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 La mort & la glace

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Alexander Blizzhead

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Maladie mentale : Frigophobie

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Jeu 3 Juil - 15:12

La jeune fille lui expliqua son plan, ce qui lui permit de parfaire le sien. Ainsi, elle voulait fragiliser le scaphandre? Cela leur permettrait de l'attaquer de l'intérieur. Avec son poing américain ou son poing de glace, il devrait pouvoir l'arrêter.... Cependant, il eut un haut le cœur en repensant à ce que cela signifiait. Il devrait affronter le froid, lors de sa traversé du scaphandre avec son poing, un froid important si on en croyait Melena. Et puis, il y aurait toujours le soucis de l'approche. Il n'était pas sûr que son idée fonctionne.

Elle commença à être pessimiste lorsqu'elle lui dit qu'il était possible que cela n'existait pas, et qu'il faudrait trouver un moyen de transporter ce liquide. C'est vrai que transporter un liquide... Le manchot eu un frisson. Comment ce genre de produit pouvait exister? Il était certain que des armes basé sur ce produit pouvaient exister. Et c'était l'éternel guerre de l'épée et du bouclier, et de qui avait la plus grosse.

Elle lui déclara ensuite que elle avait déjà vaincu un géant, avec Elie et son autre compagnon, déclarant aussi qu'il était quasiment invincible. Mais... Peut-être que celui-là aussi l'était? Mais il le saurait bien assez tôt...

Le soleil faiblissait, et ils devaient se presser pour rejoindre le village. Il commençait à avoir faim, mais décida de garder ses provisions pour quand il serait à l'arrêt.

Il se décida enfin à décrire son plan à la jeune fille.

- Je pense que ton idée se tient, et je pense que, si l'azote liquide existe ici, ils doivent aussi avoir le moyen de transporter.

Après tout, à chaque fois que quelqu'un créait ce genre de chose, il fallait aussi créer le contenant. Sinon, il n'y aurait aucune utilité valable à ce genre de chose.

- Pour ce qui est d'approcher la bête... Je ne pense pas qu'il soit contre les animaux. En tout cas ça vaut le coup d'essayer.

Il lui montra sa fiole Animorphique. Il savait qu'elle en détenait une, mais il préférait y aller lui-même.

- J'irais sous cette forme. Tu t'es affaibli, après ton pouvoir. Et tu dois retrouver tes amis tout en restant entière.

Ils arrivèrent enfin au village, et il se dirigea vers le centre. Le "quartier général" des lutins militaires était sans doute au centre, non?
Puis il se dit qu'il devait tout de même savoir si elle était d'accord avec son idée.

- Bon d'accord, j'ai imposé mon idée, mais je ne vois pas autre chose sous la main... Tu es pour ce plan, ou on réfléchi à autre chose avec les lutins?
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Ven 4 Juil - 13:58

Melena regretta son facepalm quand la douleur du choc vrilla ses nerfs à vifs. Alexander ne l’avait pas totalement compris : elle se doutait bien que si un équivalent de l’azote existait, les lutins devaient posséder un contenant pour le stocker. La question était de savoir s’ils avaient de quoi transporter ce liquide dans une arme potentielle. Les bonbonnes contenant ce type de liquide n’étaient généralement pas des choses faciles à déplacer, donc encore moins à projeter à loisir.

En fait, l’irlandaise allait déjà se reporter sur l’idée peut-être plus réaliste d’attirer le scaphandrier titanesque dans un trou noir mais le frigophobe fit une suggestion intéressante. Elle devait avouer qu’elle n’y avait pas pensé, bien qu’elle possède également un échantillon de cette potion. A la question du concerné qui avait l’air de s’inquiéter de prendre des initiatives, la nécrophobe concéda avec une moue admiratrice :

- C’est pas mal… tu es presque moins bête que quand on a travaillé ensemble à Gloutoniskaïa.

Elle sourit en lui administrant une pichenette amicale sur l’épaule. Un de ces sourires mutins d’adolescente qui illuminait son visage ivoirin. Passant une main dans sa chevelure d’ébène, elle s’arrêta maintenant qu’ils étaient en ville, tout simplement parce qu’elle ne savait pas où ils allaient. Elle en profita pour détailler un plan, l’air encore pensif :

- Et bien… en admettant qu’ils ont ce dont on a besoin… tu n’auras qu’à utiliser la potion pour te transformer en rapace. Un gros rapace capable de porter des charges d’environ 5kg… je sais pas moi, un vautour, un condor… même un aigle royal c’est un peu petit. Te foire pas hein ?! Il faut vraiment que ce soit un rapace, sinon tu n’auras pas de serres, et tu en auras besoin.

Elle fit une pause pendant laquelle elle pointa du doigt le lieutenant croisé dans la matinée qui traversait la rue. Visiblement, les mini-soldats avaient passé une bonne partie de la journée à nettoyer, réparer les dégâts, rassurer les riverains et inspecter aux alentours qu’une autre horde de pingouins n’attende pas son heure.

- Tu survoleras le géant avec la bonbonne d’azote, et tu lui largues dessus. D’assez haut pour qu’elle puisse faire un demi-tour et se renverser sur lui. Ensuite… et bah on aura fait la moitié du travail ! Bonsoir, excusez-moi, enchaîna-t-elle immédiatement en ayant rejoint le lutin.
- Oh, bonsoir, répondit le lieutenant Bill, que puis-je faire pour vous ?
- Et bien… nous avons été voir à l’est de la ville, là où un géant posait problème à certains transports de touristes. Est-ce que je peux voir votre général ?

Le petit homme compris, soudainement un peu plus grave. Il hocha la tête et invita les voyageurs à le suivre d’un signe de la main. Un petit traîneau tiré par des rennes jeunes et dociles attendait son propriétaire, qui conduisit jusqu’à un petit bâtiment très légèrement à l’écart du village. C’était l’infirmerie militaire dont avait parlé Félixi dans  la matinée, il était passé voir que tout allait bien pour les quelques blessés qu’ils avaient accueilli.  

Melena et Alexander furent conduits dans un petit bureau assez particulier. Le meuble et les chaises « visiteurs » étaient au format normal, mais tout le reste était adapté pour la petite taille des lutins : un siège surélevé, des stylos minuscules, des blocs-notes qui ressemblaient à des lots de post-it… Le général arriva et avant de s’asseoir, adressa un grand sourire aimable aux deux acolytes. Visiblement, il les appréciait :

- Bonsoir. Votre repérage s’est bien passé ? Vous êtes partis avant que je puisse vous dire les informations dont je disposais.
- C’est vrai, admit l’irlandaise qui avait été emportée par l’élan de son aîné pour quitter la ville, mais nous nous en sommes sortis. C’est un scaphandrier géant n’est-ce pas ?
- C’est ça, acquiesça Félixi avec un hochement de tête malheureux, il attrape les tramways avec son ancre pour les faire dérailler et s’en prend aux voyageurs. Personne ne sait trop pourquoi, ni même comment il est arrivé là. Mais il est insensible à nos armes… on en a peu ici vous pensez bien. Notre outil le plus… « destructeur » ressemble à un petit bazooka… et notre magie ne l’atteint pas non plus. L’offensive, ce n’est pas notre fort. On est rarement en danger chez nous.
- Je comprends, répondit la nécrophobe, et… est-ce que vous auriez de l’azote liquide ?
- De… quoi ? Je suis désolé, je ne vois pas de quoi vous parlez.
- De l'az-hum…, soupira Melena en se rendant compte que c’était peine perdue. Ce terme ne devait pas exister ici. Découragée, elle tenta : un liquide très froid… suffisamment pour fragiliser n’importe quoi.
- Ah çaaaa, fit Félixi heureux de retomber sur des termes qu’il connaissait, de la neige 0 fondue ! On en a un peu. On l’utilise pour maintenir nos sculptures de glace dans le centre commercial, quand nous n’avons plus assez de mana pour les garder intact magiquement. C’est un cas rare, il doit nous en rester.
- Très bien ! affirma l’irlandaise avec un sourire espiègle. Il nous en faudrait une bonbonne alors… et si possible, un moyen plus facile de la transporter jusque là-bas. Maintenant si je puis me permettre, embraya la jeune fille avec une expression maligne, nous prenons tout de même un gros risque pour vous aider. Qu’est-ce que…enfin… je suppose que vous supposez qu’on ne puisse pas le faire bénévolement ?!

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Ven 4 Juil - 17:44

La jeune fille semblait avoir apprécier son idée. En tout cas, elle lui fit un sourire qu'il ne lui connaissait pas. C'était plutôt rare, et il fut fier de cet exploit. Finalement, leur relation plutôt terre-à-terre allait peut-être enfin mener à quelque chose de constructif.
Elle lui proposa même une meilleure idée pour ce qui était de la forme animale... Un rapace? Bien mieux que son idée de pingouin, tant pour le transport que la forme globale. Il voulut la remercier, mais se ravisa. De quoi? Elle ne savait même pas en quel animal il avait prévu de se transformer! Et puis, elle aurait trouver cela ridicule.

Elle déclara qu'il allait prendre les risques en lui donnant la marche à suivre... Il n'aimait pas trop  le fait qu'elle le dirige ainsi... Mais vu que c'est ce qu'il comptait faire. Par contre, elle n'avait aucun plan pour ce qui était de se charger du monstre. Lui n'avait qu'une simple idée: lui mettre un pain en pleine poire.

Cependant, ce serait sans doute à elle de s'occuper du monstre. Il ne savait pas combien de temps durerait la potion.

Après la rencontre avec le lieutenant lutin, ils rejoignirent l'infirmerie, et l'autre lutin avec qui avait parlé Melena en privé. Pour le manchot, ces lutins se ressemblaient tous plus ou moins.
Le lutin déclara en gros que la guerre n'était pas fait pour eux. Sur ce point-là, il voulait bien les croire: les lutins, c'est mignon et ça sert à emballer des cadeaux. Cependant, ils avaient apparemment l'azote liquide... et s'en servait pour les statues de glace... Magnifique, que de magnifiques cauchemars vivant dans ce pays. Il était plus qu'heureux d'avoir à transporter un froid hivernal ambulant. Certains lutins grognèrent en sentant la légère grêle tomber autour de lui, et il stoppa son pouvoir. Tout le monde n'y était pas habitué, après tout.

Par contre, la nécrophobe emmena les lutins sur le sujet important sur un ton qui n'était pas véritablement cordial. Il s'inquiéta sur la réponse des lutins, mais les petites bêtes joyeuses ne remarquèrent pas le ton sur lequel elle avait employé sa phrase.

- Et bien, une fois que vous aurez arrêtez cette sombre créature, on vous donnera un billet gratuit direction le continent , et on vous logera et vous pourrez manger gratuitement tant que vous le désirerez! Cela vous convient?

Ils hochèrent tout deux la tête. Parfaitement, ils étaient là pour ça après tout.
Alexander commençait à se sentir fatigué. Il parla sur un ton calme, mais trop abrupt pour lui

- Je pense qu'en parlant de repos, on devrait en prendre.

Le lutin ne sembla pas s'offusquer, il eut même un sourire suite à la phrase du manchot.

- Oh bien sur! Nous vous préparerons votre neige 0 demain matin, le lieutenant vous l'amènera en main propre!

En main propre... Il frissonna rien que de penser à ce qui pouvait arriver. A leur sortie de l'infirmerie, il se tourna vers Melena. Il n'avait pas envie de réitérer la situation de la veille.

- Cette fois-ci je te laisse choisir le restaurant. Mais...

Il voulut lui dire qu'il ne voulait pas se détendre, mais il s'arrêta. Elle avait besoin de se détendre, sans doute plus que lui. Il ne devait pas penser qu'à sa simple personne, cette fois-ci.

- J'ai rien dis.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Ven 4 Juil - 19:23

Les propositions du lutin étaient plutôt honnêtes. Elles respectaient leur éthique surtout, puisqu’il y avait fort à parier qu’ils ne les armeraient pas, ni ne les paieraient directement en rubz, comme s'ils étaient des mercenaires. Après tout, qu’elles avaient été leurs récompenses pour avoir sauvé Noël à sa première venue ? Un pouvoir un peu approximatif. Il serait donc indécent de demander plus. Elle prendrait peut-être juste plus de temps avant de partir d’ici, si elle pouvait être nourrit/logée à l’œil.

Melena ne comprit pas vraiment la gêne d’Alexander et ne put pas vraiment lui poser la question, puisque le général ajouta de sa petite voix :

- Oh, pour cette nuit, je peux vous accorder des lits ici. Dans le cas où vous acceptez toujours de nous aider bien sûr. Par contre, nous n’avons pas de chambre individuelle.

L’adolescente ouvrit un instant la bouche puis la referma sans avoir produit le moindre son. Partager une chambre avec le frigophobe n’était pas vraiment une idée qui la faisait sauter au plafond. Pourtant… il était différent que depuis leur dernière rencontre. Il était docile déjà, ce qui était un bon point pour rester à ses cotés. Aussi, il avait vraiment l’air sincère quand il disait vouloir l’aider. Après tout… même si elle détestait l’idée d’avoir exposé ses faiblesses, il n’avait pas profité de la situation quand elle s’était évanouie. Il aurait pu l’abandonner, la dépouiller, la tuer, la violer… ou même plusieurs de ces choses. Non, il l’avait simplement portée.

- Ça ira, assura l’irlandaise, on partira assez tôt demain matin.
- Très bien ! Ne vous en faites pas, la neige 0 liquide et un petit traîneau seront prêts. On compte sur vous pour nous ramener le traîneau.
- Bien entendu, répondit Melena en se levant.

Une infirmière de taille réduite s’invita très vite pour les guider jusqu’à la chambre qui leur sera accorder pour la nuit. Une banale chambre de clinique en fait : immaculée, beige, les barrières métalliques pour empêcher les patients de tomber… il ne manquait que les perfusions. Au moins, il y avait un petit espace douche/toilettes. La nécrophobe inspecta l’espace entre les deux lits de la pièce et l’estima suffisant.

- J’espère que tu ronfles pas, marmonna-t-elle en posant sa hotte sur le matelas le plus proche de la fenêtre.

Elle s’étira, ses yeux gris perdus à l’extérieur. Sur la neige qui tombait doucement, éclatante, éternelle. Le cerveau humain était incroyable, pas vrai ? Il suffisait de le leurrer pour qu’il se détache de l’important. Si elle s’était embarquée dans cette histoire de géant au fond, ce n’était pas pour les beaux yeux de Félixi ou quelques nuits gratuites au village de Noël… c’était parce que comme ça, elle oubliait, elle n’avait pas besoin de penser. C’était comme mettre un drap sur un tableau qu’on ne voulait plus voir… il est toujours là, on sait qu’il est là, à quoi il ressemble… mais tant qu’il est masqué, on essaye de croire qu’il a disparu.

Melena fût soudain prise d’une folie. Un caprice de l’adolescente qu’elle était – de celle qu’elle ne sera plus jamais dans le monde réel. Elle se mordilla d’abord la lèvre d’hésitation, puis se retourna vers Alexander pour venir le pousser gentiment vers l’extérieur.

- Aller, sors-sors, deux minutes, ok ? Ne rentre pas surtout, j’te fais confiance.

Une fois le jeune homme à l’extérieur, elle tira de sa hotte sa robe de soirée. Elle était simple, toute noire. Suffisamment bien taillée pour mettre en valeur ses hanches bien dessinées et ses fesses ma foi pas rebutantes. Suffisamment décolletée pour insister sur son tatouage et le fait qu’elle ne faisait pas plus qu’un timide bonnet A. En haussant les épaules, elle enleva ses bottes et sa combinaison pour enfiler la robe. Bien entendu, la fermeture était dans le dos… de ces fermetures infernales à fermer seule !

Et puis elle n’était pas vraiment épilée, et puis elle n’avait pas de maquillage, et puis elle n’avait pas de bijoux, et puis… oh, elle s’en fichait. Elle ne voulait pas draguer Alexander. Juste… avoir quelque chose qu’elle n’aurait jamais. Elle enfila donc son manteau redingote qui masquait ses cicatrices et s’alliait merveilleusement avec la robe, enroula son écharpe autour de son coup pour qu’elle dissimule sa marque d’adepte, remit ses bottes et n’emporta que son sac à bandoulière où se trouvait l’essentiel. Un coup de main dans ses cheveux noirs suffit à les coiffer, puis elle les rabattit à gauche de son visage.

Avant d’ouvrir la porte, elle prit une grande inspiration. Sans raison. Pourtant, une pensée stupide l’obnubilait… allait-il lui redire qu’elle était « pas mal » ?!

- En fait, expliqua-t-elle timidement une fois face à son aîné, je… j’ai jamais pu sortir en robe de soirée avec quelqu’un… avant je m’en fichais carrément c’est vrai. Mais maintenant… j’ai plus de vie, tu vois ? J’en ai plus, et c’est maintenant que je veux voir ce que ça fait d’être… enfin… d’avoir mon âge quoi.

Elle n’osait pas croiser les yeux bleus d’Alexander, préférant détailler ses bottes avec une attention toute particulière.

- T’inquiète, tu m’intéresses pas, assura-t-elle peut-être plus sèchement qu’elle l’aurait voulu, j’ai pas franchement envie d’un resto’… mais je sais pas, juste un hot dog et marcher dans la rue. Tu n’auras qu’à me raconter n’importe quoi, ta vie, ton boulot, tes amours… c’est mon caprice de gamine, admit Melena avec un sourire.

Encore un de ces sourires trop rares sur son visage blême. Celui d’une jeune fille qui voulait juste être heureuse, mais qui était habitée par une folie sinistre. Les jours de sa raison étaient comptés, elle le savait. Alors autant goûter à ce qui lui restait de vie maintenant.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Ven 4 Juil - 21:42

Alexander fut étonné lorsque Prof ( le lutin chef) leur proposa de dormir dans l'infirmerie... Dans une seule chambre?!? Jamais Melena n'accepterais, et puis, il n'était pas sûr que...
Il faillit ouvrir la bouche à la manière du fameux tableau. Elle avait accepté, sans mot dire?!? Elle avait vraiment changé, ces derniers jours... Mais il n'espérait rien de spécial de cette "nuit à deux". Il leur faudrait de toute manière se reposer.

Ils purent voir les lits... Des lits similaires à ceux qu'il avait vu en se réveillant dans l’hôpital de San Francisco. Cela lui rappela son père, un bref instant, puis il se remémora sa mère. Il ne devait pas craquer. Il y avait des gens qui comptait sur lui maintenant... En commençant par la nécrophobe, qui espérait qu'il ne ronfle pas. Cette remarque le fit sourire d'un air amusé.

- T'en fais pas, j'ai jamais ronflé jusqu'à aujourd'hui.

Il réfléchissait au lendemain... Qu'allaient-il les atteindre au bout de l'antre? Le monstre se préparait-il, lui aussi, à ses nouveaux adversaires? S'adaptaient-ils? Peut-être que sa dernière offensive contre les zombies de Melena n'était qu'une réadaptation de plus dans ce monde.

Soudain, la jeune fille lui demanda gentiment de sortir. Il eut l'air gêné, et s’exécuta en comprenant qu'elle voulait se changer. Il pensait qu'elle aurait voulu manger avant de dormir. Il comprenait qu'ils avaient besoin de force, mais le repos ne faisait pas tout et puis... Et puis, il commençait à se faire des idées. A quoi rimait tout ceci? Et puis...

- Wow...

La porte s'ouvrit sur une magnifique jeune femme, en robe... Avec un teint toujours aussi blafard, certes, mais qui, pour une fois, ne reflétait pas la mort, mais la beauté de la situation. Alexander en resta bouche bée quelques instants.

La jeune fille lui expliqua qu'elle désirait... En gros, vivre ce qu'elle ne vivrait peut-être plus. Elle avait déclaré que c'était un caprice de gamine... Mais d'un autre côté, elle avait raison. Ils devaient profiter de ce genre de moment, car ce monde les mènerait peut-être à leur perte. Elle lui avait cependant dit qu'il ne l'intéressait pas... Il avait du mal à y croire, et se dit que, d'un autre côté, elle était tout à fait désirable... Mais il ne s'efforcerait de ne pas lui déplaire. Il créait à peine une amitié, ce n'était pas pour se faire des films à l'eau de rose. D'ailleurs, depuis qu'il était ici, il avait clairement compris que ce n'était ni l'endroit, ni le moment, et que c'était tout sauf une bonne idée.

- D'accord pour le hot dog, finit-il par dire après une grande inspiration, mais je ne trouve pas que c'est un désir de gamine. En fait, je trouve que tu as raison.

Il n'en dit point plus, ne voulant ni la vexer, ni briser ce moment. Il prit la place dans la chambre, le temps de changer sa combinaison pour une tenue chaude standard, qu'il espérait suffisante pour la nuit, et les deux jeunes partirent en quête de leur repas. Ils trouvèrent rapidement un stand, où ils purent tout deux débourser leur 5 Rubz dans ce repas simple, mais efficace. Ils regardaient les étoiles, marchant dans la neige, le froid n'étant que peu ressenti par le manchot. Il se rendit compte que Melena était du côté de son bras manchot... Il aurait peut-être du faire attention à ce détail. Mais il s'efforçait déjà de ne pas trop paniquer, la neige tombait doucement autour d'eux, avec ses pouvoirs...

Au bout d'une rue, il trouvèrent un banc, où ils purent s'installer. Il regarda le ciel. Il n'avait pas vraiment parler durant le trajet. Il avait chercher ses mots, mais ne les avait pas trouver. Mais au final, le plus simple était sans doute de dire la vérité.

- Et bien... Je n'ai pas grand chose à raconter. Ma vie était celle d'un phobique fils d'un grand chef d'entreprise, mais qui n'a jamais voulu vivre du travail de son père...

Il repensait à lui, mais s'il lui manquait, il n'était plus aussi triste. Son père n'était plus véritablement vivant depuis la mort de sa mère.

- Je n'ai jamais vraiment eu beaucoup d'amis, et pour ce qui est d'une petite amie... On va dire que je n'ai jamais eu cette chance. J'étais repoussant pour la plupart, les autres ne supportait pas ma phobie que je ne voulais pas affronter...

Maintenant qu'il y repensait, cela le faisait sourire intérieurement. Au moins, s'il risquait bien plus la mort aujourd'hui, il avait aussi bien plus de relation sociale que dans le monde réel.

- Il y a deux ans, je suis devenu comptable. On m'a proposé un boulot en Alaska, et j'ai voulu me faire soigner... Et puis me voila. Rien de bien intéressant ou captivant, désolé.

Et il l'était vraiment. Il aurait voulu raconter des choses magnifiques, des exploits au collège... Mais ce n'était qu'un gamin dépressif, à l'époque. Il voulait maintenant en savoir plus sur elle, même si elle ne lui dirait peut-être rien.

- Et toi? Je... Peux en savoir plus sur toi?

Il était gêné, il avait peur de sa réaction, et puis, elle lui plaisait, au final. Ce n'était qu'une jeune fille qui s'était perdu dans cet endroit, devenu une personne dangereuse... Mais qui avait au final mûri trop vite. Des gens étaient devenues fous à lié pour moins que ça. En commençant par son père.

Il la regarda, toujours l'air gêné. Elle aurait presque pu faire office d'étoile dans le ciel, se dit-il. Mais il devait oublier ce genre d'idée. Cela n'arriverait sans doute jamais.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Sam 5 Juil - 1:14

Elle l’avait vu dans ses yeux quand elle était sortie de la chambre. Il la trouvait jolie. Depuis quand ce genre d’attention lui donnait ce petit frisson de satisfaction ? Depuis qu’elle était tombée amoureuse de Jade ? Depuis qu’elle avait couché avec Elie ? Depuis qu’elle ne se sentait plus vraiment appartenir à son corps ? Melena n’avait pas vraiment compris quand Alexander lui avait dit qu’elle avait raison, mais elle sourit.

Dehors, il faisait inévitablement plus froid sans sa tenue techyoïte. En vérité à un moment, elle regrettait même de ne pas l’avoir, parce que ses jambes qui cueillaient l’air glacée furent engourdies en moins de deux minutes. Heureusement qu’ils avaient trouvé une allée marchande équipée de braseros qui, en plus de relever un peu la température, projetaient de magnifiques halos orangés. Ils y trouvèrent leur petit repas et continuèrent leur marche.

Ils n’avaient pas grand-chose à se dire et en fait, la nécrophobe n’avait pas envie de parler. Ses pensées libérées de la migraine étaient à des années lumières de Dreamland, à Londres. C’est à ça que ressemblerait sa vie si elle avait été « normale » ? Se balader en ville, manger des hot dogs, regarder les vitrines illuminées… que de futilités qui lui paraissaient maintenant être un trésor inestimable.

Alexander proposa de s’asseoir et elle accepta. Les mains entre ses jambes croisées, Melena détaillait le ciel. Il était beau. Des ondes boréales le coloraient, comme si même les nuages participaient à Noël. Pourquoi ne voulait-elle pas rester ici déjà ?

Quand le frigophobe prit enfin la parole, elle l’écouta. C’est elle qui lui avait demandé à la base, alors elle acceptait qu’il brise le silence entendu qui s’était instauré jusqu’à lors. C’était assez surprenant de découvrir ces brefs pans de sa vie parce que vue son comportement avec Myia la dernière fois qu’elle l’avait vu, elle l’avait plutôt pris pour un don juan de première.

Bien entendu, la question posée un peu plus d’une heure auparavant se retourna contre elle. Instinctivement, son visage se ferma. L’irlandaise baissa la tête, laissant sa chevelure d’ébène masquer ses traits ivoirins. C’était plus fort qu’elle, depuis ce qui s’était passé à Freedoom, elle n’arriverait pas à reparler de sa mère. Elle était trop présente, comme si elle était réellement morte l’avant-veille, et pas il y a trois ans. Une larme roula sur sa joue pâle alors qu’elle s’excusait :

- Je ne… préfère pas trop parler de moi… je ne suis pas intéressante.

Elle se tourna vers son interlocuteur, un sourire triste aux lèvres.

- Mais tu sais qu’on se ressemble en fait ? Qui l’eut cru, hein ? …

Melena hésita un instant, comme si elle avait peur, puis s’autorisa à posa sa tête sur l’épaule d’Alexander. Un instant, elle s’imagina finir cette soirée aux allures particulières blotties dans ses bras, contre sa peau brûlante, mais ça ne lui tira qu’un sourire intérieur. Elle recherchait seulement cette sensation de ne pas être seule, de pouvoir lâcher prise un petit peu, parce que la pression sur ses épaules frêles était trop forte. Alexander était pour elle comme un de ces de majordome de mangas : docile, dévoué, gentil et ami quand il fallait. L’adolescente s’en voulait de penser ça… de constater qu’encore une fois, elle n’avait pas de cœur. Mais ce n’était pas sa faute… on le lui avait arraché.

- J’ai joué dans un film un fois ! déclara-t-elle comme si c’était le scoop du siècle, ça a été… la chose la plus cool que j’ai jamais faite je crois… j’avais un rôle secondaire et c’était qu’un film britannique à petit budget… mais j’ai vraiment trouvé ça super.

Elle ferma les yeux. A cet instant, le monde s’était arrêté. Il n’y avait plus qu’elle et son aîné… elle eut des pensées furtives pour Jade, ses parents adoptifs, ses camarades de lycées, puis se surprit à espérer que cette nuit ne se termine jamais ; qu’elle pourrait rester là, sous les ondes boréales du grand nord, la tête posée sur l'épaule de son acolyte comme s'ils étaient deux amants secrets..

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Sam 5 Juil - 7:38

Au final, sa question fit se refermer le visage de la jeune fille. Alexander était attristé. Il se doutait que c'était une mauvaise idée. Mais au lieu de se prendre un coup de poing en pleine face, Melena lui dit juste qu'elle n'était pas intéressante. Bien sûr, qu'elle était intéressante! Il voulait lui crier cela, mais il se ravisa. Elle n'allait pas être du même avis, et il ne voulait pas briser ce moment particulier, étrange et en même temps... Plaisant.

Ce qui lui mit du baume au cœur, ce fut la seconde phrase de la jeune fille. Il sourit lorsqu'elle fit cette petite comparaison. C'est vrai, il y avait encore trois jours, il voulait la tuer, et maintenant, ils se retrouvaient là, tout les deux, à regarder le ciel et à ne plus penser à rien. Juste à la joie d'un moment simple et vivant, d'un moment ordinaire, en fait.

Puis elle posa sa tête sur son épaule, comme si de rien n'était. Il avait l'impression de revivre une de ces scène de films à l'eau de rose... Et il repensa à Myia, à ce qui s'était passé. Il avait été "jeune" lors de cette relation, c'était l'un de ces rares et précieux nouveau contact qu'il avait eu avec des gens, sensiblement similaire à sa personne. Mais maintenant il avait mûri.

Il voulait passer son bras dans le dos de la jeune fille, mais il eut peur qu'elle le prenne mal, alors il la laissa sur son épaule, la regardant amicalement. Au bout d'un moment, elle lui dit qu'elle avait joué dans un film. Cela l'amusa. Une banalité parmi ce monde. Il avait peur qu'elle se réveille, comme si de rien n'était, et que cette soirée, cette nuit se termine.
Il se dit qu'il aurait dû avoir honte: une fille plus jeune que lui, encore, et il voulait être avec elle... Mais rien ne l'empêchait de rester son ami, non? Bien sûr que non, s'il restait sage. Il commença à dire que jusqu'au bout, il serait un éternel frustré.

Puis, il se rendit compte d'un détail. Melena ne bougeait plus, mais ne disait plus rien. Il sentait sa respiration, mais il était certain qu'elle s'était endormi sur lui. Après tout, cette journée (et toutes les autres pour elle sans doute) avait été pleine d'émotion.

- Mel? lui chuchota-t-il, sans recevoir de réponse.

Pour la seconde fois de la journée, il la porta, jusqu'à l'infirmerie ou il l'allongea sur son lit, près de ses affaires. Il se demanda s'il devait la déshabiller, mais si elle se réveillait, elle le prendrait surement mal. Il remit juste en place une mèche de cheveux, avant de se déshabiller pour dormir, en pensant à cette soirée et en espérant d'autres soir comme celui-ci...

C'est au petit matin qu'il se réveilla, et se dit que la scène de la veille devait être un rêve, avant de voir Melena dans sa robe et de se rappeler que les rêves à Dreamland n'existaient guère. Il la regarda, longuement. Ils allaient devoir repartir affronter une bête sauvage, sans âme, et elle était encore au devant de la scène... Elle ne méritait pas ce qu'elle vivait. Il était peiné, il aurait voulu dire cela... Mais à quoi bon? S'attirer ses bonnes faveurs?

Il aurait pu partir seul, affronter la créature, et lui dire qu'ils avaient réussi... Mais ce n'était pas un menteur, et il lui avait dit que la prochaine fois, il n'irait pas seul. Alors, il resta un moment, debout, attendant son réveil. Il commença à se rhabiller, face à son compagnon de route, commençant à avoir froid.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 3:24

Quand elle ouvrit les yeux, ce n’était pas le ciel nocturne et coloré qui l’attendait mais le mur de la chambre qui leur avait été prêtée à l’infirmerie militaire. Elle s’était endormie ? Sans doute à cause de la fatigue cumulée et du froid. Quelle idiote. Elle s’était montrée fragile, encore une fois. Alexander devait l’avoir portée jusque là mais visiblement, il n’avait tellement pas osé la toucher qu’elle portait toujours son manteau et ses bottes. Une esquisse de sourire fit frémir ses lèvres pâles. Ce mec était presque trop clean. Était-il tombé amoureux d’elle ? C’était possible.

Il se passa quelque chose au niveau de son cœur morcelé qui ressemblait à un pincement. Parce qu’elle savait qu’elle ne serait jamais à la hauteur des attentes du frigophobe. Il devrait comprendre qu’elle était désormais plus une « chose » qu’une jeune femme en devenir… parce que les êtres humains ne revenaient pas à la vie.

Melena se décida enfin à bouger. Alexander était juste à coté, à ne rien dire. Elle sursauta en le voyant. On aurait vraiment dit un domestique parfaitement dressé qui attendait patiemment le levé de sa maîtresse. Frottant l’un de ses yeux plissés par le sommeil, l’adolescente n’attendit pas pour lui faire remarquer d’une voix pâteuse :

- Pourquoi tu restes là ? C’est flippant… elle bailla et se redressa avant de continuer, merci de m’avoir ramenée… tu aurais pu me réveiller hier soir tu sais ? Je ne suis plus une petite fille qu’on porte parce qu’elle s’est endormie dans la voiture.

Sa chevelure noire était hirsute, elle avait encore les traits tirés. Son écharpe s’était dénouée et son manteau, entrouvert, avait glissé sur l’une de ses épaules, laissant voir les premières de ses cicatrices. Celles qui étaient à jamais imprimées dans sa chair pour lui rappeler qu’elle avait été rafistolée comme une vulgaire poupée vaudou. La nécrophobe s’empressa de les dissimuler quand elle s’en aperçut et planta son regard d’orage dans les yeux bleus de son aîné, avec une fermeté qui ne souffrirait aucune résistance.

- Tu veux bien sortir s’il te plait ? demanda-t-elle sans lui laisser le temps de l’interroger, je vais me changer.

Elle attendit qu’il s’exécute avant de se lever. L’espace douche de la salle d’eau était petit, mais pas suffisamment pour la décourager. Elle se lava rapidement, changea de sous-vêtements et enfila sa combinaison techyoïte. Pas le temps de faire une petite machine… un des inconvénients du camping parmi d’autres quand on tournait avec une unique paire de dessous.

Quand elle sortit de la chambre en lâchant simplement un autoritaire « on y va » en passant devant Alexander, on pouvait être certain que la Melena qui était de retour était l’adepte de la paresse. Sûre d’elle et insensible ; pas l’adolescente blessée qu’elle avait laissé entrevoir la veille. Alexander avait eu le plaisir de la porter deux fois, il en avait déjà trop vue.

Un traîneau avait été préparé à leur intention. Il était petit, tiré par un unique renne qui ne volait pas, mais il suffirait. Une bonbonne de 5L d’un liquide translucide était chargée dessus. Une étiquette indiquait : « Neige 0 fondu – pour l’alimentation de circuit de maintient à froid – éviter tout contact avec les yeux et la peau : peut causer de graves brûlures par le froid ». L’irlandaise sourit de satisfaction, ça devrait aller. Elle remercia donc Félixi qui était venu leur souhaiter bonne chance et lança le renne comme le lutin venait de lui apprendre rapidement : par ordre vocal, tout simplement. Une fois hors de la ville, elle s’adressa enfin au frigophobe :

- Tu n’as pas oublié le plan ? Tu te transformes en rapace, tu t’envoles avec la bonbonne ouverte et tu lui largues dessus. Une fois qu’il est touché, je m’occupe de lui casser son scaphandre. J'ai une idée t'en fais pas.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 9:45

Soudain, il entendit la voix de la jeune fille. Dans sa tête il souriait. Il savait que cela n'allait pas durer, mais il voulait profiter des souvenirs qu'il avait de la veille. Mais il lui faudrait sans doute se résigner. Malheureusement pour lui.

- Je réfléchissais à la démarche à suivre, et je voulais pas que tu crois que je t'ai abandonné! dit-il d'un air rieur.

Puis il reprit plus sérieusement, en ayant un air plus que gêné.

- Vu notre précédente rencontre à Glouto, j'ai toujours peur de te déplaire en faisant quelque chose de travers. Désolé, c'est stupide.

Il y avait aussi le fait qu'il avait peur de tomber sous son charme, de ce qui aurait pu se passer, et qu'elle aurait peut-être regretté... Ses pensées s'envolaient dans tout les sens, se percutaient. Son esprit était tout, sauf clair. Il avait vu la cicatrice de la jeune femme, mais cela ne l'avait pas choqué. Cela faisait maintenant parti de sa personne. Elle voulu qu'il sorte, il s’exécuta, comprenant la gêne de la jeune fille. Mais il avait senti le ton autoritaire. Revoilà la nouvelle Melena, se dit-il. Il réfléchit à ce qui allait se passer ensuite. Il n'aimait clairement pas la tournure que ça risquait de prendre. Mais c'était en partie son idée, son plan, et il devait l'assumer. Et il réfléchit à ce qu'il allait faire, à ce qu'il allait dire avant l'action... Après tout, il prenait autant de risque qu'elle dans cette histoire, non?

Elle sortit en déclarant leur départ. Ils partirent donc vers la sortie du village, et ils purent voir le traîneau avec la bonbonne. Il regardait cet objet, signe de leur salut dans ce combat... Mais signe de mort pour lui. Il se demandait si cela aurait été pire que l'ombre, ou que la scène de la veille, avec la carapace de glace et la tempête? Sans doute. Il ne devrait pas se louper, car sinon, s'en serait finit de ses soucis.

La nécrophobe déclara qu'elle avait un plan pour casser le scaphandre, tout en lui demandant s'il se rappelait son plan. Bien sûr, il était frigophobe, pas atteint d’Alzheimer! Mais il ne fit qu'acquiescer. Il allait déjà dire quelque chose qui risquait de lui déplaire tout à l'heure...

Après une longue marche, ils arrivèrent non loin de l'antre. C'est ce moment-là que choisi le manchot pour parler à Melena.

-Je ne suis pas sûr de ce qui va se passer, pour moi comme pour toi, alors je vais parler, et j'aimerais que tu écoutes s'il te plaît.

Il n'était pas sûr qu'elle allait l'écouter, mais tant pis, il se lança.

- Ce qui s'est passé hier soir... On en avait besoin tout les deux, et je te remercie pour ce moment. Mais tu n'as ni à cacher ce que tu es, ni à croire que tu ne vaux plus rien. Tu vaux bien plus que ce que tu t'estimes. Et c'est pour ça que je te fais confiance et que je t'écoutes, et que j'obéis, non pas car tu es autoritaire comme pouvait l'être Elie quand je l'ai rencontré. Je ne sais pas si elle l'es toujours, mais peu importe, ce n'est pas elle que j'apprécie comme une amie.

Et il était sincère. Il considérait maintenant la jeune fille comme une amie... Une amante, peut-être pas. Son esprit était bien trop embrouillé pour le savoir.

- Quoi qu'il en soit, reste toi-même ici.

Il posa sa main près de la cicatrice de la nécrophobe, au niveau de son cœur. Mais les cliquetis de la créature sortant de son antre lui fit retirer sa main. Il lança un "bonne chance", ouvrit la bonbonne et s'empressa de prendre la potion. Il resterait une dose.

Soudain, il se sentit rapidement transformé, il avait moins chaud, mais... Il se sentait entier, comme lorsqu'il avait sa main. C'était un rapace assez gros, aux ailes blanchies, ses yeux bleu plus perçant que jamais. Il prit son envol, avec dans ses serres la bonbonne. Il fit un tour autour de l'antre, tandis que le plongeur sortait lentement. Il n'avait pas remarqué la jeune fille, mais pour être sûr de son coup, le rapace terrifié par le froid poussa un cri, pour attirer un éventuel assaut. Il volait haut, mais suffisamment bas pour risquer un coup d'ancre.

Comme prévu, le scaphandrier chercha à l'attaquer une première fois, et il esquiva. Mais il n'était pas prêt à lâcher le cadeau. Il devrait attendre un second assaut. Le monstre gigantesque reprit son ancre qui avait atterri non loin de lui, puis arma.

C'est ce moment que choisi Alexander pour charger. Lorsque l'ancre le toucha, il continua son envol, bien que blessé, jusqu'à atteindre le casque et larguer son colis. Le froid qui se dégagea le fit d'instinct se décaler en direction de l'intérieur de l'antre, en plus de la blessure qui se faisait mordante, et se crasher à l'intérieur. Il se tourna, pour voir si sa cible avait été touché.

Et c'était le cas. L'homme-scaphandre avait un genoux à terre, comme perturbé par l'objet. Le frigophobe était content de son action. Bien qu'il allait peut-être succomber des blessures. Il n'eut guère le temps de vérifier qu'il tomba dans les vapes.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 11:29

Quand ils furent parvenus à destination, Alexander choisit son moment pour une grande déclaration émotionnelle. Il tenait grosso-modo le même discours que Elie, Jade et Ace : « tu n’es pas inutile » « tu n’es pas un monstre » … pourquoi n’arrivait-elle pas à les croire ? Pourquoi ? La conclusion de la tirade sur le fait qu’elle devait rester la même dans son cœur la fit sursauter ; elle ne s’attendait pas à ce contact sur sa poitrine. Melena était troublée : elle n’arrivait pas à savoir si son aîné était stupide ou juste complètement béta. Elle avait soudainement envie de lui cracher à la figure que ses grandes déclarations de film de série B, il pouvait se les garder. Rester la même dans son cœur après tout ce qu’elle avait fait, vu, subi ? Comment ? Juste « comment » ce serait possible ? Elle n’avait plus rien qui ressemblait à un cœur, juste un organe qui diffusait son sang dans tout son corps.

Sur le coup, les mots cascadaient tellement en arrivant à ses lèvres qu’elle n’arriva pas à les sortir dans l’ordre ; et à peine le cliquetis de métal annonciateur de la sortie du scaphandrier se fit entendre qu’il s’était élancé. Pour faire le héros, encore une fois. Bon dieu mais fallait-il réellement lui expliquer les plans en avance et dans les détails ? Pas une seconde il avait pensé que ce serait plus simple si elle faisait l’appât pour qu’il puisse tranquillement préparer sa trajectoire en survolant le monstre ?!

Ce comportement le ferait tuer. Et d’ailleurs, il fût touché par un lancé d’ancre dont le poids ne devait certainement pas faire du bien. Toutefois, il réussit eut moins à laisser tomber la bonbonne où il fallait : cette dernière décrivit un petit arc-de-cercle avant que son contenu n’inonde la chimère et qu’elle lui rebondisse sur la tête. Le géant poussa un grognement rauque terrifiant, on aurait dit qu’il venait des abysses de l’océan. Tétanisé par le froid, il tomba à genoux, désormais incapables de bouger un bras sans fissurer dangereusement sa protection.

Melena s’approchait, assez confiante. Son plan avait marché ! Elle ne voyait plus Alexander, mais elle s’en occuperait plus tard. Elle l’avait prévenu contre les pingouins qu’il ne fallait pas qu’il joue au super héros et qu’il utilise plus sa tête… quoiqu’il en soit, il était hors de question elle utilise ses pouvoirs pour le soigner. Un hurlement monstrueux du géant la fit sursauter. Le sol vibrait et elle bondit en arrière in extremis : un geyser perça la couche de neige pour se dresser haut dans le ciel, dégageant une épaisse vapeur dans l’air glacé.

- Ok…, fit l’adolescente qui du se résoudre à garder une distance de sécurité.

Elle fit donc apparaitre son coffre non loin de la chimère et se concentra pour en fait sortir le cadavre décapité qui y était enfermé. Le scaphandre fumait encore, déjà à moitié fissuré. Avant que son possesseur n’ait pu faire exploser la charogne avait un autre geyser, celle-ci ramassa la bonbonne et revint rapidement vers le géant pour l frapper avec à l’endroit où était censé se trouver son visage.

Une grosse partie de la carapace rouillée vola en éclat dont les morceaux tombèrent mourir dans la neige. L’irlandaise s’apprêtait à voir un visage, enfin, à savoir ce qu’elle affrontait mais en fait… il n’y avait rien. Simplement cette masse noire qui semblait plus sombre que la nuit, avec des yeux incandescents comme l’enfer qui la fixaient avec une fureur indicible. Comme un spectre, l’ombre s’extirpa de sa carcasse en râlant, nuage noire et informe qui se souleva dans le ciel.

A cet instant, elle comprit. Elle comprit que cette chose pouvait être encore plus dangereuse maintenant, qu’elle canalisait toute sa haine chimérique, qu’elle risquait de mourir. L’impression écrasante qui émanait de ce voile obscure était terrifiante, la jeune fille n’avait pas prévu ça. Elle avait un mauvais pressentiment, et la peur de mourir devint trop intense. Son pouvoir létal se déclencha. Ses membres s’engourdirent, son cœur cessa de battre et elle s’effondra « morte » au moment où la chose fondait sur elle.

Ce fût alors comme si on l’avait plongée dans un bain d’eau bouillante au-delà du supportable. Elle avait l’impression que ses organes étaient en ébullition à l’intérieur de son corps, que ses tissus se déchiraient. Sa peau se couvrait de cloque, rouge, brûlée. La douleur était tellement insoutenable qu’elle avait l’impression qu’elle allait devenir folle, mais elle ne voulait pas mourir, pas maintenant, pas comme ça.

Comment de temps dura ce supplice qui la mutilait ? 30 secondes ? 1 minute ? 5 minutes ? Elle avait perdu le fil, elle savait simplement que quand le spectre se dissipa dans l’air, sans doute incapable de vivre longtemps hors de son scaphandre, elle avait l’impression d’être une braise brûlante laissée dans la neige.

Ses vêtements étaient intacts mais son corps était méconnaissable. On aurait dit qu’on l’avait fait bouillir : sa peau était molle, couverte de cloques, coulant sur ses os fragiles. A l’intérieur, ses organes avaient explosés, son cerveau avait fondu. La terreur était toujours là mais elle le savait : sans son pouvoir : elle n’existerait plus. L’irlandaise mit fin à sa paralysie morbide. Ses chairs se reconstituaient alors d’elles-mêmes, dans un amalgames de douleur et de sensation de chairs en mouvement, mais en quelques secondes, c’était comme si elle n’avait jamais rien eu.

Tout était calme désormais. Un silence presque inquiétant avait envahit cette endroit, il ne restait au sol que la combinaison vide du géant scaphandrier pour témoigner de ce qui venait de se passer. Son mal de crâne aussi. Alexander n’était toujours pas ressortit de la grotte, ça devenait préoccupant. Avec précaution, Melena sortit sa lampe torche pour le découvrir à moins de deux mètre de l’entrée, inconscient. Elle se pinça les lèvres : voilà où le menait sa témérité mal placée. Elle fût tentée de le laisser sur place, mais il l’avait bien aidé, il fallait le dire, et il ne l’avait pas abandonnée la veille, lui.

Le frigophobe avait l’air d’avoir une aile tordue, mais elle n’était pas ornithologue, elle n’en savait trop rien. Quoiqu’il en soit, il était impossible pour elle de le porter pour le mettre sur le traîneau, il allait falloir attendre qu’il se réveille. Après avoir rapidement inspecter le fond de la caverne froide pour réaliser qu’elle était étrangement vide, la nécrophobe sortit pour rapprocher leur véhicule de l’endroit où ils se cachaient, histoire de l’avoir en visu. De retour, elle déploya sa couverture de survie pour la poser sur le rapace inconscient. Elle avait récupéré ses vêtements aussi, elle n’avait pas spécialement envie de le voir nu quand la transformation prendrait fin.

- Aller grand imbécile, souffla-t-elle, tu t’es bien débrouillé, alors évite de mourir maintenant.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 15:32

Alex le rapace se réveilla doucement... Recouvert d'une couverture, et au dessus de lui, Melena. Elle l'avait encore traité d'imbécile, non? Peu importe, elle ne l'avait pas laissé de côté. Il secoua la tête, et cria doucement, voulant lui montrer qu'il était content. Il se frotta doucement à ses jambes, puis sentit une douleur, le faisant souffrir. Melena pouvait entendre le petit bruit de douleur que fit l'oiseau. C'était son aile gauche. Tordu, il aurait du mal à voler. Le hasard fait bien les choses des fois.

Il alla a pattes jusqu'au traîneau, cherchant à appeler Melena pour la faire venir. Il allait bien, il n'allait pas mourir. Juste son aile. Il se demanda si cela allait rester tel quel lorsqu'il redeviendrait humain... Il n'en était plus à cela près. Puis il chercha à se rappeler combien de temps cela devait durer. Cela dépendait de l'usage, de la dose... Mais cela pouvait durer dix minutes comme deux heures, selon les personnes, il s'en rappelait. Bah, il était aussi bien, en oiseau blanc.

Tandis que la jeune nécrophobe reprit les rênes du traîneau, il s'installa non loin d'elle, ayant laisser la couverture derrière, pour s'installer dessous le moment venu. Il n'était pas pudique, mais tout de même, elle ne voudrait sans doute pas le voir comme ça.

Il se mettait tout contre elle, la regardant droit dans les yeux... Enfin, si elle le regardait, c'est ce qui se passerait. Il espérait un regard vers lui. Qu'elle puisse voir en lui que ce qu'il avait dit, pour lui ce n'était pas stupide. Elle aurait du mal à le saisir. Il se demanda même si ce qu'il avait dit, on ne lui avait pas déjà dit. Il était certain qu'elle avait vécu des mésaventures. Mais, quoi qu'il arrivait, s'il devait se séparer, il la retrouverait, pour l'aider, pour l'accompagner et l'épauler. C'était décidé. Bien sûr, elle était autoritaire, elle pouvait être exécrable... Mais il n'en avait rien a faire. C'était une de ces rares raisons qui le faisait encore et encore se battre pour survivre, qui le faisait tenir dans la douleur.

Il cria doucement, comme pour lui dire tout cela, mais tout était vain. Il le savait, cette forme était plus qu'épuisante pour tenir un discours. Il secoua la tête, résigné à ne pouvoir parler. Il regarda la jeune femme à nouveau, à l'endroit où sa cicatrice se trouvait. Si c'est ceci qui l'avait transformer, il trouverait un moyen de savoir comment elle avait subit ça, sans réveiller cette blessure... Et il tuerait celui qui avait fait cela, quoi qu'il en coûte pour sa vie. Mais ne lui en parlerait pas tout de suite, à elle, qui en avait déjà assez vécu.

Ils pouvaient voir le village au loin lorsque le frigophobe sentit des picotements, et il préféra se précipiter au plus vite sous la couverture... Alors qu'il se retransformait en humain. Nu, bien sûr. Il avait froid, et il se réveilla, en grimaçant et grognant lorsqu'il chercha à bouger son bras gauche. Cassé, sans doute. Et bien rouge, aussi. Il se débrouilla tant qu'il pu pour remettre rapidement sa tenue techyoïte, craignant toujours plus le froid que sa blessure et ce que ça pouvait causer. La première chose qu'il dit à la jeune fille fut.

- Tu vois, c'était facile!

Il se voulait souriant, mais son bras lui faisait atrocement mal. Et son cœur battait trop vite à son goût. Il décida de redire au moins une partie de ce qu'il voulait lui dire. Il posa sa seule main valide sur son épaule.

- Désolé pour la discussion rapace-homme, pas évident. En tout cas... Quoi qu'il arrive après ça, je désire t'accompagner et t'épauler. T'es une bonne amie pour moi, malgré ton autorité parfois exagéré. Mais je sais que ce que tu as du vivre était difficile, et je l'accepte. Mais je ne suis plus ton ennemi comme j'aurais pu l'être autrefois. Tu avais raison à Gloutoniskaïa, je me comportais bien plus comme un gosse qu'autre chose, un gosse qui cherchait ou aller, qui cherchait à comprendre ce que "relation" voulait dire. Mais je ne suis plus ce garçon-là.

Il remit une de ses mèches, puis il retira sa main. Elle allait sans doute mal le prendre, mais il en avait rien à faire.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 17:50

Finalement, Alexander ouvrit les yeux. Il avait l’air de souffrir, mais apparemment pas suffisamment pour l’empêcher de se redresser et de marcher gauchement jusqu’au traîneau. C’était bien ça, son aile – donc certainement un bras – était endommagé. C’était peu cher payé après tout, sa précipitation aurait pu le tuer. Melena reprit lentement les rennes, moralement épuisée par cet affrontement, comme si la douleur qu’elle avait endurée résonnait encore en échos dans ses cellules. Il y avait sa migraine aussi, impitoyable. Au moins, elle se félicitait d’avoir eu le réflexe de renvoyer le cadavre dans son coffre avant de simuler la mort. Il pourrait toujours servir.

Pendant le voyage retour, elle ressentait le corps du rapace contre elle. Que voulait-il ? Se réchauffer ? Profiter de sa forme pour faire un câlin ? Impossible de savoir. L’adolescente n’osait pas le regarder, sans réellement savoir pourquoi. Peut-être parce que cette dévotion lui faisait peur ; elle ne voulait pas lire dans ses yeux perçant une fidélité inconditionnelle parce que… ça la mettait mal à l’aise. Elle n’était plus une fille qu’on pouvait aimer, elle le savait. Ce qui l’attendait dans le monde réel la condamnerait tôt ou tard. Inutile de s’attacher à elle ; c’était de la souffrance gratuite.

Toujours muette, l’irlandaise entendit plus qu’elle ne vit le frigophobe redevenir humain et se rhabiller. Il chercha à détendre l’atmosphère en disant que c’était facile, ce qui lui tira une esquisse de sourire qui disparut aussitôt. Nouvelle déclaration, nouveau contact fugace, mais cette fois, son cœur rata un battement. Elle se sentit fébrile, comme si… comme si ça lui plaisait, que quelqu’un lui témoigne une affection aussi désintéressée ; mais en même temps, elle ressentait le poids d’une tristesse immense. Elle était maudite ; toutes les personnes qui la côtoyaient était destinée à souffrir et mourir. N’était-ce pas le cas jusqu’à maintenant ?

Melena fit s’arrêter le renne brusquement. Ils étaient encore au milieu de nulle part, avec le village de Noël en vue. Le silence les enveloppa un moment, jusqu’à ce qu’elle trouve la force pour se tourner vers lui et rencontrer ses yeux bleus. Elle avait envie de continuer à le détester et le mépriser, mais elle n’y arrivait plus vraiment. La distance qui les séparait était si courte… elle pourrait se pencher et rencontrer ses lèvres ; et sans réellement comprendre, elle en avait envie. Un mal de chien irradiait sa poitrine frêle. Elle retint son geste avec tristesse et dit faiblement :

- C’est vrai que tu as changé. Tu réfléchis toujours aussi peu la plupart du temps, jugea-t-elle sans sourire, mais ouai, t’a quelque chose de plus.

Elle se mordit la lèvre inférieure avant de reprendre, déviant ses yeux gris désormais incapables de soutenir le regard de son acolyte.

- Mais je ne suis pas ce que tu crois… j’ai fais des horreurs je t’assure… tellement… je deviens folle, je le sais. Les images dans ma tête me font peur, mes pouvoirs me font peur… tu ne comprends pas je… je suis devenue un monstre ! Je suis même déjà morte une fois… pour de vrai, et je suis toujours devant toi.

Une expression douloureuse déforma son visage alors qu’elle essuyait ses yeux qui s’emplissaient de larmes. Avait-elle prit le temps de pleurer depuis la seconde mort de sa mère ? Elle se souvient avoir été énervée, mélancolique, déséquilibrée, mais pas d’avoir pleurer. C’était pour les enfants ça, pas vrai ? Pas pour elle.

- Je suis désolée… je crois que s’attacher à moi n’apporte rien de bien. Je ne suis plus vraiment une humaine, quoiqu’en dise les autres. Elie a essayé de me rassurer en disant qu’on est dans un rêve, que ce n’est le vrai monde, que ce que je fais ici n’a pas d’impact… mais elle se trompe. Depuis que…

L’adolescente s’interrompit. Elle sentit qu’elle allait partir dans un discours sans fin qui n’avait pas lieu d’être. Qui n’aurait sûrement aucun sens vu son état. Cédant à sa pulsion sans crier garde, elle s’approcha et posa ses lèvres contre celles d’Alexander. Un court instant, comme une gamine qui voulait voir ce que ça faisait d’embrasser un garçon. Et comme cette gamine, elle avait frissonné. Elle coupa immédiatement court à toute éventuellement suite à ce geste en imposant d’une main une distance de sécurité entre elle et son aîné.

- Excuse-moi… je ne peux pas être celle que tu voudrais que je sois… je ne suis pas qu’une « fille avec un ton autoritaire un peu exagéré »… je suis en train de devenir folle. Folle et condamnée à mort. Je vaux pas le coup.

Et ce baiser volé, elle l’emporterait dans sa déchéance. Comme souvenir qu’un jour, quelqu’un avait réanimé son cœur d’humaine brisé sous le poids du sang. Lentement, elle fit volte face pour relancer le traîneau.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Dim 6 Juil - 20:05

La première chose qu'avait répondu la nécrophobe, c'est qu'il ne réfléchissait pas plus qu'avant. Elle ne savait vraiment pas voir comment il réfléchissait, hein? Pour lui, rien n'avait de réel importance. C'était un insouciant, c'est vrai. Mais pour une fois, il avait quelque chose qui lui tenait à cœur, une amie, une de ses rares amies en ce monde de rêves et de cauchemar. Et rien ne l'empêcherait de recommencer ses gestes héroïques.

Puis elle geignait ce qu'elle était devenu, le fait qu'elle était morte... Il n'en avait cure. Ce qui comptait, c'est que c'était elle qui l'avait sauvé, aidé, que c'était une bonne personne. Qu'elle devienne folle? Et lui, ne devenait-il pas fou aussi? Mais il savait qu'il y avait quelque chose. Elle avait évité son regard, à plusieurs reprises. Et elle avait pleuré, chose qu'il n'avait pas vu jusqu’alors, preuve que ce qu'il pensait était vrai.

Et, d'un coup, il eut la confirmation de ce qu'il pensait: elle se retourna pour l'embrasser. Un baiser court, mais intense, quelque chose qui resterait gravé dans sa mémoire. Il avait réussi à la faire revivre, à la faire devenir femme. Mais elle le repoussa doucement, sans violence. Il croyait ressentir la mélancolie. Elle déclara en gros qu'elle était un cadavre ambulant... Il n'y croyait pas, mais il savait que, là encore, ce serait à elle de le décider.
Et la réponse ne serait pas aujourd'hui. Elle fit redémarrer le traîneau, mais il chercha à parler une dernière fois à la Melena qu'il avait connu ses derniers jours.

- Je pense que je deviendrais fou aussi. Mais je suis pour l'heure assez fou pour te dire: tu vaut le coup. Et le jour où tu le comprendras, je serais avec toi. Peut-être seulement en tant qu'ami, tu décideras, et je ne chercherais pas à forcer ta décision. Mais je te suivrais, t'accompagnerais, t'aiderais. Et, si comme tu le dis tu deviens un monstre, j'en assumerais les conséquences, mais je n'arrêterais de te protéger.

Il était sincère. Un peu de tristesse pouvait se lire dans son regard et la neige qui tombait autour de lui. Puis, il les ferma, et il redevint l'Alexander servant. Il se rendit compte qu'au final, il avait sans doute été destiné à cela: servir une bonne cause, mais toujours sur les talons des autres. Mais cela ne le gênait pas.

Ils arrivèrent peu de temps après dans le village. Félixi était là.

- C'est fait. Vos transports seront en sécurités à partir de maintenant.

- Merveilleux! Comme promis, vous serez toujours le bienvenu chez nous. Ah, et voici pour vous!

Il tendait deux tickets pour partir en direction du continent. Il en prit un, et tendit l'autre à Melena.
Puis il se retourna vers Félixi alias Prof.

- Vous avez pas un n... un lutin infirmier qui pourrait m’ausculter rapidement?

Félixi regarda son bras, et fit signe de la tête à un lutin, qui voulut l'emmener à l'infirmerie. Il fit signe d'attendre au lutin, et il se tourna vers Melena.

- Cela ne te feras rien si on se repose ici un jour ou deux, le temps de récupérer?

Il demandait cela d'un ton neutre. Il espérait qu'elle dise oui, qu'elle dise qu'ils pourraient dormir ensemble... Mais il savait que ce n'était qu'un rêve éveillé. Le jour où cette sensation de mort serait dissipé de la jeune femme, alors cela arrivera. Mais pour l'heure, il dormirait seul. Il partit avec le lutin en direction de l'infirmerie.

Bilan du jour: un bras cassé, un géant tué, un baiser tendre et un séjour gratuit à vie au village du père noël. Et peut-être une relation durable, qui sait?
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Lun 7 Juil - 17:16

La dernière tirade d’Alexander la laissa muette. C’était à la fois trop mignon et tellement… surfait. Qu’est-ce qui lui disait que le destin ne les séparerait pas ? Qu’il ne rencontrerait pas quelqu’un d’autre ? Une fille plus belle, plus disposée, plus agréable. A cette idée, Melena se découvrit quelque chose qu’elle n’aurait jamais pensé ressentir à pour le frigophobe : un pincement au cœur qui s’appelait « jalousie ». Un sourire triste et discret naquit sur son visage blême. A défaut de la persuader, le discours de son ami lui redonnait espoir.

Félixi les attendait déjà à l’entrée de la ville, billets de récompense en mains, comme s’il savait déjà tout. Douteux, mais qu’importe. L’adolescente avait encore mal à la tête et était toute bouleversée par ce qui s’était dit et fait sur le traîneau. En vérité, elle n’osait pas avouer qu’elle aspirait à un peu de tranquillité. Quand son aîné lui demanda si cela la dérangeait de rester quelques jours, elle haussa les épaules. En fait quand elle y réfléchissait, elle n’était venue à Dreamland que pour récupérer son ombre. Maintenant qu’elle l’avait… lui restait-il mieux à faire que se réveiller ? Cette solution était également le meilleur moyen de retrouver Jade, Elie et Ace.
Qu’est-ce qui la retenait ici alors ? …

Avant de partir emmener Alexander à l’infirmerie, le général lutin lui glissa un pass premium de l’hôtel où ils seraient nourris et logés tant qu’ils restaient en ville. L’établissement s’appelait humblement le « Blanc Hôtel » et se trouvait dans l’aura resplendissante du centre commercial. Seule, la nécrophobe se mit à marcher lentement. Un sentiment nouveau chauffait sa poitrine fragile et lui donnait l’impression d’être en coton : celui d’être aimée, d’aimer aussi, un peu.

C’était paradoxal parce qu’elle ne voulait pas d’une relation factuelle comme Elie et Ace, elle n’était pas encore prête. Par contre, elle voulait continuer d’exister dans les yeux bleus du frigophobe ; savoir que ce type un peu bêta pensait à elle et ne la laisserait pas tomber. Peut-être un jour serait-elle une petite amie digne de ce nom finalement ?

Passant devant une boutique minuscule, son regard pensif s’arrêta sur un objet qui affichait la somme raisonnable de 150 rubz. Melena se mordit la lèvre inférieure quelques minutes, les battements de son cœur accélérant légèrement la cadence, puis elle entra timidement. Rien d’autre ne l’intéressait. Elle sortit donc des gemmes de sa bourse pour payer la petite vieille à la caisse et ressortit, un sourire flottant sur ses lèvres, contemplant les deux pendentifs complémentaires qu’elle venait de se procurer.

Quand elle arriva à l’hôtel, un homme peigné au millimètre l’accueillit, proposant de porter ses affaires jusqu’à la chambre qui lui avait déjà été réservée, au premier étage. Même si un instant elle s’était mentalement préparée à l’idée de faire pièce commune avec Alexander, elle fût soulagée de voir que Félixi avait pensé à leur prendre deux suites distinctes. C’était mieux ainsi pour l’instant, vraiment.

L’irlandaise s’offrit une longue douche chaude, plutôt pour le confort que par nécessitée. Elle pensa à laver ses sous-vêtements sales aussi et de les étendre dans un coin, posés sur un radiateur. Cette fois, son reflet ne l’effraya plus. Comme si son acolyte des deux derniers jours avaient su lui rendre un brin de confiance dans ce qu’elle était. Elle réussit même à se sourire, sans pouvoir s’empêcher de penser que celle qu’elle voyait dans cette glace avait un peu de chance dans son malheur.

Au moment de se rhabiller, elle allait attraper sa combinaison techyoïte, puis se ravisa. La robe de soirée, ce serait mieux, non ? Elle remit son manteau par-dessus parce qu’elle voulait masquer ses cicatrices, mais ne mit pas d’écharpe cette fois, laissant son décolleté dévoiler sa peau ivoirine, mais surtout son tatouage noir. Elle mit aussi son puzzle d’âme autour de son coup, le pendentif tombant juste devant la tête de mort tapie entre ses deux petits seins. Abandonnant l’idée de se coiffer, elle noua ses longs cheveux d’ébène en chignon, dégageant sa nuque laiteuse et gracile.

Elle descendit alors attendre dans le hall, un verre d’une boisson local non alcoolisée dans les mains. Ses orbes d’orage presque incapables de se détacher de l’entrée. Quand Alexander fit enfin irruption, le bras gauche dans le plâtre, Melena eut l’impression ne jamais l’avoir regardé avant. Il n’était pas si moche que ça en fait, ni si mal bâti. Il y avait un air un peu pommé dans son regard, et l’absence de sa main était un peu perturbante. Mais… s’il l’acceptait avec ses cicatrices, elle ferait avec les siennes, pas vrai ?

L’irlandaise attendit qu’il regarde dans sa direction pour lui faire un signe l’invitant à venir s’assoir en face d’elle. Quand ce fût le cas, elle eut soudain l’impression d’avoir perdu la parole. Les yeux de son aîné la perturbaient – la trouvait-il aussi jolie que la veille dans sa robe ? Question idiote. Elle trouva donc un intérêt inouï au bois de la table et ne sachant comment engager la conversation, elle lâcha sur son habituel ton autoritaire :

- Tu aurais du me laisser faire l’appât. Un bras cassé, tu mettras plus d’un ou deux jours pour t’en remettre, c’est malin.

Elle se mordit la lèvre. Ce n’est pas du tout de ça qu’elle voulait reparler. Ses traits s’adoucissant, un fond de tristesse envahissant ses iris métalliques, elle sortit en soupirant de la poche de son manteau l’autre moitié de son puzzle d’âme et la posa devant le frigophobe.

- Je ne peux pas être ce que tu attends de moi pour l’instant. Je te l’ai dis, je suis désolé. Il y a eu tellement de trucs que je… je suis pas prête. Pas pour l’instant. Je ne peux que t’offrir ça… comme ça si jamais quelque chose ici nous sépare, on saura qu’on ne se sera pas perdu complètement. Tu n’as qu’à le garder tant que tu te sens de… « d’attendre » que ça se passe mieux pour moi.

Melena déglutit avant la suite, sans doute la partie qui lui faisait le plus mal à articuler.

- Et si tu veux passer à autre chose, tu n’auras qu’à le jeter, c’est simple.

Cette fois-ci, elle ne l’embrasserait pas, et priait pour qu’il ne le fasse pas non plus. Il devait comprendre que malgré le geste qu’elle avait elle-même engagée plus tôt, elle n’avait pas envie d’une suite. Pour une raison idiote comme seules les femmes étaient capables d’en trouver, mais l’adolescente n’avait pas envie de changer d’avis. Elle espérait simplement qu’il ne lui en voudrait pas.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Lun 7 Juil - 21:44

La "naine" infirmière regarda son bras, l'ausculta sous toute les coutures, d'un regard qui, semblait-il à Alexander, n'était pas que médical. Elle avait même plutôt l'air intéressé et ne s'occupait pas de son bras.

- Comment un grand garçon comme vous a pu se faire une blessure aussi laide?

Il se demanda un moment si elle parlait de se main ou de son bras. Mais il avait clairement remarqué qu'elle cherchait surtout à le complimenter et à l'amadouer. Il préféra être clair, sans être tranchant. Il prit son ton amusé.

- Oh bien, j'ai aidé ma jeune princesse à sauver votre village, et je l'ai sauvé d'un assaut!

C'était à moitié vrai, vu qu'il ne l'avait pas sauver. Mais cette phrase eut l'effet escompté, bien que la lutin avait l'air mécontente. Elle lui demanda de tendre son bras de sa petite voix, et le piqua, sans même faire attention, ce qui poussa un grognement au jeune homme. Il ne pensait cependant pas à ce qui se passait ici. Il n'avait eu aucun reproche de la part de la jeune fille... Elle était juste restée silencieuse... Commençait-elle enfin à comprendre? Peut-être. Mais il ne saurait pas cela de suite. Pour le moment, il devait s'occuper de sa nouvelle blessure... Pas des vides plus ou moins comblés. Il en aurait pour un moment, d'après l'infirmière. Elle voulait qu'il se repose, mais il n'y tenait pas. Il avait un peu peur de la lutin.

- Je vais très bien, je marche, et je bouge! Je n'aurais qu'a pas bouger le bras gauche voilà tout!

Alors qu'il se levait, il grimaça tandis que son bras gauche frottait le bord du lit.

- Laissez-moi au moins vous mettre un plâtre!

Il accepta, mais il demanda de d'abord pouvoir se laver, et être dans une tenue décente. Une douche chaude, et des vêtements chauds... Il prit sa veste d'hiver, dont il ne se servait que peu, tandis que ses autres vêtements étaient lavés par la lutin... Vraiment flippante, celle-là. Mais la douche était réparatrice, et il se sentait comme chez lui ici... Le froid en moins. Elle lui mit avec l'aide de sa magie son plâtre. La magie ne pouvait apparemment pas permettre des soins rapides, mais au moins facilitait-elle les méthodes standards.

Il la remercia brièvement, puis il partit à la recherche de la jeune nécrophobe. Il regarda le ticket. Un pass premium? Au moins, ces nains respectaient leurs engagement. C'était presque trop beau pour être vrai. Comme si...

Il devait se faire des idées, à la manière de Sydney. Il ne croyait pas au complot, mais n'avaient-ils pas su qu'ils allaient réussir? Et puis, ils étaient toujours à leur petit soin... Il secoua sa tête. Non, il se faisait des idées, c'était impossible. Et puis, il avait d'autre chats à fouetter, à ce moment-là.

Il arriva à l'hôtel, et vit Melena, resplendissante dans sa robe, comme la veille, l'attendant debout dans le hall, près d'une table. Elle l'invitait à s'asseoir. Sa tenue, son comportement... Peut-être qu'au final, ses mots avaient fait mouche? Ce qui était sûr, c'est que ce n'était plus la même tristesse qu'il trouvait dans ses yeux. Son cœur faisait des bonds.
Il crut au départ que sa tenue était juste un concours de circonstance, car elle commença à lui faire des reproches sur son acte. Il sourit, riant presque, considérant cela comme une plaisanterie.

- Bah, ce n'est que l'histoire de quelques jours! Et puis, heureusement que c'était le bras gauche moins utile! Sans le bras droit, j'aurais été un manchot!

Il riait doucement, puis il la regarda et se tut. Elle était embêté par autre chose, ça se voyait lorsque la jeune femme se mordait la lèvre. Elle posa devant lui une amulette... Il crut reconnaître ce que c'était. Il avait déjà vu cela dans un magasin. Mais ce qu'elle lui dit avait sans doute plus d'importance que ce cadeau. Elle croyait toujours que c'était une mauvaise idée, mais d'un autre côté... Il savait qu'elle voulait y croire.
Il tendit la main, frollant ses doigts doucement. Il voulait l'embrasser... Mais il retira sa main doucement. Ce n'était pas le moment.

- Ne sois pas idiote. Je le garderais le plus près de mon cœur, Mel. J'aimerais te donner quelque chose moi aussi, mais je ne peux que te donner mon amour, même si je dois le garder en réserve.

Il mima son cœur partant vers elle. En faisant ce geste, il grimaça. Pas terrible, ce plâtre. Mais il fit disparaître rapidement cette grimace avec un air amusé.

- Tu sais que tu es encore plus craquante quand tu te mordilles les lèvres? Il ne faut pas avoir peur d'être sincère avec moi.

Il se leva sur ses mots, réajustant sa tenue d'hiver.

- Tu veux faire un tour, où on va se reposer? La journée a encore été éprouvante, pour nous deux!

Elle ne voudrait sans doute pas sortir, il le savait. Elle voudrait du calme, sans doute. Mais peu lui importait. Malgré ce que voulait dire ce pendentif, il l'avait vu agir bien différemment que ces derniers jours, et il appréciait cette "nouvelle vie". Il était plutôt heureux, même s'il n'avait jamais autant subi de risques mortelles depuis son retour à Dreamland.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Mar 8 Juil - 8:36

Melena eut l’impression de recevoir un sceau d’eau glacé sur la tête. Qu’Alexander ne prenne pas ses remontrances au sérieux, c’était une chose. Mais ensuite, sa démonstration niaise de son « amour » pour elle était vraiment rebutante. Visiblement, elle ne s’était pas bien fait comprendre… ce qu’elle avait voulu lui signifier, c’est que oui, il lui plaisait bien, il avait sans doute mit le doigt sur quelque chose de sensible en elle, mais c’était tout. Elle n’était pas prête à avoir une relation avec quelqu’un, elle n’était même pas sur d’être vraiment "amoureuse".

C’était compliqué oui… le plus simple reviendrait à dire qu’elle avait des « sentiments » pour le frigophobe. Au fond, peut-être s’était-elle emballée, parce qu’elle savait que le chaos émotionnel lié à Jade était toujours tapi quelque part, parce que ce comportement d’Alexander, elle l’exécrait. Rien de tout ceci ne parvint à sortir de la bouche de l’irlandaise qui resta muette un moment, comme un poisson hors de l’eau. Puis elle se leva, fébrile, mais cette fois parce qu’elle avait l’impression de voir un idéal s’écrouler. Dur retour à la réalité.

- Tu ne peux pas t’en empêcher hein ? souffla-t-elle, ses yeux gris plus froids que le climat extérieur. Les déclarations d’amour guimauve à gerber comme ça, ça ressemble étrangement à ce que tu déblatérais à Myia.

Ça y est, elle se souvenait pourquoi elle ne supportait pas de s’attacher aux mecs. Parce qu’ils étaient aveugles et stupides. Pourquoi son aîné n’avait-il pas vu la limite ? Pourquoi n’avait-il pas comprit que son discours signifiait en gros « désolé, je n’ai pas envie de sortir avec toi pour l’instant, mais y’a un truc chez toi qui me plait bien, alors peut-être plus tard. » ? Non. Alexander y avait vu une déclaration d’amour et rien de plus, rien de moins.

- Je ne suis pas une de ces filles que tu peux embobiner avec des phrases toutes faites Alex, je pensais que tu aurais au moins compris ça. Mais non… non tout ce qui t’intéresse c’est que je partage ton lit le plus tôt possible, pas vrai ? Comme si j’allais soudainement changer d’avis parce que tu m’as couverte de fleurs et conté un poème.

Elle commença à s’éloigner, plantant le frigophobe dans sa chaise. Les battements sourds de son cœur étaient étouffés par la colère et la déception. Elle voulait partir, immédiatement. Son billet était prêt, ses affaires aussi, à quoi bon attendre ? Soudainement, l’adolescente se rendit compte comme Elie, Ace et Jade lui manquaient. Même si la mauvaise jumelle et son Jules n’avaient pas été des plus agréables avec elle dernièrement, ils avaient été les amis les plus fidèles qu’elle ait jamais eu – ceux qui l’avaient le moins déçu aussi.

Avant d’accéder à l’escalier rouge qui montait aux étages, Melena se retourna, le visage fermé, ses yeux illisibles, comme deux miroirs sans teint. Jamais l’idée qu’elle faisait une erreur lui était venue en tête ; elle était vindicative et acide, comme à son habitude. C’est tout ce qu’elle savait être, comme un petit animal qui mordait hargneusement pour se défendre :

- Tu n’as pas changé tant que ça en fait. Et je ne serai pas sur ton tableau de chasse. Mais cette ville doit être plein de jeunes célibataires qui ne feront pas autant de chichis que moi pour dormir avec toi ce soir. Et t’as qu’à…

« M’oublier » voulut-elle finir, mais le mot resta coincé dans sa gorge. C’était encore trop tôt pour bruler toutes les chances de son aîné, trop tôt pour jurer qu’un jour, elle ne retournerait pas le voir. La nécrophobe secoua la tête en signe de négation t fit volte face, remontant dans sa chambre en grimpant les marches 4 à 4. Là, elle prit soin de fermer sa porte à clef et retira immédiatement sa tenue de soirée pour remettre sa combinaison techyoïte.

C’est ce qu’elle était. Une voyageuse, pas une minette en robe qui s’enlisait dans les sentiments. Elle se sentait tellement plus à l’aise comme ça… en quelques minutes, tout était prêt. Le soleil commençait à tendre vers l’horizon, devait-elle partir maintenant ou attendre le lendemain ?


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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Mar 8 Juil - 10:13

Au final, Alexander s'était sans doute trompé sur le compte de Melena. Peut-être n'avait-elle pas changé. Elle commença à s'énerver sur lui, ce qui fit retourner plusieurs lutins. Lui criant qu'il avait fait la même chose avec Myia. Qu'il voulait coucher avec elle, qu'il n'avait pas changé. Chaque mot était comme une flèche dans son être, chaque pointe lui morcelait une partie de lui. Ce qu'il avait cru ressentir en elle... Pour elle...  Il aurait du penser à ce qui allait arriver. Il avait dit une chose qu'il n'aurait pas dû dire. Elle partit en trombe, étouffant un mot, qu'il cru deviner. L'oublier? C'est ce qu'elle voulait vraiment? Il était sûr que non, sinon elle aurait déjà repris son amulette, et elle aurait finis sa phrase.  Mais au final, il n'était plus si sûr de tout cela.

Une "naine" attristé arriva vers lui.

- Tout va bien? Je peux vous...

- Pas maintenant.

Alexander avait le visage fermé, froid. Il monta dans sa chambre, retrouvant ses affaires. Il réfléchissait à tout cela, où cela l'avait mené. Il avait dépassé les limites, et, elle avait raison, il s'était comporté comme avec Myia à un moment. Elle avait aussi raison qu'au départ, il voulait plus aller dans son lit qu'autre chose... Mais son cœur lui faisait tout de même mal, car il espérait vraiment qu'elle aille mieux. Il voulait pleurer, mais ses larmes ne venaient pas. Une part de colère montait en lui. Contre elle, pour être partie comme ça, sans le laisser parler. Mais surtout contre lui-même. Peut-être était-elle partie maintenant, ne désirant plus le revoir? Peut-être était-elle parti voir ses "vrais" amis?

Il repensa à ses amis à lui. Selene, Myia, Sydney, Jake... Melena, qui venait de partir. Pourquoi Melena comptait toujours pour lui, malgré ce qui venait de se passer, malgré ce qui s'était passé à Glouto? Non, ce n'était pas la même chose. Là, il savait que c'était mérité. Et puis, elle ne l'avait pas tué. Il voulait lui dire ce qu'il ressentait, ce qu'il pensait... Mais sa colère, sa tristesse... Il essaya tout de même d'aller vers la chambre de Melena, voulut frapper à la porte... Mais ne le fit pas. Non, il allait juste envenimer les choses. Il prit ses affaires, remplaçant sa tenue chaude par sa combinaison. Il savait ce  qu'il allait faire. Il n’allait sans doute rien arranger. Mais sa colère contre lui était bien plus forte que tout autre sensation relative à la sécurité, à la raison, à l'amour qu'il avait pour elle. Il arriva à l'accueil, qui était un peu plus vide. La nuit était tombé, mais un lutin était toujours là.

- Vous partez déjà?

- Oui. Vous pourriez me remplir cela de glace, et me donner de quoi écrire?

Pas de remerciement, ni politesse. Il n'en avait nul besoin. Il tendit sa glacière au lutin, qui acquiesça en silence et lui donna du papier, une lettre et un crayon. Il écrivit son mot, et lorsque le lutin revint avec sa glacière rempli, il la mit dans sa hotte, penchant du côté plâtre, qui lui faisait mal. Le lutin voulait l'aider, mais il fit signe de le laisser.

- Donnez cette lettre à Melena lorsqu'elle sera réveillé, ou qu'elle passera par là. Je vous remercie de votre hospitalité en tout cas, et j'espère vous revoir dans de meilleures circonstances.

Il partit de l'hôtel après s'être renseigné sur les transports du coin, et sortit du village, tout en regardant son ticket. " Tout transport". Il voulait éviter le port, alors il allait chercher le transport le plus simple: les airs. Tout en marchant difficilement dans le froid mordant, touchant son visage pourtant couvert de son écharpe et de tout ce qui pouvait le chauffer, il repensait à ce qu'il avait écrit, entre deux grêlons de colère.

" Melena,
Je suis parti de l'hôtel ce soir, et ce pour plusieurs raisons. La première étant que nous avions convenu de retrouver tes amis, Elie et Ace, mais j'ai décidé vu les circonstances qu'il valait mieux que je parte seul, et je suis aprti en direction du drag'machin port. Si je les retrouve, je leur dirais que tu les cherche, ou tu te trouvait avant que je parte, et si je sais ou tu te trouves, je leur indiquerais. Mais je ne viendrais pas. Et c'est ma deuxième raison. Tu avais raison pour tout. Je me suis comporté comme un imbécile, plus d'une fois, et j'ai aussi voulu coucher avec toi. Mais n'en aurais-je pas profité lorsque tu dormais et que je t'ai porté, si je n'étais pas humain? Tu n'es pas Myia, et tu n'es pas sur mon tableau de chasse qui est inexistant. Tu es bien plus pour moi, même si tu ne désires pas vivre ainsi... Je peux le comprendre, même si cela me glace le cœur... Ce n'est peut-être juste pas le moment, mais peut-être qu'il ne sera jamais le moment...."


Il laissa une larme couler sur la neige tendit qu'il repensait à la suite de la lettre.

" Je veux juste que tu te sentes bien, et pour moi, tu n'es pas un monstre. Les monstres, ce sont ceux qui nous ont fait subir ça. Qui t'ont fait subir cela. Et ce sera la deuxième chose que je ferais après avoir retrouver tes amis: j'irais m'occuper de ces gens, et je leur montrerais ce qu'il en compte d'avoir fais souffrir des gens bons comme toi! Même si tu ne voudras sans doute plus jamais me parler ou me voir, je garderais ce puzzle d'âme avec moi. Mais je ne te gênerais plus sur ta route, Mel. Je suis encore désolé pour ce qui a pu se passer. Et je te remercie pour... T'être inquiété pour moi, et pour ces sourires et cette joie que tu as éprouvé, même un bref instant, en ma compagnie. Sur ce, je te dis au revoir, ou adieu si nous ne nous revoyons pas.

Alexander"


Elle ne comprendrait sans doute pas son acte. Elle voudrait sans doute le tuer, encore une fois, à leur prochaine rencontre. Mais cette fois-ci, il ne se débattrait pas. Il n'avait plus la force pour ça.

Mais il ferait d'abord ce qu'il a à faire.
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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Mar 8 Juil - 18:05

Melena ne savait pas combien de temps elle était restée immobile sur son lit, dans un mutisme sans pensée presque inquiétant. C’était étrange d’essayer de décrire comment elle se sentait. Idiote. Insensible. Fragile. Intouchable. Quand elle essayait d’imaginer qu’elle était passée outre et qu’elle avait passé la nuit avec Alexander… l’image qui suivait la dégouttait. Elle n’avait pas envie des mains d’un homme sur elle, pas envie de partager son intimité. Pas vraiment parce qu’elle était trop jeune… juste parce que ses envies étaient ailleurs. Ou plutôt, son absence d’envie avait asséché son corps.

Un hibou s’infiltra dans la pièce magiquement, apportant son Dreamland soir et repartant immédiatement. En gros titre, encore une Une en rapport avec Elipse : « LE DEBUT D’UN CAUCHEMAR – attentats à répétition dans la capitale. Les autorités sont débordées par ces attaques sans précédents ». L’irlandaise haussa les épaules. Le sort des habitants de cette ville lui importait peu : n’étaient-ce pas eux qui autorisaient pratiquement tout en ce qui concernait les voyageurs ? On ne peut pas semer le mal et récolter la bénédiction.

Elle jeta le journal dans un coin et lâcha ses longs cheveux noirs. Etait-ce le moment qu’elle essaye de se réveiller ? Elle avait bien envie de savoir ce qui se passait dans le monde réel. La radio du frigophobe aurait bien été utile à ce moment tient. Alors qu’elle allait s’allonger, on frappa à la porte. Pensant qu’il s’agissait de son aîné, L’irlandaise feignit ne pas être là, mais au bout de quelques minutes, une lettre passa sous sa porte.

Elle se doutait qu’il devait s’agir d’une complainte grandiose d’Alexander, ça lui ressemblerait, mais elle s’approcha lentement pour saisir le papier, curieuse. Ses yeux gris dévoraient les mots, certains lui faisant froncer les sourcils, d’autres fermer les paupières. La conclusion sur le fait qu’il s’occuperait de la venger lui tira un sourire, mi-moqueur mi-attendri. Savait-il au moins à qui il avait à faire ? Sans le savoir, il menaçait Kay et Chayan, les deux gardiens de la tour de Freedoom. Il passerait encore plusieurs lunes à Dreamland avant qu’il soit en mesure de les atteindre.

Avant de commettre son geste, Melena se demanda une chose : s’attendait-il à ce qu’elle accourt à ses cotés ? Sa lettre était rédigée avec une sincérité presque candide, notamment quand il parlait de sexe. Il n’avait pas compris qu’elle ne lui reprochait pas littéralement d’avoir voulu coucher avec elle… juste d’avoir « surtout » voulu ça, sans faire plus attention à ses sentiments, ses réserves et ses attentes – ou non-attentes. Du coup… le frigophobe était-il vraiment parti avec en tête de ne jamais la revoir, ou bien espérait-il qu’elle accourt en lui présentant des excuses ?

Cette dernière idée tira un sourire en coin légèrement mesquin à l’adolescente qui déchira froidement la lettre. Son cœur morcelé sursauta une dernière fois, puis la douleur diffuse disparue, annihilée par sa fierté démente : Melena Autumn ne s’excuse pas. C’est comme ça.

Sans prendre la peine de mettre les débris de papier à la poubelle, elle s’allongea sur son lit, ses cheveux en auréoles, les mains croisées sur son ventre. Elle tapait la mesure d’une musique imaginaire qui n’existait que dan sa tête. Pas besoin de se pressée. Elle partirait le lendemain – seule.

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Alexander Blizzhead

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Mar 8 Juil - 19:31

Après quelques minutes de marches, il avait l'impression que cela faisait des heures qu'il marchait, seul, épuisé. Quel idée il avait eu. Tout ça pour se "repentir". La neige s'était cependant calmé dans la pleine. Seule, la grêle de sa colère persistait, autour de lui, semblant jouer de ses envies de pardon. Il réfléchissait à tout, à rien.... Il ne savait pas où il allait devoir se diriger, ni ce qu'il allait faire. Mais avec son bras, il n'en serait pas capable, même avec toute la volonté du monde. Pas seul. Et il avait fait une promesse à Melena.

Melena, celle qui avait brisé son cœur et qui l'avait aussi piégé dans son carcan. Elle avait joué avec lui, et lorsqu'il s'était donné, elle l'avait rejeté. Elle voulait lui faire mal? Elle avait très bien joué, dans ce cas. Mais il ne désespérait pas. Elle n'appréciait pas l'être qu'il était? Alors ils allaient jouer au chat et à la souris. Il allait jouer au même jeu qu'elle. Et ce qu'il avait subi, ce soir, c'était ce qui le rendait fou, qui l'avait mené sur cette plaine gelée l'effrayant, alors que sa combinaison n'allait sans doute pas avoir assez de charges, que sa fatigue se faisait sentir.

C'est avec une détermination nouvelle qu'il se leva, retrouvant une force incroyable pour quelqu'un qui n'avait qu'un bras de valide, et qu'il repartit en sens inverse. Il allait chercher à lui faire plaisir, à la faire changer d'avis... A la faire revenir. Mais pas de la manière la plus logique qui soit, il le savait. Mais c'était beaucoup moins futile et stupide que ce qu'il venait de faire. Pour elle, tout ce qu'il avait fait était futile, et elle n'avait pas tort, il le savait déjà tout à l'heure. Mais cette fois-ci, il était réaliste, et non pas aveuglé par des sentiments qui auraient pu réchauffer son âme. L'âme de sa mère défunte savait sans doute ce qui allait se passer, et elle l'avait laissé vivre cela, mais pour une bonne ou une mauvaise raison?

Il retraversa le village des lutins, ne les regardant même pas. Un simple visiteur aurait pu voir les lutins apeurés devant le puits glacial des yeux du manchot. Certains lutins s'étaient tout de même avancés pour lui proposer son aide: il les avait repousser d'un regard absolu. Il arriva à l'hôtel, et il vit que le lutin à qui il avait confié la lettre venait de descendre. D'après son regard, il avait compris. La lettre était parti voir la personne. Il revint dans sa chambre, et reposa ses affaires, attendant de voir ce qui allait se passer. C'est à dire... Rien. Il n'était pas étonné.

Il se leva après une dizaine de minutes, et il frappa à la porte. Puis sa voix, glaciale comme elle ne l'avait jamais été auparavant, retenti dans le couloir.

- Tu n'as pas besoin d'ouvrir, ce n'est que moi. Tu n'as pas à t'excuser non plus, tu avais parfaitement raison.

Il n'attendait aucune réponse, il prit donc une inspiration profonde, et il continua, toujours aussi froid.

- Je t'ai fais une promesse: que je t'aiderais, et que je t'accompagnerais. Si j'était parti seul, je brisais cela, et je ne brise jamais une promesse. Et nous irons ensemble, que tu le veuille ou non, en ne repensant pas à ce qui s'est passé.

Il voulut rajouter "a moins que tu ne me tue" mais il savait que c'était comme demander un suicide. Et il n'allait pas lui donner cette satisfaction.

- Tu ne veux pas que j'agisse comme je l'ai fais ce soir? Très bien. Alors je vais agir comme tu le désires. Et ne te méprend pas, j'agirais en tant qu'ami, rien de plus.

Il avait hésité. Ami, réellement? Ses sentiments ne le feront pas faillir? Peut-être. Sauf s'il se repaissait de cette colère qui l'habitait, contre le monde, lui-même, et contre Melena qui ne comprenait définitivement rien.

- Je t'attendrais donc, demain matin. Il y a un drag-roport à une vingtaine de minutes d'ici. Nous irons ou tu voudras, tant que c'est loin d'ici.

Il soupira, puis il souffla un bonne nuit d'un ton bourru, en repassant dans sa chambre. Allait-elle venir régler ses comptes? C'était possible. Mais peu lui importait. Maintenant, il avait joué sa dernière carte. Et il la tiendrait au bout des doigts, jusqu'au bout, jusqu'à ce que Melena change... Ou pas. Il sentait que c'était une espèce de folie qui l'avait mené à cela. L'amour? Peut-être pas au final.

Mais il savait une chose: il n'aimerait personne d'autre, plus jamais. Il avait fait une erreur. Plus jamais il ne fera cette erreur. Si elle changeait, peut-être qu'il redeviendra lui-même. Mais pour l'heure, il était temps de laisser son corps refroidir.

Il s'allongea, en mettant sa combinaison à recharger. Il lui faisait confiance, soit pour le rabattre et rester, soit pour l'abandonner lâchement, comme lui avait voulu le faire quelques instants plus tôt.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: La mort & la glace   Mer 9 Juil - 10:12

Au sommet des monts infinis, loin... loin au-delà de la couche de nuage qui masquait le ciel en permanence se trouvait Odécia, la cité divine. Une grande partie des divinités de Dreamland avait élu domicile dans cette vaste cité de marbre, d’or et de platine. Un bâtiment gigantesque surplombait les autres palais, ses colonnes d’or immenses brillant d’une lueur aveuglante sous les rayons du couchant. C’était Ôh, la maison maîtresse, qui abritait les plus puissants des Dieux. Ces habitants changeaient régulièrement, au gré de l’évolution des croyances. Actuellement on pouvait y trouver Marchus, Alita, Chronos et Destin, tous assis en tailleur autour de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un échiquier.

- «Je m’ennuie. Ils tournent en rond et j’ai l’impression de perdre mon temps...» grogna Chronos, poussant du doigt une figurine d’aspect humain.

- «Je peux encore leur envoyer un monstre ou un géant.» répondit Marchus tout en penchant d’un air pensif son menaçant visage lupin.

- «Non ! Je n’en peux plus ! Je veux quelque chose de différent, je veux du neuf ! C’est toujours la même chose avec vous. Destin ! Fais nous un de tes tours, tu es doué pour ça ! Si on laisse faire ces deux là nous n’en sortirons jamais et cette partie me fera mourir d’ennui !

- Soit. Comment pimenter ça...»

Sous sa capuche vert sombre, l’obscurité qui lui tenait place de visage sembla sourire. Il aurait bien pu dire qu’il allait changer les projets de leurs pions mais c’était plus que ça. C’était la destiné. Ce qu’il déciderait était simplement ce qui devait être. Même si pour cela il allait falloir un peu bousculer le temps et l’espace...

D’une longue main fine d’un noir d’ébène il se mit à mouvoir les pions sur l’échiquier. Ces pièces ressemblaient de loin à un assemblage de bric et de broc, mêlant pièces de métal, de bois et d’argile, mais quand on s’approchait on pouvait discerner leurs traits et comprendre qu’il s’agissait de voyageurs qu’on ne connaissait que trop. A chaque mouvement effectué par le Destin un pauvre voyageur se retrouvait propulsé loin, trop loin de ce qu’il connaissait. Et de ceux qu’il aimait. Alors que la main noire s’approchait du dernier groupe Alita posa l’une de ses 8 mains sur la sienne pour interrompre son geste.

- «Laisse les. Ils vont croiser la route de Saytan, je ne voudrais pas rater ça.»

Melena part en direction de Elipse
Alexander part en direction de Miquitzli
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