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 Au pays des fous, les givrés sont rois

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James Brooks

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Ven 7 Déc - 17:56

Préoccupé par son problème James n'avait pas vu que son costume s'était envolé comme il était apparu par magie. Il avait retrouvé son manteau le protégeant du froid de la plaine. Ce fut lorsque Sélène tenta de le rassurer qu'il remarqua que tout était était, presque, redevenue normale. Il sourit un peu à la rouquine pour la remercier de son soutien.

- Merci Sélène

Les rôles étaient inversés pour une fois. Son amie retrouva elle aussi son apparence, quittant son costume de Vampiresse qui était assez embêtant. A présent Sélène pouvait profiter du soleil. Cette dernière proposa de continuer et aller enchaîner sur autre chose mais quelque chose l'interrompit. Il s'agissait d'un petit chien trop mignon qui était tout seul dans la neige. James se demanda comment il avait atterri ici. Il se rapprocha regardant l'adresse inscrite sur le pendentif du collier. Il ne connaissait pas la ville comme sa poche et n'avait pas imprimé la carte vu tout à l'heure.

- 33 rue de La botte troué, c'est parti !

Lança t-il gaiement, le poing en avant ouvrant la marche pour retourner sur leur pas. Au pire au centre commercial il devait y avoir un point d'information qui donnait des plans de la ville. Revenant au chemin qui longeait le parking l'adolescent proposa de passer donc par le centre pour prendre un plan, une carte sera toujours utile. Encore une fois le changement de température se sentit et James ouvrit son manteau pour ne pas étouffer sous la chaleur.
Soudainement sa vue se brouilla et il dût se rattraper à Sélène pour se maintenir en équilibre.

- Tu veux bien qu'on aille s'asseoir...? J'me sens pas très bien...

Gambader dans la ville et dans la plaine avait été éprouvant pour son corps déjà fatigué qui supportait mal le surpassement.
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Sam 13 Juil - 1:02

Dur dur la reprise...


Elle était heureuse que son ami y mette aussi du sien pour aider le chiot à retrouver sa maison. Pourtant, l’urgence de leur situation aurait voulu qu’ils ne s’en occupent pas, qu’ils continuent leurs pérégrinations pour retrouver une « femme-de-glace » censée hypothétiquement les aider. La galloise n’avait évidemment aucune idée de l’endroit où se trouvait la rue de la botte trouée, mais ils se débrouilleraient bien. Ils n’avaient fait que ça depuis le début de leur voyage : se dépatouiller comme ils pouvaient, fuir les griffes de la mort qui les pourchassaient avec acharnement.

A l’intérieur du centre commercial, James défaillit et se rattrapa à son bras pour ne pas tomber, manquant de faire basculer le petit animal qui poussa un couinement apeuré. Hochant la tête pour accéder à la demande de son partenaire, une moue embarrassée, Selene berça lentement Vlady pour le rassurer.

- On va te ramener chez toi, murmura-t-elle alors qu’elle s’asseyait pratiquement à la même place qu’elle avait occupé l’or de leur premier passage dans le centre.

Se tournant alors vers le psychotique, constatant que son état ne s’améliorait pas, elle proposa timidement :

- Tu veux manger quelque chose de sucré ? J’ai des chocolats, du sucre d’orge, et euh…

Bien incapable de vérifier le contenu de son paquetage avec un chiot dans les bras, la rouquine ne pensait que s’en remettre à sa mémoire qui sur le moment, lui faisait défaut. Toutefois, devant la mine de son ami, elle décida de lui confier délicatement le petit animal avant de se mettre à fouiller dans sa hotte. Après un instant, elle en tira effectivement une boite de Ferrero cailloux, son sachet de bonbon rouge et blanc, et même son thermos de chocolat chaud. Avec un sourire, elle déposa le tout à coté de James, et lui dit avec un signe de tête encourageant :

- Tiens, prends ce que tu veux. En attendant, je vais aller me renseigner pour Vlady.

Sans attendre, elle se détourna en faisant danser ses cheveux roux qui dépassaient de son bonnet, et se dirigea droit vers le point d’accueil. Trois jeunes femmes portant des costumes de lutines papotaient distraitement, leur bonnet lâchant un nuage de paillettes chaque fois qu’elles faisaient frémir leur pompon. Quand elles aperçurent l’adolescente pâle qui les salua timidement, leur plus beau sourire commercial illumina leur visage, alors que celle du milieu demandait :

- On peut vous aider mademoiselle ?
- Oui, répondit Selene dans un souffle, en fait… je cherche la rue de la Botte Trouée. Je ne suis pas du coin… je suis même un peu perdue. Vous pourriez m’aider ?

Peut-être les hôtesses connaissaient-elles le village sur le bout des ongles, ou bien celle qui prit la parole habitait simplement à coté, mais la toquée reçut immédiatement la réponse escomptée, souhaits de bienvenue en prime. Après avec remercier les trois jeunes femmes, elle s’éclipsa en vitesse pour revenir vers James, et se rassit à ses côtés en soupirant. Elle dut prendre un moment d’ailleurs, sa tête avait soudainement pris le partie de chavirer ; elle dût fermer les yeux pour que la sensation  de tournis se dissipe.

- Il faut reprendre le tunnel souterrain, prendre la sortie numéro 6, et regarder le plus pour se repérer.  Elles m’ont dit que ce n’était pas très loin.
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James Brooks

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mer 17 Juil - 15:01

Un chien s'était retrouvé perdu dans la neige, tout comme eux en quelque sorte et James ne pouvait pas laisser la pauvre petite bête dans ce froid. Le chiot avait des propriétaires et d'un commun accord avec Sélène ils décidèrent de le ramener chez lui. De toute façon Hildegarde n'avait pas de position précise dans leur esprit alors cela pouvait attendre.

Les voyageurs se retrouvaient à nouveau dans le centre commercial, James ne se sentait pas bien à cause de sa maladie et prit place sur un banc. Un pas de plus et il avait la sensation qu'il s'écroulerait sur le sol. Sélène lui proposa de manger quelque chose mais il n'avait pas très faim. Mais la gourmandise restait présente chez l'adolescent qui remercia la rouquine. Cette dernière le laissa pour aller s'informer sur le chemin à suivre jusqu'à la maison de Vlady. En attendant il prit un ferrero rocher et le dégusta, la saveur du chocolat lui redonnant un peu le morale.

Son amie ne tarda pas à revenir, lui expliquant ce que les gens de l'accueil lui avait dit.

- D'accord allons y alors !

James rangea la nourriture sortie pour lui dans le sac de Sélène et se leva doucement pour ne pas brusquer son corps fatigué et son estomac. Une fois sur qu'il tenait bien sur ses jambes il sourit à la rouquine et lui prit la main, tenant contre lui de l'autre le petit chiot. Ils se mirent en route et une fois dehors Vlady se mit à couiner. James lâcha la main de la rouquine pour câliner le chiot.

- T'en fais pas tu va bientôt revoir ton papa et ta maman ! Sélène et moi on est des super-héros !

Lança t-il avec le peu de joie en ressource qu'il lui restait. Mais il comptait bien ramener Vlady goutte que goutte à destination et en bonne santé. Le chiot se calma dans les bras de James qui entra dans le tunnel encore une fois, la fraicheur le faisant frissonner.

- C'est la sortie 6 c'est ça ?

Demanda t-il tout en regardant autour de lui en quête d'un panneau comportant ce numéro. Il ne vit pas où il mettait les pieds et se marcha dessus, se faisant tomber tout seul comme une crêpe sur le sol.

- Aïe...

Heureusement Vlady n'avait rien de cassé.
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Jeu 18 Juil - 16:51

Encore une fois, Selene accueillit avec plaisir la chaleur de la main de James. Il n’avait pas l’air franchement remis de son malaise, mais elle ne savait pas quoi lui conseiller. Elle se doutait que derrière ne se cachait pas simplement une hypoglycémie, ou un rhume, mais que la mort lente destinée aux voyageurs le rongeait de l’intérieur. Lui aussi. La mine sombre et perdue dans ses songes dépressifs, la rouquine ne redressa la tête que lorsque Valdy se mit à couiner. C’était tellement mignon qu’il lui tira un grand sourire, elle avait presque envie de s’écrier qu’elle l’adoptait, mais sa raison la rappela à l’ordre : elle n’avait pas le temps, ni les moyens, ni la condition pour s’occuper d’un animal. Voyager sans arrêt, courir, se battre, se défendre, se faire capturer, libérer… ce n’était pas une vie pour le petit Husky.

- Des super-héros oui ! acquiesça l’adolescente, comme si le chien pouvait les comprendre.

Le concernant pencha pourtant sa tête sur le coté, craquant, puis lécha distraitement ses babines avant de reporter son attention sur le menton du psychotique. Les pensées de la toquée, elles, s’évadèrent vers d’autres sphères. Elles s’égarèrent même sur Merlin, ce garçon rencontré à Gloutoniskaïa qui lui avait laissé son numéro. Ça lui faisait toujours un petit quelque chose. Pas parce qu’il était incroyablement beau ou charismatique, mais parce que c’était la première fois, à peu de chosesprès, que dans ce monde, quelqu’un s’intéressait à elle de cette façon, si banale en soi.

- Oui oui, la 6, répondit-elle distraitement à son ami lorsqu’il lui demanda où sortir ; et elle sursauta lorsqu’il se vautra par terre.

La posture assez ridicule du psychotique et le chiot qui se remettait avec maladresse sur ses pattes après cette brusque chute lui tirèrent instinctivement un éclat de rire. Selene mit alors ses mains devant ses lèvres, cessant immédiatement son hilarité. Elle offrit plutôt à James un sourire des plus chaleureux avant de lui tendre une main pour l’aider à se remettre sur pieds :

- Excuse-moi, ce n’était pas drôle. Tu vas bien ?

Une fois certaine que l’adolescent ne s’était pas fait énormément mal, elle dénicha rapidement la pancarte indiquant la sortie 6, et invita son acolyte à la suivre. Ayant repris Valdy dans ses bras, elle ne pouvait pas tenir la main à son ami, bien qu’elle aurait voulu le faire pour le soutenir, parce qu’il n’avait vraiment pas l’air en forme. Le silence finissait pourtant par lui peser, le froid n’aidant pas à chasser la chape de plomb que la mort faisait peser sur leurs épaules. Comme s’il n’était alors qu’en train de mener une simple balade entre ami, la rouquine demanda de sa voix clair :

- Dis… tu te souviens le mec qu’on avait croisé au restaurant à Gloutoniskaïa ? Celui qui… m’avait donné son numéro. Je me demande… enfin… tu crois que je devrai le rappeler un de ces quatre ?

Selene rougit, réalisant qu’elle avouait indirectement que cet inconnu lui plaisait ; mais ce frétillement au creux du ventre lui rappelait celui qu’elle avait quand elle se confiait à sa bande de fidèles copines dans le monde réel. Bien entendu, James lui faisait toujours un effet particulier, mais elle avait bien compris qu’elle ne pouvait attendre de lui que son amitié… et ça lui allait. Le jeune garçon était adorable, pour rien au monde elle ne voudrait reprendre le risque de le perdre.

- ‘Fin, je veux dire… c’est la première fois que… quelqu'un dans ce monde… s’intéresse gentiment à moi… enfin, presque, mais tu comprends ? Et je me dis… peut-être que quand on sera guéri, on pourrait aller le revoir. On doit bien pouvoir passer de bons moments avec des amis, même dans ce monde-ci… tu viendras avec moi ?! demanda-t-elle soudainement avec enthousiasme.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 29 Juil - 16:26

Cette chute était digne d'un dessin animé, James en aurait rit si il avait été en bonne santé seulement c'était loin d'être le cas et la dureté du sol lui avait joliment rappelé sa faiblesse. Il entendit Sélène rire mais l'adolescent était pas du genre à lancer un regard noir alors il se contenta de chercher à se relever, acceptant avec soulagement la main que son amie lui tendait pour l'aider.

- J'ai l'impression d'avoir fait une chute de 20 mètres...

Souffla t-il, alors que ses jambes approuvaient cette exagération de la distance qui pourtant était bien réel. James suivit en boitant doucement le chemin de la sortie 6, Sélène lui parlant soudainement de ses soucis amoureux. L'adolescent était très loin d'être l'homme de la situation pour ce genre de chose, il n'avait eu qu'un homme dans sa vie. L'autre ne comptant pas il l'avait abandonné comme une vieille chaussette.

- Bah oui il était mignon...

Dans ses souvenirs en tous les cas, mais c'était assez flou vu son état de fatigue. Il était en effet rare de croiser des gens gentils vu qu'ils étaient des voyageurs, et Sélène avait l'air comme lui, de ne pas avoir beaucoup d'amis. C'est donc avec joie qu'il accompagnerait la rouquine.

- Bien sur, je me ferai peut être d’autres amis aussi, alors je pense que oui tu devrais le rappeler quand on ira mieux parce que là c'est pas vraiment la joie...

Déclara t-il avant de mettre sa main devant ses yeux pour se protéger des rayons du soleil. Le plan de la ville les attendaient gentiment et ils se dirigèrent dessus. Les écritures dansaient devant les yeux de James qui cligna plusieurs fois des yeux avant d'enfin voir la rue qu'il cherchait. L'adolescent posa son doigt dessus, traçant le chemin jusqu'à eux de son autre main.

- Ca va c'est pas loin ! Faudra juste tourner à la bonne rue !

Déclara t-il avec un petit sourire avant de s'engager courageusement, après avoir noté dans son cerveau l'itinéraire. Enfin si sa mémoire voulait bien continuer de fonctionner jusque là.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mer 31 Juil - 17:41

Encouragée par ce que lui avait dit James, Selene se promit intérieurement de ne pas perdre contact avec Merlin. La perspective d’avoir un ami dreamlandien, quelque part dans ce monde hostile, était indiciblement réconfortante. C’était la preuve que tout n’était pas à jeter ici, que cette spirale de crise avait une fin. Un sourire se dessina sur ses lèvres fendues, alors que son acolyte examinait le plan.

- On va trouver, acquiesça-t-elle simplement quand ce dernier lui disait qu’il suffisait de bien prendre la bonne rue.

Il ne leur fallut pas longtemps pour trouver ce qu’ils cherchaient : une petite maison en forme de boule de Noël, un lierre de houx serpentant sur les murs, une porte à la silhouette de sapin. Il s’était remis à neiger, de telle sorte que les pas des voyageurs crissaient doucement lorsqu’ils suivaient le petit sentier du portail extérieur à l’entrée. Dans les bras de Selene, le petit chiot dressa ses oreilles et poussa un jappement. Sa queue s’affola joyeusement, il aboya avec entrain, et avant même que la jeune fille ait pu sonner, la porte s’ouvrit sur une grande vieille femme emmitouflée dans un pull rouge.

- Ooooh, mon petit Vlady ! s’exclama-t-elle en l’apercevant, vous l’avez retrouvé, c’est… c’est merveilleux ! Entrez donc boire un thé ou un chocolat mes enfants.

La toquée jeta un coup d’œil à son ami, puis accepta de suivre la dreamlandienne. Elle imaginait la tête que ferait Dakota si elle apprenait que quand ils étaient censés chercher une folle qui épinglait les ombres au sol, ils préféraient rapporter leur chiot à de vieilles dames qui les invitaient à boire le thé. Certes, dans l’absolu, c’était une perte de temps ; mais c’était plus fort qu’elle. Le monde des rêves ne l’avait pas encore dénaturée, pas encore réduite à l’état d’ombre d’elle-même.

L’intérieur de la maison était assez épuré, contrairement à l’extravagance de l’extérieur. Noël était omniprésent, bien entendu, mais il n’y avait rien de plus remarquable qu’une foule de plante ressemblant à des sapins miniatures, mais qui n’existaient certainement pas dans le monde réel. La galloise avait relâché le chiot, il s’était rué dans les pieds de sa maîtresse, sautant joyeusement autour d’elle, au risque de la faire tomber.

- C’est de ma faute, expliqua l’hôte, je perds un peu la tête à mon âge, vous savez ? J’avais mal fermé le portail. Alors quand je l’ai autorisé à aller dans le jardin, il s’est sauvé, curieux comme il est. C’était hier. J’ai essayé de mettre quelques affiches mais… ça m’a très vite fatigué, je ne suis plus très en forme, conclut-elle avec ce rire si charmant des vieilles personnes, qui acceptent leur condition avec abnégation, c’est vraiment une chance que des gens aient été assez gentils pour me le ramener. Où vous l’avez retrouvé ?

Avant de répondre, Selene prit place dans l’un des fauteuils que leur désignait la femme au pull rouge. Bien que courbée, elle paraissait toujours grande, et son visage fané gardait encore les indices d’une beauté incontestable. L’adolescente ne put s’empêcher de sourire, son cœur plus léger :

- Il était sorti de la ville, près du centre commercial.
- Quel chenapan, rétorqua avec malice l’hôte en se tourna vers son chiot, voilà que tu déranges de charmants amoureux dans leur balade ?!
- Ah ! sursauta la toquée, son visage brusquement écarlate, non vous inquiétez pas, James et moi on est pas… enfin on est… juste amis quoi.

La vieille femme éclata d’un petit rire étrangement envoûtant, alors que Vlady se décida à aboyer copieusement de sa petite voix pour y mettre son grain de sel. C’était difficile d’expliquer pourquoi, mais le maître et l’animal semblait aller extrêmement bien ensemble.

- Très bien, excusez-moi. Vous savez à mon âge, il n’y a rien de plus adorable à voir que les amours de jeunesse, ça rappelle de bons souvenirs ! D’ailleurs, je m’appelle Margaretta. Je vous offre du thé ou du chocolat chaud ? Et si je peux faire quoique ce soit d’autre, n’hésitez pas !

Une lumière s’alluma soudain dans la poitrine de la rouquine. C’était rare qu’elle accepte d’abuser de la reconnaissance de quelqu’un, mais elle avait une intuition, la sensation qu’il y avait quelque chose à ne pas manquer.

- Moi c’est Selene, et je prendrai bien un thé s’il vous plait. Et… si vous aviez, un téléphone portable, osa-t-elle après un instant d’hésitation, que je pourrai utiliser pour un message, ce serait très gentil.
- Bien entendu mon enfant, répondit la vieille femme, avant de recueillir la commande du psychotique et de disparaître.

Ce dernier n’allait visiblement pas trop bien. La galloise espérait que ce petit répit lui permettrait de récupérer un peu. C’était vrai que ce n’était que la nuit passée qu’il avait affronté le blizzard et le yéti, leurs corps s’en ressentaient encore. Margaretta reparut avec un plateau et un mobile qu’elle tendit à son invité à la chevelure rousse. Celle-ci, sur exigence amicale de son hôte, ôta enfin son manteau et son bonnet. Elle fouilla alors dans ses affaires pour retrouver le numéro du gloutoniskaïen, et tapa rapidement un sms, afin de pouvoir déguster son thé en bonne compagnie :

« Bonjour Merlin. C’est Selene… la fille de l’animalerie, tu ne souviens ? Je n’ai pas le temps de t’expliquer, mais je ne suis déjà plus à Gloutoniskaïa, je suis dans les Terres Gelées. Je voulais juste que tu saches que… je voudrais bien qu’on se revoit, dès que j’ai l’occasion de revenir vers chez toi. Peut-être que ça prendra un peu de temps, je te tiendrai au courant. Ne réponds pas ici, ce portable n’est pas à moi. A bientôt. »

En appuyant sur « envoi », elle eut un pincement au cœur. Qu’attendait-elle exactement de ce message ? Qu’espérait-elle ? Est-ce qu’elle était un peu amoureuse au fond ? Ou bien n’était-ce qu’un fantasme d’adolescente perdue et aux portes de la mort ? Sa main tremblait un peu lorsqu’elle rendit son bien à Margaretta, et qu’elle murmura un « merci ».
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James Brooks

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Sam 10 Aoû - 19:32

La maison de Vlady n'était vraiment pas très loin et sa vieille propriétaire fut ravie de retrouver son petit chiot. James se mit à penser à sa mère qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, même si dans le monde normal le temps ne s'écoulait pas pareil qu'ici il semblait que cela faisait des lustres. Dire que si ça se trouve l'adolescent ne pourrait plus jamais voir le sourire de sa mère lorsqu'elle rentrait du boulot tard le soir mais avec toujours un peu des restes du restaurant pour ne pas gâcher.
James n'avait pas envie de finir en légume, de rester telle une statue dans la maison de Dakota jusqu'à ce que l'on retrouve son corps avec la blondinette et la rouquine. Il ne pouvait pas non plus laisser tomber Jules qui l'accompagnait depuis tout ce temps dans cette aventure qui se révélait horrible.

Cette peur ne fit qu'agrandir le malaise de James, le rendant encore plus pâle. Il avait suivit avec le pas trainant Sélène à l’intérieur de la maison et c'était retrouvé assis devant un chocolat chaud. Sans s'en apercevoir il avait dû répondre à la demande la propriétaire qui le fixait avec inquiétude. Il faut dire que James avait l'air d'avoir envie de rendre son repas dans la seconde. Une main froide vint se poser sur son front.

- Mon pauvre petit vous êtes brûlant !

L'adolescent leva le regard vers Margaretta dont le front soucieux était encore plus ridé. Il s'en voulait de donner de l'inquiétude à une personne qu'il ne connaissait même pas. Leur quête était peut être voué à un échec mais il ne voulait pas mettre des inconnus dans leur panier.

- Merci pour les boissons madame mais on va vous laisser on a encore une longue route à faire...

Il fut surpris par sa propre voix qui semblait presque éteinte, un murmure dans cette maison chaleureuse que James voulait quitter au plus vite. L'adolescent se leva de sa chaise et tituba dangereusement soutenu de justesse par Margaretta.

- Il est hors de question que je vous laisse partir dans cet état ! Ah ça non ! Vous m'avez ramenez mon petit Vlady perdu et c'est vous là qui avez besoin de reprendre vos repères !

Avec douceur mais d'une démarche autoritaire elle emmena James jusqu'au canapé et l'allongea avant de regarder Sélène.

- Ne vous inquiétez pas ça doit être juste une mauvaise grippe !

Le voyageur ne savait pas si il devait rassurer Sélène ou pleurer sur son sort qui prenait vraiment la mauvaise pente. Où était donc cette putain d'ombre qui lui arrachait la vie ?
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 12 Aoû - 19:05

Une mauvaise grippe ? Si seulement…
Selene s’était assise au chevet de son ami et avait pris une de ses mains dans les siennes, serrant aussi chaleureusement que possible. Elle aurait voulu confier la vérité à leur hôte, lui avouer qu’ils étaient mourants tous les deux, mais les muscles de sa langue restaient inertes. Impuissante, elle ne sut que rester auprès de James, ses yeux noisette agrippés aux siens comme une bouée de sauvetage qu’elle lui lançait. Avec douceur, elle osa même délicatement écarter une mèche de son front brûlant, ses doigts fins s’attardant pour caresser sa joue.

- Ne t’en fais pas, réussit-elle enfin à articuler alors que Margaretta s’était éclipsée pour préparer une décoction contre la fièvre, je t’abandonnerai pas, et je te protégerai, c’est promis.

La toquée ne savait pas trop qu’elle valeur avait cette affirmation sortie de sa bouche, mais une chose était sûre : elle y croyait plus que tout au monde. Le psychotique lui avait apporté tant de chose, il était son repère, son phare à Dreamland. Elle voulait lui rendre la pareille, au centuple si possible. Dans l’immédiat, que pouvait-elle faire ? Alors qu’elle se creusait les méninges, la vieille femme revint avec une grande tasse qui dégageait un fumet émeraude :

- Potion de grand-mère, annonça-t-elle, ça terrasse la grippe et ça vous requinque son homme !

La galloise n’osa toujours pas lui dire que le cas de James était plus grave que cela. Elle se contenta de lui adresser un regard rempli de reconnaissance et d’aider son ami à se redresser pour boire. En soi, la gentillesse était une attention énorme, dont les voyageurs étaient rarement abreuvés. Timidement, l’adolescente bafouilla :

- On ne voudrait pas vous embêter trop… c’est déjà bien gentil de votre part de nous avoir laissé entrer.
- Voyons donc, que pensez-vous qu’une vieille personne comme moi à de mieux à faire de ses journées ?!

Face à cette réparti chargée de bonté, Selene ne put que sourire. Un sourire triste, alors que ses yeux ternes se retournaient vers son acolyte. Son état avait brusquement empiré, sans raison apparente, alors que le sien semblait – bien que peu enviable – stabilisé. Cette maladie la terrorisait ; elle était comme un monstre impossible à saisir, qui les dévorait de l’intérieur, à son rythme.

Une question avait alors élu domicile dans son crâne, causant une nervosité visible à l’agitation de ses jambes. Elle se mordit d’abord la lèvre d’anxiété, puis cessa immédiatement quand elle eut ravivé la douleur de sa blessure. Finalement, l’adolescente se pencha se James pour ne pas que Margetta puisse entendre ce qu’elle lui disait, et proposa en raffermissant la prise affectueuse sur sa main :

- Tu veux rester te reposer ici ? Je peux partir continuer de chercher toute seule, et je te ramènerai ton ombre. Je te laisserai pas tomber, je t’assure ! Mais tu as l’air tellement mal… je voudrais faire quelque chose de bien pour toi.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mar 13 Aoû - 15:22

Une grippe, James aurait largement préféré ça que de mourir à petit feu. Contrairement à Sélène l'adolescent tenait moins le coup, l'attaque du yéti y était pour beaucoup. Enfin James était quand même moins triste grâce à la présence de la rouquine qui tentait de le rassurer. Il savait qu'elle ne le laisserait pas tomber, ils étaient amis et les amis ça se soutenait mutuellement. James lui répondit par un petit sourire avant que Margaretta ne revienne avec une tasse fumante. D'après ces paroles cela le requinquerait mais il en doutait fortement. C'était bien plus qu'une maladie ordinaire qui glissait dans ses veines. Cette dame était tellement gentille que James ne put qu'accepter le breuvage en la remerciant.
Distraitement il entendit Sélène trouver elle aussi que les voyageurs abusaient de l'hospitalité de Margeretta mais encore une fois cette dernière fit bien savoir que ça ne la dérangeait pas du tout. C'était tellement rare de tomber sur des Dreamlandiens gentils que James serait bien rester dans cette maison à se faire chouchouter.
Buvant doucement sa tasse, James leva les yeux vers son amie lorsque celle ci se pencha pour lui parler, à l'abri des oreilles de leur hôte. Elle voulait le laisser ici, et partir seule à la rechercher des ombres. Il était bien évidemment hors de question que James laisse faire une chose pareille. D'ailleurs ses sourcils s'étaient froncés et il répliqua à voix basse.

- Ah non je refuse...imagine tu tombes sur un yéti...non Sélène je peux pas te laisser continuer seul...je vais reprendre des forces et on reprendra la route...On est amis et les amis ça fait les choses ensembles...

Comme pour affirmer ses propos il termina sa tasse cul sec et manqua de s'étouffer avec, le faisant tousser. Le liquide lui brûlait la gorge et réchauffait son estomac. Une fois remit, les yeux mouillés il regarda Sélène avec un sourire qui se voulait rassurant.

- C'est passé par le mauvais trou...
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mer 14 Aoû - 22:10

Effectivement, si elle tombait sur un autre yéti en étant seule, elle risquait de passait un très mauvais quart d’heure. Et c’était un euphémisme. Mais ce n’était pas ça qui la rendit muette, mais la conviction de James lorsqu’il affirma que les amis faisaient les choses ensemble. Selene sentait ses joues s’empourprer, alors un sourire impossible à réprimer illumina son visage fatigué. Sourire qui se transforma en vraie hilarité attendrie quand le psychotique confia qu’il avait avalé de travers.

- Apparemment oui…

Elle savait qu’il n’allait pas aller franchement mieux, de la même façon qu’elle était aussi rongée par la mort. Mais elle avait chaud au cœur avec lui, et ça, ça lui donnait de l’espoir. Encore une fois, elle marqua la pression sur sa main, amicale, puis se tourna vers la fenêtre. La neige faisait des siennes, ses gros flocons chutant avec douceur. C’est à contrecœur que la rouquine porta son attention sur Margaretta, passant par le petit Vlady occupé à courir après sa queue.

- Merci beaucoup, vous avez vraiment été… très très gentille avec nous.
- C’est normale mon enfant, affirma aussitôt la concernée en agitant la main comme si elle chassait un insecte.
- Mais… on va devoir y aller, reprit l’adolescente d’une voix timide, des… des amis nous attendent maintenant. Ne vous en faites pas, je m’assurerai que James ne se surmène pas !

C'était un semi-mensonge - donc une demi-vérité. La vieille ouvrit la bouche, mais comme si elle réalisait du même coup qu’elle ne convaincrait pas ces deux jeunes gens, elle abdiqua en poussant un soupir. Un soupir fleurit sur son visage fané, affectueux et généreux.

- Je ne peux pas vous faire captif, concéda-t-elle, mais prenez soin de vous mes enfants. N’hésitez pas à revenir me voir dès que vous le voudrez !

Dans ses yeux qui observaient Selene aider son ami à se remettre sur pieds, il y avait une lueur étrange. Comme de la tristesse, de la compassion, un amour désintéressé. On aurait dit qu’en réalité, elle voyait l’ombre noire qui planait au dessus de leurs silhouettes fragile, qu’elle savait sonder leurs âmes meurtries. Tandis qu’elle revêtait ses manteaux, mitaines et bonnet, les orbes noisette de la galloise s’attardèrent sur la tasse vide qui avait contenu le breuvage « anti-grippe ». Il continuait de diffuser un léger fumet vert, d’un vert peu commun maintenant qu’elle y pensait. Etait-ce réellement une simple décoction de plante ? Ou bien…

Elle regarda Margaretta, mais ne lut sur son visage que sa bienveillance de grand-mère. Alors après l’avoir remercier une nouvelle fois, accordant une caresse au chiot blanc, la toquée fût la première à regagner l’extérieur. Le froid la mordit brusquement ; elle avait oublié son agressivité déjà. Une fois dans la rue, elle prit la main du psychotique, ses yeux brillant d’une lueur de détermination qu’on lui voyait rarement :

- Aller ! On va vraiment essayer de trouver cette femme gelée cette fois, et régler ce problème d’ombres !
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James Brooks

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Jeu 15 Aoû - 19:02

la détermination de James avait donné un petit coup de fouet à ce dernier. Il ne pouvait décidément pas laisser tomber une amie, surtout dans leurs conditions. L'adolescent était de nouveau prêt à se battre contre la mort et lorsque Sélène informa Margaretta de leur départ, il hocha la tête pour la soutenir. Laissant la tasse encore chaude mais vide de ce contenu sur la petite table, James se redressa doucement et alla prendre ses affaires. Il remercia chaleureusement la vielle dame et le petit chien puis suivit Sélène dehors.
La neige tombait toujours mais en petite quantité, la main de la rouquine dans la sienne lui donnant du courage et de la chaleur au même titre des paroles qu'elle prononça. Ils allaient trouver cette femme et récupérer leurs ombres.

- Oui !

Un sourire s'afficha sur les lèvres pâles de James qui approcha son visage de Sélène pour déposer un bisou sur sa joue.

- Merci d'être là Sélène...je suis content de t'avoir à mes côtés

Il était assez rare qu'il se trouve entouré, d'avoir qui plus est une très bonne amie. Il lui avait promis de l'accompagner voir son prince charmant après toute cette histoire et comptait bien tenir cette promesse.
Cependant l'adolescent ignorait où aller chercher leur fameuse femme. S'engager à nouveau dehors serait une mission suicide...Son oreille fut attiré alors par une conversation qu'avait un couple en passant à côté d'eux. Il lui semblait avoir entendu "femme nue" et "glace" dans une même phrase. James se hâta de les interpeller. Heureusement son costume d'Halloween s'était évaporé depuis sa sortie du centre commercial.

- Excusez moi...je n'ai pas pu m'empêcher de vous entendre et vous avez bien parler d'une femme nue non ?

La jeune femme qui devait avoir la trentaine regarda James et Sélène d'un air étrange, avant de finalement répondre en se rendant compte que ce n'étaient que des adolescents.

- Oui en effet

- Mon amie et moi cherchons des informations à son sujet

- Pour ça mon garçon allez voir directement Gislain le marchand, il vient une fois par mois vendre des objets aussi étranges que époustouflants...Il a croisé une folle en chemin c'est ce qu'il a raconté...Il se trouve dans l'impasse du pain perdue si vous voulez, c'est pas très loin, vous allez tout droit et à une maison rouge avec un toit en forme de beignet vous tournez à droite !

- Merci monsieur

Puis le couple les laissa. Maintenant les deux voyageurs savaient où se rendre, en espérant que ce marchand aurait des informations intéressantes
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Ven 16 Aoû - 2:33

Le baiser de James, et ses remerciements quant au fait qu’elle était à ses cotés lui allèrent droit au cœur. Une nouvelle fois, ses joues pâlies par le froid s’empourprèrent, alors qu’elle bafouillait qu’il n’y avait pas besoin de lui dire « merci » ; mais elle n’était pas certaine que le concernée l’ait entendu. Un sourire flottait sur les lèvres blessées de Selene, mais son oreille était moins attentive. Le psychotique la fit descendre de son petit nuage lorsqu’il interpella un couple qui, visiblement, discutaient de leur mystérieuse femme-nue-et-glacée.

Dans un sens, la toquée ne savait pas si ça valait la peine d’aller voir de Gislain. Ils savaient déjà où trouver celle qu’ils cherchaient, non ? Ils avaient simplement été détournés de leur cible par un chiot. Toutefois, elle n’osa rien dire – d’autant que peut-être bien que cet homme leur apporterait des éléments nouveaux. Et puis, en entendant perler de maison en forme de beignet, le ventre de la rouquine répondit par un grognement. Mine de rien, ça faisait un bon moment qu’ils trottaient dans le village, sans avoir pris de vrai petit déjeuner, après une nuit passablement agitée. L’adolescente avait faim, et confia à son comparse une fois qu’ils furent seuls :

- J’espère que ce… Gislain a aussi de quoi manger dans ses objets étranges…

A ce sujet, une lumière traversa son esprit. A croire que malgré tout ce temps, elle n’était pas encore habituée à ses facultés dreamlandiennes. Avec un petit effort, Selene se concentra pour faire apparaître un paquet cadeau qu’elle s’empressa de déballer. Ses espoirs retombèrent bien vite quand elle découvrit qu’elle n’avait cette fois pas matérialisé de boite à déjeuner, mais une corde de chanvre longue et encombrante qui rejoignit le barda de sa hotte.

- Pas de chance, murmura-t-elle en se mettant en route.

Après quelques pas, ils croisèrent un lutin de Noël poussant une roulette à sa taille chargée de pétards, fusées et autres artifices festifs. La galloise lui adressa un grand sourire, accordant aux employés du Père Noël une estime immense depuis que certains d’entre eux les avaient sauvés d’un yéti. Elle n’avait pas vu la bande de gosses, aux plaisanteries douteuses, qui s’étaient brusquement approchés pour allumer plusieurs mèches et détaler en courant. Le lutin, seul, n’avait rien vu venir ! Il ne put qu’écarquiller les yeux avec stupéfaction avant que toute sa marchandise ne se mette à péter joyeusement.

Le concert de détonation fit faire un bond au cœur fragile de la rouquine et avant qu’elle n’ait pu se retourner, une fusée multicolore frôla le haut de son crane. Prise d’un stress soudain, son premier pouvoir se déclencha et… surprise, cette fois-ci, elle était un épouvantail de la tête au pied. Plantée dans la rue sans pouvoir déloger le piquet qui avait pris la place de ses jambes, Selene entendit des hurlements d’enfants restés dans les paroles, et les battements d’ailes d’oiseaux qui déguerpissaient à sa vue. Elle dut se contorsionner pour voir le lutin, visage noirci, le fessier dans la neige, la mine abasourdie. Une vraie scène de dessin animée.

Elle aurait bien rit, si elle n’était pas autant troublée par l’évolution de son pouvoir. Un faux pantalon de toile noir usé aussi élégant que sa chemise bleue à carreau était accroché à son piquet, frémissant légèrement. Elle n’avait plus rien d’humaine… plus rien. Son corps entier n’était plus que paille, bois et tissus. C’était une sensation assez étrange, qu’elle ne saurait définir comme bonne ou mauvaise pour l’instant.

- Désolé, baltutia-t-elle à l’intention de James, j’ai eu peur et… c’est la première fois que mon pouvoir fait ça… tu crois que tu peux me porter ? osa-t-elle enfin demander, forcée d’admettre qu’elle ne pouvait plus bouger.

Si elle avait pu rougir, ses joues seraient écarlates. Mais pour l’heure, son visage de toile grimé en homme arborait simplement une mine dépitée qui en ressortait comme parodique.


HRP : en fait, je viens de réaliser que Selene ne peut pas bouger, c'est un fait, mais je ne sais pas si on peut me porter. Logiquement, j'ai envie de dire oui, mais je vais demander à Mylène, je t'envoie un mp quand j'ai la réponse.


Dernière édition par Selene Nymphadora le Ven 16 Aoû - 3:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Ven 16 Aoû - 2:33

Le membre 'Selene Nymphadora' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Super joyeux noël' :
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Dim 18 Aoû - 19:21

Il est vrai qu'il faudrait penser à faire des réserves de provisions, au cas où le duo devrait à nouveau se rendre dehors dans la plaine gelée...Manger des chocolats ça allait bien deux jours mais il fallait changer d'alimentation. Manger de la viande par exemple, cela faisait longtemps que James n'avait pas goûté à un bon steack haché. Gislain vendait peut être de l'alimentation d'une autre ville.

- Je l'espère aussi...

Il vit Sélène se concentrer et un paquet cadeau apparaître das ses mains, mais il n'en sortie qu'une corde. L'adolescent n'avait vraiment pas le courage d'essayer de son côté, et il n'avait pas vraiment faim. Même si son corps avait besoin de se nourrir pour aller mieux.

Les voyageurs croisèrent un lutin et tout comme Sélène James leur était reconnaissant de leur avoir sauvé la vie. Le duo n'eut même pas le temps de dire ouf que le contenu du chariot s'était allumé, faisant marcher les feux d'artifices et petites fusées. L'adolescent se baissa au cas où, manquant de peu de recevoir une fusée qui passa père de son amie. Cet accident avait déclenché le pouvoir de la rouquine, l'a rendant épouvantail. Sauf que cette fois ci ses jambes avaient disparus, ne laissant qu'un piquet. James s'imagina qu'elle pourrait sauter comme celui dans Le Chateau Ambulant mais apparemment ce n'était pas le cas. Elle lui demandait si il pouvait la porter.

- Je vais essayer...

L'adolescent s'approcha et tenta de la soulever mais rien à faire, elle semblait planter profondément dans le sol. Il essuya son front perlé de sueur, épuisé par ses efforts fournis en vains.

- Impossible...on doit attendre que ton pouvoir termine de faire effet...

James eut l'envie de retrouver les imbéciles qui avaient fait exploser le chariot, d'ailleurs le pauvre lutin se retrouvait peiné près de l'accident. James eut de la peine pour ce petit bonhomme qui avait bien du avoir du mal à pousser ce chariot jusqu'ici.

- Tu crois pas qu'on devrait l'aider une fois que tu aura retrouvé ton apparence normale ?
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 19 Aoû - 15:06

C’était officiel, elle était figée sur place. Ses épaules de pailles s’affaissèrent avec consternation, bien qu’elle ne puisse s’empêcher d’admirer l’évolution de son pouvoir. Sous cette forme, elle était réellement invulnérable. Un petit sourire se dessina sur son visage de toile, tandis que James proposait de donner un coup de main au lutin délesté de sa marchandise. L’adolescente aurait été ravie, mais ce dernier s’affairait déjà tristement à rassembler les fusées qui avaient échappé au massacre.

- Je veux bien, répondit-elle, mais il aura peut-être fini avant que mon pouvoir ne s’arrête… je ne sais jamais combien de temps ça va durer exactement.

Selene ne sut pas pourquoi, mais le visage de Dakota s’imposa à elle. Peut-être parce que tout volontaire qu’ils avaient été pour remplir leur mission, à savoir retrouver la dite femme glacée, elle avait l’impression que leur duo faisait du sur-place depuis des heures. Ça ne plairait sans doute pas à la gamine de le savoir. D’ailleurs, penser à la phobophobe évoquait à la galloise un sentiment étrange, comme si elle ne savait plus trop comment la considérer. Puisqu’elle n’avait rien d’autre à faire que de causer, elle décider d’en parler à son ami :

- Dis James… je… enfin, je dis pas ça méchamment, parce que je sais que tu l’aimes bien. Mais… j’ai l’impression que Dakota ne m’aime pas, je ne sais pas trop pourquoi. Je veux dire… j’ai vraiment essayé d’être gentille avec elle, de lui parler correctement, de l’écouter quand elle avait des idées, même de lui réserver mes pilules… mais j’ai toujours la sensation qu’elle me prend pour une débile mentale inutile.

La toquée marqua une pause. La mine boudeuse de son visage d’épouvantail avait quelque chose de comique, mais c’était une peine tout à fait sincère qui transparaissait. Si elle pouvait respirer, elle aurait voulu émettre un soupir, mais elle ne put que reprendre son débit de parole :

- Je sais bien que j’ai fais des boulettes, admit-elle, mais… enfin… j’suis pas habituée à tout ça moi ! J’suis qu’une gamine sans intérêt, j’ai envie de rentrer chez moi, et c’est tout. Je suis pas aussi parfaite qu’elle, ni aussi douée, ni aussi forte, et on dirait qu’elle me le reproche…

Elle haussa les épaules. La présence d’un épouvantail parlant sur le bord de la route attirait bien des regards, mais elle poursuivit sans faire plus attention aux passants qu’à la neige qui s’accumulait sur elle, sans même la faire frissonner.

- Pourtant je l’aime bien, tu vois ? J’aimerais beaucoup devenir son amie, et la faire sourire un peu plus. Mais je ne sais pas comment faire… tu sais toi ? Tu en penses quoi ?

Comment point final à son discours, son pouvoir prit fin, lui rendant ses attraits de rouquine emmitouflée dans ses apparats hivernaux. Ses yeux marron s’étaient accrochés à ceux du psychotique, parce qu’elle voulait qu’il lui réponde. Peut-être lui avait une réponse ? Il fallait bien qu’il comprenne qu’elle ne dénigrait pas Dakota. Quelque part, elle l’admirait plutôt, parce qu’elle savait faire preuve de qualités dont elle pensait être démunie à jamais. Elle ne comprenait juste pas pourquoi elle était incapable de lui tirer la moindre émotion positive.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 19 Aoû - 18:55

C'est vrai que en ignorant le temps que Sélène allait rester en épouvantail, le lutin serait peut être déjà partie. La transformation pouvait très bien durer cinq minutes comme une heure. Il n'y avait donc lus qu'à attendre tranquillement bien que cet adjectif dans leur situation n'était pas vraiment des plus adéquat. Il fallait tout sauf attendre vu que le temps était compté, seulement James avait un trop gros coeur pour laisser un pauvre lutin et partir à la recherche de sa propre survie. Ce temps écoulé était peut être ce qui allait le conduire à l'état de légumes...
Ces pensées maussades furent cependant arrêté lorsque Sélène l'interpella, apparemment lancé sur le sujet de son amitié avec Dakota. L'adolescent était très loin d'être un génie dans cette matière. La phobophobe était comme ça au naturel, pas vraiment très sociable et il ne pensait pas que la rouquine devait se sentir exclusivement repoussé.

- Mais non c'est ça façon d'être, elle a rien contre toi en particuliers je suis sur !

James se souvenait très bien combien de fois Dakota lui avait fait aussi se sentir inutile et pire encore de se sentir indigne de son amitié.

- Tu sais je pense qu'elle a été seule trop longtemps pour se rendre compte que les autres humains ne sont pas tous idiots, un jour ou l'autre elle finira par ouvrir les yeux

Faire sourire Dakota, oui James en rêvait aussi de pouvoir voir s'illuminer le visage de la blondinette. Lui même était désemparé face à cela mais il n'allait pas forcer la phobophobe à étirer les lèvres.
Sélène avait reprit son apparence normale lorsque l'adolescent lui répondit.

- Je sais pas comment la faire sourire, mais je suppose que ça se fait tout seul de se dérider au bout d'un moment...Le tout c'est de rester tel que l'on est auprès d'elle

Comme un signe du bon dieu la chouette de Dakota apparut et se posa sur une barrière près de James, une lettre attaché à sa patte.

- Quand on parle du loup !

L'adolescent s'empara du papier, s'empressant de lire et l'espoir se mit alors à jaillir dans la prunelle de ses yeux fatigués.

- Ils ont trouvés des ombres, beaucoup d'ombres ! Ils ignorent comment les attrapés mais c'est déjà une bonne chose non ? Peut être que les nôtres sont là bas ?

Il fouilla dans son panier et en sortie une feuille et un stylo avant d'écrire à son tour.

Chère Dakota,
Je suis ravie de savoir que tu es toujours en vie ! Nous n'avons pas trouvé la femme nu encore mais nous avons croisé, il me semble ton ombre dans les pleins enneigés, bien coincé par un pic de glace...J'espère te revoir avant de mourir quand même on sait jamais...

Gros bisous, prend soin de toi aussi ♥
James

Il termina de gribouiller son petit coeur, plia la lettre et l'attacha à la patte de Chouette avant de la regarder s'envoler. L'espoir à nouveau allumer, faisait battre son coeur et son visage avait un peu retrouver des couleurs.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mar 20 Aoû - 16:23

Selene médita silencieusement sur ce que lui avait répondu son ami. Dans un sens, ça lui faisait bizarre d’imaginer que la blondinette ait pu souffrir de la solitude. Il suffisait d’avoir vu sa maison pour se rendre compte qu’elle était de ceux qui étaient nés avec une cuillère d’argent dans la bouche ; et dans l’imaginaire de la rouquine, les gens comme eux ne souffraient pas autant. Ce n’était pas de la jalousie, ni du mépris, juste… une mauvaise idée reçue, encouragées par les basses classes sociales pour justifier leur aversion de ceux qui avaient réussis.

Ce n’était pas la question. La question était que quelqu’en soit la raison, la phobophobe avait été seule. Trop seule. Une nuage de douloureuse compassion passa au dessus de la toquée. Elle savait ce qu’était la solitude, l’isolement, et n’avait survécu que grâce à l’épouvantail de son jardin. C’était horrifiant de penser à ce qu’elle aurait été sans lui. Sans doute une coquille vide ; une jeune fille sans sentiments ni émotion, une simple statue mouvante, sans couleur ni odeur. C’était cela Dakota ?

James la coupa dans sa souffrance emphatique en lui résumant la lettre envoyée par la blondinette. Elle écarquilla les yeux en hochant la tête, un léger sentiment coupable au creux du ventre, en se disant que eux, ils n’avaient pas beaucoup avancé. Selene ne vit pas ce que le psychotique répondit, mais dès qu’il eut fini, elle lui adressa un sourire en disant :

- On va voir ce Giselain ?

C’était de qu’ils étaient venus faire de toute façon. Et puis le nain s’était déjà tristement éloigné, le restant sa cargaison de fusée maladroitement empilée sur son chariot. Il ne fallut pas bien longtemps pour trouver la grande roulotte du marchant, en suivant les indications données par le couple. C’était impensable de trouver une telle chose dans cette impasse étroite, et pourtant… il y avait de tout. Son véhicule paraissait démesuré, ses objets étranges voletaient au dessus de son comptoir protégé par un paravent, il y avait même une carte spécifiant « snack » en lettres mouvantes.

Le propriétaire était un bonhomme avenant, assez vieux, avec des airs de Hagrid diraient les fans de Harry Potter, mais à taille normale. Ses yeux plissés par les rides étaient ceux de l’homme qui a beaucoup voyagé, qui a vu toute la malice du monde. Sa carrure laissait penser qu’il saurait affronter les blizzards féroces ou les tempêtes de sable, mais aussi se montrer d’une douceur protectrice incomparable. Bref, ce mystérieux marchant aux apparitions mensuelles intimidaient la galloise, qui s’approcha à petit pas.

- Voyons, n’ayez pas peur, lança Giselain avec un sourire, j'ai déjà été affamé, mais pourtant je n'ai encore jamais mangé personne.

Ils étaient là pour se renseigner, mais devant tant d’abondance d’articles en tout genre, Selene se laissa d’abord tenter à faire des emplettes. C’est ainsi qu’elle commanda un sandwich pour sa faim (5Rubz), puis jeta son dévolu sur un magnégide (250Rubz) qu'elle fixa à son poignet frêle, jamais en mal de protection. Alors qu’elle s’apprêtait à abandonner son feuilletage du catalogue mis à disposition, pour enfin s’occuper de leur mission, elle tomba sur la présentation du puzzle d’âme. Elle ne put alors s’empêcher d’appeler James à la lire à son tour, avant de tourner vers lui ses yeux noisette, plein d’amitié et d’espoir :

- Dis… tu veux bien que j’en achète un pour nous deux ? Je serai… rassurée si on pouvait ne jamais se perdre ici. Si… enfin… si ça te dérange pas…

Timide, elle baissa le regard, trouvant subitement un intérêt ultime à sa paire de rangers. Giselain, de son coté, feignait d’être absorbé par un numéro du Dreamland soir, pour se faire oublier un instant de ces clients aux airs complices.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mer 21 Aoû - 15:01

Un nouveau souffle de vie semblait avoir prit possession de l'adolescent mais ce n'était qu'une apparence. La lettre de Dakota avait beau lui avoir donné un coup de pied au derrière il n'en restait pas moins faible. Mais savoir que la blondinette avait trouvé quelque chose de son côté avait un côté rassurant. Allez voir Giselain donc, comme il était convenu. Le lutin n'avait de toute façon plus besoin de leur aide.

L'impasse n'était pas vraiment très loin et il fallait vraiment être aveugle pour passer au dessus du véhicule et des choses étranges qu'il possédait. De ses yeux curieux James observait les objets après que le marchand les aient rassurés sur son régime alimentaire. Bien que le monsieur avait plus l'air d'un gros nounours que d'un méchant. Sélène acheta de son coté un sandwich et un bracelet. James lui ne savait que faire, si il était très riche il aurait tout acheté tellement tout lui donnait envie. Enfin presque tous...certains objets ne lui disait rien du tout et surtout serait rapidement inutilisable. Comme le disait les adultes il fallait faire un bon investissement.

Alors lorsque Sélène lui présenta le puzzle d'âme, il sentit que c'était un bon investissement mais refusait que la rouquine soit la seule à payer. C'était un collier pour deux personnes.

- D'accord mais on divise le prix en deux alors !

Son sourire bien qu'amical laissait sous entendre qu'il y avait aucune négociation possible là dessus. James sortie alors sa bourse et en sortie les 75 Rubz avant de les tendre à Gislain tout sourire. Une fois le tout payé l'adolescent regarda avec fascination son morceau de puzzle. Son deuxième cadeau d'amitié, et ça lui faisait chaud au coeur.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Jeu 22 Aoû - 18:45

A la réponse de l’adolescent, le visage de Selene s’illumina d’un sourire comblé. Un instant, elle avait eu peur qu’il refuse, ou bien qu’il dise en avoir déjà un avec quelqu’un d’autre. Elle accepta donc sans oser protester qu’ils partagent le prix, et attrapa sa partie de puzzle comme s’il s’agissait d’un trésor. En quelque sorte, son âme était liée à celle de James. C’était un constat assez… réconfortant, beau. Pour la première fois de sa vie, la rouquine avait l’impression de pouvoir aveuglément compter sur quelqu’un d’autre que son épouvantail. Pour la première fois, elle se sentait entièrement vivante.

- Merci James, souffla-t-elle timidement, figée à la façon d’une gamine devant le plus beau cadeau de son enfance.

Sans crier garde, elle se jeta alors au cou du psychotique, ses bras frêles le serrant aussi fort que possible. Enfin, elle enfila sa moitié de puzzle, avant de la faire passer sous son écharpe et son manteau pour ne pas risque de la perdre. La galloise avait encore le rose aux joues quand elle se retourna vers le marchant, qui feignit d’être tiré d’une lecture passionnante de son journal :

- Oh, oui ? Je peux faire autre chose pour vous ?
- En fait… on nous a dit que vous aviez croisé une femme… euh… nue, qui lançait des pics de glace sur des ombres.

Il n’y avait décidément qu’à Dreamland où l'on pouvait formuler ce genre de demande sans passer pour une parfaite allumée. Selene était complètement habituée désormais, de sorte qu’elle se permit même de mimer les tirs avec ses index. Giselain souleva d’abord un sourcil, mais quand la jeune fille précisa qu’ils étaient tous les deux à sa recherche, il plia son journal avant de dire :

- Je l’ai vu plusieurs fois oui, mais elle n’entre jamais vraiment en ville. Dernièrement, elle était plutôt vers le nord… elle avait trouvé un « nid » d’ombres, et elle essayait de toutes les épingler. Y’a plusieurs « nids » dans les environs, mais celui-là est le plus gros… je crois. Et cette femme… j’ai cru entendre dire qu’elle s’appelait Hildegarde.

La toquée ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt. Encore un ensemble d’ombre, et selon toute logique, la sienne pouvait y être. Peut-être même qu’elle était déjà immobilisée au sol quelque part ? Une lumière d’espoir s’alluma dans son cœur. Il restait encore des chances qu’elle ne meurt pas, qu’aucun membre de leur petit groupe ne meurt.

- Merci monsieur, fit Selene en hochant la tête en signe de reconnaissance, bonne fin de journée.

Elle fit volte face et s’autorisa une bouchée dans son sandwich avant de s’adresser à James :

- On a plus qu’à y retourner. En essayant de ne pas se faire retarder en chemin. Ce serait bien si on la trouvait avant ce soir.

Ce serait bien oui, parce que chaque minute gagnée était importante ; parce qu’elle ne savait pas quand sa maladie lui infligerait un autre malaise. Demain, elle serait un peu plus proche de la mort qu’aujourd’hui. C’était un fait pour tout un chacun, mais dans son cas, c’était bien trop vrai.
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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 26 Aoû - 14:28

Ne s'y attendant pas, James faillit se retrouver les fesses sur le sol lorsque Sélène se jeta sur lui pour le serrer dans ses bras. L'adolescent enveloppa la fine taille de son amie de ses bras. Il était toujours réconfortant de savoir que l'on était pas seul et voir Sélène si joyeuse lui mettait du baume au coeur. Il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir mais avec la lettre de Dakota la suite apparaissait moins sombres.
Une fois séparé de la rouquine, James put respirer normalement, elle n'y avait pas été de main morte et glissa le pendentif en dessous son manteau pour ne pas le perdre en cas de bataille. Sélène interrogea le marchand sur les rumeurs qui disait qu'il avait croisé une femme nue. James aurait presque sauté de joie en entendant la réponse si il n'avait pas été aussi malade. Giselain parlait d'une forêt d'ombre et c'était peut être la même évoquer dans la lettre de Dakota. La blondinette lui manquait beaucoup. Elle avait beau avoir un caractère de cochon il s'y était attaché.

- Oui allons y ! Promis plus de détour !

James souris à Sélène et s'emparant de sa main, il salua le marchand pour son aide avant de s'éloigner de l'impasse. Il ignorait combien de temps ils leur restaient à vivre mais James pria qu'il en reste suffisamment pour pouvoir retrouver leurs ombres. En espérant que cette Hildegarde accepte de les aider. Cette femme inconnue était intriguante bien que l'adolescent ne l'ai jamais vu. Pour se promener nue dans un froid pareil il fallait être dingue ou bien...avoir un corps de glace. C'est peut être pour ça qu'elle était à poil, elle ne pouvait pas mettre de vêtement ? Cette pensée idiote fit rire James dans son coin, avant de jeter un regard sur Sélène.

- Je me demandais pourquoi Hildegarde ne portait pas de vêtement

Se justifia t-il devant l'air interrogateur de son amie.
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Ven 30 Aoû - 14:58

Lorsque James rit tout seul, l’adolescente lui jeta un œil étonnée. Celui-ci se justifia immédiatement, prétextant qu’il se demander pourquoi Hildegarde était nue. A dire vrai… elle ne s’était pas encore posé la question. Après tout, les fous et les étrangetés, ce n’étaient pas ce qui manque à Dreamland. Alors une femme qui se balade à poil, ça fait partie du paysage. Selene haussa simplement les épaules, incapable de proposer une réponse. D’autres interrogations plus sérieuses lui tournaient en tête : cette personne qu’ils cherchaient, savait-elle comment refixer les ombres ? Avait-elle déjà épinglé la sienne ? Connaissait-elle quoique ce soit qui leur serait utile ? Des espoirs. Des attentes. Et la peur, toujours, tapis dans sa poitrine fragile, prête à gonfler pour l’étouffer lentement.

Le chemin jusqu’à l’endroit où ils avaient trouvé Voldy lui avait paru interminable. Là, la galloise pu s’apercevoir, de loin parce qu’elle ne voulait plus l’approcher, que la petite ombre fixée au sol se débattait toujours avec hargne. Comme on le lui avait indiqué plus tôt dans la journée, elle mena leur duo plus au nord du village, s’appliquant à ne pas tomber dans les divers trous noirs semés dans le désert gelé.

Après dix minutes, la toquée avait presque l’impression que comparé au centre-ville, ils avaient perdu une trentaine de degré. Elle avait du lâcher la main de James pour se frictionner, ses dents claquaient, ses lèvres déjà blessées lui faisaient mal, et ses genoux s’entrechoquaient. Ses forces semblaient fondre comme neige au soleil, l’épuisement et les malaises sautant sur l’occasion pour assaillir son corps fragile. Sa vue se troubla et elle défaillit, s’agrippant machinalement à James comme à une bouée de sauvetage.

Elle était blafarde, étrangement frigorifiée, secouée de tremblement incontrôlables qui ressemblaient à des spasmes. Une quinte de toux l’ébranla, et cette fois, elle ne put pas dissimuler le sang sur la neige, et sur la commissure de ses lèvres. Et sur ses mains ; ces mains qui lui paraissaient avoir chacune 10 doigts quand elle essayait de les regarder.

- James, appela-t-elle d’une voix étouffée par la panique, je meurs ?

Comme si le sort n'attendait que cette complainte terrorisée pour cesser son jeu sadique, Selene se sentit revenir un peu à elle. Son équilibre se stabilisa, ses frissons s’atténuèrent, ses membres retrouvèrent la force de se mouvoir. Seul son cœur battait encore la chamade, matraquant ses cottes comme un forcené qui cherchait à sortir de sa prison.

Ses yeux ternes croisèrent le regard de son ami une demi-minute, mais les fuirent aussitôt. Elle ne voulait pas qu’il voit la peur et la mort dans ses prunelles, elle ne voulait pas lire sa propre fin dans ses siens. Heureusement, la toquée n’eut pas besoin de chercher longtemps la diversion parfaite : à une cinquantaine de mètre d’eux, ce n’était pas une, mais une quantité indénombrable d’ombres qui étaient fixées au sol par des pics de glace. Hildegarde ne devait pas être bien loin. Et ils avaient trouvé le fameux nid.
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James Brooks

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Mar 3 Sep - 16:20

Apparemment la question ne faisait que rire James. Un brin déçu ce dernier se calma pour se concentrer sur leur objectif et le froid de la plaine qui les attendaient. En ville il était moins frigorifié peut être à cause des bâtiments et de la chaleur qui s'en dégageait.
Le duo finit par retrouver le lieu où avaient fait demi-tour après avoir rencontré Voldy. L'ombre était toujours là, prisonnière du pique de glace et l'adolescent espérais qu'elle le resterait jusqu'à ce que Dakota la retrouve. Les jambes gelées se levaient avec peine en direction du Nord vers l'étang d'ombres dont avait parlé le marchand.
Sélène bascula alors, se rattrapant à James qui eut juste le réflexe de l'entourer de l'un de ses bras. Son amie était très pâle, tremblait comme une feuille et du sang s'échappa de sa bouche lorsqu'elle toussa. Horrifié l'adolescent avait écarquillé les yeux face au liquide rouge qui maculait la neige.

- Non tu ne vas pas mourir Sélène ! Tu n'a pas le droit ! Il y a ton rendez vous qui t'attends !

Des larmes lui montèrent aux yeux, l'une d'elles glissant avant de se perdre dans l'écharpe. Le froid gelant sa joue humide était encore plus mortifiant.
La rouquine ne le regardait même plus, fixant plus loin et James suivit son regard. Des ombres dansaient sur le nid blanc, libres ou prisonnières pour certaines.

- On y est presque, tiens bon...!

L'adolescent essuya doucement le sang sur les lèvres de Sélène à l'aide de son pouce et aide cette dernière en la soutenant. Rassemblant ses dernières forces James marcha en direction des ombres. De ses yeux fatigués il en chercha une qui pourrait aller à son amie mais il y en avait tellement. Et puis il l'a vit, à côté de dessin en bâton, au delà de la forêt d'ombre. Il ignorait comment l'attraper mais se rapprocher serait déjà une bonne chose. L'adolescent se remit en marche, ses genoux fléchissant sous le poids de Sélène et de la fatigue.
Il ne vit pas l'une des ombres se glisser sous ses pieds et se prit une décharge électrique. Sous le coup il lâcha Sélène et un cri de douleur s'échappa de ses lèvres, ses genoux heurtant le sol enneigé.
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Dim 15 Juin - 15:52

Partout, il y en avait partout... elles grouillaient comme des cafards, noir d’ébène sur la neige éclatante. Telle une entomologiste Hildegarde les épinglait, à la différence près que les aiguilles avaient été troquées par des pics de glace. Mais elle avait beau en capturer des dizaines, des centaines, des milliers... il n’y avait pas la sienne.

- «Pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI, POUUUUUUUUUURQUOIIIIIII ?! La mienne est bien quelque part ! Elle se cache ? Elle est timide ? Ouuuuh... la vilaine...» elle se retourna dans un sursaut et projeta de l’index un pic qui vint clouer au sol l’ombre qui avait fait chuter James «Pas bouger ! C’est toi ? C’est toiiiiiii ?»

La voyageuse s’approcha d’une démarche de cabri, examina sa proie sans porter aucune attention au duo et lâcha un profond soupir de dépit.

- «Erh... encore raté. Elle est joueuse mais elle ne gagnera pas !»

Elle resta un moment les bras croisés et la moue boudeuse, son regard d’un bleu glacé scrutant les environs. Ce fut la toue sanguinolente de Selene qui la tira de ses réflexions. Ne restait plus qu’à savoir si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle...

Leurs visages ne lui disaient rien. Rien-du-tout. Et ils avaient l’air malades comme des chiens. L’image de Snoopy en train de danser s’imposa à son esprit dérangé, lui tirant un fou rire irrépressible. Hildi’ ne s’arrêta que quand un troisième «presque cadavre» ramena sa fraise pour accourir aux pieds du garçon, ignorant royalement la fille.

- «Huuuuum... rivalités amoureuses ? J’aime ça. Ca met du suspens... de la passion ! Une série sans intrigues amoureuses c’est d’un ennuyeux ! Alors c’est quoi l’histoire ? Je peux savoir ?»

Leur absence d’ombre lui sauta alors au visage comme une évidence et elle secoua la tête sous l’effet de la déception.

- «Vous essayez d’en semer une pour que l’autre meure c’est ça ? C’est d’un banal ! Pas sûr que je prenne la peine de regarder le prochain épisode...»

La frigophobe se laissa tomber au sol, les jambes en tailleur. Elle était fatiguée et elle s’ennuyait. Ils n’étaient même pas drôles. Ils avaient ce regard de chien battu qui réclamait de l’aide et leurs bafouillages ne semblaient pas vouloir passer la couche de glace qui recouvrait ses tympans. Bon, ils voulaient probablement leurs ombres non ? Quoi d’autre sinon ?

- «Qu’est-ce qu’il y a à la fin ? Arrêtez de me regarder avec vos airs de merlan fris ! Si vous cherchez vos ombres, y’en a partout ! Trouvez la bonne, attrapez-la et cousez la à vos pieds... c’est bien comme ça dans Peter Pan non ? Ou alors il lui offrait le thé ? Je crois que je m’embrouille...» elle se gratta la tête, causant la chute d’un stalactite emprisonnant une de ses mèches de cheveux blonds «Bref ! Je sais que je suis impressionnante maiiiiiiiiis... comptez pas sur moi ! J’ai tellement d’autres choses à faire... TOUCHE !»

Une nouvelle ombre se trouva épingler à une vingtaine de mètres de là.

- «J’vous empêche pas de faire le tour cela dit, c’est jour de marché ! Et si vous voyez une ombre qui provoque du froid... ou une pluie de guimauve prévenez-moi !»

Un blizzard glacial venant de l’est se mit à souffler. Parfaitement normal dans ce désert gelé mais Hildegarde semble prendre ça pour un signe du destin et se mit à courir à toutes jambes en hurlant :

- «Bouge pas ! Me voilààààààààààààààààààààààààà !»

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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Dim 15 Juin - 17:27

Elle aurait adoré être aussi certaine que James qu’elle ne mourrait pas. Un sourire étira ses lèvres écorchées que son comparse essuyait amicalement et ils se remirent en route. Ou plutôt, Selene avançait tant bien que mal, soutenue par son ami qui semblait avoir repéré quelque chose. Lorsque ce dernier affirma qu’ils y étaient presque, Selene hocha la tête, docile. Elle n’avait même plus la force d’être pessimiste, mais tous les efforts du psychotique lui redonnaient un peu de courage.

Fébrile, au moment où la toquée s’apprêtait à reprendre son autonomie, elle vit le décor basculer et s’effondra dans sa neige épaisse. Un frisson glacé secoua son corps, une nouvelle quinte de toux brûla ses poumons, et elle cracha du sang sur les cristaux immaculés. Sa tête lui tournait tellement que l’adolescente n’avait même pas encore aperçut la femme d’une grande beauté qui se trouvait tout proche, complètement nue, complètement gelée.

Quand la galloise eut repris ses esprits, elle vit d’abord une paire de pieds lui passer devant sans lui accorder la moindre attention. Dakota. Son cœur se serra un peu, mais elle se redressa en silence, n’osant même plus s’approcher pour s’inquiéter de l’état de James. Ce dernier avait retrouvé sa meilleure amie, sans doute n’avait-il plus besoin d’une excentrique passionnée par les épouvantails. Elle serra ses bras contre son corps, comme si ça pouvait réellement étouffer sa tristesse.

La voix d’Hildegarde fit sursauter Selene, qui la fixa avec des yeux ronds. De quoi diable parlait-elle ? Et… elle n’avait pas froid ?! La jeune fille n’osait même pas ni s’en aller, ni répondre, ni faire le moindre geste. Ses lèvres frigorifiées s’agitaient sans qu’aucune réelle syllabe ne sorte de sa bouche et finalement, la voyageuse aborda le sujet crucial d’elle-même.

Un sourire s’afficha sur le visage blafard de la toquée lorsqu’elle entendit parler de se recoudre l’ombre au pied. Elle l’avait dit ! Dans l’instant, elle oubliait à qui et en quelles circonstances elle avait fait cette suggestion, mais elle se souvenait y avoir pensé. Son cœur accéléra un peu dans sa poitrine frêle, irradiant tout son corps froid d’un regain de chaleur. Elle fit un bond en arrière lorsqu’Hildegarde épingla une nouvelle ombre sur le sol. Au moins, l’origine de ces choses n’était plus un mystère. D’ailleurs, l’adolescente se souvenait en avoir vu quatre qui épinglaient l’ombre de…

- Dakota…, souffla-t-elle à mi-voix, Dakota, reprit-elle plus fort sans oser la regarder dans les yeux, on a vu ton ombre avec James je crois... Pas loin de la sortie de la ville d'où on vient. On ne l'a pas libérée pour ne pas qu'elle ne parte...

Ses yeux noisette terne étaient rivés dans le vide, puis elle se détourna sans avoir croisé les prunelles de la phobophobe ou du psychotique.

Selene l’avait enfin aperçut : la silhouette sombre isolée sur le sol vers laquelle James tentait de la guider avant de s’écrouler. Elle traçait autour d’elle des esquisses tordues et évanescentes, des dessins élémentaires que la toquée reconnaitrait entre mille. La jeune fille porta à sa bouche une main tremblante d’émotion, prévoyant de masquer une éventuelle exclamation. Une larme de soulagement roula sur sa joue. C’était son ombre, elle en était certaine.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Au pays des fous, les givrés sont rois   Lun 16 Juin - 9:15

En provenance des terres gelées

Les retrouver grâce à son traceur s’était révélé être un jeu d’enfant. Elle ne mit pas plus de 15 minutes à les retrouver aux abords de la ville, affalés sur le sol comme de véritables loques. Dakota pressa le pas malgré la fatigue qui lui plombait les jambes, dépassa Selene comme s’il ne s’était agit que d’un fantôme et posa un genou à terre auprès de James. Il avait l’air secoué mais il s’en remettrait, assez rassurant pour reporter son attention sur la seule autre chose digne d’intérêt aux alentours : cette grande femme complètement gelée... tout autant qu’elle était nue. Dakota grimaça devait les engelures qui marquaient les mains et les pieds d’Hildegarde, sa peau gerçée, craquelée par le froid, sa chevelure prise dans la glace tant et si bien qu’un moindre choc pouvait l’amputer de cet attribut féminin. Comment pouvait-elle ne pas réagir devant l’état pitoyable de son corps ? Parce qu’elle est folle à lier rétorqua sa conscience du tac au tac.

Les pouvoirs de l’inconnu avait dépassé sa capacité de contrôle et son corps comme son esprit en pâtissaient. La gamine pensa avec une sorte de fascination morbide qu’elle finirait probablement par se détruire elle-même. Mais elle alors ? Dakota Earnshow, que ferait-elle avec cette puissance entre les mains ? Et si elle pouvait se l’approprier, saurait-elle l’utiliser correctement ? En faire une arme qui ne serait pas à double tranchant ? Malgré le danger évident que la manœuvre représentait, la phobophobe ne pu s’empêcher de le souhaiter si fort que son pouvoir personnel s’activa, copiant une partie des dons de la frigophobe alors que celle-ci commençait à s’éloigner au pas de course une fois fini son babil incohérent.

Son corps était froid. Tellement froid... au point de rendre la voix geignarde de Selene encore plus insupportable.

- «J’avais bien saisi dans la lettre. J’espère pour toi autant que pour moi qu’elle est toujours là-bas.»

Sa menace à peine dissimulée n’eut pas l’impact voulu, la rouquine étant bien trop obnubilée par une ombre un peu plus loin qui avait de fortes chances d’être la sienne. Elle en était presque déçue. C’était injuste... cette peste faisait tout pour semer son ombre sous couvert de pseudos bonnes intentions et elle retrouvait la sienne sans difficultés ? Dans ce monde comme dans l’autre ce n’était visiblement pas les plus méritant qui obtenaient gain de cause.

Perdue dans ses pensées elle mit un certain temps à se rendre compte que son corps s’était mis à givrer. Sa combinaison maintenait ce qu’elle couvrait à bonne température mais tout ce qui dépassait virait au bleuâtre, se couvrant d’une fine couche de glace.

- «Je n’aurais pas dû... oh je n’aurais pas dû copier ça...» murmura-t-elle, à peine audible.

Quelle folie d’avoir cru qu’elle pourrait contenir cette puissance ! Maintenant elle sentait à peine ses doigts, et tout ce qui la frappait les concernant c’est qu’ils lui donnaient l’impression qu’ils allaient tomber. Et si c’était le cas ? Et s’ils allaient chuter dans la neige, ridicules vestiges de ses mains ?

La peur la submergeait à présent comme un raz-de-marée, prêt à détruire ce qu’il lui restait de raison. Elle comprenait mieux l’état de la folle qui possédait ces pouvoirs à l’origine... ne plus penser, c’était oublier sa peur. C’était la seule manière de continuer à vivre, si on pouvait appeler ça une vie... La larme involontaire qui perla de son oeil gela aussitôt avant de tomber dans la neige comme une vulgaire flocon. Il fallait inspirer. Expirer. Se calmer. Sauf qu’elle n’y arrivait pas. Sans Selene rien de tout ça n’aurait eu lieu. S’ils l’avaient attendu près de son ombre elle n’aurait pas croisé la route de la reine des neiges. Pourquoi fallait-il que cette fille lui gâche la vie ?!

La froid rongeait peu à peu sa raison, ne laissant derrière lui que des pensées éparses, contradictoires et violentes. Dakota savait que si elle restait ici elle ne donnerait pas cher de la peau de la toquée et si elle n’accordait pas grande valeur à sa vie elle savait que James, lui, en donnait. Se brouiller avec son meilleur ami restait impensable même au sein du chaos qu’abritait son crâne.

- «Je... où est mon ombre ? Vite. James, montre moi. Montre moi...» alors que Selene entrouvrait la bouche elle s’exclama dans un cri «PAS TOI ! Tu l’as fait exprès. Je sais que tu l’as fait exprès. Elle ne sera plus là et je vais mourir... je vais mourir, mourir, mourir, mourir... si je ne meurs pas de froid avant. Ça aussi ça ne serait pas arrivé... Sydney avait raison. Tu es mauvaise, tu nous en veux, tu ne nous aime pas. Mon ombre ? Où est mon ombre ?»

Ses serpents s’étaient à présent figés complètement dans la glace, sculpture de mauvais goût, tandis qu’elle tournait en rond, son regard fouillant l’horizon. Elle perdait le fil, elle perdait la raison et ses doigts... ses doigts la démangeaient, la brûlaient... peut-être qu’épingler Selene lui ferait du bien qui sait ? Dak’ lâcha un rire, son grotesque dans sa bouche, éclats dérangés qui contrastaient de manière dérangeante avec le caractère originel de la surdouée.

- « Oui ! Oui ! Pourquoi pas, ça peut être drôle ! C’est tout bonnement FASCINANT !»

Un sourire trop large pour être honnête étira ses lèvres fines alors qu’elle se mettait à agiter les doigts comme pour s’échauffer. Dommage pour la galloise qu’elle ne puisse pas lire dans les pensées sans quoi elle aurait probablement pris ses jambes à son coup.

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