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 Savoir garder son sang froid

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Eve M. Todrovitch

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Maladie mentale : Troubles paranoïaques

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Lun 16 Juin - 17:27

Lorsqu’elle s’éloigna enfin de Rochel, son cerveau était en feu. Pas parce qu’elle ne comprenait pas ce geste guidé par une pulsion animal, quand bien même c’était le cas, mais parce que… parce qu’au fond, elle sentait qu’il y avait autre chose. Comme si tout son corps durcit par la folie avait ressenti l’esquisse d’un frisson, d’un sentiment. Eve avait les idées claires pourtant, son pouvoir était toujours actif. Doucement, le bout de ses doigts effleurait ses lèvres, comme pour retenir un petit peu plus la sensation douce et chaude du baiser. Finalement, elle secoua la tête et se détourna, quelque chose comme de la tristesse au fond de ses yeux marron. Elle était consciente que ce n’était qu’une accalmie ; que bientôt, la démence serait de retour.

Quand la russo-américaine essayait de trouver le regard du phobique des rêves, celui-ci semblait soigneusement éviter d’entrer en contact. Était-il vexé ? Gêné ? Peut-être avait-il une fiancée qui l’attendait quelque part ? La jeune femme poussa un soupir en reportant son attention sur la neige qu’elle foulait. Bien sûr. Un mec comme lui, gentil et attentionné, devait certainement avoir une petite blonde candide qui l’attendait à la maison. Quelqu’un qui le dorloterait quand il rentrera ; le type de fille qu’elle n’égalerait jamais.    

Ce pèlerinage glacé avait presque des allures de randonnée cathartique, ce genre de chose. Eve avait l’impression de revivre tant que son étrange pouvoir d’apaisement restait actif. Son costume avait disparu quand ils parvinrent enfin au campement et qu’une poignée de main la tira de ses pensées.

- Compris, répondit-elle simplement après toute la présentation de Badger.

C’était fascinant. La paranoïaque n’était pas encore rodée à toutes les facéties de Dreamland et voir des ombres se faire littéralement hameçonner, ça avait quelque chose de saisissant. Elle ne put s’empêcher de vérifier que la sienne était bien à sa place, puis elle suivit Rochel et Jade, qui souhaitaient très certainement retrouver leur ombre respective.

Effectivement, à peine entrés dans l’igloo, un escalier rudimentaire s’enfonçait dans le sol, derrière le poste de contrôle d’un homme aux joues rougis par le froid. On lui avait déjà parlé des nouvelles recrues, il ne demanda qu’à voir les bagues de la Résistance portées par les deux filles pour être certain que tout soit en règle, mais resta indécis devant Rochel.

- Il est avec nous, informa Eve en posant sa main sur le bras du phobique, il va nous aider et son ombre est peut-être là-dessous.

L’homme se contenta donc de hocher légèrement la tête et les laissa descendre sous terre. Il faisait plus chaud, tellement que la russo-américaine ouvrit son manteau hivernal et souleva brièvement ses cheveux noirs pour dégager sa nuque. Pas de cellule pour l’instant, simplement un long couloir fermé par une porte au dessus de laquelle une ampoule verte indiquait sans doute qu’elle était déverrouillée. Sur la droite, il y avait ce qui devait être une salle de pause. Plusieurs personnes buvaient le contenu de tasses fumantes, absorbées dans des débats philosophique sur l’éducation des enfants dans les conditions difficiles qu’ils connaissaient.

Dans le doute, Eve n’essaya pas d’attirer leur attention, mais une petite bonne femme perchée sur des talons, en tailleur et brushing année 30, s’approcha en vitesse dès qu’elle aperçut les visiteurs. Elle détailla chacun des trois voyageurs de ses yeux d’encre au travers ses lunettes en écaille, puis demanda simplement :

- Bonjour, Judith Bennon. Est-ce que je peux vous aider ?
- Eve Todrovitch, répondit la paranoïaque en serrant la main qui lui était tendue, On a été envoyés dans les environs par Miss Paper. Badger nous a affectés au département recherche apparemment. Si possible nous… nous aimerions beaucoup jeter un œil aux ombres avant.

Ce n’était pas pour elle bien entendu, mais il y avait fort à parier que Jade et Rochel seraient plus qu’intéressés à cette perspective. Avec un peu de chance, ils se trouveraient là-bas. Avec un peu de chance…

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Dernière édition par Eve M. Todrovitch le Jeu 19 Juin - 8:03, édité 1 fois
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mer 18 Juin - 16:48

Pourquoi est-ce qu’il fallait que tout le monde tienne des propos lourds de menace ? «si vous ne voulez pas avoir de problèmes»... bien sûr qu’elle n’en voulait pas ! Qui voulait des problèmes à part les masochistes, franchement ? Jade en avait déjà eu une bonne tartine, plus qu’à son heure à vrai dire et elle comptait bien laisser aux autres la part qui leur était due. Elle poussa un soupir en levant les yeux au ciel alors qu’ils pénétraient sous la tente, berçés par le flot de paroles de Bagders.

Alors comme ça des galeries s’étendaient dans le sol gelée comme les racines d’un arbre géant, bardées de cellules pour accueillir non pas des criminels mais des ombres ? Un bon sujet de film, elle le proposerait peut-être à un producteur si elle arrivait un jour à se faire innocenter des crimes commis par Melena et Elie. Autant dire jamais, rétorqua cyniquement sa conscience, lui donnant l’impression qu’un poids écrasant venait d’être déposé sur ses épaules. Les paroles de leur supérieur, leur responsable ou... ou qui qu’il soit lui passait un peu au dessus de la tête. Elle avait retenu le principal et c’était l’important : la résistance était là pour se geler les miches à pécher des ombres à l’hameçon taille XXL dans le but ô combien généreux de les rendre à leurs propriétaires. Ça paraissait un peu trop généreux pour être honnête, mais soit. Et eux trois dans tout ça ? On les catapultait chercheurs. La psychotique eu un mal fou à étouffer le rire qui tentait désespérément de jaillir de sa gorge.

- «Euh... oui oui, parfaitement clair.»

Se mordre la lèvre, respirer et retrouver son calme... voilà, c’était presque ça. Elle allait donc tenter de chercher une solution sans aucune connaissance, aucune formation, aucune prédisposition. Si ça leur faisait plaisir de la voir ramer pourquoi pas mais il n’y avait plus qu’à espérer que leurs collègues seraient plus compétents.

On les conduisit rapidement vers leur lieu d’affectation situé à peu près au milieu de rien. Tout ce dont Jade était sure c’est qu’elle se trouvait sous terre mais elle aurait été parfaitement incapable de retrouver le chemin vers la surface seule. Ça commençait bien ! La température dans les installations souterraines était agréable, presque printanière, et tout avait été aménagé pour rendre la vie supportable à défaut d’être réellement agréable. La bonne jumelle profita que la parano se soit faite aborder par une femme au look démodé pour aller récupérer en vitesse une tasse de chocolat chaud après quoi elle leur emboîta le pas. A ce qu’elle croyait comprendre de la discussion entre Judith et Eve, leur guide les conduisait aux cellules dans l’espoir d’y dénicher son ombre et celle de Rochel.

Elle n’osait pas espérer, en réalité. Combien de chances pour qu’elle soit effectivement ici ? Pour que celle de son compagnon s’y trouve aussi ? La chance n’était pas souvent de son côté, aussi ne se faisait-elle pas d’illusion. La marche se révélant longue, Jade en profita pour se pencher vers le phobique après avoir bu une gorgée de son cacao brûlant.

- «Dis moi... comment est-on censés reconnaître nos ombres ? Elles ont beau exprimer les pouvoirs de leur possesseur j’ai du mal à visualiser ce que ça donnerait pour mon problème. On aura l’air malins si c’est tellement peu évident qu’on passe à côté. D’ailleurs c’est quoi au juste, tu sais... ta maladie...»

C’était stupide et indiscret mais elle était curieuse. Les joues rougies autant sur le masque de papier que dessous, Jay reprit :

- «Ne t’inquiètes pas je ne te jugerais pas ! C’est juste que ton pouvoir m’a intrigué. C’est quelque chose en rapport avec les rêves ou le sommeil ? Ou peut-être que tu préférerais que je te dise pour moi d’abord, par soucis d’égalité ?»

Aborder ce sujet n’était jamais chose aisée mais maintenant qu’elle s’était jetée à l’eau elle ne pouvait pas décemment grimper sur la rive et s’enfuir à toutes jambes. Dommage que la portoricaine n’ait pas eu de courage à prendre à deux mains mais juste des fermetures éclairs à tripoter nerveusement pour évacuer le stress. Et s’il la prenait pour une folle ? Et si c’était justement parce qu’elle l’était qu’elle avait peur qu’il s’en rende compte ? Jade chassa ces idées d’un mouvement vif de la tête, comme si elle s’ébrouait. Advienne que pourra !

- «Moi je... j’ai un dédoublement de personnalité. Mon autre moi est ailleurs, on a été séparées à cause d’un vortex. Euh... oui parce qu’ici on a deux corps, enfin c’est un peu compliqué... et toi, donc ?»

Elle ajouta mentalement, prière muette : «Pitié, ne me laisse pas m’enfoncer toute seule !».

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mer 18 Juin - 20:05

Dépassé par les événements et rattrapé par la réalité cruelle, Rochel se prenait à espérer que son ombre l’attende dans le dédale souterrain. Il voulait y croire et il devait se rattacher à cet espoir pour ne pas perdre la tête. Toutes ces ombres… les voir glisser ainsi sur la neige en telle quantité que cela en noircissait le sol donnait des sueurs froides à l’insomniaque à l’idée de devoir chercher la sienne parmi cette marée noirâtre.

Sans décrocher cette scène fantastique des yeux, il suivit le groupe jusqu’à entrer dans l’igloo où – encore une fois – on l’accueillit avec un regard suspicieux. Péniblement, il commençait à s’y habituer en se disant qu’il ne pouvait décemment pas espérer recevoir autre chose de la part de ces personnes qu’un regard aussi froid que le paysage dans lequel ils évoluaient actuellement. Après tout, il était bel et bien l’indésirable qui s’invitait par défaut dans une organisation secrète : qu’on le voie comme une probable taupe mettant son nez dans des affaires ne la regardant pas tenait du bon sens, tout simplement.

Cela ne devait pas l’empêcher pour autant de donner une image correcte de lui-même, aussi ne refusa-t-il aucune politesse et salua poliment d’un signe de tête toute personne le dévisageant de plus ou moins près. Il était de toute façon bien trop fatigué pour réfléchir à une quelconque manière autre que celle-ci de ne pas se faire lapider instantanément. La nuit dans la grotte lui avait fait du bien mais n’était pas nécessaire pour rattraper tout le sommeil en retard qu’il avait accumulé. Ça ne l’était jamais…

Il risqua néanmoins une question qui sembla ne trouver aucune oreille :
- Vous aider, je veux bien mais… je ne vois pas vraiment ce que je peux faire. Attraper des ombres, peut-être ? C’est sans doute là que je serai le moins inutile. Qu’en pensez-vous..?
Visiblement, personne n’en pensait rien étant donné qu’Eve se dirigeait déjà vers la secrétaire aux allures de dame d’un temps révolu. Seule Milly était restée aux côtés de l’éternel fatigué bien que tout semblait indiquer que cette dernière s’était absentée au moins un instant pour aller chercher une tasse de chocolat chaud. La vue du breuvage qu’elle tenait entre ses fines mains faisait remonter bien des souvenirs d’enfance. Des souvenirs insouciants d’une époque bénie où le jeune Rochel ignorait encore tout des atrocités qu’il aurait à vivre. La vie aura décidément été bien cruelle avec lui et pourtant il n’était assurément pas le plus à plaindre : tant de personnes souffraient chaque jour et ce, bien plus que lui. Arriverait-il à recouvrer un minimum de paix intérieure une fois son ombre retrouvée ? Il priait pour cela, en tout cas.

A la façon qu’avait la jeune femme de le regarder, elle avait très probablement quelque chose à lui demander. Quelque chose qui avait du mal à sortir. Effectivement, cela ne tarda pas et si Rochel ne savait pas comment répondre à la première question, il fut pris d’un pincement au cœur à l’idée d’évoquer la réponse à la seconde. Il n’en avait pas du tout envie… non : il en avait honte. Dévoiler son esprit si faible et parler de sa « maladie » ridicule le mettait terriblement mal à l’aise.
- Euh.. Eh bien.. C’est assez difficile d’en parler. Je ne sais pas si c’est vraiment utile qu’on en parle maintenant… Je peux chercher mon ombre de mon côté, je suppose.
Bien que dire cela sous-entendait également un léger refus d’aider Milly – refus qu’il ne voulait surtout pas qu’elle interprète ainsi, la tentative d’esquive du sujet sensible échoua au moment où, prenant son courage à deux mains, la jeune fille plongea au cœur du problème en dévoilant le sien. Que pouvait-il faire maintenant qu’elle, sa sauveuse, lui avait avoué sa maladie ? Refuser de parler de son cas la blesserait sûrement mais il aurait tant souhaité ne jamais avoir à le dire.

Après de longues et difficiles secondes pendant lesquelles l’esprit de Rochel affrontait ce terrible dilemme, ce dernier soupira longuement en affichant une moue contrariée. S’il comptait rester plus longtemps avec elles, il ne pouvait pas garder ça pour lui indéfiniment. Et puis en y réfléchissant, il n’avait pas non plus besoin d’évoquer les causes de son trouble. Laissant le regard insistant de la bonne jumelle faire céder le dernier rempart de sa forteresse de réticence, l’insomniaque passa aux aveux.
- Je suis victime de-… Il s’arrêta net, yeux écarquillés, fixant Milly tout en réalisant l’ampleur de ce qu’elle venait de lui apprendre sur lui-même. Attends… Mon quoi ?! C-comment est-ce que… C-… C’est quand… je dors.. ? La gorge du jeune homme s’était serrée brusquement, étouffant la fin de sa phrase bien que le tout reste cependant audible. Oh mon dieu… Mais qu’est-ce que je suis ?

Rassemblant les morceaux de son psyché ayant volé en éclats, l’insomniaque s’adossa à la paroi la plus proche, pris sa tête entre ses mains et se laissa glisser le long du mur pour finir en boule.
- Non… Non..! Non ! Je.. Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Est-ce que j’ai blessé quelqu’un ? Il releva la tête. Je t’en prie, tu dois me dire ce qui s’est passé quand j’ai dormi ! Je veux… je DOIS savoir. Les larmes lui montèrent aux yeux mais il fit son possible pour les réprimer. Il était impératif qu’il sache si son pouvoir faisait de lui une personne dangereuse ou non. Si oui… Il devrait s’en aller. Vivre seul et trouver seul le chemin du retour chez lui. Personne ne devait souffrir à cause de lui, il ne le supporterait pas.
Moment de silence. Rochel réprima un sanglot et serra sa peluche de Bourriquet dans ses bras.

- Je souffre de terreurs nocturnes. Depuis mon enfance. Je… Je n’en dors plus, la nuit ; c’est insoutenable. Mais si mon pouvoir donnait vie d’une manière ou d’une autre à ce que je vois dans mes rêves… Je ne veux pas qu’il arrive quelque chose de mal. Je suis vraiment désolé.
Il fixa son âne en peluche dont le regard triste lui rappelait son propre reflet lorsqu’il se regardait dans le miroir de sa salle de bain.
- Si je suis dangereux, il faut me le dire. Je m’éloignerai ; vous ne me reverrez plus jamais et vous n’aurez pas de problèmes, c’est promis. Je veux juste… savoir si je suis le monstre que je redoute d’être.
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Eve M. Todrovitch

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Maladie mentale : Troubles paranoïaques

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 19 Juin - 8:53

- Jeter un œil aux ombres ?  répéta Judith avant que ses yeux ne tombent sur Jade et Rochel et qu’elle comprenne la situation. D’accord, suivez-moi.

La résistance fit les trois voyageurs passer la première porte et alors que la psychotique et le phobique discutait dans leur coin, Eve écoutait les explications de la femme aux allures démodées. Explications qui montraient que l’organisation qu’elle avait récemment rejoint n’avait pas que de la gueule et des gadgets hi-tech : ils n’avaient pas chômé.

- On a découvert que les ombres ont toute une signature énergétique particulière. Elle est faible, mais elle existe. Le plus intéressant est que dans le cas présent, ces ombres isolées sont comme… un morceau « d’âme » des voyageurs qui s’est décroché. Ça signifie qu’elles ont la même signature que leur propriétaire. Comme les empreintes digitales si vous voulez, ou le chant des dauphins. Un voyageur = une ombre.  
- Vous en êtes sûrs ?  interrogea la paranoïaque.
- Comme toute science mademoiselle, ce sera vrai tant qu’on n’aura pas trouvé de contre exemple. Quoiqu’il en soit, nous avons toutes les machines nécessaires ici. Nous allons déterminer la « signature d’âme » de vos collègues, et si leurs ombres ont été répertoriées ici, nous le saurons immédiatement.  

La russo-américaine acquiesça au moment où son pouvoir prenait fin. Ses vêtements reprenaient leur couleur originelle, ses yeux se recouvraient d’une plaque de givre, ses pensées se dénaturaient à nouveau. La folie était de retour, inexorablement. Elle ne put s’empêche d’être soudainement sur ses gardes à la vue des longues galeries souterraines que leur groupe traversait. Et si c’était un piège ? S’ils étaient tombés dans un traquenard contre la résistance et qu’on les emmenait pour les exécuter ? Et si on ne les laissait jamais sortir d’ici ? Et si…

Dans le silence qui s’était imposé entre Eve et Judith, les geigneries de Rochel étaient désormais distinctes. Agacée, la taularde tourna légèrement la tête pour apercevoir ses acolytes du coin de l’œil, et la scène d’un jeune homme de la vingtaine en pleine complainte qui serrait une peluche contre lui faillit la faire sortir de ses gonds. C’était pitoyable, ce type était d’une faiblesse sans nom – pire que Jade – c’était à se demander comment elle pouvait lui trouver un coté… bref.

Sans un mot, la russo-américaine s’immobilisa. Son visage impassible, les doigts de sa main droite agités de tic de dément. Quand Rochel fût parvenu à sa hauteur, elle lui administra une claque magistrale. Pour indiquer à la benjamine de ne pas s’interposer, elle étendit son bras pour lui barrer la route alors que ses yeux glacés fixaient son cadet :

- T’as pas bientôt fini de chouiner comme une fillette ?! Qu’est-ce que tu crois, que c’est comme ça que tu vas réussir à survivre ? Réalise un peu, tu te fais protéger par une gamine de même pas 18 piges, bordel ! Si tu les as perdues en route, fais-toi pousser de nouvelles couilles Rochel. Vite.  

Eve leva une main tremblante sous les accès de colère qui l’agitaient, résistant à l’envie de lui en coller une autre, mais posa simplement sa main sur l’épaule de son comparse. Sa voix inexpressive eu presque – presque – l’air de s’adoucir, et en regardant bien, ses yeux étaient très légèrement moins durs.

- Ressaisis-toi. On ne sera pas toujours là toutes les deux… un jour, il faudra que tu saches te protéger et protéger ceux que tu aimes par toi-même.

Ce fut le moment que choisis Judith pour s’interposer, ne souhaitant pas de scène de ménage dans l’enceinte de leurs souterrains.

- Comme je le spécifiais à votre collègue, nous avons les moyens d’identifier vos ombres si elles sont ici. Ensuite, il n’y a pas encore de consensus pour les « recoller »… on parle d’une femme capable de le faire par magie, d’autres personnes utilisent des moyens artisanaux : par la couture, la soudure, le givre, … ça semble marcher plus ou moins bien, avec plus ou moins de risque.  

Satisfaite d’avoir enfin capté l’attention générale, elle poursuivit :

- Ici, nous essayons de mettre au point une méthode censée aller un peu plus loin. Nous avons de fortes raisons de penser que ces désagréments d’ombre ne sont que des dommages collatéraux, ce n’était pas le but premier du Marchand de sable. Notre technique permettrait en théorie de faire en sorte que si cet incident arrivait à nouveau, vos ombres ne se sépareraient pas.  
- Qu’est-ce que c’est ? demanda brusquement Eve qui souhaitait que leur hôte en vienne au fait.
- C’est en phase de test. L’idée et de vous réunir, vous et vos ombres, par une sorte de choc électromagnétique. Un mélange de savoirs techyoïte et gloutoniskaïen, c’est complexe. Vous avez été affectés à la recherche, non ? Alors voici ma proposition pour participer, annonça-t-elle en fixant Jade et Rochel, on vous aide à retrouver vos ombres, même si elles ne sont pas ici. Ensuite, acceptez de devenir nos cobayes. Tout ce que vous aurez à faire c’est être volontaires pour l’opération par choc électromagnétique et revenir régulièrement faire une batterie de test pour être sûr que tout va bien.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 19 Juin - 16:26

Comme elle s’y était attendue, Rochel ne débordait pas de joie à l’idée d’étaler à sa vue l’étendue de ses travers mentaux. Jade se souvenait avoir eu honte longtemps, honte qui n’avait pas complètement disparue même si elle s’était atténuée avec le temps. Être en permanence entourée de détraqués lui avait permis de s’accepter peu à peu, comme si la folie devenait la norme. Plus de raison de cacher un crime quand tout le monde est coupable de quelque chose, non ?

Mais son compagnon ne voyait pas encore les choses comme ça. Il n’avait pas le recul nécessaire. Les questions indiscrètes de la psychotique avait agis comme une gifle, le renfermant sur lui-même. Pire... il commençait à exprimer le désir de les quitter. Le coeur de l’adolescente rata un battement et elle posa sa main sur son bras, geste naïf qu’elle espérait suffisant pour le retenir. La panique déclenchée par la réalisation de ses pouvoirs eu bien plus d’effet sur Rochel que ce contact léger sur son bras. Il avait l’air totalement désemparé, effrayé à l’idée d’avoir pu leur faire du mal. Elle aurait voulu lui dire qu’il se trompait, qu’il faisait fausse route et qu’elle avait connu bien pire que la créature de cauchemar qu’il avait rendu réel mais ni le jeune homme ni Eve ne lui laissèrent le temps d’ouvrir la bouche.

La gifle de la paranoïaque, soudaine et violente, la laissa sur le cul. Quoi ? Pourquoi ?! Et la réponse ne tarda pas : comme d’habitude elle blâmait la faiblesse, comme si c’était une tare mortelle. Oui, c’était sûr qu’engueuler les gens et les encourager à devenir des sociopathes en puissance pour perdurer sur cette terre hostile était la solution à tous les problèmes du monde... ou pas.

- «Mais laisse-le tranquille bon sang ! Quel besoin de le frapper ?! Tu crois que ça va magiquement le rendre plus fort ? Qu’à la sensation de ta main qui lui déboîte la mâchoire il va se mettre à penser «Ah non mais elle a raison, je vais m’acheter un bon stock de courage dans la prochaine boutique que je croise» ? Et bien laisse-moi te dire que tu te goures ! Tout le monde n’est pas aussi froid et insensible que toi ! Il a besoin d’exprimer les choses, de les affronter tout seul mais surtout de temps pour ça. Alors retiens-toi à l’avenir. Je ne suis peut-être pas la plus courageuse, loin de là, mais je suis plus puissante que toi. Beaucoup plus puissante. Ne l’oublie pas.»

Sans même qu’elle s’en rende compte elle avait retrouvé sa personnalité d’origine, celle de l’époque où elle était encore complète. Elle attrapa le visage d’Eve entre ses mains sans prévenir et, sous l’effet d’une impulsion soudaine, plongea son regard dans le sien pendant de longues secondes.

- «Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver pour te rendre comme ça ?! Et si tu mettais juste tout ça de côté, hum ? Comme si rien n’était jamais arrivé. Ça nous fera des vacances.»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le souvenir de la mort de ses parents s’évapora dans l’esprit de la paranoïaque, emportant sa maladie et avec elle ses pouvoirs. La tension sembla se relâcher tout d’un coup. Jade ne savait pas ce qu’elle avait fait exactement mais semblait le deviner. Si seulement elle avait pu utiliser ce tour de passe-passe sur elle-même ! Mais c’était qu’une utopie de plus à la fin d’une longue liste.

Elle put enfin se concentrer sur le discours de Judith qui devait en avoir plus que marre de leurs disputes en chaîne. Après que la femme lui eut de nouveau répété les conditions avec un agacement visible la bonne jumelle grimaça, peu convaincue. Cobaye, hm ? C’était pas vraiment ce qu’elle avait espéré, même s’il fallait bien avouer que c’était probablement le seul domaine où elle pourrait être compétente. Un job où elle n’aurait rien à faire de ses dix doigts pour justement ne rien foutre en l’air. Mais quand même...

- «Je... je vous cacherais pas que je suis pas très emballée. Moi... l’autre moi, elle a déjà été cobaye et ça s’est fini dans un labyrinthe mortel où elle a failli y passer. J’ai pas trop envie de mourir pour tout vous dire. C’est pas risqué au moins, votre truc ? On risque pas de finir foudroyé ou... ou n’importe quoi du même acabit ? Parce que je vous le dis tout net : si c’est pour caner je préfère retrouver mon ombre sans aide et me débrouiller avec les moyens du bord.

- Ce n’est pas mortel.» Judith soupira en levant les yeux au ciel. «Ce sera peut-être douloureux mais même si cela échoue les chances de perdre la vie sont quasi nulles. Rassurée ?

- Euh... à vrai dire le quasi ne me plait pas trop mais...» Devant l’air agacé de son interlocutrice elle rajouta précipitamment «Mais ok. Ça marche pour moi. Rochel ?»

Il hocha la tête sans grande conviction après quoi on les conduisit jusqu’à un appareil étrange sur lequel on les invita à poser la main. C'était la machine qui était sensée détecter leur signal énergétique puis lancer une recherche dans la base de données. Cette première étape avait été présentée comme longue mais non douloureuse. Un picotement étrange parcouru les doigts de Jade alors qu’elle tentait de réorienter la conversation sur le sujet qu’elle avait abordé avant la claque de Miss Furie. Son ton badin ne trompait pas grand monde mais elle ne voulait pas donner l’impression de dramatiser. Ici tout le monde était malade et ce fait n’était pas une fatalité.

- «Tu sais, pour ce que tu disais tout à l’heure... t’es pas dangereux, pas encore. Et tu auras tout le temps d’apprendre à te servir de tes dons. D’ailleurs je pourrais peut-être même t’aider mais il faut que je teste pour voir. Je crois que j’ai fait quelque chose à Eve tout à l’heure, quelque chose qui l’a apaisé. Comme si j’avais enlevé de ses souvenirs ceux qui l’avait fait souffrir au point de la rendre comme ça. Peut-être que je pourrais effacer, même juste temporairement, la cause de tes terreurs nocturnes, non ?» Elle lâcha un rire gêné. «Ou alors je délire complètement, va savoir !»
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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 19 Juin - 19:48

La gifle qu’infligea Eve à l’insomniaque le fit tituber, manquant de lui faire retrouver le sol qu’il venait à peine de quitter. Peu à peu, ce dernier comprit ce qui venait de se passer mais ce qu’il ne comprenait pas, c’était « pourquoi ? ». Il ne voulait pas savoir pourquoi on l’avait frappé ; c’était suffisamment clair comme ça… Il voulait juste qu’on lui dise en quoi c’était nécessaire ou d’une quelconque aide à son problème. Certes, la paranoïaque avait raison pour le courage mais elle ne connaissait rien de lui. Rien du tout !

Le phobique fit son possible pour réprimer la moutarde qui lui montait au nez mais la tirade de l’ex-taularde n’aidait en rien. Protéger ceux qu’il aimait… Il aurait tout donné jusqu’à sa vie ; jusqu’à son âme pour protéger celle qu’il aimait de tout son être !
Par chance, Milly prit l’initiative et réprimanda Eve à la place de Rochel. A l’inverse de sa camarade, la jeune fille aux cheveux blonds semblait le comprendre ou tout du moins, approchait la vérité à un point effrayant. Etait-il possible que leurs deux maladies aient une origine… similaire..? Il espérait que non. Pour elle, bien sûr. Qu’il ait vécu ce qu’il a vécu, c’était une chose mais ce genre d’expérience, il ne la souhaiterait à personne.

Il tenta de s’interposer au moment où Milly prit la tête de sa comparse entre ses mains, craignant que le conflit ne dégénère à cause de lui. Il était assez gêné que cette discorde aille aussi loin pour au final si peu, juste de l’ignorance, en fin de compte. On ne pouvait pas reprocher à Eve de ne pas le connaitre.
- S’il vous plaît, ne nous battons pas pour ça. Ça n’en vaut pas la peine et on a plus urgent à faire. Eve, je suis désolé de te déplaire autant mais tu ne connais RIEN de moi alors restons-en là, d’accord ?
Pour une fois et ce depuis très longtemps, son regard était froid, déterminé et autoritaire. Il fixa la paranoïaque pour s’assurer qu’elle avait bien compris qu’il était tout à fait sérieux avant de se mettre en route pour suivre Judith. Les cernes sous ses yeux rendaient son regard plus sombre encore que d’habitude et ce faciès contrarié ne le quitta que lorsqu’ils entrèrent dans la pièce réservée aux scans de signature spirituelle où le déploiement de technologie qui le dépassait le rendit admiratif. La rébellion était vraiment bien équipée, même dans ces terres au climat difficile et c’en était impressionnant ; ils ne plaisantaient pas !

La vieille fille de la résistance leur demanda s’ils étaient volontaires pour tester l’imposante machine qui leur faisait face. Rochel ne savait pas vraiment quoi répondre à part qu’il n’avait pas trop le choix : c’était accepter cela ou bien se débrouiller seul pour retrouver son ombre. Or, le temps pressait et il le sentait au plus profond de lui-même : son corps tout comme son esprit faiblissaient et pas seulement à cause de la fatigue habituelle.
A l’évocation de certains mots clés dans les paroles de Milly, en revanche, l’insomniaque ressentit un étrange sentiment. Une sensation paradoxale ainsi qu’une intuition de ‘déjà-vu’ très perturbante. « Cobaye », « labyrinthe », « éclair »… Ces mots semblaient liés pour une quelconque raison mais il était incapable de savoir pourquoi et sonder ses souvenirs ne lui apporta aucune réponse. Au contraire : d’autres mots vinrent s’ajouter à la liste de même que davantage de questions auxquelles il ne trouverait probablement pas de réponse. Entre autre, les termes de « loup-garou », « canard » et « bite »… Pourquoi ceux-ci plus que d’autres..? Aucune idée.

L’impasse mentale dans laquelle Rochel venait de s’engouffrer sans en avoir conscience fit qu’il eut du mal à comprendre ce que lui dit Milly alors que celle-ci effectuait son scan de signature spirituelle. Il avait raté les premiers mots mais le sens global était assez clair pour qu’il puisse répondre sans être à côté de la plaque.
- Oui, j’ai cru voir une sorte de changement mais je n’en suis pas certain. Il se caressa le menton avec sa main, signe qu’il réfléchissait. Il s’assura qu’Eve était assez loin pour qu’elle ne les entende pas et ajouta à demi ton : d’un autre côté, je ne sais même pas comment me placer vis-à-vis d’elle. C’est comme si d’un instant à l’autre, elle me haïssait puis me prenait en pitié. Je… Elle me déteste, hein..? demanda-t-il tristement.

Il prit la place de Milly devant la machine ; on lui fixa des électrodes sur les tempes et on lui fit placer sa main sur une sorte d’écran bleuté qui émit une petite pulsion électrique parcourant le corps du phobique au contact. Un petit picotement se fit sentir au niveau de la nuque et de la colonne vertébrale, se transformant petit à petit en gêne à peine perceptible.
- Pour tout te dire, je ne pense pas que tu délires, non. Au contraire, tu es très censée et tu sais faire preuve d’empathie. J’espère vraiment que tu arriveras à… eh bien à réaliser ce pourquoi tu es ici, en tant que résistante et en tant que voyageuse, aussi.
Sa main quitta le petit tableau de commande et il décolla les électrodes de sa tête puis se tourna vers la bonne jumelle.
- En tout cas, merci de m’avoir éclairé sur mon pouvoir. J’espère ne jamais devenir dangereux mais je veux que tu saches que ça signifie beaucoup pour moi que tu me l’aie dit honnêtement. Je ne voudrais pas te forcer à m’aider mais si tu peux et si tu veux bien faire ça pour moi, je t’en serais très reconnaissant. Il y a juste un problème : ma… maladie n’a pas qu’une seule origine. J’espère que cela ira quand même mais quoi que tu fasses, je veux que tu me promettes de ne pas sonder mon esprit pour savoir pourquoi je suis comme ça. Même si tu en as le pouvoir, je ne veux pas que tu voies ça. Son regard sombre se perdit dans un coin de la pièce. Les remords revinrent l’accabler à l’évocation des événements qui l’avaient changé à jamais ; il ne voulait pas que quelqu’un d’autre les vive, même à travers lui. A fortiori à travers ses yeux.

- Jeunes gens ? appela Judith en revenant depuis l’arrière de la salle, un papier à la main. Nous les avons trouvées.
Elle tendit la feuille à Milly et Rochel pour qu’ils puissent la voir. Les deux références inscrites avaient chacune une correspondance indiquant l’aile et la cellule de chacune des ombres. Restait à savoir quelle ombre appartenait à qui.
- Euh… Je ne voudrais surtout pas me montrer impoli, mais… vous y gagneriez sûrement en organisation à préciser le type de manifestations liées aux ombres. « B33 027 S », par exemple, qu’est-ce que ça signifie ?
- Voyons cela… Aile Ouest, couloir 33, cellule 027. Le S indique la catégorie de l’ombre. Ici, on peut donc lire que le niveau de dangerosité de cette ombre est nul : « S » pour « Safe ». On ne vous a donc rien expliqué avant de venir ici ? Judith inspira profondément et prit une pause digne d’une institutrice sur le point de commencer sa leçon. Elle se lança.
Nous essayons de confiner un maximum d’ombres dans ces locaux mais il a fallu instaurer une charte de dangerosité et de ce fait, nous n’avons en grande majorité que des ombres dont les pouvoirs ne sont pas néfastes : les ombres classe S. Les deux autres classes, E et K, sont confinées d’une aile à part dont les cellules disposent d’un niveau de sécurité bien supérieur.
Les ombres K, dites « classe Keter » sont des ombres dont les pouvoirs sont très puissants, extrêmement dangereux voire mortels pour ceux qui les approchent. On y trouve également des ombres au comportement anormalement agressif envers les voyageurs et même les dreamlandiens normaux. Nous n’en avons vraiment pas beaucoup.
Les « classe Euclid », elles, sont les laissées pour compte. Elles sont confinées du mieux que nous pouvons du fait que nous ignorons leur pouvoir, l’ampleur de ces derniers et même jusqu’à leur nature. L’une d’elle, par exemple, avait pour habitude de passer au travers des murs de sa cellule. A l’heure actuelle, nous ignorons totalement sa position. Les classes Euclid demandent le plus d’attention du fait de notre incapacité à les contenir ou même à les comprendre ; leur attribuer un niveau de dangerosité est presque paradoxal.
Elle marqua une pause après sa longue tirade puis conclut : des questions ?

Rochel, visiblement inquièt, commença à vouloir lever le doigt mais abandonna de peur de devoir subir une nouvelle explication interminable.
- Non… Non, merci. Ça ira comme ça, je pense. Allons chercher nos ombres, voulez-vous ? Affichant un sourire gêné, il maintint la porte ouverte pour faire passer ses camarades féminines et ferma la marche. Il n’avait pas tout compris, loin de là, mais il savait au moins à peu près où chercher leurs ombres et c’était ce qu’il voulait. Les cours de classification des ombres, on verrait plus tard.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Ven 20 Juin - 0:07

Bien sûr Jade s’était interposée, bien sûr elle avait défendu Rochel. Elle avait même été jusqu’à proférer des menaces tiens, voilà quelque chose de nouveau. Dans un sens, c’était bon signe, car cela signifiait que l’animosité de cette gamine qu’elle se sentait obligée de protéger n’était pas nulle ; mais de l’autre… elle sentait le monstre lové dans son ventre hurler. C’était à l’en rendre complètement folle ! Ils ne comprenaient pas à quel point sa rhétorique manichéenne était réelle. Son intention n’était pas de les intimider mais de les réveiller, qu’ils saisissent le vrai sens de la justice, la seule valable dans ce monde corrompue.

Eve n’avait rien écouté de ce que lui avait dit Jade mais d’un coup, la bête féroce dans ses entrailles se tut. Elle cligna des yeux, comme si elle venait de les rouvrir après un trop long sommeil. C’était une sensation proche de celle qu’elle ressentait quand son pouvoir de prédicatrice de la paix s’activait. Elle ne se sentait pas aussi passionnée pour la diplomatie mais elle se sentait… vivante, c’est cela. Le regard dur du phobophobe la déboussola tellement qu’elle détourna ses yeux marron. Sans leur barrière de glace, elle était une femme révoltée mais brisée ; la rage sans la folie, un fauve sauvage qui ne demandait qu’à être apprivoisée.

Serrant ses bras contre son corps, la russo-américaine se mit à l’écart, évitant soigneusement de croiser les orbes de ses alliés. Elle ne s’excuserait pas, ça non, elle avait trop de fierté. Pourtant, elle-même à la lumière de cet instant ne comprenait pas vraiment ce qu’elle était devenue. Un sourire en coin fendit son visage habituellement impassible. Quoique Jade lui ait fait, ça lui faisait du bien, mais aucun de ses deux compagnons ne la voyait à ce moment ; une femme et non plus un monstre.

Quand leur groupe fut arrivé à destination, la détenue resta un peu à part. Elle n’avait pas d’ombre à retrouver, la sienne était solidement ancrée sous ses pieds. En voyant Jade et Rochel échanger des messes basses qui devaient certainement la concerner, elle comprit que son comportement l’avait quelque peu exclue, mais elle n’en laissa rien paraître. L’envie de griller une clope se fit sentir, mais vu la tête que tira Judith en la voyant sortir son paquet, Eve comprit que ce n’était pas admis dans la maison.

Bras croisés dans un coin, la jeune femme faisait le bilan de sa vie. Quelque chose qu’elle ne pouvait pas faire en temps normal bien évidemment. Dans sa tête défilaient les individus qu’elle avait tué sous un coup de colère, ses années d'errance, de taule, ses bagarres, ses corrections, la rage incessante qui tordait ses entrailles. Elle se revit devant le Dr Thores pour la première fois clamant qu’elle n’était pas folle, que le monde était contre elle. Depuis l’adolescence elle avait perdu confiance dans les formes d’autorité, ça la « faisait chier » mais ça… ça c’était de la démence. Elle devait l'admettre.

Eve n’écouta que d’une oreille distraite les explications de leur hôte sur le classement des ombres. Elle ne refit surface que lorsque celle-ci indiqua une porte qu’elle n’avait pas vu jusqu’à lors en annonçant :

- Nous allons plutôt vous préparer pour l’opération si vous le voulez bien. Vous devrez signer une décharge précisant que vous êtes parfaitement consentants, faire une série de tests, puis vous installer dans le « magnétiseur d’ombre ». Pendant ce temps, j’enverrai quelqu’un chercher vos ombres, ne vous en faites pas.

Ils entamèrent un autre couloir, plus étroit que les premiers, mais la russo-américaine n’y faisait pas vraiment attention. Elle s’était approchée de Jade et Rochel sans un mot, ses yeux marron perdus dans le vague, son visage tellement différent quand elle n’était pas un masque fermé.

- Milly… tout à l’heure, tu m’as fais quelque chose, commença-t-elle à voix suffisamment basse pour que Judith n’entende pas, c’est… c’était quoi ?

La paranoïaque osa enfin regarder la jeune fille. Elle avait l’impression de la voir pour la première fois.

- Je me sens… normale, finit-elle sans avoir trouvé de terme plus approprié, plus légère. J’aimerais bien être comme ça tout le temps. Avoua-t-elle.

Une question brûlait ses lèvres pâles, peut-être même plusieurs, mais par pudeur, elle ne dit rien. Un léger sourire triste colora son visage d’émotions, ce qui était d’une rareté sans nom. A cet instant, elle se surprit à penser comme Rochel : et si elle était trop dangereuse pour son entourage ?! Ne ferait-elle pas mieux de partir seule, tant qu’elle en avait la lucidité ? Ou peut-être qu’elle devrait mourir. Les femmes comme elle ne manquaient à personne.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mar 24 Juin - 16:37

C’est avec soulagement que Jade décolla ses mains de la machine tandis que Rochel lui faisait part de son inquiétude concernant les sentiments et réactions d’Eve. Elle aurait bien voulu l’éclairer et le rassurer à ce sujet mais le problème était qu’elle n’en savait pas plus que lui. La paranoïaque était une bombe à retardement, impulsive et dangereuse, une bête qui répondait à ses passions. Impossible de savoir ce qui lui passait par la tête, tantôt glacée, tantôt démon... pas facile à côtoyer tous les jours soit-dit en passant.

- «Elle ne te déteste pas, pas toi... enfin je ne pense pas. C’est surtout ta faiblesse qu’elle ne supporte pas, pas plus que la mienne. Eve voudrait que le monde entier se calque sur son modèle mais si tu veux mon avis ce serait sacré bordel !» lui répondit-elle à mi-voix tout en s’assurant que la concernée n’avait pas pu l’entendre.

L’adolescente imagina l’espace de quelques instants ce que donnerait un monde remplis d’Eve et elle repoussa aussitôt les images en bloc. Pas moyen. Vraiment pas.

Rochel embraya sur ses capacités d’empathie alors qu’on l’installait à la place de Jay. Celle-ci grimaça légèrement quand il parla de ses «buts», autant personnels que concernant la résistance. En avait-elle seulement ? Elle passait son temps à courir derrière les gens et pour tout dire la résistance n’était qu’un moyen de retrouver son ombre et préserver son identité des tarés d’Elipse et de Léviathan. Ce n’était franchement pas le moment de balancer ça ici, surtout pas avec le regard de Judith qui les scrutait comme s’ils étaient des rats de laboratoire.

- «J’ai rien à réaliser Rochel. Je suis là parce que... mes pas m’ont mené ici. Je poursuis des chimères, comme tout le monde. Mon ombre, l’autre moi, des amis... Ici je suis recherchée et là-bas aussi. Même dans le vrai monde je n’ai pas d’avenir. Alors je fais ce que je peux pour aider les autres à défaut de pouvoir m’aider moi-même. Et je te soulagerai avec plaisir si j’en ai le pouvoir.»

Ses propres paroles l’avaient peu à peu fait sombrer dans la mélancolie. Parfois on ne se rendait compte des choses que lorsqu’elles étaient dites, parce qu’on avait tout simplement besoin de les entendre pour les rendre réelles. c’était le cas ici. Sa vie lui apparaissait sous sa vraie forme, décombres fumants et sifflement d’obus en chute libre. Et dire qu’à son âge elle aurait dû s’occuper l’esprit avec des choses aussi insignifiantes que les garçons ou les études, ou même le film à regarder à la télé ce soir...

Elle poussa un soupir en repoussant une mèche de cheveux peroxydés derrière son oreille. Ça ne servait à rien d’y penser. Ça changerait quoi de toute façon, hein ? Que dalle. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se sentait mieux. Par contre elle pouvait bien rassurer le phobique quand à la possibilité de se faire «violer» l’esprit.

- «Oh t’inquiètes pas, je sais pas faire ça. Pas encore en tout cas, et même si je savais je ne le ferais pas. Tout le monde a besoin de son jardin secret !»

La bonne jumelle lui adressa un clin d’oeil alors que Judith entreprenait de leur expliquer où se trouvaient leurs ombres, comment elles étaient classées -quelle importance ?- et leur demandait de signer une décharge, ce qui soit dit en passant n’avait rien de rassurant. Elle lui emboîta ensuite le pas pour rejoindre la salle où l’on devait les préparer à l’opération et, alors que le petit groupe pénétrait dans un couloir étroit, la voix d’Eve juste dans son dos la fit sursauter.

- «Tu m’as fait peur, t’es dingue !» Jade plaqua sa main sur le coeur pour en calmer les battements «Je... je sais pas vraiment. Je crois que j’ai effacé un truc, un traumatisme, j’ai dû te faire revenir à un état antérieur. Je suis pas sûr de comment j’ai fait, ni de la fréquence à laquelle je peux l’utiliser, je peux pas vraiment te répondre en fait.»

Si elle commençait à avoir plusieurs patients les choses allaient s’avérer un peu compliquées. C’était un pouvoir récent de toute évidence et comme tout ce qui venait apparaître c’était loin d’être performant mais peut-être qu’avec le temps elle serait capable de les aider correctement, tous les deux ? Ou peut-être pas, mais le regard triste et gêné de la paranoïaque ne donnait pas envie de l’enfoncer avec une mauvaise nouvelle potentielle.

- «Je ferais de mon mieux. C’est tout ce que je peux promettre. Et puis qui sait, peut-être que les choses s’arrangeront d’elles-même ? Tu sais, j’ai entendu des gens qui disaient qu’on était ici pour guérir. Qu’à force d’être confrontés à nos maux, nos pouvoirs, nous pouvions surmonter nos problèmes. J’espère vraiment que tu y arriveras. Tu es forte, il n’y a pas de raison que tu ne puisses pas.»

Sa main pressa l’avant-bras de la jeune femme dans l’espoir de lui apporter un quelconque réconfort mais elle ne put faire bien plus car ils étaient enfin arrivés à destination. La vaste salle était emplie d’appareillages électroniques, de moniteurs pouvant afficher l’état de santé des cobayes et d’une immense machine dans laquelle un homme pouvait tenir debout. Ca ressemblait à une sorte de grand cylindre de métal derrière lequel était fixée une cuve dans laquelle des scientifiques étaient en train de faire pénétrer non sans mal une ombre qui devait probablement être celle de Rochel.

- «Les hommes d’abord ?» lança-t-elle avec un rire nerveux.

Bon Dieu, elle était littéralement morte de trouille. Il y avait encore moyen de faire demi-tour ?

Comme si Judith avait entendu sa question silencieuse, elle referma la lourde porte et les invita à aller derrière des paravents pour ôter leurs vêtements et subir les «préparatifs». Ô joie, ô félicité...

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mer 25 Juin - 21:02

A en écouter Milly, entrer dans la résistance sonnait comme un moyen davantage qu’une fin. Cependant, l’impression qu’elle ne lui disait pas tout taraudait Rochel qui resta pensif à la suite de la prise de parole de sa compagne de voyage. Il la remercia cependant de l’aide qu’elle pouvait apparemment lui apporter.

L’insomniaque signa la décharge par nécessité à défaut d’en avoir réellement envie mais ne put s’empêcher d’écouter les échanges entre la paranoïaque et la bonne jumelle. Eve aussi avait besoin de Milly pour garantir sa santé mentale et le jeune homme comprit instantanément le dilemme auquel leur ange serait confronté : qui décidera-t-elle de soigner ? Continuerait-elle à aider Eve car après tout, elle avait été là la première… ou l’aiderait-elle lui qui n’avait rien à donner à part de la gratitude ; lui qu’elle ne connaissait pas vraiment même si l’aveu commun de leur maladie les rapprochait sensiblement.

Il posa le paper-board avec sa décharge signée sur la table la plus proche et laissa son visage s’assombrir à nouveau, restant à l’écart des deux filles. Sa simple présence était encore une fois source de problèmes. Qu’il soit présent ou non, le sort s’acharnait à positionner Rochel comme l’élément de trop ou dont le manque était mortel, selon qu’il s’agisse de tel ou tel scenario.

A l’appel de la bonne jumelle, Rochel hocha la tête et partit se déshabiller derrière le paravent mis à leur disposition. Un homme en combinaison antiradiation l’informa de la procédure qui allait se dérouler. L’insomniaque n’était pas certain de tout saisir mais il comprit au moins qu’il pourrait garder son caleçon, ce qui était déjà une bonne nouvelle en soi.
- Quoi que vous ayez à faire, faites-le : je n’ai rien à perdre. Et l’insomniaque d’ajouter après une inspiration qui se voulait galvanisante : Je suis prêt, on peut y aller.

Il avança donc, presque nu, jusqu’au centre de la salle où un tube en métal l’attendait. On l’y fit entrer en lui demandant de ne surtout pas bouger une fois la procédure lancée, ce qu’il comptait bien faire.
Des électrodes furent à nouveau branchées sur ses tempes et sur l’intégralité de son corps également. La paroi du cylindre coulissa telle une porte pour enfermer l’insomniaque à l’intérieur. Des lumières s’allumèrent, le tirant de l’obscurité. Tout autour de lui, des indicateurs lumineux et autres jauges s’allumaient et s’éteignaient puis il entendit une voix venant de l’interphone à sa gauche.
- Nous allons commencer.
- … ou plutôt : en finir, commenta-t-il pour lui-même. Mais en fait, avait-il réellement pâti de cette perte d’ombre ? Elle constituait un danger mais c’était tout ce qu’il savait. Il mourrait sans son ombre et tout allait rentrer dans l’ordre alors que pour lui, ça n’avait même pas été un réel problème. Il avait eu de la chance ; beaucoup de chance. Le chance de tomber sur les bonnes personnes au bon moment et d’avoir la possibilité de récupérer son ombre… si facilement… Il en était presque honteux d’avoir ainsi profité de sa petite chance alors que des dizaines de personnes étaient probablement mortes alors que ces dernières avaient peut-être soulevé des montagnes pour retrouver leur droit de vivre. Rarement un privilège n’aura été si indu.

Une décharge particulièrement violente parcourut le corps de l’insomniaque, ce qui lui arracha un cri de douleur. Il se concentra du mieux qu’il put pour ne pas bouger mais la contraction de ses muscles le força à s’effondrer. Effrayé par cet incident qui n’était pas censé se produire, Rochel se releva en s’appuyant à la paroi de métal pour s’approcher de l’interphone.
- C-C’était quoi, ça ? Pourquoi ça a fait ça ? demanda-t-il entre deux respirations saccadées.
Seul un grésillement lui répondit, suivi d’un larcen et finalement de la voix de Judith, impassible :
- Cela n’était pas censé arriver ; il semblerait que votre signature onirique ait changé entre le moment où vous avez été arraché à votre ombre et maintenant. Je veux dire : plus qu’à la normale. Vous savez que nos pouvoirs de voyageurs évoluent avec le temps ; vous avez probablement acquis un ou plusieurs nouveaux pouvoirs. Voyez ça comme une différence de fréquence que la machine a – semble-t-il – du mal à résoudre.
- Superbe… Alors comme ça je deviens chaque jour un peu plus un danger potentiel, c’est ça ?

Judith ne prit pas la peine de répondre à l’ironie lancée par l’insomniaque. Ce qu’elle ignorait, en revanche, c’était qu’il ne s’agissait pas d’ironie mais d’une réelle question à laquelle Rochel aurait voulu une réponse.
- Je suppose que je verrai quand ça arrivera, soupira-t-il au moment où le cylindre coulissait à nouveau pour lui rendre sa liberté. En descendant, la lumière ambiante lui permit de voir son ombre finalement rattachée à ses pieds comme si rien ne s’était jamais passé.
Pas de cris de victoire, pas de pouce en l’air ni de sourire euphorique ; aucun rire franc et rassuré… Rien. Cela ne lui évoquait rien, ne lui faisait strictement rien. Il se sentait juste un peu moins faible qu’avant voire un peu moins fatigué mais c’était bien tout. Il regagna donc le paravent derrière lequel il s’état déshabillé un peu plus tôt pour réinvestir ses vêtements.

En sortant de la pièce, il croisa Milly, encore moins sereine qu’avant. Il lui adressa un sourire compatissant.
- J’aimerais te dire que tout se passera bien mais… Je ne peux pas. Ne t’en fais pas pour la décharge : ça surprend plus qu’autre chose, en fait. Bonne chance…
Bien sûr, la décharge faisait relativement mal mais peut-être qu’en sachant à quoi s’attendre, Milly saurait résister à la douleur mieux que lui. La gagnante restait néanmoins Eve qui n’avait pas à endurer tout cela. C’est d’ailleurs celle-ci que Rochel alla rejoindre derrière la vitre blindée. Il ne lui en voulait plus tellement pour la gifle, à fortiori qu’elle était différente à présent. Peut-être était-ce le moment ou jamais de reprendre sur des bases saines ?
- Désolé pour tout à l’heure si j’ai été un peu sec. Ma vie a été… un drôle d’amalgame de choses. Pas drôle, en fait : rien de ce qui m’a amené à ce que je suis aujourd’hui n’a été drôle mais je suppose que toi aussi tu as ton lot de souffrances ; ton fardeau à porter ou que sais-je encore.
Milly ne m’a pas dit combien de temps son pouvoir avait de l’effet alors je vais te dire ce que j’ai à dire sans détour : je ne veux pas de discorde entre nous deux. Nos méthodes et idéaux diffèrent, certes, mais ça ne devrait pas nous diviser comme ça : on est dans le même camp, toi et moi.
Alors… Tu en dis quoi ? On fait la paix ? Je ne te dirai pas comment tu dois vivre ni ce que tu dois faire et en retour, tu m’accordes le même traitement. Ça te semble honnête ?
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 26 Juin - 6:12

Quand l’adolescente lui promit qu’elle ferait de son mieux, Eve hocha la tête. Que pouvait-elle fait d’autre ? Elle lui souffla un remerciement, tout en pensant que si elle était si forte que ça, elle n’aurait pas perdu la tête après le décès de sa mère. Qu’importe : se sentir valorisée faisait chaud au cœur ; depuis combien de temps n’avait-elle connu que le rabaissement ?! Pendant que ses acolytes géraient leurs affaires de cobaye, elle se fit donc oublier dans un coin, observant ce qui se passait sans dire un mot.

Juste avant que le pouvoir de la psychotique prenne fin, la russo-américaine la regardait encore avec ce qui ressemblerait à de l’affection fraternelle. Même quand elle était « normale » il y avait ce petit quelque chose chez cette fille qui lui donnait envie de la protéger, comme la petite sœur qu’elle n’avait jamais eue. Puis ses pensées tortueuses revinrent trop vite.

Elle eu l’impression qu’on ouvrait une vanne dans sa tête qui déversa une vague de folie. Celle-ci balayait impitoyablement l’ordre précaire instauré par son instant de raison, mais elle conserva quelques minutes son état troublée, « entre deux », où elle était redevenue la paranoïaque qu’elle était, mais que les bienfaits de la lucidité faisait toujours échos dans son cœur froid.  

Eve sursauta légèrement quand Rochel vint lui parler. Il ne vit pas que ses yeux marron avaient retrouvé leur aspect fermé, tout comme son visage était de nouveau aussi expressif qu’une statue de pierre. Elle l’écouta sans mot plus, ses sens à moitié accaparés par le fait que Jade passe dans le cylindre, pour s’assurer qu’on ne lui faisait rien de douteux.

- C’est honnête, répondit simplement la russo-américaine quand le phobique eut fini sa tirade.

Des tas d’autres choses se bousculaient dans sa tête malade. Elle voulait lui dire qu’elle voulait simplement qu’il ne soit plus une victime, qu’il puisse délivrer de ses démons, mais aussi qu’une part enfouie au fond d’elle-même attendait qu’il lui démontre que sa « justice » ne menait à rien. Rochel était son antagoniste, lui seul avait une chance de lui rendre confiance en l’espèce humaine. Rien de tout ça ne franchit les lèvres de la détenue, qui fixa plutôt le jeune homme d’un regard inexpressif.

- Tu te sens bien ?

Elle s’inquiétait notamment de savoir que son ombre était bien accrochée et qu’il ne mourrait pas d’une crise cardiaque soudaine. Son pouvoir ne s’était pas déclenché toutefois, donc on pouvait supposé que Judith fût tout ce qu’il y avait de plus honnête dans sa démarche. Eve ne savait pas trop ; faire confiance à ses pouvoirs, ce n’était pas encore trop son truc. « On est jamais mieux servi que par soi-même » disait le dicton, et « soi-même » ici, c’était son instinct animal. Rien d’autre.

- T’as un peu meilleure mine, concéda la russo-américaine de sa voix sans couleur, t’es pas si mal que ça finalement.

Ça ne se voyait pas aux premiers abords, mais c’était une plaisanterie. Pour illustrer le caractère léger de ses paroles que son ton laconique rendait aussi glacial que si elle l’avait encore accusé d’être une chiffe molle, Eve le fit tanguer d’un geste léger de la main sur le bras. Une esquisse de sourire presque imperceptible sur ses lèvres clairs.

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Ven 27 Juin - 8:49

- «Qu’est-ce que... ?»

Le cri de Rochel l’avait fait sursauter et reculer d’un pas. Etait-ce censé être douloureux ? Quelque chose était en train d’aller de travers ? Dans quel état allait-il sortir de là ?

**Ok, je suis bonne pour la morgue.**
**Qu’est-ce que tu dis ?**
**Rien, rien...**


Jade inspira profondément dans l’espoir de retrouver son calme. Ce fut le fait de voir son compagnon sortir sur ses deux jambes, déboussolé mais vivant qui acheva de la rassurer. Bon, ce ne serait pas une partie de plaisir mais ce n’était pas mortel. C’était toujours ça de pris même si les paroles de Judith n’étaient en rien rassurantes. Plus ils avaient évolués depuis la perte d’ombre et pire c’était ? Elle avait gagné en puissance, plus que de raison, et pas moins de trois pouvoirs avaient pointé le bout de leur nez depuis qu’on l’avait éjecté de Dreamland à coup de pied dans le derrière. A quel point souffrirait-elle ? L’adolescente n’était pas sure de vouloir le savoir.

Alors qu’elle se dirigeait vers le paravent Rochel vint lui adresser quelques mots qui n’eurent pas l’effet escompté. Ça sonnait comme un pieu mensonge mais elle se retint de le dire, après tout il n’y avait pas de raison de le blâmer, elle aurait probablement dit le même genre de connerie à sa place.

- «Je te cacherais pas mon envie de m’enfuir d’ici mais il faut bien en passer par là» rétorqua-t-elle avec un maigre sourire.

Avant d’avoir eu le temps de dire ouf elle se retrouva en sous-vêtements, couverte d’électrodes et enfermée dans un cercueil de métal. L’atmosphère à l’intérieur du tube était oppressante, tout y était trop étroit et lui donnait l’impression d’étouffer. L’allumage des voyants ne la rassurèrent pas le moins du monde. C’était le moment de serrer les dents c’était ça ? Mais c’était déjà trop tard. Un courant électrique parcouru son corps sans prévenir et ses genoux lâchèrent aussitôt sous l’effet de la douleur fulgurante. Elle avait trop évoluée, elle était devenue trop puissante. Les battements de son coeur se firent anarchiques alors qu’elle tournait de l’oeil, le monde virant au gris...

********

- «Sortez le chariot de réanimation ! Il faut faire repartir son coeur !
- Vous savez si elle a des antécédents médicaux ?
- Ta gueule et choque !»

Jay ne suivait la scène qu’à moitié, comme si elle en était extérieure et pourtant ! C’était bien elle, allongée sur le sol entourée du pseudo personnel médical paniqué. Bien heureusement son coeur finit par se discipliner et la jeune fille laissa échapper un vague gémissement. Oh oui, ça pour surprendre ça surprenait...

- «Milly, combien ai-je de doigts ?
- Dix comme tout le monde.» souffla-t-elle en tentant de se redresser non sans mal.

Ils durent juger la réponse suffisante car ils la laissèrent faire, la tardant toutefois de regards inquiets. La première chose une fois assise fut de masser sa poitrine douloureuse, la seconde de regarder ses pieds. Son ombre se trouvait là comme si elle ne l’avait jamais quitté, fidèle compagnon. Au moins elle n’avait pas fait ça pour rien même si c’était un bien maigre soulagement. La voix d’Elie survint alors de son crâne, teintée anxiété :

**Il s’est passé quoi là ?! J’me suis transformée, t’as des problèmes ? Qu... mais... j’ai mon ombre ?! T’as fichu quoi au juste ?!**
**Non, ne me remercie pas c’est tout naturel... pff**
**Oh c’est bon hein, fais pas ta tête de con ! On en reparlera plus tard j’suis assez occupée... mais t’es sure que tu risques rien là ?**
**OUI. C’est bon, c’est fini. C’était juste un peu musclé.**


Se remettre sur ses pieds fut un peu compliqué mais après quelques minutes d’essais infructueux elle réussit à tenir sur ses jambes flageolantes. Rochel n’avait pas l’air rassuré et Eve était à deux doigts de fracasser son poing sur un visage, aussi Jade leur adressa-t-elle un geste de la main pour leur signifier que ça allait. Une fois à leurs côtés elle poussa un profond soupir et tenta un simulacre de sourire.

- «Ça c’est un coup de jus ! Je crois que j’avais un peu trop «évolué» pour mon bien. Ça m’apprendra à autant utiliser mes pouvoirs tiens...»
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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 28 Juin - 10:04

Les plaisanteries de la russo-américaine firent naître un léger sourire sur les lèvres de Rochel et la pichenette manqua presque de lui faire perdre l’équilibre.
- Meilleure mine ? Je suis fabuleux, oui ! Il faut souffrir pour être belle, plaisanta-t-il à son tour. C’était bête mais il sentait une petite différence depuis le retour de son ombre et savoir si cela était dû à un effet placebo ou non ne le préoccupait pas : ces rares instants où il était relativement bien étaient trop rares pour les gâcher en considérations inutiles.
Tournant légèrement la tête en direction d’Eve, l’insomniaque cru lire un très léger sourire. L’avait-il imaginé ? L’expression « souffrir pour être belle » pouvait également s’appliquer à la paranoïaque dont le caractère froid participait à la prestance… à la seule différence peut-être que celle-ci avait dû souffrir un peu trop ; Rochel était prêt à parier qu’un vrai sourire pourrait illuminer le visage de la jeune femme comme rien au monde. Etrangement, l’idée que ce soit lui qui la fasse sourire était loin de lui déplaire mais l’image d’Alice était encore trop présente.

La culpabilité de ne pas avoir pu être là quand sa fiancé aurait eu besoin de lui se mêla à la culpabilité paradoxale de trahir son souvenir, comme si l’insomniaque s’en voulait de vouloir faire son deuil ; comme s’il s’en jugeait indigne.
*Je devrais plutôt me concentrer sur mes problèmes actuels comme soigner ma maladie et quitter ce pays de cauchemars avant de penser à quoi que ce soit d’autre...*
Et puis il fallait être rationnel : tant qu’il serait ce qu’il était actuellement, Eve continuerait à lui en vouloir pour sa faiblesse. Elle et lui, c’était tout bonnement impossible.
*Mais à quoi est-ce que je peux bien penser, dans un moment pareil ?!*

Le hurlement déchirant de Milly fit se dresser les cheveux du jeune homme qui mit quelques secondes avant de récupérer ses moyens et foncer vers la machine, laissant Judith seule aux commandes de son cercueil électrifié.
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui s’est passé ?!
A la vue du corps inanimé de sa camarade, Rochel comprit que ce qui lui était arrivé venait d’arriver une nouvelle fois mais en pire… bien pire. Son cœur rata un battement lorsqu’il vit les brancards et le défibrillateur qu’apportait l’équipe médicale.

Il n’osa pas s’approcher, préférant laisser aux professionnels tout l’espace dont ils auraient besoin pour ramener Milly à la vie.
Stupide ! Il avait été stupide de la laisser y aller sans s’assurer qu’une telle catastrophe était impossible ! L’idée qu’elle n’avait pas vraiment eu le choix n’effleura même pas l’esprit de Rochel tant il était préoccupé. Eve, elle, semblait réellement furieuse et semblait prête à étriper la première personne qu’elle jugerait responsable si cette malheureuse victime avait la folie suicidaire de dire quoi que ce soit.

Tétanisé, le dépressif n’osa bouger que lorsqu’il fut sûr et certain que Milly était tirée d’affaire. Il poussa un long soupir de soulagement tout en passant sa main sur sa nuque pour la masser légèrement.
- On a vraiment eu peur ! Tu aurais dû nous dire que tes pouvoirs avaient autant évolué, on aurait… on aurait trouvé autre chose ou au moins, on se serait mieux préparés !
Il réfléchit un instant à ce qu’ils venaient tous deux de vivre et ce que cela signifiait avant de reprendre : - D’ailleurs, si moi aussi j’ai ‘évolué’, je me demande quelles horreurs ce monde va me permettre de faire, maintenant.

Un des membres de l’équipe médicale qui passait par-là entendit la conversation et répondit à la place des deux filles :
- Les pouvoirs sont en rapport avec la pathologie que vous avez. Si vous avez peur des chinchillas, vous aurez un pouvoir en rapport avec les chinchillas. Vous voyez ?
Haussant un sourcil sceptique, Rochel demanda sur un ton presque amusé :
- Oui, je vois, enfin qui aurait peur des chinchillas, franchement ?
Il n’entendit pas vraiment la réponse que le médecin lui donna à cause du demi-tour rapide que celui-ci effectua pour s’éloigner du trio. Il lui sembla tout de même entendre quelque chose ressemblant à « connard » ou quelque chose du genre. Il se mordit alors les lèvres, conscient d’avoir gaffé de manière assez grossière. Faisant un geste dans le vide, Rochel haussa la voix pour adresser un Excusez-moi, je ne voulais pas… qui trouva comme seule réponse un grognement assez mécontent.

- Ah bravo… Bon. En rapport avec la pathologie, hein ? ce devait forcément toucher au sommeil ou aux cauchemars, surtout si son premier pouvoir se manifestait durant son sommeil. Attrapant un second médecin par l’épaule, il lui demanda : - Si je vous dis « sommeil », vous pensez à quoi, vous ?
Et le pauvre homme de tourner de l’œil puis de s’affaler sur le sol. Interdit, Rochel fit un pas en arrière en levant les mains comme pour montrer patte blanche ; son regard trahissait à des kilomètres qu’il avait quelque chose à voir dans ce qui venait de se passer.
Judith, qui venait de les rejoindre, l’interpella.
- Je crois que vous devriez arrêter cela, lui intima-t-elle avant de bâiller, les yeux visiblement tirés. Il regarda autour de lui et il constata que Milly et Eve aussi avaient été touchées par cette aura narcoleptique. L’insomniaque plaqua sa main sur sa bouche d’où sortit un « désolé » étouffé.
Horrible. Ce monde et ces pouvoirs étaient tout simplement horribles.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 28 Juin - 20:04

Rochel répondit à sa plaisanterie en renchérissant. Même si elle n’en laissa rien paraître, son cœur eut un battement différent – très légèrement différent. Un unique signe qu’elle n’était pas irrémédiablement brûlée à l’acide de l’intérieur, que quelque chose de l’humaine qu’elle avait été subsistait. En vérité, c’était la première fois qu’un homme lui faisait cette impression. Bien entendu Eve avait déjà connu des histoires fades ou sans lendemain, des couches éphémères qui ne lui avaient jamais manqué. Mais jamais personne n’avait su esquisser ce sentiment : celui que « peut-être », elle pourrait lui faire confiance.

Ce fil de pensée survivant à sa folie se disloqua quand elle entendit le hurlement de sa protégée. La bête dans ses entrailles poussa un rugissement dément, cherchant à briser ses chaines avec la fureur d’un félin trop longtemps enfermé. A la vue de l’adolescente inconsciente dans son cylindre, la russo-américaine se rua sur Judith qui ne l’avait pas seulement vu venir. Elle attrapa son col proprement plié et la serra si fort que la femme aux allures passées peinait à respirer. Les yeux marron de la détenue ne reflétaient rien d’autre qu’un torrent de folie sans fond.

- Qu’est-ce que vous avez fait ?!
- Mais enfin qu’est-ce qui vous prend ?! Nous essayons de…

Elle s’était interrompue quand le poing d’Eve s’était dressé, prêt à s’écraser sur son visage fardé. La taularde avait stoppé son geste uniquement parce que sa montre était apparue pour émettre un bruit strident, mais sa main tremblait de façon inquiétante. Des secousses de démence. C’était évident non ?! Ils l’attiraient ici, sortaient leur baratin au sujet des ombres et électrocutaient Jade en prétextant un accident. Après tout, la résistance aurait eut des raisons de le faire n’est-ce pas ? N’y avait-il pas un souci avec « l’autre elle » de la psychotique ?
Tue-la. TUE-LA !
Fais le ou tu seras la prochaine.
Vas-y !!


Dans son dos, le brancard passait avec le défibrillateur, mais la russo-américaine ne l’avait pas vu. Elle se contenta de serrer un peu plus sa prise, soulevant presque Judith de terre d’une seule main, ses forces décuplées par la folie.

- Vous avez fait une putain d’erreur, vous le savez ça ?!
- C’est… c’est vous qui… faites erreur, articula péniblement sa proie à moitié étranglée, vous… êtes…
- Je ne suis PAS FOLLE !! s’exclama Eve d’une voix qui déraillait, signe qu’elle perdait les pédales. Je ne… hum… reprit-elle en s’efforçant de se calmer, son inexpression glaciale plus effrayante que n’importe lequel des rictus de colère, vous essayez de me faire déraper pour me faire accuser… ce sera encore le « monstre » Toddrovitch le responsable. N’est-ce pas ?

Plus aucun moyen qu’elle entende raison alors qu’elle ne faisait pas attention à son pouvoir qui lui déchirait les oreilles. La panique gagnait peu à peu les prunelles de Judith qui réalisait qu’elle était belle et bien entre les mains d’une déséquilibrée mentale.

- V-votre montre ! s’exclama-t-elle en brûlant d’un coup le peu d’air qu’arrivaient à recueillir ses poumons.

Eve ne daigna tourner ses yeux vers le point d’exclamation rouge qui clignotait frénétiquement. Alors que la digue allait se briser et qu’elle s’apprêtait à faire payer leur meurtre à toutes les personnes dans cette pièce, la voix de Jade qui reprenait conscience la fit revenir à elle. Encore secouée de frissons de démence, elle lâcha Judith pour s’approcher de sa protégée.

Visiblement, cette dernière était secouée mais bien vivante, son ombre bien accrochée à ses pieds. Ce ne fût qu’alors que les pensées de la criminelle, peu à peu déliées de ses chaînes tortueuses, se tournèrent vers son pouvoir. Jusqu’à lors, sa montre n’avait bipé que pour lui signaler des injustices mais cette fois… ça avait été un bruit différent. Il s’était déclenché quand elle agrippait Judith, voulait-il lui signaler qu’elle faisait erreur ?

Jade vint vers ses amis pour assurer qu’elle était saine et sauve, un faux sourire aux lèvres, tandis que plusieurs personnes s’étaient précipitées vers leur supérieur. Celle-ci fit signe qu’elle n’avait rien en massant sa gorge endolori, mais ses jambes étaient encore en coton. De son coté Rochel, qui cherchait visiblement à en savoir plus sur ses dons, déclencha sans le vouloir une compétence narcoleptique. Eve se sentit soudainement prête à tomber endormie, incapable de réprimer un bâillement à s’en décrocher la mâchoire. Elle parvint tout de même à poser mollement sa main sur l’épaule de la psychotique pour demander :

- Tu es sûre que tout va bien ?

La sommation de Judith n’eut aucun effet. Tentant de reprendre contenance, elle s’approcha des trois voyageurs pour leur parler d’une voix cassée, son ton autoritaire ruiné par sa somnolence :

- Faites cessez ça et aller faire relever vos statistiques vitaux post-opération pour pouvoir partir. Nous avons pas mal de choses à faire ici. N’oubliez pas de prendre nos bipers, ils vont servir à vous recontacter pour renouveler les tests comme convenu.

Elle n’osait pas faire mention de l’agression de la détenue sur sa personne, mais il était certain qu’elle ferait état de cet incident à sa hiérarchie. Elle estimait travailler assez dur dans ces sous-sols pour ne pas mériter qu’on envoie des malades mentaux intenter à sa vie.

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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mer 9 Juil - 10:06

Au sommet des monts infinis, loin... loin au-delà de la couche de nuage qui masquait le ciel en permanence se trouvait Odécia, la cité divine. Une grande partie des divinités de Dreamland avait élu domicile dans cette vaste cité de marbre, d’or et de platine. Un bâtiment gigantesque surplombait les autres palais, ses colonnes d’or immenses brillant d’une lueur aveuglante sous les rayons du couchant. C’était Ôh, la maison maîtresse, qui abritait les plus puissants des Dieux. Ces habitants changeaient régulièrement, au gré de l’évolution des croyances. Actuellement on pouvait y trouver Marchus, Alita, Chronos et Destin, tous assis en tailleur autour de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un échiquier.

- «Je m’ennuie. Ils tournent en rond et j’ai l’impression de perdre mon temps...» grogna Chronos, poussant du doigt une figurine d’aspect humain.

- «Je peux encore leur envoyer un monstre ou un géant.» répondit Marchus tout en penchant d’un air pensif son menaçant visage lupin.

- «Non ! Je n’en peux plus ! Je veux quelque chose de différent, je veux du neuf ! C’est toujours la même chose avec vous. Destin ! Fais nous un de tes tours, tu es doué pour ça ! Si on laisse faire ces deux là nous n’en sortirons jamais et cette partie me fera mourir d’ennui !

- Soit. Comment pimenter ça...»

Sous sa capuche vert sombre, l’obscurité qui lui tenait place de visage sembla sourire. Il aurait bien pu dire qu’il allait changer les projets de leurs pions mais c’était plus que ça. C’était la destiné. Ce qu’il déciderait était simplement ce qui devait être. Même si pour cela il allait falloir un peu bousculer le temps et l’espace...

D’une longue main fine d’un noir d’ébène il se mit à mouvoir les pions sur l’échiquier. Ces pièces ressemblaient de loin à un assemblage de bric et de broc, mêlant pièces de métal, de bois et d’argile, mais quand on s’approchait on pouvait discerner leurs traits et comprendre qu’il s’agissait de voyageurs qu’on ne connaissait que trop. A chaque mouvement effectué par le Destin un pauvre voyageur se retrouvait propulsé loin, trop loin de ce qu’il connaissait. Et de ceux qu’il aimait. Alors que la main noire s’approchait du dernier groupe Alita posa l’une de ses 8 mains sur la sienne pour interrompre son geste.

- «Laisse les. Ils vont croiser la route de Saytan, je ne voudrais pas rater ça.»

Eve part en direction d'Atlantis
Rochel part en direction de Candyland
Jade part en direction de Miquitzli
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