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 Savoir garder son sang froid

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Rochel Willow

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Maladie mentale : Phobie des cauchemars

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MessageSujet: Savoir garder son sang froid   Mer 8 Aoû - 21:13

>>>>> Provient des plaines Félicité

________________________________________

Toute alternative pacifique sembla définitivement écartée alors que Rochel recevait un second coup de poing, plus violent, plus fort. Une nouvelle fois à terre, l’insomniaque n’eut cette fois pas la force de se relever. Ses oreilles ne lui permettaient d’entendre qu’un sifflement assourdissant tandis que ses yeux ne lui renvoyaient qu’un tableau noirci et flouté accompagné de petites étoiles blanches. Le manque de sommeil, de nourriture ou même de volonté empêchait le corps du phobique de répondre. Seul le souci d’être là, de savoir ce qui se passait alors même qu’il n’était pas sûr de le vouloir le maintenait conscient.

Il n’avait pas été d’un grand secours, que ce soit pour Misaki, Matthew ou lui-même. Avait-il au moins réussi à calmer le jeu ? Probablement pas. Constat terrible pour le jeune homme fatigué d’assister toujours aux mêmes histoires. Si ces cowboys n’avaient pas encore assimilé la baston à une mauvaise chose, ce ne serait pas Rochel qui arriverait à leur faire entendre raison bien que son point de vue soit légitime.

A peine eut-il le temps de partiellement recouvrer ses sens qu’il se sentit ligoté, soulevé, puis enfin chargé sur un cheval d’une manière peu honorable. Pour sûr, ce rituel forçait à l’humilité et il n’en fallut pas d’avantage à l’insomniaque pour comprendre qu’ils avaient été vaincus à plate couture. Il savait que le combat n’aurait pas été équilibré, il l’avait su à l’instant même où il avait posé le pied dehors… un peu trop tard, visiblement.

Lorsqu’il trouva la force de rouvrir les yeux, le phobique des rêves chercha avant tout ses camarades. Relevant péniblement la tête, il aperçut Matthew dans la même posture que lui et chargé sur un autre cheval. Y avait-il Misaki avec eux ? D’une part il espérait que oui… et d’autre part, il espérait que non. Des deux, lequel était le moindre mal ?
- Matt.. Matthew ? … Misaki ? Il n’eut aucune réponse. Sans doute sa voix ne portait-elle pas suffisamment, toujours est-il que son ravisseur fut la seule personne qui entendit l’insomniaque et le lui fit comprendre par une réplique aussi sèche et méprisante que claire et précise :
- Ta gueule, derrière ! Rochel n’insista pas ; son mal de crâne était suffisant et il n’en redemandait pas.

Le reste du voyage se passa sans que l’on remarque grand-chose de notable si ce n’est le paysage qui en imposait. De là, on ne voyait que Newton Valley. Non pas parce que la vue n’était pas dégagée, mais parce qu’il n’y avait rien d’autre. Aucune habitation, pas un chat… et donc personne pour les aider à se tirer de ce mauvais pas. A croire que le destin s’acharnait contre le petit groupe de voyageurs.
Les chevaux poussèrent quelques hennissements de soulagement alors qu’ils achevaient leur ascension, sans doute heureux de pouvoir se reposer un peu alors qu’on les délestait de leur cargaison - ou plutôt qu’on envoyait Rochel et Matthew manger la terre. L’insomniaque se tourna vers son compagnons d’infortune dans l’espoir de capter un regard, une parole..

- Hey, est-ce que ça va ? Tu tiens le coup ?
Question stupide… bien évidemment que ça n’allait pas, personne ne se faisait ligoter de son plein gré ! Mais c’était d’avantage pour les blessures de l’ailourophobe que Rochel s’inquiétait. Il espérait que ce dernier n’ait rien de trop grave, ils auraient besoin de leur corps en entier pour espérer s’en sortir.
D’ailleurs le duo eut à peine le temps de se demander pourquoi on les avait amené ici que les cowboys sortirent d’étranges appeaux de leurs chemises et soufflèrent dedans. A quelle bête affreuse pouvait appartenir ce cri ? Quel monstre cela pouvait bien attirer ?

La réponse ne tarda pas alors que d’immenses aigles survolèrent le plateau, emportant les deux voyageurs comme un rapace se saisit de sa proie. Incapable de bouger, serré au point qu’il avait du mal à respirer, le phobique des rêves n’arriva même pas à crier ; ne s’échappa de sa gorge qu’un râle audible par personne d’autre que lui-même.
Peur ? Non, il n’avait pas vraiment peur… Il ne savait pas ce que c’était, mais c’étaient ses cauchemars qui lui faisaient peur. Dormir lui faisait peur. Là, c’était plus vraisemblablement de l’appréhension : ne pas savoir où ils allaient atterrir au sens propre du terme. Mais il avait encore l’espoir d’arriver plus facilement à échapper à ces monstres qu’aux cowboys ; il avait encore trop d’espoir pour avoir réellement peur. L’insomniaque subit donc le voyage, tentant de se calmer le plus possible en regardant le sol défiler sous ses pieds. Avec l’altitude, c’était difficile de se rendre compte, mais ils devaient voler à une vitesse vertigineuse à en juger par le vent qui fouettait son visage lorsqu’il essayait de regarder devant.

La température chuta petit à petit, et bientôt quelques flocons vinrent s’écraser de temps en temps sur les joues du phobique. Ils devaient très certainement se diriger vers le nord – si tant est qu’il y ait réellement un ‘nord’ à Dreamland.
La neige se fit de plus en plus présente à mesure que les volatiles gigantesques avançaient et bientôt ce fut un véritable blizzard qui les accueillit. Le vent glaçait les os de l’insomniaque et une fine couche de neige se déposait sur lui ainsi que sur les serres de l’animal qui montrait de plus en plus de signes de fatigue.
Une rafale surprit l’aigle géant qui se déporta de sa trajectoire initiale, juste assez pour venir heurter une sorte de montagne que la tempête avait caché jusqu’au dernier moment. Le corps de l’oiseau heurta l’obstacle de plein fouet et Rochel sentit la poigne de la bête se desserrer. Moins d’une seconde après, l’insomniaque fut projeté dans les airs. Par chance, la neige amortit sa chute, mais il n’en fut pas de même pour l’oiseau dont le corps bien plus imposant ne bougeait plus. Immobile, on ne distinguait plus de ce dernier qu’une ombre de plusieurs mètres de haut que la neige ne tarderait pas à recouvrir. Un peu plus loin, Rochel entendit un bruit sourd similaire à ce qui avait été son propre crash. Un autre oiseau venait de tomber.

- Matthew ? Se relevant péniblement, le jeune homme se rua dans la direction du bruit en espérant trouver son compagnon encore en vie. Il appela à nouveau. - Matthew !! Tu m’entends !? Réponds !!
C’était peine perdue… ses cris se perdaient dans les violentes bourrasques ; comment l’ailourophobe pouvait l’entendre ?

Et pourtant, Rochel refusa d’abandonner. Il voulait sauver au moins une vie, au moins une. Il pourrait bien mourir plus tard, une fois qu’il aurait eu la certitude d’avoir en quelque sorte ‘remboursé’ sa dette avec le destin.
La neige jusqu’aux genoux, il avançait tout en essayant de ne pas se perdre ; il ne savait que théoriquement d’où il venait, ce qui ne lui donnait donc qu’en théorie la direction dans laquelle il devait se diriger. Trop de théorie, trop de hasard et d’insécurité alors qu’en contrepartie il n’y avait rien de concret. Perdu dans un labyrinthe sans mur avec pour seul fil d’Ariane les traces de ses pas dans la poudreuse.

Au bout d’interminables minutes de marche à travers ce froid mordant auquel il n’avait pas été préparé, Rochel distingua un autre oiseau tombé à terre. Il utilisa ses dernières ressources pour courir jusqu’au corps congelé qu’il contourna une fois.. puis deux… puis trois…. Sans rien trouver. Pas la moindre trace de Matthew. Le phobique s’aventura un peu plus loin, des fois que son ami ait été projeté quelques mètres en avant.. sans plus de résultat.

Vidé de son énergie, tremblant de froid et complètement démoralisé, il tenta d’appeler une dernière fois mais son appel à l’aide mourut une nouvelle fois dans le vent sans qu’aucune réponse ne lui parvienne.
Esseulé, l’insomniaque se laissa tomber dans la neige. Le froid le brûlait, mais ses membres engourdis ne répondaient plus. Contemplant le ciel blanchi par la neige, il laissait les flocons tomber sur son visage ; la sensation de froid se faisait de plus en plus absente, au point qu’il ne ressentait même plus ces derniers. La seule chose qui lui permettait de savoir avec certitude qu’il était encore vivant se perdait petit à petit : ce n’était pas l’air qui se réchauffait mais son corps qui se refroidissait.
- Alors ça y est..? Finalement c’est comme ça que ça devait se terminer..?

Tout comme le regret de laisser derrière lui une aventure inachevée et une sœur qu’il n’avait pas réussi à rejoindre, la peur de s’endormir le quitta peu à peu car au fond de lui, Rochel était persuadé que cette fois il ne se réveillerait pas. Il n’y aurait plus de raison d’avoir peur des fantômes lorsque lui-même appartiendrait au passé. Il ferma les yeux et remit sa vie entre les mains du destin.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 9 Aoû - 19:53

>>> En provenance du QG de la résistance

… ce n’est pas très intelligent… queeeee de faire du toboggan… suuuuuuur une râpe à gruyèreuh quand on est un p’tit ham-ster ! Il vaut mieux… il vaut mieux…

La voix de Luigi s’éteignit peu à peu dans le blizzard alors que Jade cherchait désespérément à convaincre son estomac de ne pas rendre son déjeuner. Cette méthode de transport la mettait à l’envers à chaque fois et elle ne s’y ferait probablement jamais, même le blizzard qui soufflait ici semblait plus accueillant que les effets secondaires de la téléportation sur son corps fragile.

Autour d’elle tout était blanc : le sol, le ciel, la végétation. Le paysage paraissait sortis tout droit de l’atelier d’un peintre ne disposant plus que d’une unique couleur à étaler sur ses toiles, ou d’un pâtissier ayant forcé sur le sucre glace. Et bien sûr avec la couleur d’opale venait un froid mordant dont l’adolescente était protégée par le port de sa combinaison et de ses bottes fourrées, même son masque de papier trouvait dans cet environnement une utilité supplémentaire. Tout allait bien par conséquent aurait-on pu penser, mais c’était pourtant bien loin de l’état d’esprit de la bonne jumelle.

Où est-ce que je suis ? Où aller ? Quoi faire ? Où sont les autres ? Est-ce que je ne risque pas de me perdre ? Toutes ces questions se bousculaient dans son crâne sans qu’elle n’en ai la réponse. Elle se trouvait dans les terres gelées de toute évidence mais elles étaient si étendues que ça voulait tout et rien dire à la fois. Le village du père noël n’était pas en vue aussi la psychotique se retrouvait dénuée de point de repère. Tout ce qu’elle pouvait voir à travers les bourrasques chargées de neige c’était des montages, des plaines recouvertes de poudreuse et une forme sombre sur le sol un peu plus loin.

Une forme sombre ? Jay se frotta les yeux une fois puis deux, animée du pressentiment que ce qu’elle voyait par terre était un homme. Mais c’était absurde, qui d’autre qu’elle aurait pu se retrouver balancé comme ça au milieu de nulle part ? L’espoir que ce soit un de ses nouveaux collègues la prit d’assaut et elle se mit à courir malgré la neige qui lui montait jusqu’aux genoux. Elle trébuchait, s’écroulait sur le tapis blanc qui couvrait les alentours mais il en fallait plus pour arrêter sa course. Avant que deux minutes ne se soient écoulées elle se trouvait devait le corps étendu de Rochel, à peine conscient. Il était à moitié enseveli et la bonne jumelle mit donc quelques secondes à le reconnaitre après quoi elle paniqua complètement.

- Rochel ? Oh mon dieu, Rochel ! Tu es vivant ?!

A l’aide de ses mains Jade commença à déblayer la neige jusqu’à voir émerger les contours du corps du phobique. Il était bleui par le froid mais son cœur battait toujours ce qui fit baisser d’un cran qui menaçait de faire tourner de l’œil la résistante en herbe. Sans même avoir de réel plan d’action autre que « le mettre à l’abri » elle glissa ses mains sous les aisselles du jeune homme pour ses lier sur son torse et le tirer en direction des montagnes proches. Il pesait bien plus lourd qu’elle aussi ça ne se fit pas sans un concert d’ahanement qui aurait fait pâlir de jalousie les tennismen professionnels.

Après avoir laissé derrière eux un chemin tout tracé, tranchée formée par les pieds de Rochel raclant le sol enneigé, elle finit par apercevoir l’entrée d’une grotte non loin. Habitée ou pas elle n’avait pas vraiment le choix et s’y rendit donc non s’en appréhension. L’intérieur était froid, humide et obscur mais le duo se trouvait au moins à l’abri des bourrasques qui soufflaient de plus en plus fort. Jay adossa le rescapé à la paroi rocheuse pour l’examiner, les lèvres pincées sous l’effet de la peur de découvrir qu’il avait passé l’arme à gauche pendant le transfert. Heureusement sa peur n’était pas fondée.

- Tu… tu vas te réveiller hein ? balbutia-t-elle à l’adresse du jeune homme endormi, Tu sais quoi ? Je vais te prêter ma couverture, je suis sure que ça ira mieux après ça !

Fouillant dans ses affaires elle en tira l’objet en question avant de s’évertuer à transformer Rochel en nem. Alors qu’elle venait de terminer un phénomène étrange commença à apparaitre autour du jeune homme et la fit reculer de deux pas. Ce truc… c’était pas là avant, non ?


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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 11 Aoû - 17:36

Si dans le monde réel on ne rêve pas lors d’une perte de conscience, qu’en est-il à Dreamland quand votre cauchemar est de cauchemarder ? Ainsi le monde des rêves gratifia une nouvelle fois Rochel de sa présence en mode ‘inception’, de cette mise en abysse qu’il tentait pourtant d’éviter à tout prix. Le rêve était si réel que Rochel se croyait encore éveillé.

Dans ce monde onirique coupé de toute logique, le froid n’avait pas eu d’emprise sur lui ; du moins il n’en avait plus. L’insomniaque s’était donc relevé et remis en marche à travers les plaines blanchies par la neige. Sa progression était toujours aussi éprouvante bien que la tempête eût cessé et se repérer tenait de l’impossible. Le ciel était lui aussi d’un blanc cotonneux et le différencier du sol enneigé tenait de la prouesse d’hercule. Pas de point de repère, pas d’horizon ni même de relief, Rochel continuait donc d’avancer en ce qu’il pensait être une ligne droite, mais bientôt la sensation de tourner en rond s’insinua dans son esprit pour le harceler à chacun de ses pas.

Sans doute se fatiguait-il pour rien mais ne le savais même pas…
Il fut un peu rassuré lorsqu’il distingua au loin un point noir sur ce paysage unicolore.. mais le fut un peu moins en devinant la forme d’une croix chrétienne à mesure qu’il avançait. Ce n’était pas un signe de vie sinon l’indication que quelqu’un était mort ici. Quelqu’un qui, comme lui, avait dû se perdre bien que ce dernier ait eu la chance d’avoir quelqu’un pour l’enterrer. Le phobique des rêves se voyait déjà s’écrouler une nouvelle fois sans que personne ne lui vienne en aide, sans qu’on sache jamais qu’il serait mort ici.

Mais le propre de l’homme étant de persévérer quand bien même il se sait condamné, le jeune homme continua son odyssée dont l’unique épreuve serait certainement la dernière. Il dépassa la tombe improvisée non sans jeter un coup d’œil pour s’enquérir du nom du malheureux. Seule une lettre figurait sur les deux bouts de bois croisés : un A.
Alexis ? Aaron ? Adonis ? Ou peut-être était-ce un nom de famille, qui sait ?

La sensation désagréable d’être observé commença alors à titiller la santé mentale du jeune homme. ‘Ca’ jouait avec ses nerfs ; il ne savait pas encore quoi et n’était pas vraiment sûr de vouloir le savoir.
Il se retourna pour observer la croix ; une dizaine de mètres le séparait désormais de l’objet funéraire. L’insomniaque se reconcentra sur son chemin, jaugeant ses forces et sa volonté de ne pas finir comme le pauvre malheureux. Bizarrement, il en fut incapable, comme si cela ne dépendait pas de lui.

Un bruit frissonnant juste dans son dos le fit sursauter ; il fit volte-face pour découvrir avec horreur que malgré sa progression, la tombe était à la même distance que la fois précédente. Soit c’était lui qui ne bougeait pas… soit c’était elle qui le suivait. Le même manège se répéta une fois sans que rien ne se passe, mais à la seconde, Rochel prenait peu à peu conscience du cauchemar qu’il était en train de vivre. Etait-il encore à Dreamland ou bien autre part.. dans un.. autre cauchemar..?

Alors qu’il se retournait pour la seconde fois, son cœur manqua de lâcher alors qu’un spectre se tenait juste au-dessus de la tombe. Le cadavre flottant ne bougeait pas, regardant fixement le sol, ses cheveux cachant son visage. Pourtant le phobique n’eut pas besoin de voir ce dernier pour savoir. Savoir que ce A… était pour Alice. Tiraillé par la peur d’une part et par le doute quant aux intentions de sa fiancée défunte, Rochel était incapable de bouger. Devait-il s’approcher, devait-il fuir ? Devait-il parler, ou continuer à se taire, ou faire quoi que ce soit ? La seule certitude qu’il avait pour l’instant était qu’il voulait se réveiller à tout prix.

Il recula de quelques pas tout en fixant par intermittence le fantôme et sa sépulture : aucun n’avançait, mais à mesure qu’il s’éloignait, l’insomniaque voyait le visage de son aimée se relever.. lentement.. jusqu’à le fixer de ses yeux morts. L’envie de détourner son regard de ce visage creusé par la mort et le froid se faisait oppressante mais il savait qu’en faisant cela il signerait son arrêt de mort. Finalement on lui ôta tout choix alors qu’il cligna des yeux. En un fragment de secondes, le spectre s’était téléporté juste devant lui, l’agrippant de ses mains gelées. Une voix sifflante résonna dans la tête du jeune homme terrifié :
- Rochel… tu m’as… abandonné. Tu m’as… tourné le dos. Et puis tu es parti…
Pourquoi.. as-tu fait ça ?


Le fantôme sapait ses forces et bientôt, Rochel tomba à genoux, incapable de bouger, incapable de répliquer quoi que ce soit. La culpabilité l’étouffait et la voix menaçait de faire exploser son crâne. Les mains squelettiques d’Alice se refermèrent lentement autour de son cou, exerçant une pression grandissante.
- Rochel… tu dois… payer. Rejoins-moi… Rejoins-moi !


REJOINS-MOI !!


***

- NOOOON !
Le cri de l’insomniaque avait résonné dans toute la grotte alors qu’il se réveillait une nouvelle fois en sursaut et complètement frigorifié. Il lui fallut quelques instants pour récupérer son souffle ainsi que ses idées, instant pendant lequel il détailla l’endroit où il se trouvait. Dehors, la tempête faisait toujours rage et à en juger par la couverture qu’il avait sur lui, il devait la vie à quelqu’un. Ce quelqu'un devait être la jeune fille qui se tenait là, dans un coin. Rochel fit rapidement le lien entre l’expression terrifiée de sa sauveuse et l’allusion que lui avait fait Matthew dans les plaines. Aurait-elle… est-ce qu’elle aurait vu..?

Gêné mais aussi encore sous le choc, l’insomniaque n’osa rien dire et baissa les yeux. Il aurait voulu pouvoir s’expliquer, la rassurer en lui affirmant que ce n’était pas dangereux pour elle, mais il ne pouvait pas. Il ne voulait pas mentir, mais dire la vérité lui était impossible. Sans compter qu’il n’avait jamais eu affaire à ce genre de rêves dans le monde réel, comme si la nature même de ses terreurs nocturnes avait changé du tout au tout en passant d’un monde à l’autre, s’adaptant à l’environnement, changeant les lignes importantes de l’histoire à chaque instant.
- Désolé… Ce fut le seul mot qui réussit à franchir la barrière de ses lèvres alors qu’il resserrait la couverture autour de lui.

A ses pieds, le phobique des rêves trouva sa peluche de Bourriquet couverte de neige. Etrange.. il était pourtant certain de l’avoir laissé à Newton Valley : il l’avait oublié à l’auberge, sur la table. Comment avait-elle pu arriver jusqu’ici..?
Il prit la peluche et la tapota pour faire tomber la neige de ses poils synthétiques. Alors qu’il arrivait au niveau de la queue, il remarqua qu’un bout de papier avait été glissé dans le nœud papillon de cette dernière. Dubitatif, il prit la note et la déplia ; ce qu’il trouva à l’intérieur lui glaça le sang.
D’un monde à l’autre le cauchemar le suivait et il semblait désormais certain pour l’insomniaque que ses cauchemars avaient acquis une existence à part entière dans ce monde horrible qu’était Dreamland. Tôt ou tard, il devrait affronter ses erreurs passées et ce jour-là, il ne donnait pas cher de sa peau. L’angoisse de se savoir irrémédiablement pris au piège ne fit que redoubler les tremblements du phobique qui lâcha la note sur laquelle était écrit maladroitement « tu m’as abandonné ».

Pour sauver le peu de santé mentale qui lui restait, Rochel préféra se changer les idées ; discuter devrait être suffisant pour lui éviter de penser à ‘ça’.
- Je suppose que c’est toi qui m’as sauvé..?
Merci. Ce n'est pas un endroit très accueillant.. Dis-moi, que fais-tu par ici ?

Le souvenir de ses compagnons lui revint à l’esprit alors qu’il revoyait les événements qui les avaient forcés à se séparer.
- Est-ce que… tu aurais trouvé quelqu'un d'autre ? Je ne suis pas seul, il y a un de mes compagnons, je ne sais pas… s’il s’en est tiré.. Par-là, Rochel laissait évidemment sous-entendre qu’il ne savait même pas si son compagnon était encore en vie. Idem pour Misaki. Il l’espérait, mais dans son état il ne pouvait pas faire grand-chose.

- Au fait, je m'appelle Rochel. A qui est-ce que je dois la vie ?
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 11 Aoû - 19:26

Un spectre. L’œil cave, le visage d’une pâleur cadavérique, la morte flottait à quelques centimètres au-dessus du sol et si son regard était principalement braqué sur Rochel les quelques fois où il se perdit dans la direction de Jade l’horrifièrent au plus haut point. Mais l’adolescente ne savait pas ce qui était le pire entre l’apparence du monstre ou ses paroles, la seule chose qui la rassurait un minimum était qu’il s’en prenait à l’homme inconscient et non à sa petite personne. Avec un peu de chance ça continuerait ainsi, mais ça ne suffisait pas à empêcher son cœur de battre la chamade alors qu’elle instaurait une distance de sécurité d’une bonne dizaine de mètres pour faire bonne mesure.

Une heure ? Deux ? Impossible de savoir combien de temps le sommeil de Rochel avait duré en l’absence de montre mais il finit par se réveiller en entrainant l’évaporation du spectre. Jay ne put s’empêcher de lâcher un soupir de soulagement en voyant disparaitre l’ombre d’être humain qui avait plané devant ses yeux pendant si longtemps. Savoir que son compagnon était en pleine possession de ses moyens était la cerise sur le gâteau : l’idée d’avoir à partager sa cachette avec un cadavre surgelé n’avait rien d’engageant.

- Oui, c’est moi, répondit la blonde d’une voix blanche, Je t’ai trouvé par terre et… comment dire… je n’allais pas te laisser mourir dans la neige.

La question la concernant était par contre beaucoup plus délicate à aborder. « Je suis là en mission secrète pour la résistance voyageuse » n’était probablement pas à dire, tout comme sa véritable identité. Non pas qu’elle n’ait pas confiance en Rochel mais l’être humain était faillible et donc jamais à l’abri d’une erreur. Si jamais il laissait échapper une information sur le rôle qu’elle avait accepté d’endosser les conséquences pourraient être fâcheuses pour sa copie conforme. Ne restait plus qu’à mettre en branle la machine à mensonges, une chance qu’elle soit plutôt rodée dans cette discipline. A défaut d’être franche elle serait crédible.

- Je suis là pour trouver des renseignements sur les ombres qui ont disparu. Des camarades devraient me rejoindre sous peu, enfin je crois. En tout cas enchantée de te rencontrer, moi c’est Milly. Milly Meers. Ne t’inquiètes pas pour ce que j’ai pu voir pendant ton sommeil, je suis voyageuse moi aussi alors je ne risque pas de te ficher sur un pal.

Elle lui adressa un sourire en coin à la fois gêné et complice, se surprenant à s’interroger sur l’expression qu’elle donnait à voir maintenant qu’elle n’arborait plus son visage. Mais ce n’était pas un moment propice pour l’égocentrico-narcissisme : à écouter Rochel il semblait bien que Matthew soit lui aussi quelque part dehors avec de la neige jusqu’au cou. La psychotique réprima un frisson d’appréhension avant de secouer la tête en signe de dénégation.

- Et je n’ai vu personne non. Personne d’autre que toi. Mais à vrai dire avec le blizzard ça n’a rien de bien surprenant…

Il soufflait toujours aussi fort à l’extérieur de la grotte et formait un rideau blanc opaque qui ne permettait pas d’y voir à deux mètres. Matthew pouvait être à deux pas ou à deux kilomètres qu’ils n’en auraient rien su et ce n’était vraiment pas la météo idéale pour une expédition de secours. Tout ce qu’ils auraient gagné aurait été une mort lente et douloureuse au sein d’un froid mordant.

Jade se laissa doucement glisser jusqu’au sol, dos à la paroi rocheuse, avant d’enserrer ses genoux dans ses bras et y poser la tête. Elle aurait bien voulu engager la conversation, rassurer le phobique sur l’état de santé de son compagnon perdu dans la tempête mais rien ne venait. Peur de se trahir peut-être, le simple fait d’imaginer que ses pouvoirs puissent se déclencher à son insu la faisait trembler d’effroi. Et ses vêtements. Il avait déjà vu ses vêtements, non ? Une source d’inquiétude supplémentaire. Pour se changer les idées elle sortit la lame qu’elle avait gagné en trouvant le nom de l’Asmodée et la fit tourner entre ses doigts comme elle le faisait avec ses stylos pendant les cours. La danse du coutelas était hypnotisante et eut bientôt raison de sa raideur, déliant alors sa langue.

- On pourra aller le chercher plus tard si tu veux. Mais… comment tu as atterri ici ? C’est pas un lieu très touristique, commenta-t-elle avec humour, Et vu tes vêtements je n’ai pas l’impression que tu sois là de ton plein gré. Si tu as encore froid j’ai une autre couverture d’ailleurs, n’hésite pas à demander.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 11 Aoû - 21:50

Avoir un peu de compagnie en ces temps difficiles, Rochel ne pouvait pas espérer mieux. Malgré ce cauchemar qu’il ressassait intérieurement et qui le remplissait d’effroi, il se contentait d’écouter ce que la jeune fille avait à lui dire, comme cherchant à s’hypnotiser, se déconnecter ne serait-ce que quelques secondes de cet univers terrifiant.
La voix de sa sauveuse lui était familière, mais l’insomniaque était incapable de se souvenir à qui cela lui faisait penser. Il avait rencontré tellement de monde en si peu de temps que même les prénoms se mélangeaient dans sa tête, par moments. Le manque de sommeil n’aidait pas son travail de mémorisation, à vrai dire… Mais si c’était le prix à payer pour que le fantôme d’Alice ne le trouve pas…

D’ailleurs il ne savait toujours pas comment il aurait dû réagir. Il avait envie de revoir sa fiancée, bien sûr.. elle lui manquait terriblement, mais il voulait la voir vivante, au moins d’apparence. Savoir qu’elle reposait en paix serait déjà une délivrance. Au lieu de ça, il était forcé de faire face aux erreurs qu’il avait faites ; Il n’avait pas su être là à temps…
Et maintenant c’était Matthew qui allait peut-être mourir.. Y était-il pour quelque chose ? Les événements auraient-ils été différents si Rochel Willow n’avait pas pris part à cette aventure ?

Tout en regardant sa peluche, le phobique des rêves ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il portait réellement la poisse à quiconque le côtoyait. Sa malédiction était de maudire les autres, c’était sans doute la pire des peines possible.
- Tu as parlé d’ombres… Des ombres disparues ; qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne suis pas sûr de comprendre…
Cette histoire d’ombres devait être importante si plusieurs personnes étaient détachées à élucider ce mystère. Le mot ‘ombre’ désignait-il une sorte de fantômes ou bien parlait-on des vraies ombres visibles au soleil ? Instinctivement, Rochel voulut s’assurer qu’il possédait toujours la sienne, mais l’obscurité ambiante ne l’aida pas vraiment. La peur d’être touché par un mal mystérieux s’insinua dans tout son corps ; il ne voulait pas être mis à l’écart pour ça.

La remarque de Milly sur sa tenue vestimentaire lui arracha un léger sourire.
- En effet, je n’ai pas vraiment été préparé à ça.. disons que c’est une longue histoire. Mais cette couverture suffit, garde l’autre pour toi. Bien sûr, c’était un mensonge. Il aurait bien voulu de cette seconde couverture, mais l’impression de profiter des autres sans pouvoir rien offrir en échange l’empêchait de la demander.
Rochel n’avait effectivement pas grand-chose à donner concrètement, mais il pouvait bien raconter ses mésaventures à sa sauveuse, ce serait déjà ça..

Il ne savait pas trop par où commencer, ni même s’il devait tout raconter depuis le début ou bien faire une version abrégée. La piètre estime qu’il avait de lui-même le fit aboutir à la conclusion qu’il était tellement ennuyeux qu’une version courte serait le moindre mal. Il n’y avait ni haut-fait, ni prouesse héroïque… rien que de la malchance et des épisodes plus ou moins douloureux. Le seul qui s’était illustré ne serait-ce qu’un peu, c’était le phobique des chats, pas lui..

- Atterrir.. Tu ne crois pas si bien dire, en fait.
Mes camarades – Matthew, Misaki – et moi étions arrivés dans un petit village appelé Newton Valley après avoir été séparés de nos autres amis, pour faire court.
Là-bas, nous avons été abordés par une bande de cowboys pas très recommandables… Ils ont enlevé Misaki. Matthew et moi… avons tenté de l’aider, mais ces sales types nous ont cloués au plancher en moins de deux. Ils nous ont ligotés en emmenés en haut d’une montagne d’où ils ont appelé des sortes d’aigles géant.
Il tenta d’accrocher le regard de Milly pour s’assurer qu’elle ne le prenait pas pour un fou tout droit sorti de l’asile. Elle était peut-être une voyageuse, mais rien ne garantissait qu’elle veuille comprendre ces histoires abracadabrantes.

- Les aigles nous ont emportés comme des souris… On pourrait presque dire que nous étions fait comme des rats. L’insomniaque marqua une pause d’à peine une seconde pendant laquelle il tenta de chercher un rire en lui.. en vain. Ce ne devait pas être bien drôle si lui-même ne riait pas de ses propres blagues.
- Bref, les oiseaux ont volé des heures durant jusqu’à survoler cet endroit ; le mien a été surpris par une bourrasque lorsque le blizzard s’est levé. Il m’a lâché, et j’ai continué seul à la recherche de mon ami Matthew. Je crois que Misaki est restée là-bas avec eux… je… je n’ai rien pu faire pour les aider.. ni l’un ni l’autre.

Il baissa les yeux une nouvelle fois, réprimant les larmes. Misaki n’avait même pas la quinzaine d’années, bon dieu !! Qu’est-ce que ces monstres allaient faire d’elle ? Voilà pourquoi il ne riait pas : il n’y avait rien de drôle ; c’était une triste histoire racontée par un triste personnage. Rien d’intéressant.
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Matthew Owens

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Dim 12 Aoû - 15:44

Mine de rien, ces colosses avaient un pied d'argile. Toutes les intempéries de neiges mettaient à rude épreuve l'endurance des oiseaux. De la glace s'accumulait un peu partout sur l'animal qui vacillait de plus en plus à la moindre bourrasque de vent. Il perdait aussi dangereusement de l'altitude, où peut être voulait-il faire une pause pique-nique ? Cela faisait depuis un moment que Matthew avait perdu la trace visuelle de ses deux camarades. Ils étaient surement dans le même pétrin que lui avec le mauvais temps. Tout allait de travers en ce moment et voilà que les trois voyageurs étaient séparés les uns des autres. Même si le phobique des chats s'évertuait à crier pour les appeler, aucun écho se fit entendre. Le plus inquiétant arriva bien assez tôt et Matt' le ressentit jusqu'au fin fond de son ventre. La chute du piaf !

Ce bon vieux volatile avait tenu bon jusqu'à qu'il ne puisse plus supporter les assauts incessants du blizzard. Contrairement à un crash d'avion, l'oiseau plana un instant comme si ses ailes avaient gelés et descendit progressivement jusqu'à que le moment fatidique du décrochage arrive.

Là, tout se déroula si vite que Matthew n'eût même pas le temps d'achever sa prière. Un petit coup de pouce du destin fit retourner l'oiseau de grande envergure pile au moment où il heurta le plancher des vaches. En dessous, le voyageur se serait transformé en une charpie méconnaissable. Quelques signes montraient que la créature était encore vivante malgré le choc comme ses serres qui remuaient par instant, manquant de tuer ceux qui approchaient. Le phobique quant à lui avait continué sa course en roulade sur le lit blanc de neige qui l'accueillit. Sa destination se révélait être hostile tout comme le désert avec ses cactus et ses cow boy complètement fêlés du bocal. Ici, aucune trace d'êtres vivants. Ses compagnons ne devaient pas être si loin si l'escadrille aviaire avait piquée du nez. Si c'était le cas, il n'aurait aucun mal à retrouver les volailles de 10 tonnes. À peine s'était il ressaisit que son espoir disparut. Le corps massif de l'oiseau s'était transformé en un monticule blanc et immaculé. Tant que cette fichue neige tomberait, il n'aurait aucune chance de les retrouver !

Avec un peu de chance, ils se seraient abrités en attendant la fin des intempéries. Le phobique posa ses affaires sur le sol gelé et enfila à contrecoeur son t-shirt par dessus son smoking, ce n'était pas le meilleur moyen de s'habiller dans les contrées enneigées mais il retarderait l'échéance, puis il sortit son bonnet à pompom ainsi que l'écharpe offertes par monsieur le père Noël et s'en équipa. Maintenant ce qu'il lui fallait était un abri. Il crapahuta pendant un bon moment dans la neige dans laquelle il luttait pour ne pas s'enfoncer. Le froid aussi commençait à l'engourdir. Qu'il avait été bien bête de ne pas arracher des plumes à cette satané volaille ! Comme toutes créatures, il grelotta pour se réchauffer et tenta par tous les moyens de ne pas céder au sommeil qu'il le faisait bailler. Une rencontre inattendu lui fit perdre quelque peu son sang froid. Au détour d'un monticule de neige, il était tombé nez à nez avec un ours polaire chose improbable dans sa réalité bien tranquille. Le carnassier se repassait tranquillement d'une précédente proie dans une alcôve creusé dans la glace et la sagesse de Matthew l'invita à passer son chemin, quitte à le rebrousser.

Cette rencontre pas très rassurante le mettait mal à l'aise, sans pour autant lui faire perdre tous ses moyens avec des félins de petite taille. Des doutes concernants son accueil dans les grottes lui laissaient entrevoir quelques scénarios tragiques dans lesquelles il servirait de lunch. De toute manière, c'était soit mourir dedans, soit dehors. Le phobique à moitié mort de froid ne se fit pas prier pour tenter le tout pour le tout et pénétra dans une grotte dont il avait repéré l'entré un peu plus tôt.

La différence se fit tout de suite sentir lorsque le vent cessa son emprise sur lui. Après un certain temps à errer dans le froid, il trouva le lieu tout à fait charmant. Cette escapade en pleine tempête lui avait pompé pas mal de ses forces et l'appui contre une paroi l'aida à palier son manque. Quelques sons parvinrent jusqu'à ses oreilles congelées, ses craintes étaient peut être fondées en fait, si cela était le cas il fallait agir vite. Matt' retira vite son thermos et le frappa à cadence répétée contre le roc pour effrayer la menace. Aucun bruit ensuite. Lentement, il regarda le fond de la grotte pour l'inspecter et qu'elle ne fut pas la surprise qu'il l'attendait ! Des gens ! Des gens ! Tiens mais c'est Rochel..

Matthew souffla. Il avait eût la frousse pour rien. Ils étaient tous sains et saufs jusqu'à qu'il s'aperçoive de sa méprise. Bien qu'elle soit blonde, la jeune femme n'était pas la schizophrène. C'était quelque peu problématique et dramatique. Si jeune et si fragile, aurait-elle pu survivre toute seule comme ça ? Peut être mais les chances étaient très faibles. Malgré cette pensée funeste, le phobique était enchantée d'en avoir au moins retrouvé un et apparemment en très bonne compagnie vu qu'ils étaient enveloppés dans des couvertures de survie. À leur rencontre, Matt' peinait à trouver ses mots tellement que l'émotion de les trouver était forte.

- Je te retrouve. C'est, c'est.. Super ! Bredouilla t-il.

Sa joie était bien mise en évidence sur son visage amoché depuis sa petite bagarre à Newton, une joie presque oubliée depuis le temps. Tout ne se terminait pas tellement mal en fin de compte. Son regard chercha un espace pour y poser ses affaires sans gêner. Il s'y adossa ensuite. Maintenant par quoi commencer ?

- Euh.. Bonjour ? lança t-il à l'adresse de l'inconnue.

Encore une rencontre au compteur, mais merde, il y en avait tellement en ce bas monde et seulement quelqu'une subsistait. La joie n'était qu'éphémère et son sourire s'estompa.

- Si tu me le demande Rochel, je ne sais pas où est passé Misaki.

Matt' était navré au plus profond de lui-même, c'était en quelque sorte le rôle des ainés de surveiller les plus jeunes et là, il venait de faillir à sa tâche. Il essaya tout de même d'avoir un espoir.




Dernière édition par Matthew Owens le Mar 14 Aoû - 9:10, édité 1 fois
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Dim 12 Aoû - 22:53

Débarque de

Les couloirs du QG grouillaient de monde. Un melting pot qui dégageait quelque chose de chaleureux, comme si cet endroit était réellement un havre, une maison pour tous les voyageurs perdus dans ce monde de fous. Une maison pour les gens comme elle. En route pour les dortoirs, elle traversa une espèce d’aile commerciale où plusieurs petites boutiques proposaient aux locataires tout ce dont ils pouvaient rêver. N’ayant absolument pas la fibre shopping, la taularde ne posa d’abord qu’un regard glacial sur les vitrines débordantes d’articles divers. Toutefois, elle se souvint qu’elle allait partir dans les Terres gelées et elle n’avait pas besoin de vérifier sa carte pour se douter qu’il allait y faire froid.

La russo-américaine s’offrit donc une paire de rangers pour 18 rubz, toujours plus pratiques que les baskets qu’elle portait, et un manteau hivernal pour 55 rubz, ramenés à 16,5 grâce à sa réduction de 70%. Juste avant de quitter définitivement les allées marchandes, elle s’octroya un pack de vivre pour une semaine et un objet technologique du nom de magnégide. Le rapport entre le montant et l’effet garantit lui semblait honnête pour le peu qu’elle connaissait des tarifs dreamlandiens.

La jeune femme enfila donc son bracelet métallique et trouva enfin les dortoirs. Il s’agissait de pièces à six lits, hommes et femmes séparés, où chacun avait une couche à son nom. Quelle ne fût pas la surprise de découvrir que deux sommiers avaient déjà été gravés des noms « Eve Toddrovitch » et « Milly Meers ». Elle fronça un instant les sourcils, se demandant bien comment les personnes chargés de les installer étaient déjà au courant pour la nouvelle identité de Jade. Néanmoins, peut-être bien que l’adolescente était allé informée Miss Paper pendant qu’elle étudiait les boutiques. C’était ça, ou bien on les espionnait ?!

La détenue poussa un bref soupir en larguant son barda sur son matelas. Tâtant les poches de sa veste pour se dégoter une clope, elle réalisa qu’elle avait oublié de s’en acheter un nouveau paquet. Après tout, ces saloperies partaient assez vite, et dieu seul savait quand est-ce qu’elle allait retrouver un tabac digne de ce nom dans ce monde détraqué. Une fois l’embout allumé, les yeux froids de la taularde balayèrent la chambre à la recherche de ce qui pourrait lui servir de cendrier, et en aperçut un sur une table de chevet voisine où se trouvaient encore un mégot écrasé.

Vieux réflexe hérité de la prison, Eve ne se demanda même pas si ses colocataires – qu’elle n’avait pas encore croisées – accepteraient toutes qu’elle enfume leur pièce à coucher. Elle se contenta de dégager ses cendres d’une pichenette dans le cendrier, avant d’entreprendre de changer de chaussure. Ses rations de survie trouvèrent une bonne place dans sa hotte tandis qu’elle enfilait déjà son manteau hivernale par-dessus sa veste marron. Le temps qu’elle finisse de griller son cancer en tube qu’une jeune femme se présenta, l’informant que « Milly » avait déjà été envoyée sur son lieu de mission, et qu’elle n’avait plus qu’à la rejoindre.

- Ok, acquiesça laconiquement la russo-américaine, se demandant toutefois pourquoi l’adolescente ne l’avait pas attendue.

Elle fût reconduite à la pièce où elle était arrivée et le même manège redémarra, à commencer par la chanson ridicule de Luigi. Avant qu’elle ne comprenne vraiment qu’elle était partie, le froid mordit son visage pâle et le blizzard faisait danser sa chevelure sombre. Incroyable mais vrai, elle venait encore de parcourir des kilomètres en quelques secondes, avec tout juste une escale infime par sa cellule du monde réel. On l’avait donc envoyée ici pour se renseigner sur la perte des ombres, et donc sur le meilleur moyen de permettre aux voyageurs de retrouver les leurs. Soit, mais il allait d’abord falloir qu’elle retrouve sa collègue dans la tempête de neige.

Plutôt que de chercher complètement à tâtons alors qu’elle n’y voyait pas à deux mètres, la russo-américaine dégota ses lunevolutives et les fixa sur son nez pour les régler en mode détecteur de chaleur. Dans l’océan bleu qui l’entourait, la moindre silhouette rouge serait parfaitement visible et compte tenu du climat, il ne devait pas y avoir beaucoup d’autres êtres humains dans le coin… normalement.

A peine quelques pas dans la neige épaisse qu’elle repéra quelqu’un plusieurs mètres en avant dans le blizzard. La carrure était trop haute et large pour être une adolescente, il devait s’agir d’un homme, mais Eve se mit en tête de le suivre. Soit il était un danger qui pouvait s’en prendre à Jade – si ce n’était déjà fait –, soit il pouvait l’aider, soit il ne lui servirait à rien. Dans les trois cas, il valait mieux s’approcher pour s’assurer de l’identité de l’individu.

La silhouette flamboyante disparut dans une grotte creusée dans les montagnes. Une fois arrivée à proximité, la détenue fit basculer ses lunettes sur le mode infra-rouge pour pouvoir clairement étudier l’intérieur. Bras à demi-tendu, prête à utiliser son magnégide en cas d’attaque frontale, elle s’avança lentement jusqu’à reconnaitre non seulement le nouveau visage de Jade, mais aussi ceux des deux hommes dans un état plutôt déplorable.

- Le monde est vachement petit, lança-t-elle de sa voix inexpressive, je m’attendais à te retrouver Milly, mais pas à tomber sur de vieilles connaissances.

Elle se détendit et ébroua sa chevelure noir d’ébène pour la débarrasser des flocons blancs y étant accrochés. Rochel lui paraissait encore plus faible que la dernière fois qu’elle l’avait vu, si bien qu’elle se tourna d’abord vers lui après avoir désactivées et retirées ses lunevolutives :

- T’as l’air plutôt amoché, ta gentillesse ne t’a pas trop servi ont dirait ?!

Bien sûr qu’elle faisait référence à leur rencontre, où le phobique s’était montré avec elle d’une amabilité qu’elle n’avait jamais vu. Elle se souvenait l’avoir soupçonné de vouloir lui grimper dessus mais cette fois-ci, il paraissait tellement à bout qu’une érection l’aurait sans doute fait s’évanouir. Au jour de ces retrouvailles, il la découvrait sans ses blessures, mais son air inexpressif était resté le même, comme ses yeux glacés fixés sur lui.

- Je peux faire quelque chose pour toi ? demanda-t-elle malgré tout d’un laconisme désespérant.

Ce n’était que pour rendre la pareille à un homme qui lui avait proposé son aide sans rien demander en échange, mais elle l’avait fait, ce qui était un grand pas en avant en soi.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Lun 13 Aoû - 10:29

Le couteau finement ciselé dansait toujours devant ses yeux jusqu’à devenir flou, dans un chuintement se mêlant à celui du vent soufflant devant leur abri de fortune, alors que Rochel se lançait dans le récit de ses aventures dreamlandienne. Plus il parlait plus Jade se sentait coupable de ne pas avoir réussi à convaincre les autres de faire demi-tour pour aller les chercher suite à l’attaque des rats géants. Peut-être que si elle avait su se montrer plus persuasive il n’aurait pas eu à souffrir autant, que les hématomes parsemant son corps n’auraient pas de raison d’être, que les cernes sous ses yeux ne seraient pas aussi profondes. Les lèvres pincées, Jade écouta néanmoins jusqu’au bout sans mot dire, ignorant les battements anarchiques de son cœur et sa respiration sifflante.

Le jeu de mot du phobique ne fit que légèrement tressaillir la commissure de ses lèvres, plus par réflexe nerveux que parce qu’elle trouvait ça vraiment drôle. A vrai dire être kidnappé par un rapace géant n’avait rien de comique peu importe l’angle sous lequel on regardait la chose. Tout ce qu’elle voyait à l’heure actuelle c’était que Rochel était mal, et gelé malgré la couverture qu’elle lui avait prêté. Les frissons qui parcourraient son corps comme un courant électrique trahissait son mensonge mieux que n’importe quels mots. La bonne jumelle rangea son couteau et se leva donc avant d’avoir dit quoi que ce soit pour lui tendre sa seconde couverture avec un air contrit.

- J’en n’ai pas besoin, ma tenue est isotherme. Prends-la s’il-te-plait.

Elle s’assit en tailleur à côté de lui avant de pousser un profond soupir. Son cœur mourait d’envie de le rassurer concernant Matthew et cette « Misaki » mais le fait est qu’elle ne pouvait que brasser de l’air. L’adolescente fit néanmoins de son mieux pour apaiser le cœur de son interlocuteur, et détourner au passage la conversation vers le sujet des ombres disparues.

- Te blâme pas pour tout ça, tu n’y es pour rien. Ce monde est comme ça, les malheurs s’accrochent à nos chaussures comme de vieux chewing-gums qu’on le veuille ou non. Tout ce que tu peux faire maintenant c’est croire en eux, je suis sure qu’ils sont plus solides que tu ne le penses, elle lui tapota l’épaule avec tendresse avant de reprendre, Et puis… si tu es concerné par cette histoire d’ombres tu ferais mieux de penser aussi un peu à toi.

La blondinette farfouilla dans son sac péruvien qu’elle portait en bandoulière et en sortit sa lampe de poche. Elle l’alluma et l’éteignit plusieurs fois pour vérifier qu’elle fonctionnait toujours avant de la braquer sur les pieds du duo qu’elle formait avec Rochel. Pour l’un comme pour l’autre aucune ombre ne subsistait. Le genre de détail qu’on ne remarquait qu’une fois qu’on avait le nez dessus. Après quelques secondes la psychotique éteignit sa torche et s’en tapota la tempe, cherchant les mots adéquats pour annoncer au phobique des rêves que sa durée de vie avait depuis peu été écourtée drastiquement.

- Bah… comment dire Rochel… commence à penser à ta pomme. Ça parait anodin mais il semblerait que nos ombres ici aient un rôle primordial dans la conservation de notre santé. Sans ombre on dépérit à une vitesse folle, encore plus si l’on se retrouve gravement blessé ou qu’on abuse de nos pouvoirs. J’ai deux amies qui se sont mises à cracher du sang au bout de trois jours à peine.

Bon, niveau tact on pouvait repasser mais parfois la franchise était encore la meilleure des solutions. Heureusement elle pouvait tempérer tout ça avec un ou deux détails encourageants.

- Mais y’a moyen de repousser l’échéance, en voyageant régulièrement d’un monde à l’autre. T’es là comment d’ailleurs ? Hypnose ? Rêve lucide ? Tr…

Le bruit d’un objet métallique frappant la roche à intervalle régulier l’interrompit dans son discours en lui glaçant les sangs. Jade s’imaginait déjà le pire des monstres cauchemardesques sortant de nulle part pour les étriper, associé à son incapacité à se défendre correctement. Heureusement la silhouette de Matthew se dessina dans l’obscurité avant que la panique lui ait fait perdre sa consistance. La portoricaine porta la main à son cœur en poussant un soupir de soulagement à cette vue.

Il avait l’air gelé, fatigué… mais entier. Jade regretta amèrement de ne pas posséder une troisième couverture à lui prêter et regretta presque d’avoir passé sa seconde couette à Rochel. La lui reprendre maintenant n’aurait pas été bien vu et pourtant, le pauvre Matt’ avait l’air d’avoir bien besoin d’un peu de chaleur.

- … Bonjour. Je m’appelle Milly, c’est moi qui l’ai trouvé dehors, expliqua Jade avec maladresse en désignant Rochel du pouce.

Pas le temps d’en dire plus qu’un nouvel invité surprise s’invitait, en la personne d’Eve. La taularde avait investis dans un manteau noir qui ne faisait que renforcer la dureté de ses traits mais ça n’allait que trop avec le discours qu’elle tint à l’adresse de Rochel à peine débarquée. Même si l’amabilité était parfaitement absente on pouvait sentir un désir de se rendre utile, et c’était mieux que rien.

La bonne jumelle lui adressa un petit signe de la main en guise de bienvenue avant de lui faire comprendre à force de regards entendus qu’ils n’étaient pas au courant de sa véritable identité et qu’il valait mieux continuer comme ça, au moins pour le moment. Moins de personnes seraient dans le secret plus les chances de fuites seraient limitées.

- Tu les connais ? Je crois qu’ils sont arrivés ici par hasard mais c’est pas un mal, l’un d’eux n’a plus d’ombre. Peut-être les deux même, j’ai pas vérifié.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Lun 13 Aoû - 21:06

Comment refuser la couverture face à un argument aussi désarmant ? Rochel n’aimait pas dépendre des autres de la sorte, mais une part de lui dut bien reconnaitre que cette source de chaleur bonus lui faisait du bien. Il avait tendu une main peu assurée pour attraper l’objet que lui tendait cette Milly qu’il n’avait jamais vu auparavant et qui, sans hésiter, partageait avec lui ses biens. Il y avait des gens biens, à Dreamland. C’était indéniable.
- Merci, lâcha-t-il à mi-voix.

Elle tentait de le rassurer du mieux qu’elle pouvait, ça se voyait. A tel point qu’on aurait pu croire qu’elle avait quelque chose à se reprocher, ou bien qu’elle avait vécu un tas d’histoires similaires. Si elle était voyageuse depuis longtemps, le second cas devait être le plus probable. Elle avait sais doute raison, Matthew devait s’être trouvé un abri.. et Misaki n’était pas bête : elle avait dû trouver un moyen de s’enfuir. Rochel se raccrochait à cet espoir alors que sa sauveuse abordait plus en profondeur cette histoire d’ombres.

Une lampe torche tout ce qu’il y avait de plus banal, pour une expérience que tout enfant a fait durant sa vie, ne serait-ce que pour s’amuser : regarder son ombre. Sauf que cette fois-ci, l’heure n’était pas à la franche rigolade à fortiori parce qu’il n’y avait justement pas d’ombres. Peu importe l’angle, peu importe l’intensité de la source lumineuse, ni l’un ni l’autre voyageur n’arrêtait la lumière. Rochel resta réservé sur l’instant, essayant de comprendre, de reporter la faute… Peut-être que c’était la lampe qui fonctionnait bizarrement, ou que le sol… non… C’était stupide. Parfaitement stupide. Et pourtant, l’insomniaque ne voulait pas admettre ce qu’il voyait. Pas plus lorsque Milly lui expliqua ce que ce mal impliquait.

Trois jours.. C’était trop peu ! C’était impossible !! Il n’allait… Il n’allait tout de même pas mourir si tôt.. ? En une semaine à peine..
Abasourdi par la nouvelle, il ne trouva rien à dire, lançant seulement un regard désespérément inquiet à sa sauveuse alors qu’elle lui avouait indirectement qu’il était condamné. Le phobique ne se souvenait pas de son premier voyage ; il savait que ça avait eu lieu, c’est tout. Le peu de souvenirs qu’il gardait ne l’aidait en rien : il n’était peut-être pas facile de sortir de l’hypnose, mais c’était un tout autre défi, pour lui.
Ce n’était pas un sommeil ordinaire, sinon il se serait réveillé beaucoup plus tôt.. Après le choc de l’accident, la seule hypothèse viable se résumait ainsi : il était dans le coma. Il avait une semaine pour apprendre à sortir du coma par lui-même alors que certains passaient des dizaines d’années voire toute leur vie allongés sans jamais s’être réveillés…

L’angoisse lui nouait la gorge à tel point que même s’il l’avait voulu, il n’aurait rien pu répondre. On ne perd rien à demander… sauf dans ce cas précis : Rochel avait à y perdre l’espoir. Cet espoir si fragile qu’il tenait de préserver comme une toute petite flamme au beau milieu de l’océan. Il ne voulait pas mourir, il ne pouvait pas mourir ainsi !

Le bruit métallique contre la paroi rocheuse le fit sursauter. Le phobique se retourna alors que son rythme cardiaque s’accélérait à mesure que la chose responsable de ces ‘tang’ à répétition s’approchait. On aurait dit une boîte de conserve ou quelque chose du genre.. Etait-ce un humain qui venait ?
La tension redescendit d’un coup alors que la silhouette de Matthew se découpa dans l’obscurité et qu’il confirmait sa présence par le timbre de sa voix. Comme un poids qu’on lui ôtait du cœur, la joie de revoir son compagnon encore entier fit sourire le phobique des rêves. Pour peu, il aurait presque ri d’avoir pensé un seul instant que l’ailourophobe risquait quelque chose.
- Ça me fait plaisir de te revoir aussi, tu sais ? Je me demandais où tu avais bien pu atterrir. Je t’ai cherché, mais…

Milly prit la parole à point nommé pour prendre le relais alors que la phrase de Rochel mourait dans sa gorge. Oui, triste constat : il s’était montré bien moins combattif que son compagnon de route. Il avait renoncé trop tôt.
Et puisque pour une fois la chance leur souriait, une seconde bonne nouvelle fit son apparition en la personne d’Eve. Rochel se souvenait l’avoir croisé peu de temps après Matthew et Jade. Peut-être qu’elle en saurait d’avantage sur la bonne jumelle, mais pour l’instant le phobique des rêves prit le temps de savourer ces retrouvailles inespérées.

- C’est vrai que je ne m’attendais pas à te croiser ici.. Tu as l’air d’aller bien, en tout cas. C’est.. bien.
Ne sachant plus vraiment dans quel sens continuer la conversation – même s’il savait au moins dans quel sens il ne voulait pas la tourner, à savoir la perte de son ombre – il laissa Milly répondre à sa partenaire. Ainsi c'était elle que sa sauveuse attendait, il y avait vraiment de drôles de coïncidences, dans la vie.
La russo-américaine semblait un peu plus conciliante que la dernière fois, à moins que la froideur de cette dernière ne soit atténuée par celle des terres gelées..? Elle lui proposa même son aide, mais ce qui retint d’avantage l’attention de l’insomniaque fut la remarque qu’Eve lui avait fait juste avant. Ce n’était même pas une insulte ou quoi que ce soit : c’était un fait. Il avait peut-être été trop gentil, trop mou.. Les cowboys avaient su le lui faire comprendre. Tout le monde semblait vouloir lui enseigner une leçon, aujourd’hui. Devait-il voir ça comme un signe quelconque..?

- Eh bien.. je… il marqua une pause, cherchant les mots pour formuler sa réponse comme il l’entendait d’une part, mais aussi parce qu’il se sentait stupide de passer pour le yaourt à la fraise du coin. « Trop bon, trop con », disait-on.
- Je n’ai peut-être pas fait les meilleurs choix, mais je n’aurais jamais pu aller aussi loin si j’avais fait preuve de méchanceté… je pense.
Sur ces mots, il se leva et prit une des couvertures de Milly pour la poser sur les épaules de Matthew. Il savait qu’il n’était pas le plus bagarreur, ni le plus costaud ; il ne se considérait pas non plus comme le plus intelligent ou quoi que ce soit, mais il voulait se prouver à lui-même ainsi qu’aux autres que la bonté ouvre bien plus de portes que la méchanceté et la violence réunies. Et il ne changerait pas d’avis sur ce point-là. Il n’était peut-être pas nécessaire au groupe, mais le plus petit aide qu’il pourrait apporter serait déjà une preuve qu’il n’était pas non plus complètement inutile.
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Matthew Owens

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Maladie mentale : Ailourophobe

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mar 14 Aoû - 10:16

La grotte commençait à se remplir à vue d'oeil et l'ailourophobe avait relâché sa vigilance au point qu'il fut surprit de voir qu'on l'avait suivi. Il manquait plus qu'une bête fauve l'ait suivi, mais c'était très peu probable vu le boucan qu'il avait fait. C'était étrange, mais il avait l'impression d'avoir croiser brièvement cette femme. Ce devait être juste après la sortie des égouts. Son regard interrogatif était de plus en plus prononcé. Milly leur parlait d'ombre ? Qu'est-ce que cela avait à avoir avec lui ? Il se sentait vraiment largué, mais remercia Rochel sans y paraître pour la couverture.

- C'est gentil.. dit Matthew avant d'éternuer.

Avec tous ces pépins, il avait réussi à attraper la crève, c'était pas de chance. Une bonne gorgé de chocolat chaud couplée à la chaleur de la couverture l'aida à se sentir mieux tandis qu'il prêtait une oreille attentive à la discussion. L'ombre ne se détachait pas du corps d'une personne comme ça et dans ce cas, comment l'avaient-ils perdu et en quoi c'était si problématique ? Le phobique passa en revue chaque personne avec le faisceau de veilleuse renne et constata effectivement que Rochel et Milly étaient atteint du même mal. Enfin c'était un mal ? Matthew ne chercha pas à trouver de réponse comme l'en attesta les ombres chinoises qu'il essayait d'animer sur les murs, comme pour échapper à la réalité.

Il n'avait pas la sensation d'être utile à ce moment précis, en fait il avait beaucoup trop de choses qu'il ignorait pour servir à quoi que se soit. Il préféra donc s'occuper en s'emmitouflant dans la couverture et sa large écharpe, tout en pensant à un potentiel avenir. C'était un pur accident s'ils étaient ici, mais au moins ils s'en étaient réchappés. Un coup de chance en somme. Maintenant, l'ailourophobe se demandait ce qu'il allait devenir dans ce monde chaotique, lui qui s'effrayait lorsque le moindre minou pointait le bout de son museau. Pitoyable. Pensif, il frotta sa joue endolorie par les traitements des cow boy comme si cela ferait disparaître son échec contre eux. Bien sur, la douleur était au rendez-vous et bientôt, il ronronna comme un rominet et ses hématomes disparurent à son insu tels des décalcomanies que l'on frotte.

Il sentait une légère différence après avoir retouché sa joue une nouvelle fois, mais surtout il avait la patate ! Sur le moment, Matt' se sentait capable de gravir une montagne s'il le fallait ou régler ses problèmes avec d'autres cow boy. Cette pêche inattendue le poussa à assouvir sa curiosité avec précipitation.

- Mais dites-moi.. On va à la chasse à l'ombre ! Par où commençons-nous les recherches ?

Salut, je m'appelle Matt' et je poursuis une ombre.. Des aventures tellement folles qu'il se ferait interner s'il venait à en parler à quelqu'un dans le monde réel. Le monde réel était trop monotone et morose pour lui, il avait besoin de changer d'air quitte à subir une hystérie collective avec des inconnus.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mar 14 Aoû - 11:55

Non seulement Rochel ne s’offusquait pas à sa petite pique sur son caractère trop doux, mais en plus, il avait presque l’air heureux de la revoir. Décidément, ce type la surprendrait toujours. Il lui faisait penser à un personnage de téléfilm : ces espèces de fiancés transi d’amour avec de grandes âmes chevaleresques surenchéries qui faisaient d’eux des époux parfaits. Jusqu’à lors, elle avait toujours cru que ces portraits n’existaient qu’à la télé. Mais non, et le phobique renforçait son opinion avec sa dernière remarque sur la bonté « meilleure carburant que la méchanceté ». On croirait presque entendre un slogan pour la paix dans le monde.

- Amen, répliqua Eve pas plus expressive que d’ordinaire, sincèrement, tu devrais venir prêcher par chez moi un de ces quatre. Je suis sûre que tu changerais des vies.

Inutile de préciser que son « chez elle » était un pénitencier d’état, ni que c’était l’ironie qui se dissimulait sous ses airs laconiques. Ce n’était pas de la méchanceté mais juste… juste un constat. Le monde était pourri jusqu’à la moelle, il ne pouvait pas ignorer que les bassesses humaines servaient généralement beaucoup mieux que la piété chrétienne. Pour Eve, vivre dans la béatitude et l’abnégation, c’était fuir une réalité qu’on n’avait pas la force d’affronter. Aurait-elle réellement gagné au change si elle n’avait pas assassiné le meurtrier de sa mère ? Se serait-elle sentit mieux en cultivant un pardon catholique comme celui qui était hypocritement encouragé chaque jour dans l’église où se rendaient ses parents ?

Foutaises. Sa justice, elle avait du se la trouver seule, comme une grande. Alors oui, ce n’était pas « gentil » de démolir les immondices humaines qui lui causaient des tors, mais ça lui évitait au moins – généralement – de finir dans un état aussi lamentable que le phobique du sommeil. Pour ne pas se montrer plus désagréable qu’elle ne l’avait déjà été, la russo-américaine se tourna vers sa collègue résistante pour lui adresser un léger signe de tête :

- On s’était croisé dans les Plaines Félicités. Ça a été très court et on a été séparé par une attaque d’espèce de rats mutants. Je ne pensais pas du tout les revoir ici. Ni les revoir du tout en fait.

Elle avait à peine terminé sa phrase que Matthew se mit à ronronner comme un chat. Eve crut rêver, mais non : le mâle ainé du groupe grondait bien comme un petit moteur félin. Dans l’obscurité à peine ponctuellement dissipé par la veilleuse, la jeune femme ne vit pas se résorber les bleus qui ornaient sa joues ; elle songea simplement que comme toutes les personnes ayant des hobbies étranges, l’ailourophobe aimait à se prendre pour un minet. Pourtant, il n’avait pas peur des chats la dernière fois qu’elle l’avait vu ?

*Je suis cernée par les cinglés…* songea la détenue sans se permettre un commentaire. Elle se contenta, plus pour s’occuper que par réelle envie, de tirer une autre clope de sa veste et d’en griller le bout avec désinvolture. Le point incandescent projetait sur son visage inexpressif une lueur orangé qui se reflétait sur ses cheveux de jais comme des flammes dans un enfer de ténèbres.

- Par ici, rétorqua-t-elle simplement aux interrogations de Matthew, les ombres sont perdues dans les Terres gelées et on y est. Mais avant de les trouver, il faut au moins se renseigner pour savoir comment les reconnaitre, comment les attraper et comment les recoller.

Tant de choses à faire, et si le temps n’était pas compté pour la paranoïaque, il l'était pour sa complice présentement cachée par une fausse identité. Elle souffla un nuage de fumée pratiquement invisible dans la grotte, sa cigarette coincée entre son index et son majeur.

- Je suppose qu’on va devoir rejoindre une ville, et y’en a pas des masses indiquées sur ma carte dans le coin. Ceci dit, rien ne t'oblige à nous aider si ça ne te concerne pas directement.

Ce dernier point s’adressait exclusivement à l’ailourophobe. Si Rochel était concerné, il valait mieux pour lui qu’il participe aux recherches. Du moins, s’il arrivait à retrouver l’usage de ses jambes d’ici là.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 25 Aoû - 15:32

C’était comme être étranger à la situation, être mise entre parenthèses. Savoir mais ne pas pouvoir en parler, surtout rester à l’écart. Un peu frustrant de l’avis de Jade mais ce n’était pas comme si elle avait le choix. Oh, bien sûr le choix existait –il existe toujours- mais elle ne se voyait pas prendre la liberté de mettre en péril la vie de sa copie conforme juste pour le plaisir de clamer « youhou ! Vous ne me reconnaissez pas ? C’est moi ! ». Cet acte puéril et irresponsable resta donc à l’état de pure chimère alors que Rochel, Matthew et Eve se lançaient dans de froides retrouvailles agrémentées de discours philosophique sur la manière de se comporter pour survivre ici-bas. La psychotique leva les yeux au ciel lorsqu’Eve répéta une fois de plus son laïus sur « être gentil c’est mal ». A croire qu’elle ne se lasserait jamais.

Heureusement le sujet des ombres revint vite sur le tapis et cette fois peu importe qu’elle les connaisse de longue date ou non. Ici les relations n’importaient pas, seule la survie comptait. D’ailleurs la taularde rappelait à point nommé le but de leur présence ici : avec le blizzard et les anciens camarades qui refaisaient surface Jay en aurait presque oublié ce qu’elle était venue faire ici. La capacité régénérante de l’homme-chat faillit la faire dériver de nouveau d’ailleurs mais elle se ressaisit juste à temps, secouant la tête.

- Comme s’il avait vraiment le choix… si Rochel vient avec nous pour chercher son ombre, « chaton » va pas rester tout seul dans cette grotte. A moins qu’il veuille mourir de froid, elle adressa un sourire complice au jeune homme et ajouta, Surtout que quand je partirai, j’embarquerai ma couverture.

Le petit surnom risquait de faire tiquer l’ailourophobe mais elle n’avait pas pu s’en empêcher après l’avoir vu ronronner comme un moteur, c’était juste trop tentant. L’adolescente s’étira ensuite pour rejoindre l’entrée de la grotte et jeter un coup d’œil à l’extérieur. Le vent s’était un peu calmé mais transportait toujours une montagne de neige dense qui empêchait de voir plus loin qu’à quelques mètres. Peut-être qu’ils pourraient mettre le nez dehors dans une heure, ou moins, mais rien n’était moins sûr. Elle revint vers le groupe en se frottant les mains engourdies par le froid, maudissant le fait de ne pas avoir de gants. C’était bien le seul endroit de son anatomie où elle avait froid à cet instant.

Comme une réponse à son désir inconscient de chaleur, un cadeau apparu de nulle part dans ses bras pour lui donner –Ô surprise- une couverture. Jade haussa un sourcil en se disant qu’à ce rythme elle allait bientôt pouvoir ouvrir un magasin de couettes. Elle fixa de dépit son présent à moitié déballé et le tendit à Rochel toujours tremblant pour avoir généreusement partagé ce qu’elle lui avait précédemment prêté.

- Tiens, je te l’offre. J’ai pas besoin de trois couvertures, deux sont déjà largement suffisantes !

C’était jour de bonté ! Et puis il fallait avouer que tout ce barda commençait sérieusement à prendre de la place, surtout que Melena avait disparu avec leur sac-à-dos commun…

Elle se rassit contre le mur et enfila sa paire de chaussettes sur ses mains à défaut d’avoir des gants. C’était pas top mais c’était mieux que rien, à commencer par le fait qu’elle sente ses doigts un peu moins douloureux. Les engelures n’étaient pas le genre de choses qu’on aimait avoir, surtout avec aucun médecin à l’horizon. Une fois bien installée Jade se remit en tête de dresser des plans sur ce qu’ils feraient une fois la tempête passée.

- Je sais pas si rejoindre une ville est vraiment un bon plan par contre. Pour info quand j’ai perdu mon ombre la plupart des autres voyageurs de la région cherchaient quelqu’un à l’extérieur de la ville, dans la tempête. Si les ombres sont quelque part c’est dans le coin, pas à nous attendre sagement à l’auberge.

C’était assez sec, mais quitte à jouer un personnage autant le faire jusqu’au bout. Être « Jade » ne pourrait qu’attirer les soupçons des garçons et que ça plaise ou non à Eve la bonne jumelle comptait bien mettre à profit ses quelques cours de théâtre et son don naturel pour le mensonge. Et puis… à vrai dire elle ne faisait que dire ce qu’elle pensait. Ne pas brusquer les gens ne voulait pas dire fermer les yeux sur leurs erreurs et le masques qu’elle portait semblait venir à bout, au moins un peu, de ses angoisses de disputes. Dans tous les cas la taularde ne la rouerait pas de coups pour ça. Du moins il fallait l’espérer.

- Le mieux à faire je pense c’est de jeter un œil aux environs quand la météo se sera calmée… avec un peu de chance on aura une vue assez dégagée pour repérer les ombres de loin. Du noir sur du blanc ça devrait le faire non ? On pourrait pas espérer mieux dans un sens !



Dernière édition par Jade Martins le Sam 25 Aoû - 16:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 25 Aoû - 15:32

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Ven 31 Aoû - 0:58

D’avantage convaincu par ce qu’il avançait que ne l’était Eve, l’insomniaque du groupe ne répondit rien à la pique de cette dernière. Il sentait bien l’ironie pointer sous chacun des mots de la paranoïaque ; il était inutile d’insister. Ou peut-être qu’il devait le faire, au contraire..? Avait-il quelque chose à prouver ? Il ne savait pas. Depuis la mort d’Alice, il ne se reconnaissait même pas lui-même.. comment affirmer son identité, ses idéaux quand on ne les connait pas ? Sans compter que tout était différent, ici, dans le monde des cauchemars. Franchement, tout cela le dépassait… Essayer de se surpasser n’est constructif que quand on sait où on va, et à défaut de le savoir, on continue de (sur)vivre comme on peut.

Il ne pouvait pas blâmer Eve pour sa façon de voir le monde : elle avait surement eu son lot d’épreuves et celles-ci étaient peut-être si différentes de celles que Rochel avait vécues que tenter de se convaincre l’un l’autre était peine perdue. Et le jeune homme souhaitait tout sauf une autre source de discorde ; il avait eu son compte pour la journée.

Ravi de voir que la conversation dérivait vers quelque chose de beaucoup plus important qu’une querelle philosophique, Rochel écouta le briefing sur les ombres perdues. Etait-ce une coïncidence que Matthew et lui aient été envoyés ici juste au moment où ce projet de ‘chasse à l’ombre’ - comme l’appelait l’ailourophobe - se mette en place ?
Les réponses viendraient en temps voulu – il l’espérait, tout du moins. Pour l’heure le problème majeur était de savoir comment rattacher son ombre… La retrouver serait déjà un grand coup de chance, mais la contenir dans un bocal à défaut d’avoir du fil à coudre magique ne les soignerait probablement pas.. Matthew avait de la chance de ne pas être concerné par toute cette histoire, même si Rochel culpabilisait intérieurement de l’embarquer malgré lui. Ce dernier n’avait effectivement pas vraiment le choix : à moins de trouver un village d’où il pourrait prendre un nouveau départ, l’ailourophobe était condamné à rester avec ses trois compagnons. Affronter cet enfer blanc en solitaire était du suicide, il n’y survivrait pas.. et Milly le fit d’ailleurs remarquer.

- Désolé, Matt’.. mais je dois aller avec elles. C’est peut-être ma seule chance de… eh bien de.. ne pas mourir
De toute façon, sans plan ni équipement, c’est trop risqué de partir de ton côté. On a déjà perdu de vue Misaki, alors il faut rester ensemble ; se séparer n’arrangerait rien.

D’ailleurs, en parlant de compagnons perdus, Rochel mourait d’envie de demander à la paranoïaque si elle avait des nouvelles de Jade. Savoir qu’elle allait bien, tout simplement, il ne demandait rien de plus.

Recevoir un peu de compassion de la part des autres, se savoir apprécié.. Tout le monde a besoin de ça, Eve y compris, dans un sens. Un sens très personnel et obscur, certainement, mais ce dernier devait bien exister quelque part.
Jouer au méchant pour s’adapter à un monde de méchants se résumerait à se battre pour la non-violence, tuer au nom de la vie, s’enchaîner en prêchant la liberté… Combattre un mal de l’intérieur peut être à double tranchant et dans un combat aussi vain, le mal ne fait que vous corrompre peu à peu.
Tout du moins, c’était ce dont le phobique des rêves tentait de se convaincre ; une des raisons pour laquelle il ne se sentait pas permis de nouer une quelconque amitié avec l’ex-taularde : simplement parce que l’un d’eux avait tort. Même en faisant de son mieux, il avait l’impression de s’attirer des ennuis. Ses idéaux devaient pourtant avoir touché une corde sensible chez Milly qui lui fit cadeau d’une couverture. Si ce présent venait à point nommé pour appuyer les arguments du phobique, ce dernier était loin de s’attendre à ça. Il observa la couverture puis la jeune résistante avant de lui adresser un sourire franc.

- Merci. Elle me servira, à moi ; ne t’en fais pas. Elle allait même lui être très utile vu le climat des Terres Gelées, au moins le temps qu’il se trouve des vêtements plus adaptés comme une de ces tenues isothermes. Ce n’était rien, en soi.. c’était une couverture toute simple, mais cette générosité spontanée touchait Rochel.
Il aurait voulu donner quelque chose en échange.. Pendant un instant, la pensée d’offrir la couverture à Matthew, mais les paroles de sa sauveuse lui revinrent à l’esprit : « tu ferais mieux de penser aussi un peu à toi ». En restant fidèle à ses convictions, il ignorerait totalement le sage conseil qu’on lui avait fait un peu plus tôt.. Garder la couverture s’avéra donc être l’option la plus acceptable pour le moment. Et puis… c’est vrai qu’il avait froid.

L’idée de chercher « du noir sur du blanc » était d’une simplicité qui poussait presque à l’euphorie. Oui, concrètement il n’y avait que ça à faire. Mais l’insomniaque avait le pressentiment que ce ne serait pas aussi simple ; c’était beaucoup trop évident pour que tout se passe comme prévu, il devait y avoir un truc.
Comme un contrat dont on omet de lire les petits caractères de bas de page, la mission semblait simple en apparence. En apparence. Faire part de ses doutes n’aurait pourtant pas grand effet, si ce n’est celui d’inquiéter inutilement ses compagnons… peut-être se trompait-il, après tout. Les prévisions à long terme et autres calculs étant trop complexes pour le cerveau embrumé de l’insomniaque, ce dernier parvint à la conclusion qu’ils verraient en temps voulu.

- Pour le moment.. nous n’avons pas d’autre choix que de rester ici, j’ai l’impression. Il faudra attendre demain ou.. plus tard..
Il fait tellement sombre que je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est. Bref.. Je ne crois pas vous avoir demandé : pour qui êtes-vous en mission ? Si ce n’est pas trop indiscret..

Evidemment que si, c’était indiscret. On ne pose pas ce genre de question sans une once d’indiscrétion, mais il y avait tant de questions auxquelles le phobique mourrait d’impatience d’apporter des réponses, pour se libérer l’esprit, notamment… A voir les visages fermés d’Eve et Milly, ces dernières avaient visiblement l’ait réticentes à le faire entrer dans le secret. Est-ce que c’était comme ces agents secrets dont quiconque connaissait le secret devait mourir ? C’était presque amusant, sauf qu’à cette pensée, Rochel regretta d’avoir parlé sans réfléchir. La question était posée, pourtant, et ce qui avait été entendu ne pouvait pas être désentendu. Advienne que pourra.
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Matthew Owens

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Dim 2 Sep - 22:13

Ils s'étaient croisés aux plaines félicités. Aaah ! Matthew comprenait mieux.. Ou pas. Eve faisait allusion à leur mort ? Si seulement elle pouvait savoir à quoi ils venaient de réchapper. En fait, elle n'avait pas l'air très humaine. Aucune émotion ne transparaissait de près ou de loin sur son visage, ce n'était pas très réconfortant et narrer leur périple ne lui arracherait même pas un rire ou une larme. Quelle tristesse.. Mais l'excitation du ronrontalgique rendait moins négatif le phobique des chats qui écoutait attentivement le programme post-tempête. Il voulait à tout prix faire quelque chose, c'était plus fort que lui et il avait même tendance à oublier son côté 'désastre ambulant'. Tout ce qu'il désirait été d'aider. Peut être que la chasse à l'ombre se présentait de la même manière que la pêche à la mouche, un vrai régal.. Mais il y avait une infime chance pour que son souhait s'exauce. Mais si les cactus bougeaient et que les oiseaux étaient aussi grands que des buildings, il y avait fort à parier que l'impossible restait possible. Matt' esquissait un sourire à la simple pensée de 'quand les cochons voleront' pour ensuite disparaître aussi vite qu'il n'était apparut.

CHATON !

C'était un coup à ce qu'il tombe à la renverse. Pourtant, il le savait très bien que ce surnom n'avait rien de bien.. méchant. Entre les poils de patte et le ronron à la con, c'était plus qu'une perche qu'il tendait, bel et bien un poteau ! Avec une boule au creux de son ventre - pas une boule de poil
hein !-, le phobique des chats mal à l'aise leur répondit :

- Je ne vais pas vous fausser compagnie. Vous inquiétez pas.. Et puis.. Il se sentait un peu coupable d'être emmitouflé dans la couverture de Milly. Je te la rendrai, promis !

Cette manie de faire apparaître des couvertures lui rappela une certaine personne dont il se demandait toujours ce qu'elle avait put devenir. Pour le savoir, il suffisait de demander à la fumeuse des renseignements. Maintenant qu'elle avait sa clope au bec et recrachait une fumée toxique, l'envie passa à Matthew qui mine de rien, ne souhaitait pas trop la déranger avec ça. Les explications viendraient en temps voulut. Les ombres étaient bien plus préoccupantes que de raviver le passé. Alors comme ça, ils iraient croiser encore d'autres voyageurs à la recherche de leur ombre ? Le nombre de questions bêtes affluaient à un débit vertigineux dans la tête de l'ailourophobe, d'abord pourquoi la banquise ? C'était pas le meilleur endroit pour une ombre de se cacher à part les reliefs de glace.. Et encore.. Et si par malheur, ils venaient à attraper l'ombre de quelqu'un d'autre, il se passerait quoi ? Les kidnappeurs d'ombre existent-ils ? L'ombre de Jésus existe t-elle ?!!

Cet univers tout nouveau et dépaysant le chamboulait et la question indiscrète de Rochel ne passa pas inaperçue. Au contraire, un étonnement plus grand se lisait sur le visage de Matthew qui aurait bien voulu répondre à leur place suite au souvenir d'un dessin animé hideux qu'il avait vu après avoir changer de chaine. Forcé de reconnaitre qu'il y avait de grandes différences comme par exemple la tenue moulante et leur nombre impair, il fit profil bas cependant il ne pouvait pas s'empêcher de mettre l'étiquette 'espionne' aux deux jeunes femmes. L'idée de se réveiller le lendemain avec un couteau sous la gorge en guise de Bonjour lui effleura l'esprit mais tout de même.. Elles auraient put les liquider avant si elles leur voulaient vraiment du mal. De toute façon, la perspective d'un réveil tranquille était très loin derrière lui, les visions du phobique des rêves n'avaient rien de calme. Bien au contraire. Mais elles auraient le mérite de faire lever tout le monde à l'heure.

- Une mission ? répondit Matt' en écho comme pour les inciter à tout leur dire.

Voyant les deux femmes regarder dans sa direction simultanément, l'ailourophobe changea de côté pour fuir leur regard qu'il s'imaginait courroucé.

- Ahem.. Bonne nuit !

Même s'il se tenait plus proche du chat que de l'homme depuis quelque temps, se balader à la lueur de la lune ne figurait pas à son programme. Aussi, il chercha une position confortable pour dormir, cependant il préféra attendre que tout le monde le fasse avant lui histoire de ne pas louper d'informations importantes et vérifier si tout le monde jouait le jeu. Sait-on jamais avec espionnes..
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Dim 2 Sep - 23:50

- Sauf qu’on a été envoyées ici chercher des « moyens » pour agir, pas une cargaison d’ombres, rétorqua sèchement Eve, et je ne suis pas sûre que ce soient elles qui vont gentiment nous expliquer comment les reconnaitre, les capturer et les rattacher. Je pensais simplement à retrouver ceux qui nous ont précédés dans le travail pour au moins ne pas partir de 0, mais je suppose qu’un peu d’empirisme ne nous fera pas de mal.

Son regard glacé resta planté sur l’adolescente, sa clope fumante coincée entre son index et son majeur. Elle se passa d’ajouter qu’une ville – ou un village – serait un point de rapatriement plus intéressant qu’une grotte froide qui pouvait à tout moment voir revenir un propriétaire mécontent. Ça paraissait pourtant évidemment. Quoiqu’il en soit, les deux hommes avaient décidé de les suivre à titre bénévole, mais Rochel posait déjà les questions qui fâchent. Les prunelles inexpressives de l'ainée se posèrent sur lui avant qu’elle ne réplique, soufflant une fumée crise fraîchement tirée de son cancer en tube :

- Pourquoi ne pas y voir là qu’un acte de bonté ? De la « gentillesse » pour ceux comme toi qui ont de graves problèmes de santé ? On travaille pour ces gens là. Ça devrait t’aller comme réponse, non ?

Rien ne colorait sa voix, pas même une méchanceté qui n’existait pas dans l’intention. La russo-américaine ne savait pas ce qui la poussait à provoquer le phobique des rêves. Peut-être cette faiblesse qui émanait de lui, image même de ceux qui avait déjà accepté de capituler face à l’adversité. Pourtant, il y avait autre chose : il lui laissait la – bonne – impression de ne pas être capable de faire du mal. Un homme sauvé du naufrage sinistre qui engloutissait le monde, un type bon à garded, même si elle ne le comprenait pas… un homme comme elle aurait aimé en connaitre, du temps où elle avait encore un cœur.

Eve avait essayé de sourire, mais son visage était restait figé, statue de glace dénuée d’émotion. Elle s’était alors approchée de la sortie de la grotte pour observer distraitement le blizzard, les rafales de vent s’engouffrant dans la cachette pour faire danser ses cheveux noirs. Inutile de nier qu’être enfermée l’avait conditionnée à un comportement de bête sauvage traquée : montrer les crocs en première, se montrer forte en toute situation. Mais pouvait-elle faire autrement quand tout le monde s’accordait à la faire passer pour une folle afin de charger son dossier ? ILS avaient fait d’elle ce qu’elle était. Son image n’était qu’un reflet artificiel ; mais que cachait-il à part une jeune femme complètement perdue ?

Elle écrasa fermement son mégot sur le sol et fit volte face. Matthew dormait peut-être, elle n’avait pas fait attention, mais c’est de Rochel qu’elle s’approcha. La russo-américaine s’assit même face à lui, comme pour inviter à la confidence, quant bien même son absence d’expression pouvait faire longuement hésiter sur la raison de son retour au sein de la société.

- J’ai une question pour toi. Pour savoir. Si jamais… la personne à laquelle tu tenais le plus était tuée, intentionnellement, par quelqu’un qui reste impuni mais dont tu connais l’identité. Est-ce que tu n’aurais pas tellement mal que tu chercherais à la venger toi-même ? Si jamais ta vie était détruite, est-ce que tu ne chercherais pas à faire payer à tous ceux qui sont responsables ?

Eve restait impassible. Impossible de lire qu’elle puisait dans sa propre histoire, tout comme elle ne pouvait encore deviner qu’elle toucherait peut-être une corde sensible du phobique. Elle voulait tester sa « gentillesse », voir jusqu’où pouvait aller sa faiblesse – ou bien ce que certaines personnes appelaient sa « raison ». L’idée même d’avoir eu tort lors de son premier meurtre ne l’effleurait même pas, et pourtant… pourtant elle voulait savoir. Aurait-elle pu faire autrement ? Le monstre caché en elle avait-il été obligé de frapper cette nuit là ? Au fond, elle voulait savoir à quel point Rochel était son antagoniste ; car il lui donnerait la mesure de ce qu’elle était réellement.

- Réponds juste ce que tu penses.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Lun 1 Oct - 21:00

Plus ça allait plus la bonne jumelle avait l’impression de voir se dessiner devant ses yeux le profil d’Elie, mais en pire. Cette manie de faire la morale et de vouloir que le monde se conforme à une manière de pensée spécifique lui sortait par les yeux. Protéger les autres ou vouloir leur bien n’était pas une excuse pour diriger leur vie à la baguette ou mépriser leurs idéaux. C’était juste la preuve d’une étroitesse d’esprit affligeante dont la taularde se révélait progressivement la digne ambassadrice. L’adolescente lui en était toujours reconnaissante pour ce qu’elle avait fait face à Liam, mais il y avait un moment où il fallait savoir mettre un frein.

Sans se soucier d’être une gêne – c’était son intention d’ailleurs- la blonde s’interposa en s’asseyant dans l’espace laissé entre Rochel et Eve, coupant tout contact visuel. Son regard bleu et doux se planta avec résolution dans les prunelles glacée de celle qui lui faisait face. L’anonymat offert par son masque lui donnait des ailes et il était hors de question de s’écraser cette fois.

- Arrête donc de vouloir façonner le monde à ton image ! maugréa Jade en levant les yeux au ciel, Tu sais déjà qu’il ne pense pas comme toi alors c’est quoi le but de la manœuvre hein ? Matthew a proposé de dormir et c’est pas une si mauvaise idée, tu devrais y réfléchir au lieu de vouloir à tout prix faire subir à Rochel un examen de conscience.

La lueur qui brilla alors dans les yeux sombres de son interlocutrice provoqua un frisson qui remonta tout le long de sa colonne vertébrale mais Jay le réprima pour faire bonne figure. Elle n’était pas brave mais elle pouvait au moins le paraître. C’était mieux que rien.

- On est tous fatigués, et malade pour certains. Faisons une trêve, un vœu de silence pour la soirée où ce que vous voulez mais prenons le temps de se remettre de ce qui arrive. On aura besoin de toutes nos forces pour entamer les recherches, alors autant ne pas les gaspiller en débats stériles. Sur ce… bonne nuit.

L’adolescente essaya d’esquisser un sourire alors qu’elle reprenait place dos au mur, un mètre à droite de Rochel. Après avoir emprisonné ses jambes de ses bras elle reposa sa tête sur ses genoux, ferma les yeux et se laissa bercer par le bruit du vent qui hurlait et le chuintement étouffé des flocons. Bientôt tout ne fut plus qu’un vague brouhaha en bruit de fond, puis le silence. Le sommeil sans rêves de Dreamland avait repris ses droits.

C’est un rayon de soleil venu l’éblouir même à travers l’écran de ses paupières closes qui lui servit de réveil. Jade papillonna des yeux une fois puis deux, s’étira comme un chat avant de jeter aux alentours un regard ensommeillé. Les autres dormaient, où faisaient semblant, tout était d’un calme olympien même à l’extérieur de leur abri de fortune. La nature semblait s’être calmée et ne restait plus de la tempête de la veille qu’un épais tapis blanc, poudreuse éblouissante à la lumière de l’astre du jour. Les reliefs de la végétation pouvaient se deviner sous ce linceul, silhouette d’un arbre ou d’un rocher que le gel avait immortalisé à sa manière dans un écrin d’ivoire. Si sa situation n’avait pas été si critique la bonne jumelle en serait probablement restée pantoise, au lieu de quoi elle se contenta de réveiller en douceur ses camarades par un léger tapotement d’épaule.

- Réveillez-vous… c’est le matin. On peut sortir la tempête s’est calmée.

Son estomac gargouilla pour lui rappeler un certain ordre de priorité et elle grimaça d’une honte mal contenue alors qu’elle tirait te ses affaire l’une de ses rations de survie. C’était toujours aussi peu ragoûtant mais ça avait le mérite de tenir au ventre et en à peine quelques bouchées la blonde se sentait revigorée. Oh, pas de là à tenter un marathon dans la neige avec un yeti à leurs trousses mais si leur groupe se limitait à des activités raisonnables tout devrait aller comme sur des roulettes.

Pendant que les autres prenaient le temps d’émerger Jade sortit faire quelques pas dans la neige, un sourire au coin des lèvres à l’écoute de la poudreuse crissant sous la semelle de ses chaussures. Elle n’avait jamais vraiment connu la neige en dehors de Dreamland, les hivers n’étant souvent pas assez froids dans leur belle San Francisco pour offrir mieux que quelques flocons tournant au gris sale dans le caniveau. Elle aspira à pleins poumons pour profiter de la sensation de l’air gelé mais pur dans ses bronches et soupira d’aise. C’était pour ce genre d’instants éphémères qu’elle ne pourrait jamais vraiment détester ce monde. Même s’il concentrait toutes les atrocités auxquelles un être humain pouvait penser, il était aussi une caverne au trésor regorgeant de toutes ces petites choses qui rendaient le quotidien magique. Les rêves persistants au milieu des cauchemars qui rôdaient sur ces terres en maitres absolus.

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mar 6 Nov - 20:12

Savoir que l’ailourophobe comptait bien se joindre à eux rassura Rochel. Certes, il connaissait également Eve, mais l’insomniaque s’était d’avantage rapproché de Matthew, ou du moins pensait le connaitre d’avantage. Malheureusement, une pointe de défaitisme empêchait le jeune homme d’envisager sereinement cette (més)aventure.. A moins de beaucoup de chance, ils ne trouveraient jamais leurs ombres à temps et ce n’étaient pas les pouvoirs de son ami qui pourraient les aider dans cette quête… ni les siens, d’ailleurs – si tant est que pouvoir cauchemarder soit réellement qualifiable de ‘pouvoir’.

Il laissa son regard dériver, d’avantage plongé dans ses pensées que réellement concentré sur ce qu’il voyait, il ne se ressaisit que lorsqu’il comprit que la russo-américaine s’adressait à lui avec une froideur qui n’avait rien à envier au blizzard. Son attention avait du mal à se fixer sur quoi que ce soit mais le peu qu’il entendit lui permit cependant de comprendre l’intégralité du message, même si ça devait ne pas lui plaire franchement.
Cette mauvaise foi ne l’aidait pas, bien au contraire. Il leva les yeux, essayant de capter le regard froid de son interlocutrice à travers le nuage de fumée qui ne la rendait que plus inexpressive. Le panache de goudron flambé s’évapora peu à peu et Rochel en profita. Passer pour un bisounours ne légitimait en rien ce genre de comportement.

- Ne te fiche pas de moi, s’il te plait. Toi, faire preuve d’altruisme ? Ça sonne si faux… pas besoin d’être un génie pour voir que tu ne penses pas un seul mot de ce que tu dis.
Peut-être que tu ne m’aimes pas, mais tu n’as pas le droit de me mentir comme ça pour autant. Je veux des réponses
, trancha-t-il sèchement. Un spasme parcourut le corps du phobique des rêves qui tenta de faire passer ça pour un frisson dû au froid. Pourtant il savait que ce n’était pas ça ; c’était le stress, le sentiment que le barrage mental est sur le point de céder face à cet afflux d’angoisse, de fatigue.. et de colère, sans doute.

Il vivait cette dissimulation de la vérité comme un moyen de ne pas lui dire franchement à quel point sa… ‘maladie’ était grave. Il allait peut-être mourir, mais il ne savait pas quand, ni comment, ni dans quelles circonstances… rien ! Et ne pas le savoir faisait naître en lui une pression effroyable, l’envie de cerner ce problème dans son intégralité pour le régler au plus vite et au mieux.
- Si vous ne me dites pas pourquoi vous êtes là, je ne vous suivrai pas. Sa détermination se volatilisa lorsqu’il réalisa ce qu’il venait de dire, l’obligeant inconsciemment à baisser les yeux : cette menace n’avait aucun poids étant donné qu’il n’était pas un élément nécessaire. Il venait de se mettre en position d’échec en refusant la main – aussi obscure et froide soit-elle – qu’on lui tendait.
Il ne pesait rien dans la balance, et plus que tout, il ne voulait pas se retrouver seul. C’était son unique chance de ne pas mourir dans ce désert à la température proche du zéro absolu et il venait probablement de la gâcher parce qu’il voulait savoir. D’un autre côté, cette réaction était si spontanée qu’elle ne pouvait venir que du cœur : il ne suivrait jamais quelqu’un en qui il n’aurait pas confiance. Son regard implorant s’arrêta sur Matthew et Milly avec l’espoir d’y trouver encore une fois un peu de réconfort, sachant pertinemment qu’il ne pouvait pas lutter seul contre la paranoïaque.

Finalement, il renonça. Baissant la tête jusqu’à ce que son champ de vision ne soit plus limité qu’aux deux extrêmes que représentaient sa chaussure gauche et sa chaussure droite ; il agita les mains dans le vide, cherchant ses mots pour enfin se résoudre à l’improvisation, faute de savoir précisément y mettre la forme :
- Désolé… Je.. je veux pas mourir, c’est.. cette histoire, c’est complètement dingue. Je sais pas quoi faire, je sais pas où aller, ni où chercher et ça depuis que je suis arrivé dans ce monde. J’ai rien demandé, je veux juste me réveiller et vivre une vie normale !!
Yeux rivés sur le sol, il serra les poings autant que ses muscles engourdis le lui permettaient : aucune larme ne devait passer, aucun sanglot. Cette lutte contre lui-même devenait de plus en plus difficile à chaque seconde et si le manque de sommeil menaçait effectivement sa santé voire même sa vie, tout cela était resté de l’ordre de la théorie : personne ne lui avait encore dit avec autant de sincérité qu’il allait mourir.

Alors qu’il se concentrait du mieux qu’il le pouvait pour ne pas céder à la pression, l’odeur de fumée de cigarette informa l’insomniaque de la proximité d’Eve. Il leva un regard inquiet vers elle, priant seulement pour qu’un sentiment de pitié quelconque ait dicté à la jeune femme d’arrêter ici les frais en mauvaise foi et hypocrisie. Il était bien loin de se douter de ce que la paranoïaque allait lui dire.

En une question, elle venait d’anéantir tout le travail de Rochel, tous ces efforts pour prendre sur lui. Une déferlante acheva de raser le barrage de la raison du phobique, ne laissant que ruine derrière elle. Pourtant, il n’arrivait pas à pleurer. Il n’arrivait pas non plus à parler. Resté immobile, il fixait Eve avec un regard accablé alors que dans son esprit une tempête de souvenirs faisait rage.
Des images défilaient dans son esprit, ne laissant qu’amertume, tristesse et vide en lui. Répondre ce qu’il pensait ? Il était incapable de penser.
Un nouveau couteau venait de transpercer le cœur du phobique alors qu’il réalisait qu’après s’être reproché de n’avoir pu sauver Alice, il était à présent condamné à se reprocher également de n’avoir pas eu le courage de la venger. Cette idée n’avaient encore jamais effleuré son esprit, si bien qu’il ne savait tout simplement pas comment réagir.

Sans l’intervention de Milly, qui sait ce qui se serait passé ? Rochel aurait surement craqué, mais il ne voulait pas paraitre encore plus faible qu’il ne l’était déjà… il ne voulait pas qu’on sache. Une larme roula sur sa joue, petite perle de tristesse brûlante qui ne laissa qu’une trainée humide que le froid hivernal s’empressa de refroidir. Profitant du fait que l’attention d’Eve soit momentanément reportée sur sa camarade, Rochel se leva pour aller s’isoler dans le coin opposé de la grotte d’où on ne pourrait pas le voir dans l’état lamentable qui s’annonçait.
Posant une main sur la paroi, il se laissa tomber, calant sa tête entre ses genoux et s’autorisa enfin à pleurer tout son saoul. Un rappel aussi violent de ses erreurs passées ne pouvait pas être une bonne chose pour ses nerfs et malheureusement, pleurer ne l’aidait pas à se sentir mieux.. Il n’était pas prêt à remonter la pente, il le sentait. Pas encore ; c’était beaucoup trop tôt.
Sentant son nez couler, il renifla, faute d’avoir un mouchoir sous la main. Un arrière-goût métallique vint envahir son palais ; cette odeur était reconnaissable entre mille : c’était celle du sang. Il passa sa main sous son nez pour s’assurer de ce qu’il venait de sentir et resta figé devant l’image de sa main dont le sang ne se discernait dans l’obscurité ambiante que par des tâches noires sur sa peau blanche.

*Comment est-ce que je pourrais venger qui que même quand c’est le miens, avoir du sang sur les mains me fait.. peur ?*
Etait-ce dû à la fatigue, à la chute de son oiseau, ou à cette maladie ? Non, ça devait être les deux premiers.. ou le froid, oui : le froid. Ce ne pouvait être que ça… Il n’allait pas en mourir : tout le monde saigne du nez, c’est tout à fait normal.
Il essuya frénétiquement sa main contre son pantalon noir. Avec un peu de chance, personne ne remarquerait rien. Il s’essuya jusqu’à ne plus voir ce liquide épais sur sa peau, comme s’il s’agissait d’un acide dangereux ou d’un liquide rebutant : il ne voulait pas voir son sang. Pas après ça.

La nuit passa doucement, ralentie d’avantage par la morsure du vent glacial qui pénétrait de temps à autres dans la grotte. Personne ne vint troubler la solitude de Rochel qui resta dans son coin, sans bouger, le regard dans le vague. Il n’avait pas sommeil, de toute façon – du moins s’en persuadait-il.
Peu avant le matin, la tempête se calma, dévoilant un ciel clair dans lequel le phobique des rêves perdit son regard, cherchant refuge dans les étoiles. Elles étaient là, calmes et sereines, si lointaines qu’aucun trouble de ce monde ne pourrait jamais les atteindre ; c’est là que devait être Alice, à l’heure actuelle.
Aucun de ses compagnons de voyages ne s’était encore réveillé, mais pourtant quelques bruits se faisaient entendre par intermittence, signe que leur réveil ne saurait tarder. L’insomniaque sentait ses yeux le brûler et il n’arrêtait pas de bâiller depuis quelques minutes déjà. Un nuage orangé commença alors à tournoyer autour de lui, le faisant se lever en sursaut, faisant de grands gestes pour chasser cette fumée et ce rire qui semblait sortir du néant.
Il voulut s’enfuir mais se prit les pieds dans quelque chose et se retrouva à terre. Se relevant à moitié pour voir ce qui l’avait fait tomber, il observa non sans écarquiller les yeux que deux grosses boules roses avaient remplacé ses pieds ; son corps tout entier était vêtu de la même couleur. Ne disposant d’aucun miroir, il essaya de tirer le vêtement mais ce dernier semblait impossible à enlever.

La voix de Milly le fit se retourner et lorsque leurs regards se croisèrent, Rochel eut une désagréable impression de déjà-vu… sentiment confus mais néanmoins présent, troublant. L’image d’un phallus s’imposa à son esprit sans qu’il sache pourquoi. C’était comme si… comme s’il savait. Il était piégé dans un costume et pas n’importe lequel : un costume de pénis géant !
- Pourquoi.. mais [i]pourquoi[i] ça m’arrive à moi..?
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Matthew Owens

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Dim 11 Nov - 1:28

Toujours disposé à écouter ce qui se disait derrière son dos de dormeur, Matthew écouta avec attention et ne dormait que d'un oeil. Même si son esprit sombrait peu à peu dans les bras de Morphée, quelques miettes de la discussion lui restaient en tête et surtout les questions presque indiscrètes adressées à Rochel. Le meurtre.. Toute personne qui commettrait un tel acte mériterait de mourir comme il l'a fait subir.. Enfin chacun avait sa petite vision de ce qui fallait faire et de ce qu'il avait vu en pleine action, Matt' connaissait un Rochel pacifique et qui ne cherchait pas la confrontation. Un sage homme qui finalement avait eût plus de peur que de mal contrairement à lui durant leur rencontre avec les cow-boy. Il admettait amèrement que rendre les coups n'était pas la meilleure idée qu'il avait eût sur le moment.

Contre toute attente, le phobique des rêves faisait preuve d'une grande témérité vis à vis des espionnes. La pression et le mal du pays arriveraient à le changer ? Pour sûr, plein de chose pouvait lui porter sur le système. Même Matt' considérait sa situation préoccupante, il se voyait comme un maquisard Sdf couché par terre.. Le confort habituel de sa petite vie le rendait nostalgique.

Arrivée à point nommé, Milly en bonne diplomate leur proposa d'aller se coucher, c'était pas trop tôt. De toute façon leur conversation était tellement 'joyeuse' que ça convenait à tout le monde. Aller, au lit les enfants, chuchota Matthew à lui même.

Le froid l'engourdissait tellement qu'il n'eût aucun mal à s'endormir dans un sommeil sans saveur, sans rêve lui aurait-on dit.

Ce matin-là, la tempête s'était volatilisée et l'adolescente visiblement enjouée de sortir de ce trou à rats les réveilla doucement. En bon suiveur, l'ailourophobe se redressa puis s'étira comme un gros chat. Il n'aurait surement pas aimé que l'on fasse le rapprochement de lui et de l'animal. La journée s'annonçait si calme que Matthew sursauta à la vue du gros machin rose et vivant entré dans leur caverne. Lorsque la chose se tourna vers lui, il ne trouva même pas ces mots pour dire quelques chose de cohérent.

- Truc.. Là.. Rochel ??? Que..


Le pire, c'est que son camarade semblait être vêtu d'un costume très évocateur. L'idée qu'Haloween n'était peut être pas si loin n'effleura même pas l'esprit du phobique habitué à voir débouler des costumes plus traditionnels. À peine semblait-il se remettre de ce 'WHAT THE PHOQUE !' que le fameux halo orangé l'enveloppa à son tour. Il allait surement faire d'autres choses aussi rigolotes qu'utiles comme la dernière fois.

Pourtant il constata bêtement que son costume n'avait rien pour lui plaire. Le rire démoniaque repartit en quête d'une nouvelle victime le laissant apprécier les joies de se retrouver dos nu alors qu'il fait à peine 10 degré..

Déboussolé et presque près à crier au scandale en voyant qu'il était vêtu d'une robe, l'ailourophobe fronça les sourcils tandis que sa chevelure de serpent en plastique lui caressa les tempes.

Spoiler:
 


- Mais c'est carnaval ou quoi ? Sont où les vrais costumes ? Me dites pas qu'ils fêtent la Gay pride ! grelotta t-il tout en se frictionnant les bras.

Là pour le coup, il passait pour un travelo. Sa fierté masculine venait d'en prendre un certain coup, à tel point qu'une once de colère se faisait dans sa voix grondante.

- Que quelqu'un m'explique ??! Demanda t-il en se tournant tour à tour vers Eve et Milly.

En prenant du recul, elles le regardaient l'air hagard sans bouger. Aucun de leurs traits ne semblaient changer, aucun battement de paupière, rien ! Leur avait-il cloué le bec ? Elles venaient d'être pétrifiées et il n'était pas si innocent que ça dans l'affaire. Il essaya de les faire réagir avec les mouvements brusques de sa main, rien à faire.. Il venait de les condamner. Son visage se décomposa.

- Mon Dieu qu'est-ce que j'ai (encore) fait..

Il se vissa son bonnet bleu marine de Noël sur la tête jusqu'à obstruer sa vision et s'agenouilla comme s'il ployait sous le remord. Il avait mis du temps à comprendre qu'elle était la créature monstrueuse qu'il incarnait. La gorgone semblait-il. Que des rôles féminins entre celui-la et la mort enfin, avec l'autre il ne se les gelait pas. Matthew était profondément affecté par la nouvelle bêtise qu'il venait de faire en croyant qu'il venait de les figer à jamais et briser deux vies.

- Je suis désolé, je voulais pas.. Vraiment !

Fort heureusement, le supplice d'avoir été une catastrophe s'estompa bien vite car après une minute, le sortilège qui venait de les transformer en statue de pierre venait de prendre fin. Le maladroit resté dans l'ignorance versa quelques larmes que son couvre-chef absorba et n'avait qu'une envie ; s'arracher les yeux pour en faire du pâté.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Mar 13 Nov - 13:29

Le regard accablé que lui lança le phobique des rêves suffit à sa réponse. Rien. Aucun argument surfait sur la bonté des gestes cette fois, seulement une immobilité fragile qui démontrait bien que les discours de St Augustin avaient des limites. Jade eut beau s’interposer pour lui adresser des reproches qu’elle n’écouta qu’à moitié, la conviction de sa démence venait d’être ravivée dans ses prunelles glacées, comme des flammes surnaturelles.

Inutile alors d’insister sur le cas de Rochel, qui s’était réfugié dans un coin de la caverne pour pleurer – du moins, c’est ce que ses reniflements laissaient entendre. Preuve était faite que son cheminement était légitime ; que le monstre n’en était pas un. Elle était une bête blessée qui n’avait fait que défendre ses intérêts et désormais, on lui avait fait une réputation de démon pour dissimuler la vérité. Eve Magdalena Todrovitch n’était pas folle. Jamais.

Forte de ces convictions, la taularde s’était endormie la dernière, après s’être assurée qu’aucun des deux mâles n’attenterait quoique ce soit pendant son sommeil. Recroquevillée sur elle-même pour diminuer les pertes de chaleur, ses cheveux sombres masquant à moitié ses traits blancs, elle avait presque l’air paisible. Une simple jeune femme perdue, abritée du blizzard. Dans le gouffre sans rêve qu’était l’inconscience à Dreamland, le cauchemar perpétuel de la russo-américaine se stoppait enfin.

Eveillée par Jade, la détenue mit un petit moment à s’étirer, courbaturée par une nuit sur un sol trop dur. L’un de ses bras était d’ailleurs engourdie, dévoré par une désagréable sensation de fourmillement. Une main appuyée sur son front, ses doigts entremêlés dans sa chevelure, ses yeux marron se plissaient pour accueillir petit à petit la lueur du jour qui s’introduisait dans leur grotte. A peine fût-elle debout qu’un tourbillon orangé fit irruption dans leur refuge et l’enveloppa toute entière.

Eve se souvenait de la dernière fois qu’elle avait été témoin de ce phénomène, et la perspective de recommencer n’était pas vraiment la chose qui l’enchantait le plus. D’autant plus que si elle s’était attendue à se voir réaffublée de son costume de croque-mitaine, elle découvrit en baissant les yeux que la loterie avait décidé de lui réserver autre chose.

Spoiler:
 

Sans miroir, il lui était impossible de savoir en quoi elle était déguisée. Toutefois, apercevoir Rochel et son air désemparé fût une réponse suffisante. Il n’y avait alors pas le moindre mot, ni même la moindre expression, qui pourrait définir le sentiment qui secoua les entrailles glaciales de la paranoïaque. Qu’une entité inconnue s’amuse à la grimer en monstre affamé passe encore, quand bien même cela avait été particulièrement désagréable – et inutile. Mais l'habiller de force en verge de taille humaine, il y avait là un caractère humiliant qui lui restait en travers de la gorge.

La russo-américaine allait protester, mais dès lors que son regard inexpressif eut croisé celui de Matthew, elle se sentit soudainement paralysée sur place. Impossible de faire un mouvement, même lorsque le coupable, visiblement au fait de son action, tentait vainement de la faire réagir. Retenue par un barrage invisible, la colère froide d’Eve dut attendre sa libération pour pouvoir exploser. Serrant les dents, expirant profondément pour éviter de laisser sortir une exclamation de rage, elle s’approcha de l’ailourophobe avec une furieuse envie de lui en coller une bonne. Elle retint finalement son poing déjà dressé et se contenta de l’agripper fermement à l’épaule pour lui siffler sèchement :

- T’avises pas de recommencer ça. Tu ferais mieux de garder ton bonnet.

Sait-on jamais ? Que pourrait-il leur faire s’il prenait goût à son éphémère pouvoir de pétrification ? Il y a bien des choses horribles de faisables en moins d’une minute. On n’est jamais trop prudent. Sans le savoir, Eve venait d’activer son pouvoir aphrodisiaque sur le pauvre Matthew. Elle détourna alors son regard vers ses autres acolytes, plus glacé encore que le climat des terres gelées :

- Et je me passerai des commentaires sur mon… « costume ».

_________________
♫ Le sang épais & chaud galvanise mes mains . Mon cœur, par terre, emprunte le chemin qui mène à l'horreur d'une excitation morbide . ♪
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Jeu 15 Aoû - 9:44

- Hihihihihihihihihihihihihihihihi...

Ce rire, elle ne le connaissait que trop. Comme ce tourbillon orange et cette apparition magique de costumes farfelus. De quoi avait-elle écopé cette fois ? D'un costume de clown flippant à en croire le reflet que lui renvoyait un cours d'eau gelé qui serpentait non loin de la grotte. Jade frissonna, une grimace s'étirant sous son masque de latex. Elle avait toujours détesté les clown depuis qu'elle était tombé sur ce film à la télé, avec l'un d'eux qui mangeait des enfants. Elle en faisait même encore des cauchemars à l'occasion...

Elle en était à ce stade de ses réflexions quand la voix de Matthew lui fit tourner la tête. Et que son regard la change en pierre. Voilà comment bien commencer une journée, y'avait pas à dire ! Comme si leur situation n'était pas déjà assez merdique comme ça ! Armée d'autant de courage qu'une moule face à cet événement, la psychotique paniquait déjà dans sa prison de pierre. Rester comme ça éternellement ? Non ! NON ! Elle aurait probablement souillé son fond de culotte à cette pensée si seulement elle avait encore été capable d'uriner. Heureusement tout comme les bonnes choses, les mauvaises avaient aussi une fin et elle retrouva son corps d'origine non sans un soupire ostensible de soulagement. Ne restait qu'une angoisse : quel était l'effet de son costume ? Pire ? Meilleur ? Elle n'avait pas vraiment envie d'expérimenter à vrai dire.

Le seul point positif dans cette affaire c'est qu'elle n'avait pas écopé du costume dont étaient affublés Rochel et Eve. A voir ces deux phallus se traîner piteusement sur leurs testicules ce n'était qu'à grand mal qu'elle s'empêchait de rire. Ca ne rendait pas plus aimable la taularde d'ailleurs, qui en profitait pour rabrouer un coup le pauvre Matthew, bonnet toujours baissé sur ses yeux.

- Oh c'est bon ! C'est pas comme s'il l'avait fait exprès non ! Il recommencera plus, voilà tout !

Jade revint vers la grotte pour se saisir de la main du phobique des chats, causant du même coup le départ de la troupe.

La météo s'était calmée depuis la veille, mais c'était toujours loin d'être idéal. Un froid mordant mettait à mal ses camarades et l'adolescente ne se réjouissait que trop d'avoir acheté sa combinaison il y avait de ça un moment déjà. La couche de neige qui couvrait le sol ne facilitait pas leur marche, sans parler des moments où leurs pieds dérapaient sur une couche de glace masquée par la poudreuse. Dire qu'ils avançaient par conséquent à la vitesse d'un escargot paraplégique n'aurait rien eu de faux.

- Bon ! Pour commencer faut qu'on retrouve du monde, d'autres gens comme nous envoyés dans le coin... vous verrez ça ira mieux quand on sera plus nombreux. Peut-être même qu'ils ont un camp avec un minimum de confort qui sait ? Ne vous inquiétez pas, je vous promets que tout ira b...

Un craquement sonore se fit soudain entendre sous leurs pieds. La portoricaine qui avançait quelques mètres en avant s'immobilisa, les traits figés par la peur. Qu'est-ce qui avait bien pu causer ce bruit ?! La réponse ne tarda pas à lui être révélée lorsque Matthew s'enfonça brusquement dans le sol dans un « plouf » sonore. La bouche de Jade s'ouvrit en un « o » muet avant qu'elle n'accoure près du point de chute pour apercevoir de l'eau. De l'eau. De l'eau ! C'était pour ça qu'ils glissaient sans cesse depuis une bonne dizaine de minutes ! Ils se trouvaient sur un lac gelé que la neige avait recouvert pendant la nuit ! Enfin sauf pour Matt', présentement sous la glace.

- Ômondieuômondieuômondieuômondieu...

Elle se mit à pelleter frénétiquement la neige dans l'espoir de repérer le jeune homme sous ses pieds mais la couche de glace était trop opaque pour offrir une quelconque visibilité. De toutes façons on ne leur permettait pas de poursuivre les recherches plus longtemps : dame nature était bien décidée à les faire déguerpir de là en faisant se craqueler la glace de plus en plus loin, de plus en plus vite. Sous elle, la glace s'affaissa d'un cran alors que son visage blêmissait tout aussi vite.

- Courrez ! Courrez ou nous finirons tous comme lui !

Mieux que la course, Elie en plein combat avec un monstre marin à plusieurs centaines de kilomètres de là lui offrit une bien meilleure option. De magnifiques ailes blanches poussèrent sur le dos de la psychotique qui ne se fit pas prier pour en battre et s'envoler. Elle eut tout de même la présence d'esprit de planer jusqu'à ses deux compagnons encore en surface pour attraper leurs mains et voler péniblement jusqu'à une zone paraissant sure à une centaine de mètres de là, après quoi elle relâcha leurs poignets et se laissa tomber sur le sol, épuisée.

Ses ailes, toujours présentes, la masquaient et étouffaient les sanglots qui la secouaient. Elle n'avait rien pu faire pour Matthew. Il allait mourir de froid, ou se noyer... ou les deux ! C'était probablement même déjà fait. Pourquoi fallait-il toujours que ça se termine ainsi ?

- J'suis désolée, j'ai rien pu faire... j'suis désolée... désolée... pardonne moi... j'suis désolée...
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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Ven 16 Aoû - 15:28

Il n’était pas le seul touché par cette malédiction ridicule mais il fallait bien reconnaitre qu’Eve et lui remportaient la palme du costume le plus grotesque. Lorsqu’il eut finit de regarder le costume qui le recouvrait avec dégoût, Rochel osa un regard en direction de Matthew qui venait de l’appeler.
L’insomniaque ne le savait pas encore mais il eut de la chance que l’ailourophobe soit davantage obnubilé par sa tenue que par la sienne ; leurs regards ne se croisèrent donc pas. En revanche, il fut aux premières loges lorsque les pouvoirs de méduse se manifestèrent. Il recula d’un pas, pétrifié non pas par son ami mais par la peur. Il serra sa peluche dans ses mains instinctivement, n’osant ni approcher, ni fuir tant la position dans laquelle il se trouvait paraissait insensée… et puis les testicules lui servant de pieds ne semblaient pas vraiment faites pour la course à pieds… ni pour quoi que ce soit, en fait.

Il murmura alors en synchronisation parfaite avec le phobique des chats Matt’… Qu’est-ce que tu as fait..? Son ami venait de transformer en pierre leur seule chance de ne pas mourir dans cet enfer gelé. Qu’allaient-ils faire pour se sortir de ce cauchemar ?
Du fait de l’émotion, les soixante secondes passèrent comme dix et les deux filles récupérèrent peu à peu leurs couleurs ainsi que leur mobilité. Un soulagement pour l’insomniaque qui s’imaginait déjà marcher au hasard dans les terres gelées. Il aurait voulu leur dire qu’il s’était inquiété mais c’était sans compter sur l’intervention musclée de l’impulsive Eve qui cloua le bonnet de l’ailourophobe sur son crâne, couvrant jusqu’à ses yeux. Le rendu était assez étrange puisque les serpents ayant remplacés les cheveux de son ami continuaient de grouiller sous le bonnet, faisant mouvoir ledit objet de manière plus ou moins anarchique selon l’état d’énervement des reptiles. Aveuglé, Matthew ne put bouger que lorsque Milly lui attrapa la main pour l’entraîner à l’extérieur de la grotte. Rochel suivit instinctivement sans trop se poser de questions.

Marcher dans la neige avec ces costumes n’avait rien d’aisé mais la couche de tissus supplémentaire avait au moins l’avantage de tenir Rochel au chaud. Enfin ce n’était pas vraiment comme si cela changeait grand-chose pour lui étant donné que ce qui le faisait frissonner était également dû à la fatigue qu’au froid.
- On pourrait ralentir la marche, s’il vous plaît ? C’est vraiment fatiguant, ces testicules. Pas vrai, Eve ? … Eve ? Il releva le gland qu’il avait abaissé sur son visage quelques minutes auparavant pour se protéger des flocons pour remarquer avec lassitude que tout le monde y compris la paranoïaque étaient déjà à quelques mètres devant lui. Sans rire… je vais pas tenir le coup à cette allure… Personne ne l’entendait, bien sûr, avec les bourrasques intermittentes qui emportaient ses paroles Dieu sait où. Il tenta de courir et même si le spectacle aurait fait rire le plus blasé des mortels, il parvint à rejoindre le trio de voyageurs juste à temps pour voir Milly se retourner et leur faire une sorte de briefing.

Le craquement de la glace jeta un froid au sein du petit groupe et la scène se passa avec une rapidité absurde : Matthew disparut sous les eaux gelées du lac sur lequel ils se trouvaient. Ecarquillant les yeux, Rochel mit un temps considérable à rassembler ses esprits encore embrumés de fatigue.
- Matthew !! Sans réfléchir, il se rua vers le trou d’eau qui se craquelait de plus en plus. Il fallait récupérer Matthew ! Arrivé près du bord, il fut stoppé dans sa progression alors qu’on lui attrapait la main, le soulevant dans les airs. Les yeux toujours rivés vers l’eau glaciale et placide, Rochel hurlait de désespoir. NOOOOOOOOOON !! MATTHEW !! LÂCHE-MOI, JE DOIS Y RETOURNER ! MATTEEEEEEEW !!!

Milly le déposa bientôt sur la terre ferme. Rochel était conscient de ne pas lui avoir facilité les choses en se débattant tout du long mais on devait bien lui remettre les pieds sur terre : le phobique des chats avait disparu et il ne reviendrait pas… Soit il s’était noyé, soit le froid se serait chargé de lui… L’idée d’un Matthew se débattant sous l’eau en proie à la terreur serrait la gorge de l’insomniaque qui marcha lentement jusqu’à la berge pour se laisser tomber à genoux devant le lac dont les plaques de glace se détachaient et s’entrechoquaient. Sa vue déjà troublée par le manque de sommeil s’en vit réduite à fortiori à cause des larmes qui vinrent couler le long de ses joues.
- … Pourquoi..? Pourquoi vous ? Pourquoi est-ce que je n’ai RIEN pu faire pour vous sauver tous les deux !? Il serra les poings, réprimant ses sanglots. Trop de morts, il y avait eu beaucoup trop de morts ; il n’en supporterait pas davantage. Il allait lui-même mourir, il le savait… Nourrir de faux espoirs ne servait à rien : il ne parviendrait jamais à retrouver son ombre. Et quand bien même, à quoi bon ? Matthew n’avait rien fait contre ce monde et il venait de disparaitre. Comment pouvait-on mourir si rapidement ? Les dieux du pays des rêves étaient peut-être mus par la vengeance mais jamais Rochel ne le serait contre ce monde-ci. Cela n’avait aucun sens ! Il aurait voulu se tuer dans l’instant si ç’avait permis de mettre un terme à ce vain conflit.

Dans son dos, il entendait les gémissements de Milly. Il tourna légèrement la tête vers elle. Il ne savait pas s’il devait lui en vouloir, la haïr, la mépriser ou bien la réconforter et compatir… Il plongea à nouveau son regard sur le lac, imprimant à jamais cette image dans sa tête ; figeant ce moment où il venait de perdre le seul ami qu’il avait eu à Dreamland jusqu’à présent… son seul ami depuis longtemps, d’ailleurs. Fermant les yeux, il se concentra sur tous les bons moments passés ensemble car même si cette aventure n’avait été que de courte durée, les événements auxquels ils avaient dû faire face avaient donné l’impression à Rochel qu’il avait posé le premier pas sur le chemin du retour chez lui. Mais désormais, il comprenait qu’il était plus loin de son monde qu’il ne l’avait jamais été.

Il se releva et s’approcha de Milly dont l’aile couvrait le visage. Il s’arrêta à mi-chemin pour poser un regard aussi terne qu’un ciel pluvieux sur Eve et lui posa une question ; une seule et simple question :
- Il t’avait changé en pierre et le voilà mort. Dis-moi, j’espère que tu apprécies cette ‘vengeance’ ? En aucun cas Rochel ne voulait porter Eve pour responsable de ce regrettable accident mais après leur discussion d’hier, l’insomniaque voyait encore moins comment la vengeance, idéal psychopathique que prônait la russo-américaine, pouvait être bénéfique en quoi que ce soit au vu de ce genre d’événement tragique.
Tirant de sa hotte la couverture que Milly lui avait donnée, Rochel aida cette dernière à s’asseoir et l’enveloppa pour la tenir au chaud. Il resta un instant sans rien dire, à la regarder. Cette tristesse, il ne la connaissait que trop : ce sentiment d’impuissance, ce regret de n’avoir pas su sauver ceux que l’on perd, cette amertume qui vous déchire le cœur en songeant que vous, vous êtes encore en vie sans l’avoir mérité plus que l’autre.
L’insomniaque aurait voulu dire « personne n’aurait rien pu faire » ou « ce n’est pas de ta faute » mais ces mots sonnaient tellement faux venant de sa part… Comme un guerrier à la lame sanguinolente qui vanterait les mérites de la paix et la joie d’éviter un combat. Lui aussi avait du sang sur les mains. ‘Indirectement’, lui rétorquerait-on… certes. Mais il demeurait incapable de s’en persuader. Après un long silence pendant lequel il chercha des mots non vides de sens, il parla enfin.
- N’endosse pas tout ça sur toi. Ce fardeau, nous le porterons tous les trois. Quand le jour viendra où nous le retrouverons, je suis sûr qu’il nous pardonnera.

Il posa doucement sa main sur l’épaule de Milly puis se releva. La seule chose qu’on peut faire pour lui, maintenant… C’est lui promettre qu’on ne l’oubliera jamais. Ses yeux se baissèrent sur le sol où quelque chose attira son attention. Il dut plisser les yeux pour s’assurer que ce qu’il voyait n’était pas dû à une hallucination quelconque.
- Matthew nous aura au moins permis de trouver ce que nous cherchions… regardez. Il pointa du doigt des empreintes de pas dans la neige. Vu la netteté de ces dernières, il y avait fort à parier qu’elles étaient assez fraiches. Peut-être qu’en les suivant, ils finiraient par trouver un camp ou n’importe quoi relevant d’un peu de civilisation…
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 17 Aoû - 13:55

Dans la longue liste des choses que l’esprit rationnel de la taularde n’aurait jamais pu concevoir qu’elle ferait un jour, se balader à pied dans un désert glacé, déguisée en pénis, méritait d’être souligné en rouge. Si le ridicule ne tuait pas, il était au moins terriblement encombrant, et disons qu’il mettait un coup à la crédibilité de sa personne. Au moins, elle s’en sortait toujours mieux que Rochel, qui traînaillait à l’arrière. D’ailleurs, un rapide coup d’œil lui apprit qu’il avait rabattu son gland devant son visage. Au moins c’était clair, il avait une force d’abnégation époustouflante.

Eve n’avait pas ouvert la bouche depuis qu’ils avaient quittés la grotte. D’abord parce qu’elle était suffisamment occupée à essayer de ne pas tomber, mais en plus, parce que le fait que Jade lui tienne tête autant qu’elle pouvait la faisait cogiter. Cette gamine méritait d’être protégée, mais elle s’évertuait à ne pas comprendre son point de vue, pourtant tout à fait logique. Il n’y avait rien de faux à supposer qu’être changé en pierre pendant ne serait-ce qu’une minute pouvait s’avérer fatale ; il n’y avait rien non plus de grotesque à se méfier de quelqu’un disposant d’un tel pouvoir. Elles connaissaient à peine Matthew, et la russo-américaine était bien placée pour savoir que l’emballage d’un criminel importait peu. Combien de minettes aux airs d’ange, qui n’étaient ni plus ni moins que des meurtrières, avait-elle croisé en taule ?!

Les pensées de la jeune femme cessèrent quand la benjamine commença son briefing, mais le bruit inquiétant de la glace qui se fend l’interrompit. L’ailourophobe disparut instantanément, première victime du lac sur lequel ils se trouvaient visiblement depuis un moment. Si ses deux comparses s’étaient rués vers le trou, cherchant désespérément à apercevoir leur ami, Eve était préoccupée par autre chose. Par exemple, le fait qu’ils allaient tous finir de la même façon, aux vues du son qui se propageait, lentement d’abord, hésitant, puis avec plus d’assurance.

Les poils se dressèrent sur sa peau blanche, alors que ses yeux inexpressifs cherchaient en vain à déceler l’endroit sûr le plus rapide à atteindre. Ce n’était pas la peur qui faisait battre son cœur. Du moins, pas trop. Surtout le goût amer qui se distillait déjà sur son palais : mourir dans une eau glacée au milieu de nulle part, habillée en bite. Quand même, elle s’attendait à mieux.

Courir ? C’était facile à dire pour celle qui n’avait pas deux gros testicules à la place des pieds. Le dilemme clouait la paranoïaque sur place ; rien ne les entourait que les étendues de neige – rien de distinctif et de salvateur. La fuite aveugle était la seule option. Pourtant, si elle glissait et qu’elle se vautrait de tout son poids, ce qui risquait d’arriver, elle ne manquerait sans doute pas de briser la plaque de glace en pleine fragilisation.

Heureusement, alors qu’elle s'affaissa brusquement d’un cran, Eve se sentit soulevée de terre par Jade. Un clown volant qui portait deux phallus à bout de bras, dont un passablement agité. N’ayant rien d’autre à faire, Eve contempla le désespoir de Rochel avec une impassibilité consternante. Ce débordement émotionnel était d’un pitoyable… avec une telle force de caractère, il serait le prochain, sans doute.    

La terre ferme, enfin. Le premier réflexe de la taularde fut de se tourner vers le lac, pour se rendre compte de l’étendue des dégâts. Par endroit, l’eau était visible désormais. Froide, docile, plate. Il n’y avait pas l’ombre d’une oscillation qui signifierait que Matthew se débattait encore là-dessous. Pétrifié par la température de l’eau, il était peut-être déjà mort. Constat sinistre avec la mélodie des gémissements de Jade en toile de fond, mais alors qu’Eve allait se retourner pour lui assurer que ce n’était pas de sa faute, le phobique des rêves la croisa et en profita pour lui lâcher une remarque bien sentie.

La russo-américaine n’eut pas le temps de réfléchir à sa réplique qu’elle eut brusquement l’impression d’être libérée d’un étau oppressant. Se costume se prêta même au jeu de la transformation, devenant entièrement blanc. Dans son esprit qui ne laissait désormais plus qu’entrer la lumière de la paix, ce que lui avait dit Rochel résonnait. Douloureusement, elle devait le reconnaître. Dans ces moments de lucidité, elle se faisait peur toute seule – se terrifiait, mais comment pourrait-elle changer, comment ?

A cet instant, elle aurait aimé croire au pardon de l’ailourophobe, mais elle ne pouvait pas le vérifier. Par contre, elle pouvait s’en assurer un autre. S’approchant doucement de son duo d’acolyte, elle attira doucement l’attention de son cadet en posant une main sur son bas :

- Rochel ?! Ecoute je… je suis vraiment désolée ce qui s’est passé avec Matthew ce matin. J’ai… un peu de mal à me contrôler parfois, c’est vrai, mais pourtant je ne pense jamais… vraiment à mal…

Eve s’interrompit un instant, comme si elle s’interrogeait sur elle-même. Dans ses yeux marron, la glace avait fondu. Délestés de la haine et de la folie, il ne restait plus qu’une immense tristesse qui tambourinait à la fenêtre de ses iris pour jaillirent, mais qui ne pouvait pas s’échapper. Une expression se dessina enfin sur ses traits figés, une véritable compassion, une douleur visible, une sincérité évidente. Ce visage semblait si différent quand il était vivant.

- Je voudrais vraiment qu’on puisse s’entendre et se faire confiance toi et moi, confia-t-elle, je trouve que tu es quelqu’un de bien. Vraiment. Je sais que je ne te l’avais encore pas présenté de cette façon, pourtant…

Comment lui dire que même si elle n’était pas dans son état normal, elle était sincère ? Comment pourrait-il comprendre que ces pensées étaient celles qui se cachaient sous le masque de sa démence ? Un masque qui l’étouffait, qui la tuait à petit feu. Un masque qui avait détruit sa vie. A cet instant, elle en était consciente, mais elle savait qu’elle oublierait.

Alors elle raffermit un peu sa pression amicale sur le bras de Rochel, et sourit. Un de ces sourires trop rare, qui illuminait son visage décoloré, tandis que ses yeux tristes imploraient silencieusement qu’il comprenne. Qu’il était celui par lequel pouvait venir sa rédemption. La russo-américaine s’en rendit compte : il ne la laissait pas indifférente. Il était tellement son contraire, en temps normale, qu’il exerçait une force nouvelle. Elle voulait le frapper et insulter sa faiblesse, parce qu’elle souffrait à sa place de le voir l’échine courbée, parce qu’elle voudrait le sauver, lui ; lui rendre la vie, à défaut de pouvoir retrouver la sienne. Sous l’effet de son pouvoir, ces pensées lui apparaissaient plus clairement : au fond, elle avait envie que le phobique la guérisse, la change, la ressuscite. Compter pour quelqu’un, elle y aurait droit ?

Sans le savoir, son contact avait déclenché le pouvoir de leurs costumes de pénis. L’effet aphrodisiaque se propageait, ensorcelant, ses méfiances partiellement déjouées par son état de prédicatrice de la paix. Rochel paraissait soudain inexplicablement attirant et dans la suite logique de ses dernières réflexions, la russo-américaine agit en débranchant son cerveau. Elle franchit brusquement la distance qui les séparait encore pour plaquer ses lèvres contre celles de son interlocuteur. Un baiser qui, s’il n’aurait pas été possible sans l’effet du costume, laissait pourtant un arrière goût de sincérité venant d’Eve.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Sam 14 Juin - 20:59

Des paroles, tout ça n’était rien que des paroles dans le vide. Matthew ne les attendait nulle part, du moins à aucun endroit enviable. Ici le paradis comme l’enfer se résumait aux limbes de Freedoom, et pour en avoir eu assez d’échos de la part d’Elie pour savoir que ça n’avait rien d’une partie de plaisir. Un endroit gris et morne où les esprits se voyaient désespérément attachés à des gardiens sadiques capables de les ressuscités pour les tuer ensuite, simple divertissement... Non, vraiment non. Et impossible qu’il leur pardonne. Le fait de ne pas oublier ne changera rien à son martyr.

Jade gardait en elle ce tourbillon de pensées négatives, comme bridée par l’absolution d’Eve. Elle aurait voulu crier, hurler que c’était des paroles en l’air, qu’on les lui avait déjà servi. Que ça n’avait jamais rendu la perte d’Amber plus supportable. Que se souvenir d’elle en permanence n’avait réussi qu’à la faire souffrir un peu plus chaque jour d’une douleur lancinante qui lui transperçait le cœur comme un poignard. Mais elle aurait aussi voulu se jeter dans les bras de Rochel pour y capter un quelconque réconfort. Malgré le ridicule de sa tenue il provoquait des sentiments qui contrastaient drastiquement avec sa peine et sa détresse.

Oui... elle le désirait. Une sensation puissante qui lui empoignait les tripes, lui donnant l’impression d’être en feu. Elle aurait voulu poser ses lèvres sur les siennes et... et c’était déjà fait. Pas par elle, hélas. Tiraillée entre la honte, la surprise et les larmes elle ne sut d’abord pas comment réagir puis, dès qu’Eve relâcha les lèvres du phobique, elle s’en empara à son tour. L’adolescente ne réfléchissait pas vraiment, elle avait juste voulu essayer. c’était tellement, tellement tentant... même si sa pudeur naturelle la rattrapa au galop en lui mettant le rouge aux joues.

- «Je... euh... pardon. Je n’aurais pas dû, c’est juste que... Pardon.»

Elle se redressa, chancelante et le regard fiévreux avant de tourner le dos au duo.

- «Ce doit être le costume, parfois ils ont des effets étranges. Avec ce qui vient d’arriver j’aurais dû me retenir, je ne t’en voudrais pas si tu le prends mal.» la psychotique reprit après une profonde inspiration «Il faut qu’on reparte. La glace pourrait céder et nous avons déjà perdu un ami. Je ne veux pas en perdre d’autre, ni mourir d’ailleurs.»

Jamais ses chaussures ne lui avaient semblé aussi intéressantes. Et elles restèrent son principal centre d’intérêt pendant les longues heures de marche qui s’ensuivirent. La piste des traces de pas était encore fraîche et ils n’eurent pas de mal à la suivre dans un silence pesant, lourd de gène et de tristesse.

Ses ailes avaient disparues depuis longtemps lorsque se dessina à l’horizon les reliefs d’un camp de fortune, agrégat de tentes de fourrure autour desquelles des hommes s’agitaient. On ne pouvait ni discerner leurs visages ni leurs paroles mais dans l’esprit de Jay s’affichait en lettres de néons le mot «résistance». Ses jambes fatiguées accélérèrent inconsciemment, la poussa à presque courir sur la dernière dizaine de mètres. La bonne jumelle ne s’arrêta que lorsqu’elle percuta  par inadvertance un homme surgissant d’une tente comme un diable de sa boite. Elle tomba au sol le cul dans la neige et mit bien 5 secondes avant de remettre assez d’ordre dans sa tête pour aligner deux mots.

- «Ja... euh... Milly. Milly Meers. On m’a envoyé ici avec Eve pour aider à retrouver les ombres.»

Jade tendit la main à son interlocuteur qui en profita pour la remettre debout.

- «Badgers. On vous attendait hier soir, on a cru que vous étiez mortes dans le blizzard... vous êtes plus solides qu’il n’y parait.»

Un sourire narcois se dessina sur son visage mais disparu bien vite à la vue de Rochel. Il le désigna d’un signe de tête discret avant d’ajouter :

- «C’est qui, lui ? Il était pas prévu.

- C’est... c’est un vieil ami. Il est très gentil, très correct... il ne dérangera pas. Il pourra même aider ! S’il-vous-plait, laissez le rester !»

Badgers poussa un soupir en retirant le bonnet qui recouvrait sa tête, dévoilant les traits burinés d’un quadragénaire aux yeux noisettes. Il passa sa main dans sa tignasse épaisse puis soupira avec un haussement d’épaule.

- «Plus on est de fous plus on rit je suppose, mais vous en êtes responsables. Toutes les deux. Vous avez intérêt à le surveiller si vous voulez pas de problème avec Aston ou Miss Paper.»

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Rochel Willow

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MessageSujet: Re: Savoir garder son sang froid   Lun 16 Juin - 9:45

Toute l’honnêteté et la franchise du monde ne pouvaient fournir le tact nécessaire à une quelconque réponse, quelle qu’elle soit, face à un événement si inattendu. Se faire embrasser dans un moment pareil défiait déjà les statistiques mais par Eve qui quelques minutes auparavant semblait le détester de tout son être… Puis par Milly qu’il ne connaissait même pas depuis une journée ?! L’esprit embrumé de l’insomniaque était incapable de comprendre la raison profonde de ce qui venait de se passer et il n’eût sans doute jamais trouvé si la jeune femme blonde ne l’avait pas mis sur la piste de par ses excuses confues.

Rochel aurait voulu pouvoir dire quelque chose comme « ce n’est pas grave » ou bien « ce n’est pas de ta faute » mais franchement : il n’en savait plus rien et la gêne qu’éprouvait Milly devenait peu à peu contagieuse. Rougi par la honte d’avoir été l’un des acteurs principaux de cette romance impromptue, il ne put qu’acquiescer la proposition de sa sauveuse de partir au plus tôt. Pendant tout le trajet, le jeune homme fit l’effort de paraître normal comme si tout cela ne l’avait pas affecté mais la peine, la fatigue et la honte tourbillonnaient dans sa tête de sorte que cette apparence stoïque ne puisse être autre chose qu’apparence. Son costume avait fini par disparaître mais son regard n’osait toujours pas chercher celui de Milly et encore moins celui d’Eve. Le détestait-elle ou l’appréciait-elle ? A moins que leur relation ne soit qu’une absolue neutralité que seules les idéologies opposent ? Le paradoxe auquel il était confronté avait tant absorbé l’attention de Rochel que ce dernier manqua, lui aussi, de rentrer dans cet homme qui venait se mettre en travers de leur route.

L’inquiétude fugace qu’engendra la question « ami ou ennemi ? » fut rapidement dissipée après la prise de parole de la jeune fille. En revanche, le sentiment justifié de ne pas être à sa place prit le relai mais à peine ouvrit-il la bouche pour se présenter qu’on le fit pour lui. C’était peut-être mieux ainsi, après tout. La réplique ironique de Badgers n’aida pas du tout le dépressif à se sentir mieux, au contraire. Qu’il soit fou lui-même n’était pas le problème : il le savait déjà et ne pouvait blâmer que sa personne pour cela. Mais cet homme disait-il cela seulement par humour ou bien allait-il réellement rencontrer d’autres fous ? Aston… Miss Paper… Des noms de code, sûrement, mais pour cacher quoi et à qui ? Soudainement, Rochel se demanda si l’organisation dont faisaient partie Eve et Milly n’étaient pas autre chose qu’une simple mission pour retrouver des ombres. « Autre chose » de bien plus dangereux en soi.

- Je vous donne ma parole que vous n’entendrez pas parler de moi, Badg-euh… monsieur. Je suis seulement ici pour… aider.
Aider… Ce mot sonna faux car Rochel avait du même à s’en convaincre lui-même. Aider ou être aidé ? Encore une fois il prouvait son incapacité à rendre la pareille pour tout ce qu’on avait fait pour lui.
- Mouais. Si tu le dis répondit Badgers d’un ton bourru. Venez, suivez-moi ; j’ai quelque chose à vous montrer qui pourrait vous intéresser. Il leur fit un signe de tête, désignant la tente en peau d’où il venait. Ouvrant la marche, le résistant pris soin de jeter un œil aux alentours pour s’assurer que rien ni personne n’avait suivi le groupe de voyageurs.

La tente les accueillit avec une atmosphère chaude et confortable. Sur les côtés, divers bibelots magiques trônaient sur des caisses en bois dont le voisinage immédiat se composait d’un lit à l’allure spartiate ainsi qu’une table sur laquelle était déroulée une carte de la région en plus de quelques documents. L’index de Badgers vint s’écraser sur une zone précise de la carte.
- Nous, on est ici. On a établi un camp il y a de ça deux mois et on compte une cinquantaine d’hommes mobilisés sur le terrain. C’est une position stratégique à cause de ça. Son index se décala de quelques centimètres en direction du nord-ouest pour tapoter une marque ajoutée à l’encre noire. Comme vous le savez déjà, des témoignages d’ombres errantes se font entendre à travers tout Dreamland mais je pense qu’on a trouvé l’un des épicentres du phénomène. Etrangement, les ombres sont en très grande majorité regroupées dans les terres gelées bien que l’on ait eut écho de plusieurs foyers dispersés sur le continent.

Badgers inspira profondément et se redressa pour faire face à Eve et Milly.
- La raison pour laquelle nous nous sommes implantés ici est simple : nous devons capturer ces ombres pour les rendre à leurs propriétaires. « Comment ? », me demanderez-vous. C’est dehors que ça se passe. Il les invita d’un signe de main tout autant amical qu’autoritaire à sortir de la tente, fermant la marche cette fois-ci. Une fois dehors, il les fit marcher quelques minutes, traversant le camp dans lequel bon nombre de résistants s’affairaient à des tâches diverses et variées. A l’autre extrémité du camp, l’on entendit des voix s’élever à mesure que la neige brumeuse dévoilait des silhouettes en rang.
Rochel plissa les yeux pour tenter de distinguer l’origine de tels éclats de voix et à mesure qu’ils s’approchait, il pouvait voir que ces hommes faisaient tourner au-dessus de leurs têtes des sortes de grappins ou d’hameçons d’une vingtaine de centimètre environ. Suivant les ordres d’un superviseur, ils lançaient leurs grappins sur des amas noirs parcourant le sol de manière anarchique, décrivant des courbes aléatoires leur permettant d’esquiver certaines attaques des résistants.
- Est-ce que ce sont.. Des ombres, oui, l’interrompit Badgers. On a découvert qu’on pouvait les immobiliser en plantant des objets dans le sol. Pour une raison que nous ignorons, marcher dessus ne les entrave pas : il faut les épingler pour les empêcher de fuir. Chaque jour, nous en capturons autant que possible et nous les gardons là-dedans. Il leur indiqua un igloo dans lesquels des hommes entraient et sortaient ; certains traînant leurs grappins et les ombres qui y étaient attachés, d’autres allant rejoindre les rangs des ‘pêcheurs’.
- C’est plus grand à l’intérieur, hein.. On a creusé dans le sol : il y a plusieurs cellules, une pour chaque ombre et on en re-creuse si besoin. Le but étant de les isoler pour cerner leurs pouvoirs et ainsi les rendre à leurs propriétaires… enfin… quand on aura trouvé comment les rattacher.
- Et vous avez fait ça en deux mois seulement ? Je veux dire : creuser dans le sol, et tout, demanda Rochel, visiblement impressionné.
- On a des voyageurs aux pouvoirs intéressants, nous aussi ! Tu crois quoi ? Qu’on est venu sans se préparer ? Bref, si vous voulez aller jeter un œil à notre « collection », je vous laisse carte blanche. J’ai pas mal de choses à faire mais si vous avez des questions plus tard, vous savez où me trouver. Par défaut, je vais vous rattacher au département recherche : il y a forcément un moyen de rattacher ces ombres et je veux le connaître. C’est compris, soldats ?
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