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 Chacun sa route, chacun son chemin ♫

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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mer 8 Avr - 20:42

La Japonaise regarda Alicia partir tout en reprenant son souffle, elle posa ses yeux sombres sur ses épaules, son dos et ses jambes, elle n’avait aucune blessure pour son plus grand soulagement. Par contre son visage et ses vêtements étaient sales. Là maintenant elle voudrait bien se relaver, son corps cachait peut-être des brûlures sous cette couche de suie… Mais pour cette fois, il y avait plus important.

Melena s’appuya difficilement contre la voiture à côté de Zephyr, que c’était-il passé, qui l’avait blessée à ce point ? Et ce que c’était ses pouvoirs qui l’avaient affaiblie comme ça ?
Elle ajouta alors à la réponse de Zephyr :

- Tu peux compter sur nous Melena.


C’est alors qu’elle leur parla de ce qu’il voulait faire d’eux. Ils passaient donc de futurs repas à torturés, Yoake ne savait pas qu’elle était le pire. Il y avait-il quelqu’un de suffisamment sain dans ce village ? La thanatophobe coupa ses pensées horrible en disant que c’était de sa faute et qu’il ne fallait pas hésiter à la livrer si besoin. Le visage de l’hématophobe s’était assombrit à ses paroles. Elle s’était levée vivement et regardait à présent les yeux clairs de Melena. Elle s’apprêtait à lui répondre, mais Alicia venait jusque d’arriver avec une pince coupante. La japonaise secoua finalement doucement la tête en signe de négation, elle ne la livrerait pas. Elle se tourna finalement vers Alicia et lui fit un mince sourire :

- Merci Eva, cette fois, c’est sûr on va tous s’en sortir.

Elle avait insisté sur le tous inutile d’en dire plus, elle n’accepterait pas de laisser quelqu’un derrière : Alicia, Zephyr et même Melena, aucun ne méritait de finir en ragoût.

Ils se remirent à courir et Yoake suivit Alicia son sac à dos sur ses épaules. Elle pensa à Melena, elle lui devait beaucoup, bien plus que sa propre vie même, elle l’avait sortie d’Elipse, et maintenant, elle avait tué les villageois de Quiet Hill pour leur permettre de fuir et ça ce n’était pas normal… Non pas qu’elle n’aurait pas dû les tuer, mais tout simplement qu’elle s’en était occupé elle-même, alors qu’elle pouvait fuir et les laisser se débrouiller seul, elle n’avait pas le droit de s’en vouloir, c’était plutôt eux qui ne devaient plus permettre ça.

Alicia se plaqua contre le mur et la japonaise fit de même juste à côté, elle entendit alors les deux hommes parler : la diversion n’était pas suffisante, il installe malgré tout une surveillance. Alicia parla de détour à regret, mais déjà Melena proposait une solution. Devenir sourde n’enchantait pas Yoake, mais faire un détour ne l’enchantait pas plus. Aussi dit-elle :

- faisons comme ça, tant qu’on peut fuir ce village ça me va.

Elle sursauta en entendant l’explosion et pu voir les flammes ravager un toit. Elle n’arrivait pas à décrire ce qu’elle ressentait en voyant ça, ils venaient tout de même de déclencher un incendie consciemment, mais dans un autre sens, elle priait pour que l’hôtel flambe avec l’entrepôt. Espérant ainsi que leurs pertes leurs fassent changer leurs régimes alimentaires. Enfin très peu de chances pour que se soit efficace n’est-ce pas ?

L’homme s’était dirigé vers l’incendie laissant le champ libre aux voyageurs. Puis se fut le silence le triangle marchait à la perfection, elle n’entendait même plus ses pas sur le sol ni le crépitement des flammes. C’était troublant mais reposant la course repris alors et la japonaise se remit à courir.

Elle suivait les autres, mais la fatigue qu’elle commençait à ressentir la fit trébucher. Les autres continuaient, normal dans un sens, elle avait chuté sans un bruit audible même son crie n’avait pas atteint l’oreille de ses compagnons. Elle releva donc rapidement et tenta de reprendre son retard, après tout, elle n’avait pas le droit d’être fatiguée les autres comptaient sur elle. Finalement prendre de la distance avait certain point positif, comme repérer une situation et pouvoir régir sans pression.

La femme menaçait Zephyr avec un canif, tout en gardant un œil sur Melena et Alicia, au moindre geste de ces dernières elle n’hésiterait surement pas à le tuer, il suffisait de regarder l’expression de son visage, d’ailleurs même les phrase inaudible qu’elle lançait suffisait à Yoake. Elle fouilla dans sa poche, mais ne trouva pas le couteau, elle avait dû le perdre en quittant l’entrepôt. Tout en maudissant sa maladresse, elle fouilla à nouveau sa poche et trouva le désodorisant. Le sort de Melena tournait à son avantage en longeant les murs, elle serait suffisamment discrète pour l’attaquer par-derrière.

La japonaise ne s’était pas posé plus de questions, Zephyr était en danger, Alicia ne pouvait pas réagir sans risque et Melena … Elle ne pouvait pas la laissée faire ça une fois de plus
Elle déposa discrètement son sac à dos et contourna la scène le dos de sa victime était juste en face d’elle, elle leva son arme dérisoire et l’abattit mollement sur le crâne de la villageoise cette dernière surprise se retourna pour frapper l’asiatique. Mais Yoake saisit son poignet et appuya son corps contre celui de sa victime pour la faire chuter. Une fois au sol, l’adrénaline circulait en Yoake lui permettant de régir par instinct, elle ouvrit la bombe d’une main et aveugla sa victime.

Le silence rendait son combat irréel et Yoake pouvait ainsi se battre sans penser au cri de sa victime. Profitant d’un instant de faiblesse la villageoise érafla sa cuisse, permettant au sang de couler… Yoake hurla silencieusement de rage et de douleur sans plus réfléchir, elle frappa le visage et le bras armé de sa victime profitant du poids de son corps pour l’empêcher de bouger.

Son ennemie lâcha finalement le canif, tandis que Yoake décrocha un bon crochet au visage l’assommant à moitié.

Peut-être était-ce l’instinct ou autre chose, mais la japonaise retrouva le canif et s’apprêtai à le planter dans le cœur de sa victime. Son geste s’arrêta net :
Elle pensait pourtant avoir réglé la question du meurtre, est-ce parce que c’était une femme ? Son expression de colère, était aussi une réaction de peur, elle se défendait, contre des voyageurs qu’elle pensait être des meurtriers… Tuer ou être tué… Fallait-il tous les tuer pour survivre ? Quelques soit le sens du problème, il n’y avait pas de solution.

Si elle la tuait, elle serait une meurtrière, mais si elle ne le faisait pas… Elle croisa un instant le regard de Melena et ferma les yeux. La lame du canif pénétra alors profondément dans son cœur libérant le liquide rouge, le pire ennemi de l’hématophobe. Elle ne voulait plus que Melena tue quelqu’un pour sa propre survie.
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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Jeu 9 Avr - 22:49

Comme le dit si bien Richard B. Riddick « il y a des mauvais jours et il y a des mauvais jours…légendaires ». Une citation parfaite lorsqu’on rencontre une femme à seulement quelques mètres de nous, la rage se reflétant dans ces yeux, ne rêvant que de nous poignarder jusqu’à ce qu’on ne soit plus qu’un bout de viande méconnaissable. Ajoutez à cela qu’il fait sombre, que je commence à avoir froid et que le top du top, je suis devenue sourde. D’ailleurs sur ce dernier point, je n’ai même pas eu mon mot à dire que déjà je sais ce que peut ressentir un sourd. Et franchement, ce n’est pas une expérience que je recommencerais après avoir récupéré mon ouïe. Aucun son, rien, comme si je m'étais séparée du reste du monde. En revanche, je me sens très proche du couteau pointé devant moi, trop proche. Étrangement, je n’ai pas peur, je suis juste en colère. Après tout, je ne suis pas à ma première menace directe avec arme blanche cette nuit… Et le pire, c’est que j’aimerais cracher ma propre rage à la figure de mon ennemi, juste pour me détendre mais  je comprends bien trop rapidement que cela est en vain puisque qu’elle non plus n’entend rien. Frustrée, je ne peux qu’être d’accord avec Riddick, les mauvais jours ou nuits, en l’occurrence, il y en a et ça fait simplement chier d'être obligé de les subir.

Enfin, tout cela pour dire que l’on se regarde dans le blanc des yeux alors que nous ne faisons aucun geste. Nous parce qu’elle est armée et elle parce que nous sommes trois.  Nous avons l’avantage du nombre mais le premier à bouger se ferait étriper. Mon propre couteau s'étant envolé de mes mains lors de notre violente rencontre, je ne peux que le regarder impuissante. De plus, notre adversaire semble assez costaud. Il ne faut pas se fier à son genre ou encore à la couleur de ses cheveux. Elle partage, comme Billy, quelques cicatrices bien moches, un corps musclé, sans oublier sa posture de combat. Je reconnais son style de combat à la façon dont elle tient son canif : L’arme en avant, son deuxième bras protégeant son thorax, les jambes fléchis afin de gagner en énergie pour tout mouvement vif. Oh non, ce n’est pas une simple femme qui garde les enfants et fait à manger quand son marie rentre. Non, elle s’est plutôt la catcheuse prête à vous mettre à terre si vous la mettez en rogne. Et malgré tout cela, je suis presque tentée de mettre une droite à son visage bourru. Elle n’a aucun droit de nous haïr comme elle le fait. C’est nous les victimes ici, on ne fait que se défendre. Cependant, je me retiens car je sais que je n’ai aucune pratique en ce qui concerne le combat rapproché, et que se frotter à elle, c’est signé son arrêt de mort.

Le pire, c’est que notre sortie se tient à seulement une rue de là. Si proche du but et pourtant cette garce nous barre la route comme un chat qu’on ne peut pas écraser avec son gros 4x4, en beaucoup moins mignon bien sûr. Une seconde plus tard, je vois une ombre se glisser discrètement derrière la villageoise. Je réussis à ne pas montrer de soulagement quand je reconnais Yoake prête à frapper notre adversaire. Cette dernière n’a pas le temps de dire « ouf » que déjà elle est à terre aveuglé par la bombe que tient machinalement la japonaise. Encore immobile, la scène est étrange à cause de l’absence de son. Je ne fais aucun geste, de peur de perturber Yoake dans son propre combat. Toutefois, comme je m’y attends, la villageoise se défends et réussis même à la blesser mais cela n’ait rien comparé à l’instinct de survie de la jeune femme. Et pendant un instant, Yoake hésite alors qu’elle a l’avantage, des questions défilant très certainement dans son esprit notamment sur le fait de tuer quelqu’un. A sa place, je pense que j’aurais été incapable de faire ce qu’elle a fait. Alors que la lame plonge dans les entrailles de sa victime, je regarde la flaque de couleur carmin s’étendre. Aucun cri, rien, juste la mort reprenant son dû. Il n’y a rien d’épique là-dedans, juste un corps inerte dont on a pris la vie. Il y a quelque chose d’effroyable dans tout cela et c’est d’autant plus flagrant quand tout se fait en silence.

Je finis par bouger, reprenant conscience de mon propre corps. J’aide Yoake à se redresser et cours vers le grillage. Derrière, je peux voir des arbres bordant la frontière. Tout y est encore plus sombre et de ce fait impossible d’y discerner quoi que ce soit entre les feuillages. C’est parfait.  Je prends aussi le temps d’être sûre que personne ne nous vois. Au loin, on peut observer un immense nuage noir recouvrant une bonne partie de Quiet Hills. Si j’ai perdu mon ouï, je peux encore sentir l’odeur âcre de la fumé qui se répand petit à petit dans les rues. Bientôt, si c’est malades n’ont toujours pas géré cet incendie, l’atmosphère deviendra irrespirable et rester dans ce village sera insupportable.

Cette fois, j’empoigne la pince et me mets au travail. Le grillage cède facilement grâce à ma vielle cisaille et il me faut presque aucun effort pour arriver à ouvrir le passage. Jetant la pince au sol, je suis la première à me glisser à l’extérieur avant d’aider les autres, en maintenant le passage ouvert. Lorsque nous sommes enfin tous sortie, je me retourne pour pouvoir fuir le plus loin possible de cet enfer, ne gardant pour seul image que le cadavre de la femme allongée en plein milieu de la rue comme une nouvelle exposition gore.

Un instant, ma réflexion pousse un peu plus loin. Je n’ai pas vue de cimetière et une question me taraude subitement. Mange-t-il leurs propres morts ?

Je secoue la tête, il est temps de penser à autre chose qu’a la façon pour un cannibale de s’alimenter. Mais que faire d’autre que penser quand on vous a enlevé la capacité d’entendre ? Une chose est sûre, pendant un moment, je garderais le souvenir de ce petit village et à chaque fois je ressentirais le regret de ne pas l’avoir brûlé entièrement.


Dernière édition par Alicia Smith le Lun 13 Avr - 22:31, édité 1 fois
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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Ven 10 Avr - 18:11

HRP : je sais qu'un mail a circulé concernant l'obtention d'objets sans achat. Je ne vais pas m’appesantir là pour discuter ce fait, mais bien pour vous rappeler de vous vider les poches de toute possession "non-officielle" avant d'aller plus loin.
HRP 2 : j'ai transformé le canif en couteau-suisse parce que si c'est bien ce que Yoake veut récupérer (achat dans la boutique de jeton), c'est pour qu'il n'y ait pas de confusion. Si jamais ça ne va pas, je modifierai mon post. Yoake : je te donnerai ton bien dans mon prochain message du coup.


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Lorsqu’elle fit sonner son triangle sourdingue, la première des choses qui répondit au silence surréel fut la douleur. La migraine était atroce, Melena avait l’impression que sa tête se fendillait de toute part. N’ayant plus aucun bruit environnant pour reporter son attention, il ne restait que ça. La chance sourit finalement aux voyageurs quand le « garde » censé être posté dans une rue adjacente déserta finalement son poste pour aller porter main forte à ceux qui gérait l’incendie. A cet instant, rien d’autre ne devait avoir plus d’importance… le sort des intrus viendra bien assez tôt.

La galopade reprit. L’irlandaise suivait difficilement, souffrant le martyr en silence. Après quelques foulées, la douleur ne fut plus seule à hurler et murmurer dans l’enceinte de sa tête. Des murmures. Spectrales, glaciales, indistincts. Son objet fonctionnait très bien et pourtant, des voix bruissaient dans son crâne, créant un bourdonnement encore plus insupportable que la migraine.

« Combien ? … combien en tueras-tu encore Melena ? … n’es-tu pas assez souillée ? … Les as-tu comptés ? Tout ceux que tu as… de tes propres mains… »

Le fil conducteur de cette hallucination était sa propre voix. Celle de sa conscience peut-être ou celle de sa raison. Etouffée par la présence des fantômes, par l’ombre de sa culpabilité. La culpabilité… pour quoi en fait ? Parce qu’elle savait au fond avoir adopté cette voie ? Parce qu’elle savait qu’entre mourir et vendre son âme au diable, elle préférait épouser Lucifer ? « Si tu ne veux pas que la peur du mal te hante, tu devras incarner le mal en personne ». Cette phrase lui avait régulièrement tourné dans la tête. Ne l’appliquait-elle pas ? Devenir l’émissaire de la mort pour ne pas succomber elle-même. Quitte à en perdre la raison.

Ses pensées s’interrompirent nettes quand elle vit Zephyr rentrer dans une femme qui débarquait au coin d’une rue. Cette dernière ne perdait visiblement pas le nord : même sourde et déboussolée, elle reconnt les intrus en un quart de seconde pour dégainer la lame d’un couteau-suisse en un autre quart. L’adolescente s’était figée. Elle était fatiguée, son crâne hurlait de douleur, son cœur martyrisait ses côtes. Plus personne n’osait bouger, comme si le moindre geste était synonyme de drame. L’irlandaise songea à utiliser son pouvoir de faucheuse, mais elle était trop affaiblie pour surprendre une femme aux allures habiles, elle risquait de se faire planter. Alors quoi ?

Elle regretta de ne pas avoir sa couronne de méduse. Chacune des fibres de son corps lui criait de se débarrasser de ce dernier obstacle. « Une de plus ou de moins » susurrait la voix démente à sa conscience chaotique « tu es le bras armé de ce groupe pas vrai ? Le monstre. Tu n’as plus rien d’humaine, tu le sais ! ». Pourtant, ce fut Yoake qui réussit à contourner – littéralement – le problème pour se jeter sur l’ennemie. Dans le monde surréel de la surdité, tout s’était passé très vite. La nécrophobe n’eut pas le temps de penser à venir en aide à son amie qu’elle était devant le fait accompli : elle venait de sauter dans le gouffre sans fin où tous les meurtriers chutent à l’infini. Son regard clair englobait la scène comme si elle avait quelque chose de sombrement symbolique.

Finalement, une part d’elle-même regrettait la haine qu’elle ressentait envers chaque nouveau voyageur. Personne ne méritait de franchir ce pas. En tout cas, pas quelqu’un comme la japonaise. Cette dernière était couverte de sang. Entre sa propre blessure à la cuisse et le coup fatal porté à la citoyenne, ses mains étaient rouges, son pantalon s’était assombrit autour de son entaille. Elle devait être psychologiquement au plus mal et Melena ne comprenait toujours pas le regard qu’elle lui avait lancé avant de passer à l’acte. Pourquoi ? Pour ne pas qu’elle ait à le faire elle-même ? Pour ne pas qu’elle salisse un peu plus ses mains blanches d’adolescente ?

Quelque chose venait de toucher la jeune fille vindicative au plus profond de ce qui restait de son cœur. L’hématophobe venait de faire montre d’une belle forme de sacrifice. Vendre son âme pour ne pas que sa cadette n’ait à plus souiller la sienne. Alors que Eva fut la première à aider Yoake à se relever et à se diriger vers le grillage, l’irlandaise restait là. Droite dans sa robe de mariée, dans un silence irréel, face à un corps qui rendait son dernier soupir dans un hoquet inaudible. Ce qui se dessinait dans sa tête ? Elle le savait parfaitement, même si elle ne voulait pas l’admettre. Pour sa propre survie, et pour le bien de la japonaise, elle LE ferait.

A pas lent, l’adolescente s’approcha du cadavre, ignorant la peur qui frémissait au creux de ses entrailles. Le visage était figé dans une expression ultime de rage et d’agonie, les mains crispées sur la poitrine. Même pour quelqu’un de non-phobique, ce cadavre serait effrayant. Pourtant Melena se fit violence et s’approcha jusqu’à pouvoir ôter de la plaie le couteau-suisse. Arme dérisoire quand on y pensait. Elle avait effleuré la peau de la victime, écopant de deux visions : l’une en train d’allumer un feu en forêt en frictionnant un bout de bois, l’autre où elle jouait à ce jeu dangereux qui consistait à planter rapidement un couteau sur une table entre chacun de ses doigts.

Fermant les yeux, réprimant de toutes ses forces l’envie de vomir, elle déchira alors la chair d’une main pour en détacher des lambeaux frais et sanguinolents. Elle ne voulait pas regarder, elle voulait juste que ce rituel finisse, que ce cauchemar finisse. Ses yeux gris ne se rouvrirent que pour fixer Yoake… et elle mit dans sa bouche les bouts de charogne qu’elle avait détachée. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas mangé de dépouille humaine – le ragoût mis à part – et c’était au moins aussi immonde que les cadavres d’animaux vieux de plusieurs jours. Une bouchée. Deux bouchées. Trois bouchées. Elle tint jusqu’à quatre avant de sentir que son estomac n’autoriserait pas plus.

Alors que la thanatophobe s’autorisait un festin cannibale pendant que les autres étaient occupés avec le grillage à découper, ses blessures se résorbèrent. Celle sur la paume de sa main disparut, l’hématome à l’arrière de sa tête fut considérablement réduit et même sa lèvre se referma, ne laissant qu'une ligne rose et un contour légèrement rouge. Quant à la japonaise, son éraflure à la cuisse fut guérie, comme la trace de ses ongles dans ses mains et les bleus qu’elle aurait pu se faire en tombant.

Melena n’osait plus regarder ses compagnons. Que penseraient-ils ? L’abandonneraient-ils sur place ? Ils fuyaient des cannibales pour en emporter une avec eux. Déroutant paradoxe. Elle tremblait quand elle franchit le grillage, elle tremblait quand elle se mit à courir. Pour l’instant, le plus loin possible ; elle retrouverait son cap ensuite.

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Zephyr A. Grayson

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Maladie mentale : Herpétophobie

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Sam 11 Avr - 13:08

Alors qu'un silence pesant et total avait envahi les rues, Zephyr, qui avait cru sa dernière heure venue assista à l’impensable. Yoake, qui lui avait semblé si douce et si gentille, une personne qu'il n'aurait jamais pensé capable de se transformer en meurtrière, se retrouva tout prêt de lui et mit fin à la vie de la femme. Le combat avait semblé duré à peine quelques secondes et le fait que tout ce soit déroulé sans le moindre bruissement était assez perturbant. Alors qu'il était toujours au sol, ses yeux ne voyaient plus que le rouge qui s'étendait à la fois sur la poitrine de la femme et sur Yoake. Les flammes qui dansaient haut dans leur dos donnaient à la scène un aspect spectral. Si Zephyr ne s'était pas fait mal en tombant, il aurait juré être en plein rêve … Ou plutôt en plein cauchemar.

Pendant qu'Eva aidait Yoake à se relever, il fit de même, s'aidant du mur tout prêt de lui. Lentement, comme s'il avait été prit dans de la mélasse, il se redressa complètement, ne parvenant pas à détacher son regard de la morte. Ce qui le mettait le plus mal à l'aise, ce n'était pas tant le fait de contempler un cadavre. Il avait déjà eu l'occasion, dans son travail, de voir des morts bien plus spectaculaires et perturbantes. Non, ce qui le gênait, c'était ce qu'avait été obligé de faire Yoake pour le sauver. Elle venait de tuer quelqu'un de sang froid, sans la moindre hésitation !
A la voir, tremblante de peur face à tout ce qu'ils venaient de traverser, jamais il n'aurait cru possible qu'elle agisse ainsi. Et c'est un peu tremblant, qu'il prononça un « merci » tout à fait mérité, sans être sur qu'elle avait put le lire sur ses lèvres.

Déjà Eva s'en prenait au grillage. La pince trouvée dans le garage était leur passeport vers la liberté. Bientôt, ils seraient libres, et ils le resteraient à condition de ne pas se faire rattraper. Alors qu'il la regardait couper les mailles de fer, il aperçut du coin de l’œil Melena qui reprenait le couteau planté dans le corps de leur assaillante. C'était vrai qu'une arme pouvait toujours être utile et il ne se formalisa pas de son geste. C'est ce qu'elle fit ensuite qui lui fit se dresser les cheveux sur la tête.

Délicatement, elle venait de prélever plusieurs morceaux de chair encore sanglante sur la femme tout juste morte. Et lorsqu'elle les porta à sa bouche, ses intentions ne laissaient plus aucun doute. Une expression à la fois de dégoût et d'horreur sur le visage, Zephyr ne se rendit même pas compte qu'il venait d'ouvrir la bouche en une grimace, y portant sa main pour réprimer un haut le cœur.
Alors qu'il allait lui demander, sans aucun ménagement, pourquoi elle faisait ça, ayant oublié à cet instant qu'ils étaient devenus sourds, il comprit. Son visage, tuméfié et certainement douloureux, commença à désenfler. La plaie qu'elle avait à la lèvre se résorba et bientôt, c'était comme si elle n'avait jamais été blessée...

Son dégoût laissa place à une certaine compassion pour Melena. Il devait s'agir là d'un de ses précieux talents... Précieux, mais ô combien dérangeant. La pauvre devait pouvoir se soigner en mangeant de la chair. Tout à coup, il pria pour ne jamais acquérir un tel pouvoir, préférant de loin souffrir le martyr le temps d'une guérison longue et difficile plutôt que de devoir affronter le goût de la viande crue d'un autre être dans sa bouche. Alors qu'il se disait cela, il put lire sur le visage de la jeune femme une certaine honte … Ou bien était-ce de l’appréhension ?

Sans rien dire - de toute façon personne n'aurait entendu - Zephyr passa le grillage à son tour derrière Yoake et Eva. Il ne se sentait pas capable de regarder Melena en face. Il n'avait pas envie de la juger. Mais il n'avait pas non plus envie de la considérer comme une cannibale. Après tout, c'était des cannibales qu'ils fuyaient. Et même s'ils étaient autrement plus cinglés et dangereux, c'était plus fort que lui. Comment pouvait-on réellement envisager de manger des morceaux de quelqu'un … à moins d'être à l'agonie et qu'aucune autre solution ne soit possible. Melena était blessée c'était vrai … Mais pas assez, aux yeux de l'herpétophobe pour nécessiter une telle extrémité. Avec le temps, ses hématomes se seraient résorbés. Sa lèvre aurait fini par guérir et elle n'aurait même peut-être pas eut de cicatrice.

Tachant de mettre cela dans un coin de son esprit, il se mit à courir avec les autres, se disant qu'ils auraient bien le temps d'en parler plus tard. Le plus important pour l'heure, c'était qu'ils mettent le plus de distance entre eux et ces fous dangereux. Devant eux, la nuit était d'un noir d'encre. Pas la moindre lueur ne venait éclairer leur chemin si ce n'était le reflet de plus en plus faible des flammes qui envahissaient la ville. Bientôt, ils ne distinguèrent presque plus rien devant eux. Par chance le terrain était plat et ils ne trébuchaient que rarement. Le fait de ne pas pouvoir se fier à leur ouïe était d'autant plus perturbant qu'ils n'y voyaient rien.

Au bout d'un certain moment, il sembla que tout le monde s'était mit d'accord pour passer de la course à la marche rapide. Ou alors c'était qu'ils étaient tous les quatre arrivés au bout de leurs forces. Zephyr se retourna vers Quiet Hill tout en continuant de marcher. Au loin, on voyait encore le rougeoiement du feu. On aurait dit un petit brasier consumant l'horizon. Il n'aurait su dire combien de mètres ils avaient mit entre le village et eux... Pas assez à son goût. Tout ce qu'il espérait, c'était que les villageois, trop occupés à maîtriser l'incendie, ne chercheraient pas à les rattraper. Si tel était le cas, ils ne s'en sortiraient pas. A pied, au milieu de la plaine et sans armes... Ils suffisaient qu'ils arrivent avec des voitures et des fusils et ils les descendraient sans même avoir besoin de s'approcher de trop prêt. Et il n'y avait nul part où se cacher. Du moins, pas à ce qu'il pouvait voir.
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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Dim 12 Avr - 17:56

Elle l'avait fait, elle voyait le sang couler sous elle, et ne bougeait pas tremblante, le liquide rouge trempait ses vêtements, mais la japonaise était déjà déconnectée, il y avait-il pire que sa phobie ? Tuer par exemple ? Prendre la vie de quelqu'un ? Avait-elle bien fait ? Des mains la saisir et l'aidèrent à se relever. Elle leva ses yeux et remercia Alicia et Zephyr d'un hochement de tête tremblante. Elle avait du sang sur tous ses vêtements, la brulure sur sa cuisse lui rappelait sans cesse la scène qu'elle venait de vivre. Bon sang, elle avait tué, elle l'avait fait pour les sauver, pour qu'ils puissent fuir tous les quatre, c'est ce qu'elle voulait avant tout. Elle avait agi pour que Melena n'ait pas une nouvelle mort sur la conscience, mais ça n'excusait rien, elle était devenue une meurtrière. Elle croisa un moment le regard de l'homme du groupe se demandait un instant ce qu'il voulait dire : tu l'as tué ! Es-tu seulement humaine pour faire ça ? Il suffisait seulement de l'assommer. Ou le plus probant était « meurtrière ! » , elle était bien loin du « Merci » qu'il avait murmuré. Elle suivit Zephyr et regarda Alicia s'occuper du grillage. Bientôt, il fuirait Quiet Hill.

En parlant de fuir, où se trouvait donc Melena ? Elle était surement derrière elle. Sa blessure lui rappela ce qu'il y avait derrière elle, mais l'inquiétude gagna sur la peur. Elle se retourna donc et croisa le regard glacial de Melena outre le dégout et le malaise qu'on pouvait lire sur son visage, la japonaise pu voir les lambeaux de chair sanguilonant atteindre sa bouche. Cette image déclencha quelque chose en elle, surement de l'incompréhension. Pourquoi avait-elle fait ça ? Le sang qui maculait le sol ne suffisait-il pas ? C'était dégoutant... Enfin inimaginable... Elle avait peur de la mort... Alors pourquoi ?

L'expression écœurée sur la japonaises voulait tout dire et malgré tout ses efforts pour garder contenance, elle se retourna vivement et couru pour suivre Alicia à travers le grillage, sauf que ses doigts s'agrippèrent au grillage à gauche de la sortie. Sa phobie l'avait drôlement affaibli, après ce qu'elle avait fait et voir Melena manger de la chair : vomir était bien la moindre de chose non ? Et c'est ce qu'elle fit, son corps tremblait, mais elle était étonnée d'être restée consciente surement qu'elle paierait ça plus tard, c'est alors qu'elle remarqua l'improbable : la paume de sa main n'avait plus aucune égratignure, elle ne sentait plus non plus la brûlure de sa cuisse, ce n'était pas un cauchemar non ? Elle tourna alors sa tête fatiguée vers la thanatophobe et un éclat de lune lui permit de voir que ces blessures s'était résorbées, il ne restait que quelques marques rouges sur son visage ivoirin.

Une unique larme coulait le long de sa joue, elle voulait parler lui dire quelque chose, mais la bulle de surdité était décidément gênante. Aussi se retourna-t-elle pour passer le grillage, non pas pour mettre de la distance avec la thanatophobe, mais pour retrouver enfin la capacité d'entendre.

Elle courut ainsi, laissant ses pensées dériver vers le fameux pouvoir, elle se souvenait avoir dit à Melena vouloir obtenir le pouvoir de soigner plutôt que de blesser, cette dernière n'avait donné aucun commentaire à ce moment-là, maintenant elle en comprenait la raison. Un sentiment montait en elle à ce moment non de la peur, ou de l'horreur non, seulement de la haine, de la haine contre ce monde qui portait si mal son nom à présent Dreamland... Tu parles.
Yoake fatiguée accepta sans problème, le nouveau rythme de course imposée, elle tenta de reprendre son souffle, sa respiration était sifflante, mais la japonaise ne savait pas si c'était dû à leurs fuites ou le sang sur ses vêtements. Elle ne se retourna pas vers le village regarda uniquement devant elle que pouvait-elle faire maintenant ? Chercher à rentrer ? Et laissa Melena seule ? Pour qu'elle redevienne la personne froide et insensible qu'elle était ? Non, il fallait qu'ils restent ensemble, elle devait aider Melena à trouver Jade. Et que ferait-elle ? Bah... Elle verrait bien le moment venu tout comme Zephyr et Alicia.

Peut-être qu'ils avaient parcourus 1km à moins que l'heure se soit passée, la japonaise ne le savait plus vraiment. Toujours est-il qu'elle entendait à nouveau le pas de ses camarades, les autres s'en étaient surement rendus compte, mais Yoake n'arrivait pas à briser le silence que devait-elle dire ? Devait-elle justifier son geste auprès des autres ? Elle n'était même pas sûre de se comprendre elle-même. Et peut-être que Melena n'avait-elle pas envie d'en parler non plus, le plus important, c'était de mettre des kilomètres entre eux et ce village de cannibale ? Mais quand même. Elle porta alors son regard sur sa paume, cette blessure s'était refermée en quelques heures, et tout ça grâce à Melena. Elle lui devait beaucoup tout comme à Zephyr, et Alicia. Elle engagea finalement la conversation espérant ainsi que ça libère la tension qu'elle ressentait dans le groupe :

- Merci, merci à tous, grâce à vous, on a pu s'en sortir.

Son regard perçant se portant alors au loin cherchant à nouveau de l'eau désespérément, elle voulait à tout prix se laver et pas qu'un peu, cette fois une rivière ferait très bien l'affaire, ou même une marre. En fait, il fallait aussi qu'elle lave ses vêtements, elle ne supportait pas le sang sur ses vêtements et elle avait tellement peur de voir apparaitre sa famille si jamais elle ne répondait pas à sa phobie.
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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 13 Avr - 22:29

Je déteste être sourde et je déteste courir entre les arbres, presque aveugle à cause de l’obscurité sans savoir où je marche. Je peux encore sentir le souffle de chaleur sur mon dos, m’indiquant que nous ne sommes pas encore assez loin du village. Alors, je continue à courir là où mes propres pas voudront bien m’amener car il faut le dire, je ne sais pas où je vais. Je sais juste que je veux me tenir loin de ces cannibales qui vont très clairement nous poursuivre après avoir pris conscience que nous avions provoqué l’incendie pour fuir. Bien sûr, ils pourraient tout à fait laisser tomber et choisir de nous oublier mais leur voix ou encore leur regard que j’avais entraperçu là-bas promettaient une vengeance certaine.

Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que je tourne la tête afin de m’assurer que mes compagnons suivent toujours. Malheureusement, je ne vois que des ombres, des mouvements vifs juste derrière moi et je dois me contenter de cela pour me dire que oui, Zéphyr, Yoake et Melena sont là.  Mon regard se porte alors un peu plus loin en arrière, pour observer la très faible lumière provenant du village. J’hésite encore un peu puis j’allume la lampe torche, l’unique objet que j’ai réussis à garder. Je me maudis encore d’avoir fait tomber mon couteau, la seul arme que je possédais il y a encore quelques minutes pour pouvoir me défendre. Je n’ai plus rien si ce n’est cette torche. Au moins, nous ne sommes plus obligés d’avancer dans le noir presque total mais je ne peux m’empêcher de penser qu’avec ce faisceau de lumière, ils peuvent nous voir.

Cependant je ralentis quelque peu pour ne pas être la seule à bénéficier du petit éclairage. Si notre vision s’est améliorée, le chemin n’en reste pas moins flou. Il n’y a que de la végétation et il n’est pas difficile de savoir que tout cela nous ralentis. Cependant, si on avance moins vite cela nous permet aussi de ne pas être à découvert, ou en tout cas pour un certain temps. Après tout, les habitants de Quiet Hills ont des fusils et ça ne m’étonnerait pas qu’ils s’y connaissent en chasse surtout quand on parle de chasse à l’homme. En résumé, même si on a réussi à nous échapper, on n’est, malgré tout, pas sorti de ce merdier. Et si je fais un petit topo de notre groupe, nous avons une Melena loin d’être au top de sa forme et une Yoake blessée à la jambe. De plus, en comptant bien, il ne nous reste que deux armes blanches pour riposter contre des fusils, ce qui n’est vraiment pas à notre avantage. Tout cela est donc loin d’être rassurant, en particulier quand les villageois auront découvert le poteau rose. De ce fait, nous continuons à marcher pour nous éloigner le plus possible de Quiet Hills espérant ne jamais être rattrapés.

Et puis, le son. Un véritable miracle ! Je peux de nouveau entendre le bruit de ma respiration ou encore celui de mes pas. Me souvenant des paroles de Melena, je fais la déduction qu’on a très certainement traversé environ 1Km. De là où nous sommes, nous ne pouvons plus voir de fumée, seulement la lune et ses étoiles. Cela serait presque beau si je ne devinais pas que bientôt nous serions chassés comme du gibier par une horde de psychopathe qui ne rêve que de nous torturer et de nous manger. J’aurais presque apprécié ce moment de calme si je ne savais pas que nous n’avions aucun plan pour la suite ou encore aucune arme susceptible de nous défendre concrètement. Toutefois, je ne peux m’empêcher de sourire à nouveau lorsque j’entends les bruits de la nature ou encore les respirations essoufflées de mes camarades de route.

Nous nous arrêtons tous en même temps, s’observant les uns les autres. Nous sommes tous fatigués, et continuer à courir ou marcher vers je ne sais où ne nous mènera à rien. Je me surprends à me demander comment Yoake a pu courir tout le trajet sans souffrir le martyr. Pourtant, lorsque je la vois, elle semble juste fatiguée, peut-être aussi mal à l’aise mais pas souffrante d’une blessure à la jambe. Le sang qui recouvre une partie de ses vêtements m’empêche de savoir si la coupure est profonde. Faut-il lui faire un garrot ? Je hausse des épaules, si Yoake ne dit rien alors je ne ferais aucune remarque, je ne suis pas médecin après tout. Je me tourne donc vers Melena et Zéphyr. Si Zéphyr semble aller bien (si je puis dire), je ne peux pas en dire autant de notre psychopathe préférée. Debout devant moi, sa chevelure se fondant dans la nuit, je remarque que la peau pâle de son visage est maculée de croûte de sang séché. Dans mes souvenirs, la jeune femme s’était pris simplement un coup à la tête et seulement quelques égratignures au visage. Alors que faisais tout ce sang sur elle ?

- Qu’est-il arrivé à ton visage ?

J’ose affronter son regard étrangement clair même si je sais qu’il y a de forte chance que je me fasse rembarrer sur le champ. Un ange passe alors que je sens comme un malaise monter dans le groupe. Je ne comprends pas. Ai-je ratée quelque chose ? Je n’aime pas avoir l’impression d’être mise de côté. Je sers les poings pour ne pas montrer mon énervement. Je n’ai pas peur mais depuis que j’ai vu cette femme au village, j’ai l’impression de ne ressentir que de la colère ou de la rage. Néanmoins, comme à chaque fois, je noie ces émotions derrière un sourire timide. Je reprends petit à petit le rôle d’Eva qui ne veut qu’être altruiste envers les personnes qui ont besoin d’aide.

Dans le fond, suis-je vraiment inquiète pour ces personnes sans qui je n’aurais pas pu sortir ? S’inquiéter veut dire s’attacher et de cela il en est hors de question. J’avoue me sentir un peu plus proche d’eux mais je sais que ça n’ira pas plus loin car il faudrait alors avouer qui je suis. Je n’ai jamais eu de véritable ami mais la vérité est que je m’en fou. Tout ce que je demande c’est de l’aventure et des frissons. Si Dreamland peux me l’offrir alors je suis prête à suivre encore mes compagnons. Et Quiet Hills, je l’espère, n’est qu’un petit avant-goût, une expérience inoubliable où j’apprends à avoir peur pour ma vie.

C’est peut-être étrange pour les autres et même si je veux partir loin d’ici pour ne pas me faire tuer, je ne peux qu’être heureuse d’avoir atterris ici. Dans un monde où enfin, il se passe des choses intéressantes…

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Yoake, Melena, Zephyr et Alicia direction : La marche de l'avenir
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