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 Pas l'ombre d'un doute

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Dakota Earnshow

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Maladie mentale : Phobophobie

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 26 Juil - 16:02

Rien de bien utile dans cette missive si ce n’était la confirmation de la présence d’autres voyageurs. Et si l’union faisait potentiellement la force c’était aussi le meilleur moyen d’attirer l’attention du marchand de sable. De ce côté elle était déjà fort mal lotie et c’est bien la seule raison qui stoppa la poussée de panique en elle : ça ne pouvait pas être pire que ce ne l’était déjà.

Dakota plia la lettre en quatre avant de la glisser dans ses affaires tout en réfléchissant à la dernière information concernant une « épingleuse d’ombre », folle de surcroît. James avait l’air ravi à l’idée de la rencontrer mais son amie était bien loin de partager son avis. Si elle était capable de clouer une ombre au sol elle pouvait la clouer, elle, au sol. Et il n’y avait rien de positif là-dedans.

- Sympathique… répéta la blondinette sans masquer son scepticisme.

Non, vraiment… non. Ce n’était ni sympathique, ni attrayant, ni même encourageant. C’était angoissant et ça nourrissait mieux que tous les monstres des placards de son enfance la peur d’avoir peur en son cœur de glace. Il se fissurait avec une lenteur léthargique alors que son imagination lui soufflait toutes les issues fatales d’une rencontre éventuelle. C’était fascinant comme il était possible de visualiser 1000 façons de passer de vie à trépas en l’espace de quelques secondes, elle se pencherait sur le sujet à l’occasion. Pour l’heure elle était plutôt occupée à regarder Selene s’enfuir en direction de Jake et de Sydney.

Le duo et ses messes basses avaient d’ailleurs l’air d’un groupe de conspirateurs. Le pire était que concernant le pirate cette option était crédible mais la participation du thermoréactif à cette mascarade faisait redescendre les pourcentages au zéro pointé, ou presque. Cet homme était si naïf qu’elle l’imaginait mal dresser des plans sur la comète ou se croire la cible de tous. Au contraire même. Aussi ce fut sans se douter du réel sujet de discussion du duo parano qu’elle les rejoignit à son tour, prêtant une oreille attentive à l’échange verbal entre Selene et Sydney.

La discussion était tellement banale qu’elle en était suspecte. Ils semblaient se jauger, voire jouer au jeu du regard. Du point de vue de la phobophobe c’était juste fatiguant. Elle croisa les bras en soupirant de dépit devant ce spectacle alors que James se penchait vers son oreille pour lui dire qu’il allait aux toilettes avant de s’éclipser. Elle acquiesça d’un hochement de tête distrait et son ami s’éloigna, après quoi elle se décida à enfin faire bouger les choses.

- Bon c’est bien tout ça, discuter, prendre le thé… mais il faudrait se mettre au boulot. Mary m’a dit qu’il y avait d’autres voyageurs dans le coin et on devrait peut-être essayer de les trouver pour glaner des informations plus concrètes que celle qu’on a à l’heure actuelle.

Elle tira la lettre de sa poche pour la tendre au paranoïaque avant de tourner les talons pour empaqueter son petit déjeuner à peine touché. Ce qui ne serait pas mangé aujourd’hui le serait demain, on ne pouvait se permettre de gâcher à Dreamland. La surdouée ne se réintéressa aux autres que lorsqu’elle eut fini de tout enfouir dans sa hotte, après quoi elle réajusta sa couronne de Méduse en les fixant avec un sérieux désarmant.

- Vous êtes décidés à partir ? James voudrait qu’on aille trouver la « folle qui épingle les ombres- à son retour des toilettes bien sûr- mais je suis pas très motivée. Ça me rappelle une histoire que racontait un voyageur quand j’étais esclave, une femme givrée dans tous les sens du terme qui l’aurait punaisé au mur à l’air d’un pic de glace. Comme un papillon. S’il s’agit de la même personne je n’ai pas trop envie d’expérimenter ça moi-même.

Les rumeurs concernant Gabriel n’étaient plus très fraiches mais elle se souvenait grossièrement de l’histoire. Si c’était bien cette « Hildegarde » qui trainait dans le coin, elle avait totalement perdu la raison depuis belle lurette et représentait donc un danger plus que réel. Pour quelle raison l’avait-elle blessé déjà ? Parce qu’il n’avait pas voulu jouer aux cartes ou une bêtise du genre. Devant de telles réactions, impossible de savoir quelles précautions prendre. Peut-être même que cette femme serait capable de les attaquer par pur plaisir. Il n’y avait plus qu’à espérer que James soit le seul à avoir une curiosité débordante.

- Rassurez-moi, c’est le seul suicidaire du groupe ?

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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 2 Aoû - 15:37

Selene souleva un sourcil, ne sachant comment réagir au rappel que Sydney avait fait de la présence de Jake. Bien évidement qu’elle savait qu’il était là, ils étaient ensembles depuis la veille et avait passé la nuit dans la même pièce ; elle n’allait quand même pas lui dire bonjour à chaque fois qu’elle ne croisait ? L’adolescente s’apprêtait à gentiment le faire remarquer, mais le pirate embraya immédiatement en confiant qu’ils étaient justement en train de parler d’elle. Un frisson la traversa, réaction normale face aux appréhensions que pouvaient susciter cet aveu : que disaient-ils sur elle ? A quel sujet ? Se pourrait-il que…

Le flash de Liam traversa son esprit. Elle ne se souvenait pas de l’épisode de la tour, mais toutes les autres sévices qu’il lui avait faites subir étaient présentes, aussi clairs que si elles avaient été gravées la veille sur sa peau blanche. Sans mot dire, la galloise s’assit alors pour recevoir le flot de questions du paranoïaque. C’était juste ça qu’il voulait savoir ? Ce dont il discutait avec Jake ? Pourtant, elle avait raconté à ce dernier ce qui lui était arrivé… ou bien était-ce uniquement à James, elle ne savait plus.

- Je… je n’ai pas été absente si longtemps, commença-t-elle timidement sans oser croiser le regard du pirate, j’ai travaillé avec Dakota et James pendant deux ou trois jours… mais hier, j’ai eu un petit problème pendant ma pause… j’ai été… euh… transformée en écureuil à cause d’un gosse…

Un peu honteuse, l’adolescente resta la tête enfouit dans ses épaules, rouge tomate, tout en bafouillant qu’elle est retombée sur ses comparses par hasard, lorsque sa transformation forcée avait pris fin. Elle avait l’impression d’attendre que son professeur lui donne enfin sa mauvaise note à haute voix, comme si Sydney voulait simplement jauger ses qualités en termes de débrouillardises, mais Dakota vint interrompre la sentence avec son amabilité habituelle. Lorsqu’elle demanda si James était le seul suicidaire de leur groupe, Selene ouvrit la bouche, mais laissa passer deux secondes avant d’oser émettre le son de sa voix :

- Je… enfin… je suis pas suicidaire, venant d’elle, ces mots sonnaient presque avec ironie, mais elle ignora la voix perfide qui lui soufflait qu’elle avait déjà attenté à sa vie plusieurs fois, mais… si cette personne arrive à épingler les ombres bah… elle écarte déjà une partie de nos problèmes… jusqu’à ce qu’on trouve comment les attraper nous même ! ajouta-t-elle sans trop y croire.

Certes, Hildegarde restait extrêmement dangereuse si elle pouvait reproduire sur les êtres en chaire et en ose ce qu’elle faisait subir aux ombres, mais s’il y avait moyen de conclure un accord d’aide mutuelle avec elle, il n’aurait au moins plus à chercher comment attraper leurs cibles immatérielles. Savoir reconnaitre les leurs et trouver comment les raccrocher était déjà en soit des soucis considérables.

Un détail peu intéressant s’imposa alors, lui offrant du même coup une opportunité de fuir le trio : sa vessie était pleine. Entre les regards insistants de Sydney, la pression de la mort sur ses épaules, et la simple présence de Dakota, son toc la démangeait presque irrésistiblement.

- Je… je vais aussi passer aux toilettes avant de partir, glissa rapidement la rouquine avant de s’éloigner dans la même direction que James précédemment.
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James Brooks

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Maladie mentale : Trouble dissociatif de la personnalité

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 7 Aoû - 16:16

L'idée de rencontrer cette dame ne semblait pas enchanter Dakota. Pourtant il paraissait évident pour James que interroger une personne qui apparemment était dans ce monde depuis pas mal de temps, vue qu'elle maitrisait l'attaque de piques de glaces à la perfection dixit la lettre, était quelque chose à ne pas laisser filer. Et puis cette "folle" semblait assez lucide pour savoir qu'elle avait besoin de son ombre pour survivre. La blondinette décida d'aller rejoindre le trio, formé par Sélène, Jake et Sydney. Ces derniers discutaient à voix basses, ce qui était rudement louches...en sachant que le pirate en avait que pour ses fesses et devaient toujours pas avoir confiance en eux.
Pourtant il semblait à James que l'épisode du banc n'était pas si lointain...mais Sydney devait avoir la mémoire courte. C'est fou ce que les humains peuvent oublier vite ce qui les arrangent. L'adolescent qui s'était assis à côté de Dakota lui glissa qu'il partait au toilette. Une envie pressante soudaine.

Il se leva donc et alla là où il avait dit qu'il allait. C'était des toilettes mixtes alors évidemment il devait aller dans une cabine. James entra dans une qui était ouverte et referma la porte à clé derrière lui au cas où. Il avait nullement envie que quelqu'un par inadvertance le voit en train de faire pipi, même si la personne en question ne verrait que son dos.
Une fois soulagé, la chasse d'eau tiré et rhabillé, James se retourna pour ouvrir la porte sauf...qu'il n'y arrivait pas. Comme un gros galérien il tourna la poignée dans tous les sens, mais celle ci semblait bel et bien bloqué.

- Fais chier...

Il tambourina en criant à l'aide que quelqu'un vienne le sortir de là mais personne ne semblait avoir l'ouïe assez fine pour entendre son appel. C'est dans ces moments là qu'il aurait bien eu besoin que Jules le téléporte...Il vivait actuellement un grand moment de solitude car...se retrouver bloqué dans des toilettes c'était un peu la honte.

- Et je fais quoi moi maintenant ?

Il avait aucune notion de serrurerie et lancer un regard noir à cette maudite porte ne changerait sans doute rien à la chose. James soupira et leva les yeux aux plafonds et se traita mentalement de con en voyant que la cabine n’éteignait pas le plafond. Il pouvait donc aisément passer par dessus. L'adolescent ferma la cuvette, comme ça si il glissait avec sa malchance son pied ne tomberait pas dans le trou.
Il grimpa sur les toilettes et se mit face à la porte. James inspira un bon coup et sauta, ses mains s'accrochant en haut de la porte. Il souffla et arqua ses muscles pour soulever son corps à l'aide de ses bras, passa une jambe puis l'autre, se retrouvant "assis ".

- Mince...je l'ai pas fait à l'envers...

James n'avait donc plus comme choix que de sauter et c'est ce qu'il fit. L’atterrissage sur ses pieds lui fait faire une grimace de douleur mais ce n'était rien de grave. Le plus inquiétant fut le soudain étourdissement qui le prit et il dût se raccrocher au lavabo pour ne pas s'écrouler par terre comme une larve. Si rien qu'une petite action comme ça le tuait alors il était temps de trouver son ombre...Sélène et Dakota ne devait pas être en meilleur forme aussi...

Quelques minutes passèrent et il se dit que Dakota s'inquiéterait de sa trop longue absence. Il se passa rapidement de l'eau sur le visage. James croisa Sélène en sortant et lui esquissa un petit sourire en lui disant de faire attention car les portes étaient difficiles à ouvrir.
L'adolescent rejoignit donc le groupe qui discutait ainsi que sa chaise. Il se sentait fatigué alors que la journée venait de commencer, mais son teint pâle en disait long sur sa santé.

- Bon...alors on fait quoi...? On va voir l'épingleuse...? Ca semble être celle qui a le plus de chance de nous fournir des informations...
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Jake Anderson

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Maladie mentale : Thermoréactif

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 16 Aoû - 0:11

Le monde parfait de Jake se résumait à peu de choses finalement, mais ces petites choses étaient plutôt difficiles à satisfaire, enfin surtout une. Premier point, que tout le monde trouve l'amour qui lui correspondait et que personne ne meure plus jamais seul sans aucun entourage. Ceci relevait totalement du rêve, et la pensée encore très naïve de Jake quand il avait décidé cela demeurait plus ou moins intacte. Il réalisait que ça allait être très dur de réaliser cette première nécessité, enfin plutôt impossible. Mais le deuxième point était vraiment un cran au dessus niveau impossibilité. En effet son esprit qui était en recherche d'idéaux parfaits et tout mignons lui donnait ce deuxième point: que tout le monde s'entende bien et que les conflits disparaissent.

C'est pour ça que ce qui se passait sous ses yeux et dans son cerveau lui posait un tel problème. Les diverses personnages regroupés dans cette même pièce ne collaient pas ensemble, en tout cas pour l'instant c'était un gros foutoir que Jake ne supportait pas du tout. Mais son esprit qui était assez versatile mais surtout idéalisé acceptait et les pensées de Sydney, et celles des autres. Mais ce qu'on lui demandait clairement c'était de faire un choix, et Jake n'aimait pas avoir des propositions trop restrictives, et là c'était le cas. Il prit sur lui en l'attente d'un possible calmement, et en attendant, il passa la main dans se cheveux presque rasés des bords.

Il se massa calmement les tempes, et essaya de se calmer et d'oublier un peu ce qui l'entourait, du moins pendant que Sydney faisait la conversation à la rouquine. Mais ce fut lorsque Dakota arriva pour que tout le monde s'affaire et fasse une décision plus ou moins folle, en tout cas LA plus folle depuis le début de son voyage vers les rêves. En plus avec James qui ressortait des toilettes avec une tête de trois pieds de long, et des signes évidents de fatigue. Jake eut à ce moment une pensée compatissante à son égard, et se dit qu'il ne méritait pas la haine du thermoréactif.

Mais ce dernier, comme le disait si bien Dakota était plutôt suicidaire en vu de la fameuse situation de l'épingleuse... Mais avaient-ils une autre solution? Jake passa une dernière fois la main dans ses cheveux et se redressa sur sa chaise, et s'éclaircit la voix pour parler.

-Mais la question serait plutôt: Avons nous un autre choix pour vous sortir de ce cauchemar?

Pour une fois, Jake pensait qu'il avait raison, et il fallait dire que cette vérité sonnait plutôt faux, comme si quelque chose clochait, et qu'il y avait quelque chose qu'on ne nous disait pas, mais quoi, aucune idée...
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Sydney Miles

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Maladie mentale : Paranoïaque

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 8 Sep - 20:28

Transformée en écureuil à cause d’un gosse ? Bien que ce genre de mésaventure soit totalement possible à Gloutoniskaïa, l’hypothèse selon laquelle Selene se payait franchement sa tête était fermement ancrée dans l’esprit du pirate, presque acceptée à priori. Il plissait les yeux alors que le regard de la jeune fille se perdait vers ses chaussures. Elle imitait vraiment bien la gamine déboussolée, mais il devait y avoir un truc, un détail incohérent.

Les investigations devraient attendre car la méduse miniature refit son apparition avec un timing presque effrayant : elle n’avait pas pu choisir moment plus frustrant pour le pirate. C’était une manière de lui faire payer pour la nuit dernière ? Il saurait s’en souvenir. Force est de constater que le ‘pacte’ n’empêchait en rien les coups-bas, mais il avait quelques jokers dans sa manche, lui aussi.
Tout ce qu’il voulait, c’était que Selene touche le ‘casier judiciaire’, mais moins il y aurait de témoins, mieux ce serait. James n’avait de toute façon aucune raison d’être mis au courant, quant à Dakota.. eh bien le simple fait d’être lui conférait auprès du pirate une aura de non-confiance…

La seule raison pour laquelle le corsaire continuait de suivra la gamine, c’était le fait qu’elle possède puissance et informations. Une fois qu’il l’aurait dépassé ou qu’il en saurait suffisamment sur ce monde pour survivre seul, il n’aurait plus besoin de personne. Comme il attendait ce jour..
Le traitement de faveur dont il bénéficia alors que la gamine lui tendait la lettre lui fit hausser un sourcil suspicieux. Il s’empara tout de même du bout de papier, mais non sans se poser quelques questions quant à la gratuité de l’acte en question. Parcourant le message, Sydney buta sur quelques détails dérangeants comme l’évocation d’une folle dingue nudiste et.. une promesse. Quel genre de promesse ? Tout ça était louche… Le capitaine se promettait de garder en mémoire cet indice en vue de la résolution du puzzle ‘Dakota’ – pour plus tard, évidemment. Il était loin de posséder toutes les informations.

Tendant la lettre à Jake – à défaut d’avoir quelqu’un d’autre de confiance avec qui partager cette note – le pirate se retint de se cogner la tête contre la table après avoir entendu ce qu’il venait d’entendre.
- Sérieusement… il est aussi stupide que ça ? Ca pue le piège, moussaillons… pas besoin d’être un génie pour le comprendre : c’est parfaitement logique ! Dakota.. je t’ai dit que je t’aiderai à chercher ton ombre, mais je refuse d’aller voir cette malade ! Si vous décidez d’y aller, ce sera sans moi ! *Autant rester bien au chaud ici !*
La phobophobe avait raison, c’était du suicide. Rumeur ou pas, un pouvoir basé sur le froid ne pouvait qu’être amplifié par le climat polaire des Terres Gelées. Et puis ça ressemblait vraiment à un appât ; pourquoi cette femme irait-elle empaler des ombres sinon pour attirer les voyageurs malades jusqu’à elle ? La folie ne pouvait pas justifier ça, c’était trop facile…

Après l’idée géniale de James, ce fut au tour de Selene de se ridiculiser ; une preuve de plus que c’était bien elle ou que l’espion était un maître de l’imitation. D’une pierre deux coups, ce pirate s’éloignait sciemment pour que Syd’ ne puisse pas récolter ses informations. L’appréhension de retrouver James éviscéré dans les toilettes était présente, bien sûr, mais Sydney ne pouvait pas en parler ouvertement. De toute façon, ce n’était pas son problème…
- Oui, ben voyons… Elle va vous agrafer l’ombre au pied, et tout sera réglé ! Le pied empalé par un glaçon, c’est très tendance, à ce qu’il parait !
… Sérieusement, dites-moi que vous n’y pensez pas vraiment !?


Le retour de l’ami bisounours tira au corsaire un long soupir désespéré. Jamais deux sans trois, disait-on.. mais il avait sérieusement l’impression de se répéter, comme si personne ne l’écoutait – ce qui était peut-être le cas.. Il serait victime d’une censure sans le savoir ? Dans quel but ?
- Dites… vous le faites exprès, ou quoi ? Y en a encore beaucoup, dans le genre, ou vous allez enfin TOUS comprendre que c’est une idée parfaitement stupide ?
C’est comme… un gamin qui veut des bonbons – vous avez tous entendu parler des camionnettes avec des monsieurs bizarres qui donnent des bonbons, hm ? Eh ben voilà : là vous agissez comme ce genre de gamins qui se fait violer à force de ne rien comprendre à la vie !


Il souffla et finit son caoua matinal d’une traite. Lentement, il reposa sa tasse sur le plateau, imprimant quelques cercles de-ci de-là à l’encre couleur café.
- hm… Je crois que je m’énerve un peu. C’est votre faute, aussi : on dirait vraiment que vous le faites exprès ! Ca ne vous est jamais venu à l’esprit que si nous disposons de ces informations, c’est uniquement parce qu’ « ils » le veulent bien ?
Non, évidemment.. vous êtes tous si prévisibles, c’est pour ça que vous vous faites tout le temps avoir. Et pour répondre à ta question, Jake : qui dit que la seule façon d’attraper une ombre est de l’épingler ? Et puis quand bien même, on peut faire ça soit même ; on sera même pas redevable à cette tarée, en plus. Tout bénef ! Y’arr.


Inutile d’ajouter qu’à travers cet argument, Sydney lançait un « qui m’aime me suive ». Mais c’était pour la bonne cause – parce qu’on dira ce qu’on voudra, mais Syd’ est un chic type… les gens ne le savent pas, c’est tout. Il ne pouvait pas prendre le risque de laisser Dakota les mener à leur perte en acceptant l’idée de son nouveau petit ami. L’amour, quelle chose stupide… En tout cas, si elle les forçait à aller voir cette épingleuse, ça serait la preuve irréfutable qu’il y avait baleine sous gravillon entre elle et Mr. Bisounours !
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Dakota Earnshow

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Maladie mentale : Phobophobie

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 10 Sep - 15:59

Ils étaient fous. Désaxés, dérangés, malades, tarés… utilisez le mot que vous voulez mais le fait est qu’ils n’étaient définitivement pas nets et leur simple persistance à vouloir courir derrière une possible sociopathe adepte des fléchettes givrées sur cible humaine suffisait à la prouver. La seule personne sensée du groupe, Dakota mise à part, était Sydney le pirate parano ce qui n’était pas pour rassurer la gamine quant à la pérennité du groupe dans leur dangereuse entreprise. Plus ses compagnons parlaient plus les traits blêmes de l’enfant se figeait en un masque d’impassibilité légèrement affligée, alors que son cerveau intégrait en parallèle l’augmentation fulgurante de leurs chances de mourir avec une telle bande de suicidaires déclarés.

Les interventions de Syd’ semblaient tomber dans l’oreille d’un sourd mais Dak’, elle, écoutait. Derrière son expression glacée se dressait le simple calcul de la majorité qui se révélait être du côté des fous. Deux contre trois, le pirate et elle l’avaient dans l’os. Sauf si…

- Bon, nous avons deux avis diamétralement opposés sur la question et cinq paires de bras. On n’a pas besoin de rester tous ensemble non ? Alors au lieu de s’étendre en débats stériles pendant des heures on pourrait simplement décider de diviser le groupe en deux pour quelques heures. Ceux qui veulent voir la foldingue iront – à leurs risques et périls- et ceux qui ne veulent pas chercheront des renseignements ailleurs.

Ca ne l’enchantait pas de déduire de sa proposition une nouvelle séparation, même temporaire, avec James ni de devoir encore rester avec ce rouquin si fatiguant pour les nerfs mais c’était une décision qui allait au-delà de la notion de patience. C’était la survie qui importait, et hors de question de risquer sa vie bêtement en finissant embrochée sur un pic de glace pour avoir fait preuve d’une témérité affligeante. La phobophobe croisa les bras pour affirmer sa position avant de reprendre de son habituel ton monocorde :

- Pour ma part j’aimerai voir un peu les différents types de perturbations sur la ville. Si elles sont vraiment associées aux ombres qui trainent dans le coin il y a de forte chance de trouver la nôtre à côté de dérèglements en lien avec nos problèmes psychologiques, elle tourna ses pupilles glacées vers Syd’ pour ajouter, Le programme te va ? De toute façon il va bien falloir qu’on cherche à déterminer celle qui nous est propre avant de penser à les capturer avec un filet à papillon.

Selene s’était déjà éclipsée aux cabinets mais son avis importait si peu aux yeux de la surdouée qu’elle n’était même pas décidée à user de sa salive pour répéter ses dires au retour de la rouquine. James ou Jake se dévoueraient sûrement, tous les deux trop gentils pour abandonner quelqu’un derrière eux. La générosité, une « qualité » qui tenait plutôt de la tare si vous voulez son avis, et si elle la tolérait chez son meilleur ami c’était usant de penser qu’elle devrait éternellement faire avec les états d’âme de plusieurs bisounours. La vie était si simple quand ils ne voyageaient qu’à deux…

Sans chercher à plus s’étendre sur le sujet elle faussa bientôt compagnie au groupe pour monter récupérer ses affaires qu’elle rangea avec un soin maniaque dans sa hotte avant de redescendre les escaliers, prête à partir. Son corps tremblait légèrement malgré la chaleur du rez-de-chaussée, signe de la fatigue qui plombait désormais ses membres en permanence. Cette maladie qui la rongeait comme une armée de vers aurait bientôt raison de sa faible constitution. Si un homme fort et en bonne santé à l’origine pouvait tenir trois semaines, pour son propre cas ça tenait du domaine de l’utopie pure et simple. Le temps était compté et la gamine pouvait presque entendre dans un coin de son crâne le tic-tac hypnotisant du compte à rebours ou pire encore : le chuintement du sable glissant inexorablement dans les tréfonds du sablier de sa vie.

La peur de mourir, celle de souffrir aussi… elles faisaient leur petit bonhomme de chemin vers son cœur de glace pour le fissurer comme un miroir. Ce sentiment perfide qu’elle craignait plus que tout amplifiait son malaise si bien que son esprit se déconnectait peu à peu de la réalité. Le cliquetis des couverts, la voix des clients, les bruits de pas sur le sol… tout semblait tellement loin que Dakota avait l’impression de se mouvoir dans une chimère. « C’est bien le cas » rétorqua alors son esprit décidément bien terre-à-terre et elle chassa cette voix d’un geste agacé de la main comme s’il s’était agi d’une mouche.

Se reprendre, se concentrer et agir. C’est tout ce qu’elle avait à faire. Ce n’était pas en restant cloitrée comme elle l’avait fait toute sa vie qu’elle résoudrait son problème. On ne pouvait pas fuir infiniment et elle le découvrait avec une violence inouïe mais c’était peut-être l’impulsion dont elle avait besoin pour lever la tête et prendre son courage à deux mains. En espérant que ce soit suffisant.

- Bon, vous êtes prêts ? grommela-t-elle en prenant appui au dossier d’une chaise, Qui fait quoi finalement ? Il va falloir se décider rapidement dans tous les cas, on ne peut pas vraiment dire qu’on a toute la vie devant nous pour résoudre ce « léger désagrément ».


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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 12 Sep - 10:42

La cabine des toilettes. Havre d’isolement qui la tenait protégée des assauts de l’extérieur. L’adolescente avait machinalement pris soin de placer des bandes de papiers sur la cuvette et s’était assise dessus sans trop y penser. Soulager sa vessie n’était qu’un prétexte ; elle voulait simplement se retrouver seule, penser seule, déprimer seule. Son humeur replongeait vers les affres sombres qui la guettaient continuellement, aspirée par les voix mesquines qui lui murmuraient qu’elle allait mourir bientôt. Elle avait 15 ans, et elle allait mourir. Comme ça, parce qu’elle a perdu son ombre. Parce qu’elle a eut le malheur d’être marquée à vie par une enfance de douleur, et qu’elle avait essayé de se guérir. Parfois, malgré les principes catholiques de sa tante auxquelles elle tentait d’adhérer – du moins, elle la suivait toujours à la messe sans rechigner – Selene se demandait sincèrement si Dieu existait. Si c’était le cas, pourquoi vivait-elle de telles choses ?

- S’il vous plait, dit-elle dans un filet de voix inaudible pour quelqu’un d’autre qu’elle-même, ne me laissez pas mourir…

C’était paradoxale, parce qu’elle avait déjà souhaité partir. Mais en réalité, la pression morbide de la fin ranimait les flammèches de la volonté de survie. C’était animal, instinctif, mais plus fort que tout. La galloise s’était relevée dans y penser, tirait la chasse et quitta la cabine pour se laver les mains. Dans le miroir, son visage lui criait combien ces épreuves l’éprouvaient. Elle était trop pâle, ses yeux ternes cernés, sa lèvre inférieure partagée par une ligne rouge sang, ses cheveux roux manquant de soin.

Une femme entra dans les toilettes, rondouillarde, l’air bovin. La toquée s’empressa de sécher ses mains pour quitter les lieux et rejoindre ses comparses, que James avait déjà retrouvés. Dakota demandait « qui faisait quoi », la rouquine déduit donc que l’idée de retrouver une malade épinglant des ombres n’avait pas fait l’unanimité. Toutefois, changer d’avis dans l’instant serait comme clamer que son opinion n’était pas réfléchie. Et puis… et puis pourquoi pas ? Dans tous les cas, ils partaient de rien.

- Je veux bien essayer de retrouver la… euh… la « folle », se hasarda Selene, ignorant l’aspect comique du fait qu’elle pointe du doigt la santé mentale d’autrui.

Un instant, elle leva son regard noisette vers Dakota, pour lui montrer qu’elle était certaine de ce qu’elle choisissait, puis elle partit récupérer ses affaires à la table qu’elle occupait avant de migrer vers Sydney et Jake. En vérité, elle ne savait pas vraiment par quel bout prendre le problème. Devraient-ils d’abord savoir attraper les ombres ? Savoir les reconnaitre ? Savoir se les réapproprier ? Tant de mystères que Peter Pan n’avait sans doute jamais eu à résoudre ; mais était-ce totalement stupide de penser qu’un être comme lui puisse exister à Dreamland ? Selene se promit d’en parler à James, si jamais ils se retrouvaient seuls. Lui au moins, il ne lui renverrait pas au nez un regard méprisant dénué de tout effort de compréhension.

De retour avec les autres, il semblait que les avis étaient allés de bon train. La galloise n’avait pas suivi du coup, mais elle espérait bien qu’elle n’ait pas été laissée seule à sa mission potentiellement dangereuse. Dans ce cas, elle ne savait pas si elle devait se ranger du coté de la majorité pour plus de sureté, ou bien accepter sa situation pour montrer qu’elle savait très bien lacer ses chaussures toute seule.
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James Brooks

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 12 Sep - 18:57

James était loin d'être suicidaire, c'est juste qu'il n'avait que ce que disait cette lettre sous la main et par conséquent cette folle dont parlait Bloody Mary. L'idée d'aller voir cette dernière l'effrayait car le risque qu'elle les prennent pour des ombres étaient possibles. Après tout si elle était folle...Pour son plus grand plaisir Jake l'avait soutenu mais évidemment ce fut loin d'être le cas du pirate qui de toute manière n'était qu'un sans coeur et un lâche qui préférait se cacher sous la table.
Et à vrai dire plus Sydney parlait plus James, qui pourtant était contre la violence, avait envie de le frapper. Il se prenait pour Jimminy Criquet à leur parler comme si ils ne connaissaient rien de la vie. L'histoire des bonbons ne fit qu'augmenter sa haine qui était né dans la mairie quand le pirate avait opter pour l'indifférence totale de leur mort à venir.

L'adolescent se demandait comment Dakota avait pu supporter de rester avec un type pareil ses dernières heures...ça ferait longtemps que James aurait déménagé ou bien l'aurait étripé. Quoique non, il n'en aurait pas été capable...c'était pas dans ses capacités de tuer quelqu'un. Bref...apparemment il y avait un groupe qui se chargerait de la folle et l'autre de continuer à récolter des informations diverses et variés. James n'avait pas envie de se séparer de sa meilleure amie qu'il avait déjà eu du mal à rejoindre. Mais en même temps se retrouver à côtoyer l'énergumène qui lui tapait sur le système...Si il suivait la blondinette ce n'était pas pour autant que son idée de retrouver la folle était ridicule. le fait d'ailleurs que Sélène s'entête à suivre cette voie lui fit énormément plaisir.

James se retrouvait donc devant un gros dilemme. Écouter son coeur ou son cerveau en gros. Enfin c'était surtout l'envie de fermer sa bouche à Sydney qui préoccupait son esprit. Il en avait assez que ce dernier se prenne pour le grand chef et les considèrent comme des grands naïfs. L'adolescent se redressa d'un coup de sa chaise et se pencha vers le pirate, ses mains tremblantes à cause de la fatigue posées sur la table en guise d’appui.

- Ecoute moi bien sale pirate de mes deux, que tu t'en foutes qu'on meurt passe encore mais que tu nous insultes gratuitement, ça j'avale pas ! Je suis bien conscient d'être pas le plus intelligent du groupe mais de là à croire que je peux faire confiance à n'importe qui tu te mets le doigt dans le cul ! Tu penses que c'est une folie de voir l'épingleuse, soit c'est ton choix, ou plutôt ton manque de couilles qui parle pour toi ! Dakota a plus raisonné que toi pour oublier l'idée d'aller voir cette femme...Vous pensez que moi, peut être Jake, et Sélène on est suicidaire mais c'est rien de tout ça on essaye juste de trouver une solution rapidement en prenant des risques...Mais ça les risque tu connais pas Sydney parce que t'es qu'un sale lâche qui se cache sous les jupes d'une fille de 13 ans !

Il se tut et reprit place sur sa chaine. Ce n'était aucunement Jules qui venait de parler, James avait été pleinement conscient de ses paroles. Il était rare qu'il s'énerve mais comme tout être humain il y avait des limites à la patience et Sydney venait de la dépasser. Parler autant d'un seul coup l'avait d'ailleurs encore plus épuisé et l'idée d'aller s'allonger pour faire une sieste lui était passé par la tête. Mais après le pirate dirait qu'il était un tire au flan.

- Je vais suivre Sélène, désolé Dakota c'est pas contre toi mais c'est pas possible que je côtoie ce type plus de deux minutes sans lui en mettre une tellement il m'exaspère...

Il tourna alors son regard vers Jake en attendant de savoir quel était son choix à lui. Trouver la folle ou bien chercher des réponses.
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 16 Sep - 19:07

La lettre que lui tendait Sydney le rendit plutôt perplexe, car elle était remplie de petits détail qui lui échappait, surtout la promesse, et aussi en ce qui concernait cette Mary. Qui était-elle? Ce nom lui rappelait quelque chose, mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus, pourtant il sentait qu'il était proche de le savoir, mais en tout cas aucun de ses amis de Dreamland ne lui avait parlé de cette Mary, et aucune n'avait semblé être perturbé par ce nom mystérieux. En tout cas Jake réserva sa parole pour plus tard en se mettant une note dans le cerveau, parce qu'à chaque fois qu'il prononçait ne serait-ce qu'un mot, il faisait soit un bide, soit un flot incompréhensible de paroles.

Il redonna ainsi la lettre à Dakota avec un petit sourire amical. Il n'avait pas envie d'être méchant avec les gens, il était déjà assez perturbé comme ça pour qu'un pression supplémentaire s'abatte sur lui. D'ailleurs, preuve qu'il faisait bien de rester seul dans son coin, un conflit commença avec Sydney qui exprima son point de vue, et comme d'habitude, il n'y allait pas par quatre chemins. En gros il était totalement contre l'idée d'aller voir cette folle, et Jake approuvait totalement. Dakota constata ça avec un détachement qui faisait preuve d'une maturité exceptionnelle et qui étonnait le thermoréactif. Sydney pesta aussi contre James et Selene, ce qui fut assez violent entre nous.

Mais cela ne gêna pas Jake, dans le sens où il ne se sentait pas trop concerné par ce qu'il disait. Il en avait marre d'exprimer sa position sur telle ou telle chose, et il était fatigué de toujours avoir à argumenter sur quelque chose qui ne lui tenait pas à coeur. Ainsi, pendant que Dakota montait les escaliers, une dispute assez violente en terme de décibels et de dureté de ton éclata entre James et Sydney, enfin c'était surtout James qui s’excitait à mort. Ce qui choqua particulièrement le jeune apprenti moussaillon c'était qu'à aucun moment James ne devint Jules, comme si l'alter ego avait détint sur le pauvre adolescent, qui ne semblait plus si pauvre que ça maintenant.

Mais ce que Jake ne supporta pas c'est le fait que James se permit de parler à la place du thermoréactif, en disant quelque chose de totalement absurde. Mais aussi, le fait qu'il insulte autant Sydney, cela le mit hors de lui. Il fallait assumer son comportement et ses idées, et James ne reconnaissait pas ses tords. À la limite même Sydney qui avait un point de vue plutôt bien calé, au moins lui pouvait être réaliste. Cette dispute qui ne servait à rien dégageait tellement de colère, que celle-ci ce fut aspirée et de Sydney et de James pour former une boule de braises ardentes dans sa main droite. Ainsi, la colère des deux protagonistes était calmée, en tout cas pour me le moment.

Il garda ainsi cette boule ardente dans sa main, refroidissant peu à peu, mais assez de temps pour éviter un trop gros conflit. Il profita de ce moment pour exprimer son point de vue.

-Vous ne m'avez pas trop compris, j'ai pas du tout envie d'aller voir cette folle, et je pense que cette dispute ne mènera à rien. Si ça ne vous gène pas, je vais plutôt aller avec vous Dakota et Sydney, je pourrais ainsi mieux te connaître fit-il en regardant gentiment l'adolescente avancée pour son temps.

Ainsi il avait exprimé son opinion pendant que tout le monde était à peu près calme, enfin encore assez calme, car l'échange thermique entre la boule de braises et la pièce commençait à se produire, des petites particules de colère retournant peu à peu à leurs possesseurs. Il restait encore environ cinq petites minutes avant que ces sentiments ne reprennent leur place d'origine, juste le temps qu'il fallait aux deux groupe pour se séparer. Le temps court, mais c'est à nous de s'ajuster à lui.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 25 Sep - 16:15

Comme toujours quand une bande d’idiot décide pour la majorité, l’élite doit s’exclure. Mais l’idée de faire à nouveau équipe avec la méduse miniature était loin, très loin d’enchanter le pirate parano’. Il voyait déjà le massacre verbal que ce serait si on les laissait plus de deux minutes dans ce paysage monochrome infernal.
D’un autre côté, ce n’était peut-être pas plus mal. Il avait promis d’aider Dakota, mais n’avais rien promis pour les autres ! Le ‘contrat’ le liait à la gamine et à personne d’autre. De toute façon, la seule personne pour qui il daignait s’intéresser un tant soit peu n’avait pas perdu son ombre… donc tout allait bien, en somme.

Il acquiesça donc distraitement à la proposition de scinder à nouveau l’équipe. Et vu que – Noël oblige – on lui demandait son avis, il ne se gêna pas pour répondre.
- On va où tu veux du moment que c’est pas du suicide, moussaillon. Je t’aide à retrouver ton ombre mais pour la suite, comptez pas sur moi pour jouer la nounou.
Selene et James se retrouvaient donc tous seuls pour le sacro-saint ‘Bien Commun’. Les deux menaces du groupe étaient écartées – ou du moins éloignées du corsaire, c’était tout ce qu’il demandait.

Manque de pot, car rien ne peut se passer sans accros dans ce groupe de fous, le James national ramena sa poire. En même temps, c’est toujours la même chose quand on dit à un idiot qu’il l’est… il ne vous croit jamais et vous insulte en retour. Il pourrait au moins se montrer reconnaissant…
La colère grandissait au point de brûler les poumons du capitaine au bandana mais il se faisait violence pour ne rien laisser paraitre et laisser James finir. Oui, le laisser finir pour mieux démolir son argument déjà bancal.
Au moment de riposter, pourtant, le paranoïaque sentait sa colère diminuer. Lentement mais surement. N’ayant pas remarqué que Jake utilisait son pouvoir, Sydney se félicita donc pour son self-contrôle incroyable. Un contre-argument avait toujours plus de poids quand on le sortait avec impassibilité. Quelque part, ça faisait un peu ‘Dakota’… Un peu. Comment ce type.. ce schizophrène avait pu tomber si bas dans l’estime du pirate..?
- James, James, James… Tu es conscient qu’en m’insultant tu ne fais que légitimer mes propos ? Moi, j’énonce un fait, tout simplement : vous ÊTES des gamins. Quel âge as-tu ? Et Selene ? Hm ?

La colère n’était plus présente, mais de toute façon, Sydney n’en avait pas besoin. La haine ne dépend même plus de la colère. La haine est froide, distante. Si ce n’était pas de la haine, alors c’était un profond mépris ; le mépris légitime d’un professionnel envers l’amateur qui ne comprend rien et qui le fait publiquement remarquer. Mais il y avait un dernier détail qu’il voulait régler : se laisser marcher sur les pieds était hors de question.
- Ah oui, et quant à mon ‘manque de couilles’, comme tu le dis si bien… C’est très probablement ce qui me permettra d’aller cracher sur ta tombe, pour faire simple. Tu me suis ? Bon. Moi je n’ai plus rien à faire avec vous, alors bon vent ! Sans un regard vers la personne qu'il appréciait auparavant, Sydney reporta son attention vers Jake qui souhaitait enfin dénouer sa langue.

L’intervention du thermoréactif fut la surprise la plus agréable de l’instant. Il voulait venir avec lui ? Pas de souci, et bien au contraire ! Laisser James et Selene en amoureux était au-delà des espérances du pirate : il n’avait même pas besoin d’utiliser son ‘casier judiciaire’ et si quelqu’un était blessé, ce ne serait pas une grande perte. Tout bénef’, comme ils disent !
- Aaah ! Enfin quelqu’un de sensé ! On se sent moins seul, d’un coup. Bienvenu à bord, matelot ! Y’arr !

Les détails semblaient définitivement réglés – pour Sydney du moins – et il répondit à Dakota en se levant et en ramassant ses affaires pour bien faire comprendre que la dimension sociale ne l’intéressait plus du tout. Il était prêt à partir, motivé pour finir cette tâche ingrate le plus tôt possible et enfin rentrer… Rentrer où, d’ailleurs..? Partir des Terres Gelées serait déjà une bonne chose de faite, peu importe la destination. L’improvisation ferait le reste, même si ça ne l’enchantait pas vraiment de remettre sa vie entre les mains d’une idiotie telle que le destin ou le hasard.

- On pourrait juste faire un détour vers un magasin de vêtements ? Vous êtes très chaleureux, je n’en doute pas… mais disons que si je devais compter sur vous, je serais déjà mort trois ou quatre fois.. vous comprenez, hm ?
Il lui restait un bon de réduction pour un manteau : pile ce qu’il lui fallait… à tel point que ça en devenait douteux.. mais bon. Tant qu’il ne dépendait plus de (la couverture de) Dakota, ça lui allait.
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 3 Oct - 14:35

L’atmosphère de colère née de la dispute entre Sydney et James n’avait pas encore disparu quand Dakota revint. Jusqu’alors elle avait toujours préféré se tenir éloignée de ce genre de conflit – mis à part les cas particuliers où la dispute influait son propre chemin et ses objectifs – et elle comptait bien s’y tenir une fois encore. L’adolescente avait beau partager l’avis du pirate sur la majeure partie des points abordés, à commencer par l’inconscience totale de Selene et James, le psychotique restait son meilleur mais surtout seul ami et le voir ainsi insulté n’était pour ainsi dire pas de son goût. Qu’aurait apporté sa voix dans le débat ? Des complications supplémentaires voilà tout. Elle aurait peut-être même réussi à baisser un peu plus dans l’estime sociale relative que les autres avaient pour elle alors autant se désintéresser de leurs querelles de bac-à-sable. Tant qu’on ne la forcerait pas à aller chercher la femme givrée dans tous les sens du terme tout irait très bien.

Il fut finalement décidé que Jake se joindrait à leur groupe et le signal de départ fut lancé, non sans que Dak’ reste d’abord bloquée devant la tentative d’approche du thermoréactif. Mieux la connaitre ? Pourquoi ? Comment ? C’était louche et à vrai dire elle ne tenait pas à ce que quiconque ne s’autorise une incursion dans son crâne quelles que soient les motivations. S’il voulait devenir son ami elle pouvait tout de suite l’informer de l’inutilité de sa démarche, mais ça aurait probablement été un discours trop brusque pour un être hypersensible. L'adolescente se retint donc de tout commentaire, se contentant d’afficher un air blasé.

La toquée et le psychotique partirent bientôt dans un sens, le reste dans l’autre avec comme point de rendez-vous la même auberge un peu plus tard dans la journée. La blondinette s’autorisa un léger sourire qui se voulait réconfortant à l’égard de son meilleur ami avant de lui glisser de sa voix monocorde :

- Je compte sur toi pour revenir indemne. A plus tard.

Etant donné la tenue plutôt légère de Syd’ un détour par un magasin de vêtements s’imposait. Les séances shopping ne l’avaient jamais intéressé en tant que pure représentation d’un gaspillage de temps, d’argent, ainsi qu’une démonstration de frivolité excessive, mais c’était une étape obligée si l’on ne souhaitait pas retrouver le rouquin au lit avec 40 degrés de fièvre le lendemain. Les pas précautionneux de la gamine s’arrêtèrent donc devant la première échoppe convenable, son pouce désignant la boutique.

- Un petit arrêt s’impose je suppose ? ses lèvres fines se plissèrent en une moue ennuyée alors qu’elle rajoutait un ton plus bas, Par contre j’attendrai dehors. Ces vendeurs ont toujours le don de vous sauter dessus pour vous forcer à acheter quelque chose. Je déteste me sentir harcelée.

Dakota se planta à droite de l’entrée, bras croisés et visage fermé à l’instar d’une statue de cire posée là en guise de décoration douteuse. De son emplacement elle avait une vue de choix sur la grande rue qui s’était animée à présent que le blizzard s’était calmé. Des enfants de tous âges envahissaient progressivement l’avenue pour la plonger dans un chaos que leurs parents couvaient du regard, l’air maternel. Bande d’inconscients… ne pensaient-ils pas aux passants ? Combien de chances de se retrouver dans la trajectoire d’une boule de neige ou de l’un de ces idiots qui courraient en riant sans même regarder où ils allaient ? Et combien de chances d’en avoir peur ? Pour pousser la paranoïa plus loin on pouvait imaginer que certains plaisantins auraient fourré des pierres dans leurs projectiles ou autre plan tordu qui naissaient dans leurs cervelles de voyous.

Dakota n’aimait pas noël, ça non. L’ambiance, les gens, le froid. Tout était source d’angoisses et de mauvais souvenirs. Sale époque.

Une bande de gamines coiffées de bonnets rouges s’approchait de son aura de mauvaise humeur sans même s’en rendre compte, leurs visages juvéniles fendus d’un large sourire qui découvrait leurs dentitions incomplètes. Aux vues des boites coincées sous leurs bras elles vendaient des biscuits de noël, autre façon d’extorquer leurs économies aux pauvres gens sous prétexte de respecter l’esprit d’une fête commerciale. Son regard glacé ne stoppa pas la chef de groupe qui s’adressa à elle de sa voix fluette, une boite de cookie tendue devant elle.

- Bonjour et joyeux noël ! Tu veux acheter une boite de cookies ? On les a fait nous-même et si on arrive à tout vendre on pourra partir en voyage scolaire à…

- Passionnant, mais non merci.

- Mais… ce n’est que dix rubz et, reprit la gosse sans se laisser démonter même si son sourire avait presque disparu à présent.

- « Que » dix rubz hm ? Que se passerait-il si je m’amusais à me laisser extorquer 10 rubz par tous les gens qui m’abordent les bras chargés de bonnes intentions ? Je vais te le dire moi : je serais morte de faim depuis longtemps. Maintenant allez racketter quelqu’un d’autre, vous serez bien aimables, ou alors vous avez besoin que je vous donne la définition du mot « non » ? Ça peut se faire, je suis toujours généreuse en définitions.

Les lèvres tremblantes et les yeux pleins de larmes les gamines tournèrent des talons pour aller hurler leur désespoir à tous les passants qui ne manquèrent pas de jeter à Dakota des regards désobligeants qui passèrent bien haut au-dessus de sa tête. Si on commençait à agir en fonction de l’opinion publique on n’avait jamais fini, et si la réputation avait un minimum d’importance pour elle dans le monde réel, ici seule la survie l’importait. Les cookies et les sourires d’enfants n’avaient pas plus de valeur qu’un peu de poussière dans l’univers.

Probablement moins encore, d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 6 Oct - 9:55

Comme une rose surgissant d'un nid d'épines, le fait que les paroles de Jake soient "acceptées", et qu'on ne lui dise pas de se la boucler pour une fois, c'était un soulagement certain. Ce pourvoir était bien plus qu'une arme, mais aussi un atout certain face à un ennemi, et même face à ses amis. Mais la joie que lui faisait cet échange sain réchauffait son petit coeur. De plus, la neige commençait à tomber tranquillement, assez pour que les manteaux des gens qui rentraient dans la pièce étaient recouverts d'une légère couche de neige toute blanche et légère.

La colère générale avait laissé place à un certain calme, et la boule de braises tendait à sa fin, pour finir par disparaître peu à peu. Dans la tête du thermoréactif, tout s'apaisait, et le mal de tête causé par les disputes entre la fratrie finit par s'estomper. Il retrouva ainsi l'esquisse d'un sourire, et repensa aux souvenirs heureux qu'il avait, même s'il en avait bien peu... Ses papas avaient ramené un ÉNORME sapin qu'ils avaient décoré comme jamais. Sa famille lui manquait, les câlins qu'il avait lorsqu'il était triste, mais cela le rassurait, de savoir que quelqu'un pensait à lui dans le monde réel...

Ainsi, lorsque le paranoïaque reçut la réponse du thermoréactif en faisant sa petite référence de pirate, Jake ne put s'empêcher de lui répondre par un Y'Arrr! si enjoué qu'il ne put résister à lui faire une accolade un fois dehors.

-Ça fait plaisir de te revoir capt'ain Syd!

Il avait peut-être exagéré sur le coup, mais ça lui faisait du bien de quitter l'atmosphère Sélénite et Jamesienne. Au moins, il n'aurait pas de "combat" intérieur pour choisir un clan ou un autre.

Il passa son regard sur la petite Dakota, l'examinant un peu et se posant des questions. L'esprit esthétique qui travaillait Jake lui disait qu'une tresse fine sur la droite lui irait tellement bien! Elle était si jolie que sa mine un peu renfrognée et désintéressée lui en mettait un coup. Qu'est-ce que ça ferait si on la voyait radieuse un jour? Et puis pourquoi et comment était-elle si mature à son âge? Même Jake réalisait qu'il l'était moins à 21 ans les trois quarts du temps, un peu beaucoup du à son esprit bisounours.

Ainsi ils se dirigèrent vers un magasin qui semblait parfaitement concorder avec la demande du pirate. Pendant que ce dernier faisait son achat, Jake s'adossa contre un mur, pas très loin de l'endroit où l'adolescente attendait, et la scène qui suivit fit prendre à la perception qu'avait le thermoréactif de la phobophobique une claque monumentale. C'était assez cruel, mais ça caractérisait un malaise, et comme toujours, ça vient de l'enfance, mais comment pouvait-on choquer quelqu'un à ce point? Jake avait conscience qu'il était aussi un cas, mais pas au point de perdre tout sentiment positif ...

Il alla s'approcher d'elle, un peu, suffisamment près pour que personne d'autre ne les entende.

-J'ai pas eu trop le temps de m'excuser pour avoir lu la lettre que t'avait envoyé à James, du coup je vais le faire maintenant. Désolé, j'aurais pas dû faire ça, c'est de ma faute. J'espère que tu m'en veux pas trop. J'ai pas envie qu'on se brouille, déjà qu'on se connait pas trop.

Il avait prit son courage à deux mains et s'était exprimé, et cette fois-ci son ton n'était pas faux, ou sonnait mal. Jake prit une respiration, espérant que la malédiction de "je comprends mal ce que t'as dit du coup je te fais la gueule jusqu'à ce que tu me serves" ne revienne pas.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Ven 12 Oct - 17:25

Après avoir acheté son manteau, Sydney se sentait un peu moins démotivé à l’idée de braver le froid des terres gelées. Le vêtement était d’une horrible et effroyable simplicité, ce qui rassurait le pirate, paradoxalement. Avec le bon de réduction, il ne lui avait coûté que 18 rubz. « que »… C’était déjà 18 rubz de trop, si on prenait en compte le fait que c’était un investissement qu’il n’aurait pas eu à faire si on lui avait foutu la paix comme il l’avait demandé. Mais non, évidemment non : il avait fallu qu’on le traine dans cette histoire. Alors s’il était de mauvaise foi, il ne faudrait pas s’étonner.

C’était avec regret qu’il avait quitté la chaleur agréable de l’auberge quelques minutes plus tôt, Dakota et Jake sur ses talons. A peine sorti, le pressentiment que cette journée allait être longue – trop longue – et chiante – trop chiante – lui sautait à la gorge comme un grizzli enragé. C’est donc l’air maussade qu’il s’était dirigé vers la première boutique de fripes venue en maugréant dans sa barbe : allez-y, pirates ! mangez mon fric sans vous gêner, mais n’imaginez pas que ça me fait plaisir..

Et si ça n’était que ça.. mais Jake aussi avait eu son mot à dire, ou plutôt un câlin *’manquait plus qu’ça, tiens…*. Cette lubie qu’avaient les gens de manifester leur amour, répandre leur joie et toutes ces autres âneries commençait à l’agacer, mais pour Jake, il était prêt à passer l’éponge. Pour cette fois seulement ! Pourtant, le fait que ce dernier lui réponde à la manière des pirates le toucha étrangement, même s’il ne le montra pas. C’est donc assez perplexe qu’il agrippa les bras de son ‘ami’ pour respecter à nouveau son espace vital, lâchant quelques mots étouffés par le vent qui soufflait : oui, bon.. hum.. moi aussi, je suis content.
Qu’on l’ait entendu ou non, ce n’était plus son problème, mais au moins il considérait qu’il ne devait plus rien. Preuve d’affection contre preuve d’affection ; c’est comme ça que ça marche, non ?

***

Cela faisait déjà quelques minutes que Sydney marchait dans une direction prise au hasard, à défaut d’avoir reçu des instructions – la faute à Dakota qui préférait papoter avec Jake tandis que rien ne se faisait. Quelques minutes (ou secondes ; on ne sait jamais, quand on s’ennuie.. ça passe si lentement..) à la suite desquelles Sydney parvint à la conclusion que se repasser mentalement le maigre contenu de sa journée ne lui apportait pas grand-chose de concret. Il se retourna donc pour voir si les deux bavards le suivaient encore.
- Bon, vous vous remuez, ou quoi ! C’est pas comme ça qu’on va retrouver ton ombre, matelot, lança-t-il à l’adresse de la phobophobe. L’idée de Jake de vouloir faire connaissance avec elle était stupide et le moment était mal choisi. Stupide parce que si ça ne s’était pas fait plus tôt, c’est que Dakota ne l’avait pas voulu – et qu’elle n elle ne le voulait probablement toujours pas.

- Allo ! J’ai aucune idée d’où chercher, alors si on pouvait m’aider un peu… Au moins qu’on me dise si je vais dans la bonne direction, merci !
Ah, quelle fine équipe, décidément… Encore une fois, seul le corsaire instiguait le mouvement. A croire que les deux boulets qu’il se trainait ne voulaient pas se bouger ; l’un préférant mourir et l’autre faisant office de meuble agréable. Gentil, tout ça, mais encore une fois, c’était Syd’ qui était en première ligne ; Syd’ qui était mis en danger ; Syd’ qui était forcé de prendre les commandes… c’était d’un fatigant !!
Savaient-ils quelque chose qu’il ignorait ? Cette simple pensée fusa dans son esprit et le figea comme s’il s’agissait d’un trait de glace le parcourant. Méfiant et suspicieux, il plissa les yeux en regardant avec mépris ses deux ‘alliés’.
- Passez devant, que je puisse vous voir. Sa paranoïa lui murmurait de ne pas faire confiance à ce groupe sans aucun lien ; son invitation à le doubler pouvait tout aussi bien se résumer par un « à la planche, marin d’eau douce ! ». Dakota le comprendrait surement ; Jake probablement pas.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 30 Oct - 13:05

Le hasard avait voulu que Sydney ne soit pas du genre méfiant jusqu’à douter de la bonne facture des vêtements, aussi purent-ils bientôt reprendre la route dans une atmosphère pesante. Non seulement Dakota ne s’en souciait pas mais cela lui allait même plutôt, moins on lui tenait la jambe mieux elle se portait… et à peine cette pensée eut traversé son esprit que Jake vint vers la surdouée pour la couvrir d’excuses et d’explications. Malédiction.

Le regard glacé de la gamine détailla les traits du jeune homme avec leur éternelle expression glacée. Il avait l’air sincère. Pire encore, il avait l’air d’attendre quelque chose en retour. Si le pauvre croyait qu’un sourire fleurirait sur ses lèvres et qu’elle le prendrait dans ses bras il allait tomber de haut néanmoins la phobophobe était d’accord pour reconnaître que l’effort était louable. Cela ne la rendait pas sociable pour autant. Lorsqu’elle finit par desserrer les lèvres ce ne fut donc que pour lâcher une réplique sèche, comme un coup de fouet dans l’air glacial tandis que ses bras restaient croisés tel un rempart contre le monde, à commencer par l’affection des gens.

- En effet, tu n’aurais pas dû.

Comme un couperet ces quelques mots venaient de mettre un terme à ce début de conversation, mais ça n’empêcha pas le pirate de les héler avec agacement comme si Jake et elle s’étaient assis pour prendre le thé. Dakota haussa un sourcil avant de reprendre à l’adresse du thermoréactif, plus par désir de contrarier Sydney que par réel envie de s’étendre sur le sujet abordé plus tôt :

- Mais ce qui est fait est fait. Je ne sais pas ce que tu attends de moi, que je t’affirme te pardonner ou autre chose du même acabit. Je n’ai pas l’habitude d’être hypocrite donc je m’abstiendrai, mais si ça peut te rassurer sache que ce n’est pas parce que je méprise définitivement ton non-respect de la vie privée que tu ne peux pas bien agir sur d’autres points. Ça ne dépend que de toi.

Bien sûr le paranoïaque les interrompit une nouvelle fois comme s’il s’était adressé à des enfants attardés, tirant une grimace à la mini Méduse. Et voilà qu’il voulait qu’ils ouvrent la marche maintenant ! Comme s’il voulait s’en servir comme bouclier… son regard suspicieux ne le trahissait que trop. Décidément cet homme était vraiment atteint et Dak’ n’avait ni le temps ni la force de chercher à lui faire comprendre qu’il était monté à l’envers, surtout que le résultat risquait d’être aussi peu probant que pour James vis-à-vis de l’irréalité de Jules.

Après avoir inspiré profondément, la gamine lui jeta un regard de dépit et pinça les lèvres. Il voulait une direction à prendre ? Il disait ne pas savoir où aller ? Et bien elle non plus et il était plus que temps de le lui rappeler. Aux dernières nouvelles elle n’avait pas atterrit dans les terres gelées avec un plan, une encyclopédie et un GPS détecteur de perturbations et il était peut-être temps de le rappeler au corsaire.

- Nous voir ? Pourquoi, je te fais peur ? Si j’avais voulu te tuer je l’aurais fait depuis longtemps, j’ai largement la capacité de le faire sans avoir à attendre dans l’ombre que tu baisses ta garde, malgré tout le respect que je te dois, conclut-elle ironiquement avant de reprendre, Quant à la direction à prendre je n’en sais rien du tout. Je te rappelle qu’on cherche des perturbations correspondant à nos problèmes et que je n’ai pas la connaissance innée de leur position.

Elle secoua la tête comme pour souligner la stupidité de la demande initiale. D’ici tout ce qu’elle voyait c’était de la neige et diverses choses qui, bien que probablement liées à des ombres n’avaient rien à voir avec ce qu’elle cherchait. Comme ces gens qui flottaient au loin, ou cette micro-tempête dont les éclairs zébraient le ciel plus à l’est de leur position. La base de la coopération aurait été d’informer ses compagnons de la nature exacte de ce qu’ils devaient trouver mais elle ne se voyait pas aborder son propre cas. Si Jake ne relèverait probablement pas, Sydney, lui, garderait l’information précieusement dans un coin dans l’idée de s’en servir contre elle. C’était typiquement le genre de personne à qui elle ne voudrait rien confier d’intime et surtout pas ça, grands dieux !

- James souffre de dédoublement de personnalité, il voit par hallucinations autant qu’il incarne lui-même son meilleur ami imaginaire, Jules. Je ne sais pas ce que son ombre peut produire à partir de ça mais il faudrait s’intéresser à tout ce qui aurait un éventuel rapport. Selene de son côté souffre d’un T.O.C., elle dessine des épouvantails pour chasser ses angoisses quitte à se les graver dans la peau. Et moi… je m’occuperai de moi.

Fin de la discussion. C'était tout ce qu'ils avaient besoin de savoir, après tout.

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Jake Anderson

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 6 Nov - 17:51

Finalement, considérant ce qu'il avait vécu comme expérience relationnelle depuis son arrivée ici, la réponse de Dakota à ses excuses fut plutôt satisfaisante, même si en temps normal ça aurait quand même gêné Jake. C'est pas comme si c'était habituel de se faire dépasser en maturité par une adolescente, mais ça arrivait. On dit souvent que les adultes sont comme des modèles pour les générations futures, mais là c'était tout l'inverse. Il nota aussi que c'était à lui de ne plus faire des erreurs, et permettre à une sorte d'amitié d'exister, fallait juste que sa malchance légendaire le laisse tomber pour une fois...

Tout allait quand même un peu mieux, en général, même si la situation était désespérée et qu'il fallait trouver des ombres indépendantes pour faire survivre ses amis voyageurs déjà mal en points. Sinon, rien de trop dramatique.
Les mains dans les poches et essayant tant bien que mal de réchauffer sa tête surplombée de givre, il restait perplexe vis-à-vis de la phobique, il essayait de comprendre un peu comment elle fonctionnait, sans grand résultat, et se posait pas mal de questions sur elle. Comment pouvait-elle être aussi mature à cet âge? Pourquoi jamais elle n'avait souri en sa présence, ou globalement si ça se trouve? Qu'est-ce qu'il lui était arrivé de si horrible pour qu'un traumatisme pareil apparaisse?

Non qu'il était expert de psychologie, le nombre de séries et de sitcoms qu'il avait vues le menait quand même à cette conclusion sur un traumatisme qui serait apparu très tôt dans sa vie, comme pour la plupart des personnes qui souffraient de maladies mentales, comme la plupart des voyageurs...

C'est en se posant ce genre de questions qu'il savourait le froid qui passait sur ses joues, tout en pensant à l'autre groupe, James et Selene, il se demandait bien où ils en étaient de leur côté. Mais il n'eut pas beaucoup de secondes de réflexion, car le pirate était déjà à l'assaut, et il avait raison, ils ne savaient pas où ils allaient... Mais la question qui suivait lui rappelait bien le Sydney qu'il connaissait, paranoïaque à souhait, et ce n'était pas déplaisant! De toute manière, il n'était pas trop d'humeur à rétorquer quoi que ce soit au pirate, car il l'aimait bien, mais ça ne semblait pas trop être le cas de la phobique.

Cependant, cette dernière ajouta des informations précieuses qui eurent pour effet d'engranger la réflexion du thermoréactif, et aussi des questions, car James n'admettait pas sa perturbation mentale, comme s'il avait honte, où qu'il ne s'en rendait pas compte... Quant-à Selene, on savait bien ce qui la troublait, et ce n'était un secret pour personne, malheureusement pour elle.

-À moins qu'on trouve un champs de citrouilles avec des épouvantails en masse, je pense pas qu'on trouve facilement l'ombre de Selene, peut-être avec la paille? Qui sait... Après pour James, ça va être plus dur, le mieux serait que ces ombres sèment un peu la pagaille quelque part, si elle peuvent le faire, fit-il, pensif, et comme les nouvelles voyagent vite, on serait averti par les villageois. Peut-être même que ça c'est déjà produit, faudrait juste savoir à qui demander...

Certes, ce qu'il avançait était juste une thèse plus que théorique, mais qu'avaient-ils d'autre? Ces problèmes d'ombres restaient un gros mystère, et ils n'avaient pas beaucoup de renseignements sur le sujet, peut-être leur cachait-on quelque chose?

-En tout cas on est pas très avancés ... Vous avez des idées?

Bien sûr, ne pas poser de questions sur l'ombre de Dakota, elle l'avait bien fait remarquer, mais elle ne pouvait pas fuir la vérité bien longtemps, car plus on fuit la réalité, plus le choc sera grand quand on la retrouve.

Mais le choc qui suivit, fut plutôt comique que tragique, car un ricanement qu'il connaissait déjà se fit retentir, et un nuage de fumée l'entoura, le transformant en squelette. Mais ce n'était pas tout, un petit cube était posée par terre, suivit de la chute du thermoréactif qui essaya de le prendre. Toute sa hotte et son contenu se déversa par terre, Jake n'était plus assez solide pour la transporter.

-Et F***!
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 7 Nov - 22:13

Les deux handicapés mentaux s’exécutèrent et passèrent devant le pirate qui les regarda faire, mais sur les hanches. Il les regardait de haut, moins par mépris que par désir de ne pas leur faire croire à une éventuelle faiblesse de sa part : on ne laissait personne passer devant soi sans que cela signifie quelque chose. Et dans son cas, il savait exactement ce qu’il voulait faire comprendre. Qu’on le traite de paranoïaque, tiens ! Pour une fois il allait faire honneur à cette blague récurrente qu’on lui infligeait à longueur de journée.

Bien évidemment, Dakota grincha – comme à chaque fois que Sydney revendiquait quelque chose, de toute façon – sur le fait que si elle ne l’avait pas encore tué, c’était par pure bonté parce que oui : elle était un diable atroce capable d’étriper des bébés chats sans que ses poches lacrymales n’expriment le besoin de se vider ne serait-ce que d’une goutte. Mais le pirate fit mine de ne pas entendre. Cette petite scène théâtrale commençait à vieillir et l’impact qu’elle produisait au premier abord s’était bien estompé depuis. Non pas qu’elle ne soit pas capable de tuer : elle était effectivement un monstre en puissance. Mais jamais elle ne le tuerait maintenant, c’était d’une logique si pure que même le diamant passe pour une tâche de graisse à côté de cette déduction qui s’établissait dans le cerveau malade du pirate.

- C’est ça, c’est ça. Bla, bla, bla. Mon ombre, ma garde et mes fesses de corsaire. En attendant, c’est pas la mienne, d’ombre, qu’on cherche. Mais c’est toi qui vois, après. Moi je m’en fiche et tu le sais.
Le petit briefing qui suivit ne lui apporta qu’un maigre indice : celui que les ombres étaient suivies de perturbations analogues à la pathologie de leurs propriétaires. C’était le reste qui l’ennuyait d’avantage : James était schizophrène, tout le monde le savait. Et Selene, eh bien Syd’ était assurément ravi d’apprendre que mademoiselle souffrait d’un T.O.C. parfaitement stupide. Seulement voilà : il n’avait pas signé pour ça. Il laissa à Jake le soin de répondre de manière ‘gentille’ avant de se charger de faire lui-même la partie ‘méchante’. Car oui, comme toujours les rôles ingrats lui revenaient et c’était d’ailleurs pour ça qu’on le détestait tant. Les gens ne comprennent tout simplement pas qu’un groupe a toujours besoin d’un individu comme lui, non pas méchant mais éclairé.

- Sauf que je t’arrête net, moussaillon : moi, James et Selene, j’en ai rien à faire. C’est toi que j’ai accepté d’aidé. C’est ton ombre que je dois trouver ; pas celle de tes amis déglingués du bulbe !
Alors je vais être conciliant et te laisser le choix : soit tu me dis exactement comment identifier ton ombre, soit je rentre à l’auberge me recarrer sous la couette. Quant à toi, Jake, eh bien… hm… ma foi, fais ce que tu veux, je m’en fiche aussi.


Sur ce, il tourna les talons et, bras croisés, attendit que la gamine aux cheveux blonds et rose prenne sa décision. Il n’entendait pas négocier une nouvelle fois les termes d’un contrat qui l’avait déjà suffisamment été à son goût. Impatient de nature, le capitaine au bandana avait décidé qu’il ne se laisserait pas marcher sur les pieds et que « diantre, on torcherait cette histoire une fois pour toute pour pouvoir quitter cet endroit atroce ! »

Pour bien lui rappeler qu’il n’était pas au bout de ses peines ; qu’il y avait encore moultes mésaventures à partager avec ce petit groupe, le nuage orangé qui avait annoncé Halloween avant l’heure revint une nouvelle fois, grimant cette fois-ci le pauvre Sydney d’un habit pour le moins court, serré et… féminin. Nul doute que cette chose siée à une jeune demoiselle en manque d’activité sexuelle – en rut, dira-t-on afin d’accentuer la dimension animale de la chose – mais c’était une toute autre histoire lorsque ce même vêtement minimaliste se retrouvait sur le corps d’un mâle roux de vingt ans. L’effet était parfaitement ridicule et n’aidait en rien à la situation. Par chance, le dernier achat en date de Sydney disposait d’une fermeture éclair qu’il s’empressa de remonter.
Le manteau était assez grand et lui permettait de cacher en partie ses jambes, d’une part pour les mettre à l’abri des regards indiscrets – on se rappellera entre deux tranches de rire le parallèle ainsi établi avec les cartes de crédit et la blague plus ou moins déplorable avec les parties intimes en forme de fentes – et d’autre part de les protéger du froid. En effet, les collants étaient tout sauf isothermes et il était incroyable de remarquer à quel point l’homme peut être un inventeur stupide quand il le veut.

- Bien évidemment, c’est sur moi que ça tombe ! COMME PAR HASARD !! Si un jour j’attrape ce guignol qui s’amuse à me transformer… Ça fait quand même DEUX halloweens en même pas une semaine, diantre !
Eh mais.. Eh mais !! Mais ça brûle !
Passant ses mains sur son visage comme pour se protéger d’un feu, le pirate se recroquevillait sous l’effet de la douleur. Il n’y avait pourtant rien de tel, aucun gaz toxique ne trainait là et si c’était l’effet d’un quelconque pouvoir.. Non, c’était lié au costume, il en avait l’intuition. Après l’effet ‘monstre détestable’, le pirate parano’ écopait de la joyeuse caractéristique ‘je brûle à la lumière du jour’ ! Ah, quelle belle journée que celle-là.

Dans un ultime espoir de survie, le corsaire rabattit sa capuche et rentra la tête dans les épaules, laissant le moins de peau possible à l’air libre de peur de se transformer en tas de cendres. Un vampire, quelle originalité ! Quelque part, il regrettait de ne pas appartenir à ce type de suceurs (de sang) twilightiens qui compensaient la carbonisation solaire par un scintillement ridicule. Car oui, c’était certes ridicule, mais « le ridicule ne tue pas », lui, au moins !
- Je vous jure que ça va saigner maugréa le jeune travesti à travers sa doudoune, rendant le tout quasiment incompréhensible, même pour lui. Mais en se retournant, sa mine renfrognée se transforma en sourire hilare alors que Dakota subissait elle aussi une transformation. Au final, il n’était pas si mal, en vampire ; c’était toujours mieux que ce costume de zizi géant que revêtait à présent la phobophobe.
Plié en deux, hurlant de rire, Sydney en oubliait presque d’avoir froid. Il mit au moins deux bonnes minutes à se remettre de ses émotions, minutes au bout desquelles il parvint à articuler une phrase complète sans repartir dans un fou-rire incontrôlable :
- Hahaha ! Je savais que tu pouvais être un sacré gland, mais à ce point ! Oh, avoue.. c’est quand même la preuve que la justice existe encore, en un sens ! Hahaha ! Bon allez, je veux pas perdre une miette de ce moment unique. Montre-moi un peu comment tu marches avec ces deux gros bonbons qui te servent de pieds. J’ai trop hâte de voir ça, franchement !

Pour une fois depuis longtemps, Sydney retrouvait l’agréable sensation de n’être pas l’unique victime du sort ou d’un quelconque mauvais œil. Le monde lui en voulait peut-être continuellement, mais savoir qu’il n’était pas le seul à souffrir et loin d’être le plus à plaindre le mettait vraiment en joie ; un plaisir simple qu’il aimait savourer tant ces derniers étaient rares, depuis la précédente décennie.
Celui qui s’en tira le mieux fut tout de même Jake qui revêtait un costume de squelette, même si ce dernier demandait visiblement un certain temps d’adaptation. Dans un élan de bonne humeur, le capitaine alla aider son ami à ramasser ses affaires et les remettre dans sa hotte. Le sac d’os qu’était devenu le thermoréactif n’était néanmoins plus capable de soulever sa hotte ; le laisser la trainer aurait pu être amusant si le joyeux trio avait eu du temps à perdre, et encore une fois : on ne pouvait pas compter sur Dakota pour un éventuel coup de main. Sydney, n’ayant pris sur lui que le stricte nécessaire, avait donc laissé sa hotte dans la chambre de l’auberge et se proposa de prendre celle de son matelot. Bien sûr, tout cela n’était pas purement désintéressé et le capitaine savait pertinemment qu’un service rendu en appelait un autre : une créance que lui devait implicitement Jake. Le squelette, le zizi géant et le vampire travelo furent donc en état de repartir dans la joie et la bonne humeur.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 2 Mai - 15:31

Une fois n’est pas coutume, Jake n’avait pas tort. Il était en retard, soit, mais voir son parvenir à des conclusions plausibles encéphale –quoique lentement- était une satisfaction en soi. Se trainer sciemment des boulets n’était jamais agréable. Et comme un mauvais coup du sort l’esprit d’halloween métamorphosa cette instant d’intelligence en carnaval du ridicule, changeant le thermoréactif en somalien au dernier stade de famine, Sydney en drag-queen en mal de dentiste et elle en… non. Tout mais pas ça.

Les yeux pleins de dépit et d’effroi mêlés, Dakota scrutait son corps enrobé dans un tissu couleur chair molletonné, les énormes poches difformes qui recouvraient ses pieds, son étrange chapeau qui n’était pas sans rappeler un gland tout sauf sylvestre… A croire que ses machinations lui retombaient sur le coin de la gueule par un mauvais retour de karma elle se retrouvait de nouveau grimée en pénis. Son visage opalin en était d’autant plus blême, encastré dans l’immonde costume qui jetait honte et ridicule sur sa personne. La peur d’avoir peur qu’on se moque d’elle faisait progressivement surface bien sûr, mais s’évapora bientôt sous l’effet du feu auquel le pirate était en proie. Et revint aussitôt qui se fut protégé des rayons solaires avant de se fendre la poire à sa vue.

- Parfait, au moins je vois quel piètre niveau humoristique peut te faire sourire, persiflât-elle, les mâchoires crispées, Et pour en revenir au sujet : je ne sais foutrement pas où sont les ombres Jake, ni même à quoi ressemble la mienne Sydney. J’aimerais bien, mais je ne sais pas.

Renfrognée elle voulut prendre de l’avance en pressant le pas, la tête haute, mais ne réussit qu’à oublier qu’elle ne pouvait se permettre de grandes enjambées dans cet accoutrement. Sa tentative se solda par une chute burlesque en avant, tête la première dans la neige.

- Ne vous avisez même pas de rire…

Mais autant dire au soleil : « ne brille pas ! ».

La gamine se releva tant bien que mal, le visage empourpré et les poings serrés. Revenir au sujet, se montrer au-dessus de tout ça… primordial mais foutrement difficile. Elle prit sur elle pour calmer les tremblements de peur et de rage qui agitaient ses membres et reprit d’une voix glacée :

- Soit. Ris autant que tu veux, mais pendant ce temps cherche une ombre en rapport avec la peur, ça te va ça ? La peur. C’est simple.

Elle rajouta inaudible, grommelant dans la barbe qu’elle n’avait pas :

- Sombres blaireaux.

Tout en reprenant sa marche Dak’ se surprit à souhaiter que le paranoïaque se torde la cheville en marchant avec ses foutus talons aiguilles. Ou qu’une bourrasque qui lui arracherait sa capuche. Non, mieux : qu’elle lui arrache elle-même sa capuche. Il n’en méritait pas moins. C’est donc en ressassant ces noires pensées qu’elle se remit en route tant bien que mal sans oublier de mesurer ses pas cette fois. Et au moins si son costume n’était pas esthétique il protégeait du froid aussi sûrement que sa combinaison.

Sur leur passage les habitants de la bourgade se retournaient, esquissaient un sourire ou les montraient du doigt, voire se poilaient franchement, même. Et plus ce spectacle se poursuivait plus les tremblements agitaient ses membres et la peur gagnait son cœur. La phobophobe se serait bien octroyée une petite baffe pour se remettre les idées en place mais… devant Syd’ ? Hors de question. Plutôt mourir de peur que de lui donner cette satisfaction.

D’ailleurs il se gaussait toujours sous son manteau, et alors que la surdouée s’apprêtait à le prier de la fermer une bonne fois pour toutes une ombre sans propriétaire passa en trombe à quelques mètres devant leur groupe en attisant la libido de toutes les personnes alentour. Kalyss… c’était son ombre, c’était forcément son ombre. Mais à vrai dire pour l’heure tout ce qu’elle remarquait c’était à quel point ses deux acolytes étaient sexy. Absurdement sexy et désirables. Et elle craignit terriblement que la réciproque soit vraie une fois encore…

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Jake Anderson

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 2 Mai - 20:39

La malédiction d’Halloween avait transformé le jeune moussaillon plein d’hormones en un squelette, et, couplé avec son pouvoir, ce squelette avait les os de la tête recouverts de givre, ce qui était assez ridicule. Mais pour l’instant, Jake était par terre, et avait du mal à s’adapter à sa nouvelle condition. Ce fut avec une certaine impatience qu’il se releva, non sans peine, et sourit avec ses dents squelettiques, pour remercier Sydney le pirate de son aide. Cependant, ce dernier était tout aussi mal en point que lui, car il arborait une sorte de tenue très érotique et surtout féminine, tout en étant très sensible à la lumière. Il avait donc tout ce qu’il fallait pour dégouter le pauvre amateur de cawottes.

Certes, Jake n’aimait pas trop l’air de drag-queen que son ami prenait malgré lui, et cela le fit baisser le regard, mais le costume dont Dakota se voyait affublée était encore pire. La jeune fille, déguisée en cawotte, fût un peu beaucoup pas satisfaite du tout de son costume, et visiblement, ça la mettait dans tous les états. Ceci ne fit pas rire du tout l’homme chocolat, qui laissa le pirate dans son euphorie, tout en rejoignant les côtés de la phobophobe.

-Tu sais si ça revient souvent cette malédiction ? Parce que si on a affaire à ça toutes les semaines, ça aura vite fait de me gaver. Qui sait, la prochaine fois je serais encore moins chanceux que toi.

C’était sans compter que ses deux compagnons étaient tous deux très peu doués de sex-appeal dans un temps normal, alors avec ces déguisements, c’était un gros frein aux envies primaires. Mais il se dit qu’il fallait arrêter d’y penser, parce que plus il regardait ses amis - si tant fait que Dakota soit une amie – plus il était dégoûté. Les passants s’esclaffaient de rire à leur passage, mais Jake se dit que ce n’était pas lui qui les faisait rire, mais plutôt les deux autres, pour se remonter un peu le moral qui était retombé un peu bas avec son estime personnelle quelques mètres plus tôt.

Cependant, malgré le manque de toute classe, de tout sens esthétique, de toute attraction que ses deux comparses avaient collé à la peau comme une bande de cire sur un torse poilu, il ressentit quelque chose dans son corps. Cette sensation était la même que celle qu’il avait quand il avait un gros crush sur quelqu’un, ou juste une envie d’embrasser la personne qui se présentait devant lui. Il regarda autour de lui, et trouvait ses amis plus attirants que jamais, avec des formes sexy qui étaient peu évidentes au départ, comme le pli transversal du costume de Dak, ou encore la fermeture-éclair du manteau de Sydney.

Mais surtout, il trouvait sexy une fille … Quelque chose ne tournait pas rond.

-Eh les gens, j’ai peur, Dakota, je suis pas hétéro et pourtant mon cerveau me crie que j’ai envie de toi… Je fais quoi ?
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Ven 17 Mai - 17:02

Dakota fit le plaisir immense à Sydney de s’exécuter. La marche parfaitement grotesque de la fillette ne dura cependant qu’un bref instant après lequel elle s’étala de tout son long, provoquant inévitablement un redoublement d’hilarité chez le pirate qui s’en tenait les côtes. Il la laissa se relever sans aucune intention de l’y aider, se concentrant sur ce bref instant où il pouvait se moquer de celle qui se moquait si souvent de lui. Chaque épisode où la gamine s’était payé sa tête lui revenait en mémoire et s’en retrouvait balayé par la situation actuelle. Un petit pas pour le gland, un grand pas pour l’égo du pirate.

Le groupe se remit en route tant bien que mal, guidé par le phallus dont la trace imprimée dans la neige était encore parfaitement visible. Sydney avait du mal à réprimer son rire et il lui arrivait de pouffer occasionnellement lorsqu’il posait ses yeux sur la phobophobe.
La fillette semblait tellement honteuse qu’elle préféra en dévoiler un peu plus sur sa maladie pour qu’on oublie son accoutrement. Une des nombreuses faiblesses de la gamine venait de se révéler ; une nouvelle piste à exploiter ? La peur. Soit, « la peur », mais la peur quoi ? La peur de quoi ? Il s’avérait qu’une fois de plus, Dakota parlait sans parler ; elle enlevait son masque sans l’enlever. C’est toujours un spectacle pitoyable(ment drôle) que de voir un leader autoproclamé chuter du petit piédestal que cette même personne prenait pour une montagne. Une montagne d’orgueil qui révélait en son cœur la peur d’avouer sa maladie mentale.
- Oui, donc la peur. Ok. Cherchons la peur, Jake ! L’as-tu vue ? Oh, mais bien sûr, la voilà !! Ah.. non.. ça, c’est un caillou, parodia Sydney en mimant de ramasser une petite pierre. Son regard haineux se posa sur Dakota, puis il reprit : Te fous pas de moi, matelot. Je sais très bien que tu as honte d’être une tarée et tu as bien raison. Mais tôt ou tard, il faudra bien que la vérité éclate ! Et ce jour-là, je serai présent.
Oui, un jour il saurait de quoi souffre cette gamine. Peut-être demain ou peut-être aujourd’hui ; tout ce qu’il savait c’était que l’échéance s’approchait inéluctablement. Il voyait le piège du temps se refermer sur la fillette et s’en réjouissait d’avance à tel point que les insultes et les menaces de la gamine lui passaient bien au-dessus.

Le pirate osa un coup d’œil vers le ciel ; le soleil matinal semblait lui écorcher la peau. Il espérait sincèrement que l’expédition arrive à son terme ou bien avorte pour qu’il puisse rentrer avant que ne vienne le soleil de midi, sans doute bien plus agressif. D’un autre côté, il était impossible de chercher la nuit… Diantre, pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement mourir tranquillement !? Il regarda Jake un instant et lui adressa une petite blague pour la route :
- Vu que mademoiselle n’as pas le courage d’avouer sa maladie, on aurait peut-être mieux fait de chercher une ombre de pénis géant, à ce train-là…
Encore heureux que le quota fidélité que Sydney entretenait chez Jake soit suffisamment bon ; cela permettait au pirate de se sentir égal sinon supérieure à la gamine sur ce point. Il espérait aussi que si une ombre man intentionnée venait à paraître devant eux, cette dernière aurait l’obligeance de choisir une des deux cibles autres que le capitaine lui-même.

En parlant d’ombre, voilà que l’une d’entre elles passa en trombe à seulement quelques mètres du trio. Cette dernière s’était déplacée bien trop vite pour que qui que ce soit ne puisse distinguer une quelconque silhouette familière mais malgré la fugacité de l’apparition, le pouvoir qui y était attaché ne tarda pas à se faire ressentir. Notamment au niveau du ‘paquet’ de Sydney qui n’avait pas disparu malgré la tenue peu seyante à un membre masculin. La jupette du pirate cachait le gênant phénomène, mais les effets au niveau des phéromones restaient inchangés.
Curieux et dérangeant, le sentiment de déjà vu qu’éprouvait actuellement le corsaire se mêlait à la honte de ressentir une attirance sexuelle aussi bien pour un autre homme que pour une gamine de 13 ans. Enfin gamine… Après tout, elle n’était pas si mal, et puis c’était toujours plus sain que ces japonais qui s’astiquaient devant des images de jeunes filles manifestement trop jeunes pour être en rut mais l’étant malgré tout. Mais les souvenirs de Gloutoniskaïa demeuraient encore trop intacts pour que le pirate en fasse fi et il se tourna donc vers son comparse squelette. C’était la première fois qu’il le voyait ainsi et le costume n’en altérait cependant pas les fantasmes de Sydney qui se prit à imaginer le jeune matelot dans sa version un peu moins… habillée. Ce pourrait être sa première expérience avec un homme – non : sa première expérience tout court, étant donné qu’il n’avait jamais donné ne serait-ce qu’une goutte d’amour à qui que ce soit à part la livreuse de pizza du jeudi après-midi. Et encore, c’était pour les pizzas.
Et ce regard que Jake lui lançait à présent… Le pouls du capitaine s’accéléra et il sentit le feu de la passion s’emparer de son bas-ventre. A la seule différence que la brûlure s’emparait également de ses jambes car de toute évidence : elle n’était pas du tout due à la passion mais à la brève éclaircie qui laissait entrevoir le soleil. La vive douleur court-circuita toute envie chez le paranoïaque qui, par réflexe, se fit tomber à genoux dans la neige. Sans hésiter – et parce qu’il se fichait bien qu’on lui donne la permission ou non – le vampire fouilla dans la hotte de Jake à la recherche d’un pantalon ou quoi que ce soit qui puisse cacher ses jambes. Son regard s’arrêta sur le seul objet répondant à ce critère et son visage se déconfit aussitôt.
- T’as ‘ça’ dans ta hotte, toi..? Bref : je te l’emprunte, moussaillon, lança-t-il à l’adresse de son ami alors qu’il tirait du cabas le drapeau aux couleurs de la Gay Pride pour se l’enrouler autour de la taille tel un pagne ou une serviette de bain.
- Eh ben comme ça je suis fin prêt : le summum de l’absurde, l’apogée de la déchéance, la plénitude du ridicule ; une statue érigée à la honte ! Et le capitaine d’ajouter, plein de dégoût : monde de merde…
Encore révulsé par les atrocités que le sort s’acharnait à lui balancer à la tronche, le pirate ne prit même pas la peine d’envisager de formuler une réponse politiquement correcte au thermoréactif en répondant pile en même temps que Dakota mais avec une solution totalement inverse à celle de la gamine : ben baise-la..? S’il ne pouvait se permettre de céder à ses passions, les affaires des autres ne le regardaient pas et au contraire, il pourrait même les regar*mais BON DIEU, à QUOI je pense, moi !?*

Le vampire travelo arc-en-ciel replaça la hotte sur son dos et espéra qu’on ne lui tienne pas rigueur de ses paroles, même s’il savait que ça lui retomberait forcément dessus : Dakota n’attendait que ça. Le moindre faux pas de la part du pirate devait sûrement être pour elle une délectation orgasmique ; espèce de tarée malsaine ! Mais pour l’heure, elle ne dirait probablement rien ; du moins tant qu’elle serait grimée en phallus.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 18 Mai - 15:32

- Ca ne revient pas toutes les semaines, c’est assez aléatoire, ronchonna Dakota, C’est mon troisième « halloween » à Dreamland et le deuxième où je porte cette horreur. A croire que j’ai un abonnement.

Mais pour ce qui était des malédictions, elle préférait largement passer la moitié de sa vie grimée en phallus géant plutôt que de mourir parce qu’elle n’avait pas couru assez après son ombre. Ne pas en avoir était mortel sur le long terme, et en croiser une sans propriétaire se révélait presque terriblement gênant. Le flot d’hormones qui bouillonnait en elle rendait les moqueries de Sydney accessoire, juste un vague bruit de fond tout aussi dérangeant que le bonhomme lui-même. Qu’il se moque de sa réticence à révéler sa maladie ne le rendait pas moins attirant et à vrai dire Jake n’avait rien à lui envier. Le problème ? C’était que comme elle l’avait craint, c’était bel et bien réciproque.

Le souvenir de la rencontre avec Kalyss lui revint en pleine face : Elipse en ébullition, les cris dans les rues et surtout cette aura de sexe pur qui émanait de l’adolescent dès qu’il avait le malheur de lui adresser une parole. Elle se souvenait d’avoir été à deux doigts de l’embrasser mais là c’était bien pire, et ce le serait d’autant plus si son pouvoir copié avait le malheur de s’activer. Son subconscient dû trouver amusant de réaliser ses angoisses car alors qu’elle ouvrit la bouche, le pouvoir du pornophobe se mit en branle, augmentant de manière folle l’attrait de la donzelle aux yeux de ceux à qui elle avait le malheur de parler.

Et ça justement au moment au il aurait mieux valu s’abstenir.

- Tu te retiens ! s’exclama la gamine alors que le pirate répondait le parfait contraire à Jake.

Elle mourrait d’envie de leur arracher leurs costumes à vrai dire, mais ce n’était vraiment pas le moment d’exprimer le fond de sa pensée. Une chance qu’aucun d’eux n’ai le pouvoir de lire dans les esprits, n’est-ce pas ?

- A croire que ce costume t’as filé le feu aux fesses Sydney, rétorqua-t-elle en réponse à la remarque déplacée, Si tu veux te rincer l’œil il y a des lieux pour ça. Sextus par exemple. Les autochtones s’y baladent presque nus, et autant pour le côté pratique qu’esthétique.

En parler éveillait moult images salaces dans son esprit glacé qui commençait malgré tout à s’échauffer. Il fallait quitter la zone d’action de cette ombre avant qu’ils ne commettent l’irréparable… quoi que, était-ce seulement possible ? Aux dernières nouvelles elle n’avait jamais vu quelqu’un pouvoir retirer son costume avant l’heure, ce qui assurait une sécurité relative à sa virginité. Qui aurait pu croire qu’un pénis servirait de ceinture de chasteté ?

- Tant qu’on porte nos costumes, rien n’arrivera de toute façon. C’est leur seul bon côté. Impossible de les retirer avant leur "date de péremption".

La phobophobe fit volte-face pour voir si les garçons la suivait et se retrouva nez-à-nez avec le duo, à peine 1 mètre derrière elle. Trop de proximité, trop de désir, trop de magie. Même la barbe rousse de Syd’ et les os dessinés sur le costume de Jake lui semblaient sexy. Avant même de comprendre ce qu’elle était en train de faire, Dakota se pencha en avant. Ses lèvres rencontrèrent celles du paranoïaque, transformant ce contact en baiser brûlant. Tous ses neurones étaient comme déconnectés, l’empêchant de mettre un terme à cette étreinte contre nature. N’existait plus que ce contact humide, aussi répugnant que désirable, tempête contradictoire qui mettait son cerveau en vrac. Elle s’en voulait déjà et à la fois ne pouvait s’empêcher de continuer. Il fallait dire qu’il ne faisait pas non plus vraiment d’efforts en ce sens. Une vraie chance que James lui ai volé son premier baiser quelques temps plus tôt sinon ça n’aurait fait qu’offrir à la gamine une raison de plus de se suicider.

Malgré l’horreur de l’acte le plaisir n’était pas en reste et cette parcelle de bonheur factice causa une scène atrocement répugnante : en réplique parfaite de l’outil masculin, son costume propulsa telle une fontaine une giclée de sperme arrosant tout aux alentours, de Sydney à Jake en passant par la neige et elle-même. C’était sale, c’était collant mais surtout ça blessait un peu plus son orgueil déjà bafoué. A croire qu’un Dieu sadique avait décidé de l’entrainer tout au fond d’un abîme de honte pure. Elle ne devait pas être loin du bout.

Dakota recula avec lenteur, tétanisée par le contact gluant de la matière qui les recouvrait tous. Malgré sa volonté de se persuadé que ce n’était pas de son fait il fallait bien se rendre à l’évidence. C’était de sa faute.

- Je… euh… désolé. C’est un effet du costume.

Que dire de plus ? Tout ce qu’elle voulait c’était creuser une tombe pour s’y ensevelir, voire embrasser Jake avant pour une étude comparative. Alors que son corps avançait comme un automate pour tester la chose l’ombre de Kalyss mit assez de distance entre elle et eux pour que s’estompe l’aura de luxure dans laquelle ils baignaient, ne restait plus alors que celle causée par le pouvoir de Dakota.

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Jake Anderson

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Maladie mentale : Thermoréactif

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 22 Mai - 19:51

Il s’efforçait de détourner son regard de la jeune fille, mais malgré toute la volonté et l’acharnement qu’il y mettait, il ne pouvait rien faire, son regard était scotché au phallus géant tel un vampire sur une ado bouleversée par ses hormones. De plus, ce sentiment était réciproque, car ses deux compagnons avaient visiblement l’envie, tout comme lui, de se jeter dans un croquis A3. Alors que Jake regrettait l’inéluctable, il sentit comme une seconde poussée venant lui renforçant tout d’un coup l’attirance qu’il portait à ses deux compagnons. Le lien était si intense, qu’il en était presque douloureux, car Jake ne pût s’empêcher de se faire des films, ce qui le dégoûtait au plus haut point.

De plus, rien que pour le faire souffrir encore plus, Sydney l’incita à dépouiller Dakota de sa dignité, pendant qu’elle-même lui disait de se retenir. Ce fut la panique totale chez le thermoréactif, et il craignait les instants qui suivirent. La perversité du Pirate l’étonna tout d’abord, mais ce n’était sûrement qu’un contrecoup du sort lancé, puis il attribua ce changement soudain à la bizarrerie habituelle de son compagnon de route. Quant-à Dakota, elle arrivait à peu près à se maîtriser, ce qui était rassurant, compte tenu de la situation assez embarrassante.

L’ombre de Kalyss s’étant éloignée, le pouvoir d’attraction fut diminué de moitié, et cela soulagea le thermoréactif, qui ne savait plus où mettre ses émotions. Sydney, preuve de son imperfection humaine, se brûla avec le soleil, et vint piquer dans sa hotte le fameux drapeau. Cela lui allait si bien ! Sydney la trans de la Gay pride, c’était hilarant.

-Faudra bien que tu me le rendes un jour, sauf si t’as envie de te pavaner en slip dans les rues, ce qui t’ira bien avec ta tenue actuelle , dit-il, taquinant son compagnon de route, tout en lui faisant une accolade pour le réconforter.

Ce moment fut assez troublant pour l’apprenti moussaillon, car il était tellement proche de son capitaine, qu’il avait désespérément envie de l’embrasser, mais Dakota, plus rapide que lui, lui vola sa place, à son soulagement. Cependant ce baiser fût juste bizarre, et cela sonna mal.
Jake pensa que c’était tout, mais, il y eut l’éruption volcanique qui changea tout. Par simple mesure de prévention, il se protégea les yeux, ce qui lui permit de limite les dégâts, mais son costume était fichu, car ses vêtements étaient dégoulinants de matériel reproducteur, et d’était dégueulasse !

Pris de dégoût, et sentant le besoin imminent de se débarrasser de ce poids, il se jeta dans la neige, enlevant toute cette masse de liquide visqueux de lui, sans pouvoir retirer ses vêtements. Il se retira vite de la neige, tout mouillé mais pas couvert de neige, car ne faisant pas chaud, et l’air étant sec, la neige ne collait pas. En se roulant dans cette marée de flocons, les particules visqueuses s’étaient déposées dans la blancheur du paysage, donnant un caractère sulfureux à l’endroit où il s’était essuyé, comme si une méga orgie gay avait été mise en place.

Il restait mouillé de la tête au pied, et espérait qu'il pourrait se réfugier quelque part pour se réchauffer, parce que niveau climat, les pôles c'est pas trop trop tropicale ...Il se retourna vers ses compagnons, constatant que les dégâts causés par l’attaque des semences étaient juste hilarants.

-C’est juste dégueulasse, faudra que je lave pendant des heures mon drapeau pour qu’il soit de nouveau propre …

Il alla ensuite vérifier l’état de sa hotte, mais le drapeau, couvrant Sydney et sa hotte avait pris tous les dégâts, heureusement. Cependant, l’effet séducteur n’avait toujours pas disparu, mais Jake réalisa qu’il n’avait pas trop de soucis à se faire, parce qu’embrasser un masque de squelette, ça faisait rien, et il ne pourrait pas passer à l’acte, à moins de déchirer ses vêtements. Ce fut une chose de moins sur la conscience du jeune apprenti matelot, mais cela n’empêchait pas le fait qu’il était attiré par Dak’, et que cela le répugnait et le faisait fantasmer en même temps, bref, un phallus mouillé, c’était trop sex’ !
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 14 Juil - 13:30

Bien évidemment, c’était trop demander à Dakota que de ne pas remarquer un faux-pas du pirate et la fillette se jeta sur l’occasion de rabaisser Sydney une fois encore, prouvant par-là que ce n’était en rien de la paranoïa : elles n’étaient pas infondées, ces méfiances !
Il roula les yeux, mimant silencieusement les remarques de la phobophobe dans une critique débordant de mépris avant de répondre tout aussi dédaigneusement :
- Pas besoin d’aller à Sextus, on a déjà une tour phallique sous les yeux, grâce à toi. On devrait t’interner… pour atteinte à la pudeur en plus d’être déglinguée du bulbe, espèce de marin d’eau douce !

Le souvenir des costumes du précédent Halloween ‘made in Dreamland’ ravivait un sentiment amer mêlant la rancœur d’avoir été mis à l’écart et la frustration de ne pas pouvoir enlever ces foutues choses avant un certain temps. Pendant combien de jours encore allait-on le martyriser avec ces événements démoniaques ; ces fêtes intempestives et bruyantes ; ces festivités répugnantes !
Trop occupé à maudire le monde et chaque idée qui façonnait la dimension sociale de l’être humain, Sydney ne remarqua que sur le tard le volte-face de Dakota et manqua de lui rentrer dedans, ne s’arrêtant qu’in-extremis à un mètre d’elle. Hélas il n’en fallait pas moins pour que les pouvoirs de l’ombre repartent de plus belle, envoyant des pulsions de désir dans tout le corps du capitaine au bandana qui resta planté comme un piquet alors que les lèvres de l’adolescente se ruèrent sur les siennes.
L’étreinte, aussi inattendue positivement que négativement laissait le paranoïaque complètement décérébré, ne pouvant plus lutter du tout contre cette proximité qui menaçait de faire craquer sa culotte de vampire d’un instant à l’autre. Une brûlure au mat, c’est bien ce qu’il lui fallait, tiens !

Cela sembla durer à la fois des heures et seulement une fraction de seconde avant que leurs bouches ne se séparent en ne laissant de leur fusion qu’un léger fil de salive qui se rompit sous la force du vent glacial qui les entourait. Pour couronner le tout, il se vit asperger allègrement de semence comme pour le remercier d’avoir été un être aussi abject en embrassant une gamine de 13 ans.
« Désolée ». C’était tout ce qu’elle avait à dire ? Sydney, lui, en avait un peu plus long à commenter.
- Tu… Tu m’as… transformé. EN MONSTRE PEDOPHILE, espèce de saleté !! Tu as fait de moi un non-homme ! C’est.. répugnant !!
L’esprit du pirate parano’ était en proie à un traumatisme indicible mais son corps, quant à lui, était encore sous le coup de l’excitation et faisait battre le cœur du capitaine si fort qu’il en avait mal dans la poitrine. Ses mains tremblaient également mais le pire, oh oui le pire était encore de se voir couvert de sperme. Le manteau d’hiver avait permis au pirate de ne pas avoir été touché directement mais maintenant, il n’avait qu’une envie : le retirer. Être englué de fluide ou brûler au 3e degré en s’infligeant les rayons du soleil ? La vie pouvait être bien merdique, parfois.


- Je le savais… Je le savais que j’aurais dû rester chez moi. Pourquoi est-ce que je ne me suis pas écouté !?
Un regard sur le côté le renseigna sur l’état de son camarade qui n’avait pas été en reste non plus. Et quelle ne fut pas la surprise du capitaine en entendant quelles considérations passaient par la tête de son matelot : le drapeau. Le drapeau !!
- Le drapeau !? Mais t’es sérieux, là ? Regarde-moi ! Regarde dans quel état je suis, condamné à garder ce torchon plein de foutre et la seule chose qui te préoccupe, c’est.. ton drapeau !??

Le ‘Grand Final’ de Dakota avait définitivement jeté un froid sur les ardeurs du trio et bien que le désir soit toujours là du fait de n’avoir pu se défouler, ce dernier s’en trouvait considérablement réduit. Le paranoïaque se tourna vers la fillette pour lui lancer un regard noir de haine.
- Ca a intérêt à rester entre nous, c’est clair !? Sans la quitter des yeux, il entreprit de ramasser une grosse poignée de neige dont il se servit pour éponger le sperme du mieux qu’il put.
Il chercha des yeux un quelconque tissus dans la hotte du thermoréactif en vue de s’essuyer mais la plupart des objets avaient été touchés par le tir d’artillerie de la gamine. Tant pis.

Excédé et ne tenant plus en place, le pirate se refusait à rester ici une seconde de plus.
- Bon, de toute évidence, ‘ça’ n’était pas la peur. ‘Ça’ c’était simplement dégueulasse. Alors si mademoiselle Trouillarde a fini de faire mumuse avec son grand mat, on va peut-être pouvoir y aller ? Je vous signale que l’heure tourne et qu’on a encore RIEN trouvé de constructif ! Que dalle ! Et je commence à en avoir sérieusement marre que chaque incident soit pour ma tronche !
Des yeux, il chercha un chemin, n’importe quoi qui lui indique la suite du voyage mais il ne trouva que de la neige. Pas la moindre trace de pas et aucune ombre en vue. Il avança de quelque pas et manqua de tomber à la renverse, dévalant la pente qui se présentait juste devant lui. A mieux regarder, on discernait à présent une vallée en contrebas. Bien évidemment, l’état d’enneigement de cette dernière l’avait dissimulé aux yeux de tous et comme par hasard, il avait fallu que ce soit Sydney qui manque de se casser la figure.
- Ah. Une Vallée ! Hourra ! On progresse, dites donc… C’est époustouflant, ça : une vallée… Bon, puisqu’aucun de vous deux ne semble avoir de meilleure idée – d’ailleurs Jake était resté les yeux rivés sur le phallus géant – moi je vais par-là. Un jour vous me remercierez : vous comprendrez enfin que vous avez besoin de gars comme moi qui risquent leur santé et leur fierté pour vous sortir du pétrin. Incapables !

Fier de sa tirade, le grand capitaine fit son premier pas sur la pente fatale enneigée pour commencer sa descente aux enfers gelés. Il inaugura même le sol de son visage car malgré toutes ses précautions, il se prit les pieds dans la poudreuse et dévala la pente à toute vitesse, disparaissant rapidement du champ de vision des deux autres voyageurs. La boule de neige Syd’ ne s’arrêta qu’une fois arrivée tout en bas pour s’écraser contre un obstacle assez dur et franchement douloureux.
Il tenta de se relever mais sa jambe avait heurté le rocher sur lequel il venait de s’écraser avec tellement de force qu’il retomba sous le coup de la douleur. Massant sa cuisse en grimaçant, il observa les alentours : une forêt de pins blanchis par la neige l’empêchait de voir très loin mais avait au moins l’avantage de le réserver du vent violent qui soufflait dans les Terres gelées. Aucune trace de ses amis ; Sydney, d’abord exaspéré, changea de cap émotionnel à l’idée qu’il pouvait s’être perdu. Il appela, cria leurs noms… en vain. Ou du moins, s’il y avait eu une réponse, ne l’avait-il pas entendue à cause du bruit du vent qui se faufilait entre les branchages.
Démotivé et abandonné, le pirate resta assis dans la neige à masser sa jambe dans l’espoir d’avoir été entendu… Mais ensuite ? Que ferait-il si…
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Dakota Earnshow

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Maladie mentale : Phobophobie

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 12 Aoû - 11:17

La honte et la colère se livraient une bataille sans merci sous le crâne de la phobophobe. Ses actes, son costumes et les fluides qu'elle avait produit à son insu, tout cela la répugnait à lui en retourner les tripes. Et pourtant elle était consciente de ne pouvoir s'en prendre qu'à elle-même. C'était de son plein gré qu'elle s'était rendue chez Parkinson la première fois, puis avait contacté l'autre psychologue la fois suivante. C'était elle qui avait décidé de voyager non pas seule mais en compagnie d'inconnu malgré le risque encouru pour les autres comme pour elle. Mais le reconnaître ? Jamais. Plutôt s'arracher la langue que de s’aplatir devant Sydney. Le pirate devrait se satisfaire de ses maigres excuses.

L'adolescente s'éloigna un peu des garçons tandis que le thermoréactif fouillait dans sa hotte à la recherche d'un quelconque chiffon. Si toute envie avait disparu de son côté le regard de Jake qu'elle apercevait à travers les « yeux » percés dans son costume ne trahissait que trop le fait que la sienne perdure et il était hors de question de prolonger cette folie. Avec un peu de recul elle comprenait sans mal avoir activé de son côté ce même pouvoir dérangeant et si elle ne se fourvoyait pas une distance suffisante suffirait à en annuler les effets. Le second effet appréciable de cette prise de distance fut d'éviter de se faire exploser les tympans par la crise de nerf du pirate.

Les lèvres pincées elle écoutait Sydney déverser son venin sur Jake, sur elle et sur le reste du monde. Victimisation, paranoïa et fuite, éternelles rengaines du rouquin qui finissait par filer la migraine. Qu'il soit pédophile n'était pas la question, c'était juste un pouvoir ! Pourquoi ne pouvait-il pas juste rapprocher ça d'une sorte d'hypnose l'ayant forcé à agir ? Mais non, il fallait qu'il y voit des intentions. Comme si elle avait pu vouloir ne serait-ce qu'une seconde entrer en contact intime avec cet homme abject avant de les couvrir de foutre. Du grand n'importe quoi ! A le regarder ainsi discourir comme un dément on aurait pu croire que rien ne saurait lui fermer son caquet mais c'était une erreur : il ne fallait jamais sous-estimer la nature. Voir le visage de ce crétin des alpes se décomposer avant qu'il ne dévale la pente enneigée réussi -presque- à arracher un sourire à Dakota.

- Quel dommage, persifla-t-elle ironiquement à mi-voix tout en suivant la chute des yeux.

Dakota se tourna avec raideur vers Jake, ses mouvements entravés par son costume honteux.

- Je crois qu'on ferait mieux de descendre voir s'il est entier. Avec son inaptitude naturelle à à peu près tout je doute qu'il survive plus de 5 minutes tout seul. Non pas que sa survie m'importe, mais il me doit un service et je compte bien lui faire respecter sa promesse.

Pataude, elle avança jusqu'à la pente qu'avait dévalé le pirate et s'assit tant bien que mal. Descendre à pied dans un tel costume était parfaitement stupide. Sa meilleure chance de réussir sans trop de mal c'était de se laisser glisser comme une luge, son costume s'occupant d'amortir les chocs éventuels. Et c'est ce qu'elle fit. Bientôt les quelques spectateurs présents sur place purent voir un pénis gigantesque dévaler à toute allure la pente enneigée, se nettoyant au passage de toute la matière visqueuse qui l'avait englué. Le chemin tout tracé par Sydney servait de toboggan et c'est donc aux pieds du rouquin que le phallus s'immobilisa dans un crissement de flocons écrasés.

Inutile de dire que Dakota avait regretté sa décision tout au long du voyage, de peur d'avoir peur de se faire quand même mal, entre autres. Ça ne l'empêcha pas malgré tout de se relever avec toute la dignité que lui permettait son déguisement avant de dévisager Sydney dont la pointe d'angoisse était encore visible.

- Est-ce qu'il t'arrive de réfléchir avant d'agir ? La gamine secoua la tête de dépit, Non, je suppose que non. Bref. On a du pain dur la planche.

Jake ne tarda pas à les rejoindre et la phobophobe mit  le peu de temps qu'elle avait à profit pour examiner les alentours. De la neige, de la neige, encore de la neige. Pour varier les plaisirs on trouvait de-ci de-là  des sapin croulant sous la neige et... oh. Des ombres. Beaucoup d'ombres. Certaines stagnaient sur place, d'autres filaient en tout sens mais le plus impressionnant n'était pas ces flaques d'obscurité sans propriétaire mais surtout les effets qu'elles produisaient aux alentours. Un énorme orage se déplaçait en permanence au dessus de l'une d'elle qui se traînait sans conviction, Une autre semblait allumer des feux jusque sur la neige, une autre endormait sur son passage les rares animaux qui s'aventuraient dans la zone...

C'était tout bonnement le chaos.

- Je crois qu'on a trouvé un nid, murmura Dakota non sans reculer d'un pas par mesure de précaution.

Rien dans le coin ne paraissait lié à sa phobie, mais il y en avait tellement... et s'aventurer là-bas tenait du suicide. Mais si elle ne faisait rien elle allait mourir. La bonne blague !

- Je ne vois rien qui me corresponde, hélas... peut-être qu'on devrait se renseigner sur l'avancée de James et Selene avant d'aller plus loin ? Je pourrais envoyer Chouette, ce ne serait l'affaire que de quelques minutes, une demi-heure tout au plus.

[HRP : ils ont théoriquement trouvé mon ombre dans leur topic, donc ne dites pas que vous voyez la mienne... merci d'avance!]

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Jake Anderson

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Maladie mentale : Thermoréactif

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 12 Aoû - 15:21

Le Pirate se mettait déjà à l’œuvre pour exposer sa façon de penser, comme d’habitude. Malgré le fait que Sydney s’en prenne à lui, à Dakota, et  au monde en général ne le  fit pas grincer des dents. Au contraire, il en sourit. Ce bon vieux Sydney – bien qu’il ne  fût pas si vieux que ça – avait ses marques, et  il ne les perdait pas  si facilement. Jake était tout bonnement en train de sourire, se demandant comment il avait fait pour être content  alors qu’un cinglé dessus. Il fallait croire qu’en s’aventurant dans le monde des rêves, on changeait, et la vision des choses aussi changeait.

Jake avait beau ne pas  être  là depuis  trop longtemps, mais il voyait déjà tout se modifier pour lui, un autre  monde qui lui offrait de nouvelles possibilités, mais où tout était danger. C’était dans ce monde de dingues qu’il s’était fait des compagnons de route, qu’il considérait déjà comme des amis. Le pirate cinglé était son ami, et cela aurait du mal à changer, car il tenait à lui ! C’était la même chose  pour Dakota, l’adolescente bien plus intelligente et mature que  lui, pour Selene, la rouquine trop mignonne, et James, l’homme qui occupait sa tête lorsqu’il n’avait pas à sauver ses amis d’une  mort terrible.
Il fallait trouver ces ombres, mais personne ne savait  où aller…

En attendant, Sydney piquait sa crise, et il n’osa pas  ouvrir la bouche, de peur de passer à la  planche. Cependant, celui qui tomba ne fut pas le moussaillon, mais le  capitaine lui-même. Quel pauvre Sydney, ça devait  être rageant de vouloir que tout le monde le prenne  au sérieux et qu’au final il fasse les pires gamelles, le discréditant totalement. Dakota ne réagit pas beaucoup à la chute de son ami et Jake se retint de rire, pour ne pas faire du tort au Pirate.

-Je ne suis pas tout à fait d’accord, tu le juge pas  à sa juste valeur … répondit Jake à Dakota. Il ne tiendrait pas plus de trois minutes, mais c’est notre  ami, et même si ne le voit pas tout le temps, on a besoin de  lui autant qu’il a besoin de nous.

C’était  bien vrai, le Pirate avait besoin de  leur aide, non seulement  pour survivre, mais aussi pour qu’il se sente mieux dans sa peau. Mais  ils avaient besoin de  lui, tout du moins Jake avait besoin de  lui à ses côtés, car il avait confiance en lui. Cela faisait beaucoup trop de temps qu’il n’avait pas eu quelqu’un aussi digne de confiance que son ami le paranoïaque.

Il alla ramasser ses affaires, rangea tout ce qui était  tombé par terre avec la fouille du parano, et se dirigea vers le haut de la piste qui avait  fait  un blessé. Jake s’aventura sur la descente, faisant attention où il allait, et, pas  par pas, descendit la piste, en manquant plus d’une fois de finir comme Sydney. Le Pirate et la Phobophobe étaient désormais proches, et il courut sur la distance qui les séparait.

Ce qu’il vit plus loin, malgré ses expériences plutôt hors du commun, le terrifia. Un ballet macabre d’ombres se déroulait devant ses yeux, le coulant sur place. Il ne vit plus rien d’autre que sa peur. Le  froid l’ayant rendu encore plus vulnérable, il ne  pouvait  plus bouger. La  peur l’avait envahi.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 14 Aoû - 17:37

Par chance, Sydney n’eut pas à attendre bien longtemps pour que ses compagnons le rejoignent. Dans un sens, il n’avait pas dû être très difficile à pister mais ils auraient très bien pu ne pas le rejoindre et le laisser planté ici. Il était donc à la fois content de les voir arrivé – autant que faire se peut – et surpris même s’il ne montra rien. De toute façon, sa jambe lui faisait trop mal pour qu’il puisse ne serai-ce qu’esquisser un sourire sans qu’on en vienne à penser qu’il était constipé.
La fidélité de ses ‘amis’ devait tout de même avoir un prix puisque Dakota apporta avec elle une énième réplique désobligeante à laquelle le capitaine au bandana ne répondit que par un roulement d’yeux. Au moins, lui, il agissait… avancer était toujours plus constructif que d’éjaculer sur des gens.

Jake vint peu après ; seule présence que Syd’ tolérait encore un peu parmi tous ces fous. Si le voir allait presque rassurer le paranoïaque, l’expression qui vint déformer les traits du thermoréactif le fit se retourner pour voir ce que ce dernier fixait avec tant d’effroi. Dakota les avait remarquées aussi… des dizaines, peut-être même des centaines d’ombres regroupées ici, errantes, rampant sur le sol et déchaînant tous les éléments. Si la magie de Gloutoniskaïa était intrigante, celle des voyageurs une fois exposée à leur état pure était réellement effrayante. Comment la Terre pouvait-elle abriter tant de dégénérés mentaux ? Tous ces malades dangereux, ces fous à lier ayant perdu leur ombre et qui devraient venir ici pour la récuperer… Ils ne seraient forcément pas seuls.
- Ah ok… Là, c’est carrément flippant. Je vous préviens : je fous pas les pieds là-bas, moi ! T’as qu’à chercher ton ombre des yeux. Marquant une pause, il ajouta, plein de mauvaise foi : de toute façon, je peux pas bouger. Ma jambe me fait mal. C’est dommage !

À lâche, lâche et demi : la phobophobe n’osa même pas s’aventurer au milieu des ombres, elle non plus. Allait-elle enfin comprendre qu’à trop de témérité, on finit seulement par crever ? De la prudence, du bon sens ! Enfin !
- C’est ça, envoie ton piaf. Tant que ça m’évite d’aller soulever de la neige pour le bon vouloir de mademoiselle. Non, sans déconner… on pourrait pas reculer un peu ? Réfléchissez : y a au moins un millier d’ombre. Vous en déduisez quoi ? Un millier de tarés, de malades mentaux et autres psychopathes à la recherche de leurs ombres devront forcément passer par ici. Et je ne tiens pas à être là quand ils ramènerons leurs sales tronches !
De toute façon, il n’attendit le consentement de personne pour se relever et boiter une dizaine de mètres pour trouver un rocher enneigé haut de quatre ou cinq mètres contre lequel il s’adossa. Tout cela paraissait encore plus insensé que le reste ; il en avait même oublié pourquoi il devait accompagner Dakota. De toute façon, elle allait bien finir par mourir, non ? Le plus dur sera de décrocher Jake de son cadavre mais le pirate se dit qu’il trouverait bien un moyen d’y arriver.

Un millier d’âmes… condamnées à errer jusqu’à la fin des temps. Un millier d’hommes et de femmes, peut-être même des enfants… condamnés… à mort. Ce qu’ils observaient avec effroi, c’était avant tout des morts. Des morts qui ne l’étaient probablement pas encore ; un triste résidu de leur existence illégitime, exposant à qui voudrait les voir leurs pathologies les plus sordides. Que réclamaient-elles ? De la compassion, sans doute…
Le capitaine au bandana croisa les bras et détourna le regard. Aucune compassion pour les tarés ; de toute façon ils l’avaient bien cherchés ! « Pays des rêves », mon œil ! Un gros attrape-nigaud, un piège mortel, oui ! Sydney pensait avec mépris à tous ces gens tout en étant fier de ne pas être des leurs. C’était triste à dire mais ça ferait du bien à la planète.
Et pourtant, ce qui empêchait le pirate de se lancer dans une croisade contre les fous, c’étaient ces exceptions qui avaient croisées sa route. Il avait apprécié James, il avait enfin appris à faire plus ou moins confiance en Selene et Jake était sans doute ce qui s’approchait le plus d’un ami. Mais tous ceux-là l’avaient trahi. Sauf Jake, mais ça ne saurait tarder. S’il devait y avoir un holocauste, une purge des voyageurs, le pirate n’y participerait qu’en tant qu’observateur. Il serait complice d’un crime par refus de porter secours. Personne ne l’avait jamais aidé, lui. Personne n’avait été là pour lui quand il en avait besoin. Alors ils pouvaient bien tous courir, maintenant.

Il sursauta lorsqu’un « pssst ! » se fit entendre juste par-dessus son épaule. Il tourna la tête mais ne remarqua personne. Un bref coup d’œil en direction de ses amis lui affirma qu’ils n’avaient pas entendu ce bruit ; ils ne regardaient même pas dans sa direction. Ou pas à ce moment-là, tout du moins. Rassemblant son courage et ses forces, il contourna le rocher en claudiquant. De l’autre côté, une femme frêle l’attendait. Elle était maigre… si maigre… Ses rares cheveux roux semblaient avoir pour la plupart déserté son crâne et des tâches similaires à celles des vieillards contrastaient avec sa peau aussi blanche que la neige. Ses traits tirés révélaient également un manque de sommeil flagrant et les loques qui lui servaient d’habits étaient couvertes de sang.
Elle s’approcha, tremblante, et sortit sa main du qu’elle serrait contre elle. Le membre, aussi fin et blanc que les os qui apparaissaient en-dessous agrippa la chemise du paranoïaque qui fit instinctivement un pas en arrière. La femme s’approcha jusqu’à ce que leurs visages ne soient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Gêné, Sydney n’osa rien dire mais il voyait dans les yeux de cette femme toute la misère, la tristesse et le désespoir qui y habitaient. C’était trop ; il détourna le regard. D’une voix étouffée et chevrotante, elle s’adressa à lui :

- S-.. S’il vous plaît… Aidez-moi. Mes forces… me quittent, je n’ai plus beaucoup de temps. Mon ombre. Je sais que vous savez… Mon ombre… elle est ici… Aidez-moi à la chercher, je vous en prie !
Syd’ la regarda une nouvelle fois, sans bouger, sans retirer la main de sa chemise. Puis il répondit non. avant de tourner les talons pour s’en aller. La main de la femme lâcha prise et alors que le pirate s’en allait, il l’entendit chuter dans la neige. Se retournant à moitié, il hésita, scruta le fond de son âme, y cherchant un peu de pitié sans trop y arriver. Par chance, les fonds de tiroirs recelaient encore quelques miettes de compassion qu’il prit sans grandes conviction.

Une fois revenu auprès de l’intrigante personne, il s’agenouilla et la releva. Elle ne pesait rien, que la peaux sur les os.
- Vous aussi, vous avez une existence triste… Je vois ça dans vos yeux. Mais vous… vous allez vivre.
- Arrêtez un peu vos conneries… Là, je vous aide. Ça vous va ? Elle ne répondit pas. Elle venait de tourner de l’œil. Soudainement affolé, Sydney la secoua comme un prunier. oh ! OH !! EH ! Ah vous allez pas me crever dans les bras, quand même, hein ! Dites-moi ce que je dois chercher. Vous avez quoi ? Vous souffrez de quoi ? Il y en a des milliers, des ombres ! Laquelle est la vôtre !?
Rouvrant à peine les yeux, elle lui adressa un sourire presque désolé. Il est déjà… presque trop tard.. Cherchez… mes souvenirs. Interloqué, Sydney demanda : vos… souvenirs ?
- Je.. Cela fait longtemps… que je ne sais plus qui je suis. Mais depuis que je suis ici… je sais des choses… sur les gens. Des choses qu’ils ne savent pas eux-mêmes, Sydney.
- C-Comment connaissez-vous..? Rha, et puis merde ! Restez là, je reviens ! Et interdit de crever, c’est d’accord ?
- Merci, Sydney. Je sais qu’au fond de vous, vous n’êtes pas aussi noir que ce que vous laissez transparaître… Je m’appelle-Vous me direz ça plus tard. D’abord, je retrouve votre ombre.

Il ressortit de derrière le rocher aussi vite qu’il put. Sa jambe le faisait souffrir mais il s’en contrefichait.
- Jake ! JAKE !! Derrière le rocher, il y a quelqu’un. Donne-lui à manger et à boire ; une couverture n’importe quoi ! Je reviens. Aussi vite qu’il était arrivé, il repartit au beau milieu des ombres, inconscient des risques qu’il prenait en ce faisant. Pourquoi voulait-il aider cette inconnue ? Qu’avait-elle de spécial ? Elle savait. Elle savait des choses qu’il voulait savoir ; elle avait des réponses à ses questions, il en était intimement convaincu. Elle était peut-être… elle était forcément folle… mais Sydney sentait pour la première fois de sa vie qu’il pouvait être utile à quelqu’un qui méritait de vivre. Il ne lâcha rien et courait au milieu de ces cadavres sombres au milieu de la neige éclatante. Des souvenirs ? A quoi ressemblait l’ombre d’une amnésique – si tant est que ce soit de ça qu’elle souffre…

Entre temps, de l’autre côté du rocher, la jeune femme sombrait à nouveau dans le coma sans cesser de lutter pour autant.
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