personne dangereuse dont on ne pouvait prédire le comportement.

Ainsi, les deux voyageuses descendirent du bus pour prendre l’air. Ce fut au tour de Yoake de me remarquer mais à la place de continuer normalement comme Melena, la jeune femme me sourit alors qu’un joli bleu se formait sur son visage. Je ne comprenais pas. J’étais muette et cela semblait être naturel pour tout le monde. Il était clair que quelque chose m’échappait.

Alors que Yoake s’adossa au bus, la cadette se dirigea vers le cannibale encore dans les vapes. Et sans avertissement, Melena tua l’homme, réglant définitivement son compte. Cela était encore plus étrange quand la personne qui avait peur de la mort elle-même avait une telle facilité à la distribuer. Oh, cela n’était peut-être pas aussi simple mais son comportement démontrait une contradiction. Je secouai la tête, non je ne voulais pas comprendre Melena, je voulais juste savoir pourquoi ma bouche était zippée.

En y réfléchissant un peu plus, il ne me semblait vraiment pas avoir vu de serpent avant mon affrontement à terre contre le cannibale. Serait-ce… moi qui aurais causé l’apparition de la bête écailleuse ?

A peine cette pensée me traversa l’esprit que j’entendis notre psychopathe faire la leçon au pauvre chauffeur de bus. Elle n’y allait pas de main morte et j’aurais même protesté si je n’étais pas muette. Je serrai les poings, impuissante. Je vis le conducteur s’affairer à sa nouvelle tâche pendant que la cadette du groupe revenait vers nous.

Je vis rouge lorsque cette dernière me nomma « l’autre ». Comme si j’étais une étrangère qui ne méritait pas tant d’attention que ça. Je voulu répliquer mais encore une fois je butai sur mon handicap. Toutefois, je fus soulagée lorsque Zéphyr s’exprima. Ma main se posa sur son bras en guise de remerciement et d’encouragement. L’un des premiers gestes sincères que j’avais dû avoir depuis que j’étais ici. Cependant, je savais que les paroles du brun ne toucheraient aucunement Melena. Elle vivait seule comme ça depuis bien trop longtemps pour qu’on lui dicte comment bien se conduire. Il m’était facile de deviner que c’était loin d’être dans ses priorités. Pourtant, cela ne voulait pas dire que son comportement était excusable. Peut-être que Yoake ou encore cette Jade lui donneront conscience de cela. La brutalité n’était pas la réponse à tout. Et parfois, être aimable permettait aussi d’ouvrir certaines portes que la violence ne pouvait pas ouvrir comme le disait si bien Zéphyr.

Un long discours donc qui malheureusement permit aux chauffeurs et aux personnes encore dans le bus, de partir le plus loin de nous laissant les cadavres derrière eux. Il ne nous restait donc plus qu’à reprendre notre marche mais cette fois nous pouvions voir au loin notre objectif.

Je restai près de Zéphyr, regardant droit devant moi. J’avais mal, j’avais faim et j’étais muette. Chouette. Et en plus mes vêtements étaient tâchés de boue. Heureusement, le soleil avait repris place dans le ciel, chassant petit à petit la pluie et les nuages. Yoake avait raison, autant réfléchir à ce qu’on allait faire. Il ne servait à rien de s’étriper maintenant.

Cependant pour moi, le choix était déjà pris. Je ne resterais pas avec Melena pour me faire traiter comme une moins que rien. Et si c’était avec Zéphyr, c’était tant mieux, au moins je ne me sentirais pas seule.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 19 Mai - 5:57

Tout aurait pu très bien se passer. Le chauffeur de bus aurait obéit, la femme fauchée serait revenue à elle et ils auraient repris la route jusqu’à Riven town. Ils auraient pu, mais l’herpétophobe l’entendit d’une autre oreille. Il choisit « ce » moment pour incendier l’irlandaise, explosant d’une colère contenue jusqu’à lors. La concernée ne pensait même pas l’interrompre, surprise par cette audace mal placée. Trop mal placée. Elle le dévisageait de ses yeux glacials et le chauffeur en profita pour se faire la malle. Heureusement, il avait pris le temps de balancer les affaires de la nécrophobe à l’extérieur – comme si fuir avec comportait un danger potentiel. Toutefois, Zephyr ne taisait pas, il enfonçait le clou, soutenu par une Eva muette qui lui tapotait l’épaule.

Melena admirait sincèrement la tentative de Yoake de calmer le jeu, mais c’était inutile. Elle voyait rouge. Une fureur innommable comme elle n’en avait pas ressentit depuis longtemps. Avant, elle trouvait le garçon de la bande un peu paumé – peut-être un peu faiblard – mais c’était tout. Désormais, il lui donnait envie de gerber. Sa colère était telle qu’elle était devenue pâle au point qu’on pourrait croire que son pouvoir s’activait à nouveau ; mais elle était simplement pétrifiée, au-dessus de la riposte physique. Elle fit un pas en direction de l’herpétophobe, ses yeux rivés dans les siens, à quelques centimètres de son visage. Ses doigts s’étaient crispés sur le pieu qu’elle tenait toujours en main, jusqu’à ce que ses jointures blafardes lui fassent mal.

- Tu veux savoir un truc Zephyr, commença-t-elle dans un murmure frémissant de rage, t’es un putain de gros con. Tu n’as pas le droit de me juger, t’as juste le droit de fermer ta grande gueule si tu ne veux pas que ce soit moi qui m’en charge.

Un instant, elle crut qu’elle allait simplement en rester là mais en fait, c’était trop fort. Sans le savoir, le jeune homme avait franchi les mauvaises limites, frappé là où il ne fallait pas. Ses entrailles bouillonnaient. Finalement, l’envie de lui planter son arme dans la tête était vachement tentante.

- On est pas égaux toi et moi, cracha-t-elle en le regardant comme s’il n’était qu’une grotte de chien sous sa chaussure, tu n’es rien du tout ici comparé à moi. Tu te permets de faire des grand discours sur les règles de la vie et le fait de pouvoir se regarder en face, mais tu ne connais RIEN DE RIEN !

Melena avait brusquement hurlé. Ses lèvres tremblaient, ses yeux gris brillaient de toute cette colère mêlée à la folie. Personne, sauf peut-être Jade – ou Yoake – ne saurait déceler le désarroi qui perçait quand elle reprit fortement de sa voix qui se brisait :

- Tu ne sais RIEN de la souffrance, de la faim, du désespoir, de l’horreur ou de la véritable peur de mourir. Tu ne sais pas ce que c'est que d'être privé de tout, d'être réduit à une chose qu'on peut piétiner, d'être rien qu'un jouet qui peut se faire décapiter à chaque instant. Quiet hill c’était de la rigolade, rien qu’une bande de pecnauds cannibales bêtes comme leurs pieds. Tu crois que ça c’est représentatif du pire de ce qu’il pourrait t’arriver ? Tu te crois chevronné parce que tu t’en es tiré ? Elle éclata d’un rire sans joie moqueur et glacé, j’en reviens pas qu’un paumé comme toi en vienne à me faire des leçons de morale. Mais si c’est ce que tu veux c’est parfait : dégage de ma vue ! Puisque t’es si noble d’esprit, débrouille-toi tout seul et emporte ta copine psy avec toi. On verra comment tu t’en sortiras avec ta pseudo-morale d’américain bien pensant quand tu seras face à de VRAIES emmerdes.

Sa décision était irrévocable. L’irlandaise pointa la route d’un doigt rageur, signe que Zephyr – et Eva – devraient prendre les devants. Son autre main, serrée sur son pieu, était suffisamment persuasive pour que ses anciens alliés ne coopèrent, ou du moins il fallait l’espérer, parce qu’elle n’hésiterait pas à s’en servir au moindre geste brusque ou agressif. Quand l’herpétophobe et la mythomane eurent pris quelques mètres d’avance, Melena cracha encore son venin :

- Si un jour tu n’as pas d’autre choix que de tuer tes amis pour survivre Zephyr, j’espère que tu te réciteras bien tes belles leçons de vie avant de passer à l’acte.

Ses yeux d’orage continuaient à suivre ses anciens acolytes, débordant de fureur. Comment avait-il osé, alors qu’il ne connaissait rien de son histoire. Avait-elle demandé à atterrir à Freedoom ? Avait-elle eu un meilleur choix lorsqu’il avait été question de devenir adepte ? Avait-elle eut la moindre possibilité d’échapper aux horreurs qu’elle avait dû commettre pour survivre ? Il ne savait pas. Il ne avait pas qu’elle ne pouvait déjà plus se regarder en face, que son existence lui était insupportable. Lui il venait de débarquer, c’était rien qu’un type bien élevé qui croyait encore que la morale avait sa place à Dreamland. Le fait est que les gens bien étaient rares. En tout cas… les gens bien « vivants » l’étaient. Melena n’osait pas regarder Yoake. Elle savait que c’était la seule à l’avoir soutenue, mais elle ne put s’empêcher de lui dire d’une voix brisée par l’amertume :

- Tu peux partir avec eux si tu veux, j’ai pas l’intention de te retenir.  

Toujours sans la regarder, elle entreprit de ranger ses effets étalés sur le sol, tout en prenant soin de temps en temps de s’assurer que Zephyr et Eva étaient toujours en train de s’éloigner. Rien ne saurait la convaincre de les accepter à nouveau, à moins que le jeune homme ne s’excuse platement. En posant la main sur sa bourse bien pleine, elle eut soudain envie de faire un achat compulsif. N’ayant pas envie d’attendre d’être en ville, elle marmonna :

- Mme Labeau Nefaie, viens nous aider !

La géante verte au commerce itinérant se matérialisa immédiatement à ses côtés. Chaque fois, et pourtant elle commençait à être habituée, Melena était surprise par sa taille et sa laideur. Pourtant elle n’en laissa rien paraître et jeta un regard intéressé au contenu de sons sac.

Spoiler:
 

Une moue peu convaincue apparut bien vite sur ses traits renfrognés par la contrariété et répliqua en essayant de ne pas rendre visible les restes de son agacement :

- Excusez-moi… je pense que vous savez que d’ordinaire je suis plutôt une bonne cliente, j’aime acheter chez vous, mais là… il n’y a vraiment rien qui me fasse envie. Vous n’auriez pas un deuxième sac ? Quelques articles en rab d’une autre tournée ?

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 19 Mai - 10:44

Provoquer un être aussi versatile et puissant n'était peut-être pas la meilleure chose qu'ai jamais fait Zephyr. Mais cela avait été plus fort que lui. A peine avait-il terminé qu'il sentit un frisson le parcourir. Et le regard que lui lança la voyageuse ne fit que renforcer cette sensation de peur qui venait de naître en lui. La présence encourageante d'Eva n'était d'aucun secours face à ce monstre qui s'approchait maintenant de lui. A cet instant, il aurait aimé avoir le pouvoir de se changer en lézard pour se sauver dans les hautes herbes, le plus loin possible de la menace avec un grand M.
La colère faisait vibrer sa voix d'un échos meurtrier, et Zephyr réprima même un sursaut lorsqu'elle se mit à hurler. Il avait touché une corde sensible pour arriver à un tel résultat. Ou alors la vraie Melena se révélait enfin au grand jour.
Cela dit, derrière cet écran de colère, un fin trémolo de souffrance perçait dans sa voix. Mais il n'était pas suffisant pour émouvoir l'herpétophobe qui, hésitant un instant entre surenchérir ou partir, choisi de se retourner vers Eva, posant sa main sur son épaule en la poussant légèrement, signe qu'il était temps de plier bagage. Il se figea toutefois un instant, se retourna et fixa Yoake d'un regard triste.
« J'ai été heureux de te rencontrer. J'espère qu'on se recroisera en de meilleures circonstances. »

Il aurait voulu ajouter tant de choses. Qu'elle ne méritait pas de poursuivre son voyage en compagnie d'une telle furie, qu'elle ne méritait pas d'être à Dreamland tout court d'ailleurs. Il aurait voulu lui proposer de venir avec Eva et lui mais il savait que la japonaise choisirait son amie. Il était vrai que Melena agissait différemment avec elle, un peu comme une sœur à vrai dire … Voire plus encore. Yoake ne risquait sans doute rien en sa compagnie. Elle ne risquait pas de s'attirer son courroux et, après lui avoir adressé un sourire emprunt de tristesse, c'est sans regret qu'il se mit en marche aux côtés d'Eva.
Melena cracha une dernière fois son venin. Mais il poursuivit sans se retourner, faignant de ne pas avoir entendu.

Il avait peut-être été un peu loin. Il avait poussé la jeune femme à bout, mais elle avait été trop loin elle aussi à ses yeux. La femme dans le bus n'avait pas mérité ce coup de faux. Melena pouvait bien dire ce qu'elle voulait, jouer la carte de la victime, ça ne changeait rien au fait qu'elle abusait de ce statut. Zephyr ne doutait pas qu'elle avait vécu des choses horribles, inimaginables. Cela avait laissé une cicatrice béante dans son cœur et dans son âme. Mais était-ce suffisant pour excuser un tel comportement. La fin justifiait-elle à ce point les moyens qu'elle employait ? Assurément non.
Il était arrivé à Zephyr de conduire dans son ambulance des gens parfois traumatisés. Il se souvint d'un vétéran de guerre, amputé des deux jambes au niveau des genoux qui avait abattu un rôdeur dans sa maison. Il avait prit cher également. Quoi qu'il en soit, ses paroles lui revinrent en mémoire. « J'ai pas eu le choix … Il m'a pas laissé le choix … Je suis désolé... Pardonnez-moi seigneur. »
Il avait continué sa litanie en murmurant de plus en plus bas, laissant quelques larmes emporter le sang sur ses joues.
A cette époque, Zephyr n'avait put qu'imaginer l'état d'esprit de cet homme. C'était un héro aux yeux de la nation, qui avait dut tuer beaucoup de monde pour en arriver là. Il avait traversé des choses que personne ne pouvait comprendre. Et malgré ça, il pleurait face au sort d'un cambrioleur qui n'aurait pas hésité à le tuer, lui ainsi que sa femme pour quelques bijoux.

Pourquoi certains deviennent meilleurs face à l'adversité et à la misère humaine, alors que d'autres tournent aussi mal ? C'était une question qui resterait à jamais sans réponse et Zephyr préféra se changer les idées plutôt que de ressasser le passé. Après tout, il venait de tuer un homme lui aussi... Et bien qu'il n'ai pas vu d'autre choix s'offrir à lui, repenser à ce type lui donna soudain envie de vomir.
Il se tourna alors vers Eva.

« Écoute, je suis désolé. Melena a beau avoir des méthodes ignobles, c'est quand même ma faute si le bus s'est tiré. Enfin à la place du chauffeur j'aurais sans doute fait pareil... En fait on a fait pareil puisqu'on s'est tiré ... »
Devant eux, la ville n'était plus qu'à quelques centaines de mètres. Et une chose faisait peur au jeune homme. Ni l'un ni l'autre n'avaient l'air d'être des habitants de Dreamland. Entre leurs habits trempés, et tachés de boue dans le cas d'Eva, leur mine déconfite et leur inexpérience, ils faisaient des cibles en or pour un quelconque tueur de voyageurs. 'Néophyte' était écrit en gros sur leur front.

« Quoi qu'il en soit, je te remercie d'être venu avec moi. Me retrouver seul ici … Je crois que j'aurais pas eut le courage. »
Il adressa un sourire sincère à la jeune femme qui marchait à ses côtés. Sa présence, si elle ne serait pas d'un grand secours s'ils se faisaient attaquer, avait au moins le mérite d'être réconfortante. Et peut-être qu'à deux, ils auraient l'occasion de tisser des liens plus solides qu'à quatre. C'était peut-être aussi la raison pour laquelle Yoake s'entendait si bien avec Melena. Elle voyageait à ses côtés depuis un moment déjà avant que lui et Eva ne débarquent comme des cheveux sur la soupe. A présent c'était leur tour de former un binôme et il espéra un instant ne pas se tromper sur la personne a qui il venait de donner sa confiance. Mais a voir la blonde aussi perdue que lui, il ne douta pas longtemps d'avoir fait le bon choix. Comme le dit si bien le dicton, mieux vaut être seul que mal accompagné. Il avait appliqué ce principe à la lettre.

« Au fait, tu avais dit ne pas avoir de pathologie non ? Pourtant tu nous a fais une belle démonstration de ton pouvoir tout à l'heure. Mais bonjour les effets secondaires. Il mima une tirette au niveau de sa propre bouche. Par contre la prochaine fois … essaye de penser à autre chose qu'un serpent, ce serait cool. »

Il retrouvait petit à petit sa bonne humeur. Si rien d'inopportun leur tombait dessus, voyager aux coté d'Eva serait sans doute bien plus agréable que de devoir supporter les humeurs changeantes de Melena.


Par ici --> Un Nouveau Commencement


Dernière édition par Zephyr A. Grayson le Mar 19 Mai - 15:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 19 Mai - 14:20

Sa tentative de calmer le jeu était vaine, Yoake le savait. Elle se répétait encore et encore que ça ne devait pas se terminer ainsi, mais peine perdu, comme la japonaise le pensait la réponse de la thanatophobe, fut plus acerbe encore, ne ménageant pas l’herpétophobe.

Les yeux de glace de l’irlandaise semblait pouvoir tout perforer, Zephyr n’y était pas allez de main morte et reprenait tout puissance 10… Et le pire dans tout ça, Melena semblait se livrer par quelques brides de phrase, qu’ils suffisaient de raccrocher ensemble pour comprendre son désespoir… La japonaise avait évidemment fait le rapprochement et gardait cette ensemble de plainte incompréhensible en elle comme si ça pouvait la rapprocher un peu de la thanatophobe. Comme elle le disait si bien Quiet Hill n’était rien à côté de ce qu’elle avait vécu, n’être qu’un jouet, quelque chose qu’on peut piétiner à chaque instant, toutes ses remarques firent frissonner la japonaise. Elle fixa l’irlandaise de ses yeux sombres prenant les réflexions plus pour elle-même que pour Zephyr… mais contrairement à l’herpetophobe ces réflexion la poussait à accompagner Melena, lui permettre de retrouver Jade et peut être refaire sortir l’humanité qu’elle avait perdu. Sur le moment la japonaise avait l’impression de grimper une montagne, mais au lieu de lui faire peur cette idée l’a motivait plus que tout… Si seulement il n’y avait pas eu de dispute.

Melena leva alors la main en direction de la ville, intimant à qui le voulait de partir, Yoake, Elle, serrait les dents, tout s’était passé si vite, en une journée la jeune femme avait appris à connaitre Melena, Zephyr et Alicia… Elle ne voulait pas les voir se séparer pas comme ça, que pouvait-elle dire, que pouvait-elle faire pour que tout redevienne comme avant… Etait-elle la seule à croire en leur équipe ? Zephyr se retourna alors et croisa le regard de la japonaise… A ce moment cette dernière su qu’il n’y avait rien de mieux à faire, le regard triste qu’il renvoya ainsi que ces paroles raisonnèrent dans son esprit. Que pouvait-elle répondre à ça ? Elle avait fait son choix et celui-ci ne coïncidait pas avec Zephyr et Alicia…était-elle désolée ? Pas vraiment, voulait-elle les revoir ? Oui, mais à présent il fallait les laisser partir. Retenant ses larmes et se forçant à sourire elle répondit à Zéphyr :

- Ce n’est pas une question de circonstance, on a intérêt de se recroiser. Et ça vaut aussi pour toi Eva.

Elle les regarda s’éloigner, pensant à tout ce qu’ils avaient vécus tous les quatre, essayant de retenir quelques moments heureux… Elle avait l’impression que si elle ne le faisait pas, tout s’éloignerait comme dans un rêve. La thanatophobe renvoya une remarque acerbe mais ne reçut aucunes réponses… Yoake elle continuait de se perdre dans ses pensées se posant multiple questions sur ce qu’il adviendra de ces deux coéquipiers… au moins n’allait-il pas directement à Elipse. C’est alors que Melena lui proposa de les rejoindre, comme s’il elle sous entendait que ça ne changeait rien. La japonaise répondit tout de suite en détournant son regard des deux silhouettes qui s’éloignaient vers Riven Town :

- Je ne reviendrais pas sur ma décision : Je vais t’aider à retrouver Jade.


Elle n’ajouta rien, pour elle s’était suffisamment clair et elle n’était pas vraiment d’humeur à développer le fond de sa pensé, son regard se posa sur Melena, cherchant une quelconque réaction. Sur le coup elle espérait que les dires de Zephyr n’avait pas réduit en cendre se début d’amitié. La thanatophobe ne lui laissa pas le temps de réfléchir et fit appel à une certain Labeau Nefaie, La japonaise regarda autour d’elle chercha alors une énième personne et vit alors apparaitre une femme corpulente et entièrement verte. Les yeux écarquillés elle recula de quelque pas avant de fixer la nouvelle venue de ses yeux sombres : outre sa peau verte elle ne trouva aucunes cicatrices, hématomes, ou blessures.

Melena regarda alors dans le sac de cette dernière, et Yoake comprit que cette femme était une commerçante qui devait apparaitre au besoin… La japonaise s’approcha de la vendeuse et repéra le manche d’une batte, mais ne dit rien : Passer par cette commerçante sans en savoir plus ne lui disait rien qui vaille elle patienta donc que Melena en termine avec tout ça mais cette dernière semblait déçue de la marchandise proposée. Yoake elle observa la réponse de Labeau Nefaie avec curiosité décidément Dreamland n’avait surement pas finit de la surprendre
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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 19 Mai - 15:39

Comme à l'accoutumée, Labeau était sortie du néant avec sur le dos son énorme sac à dos. L'ambiance était tendue mais c'était le cadet de ses soucis. Tout ce qui importait, c'était de vendre. Faire des bénéfices la mettait toujours de bonne humeur, même quand le monde tombait en ruine. C'est donc avec le sourire qu'elle déballa sa marchandise, l'étala avec soin tout en disposant ses petites étiquettes explicatives... jusqu'à ce que le visage grimaçant de Melena fasse retomber les commissures de ses lèvres.

La moue du client dégoûté, la marchande itinérante n'aimait pas ça. Il n'était pas permis de chipoter quand on vous présentait de la marchandise d'aussi bonne qualité. Ce dentier était parfait pour vous tirer d'un coup dur, comme cette potion de soin. Et ces dés du destin qui vous permettaient de forcer votre chance ! Sans parler du mercycleur qui vous donnait l'occasion de dire à vos connaissances « vous allez voir, ma cuisine c'est pas d'la merde ! »... tant d'objets merveilleux dans sa besace, mais non. Il fallait qu'une pinailleuse l'appelle.

Plus l'irlandaise tentait d'insulter son fond de commerce avec de belles tournures sans oublier de la prendre pour une imbécile, plus les traits de Labeau Nefaie se durcissaient. Lorsque la voix de sa cliente s'éteignit enfin, elle prit le relais avec un sourire crispé qui rendait l'énorme femme plus qu'inquiétante.

- Alors comme ça mes marchandises ne sont pas assez bien pour vous ? Vous croyez que je me trimbale avec tout castorama dans ma gibecière ? Que je m'amuse à choisir aléatoirement des objets pour le simple plaisir de vous tourner en bourrique ?

Elle se pencha en avant, le regard noir, surplombant Melena de toute sa masse.

- C'est tout ce que j'ai. Je vends, j'achète, je n'ai jamais plus d'une vingtaine d'objets sur moi. Et si ce que j'ai ne vous conviens pas ce n'est pas grave. J'ai autre chose pour vous, ma si bonne cliente parmi des milliers d'autres.

La commerçante sortit un carnet noir de sa poche et y nota consciencieusement le nom de la nécrophobe, non sans la fustiger régulièrement du coin de l'oeil. Si on regardait bien entre les énormes doigts verts, on pouvait lire sur la couverture « mauvais clients ».

- Une belle augmentation des prix pour la prochaine fois, de l'ordre de 10%. L'inflation, vous savez ce que c'est. Peut-être que ça me permettra d'acheter de meilleurs objets. Elle se tourna ensuite vers Yoake, ayant bien remarqué son regard intéressé. Il y a quelque chose qui vous plaît dans ma marchandise mademoiselle ? Profitez-en ! Au moins je ne me serais pas déplacée pour rien !
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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 20 Mai - 8:55

Après Zephyr, c'était Labeau Nefaie qui lui tapait sur le système. Décidément, un accord interdimensionnel pour la faire chier devait avoir été signé quelque part. La colère lui revenait, aiguë et douloureuse, mais elle se contenta de rendre son regard noir à la marchande pendant qu'elle l'inscrivait sur sa liste noire. Quand la géante se tourna vers Yoake, Melena lui fit une grimace enfantine mais réprima l'envie de faire un geste obscène du majeur dans son dos. Elle ne voulait pas risquer se mourir étouffée sous ses fesses volumineuses si jamais Labeau avait la capacité de voir derrière sa tête. Retournant au rangement de  sa hotte dont le contenu était encore épars dans l'herbe humide, elle mit la main sur son Iwok. Une oreillette au design ultramoderne qu'elle n'avait jamais essayé. Et si...

L’irlandaise l’accrocha à son oreille, une expression sceptique remplaçant peu à peu la colère sur ses traits ivoirins. Visiblement, elle avait perdu le mode d'emploi de ce truc. Pourtant, si jamais ça fonctionnait, elle gagnerait un temps précieux. Après avoir trituré son gadget un moment sans arriver à un résultat concluant, Melena tenta le tout pour le tout en murmurant :

- Jade ? Jade Martins. Je veux joindre Jade Martins.

Elle n'y croyait pas et pourtant... après quelques « bip » caractéristiques, la voix de sa meilleure amie résonna dans son appareil techyoïte. C'était comme si le monde venait de s'arrêter. Depuis combien de temps n'avait-elle pas entendu ce timbre si familier ? Il lui semblait que ça faisait une éternité. Soudain tremblante, réprimant des larmes de soulagement, la nécrophobe dit d'une voix fébrile :

- C'est bien toi, Jade ? C'est Melena, je... Comment tu vas ?! Tu n'es pas en danger ? Tu n'es plus malade à cause de ton ombre ?

« Melena ?! Euh... Oui oui c'est moi... Je ne sais pas trop quoi te répondre en fait. J'ai mon ombre et je suis entière, mais je suis un peu déboussolée là. Une nouvelle difficile à encaisser... et toi ? Tout se passe bien ? T'as l'air tendue cocotte. »

Sa voix s'étranglait. Il y avait tellement de choses qu’elle voulait dire, tellement de questions à poser. A cet instant, il n’existait plus rien d’autre que son amie au bout du fil. Déboussolée mais en vie et en bonne santé. L’irlandaise sentit sa poitrine se délester d’une partie du poids qui écrasait sa poitrine fragile depuis plusieurs jours. Elle dut faire une petite pause et prendre une grande inspiration avant de reprendre plus posément :

- Ça va de mon côté, oui… comme d’habitude tu sais, elle n’osait pas encore aborder ses mésaventures depuis son retour à Dreamland, je te cherche partout depuis que je suis revenue... Tu... Tu peux me dire où tu es?!

« Je ne fais que ça aussi, vous chercher... enfin quand je peux. Un coup je suis téléportée à droite, puis à gauche... je ne sais plus où j'habite ! Enfin bref, là je serai bientôt près de Miquitzli. Je compte pas rentrer en ville mais je dois attendre Elie. Elle et Ace... comment te dire ? Ils repassent ENCORE des épreuves d'adepte... »

Sur le coup, l’adolescente ne sut pas si elle fut plus choquée d’apprendre que Jade était en direction de Miquitzli ou bien si Ace et Elie étaient encore en pleine épreuve. N’en avaient-ils pas eu assez avec Freedoom ? Comment avaient-ils pu s’arranger pour se trouver à fricoter avec un nouveau gardien ? Quand à la bonne jumelle, elle devait se souvenir que la cité de Léviathan serait loin de l’accueillir à bras ouverts, à l’instar de Melena. Pourtant… l’appel de son cœur était le plus fort. La psychotique lui manquait terriblement, la chaleur douce qui se rependait dans tout son corps en était la preuve. Elle aurait voulu rester pendue ainsi au téléphone pendant des heures, comme une lycéenne transie d’amour avec son petit ami, mais dans sa bulle de bien-être, elle crut percevoir que Labeau en avait fini avec la japonaise. Avec amertume, elle répondit :

- Ils sont pas croyables… moi aussi j’ai été téléportée sans prévenir, je me suis retrouvée à Elipse ! J’ai pu en sortir mais là… je suis dans les plaines félicités. Je suis pas loin d’une ville avec un aéroport, je prends le premier avion qui m’amène vers Miqui, je te rappelle quand j’ai ma destination et on se rejoint là-bas, ok ? Tu me raconteras tout ce qui t’est arrivé, hein ?! J'espère que ce n'est pas trop grave...

Une fois que sa meilleure amie lui eut confirmé leur rendez-vous, Melena coupa la communication de l’iwok et se tourna vers Yoake. Un sourire rêveur flottait sur ses lèvres pâles, une lueur étincelante brillait dans ses yeux gris. Comprenant que son changement brusque de comportement puisse déboussoler Yoake, l’irlandaise expliqua :

- J’ai eu Jade au téléphone ! Je n’avais encore jamais utilisé ce truc, se justifia-t-elle, elle n’est pas loin de Miquitzli. C’est de l’autre côté de l’océan. On va passer rapidement en ville et aller à l’aéroport prendre le premier avion qui va là-bas, ok ?

C’était une question rhétorique puisque dans tous les cas, c’était son programme ! Elle finit alors rapidement de ranger ses affaires et reprit la route. Zephyr et Eva étaient loin déjà, ils n’étaient que des petits points plusieurs centaines de mètres en avance. La vague de colère qui s’éveilla en Melena à leur vue s’estompa immédiatement à la pensée qu’elle retrouverait bientôt Jade. Le trajet se passa néanmoins dans le silence. La jeune fille avait conscience de ne pas s’être montrée très agréable avec la japonaise qui avait pourtant choisi de l’accompagner dans une quête qui n’était pas la sienne. Elles passaient le panneau d’entrée à Riven town quand la nécrophobe desserra enfin les lèvres d'une voix douce et confidente :

- Écoute… je ne regrette pas pour Zephyr, il n’avait pas à me parler comme ça. Si… si tu restes avec moi, tu dois savoir un truc, elle prit une profonde inspiration et croisa le regard de son amie pour la première fois depuis leur sortie du bus, je suis adepte de la tour de Freedoom, elle laissa planer un temps, j’ai été obligée… c’était ça ou mourir. Mais si tu savais ce que les gardiens imposent pour devenir adepte, c'est… il n’avait pas le droit de me parler comme ça.

Elle avait conclu dans un murmure douloureux, trop chargé des souvenirs sanglants de son séjour sur l’ile-prison.

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 20 Mai - 13:09

Ce n’était pas banal déjà, il s’agissait d’une femme à la peau verte qui étalait son stock, 20 objets plus bizarre les uns que les autres, un poney mécanique, des machines, des lunettes bizarres et quelques affaires plus communes comme : un bonnet, des dés, et une batte. Chaque objet était accompagné d’une description et d’un prix… Yoake se découragea rapidement en voyant le prix de certain objet. Aussi, seul un objet l’intéressait, la batte n’avait aucun pouvoir supplémentaire et sont coût convenait tout à fait à son porte-monnaie. La japonaise avait pris le temps de réfléchir et savait donc que ses pouvoirs était limité et à utiliser qu’en cas d’urgence, elle savait aussi que son couteau suisse était une arme de dernier recours et qu’à cause de sa phobie elle avait besoin d’une arme qui lui permette de mettre hors combat en un coup. Elle s’apprêtait à regarder de plus près les objets qui restait dans son budget mais Labeau en avait apparemment terminé avec Melena en parlant alors d’une augmentation de 10%. Elle se tourna alors vers l’hématophobe espérant surement vendre une partie de son stock avec elle. Mais Yoake n’avait pas non plus une bourse bien rempli… elle saisit alors la batte de métal afin de vérifier le poids, elle fit quelque moulinets maladroit avec essayant de voir si elle pourrait se défendre avec…c’était toujours mieux qu’un bâton non ? Elle leva finalement les yeux vers Labeau  et dit :

- Je vais vous prendre ça.


Elle sortit les rubz demandés de son sac et paya tout en se posant malgré tout des questions… Bon après tout Melena était une de ses bonnes clientes donc la qualité devait y être. Elle remercia alors la commerçante et se tourna vers la thanatophobe qui discutait avec quelqu’un. La japonaise remarqua l’oreillette et constata qu’il pouvait communiquer avec d’autre personne de Dreamland. Elle respecta l’intimité de son amie et s’éloigna quelque peu faisant des moulinets avec sa batte espérant ainsi apprendre à la contrôler plus facilement.

Melena coupa la conversation et se tourna alors vers la japonaise, le visage transformé. Avant même qu’elle en parle, Yoake savait qu’il s’agissait de Jade. Traverser l’océan pour la rejoindre n’était pas un problème, au moins arrêteraient-elle de marcher à l’aveugle comme elle le faisait jusque-là. Et puis l’envie de l’aider à terminer sa quête était toujours aussi forte. Le sourire de la japonaise s’agrandit tandis qu’elle répondit :

- Allons-y, on aura le temps de discuter pendant le trajet.


Aussi mit-elle son sac sur ses épaules et la batte dans sa main avant de suivre la thanatophobe.

Malheureusement pour la japonaise le silence reprenait place entre les deux amies, il y avait-il quelque chose de scindé entre elles depuis la séparation du groupe… Peut-être que Yoake devrait relancer le sujet afin de mettre les choses au clair et éviter les tabous.
Elle profita malgré tout du silence, pour faire l’inventaire de ce qu’elle avait et de ce qu’il lui fallait et remarqua alors qu’elle était pas mal armés, plus qu’elle ne le pensait était-ce normal ? Est qu’elle aurait acheté différemment si elle n’était pas tombée à Elipse ? Et si elle ne connaissait pas Quiet Hill ? Surement pensa-t-elle, mais maintenant qu’elle était au courrant des dangers de Dreamland, elle ne pouvait plus les ignorer.  

Elles passèrent en silence la porte de Riven Town, quand finalement Melena se décida à échanger sur ce qu’il s’était passé et même plus. La japonaise fouilla dans ses souvenirs pour se rappeler ce qu’était une adepte. Elle se pensa en frissonnant du zombie qui était venu réclamer la femme dans le coffre… c’était peut-être son boulot d’adepte, elle se souvient aussi de ses bras couvert de cicatrices et frissonna…

- Je savais qu’il y avait quelque chose.


Les japonais leva ses yeux sombres vers la thanatophobe :

- Quelque chose de violent et inimaginable pour que tu te montres si froide et indifférente à présent. Je crois que je commence à comprendre ce que tu as dit à Zephyr. Devenir adepte, ou mourir tu parles d’un choix. Personnellement je pense que j’aurais fait pareille… Je ne veux pas mourir, pas maintenant en tout cas… et toi qui es thanatophobe tu as du faire ce choix…

Une boule se forma dans la gorge, elle n’avait tout simplement pas le choix, comme elle le pensait tout venait de Dreamland.

- Je ne t’en veux pas d’avoir crié sur Zephyr de cette façon, je savais que c’était inévitable, je savais aussi que ça n’allait pas durer… Je veux dire, notre entente, tous les quatre, enfin même si j’avais quand même envie d’y croire.

Un petit sourire se forma alors sur les lèvres de la japonaise :

- Je pense que ça fait un moment que j’ai pris la décision de te suivre, Ce n’est pas une décision sur une coup de tête mais réfléchit avec toutes les conséquences qu’il pouvait-y-avoir. Aussi si tu souhaites me parler un peu plus de ton vécu n’hésite pas. Je suis plus forte que j’en ai l’air tu sais?


Pendant qu’elle parlait, les commerces défilaient devant ses yeux mais le temps n’était pas aux achats autant commencer par le plus important trouver un moyen de traverser l’océan. Ainsi le bâtiment sur sa gauche lui sauta aux yeux.

- Il y a une agence de voyage là-bas allons-y.


Aussi les deux amies poussèrent la porte de la boutique et trouvèrent une conseillère disponible le visage fin et un grand sourire, à croire qu’elle n’allait pas les laissés tomber, avant de les avoir satisfait :

- Bonjour que puis-je faire pour vous ?

Melena demanda alors un moyen de rejoindre Miquitzly aux plus vite.

- Vous avez de la chance, nous avons justement une nouvelle compagnie à vous proposer.

La conseillèrent fouilla dans ses prospectus et ressortit une plaquette proposant le trajet en dirigeable jusqu’à Téhinastèque une ville non loin de la capitale. Si Yoake se souvenait bien, il y avait une tour à Miquitzly atterrir à coté n’était pas une mauvaise idée. La conseillère fouilla à nouveau dans son ordinateur et marmonna :

- Le prochain vol est à 18h…

La japonaise regarda alors son amie pourrait-elle patienter jusque-là ? Mais elle n’eut pas le loisir de connaitre sa réaction car la commerçante proposa à ce moment là une offre qu’on ne pouvait pas refuser :

- Il y a une offre sur ce vol justement les 50 premières places sont gratuites et il m’en reste quelques une…attendez que je regarde.


- On les prend !

Sans s’en rendre compte, les deux coéquipières avaient parlé d’une même voix, au moins étaient-elle d’accords. Quelque minute plus tard elles sortirent de l’agence un billet gratuit à la main, la japonaise était satisfaites et ne put s’empêcher de sourire ravie dans un sens d’avoir un peu de temps libre avant de partir de Riven Town une ville tout à fait normal mais surtout sans cannibales. Elle dit alors :

- On pourrait profiter de notre temps à Riven Town, je commençais justement à avoir faim, et puis maintenant que j’ai un peu de rubz, j’ai besoin d’acheter deux trois choses pour notre voyage.

Elle pensa soudain à Jade et au sourire de la thanatophobe quand elle avait annoncé la nouvelle.

- Tu penses pouvoir patienter jusqu’à 18h ? Le temps va peut-être te paraitre long.

Soudain inquiète elle attendit la réponse de Melena en rangeant le billet dans son sac.

***

Achat :
Batte en métal : -50rubz
voyage inter-citée : trois jetons


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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 20 Mai - 18:53

Melena ressentit un élan de gratitude pour Yoake quand elle lui dit la comprendre. Bien sûr, elle ne savait pas tout, mais c'était un début. Quand la japonaise affirma être décidée à la suivre depuis longtemps, la nécrophobe lui rendit son sourire avec une once de tristesse, du mystère et beaucoup de soulagement. Jusqu'à lors, elle était persuadée d'apprécier l'hématophobe par transfert : parce qu'elle cherchait à se racheter de la mort de Naomie qu'elle avait abandonnée aux zombies. Mais en réalité, il y avait autre chose. Dans les yeux sombres de Yoake, elle avait l'impression de se voir. Seule, blessée, traumatisée... Ce n'était pas la même chose qu'avec Jade. Jade elle en était amoureuse, elle était son contraire, la lumière quand elle était les ténèbres, la beauté quand elle était l'horreur. Yoake, elle, était une sorte d'écho... capable de comprendre ce qu'elle ressentait, sans qu'elle ne parle. Son reflet. Le sourire de Melena s'agrandit quand la japonaise affirma être plus forte qu'elle ne l'était : ce type de déclaration aussi ça lui ressemblait.

- Oh oui, taquina-t-elle, avec ta batte, tu me fais presque peur !

Une agence de voyage attira l'attention de l'hématophobe qui fit aussitôt part de sa trouvaille à l'irlandaise. Son cœur s'accéléra : elle se rapprochait de son objectif, à petits pas mais avec certitude. Plus lunatique que jamais depuis que la folie avait entamé sa raison, elle se sentait légère désormais : son double meurtre et sa dispute, qui dataient pourtant de moins d'une heure, étaient oubliés.

L’intérieur de l’établissement était simple, presque désuet. Melena avait l’impression de se retrouver en Europe, dans une de ces petites boutiques britanniques dans une ville de banlieue. Une jeune femme au sourire commercial semblait ravie de voir approcher deux clientes. Quand la thanatophobe lui eut demandé un trajet aller-simple pour la région de Miquitzli, elle ne s’attendait à un résultat aussi concluant. D’abord, quand on lui proposa d’étrenner une nouvelle compagnie de dirigeables, elle fronça les sourcils, peu emballée par l’idée – surtout si le vol était en fin de journée – mais la perspective d’un billet gratuit la fit changer d’avis.

- On les prend ! S’était-elle exclamée en même temps que Yoake.

Aucune économie ne se refusait à Dreamland, surtout pas quand on était voyageuse. En sortant de l’agence de voyage, elle avait presque envie de sautiller comme une gamine excitée d’aller à la mer. Son cœur s’emballait, sa conscience était légère. L’adolescente revenait dans toute sa candeur, laissant de côté l’adepte criminelle. Si attendre 18h serait difficile ? Un sourire attendri illumina le visage pâle de Melena.

- Si tu savais tout ce que j’ai traversé pour la retrouver dans ce monde sans avoir aucune idée de l’endroit où elle était… quelques heures, ce n’est plus grand-chose, elle pointa du doigt l’enseigne polie d’une armurerie, je voudrais passer là par contre.

Tout en s’approchant du petit magasin dont la vitrine étincelante présentait toute sorte d’armes à feu, l’irlandaise réactivait son oreillette en demandant d’être mise en relation avec Jade Martins. Cette fois encore, il y eut quelques tonalités avant que la voix de sa meilleure amie ne lui réponde. L’effet fut moins saisissant qu’au premier essai, mais c’était quand même merveilleux de l’entendre… à croire que Dreamland lui avait fait oublié les plus banales technologies de son époque.

- Allo ? Oui, c’est encore Melena. On a un vol à 18h, en dirigeable, elle fit la moue, je ne sais pas combien de temps ça va prendre mais apparemment, on atterrit à Téhinastèque, c’est censé être une ville pas loin de Miqui. On se retrouve là-bas ? Je suis avec une amie qu’il faut vraiment que je te présente.

Après avoir raccroché, elle regarda Yoake avec un sourire d’enfant, la tête légèrement enfouit dans ses épaules, puis reprit un air sérieux en poussant la porte vitrée de l’armurerie. C’était la première fois qu’elle rentrait dans ce genre d’endroit. Elle avait déjà vu plus saugrenu à Dreamland et pourtant, c’était à la fois si réel et si inhabituelle que ça suscitait une étrange impression de songe. Il y avait des armes partout : des revolvers, des fusils, des explosifs, même des armes blanches. Il y en avait pour tous les modèles, presque toutes les époques et pour tout type de bourse. En fait, Melena mit le doigt sur ce qui était si déroutant : dans le monde réel, elle n’avait connu toutes ces choses qu’à travers des films. Oh bien sûr elle en avait vu plein à Dreamland, elle en avait même utilisé mais… être dans une boutique, avoir « son » arme à feu, c’était différent. Quand l’adolescente se présentait au comptoir devant un homme grisonnant au teint basané, il sembla vouloir lui rétorquer quelque chose du style « je ne vends pas de jouet, du balai » ; mais quand il croisa son regard glacé et déterminé, il accrocha son meilleur sourire commercial – et édenté – pour demander :

- Je peux faire quelque chose pour vous mademoiselle ?
- Oui, je cherche un revolver.

Le vendeur parut attendre d’autres indications qui ne venaient pas. Avec le haussement de sourcil de celui qui s’apprête à abreuver un néophyte de sa science, il s’appuya sur son comptoir pour lui dire :

- Vous savez, il existe énormément de sorte de revolver. Différents calibres, différents poids, différentes caractéristiques, différentes efficacités… est-ce que vous savez au moins pour quoi vous souhaitez en acheter un ? Pour vous défendre ? Pour attaquer ?
- Les deux, répondit Melena avec tellement d’aplomb que le bonhomme parut déstabilisé.
- Ok-ok, euh… patientez s’il vous plait.

Il disparut plusieurs minutes en arrière boutique. Laps de temps pendant lequel l’irlandaise remarqua l’écriteau sur le mur derrière le comptoir : « Soyez conscient que les armes à feux peuvent blesser mortellement – ne prenez pas leur utilisation à la légère ». L’adolescente haussa les épaules au moment où le vendeur revenait avec une boite en carton.

- Je pense que ce modèle sera parfait. 7 coups, mécanisme automatique – pas besoin de réactionner le chien manuellement –, taillé pour les petites mains, recul tolérable, très bonne durée dans le temps. C’est pas du calibre magnum mais ça fait quand même de beaux trous quand ça atteint sa cible. Il est à 1500 rubz.

La nécrophobe ouvrit la boite pour découvrir l’objet. C’était une belle arme à barillet, semblable à celles des western mais avec un quelque chose de plus moderne dans le design. Le canon était long, la silhouette assez fine et il n’était pas trop lourd. Avec un sourire satisfait, elle rétorqua :

- Je vous le prends, avec 4 barillets pleins et un ceinturon.

Melena vit le type décrocher une ceinture en cuir noir avec holster, pour le coup complètement far-west, et débourser les 1800 rubz qu’on lui réclamait. Après avoir bouclé sa ceinture autour de sa taille fine aux hanches diaphanes, elle rangea sa boite de balles dans sa hotte et n’en conserva que 7 en mains pour recharger son barillet.

- Ça fait un moment que je me dis que ça pourrait m’être utile, expliqua-t-elle à Yoake en sortant de la boutique, combiné avec l’un de mes pouvoirs, ça peut vraiment me sauver la vie, ce qui, venant d’une thanatophobe, n’était pas peu dire, direction boulevard des rapaces maintenant, numéro 1. Je dois amener la bague de fiançailles du type…, elle chassa aussi vite qu’elle put la vision du cadavre dans sa carcasse de voiture, on peut choper un sandwich en route si tu veux.

Elle marqua un silence, marchant au bord d’une route où des voitures passaient régulièrement. Et le bus ? Le chauffeur avait-il déjà fait part de son incident aux autorités locales ? Y aurait-il une enquête ? Melena pensait à autre chose pourtant. La japonaise avait ouvert une brèche et bizarrement, ça lui plaisait de ne pas la refermer.

- Je peux… te parler des épreuves si tu veux…, proposa-t-elle lentement, que tu saches… ce que certains des gens comme nous doivent faire pour ne pas mourir…

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