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 Chacun sa route, chacun son chemin ♫

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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Sam 14 Mar - 11:39

C’est rapide, je ferme les yeux, une sensation étrange passe et puis je me retrouve allongée par terre loin du siège confortable d’un certain cabinet. Efficace la méthode de ce cher psychiatre, à moins que ce soit mon enthousiasme à  aller au pays des rêves qui ait fait tout le travail. Dans tous les cas, je suis bien contente de savoir qu’ENFIN quelque chose allait se passer dans ma vie. Je suis presque heureuse de m’être fait arrêter par la police pour le coup, sans cela je ne serais certainement pas ici.

D’ailleurs je suis où ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression de manger de la terre et de l’herbe en même temps ?

Je décide donc de me lever du sol et de frotter les restes de terre sur mes vêtements. Pendant un instant je me dis à quel point j’ai été intelligente de venir habiller d’un simple jean et tee-shirt. Je pense que j’aurais fait une crise si j’avais tâché une de mes robes qui m’avait  coûtée bonbon.

A part cela, le paysage me semble bien étrange. Il y a bien trop de végétation à mon goût. Franchement, il y a mieux que de se retrouver encerclée par des arbres et des buissons grouillant d'insectes. Elle est encore à améliorer votre méthode, monsieur le psychiatre...

Alors je suis où bon sang ?

Par reflexe, ma main  remonte vers la poche de mon pantalon pour ne rien trouver. Pas de portable. PAS. DE. PORTABLE. Je me crispe un instant, tentant de calmer mes nerfs sur cette petite découverte plutôt déplaisante. Je fais quoi si je n’ai même pas le droit à un accès internet ?

- Merde…

Pas de panique, ce n’est pas le moment de perdre son calme. Je vais trouver une solution. C’est à ce moment précis que je prends conscience des rayons du soleil qui se font de plus en plus faibles à travers les feuillages. Chouette ! Non seulement je ne sais pas où je suis mais bientôt je ne verrais plus rien ! Je secoue la tête et me retourne pour voir si l’autre côté n’est pas un peu plus prometteur. Mon regard se pose sur deux silhouettes. Je sursaute en m’apercevant que deux personnes se trouvaient là depuis que je m’étais réveillée sans  que je ne repère leur présence. Deux femmes, l’une asiatique et l’autre de type caucasien. En une demie seconde, je remarque qu’elles sont penchées sur ce qui semble être une carte et une boussole. Bon,  au moins ces deux-là ont l’air de savoir où elles sont.

Je ne perdis pas mon temps pour leur lancer un sourire timide afin de ne pas faire fuir mes deux potentiels sauveuses. Loin l’envie de les voir déguerpir  emportant une de mes seules chances de pouvoir me sortir de là avant la nuit.

D’un geste lent qui se veut hésitant, je lève ma main pour les saluer.

- Euh…Bonjour… Vous savez où nous sommes ?

Je prends soin de prendre une voix douce croisant les doigts pour qu’elles veuillent bien aider une pauvre femme perdue tel que moi.  Je les regarde attendant leur réaction, ce qui me donne le temps d’un peu plus les observer.

Je devine assez rapidement qu’elles sont toutes les deux jeunes, environ la vingtaine comme moi. Et malgré les ombres grandissantes, je m’étonne de leur ressemblance même si l’une est plus orientale que l’autre. En effet,  deux visages pâles encadrés par  des cheveux d’ébènes. Seul la couleur de leurs yeux se distingue, alors que l’une a un regard sombre l’autre me semble presque aveugle tellement ces yeux me paraissent clairs.

En y réfléchissant, peut-être qu’elles aussi sont victimes d’un psychiatre qui ne sait pas faire son boulot. Enfin, si c’est le cas, ce n’est pas récent au vu  de leur sac, de la carte et de la boussole. En tout cas, elles sont bien plus prêtes que moi avec mes seuls vêtements pour possession.

- Je me nomme Eva, et j’ai vraiment besoin de savoir où je me trouve…

Eva. J’ai toujours rêvé de m’appeler Eva. C’est un prénom qui sonne bien à mon oreille alors qu’en comparaison Alicia me semble bien fade.

Je souris de nouveau espérant les convaincre de bien vouloir m’aider.

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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Dim 15 Mar - 20:09

Yoake espérait tellement que sa coéquipière puisse compléter son idée. Grâce à ça, elles auraient pu mettre beaucoup moins de temps pour trouver Jade. Aussi quand la thanatophobe expliqua son choix de continuer tout droit la japonaise répondit rapidement :

- Je ne connais pas encore suffisamment Dreamland alors je me suis dit que peut être en t’en parlant, tu aurais trouvé la partie qui faisait défaut au plan. Déjà que sur terre, on ne peut pas y arriver sans train à proximité alors ici, à part les pouvoirs, je ne vois pas comment mon idée pouvait être réalisable.

La japonaise savait qu’elle était loin d’être la partenaire idéale dans ce monde, son hématophobie posait plus de problème et l’empêchait pratiquement de se battre, aussi espérait-elle apporter son aide sur le reste. Pour le moment, c’était des petits trucs de temps en temps, mais son idée récente ne pouvait pas être appliquée et ce qui la décevait n’était pas le fait que Méléna l’ai refusé non, c’était plus qu’elle n’avait rien de mieux à proposer.

Elle répondit néanmoins au sourire triste de Méléna par un sourire encourageant.

Elle écouta finalement l’histoire des puzzles d’âmes. Méléna s’en voulait de ne pas en avoir donné un à Jade, mais apparemment, elle ne connaissait pas cet objet à l’époque. Aussi, l’asiatique répondit tout d’abords hésitante :

- Tu n’as pas à t’en vouloir, tu n’es pas responsable de ta séparation avec Jade et tu n’as pas eu l’occasion de lui donner un puzzle d’âme. Vous pourriez en trouver un toutes les deux une fois qu’on l’aura retrouvée.

Elle saisit une nouvelle mûre et ajouta finalement :

- Pour ce qui est du manchot, je ne vois pas pourquoi tu devrais rejeter ce qui s’est passé. Le fait que vous ne soyez pas réunis toutes les deux avec ta meilleure amie ne dois pas t’empêcher de vivre non ?

Les mûres étaient légèrement acides, mais au moins elle coupait la faim pour le moment. Elle leva les yeux vers la thanatophobe et se demandait ce qu’elle pouvait faire d’autre… Elle n’avait jamais connu une amitié aussi importante, mais que ferait-elle à sa place ?

- Nous allons faire des centaines de kilomètre pour la retrouver, essayons de rendre le voyage agréable.


Elle s’attendait à un grand silence de la part de son auditoire et se mit à rire gênée.

- Je ne suis pas vraiment doué pour rassurer quelqu’un, mais je suis contente que tu me parles un peu de toi. Lors de mon arrivée je ne pensais pas trouver ma place ici et grâce à toi j’ai l’impression que c’est un peu mieux.

Elle pensa un moment à son arrivée et à la froideur avec laquelle, elle avait été reçue. Finalement peut-être que ce n’était qu’une façade.

Un bruit de pas la fit rapidement lever la tête devant elle se tenait une femme blonde qu’elle ne quittait pas des yeux. Trop près… Elle se leva donc brusquement et fixa alors la moindre parcelle de peau visible, elle entendait bien-sûr les paroles de la nouvelle venue, mais l’obscurité rendait sa besogne difficile, l’obligeant à plisser ses yeux sombres. Rassuré de ne voir aucune cicatrice, elle se détendit et nota néanmoins quelque chose, elle n’avait rien juste ses vêtement tout comme elle quelques heures plus tôt. Etait-ce une nouvelle voyageuse ?
Surement… Pour demander où elle se trouvait.

Elle parla donc après un temps de silence qui pouvait ressembler à une éternité.

- Je m’appelle Yoake.

Elle se baissa sur la carte tout en indiquant un point sur la carte et annonça.

- On se trouve ici à quelque kilomètre d’Elipse

Soudain, elle pensa à son arrivée à Dreamland et se tut méfiante, elle était à présent de l’autre côté du miroir, et ne savait pas jusqu’ou elle pouvait aller dans les révélations. Elle se tut donc laissant à Méléna, le soin d’ajouter quelque chose. Elle avait aussi évité tout contact avec la nouvelle venue… La leçon de Dakota était pour toujours gravée en elle.
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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 16 Mar - 11:14

Le regard dans le vague, Melena fronça les sourcils. Elle n’était pas certaine que Yoake l’ait comprise : elle ne s’en voulait pas d’avoir « flirté » pendant l’absence de Jade, mais simplement d’avoir pensé à acheter un puzzle d’âme avec un type qu’elle voulait ne jamais revoir et pas avec sa meilleure amie. Qu’importe. Elle n’avait pas envie d’approfondir la question en fait, sa culpabilité était déraisonnable, mais c’était plus fort qu’elle. D’un geste dénué de conviction, l’irlandaise attrapa les deux dernières mûres de leur cueillette pour les enfourner pendant que sa camarade suggérait de rendre le voyage agréable.

Oh oui. Comme quoi ? Chanter des chansons au coin du feu, se raconter des anecdotes poilantes et faire du shopping touristique ? D’ailleurs, le souvenir de la dernière fois que la nécrophobe avait essayé de rendre une épreuve dreamlandienne agréable était assez cuisant dans sa mémoire. Elle et Jade avait fini par – littéralement – mettre un Colisée à feu et à sang. Melena garda le silence également quand la japonaise sembla se réjouir qu’elle lui eut « parlé d’elle ». En fait, si elle lui avait réellement parlé d’elle, il y a de fortes chances qu’elle ait pris ses jambes à son cou. Aucune personne saine d’esprit ne serait assez téméraire pour accompagner une criminelle... ni une hématophobe d'ailleurs.

« Heureusement » un bruit détourna l’attention du malaise qui s’installait entre les deux acolytes. Instinctivement, la main de l’adolescente s’était refermée sur le manche de son couteau de cuisine. Le soleil mourant à l’horizon laissait filtrer juste ce qu’il fallait de lumière pour qu’elle reconnaisse une jeune femme blonde avec cet air de paumé propre aux nouveaux voyageurs.

Alicia salua mais Melena resta de marbre, la dévisageant de son regard gris, comme si elle se demandait comment lui faire regretter son imprudence. Yoake était encore trop novice – ou/et trop altruiste – pour faire montre de méfiance. Elle dévoila tout naturellement son prénom et indiqua sur la carte leur position par rapport à Elipse. S’inspirant de ce qu’elle avait déjà vu faire l’une des jumelles, l’irlandaise pointa vers la mythomane une main en forme de revolver et fit mine de lui tirer dessus :

- Adieu, Eva.

Le silence qui s’en suivit trahissait l’incompréhension des jeunes femmes devant ce geste anti-hospitalier. La thanatophobe soupira et se releva pour être à la hauteur de la nouvelle venue. Elle tenait toujours son couteau de cuisine comme si elle était sur le point de sauvagement poignarder Alicia.

- Tu as de la chance, expliqua-t-elle enfin, on aurait pu ne pas être « comme toi ». On aurait pu être de ces personnes qui détestent les gens « comme nous » et je pense pas qu’ils auraient mis plus longtemps que moi à le deviner. Et tu serais morte… ou prisonnière.

L’histoire de Janice traversa son esprit. N’était-ce pas exactement comme ça qu’elle s’était faite avoir ? Demander naïvement de l’aide sans savoir à qui elle avait affaire?! Dans tous les cas, Melena était lassée. Elle avait déjà fait une démonstration scolaire à la japonaise, elle n’avait pas envie de se relancer dans l’immédiat. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle en voulait toujours aux nouveaux venus ? C’était stupide et égoïste. Elle détestait qu’ils n’aient pas soufferts comme elle ; qu’ils puissent se permettre de débarquer en disant qu’ils sont perdus pour qu’on leur montre une carte du doigt.

Ses yeux d’orage s’abaissèrent vers Yoake. Cette dernière ne devait sans doute pas comprendre la contrariété de sa cadette et, bizarrement, l’irlandaise n’avait pas envie de la froisser. S’efforçant de rendre sa voix moins tranchante, elle lui dit :

- Elle débarque de nulle part, elle n’a rien sur elle, elle est perdue et ne fait preuve d'aucune prudence… on peut en déduire que c’est une voyageuse, reprise de l’échange entre professeur Autumn et élève Akiyo, je te laisse lui expliquer. Moi une leçon par jour ça me suffit.

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Alicia Smith

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Maladie mentale : Mythomane

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 16 Mar - 14:26

Un, je peux comprendre la méfiance qui se reflète dans leur regard. Après tout je viens de nulle part, les mains dans les poches.

Deux, il commence à faire assez sombre et cela n’est peut-être pas le facteur le plus favorisant. Bon, j’ai tout de même fait en sorte de paraître bien paumée, ce que je suis réellement en fait.

Mais trois, venir me menacer avec un couteau de cuisine alors que je suis seule sans rien dans les mains face à deux personnes, je trouve que c’est un tout petit peu exagéré. Je me suis déjà bien regardée et il me semble ne pas avoir l’air d’un monstre ou d’un tueur en série pour qu’on ait ce genre de réaction face à moi.

Mes yeux restent tout de même fixés sur le reflet argenté de la lame, surveillant le moindre mouvement dans ma direction. C’est bien la première fois que l’on vient me menacer à l’arme blanche. Et je ressens la peur s’incruster dans chacun de mes membres. Je résiste pourtant à prendre mes jambes à mon cou. De toute façon ça serait pour aller où ? Je ne sais même pas où je me trouve actuellement. Yoake avait beau m’avoir indiqué du doigt sur la carte où on se trouve, il est compliqué de voir réellement quelque chose de là où je me tiens. Je me serais certainement approchée (doucement) mais c’est sans compter sur le fait que l’autre jeune femme se lève et me menace.

Mais d’un autre côté, je ne peux m’empêcher de trouver cela réellement excitant. A peine arrivée au pays des songes et il se passe déjà quelque chose. Alors même si on m’indique que je fais preuve d’imprudence et qu’une « voyageuse » comme moi serait très certainement morte face à d’autres personnes, je ne résiste pas à retrouver mon sourire.

Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas naïve, je n’aime pas être impuissante face à un couteau et j’ai bien compris ma position de débutante. Toutefois, certains détails éveillent mon attention. Elles sont des voyageuses, tout comme moi, et elle sont dans la nature avec une carte et une boussole. De plus, elles semblent savoir où elles se trouvent donc elles ne sont pas perdues. Alors, si elles ne sont pas perdues, c’est certainement qu’elles veulent aller quelque part, qui soit assez loin au vu de la taille de la carte.

Une idée me traverse l’esprit, si on ne veut pas m’aider, je peux toujours faire un échange de bon procédé. Après tout, si j’ai bien compris, elles non plus ne sont pas les bienvenues ici, sinon elles ne seraient pas là à camper en pleine nature.

- Je n’avais pas l’intention de vous attaquer et il est vrai que je viens de débarquer mais si cela vous coûte votre temps en échange je veux bien vous aider pour votre expédition. Et je comprendrais aussi si vous ne me faites pas confiance mais comme vous l’avez constaté, je suis chanceuse de tomber sur vous et il ne me viendrait pas à l’idée de vous agresser.

Je recule pour m’appuyer sur un tronc d’arbre et attends leur réaction. A les regarder ainsi, j’ai l’impression de voir deux survivantes. Je penche la tête tentant d’évaluer si moi, je pouvais leur faire confiance ou en tout cas juste assez pour faire un bout de route avec elles. Mouai, je n’ai pas le choix de toute façon… Au moins, Yoake semble beaucoup plus enclin à m’expliquer la situation en comparaison de l’autre psychopathe. Ceci dit, je sais aussi qu’il faudrait que je prouve mon utilité dans leur petit groupe.

- Et puis, ce sont toujours des yeux et des bras en plus pour vous aider, si c’est pour ne pas mourir ou être prisonnière comme vous dites, je ne manquerais pas de motivation…

Je pris de l’assurance faisant reculer la peur qui m’avait envahi il y a un instant. Convaincre les gens est ma spécialité, manqué plus qu’à savoir si j’aurais besoin de raconter plus que la vérité. Je suis peut être nouvelle dans ce monde mais je ne manque pas non plus d’arme pour me défendre.

Finalement, je décide de m’assoir, les épaules détendues. Mon regard se détacha de l’arme pour observer les sous bois un peu plus loin. Il fait maintenant beaucoup trop noir pour espérer y voir. Seules mes oreilles peuvent encore capter les moindres bruits.
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Zephyr A. Grayson

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Maladie mentale : Herpétophobie

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 16 Mar - 15:52

Un marabout ... Son père n'avait rien trouvé de mieux qu'un vieux charlatant pour tenter d'exorciser sa peur. Mais cette fois-ci, c'était le dernier. Il avait fait promettre à son père que, si ce Okotongo n'arrivait à rien, il le laisserait tranquille une bonne fois pour toute avec sa phobie.
Alors qu'il entrait dans l'arrière boutique après être passé devant une petite bonne femme assise derrière un comptoir, Zephyr fut assaillit par des odeurs âcres et infâmes qui lui donnèrent envie de tousser. Assis en tailleur sur un tapis bariolé, un vieil homme complètement chauve et à la peau plus noire que de la suie lui intima de venir s'asseoir à son tour d'un simple geste de la main. Ne sachant pas ce qui l'attendait, il obtempéra, légèrement anxieux. Cette atmosphère était pour le moins mystérieuse et avait de quoi persuader de son authenticité. Le vieil homme se leva et alla chercher un bol et quelques flacons dont il versa le contenu, tantôt liquide, tantôt solide, un peu de poudre, un peu de grains noir ou mordorés directement dans le bol. A l'aide d'un pilon il écrasa le tout et revint s'asseoir face à Zephyr qui ne savait pas trop s'il devait éclater de rire ou trembler de peur.
"Avale ça." dit-il simplement avec un accent qui donnait l'impression d'être au cœur du contient africain. On se serait presque attendu à voir surgir un lion de derrière les tentures qui recouvraient les murs.
"Euh, non merci..."
Un odeur de mort se dégageait du récipient et la texture faisait terriblement penser à des excréments tout juste évacués.
"Si tu veux te débarrasser de tes peurs. Tu dois d’abords pratiquer ton voyage intérieur. Il sera long et difficile. Mais au bout du chemin, la délivrance t'attendra. Bois."
Zephyr resta un long moment à contempler la mixture. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour contenter ses parents, vraiment... Après ça, son père avait intérêt à lui négocier une augmentation substantielle auprès de la directrice de l'hôpital.
Se pinçant le nez d'une main, il avala cul sec l'horrible potion. Un goût de bile et de fiente lui attaqua aussitôt le palais et il cru un moment qu'il allait vomir directement sur le marabout. Autour de lui, une fumée jaunâtre envahissait la pièce, mêlant son odeur piquante à celui de la mixture. Déjà il sentait que sa tête se mettait à tourner violemment. Et sans avoir le temps de comprendre, il s'écroula sur les coussins qui tapissaient la pièce. Il faut croire que tout était prévu.
Toute la pièce tournait de plus en plus rapidement, comme si Zephyr s'était trouvé sur un tourniquet devenu fou. Les murs devinrent de plus en plus flous et le plafond sembla se disloquer peu à peu. Un ciel sombre le remplaçait petit à petit et, si la sensation de tourner cessa, le jeune homme eut soudain l'impression qu'il tombait. C'était comme chuter dans un rêve, les yeux fixés au ciel, sauf que dans ces cas là, il se réveillait toujours. Cette fois-ci en revanche, il sentit quelque chose le heurter violemment dans le dos et la chute se poursuivit. Il ne voyait plus le ciel, il ne voyait plus rien.
A plat vendre sur le sol, il tenta de reprendre sa respiration. Il ouvrir la bouche et il sentit de l'herbe y entrer. Peu importe, il devait respirer. Il avait l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur enragé. Se relevant doucement, il essaya de rassembler ses idées. Qu'est-ce qu'il venait de se passer exactement? Qu'elle était la dernière chose dont il se souvenait? ... Voyons ... Ah oui ! Le charlatant. Il avait bu un truc dans un bol. Un truc infecte qui lui avait donné le tournis. Et puis ... Et puis quoi ? ... Il était tombé à la renverse...
*En gros je suis en plein mauvais trip...*
Mais tout avait l'air si réel ! L'herbe douce sous ses pieds, la brise nocturne sur son visage et même une odeur de campagne. Le ciel qui se teintait peu à peu des couleurs de la nuit, tout juste traversé par quelques paresseux nuages. Et même son propre corps. Maintenant ses mains devant lui, il les regarda, bougeant ses doigts comme s'il s'attendait à les voir se tordre inexplicablement dans le mauvais sens. Mais tout était normal.
*Si tout est normal ... Alors qu'est-ce qui s'est passé ?*
Tellement absorbé par la contemplation de ses propres doigts, il remarqua seulement la présence de trois jeunes femmes non loin de là. Tout à coup il se sentit un peu bête et baissa vivement ses mains. Au moins, il n'était pas tout seul. Et avec un peu de chance, ces trois demoiselles pourraient lui dire où il se trouvait exactement et si elles savaient comment il était arrivé là.
"Euh ... bonsoir ... Pardonnez-moi si je vous dérange mais je suis un peu perdu ... Enfin non, à vrai dire je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je me trouve. Vous allez rire mais en fait je crois qu'on m'a drogué. J'étais avec ce type un peu bizarre, il m'a fait boire un truc infecte et.. enfin voila quoi. En plus j'ai hyper mal au dos, je sais pas du tout ce qui est arrivé."
Dis comme ça, il avait plus l'air d'un illuminé que d'un type perdu. Priant pour ne pas avoir effrayé les trois jeunes filles, il espéra également qu'elles pourraient lui venir en aide.
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Yoake Akiyo

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Maladie mentale : Hématophobie compulsive

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 17 Mar - 10:59

La jeune femme porta sont regard sur Melena qui venait de tendre la main comme un pistolet qu'on tendait sur quelqu'un « adieu Eva »... Yoake reconnaissait la froideur avec laquelle on l'avait accueilli, mais elle ne la comprenait pas. Pourquoi était-elle si froide avec les nouveaux venus ? Les voyageurs les plus anciens semblaient porter un poids trop lourd pour se lancer dans les citations de politesses habituelles.

La thanatophobe continua de parler prétextant qu'Alicia risquait sa vie en s'approchant de n'importe-qui et que tous n'était pas aussi gentil qu'on pourrait le croire.

La jeune femme avait déjà aperçu un petit échantillon à Elipse, leurs regards étaient suffisamment éloquent, ne faire confiance à personne hein ? C'était contraire à tous que Yoake avait connus, elle avait besoin de faire confiance à quelqu'un et pour le moment, c'était en Melena qu'elle se raccrochait. Peut-être à tort...

Elle regarda à nouveau Alicia et Tourna ses yeux sombres presque aussitôt sur la thanatophobe écoutant la « leçon ». Aucune prudence...Dans un sens s'était vrai, mais elle était tombée sur elles, mieux valait lancer la discussion avec deux personnes plutôt que se diriger aveuglément vers Elipse non ?

Finalement, elle hocha la tête acceptant de briefer la nouvelle. Elle prit le temps de rassembler ce qu'elle savait repliant par la même occasion la carte désormais inutile à cause de l'obscurité et la tendit à Melena.

Elle leva finalement ses yeux vers Alicia qui tentait de s'expliquer, un mince sourire se dessina sur ses lèvres. Elle savait que tout ce que tenterait de dire Alicia ne marcherait pas pour Melena, tout comme elle quelques instants plus tôt. On pouvait pratiquement voir le faussé énorme qu'il y avait entre Méléna et elles. Et pour lui parler d'égale à égale, il fallait le franchir en acceptant les conséquences, une route de sang et de souffrance.

- Ok, je vais te faire un petit...

Elle ne termina pas sa phrase quand elle remarqua la présence d'une nouvelle personne, Melena devait avoir la main sur son couteau de cuisine prête à nouveau à en découdre. Aussi tenta-t-elle de se méfier du nouveau venu, dans un sens ce n'était pas compliqué, elle ne le voyait pas suffisamment pour le laisser s'approcher plus, elle ne voyait pas non plus sa peau, avait-il des cicatrices ? Que devait-elle faire?

Finalement, le jeune homme se lança dans une tirade et Yoake en profita pour s'approcher de lui. Elle avait besoin de voir sa peau, de s'assurer qu'il n'y avait pas de sang ou de cicatrice, mais l'obscurité empêchait sa phobie compulsive de s'exprimer et la peur et la méfiance s'emparaient d'elle.

Elle savait pourtant que s'était un nouveau voyageur, il répondait à la définition de la thanatophobe. En une journée, trois nouveaux voyageurs... La japonaise aurait bien aimé voir l'expression de sa coéquipière, mais l'obscurité lui permettait juste de voir sa silhouette.

Elle se souvient soudain de ce qu'elle devait dire et leva à nouveau les yeux vers les deux silhouettes devant elle :

- Bon, je vais résumer un peu votre situation à tous les deux, vous êtes à Dreamland, votre corps, actuellement, doit être endormi quelque part et votre esprit à fait le voyage jusqu'ici. Les habitants de ce monde nous nomment « voyageurs » et nous ne sommes pas les bienvenues partout et tout particulièrement à Elipse.


Elle tendit finalement un doigt vers Melena :

- Comme elle te l'a dit Eva, et ça vaut aussi pour le nouveau venu. Si nous étions des personnes détestant les voyageurs, vous seriez tous les deux morts ou prisonniers. En tant que nouveau venu, nous sommes particulièrement repérables. Donc soyez plus prudent. Quand je parle de mort, il s'agit de la mort cérébrale, votre corps deviendra un légume ni plus ni moins. Ce n'est pas un jeu.

Elle leur laissa le temps d'intégrer tout ce qui a été dit et ajouta :

- En venant ici si vous souffrez d'une pathologie mentale vous obtenez un pouvoir en rapport avec cette pathologie... Ce pouvoir tout d'abord faible grandit avec le temps passé dans ce monde.

A cours de choses à dire elle se tue finalement, avait-elle tout dit ? Oui, tout ce qui concernait les voyageurs et Dreamland en tout cas. Le peu qu'elle savait rendait se résumer court et direct, mais c'était déjà ça, au moins ne sont-ils pas restés dans l'ignorance trop longtemps.

Elle n'ajouta rien, trop préoccupée par sa phobie qui lui donnait l'ordre de voir le visage de l'homme de vérifier qu'il n'y a aucune cicatrice, elle ressentait aussi son besoin de se laver plus pressant... Ce combat contre elle-même l'épuisait, elle serait bien tenter de se coucher là tout de suite, mais plusieurs choses l'inquiétaient. Non en fait, il n'y avait qu'un seul sentiment : la peur. Elle avait peur de ce qui pourrait se passer cette nuit, elle avait peur de dormir avec des personnes qu'elle ne connaissait que depuis quelques minutes, elle avait peur des cauchemars de sang qu'elle pourrait faire, mais surtout elle avait peur que son hématophobie compulsive devienne incontrôlable.

De cette peur, elle ne laissa rien paraître, elle se tourna vers Melena et lui demanda.

- Que veux-tu faire ?
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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 17 Mar - 12:56

Melena n’en savait rien, mais Yoake était dans le vrai. Il y avait un fossé énorme entre la nécrophobe et les autres. Un puit même, rempli de cadavres, que personne n’avait intérêt à franchir. Heureusement que la japonaise avait accepté de jouer le rôle d’ambassadrice parce que déjà, des répliques acerbes s’apprêtaient à jaillirent des lèvres de l’irlandaise.

- « Des yeux et des bras en plus » pour m’aider, hein, ruminait-elle en rangeant sa carte, comme si j’en avais besoin…

Au contraire : plus nombreux ils seraient, plus ils risquaient de se faire remarquer, plus il y avait de boulets à trainer. L’hématophobe avait très vite compris ça et s’était parfaitement adaptée à l’adolescente. Bizarrement, Melena ne la voyait déjà plus comme une charge. Peut-être parce qu’elle avait reporté sa culpabilité envers Naomie sur elle. En sauvant Yoake, elle s’était rachetée en quelque sorte. Mais les autres… les autres…

Alicia s’assit, bien décidée à camper avec elles apparemment. Le regard glacial de la benjamine du trio ne décollait pas de la blondinette. Sa colère était immature, déraisonnée, et elle n’était pas au bout de ses surprises. Voilà qu’un type débarquait à son tour, enveloppé de pénombre, racontant son histoire le plus naturellement du monde. La paume de la thanatophobe claqua bruyamment sur son front alors qu’elle levait les yeux au ciel. Depuis quand s’était-elle transformée en nounous ou en guide touristique ? A croire que les dieux locaux n’avaient pas fini de lui en mettre sur les bras.

Pas la force de refaire une tirade menaçante. Pas envie aussi. Muette, Melena guettait simplement que sa camarade ne s’approche pas trop prêt de ce nouveau venu. Alors que le discours qu’elle ne connaissait que trop bien était réitéré par Yoake, elle lâcha son couteau et croisa les bras. Qu’aurait fait Jade à sa place ? Les garder ? Ne pas les garder ? Ce n’était pas pareil de faire l’effort d’être aimable pour une personne que de l’être pour trois. Elle commençait à apprécier la complicité qui pouvait potentiellement naître avec la japonaise mais Alicia et Zephyr… c’était trop.

Un bruit lointain commençait à se faire entendre. Ça n’avait rien de naturel, c’est en cela que c’était intriguant. On aurait dit… des voitures. L’irlandaise choisit d’en faire abstraction pour le moment. L’hématophobe se tourna vers elle pour savoir ce qu’elle comptait faire. Voyons, voyons, que comptait-elle faire…

- Continuer, lâcha-t-elle sèchement.

Comme elle se doutait que ça n’évoquerait rien aux deux derniers arrivants, elle s’approcha lentement. Même dans l’ombre de ce début de soirée, son visage ivoirin se détachait nettement de sa chevelure d’ébène. Elle avait beau être la plus jeune, elle les dominait presque tous en taille – particulièrement Alicia qui était assise. Naviguant de l’air motivé de la mythomane au regard illuminé de Zephyr, elle se pinça les lèvres avant de s’expliquer :

- Je dois retrouver quelqu’un, même si je dois traverser ce monde pour y arriver. Si ça ne tenait qu’à moi, je n’ai besoin de personne, elle marqua une pause, Yoake vous a dit la vérité alors gagnez du temps en arrêtant tout de suite de penser que c’est un mensonge, ou un bad trip, et que vous allez vous réveillez dans cinq minutes.  

Ses yeux d’orage convergèrent vers la japonaise. Un sourire presque imperceptible rompit la continuité de sa contrariété, mais elle se ressaisit si vite que ce dernier dû passer inaperçu. Les bruits de moteur se rapprochaient, il y avait clairement au moins trois ou quatre véhicules sur le sentier qu’elles avaient emprunté dans la journée. Ils devaient être à moins de cent mètre désormais.  

- Vous êtes libre de nous suivre, cette fois elle incluait l’hématophobe, ou de vous débrouiller. Je m’en fiche, mais retenez que je ne vous dois rien et que je ne suis pas responsable de vous.

Cette fois-ci, elle n’ajouta pas qu’elle les tuerait de sang froid s’ils lui posaient problème, mais elle y pensa très fort. Au lieu de ça, elle s’éloignait déjà pour contourner le sous-bois en direction des voitures qui seraient là d’une minute à l’autre. Ils n'avaient qu'à continuer de papoter sans elle. La donne était différente, elle n’avait pas envie de passer la nuit en plein air avec deux inconnus. Alors s’il était possible d’avoir un coup de pouce…

- Je vais voir ce que c’est, ne bougez pas.

Par précaution, elle ramassa son couteau de cuisine et le glissa dans la poche de son manteau où se trouvait déjà sa couronne de méduse. A peine avait-elle retrouvé le petit chemin de campagne que des phares jaunes l’aveuglaient. La main en visière, Melena vit s’approcher trois vieilles voitures qui, si elles avaient été dans le monde réel, devaient dater des années 50 ou 60. La première chose qui la choqua ne fut pas le visage buriné du conducteur en tête de file qui se pencha à travers sa fenêtre une fois arrêté à sa hauteur, mais l’odeur significative qui lui cingla les narines. Elle la connaissait que trop bien, ses pouvoirs ne se trompaient jamais.

- Vous êtes perdue mademoiselle ? Besoin d'aide ?

Il la détaillait d’un regard étrangement insistant. Des yeux perçants. Noirs comme l’enfer. Il sentait l’alcool et le tabac froid, ainsi que la poudre un peu. Un chasseur ? Sans se laisser intimidée, l’irlandaise répondit :

- Je suis avec d’autres gens. On aimerait bien rejoindre Quiet hill pour y faire halte cette nuit.
- Quiet hill ?! s’exclama l’homme dont le visage s’illuminait d’un sourire bienveillant, mais montez c’est là qu’on va ! J’ai deux places et mon pote Billy derrière aussi. Ça ira ?
- Parfait, on est 4.
- Alors on vous attend !

Sourire encore plus grand. C’était presque effrayant. Melena souffla un remerciement et s’empressa de retourner auprès de ses comparses. Etaient-ils en pleine discussion ? Elle s’en fichait. Tout en attrapant sa couverture pour la ranger, elle expliqua :

- Je nous ai trouvé un stop. Une bande de types se rend en voiture à Quiet hill, ils veulent bien nous déposer. On y sera en une trentaine de minute je suppose… ils n’ont pas l’air pressés. Une fois là-bas on pourrait dormir mieux qu’en plein air et aviser la suite du trajet, son paquetage prêt, elle prit Yoake à partie et murmura de façon à ce quelle soit la seule à l’entendre, fais attention, je crois qu’ils sont louches. Je… je sens des cadavres. Dans leur coffre peut-être… je sais pas s’ils sont humains ou pas, mais c’est pas rassurant. Tiens, elle lui glissa discrètement son couteau de cuisine, on s’assoit dans deux voitures différentes comme ça tu peux surveiller un des nouveaux et moi l’autre. Si jamais il vous arrive quelque chose, n'hésite pas à t'en servir.

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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 17 Mar - 15:21

Il est difficile de retenir mon rire à ce moment précis. Surtout quand un homme atterrit de nulle part et déblatère une histoire assez saugrenue. Toutefois, il est assez facile de comprendre que ce dernier est dans la même situation que moi.

J’imagine déjà la réaction de notre psychopathe se redressant et pointant de nouveau son magnifique couteau de cuisine vers nous. Je n’en serais pas surprise, elle paraît bien trop sur ses gardes pour son âge. Peut-être est-ce la conséquence d’être restée trop longtemps ici ?

Mon regard dévie vers la jeune japonaise qui nous explique où nous en sommes. Cela fait la deuxième fois que j’entends le mot Elipse, peut-être est-ce un point central de Dreamland ? Mon sourire disparait à la mention d’une mort cérébrale. Mon psychiatre ne m’a pas du tout prévenu de cet effet secondaire tout à fait désagréable. Dans mon contrat, il n’y a rien de stipulé sur les conséquences d’une mort onirique. Vraiment pas très déontologique, monsieur l'expert en guérison psychologique.

Je relève les yeux lorsque j’entends les mots « pathologie » et « pouvoir ». Bon sang, j’ai l’impression d’être dans une série de science-fiction et ça me plaît ! Bon évidemment, je ne saute pas de joie, la nouvelle de devenir un légume m’a assez refroidi. Enfin, tout de même, des pouvoirs ! Je n’aurais jamais pu ne serait-ce qu’imaginer cela dans mon petit T1 seul avec mon chat. Mes mains pianotent sur l’herbe, impatiente de savoir si je suis capable de faire quelque chose d’incroyable. Mythomane avait écrit le docteur dans mon bilan psychologique. Je me souviens parfaitement de son diagnostic et pourtant je ne peux m’empêcher de penser que cela est faux. Je ne suis pas mythomane, je rends juste ma vie un peu plus distrayante. C’est tout.

Et puis il y a Yoake, la sans nom et Zéphyr. Ont-ils une pathologie ? Ma réflexion se tourne en particulier sur les deux femmes en face de moi. Si elles sont là depuis plus longtemps, elles doivent bien savoir si elles ont ces prétendus pouvoirs. De plus, si Yoake en parle c’est que quelque part, elles sont concernées.

Je secoue la tête, les réponses viendront en temps voulus.

- Que veux-tu dire par particulièrement repérables ?

Je me tourne vers la japonaise mais dans la nuit je ne vois qu’une ombre. Je suppose que s’il n’y a pas de feu  pour nous éclairer c’est pour une bonne raison, ne pas se faire repérer par les méchants qui veulent nous tuer. Mouai à mon avis, cette nuit va être très longue.

L’étonnement me prend lorsque la femme au couteau nous déclare qu’elle est à la recherche de quelqu’un tout en ajoutant qu’elle se fout complétement si on la suit ou pas. Ça me va, je ne suis pas non plus un enfant qu’on doit tenir par la main pour traverser la route. Cette dernière n’est peut-être pas la plus hospitalière, mais si c’est pour éviter d’être un légume alors je veux bien faire des efforts pour faire un bout de chemin avec ces trois personnes.

La psychopathe se redresse et range son couteau dans sa veste pour s’éloigner de nous tout en nous signalant de ne surtout pas bouger.

Je ne manque pas son regard glacial lorsqu’elle nous observe moi et Zéphyr. La couleur de ses yeux est saisissante dans l’obscurité mais j’ai l’impression de n’y voir que des glaçons prêts à vous congeler sur place.

Lorsqu’elle disparait de mon champ de vision, je me tourne vers le charmant jeune homme. Au moins, je ne suis plus la seule nouvelle ici-bas.

- Bienvenu dans un monde où inception n’est pas un simple film !

Je me redresse de nouveau attendant le retour de la cadette. Je n’aime pas cette impression d’être aux ordres de quelqu’un mais je n’ai rien de plus à faire. Elle doit sûrement savoir ce qu’elle fait et puis elle a toujours son arme sur elle si lui arrive quelque chose en cours de route.

La minute d’après, notre très accueillante hôtesse nous fait part qu’une « bande de types » veulent bien nous conduire à un certain Quiet Hills.

Mes sourcils se froncent automatiquement à cette nouvelle. Alors comme ça, on menace les « nouveaux voyageurs » mais par contre des gens en voiture rencontré pour la première fois sur la route, ça ne pose pas de problème ?! Allons, tout cela n’est pas logique ! Si on est réellement en danger, pourquoi est-ce que nous monterions dans une voiture d’une « bande de types » ?

Là vous voyez, il y a un hic. Il y a quelque chose de louche et je m’assurerais qu’au moins une des deux jeunes femmes soit avec moi. Manquerait plus qu’elles se barrent sans nous, nous laissant entre les mains d’inconnus qui n’auront pas forcément des bonnes intentions.

- Une seconde, vous ne nous avez pas dit tout à l’heure qu’il faut se méfier des gens ? Si c’est le cas, cela nous mettrait en danger de monter dans leur voiture. Je veux bien croire que c’est mieux de dormir dans un lit mais est-ce que ça vaut la peine de prendre ce risque ?

Ma voix  n’est pas cinglante mais juste un peu plus ferme. Je ne suis pas là pour contester quoi que ce soit mais si ma vie est en danger je veux être au courant. Je fixe mon interlocutrice droit dans les yeux espérant une réponse claire et non une de ces répliques acerbes.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 17 Mar - 18:14

Alors qu'une des trois jeunes femme s'était approchée, elle commençait à vouloir lui expliquer ainsi qu'à une des deux autres filles, les concepts d'un voyage onirique qu'ils auraient apparemment effectué. Un véritable panel de mots incongrus furent prononcés tels que Dreamland ou encore Elipse, il était question de voyageurs, de mort cérébrale et de pouvoir ....
Non mais et puis quoi encore ? Des dragons et des pingouins astronautes ?

Alors qu'il s’apprêtait à répliquer, la jeune femme qui était restée en retrait, et qui, cela dit en passant semblait avoir un caractère des plus 'charmant', leur expliqua qu'elle était à la recherche de quelqu'un. Libre à eux de la suivre ou non. Mais pourquoi la suivrait-il ? Tout ce que Zephyr désirait, c'était qu'on lui dise où il se trouvait et que cette mauvaise blague prenne fin. Alors que la charmante demoiselle s'éloignait pour rejoindre ce qui semblait être des voitures dont les phares étaient le seul éclairage à des kilomètres à la ronde, il en profita pour se tourner vers les deux autres pour leur demander d'arrêter leur cirque et de bien vouloir lui prêter un téléphone puisque ses poches à lui avaient visiblement été vidées.
"Bon écoutez les filles, vous êtes charmantes, vraiment, et en d'autres circonstances j'aurais vraiment adoré faire plus ample connaissance. Mais il se trouve que ..."

Il n'eut pas le temps de finir que déjà celle qui s'était éloignée revenait, leur indiquant qu'ils allaient faire du stop ... Cette fois-ci c'en était trop. Se pinçant l'arrête du nez du bout des doigts, il ferma les yeux et laissa échapper un rire nerveux qui aurait put être confondu avec un mauvais ricanement de hyène. Il se laissa aller à son rire pendant quelques secondes avant de laisser retomber sa main. La plaisanterie avait assez duré.
"Bon maintenant ça suffit !" Il avait presque hurlé.
"J'en ai plus qu'assez de ces conneries. C'est quoi ? Une caméra cachée ? Coucou papa ! Tu m'as bien eut mais maintenant j'aimerais rentrer. C'était une blague très drole, je promet d'en rire pendant longtemps."
Il s'était mis à faire les cent pas dans l'herbe tout en regardant les trois jeune filles. Bizarrement, il s'était attendu à ce qu'elles le regardent comme s'il était fou où qu'il les avait demasqué. Cependant, même à travers l'obscurité il parvenait à voir à leur expression qu'il était bien loin du compte. Tout à coup bien moins sur de lui, une phrase lui revint à l'esprit. La dernière phrase qu'il ai entendu avant de se retrouver à brouter l'herbe de la plaine.
""Si tu veux te débarrasser de tes peurs. Tu dois d’abords pratiquer ton voyage intérieur. Il sera long et difficile. Mais au bout du chemin, la délivrance t'attendra. Bois......""

C'était n'importe quoi ... du grand délire. C'était forcement une blague. De mauvais gout, certe, mais une blague tout de même. A tout instant Thomas ou Seth allaient sortir d'une des deux voitures garées là bas et lui crier un "on t'as bien eut !" ....  Mais à mesure que les secondes s'écoulaient, semblant durer chacune une véritable éternité, les certitude de Zephyr s’effritaient et un sentiment de terreur commençait à s'insinuer en lui. Parce que si ce n'était pas une plaisanterie, et que tout était vrai, tout ce que cette jeune femme avait dit.... Non c'était impensable. ça ne pouvait pas être vrai. ça de devait pas être vrai !
Fouillant frénétiquement dans ses poches, il découvrit ce qu'il savait déjà. Plus de porte feuille, plus de portable ni de clé. Plus rien. Tournant sur lui même comme s'il avait put, rien qu'en contemplant la plaine obscure autour de lui faire réapparaître le cabinet du marabout, il essayait de ne pas céder à la panique.
"C'est impossible" murmura t'il, si bas qu'il douta d'avoir prononcé ces mots.

Se tournant à nouveau vers les trois filles, il hésita un moment entre fondre en larme ou leur sauter à la gorge. Mais si ce qu'elles avaient dit été vrai, elles n'y étaient pour rien. Et agresser ses seules amies potentielles n'était pas franchement la meilleur chose à faire.
"Je ... je fais quoi maintenant ?" parvint t'il seulement à souffler en étranglant à moitié un sanglot qu'il n’était pas parvenu à contenir.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mer 18 Mar - 14:00

La jeune femme laissa Melena leur proposer de les suivre avec les risques que cela impliquait.

Si jamais ils refusaient de les suivre, Yoake doutait de leurs survies après tout cette plaine était si vaste, sans carte, boussole et nourriture, c'était pratiquement impossible de survivre ici. Bien sûr, ils pouvaient trouver d'autres personnes, mais s'il tombait mal c'était la mort assurée.

La japonaise ne regrettait pas son choix, mais elle ne pouvait pas choisir à la place des autres. Aussi n'ajoute-t-elle rien au discours de la thanatophobe. Alicia demanda alors à quoi on reconnaissait un voyageur débutant et Yoake répondit sans hésiter en pensant à sa propre expérience :

- Tu n'as aucun bagage, tu ne sais pas où tu te trouves ni comment tu es arrivé ici, n'importe qui peut deviner ça en te voyant. Même ceux qui tuent les voyageurs comme nous. C'est comme si on portait une pancarte en permanence où on y précisait qu'on était voyageur débutant.

Elle frissonna en pensant au regard des policiers à Elipse, elle avait eu de la chance d'être tombée sur les voyageuses, sinon elle serait encore à Elipse prisonnière de ses policier ou même pire.

Elle hocha la tête quand Méléna parla d'aller voir les voitures et écouta silencieusement la plainte de Zephir du moins le début, car la thanatophobe revenait quelques minutes plus tard en annonçant que les voitures pouvait nous déposer à Quiet Hill, se fut le soulagement pour Yoake, elle allait enfin pouvoir se reposer, et surtout se laver la situation devenait intenable.

Elle fut rapidement sortie de ses pensées par Zephir qui pensait à une caméra cachée et répondit simplement :

- c'est vrai.

Rien de plus, ce qu'elle avait vu tout au long de cette journée était bien trop réel la démonstration des pouvoirs de Melena et Dakota, le ... Zombie. La jeune femme ne s'était même pas posé la question du canular, en fait, elle ne connaissait personne capable de faire ce genre de blague, et ça sans compter du budget qu'il faudrait.

La thanatophobe la sortie de ses pensées et fit chuter tous ses rêves de repos avec son commentaire. Les conducteurs n'étaient pas dignes de confiance et il sentait la mort. Avec l'obscurité personne ne le vit, mais le visage de la Japonaise était devenu blême. Elle saisit le couteau et le plaça méthodiquement dans la poche de son manteau. Elle déglutit et murmura finalement :

- Très bien !

La peur était décidément une émotion bien tenace, elle prit son sac et le plaça sur ses épaules, respirant doucement elle mit en application quelques trucs qu'elle avait mise en pratique avant un de ses concerts et tenta de penser à autre chose.

Elle entendit la voix lointaine d'Alicia, mais Yoake était déjà mentalement dans la voiture. La remarque acerbe que Melena lança à la femme blonde la fit réagir. Elle se dirigea vers Zephir qui semblait sangloter dans son coin. En s'approchant, elle entendit sa question et répondit donc automatiquement.

- Viens avec moi.

Elle fit un petit sourire qu'elle voulait encouragent et continua :

- On va faire le trajet tous les deux, ne faisons pas attendre notre chauffeur.

Elle se dirigea vers la seconde voiture espérant qu'il la suivait, elle ne voulait pas le toucher de peur de faire une fois de plus une erreur, mais elle ne voulait pas non plus le laisser derrière :

Elle s'arrêta finalement et tourna la tête vers le nouveau :

- Il vaut mieux que tu ne parles pas dans la voiture, on ne peut pas faire confiance au chauffeur et je ne veux pas qu'il pense qu'on est des voyageurs débutants.

Yoake ne savait pas vraiment d'où venait la froideur de ses paroles, elle avait l'impression d'être entrée dans un rôle, c'était comme lors de son adolescence quand elle jouait dans une pièce de théâtre, mais cette fois, elle y jouait sa vie.

La jeune femme monta dans la voiture et marmonna un bonjour à l'adresse de Billy, le second chauffeur les mêmes yeux sombres enfoncés dans ses orbites, la même odeur de clope et d'alcool, mais le regard de Yoake fixait toujours la même chose une balafre partait de son oreille à sa bouche, elle faillit fuir, mais la voiture démarra à ce moment-là. L'hématophobe se calla alors au fond du siège derrière le conducteur, elle avait l'impression d'étouffer, mais ne laissa rien paraître, elle avait remarqué le fusil côté passager et posa alors sa main sur le manche du couteau de cuisine. Objet très inutile contre une arme à feu certes, mais ce geste la rassurait, elle leva ses yeux vers le rétroviseur, elle pouvait ainsi le surveiller tout en évitant de voir sa cicatrice.

Le chauffeur chercha finalement à engager la conversation :

- Vous êtes des voyageurs ?


La Japonaise frissonna, mais ne répondit pas au contraire, elle posa une question totalement différente de la première :

- Vous venez du village non ? Que faites-vous ici en pleine nuit ?

Yoake vit le corps de Billy se contracter un instant, mais il se reprit tout de suite et répondit en tout confiance.

- Nous avons subi plusieurs attaques de bandits, nous tentons de les décimer.


Il n'ajouta rien et l'hématophobe resta cloitré dans son silence pour les derniers kilomètres restant. Le visage impassible elle jeta un œil à la fenêtre et elle vit s'approcher au loin la masse sombre du village, le voyage touchait à sa fin pour le plus grand soulagement de Yoake mais aussi pour sa plus grande inquiétude la voiture s'arrêta à l'entrée du village et la japonaise eu tout le loisir de jeter un œil sur la clôture haute de plusieurs mètres. Billy annonça fièrement en tendant une carte au gardien :

- Avec ce système de défense, les attaques du village ont été divisées par deux !

Elle le sentait mal, même très mal, sans savoir pourquoi, elle sortit discrètement le couteau de sa poche et le glissa entre sa bottine et son legging. Billy annonça leur arriver, mais Yoake ne répondit pas et sortit de la voiture.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mer 18 Mar - 15:32

Melena vit rouge. D’abord, il y eu l’aîné du groupe, le seul mâle par ailleurs, qui  explosa à grand renfort de « c’est une blague ? »  « Youhou coupez ! ». Il y avait quelque chose qu’il n’avait pas compris quand elle lui avait assuré que ce qu’il vivait était bien « réel » et qu’il avait plutôt intérêt à vite l’enregistrer ? L’irlandaise le contemplait avec des yeux ronds, incapable de trouver les mots qui le ferait sortir de sa crise de déni. Mais au final, l’éclat du jeune homme lui était moins désagréable que la blondinette qui se décida à discuter ses décisions.

La thanatophobe s’avance lentement, glacial, ses yeux clairs plantés dans ceux de la nouvelle venue. Elle ne s’arrêta que lorsque leurs nez furent sur le point de se toucher. Ses lèvres se pincèrent alors que Melena ne savait pas par où commencer. La folie étincelait par intermittence dans les yeux de cette adolescente qui perdait la raison.

- Oh le moyen de transport ne te plait pas. Hum… bah reste ici ma grande ! J’ai dit il y a cinq minutes que je ne suis pas responsable de vous. C’est vrai que tu seras plus en sécurité en plein air, sans arme, dans un monde que tu ne connais pas.  

Elle savait se défendre elle-même, c’était amplement suffisant. En fait, à l’instant présent, il lui importait aussi de pouvoir protéger Yoake, mais sa colère froide était déraisonnée, comme son aversion pour les voyageurs paumés qui venaient de débarquer. Mais quoi ?! Cette fille sortait de nulle part, s’incrustait dans son duo et venait en plus lui casser les noix pour décider de ce qu’il fallait faire ou ne pas faire ? Le monde à l’envers. Prête à partir, Melena lui cracha d’une voix à peine apaisée :

- Tu es en danger partout à Dreamland, PARTOUT. Et crois-moi, si tu dois avoir peur de quelqu’un ici, c’est de moi, plus que des mecs planqués dans leurs tacots des années 50. On a besoin de passer par Quiet hill pour avoir une chance d’acheter de quoi  voyager longtemps. C’était décidé avant que tu ne tombes du ciel et je n’ai pas de temps à perdre.

Sur ce, elle se détourna pour rejoindre les voitures, suivant les traces de Yoake qui escortait leur quatrième larron. Sans rien montrer, elle ruminait les paroles de la jeune femme qu’elle venait d’engueuler comme du poisson pourri. Est-ce que ça valait le coup de prendre le risque ? Elle balaya cette question comme une poussière sur son épaule. Quel risque n’avait-elle pas déjà pris dans sa quête pour retrouver Jade ? Elle avait survécu à Freedoom. Quelques rustres dans des épaves vintages, ce n’était qu’une formalité.

- Merci, dit-elle à nouveau en s’asseyant derrière le type avec lequel elle avait échangé plus tôt.

Ses deux autres passagers étaient plus jeunes. Pas encore trente ans, barbe de quelques jours, le regard fuyant. Ils semblaient presque désincarnés. Seulement un des deux osa faire glisser ses pupilles sur la silhouette de l’irlandaise avant de se reporter dans le vague. Cette dernière se sentit prise de tremblements. L’odeur de mort était immanquable pour ses sens de nécrophage. Une terreur viscérale monta l’étrangler. Les souvenirs de son coffre lui revinrent, avec la sensation des doigts glacés sur sa peau.

- Pas de soucis. On est bon ?
- Pas… encore, répondit Melena avec sa hotte sur ses genoux, déglutissant difficilement.

Bon gré mal gré, « Eva » dut bien se rendre compte que rester seule en pleine nature, ce n’était pas le bon plan. La benjamine ne lui adressa pas un regard quand la blonde prit place à ses côtés. Cette dernière devait la détester mais pour l’heure, il serait préférable de reporter leur différent. La voiture se remit lentement en marche sur la route de campagne. Les doigts de l’irlandaise se serrèrent sur sa hotte, nerveux.

- S’pas rare que des randonneurs échouent chez nous, engage soudainement le conducteur, on a l’habitude d’en dépanner quelques-uns. Faut dire quand même que vous êtes jeunes, coup d’œil dans le rétro, c’est dangereux de camper dehors comme ça. Surtout avec les derniers événements, une terroriste s’en est pris à Elipse, vous vous rendez-compte !
- Je sais me débrouiller ne vous en faites pas, assura la nécrophobe avec un sourire forcé, blafarde, et j’ai lu dans le journal que la terroriste a été arrêtée.

Une petite voix lui souffla qu’il était préférable de passer sous silence le fait que c’était en partie elle qui avait mis fin aux agissements de Janice. C’était ce type de méfiance qu’elle avait cherché à inculquer à sa comparse : être le plus discret possible sur son identité. Se fondre dans la masse.

- Ah bah c’est une bonne nouvelle ! Au fait, je m’appelle Bald.

Le véhicule progressait à allure tranquille. Le silence était lourd. Les deux jeunes hommes, étaient immobiles en plus d’être muets. S’ils ne battaient pas des cils, Melena aurait juré qu’ils étaient empaillés. La peur ne la quittait pas, monstre psychologique qui rongeait ses entrailles. Douloureusement.

- Ne vous laissez pas intimider par la clôture, commenta Bald quand il passait une grande barrière soulevée manuellement par un type qui devait bien faire 150kg pour 2 m, on se fait pas mal attaquer par des criminels du coin, quand ce ne sont pas des voyageurs un peu zinzins qui ont fuit la capitale… on se défend comme on peut.    

Se défendre hein ? L’irlandaise avait la fâcheuse impression de se laisser prendre dans un piège. Grillages barbelés, miradors rouillés, postes de guet sur les toits… tout cela était un peu archaïque mais inquiétant. Le vieux panneau « QUIET HILL » à l’entrée était lugubre, délavé. On se croirait arrivé dans une petite ville pauvre des années 1950. La rue principale s’étendait sur 100 ou 200 m entre des rangés de commerces fermés, droit vers l’hôtel-de-ville. Seul un bar laissait filtrer une lueur jaunâtre à travers des carreaux sales.

Les voitures firent halte devant la mairie. Un bâtiment sombre, étriqué, vide pour l’instant. Depuis cette place, diverses routes plus petites éclataient en se ramifiant, vers des petits pavillons, d’autres entreprises, un établissement scolaires et des entrepôts dont la silhouette sombre se détachait du ciel éclairé par la lune. Melena sortit de la voiture et respira l’air extérieur, blanche comme un linge, fébrile. Elle constata avec soulagement que Yoake n’avait rien mais elle n’avait pas l’air rassurée.

- Bougez pas, lança soudain Bald au volant de sa voiture dont le moteur tournait toujours, on décharge notre matos et on revient vous aider à trouver un endroit où dormir.

Pas le temps de le remercier ou de dire qu’ils pouvaient se débrouiller, le gaillard repartait déjà.

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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mer 18 Mar - 22:48

Je sens la colère monter alors que mon interlocutrice me fait son petit discours juste devant moi. Mes poings se serrent alors que l’envie de la frapper me tenaille. Elle sait parler, elle sait aussi être impressionnante, je lui admets cela. Ses yeux pâles me fixent, je peux y lire à quel point elle ne va pas bien dans sa tête, une lueur meurtrière peut-être ? Ma mâchoire se contracte alors que je reste silencieuse, me forçant à ne rien ajouter pour ne pas nourrir l’étincelle que je vois dans son regard. J’enrage de savoir qu’elle a en partie raison. Je n’ai rien, je ne sais rien, difficile de se débrouiller seule quand on est dans ma situation.

Pour la première fois depuis que j’ai atterris ici, je m’interroge. Je doute un instant des biens faits d’un voyage ici. Suis-je prête à mettre ma vie en jeu ? A suivre ce groupe à la tête d’une psychopathe qui semble au bord de la folie ? J’aurais préféré avoir le choix et ne pas être obligée de rentrer dans la voiture d’un inconnu. Cependant, j’aurais pu tout aussi bien ne pas les croire sur ce prétendu monde dangereux mais je sais reconnaître un mensonge et ça n’en était pas un.

Alors qu’elle repart vers la direction des voitures, je ferme les yeux pour calmer mes émotions. Il ne manquerait plus que je pète un câble et que je l’agresse. Je pouffe de rire, nerveuse.

*Reprends-toi Alicia*.

Je reprends petit à petit contenance et la seconde d’après je me dirige vers le même chemin que mes nouveaux compagnons de route ont pris pour les rejoindre. Le vent du soir me rafraîchis un instant et efface les dernières traces de colère. Je commence à reprendre totalement le contrôle de moi-même.

Un sourire innocent se dessine sur mes lèvres alors que je rentre à mon tour dans une voiture tout à fait surprenante des années 50. Une voiture qui me semble presque sur le point de tomber en mille morceaux à tout moment. Et la cerise sur le gâteau, pas de ceinture ! La voiture démarre et j’ai déjà l’impression d’avoir à faire à un tremblement de terre. Toutefois, j’évite de paraître choquée et fais comme si cela est parfaitement normal. Une « pancarte » hein ? Je serais bien m’en débarrasser de cette tête de voyageur débutant. Je ne serais pas « mythomane » comme le dit mon docteur si je ne savais pas me faire passer pour quelqu’un d’autre.

Un regard vers ma voisine m’apprend que quelque chose ne va pas. Je lève un sourcil me demandant si elle n’a pas tout simplement le mal des voitures des années 50. Si c’est le cas, ça va être dur puisque le conducteur vient seulement de mettre le moteur en marche. J’évite de la regarder avec insistance, je paris que c’est le genre de personne qui n’aime pas qu’on la fixe, encore plus si ça vient de moi. Je détourne mon regard vers le paysage écoutant d’une oreille attentive la petite discussion entre notre chauffeur et la jeune psychopathe. Des terroristes ? pff, tu m’étonnes si ce monde est peuplé de personne comme la personne à côté de moi, je suis même étonnée que cet univers tienne encore debout.

Le reste du trajet se passe dans un silence de mort.

Un second regard m’apprend que ma voisine ne semble toujours pas remise de son mal de voiture. Quelque chose m’inquiète à ce moment précis. Mais quoi ? QUOI ? Je reste calme faisant semblant de contempler l’obscurité externe. Je n’aime pas cette sensation. J’ai de plus en plus de mal à suivre cette fille, elle est cinglante et l’instant d’après j’ai l’impression de voir une gamine qui va vomir parce qu’elle n’a pas la place avant du bus.

Ma réflexion est interrompue par un commentaire de Bald alors qu’on passe une barrière soulevée par un géant aux muscles saillant. Et puis mes yeux se posent sur le reste du décor. Les villages des années 50 sont tous comme ça ? J’ai plutôt l’impression de rentrer dans un camp militaire plutôt que dans un village tranquille qui se nomme « Quiet Hills ». Je ne suis peut-être pas habituée à vivre dans une époque révolue mais les tours de guets je sais que ce n’est pas normal.

Le véhicule s’arrête devant un bâtiment et nous sortons, tout comme l’autre voiture où se trouve Yoake et le brun.

« Bougez pas » qui'ils disaient. Je commence vraiment à en avoir marre qu’on me donne cet ordre en particulier. Mon sourire ne me quitte pas alors que nos deux gus partent vers je ne sais où. Je m’appuie sur le truc qui sert de voiture et attend que tout le monde sorte.

Mon visage se tourne vers la jeune femme et sourit comme si nous étions de vielle amie. Eva est quelqu’un de très sympathique prête à tendre la main aux personnes en détresses. Bien sûr, ce n’est qu’un rôle, je n’ai pas envie que des oreilles indiscrètes sachent que nous ne nous entendions pas. Je chuchote:

- Pourquoi tu es blanche comme un linge ?

Je la fixe, m’attendant à une autre de ses célèbres répliques qui tuent dont elle seule connaît le secret. Comme quoi, je m’y habitue.

Je tourne la tête pour voir que Yoake est dans le même état. Ce n’est pas en tirant cette tronche qu’on va arriver à ne pas se faire repérer mais ce n’est que mon avis de débutant, hein !
Je rejoins les deux autres comparses pour voir si rien d’anormal s’est passé de leur côté.

- Tout va bien ?

Je ne peux m’empêcher de jeter quelques regards pour mémoriser chaque parcelle de ce village lugubre bien trop équipé pour qu’on ne puisse pas sortir de notre propre volonté.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Jeu 19 Mar - 20:35

Finalement, au milieu de toute cette confusion, de ces peurs et de ces doutes, un unique rayon de soleil sembla enclin à percer les ténèbres. D'une voix douce et étrangement apaisante, la jeune japonaise lui proposa de se joindre à elle pour la suite de leur voyage. Comment refuser une telle offre ? Alors qu'elle commença à se diriger vers les deux véhicules, Zephyr prit une grande inspiration puis il lui emboîta le pas, se forçant à ne pas trop penser à ce qu'il venait de se passer. Pour aller de l'avant, il devait laisser le passer là où il se trouvait ... Autrement dit, derrière lui. Il devait se forcer à croire que tout ceci était réel, pour sa propre survie, et celle de ces nouvelles amies. Car s'il prenait tout à la légère, se disant que ce n'était qu'un rêve ou une mauvaise blague, il risquait de mettre tout le monde en danger.
Et s'il était certain d'une chose, c'était que la jeune femme volcanique qui avait passé ses nerfs sur la pauvre blonde ne le laisserait pas la mettre en danger sans le tuer au préalable.

Alors qu'il avançait, la japonaise s'immobilisa peu avant qu'ils n’atteignent les voitures. Elle lui recommanda de ne pas dire un mot dans le véhicule, de peur qu'il ne passe pour un petit nouveau. Il avait cru comprendre que les nouveaux arrivants ... les voyageurs ? oui c'était bien ça. Les nouveaux voyageurs n'était pas vraiment les bienvenus dans ce monde. Quel qu'il soit.
"Pas de soucis, je ne dirais pas un mot. Et .... Je voulais te dire ... Merci. De ne pas m'avoir laissé sur la touche."
Dans le noir, il ne vit pas si elle lui avait sourit ou non. Quoi qu'il en soit, ils se remirent en marche et montèrent rapidement dans la voiture.

A ce moment là, la jeune femme paraissait décontractée et sure d'elle. Mais peut-être n'était-ce qu'un rôle qu'elle se forçait à jouer ... Puis étrangement, une ombre passa dans son regard lorsqu'elle aperçut leur chauffeur. Une sorte de panique qu'elle ne laissa paraître qu'une fraction de seconde avant de se reprendre... du moins en apparence. Après quoi, adossée au siège, elle ne décrocha pas un mot, le visage fermé jusqu'à ce que le chauffeur se dise que c'était surement une bonne idée d'engager la conversation. Tout cela n'était pas pour rassurer Zephyr qui faisait déjà d'énormes efforts pour ne pas perdre son sang froid.
Alors que la jeune femme répondait au type sans rien laisser échapper de leur condition, Zephyr laissa vagabonder ses pensées. Dehors, il n'y avait plus la moindre lumière hormis celle des phares qui ne suffisaient pas à éclairer l’immensité de la plaine qui les entourait. Il se mit alors à se demander ce qu'il pouvait bien y avoir au delà de cette mer d'herbe. Quelles villes merveilleuses se dressaient vers les cieux, quelles forêts, quels déserts ou quelles montagnes se dressaient entre leur petit groupe et leur objectif ? Leur objectif d'ailleurs, quel était t-il ? Le marabout lui avait dit qu'il avait un voyage intérieur à effectuer. Qu'il serait difficile mais qu'au bout du chemin ... Oui, enfin s'il survivait. Ce charlatant escomptait peut-être réellement le délivrer de ses peurs ? Mais il ne s'était pas attendu à une méthode à ce point radicale !

Devant eux, quelques lumières indiquaient qu'ils étaient tout proche. Il allait enfin savoir dans quoi il mettait les pieds. Et il ne fut pas déçu ...  Arrivés devant une grille si haute qu'un éléphant aurait bien eut de la peine à en toucher le sommet du bout de la trompe, un type bâti comme une montagne leur ouvrit le passage.
Alors qu'il s'était attendu à trouver une ville ou un village sommes toute normal, voila qu'il se retrouvait devant la réplique d'une ville sortit tout droit de fall out. Jamais de sa vie il n'avait vu patelin plus lugubre et un frisson glacé lui parcouru l'échine. ça ne sentait plus le roussit ... ça sentait le traquenard à plein nez aussi surement qu'un pet de putois.

Soudain, la jeune femme à ses côtés se pencha vers ses pieds et Zephyr eut tout juste le temps de voir un éclat métallique s'y enfoncer. Un pistolet ? Un couteau ? Si elle prenait à ce point ces précautions, c'est que la situation était vraiment désespérée. Ou alors qu'elle était vraiment parano. Cela dit, lui même n'était pas franchement rassuré et il aurait donné cher pour sentir une arme, quelle qu'elle soit, au creux de sa poche.
Ils sortirent du véhicule et la jeune femme aux cheveux blonds  les rejoignit, s'enquérant de leur santé.
"Si par 'bien' tu veux dire qu'on vient d’atterrir en plein cœur de silent hill alors qu'il fait nuit ... alors oui, tout baigne pour moi."

Posant son regard sur la vétéran du groupe, il ne put s’empêcher de remarquer son angoisse. Rien au monde n'aurait put le mettre plus mal à l'aise. Si une personne aussi adroite dans un monde aussi tordu avait peur, c'était qu'il y avait vraiment plus à craindre que ce qu'il avait imaginé. Sans trop savoir pour quoi, son cœur se mit à battre un peu plus vite. Ils étaient là pour acheter de quoi poursuivre un voyage assez long ... mais auraient-ils seulement le temps de mettre un pieds dans une échoppe et d'en ressortir en un seul morceau ? En plus de ça, Zephyr se rappela qu'il n'avait plus rien, pas même un mouchoir à troquer. Donc même dans l'hypothèse où ils ne couraient aucun danger et qu'ils s'angoissaient pour rien, lui-même ne serait d'aucune utilité à ses compagnes.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Ven 20 Mar - 8:31

Le trajet s'était plutôt bien passé finalement, Zephir l'avait remercié de ne pas l'avoir laissé de côté sur le coup, elle s'était un peu sentie bête. Certes, elle était contente qu'il ai choisi de les suivre mais c'était Melena qui avait demandé qu'elle emmène le nouveau avec elle, dans un sens elle avait juste obéit. Elle sourit quand même rassuré de ne pas paraitre si froide que les anciens voyageurs... Après tout il y a juste quelques heures elle aussi avait fait face au voyageur se demandant qu'elle était sa place.

Elle leva les yeux sur la première voiture et vit descendre Melena et Alicia. Tout allait bien de leurs coté aussi. Elle regarda les deux voitures s'éloigner et en profita pour faire le point sur le village, les silhouettes sombres des maisons étaient se dressait les une à côté des autres, quelques lampadaires éclairaient la rue principale de la ville, mais pas suffisamment pour que Yoake en sache plus sur cette ville.

Alicia leur demanda si tout se passait bien... Yoake acquiesça tandis que le nouveau venu faisait référence au film de Silent Hill. En effet, ce village aurait pu parfaitement être le lieu de tournage d'un film d'horreur tout ce qu'elle détestait en fait...En même temps, vous avez déjà vu un Hématophobe regarder un film d'horreur ?

Aussi respirant calmement la jeune femme s'approcha de la thanatophobe et lui rendit son couteau discrètement après tout cette arme était plus efficaces dans les mains de sa coéquipière, et puis cette dernière lui avait fourni l'arme juste pour le trajet non ?
Elle murmura finalement :

- Je sais que c'est moi qui t'avait proposé de faire des provisions au prochain village, mais je retire ce que j'ai dit .... Je crois qu'on a plus à perdre qu'à gagner ici.

Bon, elle n'avait aucune preuve, pour le moment les seules choses dérangeantes étaient la balafre de Billy, et ce mur de barbelés qui entourait la ville d'ailleurs, elle n'avait rien vu dans la voiture qui lui faisait penser à la mort et elle était surement trop préoccupée par le chauffeur pour regarder derrière elle. Elle ajouta finalement :

- Ils sont armés et pas avec des simples fusils de chasse apparemment, je n'ai rien vu d'autre.

Précisa-t-elle pour dire qu'elle n'avait vu aucun cadavre.

Elle leva finalement les yeux vers le bar, les voix des clients parvenaient jusqu'à elle, mais pas suffisamment qu'elle comprenne, une bonne odeur de viande lui rappela qu'elle n'avait mangé que des mures ce soir.

Les rires de leurs deux chauffeurs arrivèrent jusqu'au quarto et les yeux de l'hématophobe se fixèrent automatiquement vers le deuxième homme évitant soigneusement de regarder Billy, elle était suffisamment mal comme ça. Heureusement, l'autre n'avait rien aucune marque de sang.

- Vous devez avoir faim ? Il doit rester du ragoût.


Billy ajouta alors en indiquant le bar :

- C'est Ellen qui le cuisine elle-même, un ragoût ... Divin


La japonaise leva ses yeux à nouveau vers le bar et croisa le regard entendu des deux hommes. Le Quatuor ne répondit rien comme si la faim tenaillait soudainement leurs tripes et les empêchait de refuser cette offre. Aussi entrèrent-ils à la suite de leurs hôtes dans le seul bar de la ville.

Le bar était miteux devant le comptoir, on trouvait des grandes tables rondes entourées chacune de 4 chaises dépareillées quelque lampe éclairait faiblement le bar. En entrant tous les quatre Yoake remarqua le silence que faisait leur entrée tout le monde les regardait comme s'ils étaient des bêtes curieuse. Elle leva les yeux sur la tenancière qui fixait de ses yeux sombres ses nouveaux clients ses cheveux rabattus en chignon lui donnait un air sévère. Heureusement pour la Japonaise aucune cicatrice n'était visible. Gênée, elle resta en arrière quand finalement Bald prit la parole.

- Ellen, ma chère Ellen, ces randonneurs ont faim, tu leur donneras bien un peu de ton ragoût.

Après un temps de silence, tout le monde dans le bar éclata de rire et reprirent leurs conversations animées comme si de rien n'était. Billy et Bald leur présentèrent une table vide tandis que la tenancière installait les couverts. La faim commençait à se réveiller en Yoake et elle aurait bien suivi ses compagnons à tables, si seulement le fameux Billy une fois de plus n'avait du sang sur sa main droite. C'était discret et la nuit et l'obscurité avait empêché la japonaise de s'en rendre compte à temps, son repas frugale de ce soir remonta dans sa gorge et l'hematophobe ne se posa pas plus de question, elle courut sans plus attendre vers les toilettes qu'elle avait repéré quelques instants plus tôt et ferma la porte à clé pour vomir tout ce qui lui restait dans son ventre.

Elle se détestait, sa phobie envahissante ne l'avait pas laissé tranquille de toute la journée. Elle se sentait faible et impuissante et savait qu'une fois encore elle avait perdu contre elle-même.

Pendant ce temps Billy qui avait suivi son manège remis inconsciemment sa main dans sa poche et dit de sa grosse voix :

-Elle a pas l'air en forme vot' copine !


Bald leva lui aussi les yeux vers les toilettes et ajouta :

- Vous voulez qu'on aille chercher le médecin du village ?
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Ven 20 Mar - 9:44

- Pour rien, ça va, souffla Melena d’une voix plus faible qu’elle ne l’aurait voulu.

La question de sa camarade de route l’avait surprise. Elle se souciait de sa santé maintenant ? Les voitures s’étaient éloignées et avec elles, les odeurs de charogne. L’air retrouvait le chemin vers les poumons de l’irlandaise qui eut un sourire en coin quand le jeune homme compara la ville à Silent Hill. Effectivement, la même ambiance lugubre planait sur les toits décrépis. La différence c’est qu’ici, ils n’étaient pas dans devant un film… c’était atrocement réel. Quand Yoake s’approcha pour lui rendre discrètement son couteau, Melena le récupéra en soufflant :

- T’en fais pas. S’ils s’en prennent à nous, ils vont le regretter…

Une sensation de brûlure imaginaire s’éveilla sur sa poitrine, comme pour lui rappeler ce qu’elle avait déjà accompli. D’ailleurs elle n’avait pas envie d’attendre de se faire coller aux basques par des locaux qui jouaient les guides touristiques. La nécrophobe allait proposer qu’ils se débrouillent tous seuls pour se loger mais voilà que leurs chauffeurs revenaient déjà, apparemment décider à se partager le titre du citoyen de la semaine.

Certes l’irlandaise n’avait mangé que des mûres sauvages, son aphte lui rappelait bien, mais bizarrement, elle n’avait pas vraiment faim. Son regard gris balaya chacune des personnes l’entourant, de la mine encore fébrile de l’herpétophobe au visage balafré du dénommé Billy. Sans un mot, Melena acquiesça de la tête et suivit les deux hommes dans l’établissement miteux. La pression du silence et de l’éclat de rire général oppressa plus encore la poitrine de l’adolescente. Si ce n’était pas l’envie de se faire la moins menaçante possible pour préserver ses atouts, elle aurait déjà mis sa couronne de méduse sur sa tête.

Les voyageurs n’eurent pas le temps de s’assoir autour de la table dressée spécialement pour eux que l’hématophobe se rua vers les toilettes. Pourquoi ?! La brunette aurait voulu accourir à son chevet mais ça signifiait laisser les deux autres gus sans surveillance. Ses yeux pâles restèrent figés sur le vieux panneau « WC » jusqu’à ce que Bald propose d’aller appeler un médecin. C’était bien la dernière chose dont Melena avait envie.

- Non merci c’est… gentil de votre part, répondit-elle en s’efforçant de fournir un sourire convaincant, on a voyagé toute la journée et on a mangé pas mal de fruits sauvages. Je suppose qu’elle digère mal, mais ça ira. On est fatigués… je pense qu’on va profiter de votre ragout et trouver un endroit où passer la nuit. Merci encore de votre aide, vous nous avez épargné une journée de marche.

Les deux hommes semblèrent comprendre que ce discours signifiait globalement de leur ficher la paix. Après un court instant pendant lequel la contrariété parut traverser leurs traits grossiers, ils offrirent un grand sourire aux voyageurs et se détournèrent pour commander deux pintes, s’aventurant nonchalamment dans des récits de chasse. L’irlandaise expira pour relâcher la pression qu’elle avait accumulé et s’assit après avoir posé sa hotte à ses pieds et retirer son manteau. Sa combinaison moulante noir et argent soulignait la minceur de sa silhouette fragile et la pâleur de son visage.

Elle avait la sensation d’être observée par chacun des autres clients. Quand ses deux comparses se furent assis, elle leur murmura avec un signe de tête en direction d’un écriteau :

- C’est 15 rubz le repas, mais je suppose que vous n’avez pas d’argent ?

Ses orbes d’orage transpercèrent la mythomane et l’herpétophobe pendant quelques secondes avant qu’elle n’ajoute en haussant les épaules :

- J’ai pas très faim. Je peux aller leur dire de ne pas vous préparer de portion et on partage la mienne. Ce sera mieux que rien.

Illisible le visage ivoirin de la thanatophobe. Plus tôt elle les agresse et là, elle leur offre à manger. C’est ce qu’aurait fait Jade, non ? Elle ne savait pas trop. Son humeur jouait les yoyos ces derniers temps, indomptable. Peut-être était-ce l’adversité, la sensation d’être dans la même galère qui adoucissait son comportement envers les deux nouveaux. Dans un sens, ils étaient ici par sa faute et si elle ne se sacrifierait pas pour leur survie, elle devait au moins essayer de les sortir de ce potentiel pétrin en vie. Solidarité de voyageurs. Peut-être aussi qu’elle se montait à la tête… tout simplement.

Régulièrement, elle guettait le retour de Yoake. Une indigestion de mûres vraiment ? Elle ne croyait qu’à moitié à son mensonge.

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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Sam 21 Mar - 20:13

L’atmosphère est oppressante dans ce bar décrépis. Je ne peux m’empêcher d’observer que les tables rondes, tout comme les chaises en bois, sont rongées par le temps et aussi grinçantes que le rire d’une sorcière sortie d’un vieux film de série B. Ajoutez à cela les personnes louches qui composent la pièce peu éclairée et le silence qui s’installe à notre arrivé, vous pourrez presque imaginer mon malaise. Ça m’a tout de suite coupé l’appétit. Je commence à croire qu’il aurait peut-être fallut ne pas y entrer dans ce « Quiet Hills » malgré la bonne volonté de notre conducteur. J’en suis même jusqu’au point de perdre mon si jolie sourire travaillé à force de voir ces habitants nous dévisager comme si …comme si…Je ne sais pas ! Et pour perdre mon plus beau sourire commercial, il faut pousser ! J’en suis même au point de vouloir prendre mes jambes à mon cou et partir très très loin de ces lieux.

Finalement, je réussi tout de même à garder une expression amicale et ainsi à m’installer à une table avec mes compagnons de route excepté la jeune japonaise qui se précipite, juste avant, aux toilettes pour je ne sais quelle raison. Mon regard se pose sur la silhouette fine de la brune en face de moi. Elle paraît beaucoup plus jeune et fragile sans sa veste. Comment est-ce qu’un si petit bout de jeune femme peut faire transparaître autant de force ? Sa colère m’avait presque figée sur place juste avant qu’on parte et maintenant je ne trouve plus la ressemblance avec la femme qui me menaçait avec son couteau de cuisine. Je suis même étonnée qu’elle nous propose de partager sa part de ragout avec nous, c’est bizarre…

Cela ne change rien au fait que je n’ai plus faim depuis que je suis rentrée ici. Je hoche tout de même la tête me disant que ce n’est pas le moment de refuser un geste  de gentillesse inattendu de la jeune femme.

- Merci…

Et puis mon regard se pose sur Ellen, la cuisinière. Un véritable bouché au regard sombre et son cout…sa hache de cuisine. Pendant un instant, je ressens de nouveau des frissons en l’observant abattre son accessoire de cuisine sur des ingrédients que je ne peux pas voir à cause du mur. Puis mon regard croise celui du barman qui ferme aussitôt la porte de la cuisine comme si je ne devais pas connaître le secret du chef. Bon, même si il est « divin » ce ragoût, ce n’est pas la peine non plus d’aller jusque-là. De toute façon, je n’aime pas cuisiner alors ce n’est pas moi qui vais voler la recette.

Je me retourne donc vers mes compagnons me demandant quand va revenir Yoake. Je m’interroge encore sur le refus catégorique de notre psychopathe préféré quand à aller chercher un médecin. Mouai, encore une histoire de voyageur sans doute. Moins ces habitants en savent sur nous, mieux c’est je suppose.

Je reste silencieuse jusqu’à ce que le barman nous serve le fameux plat accompagné d’un sourire aux dents bien trop blanches à mon goût et d'un "bon appétit!". Je crois entendre les personnes derrière nous rire comme si on venait de leur raconter l’une des blagues les plus hilarantes de l’année. Je fronce d’un sourcil et baisse la tête pour voir une assiette remplis d’une sauce sombre où baignent des morceaux de viande et quelques légumes. L’odeur arrive tout de même à me mettre l’eau à la bouche et je me dis que peut-être, effectivement, ce ragout est « divin ». Cependant, je ne fais aucun geste vers la cuillère. Eva est quelqu’un de très polie qui ne se sert jamais en premier. Question de bonne éducation.

Je relève mon visage pour observer mes compagnons. Je ne connais qu’un prénom parmi les personnes qui m’accompagnent et pourtant je m’apprête à partager un repas avec eux. Il est peut-être temps de ce connaître un peu plus, même si se connaître signifie juste le prénom. Alors je murmure pour que seul notre groupe entende.

- Au faite, je ne crois pas m’être présentée, je m’appelle Eva et toi ?

Ma question ne s’adresse qu’au jeune homme puisque je connais celui de l’asiatique et que ma voisine d’en face n’avait pas voulu se présenter quand je l’avais moi-même fait en atterrissant ici. Et pourtant j’aurais bien aimé savoir. Après tout, nous sommes ensemble pour un bout de chemin, il fallait bien un moment donné brisé la glace mais si cela semble être un véritable iceberg dans les yeux de la brune.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Sam 21 Mar - 21:47

La perspective de pouvoir manger chaud aurait du le ravir, pourtant, Zephyr ne se sentait pas vraiment d'attaque pour un repas dans un endroit pareil. Le ragoût, si gentiment proposé, aurait put être composé de viande de rat que ça ne l'aurait pas surprit. Quoi qu'il en soit, ils entrèrent tous les quatre dans l'établissement qui n'avait rien à envier à une scène de début de film d'horreur. D'ailleurs, comme dans un film, tous les convives cessèrent d'un seul coup leurs conversations pour se tourner vers les nouveaux arrivants, ajoutant encore à la tension déjà palpable dans l'air.

Alors que leurs deux chauffeurs les faisaient asseoir, la jeune japonaise fut tout à coup prise d'une furieuse envie de courir au toilettes ... Soit elle avait une envie très pressante, soit elle avait la nausée la plus fulgurante qui soit. Cela dit, d'après les explications de la meneuse du groupe, c'était à cause des mûres ... Pas très convainquant comme explication.
Une fois installés, on lui fit remarquer que le repas couterait 15 Rubz ... Qu'était-ce encore que cela ? Des Rubz ... Décidement, rien n'était normal dans ce monde de fou ! Il fit non de la tête. Le regard qu'il reçut en retour sembla lui transpercer les os. Mais bizarrement, alors qu'il se serait attendu à ce qu'elle les laisse se débrouiller, elle leur proposa généreusement de partager son assiette. Alors que la jeune femme aux cheveux blonds accepta sobrement la proposition, Zeph refusa poliment.
"C'est vraiment gentil de ta part, mais ne prend pas cette peine. Je ne pense pas que mon estomac supportera quoi que ce soit ce soir."

Trop tard pour décommander cela dit car déjà on leur apportait des assiettes pleines d'un ragoût dont la chaleur dégageait une fumée blanche à l'odeur fort alléchante. Mais malgré le délicieux fumet qui se dégageait du plat, l'estomac de Zephyr sembla se retourner. Trop d’émotions dans une seule soirée ça avait des conséquences sur le corps. Discrètement, il poussa un peu son assiette de sorte que l'odeur ne parvienne plus directement à ses narines. Dans le cas contraire, il était bon pour rejoindre la japonaise aux toilettes.
A ce moment là, la jeune femme, qui semblait tout aussi novice que lui commença a faire les présentations. Eva. En voila au moins une qu'il n'aurait pas à appeler 'machine'.
"Zeph. Enfin je veux dire Zephyr." répondit t-il tout aussi doucement.

En temps normal, il aurait enchaîné, développant un peu la conversation mais son esprit n'était pas vraiment à table. Ses pensées étaient dirigées vers la jeune femme qui ne revenait toujours pas des toilettes. C'était inquiétant. Se tournant vers la porte derrière laquelle elle avait disparue, il guettait son retour. Il ne la connaissait pas, pourtant, il avait l'impression d'avoir comme une dette envers elle. Envers chacune des femmes présentes à cette table d'ailleurs. Sans elles, il ne survivrait pas deux jours dans ce monde. Il était comme un faon blotti dans les hautes herbes. Et au moindre de ses mouvements, le chasseur lui logerait une balle directement entre les deux yeux. Voila comment il se sentait en cet instant dans ce bar.

Alors qu'il guettait la porte des commodités, un type y entra après avoir longuement parlé à voix basse avec un autre. Juste avant d'entrer, il avait jeté un coup d’œil furtif vers leur groupe. A l'évidence, les toilettes devaient être mixtes, ou séparés une fois à l’intérieur. Étrangement, un mauvais pressentiment s'insinua en lui et Zephyr, qui ne se sentait déjà pas en grande forme devant le ragoût, eut soudain la sensation qu'un gremlins était en train de lui grignoter les entrailles.
Se tournant vers les deux jeunes femmes il murmura plus doucement encore qu'auparavant.
"Ecoutez, je la sens pas cette histoire. Ces gens sont trop souriants pour être honnêtes. Ils nous prennent en stop, ils nous servent sans même s'assurer qu'on aura de quoi les payer, ils nous proposent un médecin ... Ils vont aussi nous proposer l’hôtel gratuitement pourquoi pas ? Et après quoi ? Ils nous égorgent pendant notre sommeil ?"

Il s'était penché sur la table pour être sur que personne d'autre n'entendrait. Quoi qu'il en pense, il était trop tard pour s'enfuir maintenant. Jamais ils n'atteindrait la porte sans attirer l'attention de toute la salle. Et même en courant très vite, dans l'hypothèse où ils arriveraient jusqu'au portail, sans l'aide de king kong pour la soulever, c'était un rêve et rien d'autre.
"Bon, il faut que j'aille aux toilettes moi aussi... J'en profiterais pour voir si votre amie va bien. Je la trouve un peu longue pour une simple indigestion. Et si jamais je reviens pas ... C'est que je serait tombé dans le trou..."
*Ou qu'on m'y aura noyé* ajouta t'il pour lui même.

L'envie pressante n'était qu'un prétexte. Il ne supportait plus de sentir tous ces regards en coin posés sur lui. Tranquillement, ne laissant transparaître aucune émotion, il se leva et commença à se diriger vers la porte en bois usée. C'est alors qu'un type, nonchalamment vautré sur sa chaise, se leva et lui bloqua le passage de sa carrure pour le moins impressionnante.
"Bein quoi ? Il est pas bon l'ragout d'Ellen ?"
"Euh... non, pas du tout, enfin je veux dire si il est délicieux mais il faut vraiment que j'aille aux toilettes." s'empressa de bafouiller le jeune homme.
"Y'a déja vot copine aux latrines. Et y a qu'un chiotte alors à moins d'lui grimper dessus, va falloir attendre."
S'il n'y avait qu'un seul toilette ... alors pourquoi le type qui était entré n'était toujours pas ressortit pour attendre sur sa chaise ?
Un cri retentit alors en provenance des commodités.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Dim 22 Mar - 1:13

Yoake leva finalement la tête de la cuvette, la gorge en feu, et l’estomac étonnement contracté. Cette journée avait été éprouvante pour son corps. Elle se retourna vers un morceau de miroir encore accroché au dessus du Lavabo, son visage était livide et seules ses yeux sombres ressortaient telles des taches noires qui n’avaient pas leurs places sur son visage.

L’hématophobe fit couler l’eau froide du robinet, lava ses mains et s’aspergea finalement le visage espérant surement reprendre des couleurs. Elle bu finalement une bonne rasade d’eau pour réhydrater sa gorge, enfin, elle se relava ses mains une, deux, trois fois… s’n’était pas suffisant, quatre, cinq, six…. La vague douleur qui lui lancinait sa paume, lui rappela tout ce qu’elle avait vécu… La transformation de Melena en cadavre… Ses yeux fixèrent la blessure sur sa paume, le cauchemar de Dakota… Elle releva ses yeux humides sur le miroir… La cicatrice de Billy… Son corps se mit à trembler… Et à présent le sang sur sa main (de Billy)… Une larme, une seconde. Elle savait à présent qu’elle ne pouvait plus résister, il y avait là de l’eau juste sous ses yeux.

Elle enleva son manteau, sa tunique, et abaissa finalement son leggins, les toilettes n’était pas le meilleur endroit, mais la japonaise ne contrôlait plus sa phobie compulsive. Elle fit à nouveau couler l’eau et mouillais ses mains pour finalement frotter son corps une fois, deux fois, trois fois… Elle avait honte, honte de ne pas contrôler ses yeux qui fixèrent chaque parcelle de son corps, honte de ses mains qui parcouraient son corps… Du fond de sa tête, elle pensa à ses compagnons qui devaient surement l’attendre, mais elle ne s’arrêta pas pour autant, il fallait atteindre la sixième fois, elle se l’était dit sur la plaine au bout de la sixième elle se sentira mieux et qu’importe si elle se détestait.

Elle ferma le robinet et s’habilla les lèvres pincées comme pour stopper la plainte qui montait en elle. Elle se regarda une nouvelle fois dans le miroir sécha ses yeux humides et souffla bruyamment. Soulagée, elle se permit une grimace comme sourire et se décida à quitter son antre. Elle ouvrit la porte et la silhouette qu’elle vit la fit hurler, il était trop près bien trop près pour qu’elle puisse analyser le barbu qui se tenait devant elle. Elle recula donc vivement contre le mur des toilettes. Ce dernier surprit faillit lâcher ce qu’il tenait dans ses mains, mais il demanda finalement :

- c’est toi Yoake, ça doit se prononcer comme ça …

Yoake remise, ses yeux passèrent à l’examen d’entrée. Elle ne vit pas grand-chose à part sa barbe brune qui descendait jusqu'à sa poitrine, son front ne contenait aucune cicatrice et les paquets qu’il tenait dans ses mains empêchait la japonaise de finaliser son examen. Voyant que la Japonaise demanda alors :

- Tu comprends ma langue ?


- Oui…

Murmura-t-elle dans un souffle.

- Oui, c’est moi.

Le barbu posa tout de suite ses paquets dans les bras de Yoake.

- Tiens, tu donneras les deux autres à tes copains.

Il s’en alla tout de suite sans donner plus d’information. La Nippone regarda rapidement dans le paquet et trouva un purificateur d’eau, de l’argent, et un coupon de réduction. Elle rangea le tout dans son sac et se redressa finalement pour voir le nouveau en pleine discussion. Il semblait lui aussi vouloir se diriger aux toilettes… Du moins jusqu'à ce que leurs regards se croisèrent. Elle lui sourit et retrouva son masque de théâtre pour cacher ses émotions. Elle s’approcha de lui et le tira finalement par la manche pour l’éloigner du gars avec lequel ça risquait de déraper.

- Je… Je vais bien… Allons manger.

Elle rejoignit leurs tables trainant toujours Zephyr par la manche, elle ne savait pas s’il voulait ou non aller aux toilettes, mais il aurait tout le loisir après qu’elle leur donne son impression. Elle s’asseya finalement et lu l’étiquette d’un paquet qui semblait contenir des Rubz :

- Zephyr…

L’homme nommé Zephyr leva un regard interrogateur. Et Yoake su tout de suite que c’était lui, elle lui tendit le paquet et passa finalement au second paquet enfin façon de parler, car Alicia avait déjà récupéré son paquet. La japonaise ne s’en formalisa pas et conclu finalement.

- Maintenant que tout le monde, peux payer sa part, on ne va pas laisser se ragout refroidir non ? Bon appétit !!

Yoake n’avait pas faim, son estomac était encore contracté et sa gorge la brûlait, mais son sac ne contenait que des chocolats, aussi se forçait-elle à manger. Le ragout en lui-même n’était pas si bon que ça en avait l’air, la viande était dure, mais au moins son estomac n’était plus aussi vide. Elle attendit que le Brouhaha soit important avant d’annoncer tout bas, comme si ça faisait trop longtemps qu’elle gardait ça pour elle.

- Billy… Notre chauffeur, il a du sang sur sa main droite.

Séparément, ça ne voulait rien dire, mais Melena et Yoake avaient déjà pas mal d’indices et la japonaise avait fait le rapprochement. Elle leva ses yeux sombres sur la thanatophobe :

- Je sais que tu pourras nous aider si ça tourne mal, mais je propose qu’on termine de manger qu’on paye et qu’on part immédiatement.

Par partir, l’hématophobe parlait bien sûr de quitter la ville. Elle avait été directe avec les nouveaux, mais la jeune fille ne voyait pas l’intérêt de leurs cacher ses inquiétudes. De plus, elle savait que les deux nouveaux étaient loin d’être naïfs. Elle sortit de son sac les rubz demandées pour ce ragoût et les posa sur la table.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Dim 22 Mar - 13:07

L’avis des deux nouveaux sur le partage n’était pas homogène. Néanmoins, pas le temps de se rendre au comptoir pour décommander, voilà qu’arrivaient les portions de ragoût local. L’odeur, appétissante pour la blonde, retournait l’estomac de la thanatophobe. Oh oui, son corps réclamait pitance, mais elle n’avait pas la sensation d’avoir faim. Comme souvent à Dreamland d’ailleurs. Son équilibre alimentaire dans le monde des rêves ferait certainement s’évanouir un professionnel de la santé.

L’un des sourcils de Melena se souleva quand le mâle du groupe donna enfin son prénom. Zephyr hein ? Elle haussa les épaules en attrapant un morceau de viande du bout de sa fourchette. La chair était dure, assez élastique, difficile à mâcher en somme. Elle fit l’effort paresseusement, les yeux toujours rivés sur la porte des WC. Son rythme cardiaque augmenta quand un homme pénétra dans la pièce après de longues messes-basses. Il fallut les murmures de son acolyte masculin pour la faire décrocher de Yoake.

- On prend ce dont on a besoin et on se casse, rétorqua l’irlandaise, personne ne se fera égorger dans son sommeil.

Pourtant, elle savait que son aîné n’avait pas tort. Pas tellement parce que les locaux étaient « trop souriants » mais parce que depuis qu’elle était à Dreamland, elle flairait les ennuis un peu avant qu’ils se présentent. Pas besoin d’être Elie pour ça. Le refus opposé à Zephyr pour l’entrée aux toilettes la fit lâcher ses couverts. Prête à intervenir, elle avait glissé une main dans la poche de son manteau accroché à sa chaise pour saisir sa couronne de méduse. Le cri de son amie lui fit faire un bond. En un rien de temps, Melena était sur ses pieds et contournait la table pour aller tirer ça au clair.

Heureusement, elle n’avait pas fait trois pas que l’hématophobe sortait enfin, pâle comme un linge mais indemne. Les lèvres de l’irlandaise s’ouvrirent et se refermèrent sans produire le moindre son. En se rasseyant, elle aperçut les regards en coin de Bald et Billy, attentifs, feignants d’être absorbés par leur discussion tournant autour de la chasse et des femmes. Ces types les espionnaient ou quoi ?!

Dans le paquet que Melena avait reçu, un peu d’argent, une oreillette, un étrange contrat et un bon de réduction. Pourquoi ? Comment ? Mieux valait ne pas se casser la tête dessus. C’était Dreamland. Toutefois, les dires de la japonaise au sujet de leur chauffeur l’intéressèrent beaucoup plus même si en soi, ça ne signifiait rien de spécial. Quand sa comparse conclut en disant qu’elle saurait les couvrir en cas de soucis, l’adolescente sentit peser sur ses épaules frêles le poids de sa situation. Sur le coup, elle passa sous silence que sa propre survie lui importait bien plus que celles de ses trois compagnons forcés. Après avoir avalé un autre morceau du ragoût de mauvaise main, elle se pencha pour souffler :

- Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils avaient des cadavres dans leur coffre et que l’un d’eux a du sang sur les mains… ils n’arrêtent pas de causer chasse. Je ne peux pas dire si c'était des animaux ou... ou pas. Ils ont peut-être simplement attrapé du gibier aujourd’hui.

En vérité, la nécrophobe y croyait de moins en moins. Les yeux rivés sur les deux chauffeurs, elle posa sur la table les 15 rubz nécessaires pour le repas. Elle n’avait réellement pas faim et deux bouchées de plus ne firent que lui donner envie de tout vomir dans son assiette.

- Par contre faut qu’on les sème, j’en ai assez qu’ils nous suivent.  

Elle croisa les bras, les jambes, et s’enfonça dans son dossier. L’un de ses pouces jouait nerveusement avec son bijou de main TK alors que ses yeux pâles sautaient d’un client à l’autre. Pour le coup, ils avaient tous l’air sérieusement absorbés par leurs discussions. Pour passer le temps, Melena jeta un coup d’œil à sa boussole : le cap n’avait pas changé.

Dès que ses comparses eurent fini – ou pas – leurs assiettes, elle se leva pour rapidement enfiler son manteau et prendre sa hotte sur son dos. Bald se retourna alors vers eux, proposant de les conduire dans l’auberge la plus proche, mais la thanatophobe coupa court à son offre, sans sourire cette fois :

- Merci. C’est très gentil à vous de nous avoir aidé jusque là. On va se débrouiller pour l’endroit où dormir, on quittera la ville demain matin, on a beaucoup de route à faire.

Brusquement, un silence le plomb écrasa l’établissement. A croire que la brunette avait prononcé un mot interdit. Un frisson traversa son échine mais elle fit volte face sans remords et prit la porte. Dehors, il faisait sombre. La lune était masquée par d’épais nuages et les lampadaires étaient jaunâtres, faiblards, fantomatiques. A côté de la mairie, sur le même grand panneau qui indiquait la direction des « ENTREPOTS » était marqué en plus petit « Hôtel du soldat rouge – 200m ». L’irlandaise l’indiqua d’un signe de tête et s’engagea la première en affirmant à ses comparses :

- Vous inquiétez pas. S’ils tentent vraiment quelque chose contre nous, je suis ici depuis suffisamment longtemps pour leur faire regretter un par un.

Même sa plus féroce ennemie ne l’avait pas eu. Pas vrai ? Même de la mort elle était revenue. Sans raison évidente, un sourire carnassier se dessina sur son visage ivoirin. Dément. La partie d’elle-même qui perdait pied remontait à la surface. Si on tentait de lui nuire, elle en tuerait autant qu’il faudrait – et même un peu plus – pour pouvoir continuer sa route.

- Au fait, appelez-moi Melena.

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Alicia Smith

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 23 Mar - 15:40

Alors que je mastique un bout de viande, je ne peux qu’être d’accord sur le fait de partir d’ici le plus vite possible et le tout sans se faire égorger. Et puis, j’en ai marre de cette perpétuelle tension depuis que je suis arrivée ici. D’abord on me menace, on me crie dessus et maintenant j’ai l’impression qu’on veut nous séquestrer dans ce sinistre village. J’aime peut-être les films d’horreur mais certainement pas être une de ces victimes qui suit les traces de sang et qui tombe comme par hasard sur le tueur alors qu’elle aurait dû tout simplement fuir. Alors, oui je ne compte pas rester éternellement dans « Quiet Hills » et c’est tant mieux si ma voisine de table fait le même constat.

Cette dernière se redresse de table glissant sa main dans sa poche pour prendre un objet lorsque qu’on interdit à Zéphyr de rentrer dans les toilettes. Ma main se crispe sur ma fourchette alors que je reste vigilante aux moindres mouvements brusques des autres occupants de la pièce. Chacun semble pris dans leur conversation mais j’ai toujours cette fichue sensation qu’en fait ils nous observent bien trop attentivement.

Et puis j’entends un cri qui me fait sursauter. Il n’y a pas le moindre doute, j’avais reconnu la voix de Yoake provenant des toilettes. Je me redresse donc pour voir que mes compagnons sont déjà debout prêts à intervenir. Le soulagement me traverse lorsque la japonaise sort enfin, le teint livide mais vivante, pour rejoindre notre table suivit de Zéphyr. Le temps qu’ils se réinstallent, je me baisse pour ramasser mon couvert que j’avais laissé tomber en sursautant. Reprenant correctement place sur ma chaise, mon regard surpris un paquet posé juste devant moi. Je le pris donc pour découvrir quelques pièces étranges. Dans ma réflexion, je compris que cette monnaie est celle de ce monde étrange et Yoake nous le confirme en ajoutant qu’on peut maintenant payer notre fameux ragoût puisqu’on a maintenant chacun notre petit paquet.

Mon regard se pose de nouveau sur le repas encore fumant. Mouai, je n’ai plus trop faim maintenant. Je ne suis pas sûre que mon corps accepte encore un morceau de plus sans le vomir. Pourtant, l’odeur qui s’en dégage est délicieuse mais je ne me sens pas assez à l’aise dans ce bar miteux mal éclairé. Je me force tout de même à prendre encore quelques bouchées de plus. Relevant la tête, je compris que le reste du groupe n’a pas plus faim que moi. Je crois avaler de travers lorsque l’asiatique annonce avoir vu du sang sur les mains d’un des chauffeurs et m’étouffer quand l’autre jeune femme ajoute qu’il y avait des cadavres dans les voitures dans lesquelles on était monté. Mon sourire ne me quitte pas mais mon cerveau est en ébullition m’alertant qu’il faut partir TOUT DE SUITE de ce put*** de village ! Je prends tout de même le temps de m’essuyer la bouche avant de déposer les 15 rubz sur la table.

Bientôt, 60 rubz se retrouvent sur la table et tout le groupe est prêt enfin à partir de cette atmosphère étouffante. A peine le temps de faire un pas vers la sortie que déjà Bald nous interrompt pour nous accompagner à l’auberge la plus proche. Ce dernier se fait rembarré par la cadette entraînant un autre silence de mort. Cependant, je ne m’attarde pas plus sur ses regards scrutateur pour suivre mes compagnons hors d’ici. Lorsque nous sommes enfin dehors, je pris une grande inspiration pour remplir mes poumon d'air frais.

- Vous savez, je ne suis pas sûr que quelqu’un vous ouvre à cette heure-là. Si on vous accompagne, les gens vous poserons moins de questions et seront plus aptes à vous laisser une chambre…

Je me retourne brusquement pour découvrir Billy et Bald juste derrière nous. Je remarque immédiatement le fusil qui pend nonchalamment sur l’épaule de Billy. Dans l’obscurité, alors que la lune est cachée par des nuages, ce que je vois m’effraie. Deux types baraqués bien trop insistant à mon goût, l’un deux répliques :

- Et puis, il est dangereux de rester dehors la nuit par les temps qui courent. Après plusieurs attaques de bandits et surtout l’attentat qu’il y a eu à Elipse, le village a pris de nouvelles mesures pour que les habitants soient en sécurité. Alors ne vous attendez pas à ce qu’on vous ouvre les portes facilement, les gens ont du mal à faire confiance à des étrangers, il est donc préférable qu’on vous accompagne pour les rassurer…

Le silence plane pendant que nous nous regardons en chien de faïence. Je sers les dents lorsqu’au bout de quelques minutes ils s’avancent vers nous pour finalement nous guider. J’observe la subtilité de leur stratégie. Bald passe devant le groupe alors que Billy au fusil reste derrière nous. J’aime de moins en moins notre situation. Forcés à suivre le type bizarre, je décide de me placer juste à côté de l’homme encore armé. Ce dernier me lance un regard méfiant alors que je m’approche de lui. Je garde une certaine distance et commence à discuter avec ce cher Billy.

- Comment avez-vous eu ces cicatrices ? Vous semblez être un véritable guerrier.

Ma voix s’est faite un peu plus mielleuse, et mes yeux bleus un peu plus brillant pour montrer de l'admiration. Je sais être charmante quand je le veux et j’espérais que Billy tomberais dans le panneau. Mes yeux de biche finirent pas faire fondre l’homme à côté de moi lorsqu’un sourire de fierté apparaît sur son visage.

- C’est bien vrai ma jolie, c’est un des bandits qui m’a fait ça alors que je tentais de le faire fuir. Je peux te rassurer qu’il a tout de suite regretté son geste…

Il me montre du doigt la belle balafre qui décor son visage. Dans la nuit son visage est encore plus atroce et le léger vent n’est pas la cause du frisson d’effroi que je ressens. Pourtant, je ressers mes bras pour faire croire que j’ai véritablement froid.

- Ce village a donc bien de la chance de vous avoir…

Oh que je sais bien faire la blonde, mais mon regard lui se pose sur sa ceinture où des clés de voiture y sont attachées. Je souris de nouveau.

Il est hors de question d’être prisonnière de ce village, toutes informations  m’est donc utile tout comme séduire un homme tel que Billy.
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Lun 23 Mar - 18:38

Alors que les choses semblaient déraper, le retour inespérée de la jeune femme sembla rasséréner tout le monde. Mieux encore, on eu dit qu'elle venait de croiser le père noël car elle tenait dans ses bras des paquets sortis d'on ne savait trop où. Ils retournèrent s'asseoir et Zephyr constata avec étonnement qu'un des paquets lui était destiné. C'était une petite boite enveloppée de papier kraft avec son nom imprimé dans une encre noire. Laissant de côté la bizarrerie de la chose, et voyant que ça ne semblait choquer personne, il ouvrit sa boite et y découvrit de petites pièces, certainement les fameux Rubz, et se sentit rassuré de ne plus dépendre des filles pour payer sa part. Peu importait d'où venait cet argent, il semblait qu'il lui était destiné. Posant les 15 Rubz demandé au milieu de la table, il empocha rapidement le reste.

Bien qu'un peu barbouillé, il aurait été criminel de ne pas manger un repas qu'il venait de payer. Du bout de sa fourchette, Zephyr goûta tout d'abord un petit morceau de viande noyé dans sa sauce. L'odeur avait beau être alléchante, c'était un leur car la viande en elle même n'avait rien d’exceptionnelle. Pire que ça, elle était caoutchouteuse et un poil trop cuite. Mais après quelques bouchées, il se dit que de la viande, c'était de la viande. Quand on avait faim, il ne fallait pas faire le difficile, et justement, de picorer ainsi dans son assiette, la faim avait commencé à faire gronder son estomac.
Alors que le jeune homme attaquait son plat avec plus de vigueur, la jeune japonaise dont il ne connaissait toujours pas le nom leur annonça que leur chauffeur avait rien de moins que du sang sur la main ... Et lorsque il apprit qu'en plus de ça il y avait des cadavres dans le coffre, il faillit avaler de travers. Il déglutit à grand peine, espérant qu'il s'agissait bel et bien de gibier.

Il terminait tous juste de racler le fond de son assiette quand la meneuse du groupe décida qu'il était temps d'y aller. Se levant à son tour, il l'entendit éconduire Bald puis ils sortirent sans plus attendre. L'air frai de la nuit lui rappela qu'il n'était qu'en tee-shirt. A manches longues, certes, mais son manteau lui manquait. Il avait dut le poser quelque part en arrivant chez le marabout et, comme il se l'imaginait, il n'avait débarqué là qu'avec ce qu'il portait sur lui. La jeune femme au caractère bien trempé les rassura un peu en leur expliquant qu'elle saurait assurer si les choses venaient à s'envenimer et elle sembla enfin se décider à leur dévoiler son nom. A ce moment là, les deux pot de colle les avaient rattrapés et leur proposaient à nouveau leur service.

Un peu forcés d'accepter cette fois-ci, ils se laissèrent guider jusqu'à l’hôtel du soldat rouge. Eva leur fit la conversation, mêlée de compliments à peine exagérés... Mais le balafré ne sembla s’apercevoir de rien, trop ravi qu'une jolie fille s’intéresse à lui. Zephyr ne voyait pas trop où elle voulait en venir mais après tout, ne disait t-on pas 'soi proche de tes ennemis plus encore que de tes amis ' ?
Au bout de quelques minutes, ils se retrouvèrent enfin devant un vieux bâtiment qui aurait put paraître désaffecté si ce n'était les quelques lumières que des rideaux trop usés ne parvenaient plus à filtrer entièrement. Sur la dizaine de fenêtres de la façade, seulement deux semblaient éclairées.

Bald frappa plusieurs fois du poing sur la vieille porte et après un long silence, un bruit de clé se fit entendre. Un vieil homme à la calvitie plus que prononcée sourit à Bald qu'il connaissait certainement.
"Bonsoir Arty, il te resterait une chambre pour ces quatre randonneurs ? On les a prit en stop sur le chemin et ils aimeraient passer la nuit ici."
Cette demande, somme toute banale, sonnait bizarrement dans sa bouche. Le vieil homme se pencha un peu plus derrière sa porte qu'il n'avait qu’entrebâillée et jaugea rapidement les quatre voyageurs.
"Ils sont maigrichons !"
Il semblait presque déçu ... Cette remarque fit se dresser les poils de Zephyr qui préféra mettre cela sur le compte du froid.
"Ne t'inquiète pas de ça, ils ont eu la chance de goûter au fameux ragoût d'Ellen. Il faut dire que de marcher comme ça dans les plaines, ça creuse, hein ?"

Il s'était retourné en posant cette question mais bizarrement, s'il avait dit ça pour détendre l'atmosphère, l'ambiance semblait plus glauque que détendue.
"Bon et bien ne restez pas plantés là, entrez, vous faites sortir toute la chaleur !"
Se mit alors à maugréer le vieillard.
Pas vraiment certain de vouloir passer la nuit là, ils n'eurent d'autre choix que d'entrer, imperceptiblement poussés par Billy qui fermait la marche. Alors que la porte de l’hôtel se refermait dans leur dos, Zephyr eut l'impression qu'on venait de sceller son cercueil.
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Yoake Akiyo

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 24 Mar - 12:48

Yoake n'attendit pas plus longtemps, se leva en même temps que ses coéquipiers et remit son manteau, elle allait enfin pouvoir quitter cette ville et se ferait une joie de l'éviter tout le reste de sa vie de voyageur. Melena avait demandé calmement aux deux villageois de ne pas les suivre, mais c'était apparemment peine perdu. Les deux chauffeurs ne les lâchaient pas d'une semelle. En temps normal, la Japonaise se serait empressée de prendre la fuite et d'appeler la police, mais quelque chose au fond-elle l'empêchait de le faire.

Elle mit cependant un temps à en comprendre la raison en regardant les armes de Bald et Billy, il n'était pas vraiment libre ici, elle avait d'ailleurs l'impression qu'on les escortait directement en prison. La voix d'Alicia discutant avec Billy fit frissonner l'Asiatique... Comment pouvait-on aimer les cicatrices...  ? C'était quelque chose d'horrible, le villageois était défiguré, il n'y avait rien d'appréciable là-dedans. En écoutant la réponse fière du balafré, Yoake comprit, Alicia cherchait à obtenir quelque chose de lui et se débrouillait plutôt bien. Peut-être qu'avec un peu de chance, elle arriverait à le faire partir.

L'hôtel était en bois et semblait aussi miteux que le bar. L'enseigne du soldat rouge était couverte de toile d'araignée accueillant pensait la Japonaise. Son regard fut un moment portait sur les entrepôts jusqu'à côté de l'hôtel. Ils semblaient immenses pour le village qu'était Quiet Hill juste après, s'étendait jusqu'à la clôture peut être qu'en y allant le quarto trouverait de quoi quitter cette ville. Mais encore fallait-il se débarrasser de leurs deux pots de colle.

Le dénommé Arty les fit entrer dans l'auberge et les emmena vers les chambres tout en grommelant que l'hôtel n'était plus ce qu'il était et qu'il y avait trente ans tout était plus facile même la nourriture était plus abondante il s'arrêta finalement devant les chambre 305 et 306 et tendit les clés des chambre et dit :

-Voici vos chambres, elles contiennent chacune deux lits simples.


- ça ne sera pas la peine, on prendra qu'une seule chambre.


Yoake n'avait pas demandé l'avis aux autres, mais se retrouver séparé alors qu'ils étaient pratiquement sûrs que quelques choses se tramaient était impensable pour la Nipponne. Elle voulut récupérer une clé, mais Arty ouvrait déjà la porte de la chambre 305 avant de finalement lui donnée la clé non sans un petit sourire.

-Les clients sont rois, marmonna-t-il, entrez.

Ils entrèrent tous dans la petite chambre et la Japonaise déposa son sac contre un lit, ses draps étaient jaunit et humide, mais il faudrait s'en contenter. Cette chambre manquait de luminosité, alors que les fenêtres paraissaient si grandes en entrant dans l'hôtel celle de leurs chambres était pratiquement minuscule et une grille empêchait toute sortie possible. Yoake ouvrit malgré tout la fenêtre et tenta de se repérer, ils étaient sur une autre face de l'hôtel, mais au moins avaient-ils vus sur les entrepôts et sur la clôture. Elle entendit des bruits et baissa les yeux :

- tiens ton copain Billy est en bas de cet hôtel, Eva.

C'était ironique bien sûr, mais la tension au fur et à mesure de la visite de la chambre augmentait, jusqu'à devenir insupportable. Elle se tourna finalement vers ses trois compagnons.

- Plus sérieusement vous n'avez pas l'impression de vous retrouver en prison ?


En effet si on compte les barreaux et la clôture, Bald et Billy leurs geôliers, il ne manque plus que la porte soit fermée à clé tiens...

Il fallait qu'elle en soit sûre. Sans un mot, elle se dirigea vers la porte désormais fermée et tenta de l'ouvrir.

- ça ne s'ouvre pas !

Bizarre, elle ne se souvenait pas l'avoir fermé la clé, elle sortit donc la clé, mais ne trouva pas de serrures de ce côté de la porte. Elle s'énerva alors sur la poignée, mais la porte ne céda pas.

- Merde, on est vraiment en prison là !
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 24 Mar - 13:44

Bien sûr, ça aurait été trop facile qu’ils les laissent tranquille. Voilà leurs deux ex-chauffeurs dans leur dos, prétextant que leur escorte était indispensable. Melena ravala une autre réplique, n’ayant rien à objecter à leurs explications sommes toute très logique, mais se demandait pourquoi Billy avait-il eu besoin de s’accompagner d’un fusil. Les yeux gris de l’irlandaise détaillèrent les deux hommes, inflexibles, de prédateur à prédateurs. Ils étaient costauds, potentiellement dangereux, mais elle avait de nombreux avantages qu’ils n’avaient pas. La nécrophobe emboita le pas à Bald. En retrait, Eva faisait la conversation au citoyen armé. Ou plutôt, elle jouait visiblement de ses charmes pour se le mettre dans la poche mais… à quelle fin ? Elle haussa les épaules. Dans l’absolu, ce n’était pas le plus urgent.
 
L’hôtel du soldat rouge était un bâtiment encore plus sinistre que le bar où ils avaient goûté le fameux « ragoût d’Ellen » que tous les villageois semblaient avoir aux lèvres. Les vitres étaient sales, les murs usés, l’enseigne couverte de toile d’araignée. A l’intérieur il régnait une espèce de chaleur poussiéreuse. Un vieux tapis limé dans le hall minuscule, des fauteuils enveloppés d’une pellicule grisâtre, un comptoir abimé. L’endroit était trop silencieux. Il était à peine 22 ou 23h. Certes les lieux pouvaient être vides, Quiet hill ne semblait pas être l’archétype de la bourgade de campagne romantique, mais la bâtisse semblait… morte.
 
Le vieux propriétaire les entraina directement vers les chambres, sans parler de durée de séjour ni de tarif. Etrange… d’ailleurs, Bald s’était retiré avec Billy dès qu’Arty avait pris ses « clients » en main. L’appréhension noua les entrailles de Melena : certaines personnes au final, il vaut mieux les avoir en vue. Les couloirs étaient étriqués, sombres, vieillots. L’adolescente crut même voir courir un ou deux cafards qui avaient tôt fait de se réfugier dans une fissure.
 
L’initiative de Yoake au sujet des chambres était appréciable. Certes, deux lits simples ça voulait dire qu’une des demoiselles allait devoir se serrer contre Zephyr, mais c’était ça ou être séparés. L’irlandaise acquiesça d’un signe de tête et pénétra dans la pièce mal éclairée. La literie était sale bien sûr, le sol même pas balayé et… quand elle aperçut la minuscule fenêtre à barreaux, elle comprit. Elle fit volte face vers la porte, mais c’était trop tard. Close.
 
-On y est, souffla Melena quand la japonaise demanda s’ils n’avaient pas l’impression d’être en prison.
 
Son cœur battait plus fort mais elle restait étrangement calme. Dans sa tête, ses déductions convergeaient toutes vers un point : on ne leur voulait pas du bien. Les doutes s’étaient étiolés les uns après les autres. On leur proposait une chambre sans leur faire payer ? Ils ne peuvent même pas l’ouvrir ? Billy rôde aux pieds de l’établissement ? Les orbes d’orage de la nécrophobe observent Yoake qui s’acharne sur la porte. Celle-ci est étonnement solide quand on voit la tête du bâtiment.
 
-Ils sont stupides, constata-t-elle en ôtant sa hotte pour la poser par terre, c’est dommage… s’ils voulaient en arriver là, leur démarche partait bien. Mais ils ont oublié l’essentiel, c’est ballot.
 
Melena tira de son barda sa robe de mariée et la posa sur l’une des lits crasseux. D’un doigt, elle fit signe au mâle du groupe de se retourner et attendit qu’il s’exécute avant d’ouvrir sa combinaison. La fermeture éclair glissa sur sa poitrine, dévoilant alors la marque de la paresse entre ses deux seins. Une tête de squelette cerclée de noir, le mot « sloth » sur son front. D’ailleurs, il n’y avait pas que ça à découvrir sur le corps svelte de l’adolescente en petite-tenue, mais aussi toutes les cicatrices qui marquaient la chair blanche de ses bras. Souvenirs du jour où les gardiens l’avaient rafistolée après qu’Elie ait réduit ses membres en charpie.
 
-Ils ne m’ont pas privée de mes affaires alors…
 
Elle enfila sa dame blanche, un sourire carnassier sur les lèvres. Dans son manteau, elle piocha alors sa couronne de méduse et la mit sur sa tête, transformant sa chevelure d’ébène en serpents noirs pouvant s’allonger jusqu’à plus de deux mètres.
 
-A tout de suite, souffla-t-elle en activant sa robe, touchez pas à mes affaires. 
 
Fantomatique, Melena passa alors à travers la porte et s’aventura dans le couloir sombre. Personne. Le silence était lourd, malsain. Seuls les légers sifflements de ses reptiles brisaient la chape de plomb qui enveloppait les lieux. Puisque la voie était libre, elle revint dans la chambre et prit la clef des mains de la japonaise pour ressortir… et ouvrir de l’extérieur.
 

-Et voilà, murmura l’irlandaise, facile. Maintenant faites attention, on a un avantage : ils ne savent pas qu’on est libre. Vu qu’on est visiblement pas les bienvenus du tout… on change nos plans, on trouve un moyen de se casser tout de suite. 

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Dernière édition par Melena Autumn le Mer 25 Mar - 0:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 24 Mar - 16:05

Je lance un dernier clin d’œil vers ce cher Billy qui n’a rien remarqué de mon petit tour. Un type costaud à qui l’intelligence manque grandement.

Par la suite, le propriétaire du bâtiment, devant lequel nous nous sommes arrêtés, nous empresse de rentrer sous prétexte de faire sortir la chaleur. Mon nez se fronce en entrant. La chaleur hein ? Cette vieille auberge a justement besoin d’être aéré. L’air est saturé de particules de poussières et je ne parle même pas des meubles moisis occupés par des insectes que je ne peux même pas identifier sous la faible lumière. Une vraie maison hantée ! Franchement, je ne vois même pas ce que des Bandits viendraient chercher ici. Il n’y a rien si ce n’est une sorte d’hostilité et des vieux immeubles rongés par le temps. Moi, si j’étais un cambrioleur j’aurais certainement choisi un lieu un peu mieux loti que ce Quiet Hills.

Je ne dis rien lorsque Yoake demande une chambre plutôt que deux. Je ne peux qu’être d’accord, il est hors de question qu’on se sépare alors que ce village semble si dangereux. Même si cela ne fait pas longtemps que je connais mes coéquipiers, il n’y a qu’à eux que je fais confiance pour qu’on se sorte de cette merde. Et puis de toute façon, je ne pense pas dormir, la perspective de nous faire égorger pendant notre sommeil, comme l’avait suggérée Melena, a complétement fait disparaître l’envie de me reposer cette nuit.

Entrant enfin dans la chambre avec le reste du groupe, je surpris Arty en ressortir aussitôt non sans un petit sourire. Ca sent mauvais, très mauvais et je ne parle pas du matelas et des draps qu’on n’a pas changé depuis longtemps. Il n’y a qu’une fenêtre donnant sur l’extérieur et je ne suis pas étonnée d’y découvrir des barreaux. Je souris tout de même à la réplique ironique de l’asiatique à propos de Billy. Un vrai petit prince charmant à attendre en bas de la fenêtre par laquelle je ne peux même pas sortir la tête. Je décide tout de même de jeter un regard vers l’extérieur pour effectivement voir le balafré marcher au pied de l’auberge.

Cependant, mon expression faussement joyeuse se flétrit définitivement lorsque nous découvrons que la porte ne peut pas s’ouvrir de l’intérieur faisant de nous de véritable prisonniers. Je m’avance pour vérifier par moi-même qu’il n’y a pas de serrure. Mes mains tremblent alors que je constate qu’on ne peut plus sortir librement. Merde, il ne manque plus que ça. Je prends le temps de m’asseoir sur la seule chaise de la pièce et réfléchis à n’importe quelles solutions qui peuvent s’offrir à nous. Je ferme les yeux, me courbant et enserrant ma tête entre mes mains. Merde, merde et merde. Il n’y a rien, ma tête est vide de solutions à notre problème. Je suis pourtant intelligente ! J’aurais dû le voir venir mais à la place je me suis concentrée sur ce Billy au lieu de voir le grossier piège qu’on nous tendait.

Stupides ? Je me redresse en entendant ces mots. Melena semble bien plus confiante que moi quant à notre position. Mes yeux s’agrandissent lorsque la jeune femme sortit une espèce de robe blanche pour se déshabiller pendant que Zéphyr tourne le dos. Je reste sans voix lorsque je découvre sa peau si pâle recouverte de cicatrices et d’un tatouage étrange. Pendant un instant, j’oublie qu’on est enfermé, et m’interroge sur les atrocités qu’a vécu cette fille. Avait-elle été torturée ? Comment peut-on faire cela à quelqu’un ? Et puis je me souviens de cette lueur meurtrière, sa froideur alors que j’étais perdue, son couteau… Je pose un nouveau regard sur cette Melena en habit immaculé. Elle esquisse un sourire cruel alors qu’elle met sur sa tête une espèce de couronne.

- Put*** !

Je me redresse brusquement et recule vers le mur pour voir que les cheveux d’ébène de Melena sont remplacés par d’immenses serpents en onyx.  Je reprends mes esprits et m’apaise en me disant que si elle a mis cette robe et cette couronne, c’est qu’elle sait ce qu’elle fait. Je secoue la tête et ferme les yeux. C’est quoi ce monde où on peut même avoir des serpents sur la tête ?

Lorsque je les rouvre, notre psychopathe n’est plus dans la pièce. La seconde d’après la porte s’ouvre comme par miracle alors que notre dame blanche apparait juste derrière. Je lui aurais sauté dessus si ce n’est la présence de reptiles sur sa tête. Néanmoins, je repris mon sourire le plus rayonnant. Maintenant on a une chance de s’en sortir.

Je m’avance de nouveau pour me pencher vers le couloir toujours désert. Seuls quelques candélabres permettent d’y voir à peu près dans cette semi-obscurité. Je tends l’oreille pour n’entendre que le silence. Nous sommes à l’étage donc il est difficile de déterminer si ce cher Arty est allé se coucher. Je me demande par la même occasion s’il n’y a pas une porte à l’arrière de l’auberge nous permettant de sortir sans se faire remarquer par Bald et Billy.

Je me retourne vers les trois personnes de la pièce. J’y découvre un Yoake blanche avec une respiration bien trop irrégulière et un Zéphyr, le regard brillant de peur. Qu’est ce qui se passe ? Melena a réussi un tour de force alors pourquoi ces deux-là font un gueule de trois mètres de long ? Je hausse des épaules, espérant que ça leur passera quand ils se rendront compte qu’on est libre et qu’il faut effectivement en profiter pendant que les autres nous croient toujours dans cette chambre miteuse.

Je m’adresse donc à la seule personne qui semble encore avoir tous ses esprits.

- Ils sont stupides, en effet…

Ma main glisse vers la poche de mon jean pour en sortir des clés.

- Je les ai prises alors que je m’étais un peu plus approchée de notre conducteur. Une petite caresse à l’épaule et il n’a rien vu venir… Il y a les clés d’une des voitures mais il y en a d’autres, peut-être que ça peut nous servir, qui sait?

On peut me traiter de pétasse à ce moment-là mais j’en ai rien faire. Il est juste hors de question de me retrouver entre les mains de ces habitants qui sont prêts à nous enfermer pour je ne sais quelles raisons.

- Il faut donc se dépêcher avant qu’effectivement ils ne prennent conscience de notre mauvais tour…
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Zephyr A. Grayson

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MessageSujet: Re: Chacun sa route, chacun son chemin ♫   Mar 24 Mar - 18:50

Alors que les escaliers grinçaient sous leurs pas, Zephyr ne put s’empêcher de comparer cet hôtel avec l’hôtel hanté qu'il avait eut l'occasion de visiter une fois à Disneyland. Si un mot avait put convenir pour ces lieux, cela aurait sans nul doute été "Creepy". On s'attendait presque à voir surgir une forme fantomatique à chaque bout de mur.
Alors que le vieil homme leur proposait deux chambres, la japonaise eut la présence d'esprit de refuser l'offre et de préférer la promiscuité. Visiblement déçu, il céda néanmoins et ils se retrouvèrent à quatre dans le même espace étouffant. Cette pièce n'avait pas dut être aérée depuis plusieurs années et une couche de crasse et de poussière recouvrait l'ensemble. S'ils devaient dormir ici, il aimait autant jouer les gentleman et laisser les lits aux filles. Cela dit, il doutait qu'elles-même auraient eut le courage de s'y allonger vu l'état des draps qui n'avaient pas dut voir une machine à laver de toute leur vie.

A ce moment, ils remarquèrent que, non content d'être étroite, la pièce était pourvue de barreaux à ses fenêtres. Charmant. Décidément, ce patelin avait tout pour plaire. Pire encore, ils découvrirent rapidement qu'ils étaient littéralement pris au piège puisque la porte était fermée de l'extérieur et que rien ne permettait de l'ouvrir de l'intérieur. Alors que la japonaise s'échinait contre la porte, en vain, Zephyr la poussa délicatement.
"Cet hôtel tombe en ruine, avec un peu de chance la porte est vermoulue aussi."
Il donna alors un énorme coup d'épaule qui n'eut pour effet que de lui couper le souffle et de lui exploser le bras. Se massant vigoureusement il laissa échapper entre deux grimaces:
"Mauvaise idée..."

Retournant près de la fenêtre, légèrement dépité, il fut surprit de constater que Melena semblait très sure d'elle. Sans rien dévoiler de ses intentions, elle déballa une robe sur l'un des lits et fit quelques signes à l'attention du jeune homme. Comprenant qu'elle comptait se changer, il se retourna vers la fenêtre sans faire d'histoire. Une question cependant lui brûlait les lèvres mais il se garda bien de la poser. Dans un lieu où tout pouvait arriver, le fait d'enfiler une robe de mariée dans un moment aussi désespéré ne pouvait pas être si étrange que ça ... De plus, elle semblait presque jubiler à l'idée de ce qu'elle préparait à leurs geôliers.

Alors qu'elle leur demandait de ne pas toucher à ses affaires, Zephyr, qui regardait toujours par la fenêtre ne put s’empêcher de remarquer Billy et Bald en pleine conversation juste en bas, dans la rue. L'un d'eux allumait une cigarette et ils se laissèrent aller à un rire qui résonnait faiblement dans la nuit. Ils avaient l'air fier de leur coup. Ils risquaient fort de déchanter.

Lorsque Zephyr entendit le bruit de la porte qui s'ouvrit, il n'en crut pas ses oreilles. Se retournant pour féliciter la jeune femme, son regard tomba aussitôt sur la myriade de monstres gigotant qui surplombaient son crâne. Ouvrant la bouche pour laisser échapper un cri, il se retint juste à temps. Si quelqu'un l'entendait, ils risquaient d'avoir de la compagnie plus rapidement que prévu. Plaquant la main sur sa bouche grande ouverte et reculant subitement contre le mur froid, il ne parvenait pas à détacher son regard de ces choses qui se mouvaient, hypnotiques.
Soudain, plus de serpent. Les trois filles avaient déjà quitté la pièce et lui restait là, pétrifié. Aucun de ses muscles ne semblaient enclin à lui obéir et ce n'est qu'au bout de ce qui lui apparu comme une éternité qu'il parvint enfin à faire un pas. Se retrouvant dans le couloir à son tour, il aperçu les filles qui étaient déjà devant l'escalier.

Alors qu'il avançait vers elle, il riva son regard sur le plancher moisi, recouvert par endroit de tapis tout aussi moisis. S'il voyait à nouveau ces choses, il risquait de hurler pour de bon.
"Melena, il faut que tu saches une chose" murmura t'il juste assez fort pour qu'elle l'entende. "Je ... Je ne suis pas vraiment fan de ces trucs qu'il y a dans tes cheveux ..."

Le regard toujours rivé par terre, il tressailli en entendant les bestioles siffler. Une chair de poule lui recouvrit tout le corps et il recula d'un coup contre la porte d'une des chambres, qui fort heureusement n'était pas occupée. Il sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine et, c'était plus fort que lui, il fini par relever les yeux. Chacun des serpents semblaient le fixer. Des gouttes de sueur commencèrent à se former sur son front et, dans son esprit, l’hôtel disparu. Il était accroché à la corniche et le crotale le toisait de son regard de démon. S'il bougeait il était mort. S'il faisait le moindre geste, le serpent frapperait et il mourrait. Le temps sembla comme suspendu. Les minutes, les secondes, le temps n'existait plus. Il n'y avait plus que lui et ce serpent ... ces serpents. Car cette fois ils étaient plusieurs. Sifflant, se tortillant, dévoilant des crochets mortels.
Alors que sa respiration devenait de plus en plus rapide et difficile, n'ayant toujours pas lâché les cheveux-serpents de Melena du regard, Zephyr sursauta en sentant quelque chose lui toucher le bras.
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