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 Promenade de Santé

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Gregory Williams

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Maladie mentale : Hématophobie

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MessageSujet: Promenade de Santé   Sam 21 Fév - 22:08

>>>En provenance de: Chacun sa route, chacun son chemin ♫



Ce fut à peine si la remontrance de Yoake de la part de Dakota passa inaperçue. La jeune asiatique se sentait victime, trahie par ce monde dans lequel elle venait de débarquer. Elle devait n’avoir jamais rêvé d’être ici. Peut-être préférait-elle la réalité, et ne voulait-elle en aucune façon se retrouver aux dangers de ce monde. Son désir de protection, de savoir était fort, et cela Gregory ne pouvait lui en vouloir. Cependant, c’était exactement ce que Dakota disait, le premiers venus ici avaient dû se débrouiller avec ce qu’ils avaient, et sans aucune connaissance. La galère leur avait forgé leur savoir et leur débrouillardise. L’expérience pratique surpassait la théorie.

L’argumentation aigue, juste et tenace de l’adolescente était précise, et coupait tout ce qu’il fallait au bon endroit. La nouvelle venue avait peut-être un caractère prononcé, mais elle ne réalisait sûrement pas à qui elle avait affaire, vu qu’elle n’avait pas pu savoir de quoi la fille de la terreur était capable. Ses pouvoirs étaient immenses, et Gregory doutait qu’elle ne les ait utilisés à leur plein potentiel. Cela faisait peur, mais c’était rassurant de savoir qu’elle était de son côté. Enfin le pensait-il, car c’était presque une invitation que Dakota lui faisait de venir avec elle. Peut-être avait-elle perçu quelque chose chez lui qui était attachant ?

Peut-être était-elle douée d’une malédiction pour la cuisine et que Gregory se révélait être un atout pour sa survie ? Quelque ce soit sa motivation, l’hématophobe avait fait son choix depuis longtemps. Depuis le début de l’aventure, l’apparition successive des trois voyageurs dans la décharge et l’annonce de leur mission, et vu les tensions entre Dakota et Melena, il avait su que le groupe allait se scinder une fois la mission finie. Son choix s’était fait assez rapidement, mais s’était affirmé lorsque l’adolescente et lui s’étaient retrouvés seuls, sans la thanathophobe.

Quelque chose de plus était apparu, un mince éclat de vie, quelque chose qui avait fait la différence en tout cas. C’était Dakota qu’il avait choisi. Pas comme si on lui demandait de choisir entre Salamèche, Carapuce et Bulizarre, son choix avait été guidé par la raison en plus de son cœur. Cette fille lui donnait de l’espoir. Pourquoi et dans quel but ? Il ne le savait point.

C’était aussi pourquoi il n’en voulait pas à Dakota de répondre à Yoake comme cela, elle qui avait coupé son élan de sociabilité. Non seulement l’adolescente donnait une leçon qui allait sûrement lui être bien utile, mais elle allait l’aider grandement. Peut-être que la nipponne allait comprendre cela un jour. Enfin il l’espérait…

Entre temps c’était la quatrième personne du groupe - qui s’était volatilisée après la livraison de la voyageuse – qui décidait de refaire surface de son coffre. Elle était dans un piteux état, et c’était à peine si elle était reconnaissable. Rien à voir avec la voyageuse méprisante mais puissante de quelques minutes auparavant. Il eut un haut le cœur, et détourna vite le regard de cette scène. Que lui était-il arrivé ? Il semblait qu’elle venait de faire un tour là où Janice avait séjourné. Ce coffre devait être une malédiction, un enfer à vivre. Jamais il ne voulait mettre le pied dans ce coffre, jamais.

Heureusement pour lui, il ne ressentait pas les émotions des autres, car entre le supplice de Melena et celui que Dakota insuffla en Yoake, Gregory serait mort deux fois d’asphyxie. Il ne comprit que lorsque l’asiatique s’effondra que Dakota avait insufflé quelque chose en elle. Une terreur qui était bien visible dans le regard éteint mais douloureux de la nipponne. A quel point les pouvoirs de Dakota pouvaient-ils aller ? Et à quel point pouvait-elle faire du mal à un voyageur si elle le détestait vraiment ? Gregory priait pour ne jamais avoir à le savoir.

L’adolescente avait compris la décision de l’hématophobe, et il n’exprima aucun geste d’esquive lorsqu’elle lui prit la main. Il avait compris qu’elle ne voulait pas lui faire de mal  -en tout cas pour l’instant. Ils étaient main dans la main, comme deux amis, même si l’emploi du mot était à revoir dans la situation. Dakota le percevait sûrement, Gregory était dans son camp. Il s’était fait une alliée dans ce monde, peut-être une alliée qui le laisserait crever sur le bord de la route si elle aussi devait-être condamnée, mais une alliée quand même.

Il s’était cependant peut-être fait deux ennemis. Les deux voyageurs avaient quand même laissé deux autres voyageuses en plan derrière eux, et qui étaient mal en point. Les deux venaient de subir des chocs psychologiques graves vu leur phobies, mais elles allaient s’en sortir. De toute façon, Melena le détestait, et Yoake et lui n’étaient pas sur la même longueur d’onde, du moins sur le moment. Chacun allait devoir faire route de leur côté, et peut-être leur chemins allaient-ils se croiser un jour.

Maintenant qu’ils s’éloignaient de la ville, et que personne n’était plus là pour les entendre, il put respirer et se sentir libre. Les tensions qu’il avait accumulé pendant leur quête folle, avec la présence de Melena, de leur colliers autour du cou, et l’épée de Damoclès qui pendant au-dessus de leur tête constamment, il avait presque fini plus fou qu’il ne l’était déjà. Les émotions qu’il avait recluses au fond de lui-même purent s’envoler dans l’air, au fur et à mesure que Greg respirait l’air de la liberté. Il était enfin libre d’aller où il voulait et faire toutes les explorations qu’il voulait. Mais être seul ce n’était pas drôle, et Dakota avait mentionné son ami qu’elle désirait rejoindre.

-C’est ton ami que tu vas rejoindre n’est-ce pas ? J’espère qu’il va bien, et j’ai hâte de le rencontrer.

Il avait envie de voir qui pouvait bien gagner la confiance de l’adolescente à un tel point qu’il pouvait devenir son ami. Ce devait être une personne attachante se disait Gregory et il se demandait bien dans quel genre d’endroit il pouvait être en ce moment. Une forée magique, un lac enchanté, une montagne divine ? Ce monde offrait tant de possibilités, et s’il était aussi grand qu’au moins  un continent, il y avait tant de choses à découvrir. Ils allaient dans une direction, et qui sait ce qu’ils allaient trouver là-bas ?
Cependant les boussoles ne semblaient pas indiquer la distance, et il ne pourrait bien qu’ils voyagent pendant des mois et des mois avant d’atteindre leur destination.

-Tu ne l’avais pas contacté par hasard ?
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Dakota Earnshow

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Maladie mentale : Phobophobie

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 22 Fév - 12:35

La silhouette d'Elipse dans leur dos s’étrécissait rapidement. Bientôt Melena et Yoake ne furent plus visibles, cachées derrière un bosquet, et c'est quelques minutes plus tard que Dakota lâcha la main de Gregory. Il ne ferait plus demi-tour à ce stade, plus besoin de le traîner à sa suite comme un bagage. A vrai dire elle ne savait pas exactement pourquoi elle s'embarrassait d'un compagnon mais... maintenant que l'effet de ses pilules commençaient à s'atténuer, elle avait peut-être simplement peur d'avoir peur de se retrouver seule à Dreamland. Ou alors c'était parce que le jeune homme lui rappelait James. Ou alors pour avoir un bouclier humain sous la main, simple calcul pour augmenter ses chances de survie. Une fois n'est pas coutume, la phobophobe ne savait pas, mais ce n'était pas important. Le choix avait été fait et ils voyageraient ensemble désormais, peu importait la motivation. Pour l'instant du moins. Il n'aurait pas été très urbain à ce stade de l'abandonner à son sort sur le bord de la route.

Murée dans son silence, Dakota marchait. Ses pas mesurés ne s'écartaient pas d'un pouce de la route que lui indiquait sa boussole. Un kilomètre, dix, cent, mille... elle ne connaissait pas la distance qui la séparait de James mais elle était déterminée à la réduire à néant. Ils s'étaient fait la promesse de voyager ensemble pour guérir et elle comptait bien la respecter. Par contre... la robe de mariée qu'elle portait encore n'était pas pour lui faciliter les choses. Esprit pratique oblige, elle fit signe à son comparse de faire halte et entreprit de la retirer, arborant de nouveau ses vêtements du monde réel qu'elle avait gardé dessous. Pendant qu'elle pliait soigneusement la tenue pour la faire rentrer dans sa hotte, Greg' entreprit de lui faire la conversation.

Il s'enquérait du but de la gamine, de la santé de son meilleur ami... le plus étrange était qu'il avait vraiment l'air de penser ce qu'il disait. Dakota avait du mal à concevoir qu'on puisse s'attacher si vite ou accorder de l'importance à quelqu'un qu'on ne connaissait pas, mais elle supposa que c'était la preuve qu'elle avait bien choisi son partenaire. Le berger allemand qu'elle avait vu dans son miroir devait être quelqu'un sur qui on pouvait compter et qui ne la poignarderait pas dans le dos. Dans ces conditions, pourquoi ne pas faire un effort en développant un minimum sa réponse ? Elle lui devait au moins ça. Les réponses sèches et acerbes, c'était bon pour des filles comme Melena et Yoake.

- Oui. Je tente de rejoindre James. Nous voyageons ensemble depuis... longtemps. Ça n'a pas toujours été rose, loin de là, mais c'est la seule personne depuis ma naissance ayant réussi à obtenir le qualificatif d'ami.

Et pourtant, leur relation avait terriblement mal commencé. Elle se souvenait encore de sa terreur alors que le monstro-poulpe tentait de la tirer à l'extérieur et de James ne faisant pas un geste pour l'aider, trop occupé à organiser avec Brooke le potentiel sacrifice de Dean pour vérifier leur « porte de sortie ». Comme elle l'avait haïs alors... et tellement méprisé ! Malgré les efforts du psychotique leurs relations ne s'étaient améliorées qu'une fois chez Bergerac, pour ne tendre ensuite que vers le mieux.

- Je lui avais envoyé Chouette. Elle marqua une pause avant d'ajouter, impassible : C'est le nom de ma chouette. Mais Dreamland est vaste, je ne sais même pas si elle l'a trouvé. Et il lui faudra encore le temps de revenir jusqu'à moi. D'ici là, tout ce qu'on peut faire c'est suivre cette boussole.

En parlant de chouette postale, l'une d'elle fondait vers le duo avec un paquet entre les pattes. Elle le lâcha aux pieds de Dakota avant de reprendre son envol et celle-ci se pencha pour observer ce cadeau tombé du ciel. Cadeau ? Pas vraiment en réalité. C'était une vieille commande qui lui était complètement sortie de la tête. A l'intérieur : une carte, une boussole et une lampe torche. La carte tombait d'ailleurs à pic, elle lui permettrait d'expliquer un ou deux détails à Gregory concernant leur randonnée à l'aveugle.

Après avoir aplati tant bien que mal les herbes hautes, la gamine étala la carte au sol et disposa un long brin d'herbe le long de la direction indiquée par sa boussole magique. Le trajet improvisé traversait la plaine, coupait par des montagnes puis poursuivait dans la région d'entre-rive, ratait de peu Gloutoniskaïa et achevait sa course dans l'océan. Même si la distance potentielle à parcourir était longue, réduire le champ de recherche à une simple ligne faciliterait grandement leur démarche.

- Il se trouve quelque part le long de cette ligne. N'ayant aucune idée de son emplacement exact on ne peut pas se permettre de prendre un transport sur une trop longue distance de peur de le dépasser et de ne pas avoir les moyens de faire immédiatement demi-tour. Pour l'heure il faudra marcher, mais j'espère que Chouette nous reviendra assez tôt pour qu'on puisse prendre des mesures plus efficaces.

Le train, par exemple. La ligne qui reliait Elipse à Gloutoniskaïa était très usagée, ils n'auraient aucun mal à prendre un billet vers la station la plus proche de James pour écourter leur voyage. Mais d'ici là il faudrait se contenter de leurs pieds.

Dak' remballa ses affaires et reprit la route. Ce n'était pas en faisant du sur-place qu'ils atteindraient leur objectif, c'était certain. Mais ils ne pourraient pas poursuivre bien longtemps. Pas aujourd'hui du moins. Le soleil poursuivait sa course vers l'horizon et dans une heure environ, il laisserait place à la nuit. Une randonnée nocturne était inenvisageable. Trop de danger -et donc de peurs- potentiels, trop de fatigue aussi. Dakota n'avait presque pas fermé l’œil la nuit dernière et son corps le lui rappelait avec force. Mal de crâne, vertiges, bouffées de chaleur... Il y avait fort à parier que cette nuit, son asthénie l'emporterait sur ses tourments.

[HRP : les marchandises de la chouette, c'est un achat de la boutique jeton. C'était encore le plus simple pour trouver les objets, au milieu de rien XD]

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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 22 Fév - 20:46

James, tel était son nom. Etrange comment tous les voyageurs qu’il avait rencontré  ou entendu parler de étaient tous anglais, ou tout du moins totalement anglophones. Y avait-il un monopole sur la destination d’origine de tous ceux qui atterrissaient ici ? Peut-être était-ce lié à une distorsion quelconque d’un espace-temps ou quelque chose dans ce genre, qui était trop compliqué pour que quelqu’un l’exprime clairement ? Cependant, Yoake, Melena, Dakota et lui-même semblait tous les quatre venir de San-Francisco. Coincidence ? Sûrement pas, mais Gregory doutait que cela provienne d’une particularité géographique. Cela était sûrement dû à un certain phénomène.

Rien n’excluait la possibilité qu’il se retrouve un jour en contact avec  un voyageur qui n’était pas anglophone, et qui pouvait venir d’un pays où il n’avait jamais mis les pieds. Mais rien que le fait de penser aux voyageurs et à leur origine rappela à l’hématophobe les circonstances dans lequel il était arrivé dans ce monde. Son corps était  à la merci d’un inconnu, et quand on mettait cela en perspective avec ce qu’il avait vécu les dernières 24 heures, c’était une putain d’erreur qu’il avait fait.

Ce monde le changeait, et lui faisait réaliser  à quel point  il avait  pu être stupide. La vie devait être chérie, et de chaque moment il devait profiter. Tellement de choses pouvaient se passer, tout bouleverser pour détruire la réalité dans laquelle vous vivez. Telle une bombe qu’aurait déclenchée Janice, un événement, une perturbation dans l’équilibre d’une vie, tout pouvait changer et basculer dans l’horreur. La preuve vivante était le traumatisme qu’il avait subi à la suite du kidnapping de ses parents.

Les réflexions qu’il était amené à se faire dans ce monde l’effaraient. C’était comme si vivre dans une autre réalité vous faisait prendre conscience du monde qui vous entourait, et de tout ce qu’il se passait autour de vous. Cette expérience était unique, dangereuse et palpitante, mais cela permettait un travail intérieur qu’il n’aurait jamais pu faire autre part qu’ici. Peut-être allait-il pouvoir contrôler sa peur, ce qui le paralysait. Il allait sûrement y être plus confronté que jamais, avec ses pouvoirs futurs, s’il arrivait à les découvrir un jour.

La végétation luxuriante qui les entourait lui faisait prendre conscience de la beauté de ce monde, et ce que lui offraient ses sens l’épatait. Il respirait, il était vivant, et jamais il ne s’était senti aussi bien. De plus il était avec une adolescente qui semblait porter un regard tout autre que le sien sur la vie, et les notions sociales que tous les êtres humains pensent maitriser. Qui plus est, c’était avec plaisir que Greg entendait parler de ce James, cet ami précieux de l’adolescente.

-J’espère qu’on aura de ses nouvelles bientôt. Ça serait dommage qu’il y ait du délai dans la réponse à cause d’intempéries ou d’inconvénients comme ça. Mais si Dreamland est vaste, ça veut dire qu’il y a plein d’aventures  à vivre, et pleins d’endroits à découvrir. Même si tout n’est pas rose, - comme on l’a bien vu à Ellipse – je ne peux pas m’empêcher de penser comme un gamin et d’y voir des choses fantastiques.

Il souriait, et regardait le ciel qui était d’une pureté presque magique. Le contraste était tel entre la ville qu’ils venaient de quitter et le décor tout autour d’eux, qu’il avait l’impression de marcher dans un paradis végétal. Certes tout n’était pas gentil et tout mignon, et  il risquait d’y avoir des dangers, mais le bonheur de changer de décor et de découvrir un autre monde était présent. Il était content, et plus encore soulagé.

C’était avec surprise et tout autant de sourire que la livraison se passa. Greg retenait sa joie, de peur de trop ressembler à un gosse  qui ouvre un cadeau de noël.

L’idée de Dakota était bonne, leur chemin était tout tracé, et le phobique prenait un peu connaissance de la carte de Dreamland, ainsi que ses spécificités. Il n’avait pas d’échelle, et même s’il y en avait une, cela ne lui aurait rien dit. Ils allaient devoir marcher, et attendre la réponse du voyageur qu’ils voulaient rejoindre. Cela lui convenait, ils allaient pouvoir parler, et prendre un peu plus connaissance l’un de l’autre. Ou dans le cas échéant, faire un bout d’aventure à deux, en apprenant l’un de l’autre, même si l’apprentissage indirect allait se faire surtout dans le sens Dakota à l’habitude, et Greg pas du tout.

-En réfléchissant un peu sur les voyageurs, les pouvoir et tout ce domaine-là, je me dis que c’est impressionnant, et que beaucoup de gens envieraient vos capacités. Mais quel en est le coût ? Je me dis que j’ai hâte de découvrir les miens, mais en même temps j’en ai aussi peur. Et si je nuisais à quelqu’un ? A un ami ?

Il se confiait à elle, il ne savait pas pourquoi, mais même si l’adolescente le jugeait et lui lançait des répliques qui le ramènerait à la réalité, il apprécierait le geste et l’honnêteté dont elle pouvait faire usage.

-Au moins tu peux arrêter les pouvoirs des autres voyageurs … même si je doute fort que je puisse nuire à qui que ce soit avec mon arrivée récente, continua-t-il, pensif.
Ne crois pas non plus que je te prends pour une psy, et dis-moi si je te saoule avec mes conneries. J’ai tendance à manquer de tact parfois, mais je me sens moins … comment dire ? ah je sais pas. Perdant ses mots, il plongea son regard dans celui de l’adolescente. Je te fais confiance.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Lun 23 Fév - 17:07

Autour d'elle, le monde tanguait. Peut-être qu'elle aurait aussi dû manger en plus de dormir, mais c'était trop tard pour regretter. Tout ce que Dakota avait sous la main à présent c'était un vieil oeuf de pâques et des ferrero cailloux. C'est son diététicien qui en aurait fait tout un plat... déjà qu'il s'arrachait les cheveux en la voyant maigrir à chaque visite, qu'aurait-il pensé devant ce menu on ne peut plus équilibré ? Mais le système D imposait de faire avec les moyens du bord. Extirpant un chocolat de son sac, elle le glissa entre ses lèvres dans l'espoir de faire taire son estomac et rendre le monde plus stable. Peine perdue.

Maintenant qu'elle n'avait plus l'adrénaline pour la porter, chaque pas était une souffrance. Impossible pour son orgueil d'imposer une halte avant le coucher du soleil, mais comment tenir jusque là ? Une chance que Gregory ne remarque pas son malaise, trop préoccupé à vider son sac qu'il était. La surdouée se demanda un moment s'il la prenait pour une psychologue ou -encore plus irréaliste- une confidente. La chute non attendue la fit pencher pour la seconde solution mais... que répondre à ça ?

La phobophobe garda donc le silence un moment, pensive. Il fallait avouer que les discussions à coeur ouvert n'étaient vraiment pas son domaine de prédilection. Elle aurait même probablement eu plus de facilités si on lui avait demandé de tricoter une redingote. Ses méninges avaient beau s'activer elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il attendait d'elle, en réalité. Elle répondit donc, faute de mieux, ce qui lui passait par la tête. Tant pis si ça ne plaisait pas. Les Earnshow n'étaient pas du genre à faire dans le social.

-  Où veux-tu en venir, au juste ? Que tu en ais peur ou non, que tu les contrôles ou non, tes pouvoirs sont là et il faut faire avec. Ils existent de manière à te changer. Ils te confrontent à tes problèmes et c'est encore pire pour les phobiques. Tu as peur du feu ? Tu en créeras. Tu as peur des chats ? Tu les contrôleras. Tu as peur de mourir ? Tu te changeras en charogne. Mais ce n'est pas si négatif que ça en a l'air.

Arriverait-elle seulement à lui faire comprendre sa pensée, son but et ses espoirs ? Rares étaient ceux à Dreamland qui avaient pu comprendre et accepter sa volonté de revenir ici, non pas juste pour récupérer son ombre mais aussi pour guérir. Ce monde leur offrait pourtant une opportunité si formidable... ce n'était pas facile, loin de là, mais en devenant leur peur elle-même ils pouvaient enfin la comprendre, l'accepter et la surpasser. Faire du mal aux autres n'était qu'une piètre contrepartie qu'on pouvait facilement occulter. Surtout si on prenait en compte le fait que 99% des gens qu'on croisait étaient des abrutis congénitaux.

-  Si tes pouvoirs te poussent à nuire à autrui, fais en sorte de te faire pardonner. Que dire de plus ? Sauf si j'utilise mes propres pouvoirs, je ne connais aucune autre protection contre les horreurs que nous pouvons déclencher, nous les voyageurs. Si tu laisses la peur te consumer, tu peux aussi bien arrêter ton voyage maintenant, te trouver une grotte et t'enterrer.

Faire l'ermite pour ne pas faire de mal, une solution extrême mais l'unique efficace. Et pourtant elle était persuadée que malgré son angoisse Gregory ne suivrait pas cette voie. Ce monde le fascinait trop pour qu'il aille se terrer, de peur d'être confronté à une tempête.

- Quant au fait de me "saoûler"... ce serait mentir que de dire que cette conversation me passionne mais j'ai appris que voyager en compagnie d'autres personnes pousse à faire certaines concession. Si tu veux parler, parle. Garde juste en tête que je ne suis pas le meilleur auditoire.

Alors qu'elle lâchait un soupir involontaire, son pied butta sur une pierre masquée par les hautes herbes et elle bascula en avant. Son corps s'étala dans l'herbe épaisse et la fatigue la submergea soudain. Rester debout était une chose, se relever en était une autre. Mais la prostration était si pathétique...

La gamine bascula tant bien que mal sur le côté et s'aida de ses mains pour s'asseoir. Ses muscles endoloris et vides de forces lui hurlaient de limiter à ça ses efforts. Soit, ils avaient gagnés. Ils dormiraient là cette nuit. L'endroit était tranquille, un cours d'eau relativement proche les empêcherait de mourir de soif et aucune habitation en vue ce qui signifiait peu de passage. Donc peu de chance de croiser des bandits ou autre équivalent chimérique.

- Si ça ne te dérange pas, je crois que je vais rester là. Je n'en peux plus. Je crois que j'ai un peu dépassé mes limites.

Dak' ota sa couronne de Méduse, transformant les serpents qui ornaient jusqu'alors son crâne en mèches d'un blond fané. Elle passa ses doigts grêles dans sa tignasse emmêlée dans un vain effort pour la discipliner et, faute de mouvement satisfaisant de la part de Gregory, tapota le sol à ses côtés en guise d'invitation à se poser. Un fois tous les deux posés et au calme, elle fixa de son regard glacé le coucher de soleil dont la lueur rougeâtre aurait presque donné des couleurs à son teint de cadavre.

- Quand j'aurai trouvé James, nous voyagerons. Peu importe où. Non pas que j'aime ce monde ou qu'il m'intrigue, mais je pense sincèrement qu'il renferme la solution pour me permettre de guérir. Ma phobie s'est un peu atténuée depuis mon arrivée. Je suis toujours morte de peur, mais j'arrive à la canaliser. J'espère à terme l'étouffer complètement. La plupart des gens que j'ai croisé voulaient juste partir, découvrir le monde  ou devenir puissants. Je suis intimement persuadée qu'ils passent à côté de l'essentiel.

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Dernière édition par Dakota Earnshow le Mar 24 Fév - 21:07, édité 1 fois
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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Lun 23 Fév - 22:31

Il ne savait pas trop ce qu’il faisait avec Dakota, il était plus spontané que jamais, il ne scriptait pas ses réponses ni ses paroles. Il ressentait ce besoin d’être honnête avec elle, et ne savait pas où cette discussion allait mener. Il se confiait à elle, sans qu’elle n’ait demandé quoi que ce soit. Peut-être était-ce un grand besoin qu’il ressentait en lui, de se confier après les événements de la journée. C’était bien après son arrivée, et son côté humain qu’il avait  mis de côté pour laisser faire les deux voyageuses ressortait. Il n’avait pas changé, certes, mais il pouvait au moins s’exprimer.

L’écart d’utilité et de puissance entre lui et le duo Melena/Dakota se faisait moins voir, et il n’était pas oppressé par l’utilité qu’il devait avoir. Il était juste lui, et ils devaient rejoindre l’ami de l’adolescente. Rien de trop challengeant dans tout ça, et aucune pression de savoir si ils allaient finir soit tués par Janice, soit par les policiers d’Ellipse, si ce n’était pas les habitants eux-mêmes qui auraient pu les décapiter.

C’était cet autre sentiment de liberté, d’absence de contrainte physique et psychiques – qui avaient eu le temps de le tarauder pendant un certain temps. Mais la fatigue mental et corporelle commençait à se faire sentir, et ils avaient du chemin encore à parcourir, enfin si l’hématophobe lisait bien dans les pensées de l’adolescente. Cela n’était pas cependant son don le plus connu. Il écouta son discours avisé et intelligent, comme il était sûr d’entendre. C’était impressionnant. Elle n’avait jamais réponse à tout, mais son  recul sur les choses et sa façon de parler, on aurait dit un professeur dans son genre, mais un de ceux qui est honnête et qui fait bon d’avoir.

Loin de là l’idée que Dakota ne soit qu’un mentor pour lui, mais c’était sa sagesse  malgré son âge qui pouvait être déroutante, mais que Gregory appréciait avant tout.

-Il va bien falloir que je m’habitue alors. Qui sait, le rouge me va peut-être aussi bien que la mort va à Melena ?

Parler si ouvertement de sa phobie lui donna des images en tête, qu’il repoussa violemment à l’arrière de son crâne, et se concentra sur un buisson pour éviter de sombrer dans la paranoïa de voir du sang partout. Il inspira, expira. Un, deux. Il avait repris le contrôle. En même temps comme il l’avait dit, il allait devoir s’habituer à en parler, et à y faire face. Alors autant commencer à un moment pas trop dangereux. Petit à petit il allait falloir qu’il s’ouvre – évidemment pas au sens littéral du terme – et qu’il accepte le tabou qu’il s’était petit à petit forgé au fur et  à mesure des années.

Cela n’allait pas être facile, mais il y avait un début à tout.

-Oh j’apprécie tes réponses, et peu de gens on les balls d’assumer ce qu’ils disent. En tout cas dans le vrai monde. Mais je suppose que ça change pas grand-chose ici non ? T’es franche, et tes conseils sont avisés. Tout  à l’heure t’as rendu un sacré service à Yoake, même si sur le coup j’aimerai pas non plus. Je sais pas exactement ce que tu lui a fait, mais à vrai dire j’ai pas spécialement envie de savoir.

Il se retourna, et avait à peine remarqué que Dakota était tombée. Pourtant, il n’était ni sous l’emprise de drogues fortes, ni n’avait cherché à suivre les papillons …  Etrange. Il avait était absorbé par sa réponse, et n’avait même pas fait gaffe à la chute. Heureusement pour lui, son manque d’attention n’avait pas été relevé, parce que l’adolescente avait encore la tête dans l’herbe. Un peu sous le coup de la gaffe qu’il venait de commettre, il n’avait pas proposé  à celle qui se rapprochait le plus de son amie ici de l’aider à se relever. Mais il n’en avait pas besoin, car vu son état à lui aussi, il se laissa gentiment tomber par terre et rejoindre Dakota dans les pâquerettes.

Il pourrait revenir sur la beauté de la voyageuse, mais ce n’était pas le moment pour qu’elle ait l’impression que Greg était un pédophile. A la place, il préféra le silence, et écouta ce qu’elle avait à dire. C’était intéressant, et sensé, comme d’habitude. Mais il avait l’impression cette fois qu’elle lui parlait d’égal à égal, te qu’elle ne tenait pas ce genre de discours à tout le monde. Il avait l’impression lui aussi d’être un peu le confident de l’adolescente en ce moment. Peut-être n’était-ce qu’une impression ? En tout cas elle semblait s’être un peu plus ouverte depuis leur arrivée. Erreur de sa part, coup savamment calculé ou juste  sa façon d’être ? Il n’en savait rien, mais c’était mieux ainsi.

-Alors on serait ici surtout pour guérir ? C’est plutôt sympa comme perspective, et bien plus beau que toutes les quêtes insensées de pouvoir.

Il avait beau être encore un gamin excité par le voyage, l’aventure et les pouvoirs qu’il aurait un jour, il était assez mature au fond pour se rendre compte que cette expérience était bien plus précieuse qu’il ne l’avait jamais évaluée auparavant. C’était un peu paradoxal, le fait qu’il se fasse sûrement violer en ce moment dans la réalité, alors qu’ici il pourrait trouver une solution à ses maux. Cependant restait la question du temps. Depuis quand la jeune blonde parcourrait-elle Dreamland, et quelles épreuves avait-elle subies pour arriver à ce niveau de contrôle ?

Il n’osait pas poser la question, et c’était sûrement assez de révélations pour ce soir. Ils étaient tous les deux fatigués, et Dakota semblait en pâtir beaucoup plus que lui. L’endroit où ils s’étaient posés ne devrait pas être trop dangereux, et au pire, Greg avait le sommeil léger quand il s’agissait d’avoir peur que quelque chose se passe pendant son sommeil.
Il regarda le coucher de soleil, et constata que l’adolescente faisait de même. Cette expérience, il y avait fort longtemps qu’il ne l’avait pas faite.

-Au moins ce moment reste toujours aussi beau, dit-il, rompant le silence et baillant d’un même coup. Faudrait qu'on dorme un peu quand-même, demain on a de la route à faire.

Il réajusta sa position, regarda une dernière fois le paysage environnant, et sa beauté qui commençait à disparaître dans l’obscurité. Dakota était franchement bien tombée, si on pouvait le dire comme cela.

-Dors bien Dak’.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 24 Fév - 21:13

C’était étrange à dire, mais elle avait probablement à ses côtés l’un des rares voyageurs sensé. Au lieu de se positionner comme tous les autres sur la défensive, étroit d’esprit et accroché à ses opinions comme à une bouée de sauvetage, Gregory savait être ouvert et à l’écoute. Les paroles de Dakota trouvaient écho en lui et il n’avait pas honte d’avouer apprendre de plus jeune que lui. C’était… reposant. Et agréable aussi. Les conflits permanents finissaient par être usants et la gamine n’était pas contre une trêve comme celle-ci. Plus la conversation avançait plus se confirmait sa conviction que l’hématophobe faisait une escorte somme toute convenable pour un long voyage.

Ils tombèrent sans mal d’accord sur le fait que dormir était une bonne idée. Néanmoins son comparse ne possédait rien, pas même une couverture. Si les journées étaient douces, les nuits se montraient moins clémentes et avec la disparition du soleil, la chaleur leur faussait progressivement compagnie. Elle pouvait toujours faire apparaitre un cadeau mais c’était un coup de poker. Cela dit, qui ne tentait rien n’avait rien, et si ce qu’elle découvrait se révélait inutile, rien ne l’empêcherait de le jeter dans un fourré. L’écologie dreamlandienne était le cadet de ses soucis.

A peine fut-elle fixée qu’un cadeau apparu dans ses mains. Elle déchira le papier doré et découvrit… un panier repas. Bon, ce n’était pas l’objet escompté mais le hasard avait tout de même tapé juste. Son estomac vide grogna en guise d’approbation. Gregory, lui, ne réalisait même pas ce qui était en train de se passer, plongeant déjà dans le sommeil.

- Gregory ? tenta Dakota, sans grand succès avant de reprendre un ton plus haut : Si tu n’émerges pas rapidement, je mange tout. C’est toi qui vois.

Il n’en fallut pas plus pour faire revenir l’hématophobe sur sa résolution de dormir rapidement. Le repas était frugal, un demi sandwich chacun faute de mieux, idem pour le dessert et la boisson à partager. Mais quand on n’avait rien de mieux que du chocolat c’était déjà un repas de roi. Dak’ mangeait lentement, par petite bouchée et en prenant le temps de bien mâcher. Ne savait-on jamais, elle aurait pu avoir peur d’avoir peur de s’étouffer avec une trop grosse bouchée ou de ne pas digérer. Prudence est mère de sûreté.

Lorsqu’elle eut fini, elle tira de son sac sa couverture et pinça les lèvres, pensives. Elle ne s’imaginait pas dormir avec un inconnu, mais Gregory était gay ce qui dissipait les chances de viol. Dans tous les cas ce n’était pas un bout de tissu qui l’aurait protégée. Et mieux valait un camarade en bonne forme que de traîner un zombi grippé, faute d’avoir passé la nuit à la dure sans rien pour le préserver du froid ou de la rosée matinale.

- Si tu veux, on peut partager ma couverture. Mais je te préviens : si tu bouges trop je la récupère. J’ai déjà du mal à dormir, je préfère éviter les nuits agitées.

Son ton était catégorique et ne laissait place à aucune négociation. Préserver l’autre pour la survie du groupe était une chose, mais être privée de sommeil deux nuits de suite en était une autre. La phobophobe s’allongea dans l’herbe et étendit la couverture sur le duo avec un soin presque maniaque. Les yeux clos, la chaleur de Gregory contre son bras lui apportaient en continu un flot d’images… de James, principalement. Bon sang, il lui manquait. Elle aurait voulu être à ses côtés ce soir, voyager avec lui, guérir avec lui. Qu’il ne l’aime pas n’avait pas vraiment d’importance tant qu’elle pouvait rester à ses côtés. Sous un autre angle, cet excès de sentimentalisme la dépitait profondément.

Malgré ces sentiments anarchiques elle ne tarda pas à trouver le sommeil, l’un de ceux sans rêves ni cauchemars que vous offrait Dreamland. A son réveil elle réalisa qu’elle avait à présent la tête sur le torse de Gregory, simulacre d’oreiller qu’elle s’était improvisée pendant la nuit. Après lui avoir interdit de bouger c’était assez embarrassant, mais elle fit comme si de rien n’était en se levant, drapée dans sa dignité.

Et si dormir avait fait du bien à son corps, ce laps de temps avait permis à ses calmants de ne plus faire effet, lui rendant son lot de souffrances quotidiennes. Et si elle avait peur d’avoir peur de s’être montrée involontairement inconvenante ? Et si elle avait peur d’avoir peur qu’il ait menti sur son orientation sexuelle et se fasse des idées ? Et si elle avait peur d’avoir peur que de fil en aiguille cela mène à la dissolution du groupe, mettant en péril son voyage pour retrouver James ?

Inspirer, expirer, profondément. Calmer tant bien que mal les battements de son cœur et attendre qu’il ouvre la bouche pour dire quelque chose, n’importe quoi tant que c’était innocent et hors sujet. Si elle n’arrivait pas à faire taire la foule de voix mesquines qui susurraient sous son crâne, il faudrait que par ses actes et paroles il les détrompe. Mais le pourrait-il seulement ?

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 24 Fév - 21:13

Le membre 'Dakota Earnshow' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 24 Fév - 22:42

Il avait fermé les yeux. Combien de temps avant que ses pensées ne se calment et avant qu’il ne trouve le sommeil ? La nuit dernière, il avait réussi miraculeusement à trouver le repos sans encombres ni sans trop de délai. Mais allait-ce être la même chose ce soir ? Il espérait qu’il n’allait pas trop avoir froid, et qu’il ne soit pas trop réveillé pendant la nuit.  Son sommeil étant souvent léger, il craignait pour son capital dodo, mais ce n’était pas ce qui importait à ce moment. Et puis, comme un écho à ses pensées, Dakota le tira de sa tentative de partir dans le monde des rêves … enfin quelque part où les rêves n’existaient plus, ce noir total, ce vide d’existence.

-Oh cool merci !

Sans demande d’explications sur la provenance des aliments, et n’ayant pas envie de s’embarrasser de questions inutiles, il accepta volontiers sa part du repas. L’adolescente mangeait lentement, et malgré la faim qui lui commandait de tout engloutir, sa politesse le força à copier le rythme plus sain de la blondinette. Leur silence - mêlé de fatigue par rapport aux événements de la journée – ne fut pas dérangeant, et ils purent ainsi assister aux derniers moments du jour tout en remplissant leur panse comme ils le pouvaient.

Une fois le repas fini, l’hématophobe se préparait à se remettre dans sa position initiale pour dormir, mais encore une fois, Dakota le dérangea pour lui rendre encore service. Certes elle  imposait ses conditions, mais cette offre lui fit chaud au cœur. En plus de son dîner, elle lui proposait de partager sa couverture. Cette fille ne le savait peut-être pas, mais c’était une de seules personnes qui était assez gentille et assez censée pour voir qu’il n’y avait pas de mal à partager un lit avec lui. Cela lui donna du baume au cœur, et, acceptant les conditions, ce fut dans un sentiment de calme  et de chaleur qu’il s’endormit.

Tout comme la nuit précédente, ce fut une nuit sans rêve, dans un néant total, comme s’ils n’existaient plus pendant cette période de temps. Dreamland étant déjà l’endroit où ils étaient supposés faire des rêves, le phénomène récursif d’inception ne pouvait se passer, et le monde des rêves des Dreamlandiens nés ne leur était pas accessible. Tant mieux de toute manière, parce que sinon ça foutrait bien la merde.

Il fut doucement tiré de ses rêves par un déplacement sur torse, léger, fin, discret et lent. Ses yeux s’ouvrirent alors sur un monde qui se réveillait. Le soleil se réveillait à l’horizon dans des couleurs tout aussi magnifiques qu’à son lever, et peignait la flore environnante d’une couleur qui ferait rêver n’importe-qui. Dakota, était sûrement celle qui s’était retirée de lui, et à voir l’absence de cernes, elle devait bien avoir dormi. Ils s’étaient tous les deux appuyés l’un contre l’autre inconsciemment pendant le sommeil. Peut-être était-ce ce  contact sans arrière-pensée qui avait fait que leur nuit s’était bien passée ? Le contact humain était doué de tellement de qualités parfois.

-Ça fait un bail que j’ai pas aussi bien dormi. Et ça faisait longtemps que j’avais pas dormi à l’extérieur tiens. En tout cas c’est bien mieux que de dormir avec un collier explosif autour du cou. Jamais je ne m’y serais habitué … dit-il, un peu perdu dans ses pensées du matin.

Puis, il se rappela que Dakota était à côté de lui. Il continua.

-Toi t’as bien dormi ? En tout cas c’est mieux d’être reposé si on veut retrouver James au plus vite. Je sais que ça te fera plaisir, alors pourquoi attendre et prendre du retard ? On se lève, on fait nos affaires et on repart ?

Heureusement ou malheureusement pour Dakota, ça  il ne saurait le dire, il n’avait pas lu l’inquiétude qui était sur le visage de la voyageuse. Il était encore allongé, et n’était pas dans son champ direct de vision. Et puis il regardait le ciel. Enfin bref, il n’avait encore aucune idée des doutes qu’émettait celle qu’il considérait désormais comme son amie, et ne pouvait avoir conscience de la potentielle crise qu’elle risquait d’avoir. Cependant il était resté naturel, et fidèle à qui il était hier soir. Non, il n’avait pas changé, toujours le même à avoir foi en l’adolescente et son esprit vif.
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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mer 25 Fév - 21:29

Grand merci, Gregory eut la bonne idée de ne faire aucune allusion à leur situation compromettante au réveil. Mieux que ça même, il parlait de toute autre chose avec un naturel déconcertant, évoquant leur départ et la nécessité de se presser. Il n'en fallut pas plus pour étouffer dans l’œuf les peurs de Dakota qui put, après une dernière inspiration, reprendre le contrôle.

- Autant que faire se peut quand on dort à même le sol. Elle marqua une pause pendant laquelle elle s'étira, faisant craquer son dos. Je range mes affaires et on repart, en effet. C'est le plus judicieux.

Réunir ses biens ne prit pas longtemps, à vrai dire. En deux minutes le groupe était déjà sur le départ, prenant juste le temps de boire un peu du thermos de chocolat chaud de Dakota. Ce n'était pas ce qui tenait le plus au ventre mais comme pour la veille on ne pouvait pas dire qu'ils avaient vraiment le choix. De toute façon la phobophobe n'eut pas le loisir de se pencher sur la question de l'équilibre de leur alimentation car un mouvement dans le ciel attira son attention. Elle chaussa ses lunevolutives qui prirent l'aspect de jumelles, lui permettant de confirmer sa supposition...

- Chouette...

Soulagement, bonheur, empressement... ces sentiments se bousculaient dans le cœur de la gamine alors que le rapace parcourrait la distance qui les séparait encore. Elle tendit son bras pour y accueillir l'oiseau, faisant fi de la douleur causée par les serres de l'animal. Le message attaché à sa patte ressemblait à s'y méprendre au sien, mais Dakota n'était pas dupe et le déroula tout de même. Ici la notion d'économie était poussée à son paroxysme. Quand on recevait un courrier, on répondait au verso. Et c'était bien le cas ici.

Son ami lui annonçait qu'il était à Candyland et qu'il l'attendrait là-bas. Un sourire inconscient adoucit les traits sévères de Dakota alors que ses yeux tombaient sur le cœur griffonné à la va-vite. C'était ridicule, il ne pouvait pas l'aimer comme elle l'aimait mais... ça la touchait. Ce dessin, insignifiant pour d'autres, faisait vibrer sa corde sensible à l'instar des ronronnements du chaton qui dormait paisiblement au sommet de sa hotte. Et autre point positif : ils savaient où ils allaient désormais, ce qui voulait dire qu'ils allaient pouvoir prendre les transports.

D'après sa carte, Candyland n'était pas loin. C'était une ville nichée au centre d'un massif montagneux relativement proche. A condition de disposer de mieux qu'une paire de baskets comme moyen de locomotion bien sûr. Par chance la voie de chemin de fer semblait passer tout proche. S'ils pouvaient prendre le prochain train qui desservirait l'endroit ils pourraient y être avant la fin de la journée. Ça semblait proche, mais terriblement loin à la fois. Et il fallait rester réaliste. A Dreamland, entre les projets que l'on faisait et la réalité des choses, il y avait souvent un fossé.

- Le plan se précise. Elle tapota sur la carte leur destination. C'est ici qu'on le trouvera, d'après le message apporté par Chouette. Si on rejoint la voie ferrée, le voyage ne devrait plus poser de problème.

Ahhh... l'utilisation du conditionnel !

Les rails serpentaient non loin, facilement détectables grâce aux lunévolutives de la phobophobe. La gare à la plus proche était à cinq kilomètres environ, rapidement joignable s'ils forçaient le pas... et c'est ce qu'ils firent. Ce ne fut même pas difficile à vrai dire. Ils avaient pu manger, la nuit avait été relativement bonne, le duo était en condition optimale pour faire ce que les voyageurs savaient faire le mieux. Quoi ? Et bien voyager, gros benêts !

Il ne fallut pas plus de trois quarts d'heure pour que Gregory et Dakota n'atteignent leur objectif. La « gare » n'était rien de plus qu'une bâtisse de planche jouxtant le quai et devant laquelle un cowboy faisait la sieste, enfoncé dans son rocking chair. Une pancarte de bois oscillait en grinçant, où on pouvait lire « Tombstone Station ». A quelques kilomètres de là, si on suivait le chemin de terre, se trouvait la ville du même nom. Une cité du Far West tout sauf touristique ce qui pouvait expliquer l'état déplorable des lieux. Mais aux yeux de Dakota cette gare valait autant que le Grand Central Terminal, si tant est qu'elle puisse y acheter un billet.

Droite comme un « i », elle dépassa le vieillard pour se diriger vers le simulacre de guichet. Il lui fallut faire tinter 5 fois la sonnette pour tirer de son sommeil le guichetier qui avait visiblement pris exemple sur son aîné. Ce fut donc un regard ensommeillé qu'il posa sur la surdouée après s'est octroyé un bâillement si long qu'elle eut tout le loisir de contempler sa bouche jusque ses amygdales.

- C'pour quoi ?

Dakota serra les dents pour s'empêcher de répondre « un hot-dog et deux place pour le Colisée de Sextus ». Qu'est-ce qu'il croyait ? Ils étaient dans une gare bon sang, ce n'était pas comme s'il existait un millier d'option !

- Nous voudrions  deux billets pour Candyland.

- C'fait 50 rubz en tout, mam'zelle. L'prochain train pass'ra à midi douze. Pas à midi onze, pas à midi treize. A midi douze. Et si vous ratez l'train, l'prochain est qu'pour demain. On est pas très bien desservi, dans l'coin. Pourtant c'est un beau pat'lin, v'savez...

Dakota glissa l'argent sur le comptoir dans l'espoir de tuer dans l’œuf ce début de conversation. Elle n'avait aucune envie qu'on lui vante les mérites de Tombstone qui devaient se limiter à un faramineux stock de whisky et des putes bon marché. Heureusement l'homme ne se fit pas prier pour leur remettre leurs billets et le duo put bientôt s'asseoir sur un banc délabré qui meublait le quai. L'horloge qui surplombait le guichet indiquait 8h23. Le temps risquait de sembler long. Trèèèèès long...

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mer 25 Fév - 23:32

Sans plus attendre, il se leva, récupéra ses maigres possessions … plutôt ne récupéra rien du tout, et vérifia que sa boussole et sa bourse étaient bien là dans la poche de son Jean – car ces deux objets étaient de loin les plus précieux qu’il avait. Il partit à la petite rivière, et fit rapidement sa toilette comme il le put. Il allait devoir vite trouver de quoi transporter ses maigres possessions, et de quoi faire sa toilette régulièrement. Mine de rien, une brosse à dents et  un peu de dentifrice lui feraient du bien, et  un petit bain lui conviendrait bien. Mais tout cela n’étant pas à portée de mains, et le temps n’étant pas extensible, il dût s’en passer.

Après tout, il avait gagné un peu d’argent après leur mission pour capturer Janice. Il ne savait pourtant absolument pas quel était cet équivalent dans ce monde, mais il soupçonnait que ce n’était pas rien, compte tenu de l’importance de la mission qu’ils avaient effectuée. Peut-être était-ce l’équivalent du dollar ? Rien n’était sûr, et peut-être que les denrées alimentaires avaient  une toute autre valeur que dans le monde réel. Les proportions pouvaient varier et les objets magiques ou technologiques – comme ceux que les voyageuses avaient utilisés la veille contre Janice – pouvaient très bien avoir un coût prohibitif qu’il ne pourrait jamais encaisser.

C’était sûrement au fur et  à mesure des aventures qu’il allait pouvoir se faire un capital richesse et un capital objets. En attendant ils avaient un voyage à faire, et sa durée étant  indéterminée, ils n’avaient plus rien à faire ici. Combien de jours allaient-ils devoir voyager avant de rencontrer l’ami de la surdouée ? La réponse, pour l’instant, était aussi imprécise que la notion de la monnaie qu’avait Greg.
Il accepta le peu de chocolat chaud qu’il voulait bien ingurgiter en remerciant Dakota, et il la regarda mettre ses lunettes bien utiles, qui étaient sacrément utiles. Grâce à elles, ils avaient pu voir arriver Chouette la chouette de loin, et l’imprécision sur la durée de voyage allait rudement diminuer. L’hématophobe regarda l’animal voyageur s’approcher en volant, et atterrir sur la main de l’adolescente. L’image était assez magique, et s’il avait eu un appareil photo, il aurait  immortalisé le moment.

Dakota, avec sa crinière blonde qui oscillait doucement dans le vent, éclairée par le soleil du matin, avec une chouette à la main qui lui délivrait un message. Il prit une image mentale de ce moment, se jurant qu’il n’oublierait pas la beauté de ce moment, lors du début de son aventure à Dreamland. Cela illustrait la magie simple de ce monde. Cette beauté singulière pour lui était tout aussi la bienvenue que la réponse de James. Il put alors voir sur la carte leur destination. Le doigt de l’adolescente s’arrêta sur un point, ou plutôt une ville du nom de Candyland.

Ce nom était tout aussi intriguant que sa signification, et il se demandait bien - vu la magie qu’il y avait dans ce monde – s’ils allaient bien se retrouver dans le pays de Hansel et Gretel. Peut-être bien que oui ? Peu importe si c’était le cas ou non, comme ils avaient trouvé leur point d’arrêt, il n’y avait qu’à trouver un moyen de locomotion pour y parvenir. Ce fut là encore que Dakota brilla par l’utilisation de ses lunettes et par ses connaissances sur la région. La direction vers le chemin de fer fut établie, et ils ne perdirent pas un seul moment pour se remettre en marche.

Alors comme cela, il y avait un réseau de chemin de fer qui reliait les villes ici ? L’inspiration d’un monde à l’autre était-elle possible ? En tout cas rien ne changeait les anciennes manières de se déplacer. Peut-être y avait-il d’autres moyens de déplacement plus extraordinaires et magiques, mais se servir de ce qu’on connaissait déjà, c’était plus rassurant. Ainsi, dans cette optique de rejoindre au plus vite la ligne reliant l’endroit où était la gare et Candyland était primordiale. S’ils manquaient de chance, ils pouvaient bien louper toute une journée, voire une semaine.

Le réveil et la nuit n’ayant pas totalement retiré leur emprise sur les deux voyageurs, leur déplacement fut ponctué de petits bâillements, jusqu’à ce qu’ils furent  bien réveillés, et que le soleil sortait enfin entier de l’horizon.
Le paysage devant lequel ils arrivèrent une fois à proximité du chemin de fer changeait. C’était totalement autre chose, et la transition était assez étonnante. Cette gare et le village derrière étaient comme tirés d’un film que son grand-père pourrait bien regarder. C’était étrange et assez repoussant, et n’ayant jamais aimé les films que son ancêtre regardait, il préférait se tirer d’ici le plus tôt possible.

L’adolescente prenant les devants niveau social, il se laissa entrainer et remboursa Dakota une fois assis sur le banc. 25 rubz pour un ticket de train qui permettait de couvrir un trajet pas si long que ça. C’était une petite partie de sa bourse, mais il se promit qu’il ferait un peu d’économies une fois le nécessaire acheté. Enfin c’était à compter qu’il ne se fasse pas tenter par un objet technologique ou magique, ce qui invalidait donc tous ses projets. Il allait donc devoir trouver du travail un de ses jours, ou bien continuer de trouver des boulots de mercenaires, un peu comme c’était le cas à Ellipse, mais dans un cadre  bien différent. Il pourrait ainsi gagner de l’aisance dans ce monde, engranger des connaissances et peut-être découvrir ses pouvoirs.

Sinon il n’était pas plus tard que 8h23 à l’heure du guichet. Etant donné l’heure d’arrivée du train en gare, ils avaient beaucoup  de temps devant eux, et surtout de quoi ne plus trouver de sujet de conversation intéressant. Il y avait le temps de bavarder sur tout et n’importe quoi, de connaître mieux la voyageuse avec qui il voyageait, et d’en apprendre toujours plus sur Dreamland. Mais aller dans ce sens-là allait plutôt dans un sens unidirectionnel. Il allait poser des questions, et Dakota allait répondre. A force ça serait fatiguant, et ce serait contraire à tous ses principes. La conversation devait être alimentée des deux côtés, sans  quoi aucun lien ne pouvait se tisser.

Il arrêta de se prendre la tête avec tout ça, et si dit qu’il devait être lui-même et ça allait marcher. Il avait bien fait cela jusqu’à présent et il n’y avait aucune raison pour que cela ne continue pas. Du moment qu’il n’y avait pas de sang dans la bouche de l’adolescente, cela restait possible.

-Tu vas peut-être pas me croire, mais j’ai jamais pris le train de ma vie. J’ai pris l’avion une fois après que mes parents … enfin quand j’étais petit. Mais  je suis jamais trop sorti de San Francisco après. J’ai fait quelques voyages avec la classe, mais très rarement avec ma famille, et à chaque fois c’était en voiture. Du coup je vais prendre le train pour la première fois, ici dans un monde qui ne m’a pas forcément accueilli à bras ouverts. C’est étrange quand on y pense, mais c’est assez grisant de savoir que tout ce qu’on avait trop peur de faire tous les jours, ici on peut le faire sans complexe.
Enfin je ne parle pas de choses morbides. Par exemple j’ai toujours rêvé de voyager, et voilà que mon rêve est en train de s’accomplir. C’est fou.

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Jeu 26 Fév - 13:38

Raide comme un piquet, les deux mains plaquées sur ses genoux dans la position type de la petite fille modèle, Dakota attendait. Ses yeux glacés restaient fixés sur l'horloge dont les aiguilles se mouvaient avec une lenteur désespérante. Chouette avait élu domicile sur son épaule droite alors que James-le-chat s'était lové contre son ventre, profitant de la chaleur du soleil. Et Greg ? Greg avait eu la mauvaise idée de parler. Il lui racontait tous les détails niais de sa vie ferroviaire... ou plutôt de son absence d'expérience ferroviaire. Bon sang, écouter ça rendait le temps encore plus long. Elle le laissa déblatérer, accueillant le tout avec un silence poli. Quand il se tut enfin dans l'espoir d'une réponse, d'une réaction quelconque, tout ce que l'adolescente lui offrit fut :

- Fascinant.

L'ironie était si évidente qu'elle vous sautait au visage toutes griffes dehors. Le masque inexpressif de la phobophobe ne s'étiolait pas un instant, pas plus que son regard ne décollait de l'horloge. Seulement 8h36. Dans ce cadre idyllique, le suicide paraissait être une option parfaitement satisfaisante. Qui sait, la mort aurait peut-être emporté l'ennui profond avec elle ?

Bien sûr sa réaction n'était pas celle escomptée et ça se voyait. Pourtant Dakota avait prévenu ne pas être le meilleur auditoire. Le silence était d'or et la parole d'argent : à moins d'avoir quelque chose d'important à dire, mieux valait économiser sa salive. Mais s'il tenait à parler, soit ! Elle ferait au moins en sorte de rendre cette corvée constructive. Pour ça, autant embrayer sur les sujets utiles histoire de ne pas être noyée sous les questions lorsqu'elle n'aurait plus le temps ni l'opportunité d'y répondre.

- Pardon d'être franche, mais je déteste parler dans le vide comme ça. Ce n'est pas que ça m'ennuie mais... si en fait. Complètement.

La diplomatie pouvait repasser, mais c'était le cadet des soucis de la gamine.

- Quitte à déblatérer, faisons utile.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Dakota se mit à parler de sa voix monocorde... parler longtemps. Très longtemps. Elle lui présenta le monde, bien aidée de sa carte. Lui expliqua le peu qu'elle savait concernant les tours, leurs gardiens et les adeptes. Si elle ne savait pas l'enjeu qu'elles représentaient, elle avait au moins connaissance des mouvements visant à les protéger ou les détruire. Elle savait aussi les dangers qu'incarnaient les gardiens. Elle lui parla aussi des villes qu'elle avait visité par le passé. Elipse, son racisme exacerbé et sa terrible nuit sanglante. Gloutoniskaïa, baignée de magie irréelle où les créatures fantastiques et les sorciers se vouaient presque à un culte du commerce capitaliste. Sextus, simulacre de Grèce antique aux hormones en ébullitions et où l'esclavage était chose courante. Techyo, cité technologique sortis tout droit d'un film de science fiction mais dont la moitié des inventions tournaient mal, apportant chaos et folie dans leur sillage. Elle évoqua aussi ces lieux moins grandioses qu'elle avait néanmoins traversé, à commencer par le village du père noël ; la forêt incarnation fut aussi passé en revue ainsi que le domaine de Bergerac, son ancien maître. L'existence des pirates comme Georges Mikkles ne fut pas oublié, pas plus que celle des équipages fantômes comme celui qui les avait abordé.

Les mots pleuvaient et les minutes s'égrainaient, se changeant en heures. Le soleil s'élevait fièrement vers son zénith en les accablant de chaleur mais il en fallait plus pour faire taire une Earnshow en plein exposé. Lorsqu'elle eut fini, le silence retomba comme une chape de plomb et elle en profita pour boire une gorgée de chocolat. Le pauvre Gregory semblait s'être noyé dans le flot d'informations et se débattait actuellement pour ne pas sombrer. C'était plutôt positif, du point de vue de Dakota. Au moins il ne réessayerait pas de sitôt de lui faire la conversation pour le plaisir de passer le temps.

En parlant de temps, l'horloge affichait à présent 11h59. Le train ne tarderait plus et ce n'était pas plus mal. Elle commençait à manquer de matière pour occuper le jeune homme étant donné qu'elle n'avait aucune envie de détailler ses expériences personnelles. Il n'avait pas besoin de savoir les horreurs qu'elle avait traversé. Le récit de sa vie n'était pas -et ne serait jamais- un divertissement.

- Nous allons bientôt pouvoir quitter cet endroit. Tu as des questions avant que le train n'arrive ?

Non, pitié qu'il dise non... c'était une question de politesse plus qu'autre chose à vrai dire. Tout ce que la phobophobe voulait pour l'heure, c'était de l'eau fraîche et un parasol. Et reposer sa gorge, cela allait sans dire.

Ses lunevolutives qui étaient restée sous forme de lunettes de soleil pendant son discours se changèrent en pseudo-jumelles avec lesquelles elle observa l'horizon. Le train était en approche, à une allure tranquille, laissant un panache de fumée noire derrière lui. C'était le même genre de locomotive que celle qui avait déraillé à cause d'une météorite, le soir de la nuit sanglante. Ses lunettes reprirent la forme de lunettes de soleil et elle hocha la tête, satisfaite. Pour l'heure tout se passait comme prévu. Bientôt elle pourrait retrouver son meilleur ami, ses projets, son avenir.

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Ven 27 Fév - 8:14

Remettre ça sur la coup de la fatigue ? pas trop possible. Sur le coup du changement de décor ? peu probable. Sur le fait qu’il avait juste trop essayé de faire quelque chose de bien ? c’était à peu près ça. Il avait juste sorti des paroles sans intérêt, et qui avaient résonnées dans le vide intersidéral qu’était le blanc qui suivit. S’il avait  pu se cacher la tête entre ses mains, faire un retour en arrière et se taire, il l’aurait fait. Mais ce monde ne semblait pas marcher comme cela, et tout comme dans la réalité, il fallait faire face à ses erreurs. Sauf que là, le ridicule était partout, mais vraiment partout. Gregory fut presque soulagé d’entendre Dakota confirmer l’utilité profonde de ses propos.

Au moins son vrai premier faux pas s’était fait, et il essaierai de ne plus refaire la même chose. Bien heureusement, l’adolescente n’avait pas eu de réaction trop horrible face à son discours plat et superficiel. Cependant, il grava dans son esprit la réponse. « Fascinant ». D’un point de vue en fait, la situation était hilarante. Ce pourrait presque être un film comique, et Gregory ne put s’empêcher d’esquisser un sourire discret. Au moins il ne risquait pas de s’ennuyer avec elle, enfin c’était ce qu’il pensait.

-De toute façon je vois pas bien comment on aurait pu  tenir jusqu’à même 10h avec des discussions comme ça. La prochaine fois, j’éviterai de parler du chien de ma  tante, promis.

Autant Gregory avait fait court, autant la notion d’utilité et de déblatérer un discours chez Dakota était bien présente, même un peu trop ? Il n’avait pas eu envie de poser la question sur l’explication de ce monde ainsi que de ce qu’elle savait, de peur qu’il ait la même réponse qu’à Ellipse, où il s’était fait rembarrer puissance 100. Au moins il avait la chance, si on pouvait dire ça comme ça, d’avoir une explication précise et détaillée de l’endroit où il avait atterri suite à son plongeon. Plus il en savait, mieux ça serait, et là il était bien servi.

Au début, il suivit avec attention son discours, buvant les paroles de la surdouée, prenant note dans son esprit des choses importantes, même s’il y en avait visiblement beaucoup trop pour tout retenir d’un coup. Dakota avait dû engranger ces connaissances au fur et à mesure du temps passé  ici, et elle avait sûrement passé pas mal de temps dans  une bibliothèque à feuilleter des ouvrages poussiéreux en quête de savoir. Il la voyait bien comme Hermione, avec sa pile énorme de bouquins à sa gauche en début de soirée, et pliée à droite en fin de journée.

Pas une fois il n’eut le temps de poser une question sur quelque chose qu’il n’avait pas forcément saisi, compte tenu du débit de l’adolescente et de sa fermeté  à garder le monopole de la parole. C’était assez impressionnant comment elle pouvait vous noyer sous l’information, et finir par taire toute volonté d’interrompre tout ce flot de paroles. Quelques fois Gregory but la tasse, et finit par ne plus comprendre certaines parties de son discours. Mais plus il écoutait et prenait compte de l’histoire et de la géographie des régions, plus il arrivait à cerner les particularités des régions.

Son cerveau commençait à entrer en fusion, et gardant la même position comme Dakota, il fut soulagé mais aussi surpris quand le fleuve de connaissances s’arrêta brusquement. Les minutes et les heures s’étaient écoulées, et, tellement prit et captivé par ce qu’elle avait  dit, il avait perdu toute notion du temps. Comme une distorsion temporelle à l’intérieure d’une autre. Ce ne fut que lorsqu’il entendit Dakota parler d’heure avancée qu’il comprit que le train allait bientôt arriver. Certes le temps qui les avait séparés de cette heure était long, mais tel l’élève attentif en cours qu’il était, cela ne l’avait pas gêné.
Avait-il une dernière question ? La réponse était simple, non, elle avait dû détailler tout ce qu’elle savait ou plutôt avait envie de divulguer. Cela ne servirait donc en rien de poser une question à laquelle elle avait déjà répondue, ou à laquelle elle n’avait pas de réponse.

-Fascinant.

Il soutint le regard de l’adolescente, avant de perdre son sérieux et de continuer.

-Sinon j’ai pas de question. Et sérieux, merci pour le cours particulier.

Il sourit amicalement à l’adolescente, avant de remarquer quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il fit un quart de tour, avant de remarquer l’apparition subite d’une femme sur le quai de la gare, ce qui ne surprit pas du tout Gregory. Après tout il y était désormais habitué. Et puis après le discours que Dakota  lui avait débité, ce n’était pas cette apparition qui allait l’impressionner. Mais ça restait cool quand même. Ils formaient désormais un triangle, et s’il ne se trompait pas, la personne en face de lui était une voyageuse, et avait été envoyée ici, par qui et pour quelles raisons ? ça il ne le savait pas encore.  Il hésita à lancer un « Salut toi ! », mais il se fit devancer.

Un jour il arrêterait d’un un gros soumis, un jour…
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Ven 27 Fév - 11:23

Vient du QG de la résistance


Ses paupières s’ouvrirent lentement. Lourde. Elle n’était plus à même le sol mais dans un lit d’une blancheur éclatante. Combien de temps avait-elle été inconsciente ? Il fallut quelques secondes avant que le film des dernières heures se reconstitue dans l’encéphale malade de la russo-américaine. La douleur se réveilla à son tour, brûlante, assassine. Bordel. Ces atlantes ne l’avaient vraiment pas ratée.

Eve chercha à se lever mais immédiatement, une infirmière l’incita à rester coucher. Comme elle n’était pas décidée à les écouter, il fallut faire appelle à plus de bras ; suffisamment nombreux pour que la paranoïaque blessée déclare forfait. Se sentir aussi faible, c’était bon pour les autres. Les supérieurs quant à eux, capitulèrent à condition qu’elle file se faire oublier dans un bled où elle devait éviter les ennuis. Si elle avait pu, la jeune femme aurait éclaté d’un rire froid en dressant son majeur. Bien sûr, parce que c’était de sa faute si une quelconque magie dreamlandienne l’avait envoyée droit à Atlantis alors qu’elle était dans les terres gelées ?

Si elle se tut, c’est peut-être aussi parce qu’elle savait que perdre le soutien des résistants ne lui serait pas bénéfique. Même si ce n’était pas demain qu’elle se ferait endoctrinée dans une magouille douteuse, pour l’instant ils restaient son unique bouée dans l’océan onirique. Ce n’était pas qu’elle avait peur d’être seule ; plutôt que cette collaboration lui apporterait ce qu’elle cherchait depuis Elipse : des réponses.

Quand elle fût enfin tranquille, Eve s’autorisa à fermer ses paupières quelques minutes. Quand elle émergea à nouveau, son organisme s’était comme habitué à la douleur. Elle était toujours présente, sourde, mais diffuse, comme si elle s’étalait sur toute la surface de sa peau ferme. Cette fois, personne n’empêcha la jeune femme de se lever. La tête lui tourna, elle dut rester de longues secondes immobiles, les bras en balancier, pour ne pas tomber.

- Putain de merde…, souffla-t-elle en s’approchant de ses affaires entassées dans un coin.    

Comment est-ce qu’elle allait porter tout ça ? Son dos ne supporterait pas la charge de la hotte. Même si elle la mettait sur son ventre, les lanières menaçaient de brûler ses épaules. Fouillant pour s’assurer qu’il ne manquait rien, La russo-américaine découvrit une trouve de soin et une trousse de toilette. Don ou livraison promotionnelle ? Qu’importe, ce n’était pas la première fois que des articles apparaissaient dans son barda.

Grimaçant, Eve retrouva son tee-shirt, sa veste et son manteau hivernal. S’assoir et se courber pour enfiler ses rangers fût un supplice. Décidément, si elle acceptait de se mettre à l’écart ce n’était pas parce que ses « supérieurs » lui demandaient, mais parce qu’elle n’était pas opérationnelle pour autre chose. Toutefois, avant même d’y être, elle savait qu’elle ne resterait pas à Tombstone. Ce serait la meilleure façon d’attendre de se faire assassiner si jamais la résistance cherchait à l’évincer. Non, elle irait quelque part où ils ne la trouveraient pas et d’où elle reviendra quand elle voudrait.

***

Le quai de la gare était… misérable. Effectivement, on avait cherché à l’envoyer dans le trou du cul du monde des rêves. Les yeux glacés de la détenue balayèrent ses comparses : un vieillard endormi, une gamine maigrichonne et un bellâtre adolescent. Tenant pour l’instant sa hotte à bout de bras, elle se tourna pour sonner le guichetier. Dans la vitre sale qui renvoyait son image, elle découvrit son teint maladif, à croire qu’elle allait s’évanouir d’un moment à l’autre.

25 rubz ? Eve paya sans sourciller et ôta son manteau, d’ores-et-déjà assaillie par la chaleur. Elle se débarrassa même de sa veste et décida d’occuper les quelques minutes qui lui restait sur le quai de cette gare pourrie à fumer une clope. Sa hotte posée au sol, elle alluma un de ses cancers en tube et retourna sonner chez le guichetier : elle avait oublié l’essentiel. Et évidemment, pas de pancartes ici.

Elle eut beau s’acharner pourtant, le concerné ne répondait plus. S’était-il rendormi ? L’ignorait-il sciemment ? Impossible de savoir. Soufflant un nuage de fumée grisâtre, la russo-américaine tira sa carte de Dreamland de ses affaires pour voir si le chemin de fer y était assigné. C’était le cas. Plusieurs villes s’offraient à elle, autant de choix différents qui confondraient les résistants s’ils essayaient de la retrouver prématurément.

Le regard illisible d’Eve se tourna vers l’adolescent. Il n’arrêtait pas de la dévisager depuis qu’elle était arrivée. Et est-ce qu’il avait essayé de lui parler ? Qu’est-ce qu’il lui voulait ? La paranoïaque le transperça de longues secondes de ses yeux glacés avant de reporter son attention sur la locomotive qui approchait à allure tranquille. Elle s’arrêta devant la gare de Tombstone au moment où elle balançait le filtre de sa clope sur les rails. Il y avait trois marches à grimper pour pénétrer dans le wagon. Trois marches qui devenaient d’un coup un semblant d’épreuve pour son dos en convalescence.

- Excusez-moi, finit-elle par dire en interpellant l’hématophobe, est-ce que vous pourriez m’aider à la monter à bord s’il vous plait, précisa-t-elle en désignant sa hotte.  

La fébrilité qui émanait de son teint de craie suffirait certainement à faire comprendre à Gregory qu’elle n’était pas au meilleur de sa forme. Elle aurait pu aussi faire l’effort d’un sourire, mais ça, c’était au dessus de ses forces.

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Ven 27 Fév - 21:33

Le « fascinant » qu'on lui servit en échos du sien quelques heures plus tôt failli lui arracher un sourire. Ça et le fait qu'on lui épargnait les questions de fin de cours. Ils n'avaient pas vraiment le temps pour ça de toute façon : les choses bougeaient. Une femme venait de se matérialiser au bout du quai, une hotte en osier dans les bras. La même que celle de Dakota ce qui signifiait qu'elle était là depuis assez longtemps pour avoir profité des cadeaux qui leur avait été offert au compte-goutte lors de la dernière période de noël Dreamlandienne. Une voyageuse, donc.

La silhouette de l'inconnu fut bientôt passé au crible. Sèche comme un coup de trique, le visage revêche encadré de cheveux noirs de jais, des yeux sombres qui, à leur manière, étaient aussi glacés que ceux azur de la phobophobe. Vu sa démarche elle devait être blessée au dos. Cela expliquait aussi cette étrange manière de porter sa hotte. Cerise sur le gâteau, elle avait l'air décidée à prendre le train elle aussi. Résumons donc : une femme à l'air dangereux sortant probablement d'un combat acharné allait voyager un moment en leur compagnie. Ô joie, Ô félicité.

- Je suppose qu'il fallait bien un impondérable, grommela la blondinette, l'air sombre.

La locomotive entrait déjà en gare. Dakota chargea son barda sur son dos et avança en compagnie de Gregory quand l'inconnu les interpella, réclamant de l'aide. Elle prenait l'hématophobe pour un bagagiste ? Préférant se murer dans le silence plutôt que de provoquer une altercation plus nocive qu'utile, l'adolescente monta à bord à la recherche d'une place libre. Gregory était un grand garçon, il se débrouillerait très bien tout seul.

L'intérieur du train était assez vieillot, et pour ainsi dire bondé. Il était divisé en compartiments clos pour 4 personnes chacun et la phobophobe réalisa qu'un emplacement était marqué sur son titre de transport. B3 était écrit en haut à gauche du billet, aussi s'évertua-t-elle à dénicher sa place. Par chance, le compartiment était vide lorsqu'elle y pénétra. Par malchance, si Greg' était bien son compagnon de voyage, Eve l'était aussi. Elle s'installa près de la fenêtre, le jeune homme prenant place à ses côtés alors que l'inconnu s’attribuait la banquette d'en face. Après que chacun ait pris ses marques, l'ambiance se révéla lourde et pesante, et les sourires crispés de l'hématophobe n'arrangeaient rien.

Alors que Chouette prenait place sur le porte-bagages au-dessus de sa tête, Dakota tira de sa hotte son miroir en argent. Rien dans son expression ou dans l'aspect de l'objet ne pouvait trahir ses desseins. Et ils étaient très simples : elle voulait confirmer ses doutes quant à la dangerosité potentielle de leur charmante compagne. Faisant mine de s'examiner le visage, elle leva l'objet jusqu'à ce qu'il se trouve entre son visage et celui d'Eve. A la vue de ce qui s'y trouvait, ses doigts se crispèrent spasmodiquement sur le manche.

Une harpie. Peau verte et rugueuse, longs doigts crochus pourvus de griffes tranchantes, ossature saillante, dentition cauchemardesque... et ce n'était rien face au regard du monstre. Mais si elle ne pouvait réprimer les tremblements dans ses mains, son expression ne cillait pas alors qu'elle reposait le miroir en argent sur ses genoux, les yeux clos. Cette femme... il fallait s'en débarrasser rapidement. Se tenir à carreau, ne pas la chercher et la semer une fois dehors. Ne surtout pas l'inviter à se joindre à eux. C'était bien une bêtise dont serait capable son camarade, tiens. Dakota attendit un petit moment, pour être sure que son regard n'avait plus cette blancheur de cataracte, et rouvrit les yeux.

Ça aurait été mentir que de dire qu'elle n'avait pas peur. Tant qu'elle ne savait pas de quoi cette femme était capable elle ne pourrait calmer les voix paranoïaques qui murmuraient sous son crâne. Mais elle pouvait prendre des mesures, à commencer par informer Greg'. La blondinette lui tendit son miroir après l'avoir longuement fixé, les lèvres pincées en signe de désapprobation.

- Regarde-toi... tu ne ressembles vraiment plus à rien. On devrait aller faire un tour pour voir si on tombe sur un ersatz de lavabo.

Et il ne fut pas déçu de ce qu'il vit, ça non ! Le mouvement de recul fut violent et immédiat, ce qui lui donnait soit-dit en passant l'image d'un homme profondément superficiel. La phobophobe lui tapota la cuisse et soupira.

- Oui, je sais. Moi aussi ça me fait cet effet à chaque fois que je lève les yeux sur toi.

Elle récupéra son bien et se mit debout à l'instar de son compagnon -encore aveuglé. Elle le stabilisa du mieux qu'elle put mais un mouvement brusque du train les poussèrent contre Eve avec une violence malvenue. Dans le dos de la brune, une suture craqua et se mit à saigner. Encore. Et encore. Et encore... comme toutes ses plaies non cicatrisées d'ailleurs. Le saignement tout sauf naturel était grandement aidé par les pouvoirs de Gregory sans même qu'il en ait conscience. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire les bandages se retrouvèrent imbibés de sang, et bientôt sur le haut d'Eve commencèrent à apparaître des tâches vermeilles.

« Warning » s'affichait en lettres de feu dans l'esprit de la blondinette. La harpie risquait de mal le prendre et impossible de prévoir ses réactions mais en plus de ça... le sang risquait de poser problème. De la main qui soutenait encore Gregory, Dakota pouvait sentir les tremblements qui agitaient ce dernier, doucement d'abord puis de plus en plus fort...

- Désolée pour la bousculade. Je crois qu'il vaut mieux que je le fasse sortir... mon compagnon ne supporte pas la vue du sang.

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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Sam 28 Fév - 21:22

La voyageuse semblait assez mal en point, et devait avoir subi de récentes blessures vu sa posture et son incapacité à mettre ses affaires sur le dos. Elle ne semblait pas méchante, mais son arrivée avait comme troublé le moment d’équilibre trouvé entre les deux voyageurs. Il espérait seulement qu’après l’avoir aidée, leurs chemins allaient se séparer. Evitant de trop la regarder, il l’aida à monter se bagages dans le train, avant de suivre Dakota, tous les deux ayant des tickets visiblement dans la même cabine. « L’impondérable » comme l’avait dit l’adolescente, avec son jean et ses rangers en mode voyage, les suivait pourtant de près.

Dépendance affective ou coup de foudre pour l’hématophobe ? C’était dur à dire, mais les deux scénarii étaient tout aussi effrayants l’un que l’autre. Il entra dans la cabine, s’assit à côté de l’adolescente qui avait déjà pris place. Un sac lui serait vite nécessaire, et il comptait bien en trouver un s’ils s’arrêtaient à une grande gare. D’après ce que lui avait dit l’adolescente, les marchands les apprivoisaient, si bien qu’il pourrait aisément trouver satisfaction vu l’argent qu’il avait, et sa signification que lui avait apportée la blondinette. Il n’était pas riche, mais ses moyens étaient assez conséquents pour un début ici.

Il n’eut pas le temps de commencer à prendre le temps de bien s’assoir que la porte s’ouvrit de nouveau, toujours avec la même inconnue, qui visiblement avait acheté un billet au même numéro de cabine qu’eux. C’était fort peu probable que ce soit elle qui l’ait décidé, et que le nombre de personnes visitant Tombstone pour la quitter était la raison pour leur regroupement. Tentant de regarder la fenêtre pour ne pas avoir à regarder l’inconnue, il vit l’adolescente faire un mouvement et prendre son miroir.

Tout de suite, Gregory reconnu l’artéfact révélateur, et se dit qu’il était bien utile qu’il ait l’apparence d’un miroir ordinaire. L’inconnue ne se douterait de rien. Il évita de regarder intensément l’adolescente, pour éviter d’attirer l’attention sur le miroir, et fut réceptif à l’interpellation de sa complice. Elle lui faisait signal de regarder à son tour dans l’artéfact, et de voir la vraie nature de cette personne. Il se prépara mentalement, et fit mine d’être touché par la remarque stylistique de Dakota. Il prit le miroir à pleine main, et se hâta de regarder à travers, le pointant imperceptiblement vers l’inconnue.

Tel un homme précieux et superficiel, ses yeux s’écarquillèrent, et la peur et l’effarement envahirent ses membres qui se contractèrent violement. La créature qu’il voyait était  immonde, et jamais il n’avait envie de parler à cette dame. Il avait envie de s’en aller, et de ne pas la côtoyer. Les visions qu’il avait vues pour Melena et Dakota étaient bien moins horrifiantes que celle qu’il avait pu voir pour la dame aux cheveux noirs de jais. Il tenta de se ressaisir, étant désormais presque debout et aveugle, ce n’était pas facile, et l’aide de la surdouée fut précieuse. Mais c’était sans compter que le train n’était pas très doux avec la conduite et les secousses.

Il fut littéralement projeté contre la dame dont la vraie nature était celle d’une harpie, et le choc n’avait pas été très délicat. Puis il recouvrit la vision. Il mit du temps à voir l’horreur que cela avait causé. L’hématophobe mit aussi un certain temps à assimiler la couleur qui se formait sur les vêtements de l’écrasée. Rouge. Rouge sang. Des blessures qui s’ouvraient, qui laissaient le liquide vital oxygéné s’échapper d’un corps. Il ne pouvait s’empêcher de regarder, il était fixé, il ne pouvait pas détourner son regard de ce qui l’effrayait le plus. Il commençait à transpirer, son pouls s’accélérait et son cerveau tournait à plein régime pour lui faire perdre tous ses repères.

Des flashs visuels lui revirent à la tête, et l’impression de se noyer  dans le sang de ses parents lui occupa l’esprit. C’était à peine s’il avait remarqué que l’adolescente l’avait tiré de la cabine, l’emmenant dans le couloir. Il transpirait de plus en plus, et ses tremblements ne faisaient qu’empirer. Dans sa tête, les visions tournaient au cauchemar, transformant toute idée en folie sanguinaire. Il était en train de perdre les pédales. Aidé par Dakota, il s’appuya au mur du train qui continuer d’osciller, ne facilitant pas sa condition, et se dirigea vers les toilettes.

A peine arrivé devant le siège qu’il tomba à genou, et de violents haut-le-cœur lui prirent. Il essayait de respirer en vain, et, agité par ses spasmes il n’arrivait qu’à s’étouffer dans de l’air en face de la cuvette. Deux, trois fois il essaya en vain de se soulager. Ce ne fut cependant que de la bile qui sortit, lui donnant un gout dégueu dans la bouche pour varier les plaisirs. Il serra les mains sur la cuvette, et contracta ses muscles, au point d’activer ses nerfs. Cela marcha, et petit à petit, il commença à respirer normalement, et trembla de moins en moins.

-Là je dois vraiment plus ressembler à rien, lâcha-t-il entre deux respirations.

Reprendre contrôle de soi et de ses émotions. Il fallait qu’il se ressaisisse. Il essaya de faire le vide dans son esprit, et se concentra sur la présence qui était derrière lui. Il n’était pas seul, en tout cas pour l’instant. L’hématophobe se remit sur ses genoux, et s’essuya le front qui ruisselait de sueur. Vraiment, il n’avait pas choisi sa journée.
Son pouvoir était encore actif, mais cela il ne le savait pas encore, et pour l’instant il valait mieux qu’il ne s’approche de personne. L’inconnue allait-elle faire l’erreur que personne ne pouvait encore prévoir ? Et Dakota allait-il l’aider jusqu’au bout ?
Essayant de respirer moins fort, il pria pour que l’inconnue se soit barrée quelque part ailleurs.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Sam 28 Fév - 22:59

L’adolescent avait accepté de l’aider sans poser de question. Tant mieux parce qu’elle n’avait vraiment pas envie de discuter. Toutefois, la russo-américaine n’avait pas encore fini de côtoyer ses cadets puisqu’on leur avait attribué des sièges voisins. Se déplaçant jusqu’au compartiment en portant sa hotte à bout de bras, la taularde déposa son barda sur la banquette et s’assit à côté, face à Gregory. Ses blessures lui envoyaient régulièrement des signaux de douleur, comme pour lui rappeler qu’elles étaient là, souvenir cuisant du fond des océans.

Son regard froid s’était perdu à travers la fenêtre, sur le décor qui défilait paresseusement. Le train ne semblait pas pressé mais tant mieux : Eve ne l’était pas non plus. Elle se sentait tellement faible… plus faible que lorsque les hommes de Blackberry l’avaient passée à tabac et pourtant, ils n’y étaient pas allé de main morte. Le sang qu’elle avait perdu sans doute. La bête de ses entrailles s’était retirée pour panser ses plaies, cessant de feuler, cessant de murmurer, ne laissant dans sa tête malade qu’un silence sourd. Pourtant la folie était là. Muette. Sous chaque fibre de sa chair de craie. Une rancœur qui la galvanisait tout en l’anesthésiant. Elle en voulait à Sydney, à Jonh, aux atlantes, à la résistance, au monde entier.

La discussion futile des deux gamins qui se regardaient dans leur miroir lui parvenait comme un bruissement lointain mais le sursaut du train la fit brutalement revenir à la réalité. Ses deux compagnons de compartiments s’étaient vautrés sur elle, déclenchant une douleur dans son dos qui lui coupa le souffla. Eve voulut les repousser nerveusement mais son bras était trop lent, à moitié paralysé par la souffrance. Elle serrait les dents jusqu’à se faire mal, blanche à faire peur, se refusant à concéder le moindre gémissement. Même dans un putain de train de bouseux avec deux adolescents elle ne pouvait pas être tranquille.

Lorsque Dakota lui adressa ses excuses d’un air tout sauf compatissant, les orbes marron de la détenue se levèrent vers elle. Infaillibles, illisibles, seuls restes de sa vivacité sur son visage maladif. Elle avait envie d’envoyer bouler Gregory et sa peur du sang mais effectivement, il y avait plus urgent : ses blessures saignaient à nouveau et pas qu’un peu.

Est-ce qu’elle regrettait d’avoir quitter l’infirmerie du QG ? Pas vraiment. Même si dans l’état actuel des choses, n’avoir aucune aide pour refaire ses bandages n’allait pas lui faciliter la tâche. La banquette était déjà tachée,  à l’instar de ses mains qui avaient tenté d’évaluer les dégâts. Foutue hémorragie. Eve attrapa sa trousse de soin et s’aventura dans le couloir, dans la direction opposée à celle de Dakota et Gregory.

Il lui fallut plusieurs mètres avant de dénicher d’autres toilettes. Par chance, elles étaient libres. Par malchance, elles étaient minuscules. Elle n’était pas grosse et pourtant, faire un tour sur elle-même était presque une épreuve. Pas de miroir, juste un robinet vieillot et une cuvette au siège en bois poli. La russo-américaine ôta d’abord son tee-shirt gorgé de sang, dévoilant les bandages qui enveloppaient son corps d’une pâleur effrayante. Devait-elle enlever ses bandages ? Devait-elle simplement arrêter le saignement pour remettre à plus tard le pansement ? Dans tous les cas, il lui faudrait nettoyer le sang des plaies et ça, elle ne saurait pas le faire toute seule. En fait… seule, elle ne pouvait rien.

La jeune femme resta dans la pièce un instant, ses mains poissées sur le lavabo, puis elle sortit, abandonnant son tee-shirt dans une poubelle. Envers et contre la pudeur, elle traversa le wagon en jean et soutien-gorge, des traces vermeils jusqu’à sa poitrine modeste. A chaque pas, elle ravalait un peu plus sa fierté et ruminait le manuel des bonnes manières qu’elle n’avait jamais lu. Devait-elle se méfier de cette gamine de 12 ou 13 ans ? Elle avait l’air d’être une voyageuse, ce qui était à la fois une bonne et une mauvaise chose.

Ayant retrouvé la phobophobe qui avait l’air d’attendre devant les WC, Eve marqua une pause. Inconsciemment, elle était suffisamment loin pour que le pouvoir de Gregory ne la touche plus. Néanmoins, elle sentait que le peu de force qui lui restait continuait de s’amenuiser et la douleur revenait à la charge. Méfiante mais résignée, elle interpella la blondinette. Si jamais elle tentait quelque chose à son encontre, ses pouvoirs la préviendraient… n’est-ce pas ?

- Pardon de vous… déranger, entre faiblesse et démence latente, ses mains tremblaient, tâchées de sang, je… la « bousculade » de tout à l’heure à rouvert des blessures que j’avais au dos… je suis désolée de demander ça, mais je ne pourrai pas refaire mes bandages toute seule. S'il vous plait, est-ce que vous pourriez…

Sa demande resta en suspend, comme si elle ne savait pas vraiment comment la finir. Demander de l’aide à des enfants, elle tombait bien bas… mais c’était ça ou se vider de son sang. Autant mourir tuée par le kraken aurait été digne, autant finir exsangue dans une locomotive de campagne, c’était peu glorieux.

- Je n’ai pas l’intention de vous tenir la jambe, ajouta Eve devant l’expression indéchiffrable de Dakota, j'ai ma propre trousse de soin. Si vous voulez bien m’aider, je peux même m’installer dans le couloir si votre ami ne supporte pas le sang. Je m’en fiche.

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 1 Mar - 15:28

Ce voyage en train était à l'image de son existence même : désespérant et misérable. Voilà qu'à peine dix minutes après être montée à bord, elle se retrouvait à faire le guet dans un couloir pendant que Gregory vidait tripes et boyaux dans des toilettes vieillottes. Elle pouvait comprendre son malaise et sa peur, mais ça n'en rendait pas la situation plus agréable pour autant. Lorsqu'il lui lança qu'il ne devait plus ressembler à rien, réellement, Dakota leva les yeux au ciel avant de se masser l'arrête du nez.

- Crois-moi, c'est le cadet de tes soucis.

Le vrai problème, c'était Eve. Sa silhouette venait de se dessiner à l'autre bout du couloir et elle marchait vers eux... ou plutôt tanguait, pour être exact. Elle n'arborait plus que ses bandages et son soutien gorge pour masquer son buste, à croire qu'elle avait semé son t-shirt derrière elle. Que voulait-elle ? Se venger ? Leur demander des explications ? Refaire le portrait au duo ? L'imagination foisonnante de la surdouée pouvait ainsi trouver moult motivations, toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Des choses dont elle pourrait sans mal avoir peur. Et l'idée d'être paralysée par la peur lui clouait effectivement les membres. Bon sang... cette phobie était vraiment une plaie.

L'interpellation de la paranoïaque acheva de parfaire son immobilité. Les mots chutaient les uns après les autres avec lenteur, comme s'ils coûtaient un effort démesuré à cette femme. Visiblement, demander de l'aide n'était pas dans ses habitudes et cela sembla lui coûter beaucoup. Pour être franc, Dakota se fichait complètement de l'effort fourni. Tout ce qu'elle voyait, c'était qu'elle était en position de force. Si elle faisait ces bandages, l'inconnue lui serait redevable. S'il y avait une chose de précieuse à Dreamland, c'était bien ça.

- Je pourrais vous aider, effectivement.

Rien dans son comportement ne montrait sa motivation à la soigner, néanmoins. La phobophobe pouvait le faire et y gagner. Y perdre, aussi. Qu'est-ce qui lui disait que cette femme n'allait pas s'accrocher à leur groupe comme une sangsue, demandant plus de soins, plus d'attention... et pourquoi pas un bout de route ensemble. « Ça ne coûtait rien », non ? Sauf que si, justement. Ça vous extorquait des efforts, de la fatigue et du temps. Cela dit, si elle pouvait vraiment les laisser tranquille et élire domicile dans le couloir...

Après une longue et perceptible hésitation, Dakota se remit en mouvement et fit signe à Gregory pour lui signifier qu'elle revenait rapidement. Elle ne desserra les lèvres qu'à hauteur d'Eve, levant ses yeux glacés vers le visage de son interlocutrice.

- Je ferai vos bandages et vous resterez dans le couloir si ça vous chante. Je ne vais pas vous dicter votre comportement, vous avez payé votre billet tout comme nous.

Elle suivit la brune à l'autre bout du compartiment, là où elle avait trouvé les autres cabinets. Ils étaient trop exigus pour qu'elle effectue les soins à l'intérieur mais étant donné le manque de pudeur de sa patiente, le couloir conviendrait parfaitement. Une fois Eve assise à même le sol suivant sa demande, elle se mit à genoux derrière elle et entreprit de retirer les bandages. Ce qu'elle vit lui tira une grimace de dégoût. De la charpie, c'est tout ce qu'elle voyait. Quelqu'un avait visiblement tenté de limiter les dégâts par quelques sutures, mais le tout était si massacrer que cette femme garderait probablement à vie un monceau de cicatrices à la place du dos. On aurait presque dit qu'elle s'était faite flageller... mais par qui ? Et pourquoi ? Pas d'importance en définitive. Leurs chemins se sépareraient bientôt.

Après avoir récupéré un monceau d’essuie-tout et les avoir mouillé, elle entreprit de nettoyer tout le sang en tamponnant les plaies. C'était long, minutieux et douloureux si on tenait compte des frissons qui agitaient de temps à autre sa patiente. Pourtant, la femme ne desserrait pas les dents, comme si pour elle gémir était inconcevable. Une fois les blessures relativement propres, il fallut les désinfecter. Compresses, antiseptique et travail minutieux, une fois encore. Elle banda avec soin ce pansement de fortune, puis se remit debout en époussetant ses genoux.

- Tenez-en compte ou non, mais vous devriez aller voir un médecin. Délaissez vos soins et vous êtes bonne pour une infection, voir une gangrène. Et ce n'est pas agréable, je parle d'expérience.

Le souvenir de sa main lui revenait. Le bris de verre, l'entaille profonde, la plaie noircie... Elle avait dû rester 3 semaines sans soins, à faire le ménage, la vaisselle et toutes sortes de corvées. Sa blessure était devenue un vrai nid à microbes, l'odeur nauséabonde qui en émanait à l'époque était abominable et sans la potion de soin qu'on leur avait donné avant de les vendre, elle aurait probablement dû se faire amputer. Elle ne voulait même pas imaginer ce que ça donnerait à l'image d'un dos entier.

Sans un mot de plus, elle quitta la brune pour rejoindre Gregory qui s'extrayait tant bien que mal des toilettes où il avait stationné jusque là. Le pauvre avait le teint blême et l'air fiévreux. Une chance qu'elle eut soigneusement nettoyé ses mains avant de revenir, sans quoi il aurait tourné de l'oeil.

- On devrait retourner s'asseoir.

Une fois de retour à leurs places, elle tenta de faire de nouveau apparaître un cadeau dans l'espoir qu'il contienne de quoi leur remplir le ventre une fois encore. Pas de chance, tout ce qu'elle trouva dans la boite fut une paire de rangers. Cela dit, on ne disait jamais non à des chaussures solides quand on passait son temps sur les routes.


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Dernière édition par Dakota Earnshow le Dim 1 Mar - 15:32, édité 2 fois
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 1 Mar - 15:28

Le membre 'Dakota Earnshow' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 1 Mar - 18:15

Et voilà qu’au moment où il en avait le moins besoin, la chimère revenait. Etant hors de vue de l’hématophobe, ça allait encore, mais le fil d’actualité des dernières minutes lui revint en tête avec une étonnante rapidité et précision. Il eut un bref haut-le-cœur avant de se reprendre. Non il ne fallait pas qu’il sombre de nouveau. Se raccrochant à sa volonté de guérir, il lutta contre les visions qui l’assaillaient de part et d’autre de son cerveau, priant pour que tout cela cesse. Il tenta en vain de refaire le vide dans sa tête, et ne réussit qu’à remettre la tête dessus la cuvette des toilettes à temps pour rendre ce qui lui restait dans l’estomac.

Il n’avait désormais plus rien à donner, et son corps, qui avait repris ses tremblements, ne voulait pas se calmer. Dakota était partie aider l’inconnue avant qu’elle n’ait pu voir que Gregory n’était retourné dans cet endroit où ne régnait que douleur et folie. Peut-être y avait-il plus urgent que lui ? Ou peut-être croyait-elle suffisamment en lui pour qu’il se rétablisse tout seul ? Croyait-elle en lui, ou bien l’avait-elle juste abandonné ? La deuxième option lui semblait être impossible, et pourtant son esprit troublé y croyait. Mais comme il n’y avait plus matériel pour l’utilisation des toilettes, il commença à se stabiliser, en tout cas physiquement.

Le mental ne tarda pas à suivre, car  il se raccrochait à l’idée que la blondinette croyait en lui et qu’elle l’aidait au fond  à vaincre ses peurs. Après tout, n’avait-elle pas dit la veille qu’elle croyait que ce monde était ici pour eux comme un remède ? Oui, ils étaient censés guérir ici, et leurs pouvoirs les aidant à leur manière, ils pouvaient reprendre contrôle d’eux-mêmes une fois confrontés à leurs peurs. Il devait apprendre. Peut-être même la découverte de son pouvoir était proche ? Il craignait cela et en même temps était curieux de savoir ce que la nature vicieuse de Dreamland lui réservait.

Il ne s’en fallut pas longtemps pour que l’adolescente revienne, sans l’impondérable, au soulagement du jeune Wolverine. Il se remit doucement sur ses deux pieds, et alla se regarder dans un vrai miroir, pour une fois. Il s’essuya tant bien que mal devant le lavabo, et se dit qu’il allait devoir se trouver le change de vêtements, parce que là ça craignait. Et puis de quoi s’occuper de son hygiène qui commençait à se dégrader naturellement en plus de la pause toilettes très particulière. Il trouverait ça une fois arrivés. Quand était bien la question.

Il rejoint Dakota dans la compartiment, et s’assit à la même place qu’il occupait précédemment, et vit que les affaires de la chimère avaient disparues. *Ouf*. Un problème de moins sur leurs épaules, et surtout une tarée en moins dans leur entourage. Le voyage pourrait très bien être hyper long, comme il pourrait être très court, mais rien ne pouvait donner une idée de la distance qui leur restait à parcourir avant d’arriver à leur destination : Cadyland. A peu près à ce moment-là, l’adolescente fit apparaître une paire de rangers, qui n’étaient visiblement pas à la taille de Greg’.

Exténué, mentalement mais aussi physiquement, il s’assoupit malgré les secousses occasionnelles de leur wagon. Ce fut encore une pause, hors de tout temps, hors du monde, hors des rêves. Rien qu’une immensité noir intemporelle, qui ne laissait place à rien d’autre qu’elle-même.

Il fut tiré de son assoupissement par le son et l’effet des freins du train qui se mettaient en marche. Il ne savait pas combien de temps il avait dormi, mais une chose était sûre, il avait dormi un petit bout du trajet, qui devait être au final assez court vu le peu de repos qu’il avait pu avoir. Le train était à l’arrêt, mais ce n’était visiblement pas la gare. Ils n’étaient pas encore arrivés à destination, et les passagers étaient priés de rester dans leurs cabines en attendant que le train se remette en marche. Un accident sur la voie ferrée allait devoir être évacué avant que le train ne puisse repartir.

L’hématophobe avait décidément beaucoup de chance aujourd’hui. D’abord l’accident avec l’inconnue, puis l’arrêt soudain du train. Tout cela retardait les retrouvailles entre Dakota et James, et rajoutait des chances pour qu’il y ait d’autres interactions d’impondérables. Mais ils ne pouvaient rien faire contre l’arrêt du train, et il n’y avait qu’à attendre. Rien ne servait de s’énerver ou de s’impatienter. L’indignation générale n’allait pas aider le train à repartir, et n’aurait que pour effet de mettre les gens à cran.

-Tu as une idée de ce qu’on va faire après qu’on aura rejoint James ? Enfin « on » … si vous m’incluez dans vos plans bien sûr.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Dim 1 Mar - 19:02

Dakota avait accepté, c’est tout ce qui lui importait. Eve appréciait l’économie de parole de la gamine : pas de questions, pas de blabla. Ça ne l’enchantait pas plus de l’aider qu’elle de demander de l’aide.  De retour aux cabinets où elle avait abandonné son tee-shirt, la russo-américaine consentit à s’assoir par terre pour se livrer aux soins de la phobophobe. Son regard était perdu dans le vague, flanchant parfois, s’autorisant les faiblesses qu’elle ne se permettait pas à haute voix. La douleur était ravivée. Déchirante. Lancinante. Rien d’autre que sa propre volonté pour la surmonter.

Elle avait envie de dormir mais ne se l’autoriserait pas avant… elle ne savait pas quand. Il lui fallait un endroit tranquille où elle pourrait récupérer. C’était pitoyable, mais elle ne saurait pas se battre dans cet état. Les paroles de Dakota sur l’infection lui passèrent au travers. Comme si on ne lui avait pas suffisamment rabâché qu’elle devait ménager ses blessures, comme si elle avait prévu de faire des folies de son corps dans l’heure. Eve se contenta de murmurer un « merci » alors que la blondinette s’éloignait déjà.

La tête lourde, elle s’était relevée. Fébrile, elle se lava les mains pour les débarrasser des traces sanglantes. Le contact lui parut glacé, ou bien elle était fiévreuse, impossible de savoir. La détenue s’accorda quelques rasades, jeta les bandages usagés et retourna à son compartiment. Dakota et Gregory n’étaient pas encore là. Elle récupéra sa hotte et enfila sa veste par dessus son soutien-gorge sans même prendre la peine de la fermer.

Eve retrouva son extrémité de compartiment, à côté des toilettes. Là, elle s’assit en tailleur sur le sol faute de pouvoir s’appuyer contre un mur. Au moins là, elle était tranquille et aucun gamin ne lui tomberait dessus. Dans un but dissuasif, elle avait posé sa batte de baseball à coté d’elle, à portée de main. Elle se fichait littéralement des regards qui convergeaient vers elle lorsqu’un voyageur décidait de se rendre aux toilettes.

Bien. Quelle était la suite de son programme ? Partir de Tombstone était une première étape, et ensuite ? S’arrêter à Candyland ? Rien que le nom lui donnait la nausée, elle avait l’impression de se diriger vers une ville de sucre d’orge et de pain d’épice. Pourtant quoi de plus tranquille qu’une ville de bonbons ? Si seulement elle savait…

Un hibou fit brusquement irruption dans le train. D’où venait-il ? Impossible de le savoir mais il largua un petit paquet accompagné d’une lettre juste devant la russo-américaine. Il repartit aussitôt, laissant seule la jeune femme avec un papier plié à la hâte qu’elle délia de ce qui ressemblait à un rouge-à-lèvre.

« Eve,


Vous ne me connaissez pas mais moi, je vous connais un petit peu. Je vous ai vu brièvement, au QG. Je sais que vous êtes une femme insaisissable, indomptable même, c’est ce qui me plait. Je suppose que vous n’écouterez pas les conseils de nos supérieurs et que vous ne resterez pas à Tombstone. Comme je doute que vous appréciez les fleurs, je vous envoie plutôt ce cadeau utile. Un tube de rouge qui cache un laser spécialement créée pour attaquer le métal. Ça vous sortira peut-être d’un pétrin ou deux.


A bientôt,
Un admirateur qui souhaite rester anonyme. »


La russo-américaine resta de longues minutes immobile le mot dans une main, le rouge-acide dans l’autre. Un admirateur secret hein ? Elle ? Et si c’était un moyen de la filer ? Il y avait peut-être un micro dans l’objet ? Elle l’étudia longuement, cherchant l’entourloupe, mais rien n’était évident. Dans tous les cas, si les résistants avaient caché un micro, il serait certainement invisible, non ? Peut-être même l’auraient-ils planqué dans ses blessures ? Eve se promit de se faire examiner à la première occasion et seule l’utilité potentielle du rouge-acide l’empêcha de le balancer. A tester.  
 
De temps en temps, les yeux glacés de la taularde se fermaient. Les ténèbres l’isolaient avec sa souffrance, avec son incertitude, avec sa folie. De temps en temps, elle s’assoupissait, en équilibre précaire. Au bout d’un certain temps, elle estima qu’elle ferait mieux de manger. Elle n’avait pas vraiment faim mais son organisme ne restaurerait pas ses forces à partir de l’air qu’elle respirait. Avec des gestes lents, la paranoïaque tira à elle sa hotte et s’empara de son pack de vivres. A l’intérieur, elle piqua une poignée de barres de céréales, sans doute l’équivalent d’une journée entière de nourriture mais elle s’en fichait.

Eve avalait sa sixième ration quand la locomotive ralentit pour finalement s’arrêter. Un système archaïque permit au chauffeur de demander aux passagers de ne pas essayer de sortir puis la transmission fût coupée un peu brusquement. Après avoir pris le temps d’ouvrir une septième barre de céréale, la russo-américaine se remit sur pieds et regarda à travers une vitre poussiéreuse. Rien d’autre qu’une plaine semi-désertique, un peu comme dans ces films de cow-boys. Le soleil était encore haut dans le ciel bleu. Plusieurs compartiments s’ouvraient, des voyageurs de plus en plus impatients passaient leur tête hors de leurs habitacles pour s’enquérir de la situation.

Personne ne savait en réalité. La rumeur d’un braquage à l’ancienne se répandait, des histoires de troncs en travers des rails et de bandits à cheval. Eve poussa un soupir. « Ne pas chercher les ennuis » hein ? Et que se passaient-ils quand les ennuis la trouvaient ? De longues minutes s'étirèrent sans autre bruit que le bruissement de parole des passagers puis soudain un cri lointain – sans doute le wagon précédent – et un coup de feu. Immédiatement, la montre de la jeune femme apparut pour lâcher un « bip » qui devait au moins être audible jusqu’au siège de Gregory et Dakota.

Chaque son était considérablement éloigné, signe que l’injustice en cours n’était pas encore à sa porte, mais deux noms s’affichait sur l’écran de son horrible montre verte : Maria Higgins / Joe D. Jameson. A peine revigorée par son déjeuner frugal, la russo-américaine se saisit de sa batte, attentive aux évolutions des alertes de son pouvoir. Si elle n’était pas en état d’aller à l’encontre des trouble-fêtes, hors de question qu’on la dépouille de quoique ce soit.

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♫ Le sang épais & chaud galvanise mes mains . Mon cœur, par terre, emprunte le chemin qui mène à l'horreur d'une excitation morbide . ♪
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Ven 13 Mar - 18:14

Lorsque le train s'était arrêté au beau milieu de nulle part, Dakota n'était pas dupe. Quelque chose clochait de toute évidence. Pas de gare aux alentours, juste de l'herbe sèche, des arbres rabougris et quelques vaches.De plus l'arrêt avait été bien trop soudain. Au point de manquer de la faire dégringoler de son siège, d'ailleurs. Et bien sûr pas d'annonce du conducteur pour expliquer ce qui se passait. Juste des cris, des coups de feu et un bip strident à vous faire bondir le cœur hors de la poitrine. Avec tout ça, la question de Gregory s'était perdue dans les limbes de l'oubli.

Il fallait se calmer, inspirer, réfléchir. Plus facile à dire qu'à faire. Se retrouver prise dans un braquage de train par une bande de bandit à cheval n'était pas le genre de situation à laquelle elle était préparée. Sans parler de son camarade...

- Ferme la porte à clé et ne sors pas. Si tu te mets à faire une crise de panique ça ne m'aidera pas. Garde-toi en vie, c'est tout ce que je te demande.

Le ton était froid et cassant. Mais le contenu n'était en réalité pas plus agréable que le ton employé. Une fois encore, la phobophobe demandait au jeune homme de rester en arrière, le cataloguant au rang d'enfant à protéger ou pire, de bagage encombrant. Il n'y avait pas de volonté de blesser, juste une déduction logique dépourvue de sentimentalisme. S'il ne pouvait rien faire d'autre que gêner, autant s'abstenir de venir avec elle. Si seulement il avait su combien elle aurait voulu échanger leurs places !

Bien sûr elle aurait pu rester là elle aussi et attendre que les choses se tassent. Mais combien de chances que les criminels ne viennent pas jusqu'à eux ? Il y avait fort à parier qu'ils comptaient dépouiller tous les passagers, se cloîtrer dans leur cabine ne ferait que repousser l’inéluctable. Elle aurait pu aussi attendre que les bandits arrivent jusqu'à eux, mais c'était prendre le risque de voir le personnel se faire décimer. Sans connaissance sur la conduite d'un train, elle était bien obligée de les protéger si elle tenait à voir la locomotive se remettre en route.

Se battre pour vivre, pour avancer tout simplement... à l'image de sa vie. A croire que rien ne serait jamais simple.

Dakota sortit sans attendre de réponse, refermant la porte derrière elle. A l'autre bout du couloir, Eve leva les yeux vers elle, les doigts refermés sur sa batte. Son esprit semblait brûler de se battre mais son corps en était incapable. Et pour la gamine... c'était le parfait contraire. Elle se sentait bien si on mettait de côté le stress qui comprimait sa frêle poitrine. Dans sa tête par contre, c'était un vrai tsunami. Une foule de peurs diverses lui hurlaient à l'unisson de s'enfuir, de sauter par la fenêtre et de tout laisser tomber pour sauver sa peau. Et il y a quelques temps, elle l'aurait peut-être fait. Aujourd'hui il y avait James.

La vitre qui donnait sur l'extérieur lui renvoyait son reflet blafard et profondément cerné. Un soupir à peine audible s'extirpa des lèvres de l'adolescente alors qu'elle se décidait à faire appel à son meilleur atout.

- Bloody Mary, bloody Mary, bloody Mary...

S'extirpant de la fenêtre à l'endroit où l'on avait pu jusqu'alors apercevoir Dakota, la silhouette d'une femme ensanglantée se matérialisa dans le couloir étroit. Comme à l'accoutumée elle dégouttait d'un sang qui n'était pas le sien, donnant un éclat horrifique à sa beauté spectrale. Le chaos qui régnait un peu plus loin, toujours audible, était suffisant pour qu'elle comprenne la situation. La question était maintenant « qu'attendait-on d'elle ? ».

- Comme tu t'en doutes, aujourd'hui ce n'est pas de la récolte d'information...

Un rire étrange s'éleva dans les airs alors que la revenante raffermissait sa prise sur le couteau. Tuer, démembrer, déchirer, laisser s'exprimer la colère qui bouillonnait en elle... ça c'était plaisant. Même si l'air sombre de la gosse ternissait légèrement l'euphorie du moment.

- Je fais le grand ménage ?

- Non, juste les primates qui attaquent le train. Probablement des hommes armés avec des stedsons sur le crâne si on pousse le cliché jusqu'au bout. Il faut épargner un maximum les civils, prioritairement le personnel. J'ai besoin que ce train avance. Elle marqua une pause et ajouta : S'il-te-plaît.

- Je te garderai un scalp, en souvenir. Pour rester dans le thème, répondit Mary, son sourire s'élargissant à la même vitesse que le teint de Dakota verdissait.

La surdouée regarda son invocation disparaître à travers la cloison qui séparait ce wagon du précédent et se tourna vers la paranoïaque, une moue dégoûtée sur le visage. Un scalp... l'humour de la proposition la dépassait. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il s'agisse d'une pique plus que d'une promesse. Mais au lieu de s'attarder sur l'avenir il fallait prendre soin du présent. Mary ne pouvait pas être partout et surveiller ce wagon était sa responsabilité. La blondinette chaussa donc sa couronne de Méduse, transformant sa chevelure filasse en mer de serpents venimeux. Elle chaussa ensuite ses lunévolutives qui prirent la forme de lunettes hypravision.

Le mur s’effaça, laissant voir avec une netteté étonnante ce qui se passait derrière. Bloody Mary avait déjà quitté le lieu pour rejoindre le wagon de tête mais un petit groupe de bandits s'introduisait par la fenêtre. Nouveaux cris, bien plus proches. Nouveaux coups de feux. L'estomac de Dak' se contracta, menaçant de rendre son maigre déjeuner, lorsque la cervelle d'un homme d'âge mûr s'éparpilla sur le dossier de son siège. Ses doigts fébriles portés à sa bouche, la gamine inspirait profondément pour tenter de garder son self control. Il était évident que ses reptiles n'arrêteraient pas les balles. Il fallait trouver un plan solide et le mettre en application.

Les idées qui lui venaient lui semblaient ridicules, inconséquentes, trop dangereuses... mais elle n'en trouva aucune de parfaite. Le temps était précieux et elle ne pouvait se permettre de perdre plus de temps en tergiversations. Ses jambes cotonneuses eurent un mal fou à la mener jusqu'à l'autre bout du couloir, tout proche de la porte menant au wagon suivant. Juste avant de l'entrouvrir à peine, elle souffla à l'adresse de la paranoïaque :

- Ne dites pas un mot. Je n'ai pas envie de finir en passoire.

Et là... elle s'allongea par terre. Il lui fallait de l'allonge, et plus elle serait proche du sol, plus elle disposerait de longueur pour atteindre ses cibles. Elle disposait de deux mètres environs, il n'y avait plus qu'à espérer que ça suffise. Et ce fut le cas, au moins pour le premier bandit qui passa à portée. Les crochets du serpents s'enfoncèrent dans la cheville du cowboy qui lâcha un grognement rauque. Il s'écroula en se tenant la cheville et le reptile en profita pour lâcher sa prise et mordre la gorge.

Si les choses commençaient bien, Dakota n'était pas assez naïve pour être optimiste quant à la suite. La prochaine fois ce ne serait pas un homme mais plusieurs qui viendraient voir ce qui se passaient. Et la méfiance n'était pas la meilleur amie de la surprise...


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Gregory Williams

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Lun 16 Mar - 20:29

Ses paroles se noyèrent dans les coups de feu qui retentirent. Il aurait bien aimé raconter que les coups de feu avaient été tirés de loin, et que tout ça ne les concernait pas, mais il ne pouvait pas nier la réalité. Leur train était pris d’assaut par des gens visiblement avec des intentions peu amicales. L’accident sur la route n’avait donc été qu’un simulacre, et les ennuis arrivaient à grande vitesse. Mais c’était sans compter sur le fait que l’adolescente puissante était à ses côtés. Elle disposait de pas mal d’avantages et de compétences, et  il était sûr que tout allait bien se passer. Enfin il l’espérait.

Cependant, il avait quand même une boule dans son ventre qui se nouait, et un petit sentiment de panique vint colorer son fond d’écran émotionnel. C’était peu par rapport à ce qu’il venait de subir sur le plan psycho, mais c’était un stress qu’il n’aimait pas. Pourquoi tout avait-il autant besoin d’être compliqué ? Ne pouvait-il pas vivre dans un monde de beaux gosses qui passaient leur journée à être gentils comme tout, à faire la fête et joue r de la musique ? M’enfin, il trouverait bien ça  à Dreamland un jour, il en était certain.

Dakota le laissait en plan, de fait de son instabilité et de son incapacité à se débrouiller en cas de crise comme ceux-ci. Il avait envie de pouvoir se défendre et de ne pas avoir à se faire reléguer dans le même groupe que celui des enfants. Mais il n’avait pas d’autre choix. Il courrait droit dans les bras de la mort s’il se décidait à aller à la rencontre des bandits, et c’était une mort inutile qu’il récolterait s’il décidait de faire le mec viril qui sauve le monde. Entre mourir et être un putain de passif dans les combats, il préférait la deuxième option.

-Putain je vais devenir fou si ça continue.

Partagé dans ce dilemme, et ne pouvant plus se contenir, il se leva, mit l’oreille contre la porte du compartiment et écouta. Il était toujours un peu secoué de l’épisode sanguinaire, mais son cours repos avait été bénéfique. Aucun bruit qui ne pouvait indiquer que les bandits étaient tout proches. Uniquement des coups de feu qui trouaient l’atmosphère et qui raisonnaient dans le train. Honnêtement, il doutait fortement que ces coups de feu étaient là pour tuer des gens, et l’hypothèse de coups dissuasifs et intimidants était celle qu’il préférait. Mais il ne pouvait être sûr de rien.

Lentement et sans faire de bruit, il coulissa la portière et glissa sa tête en dehors du compartiment. Ce ne fut que  pour regarder au fond du couloir qu’il fit cet effort, et - en moins de temps qu’il ne le fallut pour voir et comprendre ce que ses sens lui transmettaient – il retourna se planquer dans son compartiment. Il garda son calme, et se rassit à sa place. Il ferma les yeux, et attendit que cela passe. Il avait perdu toute envie de combattre et d’être utile, tout ce qui importait à présent était d’être en sécurité, et de faire confiance aux autorités compétentes pour résoudre le problème.

Gregory n’était même pas vraiment sûr de ce qu’il avait vu, et avait un peu de mal à se rappeler de ce qu’il avait vu. La situation dans laquelle  il était était-être encore réelle ? Sa tête tournait, et un mal de crâne commençait à s’installer. Prenant sa tête entre ses mains, il essaya de reprendre son équilibre, mais tout tournait. Il commençait à faiblir, et il n’avait plus l’énergie de se demander ce qui lui arrivait. L’hématophobe perdit de contrôle de ses membres, et il commença à tomber par terre, sans rien pouvoir y faire. Sa conscience s’échappa de son corps. Il s’était évanoui.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 17 Mar - 9:00

[HRP] bon bah, première invocation du Joker...


Dakota était sortit de son compartiment presque plus pâle que la femme fantomatique qu’elle invoqua au travers une fenêtre. Eve ne dit rien mais elle considérait Bloody Mary avec attention. De quoi pouvait bien souffrir cette gamine pour être capable de faire appel à ce genre de chose ? Parmi les voyageurs que la paranoïaque avait rencontrés, la plupart avaient des pouvoirs plus discrets, plus subtils. Là il s’agissait clairement de faire venir un personnage cauchemardesque pour… semer un carnage apparemment. C’était une catégorie différente.

La moue dégoutée de la phobophobe à l’idée du scalp ne fit pas ciller la russo-américaine. Au moins sur ce point, elle s’entendrait parfaitement avec la mariée. Ces cow-boys pillaient des civils voire tiraient sur des innocents, les savoir réduits en charpie avait quelque chose de jouissif. Même si pour être honnête, Eve aurait bien voulut le faire elle-même. Au lieu de ça, elle se sentait diminuée, fragile, cachée derrière le dos d’une enfant, et rien que l’idée était insupportable.

Des têtes étaient sorties des compartiments pour essayer de savoir ce qui se passait mais elles se rétractèrent bien vite au passage des deux voyageuses. Imitant sa cadette, la détenue sortit sa paire de lunevolutives d’une poche de sa veste pour la passer en mode hypravision. Sa main droite était toujours serrée sur sa batte, même si elle voyait mal comment s’en servir avant d’être transformée en passoire. Quatre bandits exactement s’étaient introduits dans le wagon précédent ; quatre criminels que la russo-américaine rêvait de désarticuler de ses propres mains.

Pourtant, même la folie qui brûlait sous sa peau blafarde n’était pas un stéroïde assez puissant pour lui faire outrepasser la douleur de son dos. De glace, son regard restait figé à travers la paroi, comme si elle allait soudainement être capable de foudroyer les fautifs à distance. « Pas un mot »  disait Dakota ? Facile à dire, mais sa montre produisait toujours un « bip » strident, à des fréquences bien plus proche d’ailleurs. C’était « sa » preuve que quelque chose se passait, « sa » preuve que ce qui était en train d’arriver aux autres se rapprochait d’elle. A contrecœur, elle fit disparaître son pouvoir et laissa la gamine s’allonger au sol pour mettre son plan à exécution. Pas mal, un de moins, il en restait trois.

La réplique ne se fit pas attendre. A peine le corps inanimé avait-il été découvert qu’un trio de canons s’était levé vers la porte derrière laquelle se cachaient Dakota et Eve. Instinctivement, cette dernière s’élança devant sa cadette et s’abaissa pour être le plus proche possible du sol. Bouclier humain. Au moment où les premières détonations se faisaient entendre, le magnégide de la taularde se déployait. Dans sa position, le mètre de diamètre était largement suffisant pour empêcher la flopée de balle qui traversait la paroi de l’atteindre elle ou la phobophobe.

Eve se sentait faible. Les détonations assourdissantes à l’intérieur du train lui donnaient mal au crâne. Le silence ne revint pas vraiment car après la pétarade, les cris de passagers prirent le relai. Les bandits étaient armés de pistolets à barillet 6 coups. Typique du western mais pas forcément les plus rapide à recharger. Pendant ce flottement, alors que la russo-américaine était clouée au sol par la douleur, elle se prit à espérer un moyen de régler leur compte aux trois types. Sans le savoir, elle activa un nouveau pouvoir et le personnage qui se matérialisa dans son dos aurait fait bondir son cœur dans sa poitrine s’il elle en avait encore un.

- Mesdemoiselles, souffla le Joker en passant sa langue à l’intérieur de ses joues balafrées, auriez-vous un problème ?

Il avait un air de psychopathe. Sa voix doucereuse indiquait clairement que ce n’était pas un Bobby the kid, il n’était pas mandaté pour secourir les damoiselles en détresse. Le temps pressait pourtant, les bandits allaient bientôt être munis de barillets plein. Ça faisait 18 balles, si le renfort n’arrivait pas entre-temps.

- Un petit, murmura Eve sans desserrer les dents.

Il y eut un coup de feu lointain. Le papa de Melvin sourit. Ce sourire pétrifiant. L’action, il aimait ça. D’un air nonchalant, il ouvrit la porte qui menait au wagon suivant et enjamba le cadavre, levant les mains comme si c’était une formalité qu’il avait omis de respecter. Surpris par l’accoutrement du Joker, les trois cow-boys se figèrent, sans même penser à refermer leurs barillets désormais chargés.

- Ah-ah-oh-oh-eh-eh, excusez-moi messieurs, je deviens bon public avec l’âge, je ris un peu de tout.

A un mètre des trois bandits il baissa les bras. Son regard de sociopathe semblait pétrifier les braqueurs du farwest.

- J’ai cru pendant, il fit un geste évasif, …un moment que vous en étiez réduits à vous en prendre à une femme et un gosse. Où sont passées les couilles des gens comme vous ?

Comme si le film se remettait en marche, les bandits refermèrent leurs colts à l’unisson, mais c’était trop tard. Une lame jaillit de la manche du papa de Melvin à la vitesse de l’éclair pour égorger d’un geste habile le premier des cow-boys. Ce dernier s’effondra sur l’un de ses comparses qui, n’ayant pas la marge pour tirer, se fit planter dans la tempe. Plus qu'un désormais, qui avait eu largement le temps de mettre en joue le sociopathe en costume mauve.

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♫ Le sang épais & chaud galvanise mes mains . Mon cœur, par terre, emprunte le chemin qui mène à l'horreur d'une excitation morbide . ♪


Dernière édition par Eve M. Todrovitch le Mar 17 Mar - 10:30, édité 1 fois
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 17 Mar - 9:00

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Promenade de Santé   Mar 24 Mar - 20:12

Lorsque le poids d’Eve s’écrasa sur le corps chétif de Dakota, celle-ci lâcha un grognement étouffé. A quoi jouait l’inconnue, au juste ? Si c’était pour jouer les héros, plaquant au sol la victime du méchant de série B pour la protéger des balles, il fallait qu’elle remette ses pendules à l’heure. On n’aplatissait que les gens debout, pas ceux dont le visage était déjà en communion avec le parquet. Ce que la brune venait de faire n’était pas une aide, c’était une tentative d’assassinat par broyage d’os. Le fait qu'Eve brandisse un magnégide lui passait bien au-dessus de la tête. Elle ne savait même pas ce que c'était. Tout ce qu'elle voyait, c'était la gêne qu'on lui imposait.

- Lève-toi sombre imbécile ! tenta de dire Dakota, sa voix rendue complètement incompréhensible par le manque d’oxygène.

Autant parler à un mur. Toute l’attention était à présent dirigée vers un homme costumé sorti de nulle part. Il était grimé en Joker à l’instar du gamin qui était venu un peu plus tôt leur racketter des bonbons, mais au contraire de ce dernier il avait réellement l’air d’un sociopathe évadé de prison. La prise sur son arme était celle d’un expert, signe qu’il ne fallait pas sous-estimer l’invité surprise, et les deux premiers bandits en firent les frais.

La danse de la lame, dans les airs comme dans la chair, aurait presque pu être qualifiée d’artistique. Les gouttelettes d’hémoglobine semblaient valser dans son sillage, escorte macabre. Un premier homme succomba puis le second, son stetson retombant sur son visage comme s’il n’avait que décidé de faire une sieste ici, à même le sol. Le dernier quant à lui venait d’appuyer sur la gâchette de son arme. Petit et rond, le trou qui vse forma dans l’épaule du père de Melvin faisait tâche, anneau écarlate sur le velours vert de son costume. Il recula de quelques pas, interloqué, puis disparu aussi soudainement qu’il était venu alors qu’une autre balle traversait sa poitrine. Le cowboy obliqua alors vers Eve Et Dakota, un rictus de rage au coin des lèvres.

A cet instant ce n’était pas la peur d’avoir peur de mourir qui dévorait la phobophobe, mais la peur de mourir tout court. Le canon béant de l’arme pointé sur son visage paraissait vouloir l’aspirer comme un trou noir. Son imagination débordante visualisait déjà chaque détail, des futurs éclats blancs de son crâne à la cervelle éparpillée sur les murs. Elle imaginait ses parents faussement éplorés de voir leur fille réduite à l’état de légume, mais en réalité bien plus inquiet par leurs actions en bourse qui subissaient à l’heure actuelle une légère baisse. Elle voyait déjà sa mort aussi vide et dénuée de sens que ne l’était sa vie, sans amour, sans passion, sans attrait, sans… vie.

Elle hurla.

La peur était énorme, dévorante, paralysante. Elle lui rongeait l'esprit comme de l'acide, réduisant à néant ses dernières bribes de raison. Une peur à vous en claquer la tête contre les murs dans le simple espoir qu’elle s’arrête. Et comme une maladie contagieuse, la peur sauta au visage de l’homme qui la tenait en joue. La panique qui s’insinuait dans son cœur à la vitesse d’une balle lui fit lâcher son arme qui chuta au sol, faisant partir un coup. La balle se logea dans le genou du cowboy qui tomba en gémissant, le corps secoué de spasmes de terreur pure. Et Dakota ? Elle comprit.

Devant ce spectacle sa peur baissa d'un cran et en un mimétisme parfait celle de l'ennemi suivit le même processus. Coïncidence ? Non, elle ne croyait pas. Et lorsqu'elle souhaita que la peur se fasse de nouveau assez intense pour qu'il perde ses moyens, la gamine se retrouva submergée par la vague de terreur qu'elle provoquait. C'était... sadique, cruel... et tellement logique. Elle ne pouvait s'empêcher de maudire et de respecter simultanément ce processus alors que ses mains tremblaient frénétiquement, la rendant incapable de se mettre debout.

Que pouvait-elle bien faire dans ces conditions ? La vision de Melena et de ses cadavres s'imposa devant ses yeux brouillés par les larmes. Même couchée par terre et morte de trouille elle pouvait le faire, ça oui. Il lui suffisait de penser et il paraissait qu'elle était plutôt douée pour ça. Dakota pinça les lèvres, se concentra jusqu'à en avoir mal au crâne et alors qu'elle perdait espoir un des cadavres de bandits se mit debout, le regard vide. Il ne fut pas bien plus difficile de le faire mettre en joue son camarade encore en vie avant de vider son chargeur dessus. Ensuite... le silence. Juste le silence et l'odeur de poudre pendant quelques secondes qui parurent être une éternité. Le cadavre retomba ensuite au sol alors que la surdouée laissait s'enfuir la peur en se massant les tempes.

- Bon sang... qu'est-ce que je ne ferais pas pour James, soupira-t-elle, épuisée mentalement.

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