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 Le soulèvement des machines

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Anastasia Waitten

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Maladie mentale : Dépendance affective

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MessageSujet: Re: Le soulèvement des machines   Jeu 9 Avr - 10:31

L'attention du commando épuisé nerveusement s'aiguisa à nouveau.
Un rai de lumière verdâtre, invisible aux yeux quand on entrait dans cette caverne mais évident de ce côté-ci, courait entre deux stalagmites assez espacés l'un de l'autre pour qu'une personne puisse se faufiler.

Anastasia n'attendit pas l'ordre de sa chef, elle connaissait son rôle à présent.
Son seul souci était d'être estimée. En faisant son travail correctement elle savait que ses quatre collègues l'appréciait, cela lui donna le regain d'énergie qui lui faisait défaut après cette marche interminable, boitillante avec une seule chaussure.
Elle se glissa entre les deux pointes de calcaire et commenta:
le passage débouche sur un petit boyau praticable qui va s'élargissant; j'y pénètre.
Prudente, arme au poing comme toujours, inquiète, elle avança et reprit:
Le couloir est très court, je n'ai fait que quelques pas et je me trouve devant une porte close, taillée dans la pierre, impossible à ouvrir: elle n'a pas de clenche ni de verrou, pas de bouton ou un panneau électronique quelconque, juste quelques lettres et chiffres gravés. Je ne vois pas non plus de système de protection, juste une grosse pierre verte, fluorescente, au-dessus qui éclaire tout.
Ne bouge pas Ana, on te rejoins chuchota Joan.
Les quatre se coulèrent l'un après l'autre dans la saillie et arpentèrent la galerie, Joan en tête puis Edem et Andrew. Mike fermait la marche, se retournant régulièrement afin de surveiller les arrières.
En quelques secondes il furent devant la porte rocheuse qui devait avoir presque 1 mètre d'épaisseur et sur laquelle on pouvait lire: H2SO4.

C'est le symbole chimique de l'acide sulfurique ! s'exclama l'ingénieur.
Se tournant vers son stagiaire il expliqua: On l'appelle aussi vitriol, c'est ce que crache ces satanés cafards. Cet acide est très important pour les métaux et énormément utilisé. Je suppose que c'est pour cela que sa formule est gravée là. C'est peut-être une sorte de dieu pour les robots ! ironisa t-il.
Je pense que ce doit être le système d'ouverture, Essaye de la toucher ou d'appuyer dessus, Andrew. répondit Edem.
Non ! cria presque Anastasia je pense que c'est dangereux au contraire, cela me semble trop simple...
Depuis quand t-a t-on demandé de penser Ana ? lança froidement et vertement Joan. appuie là-dessus Andrew s'il te plait.
Anastasia n'y connaissait rien en chimie, cette matière ne l'intéressait pas. Aussi n'avait-elle pas entendu "vitriol" comme tous les scientifiques mais "V.I.T.R.I.O.L." ce qui comportait une différence en matière de définition.
Hem... Vous-êtes sûrs ? bredouilla Andrew en approchant l'index avec hésitation et jetant un regard légèrement angoissé vers Anastasia.

Pressentant une menace imminente, la jeune femme fut prise de panique. Pas encore certaine de son pouvoir, elle se souvint vaguement qu'un jour après avoir affirmé quelque chose, son avis avait été suivi. Elle n'avait plus rien à perdre et tenta le tout pour le tout:
Ne le fait pas Andrew, c'est un piège !
A sa grande surprise, l'ingénieur-docteur en physique arrêta son mouvement et répondit presque soulagé: Oui, bien sûr Anastasia; nous t'écoutons...
Interloquée par la réaction d'obéissance d'Andrew et à présent quasi certaine de son pouvoir, elle prit la parole:
V.I.T.R.I.O.L. en alchimie signifie: "Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultam Lapidem" ce qui signifie "visite l'intérieur de la terre" - c'est ce que nous venons de faire - "en rectifiant tu découvriras la Pierre Cachée". Nous avons rectifié la portée de notre regard en pénétrant dans la caverne par sa sortie, ce qui nous a permis de voir l'ouverture; et la Pierre, la voici ! elle désigna la pierre verte et continua. Elle parlait vite à présent, résumant tout ce qu'elle avait lu sur le sujet, certaine d'être sur la bonne voie:
C'est cette pierre fluorescente qui m'a interpelée, elle est seule, au milieu de toute cette roche rouge sombre, bien scellée au dessus de la porte. C'est le symbole, entre autre, de la Table d'Emeraude qui signifie "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas".
En haut, c'est le champ de bataille des robots qui veulent prendre le pouvoir sur l'humain; en bas c'est ici, où l'on forge, rectifie, répare toutes les machines qui servent à prendre ce pouvoir, l'un ne va pas sans l'autre...

C'est très joli toute cette histoire mais je ne vois pas où tu veux en venir et encore moins comment ouvrir cette porte avec une telle légende ! coupa Joan, courroucée à l'idée de devoir écouter une subalterne.
J'y viens Joan. je raconte tout cela à haute voix afin d'être sûre de ne pas me tromper... Elle continua son récit:
Le symbole de V.I.T.R.I.O.L. est un lion vert; les couleurs sont importantes en alchimie. Le lion vert "ouvre et ferme les 7 sceaux indissolubles des 7 esprits métalliques". Ce symbole ouvre et ferme la porte de l'esprit, c'est-à-dire du coeur de cette base, où tout est contrôlé.
OK mais comment ? demanda Mike Je ne vois rien qui corresponde de près ou de loin à 7 sceaux ou à un lion...
Anasatsia se tourna vers lui et répondit: C'est parce que je pense que le système d'ouverture n'est pas ici. Elle reprit ses réflexions:
Les couleurs sont importantes... Or le lion vert a une définition: "Vert est entre Bleu et Jaune mais entre avec le Rouge dans un jeu symbolique d'alternance. la Rose fleurit entre les feuilles Vertes." Si l'on décompose cette explication on a : bleu + jaune = vert puis rouge avec vert = bleu + jaune, afin de marquer cette alternance. Et là, si l'on compte le nombre de couleurs on obtient: 7; les 7 sceaux.
D'instinct, les 4 se mirent à examiner les alentours à la recherche des couleurs. Il y avait bien le rouge et le vert mais ne trouvaient ni bleu, ni jaune.
La Belle, au jeu de devinettes je donne ma langue au chat ! s'exclama Edem, large sourire aux lèvres.

Anastasia reprit: Souvenez-vous du panneau tout rouillé à l'entrée de la grotte, celui où il y avait les gros boutons qui désactivaient le système de protection du couloir où j'ai rampé. Il est composé d'une multitude de boutons lumineux et colorés; je suis sûre que c'est le panneau de commande d'ouverture de cette porte !
Les 4 se regardaient et regardaient Anastasia mi perplexes, mi réconfortés. Logiquement, le discours se tenait mais si c'était une erreur, malgré tout ?
Ils parcourent à nouveau la roche et la porte des yeux. ne voyant rien de plus, Andrew prit la parole:
Je pense que nous n'avons pas d'autre choix et Ana a peut-être raison: la formule a été gravée pour nous tromper... Tentons son hypothèse et...Inch Allah !
Ana tu vas jusqu'au panneau et tu appuie sur les boutons. Mike, tu l'accompagnes afin de vérifier qu'elle ne se trompe pas et tu la couvres. En cas de danger sa vie devient plus importante que la tienne; je pense être claire. Quand c'est fait, vous revenez ici le plus vite possible.
Moi et Edem on se plaque contre la paroi, l'un en face de l'autre, arme au poing, devant la porte, prêts à tirer si elle s'ouvre sur quelqu'un. Andrew, tu te positionnes derrière et tu protèges les arrières. Exécution
ordonna Joan.

Anastasia et Mike se dirigèrent d'un seul pas vers la caverne.
Arrivée devant le bloc électronique, la jeune femme étudia toutes les couleurs. Evidemment, il y avait une multitude nuances, du plus pâle au plus foncé afin de tromper l'ennemi mais Anastasia connaissait bien les couleurs exactes utilisées en alchimie. C'était d'ailleurs les mêmes qu'on retrouvait sur les plus riches et plus somptueux vitraux d'église: rouge rubis, bleu roy intense, vert émeraude, etc.
Lentement et prudemment elle composa le code: bleu-jaune-vert-rouge-vert-bleu-jaune, sous le regard tendu du stagiaire.

Ils ne virent pas la porte basculer légèrement et s'ouvrir latéralement sur une caverne ronde, immense, éclairée comme en plein jour, aux parois couvertes d'écrans et d'ordinateurs en tous genre, toutes formes et toutes grandeurs.
Anastasia et le jeune doctorant se lancèrent au pas de course afin de rejoindre les 3 autres et prendre position...

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Julian McMorre

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Maladie mentale : Peur des convenances, normes et des règles.

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MessageSujet: Re: Le soulèvement des machines   Jeu 9 Avr - 15:25

Essayez donc d'imaginer votre état quand votre épaule est probablement déboîtée, voir même cassée, réduite en morceau. Imaginez aussi que vous venez de vous ramasser avec violence au fond d'un trou à cause d'un éboulement de terrain alors que vous luttiez en pleine guerre contre une armée de robots déchaînés. Dites-vous aussi que vous tentez de vous rattraper, et d'esquiver les morceaux de métal broyant tout lors de la chute, avec une cheville sur laquelle vous n'arrivez plus à vous appuyer tant elle est douloureuse, ceci malgré l'adrénaline qui ne fait plus tant effet que cela. Et les chocs reçues, dites vous qu'ils le sont avec un corps déjà meurtris par une promenade offerte par une tempête assez violente et un lynchage en règle, juste suffisant pour vous laisser vivre...

C'est là ce que vient de vivre Julian. Tout comme lui en ce moment même, vous seriez allongé au sol, heureux de la chance que vous avez eu dans ce chaos invraisemblable. Vous lutteriez aussi pour rester conscient alors que la douleur que vous fait ressentir votre corps vous donne envie de partir, partir loin d'ici, dans un monde où plus rien n'est, certainement pas cette souffrance qui vous déchire de la tête au pied. Et vous en pleurez tellement c'est difficile, à serrer les dents comme jamais pour ne pas geindre.

Avec de la chance, comme celle qui suit le phobique de la normalité qu'il est, l'équipe médicale arrivera à temps pour vous secourir alors même que vous vous abandonnez au sommeil, sans aucun désir de ressentir une seconde de plus toutes ces sensations douloureuses. Vos alliés vous prendront ainsi en charge, et sur ordres des supérieurs, vous ramènerons à la base pour être soigné.

Et pendant ce temps, tout comme le jeune homme, vous flottez entre deux mondes. Vous percevez de manière plus qu'approximative le fait que l'on vous met dans un brancard et que vous êtes rapatrié au vaisseau de soins urgents le plus proche. Pendant encore quelques minutes, vous arrivez à saisir que des gens en blouses blanches s'affairent autour de vous et s'étonnent sur le moment que votre pouvoir s'active, laissant votre humble personne avoir d'un seul coup sur soi tout de la tenue d'un patient d’hôpital à la place de votre uniforme de soldat.

Puis vous perdez conscience, comme lui, dès que les premières mains commencent à s'affairer activement sur votre corps pour vous sauver la vie, tant il est plus simple de fuir l'horreur de ce que vos nerfs vous font sentir.

Quelques temps plus tard, votre réveil, comme celui de Julian, est dur. Très dur. Vous êtes immédiatement ébloui par des lumières blanches intenses qui passent même à travers vos paupières, et vous ressentez une immense fatigue. Vos muscles se sont quelques peu refroidis, et grande nouvelle, vos amies les crampes commencent à pointer le bout de leur nez, et ceci, vous le sentez en ne bougeant qu'à peine le peu de partie que votre corps a encore en un seul morceau, comme votre bras droit.
De toute manière, vous vous sentez comme coincé, bloqué dans la position allongé où vous êtes. Et il faut un grand effort de concentration à travers le mal de tête abominable qui vous ronge le cerveau pour comprendre que de multiples minerves vous maintiennent dans votre position, aussi gênant celui puisse-t-il être : une sur la jambe gauche, allant jusqu'à protéger la cheville foulée un peu plus tôt, une autre en plastron, comme si vous aviez en fait de nombreuses côtes cassées, ce qui est par ailleurs le cas, et une vous maintenant l'épaule blessée, mais pas cassé à en croire le peu de sensations que vous avez.

Dans tous les cas, il vous faudra, tout comme pour lui, une bonne quinzaine de minutes pour sortir complètement du coaltar provoqué par les médicaments, prescrits le temps que l'on vous ait une stabilisé et soigné. Au final, vous arrivez même à bouger un peu, à vous redresser au prix de douleurs peu agréables et à observer vos alentours.

Vous y verrez une grande pièce, pratiquement caricaturale de ce que l'on pourrait s'attendre d'une salle de soin, avec des lits blancs – enfin rouges de sang pour certains – et des murs blancs, et des infirmières en blanc qui s'affairent partout, et ces fichus lumières blanches, et tout en blanc pratiquement... Et aussi à coup sûr bien plus technologiquement équipée que pourrait l'être le moindre hôpital du monde réel que vous arriveriez à vous remémorer, comme celui que Julian avait fréquenté lors d'une chute à vélo plus jeune.

Les infirmières arriveraient pour vous aider et savoir comment vous vous sentez. Il est probable que, comme notre phobique, vous vomissiez d'un seul coup sur le sol à côté du lit à cause d'une nausée éclair, et que cela donne une réponse à votre aide. Cette dernière s'équipera d'une étrange appareil avec lequel elle vous scannera le temps d'une minute.

Elle annoncera gentillement – n'est-elle de toute manière pas payée pour ça ? – que votre état est plutôt stable maintenant, mais que vous n'êtes pas passé loin de la catastrophe. Rapidement, vous allez comprendre qu'en fait, sur surplus de gentillesse et d'aide apportée n'est peut être pas tant compris dans son contrat d'infirmière quand elle vous annonce que malgré votre état, elle vous trouve mignon sur votre photo et courageux d'être parti vous battre comme ça, et qu'elle aime bien les hommes comme ça.

Vous allez clairement rougir jusqu'aux oreilles et plus encore, similairement au jeune homme, et devoir la repousser en bafouillant que vous avez déjà une petite amie. Vous allez aussi vous dire, si vous souffrez de la même phobie que lui, que de toute manière, se « taper » une jolie infirmière – vous ne pouvez qu'avouer qu'elle est vraiment mignonne – est un phantasme bien trop commun à tous les hommes. Ça vous est impensable et vous coupe toute envie qui pourrait naître après ce que laisse entendre votre interlocutrice à travers ses jolies paroles, ses gestes doux et son jolie décolleté...

Elle partira juste après, frustrée et vexée de votre réponse. Par chance, elle vous avait déjà installé dans un fauteuil électrique basique, vous permettant de vous déplacer plus ou moins à votre guise dans les zones autorisées. De toute manière, vous ne pouvez certainement pas en descendre par vous même, vous auriez trop de difficultés, et trop mal partout.

Tout comme Julian, vous allez vous diriger vers la salle spéciale aménagée pour les blessés et qui permettent avec des lunettes de vision 3D de vous « promener » sur le champ de bataille à travers les caméras disséminées dessus, qu'il s'agisse de celles sur le casque des soldats, ou celles des drones volants ou autres véhicules de votre camp. Vous avez même le droit à des oreillettes, si vous le voulez, qui peuvent vous retransmettre le son.

Et tout comme le phobique, vous essaierez de voir vos compagnons, Anastasia et Selene. Surtout cette dernière. Pour la première, vos lunettes vous annoncent de toute manière que c'est impossible, la connexion n'étant pas faisable. Et pour votre douce amour, vous pourrez assister à tout son combat contre l'énorme golem. Et vous allez être désespéré du plus profond de vous-même de ne pas être sur place à l'aider, à la sauver, à l’empêcher de mourir. Parce que oui, avant que le combat ne finisse, vous n'aviez aucune idée de comment elle pourrait s'en sortir vivant. Vous finirez même par tomber avec douleur de votre fauteuil en voulant esquiver un tir du golem tant la 3D est réaliste, toujours assistant impuissant à tout ce qui arrive. Ce ne serait pas vous, pas quelqu'un comme Julian, vous en pleureriez certainement de désespoir...
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Selene Nymphadora

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Maladie mentale : TOC des épouvantails

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MessageSujet: Re: Le soulèvement des machines   Dim 12 Avr - 12:04

L’exercice était monotone. Aucun des robots-jouets à l’armement dérisoire n’était parvenu à faire plus de quelques mètres avant d’être sommairement abattu par l’un des membres de la première ligne. Selene recommençait même à sentir le froid paralyser ses doigts à force de rester pratiquement immobile. Combien de temps cela durerait ? Les robots allaient surement finir par réunir de nouveaux bataillons efficaces, des combattants que la vingtaine de recrues qu’ils étaient ne pourrait pas retenir.

D’ailleurs, l’arrivée des wagons volants avaient été interrompu. Le sol s’était mis à vibrer et bientôt, les humains purent voir approcher d’immenses chars d’assaut. Imprenables, leurs chenilles laissaient des tracés nets dans la terre dure de la mécanoplaine. Ils se stoppèrent à une centaine de mètre du cratère qui servait de tranchée au camp allié. De lourdes portes se soulevèrent alors sur les flancs, coulissant dans un lourd cliquetis métallique. Avec une régularité qui ne pouvait être qu’artificielle, des robots sortirent alors en rangs pour former des bataillons parfaitement alignés. Pour ceux qui avaient vu le film I-robot, la ressemblance était frappante.

La toquée écarquilla les yeux devant le nombre insurmontable d’ennemis. Ils étaient des centaines, armées de mitrailleuses ou d’espèce de hallebardes. Plus par réflexe, elle tenta plusieurs tirs. Elle parvint à éliminer trois robots d’un laser dans leur plastron blanc, mais les autres se mirent à avancer. Déterminés – programmés.

- Il faut se replier ! Ils sont trop nombreux. Lancez vos fumigènes !

Une flopée de bombes fut lancée comme d’un seul homme et un nuage se dégagea, privant momentanément les robots de la vision des soldats de la M.E.R.D.E. Selene s’était levée, suivie de tous ses comparses, exceptés quatre qui s’étaient mis à tirer en boucle à travers l’écran de fumée.

- Allez-y, on les retient ici. Il faut tenir le plus possible !

L’adolescente resta bloquée au milieu du cratère, à quelques mètres de ses collègues qui se sacrifiaient. Comment ? Comment pouvait-elle laisser faire ça ? Devait-elle se retourner et porter en elle la mort de ses compagnons ? Même si c’était insensé, même si l’ennemi était en surnombre, elle devait… elle pouvait…  une main s’était refermée sur son bras pour la tirer. C’était un homme d’une trentaine d’année, le visage éprouvé, mais ses yeux l’enveloppaient avec un voile protecteur.

- Il faut reculer miss. On a une portée de 800 mètres. Si on arrive à prendre de la distance, on pourrait en abattre un maximum avant qu’eux puissent nous toucher. En espérant que le commando fasse sauter leur base d’ici là…

Sans être réellement convaincue, la jeune fille se laissa entrainer. Dans son dos, la rumeur des tirs lasers et des mitrailleuses grondaient. Elle ne vit pas alors que les robots avaient appris de tous les combats menés jusqu’à présents : ils étaient plus vifs, plus forts, et connaissaient les stratégies humaines. A peine la fumée avait-elle masquée le cratère qu’ils s’étaient mis à courir, se dispersant pour éviter les tirs, vidant leurs chargeurs dans le nuage.

La galloise était tout juste passée de l’autre côté du cratère, prête à courir à son tour, qu’une douleur atroce enflamma son bras gauche. Une balle perforante avait percé sa combinaison pour se ficher dans sa chair. Selene hurla de douleur et ne réussit ne faire que quelques foulées maladroites avant de s’effondrer. C’est la première fois qu’elle se faisait tirer dessus. Ça faisait mal, tellement mal ! D’un coup, la terreur qu’elle réussissait à contenir jusque là revint à la charge. Allait-elle mourir ?

Elle sentait son bras palpiter, comme si son cœur s’y trouvait désormais. La douleur se diffusait pratiquement sur toute la moitié droite de son corps. Il fallait qu’elle se relève, qu’elle court, sinon… pourquoi avait-elle autant envie de pleurer ? Elle avait si souvent souhaité mourir, elle avait même essayé… alors pourquoi ? A cause de Julian et Anastasia ?

La rouquine n’avait même pas sentit qu’on la soulevait de terre. Son acolyte, celui qui l’avait déjà tirée hors du cratère, l’avait prise sur son épaule pour l’emporter avec lui. Une adolescente de 49kg, ça ne pesait rien pour lui, et encore moins dans une situation pareille ; ce n’était pas demain qu’il laisserait mourir un enfant sur un champ de bataille.

- Aller tenez bon miss, lui glissa-t-elle sans réduire l’allure, c’est que le bras, je vous emmène à l’écart.
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Anastasia Waitten

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Maladie mentale : Dépendance affective

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MessageSujet: Re: Le soulèvement des machines   Lun 13 Avr - 13:12

Mike et Anastasia venaient tout juste de se glisser dans l'ouverture, entre les deux stalagmites - afin d'emprunter le couloir qui mène au coeur - qu'ils entendirent une série de déflagrations du style mitrailleuse, instantanément suivie de cris de douleur puis le silence.
La stupeur les fit s'arrêter net. Visages virant au vert, traits tirés, yeux agrandis par l'horreur, ils se regardèrent chacun pensant à la même hypothèse effrayante: certes, la porte s'était ouverte mais elle était sécurisée...
Ils fermèrent les yeux quelques instants afin de chasser l'angoisse qui les étreignait: les collègues étaient-ils blessés ? morts ?
Pour le savoir il n'y avait qu'une solution: aller voir.
Mike souffla bruyamment et poussa un long soupir avant de prendre la parole:
Je ne sais pas comment mais il faut qu'on avance... On est protégé jusqu'au petit virage, tentons de jeter un coup d'oeil.
A pas de loup, la méfiance aiguisée et la concentration à son paroxysme, ils avancèrent lentement. La proximité de mort éventuelle les firent se coller l'un à l'autre, tant par besoin de protection que pour ressentir la sensation chaude et rassurante d'un corps humain vivant.
Aucun des deux n'osaient penser à autre chose que leurs pas, surtout pas aux trois autres probablement effondrés au sol.
D'instinct, Anastasia mit la main dans sa poche: la bombe à générateurs d'IEM était bien là. Doucement sa main remonta et palpa la poche intérieure: le dessin d'épouvantail n'avait pas disparu non plus. Elle aurait aimé se dire que tout allait bien...

Ils arrivèrent au coude et se collèrent contre la paroi.
D'où ils étaient ils ne pouvaient toujours rien voir; il aurait fallu avancer un peu plus; pas grand chose: un pas, deux maximum mais cela leur donnait l'impression d'une enjambée de géant vers une mort certaine et restèrent cloués là.
Ils virent les reflets d'un rayon de lumière, laser certainement, qui devait balayer toute la superficie de cette fin élargie du tunnel où se trouvaient - dans quel état ? - Joan, Edem et Andrew.

D'où ils étaient, il n'était pas non plus possible de lancer l'engin qui réduirait à néant l'activité des machines. Il fallait prendre des risques mais ils n'étaient pas encore prêts à les assumer. Héros kamikaze n'était pas la fin qu'ils avaient espérés.
Anastasia ne pu s'empêcher de penser à Edem; elle avait un petit faible pour lui et priait dieux et diables qu'il soit juste blessé.
Le silence seul répondit à ses incantations.
Son esprit imagina Julian sur le champs de bataille, entouré de morts, de blessés, de robots à abattre, du Golem puis Selene harassée de fatigue, les yeux fous d'avoir trop contemplé les plaies béantes, témoins du dernier souffle de combien de centaines d'individus ?
Elle s'en voulut de sa lâcheté, il fallait agir coûte que coûte à présent.
Le corps glissant le long de la paroi elle fit un petit pas. insuffisant.
La peur au ventre, elle amorça le second.
Le rayon laser l'évita d'1 millimètre; elle n'était pas repérée et pu voir:
devant la porte ouverte se tenait une mitraillette sur pied, rouillée mais efficace surmontée d'une sorte de petit projecteur tournant sur lui-même, dirigeant le faisceau partout, du sol au plafond compris.
Derrière l'arme, elle distingua les écrans d'ordinateurs de la caverne, eux aussi du sol au plafond.
Devant... Joan, Edem et Andrew étaient inertes, gisant dans une marre de sang.
Des larmes de douleur et de colère roulèrent sur ses joues. Mike l'avait rejoins et lui prit la main en signe de réconfort.
Que fait-on maintenant ? souffla t-elle.
Nos pistolets laser ne nous serviront à rien d'autre qu'à remettre en route cette mitrailleuse de malheur... Mais nous avons une possibilité. Notre mission devra s'accomplir en deux temps: 2 bombes. Sais-tu bien lancer haut et loin ? répondit le stagiaire.
Moyen... plutôt non...
Bon. C'est donc toi qui devras lancer la première. je t'explique: tu balanceras ton IEM au ras du sol; ce ne sera pas très puissant mais largement suffisant pour neutraliser le rayon laser et l'arme. Dès que tu as lancé, tu te planques à nouveau derrière la paroi: les rayons sont mauvais, ils peuvent perturber tes connexions neuronales ou te tuer.
Une fois cette étape réussie, j'avance jusqu'à l'entrée de la caverne, je n'ai pas le choix: les machines sont forcément protégées par une cage Faraday ou autre chose, il faut que j'examine cela et que je lance ma bombe en fonction de ces paramètres sinon elle sera trop peu efficace. Evidemment, je lancerai le plus en l'air possible: une bombe qui explose en altitude provoque une IEM bien plus étendue qu'une explosion au sol, ainsi le facteur inconnu: la dimension de la caverne ne sera pas un problème; on aura la certitude de tout bousiller.
Vas-y !

Anastasia se concentra, lança la bombe comme on lance un palet, légèrement au-dessus des corps toutefois et bondit derrière la paroi. Elle entendit le bruit caractéristique de l'impulsion et vit le rayon laser mourir. Le plan N°1 avait parfaitement fonctionné, la voie était libre pour le doctorant.

Après quelques instants d'attente, Mike avança doucement.
Comme rien ne se passait, il accéléra l'allure et se campa devant l'ouverture, pistolet au poing.
la caverne était immense mais ronde, cela faciliterait la tâche !
Il fut surpris de constater que les appareils n'étaient protégés que par une immense cage Faraday en assez médiocre état.
En d'autres circonstances, il aurait été déçu s'attendant à devoir affronter une technologie bien plus évoluée mais là, il fut rassuré. cela prouvait aussi à quel point les robots avaient été un peu trop sûr d'eux, combien dans leur haine, ils avaient sous-estimés le potentiel humain. Ils avaient beau connaître leurs réactions sur le bout des doigts, jamais ils n'arriveraient à cerner complètement les différents facteurs et combinaisons liant l'intellectuel au sentiments qui était autant le génie que la catastrophe humaine. Eux-même, gens de chair, malgré les milliards de rayons de livres sur le sujet n'en n'étaient pas encore venus à bout.
Examiner la cage fut un jeu d'enfant. Il n'eut même pas besoin de faire 3 pas: il savait ce qu'il cherchait, il le trouva: les fuites !
Une fente dans le métal d'un centième de millimètre laisse passer les ondes comme un gros trou de 10cm de diamètre ! et la fente, elle était là, sous ses yeux. Et il y en avait d'autres dans cette ferraille à moitié corrodée.
Dans un ample geste de rage, il lança sa bombe en hauteur. La déflagration fut intense et le terrassa sur place.

Folle d'angoisse, Anastasia le rejoignit et se pencha pour écouter son coeur: il était vivant !
Les lumières clignotèrent et s'évanouirent, le ronflement des machines cessa. Ils ne furent plus éclairés que par la faible luminosité de la pierre verte fluorescente.
Voulant prévenir les supérieurs de la réussite de leur mission, elle s'aperçut que l'oreillette ne fonctionnait plus, ni son pistolet laser, ni rien d'ailleurs; logique...
Mike remua et s'assit se tenant la tête dans les mains.
Ca va ? s'empressa de demander la jeune femme.
Ca ira... J'ai juste perdu connaissance et je suis presque heureux: on a gagné. dit-il tristement en regardant les corps de ce qui avait jadis composé une équipe d'élite, parfaitement rôdée, ayant accomplit leur mission avec le plus grand sérieux, jusqu'au sacrifice comme Ron, pour la survie des autres.

Il se leva et tous les deux se dirigèrent vers Joan, Criblée de balles, morte.
Edem ? guère mieux mais le coeur battait encore, à peine, il fallait faire vite ! mais comment ? ils étaient sous terre, où exactement ? les rails ou l'aéroport qui pouvaient mener à la surface étaient à des kilomètres de distance. Ils étaient coupés du monde...
Andrew les avaient quittés lui aussi.
Agenouillé devant le corps de son mentor, Mike pleurait à chaude larme. Anastasia effondrée de douleur, sanglotait, le bras autour du cou de son partenaire de combat.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Le soulèvement des machines   Ven 24 Avr - 16:06

Lorsque le générateur avait été mis en marche, l'IEM émit eu sur  le camp robotique le même effet qu'aurait eu une bombe atomique sur le camp humain. En un claquement de doigt les circuits grillèrent comme des saucisses sur un barbecue. Certains robot se contentèrent de tomber sur le sol comme des pantins sans vie, d'autre prirent feu, se consumant lentement dans une odeur de plastique carbonisé. Pas de sang, pas de cris, pas de pleurs... et pourtant c'était une tristesse infinie qui émanait de ces carcasses métalliques inertes. Même s'ils n'étaient pas fait de chair, c'était des centaines, des milliers de corps qui jonchaient le champ de bataille et l'ancienne usine en proie aux flammes.

Plus aucune communication ne marchaient, brouillées par l'impulsion. Il fallut plus d'une heure avant que l'équipe d'Anastasia ne soit retrouvée... enfin ce qu'il en restait. Ce temps d'attente s'était révélé fatal à Edem, seuls la jeune femme et Mike purent revoir le ciel encore une fois. Ils furent mené au camp de fortune où attendait Selene, allongée sur un brancard jusqu'au rapatriement. Maintenant que les tirs avaient cessés, qu'aucun ordre n'était hurlé, qu'aucun sirène ne résonnait... il ne restait plus que les pleurs et les geignements. Beaucoup de soldats avaient été marqué dans leur chair, des blessures qui ne pourraient pas toujours être guéries. Les pires étaient celles du cœur. Chacun avait à présent incrusté dans sa rétine les images des combats, du sang et de la mort omniprésente. Ils en rêveraient de longues nuits encore... Une chance que les voyageurs soient épargné ce concernant...

Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Selene et Anastasia pénétrèrent dans le quartier général de la M.E.R.D.E. à Techyo.  On leur y prodigua durant le reste de la journée les soins nécessaires à leurs blessures après avoir récupéré leur matériel, mais si elles semblaient guéries en apparence il leur faudrait -tout comme Julian- faire attention et ne pas forcer pour les jours à venir. Aussi avancée soit-elle, la technologie d'ici n'était pas magique... et il était important d'appréhender avec justesse ses limites.

Aux alentours de 19h vint l'heure de leur convocation commune. En tant que contractants exceptionnels, ils étaient payés à la mission et devraient donc postuler de nouveau si jamais l'envie leur prenait de redevenir suicidaires. Présentement... c'était l'heure du chèque. Ou du conseil de discipline. Ou des deux... à vrais dire on ne leur avait pas expliqué grand chose lorsqu'on les avait planté dans le couloir avec leur numéro de convocation. La queue avait été longue mais ils finirent par pénétrer dans le bureau de l'homme qui les avait reçu en entretien.

Celui-ci leur fit signe de s'asseoir avant de joindre ses mains sous son menton et de les observer longuement. Son regard, s'il ne fit que survoler Anastasia, s'attarda un moment sur Selene avant de jeter son dévolu sur Julian. Il avait compris à la lecture de sa candidature que ce garçon n'était pas une lumière, mais la suite s'était révélée si catastrophique qu'il ne savait pas par où commencer. La vue des deux chèques sur son bureau lui donna son point de départ.

- Mr McMoore, soyons clair. S'il n'y a que deux chèques sur ce bureau ce n'est pas sans raison. Vous vous êtes révélé être une recrue catastrophique et un gouffre financier. Vos soins ont coûté plus cher que ce que ne valait votre travail. Bien plus cher. Si ça ne tenait qu'à moi, je vous aurais demandé de rembourser à la M.E.R.D.E. la différence.

Si le ton s'était durci sur la fin, ce n'était que pour mieux annoncer la suite de son discours. Il sortit un papier noircit d'encre qu'il se mit à lire, cassant :

-  La recrue McMoore a utilisé la force pour régler un conflit oral, blessant l'un de ses collègues. La recrue McMoore a fait preuve d'insubordination tout au long de l'opération. N'écoute pas les ordres, utilise volontairement mal son arme, l'endommage en s'en servant comme d'une béquille, change d'unité sans autorisation hiérarchique, repart se battre malgré l'avis médical défavorable... Je pourrais continuer toute la nuit comme ça. Si un échec avait des jambes, elle s'appellerait McMoore, vous comprenez ? Je ne veux plus jamais vous revoir dans ce bureau. Sortez, ces dames vous rejoindront dans quelques instants.

L'air patibulaire des gardes à l'entrée du bureau fit taire toute envie de commentaire. Lorsque Julian se fut éclipsé vint le tour de Selene de passer un mauvais quart d'heure...

- Melle Nymphadora, vous avez peut-être cru que nous étions simples d'esprit mais nous savons que vous avez utilisé un pouvoir sur l'un de vos collègues suite à une simple taquinerie. Le rapport ayant été fait avant la mission, nous avions hésité à vous mettre à la porte. Ceci dit, je ne regrette pas d'avoir été coulant. Il appuya sur ce dernier mot avant de reprendre : Mais ne croyez pas que cet acte n'aura pas de conséquence. Vous subirez une perte significative de salaire à ce propos.

Il attrapa les chèques sur son bureau et en plaqua un devant chacune des femmes, leur laissant de loisir de découvrir le montant alors qu'il commentait la raison des différences observées entre les deux sommes versées.

- Comme je le disais, vous avez subit un malus financier. Mais votre conduite exemplaire lors de la mission et votre exploit contre le golem ont minimisé ce désagrément. Melle Waitten quant à elle touche le salaire complet. Vous avez parfaitement comblé les attentes que nous avions vous concernant.

Le trio était désormais libre de quitter le building après avoir récupéré leurs effets personnels, leurs poches plus ou moins pleines...


**************

Salaires :

Julian : 0 rubz
Selene : 380 rubz
Anastasia : 400 rubz


Selene, Anastasia et Julian direction : Après la guerre ben plus de guerre
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