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 La marche de l'avenir

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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: La marche de l'avenir   Lun 13 Avr - 23:48

Viens de Chacun sa route, chacun son chemin

Courir. Jusqu’à perdre haleine, tenant des pans de sa robe en parodie de mariée. Courir. Jusqu’à ce qu’elle en oublie tout de sa poitrine en feu, de sa tête douloureuse, de sa surdité forcée. Melena ne fuyait pas seulement Quiet hill, elle essayait aussi de distancer le monstre qui y avait fait des siennes ; une chimère qui avait semé la mort sous ses propres traits. Elle-même.

Affaiblie, elle traînait en queue de pelotons, manquant plusieurs fois de s’effondrer au sol à cause des hautes herbes qui fouettaient sa dame blanche au niveau de ses mollets. Elle avait l’impression que si elle s’arrêtait, une force invisible allait la ramener droit dans la cité cannibale, ou bien que la terre sous ses pieds allaient s’ouvrir pour l’entraîner en enfer. Ses yeux gris fixaient le dos de Yoake. C’était pour elle qu’elle avait encore utilisé ce pouvoir qui la répugnait. Pourquoi la protégeait-elle ? Pourquoi…

L’irlandaise ne se souvint pas vraiment quand elle avait décéléré, elle ne s’occupa pas non plus de savoir combien de temps ils avaient marché ainsi, suivant la torche d’Alicia. Seul oasis de lumière dans les ombres épaisses de la plaine. Une heure devait bien être passée… ou plus ? En tout cas, son ouïe revint, gorgée de sons qu’elle avait l’impression de ne pas avoir entendu depuis une éternité. Son propre souffle, le bruit des pas dans l’herbe, le chant de grillons, le vent nocturne qui caresse la plaine félicité. Elle ose enfin un regard en arrière et ne distingue qu’une lueur orangée à l’horizon. Plus de fumée, plus de clôture, plus de Quiet hill.

Quelques mètres plus tard, Melena trébuche réellement et s’affale dans l’herbe. C’était un vieux sac en toile usé, apparemment déchiqueté par une bête sauvage, tellement lacéré qu’il ne serait utile à personne mais à l’intérieur, il restait plusieurs objets qui devaient manquer à son propriétaire – s’il était toujours en vie. Une trousse de toilette, quelques rubz, une oreillette blanche, un puzzle d’âme, un bon de réduction, un… étrange papier qu’elle ne comprenait pas, et une bouteille d’eau ! Malgré l’épuisement, elle s’empressa de mettre le contenu dans sa hotte pour rejoindre ses compagnons.

Puis ils s’arrêtèrent. Les jambes de la nécrophobe étaient en coton, elle crut qu’elles allaient littéralement se découdre sous elle, comme une poupée dont le fil serait resté coincée dans une porte loin en arrière. Elle haletait bruyamment, en sueur, endolorie dans tous ses muscles, la migraine grondant dans sa boite crânienne. En fait, elle avait même la nausée mais elle craignait que vomir maintenant n’annule son pouvoir. Yoake semblait suffisamment craindre les blessures, pas besoin de lui infliger une guérison éphémère.

Passant une main sur son front, ses orbes d’orage sautèrent d’un camarade l’autre. Elle avait presque envie de leur sourire tant il était bon de se sentir libre, mais son visage ne pouvait surmonter l’effort. La japonaise fut la première à parler, les remerciant comme s’ils venaient de réussir une noble mission policière. Non. Ils avaient juste combattu le mal par le mal afin de se tirer d’affaire… cette escale à Quiet hill a finalement été une perte de temps puisqu’il n’a même pas été possible de faire des provisions.

Vint alors la question de la blondinette du groupe. Les yeux pâles de Melena sautèrent vivement sur elle, comme si elle venait d’entendre une insulte. Quoi répondre ? « Oh t’en fais pas, j’ai juste grignoté un bout de la bonne femme que Yoake a tuée, histoire notamment de guérir ses blessures pour qu’elle panique moins ». Absolument pas. Les mots restaient cramponnés aux cordes vocales de l’irlandaise, incapables de sortir. Et finalement, elle lâcha faiblement :

- Rien… rien du tout.

Détournant alors les yeux, elle posa sa hotte au sol pour en sortir la bouteille d’eau fraichement trouvée. Elle l’ouvrit doucement et s’en versa un peu au creux des mains pour se débarbouiller autant que possible. Quand elle surprit le regard d’envie de son aînée, elle but une gorgée et tendit la bouteille à l’hématophobe. Ensuite, elle détacha sa robe de mariée pour enfin s’en séparer et réintégrer sa combinaison moulante noir et argentée. Elle était trop épuisée pour demander à Zephyr de se tourner et de toute façon, dans le noir, il ne devait pas voir grand-chose. Si jamais Eve s’était amusée à diriger sa torche vers elle, elle aurait utilisé le peu de force qui lui restait pour lui mettre son poing dans la figure. D’ailleurs…

- Tu devrais l’éteindre, autant économiser tes piles.

Melena regarde autour d’elle. La plaine s’étendait à perte de vue, plongée dans des ténèbres ponctuées seulement par les lueurs de quelques lucioles ici et là. Il n’y avait rien à plusieurs kilomètres à la ronde, rien pour s’abriter en tout cas, si ce n’était des endroits où les herbes étaient si hautes que l’adolescente les auraient jusqu’à la taille. Impossible de distinguer une route. En sortant sa boussole magique, elle constata qu’ils n’avaient, par chance, que très légèrement dévié de son cap.

Sa respiration s’était apaisée désormais. Maintenant qu’elle était dans la nature, la confiance reprenait ses droits. Elle avait tellement vagabondé dans Dreamland que ça ne l’effrayait plus. Ses acolytes eux, avaient l’air plus tendus, comme si des chasseurs allaient surgir d’un instant à l’autre. Peur qui n’était pas infondée mais peut-être exagérée.

- Détendez-vous un peu, conseilla-t-elle en s’asseyant dans l’herbe trop fatiguée pour rester debout une minute de plus, ils ne sont pas sur nos talons. Je veux dire, reprit-elle, ils ont déjà pas mal à faire avec l’incendie. S’ils veulent nous traquer, je ne pense pas qu’ils s’amusent à le faire avant d’avoir éteint le feu et évaluer les dégâts. Après… il faut qu’ils découvrent qu’on est sortis et quand ce sera le cas, ils ne pourront pas deviner dans quelle direction on est partis.  

Des suppositions bien sûr, mais elles semblaient justes à l’irlandaise. A vue de nez, ils avaient plusieurs heures devant eux pour récupérer. De toute façon, ça ne servirait à rien de poursuivre en pleine nuit. Elle passa une main dans ses cheveux d’ébène et s’arrêta sur l’hématome à l’arrière de son crâne, quasiment résorbé. Doux souvenir de Billy.

- Il faut qu’on dorme un peu. On va faire des tours de garde, ok ? Je peux prendre le premier.  

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Zephyr A. Grayson

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Maladie mentale : Herpétophobie

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 14 Avr - 7:45

Enfin une pose. Zephyr ne l'aurait jamais avoué, mais il était à bout de souffle. Courir puis marcher à un rythme effréné dans la plaine avec seulement un ragoût d'humain dans le ventre et un manque évident de sommeil n'était pas le meilleur moyen de rester en forme.
Alors qu'ils s'assuraient tous que les autres allaient bien, Yoake les remercia. Il aurait voulu lui dire que c'était à lui de la remercier. Que c'était grasse à elle qu'il était encore en vie et qu'il lui en devait une. Mais il ne parvint qu'à hocher la tête en signe d'assentiment.

Puis Eva souleva un tout autre problème … Elle venait de remarquer le sang qui avait séché aux commissures de ses lèvres. Un sang qui n'était bien sur pas le sien. La jeune femme n'avait pas dut voir Melena se repaître du cadavre encore frai et, pour toute réponse Melena se referma comme une huître. En même temps … elle n'allait pas lui dire qu'elle venait de bouffer des morceaux de quelqu'un. Dans un sens, Zephyr aurait préféré être aussi ignorant qu'Eva à ce sujet. Car d'avoir remis la question sur le tapis, il commençait à s'interroger sur la meneuse du groupe. Etait-il vraiment judicieux de suivre ainsi une inconnue à travers un monde inconnu ? Car, s'il avait commencé à considéré Melena comme une amie, l'avoir vue se transformer en cannibale lui avait fait prendre conscience qu'il ne savait rien d'elle. Ni des deux autres d'ailleurs. Et bien qu'il avait envie de leur faire confiance, ce qu'il venait de vivre le poussait à se méfier, même des personnes qui venaient de lui porter secours.

Alors qu'il était plongé dans ses réflexions, Melena se changea. Le regard fixé sur l'herbe à ses pieds, il cherchait un moyen de ne plus se tourmenter de la sorte. Mais c'était peine perdue. Chaque fois qu'il essayait de repenser à tout ce que la jeune femme avait fait pour eux, l'image de sa main portant des lambeaux de chair à sa bouche se manifestait, éclipsant tout le reste. Sur son visage, désormais froid et fermé, on pouvait lire le doute. Enfin on aurait put s'il y avait eu assez de lumière.

Finalement, Melena proposa de faire une pause. C'était tentant, c'est vrai. Elle s’assit d'ailleurs à même le sol faute de mieux et Zephyr ne fut pas mécontent de faire de même. Sous ses fesses, l'herbe était fraîche et légèrement humide. Il ne s'était jusqu'alors pas rendu compte qu'il avait froid. L'épuisement n'aidant pas, il sentait le petit vent frai traverser les manches de son tee-shirt et il commença à grelotter.
Lorsque Mel proposa de prendre le premier tour de garde pour qu'ils puissent dormir un peu, il n'eut pas assez de courage pour jouer les gentleman et acquiesça simplement. S'allongeant en position fœtal, il s'attendait à s'endormir presque aussitôt. Pourtant, le sommeil tant désiré ne semblait pas vouloir de lui. Grelottant de temps à autres, il s'efforça à ne penser à rien. Mais les événements de la journée... enfin de la soirée, étaient beaucoup trop déboussolantes pour êtres mis de côté.

Les yeux fermés, il savoura les bruits que son ouïe revenue lui permettait d'entendre. Le bruissement de l'herbe sous la caresse du vent, un oiseau nocturne hululant dans la nuit, des milliers d'insectes stridulants tous en même temps... les battements de son propre cœur tapant contre sa poitrine. Bercé par le chant de la nature, il commença à sombrer dans une sorte d'inconscience quand il sentit quelque chose lui chatouiller la joue. En sursaut, il passa sa main dessus. Il n'y avait plus rien. Un brin d'herbe, ou peut être un insecte … Décidément, il n'y arriverait pas.

Se redressant, il se mit en tailleur et observa Melena. Il fallait qu’il lui parle. Il avait besoin d'éclaircir certaines choses et s'il continuait à se taire comme il le faisait, ça le rongerait. D'un murmure à peine audible, il s'adressa à elle, espérant que les autres étaient endormies.

« Mel … Écoute, je … je sais que tu as fais ça pour une bonne raison mais … je n'arrive pas à m’empêcher de penser que tu aurais put ne pas le faire. Tes blessures auraient fini par guérir et … enfin … J'avais imaginé que je commençais à te cerner, et là je me rend compte que tu es une parfaite inconnue. Ce monde est complètement dingue et toi et les filles vous êtes les seules bouées de sauvetage que j'ai pour ne pas perdre les pédales. Et maintenant j'ai l'impression de ne même plus avoir ça. Je ne sais rien de vous … et vous ne savez rien de moi. Je … je ne sais plus où j'en suis. »

Il se tut, le regard plongé dans le vide qui les entourait. Il ne se sentait pas capable d'affronter le regard de Melena, même s'il ne la voyait pas vraiment dans le noir. En silence, une unique larme coula le long de sa joue. La soirée avait été longue... et le voyage ne faisait que commencer semblait t-il. Il se demanda un instant s'il se réveillerait un jour ou s'il était condamné à errer sur ces terres hostiles, finissant par s'endurcir et à devenir comme Melena, fort et insensible... s'il survivait bien sur.

« Tout ce que je veux dire, poursuivit-il tout aussi doucement, c'est que je ne sais rien de ce monde et … j'ai peur... oui on ne peut pas dire les choses autrement. Je meurs de trouille. A tel point que là, alors que je tombe de fatigue, le moindre brin d'herbe qui me frôle me fait sursauter... Je ne suis pas taillé pour survivre dans un endroit pareil. Je vais finir par me faire tuer... ou vous faire tuer. »

Zephyr prit alors conscience de quelque chose. S'il ne voulait pas mourir, premièrement il devait faire confiance à Melena, deuxièmement, il devait en savoir plus sur cet endroit. Résolu, il serra les poings, décidé à passer l'éponge sur ce qu'avait fait Melena et demanda sans la moindre hésitation :

« Aide moi s'il te plaît. J'ai besoin d'y voir plus clair. Dis moi ce que j'ai besoin de savoir pour survivre ici. Comment je suis arrivé là... comment en sortir... et ce qui nous attend. »

Il ignorait si Yoake et Eva étaient endormies ou si elles écoutaient mais il ne s'en souciait pas. Qu'il passe pour un ignorant et un trouillard. Il s'en fichait. Il devait savoir.
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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 14 Avr - 12:59

Ils s'étaient tous arrêtés, profitants de l'obscurité pour se reposer. Sa tentative de briser le silence n'avait pas fonctionné, ou du moins pas comme elle l'espérait, Alicia demandait ce qui était arrivé à Melena, et cette dernière répondit succinctement, Zephyr lui ne disait rien la mine sombre, il devait surement ressasser encore et encore ses derniers évènements et elle que pouvait-elle dire face à ça ? Que c'était qu'un cauchemar qu'ils oublieraient vite ? Ou alors que tout, c'était bien déroulé qu'ils avaient réussis à fuir Quiet Hill ? Dans la joie et la bonne humeur hein ? Dure de retrouver un semblant de cohésion après ce qu'il s'était passé pendant ses quelques minutes de silence.

Melena, sortit alors une bouteille d'eau, sous le regard de la Japonaise nettoyant son visage qui contenait encore les souvenirs de cette vision d'horreur. Yoake ne put s'empêcher de regarder la bouteille avec envie et faillit récupérer son purificateur d'eau pour l'utiliser, mais elle savait qu'elle allait vite épuiser ses réserves si elle le faisait et pour quel résultat ? Sa phobie compulsive, actuellement, voulait qu'elle se lave dans de l'eau et pas uniquement grâce au peu d'eau contenue dans une bouteille. Elle en était là dans sa réflexion quand finalement Melena lui tendit sa bouteille d'eau, chose qu'elle aurait dû refuser, mais sa main se tendit instinctivement vers la bouteille, elle put quand même remercier Melena, et se permit un petit sourire ajouté d'un Legé tic qui crispa son visage.

Elle s'éloigna de la lampe d'Alicia ayant honte de montrer sa maladie en action, et passa de l'eau sur ses mains pour enlever le sang de sa victime, elle récupéra à nouveau de l'eau pour frotter son visage. Et après une bataille interne rudement menée, elle baissa son leggins pour s'occuper de sa cuisse. La blessure avait complétement disparu, mais sa peau était encore rouge de son sang, elle versa de l'eau sur sa cuisse sachant très bien que c'était inutile comme son leggins avait déjà baignée dans le liquide rouge de sa victime en le remettant maintenant elle tremperait à nouveau sa cuisse dans le sang de sa victime comme si tous les efforts de la Japonaise pour effacer son meurtre était vain. Le reste de la bouteille servit pour tenter de récupérer ses vêtements, chose totalement impossible. Ses vêtements étaient bien trop tachés. Elle allait devoir faire avec sa phobie jusqu'à ce qu'elle trouve de quoi se changer. Elle remit malgré tout son leggins et porta son regards sur la bouteille vide de Melena, elle n'allait pas la redonner comme ça, elle sorti donc son purificateur d'eau et remplit à moitié la bouteille de Melena.

Résistant tant bien que mal à se laver à nouveau, elle ferma les deux contenant et rangea le purificateur dans son sac, elle fit quelque pas vers Melena et lui tendit la bouteille :

- Merci pour l'eau... et pour le reste aussi. Grâce à toi j'arrive encore à tenir tête à ma phobie.

Elle sourit doucement comme si sa toilette l'avait légèrement détendu au même titre qu'un massage. Sans vraiment attendre de réponse Yoake porta son regard sur ses deux compagnons restant, ils étaient tout tendus, prêts à bondir à la moindre attaque, en y réfléchissant, peut-être qu'elle aussi avait un air si sombre. Quand la thanatphobe proposa de se reposer et qu'elle ferait le premier tour de garde l'hematophobe ne le contredit pas. Malgré toute sa bonne volonté, la Japonaise était lasse, son hématophobie l'avait épuisé et ça sans parler des crises qui risquait de revenir... Elle se laissa donc tomber au sol et enleva son manteau qu'elle posa sur sa cuisse ensanglantée et ferma les yeux. Cela ne dura que quelque seconde le temps de revoir encore et encore le sang qui coulait le long de l'abdomen de sa victime. Aussi, rouvrit-elle directement les yeux comment pouvait-elle espérer dormir, alors qu'il y a quelques heures à peine, elle avait pris une vie ? Elle se posa alors la pire des questions et si c'était à refaire ? Est-ce qu'elle tuerait une nouvelle fois ? La réponse directe de son esprit lui faisait peur... Ce n'était peut-être que le début...

Zephyr se leva et cela fit sortir Yoake de ses pensées. La Japonaise ne perdu pas une miette de la plainte de son compagnon. Que pouvait bien répondre Melena à ça ? À la base, elles leur avaient juste proposé de les accompagner et maintenant, il demandait des explications que personnes ne pouvais donner, tout comme la certitude de survivre...finalement, Yoake commençait à comprendre les anciens voyageurs sur ce points-là, la seule personne capable de l'aider c'était lui-même. Bien sûr rien ne les empêchaient de chercher à survivre ensemble, mais Dreamland n'était pas un jeu, et nécessitait une grande capacité d'adaptation. Au fond, elle espérait que Zephyr l'apprenne au plus vite. Elle regarda un moment la paume de sa main et se décida finalement à participer à la conversation.

Elle se leva et remit son manteau pour finalement se rapprocher de Melena et de Zephyr.

- Je n'arrive pas à dormir non plus, alors que j'ai l'impression de ne pas avoir dormi pendant des jours. Je ... Je me disais que peut être qu'en parlant le sommeil viendrait tout seul.

Elle fixa Melena de ses yeux sombre puis porta son regard sur l'herpétophobe :

- Melena n'a pas fait sa uniquement pour les blessures de son visage Zephyr, elle a aussi soigné ma blessure à la cuisse.


L'Asiatique baissa finalement ses yeux sur ses poings, qu'elle tenait serrés devant elle. Après hésitation, elle se décida à donner plus de précisions sur elle-même.

- Je suis hématophobe, comme tu as dû le deviner, je ne supporte pas la vue du sang ; j'étais dans un état second quand je me suis rendu compte de ma blessure donc ça allait. Mais si Melena ne m'avait pas soigné, je ne sais pas comment j'aurais réagi, très mal, surement en lavant et relavant ma blessure jusqu'à ça arrête de saigner.

Chose impossible évidemment, mais Yoake ne le précisa pas, inutile selon elle.

-Dreamland, t'offre un pouvoir en rapport avec ta pathologie, mais ce n'est pas vraiment ça le problème. Ce pouvoir est généralement la pire chose que tu peux utiliser, je le pensais déjà pour moi, mais Melena en regardant le tiens, je me rends compte que j'étais très loin du fonctionnement sadique des pouvoirs qu'on nous donne.

Elle leva ses yeux et laissa réagir ses compagnons, elle se sentait soulager de pouvoir à nouveau parler avec eux même si c'était pour parler sérieusement. Bien sûr, elle avait aussi besoin de parler de son meurtre, mais ça patienterait et puis elle ne savait pas comment lancer le sujet. Et il y avait aussi l'inquiétude de Zephyr à régler, mais pour ça, il fallait d'abord qu'elle trouve les bons mots. Attendons déjà de voir sa réaction. Enfin leurs réactions, car Yoake se doutait que comme tout le monde la mythomane du groupe ne dormait pas et pourrait tout à fait réagir maintenant si elle le voulait.
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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 14 Avr - 15:51

Je hausse des épaules en voyant que je n’aurais aucune véritable réponse de la part de Melena. Pourtant ma question est simple mais commençant à connaître un peu plus la cadette, je ne m’en offusque pas. Il est tard et je n’ai pas envie de débattre face à une psychopathe qui, je suis sûre, tient  toujours son couteau pas très loin d’elle. Je ne suis même pas certaine qu’entre l’arme et sa propriétaire, l’arme soit la plus dangereuse.

Ecoutant tout de même le conseil de Melena, je finis par éteindre la lampe torche pour nous plonger de nouveau dans le noir. Je peux à peine discerner les autres, mais la faible lumière de la lune entre les feuillages me permet de distinguer un minimum de formes.

Lorsqu’on propose de se reposer, je ne peux qu’être d’accord. Une pause est effectivement la bienvenue, il suffit de nous regarder pour comprendre que nous sommes tous fatigués physiquement si ce n’est mentalement. Je m’asseye donc sur l’herbe, tentant de trouver une position confortable sur ce sol bossu. Il me faut quelques minutes pour m’allonger, le dos contre un rocher sans avoir l’impression qu’on m’enfonce des clous dans tout le corps.

- Si tu prends le premier, je prends le second tour de garde. Et prends la lampe, ça te sera plus utile pour le tour de garde. On ne sait jamais…

Je tends l’objet vers la silhouette qui me semble être la plus fine. La seconde d’après, je me retourne et ferme les yeux.

Je n’ai jamais eu de soucis pour m’endormir encore moins quand je viens de courir aussi longtemps. Ce n’est pas des cannibales enragés qui aller faire fuir mon sommeil. Comme on l’a si bien fait remarquer, ils doivent avant tout éteindre l’incendie. Cela prendra un certain temps et aussi de l’énergie aux habitants de Quiet Hills alors nous pouvons tout à fait profiter de ce moment de calme. Il ne me faut pas longtemps pour sentir mes paupières devenir lourdes et partir dans un autre royaume de rêve.

Je suis  réveillée par des chuchotements. Dans l’obscurité, je peux reconnaître la voix de Zéphyr et de Yoake. Je ne bouge pas lorsque j’entends le jeune homme déclarer avoir peur et de ne plus savoir où il en est. Je peux comprendre son point de vue alors que l’on vient juste de débarquer dans Dreamland. En revanche, contrairement à lui, je ne ressens pas une peur insurmontable mais plutôt une certaine excitation qui semble prendre le dessus sur mes autres émotions. Cependant cela ne m’empêche pas d’être effectivement effrayée ou de voir le danger quand il est en face de moi.

Toutefois, ce qui suite est beaucoup plus intéressant. J’apprends qu’en fait Yoake n’est plus blessée grâce à Melena. Comment ? D’autres questions défilèrent dans mon esprit ne trouvant aucune réponse claire. Je ne vois même pas quand est-ce que Melena aurait pris le temps de la soigner, ni avec quoi. J’avais bien regardé la blessure de la japonaise, et je n’avais vue aucun garrots ou bandage pour arrêter le saignement. Par la suite, l’explication du comment est aussitôt donnée. Des pouvoirs provenant de pathologies. Dans ma tête, cela sonne étrange. Alors que dans le monde réel, les personnes souffrantes de maladie se retrouvent handicapées, dans le monde des songes, c’est l’inverse.

Alors suis-je pathologiquement atteinte ? Mon psychiatre tend à dire que oui, mais mon point de vue est tout autre. Enjoliver la vie n’est pas quelque chose d’handicapant. A l’exception de la fois où je me suis fait attraper par la police, là j’avoue avoir un peu abusé. Je finis par me redresser, il ne sert à rien de faire semblant de dormir, moi aussi je veux quelques réponses. J’étire mes bras et mes jambes courbaturés pour m’approcher d’une masse de forme.

- Des pouvoirs sadiques ? Je dois admettre que je n’arrive pas à comprendre le concept surtout quand on peut guérir d’autres personnes… Ça serait plutôt quelque chose d’assez génial…

Je penche la tête, me demandant bien ce qu’il y avait d’aussi horrible dans le fait d’avoir la capacité de soigner quelqu’un. Peut-être est-ce en lien avec le sang qui barbouillait le visage de Melena ? Je secoue la tête, non en fait je ne vois pas en quoi c’est deux éléments peuvent être connectés.

Ma main glisse de nouveau vers la poche de mon pantalon comme un vieux réflexe dont je ne peux me débarrasser. Evidemment, je ne trouve toujours pas de téléphone portable. Cependant, lorsque je suis dans une situation où plusieurs choses me semblent inconnues, j’ai l’habitude de farfouiller sur internet afin de mieux comprendre. Lors de notre petite escapade dans le village, je n’avais pas trop eu le temps d’y penser mais maintenant que nous sommes assis ensemble à discuter, j’ai cette impression désagréable qu’on m’a pris quelque chose de vitale pour moi.

- Bon je suppose que la question peut être idiote, mais il n’y a pas de internet à Dreamland ?

Sur le moment, l’image que je renvois m’importe peu, je veux seulement savoir si ce monde possède l’invention la plus utile qu’ait fait l’Homme. Les autres questions peuvent attendre…
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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 14 Avr - 19:13

HRP : il faudrait se mettre d’accord entre ceux d’entre nous qui décrivent la plaine comme une forêt et ceux qui la décrivent comme… une plaine (sauf si je comprends mal ?). En se basant sur la description générale de la plaine, ce sont plutôt les partisans de la surface de hautes herbes qui l’emportent.

===

Les remerciements de Yoake trottaient encore dans sa tête. Les méritait-elle ? Melena ne savait pas vraiment. Tout le monde avait accepté de se coucher, elle était alors seule avec la nuit, jouant machinalement avec sa boule à neige gagnée lors du pire Noël qu'elle avait connu. La brise nocturne glissait dans son cou, soulevant parfois sa chevelure d’encre, mais l’isolement de sa combinaison techyoïte la préservait de la température fraiche. Rien ne bougeait dans les environs. Les villageois de Quiet hill, s’ils comptaient bien poursuivre les voyageurs, étaient encore loin d’être dans les parages.  

Profitant même d’avoir du dentifrice avec une nouvelle brosse à dents, l’irlandaise s’offrit une séance d’hygiène dentaire bien en règle. Sans doute cherchait-elle aussi à oublier le goût de la chair humaine qui hantait son palais. Elle vida quasiment sa bouteille d’eau pour se rincer la bouche et se déshydrater avant de se rassoir, ses yeux cernés balayaient l’horizon pour la énième fois. Les ténèbres. Un océan de ténèbres. Elle n’utilisait pas la torche de son aînée. Déjà parce qu’elle en avait une… et puis parce qu’elle n’en avait pas besoin.

Finalement, le murmure de Zephyr la fit presque sursauter. La jeune fille se serait doutée qu’il aurait du mal à dormir, elle-même avait réduit ses heures de sommeil au minimum à Dreamland, mais elle ne pensait pas qu’il se livrerait à une telle confidence. Sans réellement le voir, elle l’observa en pencha la tête sur le côté, impassible, sans savoir comment elle allait réagir. Effectivement, il ne la connaissait pas, mais était-ce nécessaire ? Quand il avança qu’il était mort de trouille et qu’il n’était pas fait pour survivre, la nécrophobe ne put retenir un soupir.

Elle laissa planer un silence quand il eut fini. Diverses émotions se disputaient les méandres de son cerveau encore douloureux. Le rabaisser ou l’aider, lui expliquer ou l’abandonner, le soutenir ou le détruire. Que choisirait-elle ? Bizarrement, elle n’avait pas franchement envie d’être mauvaise. Yoake lui offrit un répit, se relevant à son tour pour répondre presque aussi bien qu’elle ne l’aurait fait. Ses yeux gris cherchèrent à apercevoir le visage de la japonaise, masquée par les ténèbres, puis se baissèrent quand elle fit allusion à son pouvoir nécrophage.

- Hum, fit-elle dans sa barbe.

C’était une étrange sensation de se sentir guide, repère, chef de meute. C'était à la fois un honneur et une lourde responsabilité. C'était stressant. Eva fit à son tour son entrée dans la conversation. Finalement, les voilà encore tous les quatre réveillés alors que la nuit continuait à se dérouler, paisible. Il devait bien être près de 3h du matin.

- Dans certaines régions, il doit y avoir quelque chose qui s’apparente à internet oui, concèda l’irlandaise.

Sa tête s’enfouit quelques secondes dans ses épaules frêles avant qu’elle ne se redresse. Son humeur teigneuse était passée : ses trois compagnons avaient été comme « baptisés » par Quiet hill, et puis elle était épuisée. Son corps frémissait de lassitude. Heureusement, personne ne pouvait voir le poids de la tristesse qui menaçait de faire voler en éclat l’armure glacée de ses yeux d'orage. Quand elle rouvrit la bouche, sa voix était basse, fragile, chargée de confidences.

- Dis Zephyr… tu trouves que j’ai l’air d’être « taillée pour ça » ? Que je m’éclate quand je dois… tuer des gens ? elle prit une grande respiration, j’ai 17 ans, j’étais une adolescente londonienne absolument normale avant d’arriver ici. Je souffre jusque de ce que les psy appelle une « peur phobique de la mort »… même dans la vie de tous les jours, je pouvais faire des crises assez incontrôlables. Je devais simplement voir un spécialiste pour un test pendant mes vacances à San Francisco et je me retrouve à Dreamland…

Elle renversa machinalement sa boule à neige, observant sans les voir les flocons qui devaient flotter à l’intérieur.

- Je devrais pas dire que tous les gens comme nous ont une vie de merde ici… mais disons que quand tu n’as pas de chance, ça peut être pire que tout. Moi, je n’ai pas eu de chance, trancha-t-elle, Et quand tu es dans ce cas là et bien… tu apprends à faire ce qu’il faut pour ne pas te faire tuer. Parce que même si on est dans le monde des rêves, tu peux mourir ici… et dans l’autre monde, tu ne te réveilles jamais.

Une chouette hulula au loin. Melena crut voir sa silhouette se détacher quelque part dans le ciel noir. Elle se mordit la lèvre inférieure avant de reprendre, lentement, sur la même fragilité qu’on n’attendrait pas de la meurtrière qui s’était exprimée chez les cannibales.

- Tout ce que tu as besoin de savoir de moi, c’est que je suis une personne normale qui a été obligée de faire des choses horribles pour s’en sortir… des choses bien pires que ce qui s’est passé à Quiet hill... des choses que je ne me pardonnerai jamais.

Sa voix s’était brisée. Elle revit le visage de sa mère, inchangée, préservée. Depuis Freedoom, son cœur ressassait en boucle cet épisode atroce, cette entrevue si intense et si cruelle. Aurait-elle pu faire quelque chose pour déroger à la règle ? Pour désobéir à sa génitrice ? Pour la sauver ? La culpabilité était le pire des poisons. Même quand les voix fantomatiques qui la hantaient se taisaient, elle se revoyait briser la nuque de sa mère avec ses pouvoirs. Encore. Et encore. Elle tremblait. Afin de reprendre contenance, elle prit une grande inspiration et reprit son discours en essayant d’adopter un ton neutre, mais sa gorge était nouée :

- Effectivement, les voyageurs ont tendance à avoir des pouvoirs qui se concentrent autour d’un trait prépondérant de leur psychologie. Pour les gens qui souffrent de pathologies, ils se développent en sens inverse, comme pour nous forcer à affronter notre problème. C’est pour ça que sans trop savoir « comment », des psy obtiennent des résultats avec l’hypnose.

Partant de là, Melena ne tarit plus. Comme si chaque mot était une libération, elle parla des différentes façons de venir à Dreamland, des moyens – incertains –  de se réveiller, des villes hostiles comme Elipse et celles plus accueillantes comme Gloutoniskaïa. Elle évoqua les 7 tours et leurs gardiens délurés – sans entrer dans le détail de son histoire –, le Marchand de sable, entité suprême qui cherche l’extermination des voyageurs à défaut de pouvoir les chasser. L’irlandaise ne put s’empêcher de citer Jade bien sûr, l’amie sans laquelle elle ne serait pas là. Elle raconta brièvement qu’elles avaient rendu la vie dur au personnel du Colisée de Sextus, qu’elles avaient traversé seule la moitié d’un continent à pieds et en stop, qu’elles avaient dû apprendre tout ce qu’elle savait sur le tas. Au final, quand elle se tut, ses comparses devaient se sentir soûl d’informations.

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Dernière édition par Melena Autumn le Mer 15 Avr - 5:16, édité 1 fois
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 14 Avr - 21:54

[HRP: un peu long mais j'avais envie de m'amuser un peu. N'hésitez pas à me prendre pour un cinglé qui parle tout seul xD]

Yoake vint rapidement les rejoindre. Et finalement la réaction de Melena trouva une réponse logique. Elle n'avait pas fait ça pour elle … mais pour la japonaise. Elle avait prit sur elle de manger un cadavre pour soigner son amie... Zephyr eut soudain honte d'avoir douté ainsi d'elle.

Lorsque la jeune femme eut terminé de lui faire un topo sur leurs pouvoir, il commença à vraiment s'interroger sur le sien. Il était évident qu'il devait en posséder un puisqu'il avait une pathologie … il avait ineffablement peur des serpents … et de tout ce qui s'en approchait de prêt ou de loin. En fait tout ce qui pouvait porter des écailles (sauf les poissons … encore heureux). Il s'imagina soudain qu'il lui poussait une queue reptilienne ou même une langue bifide. Un frisson lui parcouru le dos à cette pensée dérangeante. Il semblait que les pouvoir soient déclenchés volontairement, il n'y avait donc trop rien à craindre de ce côté là. Mais dans ce cas, quel pouvait bien être son pouvoir ?

Avant qu'il n'ai eut le temps de répondre quoi que ce soit, Eva se joignit à la conversation. Finalement, dormir semblait hors de porté de tout le monde. La jeune femme sembla très enthousiaste à l'idée de posséder un pouvoir. Il était vrai que dans le monde réel, avoir un don comme les x-men était un doux rêve que beaucoup faisaient … enfants comme adultes d'ailleurs. Mais si le prix à payer pour posséder un tel pouvoir était de se retrouver en enfer … littéralement …
Zephyr n'était pas vraiment sur d'en avoir envie tout compte fait.

Une question étrange fut alors posée. Internet ? Qui penserait à naviguer sur le net dans une situation pareille ? Internet était un luxe qu'on ne pouvait s'offrir que lorsqu'on était en sécurité et qu'on avait du temps à y consacrer. Ici, il semblait que le temps n'était consacré qu'à la survie et rien d'autre. Se laissant aller à sourire, il se dit que malgré le lieu et la situation, Eva restait naturelle. Et ce n'était pas si mal au fond. Le plus étrange fut d'entendre qu'internet existait bel et bien ici. Enfin en quelque sorte. Jamais il n'aurait imaginé ça.

Cependant, son sourire s'effaça rapidement lorsque Melena lui exposa tout un pan de sa vie. Elle parlait en essayant de ne pas laisser transparaître d’émotion mais c'était inévitable. Au fur et à mesure qu'elle parlait, l'herpétophobe se sentait de plus en plus mal de l'avoir si hâtivement jugé.
Ensuite, l'entendre dire qu'on pouvait bel et bien mourir ici... comme une sorte de mort cérébrale... Ce n'était pas très encourageant.

Lorsqu'elle eut terminé de parler, il n'avait plus qu'une envie ; l'enserrer dans ses bras façon gros câlin. Mais il se dit que ce n'était peut-être pas la chose la plus judicieuse à faire. Au lieu de ça, il murmura simplement :

« Je suis désolé. J'étais loin de m'imaginer … Tu as l'air tellement à l'aise ici qu'on n'imagine pas tout ce que tu as dut traverser pour en arriver là. Je suppose qu'on en arrive tous là un jour. Je veux dire, si on est coincés dans ce monde de cauchemar, tôt ou tard on en arrive à faire des choses extrêmes pour rester en vie... »

Repensant à ce qu'avait dut faire Yoake pour le sauver, il ajouta :

« D'ailleurs... Yoake … je n'ai pas vraiment eut l'occasion de te remercier pour … enfin tu vois quoi. Si tu n'avais pas réagit aussi vite vous ne seriez plus que trois à vous mouiller les fesses dans l'herbe. J'ai une dette envers toi. »

Il tenta de la regarder mais il ne distingua qu'une ombre au milieu des ombres. Elle qui avait une peur incontrôlable du sang, elle avait quand même tué une femme pour lui sauver la vie. Si elle-même avait été aux prises avec un serpent géant, il n'était pas certain qu'il aurait put réagir si promptement pour la sauver.

Toujours en tailleur dans l'herbe, il posa ses mains derrière lui pour s'appuyer et soulager son dos voûté par sa position. C'est alors qu'il le sentit. Quelque chose s'était insinué sous son tee-shirt et commençait à s'enrouler autour de son torse, remontant lentement vers sa nuque. C'était à la fois doux et froid et Zephyr n'eut pas à réfléchir longtemps avant de comprendre. Tout son corps se tétanisa. Figé, il osait à peine respirer. Tiraillé entre l'envie de hurler, de bondir pour retirer ce monstre de sous son tee-shirt, et l'idée que s'il bougeait il se ferait mordre encore et encore jusqu'à ce qu'il finisse par mourir sous le coup du poison, il ne put que rester immobile, totalement pétrifié.
Il douta que les filles se soient aperçut de quoi que ce soit dans le noir. N'ayant pas émit le moindre bruit, comment auraient-elle put deviner.

Alors qu'il sentait la bête monter de plus en plus le long de sa colonne vertébrale, il ne put retenir un petit gémissement paniqué. Stimulé par le son de panique qu'il venait de produire, il faillit céder à ses pulsion et se lever précipitamment pour retirer ses fringues en hurlant. Mais il se fit violence pour ne pas bouger. Sans trop savoir pourquoi, il se mit à murmurer frénétiquement, les dents serrées et les yeux clos :

« va t'en va t'en va t'en va t'en va t'en !!!!!!!! »

Et alors qu'il se mettait à trembler convulsivement en sentant la queue du reptile lui frôler le bas du dos, il entendit une petit voix sifflante lui répondre.

« Pourquoi voudrais-tu que je m'en aille sss ? Il fait sssi chaud isssi. Et il fait sssi froid dehors. »

Zephyr cessa de trembler. Ayant presque oublié qu'un serpent lui grimpait le long du dos, son esprit tentait de comprendre ce qui était en train de se passer. Une voix venait de répondre à ses suppliques. Les filles avaient-elles aussi entendu cette voix ? Cela dit, rien ne semblait les avoir surprises et, au fond de lui, il en arriva à une conclusion hallucinante. C'était le serpent lui-même qui venait de répondre. Il allait se demander comment c''était possible mais aussitôt il se dit « on est à dreamland ... ». Avec cette phrase, tout devenait normal.
De nouveau la voix du reptile s'éleva, douce et suave :

« J'ai froid sss. Et j'ai faim sss. Tu es trop gros je ne peux pas te manger. Alors tu dois me réchauffer sss ... »

Alors qu'il disait cela, le reptile avait atteint le coup de l'herpétophobe qui, n'y tenant plus se leva d'un bond et leva les mains en l'air pour s’empêcher d'attraper le serpent et de l'envoyer au loin, au risque de se faire mordre.

« Aaaaaah !!! avait t-il crié en se levant. Va t'en de là ! »

« Non » entendit t-il simplement.

Prit au dépourvu par cette réponse si spontanée, il resta un moment immobile sans trop savoir quoi faire. Il en avait oublié jusqu'à la présence des trois filles qui devaient certainement le regarder comme s'il avait perdu la raison. Le serpent redescendait maintenant vers son bras droit et, les dents serrés, il luttait pour ne plus bouger. Ses muscles, tellement contractés, n'auraient pas bougés si quelqu'un avait essayé de lui casser une planche dessus. Il n'était plus qu'une boule de nerfs et de tendons immobiles. Il resta ainsi plusieurs secondes, sentant le reptiles se balader le long de son bras. A un moment, il cru qu'il s'y était habitué mais la tête du serpent dépassa soudain de sous sa manche. Il était petit. Alors qu'il s'était imaginé un monstre de plusieurs mètres de long pour une envergure énorme, le serpent ne devait pas être plus épais que son index. Une petite langue roses darda de sa gueule close et Zephyr ne put se retenir plus longtemps.
Il hurla tout en secouant son bras pour l'envoyer valdinguer au loin. Mais celui-ci était si bien entortillé autour de son bras qu'il ne bougea pas d'un pouce.

« Enlevez-moi ça ! Enlevez-moi ça !!!!!! » Se mit-il à hurler comme un dément possédé tout en sautillant sur place.

« Arrête sssa ! Sssi tu continue je te mords !!! »

Zephyr se figea de nouveau. La perspective de se faire mordre l'enchantait encore moins que de sentir les écailles froides du reptile contre sa peau. Tendant son bras le plus loin possible de lui, il suplia l'animal sans oser le regarder :

« S'il te plaît, descend. » Dans sa bouche, sa langue lui parut étrange. Il ne l'avait pas remarqué avant, trop paniqué qu'il était. La faisant passer contre ses dents à l'intérieur de sa bouche, il en eut la certitude. Quelque chose clochait avec sa langue. Mais il n'aurait pas sur dire quoi. Finalement, le serpent se laissa glisser à terre et commença à s'éloigner.

« Très bien. Tu gigote trop de toute fassson. »

Après le départ du reptile, Zephyr resta quelque seconde immobile. Sa respiration était saccadée et son cœur battait si vite et si fort contre ses côtes qu'on aurait dit un animal furieux cherchant à s’échapper de sa cage. Il ne parvenait pas à croire ce qu'il venait de se passer. Il venait de parler avec un serpent ! Rien que ça ! Si c'était ça son pouvoir, il y avait peut de chance qu'il l'utilise souvent. Car les seules fois où il croisait un reptile, il s'en éloignait aussi vite que si c'était la peste.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 16 Avr - 10:51

Au final Alicia les rejoignit, il s'agissait pour tous les trois de leur première nuit à Dreamland. Pouvaient-ils dormir comme si rien ne s'était passé à Quiet Hill ? Ainsi, ils étaient là tous les quatre à parler de leurs impressions réciproques, il ne manquerait plus qu'un feu et des chamallows, mais la Japonaise n'oubliait pas l'endroit qu'il venait de quitter à ça non, c'est sûr, ils ne l'oublieraient jamais. Quiet Hill, Elipse des villes qu'elle avait noté en rouge dans son esprit sûr qu'elle éviterait à tout prix d'y retourner.

Alicia parla de guérir les personnes et Yoake frissonna, il y avait plusieurs façons de guérir des personnes ici, il y avait la plus longue et la moins efficace celle que Yoake connaissait si bien pour savoir qu'un petit bobo avec elle durait des mois de soin intensif, et il y en avait d'autre grâce à la magie, quelque chose de plus réactif, dans un sens, c'était plaisant d'être soigné en une second chrono... Mais pas à ce prix. Manger de la chair... Melena avait dû beaucoup prendre sur elle pour la soigner. Si Yoake avait un jour ce pouvoir pourrait-elle boire du sang. L'envie de vomir de la Japonaise se fit plus fort aussi se concentra-t-elle sur les paroles de la mythomane.

Internet... ? Pourquoi pas, mais pour le moment Yoake n'en trouvait pas l'utilité ou si : pouvait-elle commander des vêtements en ligne ? Si la livraison était sur la plaine dans les minutes à suivre Yoake n'aurait clairement pas dit non.

Melena, alors, se mit à parler plus franchement, 17ans... Décidément, il était si facile d'oublier son âge quand on la regardait. La Japonaise se sentait minuscule à côté de la thanatophobe bien qu'elle est cinq ans de plus.

La thanatophobe parlait librement pour le plus grand bonheur de l'hématophobe grâce à ça, ils avaient désormais toute les cartes en main pour survivre. Elle mémorisa chaque détail de ce que racontait sa coéquipière, et particulièrement le système de tours, et les villes plus ou moins accueillantes.

Bien sûr, elle ne parla pas des pires moments qui l'avaient transformé, mais Yoake savait que c'était des choses trop intimes pour être raconté comme ça et dans un sens l'hématophobe savait déjà le principal, c'était quelque chose d'horrible qui aurait pu arriver à n'importe qu'elle voyageurs, pourvu qu'elle arrive à éviter ce genre de chose inimaginable.

Melena conclus son monologue par Jade et le trio restèrent un moment silencieux, le temps qu'il fallait à Yoake pour digérer toutes ces informations.

Zephyr prit finalement la parole, Melena avait réussi en parlant de sa propre expérience à calmer sa peur incontrôlable de l'inconnue. La Japonaise se permit même un petit sourire, cela ne dura pas, car Zephyr lui parlait finalement de ce qu'elle avait fait et la remercia même...

D'un côté, elle était contente qu'il ne la traite pas comme une meurtrière, mais comme une sauveteuse, mais d'un autre côté, il n'y avait rien de glorieux dans ce qu'elle avait fait, elle avait juste prit une vie rien de plus. Avant de répondre, elle tenta de se reprendre, mais c'était peine perdu.

- C'est bon ne me parle pas de dettes, je voulais qu'on s'en sorte tous les quatre... J'ai... J'ai agi par instinct.

Et ça ne sera surement pas la dernière fois, si un nouveau danger guettait le quarto Yoake était sûr qu'elle agirait en conséquence et tout ça malgré sa phobie compulsive qui finirait bien par la rendre folle... Après tout le sang qui trempait ses vêtements ne sera surement pas le seul.

Afin de calmer sa phobie compulsive, elle réfléchit rapidement à ce qu'elle comptait faire se reposer ? La fatigue était toujours présente, mais ils n'étaient qu'au début de leurs fuites. Est-ce que maintenant, ça irait mieux ? Pas sûr, mais elle pouvait toujours essayer. Elle demanda :

- Melena, tu penses qu'on peut rester combien de temps immobile ? Si on repart maintenant l'obscurité nous cacherait non ? Autant essayer de trouver un endroit plus à l'abri pour reprendre des forces pendant la journée ? Le top, ça serait un endroit qu'ils ne peuvent pas atteindre avec leurs voitures, comme un ensemble de bois ou de cailloux ?

Finalement, elle se surprit à proposer l'opposé de ce que son corps souhaitait peut-être que c'était son instinct de survie qui prenait le dessus.

La Japonaise n'eut pas le loisir de poursuivre sa réflexion. Zephyr venait de pousser un gémissement inquiétant, Yoake se leva immédiatement l'obscurité l'empêcha de voir ce qui se passait. Le silence inquiétant qui s'en suivit ne rassura pas l'hématophobe :

- Zephyr ?!

Il se leva soudain et se mit à crier ou plutôt à siffler de peur... La Japonaise frissona en entendant se sifflement puissant c'était comme s'il s'adressait à quelqu'un et cette peur, Yoake ne mit pas longtemps à la reconnaître. Elle s'adressa alors aux autres :

- il doit y avoir un serpent. Il faut qu'on le lui enlève! ces sifflements... vous croyez que ça fait partit de son pouvoir?

La japonaise n'aimait pas particulièrement ce genre de bête rampante et n'en avait encore jamais touché, elle ne s'était même pas fait mordre, mais moins elle en voyait mieux c'était aussi malgrés son inquiétude pour Zephyr, elle ne fit aucun geste pour enlever le serpent.

Les sifflement de Zephyr se firent plus appuyées, ses yeux agrandit de terreur décidèrent la japonaise à avancer de quelques pas, mais trop tard l'herpétophobe avait céssée de siffler comme si le serpent en question avait fuit devant les sifflement de Zephyr. la Japonaise s'approcha de lui et souleva son menton pour pouvoir poser ses yeux sombres dans son regard :

- Zephyr ?! Le serpent est parti, c'est bon, on est là. Est... Est-ce qu'il t'a mordu ?

Pour seule réponse, la langue fourchue de l'herpetophobe sortit de sa bouche chatouillant au passage la joue de l'hematophobe. Cette dernière tenta de se retenir de crier :

-Oh non...

Surement une autre partie de son pouvoir, mais Yoake garda ça pour elle pour le moment, inutile d'inquiéter Zephyr alors qu'il était déjà en pleine crise. Elle décida donc d'attendre qu'il se remette pour lui en parler.

- Zephyr... Je ne t'ai pas sauvé pour que tu te fasses mordre ensuite... S'il te plaît revient à toi.

Elle maudissait l'obscurité qui l'empêchait de voir s'il s'était fait mordre ou non sans s'inquiéter plus que ça de la nature de son pouvoir après tout, il avait la langue... Il pouvait très bien avoir les dents aussi.

***


HJ : je suis parti du principe qu'on comprenait ce que Zephyr disait contrairement au fourchelang d'Harry potter j'espère que c'est bon. Sinon je peux modifier. Melena, tu peux me donner mon couteau suisse dans ton prochain message ? Merci
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 16 Avr - 21:30

Agréablement surprise de savoir qu’internet ne soit pas une chose impossible dans ce monde, je suis d’autant plus étonnée lorsque la voix de Melena continue de nous décrire Dreamland en détail. Après quelques gestes de tâtonnement, je m’installe aux milieux des hautes herbes pour me rapprocher du groupe afin de mieux écouter les différentes explications. Le discours de la jeune femme est bien plus long que d’accoutume, elle qui a l’habitude de nous balancer des répliques cinglantes ou encore de ne pas nous répondre. Alors, je me tais profitant de ce moment pour emmagasiner le plus de connaissances possibles. Je n’ai même pas besoin de voir le visage de Melena pour comprendre que tout cela fait remonter des souvenirs douloureux. En seulement une nuit, nous avions été enfermés par des cannibales et par la suite, il nous a fallu brûler tout un bâtiment pour fuir. Alors passer des jours ou même des mois, cela ne doit pas vous laisser intact.

L’histoire des sept tours me fait cependant tilter. L’Avarice, la Paresse, la Luxure, l’Envie, la Colère, l’Orgueil et la Gourmandise sont les noms pour désigner chacune des tours dispersées dans tout Dreamland. Sept péchés capitaux. J’ai de la mémoire et je suis loin d’être idiote. Alors que Melena nous met en garde sur chacun des gardiens, je ne peux m’empêcher de me souvenir de la fois où cette dernière s’était changée pour arborer sa robe de mariée. Alors que Zéphyr tournait le dos pour respecter la pudeur de la brune et que Yoake semblait se sentir mal, moi j’avais bien observé. Attention, je ne suis pas adepte du voyeurisme mais son corps était tellement recouvert de cicatrice qu’il me fut difficile de l’ignorer. Tout comme son tatouage, un crâne avec « sloth » inscrit dessus. Je ne sais pas ce que ça signifie mais il devait y avoir un lien avec la tour de la Paresse. Je ne pense pas que cela soit une coïncidence, pas dans ce monde où même le marchand de sable existe.

Cependant, je décide de garder cela pour moi. De toutes façon, je ne me sens pas d’interrompre Melena alors que pour une fois, elle prend le temps de nous expliquer.

La tête tournée vers l’horizon, je souris en entendant Zéphyr remercier la japonaise de nous avoir sauvé de la méchante femme. Cependant, un mouvement brusque vient perturber ce moment de calme.

- Qu’est-ce que…

Je ne finis pas ma phrase m’étant retournée pour voir le brun debout, l’air complétement désemparé. Fronçant les sourcils, je ne comprends pas la situation de suite. Je recule me demandant d’où vient le danger parmi toutes ces ombres. Un instant, la peur refait surface à la pensée que les habitants de Quiet Hills nous ont déjà retrouvés. Toutefois, ne voyant pas d’homme armé surgir des hautes herbes, je me dis que le danger est ailleurs. Alors que le jeune homme tremble, j’entendis comme un sifflotement. Il me faut quelques secondes pour reconnaître la voix de Zéphyr dont les cordes vocales ont dû être modifiées pour arriver à faire un tel son. Muette, je reste immobile sans savoir quoi faire.
C’est Yoake qui, s’avançant, fait remarquer qu’un serpent doit être la cause de tout cela.

Immédiatement, mon réflexe est de vérifier mes pieds pour être sûre qu’aucune bête sauvage soit entrain de venir vers moi. J’avoue ne pas être une grande fan de ces petits reptiles, je suis donc soulagée de voir qu’il n’y a que des herbes et certainement quelques insectes autour de moi. Mon regard se pose de nouveau sur Zéphyr, immobile et la respiration irrégulière comme si il avait fait un sprint juste à l’instant.  Une frayeur incommensurable avait dû le prendre pour qu’il soit dans cette état-là comme si Zéphyr avait vu la mort en voyant le petit serpent.

Oui, il devait avoir la phobie de ces animaux au sang-froid, tout comme Yoake du sang et Melena de la mort. Merde, et moi qui ne suis pas phobique… Est-ce que cela veut dire que je n’aurais pas de pouvoir ? Parce que même pouvoir parler le fourchelangue avec Voldy-face, je trouve ça plutôt cool.

Je dois l’admettre, sur le moment, je ne me sens pas préoccupée par la santé de Zéphyr mais plus par le fait qu’il y a de forte chance que je ne sois qu’un simple voyageur ordinaire. Pourquoi les autres et pas moi ?! C’est toujours la même chose, moi je n’ai droit à rien si ce n’est une vie moyenne avec des parents moyens, des notes moyennes ou encore des amis moyens. J’aurais tout fait pour avoir le type de capacité qu’a Zéphyr. J’en ai rien à foutre qu’il faille affronter la pire peur de notre vie.

*Calme toi Alicia*

Pour une fois, je suis heureuse que la nuit dissimule mon expression colérique. Ils n’ont pas besoin de savoir que je suis en rogne, cela ne correspond pas avec l’image de la douce et gentille Eva. Je prends une inspiration calme, puis deux afin d’enfouir cet émotion le plus loin possible dans mon cœur.

Très bien. Si je n‘ai pas de pouvoir, je peux toujours faire croire que je suis quelqu’un au passé intéressant. Il ne me faut qu’une demi-seconde pour me construire une nouvelle et merveilleuse vie.

Me tenant parfaitement droite, je penche la tête, le visage désolé de ce qu’il vient de se passer. Même si personne ne peut me voir réellement, je trouve toujours important de faire parler le corps avant la voix. J’avais appris ça dans un cours de théâtre. Si tu veux faire transparaître tes émotions (qu’elle soit fausse ou vrai), c’est le corps qu’il faut travailler avant tout car c’est de là que ressort notre voix. C’est ainsi, que faussement inquiéte je lance :

- Tout va bien Zéphyr ?

Je prends une pause pour lui laisser le temps de me répondre.

- Je crois qu’au moins nous n’aurons plus de surprise de ce côté-là… Je n’ai pas de pathologie particulière. En fait, je suis étudiante en psychologie et c’est en tentant une expérience que je me suis retrouvée ici…

Je baisse la tête comme coupable d’avoir commis quelque chose de stupide. Je ne rajoute rien d’autre, de toute façon il n’y a rien d’autre à ajouter, un vrai mensonge se crée petit à petit. Si on révèle trop de chose invraisemblable d’un seul coup, cela paraîtra beaucoup moins véridique. Et puis, je n’ai pas envie qu’ils découvrent que c’était parce que j’avais été arrêtée par la police pour canular que je me retrouve ici.

C’est vraiment loin d’être la classe.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 16 Avr - 23:54

Zephyr ne devait pas se rendre compte de sa maladresse. Ou bien il ne comprenait simplement pas. Que ce n’était pas forcément normal de traverser ce qu’elle avait traversé, que ce n’était pas bienvenu de remercier Yoake d’un geste qui l’avait traumatisée. Est-ce que l’expérience à Dreamland s’acquérait par la folie et l’horreur ? L’irlandaise était convaincue que non. Elle avait pris ce chemin parce qu’elle n’avait pas eu le choix… depuis l’exil du Marchand de sable, sa vie lui glissait entre les doigts et désormais, il ne restait que quelques lambeaux accrochés à ses ongles. Melena Autumn n’avait plus aucun avenir.

Ses compagnons ne le savaient pas, mais ils n’avaient qu’à se réveiller et s’intéresser un peu aux infos pour savoir que leur « meneuse » était recensée depuis peu comme l’une des plus dangereuses menaces de Californie. On attribuait, à elle et Jade, plus d’une vingtaine de morts et quelques blessés, tous dans le corps policier. Les autorités étaient à cran et ne leur laisseraient aucune chance. Ce souvenir fût comme une lance au travers du cœur de l’adolescente, comme si elle avait oublié la réelle portée de sa situation.

Alors qu’elle restait silencieuse, les yeux dans le vague, la japonaise lui demandait s’il ne valait mieux pas bouger tout de suite et se reposer pendant la journée. Melena souleva un sourcil. Perdre une journée de marche ? Hors de question. Ils étaient de toute façon en sécurité ici, suffisamment loin de Quiet hill pour les heures qui venaient. Pourquoi tâtonner pendant encore des heures pour faire ce qu’ils pouvaient faire de suite ?

- J’ai dit tout à l’heure que je pense qu’on est tranquille au moins jusqu’au matin. En tout cas, je doute que ce soit nos vieux amis cannibales qui nous causent des ennuis d’ici là…

Et effectivement, le danger vint du sol. Des sifflements étranges se firent entendre, très proche. La jeune fille sursauta, scrutant l’herbe plongée dans la pénombre en craignait y voir ramper un serpent, mais elle réalisa bientôt que le responsable de cette parodie de Harry Potter… c’était Zephyr. Quand Yoake demanda s’il s’agissait d’un pouvoir, elle hocha la tête, comme si plus rien ne l’impressionnait :

- Il parle fourchelang…, constata-t-elle d’une voix presque blasée.

Devait-elle faire quelque chose ? Après tout on était à Dreamland, aucun moyen de savoir si cet animal n’était pas doté d’un venin fulgurant de type mortel ou qui faisait pousser des verrues roses sur le nez. Ceci dit, les hurlements du seul mâle du groupe ressemblaient plutôt à des exclamations de terreur que de douleur… donc il n’avait pas mal, donc il s’en sortirait. Le métier devait bien entrer. En fait dans un sens, voir l’ombre de Zephyr s’agiter toute seule pour se débarrasser de son envahisseur était presque comique. Mais l’adolescente avait perdu le goût de rire.  

Après avoir autant parlé, la fatigue retombait lourdement sur ses épaules. Puisque Yoake et Eva s’inquiétaient du sort de l’herpétophobe, l’irlandaise ne se sentit pas obligée d’y mettre du sien. Elle s’était levée une fois le reptile éloignée et ressortait le couteau-suisse récupéré sur le cadavre de ses affaires. Il était encore tâché de sang malheureusement, mais elle savait que son amie en ferait meilleur usage qu’elle.

- Tiens, dit-elle à la japonaise après lui avoir tapoté le bras, je te laisse ça, on pourra en avoir besoin. Et tiens, enchaîna-t-elle avec la blondinette en lui rendant sa torche.

La cadette du groupe raconta alors que si elle était ici, c’était à cause d’une expérience de psychologie. Melena ne savait pas si elle était impressionnée par le résultat ou stupéfaite par le nombre de personnes qui s’étaient décidées à apprendre cette technique d’hypnose.

- Tu étudies le travail du Dr Parkinson non ? demanda-t-elle d’une voix lasse, je crois que ça a été un des premiers à utiliser « la » technique soi-disant thérapeutique qui, en fait, envoie les gens à Dreamland…

Alors qu’elle parlait, elle sortit sa couverture de survie et s’allongea à côté de sa hotte en prenant la précaution d’avoir avec elle sa couronne de méduse. Si jamais il y avait un souci et qu’il fallait réagir vite, elle n’aurait pas le temps de fouiller son barda.

- Tu dois connaître un peu de théorie sur le sujet, supposa-t-elle en baillant, ce serait cool si tu pouvais m’en parler un peu demain… enfin tout à l’heure. Là j’avoue que je suis crevée, je n’enregistrerai rien… vous pouvez continuer à discuter, n’oubliez pas les tours de garde. On partira tôt d’ici. Déjà pour s’éloigner encore plus de Quiet hill, mais aussi parce que j’ai un rendez-vous moi… Oh oui, et rien ne la ferait dévier de sa route, si tu as froid on peut toujours partager ma couverture Yoake.  

Son esprit flâna quelques minutes. Sans savoir pourquoi, elle ressentait une espèce d’excitation enfantine à l’idée qu’Eva puisse lui parler de la technique de Parkinson. Elle devait bien savoir sur quelles théories se basaient ses travaux ? La raison qui l’a poussé à expérimenter ce type d’hypnose ? C’était peut-être une piste pour comprendre ce qui poussait les âmes à passer la frontière entre les mondes et ça l’intéressait.

Ensuite, elle songea à Jade. Sa main dans la sienne, son rite communicatif, son étreinte amical, sa douceur. Etrange comme personne ne lui arrivait à la cheville ; comme l’irlandaise se sentait seule sans sa meilleure amie, alors qu’elle était entourée. Elle revit le baiser qu’elles s’étaient échangée à Sextus, pour leurrer les gladiateurs. Personne ne put voir qu’elle rougit sous sa couverture, le visage masqué par une masse de cheveux noirs. « Tu me manques » songea Melena avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 17 Avr - 13:31

Yoake fut la première à intervenir. Alors qu'il cherchait le meilleur moyen de se calmer, elle s'approcha de lui en tentant de le rassurer. Alors qu'il plongeait son regard dans celui de la japonaise dans lequel se reflétait l'éclat de la lune, il sentit les battements de son cœur ralentir un peu. Il n'y avait plus rien pour l'effrayer à présent et il redevenait maître de lui même.

« C'est bon » murmura t-il simplement.
Sans trop comprendre pourquoi, Yoake sembla encore plus inquiète. Elle pensait sûrement qu'il avait été mordu mais ça n'avait pas été le cas. Le serpent l'avait prévenu avant. D'une certaine manière, son pouvoir avait un certain sens pratique. Mais d'un autre côté, entendre cette voix suave et sifflante lui dire qu'il allait se faire mordre... ça n'avait rien de rassurant.

Dans sa bouche, quelque chose l'avait gêné durant tout ce temps sans trop savoir ce que c'était. Mais cette sensation étrange disparut aussi vite qu'elle était apparue. Certainement un contrecoup de son pouvoir. Repassant sa langue sur ses dents à l'intérieur de sa bouche, il constata que tout était normal et préféra ne plus penser à l'incident. Parce que repenser à ce serpent cela aurait été comme l'avoir à nouveau en face de lui et il n'en avait pas la moindre envie.

« C'est bon, je vais bien. Pas de quoi en faire un drame... »
Il n'avait pas voulu laisser transparaître de colère dans sa voix mais c'était peine perdue. Intérieurement, il fulminait. Contre le reptile, contre Yoake et Eva pourtant si prévenantes...  Dans le monde réel, lorsqu'il pétait les plombs face à un de ces trucs, ses potes se marraient, prenaient la chose à la légère et ,même si c'était frustrant sur le moment, c'était plus facile que de paraître si faible face à ces nouvelles amies. Jamais il ne s'était sentit aussi pitoyable de toute sa vie, bien que cette crise n'ai pas été la plus grosse qu'il ai eut.

Laissant Melena et Eva à leur conversation, il se rassit dans l'herbe sans prononcer le moindre mot. S'il avait du répondre à qui que ce soit à cet instant, ç’aurait été d'un ton acerbe. Ce qu'il aurait regretté par la suite. Finalement, Melena se coucha, emmitouflée dans une couverture qu'elle proposa à Yoake de partager. C'était au tour d'Eva de veiller.

Assis en tailleur, il ne tenta même pas de s'allonger. Son esprit bouillait de trop d'émotions contradictoires pour pouvoir trouver le sommeil. Faisant dos au reste du groupe, le regard plongé dans le vide, il essayait de remettre de l'ordre dans ses idées. Il était en colère. Ça c'était une certitude. Mais alors qu'il avait tout d'abord dirigé cette colère contre les filles, il comprit qu'il n'était en colère que contre lui-même. Il aurait sans doute eut la même réaction si elles avaient été à sa place et il ne pouvait pas leur en vouloir de s'être inquiété. Réagir ainsi à chaque fois qu'un reptile l'approchait, c'était ridicule. Il le savait. Autant avoir peur du sang ou de la mort étaient des réactions compréhensibles, autant avoir peur d'un espèce de lombric écailleux était juste pathétique.

La mâchoire crispée et les sourcils froncés, il attrapa un brin d'herbe devant lui et s'employa à le briser en une multitudes de tout petits morceaux. Il recommença avec un autre, puis encore un autre tout en réfléchissant à un moyen de ne plus avoir peur à ce point. Mais n'était-ce pas justement pour cette raison qu'il avait été voir le Marabout ? Pour se débarrasser de cette peur incommensurable ? Pour le moment, ce n'était pas une grande réussite. Il n'était parvenu qu'à se ridiculiser. Certes, il pouvait maintenant communiquer avec l'objet de sa frayeur. Mais à quoi bon ?

Dans son dos, Eva montait la garde. Il savait qu'il avait peu de chance d'y parvenir, mais il décida tout de même de s'allonger et d'essayer de dormir. Sans se retourner, il murmura:
"Réveille-moi quand tu voudras dormir Eva. Je prendrais le relais."
Comme il y avait peu de chance qu'il trouve le sommeil, il garda tout d'abord les yeux grands ouverts, laissant ses pensées le tourmenter encore un peu. Puis, petit à petit, il sentit le poids de cette soirée le rattraper et un véritable épuisement l'envahir. Et sans même s'en rendre compte, il fini par s'assoupir. Recroquevillé dans l'herbe froide et humide, sa respiration se fit plus calme et régulière.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Sam 18 Avr - 18:28

Yoake regarda le couteau suisse que lui tendait Melena , il était taché de sang. Elle tendit une main tremblante pour le saisir et le serra un moment contre sa paume, c’était l’arme correspondant à son meurtre, le garder n’était pas une mauvaise idée, elle pourrait ainsi se défendre, mais aussi se souvenir de ce qu’elle avait fait et peut être que la prochaine fois, elle s’arrêterait avant de passer à l’acte.

Melena se retourna tout de suite vers Alicia pour parler psychologie et hypnose, des sujets qui auraient pu intéresser la japonaise, mais Zephyr commençait à reprendre ses esprits. L’hématophobe posa ses yeux sombre sur le seul homme de l’équipe, ce dernier semblait s’être muré dans sa colère, sa voix froide la choqua, ne pas en faire un drame ? La phobie en elle-même en était un, mais l’herpethophobe avait raison, elle était en train de le traiter comme un gamin. S’il s’était fait mordre, elle l’aurait su.

Pourquoi faisait-elle ça ? Surement pour se rendre utile, mais pas uniquement. A San Francisco, elle n’avait jamais pris le temps de connaitre d’autre personne phobique, Pourtant sa psychiatre lui avait déjà conseillé de le faire. Que s’entraider permettait parfois de guérir plus rapidement. Mais la nippone n’avait jamais osé et était restée seule, après tout, elle avait toujours compté uniquement sur elle jusque-là.

A présent, il y avait Zephyr, Alicia et Melena, elle avait appris à les apprécier, ils se sont entraidés dans ce village, et Yoake avait l’impression d’en avoir tiré de la force pour se battre contre le village, et même, contre sa propre phobie. Cette détermination l’aurait-elle ressentit, seule à San Francisco ? Pas sûr... Toujours est-il que son inquiétude ne devait pas étouffer ses compagnons. Décidemment, Yoake avait tout à réapprendre en relation humaine, il était loin le temps où elle avait 17 ans et où elle faisait parti d’un groupe de musique.

Ainsi, la japonaise comprit qu’il valait mieux le laisser seul pour cette fois. Sa colère n’était pas vraiment dirigée contre elle, elle s’en doutait. Elle se leva donc le visage impassible et regarda Zephyr de toute sa hauteur, elle sourit finalement et dit avant de retourner à ses occupations :

- Pas facile de découvrir son pouvoir, n’est-ce pas ?

Elle n’attendait pas vraiment de réponse et le laissa réfléchir, après tout chacun avait besoin de solitude.
Melena était déjà allongée pour dormir et lui proposa de partager sa couverture. Après un temps de réflexion, elle porta un regard sur ses vêtements taché de sangs et dit finalement en frissonnant de froid, ou alors de peur :

- Je veux bien, Merci…

Elle s’approcha alors de Melena… Et pensa soudain aux cicatrices de la thanatophobe. Ses yeux inquiets parcouraient le corps de Melena et se fût comme si ses membres refusèrent de bouger. Un combat intérieur recommença en Yoake, elle avait remis sa combinaison, il n’y aurait donc pas de contact direct ? Non ? Et puis, elle était toujours la même, non ? Avec sa combinaison ou non. Cette fois, elle n’allait pas laisser sa phobie guider ses choix.
Avec des gestes mécaniques, elle se glissa sous la couverture cherchant à prendre le moins de place possible. Le sol était dur, il n’y avait rien d’agréable à dormir à la belle étoile, mais la japonaise finirait bien par s’y faire. Elle leva alors son couteau suisse et en déplia la lame, le sang l’avait taché renvoyant des éclats rouges sangs à l’hématophobe. Dégoutée, elle referma finalement la lame et approcha le manche de ses yeux. Des initiales y étaient gravées, surement celle de sa victime.

Elle allait partir à nouveau dans de sombre pensée quand Zephyr annonçait qu’il prendrait le prochain tout de garde. Automatiquement, elle répondit ensuite :

- Je prendrais la suite Zephyr, pense à me réveiller. Bonne nuit à tous!!

Aussi ferma-t-elle son poing sur son couteau, et ramena ses mains contre elle, fermant les yeux. Sans le savoir comment la jeune femme s’endormit, seulement, son corps était toujours tendue et secoué de tremblement, son hématophobie compulsive n’avait apparemment aucune envie de la laisser se détendre.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 20 Avr - 16:28

Les rouages de mon cerveau se mettent en marche dès que Melena me pose des questions sur les travaux du Dr Parkinson. Un sujet très intéressant sur lequel je m’étais déjà penchée avant même que mon propre psychiatre veuille m’envoyer à Dreamland. J’avais donc lu la plupart de ses articles sur les divers thèmes qu’il avait pu traiter. De plus, beaucoup d’autres professionnels faisaient référence au docteur comme le père fondateur d’une réelle thérapie par l’hypnose. Et si j’avais accepté que l’on me donne ce même traitement thérapeutique, c’était tout simplement parce que j’étais curieuse. L’hypnose est un sujet que je trouve fascinant. Les psychiatres et les psychologues à ce jour, s’accordent à dire qu’ils ne connaissent pas encore toute l’étendue des mécanismes qui sous-tend cette technique, ni la raison qui fait que certaines personnes sont plus influencées par la suggestibilité que d’autres.

Ce n’est donc pas un hasard que j’ai choisi de me faire passer pour une étudiante en psychologie. Ma mémoire avait déjà stocké beaucoup d’informations dans le domaine du comportement humain et les travaux du Dr Parkinson n’étaient pas une exception.

- En effet, je connais un peu mon sujet étant donné que ma spécialité est la thérapie clinique. Mon directeur de recherche ne jure que par le Dr Parkinson, alors oui, je pourrais t’en parler.

Je souris, véritablement heureuse d’avoir l’attention de quelqu’un, même pour juste quelques secondes.

- Je t’avoue que moi aussi je ne suis pas d’humeur à débattre sur des théories maintenant donc on verra ça demain comme tu dis…

Alors que je vois les ombres de mes camarades s’allonger, je retourne sur le rocher que j’avais repérer auparavant pour m’assoir de façon confortable serrant contre moi la torche que m’avait rendue Melena.  Les yeux ouverts, j’observe la plaine, me demandant bien vers où nous irons demain. La vérité est que ce n’est pas mon mensonge qui me préoccupe mais bien le fait que nous sommes au milieu de nulle part sans rien pour nous protéger. Je sais aussi, que cette nuit, nous pourrons dormir sur nos deux oreilles mais demain sera une journée bien plus agitée. Les habitants de Quiet Hills s’acharneront à nous poursuivre pour pouvoir se venger. Ils sont armés et véhiculés, nous, nous n’avons que des armes blanches en plus d’être à pied. Je ne suis pas mathématicienne mais il ne faut pas être un génie pour comprendre que le calcul est simple : nous avons peu de chance de survivre à la journée de demain…

Et c’est ce qui me tient éveillé cette nuit, c’est cette boule au ventre qui me dit que ma mort est proche. Je n’ai pas envie de mourir, encore moins sous la torture de cannibale. Je secoue la tête tentant d’oublier mes idées noires pour me concentrer sur mon tour de garde. Ainsi, le temps s’égrène lentement pendant que les respirations régulières et profondes de mes collègues me bercent. Plusieurs fois, je me pince afin de rester éveillée. Ma mains gauche était devenue rouge de douleur, je change alors de technique en fredonnant une mélodie que ma mère m’avait apprise quand j’étais enfant. Je ne suis pas spécialement une bonne chanteuse mais je m’accorde sur le fait que j’ai une jolie voix. Doucement, pour ne réveiller personne, je marmonne les paroles d’une chanson racontant l’histoire d’une fille qui tombe amoureuse du soleil.

♫ …Chaque matin tu es là,
Me réveillant dans tes bras
Je te vois à travers ma fenêtre
La chaleur enserrant tout mon être… ♫

Je réussis à rester vigilante pendant quelques heures comme ça, fredonnant un souvenir d’enfance. Cependant, la fatigue commence à me rattraper et je sens que je ne pourrais pas tenir plus longtemps sans m’endormir. Lentement, je me lève pour me diriger vers Zéphyr qui devait être la plus grande silhouette. Je me penche vers lui et pose ma main sur son bras pour le secouer quelque peu.

- Zéphyr, est-ce que tu peux prendre la relève ?

Lorsque je suis sûre qu’il est réveillé et qu’il comprenne ce qu’il doit faire, je lui tends ma lampe torche. Je ne pris pas plus de temps pour me coucher, me recroquevillant sur moi-même afin de garder le peu de chaleur que mon corps produit. Il ne faut que quelques minutes pour que mes muscles se détendent et que mes paupières se ferment définitivement.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 20 Avr - 19:36

Melena fut réveillée par le soleil du matin tapant sur ses joues blanches. Il devait être 9h/9h30, la température était douce et le ciel, bien que dégagé, laissait apercevoir des nuages gris flâner à l’horizon. Elle se redressa en s’étirant puis posa ses yeux pâles sur la silhouette de Yoake qui montait la garde. Malgré le sol peu confortable, et la nuit plutôt courte, l’irlandaise avait plutôt bien récupéré. Sa migraine était un vague souvenir, la faiblesse de ses membres aussi, mais elle avait faim.

Sans faire de bruit, elle se leva, ses cheveux noirs en bataille et se pencha sur sa hotte, les yeux encore à demi-plissés, sensibles à la luminosité. Dans son pack de survie, elle tira quatre barres de céréales. Après s’être assurée que Zephyr et Eva dormaient encore, elle en tendit une à Yoake avec un demi sourire mais sans oser la regarder. Comme si la générosité était honteuse, ou qu’elle ne voulait pas croire qu’elle se soit attachée à la japonaise.

- Je vais faire un tour des environs, dit Melena en guise de bonjour, tu les surveilles ?

C’était une question rhétorique, ça lui paraissait évident que l’hématophobe ne bougerait pas. Elle attrapa donc sa boussole magique et s’éloigna en déchirant l’emballage d’une de ses barres de céréales. Comme à chaque fois qu’elle avait utilisé son pouvoir nécrophage, ça lui faisait bizarre d’ingurgiter de la nourriture « saine »… comme si d’un coup, elle redevenait normale.

La nécrophobe suivit donc la direction indiquée par l’aiguille fixée sur Jade jusqu’à une route qui se trouvait à environ cent mètres de l’endroit où ils avaient établi leur campement de fortune. Ils n’avaient pas pu la voir dans le noir : un chemin étroit qui tranchait comme un serpent d’asphalte au milieu de la plaine de hautes herbes. Pas de pointillés ou de ligne blanche, une vraie route de campagne. Melena fit un grand signe de la main à Yoake pour lui indiquer que tout allait bien, puis elle s’éloigna de plusieurs mètres encore, jusqu’à tomber sur un vieux panneau métallique qui indiquait, entre autres directions, « Riven town – 37 km ». L’information était complétée par un petit symbole représentant un avion et la précision « aéroport de la Dame Rouge – toutes destinations ».

L’adolescente tapota pensivement sa lèvre inférieure d’un index tout en avalant la dernière bouchée de ses barres de céréales. C’était loin pour des gens à pieds mais la perspective d’y trouver un aéroport était rassurante. Déjà, celui signifiait très certainement qu’il ne s’agissait pas d’un village de psychotiques cannibales. D’autre part, ça signifiait que si d’ici là elle parvenait à avoir des données plus précises sur la position de sa meilleure amie, elle aurait à portée de main un moyen de transport long courrier au besoin.

L’irlandaise revint alors vers ses compagnons. Tout le monde était réveillé désormais et s’ils avaient faim, elle ignora complètement le problème. Comme elle leur avait expliqué la veille à propos de la prudence, elle ne pouvait pas se permettre de diviser en quatre les vivres qui lui avaient coûté sueur et sang. Si dans l’heure suivante l’étudiante en psychologie décidait soudainement de se réveiller, ce serait comme si elle avait gaspillé ses maigres rations.

- Y’a une route là-bas, lança Melena en pointant du doigt la direction, la ville la plus proche dans notre direction est à 37 km… si on n’a pas d’autres choix que d’être à pieds, on y sera pas avant demain ; mais la route est asphaltée, donc je suppose qu’il y a un peu de circulation, on pourra peut-être faire du stop ou choper un bus si on a de la chance.

Ses yeux d’orage dévisagèrent ses compagnons. Bien sûr, vu les conséquences de leur dernier stop, il serait compréhensible qu’ils n’aient pas envie de retenter l’expérience. Pourtant, ils ne pouvaient pas rester à Dreamland en évitant indéfiniment les villes et les gens. Enfin si dans un sens, ils pourraient s’ils souhaitaient devenir des sauvages misanthropes, mais ce n’était pas dans les plans de la nécrophobe. Elle entreprit de ranger sa couverture en coupant court à toute possible protestation :

- On n’a pas le choix de passer par des villes. Elles ne sont pas toutes comme Quiet hill et si on veut pouvoir voyager longtemps, il faut bien qu’on s’équipe quelque part. En plus il y a un aéroport là-bas… ce sera un très bon moyen de quitter la région au besoin. Et puis… même si les cannibales nous traquent, je ne pense pas qu’ils nous chassent jusque dans une autre ville, asséna-t-elle comme argument final, donc plus tôt on sera là-bas, mieux ce sera pour nous.

Elle était prête. Levant les yeux au ciel, elle vit que les nuages approchaient vite. Il y avait de fortes chances qu’il pleuve d’ici une ou deux heures. Prenant sa hotte sur son dos, Melena posa ses mains sur ses hanches attendant de savoir si ses compagnons allaient la suivre ou si elle devrait partir seule. De cette façon, elle sentit quelque chose dans la poche de sa combinaison, quelque chose qui n’y était pas avant qu’elle s’endorme. Craignant de savoir de quoi il s’agissait, elle l’ouvrit l’une de ses fermeture éclaire d’une main fébrile pour en tirer un fortune-cookie. A l’intérieur, un autre message, similaire à celui découvert la veille à Elipse : « Tu vas mourir dévorée vivante par des corbeaux ». Un frisson secoua tout son corps : Dakota avait raison. Ce n’était pas une prédiction, ce n’était pas une menace… c’était un autre de ses pouvoirs dont elle n’arrivait pas à saisir le fonctionnement sordide.

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 23 Avr - 13:01

Zephyr fut réveillé au beau milieu d'un sommeil sans rêve. Il avait pensé qu'après ce qui était arrivé avec le serpent, il était bon pour un cauchemar bien tordu. Mais il n'en fut rien. Puis quelque chose s'était mit à le secouer. Alors qu'il planait encore entre l'inconscience et l'éveil, il imagina un serpent dont la queue lui avait saisi l'épaule pour le secouer. Mais ce n'était qu'une main bienveillante. Pendant quelques secondes, il cru qu'il se trouvait chez lui et que son père venait de le tirer du sommeil pour une obscure raison. Mais une brise fraîche le ramena à la triste réalité. Il se trouvait à Dreamland.

Prenant la lampe qu'Eva lui tendait, il s'installa sur la pierre qui affleurait non loin de là et que la jeune femme avait elle-même utilisé comme siège de fortune. Tachant de sortir complètement du sommeil, il bailla en silence et observa les alentours. Gardant la lampe torche éteinte, il laissa ses yeux s'habituer à la pénombre. Au dessus de lui, la lune et les étoiles lui auraient presque fait oublié l'endroit où il se trouvait. C'était un peu comme s'il était en camping avec ses amis... A la différence qu'il n'y avait ni tente ni feu de camp et que des cannibales avaient tenté de les dévoré la veille... Il songea alors à ce que ses potes lui auraient dit s'il l'avaient vu ainsi en compagnie de trois filles en pleine nature. Thomas l'aurait sans doute charrié un long moment à ce sujet, tachant de connaître le moindre détail de cette nuit qui avait dut être torride ! Bien sur, Thomas ignorait bien des choses à propos de l'herpétophobe.

Quoi qu'il en soit, la nuit était calme. Pas le moindre moteur vrombissant qui aurait signalé le début de nouveaux ennuis. Pas même le grognement de bêtes sauvages. La faune devait certainement être très particulière dans ce monde et Zephyr n'aurait pas aimé la découvrir.
Alors que la nuit s'égrainait tranquillement, il écoutait le souffle régulier et lent de ses amies. Luttant pour ne pas céder au sommeil, il se rendit compte qu'il aurait bien dormi encore quelques heures de plus. Mais ce n'est que lorsque les premières lueur de l'aube s'annoncèrent qu'il se décida à réveiller Yoake. Le soleil ne se lèverait pas avant une ou deux bonnes heures et il pourrait se rendormir encore un peu avant que la lumière ne soit trop vive.
Comme la nuit n'était plus totale, il repéra facilement la silhouette de la japonaises qui dépassaient de la couverture de Melena. Il s'approcha et lui saisi doucement l'épaule en lui murmurant de se réveiller.

« Le jour est presque levé. Tu veux bien prendre la relève ? »

Lui confiant la lampe à son tour, bien qu'elle ne lui serait plus très utile, il la laissa prendre place. Lui-même retourna sur son coin d'herbe qu'il avait aplatit un peu plus tôt. Malgré la lumière de l'aube, sa fatigue était telle qu'il sombra à nouveau dans le sommeil sans difficulté pour être réveillé bien plus tard par un soleil éclatant, pas encore très haut dans le ciel.

S'asseyant dans l'herbe, il se rendit vite compte que les courbatures allaient lui gâcher sa matinée. Il faut dire que dormir à même le sol n'était pas la meilleure solution pour être en forme le matin. Mais quand on était exténué, il n'y avait pas à faire le difficile.
« Salut les filles. » marmonna t-il en baillant à l'attention de Yoake et Eva. Melena n'était pas en vue mais puisque la japonaise ne semblait pas inquiète, il ne s'en formalisa pas.  D'ailleurs, il l’aperçut rapidement qui revenait vers eux. Elle avait été en reconnaissance et avait trouvé une route. Qu'elle aubaine. Par contre, ils devraient marcher de longues heures avant d'y arriver. Et ils n'avaient que peu d'eau et rien à manger. Ils survivraient mais ce ne serait pas une partie de plaisir.
La perspective de faire à nouveau du stop donna des frissons à l'herpétophobe qui se garda de faire le moindre commentaire. Plus vites ils arriveraient à destination et mieux ce serait. Et quelle chance y avait-il pour qu'ils tombent deux fois sur des cinglés ?
Finalement, Melena leur exposa le pour et le contre... enfin surtout le pour en fait. Et tout en se levant et en époussetant son jeans, Zephyr abonda en son sens :

« Très bien. Ça me va. Du moment qu'on ne monte plus dans une voiture qui empeste le sang, ça devrait le faire. »

Il s'étira un moment avant d'ajouter :

« Et puis, plus vite on arrivera dans une ville, plus vite on pourra acheter à manger. Et peut-être d'autres trucs utiles. Je ne serais pas contre une couverture pour la prochaine nuit. »

Il était vrai que la nuit avait été fraîche et Zephyr serait content s'il n'avait pas attrapé froid. Il ne manquerait plus qu'il tombe malade ici.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 23 Avr - 16:31

La japonaise sortit de son sommeil par la voix de Zephyr, ses yeux bleu la fixait, et comme n’importe quel nouveau de Dreamland, elle mit un temps à comprendre ce qui lui arrivait, le sol dur laissait son corps endoloris. Elle saisi néanmoins la lampe de l’homme de l’équipe et se leva en douceur pour ne pas réveiller Melena.

Elle étira lentement son corps tout en laissant ses sens en éveil et se dirigea finalement vers le rocher pour faire le guet. Ses idées étaient maintenant claire, elle se trouvait là grâce au docteur Senchi, elle avait failli servir de nourriture au cannibale et si elle baissait les yeux, elle allait surement voir le sang sur ses vêtements, mais ce n’était pas le moment de penser à ça. Elle posa son regard sur les trois masses sombres de ses compagnons, bientôt, ils se réveilleraient et il faudrait reprendre la marche suivre la direction de la boussole, il fallait aussi qu’ils aillent dans un village pour récupérer de quoi manger. La boisson en elle-même n’était pas un problème grâce au purificateur d’eau, mais encore fallait-il trouver un point d’eau. Elle regarda son sac et fit mentalement l’inventaire de se dernier, il lui manquait pas mal de chose à commencer par une trousse de toilette, enfin, c’est ce dont elle avait besoin, là, tout de suite.
Elle sortit donc son purificateur d’eau et se trempa une main pour ensuite la porter à sa bouche pour se laver les dents. Elle tendit une nouvelle fois l’oreille, mais seuls les oiseaux répondaient à son attente. Rassurée, elle détacha l’élastique de ses cheveux et entreprit de les peigner grâce à ces doigts, profitant du silence pour se détendre. Faire le dernier quart était finalement plaisant, ça laissait le temps de se préparer sans se presser, en plus les rayons du soleil réchauffait son corps malgré l’humidité et la rosée. Au bout de quelques minutes, elle refit une natte pour ses cheveux, outre la coquetterie, cette coiffure évitait que ses cheveux s’emmêlent peut-être qu’au prochain village, elle trouvera une brosse ou un peigne.

Elle entendit finalement le souffle de Melena changer, quelle heure était-il maintenant ? Surement le matin vu le soleil qui se levait. Elle dit finalement en voyant la thanatophobe s’approcher :

- Bonjour !

Elle ne répondit rien, mais lui tendit une barre de céréale, elle en avait une autre pour elle. La japonaise hocha la tête en guise de remerciement et saisir la barre. Elle la regarda ensuite partir en repensant à ce qu’elle lui avait dit la veille, partager ses denrées était plutôt risqué, surtout si la personne mourrait ensuite, à présent lui faisait-elle suffisamment confiance pour l’aider à survivre ? Apparemment oui.

Elle porta la barre de céréales à ses lèvres et la mangea par petits morceaux, heureuse de ne pas manger ses chocolats maintenant. Ils connaissaient la direction à prendre pour trouver Jade, mais pas dans : combien de km ils croiseraient la prochaine civilisation de ce monde. Autant conserver un maximum de temps le peu de nourriture qu’elle avait.

Melena lui fit un grand signe quelque mètre plus loin et Yoake répondit par un autre signe rassuré, apparemment les villageois cannibales étaient encore occupés par l’incendie de Quiet Hill avant de partir à leurs trousses, mais il ne fallait surtout pas trainer.

Comme un signal invisible, Alicia se réveilla suivit par Zephyr, les cheveux ébouriffés le sommeil a du être lourd, la japonaise aurait bien aimé leurs proposer quelque chose à manger ou à boire, mais elle se retient se rappelant ce que la thanatophobe lui avait dit. Elle répondit néanmoins à la voix ensommeillée de Zephyr :

- Salut, je vais éviter le « bien dormis » je crois.

Melena arriva de sa reconnaissance et leur indiqua une ville à rejoindre … 37km. Ils allaient devoir se débrouiller jusque-là peut être pourrait-elle proposer ses chocolats et son eau en fin de journée, mais pas avant le mieux serait de proposer d’abord une pause au bord de l’eau à mi-journée, ils trouveraient peut-être de la nourriture sur place.

- ça me va aussi, notre première expérience a beau être mauvaise, on n’a pas le choix en route pour… Pour cette ville, c’est quoi son nom en fait ?

Elle descendit du rocher et remit son sac sur ses épaules, les faisant craquer au passage.
Comme tout le monde semblaient d’accords, ils reprirent la route, la japonaise regarda derrière elle Quiet Hill était désormais trop loin pour que les voyageurs voient le résultat de l’incendie et dans un sens, c’était dommage Yoake aurait bien aimé voir ça. Elle garda pourtant le silence et suivit ses trois coéquipiers le soleil réchauffait son corps et allait surement colorer son visage rendu pale par sa phobie, peut être que sa mine serait meilleur comme ça.

Elle mit sa main sur la poche de son manteau et sentit son couteau, elle s’était habituée à son contact, tout comme l’anneau du seigneur des anneaux, rassurée, elle se permit un sourire et détailla le visage de ses camarades, sont regards s’arrêta sur ses Zephyr, il était plutôt mignon, avec ses cheveux en bataille et son corps bien battit, tiens que faisait-il comme métier dans le monde réel d’ailleurs ?

- En fait Zephyr, Melena et Eva sont étudiantes, moi, je travaille dans une salle d’archive, mais toi ? Tu faisais quoi là-bas ? Enfin, je veux dire dans le monde réel ?

Leur marche dans un sens permettrait de mieux se connaitre, bien sûr, elle n’oubliait pas qu’il pouvait se faire rattraper par les chasseurs de Quiet Hill, mais discuter permettait aussi d’oublier les kilomètres qui les attendait.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Lun 27 Avr - 15:56

C’est la faim qui me réveille, me rappelant que j’avais rejeté mon repas de la veille, tout cela parce que mon estomac n’accepte pas le fait de devoir digérer de la chair humaine. Je grimace alors que j’ai l’impression d’avoir un trou à la place du ventre et m’étire pour faire disparaître les courbatures de mon corps fourbu.  Un coup d’œil m’apprend que tout le monde  est réveillé en plus ou moins grande forme. Seul Melena manque à l’appel mais je ne m’inquiète pas pour notre solitaire du groupe. Si il y a bien une personne pour survivre seule dans ce monde impossible, c’est bien elle.

J’aurais bien fait une petite toilette avant de repartir mais dans la nature il n’y a pas grand-chose pour se rafraîchir ou encore changer de vêtements alors que les nôtres sentent encore le formol. Je me contente donc d’attacher mes cheveux en une longue tresse. Je n’ai pas d’élastique mais ça devrait tenir ainsi pendant un petit moment. Je me redresse et époussète mon pantalon plein de terres et d’herbes.

C’est à ce moment-là, que Melena revient de sa petite excursion pour nous indiquer qu’une autre ville nous attend à environ 37 km d’ici. C’est bien typique de la cadette de ne pas faire dans la délicatesse, ni un « bonjour » ni un « comment ça va », non, elle préfère rentrer droit dans le sujet. Alors qu’elle suggère qu’on fasse de nouveau du stop, je frissonne en pensant à la dernière fois qu’on était entrée dans la voiture d’un inconnu. Une crispation apparaît au coin de mes lèvres, seul indice de ma nervosité et de mon désaccord. La dernière fois que j’avais donné mon opinion, Melena m’avait incendié. Je sentis la colère remonter en moi comme une vague voulant tout emporter sur son passage. Je sers les poings pour confiner cette émotion qui ne rapporterait rien de bon dans notre situation. Et puis, je n’ai pas envie d’en vouloir à mes compagnons surtout après ce qu’on avait vécu ensemble dans Quiet Hills. Nous nous étions entraidés pour survivre, ils ne méritent certainement pas que je m’emporte contre eux.

Et puis voyons le bon côté des choses, plus vite on arrive dans une ville, plus vite j’ai de chance de pouvoir me connecter à internet. Même si on m’avait dit que seulement quelques régions pouvaient avoir ce qui s’apparente à Internet, s’il y a un aéroport dans cette ville, il doit forcément y avoir un réseau ! De plus, avec mes quelques rubz, je pourrais aussi m’acheter des choses utiles comme par exemple un sac avec le nécessaire d’un voyageur. Ou encore mieux, prendre un vrai repas !

Rassérénée par cette idée, c’est d’un pas motivé que je finis par suivre le reste du groupe. Je reste silencieuse pour pouvoir écouter la réponse de Zéphyr sur ce qu’il faisait dans la vie réel. Je ne cache pas mon intérêt, il est toujours bon de connaître un peu mieux ses compagnons de route.

Il ne faut que quelques minutes pour qu’on longe un autre chemin de campagne. Je lance un dernier regard derrière nous, espérant que les habitants de Quiet Hills ne viendront par nous chercher pour se venger. Un espoir vain, j’en suis sûre. Alors que mon estomac gronde de faim, je ne peux m’empêcher d’exprimer mon sentiment d’angoisse.

- Je suppose que si ces tarés de cannibales ne nous trouvent pas sur leur route, ils vont très certainement avoir aussi l’idée d’aller à Riven Town puisqu’ils savent que nous sommes à pied. Je sais qu’il faudra faire attention quand on arrivera mais ça ne me surprendrait pas d’en croiser quelques-uns là-bas…

Je ne rajoute pas non plus que nous sommes un groupe qui ne passe pas inaperçu avec une asiatique couverte de sang, une londonienne au regarde dure, un beau mec qui ne laissera certainement pas les personnes indifférentes et une blonde bien trop souriante. J’avoue aimer être le centre de l’attention, mais à partir du moment où on a brûlé un entrepôt et tué quelques personnes au passage dans un même village, je préfère rester discrète pendant un petit moment.

- Il doit aussi y avoir des policiers ou en tout cas un équivalant dans cette ville…si jamais le gens de Quiet Hills décident de les prévenir que nous sommes des criminels…

Je sais que j’imagine l’un des pires scénarios mais je préfère prévenir que guérir. Et je n’ai aucun doute aussi que les autres ont pensé la même chose que moi. Ou alors, je commence à devenir paranoïaque. A cette idée, mes lèvres s’incurvèrent. Peut-être que si je le deviens réellement, je gagnerais un pouvoir, qui sait ?

Un ange passe et je sens la première goutte d’eau atterrir sur mon nez. J’essuie d’un coup de poignet cette eau et lève la tête pour voir que le ciel est recouvert de nuage gris. Lentement, une fine pluie vient arroser toute la plaine. Si ça continue comme ça, dans quelques heures nous aurons tous attrapés un rhume sauf peut-être Melena, puisque elle a sa hotte. Sans nous concerter, nous accélérons notre marche croisant les doigts pour qu’une voiture s’arrête devant nous afin de nous amener vers la ville et cela sans que le conducteur soit un psychopathe.

Oui, et je crois aussi au prince charmant au passage…
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 28 Avr - 5:56

- Riven Town, répondit Melena en regardant son amie descendre de son rocher.

Au moins, aucun ne protestait ouvertement quant à la nouvelle destination. Bien qu’au fond, elle n’avait pas besoin d’eux, elle s’épargnait la culpabilité de les abandonner. Un coup de vent dans sa chevelure corbeau portait l’odeur de la pluie, délicieuse et significative. Prévoyante, l’irlandaise enfila son manteau-redingote par-dessus sa combinaison pour avoir sa capuche prête à servir. Dans le doute, elle couvrit également sa hotte de son vieux haut miquitzlien en tulle pour ne pas que son équipement prenne l’eau.

Alors qu’ils fendaient les hautes-herbes pour rejoindre la route asphaltée découverte un peu plus tôt, les yeux clairs de la nécrophobe étaient dressés vers l’horizon. C’était comme si elle s’attendait à ce que d’un instant à l’autre, sa meilleure amie n’apparaisse dans son champ de vision. Son pas était régulier, vif, celui de l’adolescente qui avait désormais l’habitude de ces longues randonnées forcées. En y réfléchissant, elle avait marché par tous les temps : de la fournaise sextusienne au blizzard des terres gelées. Melena écoutait d’une oreille distraite la conversation initiée par Yoake et n’intervint que lorsque la blondinette eut fait part de ses angoisses :

- C’est un risque à prendre, concéda-t-elle après un moment, mais si jamais ça vous angoisse vraiment d’aller là-bas, vous n’êtes pas obligés de me suivre. Je vous l’ai déjà dit je crois…

Sa voix était calme mais sans équivoque. Après tout, sa motivation ne pouvait pas être celle des autres, elle pouvait le comprendre. Les premières gouttes de pluie tombèrent d’un ciel devenu complètement gris. L’adolescente accéléra machinalement, même si aucun abri ne semblait visible dans les environs. Dans tous les cas, ce n’était pas un petit crachin qui allait la forcer à s’arrêter, elle n’avait pas déjà traversé un désert glacé en pleine tempête pour avoir peur de trois gouttes d’eau dans les plaines.

Sous la pluie légère, les voyageurs avancèrent encore de longues minutes. La route luisait, noir de jais, renvoyant presque leurs reflets qui se suivaient à la file indienne. Une voiture, une calèche, un tapis volant, n’importe quoi aurait suffit à Melena pour arriver plus vite, mais le quatuor semblait pour l’instant désespérément seul au cœur de ce paysage verdoyant. Au bout d’un certain temps pourtant, une forme sombre se dessina plusieurs mètres sur le bas-côté, au détour d’une courbe du chemin asphaltée. Instinctivement, l’irlandaise ralentit. C’était une petite voiture pervenche, un modèle français du monde réel. Elle était retournée sur sa toiture, tordue, les vitres éclatées, deux pneus crevés. A en juger par les traces dans l’herbe, le véhicule devait avoir fait plusieurs tonneaux avant de s’échouer de la sorte.

- C’est pas de chance, commenta la nécrophobe d’une voix laconique.

Elle allait passer son chemin mais une odeur significative lui retourna les entrailles : la mort. Il y avait un cadavre dans l’habitacle, il titillait ses sens nécrophages. Quand les voyageurs furent à moins de quelques mètres, une voix faible émergea du néant. « Mademoiselle… s’il vous plait, mademoiselle, aidez-moi… ». Fantomatique, le murmure s’entêta dans le crâne de Melena, ritournelle macabre qui la pétrifia.

- Non… non, non, non, non,…, gémit-elle à voix basse en prenant sa tête dans ses mains ivoirines.

Ça recommençait. Comme sur le cargo freedoomien, elle entendait la voix du mort glisser dans ses pensées, froide et désespérée. Les autres ne pouvait rien percevoir de plus que la pluie qui s’écrasait mollement sur la tôle froissée, si bien que le spectacle de l’adolescente qui se secouait la tête en fermant ses yeux gris devait donner l’impression d’assister à la crise d’une malade mentale. La voix s’obstinait pourtant, appelant la jeune fille avec tant d’insistance qu’elle daigna tourner le regard vers l’habitacle renversée malgré la terreur qui s’était brusquement agrippée à ses entrailles. Elle distingua une forme qui avait du être humaine avant que son cou ne décrive un angle aussi saugrenu, la tête pressée contre le toit. Le cadavre était raide, figé dans une expression de panique. Il était immobile et pourtant, quand Melena s’intéressa enfin à lui, elle eut presque l’impression que ses traits se détendaient pour lui sourire.

« Merci mademoiselle, merci… je… un accident bête hein ?! J’ai voulu esquiver un animal qui traversait la route et j’ai perdu le contrôle. J’allais un peu trop vite c’est vrai, mais j’étais heureux, tellement heureux… »

La voix spectrale résonnait étrangement. L’irlandaise était la seule à l’entendre, elle s’était approchée de la voiture mais conserva une distance de sécurité de deux mètres, incapable d’affronter sa peur outre cette limite. Si ses comparses l’appelaient pour savoir ce qui se passait, elle ne comprenait pas leurs paroles. Toute sa concentration était tournée vers ce défunt dont l’âme lui parlait… si c’était vraiment le cas, peut-être simplement qu’elle devenait folle.

- Pour… pourquoi m’appelez-vous… à l’aide, balbutia-t-elle brusquement.

« J’aurais besoin que vous fassiez quelque chose pour moi, s’il vous plait… je conduisais vite parce que je rentrais d’un long voyage d’affaire, je comptais demander ma petite amie en mariage. J’avais hâte, tellement hâte de la revoir… je crois que je suis ici depuis un ou deux jours, elle doit être morte d’inquiétude. J’ai compté, mon portable a sonné 43 fois avant que la batterie ne lâche. Si vous pouviez juste… pendre la bague de fiançailles et lui rapporter…»

- Mais… enfin… je-

« S’il vous plait, trancha la voix, je voudrais qu’elle ait la bague, vous allez bien vers Riven Town ? Elle habite au 1 boulevard des rapaces. C’est facile à retenir ! »

Sous le choc, Melena resta immobile. Il lui semblait que la pluie s’était intensifiée, ou bien c’était simplement le fait de discuter avec un mort qui la glaçait jusqu’aux os. Ses jambes refusaient d’obéir alors qu’elle était partagée entre le désir de fuir et celui de venir en aide à ce pauvre type, bien qu’elle ne connaissait pas la finalité de cette communication. Si jamais il y avait vraiment une bague, alors ce n’était pas de la folie pas vrai ?

« S’il vous plait, l’encouragea encore le défunt comme s’il lisait dans ses pensées, dites lui aussi que je suis là. Je m’appelle Marcel Dubois, elle c’est Elisabeth Larue. La bague est juste à côté de vous regardez : elle était sur le tableau de bord et a roulé hors de la voiture pendant l’accident. »

L’irlandaise baissa les yeux machinalement et aperçut, à moins d’un mètre de ses pieds, un petit coffret en velours rouge à moitié dissimulé par l’herbe. D’une main tremblante, elle se pencha pour le ramasser. Il était humide mais à l’intérieur, un magnifique anneau en or blanc serti de lapis lazulis étincela. Un élan de tristesse perça le cœur en ruine de l’adolescente, comme si elle fut encore capable de compassion.

- Elisabeth Larue, 1 boulevard des rapaces, répéta-t-elle d'une voix blanche pour enregistrer, ok… je vais lui rapporter.

« Oh merci, merci beaucoup ! »

La voix s’évanouit alors. Le cadavre redevint muet, inspirant de nouveau une terreur si vive que Melena s’empressa de s’éloigner, des frissons dans tout le corps.

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mar 28 Avr - 13:19

Alors qu'ils traversaient l'herbe humide pour rejoindre une route, Yoake devint soudain loquace. Il était vrai que s'ils se connaissaient mieux, les liens entre eux se resserreraient. Et dans un tel lieu, avoir des gens auxquels on se sentait proche ne pouvait pas faire de mal. C'est donc avec enthousiasme qu'il lui répondit.

« Et bien, je ne sais pas si mon métier va vraiment te plaire pour tout dire. Ni à toi ni à Melena en fait... » Il laissa planer le suspense quelques secondes avant d'ajouter « Je suis ambulancier. »
Il trouva inutile d'ajouter quoi que ce soit. Dire qu'il côtoyait le sang et la mort à longueur de journée n'aurait servi à rien. Elles avaient compris.
« Enfin, j'ai peur que mes compétences ne soient pas très utiles sans un matériel adéquat alors évitez de vous blesser surtout. Et espérons ne pas recroiser ces psychopathes de Quiet Hill. Parce que là non plus je ne servirais à rien. »

Sur ce, Eva exprima elle aussi ses craintes concernant leurs anciens geôliers. Et ce à quoi elle avait songé lui glaça le sang. S'ils allaient donner leur description aux villes environnante en disant qu'ils étaient des incendiaires... et preuve à l'appuie qui plus était... Ils ne feraient pas deux mètres avant de se retrouver embarqué au poste. L'herpétophobe pensa que la police fonctionnait certainement comme dans le monde réel. Si tel était le cas, ils seraient vraiment dans de beaux drap.
« Espérons que ce ne soit pas le cas alors ... »

Melena ne démentit pas que c'était une possibilité. Ce qui n'était pas pour rassurer le jeune homme qui tenta un instant de songer à un autre plan. Mais il leur fallait des vivres, quoi qu'il en coûte. Et se séparer de la seule personne du groupe qui connaissait Dreamland comme sa poche n'était pas franchement la meilleure idée du siècle. D'ailleurs, personne ne sembla prendre cela comme une option envisageable et, alors que quelques gouttes commençaient à dégringoler, il continuèrent à marcher en silence quelques instants.
Sous leur pied, la route bien dure était largement préférable à la boue qui commençait sûrement à se former sur la plaine. Si la pluie avait l'avantage de laver un tant soit peu leur peau et leurs vêtements souillés, elle refroidissait l'atmosphère et changeait la terre bien sèche en gadoue. S'ils devaient passer une nouvelle nuit à la belle étoile, ce ne serait pas agréable du tout !

Au bout d'un certain temps, une voiture se dessina au détour d'un petit virage. Zephyr sentit un certain soulagement à l'idée que quelqu'un était arrêté là et qu'ils pourraient peut être négocier pour se rendre plus vite à la prochaine ville. Mais il déchanta bien vite en se rendant compte que la voiture n'était pas vraiment sur la route. Loin de là. Cabossée, retournée et à l'évidence sans âme qui vive à l'intérieur, la voiture pouvait être là depuis une journée comme depuis un mois entier. C'était difficile à dire.

« Bon, bein c'est pas avec ça qu'on ira plus vite. »
En son fort intérieur, il espéra que personne n'avait été blessé dans cet accident. Il n'était jamais agréable de contempler la scène d'une tragédie. A bien y réfléchir, il préférait ne rien savoir du tout. Et de toute façon, même s'il s'était trouvée quelqu'un à l'agonie là dedans, il n'aurait rien put y faire.
Il continuèrent à avancer, laissant la petite voiture à son triste sort quand Melena s'arrêta, se lamentant sans qu'il ne sache pourquoi.

« Mel, tout va bien ? »
Elle ne sembla même pas le voir. Comme si elle était ailleurs, elle se tourna vers la voiture puis, au bout d'un certain temps, elle quitta la route pour se diriger vers l'épave.
«Mel ? » appela t-il, inutilement.
Il aperçut alors ce vers quoi elle était allé. Une silhouette désarticulée pendait mollement dans son habitacle. Il y avait donc eut au moins une victime. Un pincement au ventre, Zephyr se dit que c'était bien triste de mourir ainsi sans que personne ne soit venu le secourir ni même venu sortir son corps pour l'enterrer.
Melena s'adressa alors au cadavre. D'abord surprit, Zephyr se rappela bien vite qu'il était au pays de la bizarrerie. Lui même s'était bien adressé à un serpent. A ce souvenir un frisson lui parcouru l'échine. Melena avait peut être la capacité de parler aux morts. Ce devait être vraiment perturbant.

Tachant de ne pas l'interrompre, il resta sur le bord de la route d'asphalte usée, attentif à ce qui se passait. Il essaya même de tendre l'oreiller pour entendre un murmure, quelque chose, n'importe quoi. Mais il n'y avait que le souffle du vent et la pluie lui battant le visage.
Enserrant son torse de ses bras, il tenta de se réchauffer en se frottant un peu de ses mains. Tant qu'il marchait, il pouvait ignorer la pluie et le froid qui pénétrait jusque dans ses os. Mais être là, immobile, ne sachant pas quoi faire... Il éternua, confirmant ce qu'il savait déjà. Il était bon pour un rhume.

Soudain, Melena se mit en mouvement. C'était un soulagement. Elle se baissa et ramassa quelque chose dans l'herbe. Finalement elle revint vers eux, tremblante. A cause du froid ou d'autre chose, impossible à dire. Au creux de sa main, elle serrait un écrin qui, à n'en pas douter contenait un bijou.
Alors que la jeune femme reprenait pied sur la route dure, il la regarda attentivement pour être certain qu'elle allait bien. Elle semblait choquée.

« Ça t'arrive souvent ce genre de truc ? » lui demanda t-il, assez inquiet de la voir ainsi.

Il n'osa pas demander ce qu'il y avait dans l'écrin, ni même ce qu'elle comptait en faire. Il l'avait bien entendu parler mais il n'avait pas vraiment saisi le sens de la conversation. Surtout en n'entendant qu'un seul des deux interlocuteurs, à moitié recouvert par le bruit de la pluie. Du coup, il se remit en marche avec les autres en se disant que, quand elle le voudrait, elle leur expliquerait.

Au bout de quelque minute, le crachin qui les avait déjà bien refroidit se transforma en véritable douche. La pluie s'intensifia d'un coup, comme si quelqu'un s'était amusé à ouvrir une vanne en grand. Bientot, En moins de quelques secondes, Zephyr sentit son jeans lui coller aux jambes et aux fesses et il ne douta pas que même ses chaussettes étaient trempées. En marchant, il sentait l'eau faire ventouse entre son pied et sa chaussure en produisant un 'flotch flotch' inaudible à cause de l'intempérie.
Il n'y avait bien sur aucun abris en vue et ils n'avaient d'autre choix que d'avancer.
« Moi qui me disais que je prendrais bien une douche, je ne pensais pas être exhaussé » plaisant t-il entre deux éternuements.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 29 Avr - 7:15

La jeune femme, se demandait bien qu'elle métier ne pouvait pas plaire, à Melena et elle, surement le rapport avec la mort, car souvent le sang et la mort sont liés.

Ambulancier ? Certes l'hématophobe ne pourrait jamais faire ce métier, mais ça ne lui déplaisait pas, ils sauvaient des vies après tout et réagissait malgré la vue du sang, au final en réfléchissant, elle se détestait plus elle-même qui ne pouvait lever le petit doigt face à une blessure plutôt que les ambulanciers qui pratiquait des soins. Aussi, le visage serein, elle répondit :

- ça n'a rien de déplaisant au contraire, je suis rassurée, s'il y a des blessées, tu seras plus utile que moi.

Il répondit alors qu'il ne fallait pas compter sur lui, car il n'avait pas le matériel avec lui, sur le coup, la Japonaise se serait dit qu'une ambulance pourrait bien être utile dans ses conditions, au moins ils iraient plus vite à Riven town, Zephyr pourrait soigner leurs blessures et surtout, ils n'auraient pas à subir cette horrible pluie qui trempait ses cheveux. Alicia donna alors son terrifiant point de vue, la police ? S'ils détestaient les voyageurs comme Elipse ? La japonaise avait beau essayer de mettre en place des raisons qui justifiaient leurs actes ce n'était pas suffisant... Enfin dans un sens qu'elle était le mieux ? Être devenue la cible du coin ou terminer en repas pour une bande de Psychopathe ? Pour Yoake, son instinct de survie primait avant tout : elle voulait vivre.

Melena franche comme toujours confirma cette possibilité, mais ajouta qu'elle n'avait pas le choix et qu'ils n'étaient pas obligés de la suivre. Yoake, elle, avait déjà réfléchi à ce qu'elle voulait faire, et son premier objectif était d'aider Melena à retrouver Jade, ça serait l'occasion de la connaitre et de voir la thanatophobe sous un autres jour. Ses autres objectifs, pour le moment, elle ne savait pas... Peut-être justement vaincre son hématophobie après tout, elle était là pour ça... Non ? Elle dit finalement en frissonnant :

- J'aurais surement l'occasion de trouver un pantalon là-bas... Je n'en peux plus de mes vêtements.

En fait, elle se serait écoutée, elle aurait déjà enlevé son leggins quitte à marcher uniquement en tunique. Elle se mit à rougir, heureusement arrivait-elle encore à se contrôler, en réfléchissant cette pluie aussi poussait son envie de se laver au maximum, elle avait besoin de se changer les idées mais pas facile quand tout ce qu'elle a vécu jusque-là avait un rapport avec le sang... Et ce n'était pas cette voiture accidentée qui allait égailler un peu sa vie à Dreamland.

Bon après tout tant qu'ils ne s'en approchaient pas, c'était bon non ? Mais Melena s'arrêta finalement devant la voiture secouant la tête tout en gémissant. Le premier réflexe de Yoake fut de s'approcher de Melena pour lui demander plus d'informations, mais déjà cette dernière se dirigea vers la voiture et commença à parler seule ? C'est un de ses pouvoirs ? Surement, mais ça voulait aussi dire que la voiture n'était pas vide, dedans, il y avait un cadavre.

Son corps stoppa alors net, elle ne voulait pas, elle ne voulait pas voir ce cadavre, il y avait surement du sang dans la voiture, et elle savait qu'une nouvelle crise pouvait se déclencher, rien que d'y penser la nausée remonta en elle toujours aussi fulgurante. Elle leva pourtant ses yeux vers Melena qui elle faisait face à sa propre phobie tremblante, mais elle ne fuyait pas... Dans un sens, son pouvoir lui donner une force considérable... Mais à la place de la thanatophobe, Yoake n'aurait rien fait de tout ça... Même s'il s'agissait de survivre, elle ne pouvait pas vaincre une phobie juste en utilisant son pouvoir trop terrifiant.

Finalement, l'Irlandaise reviens avec un écrin dans la main, et l'imagination de l'hématophobe faisait le reste, s'agissait-il d'une bague, ... Une bague de fiançailles même ? Est-ce que le cadavre dans la voiture était le fiancé... ? pourvu que non. Personne ne méritait de terminer comme ça.

Zephyr demanda des explications, aussi la Japonaise se contenta d'un sourire rassurant malgré son visage pâle, tout en écoutant sa réponse.

Ils repartirent tous d'un bon pas, mais la pluie redoubla pour le plus grands malheur de Yoake, elle ne savait pas quoi faire de ses mains à part frotter son visage et son corps, sa cuisse doit toujours être dégoulinante de sang, il fallait qu'elle se concentre sur autre chose, sinon son hématophobie compulsive ne s'arrétera pas, rien que d'y penser elle en avait honte. Elle leva les yeux vers le ciel gris, la pluie n'était pas prête de s'arrêter, ses vêtements étaient trempés, et ses bottines n'étaient pas forcément faites pour marcher sous une pluie torrentielle. Dans un sens, elle regrettait le temps de la veille ou même de ce matin en fait.

Zéphyr semblait être bon pour un rhume et si ça continuait, ils étaient tous bons pour y passer. Elle ouvrit sa main qui se remplissait d'eau et eut soudain une idée. Tout en marchant, elle sortit son purificateur d'eau de son sac et l'ouvrit, il était censé purifié n'importe quel liquide alors autant tenter avec l'eau de pluie. En plus, elle pensait à autre chose, une fois de plus elle réussissait à contourner sa phobie, mais ce n'était pas vraiment une victoire.

Au bout de quelques minutes, elle son purificateur d'eau plein attendit 10 seconde et dit :

- Bon, j'ai trouvé un avantage à cette pluie, quelqu'un a soif ?


Elle laissa ainsi son purificateur d'eau à ses compagnons qui voulaient en boire et demanda à Melena :

- Tu veux que je remplisse ta bouteille ? Avec un peu de chance, on aura fait le plein d'eau pour la suite du voyage.

Au moins outre le fait de se faire tremper, cette pluie était un vrai don et montrait finalement l'utilité de son purificateur.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 29 Avr - 12:05

La première voiture que nous rencontrâmes sur la route fut  malheureusement une carcasse qui s’était écroulée sur le bas-côté de la chaussée. L’accident avait dû être assez impressionnant au vu des dégâts que cela avait causé et il y avait peu de chance pour que le conducteur s’en soit sorti indemne. On pouvait encore voir les traces de pneu sur le bitume faire un virage brusque comme pour esquiver quelque chose. Le chauffeur avait dû être surpris et en moins de temps qu’il n’en faut, avait perdu le contrôle de son véhicule. C’était triste et pourtant mes yeux n’arrivaient pas à se détacher de ce spectacle macabre. J’étais fascinée par cette boîte de métal tordue sous la violence de l’impact. C’était la première fois que j’observais un accident grave d’aussi près.

Cependant, nous décidâmes de faire abstraction de l’événement pour continuer notre marche. Après tout, l’épave ne pouvait pas nous faire avancer plus vite vers la prochaine ville. Je réussis même à détourner le visage pour me concentrer seulement sur le trajet en face de nous. Mais évidemment, ce n’était pas aussi simple. Surtout quand la cadette, malgré sa désinvolture, décida de s’approcher de la voiture comme une luciole attirée par la lumière. Cette dernière se mit à converser avec quelqu’un que je ne pouvais pas voir.

- Qu’est-ce que…

Fronçant des sourcils, je penchai la tête pour mieux voir à qui notre psychopathe discutait. Mon regard se posa sur l’intérieur de la voiture et je compris. Dans l’habitacle se tenait ce qui devait être le conducteur où du moins ce qu’il en restait puisque son visage avait été lacéré par les débris du pare-brise. Un cadavre, un mort. Melena en avait la phobie alors pourquoi s’en approchait-elle ? Cela devait être encore un de ses étranges pouvoirs qui se manifestait, l’obligeant à affronter sa peur. Une technique d’exposition bien morbide pour forcer cette patiente à voir la mort droit dans les yeux. Je commençais alors à saisir le sens de « pouvoir sadique ».

Zéphyr tenta, par la suite, de la ramener à nous mais ce fut sans effet. Melena semblait ne plus nous voir, obnubilée par quelque chose d’invisible à nos yeux. Yoake et moi restâmes sur le bitume ne sachant pas quoi faire d’autre que ce qu’avait déjà fait Zéphyr. Secouer la thanatophobe ne servait à rien, il fallait juste attendre que cela passe. Et bien sûr la pluie en profita pour se transformer en une véritable averse.

Je fus tout de même soulagée de constater qu’au bout d’un petit lapse de temps, la cadette d’éloigna de l’épave pour nous rejoindre, ramassant au passage un petit boîtier rouge. Lorsque Melena nous rejoignis, nous étions déjà trempés jusqu’à l’os. Zéphyr posa alors la question que nous nous posions tous sur ce qui s’était passé à l’instant.

Enfin, nous reprîmes notre chemin, nos vêtements devenant de véritable seconde peau et nos pieds clapotant dans la marre de nos chaussures. C’était une sensation désagréable que malheureusement nous devions supporter tant que nous n’aurions pas trouvé un abri. Le bon côté des choses, c’était qu’au moins il ne faisait pas assez froid pour qu’il se mette à grêler.

Je ne rêvais que d’une couverture et d’un bon repas chaud lorsque l’asiatique proposa à boire. Je me rendis compte qu’effectivement j’avais la gorge sèche et que je n’avais pas bu depuis que j’avais atterris ici. C’est avec sourire que je tendis la main pour prendre le purificateur.

- Merci.

Je pris l’objet précautionneusement et pris juste assez de gorger pour me désaltérer. C’était une véritable bénédiction. Je passai alors le purificateur à celui ou celle qui en voulait aussi tout en espérant qu’une voiture allait bientôt arriver et nous prendre en stop.

A peine cette pensée me traversa l’esprit qu’une voiture nous surpris en s’arrêtant juste à côté de nous. Le bruit de la pluie avait masqué le bourdonnement du véhicule qui était tout ce qu’il y avait de plus moderne. Nous nous arrêtâmes, nous tournant dans un même mouvement vers notre potentiel sauveur. Cependant je restais méfiante, je n’avais pas oublié les cannibales de Quiet Hills. Je ne voulais certainement pas renouvelé cette expérience où on vous séquestre pour pouvoir vous manger un peu plus tard.

- Bonjour, il me semble que vous avez besoin d’aide et il me reste de la place vu que je suis seul…

Le conducteur était un jeune homme tout ce qu’il y avait de plus charmant. Un beau brun aux yeux d’un bleu éclatant. Il nous observa tour à tour, nous évaluant en détail. Je pouvais admettre qu’on puisse hésiter à prendre des étrangers dans sa voiture mais je trouvais qu’il prenait un peu trop de temps à mon goût malgré son sourire charmeur.

Ce ne fut qu’au bout de cinq bonnes minutes qu’il déclara :

- Malheureusement je n’ai que trois places, et je suis un homme assez gentleman pour laisser la priorité à ses trois jolies jeunes filles…

Je restais bouché baie face à tant d’assurance alors que l’espace dans la voiture pouvait contenir facilement quatre personnes de plus. Tsss, cet homme n’avait même pas pris la peine de mentir de façon convaincante. J’étais dégoûtée. Et puis, je n’avais pas non plus envie d’abandonner Zéphyr pour un espèce de pervers qui ne nous avait même pas demandé notre destination.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Mer 29 Avr - 21:10

La voix de Zephyr la ramena dans le monde des vivants. Les murmures morbides dans sa tête, échos des horreurs qu’elle avait connues, se turent pour laisser la place à la pluie. Ses yeux clairs croisèrent le regard de son compagnon : il ne la prenait pas pour une folle, il s’inquiétait simplement. Melena secoua simplement la tête en guise de réponse, projetant un anneau de gouttelettes d’eau, puis se remit en marche. Les paroles de l’herpétophobe lui revenaient en tête : « je ne te connais pas »… non, c’était vrai. Qui pourrait prétendre cerner une personne qui entendait des voix ? Même le sourire rassurant de la japonaise n’apaisèrent par le désarroi qui gonflait dans sa poitrine.

L’averse s’était intensifiée et désormais, malgré son manteau à capuche, l’adolescente se sentait trempée. Pas l’ombre d’un abri à l’horizon. Pourtant, il était impensable qu’ils fassent une journée de marche de cette façon. Il était même impossible de parler tant ils étaient occupés à braver les trombes d’eau, sans compter que le bruit de la pluie les obligeraient à élever la voix sans cesse. Zephyr éternuait déjà, qui serait le prochain ? Au moins, l’hématophobe tira profit de l’averse pour remplir son purificateur d’eau qu’elle éleva à bout de bras. Melena accepta de boire avec plaisir mais refusa doucement de remplir sa bouteille.

- C’est gentil, mais l’eau est aussi bien dans ton purificateur. Il a un temps de recharge non ? Garde la jusqu’à ce que tu puisses l’utiliser encore. Tu seras notre source !

Pour la première fois depuis qu’ils l’avaient rencontrée sans doute, un sourire sincère illumina le visage ivoirin de l’irlandaise. Peut-être parce que l’inquiétude de ses comparses à son sujet un peu plus tôt l’avait attendrie, ou parce que la peur qui vibrait toujours sporadiquement dans ses entrailles empêchait ses barrières glacées de se restaurer. Ils n’eurent toutefois pas l’occasion de profiter longtemps de ce rayon de soleil sur le visage de la nécrophobe qu’une voiture s’arrêta à leurs côtés. Le conducteur baissa sa fenêtre malgré la pluie et prit tout son temps pour détailler les voyageurs ruisselant avant d’affirmer qu’il ne pouvait prendre que les filles.

Melena avait commencé à le détester avant de se rendre compte qu’il était beau gosse. Devant une audace si grossière, elle eut un rictus dédaigneux et s’approcha de la fenêtre ouverte pour se pencher en appuyant ses bras sur la portière. Malgré sa capuche, le bout de ses mèches noires était trempé, ils gouttaient sur le siège passager. Ses yeux d’orage se plantèrent dans les orbes bleus du jeune homme, implacables.  

- T’es certain d’avoir ce qu’il faut pour nous satisfaire toutes les trois ? lança-t-elle avec un intérêt ironique.
- Je me félicite d’offrir toujours le meilleur aux jolies femmes, rétorqua le conducteur d’une voix suave, une étincelante de convoitise dans le regard.

Les yeux de l’irlandaise balayèrent rapidement l’intérieur de la voiture, s’assurant qu’il y avait effectivement la place pour Zephyr si seulement ce type ne projetait pas simplement de mettre trois donzelles dans son lit. Bien que l’idée de voyager à couvert fût tentante, la simple pensée que monter dans ce véhicule ferait plaisir à ce pervers lui donnait la nausée. Avec un « pfff » dédaigneux, Melena cracha en s’éloignant déjà :

- Dégage si t’as envie de pouvoir te servir de ton service trois-pièce un peu plus longtemps.

Le concerné ne parut pas visiblement ébranlé. Pourtant, il se passa de longues secondes pendant lesquelles il fixa les voyageuses, l'air arrogant, avant qu’il ne ferme sa vitre et ne reprenne la route. Ses feux arrière projetaient un halot rougeoyant sur la route. La nécrophobe haussa les épaules et reprit la marche, faute de mieux.

- Désolé, souffla-t-elle, je pense pas qu’on aurait pu en tirer quelque chose.

Il leur fallut alors marcher pendant encore une bonne demi-heure. La plaine aux alentours était un désert de hautes-herbes : pas un arbre, pas un abri, pas même un buisson. La pluie ne semblait pas vouloir s’arrêter, le ciel gris était déprimant. Les bottes de l’irlandaise étaient complètement inondées, elle sentait ses pieds patauger dans l’eau. Sa combinaison déjà moulante collait à sa peau comme si elle comptait s’y fondre, le vent rendait sa capuche inutile en rabattant des giclées sur son visage. A cet instant, elle rêvait d’une douche chaude, d’un peignoir bien sec et d’un chocolat. Elle songea avec désespoir que même si l’intempérie cessait, il faudrait des heures avant que ses vêtements ne soient secs…

Brusquement, elle aperçut au loin une forme anormale sur le bas côté. Son ventre se crispa : elle craignait que ça ne soit un autre accident, mais plus le groupe approchait, plus les contours de l’objet étaient distincts. Un sourire traversa le visage humide de l’adolescente : un abri aurait déjà été génial, mais il s’agissait là d’un abri BUS ! Elle courrait désormais, pressée de se couvrir, comme si l’habitacle risquait de se faire la malle à leur approche. Une fois sous le toit en bois, Melena s’arrêta, haletante mais ravie. Il n’y avait pas trente secondes qu’elle était sur la dalle de béton qu’une flaque s’était étendue sous ses pieds.

- Si on a de la chance, on aura pas à finir à pieds, avança-t-elle avec espoir.

Elle inspecta le plan fixé dans un panneau en plastique. D’un doigt pâle, elle suivit le trajet du bus avec une moue à moitié contrariée puis consulta la grille des horaires.

- Bon… il y a trois ou quatre bus par jour qui passent par ici… le prochain est à 12h44… je sais pas quelle heure il est. Donc je sais pas combien de temps on va attendre. Par contre…, elle se tourna vers Yoake parce qu’elle serait celle qui comprendrait le mieux la portée de ce qui suivait, il relie Elipse à la mairie de Riven Town. On devra faire profile bas une fois dedans… on ne sait jamais. Tout le monde a 20 rubz ? Demanda-t-elle finalement après avoir consulter les tarifs.

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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 30 Avr - 13:12

Lorsqu'on lui proposa à boire, il accepta avec joie. Il n'avait rien bu depuis la veille et, malgré les trombes d'eau qui leur tombait dessus, il mourait de soif.
A peine avait-il redonné son purificateur à Yoake qu'un voiture s’arrêta à leur niveau. Ils allaient enfin pouvoir se mettre au sec. Au volant, un jeune au faciès fort agréable leur adressa un sourire enjôleur . Zephyr aurait put se laisser charmer … si l'autre n'était pas en train de les étudier des pieds à la tête comme pour déterminer lequel d'entre eux serait le meilleur à manger. Ou plutôt la meilleure puisqu'il sembla bien vite évident qu'une présence masculine n'était nullement désirée dans l'habitacle.
Affichant un rictus d'incrédulité, Zephyr souffla, assez bas pour que seules les filles l'entendent :
« Il manque pas d'air celui-là ! »
Cela dit, Melena fut plus prompte à intervenir et, tout en se penchant sur la portière pour que le type l'entende distinctement, elle le rembarra nonchalamment.

Alors que le type repartait, certainement un peu déçu, voilà qu'ils se retrouvaient à nouveau privé d'un moyen de locomotion. Mais mieux valait être trempé et en sécurité qu'au sec et en sursis. D'autant qu'ils étaient déjà tellement trempés qu'un peu plus ou un peu moins n'aurait pas changé grand chose à l'affaire.
« T'en fais pas, la rassura Zephyr. On finira bien par tomber sur un abri. Ou alors un cortège de bonnes sœurs en plein pèlerinage qui nous offriront leur hospitalité avec leurs sourires édentés. A moins qu'on ne … Aaaah … Atchoum !  qu'on ne se transforme en poissons...»
Mouais, ils étaient vraiment mal barrés...

Alors qu'ils marchaient, Zephyr continua en silence. Il s'était mit à grelotter sans plus pouvoir s'arrêter et, s'ils ne trouvaient pas rapidement un moyen de se réchauffer, ou au moins de se sécher, il était bon pour une bonne pneumonie.
Bien sur, les malheurs ont beau s’enchaîner, il fini toujours par arriver un petit rayon de soleil au cœur des ténèbres. Zephyr vit Mel qui accélérait jusqu'à courir et, alors qu'il marchait depuis un moment les yeux fixés sur la route et les bras serrés autour de lui, il releva la tête et vit ce qui l'avait mit ainsi en liesse. Un abri bus s'élevait fièrement devant eux, oasis de civilisation au cœur d'un monde sauvage et vide.
*Sauvés...* songea t-il.

Se réfugiant avec les filles sous le petit abri, qui se révéla bien étroit une fois qu'ils y étaient tous les quatre, il s'adossa contre l'une des parois en bois et en profita pour souffler cinq minutes.
Melena, qui connaissait bien ce monde, déchiffra le plan de route du bus et leur annonça qu'ils pourraient rejoindre la ville au sec d'ici un certain temps. Difficile à dire sans montre. Mais le plus important c'était qu'à présent ils étaient au sec... enfin en quelque sorte puisque leurs vêtements étaient aussi mouillés que s'ils sortaient d'une machine à laver sans essorage.
Zephyr sortit ses Rubz de ses poches et les compta. Il eut l'impression d'en avoir plus que lorsqu'il avait quitté Quiet Hill, comme si les pièces s'étaient dédoublées. Sans chercher à comprendre le pourquoi du comment, il s'assura d'avoir assez et se rendit compte qu'il pourrait même peut être s'acheter quelque chose en ville.
« C'est bon pour moi. J'ai ce qu'il faut. Et même plus encore. »

Il remit l'argent dans la poche de son jeans et, puisqu'ils avaient un certain temps devant eux, il décida qu'il se sentirait mieux sans un tee-shirt trempé sur lui.
« Bon, désolé mais là j'en peux plus. »
Il ôta son tee-shirt dont les manches longues gouttaient sur le sol de béton déjà inondé. L'entortillant, il l'essora de toutes ses forces devant lui en essayant de ne pas éclabousser les filles. Avec la quantité d'eau qui s'en échappa, il aurait aisément put remplir une casserole pour faire cuire des pâtes. Cette idée lui rappela qu'il avait faim.
Lorsque son tee-shirt lui parut suffisamment maltraité, il le fit pendre en l'accrochant tant bien que mal en le coinçant entre les planches du mur et du toit. Il ne serait sûrement pas sec d'ici là à ce que le bus arrive, mais au moins, il n'avait plus ce tissu mouillé sur lui. Et finalement, il avait bien moins froid comme ça. Il réfléchit un instant puis se jeta à l'eau :
« Je ..euh, bon désolé mais, je pense que vous devriez faire pareil. »

Joignant le geste à la parole, il commença à ôter ses chaussures et à déboutonner son jeans. Il se retourna, à la fois pour préserver le peu de pudeur qu'il avait ainsi que pour permettre aux filles de faire de même sans risquer des regards indiscrets de sa part. Il essora son jeans avec la même ferveur que son tee-shirt, puis, le posant quelques instants sur le petit banc en planches, il tâchât de faire de même avec ses chaussettes. Pour ses chaussures en revanche, c'était peine perdue. Il remit son jeans puis remit ses chaussures telles quelles, fourrant ses chaussettes dans ses poches. Son pantalon avait beau être toujours mouillé, au moins ils n'inonderait pas le bus en y montant.

Au dessus de leur tête, la pluie semblait harceler le toit de l'abri comme pour le faire céder afin de pouvoir tourmenter à nouveaux ses quatre victimes adorées. L'attente serait peut-être longue, mais ils n'auraient qu'à discuter un peu pour faire passer le temps. Toujours tourné vers le mur, Zephyr s'y appuya avec les avant bras et posa sa tête contre le bois rêche. Une nouvelle série d’éternuement l'ébranla. Décidément, cette petite aventure au pays des rêves tournait en eau de boudin.
Sur sa peau nue, un petit vent frai le fit frissonner.
« Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour un bain chaud et un bon café. » lança t-il tout haut. Il ne doutait pas que les filles étaient dans le même état mental que lui. Lassées et impatientes d'en finir avec ce temps et ces ennuis.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Jeu 30 Avr - 20:08

Tout le monde semblait content d’avoir de l’eau et cela fit sourire Yoake, oh moins apportait-elle un peu de bonheur. Melena refusa qu’elle remplisse sa bouteille sous prétexte du délai de charge. il était vrai qu’elle ne pensait pas au temps de recharge de deux heures, cette règle avait du lui échapper. Elle rangea son récupérateur d’eau et déjà une voiture s’arrêta juste devant les voyageurs, les yeux sombre de la japonaise dévisageaient le beau visage du conducteur, ce dernier n’avait aucune cicatrices. Par contre, sa demande à peine voilé de profiter des femmes présentes dégouta la l’hématophobe au même titre qu’une cicatrice, heureusement Melena l’envoya chier en beauté. Ils reprirent donc leur marche désespérée à travers la pluie.

L’eau dégoulinait de ses cheveux et de son manteau gorgés d’eau, ses bottes servait de récupérateur d’eau et alourdissait ses pas. Son regards se porta sur Zephyr qui une fois de plus s’était mit à éternuer, la japonaise, elle, ne se sentait pas malade mais il était vrai qu’un hôtel serait vraiment un petit plus pour tout le monde : une douche chaude, une nuit sur un véritable lit et surtout une boisson chaude. Mais pour le moment la plaine s’étendait à perte de vue.

Cela dura un bon moment avant que la thanatophobe aperçu enfin se qu’on pouvait pour le moment comparer à un miracle. Un arrêt de bus l’occasion pour le petit groupe de se mettre à l’abri, Yoake couru après Melena jusqu'à l’abri bus et se serra contre les planches de bois pour laisser passer tout le monde. Enfin au sec enfin façon de parler, ses vêtements n’étaient pas prêt de sécher. La bonne nouvelle, c’est qu’un bus allait passer aux environ de 12h44, l’occasion pour le groupe de rejoindre la ville au sec, enfin s’il pouvait passer inaperçu dur de ne pas ressembler à des voyageurs vu l’état dans lequel ils étaient, en plus Yoake avait du sang sur ses vêtements elle allait donc devoir le cacher d’une façon ou d’une autre tout en ayant l’air naturel… Bon elle y arriverait bien non ? Elle repensa un moment au policier d’Elipse qui voulait la garder prisonnière et frissonna, si on évitait de penser à Quiet Hill elle estimait avoir eu beaucoup de chance de tomber sur Melena.
Elle répondit alors à la question de Melena :

- Oui c’est bon j’ai ce qu’il faut pour le bus et…

Elle ne termina pas sa phrase, car Zephyr après avoir dit qu’il n’en pouvait plus ôta son t-shirt dévoilant son torse que Yoake ne pu s’empêcher de regarder ses yeux recherchaient comme chaque fois l’absence de cicatrice le moyen pour la jeune femme de se rassurer mais là pour le coup elle rougit violemment. Elle se força finalement à baisser les yeux, sa phobie compulsive devenait plus que gênante il fallait qu’elle y remédie rapidement. C’est alors que l’homme du groupe proposait aux femmes d’essorer leurs vêtements elle aussi ou du moins de les enlever. Sur le coup la japonaise ne savait pas vraiment comment réagir, mais après réflexion, elle se détendit c’était évident que rester avec leurs vêtements mouillés comme ça, ils allaient rapidement tomber malade et pour l’hématophobe c’était hors de question. Aussi réfléchissait-elle rapidement à ce qu’elle pouvait faire en fonction de sa tenue.
Sans un mot, elle enleva, ses bottine qu’elle vida à l’extérieur de l’abrie de bus, elle essora ses chaussette, et les remis immédiatement en grimaçant. Remettre des vêtements mouillé n’avait rien d’agréable, elle enleva finalement son manteau et en le regardant renonça à l’essorer, la matière n’était pas vraiment faite pour ça. Elle l’étendit donc grâce à une poutre qui dépassait elle le remettrait avant de prendre le bus. Sa tunique elle, était juste humide, finalement elle était bien contente de ne pas avoir à l’enlever. Elle posa alors ses yeux sur son leggins et frissonna légèrement, ce n’était pas un rêve, elle n’avait pas jeté un œil sur ce bout de tissu ensanglanté depuis la veille et maintenant tout lui revenait en mémoire d’un seul coup. Pale elle leva finalement ses yeux sombres pour vérifier que Zephyr était toujours retourné et ôta son leggins dévoilant ainsi sa cuisse, nu de toute blessure. Comme si s’était impossible, elle repassa sa main plusieurs fois le long de sa peau. Rassurée, elle essora finalement le vêtement tout en retenant la nausée qui montait en elle, malgré la couleur noir du tissus la jeune fille n’arrivait pas à ignorer le liquide rouge et même invisible le sang était toujours aussi gênant.

Après avoir calmé sa respiration qui devenait de plus en plus sifflante, la jeune fille réussit à se rhabiller, Heureusement Zephyr était toujours contre le mur et il n’avait pas du faire attention à la lenteur de la jeune femme.

Il se remit alors à tousser et dit tout haut ce que tout le monde pensait ayant reprit contenance là jeune femme ajouta alors :

- Oui une bonne douche, une boisson chaude et n’importe laquelle je ne ferais pas la difficile, et pour toi Zephyr tu es bon pour t’arrêter à la pharmacie…

Elle se permit un petit sourire après tout ce n’était qu’un rhume non ? Enfin tant que ça ne s’aggravait pas, sur ce point la nuit à l’hôtel devenait indispensable mais tant qu’ils ne travaillaient pas, il ne fallait pas que le séjour se prolonge. Elle jeta finalement un œil à Alicia :

- En fait Eva, on pourrait profiter du temps passé ici pour parler ce fameux docteur Parkinson.


Elle se souvenait avoir déjà lu son nom avant d’arriver à Dreamland mais pour le moment, impossible de se souvenir à quel endroit.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 1 Mai - 14:38

Ce fut toujours sous l’averse torrentielle que nous regardâmes le véhicule s’éloigner pour disparaître au virage suivant. Nous n’étions pas mieux avancés, et pourtant je ne pus dissimuler mon amusement en repensant à Melena remettre à sa place le conducteur un peu trop sûr de lui. Un petit séducteur qui n’était pas tombé sur la personne la plus apte à accepter son hospitalité si « désintéressée ». Et un piètre menteur aussi… Franchement, quand on ne sait pas mentir, on s’en abstient sous peine d’avoir l’air stupide. Et même si le jeune homme ne parut pas déconcerté par les répliques cinglantes de la londonienne, je ne pouvais pas m’empêcher de le voir comme un attardé qui n’avait pas compris que sa belle gueule ne suffisait pas pour séduire ses congénères.

Il fallut donc reprendre la marche et supporter la météo désobligeante, tout comme le froid qui s’insinuait vicieusement jusque dans nos os. Mes vêtements ne s’apprêtaient pas à ce genre de temps, je portais un simple jean et un tee-shirt qui n’était pas assez épais à mon goût. Si j’avais su, je serais allée voir le psychiatre armée d’un pull et d’une écharpe au moins ! Mais à l’évidence, ce fichu docteur n’avait aucune idée de la nécessité d’informer son patient qu’il  avait de forte chance d’attraper froid avec ses habits d’été. Oui, parce que moi, en allant à ma séance d’hypnose sous la chaleur du soleil de San Francisco,  je n’aurais jamais pensé devoir venir avec mon cahouet et mes bottes.  

Au bout d’un certain temps alors que nous ne ressemblions plus qu’à de pauvres animaux abandonnés, Melena trouva un merveilleux abri bus. Et c’est sans se concerter, que nous nous précipitâmes vers ce qui sembla être un refuge bienvenu au milieu de la tempête. L’arrêt de bus était peut-être légèrement étroit, mais c’était suffisant pour nous protéger du crachin qui tombait du ciel. Je pris appuie sur le petit mur en bois et rabattis les quelques mèches barrant mon visage. L’eau continuait à suinter de mes vêtements humidifiant au passage le bois sur lequel je m’étais adossée.

Sans perdre plus de temps, Melena jeta un coup d’œil sur les horaires de bus pour nous indiquer qu’il y avait bien un bus qui passerait vers 12h 44. Ce dernier nous déposerait à la mairie de Riven Town si bien sûr, nous avions 20 rubz à débourser. Je vérifiai alors si j’avais assez d’argent pour pouvoir payer le voyage.

- J’ai ce qu’il faut aussi.

Et puis Zéhyr se mit à se déshabiller sous nos yeux, pressé d’enlever les tissus collant à sa peau. Je détournai le visage aussitôt, observant à la place les buissons et hautes herbes qui nous entouraient. Cependant, j’avais eu le temps de voir à quel point ce jeune homme était bien bâti. De quoi faire rêver les jeunes filles, même les plus farouches. Moi-même, mon visage serait devenu cramoisi si je n’avais pas su contrôler un minimum l’expression de mon visage. Du coin de l’œil, je vis que Yoake suivait aussi le mouvement ne supportant sûrement plus son leggins imprégner de sang. Ainsi, à mon tour, je délassai mes chaussures pour les retirer et enlever la flaque d’eau qui s’y était accumulée. Cependant, je n’aurais jamais eu l’idée de faire pareil avec mon haut et mon pantalon. J’aurais été beaucoup trop gêné face à des personnes que j’avais rencontrées juste hier. De plus, le pantalon serait difficile à enlever tout comme à remettre. Et j’avais assez de pudeur pour ne pas vouloir enlever mon haut.
Quelques minutes plus tard, je fus interpellée par la japonaise pour se renseigner sur le fameux docteur Parkinson.

- Pourquoi pas.

Je souris à mon interlocutrice évaluant déjà ce que je pourrais bien dire de crédible à ce sujet. Je savais aussi que cela pourrait intéresser les deux autres compagnons alors je me concentrais.

- En fait, le docteur Parkinson est l’instigateur d’une réelle thérapie par l’hypnose. Il s’est inspiré des anciens travaux de Freud sur cette technique et l’a développé afin de l’inclure dans une thérapie comportementale et cognitive ou TCC pour faire plus court. Cette psychothérapie va être utilisée avec une technique d’exposition où le sujet ayant des troubles, symptômes ou pathologies va faire directement face à son handicap. Par exemple, Melena qui est thanatophobe à un pouvoir lié à la mort l’obligeant à s’y confronter.

Je prends une pause pour laisser les autres digérer l’information pendant que je trifouille ma mémoire à la recherche d’informations convaincantes. J’avais peur de les perdre dans un vocabulaire peut-être un peu trop spécifique. Cependant, certains points dans les recherches du docteur restaient assez obscurs pour moi dans le sens où il n’avait pas assez développé. Par exemple, je ne savais pas comment ce cher psychiatre arrivait à faire en sorte que chacun de ses patients arrivent dans un même monde alors que chacun avait sa propre inconscience. En tout cas, j’avais dû mal à me dire que c’était mon esprit qui avait inventé Melena, Yoake et Zéphyr. Je ne pouvais faire que des hypothèses et attendre pour avoir des réponses.

- Enfin, après je suis juste une étudiante en pleine formation, mais mes recherches se tournent surtout sur la compréhension des mécanismes qui sous-tendent l’hypnose que le docteur Parkinson a mis en place. Du coup, les raisons de ma présence ici sont de savoir comment cette thérapie fonctionne et si elle déontologiquement correcte…

Cette fois je me tu leur laissant le temps de formaliser les éventuelles questions qu’ils auraient. J’aurais pu ajouter d’autres choses mais il ne me semblait pas nécessaire de les noyer sous une tonne d’informations. De plus, j’avais envie de garder quelques arguments pour plus tard.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La marche de l'avenir   Ven 1 Mai - 19:37

Bon : tout le monde avait de quoi se payer le bus, il ne restait qu’à attendre patiemment que ce dernier se montre. Ils étaient à l’étroit sous l’abri, surtout quand tous essayaient de se mettre hors d’atteinte de la pluie qui chassait au moindre coup de vent, mais il faudrait faire avec. D’ailleurs Zephyr semblait s’être investi lui-même de la mission de rendre leur situation plus supportable puisqu’il prétexta ne plus supporter ses vêtements détrempés pour se déshabiller sous les yeux de ses trois comparses du sexe opposé. Elle avait une préférence pour les filles… de sorte que Melena semblait être la seule à ne pas s’extasier devant la plastique du phobique. Enfin, Eva ne laissait rien paraître bien qu’elle ait vivement détourné le regard mais Yoake avait viré à l’écarlate.

L’irlandaise poussa un soupir avant d’entreprendre aussi de vider ses bottes et d’essorer ses chaussettes. Son avantage comparé aux autres ? Elle avait du change. Enveloppant soigneusement ses chaussettes dans le haut de toile qu’elle avait pris soin de traumatiser au préalable, elle put trouver dans sa hotte de quoi mettre ses pieds au sec. Au lieu de ses bottes mouillées, elle remit les vieilles converses qu’elle avait en arrivant à Dreamland. Pendant ce temps, la japonaise et son acolyte masculin étaient occupés à faire un strip tease intégrable. Sans s’en rendre compte, les yeux gris de la nécrophobe s’étaient attardés plus longtemps que de raison sur la peau blanche des cuisses de l’hématophobe.

Elle détourna vivement le regard, priant que personne n’ait fait attention à son trouble. La flaque d’eau qui se formait sur le bas-côté de l’autre côté de la route lui parut soudainement absolument passionnante. Sa combinaison était toujours trempée mais au moins, elle lui épargnait le froid. Elle fut arrachée à ses contemplations mornes par les fantasmes de boissons chaudes et la voix de Yoake qui demandait à l’étudiante en psychologie de partager son savoir. Melena redescendit sur terre, impatiente d’en entendre enfin plus sur les théories du Dr Parkinson.

Ses sourcils se fronçaient alors qu’Eve avançait ses connaissances, en partie pour être certaine de bien comprendre ce qu’elle racontait. Elle eut envie de s’offusquer quand elle fut citée en exemple comme si elle n’était qu’un cobaye dans une expérience. Toutefois autre chose la préoccupait. Le discours de la mythomane était convaincant, mais son vécu l’obligeait à poser des questions. Un instant, elle eut envie de lever la main avant de prendre la parole, à croire que ses réflexes d’adolescentes n’étaient pas morts après tout ce temps.

- Mais… à t’entendre, on dirait que Parkinson savait ce qu’il faisait ? Je veux dire… de ce que j’ai pu comprendre de sa pratique, il savait que sa technique d’hypnose donnait des résultats, mais il ne savait pas vraiment « pouquoi ».

Melena avait la véritable expression de l’élève qui essaye de saisir quelque chose en classe. Une fois encore, le masque était tombé, la meurtrière laissait sa place à l’enfant. Ne souhaitant pas paraître insolente ou suspicieuse, ce qui en soit était exceptionnel, elle poursuivit pour être sûr que la « spécialiste » comprenne d’où elle voulait en venir :

- Au moment où le Marchand de sable a expulsé tous les voyageurs de dreamland, on était plusieurs à s’être réveillés dans la salle de repos du cabinet de Parkinson. Quand il s’est rendu compte qu’on avait des pouvoirs, il s’est enfuit tellement vite que personne n’a pu le rattraper. Il a vraiment eu l’air dépassé !    

Elle se tourna vers Yoake et Zephyr, comme pour les prendre à témoin. Ainsi, elle surprit que la japonaise, bien qu’elle fasse merveilleusement bonne figure, n’avait pas l’air dans son assiette. Ses yeux d'orage s’abaissèrent sur sa cuisse et la vision du leggins déchiré lui fit supposer ce qu’il était impossible à deviner. Le souvenir du sang et de la blessure, sans doute. Sans laisser paraître la moindre émotion, comme si elle craignait qu’on assimile sa générosité à de la faiblesse, Melena fouilla dans sa hotte pour en tirer sa jupe en toile de jute miquitzlienne. Elle la tendit à son amie en disant :

- Tiens, enlève ton leggins et essaye de mettre ça. Ce sera pas très tendance mais ce sera peut-être mieux ? ajouta-t-elle en s’autorisant finalement un petit sourire, et si tu veux, je peux laver son couteau-suisse sous la pluie.

Ce geste ne lui coûterait rien, alors qu’elle savait ce qu’endurait l’hématophobe chaque fois qu’elle voyait une goutte de sang.

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