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 La traversée de l'Hiver

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Ace Ridley

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Maladie mentale : Pyromane

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MessageSujet: La traversée de l'Hiver   Ven 16 Aoû - 17:05

Vient de ce topic !

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Entendre de nouveau la voix de Feufolé eut l’effet de retirer un énorme poids de la poitrine du pyromane qui s’imaginait déjà avoir crevé son meilleur ami. Il en allait de même pour Elie qui avait également eu la malchance de croiser le regard du Ken qui ne savait manifestement plus où donner de la tête.
- Eh, c’est quoi, ça ? C’est des larmes ? T’as pleuré !?
- N’importe quoi, ducon ! C’est l’eau de mer. Le sel, quoi ! T’as cru que j’allais chialer, moi ?
Bien évidemment, Feu’ se garda bien de dire à Ace que même pétrifiée, la victime entendait et voyait tout ce qui se passait autour d’elle. Il se contenta donc d’afficher un sourire encore plus satisfait que d’habitude. Ace, quant à lui, resta aux côtés d’Elie en attendant qu’elle ‘dégèle’, ce qui ne tarda pas.
- J’en ai pas, des lunettes. M’enfin j’essaierai de pas t’regarder dans les yeux, c’tout… Putain pourquoi on me colle que des costumes à la con, sans déconner ?

Elie aussi partageait ce genre de considération pour son propre costume et leur duo de monstre d’halloween jurait parfaitement avec l’agitation ambiante ; tous ces péons affairés à remettre sur pied une épave qui ne prendrai plus jamais le large. ‘Fallait vraiment être con pour croire que ce truc allait continuer à flotter indéfiniment. Même Franck avait dû se barrer à la nage, s’il était pas trop attardé. Un simple coup d’œil à la coque permettait de constater l’état lamentable dans lequel les laissaient les deux monstres. C’était une victoire, mais à quel prix ? Les voir grouiller comme des fourmis lui pétait les noix mais il ne dit rien ; il y avait déjà eu assez d’agitation pour aujourd’hui. Si le monde lui avait foutu la paix, il serait encore dans sa cabine à faire des trucs avec sa copine ! Quand on pense à ça, un rien vous fout en boule.
En parlant de ça, voilà qu’on les invitait à y retourner ?
- Casse-toi ! Va voir ailleurs si j’y suis ! La dernière fois que j’étais dans ma cabine, une conne est venue me briser les noix et un gamin m’a empêché de baiser. Ras le fion ! M’en fous, j’irai pas !
Cependant, les regards insistants de la mauvaise jumelle et de l’esprit violet eurent raison des résolutions du Ken qui roula des yeux en soupirant avant de suivre le mouvement jusqu’à la cabine. Bien évidemment, les rats avaient mis les voiles ou étaient tombés à l’eau comme Bouboule mais Ace s’en fichait royalement. Leurs vies valaient de toute façon beaucoup moins que la sienne.

Blasé de toutes ces émotions en si peu de temps, Ace acquiesça lorsque sa petite amie lui fit part de son désir de pioncer un peu. Que faire d’autre, de toute façon ? Ils n’allaient quand même pas aider ces baltringues à retaper le bateau… ils avaient fait leur part du boulot en décalquant les monstres.
Il laissa Elie s’éloigner et refermer la porte de la chambre derrière elle mais ne bougea pas. Il n’avait pas vraiment envie de dormir, à vrai dire. Il réfléchissait à ce qui venait de se passer avec son costume : pendant l’espace d’un instant, il avait vraiment cru perdre Feu’ ce qui est assez ridicule quand on pense qu’il ne s’agit que d’un pouvoir. « Que d’un pouvoir »… Elie aussi, n’était « qu’un pouvoir » et pourtant, elle pouvait mourir. Jamais depuis la mort d’Alexander la disparition d’un proche n’avait autant secoué le pyromane… sûrement du fait qu’il n’avait perdu personne à qui il tenait réellement, aussi. Il grimaça inconsciemment, ce qui fit réagir Feufolé.
- Je sais à quoi tu penses. Ça fait pas du bien, hein ?
- De quoi ?
- De se rendre compte qu’on est pas aussi indépendant qu’on croit l’être.
Le Ken ne répondit que par un « pff ! » dont il n’était lui-même pas certain de la signification. C’était davantage pour que Feu’ n’ait pas l’impression d’avoir eu le dernier mot sur un sujet qui gênait Ace.
Tant d’emmerdes depuis le début de ce voyage… Les filles, la tour, les gardiens, Pas, les clandestins, les monstres et Franck… D’ailleurs que leur voulait-il, ce demeuré ? A commencer par la teinture vert pâle de ses cheveux ; personne n’a cette couleur de cheveux. Il devait donc avoir quelque chose de spécial sans compter son lien avec les gardiens qui dénotait déjà un niveau de délabrement mental assez avancé.

Melena vint à son tour hanter les pensées du Ken. Où était-elle ? Que faisait-elle, actuellement ? Après avoir répondu à cette question par un magistral « je m’en fous » qui ne s’extériorisait que par un relent de rage, le pyromane se décida à rejoindre Elie dans la chambre. Il s’assit sur le bord du lit mais ne s’allongea pas. Il la regada… Dans ce genre de moments, il se disait qu’il ferait à peu près n’importe quoi pour elle. N’importe quoi sauf lui accorder la vie tranquille qu’elle demandait ; il était incapable de tenir une telle promesse en l’état actuel des choses, aussi bien à Dreamland que dans le monde réel. Mais il y travaillerait.
Finalement, il s’endormit en position assise. Une sieste qui lui fit plus de mal que de bien et dont la durée avait été plus que courte. A son réveil, un filet de bave avait coulé jusque sur son pantalon. Il essuya ce fil dégueulasse et frotta le tissu sans réelle conviction. La mauvaise jumelle dormait encore, aussi quitta-t-il la cabine pour prendre l’air.
- Terre annonça Feufolé sur un ton neutre, ce à quoi Ace répondit sur le même ton : hm. Encore le trou du cul du monde, j’parie.
Depuis la vigie, un matelot héla le capitaine : le bateau allait accoster dans les Terres Gelées.
- Putain encore !? Mais y a pas moyen de trouver un endroit chaud pour une fois ?
- Vous verrez, vous allez bien vous amuser, là-bas. Bien dormi ?

Ace se tourna, presque étonné. Encore là, toi ? T’es plus con que j’l’aurait cru…
- Je fais rien comme personne, c’est sûr. Tu diras à ta copine que c’était bien joué, le coup du fouet d’obéissance. Un classique, en somme.
- Me prends pas pour un con, t’es pas là pour ça.
Le marin observa quelques minutes de silence. Une moue blasée se dessina sur son visage inexpressif. Pas vraiment… T’es conscient qu’on va pas en rester là, hm ? C’est trop tard pour faire quoi que ce soit pour le moment, mais on se reverra.
- Cool ! La prochaine fois, on fera quoi ?
- Eh ben ça dépend de ce que me diront les gardiens, mais peut-être que je vous tuerai, qui sait ? Il avait dit ça sur un ton si naturel que le pyromane peinait à le prendre au sérieux. Pourtant, il sentait que Franck ne blaguait pas. L’idée que ce connard veuille du mal à Elie lui fit bouillir le sang ; il décocha un coup de poing en direction du contremaître.
Le poing du Ken s’écrasa à une vingtaine de centimètres du visage de Franck qui ne broncha pas. Un bouclier fantomatique de la même couleur que les cheveux et les yeux du matelot se tenait entre eux. La forme de ce dernier rappelait les boucliers des croisés ; le motif y était d’ailleurs présent. Ace retira son poing et le pouvoir s’estompa. Le pyromane essaya de toquer deux ou trois fois à l’endroit du bouclier avec son index ; ce dernier réapparut à chaque fois. Toujours stoïque, Franck continua :
- C’est pas une super façon de se dire au revoir, ça… Ça laisse une mauvaise image, c’est idiot… Ace fulminait. Comme il l’avait senti, ce type était un voyageur comme eux et il semblait plutôt bien maîtriser ses pouvoirs. Ça ne l’empêcherait pas de le dérouiller la prochaine fois.
- Si tu fais du mal à Elie, je te jure que je t’arrache la gueule.
- Oui, d’accord. Eh bien je m’en souviendrai, alors. Bon, excuse-moi mais j’ai encore quelques trucs à régler avec le capitaine ; on peut pas sauver le navire mais cet entêté refuse de quitter l’épave. A la revoyure, Ridley !
Il tourna les talons et partit, mains dans les poches, avec la même dégaine que la fois précédente : comme si toute l’agitation du monde ne pouvait l’atteindre. Le pyromane le regarda s’éloigner puis s’accouda au bastingage, scrutant l’horizon.
Le bateau finit par toucher terre et s’encastra dans le sol enneigé des Terres Gelées dans un fracas métallique assourdissant. Après avoir lâché le bastingage auquel il s’était cramponné, Ace retourna dans la cabine où Elie émergeait. Il prit soin de ne pas croiser son regard et pris ses affaires avant de lâcher :
- On vient de s’échouer, pas la peine de prendre racine. Rassemble tes affaires et couvre-toi, ‘fait putain d’froid, dehors. Une fois sa hotte sur le dos, Ace quitta à nouveau la cabine, visiblement contrarié par la discussion qui venait d’avoir lieu avec Franck. Il emprunta le pont en bois et sauta à terre, jaugeant les alentours. Aucun chemin, aucune route, rien. Que de la neige.
- Une idée de la direction à prendre ? demanda l’esprit violet.
- Qu’est-ce que j’en sais ? J’connais pas Dreamland. Fais chier…


Dernière édition par Ace Ridley le Ven 20 Juin - 13:20, édité 1 fois
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Jade Martins

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Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

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MessageSujet: Re: La traversée de l'Hiver   Lun 16 Juin - 13:05

Et voilà, ils avaient troqué le brouillard contre la neige et Elie n’était pas sûre que ce soit mieux. Un épais tapis blanc dépourvu de toute trace de civilisation s’étendait à l’horizon. Tout ce qu’elle voyait c’était de la glace, des montagne et des flocons. Remboursez ! lui hurla son cerveau.

- «Moi je propose qu’on se construise un radeau avec trois pauvres bouts de bois et une ficelle. Nos chances de survie en pleine mer ne seront pas plus basse que dans ce désert gelé » répondit-elle, sarcastique.

L’envie de retourner en arrière secouer un marin comme un prunier pour lui dire de les déposer ailleurs la démangeait furieusement, et comme si sa pensée avait été entendue des dieux un homme en marinière s’approcha. Il leur balbutia quelques mots qu’elle ne put comprendre -et après tout elle s’en fichait- avant de lui glisser un papier dans les mains. Il baragouina quelque chose comme «de la part des gardiens» avant de retourner au pas de course vers ce qu’il restait du bateau. La mauvaise jumelle déplia la missive avec une certaine curiosité mélée d’agacement. Les mots «qu’est-ce que ces cons ont encore inventés» étaient plus que visible sur son front.

- «Blablabla... mission diplomatique... démarcher Saytan pour une alliance... combattre la résistance... blablabla... d’la merde oui ! De la diplomatie ? Nous ?» elle lâcha un rire mesquin «A croire qu’ils veulent louper leur affaire. M’enfin, apparement la ville est volcanique donc je serais pas contre aller nous chauffer un peu les miches. Y’a un plan magique dessiné sur leur papelard.»

L’adolescente balança la feuille à Ace qui l’attrapa au vol.

- «Au moins on sait où on va, je suppose que c’est positif même si travailler pour ces cons m’arrache franchement la gueule.»

Au mot positif son costume s’évanouit dans un tourbillon orange, lui tirant enfin un vrai sourire. Bon, c’était peut-être bon signe après tout ? Avec toutes les merdes qu’ils avaient vécu on pouvait bien penser à un retour de karma sympatique. L’égalité des chances, tout ça tout ça. Que le destin aille emmerder quelqu’un d’autre pour une semaine ou deux ce serait pas du luxe. El’ réajusta sa hotte sur ses épaules et se mit en marche, laissant à son petit ami la charge de lire le plan. S’il était exact ils devraient trouver un petit village pour passer la nuit à deux heures au nord, et ce fut le cas. Ce n’était pas trop tôt d’ailleurs parce que ses jambes dénudées commençaient à souffrir du froid.

La ville était petite, rustique et lovée aux pieds des monts Olympiens. Elle était en partie creusant dans le flanc même de la montagne et le reste était composé de construction simpliste en bois. La plupart des gens qu’ils croisèrent dans la rue principale -la seule en fait- était des mineurs.

- «Wouhou. Ca à l’air l’éclate dans le coin...»

Une sorte d’auberge tronait un peu plus loin, adossée à la paroi abrupte. Il y aurait peut-être là-bas quelqu’un capable de les emmener dans la ville où ils se rendaient. Un endroit avec un nom espagnol plutôt annonciateur d’emmerdes qu’autre chose.

- «Chou’, tu savais que Enojo voulait dire colère ? J’suis pas sure que le gardien de la tour où l’on se rend soit plus agréable que ces cons de Kay et Chayan. D’ailleurs on est censé le convaincre comment ? Lui dire que nos boss sont des grosses feignasses qui aimeraient s’allier pour pas avoir à combattre eux-même ? On va s’faire rembarrer, jeter à la porte comme des clampins.»

>>> En direction d'Enojo
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