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 Pas l'ombre d'un doute

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 23:03

Il fallait toujours que ça finisse comme ça, toujours. Impossible d’avoir une simple conversation avec lui. Il fallait des sous-entendus, des complots, des fourberies dignes de Scapin et des coups de poignard dans le dos. Si Dakota venait à commenter la météo y verrait-il aussi un quelconque motif perfide de manipulation ou pire, d’atteinte à sa personne ? Probablement, et c’était bien ce qui dépitait la blondinette à cet instant. Elle retira sa couronne de Méduse pour passer ses doigts dans sa chevelure blonde, s’étonnant presque de ne pas y trouver les cornes que Sydney persistait à y voir, avant de regarder le concerné avec une lassitude visible.

Les mots « tu es fatiguant » n’auraient pas été plus clairs que ce simple regard blasé. Soit elle n’avait pas effacé de son esprit l’espoir de lui faire signer ce foutu contrat, mais ses souvenirs avaient été évoqués sans aucune autre raison que le désir d’engager une simple conversation le temps que sa migraine se fasse la malle. Rien de diabolique en soit, ni de question cachée comme semblait le croire le paranoïaque. Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle venait le supplier à genoux ? Sa désillusion risquait d’être brutale.

- Un monstropoulpe c’est juste… une sorte de poulpe géant haut comme un immeuble de 5 étages capable de détecter les voyageurs. Et les tuer accessoirement. La police d’Elipse s’en est servie pour nous traquer, une fois, mais bon… pour le peu d’intérêt que tu y trouves je ne vais pas m’étendre plus longuement sur le sujet.

Un tic nerveux agita ses lèvres fines tandis que le reste de son visage restait impassible. Mais ce tressaillement à peine visible restait la preuve qu’elle restait humaine, au moins un peu. D’un geste machinal la gamine faisait tournoyer sa couronne de pacotille entre ses doigts les yeux rivés sur les fausses pierres précieuses rose bonbon qui renvoyait les feux de l’âtre encore rougeoyant.

Quoi dire, quoi penser surtout ? Tout semblait mener à des impasses. Chaque geste, chaque mot virait irrémédiablement à la confrontation et elle se sentait décidément trop fatiguée pour jouer ce jeu. Surtout qu’elle ne pourrait pas compter sur Mary pour une nouvelle « visite surprise » si jamais le rouquin se mettait en tête de bouder de nouveau. Il avait l’air d’attendre beaucoup d’elle sauf qu’elle n’avait fichtrement rien à dire. Demander ? Supplier ? Elle le faisait déjà bien assez avec son invocation pour se permettre de répéter l’exercice. Sa fierté l’aurait difficilement supporté.

- Et non je n’ai rien à te dire, enfin rien de particulier. Comme je n’arrivais pas à dormir et que le hasard a voulu que tu te lies d’amitié avec cette… table… je me suis dit qu’on pouvait tenter d’engager une conversation entre personnes civilisées. Mais si tu refuses… qu’est-ce que j’y peux ?

Elle haussa les épaules avant d’avaler une nouvelle gorgée du breuvage amer suivi d’une grimace explicite. Vraiment infect, mais quels médicaments ne l’était pas ?

- Je n’ai pas envie de me battre avec toi, j’ai déjà bien assez à faire. Le fait est que tu te plains que je ne te fasse pas confiance, raison pour laquelle j’ai voulu un contrat, mais toi tu me fais moins confiance qu’à n’importe qui. A chaque fois que tu me regardes j’ai l’impression que tu as devant les yeux une miniature d’Hitler ou l’incarnation de l’Armageddon. Mais tout ce que je suis c’est une fille de 13 ans qui ne va pas tarder à mourir si personne ne l’aide à retrouver une fichue ombre.

L’adolescente leva les yeux au ciel devant le ridicule de la situation. S’il existait un moyen pathétique de mourir c’était bien celui-là. Que lirait-on sur son épitaphe ? « Ci-gît Dakota Earnshow, elle n’avait pas l’ombre d’une chance de survie » ? Elle ne put s’empêcher de secouer la tête de dépit avant de lever ses yeux bleu pâle jusqu’au visage du pirate, espérant il lire une fois n’est pas coutume autre chose que de la méfiance. Le fait qu’elle offrait de son côté aussi peu de variété d’expressions ne lui effleura même pas l’esprit.

- Tu me détestes à ce point ?

Son regard ne cillait pas. Franc, direct, glacé. Le genre de regard qui n’admettait pas de silence en guise de réponse. Elle n’avait plus assez de temps devant elle pour s’encombrer de ce genre de pauses dans ses discussions.

- Tu ressembles beaucoup à James et Jules au moment de notre rencontre, sur plus d’un point.



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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 25 Juin - 21:27

Il n’avait pas envie de savoir ce que c’était, il l’avait dit, ça.. il l’avait dit, pourtant ! Eh ben non, il fallait – évidemment – que Dakota se fasse un malin plaisir d’expliquer quand même au pirate ce qu’était le monstropoulpe. Inévitablement, c’est avec un certain effroi dissimulé que ce dernier imagina la bête. ‘Pas une bestiole qu’il aimerait rencontrer, ce truc… Le cauchemar des marins : le Kraken !! Rien que savoir ce genre de monstre se trimballer aussi bien en mer que sur la terre ferme… Bon dieu !

Sydney avait déjà envie de mettre fin à cette conversation rien qu’à voir de quelle manière elle commençait. Il mit cependant de côté cette haine grandissante pour écouter la suite des réjouissances car après tout, il avait besoin d’un bouclier viable. Faire croire à Dakota qu’elle avait captivé son attention était un bon investissement, dans un certain sens. Il se contenta donc de poser ses coudes sur la table en croisant les mains devant sa bouche.

Pas bien plus aimable que la première partie, la seconde s’avéra pourtant plus difficile à supporter. Rester assis là et se forcer à ne rien répliquer était un véritable travail d’Hercule… Dak’ ne manquait vraiment pas d’air de venir la ramener après son assassinat commandité. Ça se paierait ; dans un futur plus ou moins proche, mais ça se paierait.

Un rire muet accueillit la description que faisait la mini méduse de leur relation sociale. A quoi s’attendait-elle !? N’avait-elle donc aucune conscience du mal qu’elle lui avait fait, des dangers qu’elle semait continuellement et des soucis qu’elle lui apportait ? Ce genre de personnes était vraiment impossible à vivre, mais le pire… oui, le pire c’était qu’elle s’étonnait encore d’être dépréciée à ce point ! On aurait dit que ça lui tombait dessus sans raison, dans son esprit… Bien que son rire fut sa seule réponse sur l’instant, le capitaine parano’ se demandait pourtant si elle pensait vraiment ce qu’elle disait. Elle ne ‘cherchait pas les conflits’..?
… Non, elle devait se ficher de lui, forcément. C’est pas avec ça qu’elle obtiendra sa signature, celle-là !

Même avec la conclusion de son show, la petite parano’ ne réussit pas à faire mourir le sourire du pirate jusqu’à ce qu’elle lui pose LA question. Hm… Cette franche rigolade méritait une réponse franche, au moins ça…
- Oui. répondit-il du tac au tac.

Il la laissa proférer ce qui ressemblait à une insulte dans sa bouche sans pour autant relever. En quoi Sydney Miles était comparable à James Brooks ? Bref. Sa réponse monosyllabique à lui serait peut-être insatisfaisante telle quelle ; aussi prit-il le temps de réfléchir à une tournure de phrase simple et pas trop offensante pour exprimer le fond de sa pensée :

- Si tu veux, j’en sais rien – et je m’en fiche aussi, de ça. Mais tu voulais ta réponse, je te la donne. C’est pas une preuve de confiance ? Si je t’avais dit non ça aurait été un mensonge. Bref, oui, je te « déteste » à ce point, et j’ai mes raisons. Je ne te supporte que par intérêt ; comme toi pour moi, donc dans un sens je ne vois pas pourquoi on jouerait aux hypocrites.

Soutenant le regard glacé de l’adolescente, le pirate ne voulait rien lâcher. Le fait de parler d’intérêt risquait grandement de faire réapparaitre le sujet sur les closes d’un énième contrat pour qu’il l’aide. Peut-être pouvait-on prévoir ce qu’allait répliquer la phobophobe à cela, mais il n’en avait pas envie, pour le moment. Elle venait pour « discuter », alors ils allaient discuter. Si le moment de vider les sacs était venu, alors que ça soit fait une bonne fois pour toute.

- D’ailleurs je suis sûr que tu me détestes aussi, alors ne dis pas le contraire. La confiance, ça doit être réciproque, sinon il n’y a rien. C’est pour ça que c’est chiant, d’ailleurs…
Mais bref. Retour à la case départ : j’ai besoin de ‘compagnie’ et tu as besoin d’aide. TU me tiens compagnie, et JE t’aide. Je vois pas pourquoi tu as besoin de compliquer ça !

Je t’énerve plus qu’autre chose, ça se voit, ça crève les yeux… moi je demande rien d’autre que partir ; au prochain groupe de voyageurs, je vous laisse, James et toi. Et Jake aussi, je vous laisse tous ; aucun souci
lança-t-il en écartant les bras comme pour prouver qu’il n’avait rien à cacher, rien à tirer d’une quelconque manipulation. Il ne manipulait pas, lui : il était moral.

Laissant retomber ses bras sur ses cuisses, il fixa la phobophobe ; en attente d’une réaction. Pas grand-chose à l’horizon, mais à force de canonner dans la flotte, il allait faire des remous, pour sûr.
- Alors c’est bon ? On peut enfin se faire ‘confiance’ ? Ou il te faut mon dossier médical et la présence d’un huissier de justice..? Je sais très bien ce que tu manigances : je sais que c’est toi qui as appelé l’assassin. Mais je suis sympa : j’en ferais rien. Qu’en dis-tu ?
Oui, c’était vraiment gentil de sa part. « trop bon, trop con » disait le proverbe, mais Sydney ne voulait pas entrer dans un jeu basé sur la loi du Talion – qu’il allait perdre de toute façon – et qui allait dégénérer en vendetta. Non, au lieu de ça il préférait forcer la main de la gamine grâce à la seule chose qui lui faisait défaut en lui pardonnant, l’obligeant ainsi à se montrer plus souple sinon reconnaissante. A voir comment ça se profilerait…

La nuit déjà bien avancée tira au pirate un bâillement, symptôme d’une fatigue assez prononcée. Fatigue physique mais aussi nerveuse, et cela ne signifiait qu’une seule chose : la longue journée qui l’attendait demain allait lui paraitre durer une éternité s’il avait la tête dans le brouillard comme ça. Pressé d’en finir avec cette mascarade sociale, ce sourire forcé qu’était sa discussion avec Dakota pour enfin pouvoir dormir sans craindre qu’elle le poignarde dans son sommeil – encore que, on est jamais sûr à 100%.
Le capitaine ressentait quelques signes d’impatience, comme l’intérêt soudain pour toute chose futile comme le verre de la blondinette ou la lumière du couloir. Bien que distrait, il l’écoutait pourtant : c’était un moment charnière dont l’importance ne lui permettait pas de jouer à l’enfant. Il laissait ça aux deux zigotos restés à Gloutoniskaïa.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 26 Juin - 9:21

Tellement de signification pour seulement 3 lettres…

Alors comme ça Sydney la détestait réellement ? C’était lui accorder bien trop d’importance, tout comme il s’en octroyait tout autant en supposant la réciproque réelle. Et pourtant rien n’était plus faux. Le haïr ? Oh voyons, c’était tout bonnement ridicule. Dakota se contentait de voir en lui l’utilité d’une plante verte. Limité, globalement décorative mais tout sauf nécessaire et dont la disparition ne provoquerait ni peine, ni joie. Si seulement il avait pu se montrer dangereux ou serviable l’adolescente aurait pu réviser son jugement mais dans l’état actuel des choses elle était bien loin d’éprouver quoi que ce soit d’intense pour le pirate, dans le bon ou le mauvais sens.

Et comme si se fourvoyer ne suffisait pas il appuyait très largement sur la notion de confiance. La confiance… l’espérance ferme, l’assurance envers une personne ou une chose comme le disait si bien les dictionnaires. Comment pouvait-il croire une seule seconde qu’elle puisse la lui accorder ? Elle ne se l’accordait même pas à elle-même, trop consciente de la faiblesse engendrée par sa phobie. Quant à croire qu’il la lui donnait généreusement c’était un mensonge si gros que la blondinette manqua de s’étouffer avec sa salive.

- Je n’ai jamais vu quelqu’un se fourvoyer autant… j’hésite entre être impressionnée ou dépitée. Je ne te hais pas, pas plus que je t’aime. Je refuse d’accorder autant d’importance à quelqu’un qui ne m’apporte rien. Pour te détester il aurait fallu que je vois en toi une nuisance ou une menace et, malgré tout le respect que je te dois, tu es bien loin de ces deux cas de figure.

Elle pencha légèrement la tête de côté avant de la secouer comme si elle avait entendu quelque chose de parfaitement stupide. Peut-être simplement parce que pour elle c’était réellement le cas.

- Et n’essaye pas de me faire croire que tu me fais confiance. Preuve en est, tu crois que je m’amuse à engager des tueurs pour te les envoyer. J’ai mieux à faire de mon argent et quitte à payer un clampin quelconque je l’aurais envoyé chercher mon ombre et pas te réveiller pour que tu écourtes ma nuit. Non seulement ce genre de jeu ne m’amuse pas, mais je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre de sottises.

La gamine laissa courir son index sur le bord humide de son verre, provoquant une note de musique qui résonna dans le rez-de-chaussée désert. Concrètement elle n’avait pas mentis étant donné qu’elle n’avait engagé personne, mais demandé gracieusement à son invocation de faire le boulot à l’œil, et c’est cette certitude de dire vrai, au fond, qui lui permettait de mentir avec autant de contenance. Ses yeux bleus braqués sur ceux du pirate comme des canons de révolvers elle tentait de discerner la subsistance de chances même minimes de collaboration. Le résultat n’était pas probant.

- J’aimerais te faire confiance, vraiment, mais ça m’est impossible. Je commence à connaitre tes réactions et je sais déjà ce qui m’attend si je décide de partir à la recherche de mon ombre avec ta parole comme seule garantie. Elle n’a de valeur que dans un monde où le danger n’existe pas. Tu fuis au moindre semblant de danger, et ici il n’y a que ça. Partout, à chaque tournant, sous chaque pierre qui croise ta route, juste derrière ton dos. La marchand de sable n’est pas notre seul ennemi et dès que l’un d’eux pointera son nez tu fileras sans demander ton reste. Sans contrat tu ne tiendras pas 5 minutes et je suis censée croire en toi aveuglément ?

Ce genre d’argumentaire aurait probablement tenu face à James ou Jake, ou même Selene mais pas elle. La naïveté l’avait fuis depuis de longues années déjà malgré son jeune âge et elle voyait parfaitement ce que Sydney s’évertuait à nier. Sa paranoïa le rongeait. Elle le paralysait plus efficacement que des chaines solides, impossible de confier aveuglément son avenir à des mains qui ne pouvaient que se dérober à la première occasion. Elle avait bien peur d’en avoir peur.

Même si Dreamland lui avait permis – ou plutôt l’avait forcé- à s’exposer à l’inattendu et à ses angoisses multiples Dakota était loin d’être prête à se lancer à corps perdu dans le vide sans même un filin pour la retenir. Le pirate aurait dû comprendre ça, après tout lui aussi était passé maitre en méfiance et en prudence, mais encore aurait-il fallu qu’il réalise le problème dont il souffrait. Utopie, pensa la phobophobe en levant les yeux au ciel.

- J’aimerais pouvoir te croire. Ça me faciliterait grandement la vie. Mais le fait est que toi comme moi doutons de l’autre et on ne peut arriver à rien dans ces conditions. Lier tout ça par un contrat était la manière la plus sûre pour toi comme pour moi de se garantir que l’autre ne lui ferait pas faux bond. Pour ma part je suis prête à te protéger en cas de danger si je peux avoir la certitude que tu ne détaleras pas comme un lapin à la moindre occasion.

Chouette choisit ce moment pour taper au carreau de plusieurs coups de becs rageurs comme pour signifier à sa propriétaire qu’elle avait assez passé de temps dans le blizzard pour la prochaine décennie. L’adolescente se leva pour aller lui ouvrir et détacha de la patte du volatil un message qu’on lui avait envoyé en retour. Dès la première ligne elle fronça les sourcils, profondément contrariée.

Alors la toquée était revenue ? Et pourquoi était-elle celle qui lui renvoyait une réponse ? La crainte qu’il ne soit arrivé quelque chose à James la prit au ventre et ses mains se crispèrent sur la feuille, malmenant le papier. La peur d’avoir peur que la rouquine ait encore usé de sa bague s’insinuait avec elle avec force et elle dû inspirer profondément pour recouvrir un semblant de calme alors qu’elle reprenait place sur sa chaise.

- La cavalerie arrive, grommela-t-elle alors qu’elle cherchait des yeux un stylo pour écrire sa réponse.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 27 Juin - 16:43

- Ne me fais pas le coup de « je ne te hais point », s’il te plaît. Tu as tenté de me tuer trois fois. Deux, si je compte en étant sympa. Alors excuse-moi, mais c’est un peu à mon tour d’être dépité par tes âneries.

Inhumain. C’était tout bonnement inhumain d’être aussi irréfléchi que cette gamine. Si on l’écoutait, elle avait toujours raison sur tout, mais elle était complètement déconnectée de la réalité. Triste spectacle pour le pirate que la conversation commençait d’ailleurs à agacer profondément : c’était stérile et polémique, ils n’arriveraient jamais à rien ; espérer trouver un terrain d’entente était utopique.

Dakota s’évertuait cependant à tenter de convaincre le corsaire par tous les moyens. Pourquoi faire, alors qu’elle reconnaissait elle-même que ça serait impossible ? Ça n’était pas à lui de faire des efforts ! Les contrats, il n’en voulait pas. La confiance, il ne pouvait pas la donner alors qu’elle ne faisait rien pour que ça soit réciproque.
Quoi qu’elle puisse dire, Sydney savait qu’elle était responsable de cette tentative d’assassinat qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt. D’une façon ou d’une autre, c’était forcément sa faute à elle. Et quand bien même elle n’aurait pas engagé ce type, c’était sa faute quand même s’il avait attaqué le corsaire : si elle avait pris soin de son ombre ou n’était pas revenue ici, rien de tout ça ne serait arrivé, pas vrai ? Comment voulez-vous aider une personne comme ça..?

Il haussa les épaules en signe de dédain lorsque la méduse miniature lui annonça avec une mauvaise foi certaine que « ça lui était impossible », et bla bla bla. C’est une question de volonté, rien de plus ! Si elle ne ‘voulait’ pas, comment pouvait-elle espérer que lui le veuille également..? Seul un esprit parfaitement illogique tel que le sien était capable d’un tel argument.
Evidemment qu’il allait s’enfuir, voyons ! Il tenait à la vie, lui. Pourtant, l’idée d’être protégé par Dakota le rassurait un peu, dans un sens. Même si ça n’était qu’une fourbe manipulation pour lui faire croire qu’elle était son alliée, cela lui octroierait tout de même une protection optimale pendant un temps. Mais encore une fois, s’il voyait à présent l’utilité d’un contrat pour s’assurer qu’elle le fasse bien, il ne signerait rien. Il ne lâcherait rien.

- « J’aimerais », « j’aimerais »… Pourquoi ça sonne aussi faux, à mes oreilles ?
Non, sérieusement… Tu ne fais pas beaucoup d’efforts, c’est pas très engageant ! Admettons que tu aies une raison valable de ne pas me faire confiance, j’ai mes raisons aussi, encore une fois. Je ne signerai jamais un contrat avec toi. Sur ce coup-là, tu vas devoir jouer selon MES règles. A la parole. Si tu me protèges comme il faut, je t’aiderai, promis. Par contre… si je sens que tu n’es pas très coopérative, je ne garantis rien. Je veux bien te croire, quand tu dis qu’il y a du danger partout, mais à qui la faute ?


Aucun bout de papier, aussi formel et ratifié soit-il ne pourrait mettre pleinement en confiance le capitaine au bandana. Il y aurait toujours une faille, une zone d’ombre, un terme ambiguë que ne manquerait pas d’exploiter la phobophobe pour le trahir. Si contrat il y avait, trahison il y aurait : c’était un axiome universel, le prouver était inutile.

L’oiseau de Dakota revint enfin, tirant le pirate de ses pensées en le faisant sursauter ; reste de stress hérité de l’attaque de la nuit.
Au moins, il n’était pas mort de froid, mais avait-il seulement trouvé ses destinataires ? Sydney laissa la phobophobe lire sa lettre sans rien dire, avide d’une réponse, quelle qu’elle soit.
Les garçons avaient reçu le message et arrivaient bientôt, apparemment. C’était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne parce que 3 boucliers valaient toujours mieux qu’un demi, mais mauvaise parce que cela risquait de bousculer un peu les plans du duo paranoïaque.

- Bien, répondit-il sur un ton assez neutre. Alors ?
Qu’est-ce qui se passera, quand les deux zigotos arriveront ? Tu me lâcheras comme une vieille chaussette, ou bien notre marché tiens toujours ? Concrètement, si tu les as eux, tu n’as plus besoin de moi… si j’ai bien compris.


Sydney était quand même un peu déçu, paradoxalement. L’arrivée de leurs compagnons allait tout faire rentrer dans l’ordre, retour à la case départ. Mais qui dit retour à zéro, dit oblitération du pacte également, et lui comme elle continueraient à se détester pour le meilleur et surtout pour le pire.
A quelques minutes près il aurait pu savoir s’il pouvait compter un minimum sur la blondinette. Mais maintenant, elle reprenait l’avantage et la décision n’appartenait qu’à elle, une nouvelle fois.
Sydney était vraiment malaimé, dénigré, détesté. Alors que la phobophobe ouvrait la bouche pour lui répondre, il était prêt à parier qu’elle allait refuser son offre de façon définitive ; il n’aurait plus qu’à s’exiler ou bien suivre le groupe quand même, la queue entre les jambes, défait et méprisé.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 27 Juin - 20:47

Contrariée. Oui, c’était exactement comme ça qu’elle se sentait, et il lui fallut une bonne minutes pour comprendre que ce n’était pas à cause de l’attitude désespérante de Sydney mais tout simplement parce que James ne lui avait pas répondu. Avait-il seulement lu sa lettre ? Coincé entre Jake et Selene qui ne voyait en lui qu’un morceau de viande il lui était probablement impossible de prendre des initiatives, à commencer par celle de lire la lettre qui lui était adressée. « A moins que ce soit lui qui n’ai pas voulu lire ta lettre ? » susurra perfidement sa conscience alors que les doigts de la phobophobe se crispaient un peu plus sur le papier.

La peur d’avoir peur de mourir seule l’étreignit de nouveau, ses bras glacés comprimant l’étroite poitrine de Dakota qui commençait à suffoquer. Et le pirate qui s’inquiétait d’être abandonné sur le bord de la route comme un chien au départ des vacances ! C’était risible, risible, risible…

L’air commençait à avoir du mal à franchir de corridor de sa gorge serrée, et l’impression de suffoquer fut bientôt si forte que la blondinette manqua de tourner de l’œil. C’était dans ce genre de moment qu’elle optait pour la claque anti-hystérie, mais devant Syd’ cet acte était inconcevable. Alors quoi ? Prendre le risque d’avoir peur d’avoir peur d’étouffer réellement ? C’était à s’en taper la tête contre les murs. Sa respiration sifflante commençait déjà à trahir son malaise grandissant, aussi tenta-t-elle de répondre pour retrouver un minimum de self-control à défaut de réussir à le restaurer en silence.

- Non, je ne te « lâcherai » pas. Je n’ai qu’une parole. Quand je projette de changer d’avis je ne m’encombre pas de parole donnée, sa difficulté respiratoire lui arracha une quinte de toux qu’elle tenta d’ignorer en conservant un masque d’impassibilité, Je viens d’une famille d’hommes d’affaires et respecter un accord est l’une des rares notions d’ordre morale qu’ils ont daigné m’enseigner.

Sa main droite avait lâché la lettre pour venir masser sa poitrine à l’endroit de son cœur qui s’était emballé. Dakota réalisait à peine son geste tant elle était concentrée sur le fait de respirer. Jamais un acte aussi anodin n’avait semblé si difficile.

- Quelle est l’expression déjà ? Ah oui : plus on est de fous plus on rit. Je suppose que ce proverbe est d’autant plus réel ici qu’ailleurs. J’ai besoin de tous les bras disponibles pour ne pas mourir, et à vrai dire si je me fiche bien de vivre seule, l’idée de mourir sans personne ne me réjouis pas. Si jamais nous venions à échouer tu serais une compagnie tout à fait acceptable pour des derniers instants.

Elle daigna enfin lever les yeux vers le paranoïaque et ajouta après une pause à peine perceptible :

- Enfin, je crois. Bref, l’idéal serait de ne pas avoir à mourir, alors je compte sur toi.

Sa tête commençait à tourner et la seule chose qu’elle désirait à cet instant était d’échapper à cette conversation interminable, de rejoindre sa chambre et de se calmer par tous les moyens possibles y compris ceux non montrables en public. Elle se mit debout et prise de vertige s’effondra aussitôt. Son front heurta le plancher dans un bruit sourd et elle roula sur le dos, sa main plaquée contre la plaie légère qui venait de s’ouvrir juste au-dessus de son sourcil droit.

L’adolescente pesta en tentant de se lever mais abandonna rapidement. Le monde lui donnait l’impression de tourner comme une centrifugeuse et le simple fait d’ouvrir les yeux lui donnait la nausée, alors de là à se remettre debout… Dakota ferma les yeux le temps que ses sens se calment, l’incident ayant au moins eu le mérite de dissiper un peu la panique qui la gagnait progressivement comme une infection virulente.

Après être restée quelques secondes dans cette position il lui sembla entendre un chuintement dans les escaliers en provenance du premier étage. Quelque chose comme du sable. Du sable ? Le souvenir de la bibliothèque lui revint comme une claque alors qu’elle ouvrait brutalement les yeux pour chercher à regarder dans la direction du bruit. Un mince filet ocre dévalait les escaliers alors que des pas commençaient à résonner sur le palier de l’étage supérieur et à cette vue la phobophobe s’accrocha à la première chose qu’elle trouva –la jambe de Sydney- pour se remettre debout.

Il était là. Il était venu pour achever ce qu’il avait commencé. Lui où ses sbires cela revenait au même, le fait est qu’elle avait sous-estimé le danger en ignorant les alertes de son camarade et qu’ils risquaient d’en payer le prix fort. Sa main se refermant sur le poignet du pirate elle leva ses prunelles glacées vers lui alors qu’elle plaçait son index sur ses lèvres pour imposer le silence. A peine audible elle murmura alors :

- Silence… je crois qu’on devrait vraiment se trouver un endroit où se cacher, et vite. Un endroit plus optimal qu’une table, ajouta-t-elle pour palier à toute proposition idiote.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 30 Juin - 15:21

Donner sa parole en invoquant ses origines capitalistes, c’était un peu paradoxal, mais bon… que répondre à ça ? Pour une fois, ça semblait sincère, et Sydney n’allait quand même pas voir le mal absolument partout ; ça serait un coup à tomber dans la paranoïa..
Même sous le coup de l’émotion ou quoi que ce soit, Dakota restait indéchiffrable. Se fichait-elle de lui indirectement, ou bien était-elle sérieuse ? Aucun moyen de le savoir. Par contre, la lecture de la lettre avait mis la phobophobe dans tous ses états, mais n’ayant pu la lire lui-même, le pirate ne pouvait pas vraiment deviner pourquoi. Une mauvaise nouvelle qu’elle aurait ‘oublié’ de lui dire, sans doute.

Toujours assez méfiant, Sydney faillit prendre comme une insulte le proverbe que citait Dakota. Mais n’étant pas fou, il finit par conclure qu’elle ne parlait que d’elle et des garçons. Quoique… Elle le pensait cinglé, lui aussi, alors…
C’était vraiment frustrant. Que devait-il faire, avec ça sur les bras ? Clamer haut et fort « je ne suis pas fou » ? Mais tous les fous disent ça ! Jouer le jeu ? Ça serait lui donner raison.
Le corsaire choisit finalement la solution de facilité : passer outre et faire comme si de rien n’était. C’était encore ce qu’il y avait de mieux à faire.

Et quelque part, il eut bien fait. Si la réticence était le maître mot depuis l’évocation d’une éventuelle coopération, l’aveu soudain de la blondinette réussit à atteindre le cœur de pierre du pirate. Concrètement, ça n’était pas une marque d’affection grandiose, mais venant de Dakota… ça signifiait sans doute beaucoup.
Sydney représentait une « compagnie tout à fait acceptable »..? Fixant la phobophobe dans les yeux, le capitaine au bandana ne trouva rien à dire, rien à faire.. Il ne s’était pas du tout attendu à une telle déclaration. A tel point qu’il en oublia même d’appliquer son éternel paradigme du « elle se moque de moi ? ».

« L’idéal »… Comment faisait-elle pour garder espoir dans une situation pareille..? Enfin.. elle n’était qu’une gamine, après tout. Les morts en sursis savent se surpasser grâce à cet espoir de repousser l’inévitable ; c’était presque émouvant. Presque.
- Hm… Je ferai ce que je peux, conclut-il d’une voix neutre. Ça voulait dire ce que ça voulait dire : il ferait vraiment ce qu’il pouvait, même si lui était bien moins optimiste que Dakota.
Il essayait de ne laisser passer aucune émotion, aucune réaction, mais son silence en disait bien plus long qu’un discours de 2h. C’était comme s’attacher à un animal de compagnie à l’article de la mort ; il se faisait du mal, rien de plus. Et pourtant, il ressentait presque l’envie, le besoin d’aider la gamine. Pourquoi ? C’était bien la première fois depuis longtemps qu’il faisait passer les autres avant lui… Décidément, il ne s’arrangeait pas.

Il fut tiré de sa petite introspection alors que la méduse se levait de table avec la grâce d’une vieillarde infirme et alcoolique.
Elle tomba… mais Sydney ne réagit pas. Il observait sans rien dire la fillette affalée au sol tenter de se relever. Quelque part, c’était nécessaire. Pour eux deux.
Lui, parce qu’il avait besoin que justice soit faite pour pouvoir faire confiance à la phobophobe et l’aider dans sa quête ultime. Elle, parce que son orgueil déjà blessé par la chute le serait encore plus si le pirate l’aidait.

Une nouvelle fois, le corsaire servait de porte-manteau ou de rampe d’escalier ; à croire que Dakota était autant habituée à la jambe de Sydney que ce dernier l’était aux bancs.
Il la laissa faire sans rien dire et tendit l’oreille suite à la remarque de sa compagne de route. Ce qu’il avait d’abord prit comme le frottement des habits de la phobophobe contre le sol lui renvoya un écho familier alors qu’il lui semblait voir quelque chose couler des escaliers…

Du sable ! C’était du sable !! Le dieu vengeur de Dreamland les avait suivi ; l’assassin, les terroristes et tout le reste, c’était donc ça !
*J’en étais sûr, je le savais !*
Sydney se leva aussi discrètement que possible, attrapant au passage le poignet de Dakota pour l’emmener derrière le comptoir. Depuis son expérience en tant que serveur au bar, il avait compris la véritable utilité de ce genre de trucs : un bouclier en bois massif.

Il s’assit dans l’ombre, dos au comptoir et tira le poignet de la gamine pour la forcer à faire de même.
D’où ils étaient, ils ne pouvaient qu’entendre les bruits de pas, mais s’ils ne verraient pas leur assassin, ce dernier ne les verrait probablement pas non plus, à moins que ce dernier soit doué de pouvoirs, lui aussi… Ou qu’il se soit servi de caméras de surveillance ?

Se tournant vers Dakota, le paranoïaque lui chuchota :
- Tu me crois, maintenant, quand je te dis qu’on est pas en sécurité ?
C’était une preuve en béton, ça. Elle ne pourrait plus nier l’évidence, mais la raison de la présence de ce tueur échappait toujours au pirate. Son but était évident : se débarrasser du duo de voyageurs. Mais pourquoi eux, pourquoi ici ? L’hypothèse selon laquelle ce dernier aurait été engagé par Dakota devenait peu plausible, quand bien même elle aurait perdu le contrôle de son employé.

Sydney était donc forcé de considérer la phobophobe comme une alliée, pour cette fois au moins : ils étaient dans le même panier.
Planqué derrière le comptoir, le duo pouvait entendre les bruits de pas sur le sol du rez-de-chaussée. Lents et inquiétants, ils donnaient l’impression que l’envoyé du Marchand de Sable jouait au prédateur, s’amusant à faire paniquer ses proies.
Les pas s’arrêtèrent tout près de la cachette de Sydney et Dakota, mais comment savoir s’ils étaient repérés ou non ?? Par mesure de précaution, Sydney tira à nouveau son coupe-papier de sa ceinture, se félicitant encore une fois au passage d’avoir eu l’œil en choisissant cet objet comme récompense.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 30 Juin - 18:41

Entendre Sydney lui dire qu’il ferait tout ce qu’il pourrait, en ayant l’air sincère qui plus est, était passé au second plan dans l’esprit de la phobophobe. Tout le premier était occupé par les bruits de pas qui s’approchaient avec une lenteur affligeante comme si l’homme qui rodait jouait volontairement avec leurs nerfs. Elle ne se fit pas prier lorsque la main du pirate se referma sur son poignet pour l’entrainer derrière le bar. A vrai dire elle était trop effrayée par l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes – et estomaquée par le fait que le parano’ ne l’ait pas laissé en arrière en ne se souciant que de sauver sa peau- pour prononcer le moindre mot.

Adossé au comptoir Dakota tentait désespérément de se concentrer sur la sensation des doigts refermés sur son avant-bras. Tout était bon pour échapper au vacarme assourdissant de son cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine douloureuse, anarchiquement et si fort qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur d’avoir peur que l’envoyé du marchand de sable ne l’entende. C’était absurde, personne ne pouvait percevoir un tel bruit. Sauf que… on était à Dreamland. Ici plus rien n’était assez ridicule pour être catalogué d’impossible. C’était d’ailleurs probablement pour ça que la surdouée avait l’intime conviction qu’elle ne se ferait jamais totalement à ce monde parallèle, bien trop farfelu pour son esprit terre-à-terre.

Au chuchotement de Sydney elle tourna vers lui son regard glacé, un peu moins impénétrable qu’à l’accoutumée. Son masque d’indifférence ce craquelait sous l’effet de l’angoisse grandissante et elle recollait les morceaux du mieux qu’elle pouvait pour conserver ce qui lui restait de décence.

Si elle le croyait ? Bien sûr qu’elle le croyait. Il aurait fallu être d’une mauvaise foi sans borne pour continuer à nier alors qu’un clampin se baladait à deux pas avec sa rivière de sable personnelle. Dak’ acquiessa lentement non sans jeter des coups d’œil emprunts de stress vers l’extrémité du comptoir, juste au cas où l’agresseur se serait mis en tête de le contourner pendant leur « discussion ». La peur d’avoir peur d’être entendue l’ébranlait déjà, mais après tout le pirate avait déjà parlé non ? Une fois ou deux, ça ne changerait pas grand-chose à la suite du programme.

- Je te crois. Jusqu’à maintenant je ne pouvais que douter, je suis du genre à avoir besoin de preuves tangibles comme… comme ça, souffla-t-elle en indiquant du pouce l’espace situé de l’autre côté du bar.

Mais pour le coup elle s’en serait très bien passée. Surtout que l’homme semblait s’être arrêté juste de l’autre côté de l’obstacle de bois. Le seul bruit brisant le silence était le crissement du sable s’écoulant sur le parquet et l’image de l’œil s’imposa à la blondinette. Et si la rivière sablonneuse était en train de contourner leur abri ? Et si le regard de l’incarnation même de DL se posait de nouveau sur elle. « JE TE VOIS »… ces mots ne l’avaient plus quitté depuis la bibliothèque. Cette impression qu’où qu’elle aille il serait impossible de lui échapper, collant à ses basques comme un vieux chewing-gum.

Une vague de défaitisme lui fit ployer l’échine sous cet afflux de pensées alarmistes. A quoi bon fuir ? Ils n’étaient que des fourmis prêtes à être écrasées sous la semelle d’un Dieu fou. Ils pourraient grappiller quelques jours, quelques mois peut-être, puis son bras vengeur s’abattrait sur eux, tous autant qu’ils étaient. L’hypothèse qu’il les laisse s’échapper volontairement pour prolonger le jeu n’était pas non plus absurde et l’idée de n’être qu’un jouet entre les mains des puissants était insoutenable.

Sa poitrine se soulevait spasmodiquement alors qu’elle perdait définitivement son combat contre la panique. L’envie de mourir de sa main pour abréger ses souffrances lui traversa l’esprit mais elle se raccrocha à sa promesse au pirate. Elle avait dit le protéger contre son aide non ? La moindre des choses était de tenir parole. Et si elle mourrait… et bien ce ne serait qu’achever le travail qu’elle n’avait jamais réussi à mener à terme. Ses poings se serrèrent pour retenir ce semblant de détermination en elle alors qu’elle envoyait l’un de ses serpents en observation.

Le reptile se dressa, droit comme un périscope, et émergea du comptoir de quelques centimètres. Ses yeux verts détaillèrent le rez-de-chaussée avant qu’il ne redescende dans un sifflement à peine audible. La phobophobe ne parlait bien sûr pas le langage des serpents, ces idioties comme le fourchelang ne pouvaient subsister que dans des romans, mais elle avait déjà sa petite idée sur la manière dont s’informer de ce qu’avait aperçu sa couronne. Le reptile se tortilla devant ses yeux et à bien y regarder on discernait ce qui ressemblait à une lettre. Une autre suivit alors, puis une suivante, et ce jusqu’à ce que le message soit passé. Une raison de plus de ne pas regretter son achat exorbitant, le tout étant d’optimiser l’utilisation de ses possessions. C’était d’ailleurs le principal problème des gens : ils étaient parfaitement incapables d’exploiter leur potentiel et celui de leurs objets.

U… N… H… O… M… M… E… S… E… U… L... … B… E… D… O… U…I…N… … C… I… M…E… T… E… R… R… E… … H… U… M… A… I… N… ?

Les sourcils froncés, Dak’ essayait de faire le vide dans son esprit. Si sa chevelure à écailles disait vrai, ils n’avaient face à eux qu’un homme armé et une poignée de sable. S’ils tuaient le sbire d’une morsure, est ce que l’amas ocre se mettrait à vivre ou à s’étendre à l’infini comme à Gloutoniskaia en apportant son lot de bestioles venimeuses ? Impossible de le savoir mais vivre trois semaines cachés derrière un bar n’était pas acceptable.

- Je vais tenter de l’empoisonner. Si ça ne marche pas… cours, murmura-t-elle à l’adresse de Sydney alors qu’elle repliait ses jambes sous elle pour pouvoir se lever d’un bond.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 2 Juil - 15:57

« Je ne pouvais que douter »… QUE douter… C’était bien une autre preuve que Dakota n’était pas prête à faire confiance au pirate. Quelle belle coopération cela ferait, assurément… Sydney se sentait un peu seul ; seul à faire des efforts, seul à faire quoi que ce soit d’intelligent, d’ailleurs. Comme rester planqué, par exemple.

Oh oui, car il sentait venir l’abordage, y avait baleine sous gravillon. D’un instant à l’autre la phobophobe allait bondir sur l’envoyé du Marchand de Sable, réduisant ainsi à néant leurs espoirs d’échapper à leur triste sort.
D’abord elle avait envoyé un de ses reptiles capillaires en reconnaissance, tel le périscope d’un sous-marin. Par contre, le pirate ne comprit rien du tout du rapport que ce dernier fit à sa propriétaire. Fallait-il y voir des indications ? Des directions ? Des mouvements, ou.. des lettres ? De toute façon, c’était un peu trop tard pour rectifier le tir ou empêcher la méduse miniature de commettre un suicide stupide.

- Dakota… Tu ne comptes tout de même pas faire ce à quoi je pense..?
Eh bien si, et même plutôt deux fois qu’une. Aussi surprenant que cela puisse être, la gamine ‘autorisa’ le corsaire à fuir en cas de pépin. Outre le côté touchant et généreux de l’offre, c’était un beau foutage de gueule, encore une fois. Pourquoi diable signer un contrat si au final elle lui permettait de faire le ‘lâche’ comme d’habitude ? Preuve que surdoué ou non, à treize ans on ne sait pas ce qu’on veut. Enfin bon… il n’allait pas la contredire, sur ce coup-là.
- T’en fais pas pour moi, répondit-il simplement.

Avouer qu’il se carapaterait au premier problème venu ? Hors de question. Et puis il avait donné sa parole, aussi… Mais il avait pas payé pour ça ! On lui avait demandé de chercher une ombre, pas les problèmes !
Il ne savait pas si son coupe-papier se retransformerait ou pas, mais au pire il lui servirait toujours de poignard. Restait à espérer que l’ennemi ne soit pas trop lourdement armé. D’ailleurs si ce dernier était composé essentiellement de sable, est-ce que le poison lui ferait le moindre effet ? Pas plus qu’une dague, en tout cas !

Comptant sur l’effet de surprise, Dakota jaillit de derrière le comptoir tandis que le pirate, toujours accroupi, tentait de faire le tour. Essayer de prendre le sablonneux à revers pouvait s’avérer payant, sait-on jamais.
Depuis son abri, Sydney jeta un œil pour savoir à peu près à qui il avait affaire. Plus que le personnage en question, ce fut l’arme qui interloqua le corsaire. Avec son canif à deux francs cinquante, il ne faisait clairement pas le poids.

Devait-il courir et lui planter sa dague entre les côtes ? Après tout, qui ne tente rien n’a rien.. D’un autre côté, si Dakota souhaitait l’interroger… Mais non c’était impossible ; ça serait de la pure folie que de croire qu’on pouvait soutirer quoi que ce soit à ce genre d’hurluberlu.

Fonçant tête baissée, le capitaine au bandana profita du fait que l’assassin soit aux prises avec les serpents pour venir lui plaquer la dague sous la gorge.
Ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer. Il n’allait pas tuer un homme mais un tas de sable démoniaque. Rien de plus. Et puis avec le venin qui coulait dans son corps, le malheureux était déjà fini.

En opportuniste, Sydney arrivait tout de même un peu après la bataille. C’était mieux que rien, non ? Au moins on ne pouvait pas l’accuser de n’avoir rien fait !
Un blocage psychologique l’empêcha de trancher la gorge, de peur de voir du sang ; de peur de tuer lui-même. Au lieu de ça, il patienta, laissant au poison le temps de faire son effet en empêchant par la même occasion la victime de bouger ou de tenter quoi que ce soit contre Dakota.
Au bout de quelques secondes, le paranoïaque entreprit d’arracher l’arme des mains de son propriétaire et faire quelques pas en arrière.

- Eh ben celui-là il est bien loin de chez lui.. Logique : marchand de sable / désert…
Il reporta son attention sur l’épée qui affichait sur lui un air de parfait pirate. Il était comme un gosse avec un nouveau jouet entre les mains, les yeux brillants et le sourire au coin des lèvres.
- Eh.. tu crois que je peux la garder ? Elle est super !

Ce fut seulement après coup que ses paroles lui rappelèrent le côté enfantin de James ou encore Jake. Sauf que eux, ils étaient tout le temps comme ça…
La proximité avec les gens lui faisait du mal, quand même. Moralité de l’histoire, pour rester soi-même, il faut rester seul. En parlant de social, il avait comme le pressentiment que Dakota voudrait lui prendre l’épée et la garder pour elle seule. Comme par hasard, dès qu’il s’intéressait à un gadget – ce qui était assez rare – il fallait qu’on lui prenne.

Tout en admirant sa part du butin, il revint d’un coup à l’essentiel, comme si le choc était déjà passé :
- Hm alors, au niveau des chambre : toujours pas tentée par un partage ? Des fois qu’il ne soit pas seul dans la région. J’aimerais pas me retrouver nez à nez avec un de ses copains, si tu vois ce que je veux dire.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 2 Juil - 17:16

Le silence c’était fait d’autant plus pesant, même le sable avait cessé de couler. A croire que le tueur avait eu vent de ses projets et l’attendait de pied ferme son cimeterre à la main. La vision d’un touareg dont seul le regard cruel était visible, sa lame entachés du sang d’autres personnes – une, dix, cent, mille… - et prête à s’abattre sur son crâne pour le fendre en deux comme une pastèque. Elle voyait déjà son cerveau s’échapper, bouillasse grisâtre qui ne serait plus jamais apte à penser alors que son corps secoué de spasmes retomberait sur le sol comme une poupée de chiffon. Elle pouvait même voir la mare d’hémoglobine s’étendre sous son corps sans vie, gagnant centimètre par centimètre du terrain sur le plancher en s’insinuant dans chaque fente, chaque rainure…

Ses jambes manquèrent de ployer sous elle alors que son désir de combattre s’enfuyait bien vite remplacé par celui impérieux de fuir. Courir droit devant elle sans se retourner, jusqu’à avoir mis un bon millier de kilomètres entre le danger et elle. Sauf que le danger était partout, ici comme ailleurs, et qu’elle n’avait pas d’autre choix que de se tenir à ce qu’elle avait décidé.

Les mots de Sydney furent la goutte de trop. Il l’avait entendu, il avait accepté son choix… impossible de faire marche arrière sans passer pour une pleutre et une incapable. Tiraillée entre l’orgueil et la panique son bond se révéla maladroit et mécanique. Le mode automatique semblait s’être enclenché alors qu’elle se jetait sur le bédouin, serpents en avant. Les reptiles assaillaient de toutes parts, leurs crocs luisants de venin perçant la chair dans un bruit de papier bulle, probablement à cause du poison qui s’insinuait en foyer sous la peau avant d’éclater lors d’un coup ou d’un geste brusque.

Dak’ évita le premier coup d’épée mais le second vint couper net la tête d’un de ses serpents qui vint rouler sur le sol avant de se retransformer en une simple mèche de cheveux blonds. Les yeux fixés dessus elle s’attendait à voir sa propre tête tomber mais c’était sans compter sur le pirate et son coupe-papier, sur l’effet du poison aussi. L’assaillant s’effondra sur le sol les yeux révulsés alors que son épée heurtait le sol dans un bruit métallique.

« Tu l’as tué » clamait son esprit alors que son comparse se jetait sur l’arme comme un gamin sur un cadeau de noël. S’il pouvait la garder ? Il pouvait bien la mettre là où le soleil ne brillait jamais que ce serait le dernier de ses soucis. Elle n’était pas une femme de combat, il la répugnait. Bien trop dangereux, une source d’angoisse dont elle se passerait bien. De culpabilité aussi. Avait-elle déjà tué jusqu’alors ?

Blessé oui, de nombreuses fois. La phobophobe avait aussi ôté la vie à des monstres ou des hybrides à peine humains mais… un homme ? Jamais. Malgré le peu d’importance qu’elle accordait à autrui elle ne pouvait s’empêcher de se sentir indiciblement mal. C’était comme dépasser la ligne en sachant qu’aucun retour en arrière n’était possible. C’était comme se voir marquer au fer-rouge les mots « meurtrière » au beau milieu de son front. Si les autres ne le voyait pas, elle.. elle ne verrait que ça.

- Fais en ce que tu veux, répondit-elle simplement, les yeux figés sur le corps.

Celui-ci semblait s’affaisser sur lui-même comme une bouée qui se dégonflait. La culpabilité fit alors place à l’étonnement, puis à la peur quand elle réalisa qui ne s’aplatissait pas simplement comme une crêpe mais qu’il se changeait tout bonnement en sable. Les grains ocres s’échappaient du vêtement, d’abord en minces filets puis en véritables rivières jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du corps. La paranoïaque était si obsédé par son épée qu’il ne le réalisait pas, continuant à parler, du moins jusqu’à ce que son épée ne connaisse le même sort que le bédouin.

La question des chambres étaient bien le dernier de ses soucis après un tel spectacle, surtout quand une partie du sable commençait à léviter, s’agrégeant en une sphère parfaite. Quelle était cette expression qui n’existait qu’en français ? Ah oui, une impression de « déjà-vu ». L’œil –car c’était bien de ça dont il s’agissait- la fixa quelques instants avant qu’une voix d’outre-tombe s’élève. Pas pour prononcer le traditionnelle « je te vois », mais quelque chose de bien plus angoissant encore.

- JE ME SOUVIENDRAI DE TOI.

L’œil de Dakota tiqua avant qu’elle n’écrase furieusement le globe oculaire sous sa semelle. Dans un nouveau chuintement le sable fut absorbé par le sol et bientôt il ne demeura plus rien de leur altercation que la mèche de cheveux abandonnée sur le sol. La seule chose qui lui permettait d’affirmer que tout ça n’avait pas été qu’un rêve.

D’une main tremblante la gamine se pencha pour ramasser les filaments blonds abandonnés sur le sol et pinça les lèvres. Il se souviendrait d’elle hum ? Ça lui faisait une belle jambe.

- Tu peux venir dans ma chambre, mais amène ton matelas, lâcha-t-elle alors en se passant la main sur le visage.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 15 Juil - 16:06

Sans doute trop préoccupée par la mort de son assassin potentiel, Dakota laissa de bonne grâce l’épée au pirate. De toute façon, comment aurait-elle été capable de l’utiliser ; ç’aurait été un gâchis terrible. Syd’, lui, ne s’intéressait plus beaucoup au cadavre du sbire dans la mesure où ce dernier était bien mort et ne risquait pas de se relever. Il.. ne risquait pas de se relever.. hein ??

La blondinette prenait ça beaucoup trop à cœur ; elle avait fait ce qu’il fallait pour rester en vie, pourquoi culpabiliser ? D’ailleurs il ne fallut qu’une poignée de secondes avant que le corps ne s’affaisse et devienne un tas de sable tout à fait banal. Pour le plus grand malheur du corsaire, il en fut de même pour l’épée ; Sydney la regarda partir en poussière, presque déçu. Encore de la camelote, et encore une fois ça gâchait son plaisir. A croire qu’un peu de bon temps était réellement proscrit dans ce monde infernal !

Que dirait-on le lendemain en voyant un tas de sable en plein pôle nord ? Vu que c’était Dakota qui avait été aperçue au rez-de-chaussée en dernière, cette histoire allait leur retomber dessus… Ils n’étaient pas responsables !!
Enfin si.. mais pas directement.. ou si ? En tout cas, le corsaire rejetait toute implication dans cette affaire : c’était la faute de Dak, pas la sienne !

On apporta au pirate la preuve qu’il n’était pas la cible principale lorsqu’un œil se dessina dans le sable pour adresser à la gamine un message menaçant. Qui parlait ? Le Marchand de Sable ??
Imitant la phobophobe, le capitaine au bandana piétina du bout du pied le tas de sable qui fut auparavant son épée comme s’il s’agissait d’un insecte parfaitement dégoûtant. Déjà les menaces, ça n’était pas sa tasse de thé, mais en plus se faire menacer par un tas de sable, non merci !

Et puis, comme si rien ne s’était passé, Dakota repris le cours de son existence.. On voyait bien que ça n’était pas elle qui avait été attaqué deux fois dans la même nuit ! Sale gamine.. elle n’apprendrai jamais rien, comme ça. Et en plus le sommeil ne l’arrangeait pas…
- Oui, évidemment.. je vais quand même pas dormir dans ton lit à toi..
Roulant les yeux, le pirate se dirigea vers sa chambre qu’il espérait débarrassée de toute menace. Pour autant, avoir une chambre pour deux était largement plus prudent. Hm.. sauf si un second sbire décidait de leur rendre visite et s’attaquait à Sydney à défaut de réussir à tuer Dakota, mais ça, c’était une autre histoire que le pirate préférait garder dans le domaine de la fiction.

Totalement réveillé et déconnecté de la réalité, Sydney en avait oublié qu’à cette heure-ci, la totalité de l’auberge dormait.. ou presque : il sursauta, manquant de peu la crise cardiaque alors qu’un client mécontent tambourinait de derrière sa porte de chambre, maudissant le pirate. Planquant sa main contre son cœur, le corsaire continua jusqu’à sa chambre où il entreprit de déménager son matelas. Plus facile à dire qu’à faire, mais bientôt le lit de fortune fut installé dans la chambre de la phobophobe. Pour ce qui était de ranger le désordre, eh bien… l’aubergiste était là pour ça, hein ! Quand il se sera fait agresser, Syd’ serait ouvert à la conversation, mais pour l’instant, il voulait juste dor-mir ! Et puis il n’avait pas à se plaindre : si son auberge avait été plus sure, rien de tout ça ne serait arrivé.

Le paranoïaque grognait contre tout et n’importe quoi alors qu’il essayait de caser correctement son matelas dans le coin le plus sécurisant de la pièce, loin de la porte et le plus loin possible de la fenêtre.
Tout allait de travers, décidément et il faudrait bien un miracle pour que les choses rentrent dans l’ordre. Les laisserait-on tranquille, une fois qu’ils auraient retrouvé les ombres de James et Dakota ?

Roulé dans sa couverture comme une chenille dans son cocon, Sydney s’endormit étrangement rapidement, ses armes bien en vue. On a eu une mauvaise journée aujourd’hui ? Pas de panique : il y en aura une autre demain..
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 16 Juil - 16:58

Dakota ne prit même pas la peine de répondre à la remarque de Sydney. Il n’avait visiblement pas saisi et elle n’avait ni l’envie ni la force d’expliquer. Le combat qui venait de prendre fin avait pompé ses dernières réserves d’énergie aussi la seule chose à laquelle elle arrivait à penser était un profond sommeil réparateur. La peur d’un autre assaillant, que les gérants les mettent à la porte… tous ces détails étaient momentanément exilés de son encéphale fatigué. Pendant que son camarade jouait les déménageurs elle se glissa sous les draps et trouva le sommeil avant même qu’il ne se couche.

Ce n’est qu’à son réveil, aux alentours de 7 heures du matin, qu’elle réalisa avoir complètement oublié de répondre à la missive que Chouette lui avait apporté. C’était une faute, mais une faute excusable. Après tout difficile de penser à la gestion de son courrier après avoir manqué de finir empalée sur un cimeterre. L’adolescente s’extirpa de ses draps en silence pour ne pas réveiller le pirate qui dormait encore et se rendit dans la salle de bain non sans emporter avec elle le papier à lettre utilisé la veille et un stylo de l’hôtel.

Dans la bulle de solitude que lui offrait la pièce exiguë, la blondinette relut les quelques mots de Selene. Ca réveillait en elle cette insatisfaction latente que son courrier adressé à James soit arrivé dans les mains d’un autre mais ce n’était pas le moment de chipoter. La rouquine voulait un point de rendez-vous ? Elle l’aurait. Dakota aurait tout de temps de lui faire la morale pour avoir fourré son nez dans la correspondance des autres.

James,

Sydney et moi sommes à l’auberge du « cadeau surprise », nous vous attendrons dans la grande salle au rez-de-chaussée. Nous nous sommes fait attaquer cette nuit par un envoyé du marchand de sable alors fais attention à toi, ils sont peut-être aussi à vos trousses.

A bientôt, Dakota.

PS : Tu peux rappeler aux autres que quand une lettre est adressée à quelqu’un c’est très malvenu de la lire (et d’y répondre) à sa place ? Parce que ça me semble nécessaire d’être souligné.

Elle souligna plusieurs fois le prénom pour qu’il n’y ait aucun doute quant au destinataire et hocha la tête satisfaite. Soit, ce qu’elle avait mis dans sa lettre n’avait pas grand-chose de personnel mais c’était une question de principe. Et s’ils venaient à apprendre que les autres étaient des traitres et qu’elle se voyait obligée d’en informer son ami ? L’information leur tomberait tout cuit dans le bec, tu parles de discrétion…

Une fois la lettre pliée et attachée à la patte de Chouette, la surdouée chargea l’oiseau de l’apporter à James et de ne laisser personne d’autre prendre la missive quitte à leur crever les yeux de ses serres. Extrême, mais aussi extrêmement efficace de l’avis de la gamine. Elle entreprit ensuite de se rendre présentable en s’octroyant une longue douche ainsi qu’une petite séance de lessive. Les vêtements séchaient relativement vite sur le radiateur de la pièce aussi n’eut-elle pas à attendre longtemps pour se glisser dans ses sous-vêtements puis dans sa combinaction. Après avoir ôté sa couronne de Méduse elle se coiffa du mieux qu’elle put du bout des doigts mais finit par renoncer. De toutes manières elle n’ôterait pas sa coiffe non ? Alors pas besoin de lutter jusqu’à la mort avec sa tignasse rebelle.

Aussi silence qu’une ombre –faute d’en posséder une- Dakota quitta la pièce, puis la chambre, nonobstant une violente migraine venue l’assaillir soudainement. Probablement un cadeau de sa maladie, il faudrait faire avec. Elle rejoignit le rez-de-chaussée pour s’installer à une table où l’aubergiste lui servit le petit déjeuner gratuit offert avec l’utilisation du bon et attendit. S’ils étaient déjà ici la lettre devrait leur parvenir sous peu et elle ne se trompait pas. Après moins d’un quart d’heure Chouette revint vers elle et une demi-heure plus tard la porte d’entrée s’ouvrit sur une étendue blanche ainsi que trois silhouettes emmitouflées.

Si la surdouée n’avait cure de deux d’entre elle, elle éprouva un profond soulagement lorsqu’elle reconnut James. D’un geste de la main elle les invita à s’approcher de la table sur laquelle se tenait toujours le repas auquel elle avait à peine touché. Ils avaient l’air fatigués mais entiers, Dak’ s’autorisa donc un maigre sourire lorsqu’ils prirent place sur les chaises vides. Elle supposa qu’elle devait dire quelque chose sans trop savoir quoi, un « contente de vous revoir » ou un « vous n’avez pas rencontré trop de problèmes ? » mais tout sonnait faux à ses oreilles. La seule chose qui sortit naturellement de sa bouche fut :

- ‘lut. Sydney dort encore.

La phobophobe se tourna alors vers James qui s’était assis à sa droite et sur un coup de tête le serra brièvement dans ses bras, dans une étreinte rouillée, presque mécanique. Elle ne savait pas trop pourquoi elle faisait ça mais maintenant que c’était fait…

- J’avais cru ne jamais te revoir… je suis contente que tu sois là.

Et les autres ? Les autres n’existaient pas dans le monde de Dakota.


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James Brooks

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 17 Juil - 16:26

Coming from here. (Selene, James, Jake)


Heureusement que les habitants du village étaient gentils et aimables. Ainsi les voyageurs n'eurent aucun mal à demander leur chemin plutôt que de chercher par eux même, ce qui leur aurait fait perdre du temps.
Il leur fallut dix minutes environ pour trouver le bâtiment dont l'enseigne leur assurait que c'était bien ce dernier. James ouvrit la porte de l'auberge et pénétra à l'intérieur, essuyant ses chaussures et enlevant son bonnet et son écharpe.

Il chercha Dakota du regard qui avait indiqué qu'ils les attendraient en bas. Il l'aperçut enfin, assise à une table toute seule. Sydney dormait peut être encore ? Le trio s'approcha, l'adolescent était content de la revoir mais n'osait pas trop le montrer en la prenant dans ses bras. Il prit donc place sur une chaise à côté d'elle après avoir ôter son manteau. A l'intérieur la cheminée allumé réchauffait rapidement et l'adolescent avait déjà chaud.
Un silence s'installa, James ne sachant par où commencer et si il devait lui parler de l'attaque du monstre des neiges. Dakota prit l'initiative de commencer, ou plutôt d'expliquer la raison de l'absence de Sydney.

- Ok...

Il eut à peine le temps de sortir ce mot de deux lettres que deux bras ne serrèrent brièvement. pris par surprise James resta immobile quelques secondes puis se mit à rougir.

- Moi aussi je suis content que tu sois là !

Elle ne semblait pas blessé juste fatigué mais ça ça semblait normal vu leur état respectif. Lui aussi devait avoir une tête de zombie amplifié par le froid qu'il avait traversé avec Sélène et Jake pour venir jusqu'ici. James sourit et lui rendit son étreinte, plus chaleureuse que celle que Dakota lui avait donné.

- On ne se quitte plus !


Lanca t-il sans réfléchir, avant de faire une action qui était aussi irréfléchie. James posa ses lèvres contre celle de Dakota, un petit smack de rien du tout. Cependant lorsque il se rendit compte de ce qu'il venait de faire l'adolescent piqua un fard et balbutia.

- Euh...désolé...j'ai euh...j'ai quelque chose pour toi...!

C'était un bon changement de sujet et il fouilla dans sa hotte avant de tendre à Dakota, toujours aussi rouge, un cadeau enveloppé dans du papier qui changeait de couleur, passant du rose au jaune, lorsqu'on le penchait. Il espérait que son amie aimerait son présent.


Dernière édition par James Brooks le Mar 17 Juil - 22:00, édité 1 fois
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Jake Anderson

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 17 Juil - 20:53

Ce fut toujours un un état assez "doux" que Jake vit le réveil de ses compagnons d'aventure se finir et leur journée se commencer. Comme dirait Voltaire à travers Pangloss dans Candide, "tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Cette citation lui revenait en tête, car cette philosophie de l'Optimisme selon Leibniz était détruite durant tout le roman, et que la situation s'y portait. En effet il se sentait bien ici dans son corps, avec les autres, et dans la tête, mais James et Selene semblaient l'ignorer To-ta-le-ment.

Pourquoi? Aucune idée. Peut-être que le fait de soi-même ne rien dire y était pour quelque chose, ou peut-être on ne lui parlait pas parce qu'on allait forcément déboucher sur une phrase déplacée du thermoréactif? C'est vrai qu'il n'était pas très doué pour le social, et qu'il merdait très souvent, mais à ce point? La joie de Jake commençait déjà à s'évaporer, mais il espérait bien qu'on lui adresse la parole à un moment où à un autre. Lui qui avait enfin trouvé des "amis" grâce à cette opportunité qu'était le fait d'être un voyageur, il était bien vite désillusionné.

Il pataugeait dans une déprime qui devenait presque habituelle lorsque le messager de DIEU ARRIVA! -kof kof- chouette arriva avec un message. Jake n'eut pas le temps de se rapprocher de son comparse James que ce dernier leur annonça ce qu'il y avait dans la lettre. La remarque ne lui plut pas, pas vraiment, pas du tout. Dakota n'avait-elle pas entendu parler des (Les) Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos? Car comme l'expliquait le titre et toute l'oeuvre, les correspondances avaient leurs dangers. C'est vexé et relativement de mauvaise humeur qu'il suivit ses "amis".

Ils arrivèrent en peu de temps au lieu dit et les retrouvailles furent tellement pleines d'émotions que Jake en versa des larmeuh! -kof kof. C'était tellement vide d'émotion de la part de Dakota que le thermoréactif voulait presque s'en enterrer. Et bien sûr aucun commentaire pour Jake. C'est vrai qu'ils étaient pas tellement amis, comme tout le monde ici à part peut-être Sydney, et que Jake et Dakota avaient des caractères très différents, voire carrément l'un aux antipodes de l'autre. Mais James semblait tellement préoccupé par Dakota que Selene et l'homme au pantalon en cuir dans sa hotte furent laissés comme pour morts.

Mais ce qui mit vraiment Jake en pétard c'était le smack. UN SMACK BORDEL DE MERDE alors que c'était hyper sujet à confusion. Il était pas sensé être gay? Un gros What The Fuck s'imposa dans la tête du thermoréactif en même temps qu'il commençait à bouillir de rage intérieurement. Fallait pas laisser ça sortir, ça serait encore pire. C'est pourquoi Jake s'assit sur une chaise dans un coin, personne ne serait désobligeant avec lui au moins...
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 17 Juil - 21:39

Selene leva les yeux au ciel lorsque James souligna la pique de Dakota. D’une part, elle ne se sentait pas visée puisque la personne qui avait ouvert le courrier sans aucune gêne pour le lire à voix haute, c’était Jake. D’autre part, si elle n’avait pas pris l’initiative de répondre pendant que son ami se préparait à sortir sans y penser une seconde, la chouette serait certainement partie du dra-car sans rien. Ils auraient ainsi été contraints à fouiner la ville entière pour retrouver leurs comparses. Bien entendu, la rouquine ne tenait pas à rétorquer quelque chose au psychotique, d’autant que la remarque ne venait pas de lui. Elle se contenta de se mordre la lèvre inférieure, passant distraitement le bout de la langue sur sa blessure, et récupéra ses affaires pour quitter les lieux.

Evidement, rien n’était gratuit à Dreamland, et elle dut passer à la caisse de l’infirmerie pour la location du lit et du pyjama. La toquée déboursa donc 50 rubz avant de retrouver le froid polaire. Son bonnet profondément enfoncé sur son crâne, ses mitaines enfilées et son manteau boutonné de toute part ne lui donnaient certes pas le plus glamour des sex appeal mais au moins, elle était préservée des morsures les plus douloureuses de la température.

Avec l’aide de quelques passants, ils trouvèrent l’auberge du Cadeau surprise et du même coup la phobophobe, qui faisait mine de prendre son petit déjeuner, seule. L’appréhension noua les entrailles de la galloise : après tout, elles n’étaient pas en très bons termes la dernière fois qu’elles s’étaient vues ; et si James avait su lui pardonner et passer outre l’épisode de la bague, ce serait utopique de penser que Dakota ferait de même. Bien que dépourvue du nuage de Jonh, Selene crut voir un cumulonimbus noir se former au dessus de ta tête. Fini ce semblant de bien être qui perdurait lorsqu’elle ne fréquentait que le psychotique ; elle était prête à parier que la phobophobe se chargerait de lui plomber le morale avec son rationalisme glacial. Comme si elle avait besoin de ça.

Alors que la benjamine enlaçait James en confiant avoir eu peur pour lui, la toquée n’était pas certaine que le maigre sourire distribué auparavant au trio ait été suscité par une réelle joie de les voir. La galloise lui avait répondu malgré tout. Sans un mot, elle observa les retrouvailles, impassible, mais détourna son regard terne lorsque le baiser fût échangé. Elle le SAVAIT ! La personnalité foncièrement mauvaise qu’elle devenait avec sa bague avait vu juste : aussi inexplicable que celui puisse paraitre, son ami n’avait d’yeux que pour Dakota. Alors…

… alors elle sourit, sincèrement. Ce n’était pas dans sa nature d’être mauvaise, et si le pouvoir de la pierre d’Unseelie l’aurait poussée à casser la maigre intimité du couple par une remarque cinglante, Selene ne pouvait qu’être heureuse pour ses comparses. C’était son style de croire aux inepties comme « tant qu’il y a de l’amour, il y a de l’espoir » et malgré elle, malgré ses sentiments d’amitié encore confus pour James, elle voyait là un signe encourageant. Et puis, si le jeune garçon pouvait rendre la blondinette un peu plus aimable, ce serait toujours ça de pris.

La pièce convenablement chauffée par une cheminée, l’adolescente étouffait dans tout son attirail. Elle retira manteau, bonnet et mitaine et croisa les jambes sous la table alors que Jake s’en allait vers de plus verts pâturages – ou une autre chaise. La toquée l’observa quelques secondes avec un sourcil levé, mais reporta timidement son attention vers le présent que recevait Dakota :

- C’est quoi ? demanda-t-elle alors qu’elle ne pouvait pas le voir.
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 17 Juil - 23:37

Le problème de ce genre de sommeil sans rêve, c’est qu’en se réveillant, on ne sait pas si on a vraiment dormi, quand le sommeil est venu, ni même combien de temps on a dormi.
Ça couplé avec l’angoisse de se réveiller avec un couteau sous la gorge… Ajoutez deux grammes de soleil, 724 tonnes de neige, un matelas à peu près convenable et un pirate facilement irritable le matin et vous obtiendrez une idée assez claire de l’humeur qui régnait dans la chambre alors que Sydney s’assurait qu’il était toujours vivant.

Dakota avait déjà déserté les lieux. L’avait-elle abandonné pour partir à la chasse à l’ombre ? Ils avaient un accord, mais le corsaire ne lui prêtait pas grande légitimité.
Il chercha ses quelques affaires à tâtons, faute de pouvoir ouvrir ses yeux irrités par le manque de sommeil. Une fois en possession de ses bien et après avoir failli se couper deux fois en voulant récupérer son arme de fortune, Syd’ était fin prêt à affronter la haine que le monde lui vomirait à la figure aujourd’hui comme hier et comme demain.

Un bref passage à la salle de bains – non sans vérifier qu’on ne l’y piègerait pas une seconde fois – lui remit les idées à peu près à l’endroit. Les bruits de discussions qui provenaient du rez-de-chaussée l’énervaient : il n’avait pas envie de descendre, et encore moins de voir du monde. Spécialement ce matin ; il s’attendait à un probable lynchage pour avoir emmerdé tout ce beau monde à 2h du matin. Personne ne frapperait Dakota, non : ça n’était qu’une enfant. Mais lui, il s’en prendrait plein la tronche, c’était certain. Est-ce qu’un coup de spray anti-moustique dans le visage dissuaderait ses assaillants..? Il n’y avait malheureusement qu’un seul moyen de le savoir ; rester dans la chambre n’étant pas une option disponible, au risque de se faire attaquer une nouvelle fois, il faudrait sortir.

S’équipant en vue de cette confrontation matinale, le pirate tourna la poignée de la porte avec une appréhension certaine. Il traversa le couloir vide pour arriver jusqu’aux escaliers – escaliers dans lesquels il faillit tomber en s’emmêlant les pieds. Il se rattrapa de justesse ; il avait sauvé l’honneur, mais pas la discrétion…
Deux ou trois personnes attablées lui jetèrent des regards noirs alors que les cernes sous leurs yeux en disaient long sur les reproches qui circulaient mentalement à son attention.
*Oui, et alors..? J’aimerais bien vous y voir, moi… Ça a toujours été plus facile de critiquer que de compatir, pour vous, de toute façon. Allez au diable !*

Déambulant à travers ce labyrinthe aux murs de haine auxquels il répondait par un dédain évident, le capitaine au bandana arriva finalement à la table de Dakota où une tête à la chevelure rousse manqua de lui infliger une crise cardiaque. Ce.. ce n’était pas possible ! Elle ne pouvais pas être là : elle était morte !
Changeant de trajectoire tout en continuant d’observer la ressuscitée avec des yeux étrécis par les soupçons, Sydney décida de plutôt rendre visite à Jake. Pour une fois qu’il faisait un effort de sociabilité, il fallait qu’il tombe sur une menace supplémentaire.

- ‘Lut, matelot. Dis… elle vous suit depuis combien de temps..?
… Selene
précisa-t-il. Comme entrée en matière, il y avait mieux, mais qu’aurait-il pu dire ? « vous m’avez manqué », ou encore « je me suis inquiété pour vous » ?? Il n’avait pas envie de mentir, ce matin.
Récapitulatif du problème : Selene est morte. Mais Selene est ici (et vivante). Conclusion : ça n’est pas Selene. C’était encore pire que ce qu’il avait imaginé : les agents du Marchand de Sable pouvaient également copier l’apparence de leurs victimes… Embobiner les deux bisounours n’avait pas dû être très difficile, après ça. Et maintenant, ils amenaient un espion dans le groupe sans se douter de rien. « Ca » avait commencé. Une purge, une guerre, une chasse à l’homme… Sydney ne savait pas vraiment ce que c’était, mais il savait que ce serait sans doute un des plus grands défis de sa vie. Plus que jamais, il était question de survie et il était prêt à tout sacrifier pour ce-faire, y compris – et surtout – les autres. Qu’étaient-ils, pour lui, de toute façon..?

Coupant presque Jake dans sa réponse, le paranoïaque embraya sur une nouvelle question. L’intonation était plus sèche, à la limite agressive. Mais c’était légitime, et puis il ne pouvait ni parler de ses soupçons ni blâmer les garçons ; ils ne comprendraient pas, de toute façon. Personne ne comprenait jamais rien, à part lui.
- Et dis-moi, tu n’as rien remarqué d’étrange, chez elle, récemment ? Juste comme ça…

Bien sûr que non.. Rien de bizarre en soi. Quoique…
Cet espion savait bien son métier… Ce serait difficile de le prendre en flagrant délit, à fortiori s’il ne quittait pas son costume. Sydney devait-il le tuer de ses propres mains ? Non… il ne pouvait pas faire ça directement, ou on le tiendrai pour responsable d’une faute impardonnable ; il aurait beau plaider son innocence et prouver qu’il agissait pour le bien de tous qu’on ne le croirait pas plus qu’avant. « La solitude du chef », dit-on… le seul individu éclairé au milieu d’ignorants et de naïfs… Que c’était dur à vivre…

Bien qu’à la table de Jake, toute l’attention du pirate était fixée sur la table de Dakota ; celle-ci tirait d’ailleurs une tronche… y avait-il un adjectif pour ça – à part ‘poker face’ ?
Qu’est-ce qui la déboussolait autant ? Le baiser, ou le collier que lui offrait James ? Un peu des deux, très certainement, même si le paranoïaque pariait d’avantage sur le baiser. Bordel, voilà que deux couples se formaient.. Jake/James et James/Dakota. A part une implosion imminente, Sydney ne voyait pas en quoi ces amourettes avaient une raison d’être. Ils allaient mourir, ou au mieux risquer leur vie et ces imbéciles ne pensaient qu’à se bécoter !? Bien ! Parfait !! Suicidons leurs cerveaux, ça rendra le travail de l’espion dix fois plus facile, super !

Un soupir trahit l’exaspération de Sydney alors qu’il sentait qu’un changement de sujet était nécessaire. ‘Fallait pas risquer de faire bobo à la tête de Jake en parlant trop sérieux, quand même !
- Et toi, pourquoi t’es là, au fait ? ‘Pas que je veuille pas te voir, au contraire… mais qu’est-ce qui te pousse à les aider, les trois cadavres en sursis ?
Tu.. es conscient que tu vas risquer ta peau pour rien, hein ? T’y gagnes rien, à part la possibilité de mourir, moussaillon. Mais ! Car ‘mais’ il y a : je te propose un petit marché. Oh, rien de bien méchant, ne t’inquiète pas. Juste de quoi te racheter pour l’autre coup.

Il adressa au thermoréactif un sourire amusé alors qu’il croisait ses doigts en parfait conspirateur. Oui, il avait un rôle tout désigné pour le jeune homme. Son insouciance ainsi que son goût prononcé pour le suicide étaient les critères recherchés.

- La mission est simple, matelot : garde Selene à l’œil pour moi. Rapportes-moi ce qu’elle fait de bizarre, ses moindres faits et gestes qui ne sont pas ‘normaux’. Inutile de te préciser que tu ne dois en parler à personne, hm ?
Une nouvelle fois la graine du doute était semée. Que Jake accepte ou non lui importait peu, au final : ce n’était pas pour ça qu’il lui demandait de jouer à la taupe. Le fait est qu’après cette demande, le thermoréactif ne pourrait pas s’empêcher – même inconsciemment – d’avoir des soupçons envers la toquée. Et avec sa discrétion légendaire, il attirerait forcément l’attention de l’espion. Oui… Jake était l’appât parfait.
Ils verraient… Ils verraient enfin que c’était ‘Syd’ le fou’ qui avait raison depuis le début.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 18 Juil - 13:13

Si l’incompréhension avait pu s’incarner, Dakota en aurait fait à cet instant le parfait réceptacle. Ses traits fins s’étaient figés en un masque de stupeur muette alors que son encéphale tentait de trier le flot d’information qui déferlait sous con crâne depuis ses oreilles, sa peau mais surtout ses lèvres. James s’était déjà éloigné depuis plusieurs secondes lorsqu’elle réalisa qu’il l’avait embrassé, volant du même coup son premier baiser. Non pas qu’elle y accorde de réelle importance mais ça restait tout de même inattendu et étrange. Comment réagir à ça ? S’offusquer mièvrement comme l’aurait fait l’adolescente lambda ? Rougir ? Hurler ? Rien de tout ça ne lui ressemblait.

A défaut de mieux la blondinette restait immobile comme une statue de cire alors que son ami lui tendait un présent dont le papier cadeau irisé changeait de couleur en fonction de l’inclinaison de la boite. Un gadget typiquement Gloutoniskaïen qui, bien qu’intriguant, ne monopolisa pas l’attention de la surdouée plus qu’une poignée de secondes. Elle était bien trop occupée à retrouver l’usage de son corps et de sa langue pour s’extasier sur un effet d’optique.

- Euh… un cadeau ? Pourquoi ?

Elle avait fait le choix de ne pas aborder le sujet de ce qui venait de se passer et le psychotique en sembla soulagé même si la réaction concernant le cadeau n’avait pas l’air d’être celle escomptée. Elle se rattrapa rapidement néanmoins maintenant qu’elle avait la quasi-certitude que tout ça n’avait été qu’une méprise. Il avait raté la joue voilà tout. On n’allait pas en faire tout un pataquès. La phobophobe détacha donc soigneusement l’emballage en prenant soin de n’en rien déchirer – les vieilles habitudes avaient la vie dure- et ouvrit la boite pour découvrir un collier orné d’un papillon rose. C’était charmant, inattendu mais charmant.

- Merci James, c’est vraiment beau. Je ne comprends pas vraiment ce que j’ai fait pour mériter ça mais merci, elle marqua une pause et ajouta avec une légère appréhension, Est-ce que j’aurai aussi dû acheter quelque chose ? Je ne suis pas très au fait pour ce genre de choses.

Visiblement rien n’était attendu en retour, aussi réintégra-t-elle son éternelle assurance en attachant le collier autour de son cou gracile. Elle n’avait jamais été très coquette mais ce n’était pas important. Dakota avait du mal à savoir pourquoi ce cadeau lui faisait réellement autant plaisir alors qu’elle avait toujours tout eu y compris des cassettes entières remplies de bijoux mais elle réalisa bientôt : parce que c’était la première fois que quelqu’un qu’elle appréciait lui offrait quelque chose, et choisi par lui-même et pas par un sous-fifre quelconque envoyé en mission commando dans un grand magasin.

C’est seulement alors qu’elle perçu le regard de la rouquine qui lui brûlait la peau. Elle avait l’air folle de curiosité de savoir ce que James avait bien pu offrir à la peste du groupe, et bizarrement elle n’avait pas l’air surprise. Qu’est-ce que Selene croyait ? Qu’il se passait quelque chose entre eux ? Mais voyons… son ami était gay. GAY. Et elle.était Dakota tout simplement, c’est-à-dire tout sauf sentimentale. La toquée l’était pour deux et même pour trois visiblement, mais la surdouée ne chercha pas à la détromper. La folle aux épouvantails était fanatique de romances et de contes de fées, qu’elle se laisse porter par eux jusqu’à heurter les récifs de la réalité. Ça arriverait bien assez tôt.

- Un collier. En forme de papillon.

Réponse nette, concise et sèche comme à l’accoutumée, mais rien qui ne traduise une animosité particulière. Son seul ami semblait avoir pardonné à l’adolescente aussi se retiendrait-elle de faire preuve d’animosité mais elle la garderait à l’œil. Ce qui était arrivé une fois pouvait recommencer, surtout tant qu’elle possèderait bague et coupe-papier. D’ailleurs Sydney qui avait fini par les rejoindre portait le même genre de regard en direction de la rouquine. Soupçon, méfiance, suspicion… à croire que les grands esprits se rencontraient. Même si au fond d’elle la blondinette savait bien que concernant le pirate tout ça n’était probablement encore qu’une sombre histoire de paranoïa, monstre tentaculaire nourris d’hypothèses saugrenues et d’une bonne dose de victimisation. Une paire d’yeux supplémentaires pour vérifier n’était tout de même pas du luxe quoi que motive cette surveillance de tous les instants.

- Vous n’avez pas eu de problèmes pour venir jusqu’ici ? finit-elle par demander pour revenir à ce qui les concernait, Il y avait du blizzard hier et on avait failli se perdre. La météo s’est un peu calmée mais j’espère que ce sera suffisant pour qu’on puisse commencer à pourchasser nos ombres…

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James Brooks

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 18 Juil - 15:40

Sydney finalement finit par les rejoindre, ou plutôt alla rejoindre Jake qui s'était éloigné. Sur le coup James ne comprenait pas pourquoi...Bref, pour le moment l'adolescent s'occupait de ses retrouvailles avec Dakota et lui avait tendu son cadeau. Son amie ne semblait pas comprendre pourquoi il lui en offrait un alors que pour l'adolescent il n'y avait pas de raison pour vouloir faire plaisir à quelqu'un que l'on appréciait. Sinon, on aurait peu de cadeau par an.

- Parce que je t'aime beaucoup...et que tu es un amie...

Ca lui paraissait assez clair comme réponse et il espérait que Dakota s'en contente. Il regarda celle dernière défaire soigneusement le papier magique pour en sortir un collier avec un pendentif en forme de papillon. Il fut soulagé de savoir qu'elle le trouvait à son goût. James secoua la tête de gauche à droite lorsqu'elle lui demanda si elle devait lui offrir quelque chose en retour.

- Non rien du tout, c'est purement...une attention hautement euh...amicale ?

Certes il avait embrassé Dakota sur la bouche mais il était gay. Et un gay qui embrassait une fille ne voulait strictement rien dire non ? Comme si il l'avait embrassé sur la joue. James adorait Dakota mais ça s'arrêtait là ce n'était pas comme avec Jake où se trouvait tout près de lui était clairement gênant, l'adolescent ayant envie de se transformer en petite souris pour disparaître. Il savait que le jeune homme était dans le même bord que lui depuis leur discussion sur le banc à l'université mais pour le reste...il ne savait pas si Jake le trouvait à son goût ou non. De toute manière depuis l'accident avec Edwin James n'avait jamais repenser à avoir une relation avec quelqu'un.
Entre toutes ses aventures et sa mort prochaine si il ne trouvait pas son ombre il n'avait pas que ça à faire que de s'enticher d'un garçon. Contrairement à ce que pourrait penser les autres...car le sourire de Sélène en face d'eux qui semblait comme les bénir de leur amour rendit mal à l'aise James. Même si elle tenta de s'incruster dans leur duo en s'informant sur le cadeau.

Heureusement Dakota aborda un sujet qui était beaucoup mieux en leur demandant si il n'avait pas rencontré de problème pour venir. Mentir ou dire la vérité ?

- Bah...on a croisé un monstre des neiges mais après je sais pas ce qui s'est passé...je me suis réveillé dans un lit...apparemment c'est Jules qui nous a sauvés ?

Finit il en regardant Sélène avec un gros point d’interrogation.
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Selene Nymphadora

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 18 Juil - 20:10

Le collier était vraiment ravissant. L’adolescente ne put que sourire en observant quelques instants le bijou pendu au cou gracile de la benjamine, puis elle releva ses yeux noisette lorsqu’il fût question de leur voyage. S’ils n’avaient pas eu de problème ? Mis à part qu’ils avaient failli mourir de froid, ou de la main d’une espèce de Yeti, tout s’était bien passé. Le regard de James, qui avait bien introduit leur mésaventure semblait lui demander de combler les trous. C’est vrai qu’il n’était plus conscient lorsque son autre personnalité prenait les devant sur son corps.

- O-oui c’est ça, acquiesça-t-elle, il a transformé Jake en peluche pour pouvoir le porter parce qu’il s’était évanoui, et il m’a entrainé avec lui. On a eu des problèmes à cause de mes pouvoirs, j’étais devenu trop légère et le vent m’emportait super loin… mais Jules est revenu me chercher et il a essayé de se battre contre le monstre. C’était… très courageux, souffla Selene elle-même surprise de son compliment.

C’est vrai que d’ordinaire, l’ami imaginaire du psychotique était vu comme un parasite associable qui devrait être partout ailleurs autre que dans la tête d’un adolescent ; mais sur le coup, sans lui, le trio serait mort dans le blizzard, sans l’ombre d’un doute. C’était une véritable chance qu’elle s’en soit tirée sans autre blessure que sa lèvre inférieure fendue par le froid. Une quinte de toux ponctua la fin de son récit. Elle avait l’impression qu’on lui raclait les poumons avec une pelle à tarte, ou quelque chose comme ça.

Une fois encore, des gouttelettes ensanglantées tachaient sa peau blanche. La galloise s’empressa de les dissimuler en cachant ses mains sous la table et offrit un sourire maigre accompagné d’un « désolé ». Certes, ils étaient tous les trois dans le même panier, mais elle était convaincue que c’était l’utilisation de sa bague d’Unseelie qui avait aggravé son état. S’ils l’apprenaient, Dakota la blâmerait sans doute, et James s’inquiéterait. La rouquine préférait n’avoir à endurer aucune de ces deux réactions, parce qu’ils s’en sortiraient de toute façon, n’est-ce pas ?!

- Finalement, ce sont des lutins du père Noël qui nous ont tirés d’affaire, compléta Selene.

C’était amusant de constater comme dans le monde réel, cette phrase l’aurait faite passer pour une illuminée. A Dreamland, ça se disait avec un naturelle presque dangereux pour la santé mentale des fous qu’ils étaient. D’ailleurs, ces mêmes lutins pourraient-ils les aider à retrouver leurs ombres ? Ne serait-ce que leur indiquer quelqu’un qui saurait le faire ? La jeune fille réalisait combien la tâche qui les attendait était ardue et en fin de compte, trois semaines paraissait être un délai cruellement court.

- Au fait, embraya-t-elle après un instant, tu as une idée de comment… « pourchasser nos ombres » ?

Depuis qu’elle jetait régulièrement des regards en direction de Sydney et Jake pour savoir s’ils allaient approcher, c’était la première fois que les yeux ternes de la galloise croisaient ceux du pirate. Elle en profita pour lui faire un signe timide de la main, sourire mince en prime, avant de reporter son attention sur Dakota, bien loin d’imaginer le contenu des messes-basses la concernant.
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Jake Anderson

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 19 Juil - 23:32

De toutes les choses que Jake aie pu subir, le fait de voir James donner un bisou sur les lèvres de Dakota, c'était de loin la pire irritation possible. L'incompréhension totale mêlée à une sorte de rancœur profonde faisait un mélange explosif dans la tête du thermoréactif, et peut-être aussi parce qu'il fallait ajouter le fait que Jake s'était tout de même perdu pas mal de fois dans le regard du jeune voyageur, le regard de Jake changea et une nouvelle défaite s'ajoutait. Cette sorte de trahison perfide et machiavélique lui rappelait la reine de la nuit dans La Flûte Enchantée de Mozart, cette trahison mêlée d'une rage donnant un chant machiavélique mais beau, mais surtout très représentatif. Malheureusement la tessiture de Jake, très large et haute pour un homme, ne lui permettait pas d'exécuter ce genre de prouesse techniques, car il n'était pas une fille... La seule chose qu'il pouvait donc faire, c'était repasser dans sa tête cet air encore et encore.

On dit que la musique adoucit les mœurs, mais pas cette fois-ci, car là, ça ne faisait qu'aggraver l'état de folie dans lequel Jake entrait désormais. Il lui offrait un cadeau, et il l'embrassait. Et Jake, lui, qu'avait-il obtenu? RIEN! Peut-être le bisou sur la joue? Mais ça ne semblait pas compter ça, bu qu'il en faisait à TOUT le monde. Donc Jake était tout le monde, un vulgaire petit moucheron qu'on pouvait balancer par dessus bord quand on le pouvait, et finalement, donner toute son affection à quelqu'un de plus important. Bien sûr! Mais pour qui se prenait-il pour infliger ça à tout le monde? Il voulait avoir une femme, une maîtresse et un esclave sexuel ou quoi? Soit ce mec était To-Ta-Le-Ment déplacé, soit il était totalement inconscient et aveugle. La seule chose qu'il engendrait serait de la haine et du mépris. Il y avait peut de chance pour qu'il arrive à faire changer l'avis du thermoréactif.

Non, il n'allait pas se laisser aveugler, car si il devait tirer un gros enseignement de son enfance à l'orphelinat, v'est qu'il faut se méfier des apparences et du paraître, Mme de Volanges pouvant bien nous le confirmer. Peut-être était-ce pour ça que Jake n'avait jamais eu de copain auparavant? Peut-être, mais ce qui était sûr, c'était que James pouvait bien crever s'il venait vers lui et lui déposait un bisou où que ce soit, sa batte de base-ball aidant franchement. D'ailleurs, ayant la place, il commençait à s'entraîner à faire tourner sa batte, cela aidant à évacuer un peu la rage, et petit à petit, le chant écrit par Mozart s'en alla de sa tête et le calme revint, mais à quand la tempête? Ce calme faillit être troublé, ou plutôt fut troublé par la réplique de James. PUREMENT UNE ATTENTION HAUTEMENT AMICALE? Mais tu te fous de ma gueule?

Comment pouvait-on déglutir autant de mensonges en une phrase? C'était un pur massacre, et n'allez pas me dire que son air faussement hésitant le déculpabilise! Cette mascarade avait assez duré, et comme une aide divine, le pirate descendit des escaliers. Bon, pas un Dieu car il se rêcha un peu, donc disons un messager de Dieu à l'essai, mais c'était un peu comme ça qu'il lui apparaissait, en tant que sauveur potentiel et aide à la lutte anti-démence. C'était le seul être ici en lequel il pouvait avoir confiance, car Sydney lui-même ne faisait confiance à personne! C'est donc comme cela qu'il retrouva le sourire et l'envie de lui refiler un câlin viril, mais bon, il se retint, car Sydney n'aimait pas trop les contacts physiques, à moi qu'on aime se faire découper en morceaux ...

-Ahoy capitaine! fit-il un peu plus heureux qu'une minute auparavant, même si ça n'effaçait pas du tout ce qu'il s'était passé.

De par la question qui suivit, il savait enfin qu'il avait retrouvé le Sydney qu'il avait connu depuis 3 jours... plus ou moins? Il lui semblait qu'il le connaissait depuis toujours pourtant. Il était tellement spécial et si inhabituel qu'il faisait un compagnon hors-pair. Peut-être était-ce dû à ses cheveux longs qui pourraient apparaître dans une pub pour une marque de shampoing qui a fait polémique, ou peut-être était-ce simplement dû à sa classe naturelle? Fallait pas non plus s'emporter. En tout cas Jake savait que ça allait être un peu plus facile avec lui. Ainsi il arrêta de faire des moulinets avec sa batte et se concentra sur la question.

-Depuis qu'on s'est séparé à Gloutonisakaïa je crois.

Sitôt la réponse apposée, une autre question fusait, plus rapide que l'éclair, et avec toujours autant de machiavélisme, ou plutôt du renseignement. Oui c'était sain, même très sain, voire vital dans certains cas. Même si la question relevait de sens, Jake se répondit à lui même que Selene était toujours bizarre, quelque soit le moment où la météo, et même les gens autours, surtout ce perfide James. Mais ce que voulait dire Sydney, c'était sûrement en dehors de sa bizarrerie naturelle... Elle, plus étrange que d'habitude, peut-être, sûrement, possiblement...

-Rien en dehors de son comportement habituellement étrange. Mais je suppose qu'elle puisse pas être une impostrice, si tu pensais à ça, car elle a bien perdu son ombre, et à aucun moment ça n'a changé, même les choses magiques ont leur fin un jour, mais c'est une théorie à creuser davantage.

Ce n'était pas spécialement pour dénigrer la théorie que Sydney pouvait avoir établie, si c'était le cas, mais plutôt par raisonnement approximatif. Quoi qu'il en soit, le pirate avait son attention concentrée sur la table des mineurs, pas que le charbon soit présent, mais plutôt car ils ne connaissaient pas grand chose de la vie quoi. Enfin bref, il agissait en tant que bon espion, enfin si c'était ça qu'il faisait. Puis vint la question qui devait amener à certaines explications, explications qu'il s'empressa de fournir, pour se calmer et pour partager ses sentiments.

-Au début bah je voulais vous rejoindre, tout le deux, parce que vous me manquiez, et bien sûr plus toi que Dakota. En parlant de ça, désolé pour avoir pris position de son côté à Gloutonisakaïa, mais j'étais encore aveuglé par James, une grosse erreur de ma part. Et puis je peux te retourner la question, mais je suppose que Dakota a activé le billet et comme pour nous un dra-car est apparu contre notre volonté. Et puis franchement, qui voudrait être ici quoi, il fait froid putain!

Ainsi il avait craché son venin contre James, et si ce dernier pensait que ça allait passer il se trompait. Puis vint l'offre. Jake répondit au sourire amusé de Sydney par un sourire enthousiaste et aussi amusé. Une mission top secret c'était la classe, et puis bon, il pouvait bien faire ça à quelqu'un qui était plutôt supérieur pour voir la vraie vérité. Cette mission était plutôt simple, et pourrait vite donner des fruits, et puis bon, c'était plus excitant que de simplement chercher des ombres. Si franchement Jake avait pensé un jour chercher des ombres dans le monde réel, il se serait bien fait une poker face s'accompagnant d'un gros "What the Fuck?!".

-Mission Accepted, sir.

Mais ce n'était pas tout, il fallait qu'il transmette aussi ses doutes à Sydney concernant James, cela pourrait se révéler fatal si jamais il ne prévoyaient pas tout.

-Faudrait aussi garder James à l'œil, il me semble de plus en plus louche maintenant. D'ailleurs tous les trois sans ombres me semblent louches. Va falloir être prudent.

C'est avec un peu plus d'espoir qu'avant que Jake sortait de ce court complot, et il espérait ainsi que la vérité soie bien révélée, Espions ou Couillons? telle était la question pour les sans ombres. Suite à cette révélation philosophique, Jake lâcha un Y'arrr, et regarda d'un œil méfiant le trio infernal
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Sydney Miles

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Maladie mentale : Paranoïaque

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Sam 21 Juil - 18:36

Que pensait-il ? Evidemment que Selene n’avait pas l’air d’un espion.. C’était d’une logique évidente : aucun espion ne dévoilerait son identité… Et c’était justement parce que personne ne la soupçonnait qu’elle était si potentiellement dangereuse. Mais de toute manière, le pirate ne demandait pas vraiment son avis à Jake ; ça n’était pas lui, le capitaine.

Sydney se contenta des réponses évasives du thermoréactif bien trop occupé à grincher sur le comportement indécent de James. Comment maintenir une cohésion dans le groupe, après ça ? Ah, franchement, bien joué ! Point positif : ça occuperait Dakota un petit moment, juste assez pour laisser le corsaire tranquille. Et si on lui demandait son avis sur la chose ? Il répondrait certainement quelque chose du genre « on m’a demandé de chercher des ombres, pas de jouer au conseiller matrimonial ! »

Les justifications de son mousse étaient aussi bancales que son esprit. Ou plutôt naïf. D’une naïveté presque touchante. Il les avait suivi « parce qu’ils leur manquait » ? Syd’ ne chercha même pas à comprendre cet argument outre mesure ni même demander une justification valable, préférant laisser le thermoréactif continuer son récit.
Et il eut bien fait ! Peut-être pour la première fois, Jake entrevoyait la dureté du monde alors qu’un des piliers de son illusion s’était écroulé. Non pas le monde physique, ni le monde des rêves, mais plutôt la vie elle-même. L’amour n’est qu’un poison qui anesthésie le cerveau, euthanasie la pensée raisonnable et constructive, menant à une productivité zéro. Ce qui passait pour un drame aux yeux du gogo dancer était en fait une bénédiction ; mais ça, il l’apprendrait plus tard – et seul : personne ne peut vous enseigner cette leçon à votre place.

Avec un peu de chance, Jake se reconcentrerait d’avantage sur sa survie et des objectifs concrets ; c’était tout ce que lui souhaitait le capitaine au bandana.
Il trouva même tout seul la réponse à sa propre question ! Plein de promesses, ce petit ! Evidemment que le dra-car était responsable de ce rapt odieux. Le pirate n’aurait jamais effectué ce voyage, et encore moins en compagnie de Dakota. Il ferma les yeux en un hochement de tête approbateur, comme un père le ferait à son fils.
- Ne t’en fais pas pour James ; si tu n’as pas envie de te le coltiner, c’est moi qui le garderai à l’œil, matelot. Alors… ça signifie qu’on est du même bord, tous les deux ? Bien.

Le « yes sir », et maintenant le traditionnel « Y’arrr »… Tout portait à croire que le thermoréactif se prêtait au jeu du pirate. A moins qu’il ne soit tout simplement en train de se moquer du parano’ ? Cette hypothèse fut néanmoins assez rapidement écartée de l’esprit de Sydney ; on parlait de jake, quand même.. ce dernier n’était pas comme ça. Même en jouant la comédie, on n’arrive pas à un si bon résultat.
Cette perspective de finalement partager des points communs avec quelqu’un tira un sourire au pirate. Ce n’était pas un sourire franc ni rieur, mais plutôt un réflexe chargé de mélancolie, comme pour affronter les souvenirs de quelque chose qui était devenu étranger au paranoïaque : l’amitié.
Pouvait-il à ce point compter sur Jake ? Seul l’avenir et la détermination de ce dernier à ouvrir les yeux le diraient…

- Tu sais, moussaillon, j’ai déjà une petite idée de la manière de procéder. Tu te souviens de mon dernier pouvoir en date, ce… ‘casier judiciaire’. Eh bien c’est simple : il me suffit de l’utiliser sur Selene. Suite à ça, j’aurais suffisamment d’informations pour tirer des conclusions – du moins je l’espère.
L’idée était simple, en somme : faire toucher le carnet à Selene comme l’avaient fait auparavant Jake, Liam et Dakota. Le nom, le prénom et l’âge… ainsi que le mot ‘ami’. Si ça n’était pas Selene, ce serait un nom différent qui apparaitrait sur le carnet, et le ‘ami’ se changerait peut-être enfin en ‘ennemi’, si tant est que ce maudit livre connaisse ce mot.
Ce serait le même stratagème pour James. Cela ne permettrait évidemment pas au pirate d’avoir des données utiles sur le schizophrène, mais au moins il saurait s’il pouvait le considérer comme une menace potentielle ou s’il pouvait le cataloguer directement en tant qu’ennemi mortel.

Malgré ça, il en venait presque à regretter d’avoir confié cette mission à Jake, ou plutôt de lui avoir confié avec ces arrières pensées qu’il avait alors. Ce serait dommage que le gogo dancer lui claque entre les pattes.. vraiment dommage.. mais on ne pourrait pas sauver tout le monde, il faut se faire une raison. Des sacrifices sont nécessaires. Et personne ne l’obligeait à mourir : être blessé ou agressé serait amplement suffisant.
Le paranoïaque regarda son apprenti conspirateur avec un intérêt nouveau. Il sentait qu’il avait affaire à un homme différent du Jake qu’il avait rencontré. Un homme plus mature, plus réfléchi et surtout : moins suicidaire sur les bords. C’était un bon type, dans le fond. Pourtant savoir que ce dernier était d’un an son ainé restait en travers de la gorge du corsaire. Est-ce qu’il savait au moins quel âge il avait lui ?

Aucune importance. Nouer des liens devait rester dans la dimension utile, rien de plus. Personne ne viendrait jamais jouer au légos avec Sydney Miles, diantre !
Il voulait qu’on lui fiche la paix, mais ne voulait pas non plus être seul. Et plus Jake garderait cette attitude mature, moins Syd’ aurait la sensation d’être entouré d’imbéciles.
Entouré sinon cerné.. Oui, cerné était le terme exact. Pour l’heure en tout cas il s’accordait un peu de répit alors que son petit déjeuner arrivait. Lui qui d’habitude était de mauvais poil le matin voyait sa constante changer. Surement parce que – grâce à quelqu’un dont il ne citerait pas le nom – cette nuit n’en avait pas vraiment été une…
Complet et surtout copieux pour un simple petit déjeuner, le pirate hésita entre garder le surplus pour plus tard ou s’assurer d’avoir Jake dans sa poche. Il opta finalement pour la seconde option, faute d’avoir de quoi contenir correctement ce qu’il laisserait éventuellement.
Il se réserva le café et deux croissants, laissant quelques tartines, la confiture et le verre de jus d'orange à son 'ami'.
- Si tu veux quelque chose, sers-toi... De toute façon on va pas agir maintenant. ‘Trop tôt. Et puis un peu de subtilité ne fait pas de mal, hm ?
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Dakota Earnshow

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Maladie mentale : Phobophobie

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 22 Juil - 16:53

Faute d’être diplômée en doctorat de sociabilité, Dakota accepta sans trop se poser de question l’explication donnée par James. On offrait donc des cadeaux à ses amis dans la simple optique de leur faire plaisir. Ce n’était pas ça qui allait la ruiner vu la pauvreté de ses relations, mais elle se promit de rendre la pareil à son comparse malgré ses dénégations. Ce ne serait comme une autre de lui montrer qu’il était aussi important à ses yeux non ? Ce genre de considérations semblait dépasser les notions de nécessités pour celles purement abstraites de devoir et de générosité. Pas son domaine de prédilection mais une fois de temps en temps ça ne pouvait pas lui faire de mal.

Pour la suite l’adolescente était bien plus en terrain connu. Elle écouta d’une oreille attentive le récit que lui faisaient James et Selene, fronçant de temps à autre les sourcils sous sa forêt sifflante de serpents. Apparemment Sydney et elle s’étaient trouvé relativement chanceux de rejoindre le village sans rien croiser d’autre que le blizzard, tout comme de pouvoir revoir leurs compagnons entiers. L’image de Jules jouant les justiciers était aussi incongrue que cocasse. Parlait-on bien de celui qui l’avait laissé à la mort à Elipse ? Qui ne se souciait de rien d’autre que de son ami psychotique ? Le voir prêter attention à quelqu’un d’autre avait de quoi surprendre et le visage de la blondinette ne le montrait que trop.

- Jules vous a sauvé ? demanda-t-elle, sceptique, J’ai du mal à l’imaginer mais je ne peux que vous croire, je présume.

C’était un comble de penser que la partie de l’histoire concernant les lutins du père noël était plus crédible, et pourtant !

Dakota secoua la tête négativement à la question de Selene ce qui lui déclencha une violente migraine. Elle grimaça et maudit en silence cette maladie qui la broyait peu à peu entre ses mains comme une pierre friable alors que la douleur se répandait comme une nuée de sauterelles le long de ses neurones puis de ses nerfs. C’était comme avoir la moitié de la cervelle en feu. En pire. Après avoir pris le temps de laisser le mal se calmer elle répondit toutefois à la question de la toquée, l’air profondément contrariée de leur ignorance sur le sujet. C’était comme se lancer dans un combat mortel avec les mains liées dans le dos.

- Pas vraiment. Pas du tout en fait. J’avais espéré qu’il y aurait sur place des voyageurs mieux renseignés. A cause de l’incident de la bibliothèque nous n’avons rien pu apprendre d’utile et je n’ai pas eu d’informations depuis. La seule chose que je sais c’est que le marchand de sable a envoyé des gens ici.

Plissant les lèvres, la phobophobe avait blêmi d’un coup. Derrière l’écran de ses paupières closes se rejouait la scène de la nuit se clôturant par le message de l’œil de sable. Elle n’arrivait pas à savoir s’il était sage ou pas de leur faire part de ses paroles exactes. Et s’ils la fuyaient parce qu’elle semblait être une cible marquée ? Parce que cette entité avait promis de se souvenir d’elle, pour le meilleur mais surtout pour le pire ?

Son cœur se serra dans sa poitrine à cette pensée et elle se raccrocha à la sensation du collier contre sa peau. Non, il était stupide d’avoir peur d’avoir peur de ça. James ne la laisserait pas. Les autres peut-être, mais pas lui, ni Sydney qui lui avait fait une promesse qu’il avait intérêt de tenir.

- Il a plus ou moins affirmé « m’avoir à l’œil » si je puis dire alors moins on passera de temps ici mieux je me porterai. Tout ce que je peux vous proposer c’est d’aller voir dans les environs s’il n’y a pas d’autres personnes dans notre cas. Et vous pouvez être sûrs qu’ils seront légions. Je ne sais pas combien de voyageurs il y a mais si nous avons tous été exilés il y a de fortes chances pour qu’une grande partie d’entre eux soit arrivée à la même conclusion que nous. Avec un peu de chance ils seront puissants et expérimentés.

Pas tous de bonne volonté mais il y en aurait bien quelques-uns dans le tas, c’était un fait purement statistique. Son expérience personnelle avait d’ailleurs montré que leurs semblables étaient souvent enclins à se serrer les coudes par pur esprit de solidarité, chose qu’elle ne comprenait pas mais dont elle comptait bien se servir malgré tout. Avec les informations que Mary devait lui apporter ce serait sans doute suffisant pour savoir où donner de la tête.

Se souvenir de son invocation lui fit aussi se demander ce qu’elle pouvait bien faire. Ca faisait plusieurs heures maintenant qu’elle était partie en quête de renseignements sans donner aucune nouvelle. L’adolescente glissa sa main dans sa poche pour en sortir son miroir de poche pour être fixée et remarqua qu’un papier plié en quatre était coincé entre la surface réfléchissante et la coque de métal. Intriguée elle déplia le papier et lu à mi-voix :

Dakota,

Les gens d’ici ne savent pas grand-chose mis à part que des ombres errent au hasard à la fois dans le village et dans un rayon de 10 kilomètres aux alentours. Ils les tiennent pour responsable des perturbations et les chassent dès qu’ils en voient ce qui n’est visiblement pas bien difficile étant donné qu’elles essayent de se sauver dès qu’on s’en approche.

Dans une autre auberge je suis tombée sur des voyageurs qui étaient là dans le même but que toi. Ils cherchaient une manière de discerner leur ombre des autres mais n’avaient aucun résultat concluant.

Ah oui, j’ai aussi croisé une folle totalement nue qui épinglait les ombres au sol au pic à glace. C’est encore la personne la plus efficace que j’ai croisé.

Tu as intérêt à tenir ta promesse maintenant, surtout que je t’ai laissé dormir.

A demain et pas avant, Mary.

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James Brooks

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Maladie mentale : Trouble dissociatif de la personnalité

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 23 Juil - 14:28

James laissa Sélène combler ce qui manquait à l'histoire. Du coup il apprenait aussi ce qui s'était passé et il était encore plus fier de son meilleur ami. Même si ce dernier pouvait se montrer insupportable il savait que James serait triste de savoir que Jake et Sélène aurait été tué ou laissé dans la neige. C'est seulement dans cette pensée qu'il avait sauvé les deux voyageurs. Dakota semblait sceptique ce qui était normal en sachant que par le passé lui et Jules l'avait laissé avec le monstre tentaculaire...A cette époque l'adolescent n'était pas attaché comme maintenant à la blondinette.

- Jules ne veut que mon bien alors vous sauvez en fait partie !

Expliqua t-il avec un sourire comme si c'était lui même qui avait fait son meilleur ami. ce qui était le cas bien évidemment mais ça il ne le savait pas.
Le trio était bien loin de se douter des messes basses qui se faisaient entre Sydney et Jake. De toute façon, eux, ils avaient leurs ombres. Et le pirate avait clairement fait entendre sa pensée sur cette aventure et qu'il s'en foutait si eux, crevaient. Heureusement que Jake était là, lui au moins il était gentil et les aideraient.
Bref, Sélène demanda à Dakota si elle avait trouvé quelque chose pour les aider à se soigner. Il fut un peu déçu de la réponse négative mais la déception laissa place à l'inquiétude, puis il se rappela que Dakota lui en avait parlé dans sa lettre. James espérait que un autre bonhomme du Marchand de Sable ne pointerait pas son nez.

- On était pas que tous les trois à se réveiller dans la salle du Docteur Parkinson...alors si les autres sont revenus ici...ils doivent avoir le même problème, ou bien ne le savent pas encore...

De toute façon ce n'était pas en restant ici que l'affaire allait avancer. Les ombres n'allaient pas venir toutes seules, il était même fort à parier qu'elles ne voulaient pas se faire attraper. James fut tiré de ses réflexions par Dakota qui parlait à mi voix, ou plutôt lisait vu le papier qu'elle tenait dans ses mains. L'adolescent lu par dessus son épaule. Il s'agissait d'une lettre de Bloody Mary. Cette folle qui apparemment était une voyageuse, l'intriguait beaucoup.

- L'épingleuse d'ombres a l'air sympathique...!

Il ignorait de quelle promesse parlait Mary mais ça, ça ne le regardait pas.
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Selene Nymphadora

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Maladie mentale : TOC des épouvantails

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 24 Juil - 15:29

La rouquine tressaillit lorsqu’elle apprit que sa comparse était dans le collimateur du Marchand de sable. Après tout, il n’était que l’être le plus puissant de Dreamland d’après ce qu’elle avait appris dans les livres de Gloutoniskaïa, et ils n’étaient que des voyageurs adolescents de l’avant dernière pluie. Ce serait utopique de croire que si la divinité en avait après la phobophobe, il épargnerait ses compagnons d’infortune. C’était les voyageurs son problème, n’est-ce pas ? TOUS les voyageurs. Et puis, même si Selene ne pouvait pas dire que sa relation avec Dakota était des plus amicales, il y avait un monde avant qu’elle n’ignore complètement un danger de mort supplémentaire. Elle était inquiète oui.

Pour se rassurer, perdant le fil de tous les mots vains lui venant en tête dans l’idée de soutenir la benjamine, la toquée tira de sa poche sa poupée épouvantail toujours imprégnée de Jake, à l’insu de sa propriétaire. Le sourire tordu cousu assez maladroitement réussi pourtant à apaiser le trop plein de craintes, l’enveloppant un instant dans cette bulle de folie dont elle seule avait la clé. La rouquine fût rappelée à la réalité lorsque James parla d’une épingleuse d’ombre. Elle releva la tête, les sourcils levés en signe d’interrogation, mais s’interrompit alors qu’elle avait déjà la bouche entrouverte.

En fait, Selene ne savait pas ce qu’elle allait demander. Les réponses aux « c’est qui ? » ou « De quoi vous parlez ? » étaient évidente, alors quoi d’autres ? Son regard noisette se perdit un instant dans la contemplation de la table, puis se trouva un point d’ancrage d’une demi seconde dans les yeux de Dakota pour glisser :

- Bon… bah je vais dire bonjour à Sydney.

Ça ressemblait à une fuite, mais ça n’en était pas une pourtant. Elle n’en savait pas plus que la blondinette, voire moins, et n’avait rien d’autre à proposer que le fait que dans Peter Pan, il raccrochait son ombre en la cousant à ses pieds. La galloise était conscience qu’il s’agissait d’un conte pour enfant, en rien un guide sur les pratiques magiques oniriques, mais après tout, était-ce réellement impossible ? Les fées existaient bien, elles, il devait bien avoir assez de gosses dans le monde pour avoir rêver de l’éternel enfant. Et si cette anomalie infligée aux voyageurs s’était crée à partir des rêves faits à ce sujet ? Après tout, Peter Pan perdait son ombre dans le monde réel parce qu’en partant trop vite, elle s’était coincée dans une fenêtre.

Soit, dans son cas, il n’y avait pas eu de fenêtre, mais la donnée « partir trop vite » persistait. Malgré les similitudes entre le conte et la condition des voyageurs, la toquée n’osait pas en parler à Dakota. Elle prenait déjà avec assez de dédain le fait qu’elle soit passionnée par l’univers féerique, ne manquerait plus qu’elle la prenne pour une grande enfant incapable de sortir de son imagination.

- Pourtant, j’ai peut-être raison…, souffla Selene pour elle-même avant de lever ses yeux ternes sur le pirate quand elle l’eut rejoint.

Un éclat triste flottait encore sur ses iris noisette, mais elle lui offrit malgré tout un sourire sincère, ses mains jointes timidement. Maintenant qu’elle avait enlevé son manteau, elle avait totalement oublié que sans son gilet et ses bandages, ses cicatrices étaient parfaitement visibles. Les vieilles marques d’automutilation comme la plus récente de sa tentative de suicide, ou la morsure de James. Vestiges de ses détresses qu’elle préfèrerait cacher. Pas parce qu’elle avait honte, mais parce qu’elle savait que les autres ne comprenaient pas.

- Bonjour Sydney, tu vas bien ? Pourquoi vous restez à part tous les deux ?

Selene n’avait jamais été proche du pirate et ils ne s’étaient parlé que brièvement, mais peut-être le fait qu’ils aient déjà partagé une suite lui conférait un statut particulier. Un allié par défaut, une personne bien mystérieuse qui n’avait pourtant pas l’air méchante pour un sou.
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Jake Anderson

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Maladie mentale : Thermoréactif

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 26 Juil - 11:35

Se confier à Sydney se révélait être un grand bien pour Jake, toutes les émotions négatives qu'il émettait semblaient comme captées et détruites pas Sydney, qui s'en servait pour mettre Jake dans son camps, enfin c'est comme ça que le thermoréactif le considérait. Sydney l'aidait parce qu'ils avaient construit un lien d'amitié plutôt enclin à durer et à se renforcer, et aussi parce qu'il se servait aussi de cette amitié pour effectuer sa mission personnelle. Ça, Jake le savait, mais bon, ça lui allait, du moment qu'il n'était pas considéré comme un total esclave... Cette réunion du club des conspirateurs paranoïaques était un nouveau début dans la déchéance mentale, et cela faisait une autre rupture dans l'esprit féerique de Jake.

Cette deuxième rupture faisait un peu de ménage dans la cervelle de Jake, réveillant son côté un peu plus maniaque. Mais ce réveil du Jake normal n'arrivait même pas à la cheville du Jake en chaleur-kof kof. Le mascara noir aurait bien aidé, mais malheureusement il n'avait pas cela sur lui au moment, dommage. Il passa la main dans le court millimètre de cheveux qu'il lui restait sur les côtés et essaya de ne pas trop se mettre en focus sur James. Il préféra de loin regarder le pirate pour encore une fois contempler son génie paranoïaque en tant qu'inspiration pour l'avenir. En regardant Sydney, il réalisa que le pirate avait une sorte d'influence sur lui, ce qui était assez bizarre.

En effet, peu être que le geste de James était déplacé, mais était-ce une raison pour autant le détester? Lui dire de ne pas recommencer suffirait-il? Cela n'était pas certain, mais Jake calma ses opinions un peu extrémistes sur le mignon James et le reconsidéra comme quelqu'un de potentiellement moins dangereux. C'était un peu comme choisir entre Team Peeta et Team Gale, ou choisir entre Team Edward et Team Jacob - enfin ça c'était facile, Jacob bien sûr, Pattinson avec que dalle de muscles ça en vaut pas la peine - le choix entre se mettre un peu du côté des deux était pas du tout envisageable, car si Jake allait du côté de Sydney, il ne pourrait pas avoir de lien trop amical avec James, et s'il se mettait du côté de James, il se mettait le pirate à dos.

Que de choix décisifs que Jake n'avait pas envie de faire. Enfin il savait que faire un choix allait forcément apparaître à un moment où à un autre. Mais pour l'instant il était à la table de Sydney et ce dernier disait qu'ils étaient du même bord. Savait-il que cela voulait aussi dire qu'il était gay? Sûrement pas, enfin concernant l'orientation sexuelle de Sydney, on pourrait dire ... Asexuel? C'était la réponse la plus probable, à moins qu'il ne fasse pas confiance à lui-même, et dans ce cas il serait bien mal barré! Puis vint l'évocation de son nouveau pouvoir, qui en effet était un bon avantage sur ce genre de situations, même si ça pourrait se révéler totalement inutile si c'était vraiment Selene.

Jake était anormalement posé et n'exprimait pas vraiment ses sentiments et sensations, comme troublé par quelque chose, ou tout simplement pas cette situation terriblement irritante. Si seulement il avait eu le pouvoir de faire les gens s'apprécier entre eux! Ce serait de la manipulation, mais bon... que veut-on? Les pensées de Jake restaient dans son cerveau, et il ne savait vraiment pas, quoi faire. Un équilibre instable entre le sérieux et le fun? L'envie n'était pas à vouloir satisfaire tout le monde, car ce n'était pas possible du tout, mais Jake ne savait faire autrement. Sydney était sûrement la personne qu'il pouvait avoir confiance en, et James serait juste celui qui ferait rêver Jake?

Cela déprimait un peu le thermoréactif, mais il fallait se distraire l'esprit, et le petit déjeuner était la parfaite occasion pour reprendre un peu de forces et penser à autre chose. Sydney lui offrit des tartines, ce qui était évidemment le bien venu, et aussi un gage d'amitié, si tel était le rapport entre les deux compagnons d'aventure. Néanmoins la proposition venait au bon moment, car Jake crevait la dalle. C'est avec un nouvel entrain qu'il remercia le capitaine au bandana et qu'il entama sa portion gentiment offerte. Il commençait ainsi à manger sa première tartine à la confiture quand il vit Selene.

Il faillit faire un bond de 3 mètres lorsqu'il la vit, tellement il ne s'y attendait pas. Par contre la rouquine ne s'adressait pas du tout à Jake, ce qui était un peu décevant de sa part, mais bon. Jake lança un regard en coin à Sydney disant "qu'est-ce qu'on fait?", et soupira...
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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 26 Juil - 13:26

Il avait fallu qu’elle vienne. Comme si parler discrètement avec Jake n’était pas assez risqué, voilà que Selene elle-même venait leur rendre visite. Coïncidence ou pas, cela ne fit que conforter Sydney dans sa paranoïa. L’impression d’être continuellement observé et écouté grandissait en lui sans qu’il n’y puisse rien.

Le pirate regarda la toquée avec un regard neutre. Il aurait voulu lui exprimer tout son mépris pour cette mascarade immorale, mais il s’était promis de jouer plus finement, cette fois-ci. Elle tomberait d’elle-même dans son propre piège à un moment où un autre, mais pour l’instant, place à l’hypocrisie.
Il remarqua bien évidemment le regard que lui lançait le thermoréactif qui s’était stoppé net dans son petit déjeuner. S’ils n’étaient pas grillés avec ça, ce serait un vrai miracle… Il essaya de ne pas y prêter trop d’attention, mais dans un sens le jeune homme avait raison : il devait être de la partie.

- Tiens, une revenante. Jake est là, lui aussi dit-il presque naturellement en présentant son allié lésé. On parlait justement de toi, figure toi. C’est assez drôle, comme coïncidence. Tu ne trouves pas ? Mais assieds-toi, je t’en prie ! Il désigna une chaise à côté de lui et attendit que la toquée prenne place.
Si elle devait se révéler dangereuse, être assise entraverait suffisamment ses mouvements pour que le pirate et son allié aient le temps d’esquiver une quelconque attaque. Enfin à priori.

Le corsaire s’efforçait toujours de ne laisser filtrer aucune émotion, aucun froncement de sourcil. Ce serait plus facile de déstabiliser l’espion s’il le croyait son ami.
- Ça fait un bail.. depuis la bibliothèque, hm ? J’étais en train de me demander ce qui avait pu t’arriver. Tu as eu de la chance qu’il ne te soit rien arrivé de grave… Attention pourtant : se montrer trop amical serait suspect. A fortiori parce que Sydney était tout sauf quelqu’un d’amical. Il enchaîna donc sans laisser le temps à quiconque de le couper. Alors dis-moi, qu’as-tu fait pendant tout ce temps, hm ? Dakota a dit que tu n’étais pas vraiment dans ton assiette, si je me souviens bien.

Haussant un sourcil, il attendit la réponse de la jeune fille avec une pointe d’amusement. Cette partie des relations humaines était celle qu’il préférait : analyser la capacité à mentir d’une personne. Saurait-elle improviser, broder correctement ? Et jusqu’où arriverait-elle à tenir son mensonge. A côté de ça, rien n’empêchait Sydney de lui mettre des bâtons dans les roues pour trouver une éventuelle faille.
Jake semblait perturbé, presque réticent à accepter Selene à leur table. Mais il avait encore beaucoup à apprendre ; pour le moment, le capitaine au bandana voyait ça comme un jeu. Un jeu dangereux, certes, mais à Dreamland, qu’est-ce qui ne l’était pas ?

Attendre d’elle qu’elle joue carte sur table serait assez stupide, en définitive. Tout comme la mission qu’il avait confié à Jake, ce n’était pas tant la réponse en elle-même qui l’intéressait. Il se fichait un peu de ce qu’allait jouer ce maudit espion. Non, ce qui l’intéressait vraiment, c’était ce que ce dernier n’allait pas jouer.
Le pirate était tellement persuadé qu’il ne s’agissait pas de Selene que l’idée que ce soit vraiment elle n’effleurait même pas son esprit.

Il devait mener la partie à tout prix, ne pas laisser de chances à la toquée de prendre le dessus. Aussi avait-il sciemment ‘oublié’ de répondre à la question de cette dernière. On avait bien le droit de rester en retrait, non ? Ce n’était pas interdit par la loi, ça !
Sydney avait déjà la désagréable sensation qu’on fouillait dans son cerveau, alors l’intervention d’une police version Big Brother, non merci. Comment pourrait-il se justifier si l’espion était doué de télépathie ? Il n’avait aucune chance de s’en sortir, ça serait vraiment injuste !

Les combats les plus impressionnants sont peut-être ceux qu’on voit, toujours est-il que ce duel psychologique qui avait lieu entre l’espion et Syd’ était d’une grande intensité. Comment faisait-il..? Comment faisait ce fourbe pour paraitre si naturel, copiant sa cible avec une minutie et une perfection digne d’un horloger. On croirait vraiment avoir affaire à la galloise tant pas la gestuelle que par le ton, le raisonnement… tout y était. Et pourtant il devait y avoir une faille quelque part !

A moins que… Oui, c’était tout à fait possible, c’était du déjà-vu et c’est justement pour ça qu’on ne soupçonnait rien. Mais si c’était ‘ça’, alors était-ce mieux ou pire ?
Pire, assurément. Seul le casier judiciaire permettrait à Sydney de découvrir la vérité – il l’espérait.
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Pas l'ombre d'un doute
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