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 Pas l'ombre d'un doute

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Sydney Miles

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Maladie mentale : Paranoïaque

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MessageSujet: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 7 Juin - 15:47

Provient de Gloutoniskaïa
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Vraiment, il était arrivé au bon moment. Déjà Dakota reprenait ses grands-airs et ses yeux ne tarderaient pas à reprendre leur teinte normale ; il ne resterait rien de ce à quoi avait assisté le pirate. Il était un privilégié, en quelque sorte. Si elle avait été une de ses amies, il l’aurait surement consolé ou… ou non. Si les gens comme ça pleurent, c’est qu’ils l’avaient mérité.

Restait à savoir comment Sydney pourrait articuler ça pour se rendre convainquant auprès de Jake et James. Balancer un fait brut, c’était bien beau, mais ça avait généralement peu d’impact et on avait le plaisir de se voir traité d’illuminé et/ou de paranoïaque… non merci.
La phobophobe reprenait du poil de la bête ; elle tenterait surement de l’embrouiller, c’était même certain. Pourquoi avouer quand on peut mentir ? Surtout quand ça nous arrange. Or l’intérêt propre ne constitue en rien une morale acceptable. Aucune noblesse, rien. Du creux. Ce que faisait Syd’, c’était pour le groupe, pour sa survie mais également celle de ceux qui valaient la peine d’être sauvés. Et ça faisait de lui un individu meilleur, logiquement.

D’ailleurs en parlant de logique, la blondinette le décevait, ces derniers temps. Mais bien sûr que Castiel était avec Mary et c’était justement pour ça que c’était dangereux !! C’était cette alliance irréfléchie qui légitimait les doutes du pirate ! Elle ne comprenait pas. Elle ne comprendrait jamais ; bien trop bornée pour admettre la vérité. En fait, c’était elle qui était complètement paranoïaque. La pauvre… être folle à ce point et ne même pas s’en rendre compte. C’était presque triste.

Elle remaniait les mots à sa manière, mais Sydney avait bien compris ; le mieux qu’il avait à faire était de faire semblant de l’écouter. De toute façon il avait déjà tout ce dont il avait besoin savoir.
- Oui, oui… Appelle-ça comme tu veux. Contrat, pacte… tu sais, le terme ‘collaboration’ est très bien choisi, trancha-t-il avec cynisme. Ces discours qui – il y a quelques jours – l’énervaient le faisaient à moitié rire, à présent. Ce sentiment de supériorité n’était peut-être pas très beau, mais dieu! que c’était bon.

Le corsaire préparait déjà une nouvelle salve d’arguments mais l’adolescente semblait préférer son ticket inutile à la conversation. Ah ça, dès qu’on sent qu’on perd.. y’a plus personne ! Toujours pareil. Mais ça prouvait au moins que le pirate avait raison. Il n’y a que la vérité qui blesse, n’est-ce pas ?

D’ailleurs en y repensant, c’était tout de même drôlement bien fichu que tout le monde ait reçu un ticket pour l’endroit exact où ils devaient se rendre pour espérer survivre… *Drôlement bien fichu, ouais. trop, si vous voulez mon avis. C’est un piège !!*
Nouvelles sueurs froide alors que le pirate comprenait ce qui allait se passer. Jake, James, Dakota, Castiel, mais surtout et avant tout : LUI ! Tous ! Ils allaient tous se faire trucider, là-bas ! Il fallait raisonner la phobophobe tant qu’il en était encore temps !

Comme animé d’une volonté malsaine, le ticket de l’adolescente anticipa la réaction de Syd’ en lui coupant toute possibilité de parole. Un raid aérien typique de ce monde de malades : les bombardiers avaient été remplacés par des dragons !!
Ca donnait le même résultat, niveau dégâts, mais avec l’aspect effrayant en plus ! La bête négocia un atterrissage sur la place de la mairie et sans qu’on lui demande, le pirate était emporté ; enlevé !

Il tenta de se défaire, mais le lien magique n’accordait aucune prise et le balançait dans les airs. Hurler ne servait à rien, mais c’était ce genre de choses qui sortaient toutes seules, des fois qu’une âme bienveillante vous vienne en aide – évidemment, personne ne vous vient jamais en aide…

Le filin doré fit embarquer contre son gré le paranoïaque qui voyait déjà ce voyage comme l’un des pires de sa vie.
- Faites-moi descendre !! Je veux pas aller là-bas !! Pas avec elle !!
Et puis il n’avait rien demandé, lui ! Il n’avait pas perdu son ombre, alors de quel droit le réquisitionnait-on pour ce voyage ? Il n’avait même pas eu le temps de s’acheter un manteau… Vraiment, tout concourait pour lui nuire… TOUT !!

Les autres passagers le regardaient, il en était sûr. Ils étaient au courant de quelque chose et/ou voyaient le pirate comme un importun. Il n’avait pas sa place ici et il ne l’avait pas demandée non plus !
- Tout ça c’est de ta faute, criait-il à l’adresse de Dakota tout en s’agrippant à la cabine de toutes ses forces. Non, il n’avait pas le vertige, juste peur de tomber. Les dragons n’étaient pas des animaux fiables, sinon ça se saurait ! Pourquoi t’as fait ça !? Pourquoi il a fallu que tu fasse ça !? Oh mon dieu pourquoi ça m’arrive à moi !??

Il se gardait bien de dire « je vais crever ; on va crever » en public, ça ne lui attirerait que des ennuis. Mais il n’en pensait pas moins ! D’ailleurs il était fort probables que des membres du complot qui se dressait contre eux soient juste ici, à bord de… ce truc. Un détournement de dragon et hop : l’ « accident bête ». *Je veux pas mourir comme ça ! Tuez-la elle, mais pas moi !!*

Mis à part des grognements de mécontentement de la part des passagers, le voyage se déroula pourtant sans aucun problème. C’était évident : Sydney connaissait leur plan et, le sachant, les kamikazes ont dû changer de tactique. Ils frapperaient quand Sydney s’y attendrait le moins. Rester sur ses gardes, oui ! Ne même pas cligner des yeux ; c’était un moment tendu !

A peine la cabine eut-elle touché sol que le capitaine au bandana sauta au dehors… et regretta aussitôt. Claquant des dents, remuant sur place pour ne pas geler, il maudissait cette blondinette qui faisait décidément tout pour qu’il crève.
En plus de faire froid, il n’y avait rien à voir ! Rien de rien. De la neige, de la glace, et un ciel tellement blanc qu’on pourrait se trimbaler la tête à l’envers sans le savoir.

Une personne se distingua du groupe en demandant à ce qu’on se rassemble autour de lui. D’après sa gestuelle, ce devait être le guide. Et le chef des kamikazes, donc.
Le pirate ne lui accorda du crédit que lorsqu’il entendit « village du père Noël » ; il regarda dans la direction qu’indiquait le guide, et – ô surprise !! Que vit-il !??
De la neige. *Ce village, il est à combien de jours de marche, au juste..? Le dragon est trop fainéant pour faire le voyage en entier ??*

Il se tourna vers la dictatrice en herbe qui devait se sentir comme un poisson dans l’eau – ou un glaçon dans la neige.
- Bon, t’as une autre idée géniale à proposer ? Je vois aucune ombre, ici. Même pas la mienne. Alors au prochain dragon, je rentre à Gloutoniskaïa. Ou non, autre part ! J’en ai marre de cette ville.
Aaah… N’y a-t-il donc aucun coin tranquille, à Dreamland !?

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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Ven 8 Juin - 15:20

L’entêtement infernal de son interlocuteur lui était passé bien loin au-dessus de la tête à partir du moment où le filin doré s’était enroulé autour de sa taille pour la tracter sans ménagement vers le monstre immense qui stationnait dans le ciel. Dès lors sa seule préoccupation avait été de se libérer en gigotant, hurlant, frappant – technique qui n’était pas sans rappeler celle qu’elle avait utilisé contre le monstropoulpe deux mois plus tôt- et usant même de ses serpents pour sectionner le lien. Bien sûr rien de marcha et avant d’avoir pu se casser la voix on l’installait déjà sur un siège plutôt confortable à bord de la « cabine ventrale » comme la nommait l’hôtesse de l’air qui les avait accueilli avec un sourire colgate.

Malgré le calme qui régnait à bord, l’hystérie avait gagné Sydney qui l’accusait déjà de tous les maux, en passant par l’effet de serre, la faim dans le monde et la peste noire. Il jouait les victimes avec une théâtralité à vous en retourner l’estomac, mais Dakota devait bien avouer qu’effectivement, c’était de sa faute. Tout ça arrivait parce qu’elle avait sous-estimé les possibilités infinies qu’offrait ce monde en matière d’aberrations et d’illogismes.

- Oui c’est de ma faute, et crois moi je le regrette encore plus que toi. La dernière chose dont j’ai envie est de passer mes derniers jours en tête à tête avec un paranoïaque je-m’en-foutiste, égoïste et geignard.

Ses yeux glacés glissèrent sur le rouquin avec un mépris flagrant avant qu’elle ne se détourne de lui pour rejoindre l’avant de la cabine. Il devait bien y avoir un moyen de redescendre non ? Ou de leur faire comprendre qu’il s’agissait d’une erreur. Son palpitant s’agitait déjà de peur d’avoir peur que ce soit impossible mais la gamine réussit à conserver un calme apparent jusqu’à sortir du champ de vision du pirate. Il l’avait déjà vu faiblir une fois, c’était bien suffisant pour toute une vie.

La méduse miniature longea l’allée centrale jusqu’à l’avant du «véhicule » -elle ne trouvait pas de mot plus adéquat- et toqua plusieurs fois à la cabine occupée par le pilote. L’une des hôtesses surprise de son manège vint la trouver sans se départir de son sourire pour lui expliquer avec une mièvrerie qu’on ne constatait que lorsqu’un adulte s’adressait à un enfant :

- Il ne faut pas faire ça ma chérie ! Le conducteur du Dra-car est quelqu’un de très très occupé ! Tu ne voudrais pas finir dans la mer n’est-ce pas ? Alors laisse le faire son travail et retourne t’asseoir tu veux ?

L’œil bleu pâle de la gamine tiqua devant l’air niais qu’on lui servait. Non, elle ne comptait pas retourner s’asseoir, pas plus qu’elle ne tenait à finir noyée en mer parce que le chauffeur était un idiot incapable de diriger un dragon et de répondre à une simple requête. Sa langue acerbe était déjà bien aiguisée quand Dakota répondit d’un ton acerbe :

- Je ne compte pas m’asseoir, je veux lui demander de redescendre. Tout de suite. Je n’ai pas volontairement accepté ce voyage, c’est un concours de circonstances et des amis m’atten…

- Mais oui, mais oui ! Quelle imagination ! Allez, retourne à ton siège… zouh !

Après l’avoir interrompu, toujours armées de son éternel sourire commercial, la femme en tailleur rouge feu la poussa devant elle jusqu’à un siège libre où elle la força à s’installer. Dakota eut d’ailleurs la mauvaise surprise de voir un nouveau filin jaillir pour la lier au fauteuil par la taille, sûrement pour empêcher l’enfant capricieuse qu’elle était aux yeux de l’hôtesse de déranger le personnel de bord. Dakota crispa les mâchoires alors que ses ongles s’enfonçaient furieusement dans les accoudoirs. Elle ne dirait rien, c’était inutile. Elle venait de se faire battre à plate couture et ça simplement parce qu’elle était encore une enfant. Personne ne la prendrait au sérieux ici visiblement, et c’était terriblement frustrant.

Aux bouts de longues heures interminables qu’elle passa les yeux fermés à tenter de se convaincre que non, ils n’allaient pas chuter, que non elle ne mourrait pas prochainement, surtout pas loin du seul ami qu’elle s’était jamais fait, ainsi que d’une foule d’autres choses plus ou moins fondées pour contrer sa conscience perfide qui tentait d’instiller une peur viscérale en elle. Bien que ne résolvant pas tous les problèmes, voir le dragon se poser à terre fut un soulagement, ne serait-ce que par l’opportunité qui lui était donné d’envoyer un courrier par chouette postale.

Après avoir tanné l’hôtesse pour obtenir qu’on lui prête un papier et un crayon avant de rejoindre le plancher des vaches, elle griffonna quelques mots à la va-vite sur un bout de papier :

James,
Je suis vraiment désolée, j’ai utilisé sans le vouloir le billet pour les terres gelées et le personnel de bord qui nous a embarqués de force n’a pas voulu faire demi-tour. Rejoignez-nous au village du père noël, nous vous y attendront.
Dakota.

La phobophobe marqua une pause pour relire son mot qui lui paraissait désespérément froid, hésita puis ajouta un postscriptum avec une moue peu convaincue. « Ne meurs pas avant de me rejoindre, je compte sur toi pour tenir le coup ok ? ». C’était peu, encore assez impersonnel mais James saurait sûrement y voir l’expression de son inquiétude sincère à son sujet. Une fois le courrier attaché autour de la patte de son animal de compagnie elle n’eut plus qu’à le laisser s’envoler, enfiler sa combinaction et rejoindre les immenses plaines gelées sur lesquelles le dragon avait atterrit.

Dehors pas la moindre trace du village du père noël, mais si Sydney trouvait ça surprenant ce n’était pas le cas de Dakota. Tout ici avait tellement changé… Ces tâches au loin ressemblaient à des vortex semblables à celui qu’elle avait traversé sans le vouloir, et d’ici elle pouvait observer de nombreuses anomalies. Le blizzard soufflait plus fort, mais ce n’était pas que ça. D’ici elle ne pouvait pas confirmer ce qu’elle croyait voir, mais ça sentait mauvais. Vraiment mauvais.

- C’est à cause de nos ombres, murmura-t-elle en exhalant d’épaisses volutes blanches.

Le froid était donc aussi mordant ? Pourtant dans sa combinaison elle ne sentait rien, ou plutôt elle se sentait parfaitement bien. C’était le pirate qui ne devait pas en mener large, pensa-t-elle perfidement. D’ailleurs ce fut confirmé par son discours lorsqu’il vint lui rejoindre pour –ô surprise- la blâmer encore.

- Je te répète que ce n’était pas volontaire. J’ai envoyé un message aux garçons pour qu’ils nous rejoignent aussitôt que possible et, malgré tout le respect que je te dois, comment comptes-tu reprendre le dragon sans billet toi qui es si malin ? Ils ne vendaient pas de billets à bord, tu seras donc au moins forcé de rejoindre le village. Mais si tu veux mourir de froid sur place grand bien t’en fasse ! Une telle solidarité me touche vraiment, ironisa-t-elle en le dépassant pour suivre le guide.

L’adolescente enfila ses lunévolutives sur son nez pour les mettre en mode jumelles et observer au loin. Le village du père noël était droit devant eux, mais la météo étrange avait dû forcer le Dragon à atterrir prématurément. Ça ne rendait leur périple que plus difficile surtout avec la fatigue qui venait plomber ses membres mais les choses s’éclairciraient sûrement lorsqu’ils auraient mis les pieds en ville. Quelqu’un là-bas aurait bien vu leurs ombres, non ?

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 16:54

Avec ce froid mordant et l’irresponsabilité démotivante de Dakota, survivre dans les terres gelées était un vrai parcours du combattant. Et le pire dans tout ça, c’était que Syd n’y était que depuis cinq minutes tout au plus !
« Pas volontaire »… Et puis quoi, encore ? Elle allait peut-être lui sortir qu’elle n’avait pas lu le ticket volontairement, qu’elle n’avait pas claqué des talons volontairement ? Très convaincant, oh ça oui !

Bon, par contre, pour le ticket de retour, la blondinette marquait un point… Hors de question de le lui faire remarquer. Et puis ça n’enlevait rien à la légitimité du coup de gueule du pirate.
- Hmm, un ticket… C’est bizarre, parce que j’en avais un ! Où a-t-il pu passer..? Ah oui : il a été brûlé quand on m’a enlevé pour faire un voyage que je ne voulais pas faire… Suis-je bête ! Hahaha !
Armé d’une mimique parfaitement stupide, Sydney illustrait tout le dédain qu’il avait pour Dakota. Celle-ci l’ignora totalement en se dirigeant droit dans la gueule du loup. Elle était aveugle, ou quoi !?

Le corsaire était bien obligé de la suivre ; Dakota constituant le seul bouclier humain viable qu’il avait sous la main à l’heure actuelle. Mais quand même ! Ça n’était pas une raison pour jouer aux suicidaires !
D’ailleurs entre le froid et les terroristes du ciel, le capitaine au bandana était bien content de ne pas devoir se trainer Castiel en prime. Ce dernier ne devait certainement pas avoir de ticket, ce qui signifiait… qu’il ne pouvait pas venir !! Au moins une bonne nouvelle. De toute façon il savait que ce dernier louchait sur lui. Sydney aurait été le prochain à se faire bouffer, c’était évident.

Il s’empressa de rejoindre son ‘amie’ et une fois arrivé à ses côtés, il hésita un instant à lui faire part de son pressentiment. Paranoïaque comme elle l’était, elle ne le croirait pas, de toute façon. C’était décidé : il ne dirait rien ; quitte à se retrouver seul, au moins il serait vivant, lui.
Marcher dans la neige était exténuant et ne réchauffait pas franchement : le vent gelé traversait les habits du pirate avec une facilité déconcertante. Il tira de sa hotte ses mitaines et son bonnet qu’il mit rapidement. Pas très efficace, mais c’était toujours ça. Les mitaines : gants du pauvre. A croire que ceux qui lui avaient offert ce cadeau étaient trop pauvres pour acheter le bout des gants. Superbe preuve de débilité, encore une fois. Quand on n’a pas les moyens, on n’offre rien, et ça prouvait encore une fois que l’origine de ces cadeaux était douteuse. Et ne parlons même pas de l’intention…

- A cause de toi j’ai même pas eu le temps d’acheter un manteau, lâchait-il tout au long du voyage, ainsi que d’autres phrases bien senties ; surement un moyen de contrebalancer le coup que prenait l’orgueil du corsaire à devoir suivre aveuglément une gamine de 13 ans à travers l’Antarctique.

Le guide essayait de perdre les deux voyageurs en marchant à une allure que ni Sydney, ni Dakota ne pourraient tenir longtemps. Restait à espérer que le village du Père Noël n’était pas loin, et d’ailleurs qu’allaient faire des terroristes là-bas ? Les murs ne seraient des abris sûrs que contre le vent…
Et de toute façon, ça sentait l’arnaque à plein nez.
- Tu y as déjà été, toi… Il existe vraiment, le Père Noël, ou c’est juste n vieux gros déguisé en rouge comme on en trouve dans chaque centre commercial..? demanda-t-il à tout hasard, des fois qu’on lui réponde.

Il était fort probable que la réponse soit oui, étant donné qu’ils étaient dans le monde des rêves. Mais la question sous-entendait une autre interrogation : ce vieil homme existait-il seulement dans ce monde ou bien avait-il le pouvoir de traverser la frontière entre réel et imaginaire ? Si oui, alors lz voyage risquait d’être intéressant !
Et si non, eh bien… Rencontrer le Père Noël serait peut-être amusant. A moins que ce dernier aussi soit louche : personne ne vit de son plein gré dans un pays aussi froid. Esclavagisme de lutin droit devant ! Pourvu qu’il n’y ait qu’eux qui soient réduits en esclavage…

La partie allait donc se jouer sur la longueur. Le but du jeu : survivre en attendant que les garçons arrivent – si tant est que le pigeon de dame Glaçon ne soit pas mort entre-temps, congelé sur place…
En parlant de congelé, Sydney espérait vivement trouver une boutique où il pourrait acheter un manteau.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 18:47

- C’était un ticket aller simple, pas retour simple sombre blaireau, marmonna Dakota hors d’atteinte des oreilles de Sydney.

Mais souligner que les propos du pirate étaient foncièrement erronés n’aurait servis à rien d’autre qu’à alimenter cette dispute stérile. Pas besoin de peser le pour et le contre pour savoir que tout a ne mènerait à rien d’autres qu’à leur mettre les nerfs à vif. Le pirate qui parlait tout seul, ponctuant leur longue marche de remarques puériles en était un exemple flagrant. Que la gamine réponde ou non lui importait peu, tout ce qu’il voulait c’était déverser sa bille. Qu’il se fasse plaisir, c’était gratuit. Son opinion était bien la dernière chose qui importait à Dakota.

Le guide maintenait une allure soutenu que leur duo peinait à suivre et la phobophobe était bien décidée à mettre toute son énergie disponible dans le mouvement, une jambe après l’autre encore et encore malgré sa tête qui lui tournait et son nez qui menaçait de saigner de nouveau. Le blizzard était si fort à cet endroit qu’elle avait l’impression que la moindre bourrasque pourrait l’emporter, faisant naitre en elle une peur bien familière, celle d’avoir peur de toutes les autres à commencer par celle d’avoir à apprendre à voler sur le tas, qu’elle le veuille ou non.

Au bout de deux kilomètres les pieds dans des congères elle avait atteint les limites de ses faibles forces et en arrivait presque à regretter de ne pas avoir mangé au dîner. Le souvenir de James l’exhortant à avaler quelque chose lui tira une grimace alors que Sydney –ô miracle- lui adressait la parole pour autre chose que des remontrances.

Le père-noël ? Si elle l’avait vu ? Bien trop à son goût. Elle n’avait jamais aimé cette fête dans un monde comme dans l’autre, autant dans les idées qu’elle véhiculait que dans l’aspect de son représentant. Un bonhomme obèse comme idole des enfants ? Ce n’était pas comme ça que l’état allait lutter contre l’obésité morbide qui gangrénait les états encore plus sérieusement que l’alcool et le tabac. * Vive les Etats-Unis d’Amérique * pensa-t-elle cyniquement en levant les yeux au ciel.

- Il existe, hélas.

Et voilà, réponse donnée. Il lui semblait néanmoins que son interlocuteur attendait plus d’elle qu’une réponse sommaire, mais quoi dire de plus ? Qu’il était un alcoolique atteint de troubles dissociatifs de la personnalité ? Pourquoi pas tiens, ça donnerait peut-être à noël un visage plus intéressant.

- On a dû le retrouver juste avant l’exil qui nous a endommagé. Il avait été remplacé par un connard alcoolique et mesquin qui n’était autre que l’autre facette de sa personnalité. On l’a fait revenir à la normale et je suppose qu’après ça il devait être charmant mais je ne suis pas restée prendre le thé.

*Non, parce qu’un certain marchand de sable a eu la bonne idée de me renvoyer dans le monde réel, au cas où j’aurais oublié que ma vraie vie se trouvait là-bas et non ici.*

Bon sang qu’elle regrettait d’avoir répondu involontairement à l’appel des lutins ! Plus elle se penchait sur cette affaire plus elle pensait que ce monstrueux rassemblement de voyageurs devait être lié de près ou de loin au réveil de cette entité monstrueuse qui voulait leur peau. Ces terres désertiques étaient l’endroit idéal pour dormir et ils avaient interrompu sa sieste. Tout ça pour quoi ? Pour sauver Noël. Elle en aurait presque rit si elle s’était souvenu comment faire.

Une rafale de vent la déstabilisa soudain et elle s’accrocha furieusement à la chose la plus proche… le bras de Sydney. Ça risquait de ne pas lui plaire mais qu’il se rassure, il en était de même pour la surdouée qui ne prolongeait ce contact uniquement par peur de faire un fantastique roulé boulé dans la neige pour atterrir on ne savait où. On n’y voyait plus à 1 mètre, allez savoir si une falaise à pic ne se trouvait pas juste à leur droite ou un fossé sous leurs pieds ?

Ses mains tremblantes s’étaient crispées sur le bras du pirate à un tel point qu’il aurait fallu un pied de biche pour le libérer. Entre deux bourrasques il lui semblait voir les lumières du village à un kilomètre tout au plus mais ces visions disparaissaient aussitôt dans le blizzard opaque comme pour lui faire comprendre que tout n’était qu’illusion.

- Pourquoi je suis là déjà ? s’interrogea-t-elle à mi-voix sans se soucier de passer pour une folle, Ah oui, pour ne pas mourir. Pas mourir… tu parles d’un objectif…

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 20:22

Le voyage était assommant. Le temps était assommant. Le froid l’était aussi, et le guide aussi, et les gens, et la neige, et TOUT ! Absolument tout commençait sérieusement à énerver Sydney. Le mieux, c’était encore que JJ et Dak trouvent vraiment leurs ombres ici ; au moins le groupe pourrait repartir rapidement. Ne rien trouver signifiait se prendre la tête parce qu’ils ne voudraient pas partir avant d’avoir retourné chaque fichu flocon de ce pays.

La marche de Sydney était typique de ceux qui essayent par tous les moyens de ne pas se vautrer dans la neige tout en gardant une vitesse constante : si d’un point de vue ça peut être amusant à regarder, c’est une autre affaire quand on le vit. Ses pieds se posaient sur le sol enneigé avant de s’enfoncer d’une bonne dizaine de centimètres lorsque le pirate transférait son poids d’une jambe à l’autre, et encore, et encore. Il n’aurait pas craché sur une paire de raquettes, pour le coup.

Question : pourquoi n’a-t-on jamais trouvé de pirate en Antarctique ? La réponse vient d’elle-même : parce qu’il n’y en a jamais eu ! Il faudrait être fou pour oser s’aventurer dans ce genre de paysage. On n’y voyait pas à 10 mètres et lentement mais surement, le duo de voyageur perdait le groupe du guide. Bientôt on ne distinguait plus d’eux que des silhouettes grisées par les flocons tombant par milliards.
Comment Jake et James les retrouveraient-ils, s’ils se perdaient ? Et quoi si eux aussi se perdaient !?

Et l’optique de se retrouver perdu dans le froid avec Dakota n’était pas pour réjouir le corsaire… Les discussions avec elle n’étaient pas très chaleureuses. D’ailleurs sa réponse concernant le père Noël refroidit d’avantage – parce qu’il en avait très besoin, il faut dire – le pirate. Un vieil obèse schizophrène et alcoolique… Voici le portrait que l’on dressait de l’idole de tous les enfants… On était bien loin de l’image du grand-père souriant qui apportait des cadeaux gaiement la nuit du 24… La part de cauchemar à Dreamland rattrapait le rêve où qu’il soit. Partout les songes en apparences heureux étaient ternis par les rêves de gens égoïstes, foncièrement stupides et agaçant.

Il suffisait qu’un seul malade, un seul fou furieux rêve que le monde soit soufflé par une explosion nucléaire et hop : bye bye tout de monde !? Quel monde, non mais quel monde !!
Le jeune Sydney avait bon nombre de fois rêvé de pirates, mais parmi les 7 milliards d’autres dans le monde, il devait bien y en avoir au moins un qui avait également rêvé que les pirates étaient des monstres abominables ; et ce type, Syd’ se disait qu’il le détestait déjà pour avoir bousillé son enfance, de fait.

Alors qu’il était très occupé à ronchonner, grincher et maudire chaque flocon qui tentait un raid aérien contre son visage rougi, le pirate sursauta alors que quelque chose agrippa son bras. Il se retourna vivement pour voir l’adolescente pendue à sa chemise. Dans le cerveau du paranoïaque, les pensées se bousculaient pour déterminer les causes de cette action qui ne lui plaisait pas du tout. Elle était fatiguée alors elle décidait de l’emporter au diable avec elle, c’était ça ? Vraiment une peste jusqu’au bout !
Il y avait aussi ce pouvoir qu’elle avait utilisé contre le maire et dont Sydney ne voulait absolument pas faire l’expérience. Et puis lui aussi, il était fatigué, mince !

Sans rien dire, il continua à avancer, trainant la gorgone miniature dans la neige derrière lui sur une bonne dizaine de mètres avant qu’il ne s’arrête une nouvelle fois :
- Mais c’est pas vrai, diantre !! Elle l’empêchait d’avancer ; elle le ralentissait et le fatiguait encore plus. Il allait y passer, s’il ne faisait rien. Mais elle était son seul bouclier et puis… Et puis elle n’avait que treize ans, après tout. C’était un peu normal d’être à bout de forces dans ces conditions.
… Sauf que c’était Dakota et qu’elle était tout sauf normale !

Plus il regardait la méduse et plus le capitaine au bandana avait l’impression qu’elle allait lui claquer entre les doigts. Et puis mince ! Il secoua énergiquement son bras pour arracher ce dernier à l’étreinte de la phobophobe. Une fois libéré, il la releva, la pris sur son dos et continua à marcher sans demander l’avis de la concernée.
- Je me contrefiche que tu sois fatigué ou pas, mais moi je continue. Tu mourras quand tu auras retrouvé ton ombre, pas avant.
Oh, et si tu saignes du nez sur ma veste, je te lâche ! Compris ?


Avec cette histoire, le pirate se rendit compte qu’il avait définitivement perdu de vue le guide. Et foutre !!
Il regarda derrière lui pour regarder la ligne que formaient ses pas. On ne voyait presque plus rien, mais c’était suffisant pour donner la direction à prendre : tout droit. Il finirait bien par tomber sur le village, avec un peu de chance. Et là, il gageait qu’on pourrait y trouver une auberge bien chaude. Enfin on pouvait tomber sur quelque chose de moins gai, évidemment, mais le pirate concentra son esprit sur le positif. Se focaliser sur quelque chose d’encourageant l’aiderait à continuer. Que dirait Dakota si lui aussi se mettait à s’affaler au sol..? Elle se moquerait de lui, comme d’habitude. Et ça, il ne le supporterait pas !
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 21:12

- Hey ! Mais qu’est-ce que tu… OH ! s’insurgea Dakota alors que Sydney la hissait sur son dos.

Elle ne comprenait ni ce qui se passait, ni pourquoi ça se passait, la seule chose de sûr étant que ses serpents n’appréciaient pas l’opération. En tant que créatures à sang froid ils avaient été plutôt somnolents depuis leur arrivée mais voir leur propriétaire se faire ainsi embarquée leur avait donné un regain de vitalité. Ils sifflaient, crachaient, claquaient des crochets à hauteur des oreilles du pirate qui ne sembla même pas les remarquer tant il était occupé à lister ses revendications.

Lorsque la surdouée finit par comprendre qu’on ne tentait ni de l’enlever, ni de la tuer en la jetant dans un ravin elle arrêta de gigoter pour refermer ses bras autour du cou du rouquin. Elle n’aimait pas vraiment ça mais il aurait été une effroyable erreur de calcul que de réclamer qu’on la pose à terre alors qu’elle tenait à peine debout. Epuiser une « monture » saine était bien plus intelligent et c’est pourquoi elle le laissa ronchonner en paix pour le reste du trajet.

Le village se faisait de plus en plus proche et alors qu’elle évaluait le temps de trajet restant à cinq minutes tout au plus une forme noire attira son regard devant eux, légèrement sur la gauche. Son œil tiqua alors que ses bras se resserrait sur la trachée du parano’, à la imite de l’étouffement.

- Va à gauche ! Va à gauche !

Ce n’est que de justesse qu’elle se retint d’enfoncer ses talons dans les côtes du pirate, souvenir fugace de ses rares cours d’équitation qu’elle avait suivi en début de primaire. De toute façon ce n’était pas plutôt pour accélérer ? Que devait-elle faire alors ? Tirer sur les longs cheveux flamboyants comme s’il s’était agi de rênes ? Alors que la mini-Méduse s’apprêtait à passer à l’acte le pirate évita de justesse ce qui avait effrayé la gamine. C’était moins une et son cœur qui battait la chamade à un rythme fou lui filait la migraine. Se calmer, il fallait se calmer… inspirer profondément puis expliquer avant qu’on ne lui tombe dessus pour la lyncher.

- C’est un vortex… lâcha-t-elle alors qu’elle diminuait la pression sur la gorge du parano, Si on tombe dedans on atterrit n’importe où à Dreamland. Y’en a partout dans le coin, il faut être prudents. C’est en tombant dans l’un d’entre eux que l’on s’est retrouvé à Gloutoniskaia.

Elle regretta aussitôt d’avoir dit ça. Vu son désir de retourner d’où ils venaient cet idiot risquait de foncer tête baissée dans le prochain vortex dans l’espoir de retourner là-bas. Prudente elle ajouta donc précipitamment pour éviter toute action irréfléchie :

- Je suppose qu’on a eu de la chance, qui sait si l’un d’eux ne mène pas au centre d’un volcan en activité…

Ça devrait suffire. Il fallait l’espérer, et ce fut visiblement le cas car le reste du voyage se passa sans encombres, enfin autant que faire se peut quand on se voyait forcés de zigzaguer dans le blizzard entre des passages potentiellement mortels. Alors que l’adolescente n’y croyait plus le duo arriva à hauteur d’un panneau rouge et vert annonçant à qui voudrait le lire « Bienvenue au village du père noël ! ». Son regard glacé glissa sur les lettres dorés et leur message inutilement joyeux. Comme si le fait d’être la bienvenue lui importait… et c’était complètement hypocrite. Est-ce que ce message marchait aussi pour les tueurs sociopathes, les terroristes, les violeurs et les gentlemen cambrioleurs ? Non, assurément.

La surdouée gigota pour libérer ses jambes retenues par Syd’ et glissa au sol dans un crissement de neige. Ici les habitations arrêtait le vent au moins en partie et la fin du chemin devenait plus abordable pour son corps faible. Des lutins occupés à déblayer la route lui indiquèrent sans se faire prier la position de l’auberge la plus proche et en deux minutes à peine le duo pénétra dans une entre de quiétude chaleureuse portant le nom d’auberge du « Cadeau surprise ».

Tout y était gai, pimpant et propre. Un feu ronflait dans la gigantesque cheminée d’angle, dispensant chaleur et rayon dans la vaste pièce qui occupait tout de rez-de-chaussée. Le reste de l’espace était partagé entre des tables en bois rustique et un bar derrière lequel une femme replète était occupée à servir plats chauds et boissons locales.

Dakota tapa ses chaussures sur le sol de l’entrée pour débarrasser ses semelles de la neige qui s’y était agglomérée et s’avança jusqu’à une table ou elle prit place, non loin du feu. Non pas qu’elle ait froid mais vu l’allure frigorifiée du parano celui-ci risquait d’en avoir grand besoin s’il voulait éviter une pneumonie. Il avait su se rendre utile une fois n’est pas coutume et méritait un minimum d’amabilité en conséquence.

- Tu veux boire quelque chose de chaud ? Je t’invite, je te dois bien ça pour m’avoir porté sur la moitié du chemin.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 22:24

Plus lourd, et forcément plus lent, le pirate s’enfonçait encore plus dans la neige, rendant son voyage plus pénible qu’il ne l’avait été jusque-là. Il n’était pas sûr d’aimer ce qui se passerait ensuite, mais être deux, c’est mieux. Alors à partir de là, il ne se posait pas vraiment de questions.

Heureusement que Dakota était fine, parce qu’il n’aurait pas été en mesure de la porter, sinon. Et il n’en aurait pas été question, de toute façon. Point positif dans tout ça : si elle avait une once de bon sens, elle saurait qu’elle lui était redevable ; elle ficherait surement la paix au pirate pour une durée indéterminée… Comme quoi, des négociations étaient encore possible. Bon à savoir.

Perdu dans ses pensées et les yeux rivés sur ses pieds, le paranoïaque n’avait pas vu la raison de l’affolement de la phobophobe. Il releva les yeux juste à temps pour voir ce dont il s’agissait et aller ‘à gauche’ comme lui hurlait la gamine qui commençait à l’étrangler littéralement. Il écouta ses explications tout en contournant le trou qui se dessinait dans le sol en absorbant la neige alentour. Un passage vers un peu partout ? C’était vraiment intéressant. Il n’en avait jamais vu, ou du moins il n’y avait pas prêté attention ; il ne savait d’ailleurs pas franchement comment lui-même avait atterri à Gloutoniskaïa… Il se souvenait du cabinet du psy, mais pas de cette contrée perdue dans la neige.

Il était très intrigué par ces choses qui constituaient une probable porte de sortie jusqu’à ce que Dakota le mette en garde : impossible de prédire le lieu d’arrivée… Il était bien incapable de dire si elle mentait ou non, mais même si elle n’en savait rien, cette idée faisait déjà se distiller le doute dans le corps du pirate parano’. La roulette russe, très peu pour lui ! Mais il avait vraiment envie de partir d’ici, bon sang ! De toute façon, la question initiale revenait, toujours : qui l’accompagnerait ? Il était bien d’accord pour tenter le coup, mais pas tout seul. Et pas le premier.
Mais peut-être que les lieux d’arrivée étaient aléatoires !? Dans ce cas, même si la personne devant lui arrivait saine et sauve, rien ne garantissait que le pirate n’arrive pas dans le volcan ! Nature horrible, monde affreux, maudit hasard !

Il continua donc son chemin en s’efforçant d’oublier qu’il avait son ticket de retour sous la main le pied.
- N’empêche… Trou noir ou pas, je suis pas une mule, alors la prochaine fois évite la strangulation… C’est vrai, à la fin ! Il avait la gentillesse de porter une enfant et c’est comme ça qu’on le remerciait ! Il faisait office d’animal, sympa… Il saurait s’en souvenir. Il faudrait aussi que la miss comprenne bien que c’était exceptionnel ! Et de toute façon il n’avait pas vraiment eu le choix. S’il l’avait laissé pour morte, JJ l’aurait trucidé, Jake aussi, et… et c’était deux raisons suffisantes pour ne pas le faire.

Heureusement le calvaire s’annonçait bref, ou bien Sydney avait comaté pendant suffisamment longtemps… Toujours est-il que les lumières du village filtraient à travers le blizzard, halo jaune et orangé qui contrastait à peine avec l’opaque mur blanc qui les entourait.
Le corsaire modifia sa trajectoire et se dirigea vers le village providentiel en prenant garde de ne pas tomber dans un de ces vortex qui étaient un peu trop nombreux à son goût. Cependant, se savoir à proximité d’un lieu habitable redonnait espoir à Sydney et le motiva pour la fin du trajet.

Quelle ironie… Lui qui d’habitude cherchait à fuir toute présence humaine se retrouvait à marcher désespérément vers une ville. Si un jour on lui avait dit ça… Et en plus il était bienvenu au village du père Noël. Ah bon. Youpi, quelle joie… Dakota exprima son besoin de descendre et le pirate ne se fit pas prier. Il récupéra sa posture d’humain et son dos lui fit sentir qu’il le détestait de lui avoir fait ça.

Malgré la tempête de neige qui ensevelissait presque certains bâtiments, Syd’ ne put retenir un léger sourire en observant l’architecture locale. C’était comme dans un conte pour enfants, presque irréel. Et pourtant tout était là, jusqu’à l’usine à jouets qui se distinguait à peine dans le fond. S’il avait eu quelques années de moins et un manteau en plus, peut-être que ce spectacle l’aurait amusé, enthousiasmé, mais pour l’heure, tout ce qu’il désirait était se mettre au chaud. Le contact de Dakota lui avait réchauffé le dos, mais maintenant qu’elle était descendue, le froid lui mordait la colonne vertébrale comme pour lui dire niaisement : « ici, ouais, elle était ici. Et là, aussi. Tu sens comme t’as froid ? » ; la provocation ultime qui lui rappelait de ne plus jamais aider personne.

L’auberge du « cadeau surprise » accueillit le duo qui alla rapidement s’installer près du feu. Grelottant, le pirate prit la chaise la plus proche possible de la cheminée décorée aux couleurs de noël et où étaient suspendues des chaussettes de différentes tailles.
Il se frictionnait le torse en espérant ne pas avoir attrapé la mort quand Dakota lui proposa de lui payer un truc. Ça pour sûr, il n’allait pas prendre quelque chose de froid… C’était sa façon à elle de le remercier, et même si le corsaire aurait espéré faire trainer ça pour obtenir un service quand il en aurait eu besoin, il ne déclina pas l’offre. Pour le coup, ça serait lui qui passerait pour on ne sait quoi.

- Je veux bien un café, oui répondit-il avant de renifler. Merci. Il sentait le rhume arriver. Si c’était un moindre mal comparé à une pneumonie, ça ne l’enthousiasmait pas des masses tout de même.
Un café bien chaud… C’était tout ce qu’il voulait, rien de plus. De toute façon demander un truc plus cher l’aurait fait passer pour un profiteur et Dakota aurait pris un malin plaisir à le lui faire remarquer avant de ne rien lui payer du tout pour la peine.

La commande arriva et Sydney laissa la phobophobe régler. Il était un peu gêné de se faire payer le café par ce qui pourrait être sa petite sœur et sentait déjà les regards des gens glisser sur lui pour le juger, le regarder de haut ou se moquer. Eh bien qu’ils aillent au diable, ceux-là. Il but une gorgée de la précieuse boisson et frissonna tandis que le liquide brûlant parcourait son corps en le réchauffant de l’intérieur.

Serrant la tasse entre ses deux mains, Sydney regardait Dakota. Difficile à croire qu’il ne lui restait qu’une semaine ou deux à vivre. Ça devait être dur à vivre, mais pourquoi était-elle revenue à Dreamland, d’ailleurs ? Et pourquoi y était-elle allée la première fois, précisément ?
Il ne savait pas si c’était un bon moment pour demander ça, mais cette question l’obnubilait à tel point qu’il craignait que si elle ne sorte pas, elle lui fasse oublier toute autre pensée. Aussi profita-t-il de son statut de ‘type sympa’ du moment :
- Dis, tu feras quoi si vous ne trouvez pas vos ombres, James et toi ? Je sais, je suis pessimiste, mais si la tempête se calme pas, vous allez avoir du mal à chercher…

A ce genre de question, il y en avait toujours des assez niais et naïfs pour répondre « bah le père noël nous aidera peut-être ! », mais Dakota n’étant pas de ceux-ci, le capitaine au bandana pouvait espérer une réponse plus franche et réfléchie.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 11 Juin - 23:07

Si elle n’avait pas souffert du froid sur la quasi-totalité de son corps engoncé dans sa combinaction d’un gris terne, les mains gelées de Dakota profitait autant que faire se peut de la chaleur dispensée par la cheminée ronflante. Mais si seules ses extrémités vulnérables avaient souffert du blizzard, Sydney tremblait de la tête au pied comme s’il avait eu l’idée loufoque de se rouler nu dans la neige. Pas étonnant qu’il accepte sa proposition avec autant de facilité, un café chaud devait représenter pour lui le Graal suprême en ces temps difficiles.

La gamine héla une serveuse vêtue d’un costume helvétique terriblement court prenant en compte la température extérieure et lui commanda deux cafés longs. C’était peut-être un choix étrange pour une gamine mais avec ses forces qui se faisaient la malle un peu de caféine ne pourrait être que bienvenue. Ce n’était pas le thermos de chocolat chaud qu’elle avait gagné grâce au calendrier de l’avant qui lui aurait donné la force de commencer la recherche de son ombre à travers une tempête glaciaire.

Lorsque leur commande arriva, l’un comme l’autre des voyageurs sirota en silence leurs boissons, profitant de la vague de chaleur qu’elles dispensaient dans leurs organismes. Ce silence était reposant après tout ce qui venait de se passer mais Dakota n’arrivait pas à cesser de penser. A James surtout. Est-ce que Chouette arriverait à le retrouver sans mourir de fatigue en cours de route ? Et si la lettre ne lui parvenait jamais ? Ses doigts frêles se crispèrent sur sa tasse devant la vague d’angoisse qui la submergeait. *Je ne veux pas mourir seule !* lui hurlait son subconscient avec la force du désespoir.

La voix de Sydney vint la harponner avec force alors qu’elle perdait pied, la ramenant à la réalité. Elle papillonna des yeux quelques secondes le temps de comprendre ce qu’il venait de lui dire comme si les informations lui parvenaient avec un temps de latence. Ce qu’elle ferait si elle ne trouvait pas son ombre… bonne question. Aucune réponse convenable bien sûr.

La blondinette retira sa couronne dans un soupir et ses cheveux d’un blond fade parsemés de mèches roses retombèrent paresseusement autour de son visage. Elle était lasse de ce genre de problématiques sans issues. De se battre aussi, mais avait-elle le choix ? Elle touilla son café une fois puis deux avant de se souvenir qu’elle n’y avait pas mis de sucre et de laisser retomber sa cuillère dans un bruit métallique. Quoi faire…

- En toute honnêteté je n’en ai aucune idée. Je resterais ici jusqu’à mourir je suppose.

Les lèvres pincées elle ne quittait plus le liquide sombre des yeux, non pas de peur d’affronter le regard du paranoïaque mais parce qu’elle ne voulait pas avoir l’aide de lui demander de l’aide. Mendier la compagnie d’une personne avec qui vous vous entendiez comme chien et chat de peur de finir seule c’était tout juste pathétique.

- J’ai bien ma famille chez moi mais c’est plus un nom qu’une réelle fonction et mis à part James je n’ai aucun ami. Mon seul rêve à proprement parler était de guérir de ma phobie, chose impossible en un laps de temps aussi court. Rester ici à attendre de mourir est aussi valable que n’importe quelle autre option et… au moins le cadre est agréable.

Elle haussa les épaules sans un regard pour ledit cadre avant de farfouiller dans sa hotte l’air absent pour en tirer sa couverture. Une bonne action de plus ou de moins ne lui coûterait pas grand-chose alors autant prendre soin de son seul compagnon. La gamine tendit son bien au pirate en daignant enfin croiser son regard sans se départir de son éternel masque d’indifférence.

- Prends-ça, je te la prête.

Le dernier mot avait été prononcé avec une insistance qui ne laissait place à aucune ambiguïté. La générosité de la demoiselle restait limitée et c’est seulement sur son lit de mort qu’elle consentirait à se départir de son bien, en espérant sincèrement ne pas avoir à en arriver là. Elle attendit sagement que la couverture passe de main en main pour se laisser retomber sur le dossier de son siège et de se pincer l’arête du nez. Sa migraine ne voulait pas la lâcher, une vraie plaie. Comme si ce qu’elle vivait ne suffisait pas, il fallait que son corps déficient en remette une couche ! L’adolescente pinça ses lèvres blêmes et ferma les yeux dans l’espoir que le mal s’envole comme par magie.

Bien sûr cet espoir fut déçu, comme tous les autres. La surdouée finit par relever les stores masquant les glaçons qui lui servaient d’iris pour examiner de nouveau le pirate. Elle avait jusqu’alors tenu pour acquis qu’il les aiderait à retrouver leurs ombres mais avec le recul elle se rendait compte que non seulement il n’était engagé à rien mais en plus de ça il mettait volontairement de la distance entre ce projet et lui à chaque fois qu’il abordait le sujet. C’était peut-être le moment d’éclaircir ce point une bonne fois pour toute.

- Dis-moi… tu comptes nous aider dans nos recherches ou la visite touristique de l’usine à jouets est ton projet principal ?

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 12 Juin - 0:36

Belle perspective d’avenir… Rester ici. La combattivité dont avait fait preuve Dakota le jour où le corsaire l’avait rencontré semblait s’atténuer peu à peu, comme une fleur qui commence à faner à cause du manque d’eau ou de soleil. Mais dans le cas du besoin de vivre, c’était quoi, l’équivalent du soleil et de l’eau ? Le bonheur, peut-être ? La joie de vivre sa vie au jour le jour. Mais quand on sait qu’on va mourir, cela devait agir comme une boucle infernale pour certains, ou un regain de force pour d’autre.

Sydney ne pouvait que regarder Dakota sombrer ou bien briller une ultime fois en espérant renaître, mais ça n’était pas à lui de forcer le choix. C’était à elle de savoir ce qu’elle voulait faire, comment elle comptait vivre ses derniers jours.
Spectacle trop morose à son goût ; il retourna à son café.

A l’écouter, la phobophobe était la cible de tous les maux de la Terre. Pas d’amis, pas de famille, pas d’espoir de guérison, mort imminente.. Pfou !! Quel programme réjouissant, dites donc…
Elle voulait des amis ? Elle n’avait qu’à paraitre plus sociable. Elle était fâchée avec sa famille ? Elle n’avait qu’à les ignorer – Sydney s’en sortait très bien, sur ce point-là, par exemple – et quand on veut guérir de quelque chose, on va voir un vrai psy, pas un malade qui vous envoie à Dreamland.
- Tu dis ça comme s’il n’y avait déjà plus rien à faire… lâcha-t-il sans vraiment se soucier d’être entendu ou pas. Non, vraiment, il l’avait connue plus combattive.

Il ne releva les yeux que pour voir qu’on lui tendait quelque chose. Un drap. Dubitatif, il prit la couverture et la mit sur ses épaules et la serra contre lui. Avec ça, il avait déjà beaucoup plus chaud.
- Tu me prends pour un voleur ? Je te la rendrai, ne t’en fais pas.
Ça aussi, c’était une preuve de la reconnaissance de Dakota à son égard ? En fait, ça ne pouvait être que ça, quand on y réfléchissait. Si elle ne comptait que James dans ses amis, alors elle n’aurait jamais fait ça gratuitement. Pas elle, en tout cas.

S’il n’écoutait que lui, le pirate avait presque envie d’aider la phobophobe à lutter contre son mal de crâne. Mais d’une part il n’avait rien, et d’autre part, d’échanges en échanges, c’était la porte ouverte à la convivialité et comme elle ne le comptait pas dans ses amis, alors lui non plus. C’était de bonne guerre, non ? Il lui accorderait une faveur quand elle serait sur son lit de mort, pas avant. Se faire pigeonner, il laissait ça aux trop gentils comme James ou Jake.

Sydney finit son café aussi amer que lui et chercha un nouveau ‘quelque chose à faire’ ; tout pour éviter de discuter d’avantage au risque de détruire la stabilité précaire qui s’était établie entre lui et Dakota.
Mais vraiment, il n’avait pas envie de grand-chose. Il avait la furieuse impression qu’il ne faisait rien et qu’il n’avait rien fait depuis tout le temps qu’il était dans ce monde onirique. Du moins rien dont il ait expressément envie : il avait été balloté de-ci, de-là, d’aventure en aventure sans qu’on lui demande son avis ; ça n’aidait pas trop à la motivation. Lui aurait d’avantage préféré chercher un moyen de rentrer chez lui. Il n’avait aucune maladie à guérir, lui, et il avait quand même un dieu aux trousses grâce à ses ‘amis’.

3… 2… 1… bam ! Trop tard. Le chrono venait de sonner et Sydney n’avait pas trouvé d’échappatoire correcte, subissant la prise de parole de Dakota une nouvelle fois. Hm… Comment lui dire..?
Il prit une bonne dizaine de secondes durant lesquelles il tournait les mots dans tous les sens mentalement, mais il n’arriva à rien. Le tact n’était pas son fort.
- J’ai jamais voulu venir ici, je te rappelle. Et si je compte vous aider ?
… Non. Tu l’as dit toi-même : je ne suis qu’un lâche et un égoïste, ou tout ce que tu voudras. Je n’ai pas perdu mon ombre, je n’ai pas de maladie à guérir, mais comme moi je te l’ai dit une bonne dizaine de fois : je ne veux pas rester tout seul. Jake a son ombre, lui aussi, donc il ne mourra pas. Ça me suffit.


Il joua quelques secondes avec sa cuillère, peu convaincu de ce qu’il venait de dire. Peut-être ne serait-ce pas assez clair ; il tenta donc d’utiliser la logique de la jeune fille pour lui exposer son point de vue.
- Non, je ne vois vraiment pas pourquoi je vous aiderais, en fait. Je n’y tire aucun avantage, aucun intérêt, que dalle. Si tu retrouves ton ombre, au moins, tu ne me devras rien ; c’est plutôt pas mal, en soi. Non ? Et si vous mourrez, j’aurais perdu mon temps en vous aidant. Si tu avais été à ma place, tu aurais fait pareil. Parce que sur ce point-là, on est pareil.

L’ombre ou la mort… A vrai dire, Sydney comptait bien louer une chambre et attendre tranquillement que l’un ou l’autre des scenarii se joue. Il en avait marre de se mettre en danger pour ou à cause des autres.
Il s’en voulait un peu de dire ça à une gamine de treize ans, mais il n’avait pas envie de chercher un mensonge plus ou moins élaboré. Et puis elle voulait une réponse franche, elle l’avait ; c’était un choix, alors il choisissait.

En fait si, il pouvait les aider. C’était le choix moral et on lui en serait reconnaissant. Mais ça ne serait que pure hypocrisie. Que ce soit Jake, James ou Dakota, aucun ne l’appréciait vraiment et récupérer une ombre ou deux n’arrangerait jamais rien. Mais avant ça, il voulait tester une nouvelle fois encore son pouvoir.

En un effort d’imagination, le carnet se matérialisa devant le pirate qui l’attrapa et l’ouvrit à la page Jake Anderson. Selon ce livre, Jake était son « ami ». Il était temps de voir si ce machin fonctionnait vraiment ou pas.
Il le referma et le fit glisser jusqu’à Dakota.
- J’aimerais que tu le prennes dans tes mains. Oui, c’est un nouveau pouvoir, et je ne sais pas si je peux me fier à ce qu’il raconte, mais j’aimerais vraiment que tu le prennes. Pour savoir à quoi m’en tenir.

Il laissa la phobophobe prendre le carnet et même l’ouvrir. Elle pouvait bien lire, il s’en fichait. Après une poignée de secondes, quand Sydney fut sûr que le pouvoir avait fait effet, il dématérialisa le petit livre des mains de la phobophobe pour le faire réapparaitre dans les siennes. Il fixa la blondinette dans les yeux un bref instant avant d’ouvrir à la page Jake Anderson et la tourner non sans une certaine appréhension.

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 12 Juin - 9:27

La réaction de Sydney face à son prêt de couverture lui avait tiré un haussement de sourcil. Jamais il ne lui était venu à l’esprit de le qualifier de voleur… ou si ? Ou peut-être ? Enfin peu importe, la suite de son discours en réponse à sa question était bien plus intéressante. Il paraissait réfléchir autant qu’elle à chaque mot prononcé, pesant le pour et le contre avec un soin tout particulier qui finissait par donner à leur discussion des allures de parties d’échecs. Ce n’était pas pour déplaire à Dakota qui avait toujours prisé ce jeu froidement calculateur.

Elle finissait son café à petites gorgées alors que le pirate lui annonçait tout à trac que non, il ne l’aiderait pas. Un léger sourire s’étira sur les lèvres de la gamine qui hocha la tête comme pour montrer qu’elle s’y attendait. Le jeune homme avait raison, si les situations avaient été inversées elle n’aurait probablement rien fait non plus. Trop à perdre et trop peu à gagner. Le calcul était vite fait. Néanmoins il se justifiait trop pour avoir la conscience tranquille et c’était bien ça qui les différenciait tous les deux. Dakota, elle, n’aurait éprouvé aucun remord à lui tourner le dos.

- Plus ou moins semblables, en effet. Merci de ta franchise en tout cas, pour tout de dire je connaissais la réponse avant que tu ne me la donne, mais je préférais avoir confirmation. Je ne t’en tiendrai pas rigueur.

Lui devoir quelque chose ou pas lui passait bien au-dessus de la tête, après tout sans elle le pirate n’aurait probablement pas survécu à l’attaque des unseelies et lui devait donc la vie, mais elle préféra ne pas le signaler. Qui sait, il changerait peut-être d’avis de lui-même alors autant garder cet atout culpabilisant dans sa manche.

Dakota s’apprêtait à quitter la table pour aller réserver une chambre et payer leurs consommations quand Syd’ fit glisser jusqu’à elle un carnet sur la couverture duquel était écrit en caractère d’imprimerie « Casier judiciaire ». Ses yeux rivés sur l’ouvrage se levèrent brusquement lorsque le mot pouvoir fut prononcé. Aux vues du titre et de la pathologie dont souffrait le rouquin ce devait être une manière d’avoir des renseignements sur les autres. Et la phobophobe n’aimait pas ça. Si elle s’appliquait autant à ne rien montrer de ce qu’elle ressentait la majeure partie du temps c’était pour garder le contrôle de la situation et la donne risquait de changer drastiquement si elle donnait des informations confidentielles sur elle.

Pourtant… refuser aurait été louche. Bon sang qu’elle détestait ce genre de situation ! L’une des raisons pour lesquelles elle entretenait des relations sociales limitées tiens ! Si elle voulait rallier le parano’ à sa cause il lui faudrait pourtant en passer par là, il n’y avait plus qu’à espérer que ce pouvoir récent se révèlerait trop faible pour la trahir d’une quelconque manière, car même si son interlocuteur avouait avoir peur confiance en son don, il n’en restait pas moins un être profondément dérangé qui cherchait la moindre occasion de vous classer dans la catégorie des ennemis mortels.

Du bout des doigts la blondinette attira le livret à elle pour le feuilleter, les sourcils froncés. Seules deux pages étaient écrites en tout début d’ouvrage : la première au nom de Jake et la seconde… L’enfant écarquilla les yeux de surprise avant de réintégrer son masque de froideur. Liam Baldwin. Et il y était annoté comme un « ami ». Elle se souvenait vaguement du taulard pervers qu’elle n’avait côtoyé qu’à bord du Slavedog Millionnaire, mais ce qui était imprimé dans son esprit au fer rouge était l’état dans lequel il avait laissé Jade après leur première rencontre, si on peut la nommer ainsi. Il lui restait trop peu de temps à vivre pour s’attarder sur la foule de questions qu’avait fait naitre cette découverte mais elle se promit de se repencher sur tout ça si elle arrivait à remettre la main sur son ombre, et sur sa longévité par la même occasion.

Au bout d’une dizaine de secondes le carnet se désagrégea entre ses doigts pour réapparaitre dans les mains de Sydney juste au moment où un bruit de plume grattant le papier se faisait entendre. Cette manière de procéder ne lui plaisait pas, elle soutint donc le regard qu’on lui jeta avec froideur avant de l’observer pendant qu’il lisait la page qui avait dû s’écrire à son nom. Vu la tête qu’il tirait le résultat ne devait pas être celui escompté et elle profita de la surprise engendrée pour attraper le haut du carnet du bout des doigts pour lire à l’envers. Un rire bref, trop étranger à sa bouche pour en sortir naturelle s’échappa de ses lèvres.

- Oui, je suppose que c’est une manière de voir les choses. Je comprends mieux pourquoi tu ne lui accordes pas ta toute confiance.

Elle enroula l’une de ses mèches fanées autour de son index alors que son regard se perdait dans la contemplation de l’âtre brûlant. Amie, hein ? Pourtant elle ne le considérait pas comme telle et la réciproque était évidente, mais ce ne devait être qu’une bête schématisation de leur rapport en fonction d’un but commun. En ce sens oui, ils pouvaient être considérés comme camarades même si l’amitié était un mot bien trop extrême à son goût.

- Ce n’est pas complètement faux en un sens. Je ne compte pas te faire de mal, ni te sacrifier à un dieu quelconque pour faire cesser le blizzard ou tout autre manœuvre atroce mais utile dont Dreamland regorge. Je suis même prête à faire des efforts en échange d’une main secourable ce qui me connaissant est assez rare pour être apprécié. Mais soyons sérieux… « ami »… c’est peut-être pousser le bouchon un peu loin. Ton carnet ne fait pas dans la demi-mesure.

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mar 12 Juin - 15:00

Pourquoi poser une question dont on connait déjà la réponse ? Personne ne faisait ça de manière désintéressée ; il devait y avoir un truc. Dakota allait-elle se servir des arguments du pirate pour les retourner contre lui à un moment donné ? C’était à prévoir… Cet échange ressemblait de plus en plus à une partie d’échec ; jeu qu’il détestait pour son caractère froidement calculateur. L’homme n’est pas ainsi et raisonner de la sorte aboutit toujours à des erreurs de jugement. Ce jeu n’a rien de réel… sauf quand on parle avec Dakota Earnshow.

En parlant d’elle, tout était bizarre, jusqu’à sa page du Casier Judiciaire. Les noms et prénoms coïncidaient, l’âge semblait correct… Mais cette dernière annotation : « amie »… Non, il devait forcément y avoir un problème.
Sydney commençait à croire que ce livre n’avait que ce mot-là à la bouche. Pour Jake, encore, c’était compréhensible, quoique… Mais on n’allait pas lui faire croire que Liam et Dakota étaient de la même catégorie, c’était tout simplement absurde.

Fichu pouvoir. Mais au moins, le pirate avait maintenant la certitude que ce dernier ne fonctionnait pas correctement. C’était un peu vexant en soi, mais il avait besoin de savoir. Il voulait être sûr, et maintenant qu’il était fixé, il pouvait continuer à cataloguer les gens sans se soucier de savoir si le livre en a décidé autrement. Pour lui, Jake était neutre, Dakota et Liam n’étant eux que des ennemis, ni plus ni moins. Mais des ennemis utiles en certaines circonstances, aussi paradoxal que cela puisse être.

Le paranoïaque tira le carnet de quelques centimètres pour y retirer le doigt de la phobophobe et le fit se dématérialiser. Ça restait toujours un gadget assez amusant, mais ça n’allait pas plus loin, visiblement. La blondinette semblait tout aussi sceptique que lui mais ne put s’empêcher de trouver à ce pouvoir défectueux une logique qui, selon Sydney, ne tenait pas vraiment debout. Enfin… Si ça l’amusait… Le disfonctionnement avait le seul mérite d’apporter à Sydney une énième preuve que lui au moins était sain d’esprit.

- Je sais, je l’ai déjà remarqué. Je n’ai jamais rien lu d’autre que « ami », c’est bien la preuve que ce machin est inutile. Besoin de tergiverser des heures là-dessus ? Moi non.
Et que ça soit rare ou pas venant de toi, je ne t’aiderais pas tant que je n’y verrais aucune utilité. Je ne suis pas un pion que tu diriges à volonté.


Des efforts… Des efforts de quoi ? Ça lui ferait une belle jambe qu’elle se montre sympathique, mais ça n’enlèverait rien au fait qu’il risquait tout simplement de mourir en cherchant une satanée ombre !
Et quant à l’idée de le sacrifier, la méduse miniature avait beau lui assurer qu’elle ne le ferait pas, le pirate savait bien que si elle sortait ce genre de menaces c’est qu’elle avait forcément envisagé ces dernières à un moment où un autre. Mais passons ; le cerveau paranoïaque de la gamine ne comprendrait pas qu’il s’oppose à cela.

C’était assez inquiétant de voir avec quelle facilité il pouvait entrer dans le crâne de Dakota ; à quel point il pouvait calculer ses réactions, anticiper ses réponses… C’était encore assez brouillon pour être normal, mais inconsciemment, Sydney craignait que la paranoïa de la gamine ne le touche lui aussi, peu à peu.
Non, ça ne se transmettait pas, il suffisait de penser comme un ordinateur pour imaginer ce qui se passait dans sa tête ; il n’était pas malade et s’il ne voulait pas le devenir, il fallait qu’il marque ses distances d’avantage. S’attacher à un « ami » n’a rien de positif, c’est une souffrance à retardement, rien de plus. Dans ce sens, on pouvait donc en conclure que le carnet avait peut-être raison : si ‘ami’ signifiait ‘danger’, alors oui, Dakota et Liam étaient vraiment de bons amis. Jake, eh bien son comportement était dangereux en soi. Moui… Là, ça se tenait. Et puis c’était son pouvoir, à la fin ! Alors il pouvait y voir ce qu’il voulait, diantre !

Bien sûr il ne dirait rien de tout ça à la phobophobe… Certaines choses devaient rester de l’ordre des pensées. Sinon pour le coup, il serait effectivement sacrifié, immolé, empalé, ou bien d’autres choses réjouissantes.
Mais cet empressement à commencer les recherches n’était pas très rassurant. Rien à faire tant que la tempête ferait rage, mais à la première accalmie… James et elle n’étaient surement pas les seuls à avoir égaré leurs ombres ; et si d’autres voyageurs avaient eu la même idée qu’eux en ayant reçu leur ticket ? Une surconcentration de voyageurs entrainerait un nouveau réveil du Marchand de Sable, ou bien un nouvel exil massif, du moins. Comment résumer ça en une seule phrase..? Il devait faire mouche.

- Dis-moi, tu n’as pas peur de faire quelque… mauvaise rencontre, quand vous chercherez vos âmes ? Je pense à des voyageurs moins sympas que moi, ou bien le Marchand de Sable, carrément. C’est d’ici que vous avez été exilés, non ? Qui dit que ça ne tombera pas deux fois au même endroit ?
Et sachant qu’ils avaient déjà perdu leurs ombres, que perdraient-ils, cette fois-ci ? Un nouvel exil les tuerait probablement, et Sydney était à nouveau embarqué là-dedans, à risquer son ombre pour avoir côtoyé des irresponsables incapables de réfléchir.

Elle, elle n’avait rien à perdre. Dans deux semaines… demain… C’est kif kif. Mais c’était dégueulasse de mener en bateau Syd’ et Jake qui n’avaient rien fait. D’un autre côté, le corsaire se demandait s’il pourrait supporter de voir peser sur lui la responsabilité de deux morts. Si personne ne savait, personne ne lui en tiendrait rigueur, mais il y aurait toujours Jake ; Jake qui pleurerait pendant 107 ans la mort de son petit ami… C’était vraiment infernal : le paranoïaque était pris en tenaille entre la morale et l’utilité pure et dure. N’admettant pas le sacrifice de sa personne, il se plaçait à priori sous l’égide de l’égoïsme, mais fermer les yeux sur le reste serait difficile. Pourquoi est-ce qu’ils n’étaient pas tout simplement morts comme Selene !?
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Jeu 14 Juin - 8:31

Un pion ? Pourtant… c’était ce qu’ils étaient tous à ses yeux. Si la manipulation évidente ne marchait pas il existait aussi d’autres voix bien plus subtile qu’il lui suffirait d’explorer à tâtons jusqu’à mettre la main sur celle menant droit à l’esprit torturé du paranoïaque. Dakota avait déjà quelques idées sur la question, d’aucuns auraient jugé fourbes (et un peu viles aussi) mais les considérations d’ordre moral lui passaient à des kilomètres au-dessus de la tête. Elle se contenta donc d’acquiescer en silence avec son éternel visage inexpressif de poupée de porcelaine.

Visiblement elle n’était pas la seule à jouer à ce jeu vu le terrain sur lequel s’engageait Sydney. Il cherchait presque sans se cacher la faille dans sa carapace pour la faire reculer, mais croyait-il vraiment que quelque chose pourrait y arriver quand la mort se dessinait à quelques pas devant vous ? C’était ridicule et beaucoup trop optimiste. Le rouquin la décevait vraiment sur ce coup-là, elle l’avait imaginé plus intelligent. Son intellect et son habileté avait été grandement surestimés, mais mieux valait ça que l’inverse. On n’était jamais trop prudent et le pirate lui-même aurait partagé cette vision des choses. Plutôt deux fois qu’une.

L’adolescente le fixait en silence tandis qu’il énumérait les dangers potentiels tout en gardant un œil méfiant sur elle. Les voyageurs ? Elle en faisait son affaire. Le marchand de sable ? Plus délicat assurément, mais il était déjà responsable de sa mort prochaine et ne pouvait rien faire de plus que de raccourcir l’échéance. Cependant elle doutait grandement que cette entité mystique traine encore dans le coin. Il y était venu pour recouvrer sa tranquillité et dormir, maintenant qu’il était réveillé –et en colère de surcroit- il devait déambuler aux quatre coins de la planète pour leur faire la chasse. A moins qu’il ne soit tout simplement retourné dans le désert qui semblait être son lieu de prédilection suite à l’attaque de la bibliothèque. Ça ne restait qu’une foule d’hypothèses plus ou moins vraisemblables auxquelles la phobophobe refusait de donner du crédit sans preuves tangibles.

- Peur ? J’ai toujours peur. Mais je ne vois pas en quoi ce serait un argument qui m’empêcherait de chercher mon ombre.

Ça aurait été oublier la raison de sa présence ici. Elle était revenue pour guérir et combien bien se forcer un peu la main. Bien sûr la perspective des angoisses futures la paralysait déjà, mais baisser les bras maintenant aurait été cracher sur tous les efforts fournis jusqu’alors. Et accepter de mourir, accessoirement.

- J’ai connu une trentaine de voyageurs jusqu’à maintenant. Une quarantaine même, peut-être. Et ils ne peuvent rien du tout contre moi tant que j’utilise mes pouvoirs correctement. J’ai plusieurs as dans ma manche tu sais ?

Elle accorda à Sydney un sourire dénué d’humour alors que ses doigts fins glissaient sur son avant-bras. No power’s land était loin d’être parfait mais à condition d’être assez proche elle pourrait priver de ses pouvoirs n’importe lequel de ses « semblables ». La couronne de Méduse ferait le reste en profitant de l’effet de surprise. Que ses dons soient connus de peu de personnes était vraiment un avantage certain.

- Bref. Quant au marchand de sable il m’a déjà tué pour ainsi dire. Je ne risque rien de plus que ce qu’il m’a déjà fait. Mais je te remercie de ta sollicitude, conclut-elle non sans ironie.

Sydney avait l’air de tergiverser mentalement sur la marche à suivre malgré ses affirmations répétées concernant le fait de ne pas bouger le petit doigt pour James et elle. Un argument poignant devait bien exister pour le rallier à sa cause et conserver ainsi le bouclier humain qu’il représentait, mais quoi ? Jouer sur les sentiments ne marcherait pas, il la connaissait trop pour la prendre en pitié. Hors de question de rémunérer un être si peu utile ce qui écartait définitivement toute solution pécuniaire. Le plus simple restait peut-être de jouer directement sur son égoïsme ?

Il était tellement nombrilique, tellement centré sur sa propre survie que souligner la drastique diminution de ses chances de survie serait suffisant pour l’ébranler. A l’heure actuelle il se trouvait dans une contrée sauvage franchement hostile à la merci de tout ce qu’il croiserait sur sa route à commencer par le marchand de sable lui-même. Ce n’était pas parce qu’il n’était pas encore exilé qu’il ne le serait jamais et l’occasion de le lui dire était peut-être venue, qui sait ?

- J’attendrai que la tempête se calme pour commencer mes recherches, tu n’auras qu’à rester ici le temps que les garçons aient mon message et voyagent jusqu’ici. Après tout autant profiter de ta tranquillité, elle ne durera pas toujours, la blondinette cala son menton dans sa main tandis que ses yeux se perdaient dans les flammes, Maintenant que le Marchand de sable est en chasse personne n’est à l’abri. Nous n’avons pas toujours été exilés et ceux qui ne le sont pas encore peuvent toujours le devenir. Dans un sens nous sommes chanceux d’être exilés, nous sommes conscients des risques que l’on encourt ici, à chaque instant. Soit prudent Sydney. Il faudra au moins ça pour survivre à ce qui nous attend tous.

Dakota se mit debout, impassible, avant de commencer à se diriger vers l’aubergiste en espérant avoir fait vibrer la corde sensible dans le cœur du paranoïaque.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 17 Juin - 17:29

Loin du pirate l’idée de sous-estimer Dakota, surtout au niveau des pouvoirs. Mais puissante ou pas, elle n’empêcherait pas toutes les catastrophes d’un simple claquement de doigt. Se croire à l’abri en se reposant sur ce genre de chose équivalait au suicide, purement et simplement. Combien de ‘héros’ s’étaient vu déchoir alors que – par vanité ou par orgueil – ils se pensaient invincibles ?

Elle croirait bien ce qu’elle voudrait, mais s’il était elle, Sydney se serait écouté, tout de même. D’accord, elle était morte… dans le concept. Mais cet argument était vide de sens : pourquoi s’évertuait-elle à chercher son ombre si elle était déjà morte ? Certains appelleraient ça le courage de surmonter la mort ; lui n’y voyait que de l’acharnement plus ou moins légitime. Elle n’était pas courageuse : elle l’avait dit elle-même. Non, elle était juste têtue. Plus têtue que n’importe quoi dans l’univers, mais ça s’arrêtait là. Il n’allait tout de même pas la suivre dans sa recherche d’ombre pour lui rabâcher les oreilles, non plus..!

Un jour il faudrait vraiment qu’il écrive un livre sur sa vie. Anonymement, bien sûr, mais il aurait un succès garanti : ceux qui ne seraient pas pris de pitié pour lui se gausseraient comme jamais devant un tel ramassis de stupidité. Et niveau stupidité, Sydney en était largement entouré. Mais pour l’instant, il n’était pas sorti d’affaire et le temps allait lui sembler bien long, tout seul à l’auberge – car le corsaire savait d’ores et déjà que Jake accompagnerait Dakota et surtout James dans leurs recherches.

Plongé dans ses probables machineries, Sydney ne répondit que très distraitement de rien à la pique de Dakota qu’il ne releva qu’après coup. C’était dit si naturellement que le corsaire passait surement pour quelqu’un qui n’en avait rien à faire. Cela dit, ça n’était pas faux.
Il ne releva les yeux que pour fixer la gorgone miniature lorsque celle-ci se proposa (sans qu’on lui demande) pour décider de qui ferait quoi.

Tout sembla en ordre aux yeux du pirate jusqu’à cette menace à demi-proférée. Par chance, il n’eut pas à le relever pour que la gamine s’explique. C’était absolument ridicule… Une logique aussi défaillante que l’esprit dont elle était issue. Le corsaire ne put se retenir de pouffer de rire alors qu’elle terminait sa tirade dans le vide et se levait, surement pour augmenter un effet dramatique inexistant.

- Hahaha oui, très bien, très bien. Il se racla la gorge et se tourna vers la gamine avec un visage parfaitement méprisant et sarcastique : en danger, je le suis un peu depuis que je vous ai rencontré, hm ? Juste comme ça. Et j’en ai pris conscience assez tôt ; tu ne me fais pas peur avec tes menaces à deux roubles. Rester ici ? Mais c’est bien ce que je compte faire, puisque de toute évidence ça ne change strictement rien à mon cas.

Il se retourna pour prendre sa tasse de café qu’il alla déposer sur le comptoir – et ainsi se retrouver à hauteur de sa très chère « amie ».
- Oh, et ça n’est pas moi qui m’écroule dans la neige après dix minutes de marche, je te rappelle. Si tu me cherches, tu sauras où me trouver. Je te souhaite bien du plaisir à ramper dans le froid en te trainant deux boulets suicidaires. Moi, je vais faire l’impasse sur ce coup-là.

Sur ces mots, il farfouilla dans sa poche pour en sortir le coupon qu’il avait reçu du calendrier maudit pour le plaquer contre le comptoir. Une nuit et un petit déjeuner gratuit, ça ne se refusait pas. Il reçut les clés qu’on lui tendit en retour avec un sourire satisfait alors qu’il allait se rassoir à sa table. Les clés du bonheur ; un instant d’oisiveté pendant que de parfaits idiots se congèleraient dehors de leur plein gré.

Il espérait simplement que ça ne dure pas trop longtemps. *Oh, et Jake ? Si jamais tu décidais de mourir de froid, aies la décence de me prévenir, que je ne reste pas ici pour rien…*
Le thermoréactif ne recevrait jamais ce message, mais du point de vue du capitaine au bandana, c’était d’avantage pour le côté formel qu’autre chose… Il n’accordait que peu d’importance à tout ça ; que peu de crédit à la survie d’untel. Tous, les uns après les autres, tous s’étaient montrés décevants ou dans le pire des cas, dangereux envers le pirate. Alors partant de là, pourquoi voudrait-il les aider ? Ça n’avait aucun sens. Il faut choisir ses amis et ça n’était pas une question d’intransigeance, simplement une question de bon sens : vous voudriez d’un ami qui vous fait du mal ? Non ? Eh bien Sydney non plus. Point barre.

- Quand même… Vous me manquerez, avoua-t-il en regardant dans le vide. Il renifla avait dédain avant de reprendre : non, c’est vrai, vous me manquerez. Des gens aussi agaçants que vous, j’en ai pas rencontré beaucoup. J’ai bien aimé vous détester, je crois.
Ça valait ce que ça valait et chacun y verrait ce qu’il voudrait, mais de la part du pirate, il y avait dans cette phrase ce côté véridique non négligeable. Il n’irait pas jusqu’à dire qu’il les aimait bien, non, mais il les avait relativement apprécié et ça, il ne pouvait pas le nier.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Dim 17 Juin - 18:44

Game over, essaye encore. La réaction du pirate n’avait pas été celle escomptée, mais elle avait nourri si peu d’espoirs en ce sens qu’elle se contenta d’hausser les épaules lorsqu’il afficha clairement son intention de la prendre au pied de la lettre en campant à l’auberge pendant qu’ils feraient le sale boulot. Elle laissa tomber les 4 rubz réclamé sur le comptoir devant elle alors que dans son dos Sydney cherchait à l’enfoncer, à souligner combien elle avait besoin de lui. S’il savait où il pouvait se les mettre, ses remarques condescendantes !

- J’avais peu dormi, pas mangé de la journée et le blizzard n’aidait en rien, mais si ça te fait plaisir pense ce que tu veux. Je me débrouillais avant de te connaitre, je me débrouillerai encore après m’être séparée de toi, rétorqua-t-elle en piochant à son tour son bon dans sa poche pour acquérir sa propre chambre.

Dakota avait espéré qu’ils s’en tiendraient là pour l’instant mais c’était sans compter sur l’incroyable persistance du rouquin. Voilà qu’il parlait de James et d’elle comme s’ils étaient déjà morts maintenant… La blondinette leva les yeux au ciel alors qu’elle murmurait assez haut pour être entendue de son interlocuteur tout en prenant bien soin de faire comme s’il n’était qu’un insecte indigne de sa conversation –exercice délicat où elle excellait pourtant.

- Mieux vaut être sourde que d’entendre ça.

Il avait aimé les détester ? Comment pouvait-on déclamer des âneries pareilles en ayant l’air d’y croire ? On aimait, ou l’on n’aimait pas. Et le second cas était bien plus récurrent quand on faisait partie de la famille Earnshow. La gamine ne pouvait pas concevoir que l’on puisse apprécier ne serait-ce qu’un peu les conflits. Ils étaient fatigants, usaient les nerfs, faisaient perdre du temps. Il y en avait parce qu’on ne pouvait pas les éviter mais en aucun cas il ne lui arrivait de se souvenir d’une altercation en se disant « alala, mais quelle bonne marrade ce fut ! ». C’était illogique, tiré par les cheveux. En un mot : fou. Finalement ça collait bien à Syd’, tiens…

La phobophobe ne savait pas quoi répondre à ça, ou plutôt si mais rien de constructif, elle préféra donc économiser sa salive en grimpant directement à l’étage où un employé guidait le duo après leur avoir donné leurs clés respectives. Elle avait le numéro 13 comme si le destin cherchait à titiller l’angoisse d’une potentielle peur d’être superstitieuse tandis que le pirate héritait du 15, la porte juste à côté. A peine les eut-on abandonnés dans le couloir qu’elle pénétra dans sa chambre sans un mot, trop pressée de recouvrer sa sacro-sainte solitude maintenant qu’elle était à peu près sûre que toute conversation ne mènerait à rien.

La chambre était petite mais douillette, avec une fenêtre qui donnait sur la grande rue toujours noyée sous un océan de neige. Les flocons tombaient moins dru à présent ce qui permettait d’apercevoir les reliefs du village éclairé de milles lueurs colorées, les bâtisses croulants sous les guirlandes électriques, néons thématiques et autres décorations festives. Le regard glacé de Dakota glissa sur ce décor que toute personne normalement constituée aurait jugé « charmant » pour examiner l’intérieur de la pièce, avec son lit tendu de draps vert sapin, de sa cheminée ronflante et de sa petite salle de bain propre comme un sou neuf.

Sur les rayonnages d’une maigre bibliothèque trônaient quelques ouvrages, aux titres loufoques ou en provenance directe du monde réel. La surdouée attrapa un livre sur lequel s’étalait en lettres d’imprimerie « Otello » et le feuilleta avant de le reposer à sa place. Impossible de se concentrer, les mots semblaient danser sous ses yeux, se tortillant comme des vers dans la peau d’un cadavre. Elle aurait bien aimé lire un peu pourtant, le temps que la météo recouvre son calme pour qu’elle puisse entamer ses recherches, mais le repos de l’esprit la fuyait inlassablement. Faute de mieux elle fila donc dans la douche qui l’accueillit par un jet d’eau brûlante.

Les paupières closes, ne restait plus que les ombres. Combien erraient dans la région ? Comment trouver la bonne ? Comment l’attraper ? Comment l’attacher ? Comment savoir si tout ça suffirait à les réparer ? Elle avait l’impression d’être une poupée brisée dont on s’évertuait à recoller les morceaux sans même savoir si on les possédait tous.

Elle se frotta frénétiquement comme si ça avait pu effacer ses soucis, comme s’ils pouvaient se décoller d’elle comme des peaux mortes avant de disparaître dans le siphon… mais une fois sortie ses peurs et ses interrogations l’assaillirent de nouveau telle un régiment posté en embuscade. Enveloppée dans son peignoir elle tremblait comme une feuille alors qu’elle rejoignait sa couche pour s’y lover en position fœtale, ses lèvres blêmes pincées jusqu’à n’être plus visibles. Elle avait peur d’avoir peur de milliers de chose, peur tout court, de mourir entre autres. Effrayée de pouvoir avoir peur d’arriver au bout du chemin sans être préparée, mais l’était-on vraiment un jour ?

Treize ans… ce n’était pas un âge pour mourir. C’était trop tôt. Malgré tous les dangers dont fourmillait Dreamland elle ne s’était jamais sentie aussi désemparée. Peut-être que le fait de savoir son décès programmé la déstabilisait plus qu’une éventualité, une série de statistiques qui défilaient dans son crâne en masse de données brutes. Oui c’était ça. Elle était un peu comme ces cancéreux à qui on annonçait la mauvaise nouvelle. Quelles étaient les phases par lesquelles ils passaient déjà ?

Le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l’acceptation…

- Ouais… je dois me situer entre le marchandage et la dépression, je suppose, marmonna-t-elle la tête enfouie dans ses genoux.


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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 16:09

Des excuses, toujours des excuses. Ah ça, pour parler, tout le monde y mettait du sien, mais pour reconnaitre ses torts, il n’y avait plus personne ! Dès qu’on pouvait se réfugier derrière des romans improbables, de toute façon…
Sydney ne prit même pas la peine de répondre ; il savait très bien à quoi s’en tenir, lui. Les faits parlaient d’eux-mêmes.

Plus rien ne fut dit jusqu’à ce qu’on se décide enfin à montrer leurs chambres aux deux voyageurs. Sydney suivit le mouvement avec cette désagréable sensation d’être observé par tout le monde. Les regards convergeaient vers lui et dès qu’il regardait untel, on baissait les yeux d’une façon bien significative. C’est à cause de ce qu’il avait dit – à une gamine de 13 ans, de surcroit ? Mais qu’est-ce qu’ils en savaient bien, ces ignares ! Et voilà, on allait lui tomber dessus juste pour une affreuse méprise, comme d’habitude… De quoi se mêlaient-ils, tous !?

Les escaliers furent un véritable soulagement, faisant office de barrière aux regards des autres. Le duo se laissa guider dans le couloir jusqu’à arriver aux chambres 13 et 15 des quelles héritèrent respectivement la phobophobe et le pirate. Dans un sens, il était ravi de faire chambre à part, mais d’un autre côté… est-ce qu’un seul mur était suffisant pour ne pas se faire trucider ? Il ne savait pas par quelle chance il avait échappé à son triste destin, à Gloutoniskaïa, mais cela lui avait suffi pour comprendre que plus il y aurait de distance entre lui et la méduse, mieux ça serait.

Le pirate déverrouilla la serrure de sa porte pour s’enfermer rapidement dans ses quartiers – et re-verrouiller aussitôt derrière. Personne ne le dérangerait ; personne n’entrerait. Sauf peut-être les gérants de l’auberge : ces fourbes avaient toujours un double des clés sur eux. Pirates !
C’était de la violation de vie privée, ce qu’ils faisaient. Ça devrait être interdit ! Et puis il y avait ce côté malsain dans le fait de pouvoir ouvrir les chambres de n’importe qui ; vraiment, c’était déplaisant au possible pour le paranoïaque.

Peu intéressé par la décoration ô combien pittoresque, le corsaire se dirigea d’un pas rapide vers la fenêtre pour fermer les volets. Il avait vu assez de neige comme ça, et quand on ne peut pas passer par la porte, par où passe-t-on, quand on veut s’introduire chez quelqu’un ? Bingo : la fenêtre. Logique.
Sauf que non, c’était dit et redit : personne n’entrera ici, et qu’on me foute la paix, diantre !

Après avoir fait deux fois le tour du mobilier pour être sûr qu’on lui ficherait réellement la paix, le pirate consentit à se détendre un peu. Il ôta ses vêtements et fila à la douche. Il y fut accueilli par un jet d’eau glacial qui le laissa trépignant et incapable de hurler. Après être remonté au-dessus des -273°C, le pirate osa enfin exprimer son ressenti :
- Bordel mais c’est quoi ces malades !? ‘Veulent me tuer, ou quoi !! Pirates !!
L’eau chaude arriva enfin et le paranoïaque put enfin profiter d’une douche décente avant de se mettre au lit en pestant contre toute forme de vie ainsi que l’auberge elle-même.

Le sommeil arriva assez rapidement et emporta Sydney sans qu’il ne s’en rende compte. Toujours aucun rêve, même si c’était le dernier de ses soucis.
La seule chose qui perturba son sommeil fut ce son ; le BIIP. Perçant et assourdissant, cette fois il en était sûr, il l’avait bien entendu ! Le capitaine mit cependant une bonne seconde à comprendre qu’il n’y avait pas que sa nuit qui serait brutalement écourtée s’il ne bougeait pas rapidement. Sautant du lit en poussant un cri de surprise, encore à moitié dans les vapes, il vit une ombre de forme humaine se dessiner dans un coin sombre de la chambre. La lumière de la lune filtrait à travers les volets mais ce n’était pas suffisant pour en savoir d’avantage sur la situation.

Pris de panique, Sydney se rua vers la porte de sortie en attrapant sa clé. En un temps record, il ouvrit la porte et sortit de ce piège mortel, fermant à double tour derrière lui.
Haletant, il essuya une goutte de sueur sur son front.
- Mon bandana, cria-t-il en réalisant qu’il n’avait pas récupéré son précieux. Marche arrière toute, il fit irruption dans la chambre en hurlant comme un putois, armé de son coupe-papier transformé et alluma la lumière. Sans vraiment regarder si l’assassin était toujours là, il fit une série de moulinets dans le vide tout en se frayant un passage jusqu’au graal rouge posé sur le bord de la table de chevet.

Une nouvelle fois dehors, son premier réflexe fut d’aller tambouriner à la porte de Dakota.
- Ouvre ! OUVRE ! Ils veulent me tuer ! Ils veulent me tuer, j’te dis !!
Des clients sortaient les uns après les autres de leur chambre en apportant leur contribution au volume sonore ambiant. Cependant ils semblaient tous d’accord sur un point : ce malade déguisé en pirate était le responsable de ce brouhaha.

L’aubergiste arriva jusqu’à l’épicentre de la discorde et, se fiant aux doigts accusateurs pointés sur le paranoïaque, il se permit – en sa qualité de maître des lieux – d’ajouter quelques décibels supplémentaires.
- Mais c’est pas ma faute si votre établissement n’est pas du tout sécurisé, bon dieu ! On a voulu me tuer !
- Mais vous êtes complètement timbré, ou quoi ? Vous avez fait un mauvais rêve, voilà tout !
- Ah vous, ne prenez pas la défense de votre assassin, hein ! Sydney se tourna une nouvelle fois vers la porte de la chambre 13 en espérant que la phobophobe ne se soit pas fait tuer, elle aussi. Je veux être remboursé ! Je ne remettrai jamais plus les pieds dans votre établissement ! Ce à quoi on lui répondit aimablement :
- Mais vous n’avez rien payé, sombre crétin !

L’aubergiste, n’ayant pas souhaité prolongé cette discussion qu’il jugea stérile, s’affairait à calmer les clients mécontents et rassurer ceux qu’avait contaminés la paranoïa du pirate.
Ce dernier resta dans le couloir jusqu’à temps qu’on lui ouvre ; il était hors de question qu’il retourne dans sa chambre ! Il irait demain pour reprendre ses affaires, c’était décidé.
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 16:39

Combien de temps était-elle restée ainsi ? Impossible de le savoir, mais ça devait déjà faire trop longtemps si l’on prenait en compte ses muscles endoloris pour être trop restée dans la même position. Elle avait pleuré, beaucoup, et ne se souvenait même pas d’avoir dormi mais tout était si embrouillé ces derniers temps… Dakota se déplia lentement dans un craquement d’os avant de tirer la couverture sur elle et de fixer le plafond d’un œil morne.

Elle avait mal au crâne et ses yeux secs la tiraient. Une bien belle raison de ne pas pleurer que celle-là ! Elle était déjà suffisamment mal en point pour ne pas avoir besoin de suppléments du genre. Les lumières extérieure dansaient au plafond, ballet silencieux qui ne faisait que croitre son impression de déconnection de la réalité. Dehors la tempête de neige s’était calmée pour laisser place au seul vent, gémissant dans les branches de l’immense sapin décoré non loin de sa fenêtre. C’était lugubre, bien loin de l’esprit de noël et les mélodies de crécelle qu’elle percevait parfois sonnaient bien plus comme des BOs de film d’horreur que comme quelque chose d’entrainant.

Etendue dans une immobilité parfaite, elle resta un moment perdue dans ses pensées jusqu’à ce que celles-ci s’effilochent et ne laissent place au néant parfait d’un sommeil sans rêves. C’était reposant… pas de peur, pas de maux, pas de mort… mais Sydney était bien déterminé à lui ôter toutes les rares occasions de souffler qui se présentaient à elle car c’est sa voix qui la tira du sommeil. Echevelée la gamine se redressa à moitié, octroyant à la porte de sa chambre une œillade assassine destinée au malotru qui tambourinait dessus comme si sa vie en dépendait.

« Ils » voulaient le tuer hein ? Mais qui ? Cet imbécile faisait probablement une nouvelle crise de paranoïa, elle décida donc de le laisser frapper. Ça lui ferait les pieds. La blondinette se recoucha donc en tournant le dos à la porte dans l’espoir qu’il se lasse et s’en aille. S’était sans compter sur l’incroyable ténacité du pirate.

- Finalement la mort serait peut-être appréciable… grommela-t-elle alors qu’elle s’extirpait à contrecœur des draps.

Toujours vêtue de son peignoir elle entrouvrit la porte pour fusiller du regard Sydney. Si elle était naturellement peu engageante, ses cernes plus marquées qu’à l’accoutumée et sa chevelure en bataille ne montraient que trop qu’il n’arrivait pas au bon moment, loin de là.

- Va te recoucher bon sang. Y’en a qui aimeraient dormir.

La porte à peine entrebâillée commença à se refermer sans même attendre de réponse mais buta contre un obstacle inattendu. Dak’ baissa son regard glacé jusqu’à la chaussure de Sydney qui avait eu la mauvaise idée de se glisser là, juste avant que son propriétaire de reparte dans ses délires de persécution. La surdouée se pinça l’arête du nez pour prévenir une méchante migraine et inspira profondément. Côtoyer des malades mentaux qui n’avaient même pas conscience de leurs problèmes n’était pas de tout repos.

Après s’être efforcée pendant quelques secondes de broyer la chaussure entre la porte et le mur, la gamine grommela quelque chose d’inintelligible avant de s’effacer, ouvrant assez la porte pour que le paranoïaque s’engouffre dans la brèche. Elle referma la porte derrière lui en maudissant tous les dieux locaux qui semblaient prendre un malin plaisir à s’acharner sur elle, les yeux levés au ciel. Une fois qu’elle eut largement fait montre de son dépit et de son mépris croissant à force d’expressions équivoques, de soupirs et de gestes agacés, la phobophobe daigna prêter un minimum l’oreille à ce que clamait son comparse à qui voulait l’entendre.

- Te tuer ? Pourquoi on voudrait te tuer ? rétorqua la blondinette en simple réponse alors qu’elle tentait de peigner sa tignasse avec ses doigts.

C’était insensé. Ils venaient d’arriver, n’avaient pas l’air riches, n’avaient pas montré qu’ils étaient voyageurs… on était au pays du père noël pas dans un bouge empli de malfrats qui attendaient la moindre occasion de vous détrousser. Mais son esprit ensommeillé ne pouvait pas oublier cette histoire de « bip ». Le pirate l’avait peut-être imaginé, mais peut-être pas et si c’était le cas un danger existait. Plus proche qu’elle ne l’aurait cru. Rien de tel pour éveiller ses propres angoisses, à commencer par celle d’avoir peur qu’un tueur mystérieux ne débarque à son tour dans sa chambre.

**Merci Sydney, vraiment** pensa-t-elle ironiquement alors qu’elle baissait les bras. Impossible de le faire retourner dans sa chambre autant que de se calmer elle-même. Et dire qu’elle avait cru pouvoir dormir…

- Je veux bien concevoir qu’il puisse y avoir un danger à côté mais… en quoi ça me concerne ? Je croyais que ma survie t’importait peu, alors en quel honneur je me soucierais de la tienne ? Donne-moi une bonne raison de te laisser rester ici pour le reste de la nuit. Et elle a intérêt à être bonne étant donné que je ne pourrais sûrement plus trouver le sommeil maintenant.

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 18:29

Comme il s’y était attendu, Sydney ne vit la porte de Dakota s’ouvrir que pour que cette dernière exprime son refus de l’aider. Sauf qu’il ne voulait pas vraiment lui laisser le choix sur ce coup-là. Il n’allait pas rester dans le couloir toute la nuit, et encore moins retourner dans sa chambre ! D’ailleurs l’assassin l’y attendait encore, il en était sûr !

La porte commençait à se refermer mais Sydney ne comptait pas laisser Dakota s’en tirer comme ça, aussi facilement. Il cala sa botte dans l’entrebâillure et se félicita d’ailleurs de ne pas avoir utilisé les mains à voir la détermination que mettait la phobophobe à lui broyer le pied.
- Silteplaitsilteplait laisse-moi entrer ! C’est d’une importance capitale !

Peut-être à cause de l’évocation de l’importance capitale ou simplement par résignation, la phobophobe relâcha la pression et le pirate en profita pour se faufiler dans la chambre, allant droit jusqu’à la fenêtre pour s’assurer qu’elle était bien fermée et que personne n’entrerait par là. D’ailleurs par où était entré son assassin ? Par quel miracle avait-il pu.. Un voyageur ? Un sbire du Marchand de Sable ?? Quelle que soit la réponse, le corsaire savait que cette fois-ci, son pouvoir ne l’avait pas trahi. Il en était certain.

- Je sais pas pourquoi ! Parce que je suis un voyageur, parce que je suis avec toi, ou que j’en sais trop… Les raisons, ça manque pas ! Mais s’il a pu entrer dans ma chambre alors que tout était fermé…
C’est plus sûr si je reste ici.


C’était dit et le corsaire comptait bien s’y tenir. De toute façon Dakota verrait sans aucun doute l’utilité de rester groupés. Et le confort..? Eh bien quand on s’exile volontairement dans le pôle nord, c’est que généralement, le confort, on s’en fiche pas mal, en principe..
Le pirate se détourna un instant de sa fenêtre pour croiser le regard de la phobophobe. Pas convaincue, visiblement… C’était vraiment inhumain, un instinct de survie aussi atrophié…

- Mais comment ça, en quoi ça te concerne !? S’ils m’en veulent à moi, ils t’en veulent à toi aussi, ‘faut pas être un génie pour comprendre ça, enfin ! Et arrête de dire que tu es déjà morte, tu n’en penses pas un mot. Ecoutes, je te propose un deal : tu me laisses rester là cette nuit, même dans un tout petit coin ; tu m’entendras pas. Et… en contrepartie, je… beuh… on a qu’à dire que je t’aiderai à chercher ton ombre demain. Enfin un peu, hein.
Il ne s’agissait pas de mauvaise volonté, mais il était pris en tenaille : c’était soit sortir dans le froid polaire, soit rester au chaud et prendre le risque de se faire égorger dans son sommeil. Le choix était vite fait, alors quitte à s’enfermer dehors, autant s’occuper un peu… De toute façon ça serait toujours moins dangereux en groupe que tout seul.

- Et pour ce qui est du sommeil, on est dans la même galère, je te signale. Tu devrais me remercier de t’avoir mis en garde ! Imagine que je n’aie rien dit… Qui te dis que tu n’étais pas la prochaine cible de ce malade !? Tu pourrais pas troquer ta mauvaise foi contre un peu de reconnaissance, pour une fois ?

Encore une fois, il aidait et c’était avec des reproches qu’on le remerciait. Vraiment, au prochain groupe de voyageurs un peu plus raisonnable, il mettait les voiles !
Un détour à la salle de bain s’imposa, le temps que le corsaire noue à nouveau son bandana sur sa tête. Là ! Ça avait tout de suite plus d’allure !
Il revint dans la chambre et repris son épée magique dont il comptait bien ne pas se séparer du toute la nuit et alla s’installer dans un coin plus ou moins confortable.

- Fais comme chez toi.. T’as qu’à… ben t’as qu’à imaginer que je suis pas là ; de toute façon je bougerai pas d'ici. J’imagine que de toute façon, la conversation c’est pas ton truc, à cette heure-là.
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 19:11

Dieu qu’il était fatiguant… il était comme un gosse, toujours à babiller, débitant des inepties plus vite que son ombre jusqu’à transformer vos tympans en horribles amas de chairs sanguinolentes. Comme un ancêtre aussi, à radoter les mêmes propos encore et encore à l’instar d’un patient atteint d’Alzheimer et ce sans jamais s’en rendre compte, usant vos nerfs jusqu’à la corde. Dakota levait tellement les yeux au ciel qu’ils risquaient sous peu d’y élire domicile pour ne plus avoir à payer ces allers-retours incessants, heureusement il finit enfin par dire quelque chose d’intéressant.

Un mince sourire avait éclos sur ses lèvres fines alors que dans son esprit elle se régalait d’avoir enfin gagné. Tout vient à point à qui sait attendre, et ce soit disant tueur avait merveilleusement joué son jeu. Il lui faudrait le remercier à l’occasion si jamais il existait réellement, ce dont elle doutait toujours bien évidemment. Et pour prévenir tout retour en arrière elle répliqua aussitôt, ses yeux rivés sur le pirate :

- Soit. Tu dors ici en contrepartie de ta collaboration dans nos recherches d’ombre. Je prends ça comme une promesse mais comme nous n’accordons ni l’un ni l’autre grande importance à ce genre de choses nous allons verser dans quelque chose de plus « légal ».

Sydney ne parut même pas l’entendre, trop occupé qu’il était à filer à la salle de bain pour remettre son bandana en place. Dakota ne se laissa pas démonter pour autant et se mit en tête de fouiller la table de nuit à la recherche d’un papier et d’un stylo. Elle mit rapidement la main sur du papier à lettre à l’entête de l’auberge ainsi qu’un stylo assorti avec lequel elle entreprit aussitôt de coucher les termes du contrat qu’elle avait en tête.

Je soussigné Sydney Miles, s’engage par la présente à assister Dakota Earnshow dans la recherche de son ombre et son rattachement à son corps peu importe les moyens à employer tant qu’ils ne me mettent pas en danger direct de mort.

Portant le stylo à sa bouche, l’adolescente se mit à le mordiller les sourcils froncés. Elle se serait probablement passée de cette clause mais le paranoïaque refuserait probablement de signer sans ça. Même avec ça les choses risquaient déjà d’être compliquées… Rien que le fait de lui faire prendre ce document au sérieux relèverait du travail d'Hercule, mais la gamine était intimement persuadée qu'avec un peu de magie les autorités locales sauraient lui faire respecter ses engagements si jamais il venait à vouloir se défiler. Enchanter le contrat était même peut-être possible, qui sait ? S'ils le faisaient à Gloutoniskaia, ils pouvaient le faire ici.

Le pirate choisit ce moment pour sortir de la salle de bain et s’installer comme s’il s’était agi de sa chambre et non de celle de la surdouée. Faire comme chez elle ? Bien sûr vu que c’était chez elle, du moins temporairement. Ce mec n’avait vraiment aucune manière. Ce fut avec une satisfaction non dissimulée qu’elle marcha droit vers lui pour lui glisser le papier sous le nez, tapotant à l’endroit de la signature.

- Avant toutes choses tu vas me signer ça, sinon je te fiche dehors. Avec ou sans tueur aux aguets. Et si tu ne m’en crois pas capable sache que mes serpents sauront parfaitement s’occuper de toi comme ils l’ont fait avec Castiel.

D’ailleurs pour ajouter plus d’impact à ses dires elle enfila sa couronne qu’elle avait fourré dans la grande poche de son peignoir, retransformant aussitôt ses longs cheveux blonds en armée de serpents aux aguets. Ce n’était plus deux, mais une cinquantaine d’yeux qui fixait désormais Sydney. De quoi faire grimper la tension d’un cran, ce qui n’était pas bien difficile à vrai dire quand il s’agissait du rouquin. Soit il avait son coupe-papier mais ce ne serait pas suffisant. Du moins elle l’espérait.

- Et quand tu auras signé, et seulement alors, je concèderais à te laisser dormir par terre. Sois heureux que je ne te fasse pas payer la moitié du prix de la chambre.

Dakota marqua une pause durant laquelle elle le toisa avec une expression indéfinissable qui se mua finalement en une parodie de sourire plein d’ironie.

- Je ne suis pas si fourbe.

Sur ces belles paroles elle lui tendit le stylo sans cesser de tapoter à l’endroit de la signature comme si elle ne s’adressait pas à un homme mais à un enfant en bas âge qu’il fallait guider pas à pas. A vrai dire c’était exactement comme ça qu’elle le voyait. Un être peureux, manipulable, puéril et capricieux.

Bon sang, elle n’avait jamais aimé les enfants.


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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 20:15

Une dimension plus « légale » ? Ça n’annonçait rien de bon, de la part de Dakota. Le pirate la connaissait trop bien pour croire qu’il n’y avait aucun sous-entendu. Elle comptait profiter de sa proposition généreuse, mais il ne se laisserait pas avoir aussi facilement. Qu’elle fasse dans le légal si ça l’amusait, mais Sydney n’avait jamais parlé de promesse.
Tout en coiffant ses cheveux, il avait vu Dakota dans le miroir, prendre un bout de papier et griffonner dessus, mais il avait cru à une simple note, un pense-bête comme un autre.

C’est lorsque la gamine lui colla le contrat sous le nez qu’il comprit où elle voulait en venir.
- Je soussigné… Attends.. quoi !? Il recommença la lecture du contrat une ou deux fois pour être bien certain qu’on se payait sa tête, et oui : on se fichait de lui, carrément.
- Et retire tes sales bêtes de moi, j’ai horreur de ces bestioles ! C’est horrible, comme machins.

assister Dakota Earnshow jusqu’à quand ?
peu importe les moyens à employer, ça c’était hors de question
tant qu’ils ne me mettent pas en danger direct de mort encore heureux, mais le direct laisse trop de place à l’indirect.

Relevant le nez du bout de papier, il regarda la phobophobe dans les yeux et lui répondit clairement :
- Non.
A ce prix-là, je préfère encore dormir dehors ! Tu m’as pris pour quoi, là ? Tu crois que je te sens pas arriver, avec ça, hein ?

Le corsaire roula la feuille en boule avant de la jeter dans un coin et reprendre : ’pas si fourbe’, ‘pas si fourbe’… Mon œil, oui ! J’ai dit que je t’aiderais un peu et tu me proposes un CDI d’esclave à temps plein… Y a un truc qui va pas bien dans ta tête, moussaillon.
Et puis déjà, qu’est-ce qui nous dit que ton ombre est ici ? Si ça se trouve, je suis bon pour vous accompagner jusqu’à ce que vous mouriez
, ajouta-t-il avant de se lever. Sans moi. Si ma parole te suffit pas… Je peux rien pour toi.

Les serpents sifflaient dans son dos, reflétant l’impatience et/ou la frustration de leur propriétaire, mais Sydney n’en avait rien à faire. Les contrats étaient tous les mêmes ; chaque boulot pour lequel le corsaire avait postulé contenait un piège quelque part, et c’était la raison pour laquelle il rechignait tant à signer quoi que ce soit. L’impression récurrente de se faire avoir en beauté par des requins, voilà ce qui n’allait pas dans ce monde !

Et puis ça n’était pas comme si la méduse était en état de marchander ! Lui faire payer sa chambre ? Mais où allait-elle chercher ces idioties..? Il n’avait rien du tout à payer, rien !
Il fit quelques pas en direction de la porte et posa la main sur la poignée.
- Tu sais, si j’ai entendu le BIIP, c’est qu’il y a réellement une menace. Moi, j’ai mon pouvoir, alors je le verrai venir. Mais toi… Enfin bon, tu as l’air déterminée à te retrouver toute seule, alors je ne vais pas te gêner d’avantage.
Je dis juste que si j’étais toi, j’aurais quand même un peu peur que l’assassin passe à la chambre voisine, si tu vois ce que je veux dire.


En guise de conclusion, il ouvrit la porte et sortit de la chambre. Décidément, il n’y avait pas que la décoration qui était semblable : on y était également saigné de la même manière. Couteaux sous la gorge et guet-apens devaient être les spécialités locales et Dakota faisait montre d’une adaptabilité remarquable !
Rien à redire ; elle pourrait même donner des leçons.

Le pirate attendit sur le pas de la porte, des fois qu’il ait réussi à faire changer d’avis la méduse miniature…
Passer la nuit dehors ne l’enchantait pas, mais il n’était pas prêt à sacrifier sa liberté pour un peu de sécurité, malgré l’importance qu’il donnait à cette dernière.
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux ». Bon dieu qu’il aimait cette citation.. Jamais Franklin ne lui avait paru aussi sage et réfléchi.
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Lun 18 Juin - 20:47

Il avait tout rejeté en bloc, comme elle s’y était attendue. Elle avait juste surestimé son angoisse à sortir de la chambre malgré le danger potentiel qui rôdait. C’était ça le problème, quand on avait trop d’inconnus dans l’équation : le résultat pouvait finalement être bien loin de celui escompté. Dakota ramassa le papier que Sydney avait jeté au sol et le déplia avec soin, cherchant à lui rendre son aspect initial, sans réel résultat. A vrai dire c’était plus pour évacuer son agacement que parce qu’elle tenait à l’état du contrat. Tout était bon pour ne pas avoir à supporter la vue de cet imbécile en pleine extrapolation.

Esclave ? En quoi ses termes tenaient de l’esclavage ? C’était de la folie pure, tout ce qui était marqué noir sur blanc était qu’il l’aiderait à chercher son ombre en y mettant un minimum du sien. Concernant les dangers bien sûr qu’elle avait dû y faire référence ! Ce poltron aurait été capable de la lâcher pour tout et rien, et surtout pour rien.

- Tu me fatigues… sors donc si tu ne veux pas faire preuve de bonne volonté. Au moins je pourrai dormir.

Cette phrase avait été prononcée à l’adresse du dos du rouquin qui venait de franchir la porte après avoir déclamé qu’elle était en danger elle aussi et regretterait son acte. Hum ? Pas de remords à la l’horizon pourtant, et c’est la conscience parfaitement tranquille qu’elle referma la porte et remit le verrou, condamnant le pirate à une nuit dans le couloir… ou à faire preuve de meilleure volonté.

- Si jamais tu changes d’avis, tu sais où me trouver, annonça-t-elle à travers le panneau de bois, Je veux bien revoir les termes du contrat avec toi, mais il est hors de question que je serve de terre d’asile avec comme seule contrepartie de vagues promesses en l’air. J’suis peut-être haute comme trois pommes, mais je ne suis pas une bonne poire pour autant.

Sur cette rare note humoristique la surdouée regagna son lit où elle se glissa dans l’espoir de remonter à bord du train direction le pays des sommeils sans rêve. Et elle fut déçue, forcément. Entre la pendule et son horrible tic-tac et les piétinements du pirate de l’autre côté de sa porte il lui était impossible de faire le vide. Elle qui avait déjà tellement de mal à le faire en temps normal, ça devenait réellement une mission impossible. Ce mec avait définitivement réussi à lui pourrir sa nuit et l’éventualité de le forcer à lui payer sa prochaine nuit d’hôtel en dédommagement paraissait de plus en plus légitime. Oui, il faudrait au moins ça, et c’était sans compter les intérêts qu’elle ne manquerait pas de réclamer.

Dakota aurait bien voulu se plaindre à quelqu’un, à James par exemple. Lui il l’aurait écouté. C’était bien le seul, pensa-t-elle amèrement. Est-ce qu’il avait reçu son message à présent ? Ça devait bien faire 4 heures au moins qu’ils avaient atterrit ici et aucune nouvelle de Chouette en vue. Oh bien sûr elle restait parfaitement classique et ne pouvait pas faire le voyage en un temps record mais cette incertitude la tuait de l’intérieur, la rongeant comme de l’acide.

Et si Selene avait réactivé sa bague ? Et si le marchand de sable leur était tombé dessus, encore ? Et s’il avait fini aspiré dans un portail dimensionnel comme Alexander ? Et s’il s’était réveillé, la condamnant à une fin solitaire qu’elle commençait à craindre plus que la mort elle-même ?

Une foule de questions, d’angoisses, de zones d’ombres… les ombres tiens, le cœur du problème. Est-ce qu’il faudrait les recoudre sous leurs chaussures comme dans ce livre, ce Peter Pan ? Elle se voyait mal se mettre à la couture étant aussi douée de ses mains que pour la diplomatie mais elle n’aurait probablement pas le choix une fois le moment venu. Elle poussa un soupir et se retourna pour la dixième fois au moins depuis le départ de Sydney. Elle avait tant bougé que les draps avaient fini par s’entortiller autour de ses jambes, l’immobilisant mieux qu’une corde solide. Affreuse, cette nuit était définitivement affreuse.

Dans un geste de profond agacement elle tira sur les draps humides de sueur pour libérer son corps frêle et se mit debout, chancelante. La phobophobe se sentait à bout. A bout de nerf. A bout de force. La maladie semblait pomper dans ses réserves comme un parasite branché directement sur sa moelle épinière, s’appropriant tout jusqu’à ce qu’elle n’ait plus l’impression d’être qu’une coquille vide. Et son nez qui se remettait à saigner…

- ‘Fais chier, grommela-t-elle à mi-voix en s’essuyant du dos de la main.

Impossible de trouver le sommeil ou même de se reposer, mais peut-être qu’Othello ferait un bon compagnon en définitive. Un bon livre serait toujours mieux que des réflexions stériles.

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Dernière édition par Dakota Earnshow le Mer 20 Juin - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 15:38

Et c’était lui qui faisait preuve de mauvaise volonté ? Evidemment, qu’il y mettait de la mauvaise volonté ! Qui irait se rendre esclave d’une gamine de 13 ans volontairement ; il fallait avoir un sacré grain, quand même !
Si Dakota menait ses affaires de manière aussi grotesque qu’elle venait d’essayer de le faire, elle n’allait pas aller bien loin. Ou si, justement… Ou pas. Les gens sont si imprévisibles que ça en devient inquiétant.

Une fois de l’autre côté de la porte, le corsaire fit la sourde oreille et se contenta pour toute vengeance de parodier la phobophobe et d’y ajouter quelques pensées plus ou moins immatures du style : *nein, er general ; nous ne collaborerons pas*
Il ne demandait pas la Lune, tout de même ! Mais vu comment on l’accueillait, eh bien il ne l’aiderait pas, point final. Ça lui apprendrait à être sympa : encore une fois, on tentait de profiter de sa gentillesse, de mordre la main qui nourrit… Et au final, on le ridiculisait parce qu’il refusait de donner plus que ce qu’il offrait déjà. « L’homme est un loup pour l’homme »…

Le problème, maintenant, était de savoir comment il allait occuper sa nuit. Ce qui avait commencé comme des cent pas avait donc terminé en ronde nocturne au bout d’une dizaine de minutes. Et après, eh bien Sydney n’avait plus compté les secondes. Bon dieu que c’était ennuyant comme situation…
Ah oui, vraiment, ça faisait plaisir de voir que la confiance pouvait s’installer !

Son coupe-papier ayant repris sa taille initiale, le pirate rengaina l’objet dans l’espoir de ne plus avoir à s’en servir de sitôt. Il tendit l’oreille, attentif au moindre bruit, mais à part le bruit de ses propres pas, il n’entendit jamais rien. Le tueur devait déjà s’être enfui, à l’heure qu’il est ; à moins qu’il ne s’agisse d’un ninja ! Les ninjas peuvent être très patients et discrets… Retourner dans sa chambre n’était pas possible pour le moment. Ah, et même s’adosser contre la porte était dangereux : si le ninja plantait son sabre dans la porte, le pirate se prenait la lame entre les côtes !
Prenant conscience de ce fait quelque peu déroutant, Syd’ refit une nouvelle ronde en prenant soin de ne pas approcher trop près de ses quartiers. Il ne pouvait même pas vérifier car à peine aurait-il mit la clé dans la serrure que – l’ayant remarqué – son assassin repartirait à l’assaut.

Ou alors… Ou alors ça n’était pas un tueur. Profitant d’un rare moment de lucidité, le capitaine au bandana prit une bonne minute pour se remettre en question et revoir le scénario avec l’esprit un peu plus clair. S’il avait eu affaire à un ninja, il serait déjà mort… non, ce n’était pas un tueur. C’était un voleur !!
Ce brigand, ce pirate !! Il en avait après les possessions de Sydney ! Fulminant, le paranoïaque remit sa clé dans la serrure sans pour autant ouvrir la porte ; par appréhension. Il était comme un lion dans sa cage, ou plutôt… un lion hors de sa cage, mais voulant y rentrer.
… Dieu que c’était stupide, comme comparaison… Mais tellement véridique : on est toujours plus à l’abri dans un espace réduit. Les prisonniers ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont ! Ça vous donne envie de faire un casse rien que pour pouvoir être peinard, tiens…

Finalement, il ne tint plus : la tentation était trop grande et la question « qu’est-ce que ce voleur est venu chercher » taraudait l’esprit paranoïaque de Sydney de manière irrépressible.
La clé tourna une fois, puis deux, et finalement la porte s’ouvrit lentement avant que le corsaire ne l’ouvre complètement du bout de la lame de son coupe-papier. Armé également de son spray anti-moustiques, il pénétra dans la scène du crime et fit bien trois fois le checking complet de sa chambre pour être certain qu’il ne restait plus personne. Les dix minutes suivantes laissèrent place à une inspection minutieuse visant à découvrir par quel moyen ce pirate-ninja s’était introduit ici. Aucun faux plafond, les murs étaient solides…

Non, franchement, il ne voyait pas… Un mystère irrésolu qui le poursuivrait aussi longtemps qu’il côtoierait les auberges.
Fatigué de tourner en rond sans but, Syd’ s’assit sur son lit pour se consacrer à la motivation de sa venue : ses effets personnels. Rien d’important ne manquait et si on lui avait volé quelque chose, il ne savait pas quoi – donc ça ne devait être rien à quoi il tienne particulièrement..

Pendant la vérification, il découvrit avec plus ou moins de curiosité ce que le calendrier lui avait vomi à la figure. Il n’avait jamais pris le temps de le faire auparavant, en fin de compte. Parmi tout ce capharnaüm, le paranoïaque retrouva notamment ses deux cachets de médicaments ou de drogue, probablement, ainsi qu’un bonnet et une écharpe. Ces deux derniers objets furent rapidement désignés pour aller s’ajouter aux vêtements qu’il porterait demain en plus des mitaines. Le thermos de chocolat était là, lui aussi, mais étrangement, il était encore chaud. Conservé par magie, surement… Saleté de magie, à toujours ruiner le semblant de logique de ce monde ! Ah, franchement !!

Le capitaine au bandana replaça les affaires déballées dans la hotte avant de se placer confortablement sur son lit. Encore fatigué, il n’avait pourtant pas la volonté de dormir : trop risqué, et on ne l’y prendrait pas deux fois !
Lumière allumée, il fixait tour à tour le mur devant lui, la fenêtre qu’étaient venue barricader une chaise et un petit meuble, et la porte sur laquelle la clé avait été laissée côté intérieur après que celle-ci fut verrouillée. Si les deux entrées principales étaient maintenant sûr, Sydney remarqua alors que la porte de la salle de bains ne l’était pas, elle. Obnubilé par cet oubli, il quitta finalement son lit pour un quatrième checking de ladite salle. Des fois qu’il ait raté quelque chose…
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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 16:19

Une goutte s’écrasa sur la page d’un blanc cassé. Un rond rouge parfait, de la taille d’une coccinelle et qui transformait avec une ironie certaine un « mortifiant » en « mort » tout court, clin d’œil lugubre au destin qui attendait la phobophobe. Après un reniflement celle-ci ferma le livre d’un geste sec et le posa sur ses genoux pour pouvoir se tamponner le nez à l’aide d’une serviette mise à sa disposition dans la salle de bain et qu’elle avait gardé à portée.

Dehors tout était calme. Rien d’étonnant à deux heures du matin, mais Sydney avait arrêté de marteler le sol du couloir de ses va-et-vient incessants. Progrès ou défaite, on pouvait y voir ce que l’on voulait mais pour l’heure Dakota y voyait surtout un recul dans ses projets. S’aventurer seule dans ce paysage gelé n’était pas pour la rassurer et attendre un James qui ne viendrait peut-être jamais n’était pas une option acceptable. Ni même envisageable. Pour la dixième fois en 20 minutes elle dirigea donc son regard glacé vers la cloison qui séparait sa chambre de celle du pirate qui semblait depuis peu trouver un malin plaisir à faire des allers-et-retours entre sa chambre et sa salle de bain.

Le bilan de la situation actuelle n’était pas glorieux, et elle ne perdait rien à tenter quelque chose d’un peu fou c’est pourquoi la gamine hésitait de moins en moins à mettre en application le plan tordu qui avait germé juste sous son nid de serpents.

La mini méduse se mit debout en silence pour rejoindre la salle de bain où elle fixa son reflet une bonne minute. Tout ce qu’elle voyait était une gamine blême, trop maigre et cernée. Une parodie d’elle-même maladive et affamée. A moins qu’elle n’ait toujours eu ce visage ? Il y avait de grandes chances, hélas, la contemplation de son propre être n’était pas une activité qu’elle pratiquait souvent. Après une profonde inspiration elle murmura à peine audible, ses yeux rivés dans ceux de son double de l’autre côté du miroir :

- Bloody Mary, bloody Mary, bloody Mary…

Comme sous l’effet d’un quelconque sortilège ses traits se modifièrent dans la surface réfléchissante pour devenir plus durs, plus adultes, plus… morts. Des yeux caves noirs comme la nuit la fixèrent un moment sans mot dire avant que l’apparition ne s’extirpe du miroir dans sa robe ensanglantée, un long couteau de cuisine à la main. Pas de Castiel en vue bien sûr, et à l’heure actuelle savoir où le fantôme avait abandonné le cannibale était bien la dernière chose qui l’intéressait. Mais tout d’abord il fallait se plier à l’éternel rituel de politesse visant à ce que son invocation ne prenne pas la poudre d’escampette.

- Mary… bonsoir.

- … Bonsoir. Je suppose que tu ne m’appelles pas pour boire le thé ? Je te préviens Dakota, si tu m’appelles encore pour trimballer un chien en laisse je repars aussitôt. Je ne suis pas babysitter.

L’adolescente pinça les lèvres devant cette réaction un peu plus vindicative qu’elle ne l’avait escompté. Ce n’était pas du tout ce qu’elle attendait de Mary, mais sa « mission » tenait plus de la mauvaise blague que du réel combat ou de la mission de survie. La peur d’avoir peur de se voir refuser son caprice l’étreignit avec force et elle manqua de suffoquer, ne se retenant que de justesse de ne pas plaquer sa main sur son cœur pour s’assurer qu’il battait encore.

Rester calme, posée. Et expliquer. Expliquer pourquoi elle avait vraiment besoin qu’on fasse ce qu’elle demandait une fois encore, pas juste pour sa satisfaction personnelle mais parce qu’elle était intimement persuadée qu’elle n’arriverait à rien seule dans ces contrées hostiles si ce n’est trouver la mort plus rapidement qu’elle n’aurait dû.

- Sydney refuse de coopérer, mais j’ai besoin de lui. J’ai vraiment besoin de lui tu comprends ? Mais le prendre par les sentiments ne sert à rien. Pour le sortir de cette foutue auberge j’ai besoin qu’il se sente en danger. Non… j’ai besoin qu’il SOIT en danger. Qu’il ait l’impression d’avoir besoin de moi, et reste à mes côtés.

- Alors je joue les monstres du placard maintenant ? rétorqua cyniquement Mary, un sourire moqueur déformant ses traits cruels.

- Non… ou plutôt si mais tu vois ça de manière bien trop dégradante ! Je… j’ai vraiment besoin de toi. Je vais mourir Mary, si je ne fais rien. Et malgré tout le respect que je te dois je n’ai aucune envie de passer l’arme à gauche comme toi.

Un léger rire s’échappa des lèvres de la revenante qui finit par hocher la tête non sans un regard condescendant. Ça ne lui faisait pas de mal à cette petite de se rabaisser un peu. Ces derniers temps elle prenait tout comme acquis, la voir la supplier ainsi était bien plus motivant que tous les sermons et ordres secs qu’elle lui servait depuis son retour à Dreamland. Et après tout jouer les monstres pourrait se révéler amusant…

Après s’être entendu dire pour la 5ème fois au moins qu’elle ne devait surtout pas se faire voir et que Sydney ne devait en aucun cas savoir qu’il s’agissait d’elle, bloody Mary disparut à travers le mur, rendant Dakota à sa solitude.

Faire peur ? Blesser ? Elle savait faire. Etre discrète… plus difficile mais elle devrait s’en tirer comme une chef, surtout que ce pirate de pacotille avait tout clôturé comme en prévision d’une guerre nucléaire. Les volets fermés ne laissaient pas passer le moindre rai de lumière aussi c’est dans le noir complet qu’elle pénétra dans la chambre après avoir rendu hors service le système électrique. Et si le paranoïaque paniquait déjà, ce n’était rien en comparaison au moment où ses mains cadavériques se refermèrent autour du cou du pauvre voyageur alors qu’elle lui susurrait à l’oreille, parodie du marchand de sable :

- Je te vois…

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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 18:12

A moins que ce corniaud ne soit assez fin – et il ne l’était pas – pour passer par la tuyauterie, le voleur n’avait pas pu entrer par la salle de bain… Mais par où, alors !? L’argument « comme par magie » avait ce côté désagréable, l’impression qu’on vous nargue avec un ésotérisme parfaitement hautain… Et puis mince, à la fin ! Pourquoi ça tombait toujours sur lui !? Ça ne pouvait pas arriver à Dakota, non, bien sûr que non !

De retour dans la pièce principale, le pirate resta un bon moment debout à tourner sur lui-même à se gratter le menton. Il y avait un truc, forcément…
On aurait pu lui rétorquer que c’était une hallucination, sauf que ça n’en était pas une, il en était plus que certain.

Le hasard faisant bien les choses, à peine le pirate commença-t-il à suspecter l’intervention d’une quelconque entité surnaturelle que les lumières se coupèrent net. Les forces occultes lui en voulaient, ça n’était pas possible autrement. Paniqué sur l’instant, il avait voulu se diriger vers l’interrupteur mais quelque chose le retenait… Quelque chose ou plutôt un quelqu’un. Le contact froid sur son cou l’avait fait sursauter à tel point qu’il crut un instant que son cœur allait lui sortir du corps pour se faire la malle en même temps que ses boyaux.

Alors qu’il sentait l’étreinte se resserrer, le paranoïaque entendit une voix à glacer le sang, derrière lui.
Tétanisé, il agrippa tant bien que mal son spray anti-moustique et en vida une bonne quantité par-dessus son épaule dans l’espoir d’atteindra sa cible. La politesse aurait voulu qu’on demande « et qui êtes-vous, aimable agresseur ? », mais franchement, là, le corsaire n’en avait pas du tout envie et faute de résultat en brûlage de rétine, il opta pour une question plus judicieuse tout en tentant de se dégager :
- Qu’est-ce que vous me voulez !?

A force de remuer comme un damné, le tueur finit par lâcher prise et Sydney se rua une nouvelle fois vers la porte qui décidément avait un succès fou, ce soir.
- Laissez-moi tranquille ! J’ai rien fait, j’vous dit !!
Le sort s’acharnant contre notre pauvre pirate, la clé refusa de tourner ; on le bloquait à l’intérieur de-.. ah non, il la tournait simplement dans le mauvais sens. Fort de cette découverte, Sydney enfonça la porte pour l’aider à s’ouvrir et se retrouver à plat ventre dans le couloir. Pas le temps de refermer la porte une nouvelle fois ; il courut comme un dératé jusqu’au rez-de-chaussée et finit par se planquer sous une des tables de l’auberge. Par mesure de précaution, il tira les chaises vers lui dans l’espoir que cela consolide l’ensemble… Des fois que.

La tête sur les genoux, il comptait bien attendre ici que le malade qui s’acharnait contre lui se lasse. Retourner dans sa chambre… quelle idée suicidaire, en y repensant. Tout ça c’était la faute de James et Jake qui lui rabâchaient les oreilles toutes les deux minutes de « mais ne t’inquiète pas » ; martelant son cerveau à coup de « y’a rien à craindre » ; le poignardant à coup de « tout va bien ». Mais oui ! Tout va toujours très bien, bande de kamikazes !!

A la lumière du couloir qui menait aux chambres, on pouvait en principe distinguer une ombre si quelqu’un marchait par-là. Or, rien du tout. Comme d’habitude, le fourbe était resté dans la chambre. Deux solutions : soit l’auberge était hantée, soit le Marchand de Sable s’acharnait sur le seul voyageur non exilé du coin. La solution deux étant la plus logique et la plus probable.
Peu importait le résultat, en fait ; on avait dans tous les cas beaucoup de mal à concevoir qu’on soit au village du Père Noël, bon sang !!

Haletant, le capitaine au bandana s’étonna de ne trouver aucune blessure sur ses mains ; la chute avait été rude, pourtant. En retournant ces dernières, il remarqua des écailles similaires à celles de la dernière fois ; ça remontait à la fois où… Où Dakota l’avait envoyé valdinguer !!
A tous les coups elle devait y être pour quelque chose. Elle avait trouvé un moyen de l’éliminer et accessoirement de se venger de la non signature du contrat, c’était de la logique pure !

Il devait certainement la vie à ces écailles. Elles avaient dû empêcher le tueur engagé par la méduse de l’étrangler correctement.
- Attends seulement que j’aie des pouvoirs utiles, moi aussi… On verra qui est le plus pirate des deux !
Demain. Attendre jusqu’à demain et partir à la première heure. Soit en accompagnant Dakota dans sa promenade mortuaire, soit en se trouvant une autre auberge, soit en achetant un ticket retour. Mais pour où, et plus radicalement : où acheter un tel ticket ?

Plus ça allait, et plus Sydney se sentait forcé d’accompagner Dakota. C’est ce qu’elle voulait, de toute façon, mais il ne comptait pas l’aider pour autant !
A force de côtoyer la gamine, il avait développé une résistance, comme un anti-virus ou une dose de poison quotidienne : les écailles étaient là pour le protéger de la méduse.
Si ça c’était pas un signe qu’il devait s’en éloigner…
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Dakota Earnshow

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 18:56

- Il campe au rez-de-chaussée, planqué sous une table, commenta Mary avec une lueur d’amusement dans le regard.

Dakota leva les yeux au ciel. Entre les bancs et les tables que le pirate squattait régulièrement il allait bientôt pouvoir postuler chez Ikea. Un lâche doublé d’un poltron, mais elle était au moins assuré qu’il ne resterait pas ici à se tourner les pouces même si c’était loin de lui assurer une collaboration. Cet homme était plus têtu qu’une mule et la gamine commençait à être à court d’idées en ce qui concernait le fait de le convaincre de lui prêter main forte. Lui demander tout simplement ? Rien que d’y penser une envie de rire la prenait au ventre. Sa fierté classait cette option dans la partie inconcevable si bien qu’elle n’arrivait pas à la voir autrement qu’en vaste blague.

Quoi faire alors ? Demander à Mary de le forcer à venir jusqu’ici ? Non, il n’y verrait qu’un acharnement –réel- paranoïaque comme il était. Rien de tel qu’un problème corsé comme celui-ci pour alimenter sa migraine, aussi décida-t-elle de poser son livre et de descendre autant pour demander un cachet d’aspirine que pour voir ce que devenait son « camarade ».

- Merci… je suppose. Je vais descendre, est-ce que tu pourrais essayer de te renseigner sur la disparition des ombres ? devant le regard que lui lança son invocation elle ajouta avec un sourire contrit, Tu seras plus convaincante que moi. Je t’en prie Mary, j’ai vraiment besoin de toi sur ce coup.

- Rhaaa tu me fatigues, grommela l’invocation avec un regard noir, Je fais ça et tu me lâches pour la journée. Je ne répondrai pas à tes appels, tu en es consciente ?

- Mais…

- Tu en es consciente oui ou non ?

- Oui, j’en suis consciente, répéta-t-elle à contrecœur.

Bloody Mary qui n’attendait rien de plus disparut, encore. Dakota poussa un profond soupir avant de se mettre debout et de se diriger vers la porte de sa chambre. Elle détestait se voir ainsi forcer la main, mais le fantôme avait au moins eu le mérite de lui apprendre à faire des concessions. Mais à quel prix ! Mendier, quémander, supplier… toujours gentille, toujours polie, de quoi user les nerfs fragiles de la gamine peu habituée à ce genre d’exercices.

Dans le couloir désert régnait un calme presque religieux. La porte de la chambre du pirate était restée béante, dévoilant un intérieur sombre et inquiétant. Le souvenir des dires du jeune homme concernant son premier agresseur lui revint en mémoire, bouffée d’angoisse en prime, et l’enfant pressa le pas vers les escaliers. Le craquement du parquet sous ses pieds la faisait sursauter et c’est avec un soulagement certain qu’elle dévala les escaliers couverts d’une moquette rouge sombre, ne s’arrêtant qu’une fois dans le hall d’entrée.

D’une main fébrile, Dakota retira sa couronne de Méduse et s’approcha du bar sur lequel reposait une clochette sans même tourner les yeux vers l’endroit où s’était caché Sydney. Elle n’était pas censée savoir qu’il était là non ? Alors autant jouer le jeu jusqu’au bout. D’un geste sec elle tapa dessus une fois, puis deux, puis trois… jusqu’à ce que l’aubergiste ensommeillée n’apparaisse avec l’air franchement interloquée. La phobophobe ne lui laissa pas le temps de demander ce qu’elle lui voulait car aussitôt ses yeux eurent croisés ceux brumeux de la trentenaire qu’elle embraya aussitôt :

- Désolé de vous déranger à cette heure mais j’ai un mal de tête atroce. Vous n’auriez pas quelque chose ? N’importe quoi, de l’aspirine, du dafalgan, du nurofen, de l’…

Dak’ s’arrêtant net en se rendant compte qu’elle était bien lancée pour lister tous les antidouleurs dont sa pharmacie personnelle débordait comme une caverne d’Ali Baba.

- Bref. Je vous paierai, conclut-elle avait son éternel masque de sérieux.

L’aubergiste grommela des paroles inintelligibles avant de disparaitre une bonne minute avant de revenir avec un verre d’eau et un cachet effervescent qu’elle fit glisser vers la gamine avant de lui dire que c’était gratuit, mais seulement si son ami et elle voulait bien lui laisser finir sa nuit dans le calme. Dak’ acquiesça aussitôt, laissa tomber le médicament dans l’eau où il commença à se dissoudre dans un bruit pétillant et s’éloigna du comptoir pour aller prendre place à une table, sa trouvaille à la main.

Une fois assise elle contempla les bulles qui s’envolaient par millions dans leur prison de verre, leva les yeux et… tomba sur le pirate caché derrière des barreaux de chaise. Il avait eu l’air de trouver judicieux de ce construire une petite maison de bois à l’aide du mobilier à l’instar d’enfants en pleine séance de jeu. Elle secoua la tête de dépit pour lui faire comprendre qu’elle l’avait vu, avala sa médication d’un coup et se mit en tête d’engager la conversation.

- Sydney bon sang… qu’est-ce que tu fiches sous la table ? Si ton "tueur" arrive ici, ça ne servira qu’à lui faciliter la tâche crois-moi.

Les murs ne protégeaient jamais de rien. Ils ne l’avaient d’ailleurs pas protégé le moins du monde lors de la nuit sanglante où elle avait failli perdre la vie. Rien que d’y penser lui filait des sueurs froides. Elle avait passé des moments bien atroces à cette époque, au point de lui faire craindre une crise cardiaque malgré son jeune âge. Tout y était intense et effrayant, bien différent de l’angoisse lancinante qu’elle connaissait à l’heure actuelle.

- Quand le monstropoulpe avait tenté de me tuer ses tentacules avaient fusé à travers les fenêtres pour m’attraper les pieds. Au moins si j’avais été à l’extérieur je l’aurai vu arriver, commenta-t-elle pensivement, Mais dehors c’était aussi un sacré bordel… je regrette pas cette époque.


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Sydney Miles

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MessageSujet: Re: Pas l'ombre d'un doute   Mer 20 Juin - 20:55

La quiétude fut une nouvelle fois de courte durée pour Sydney. S’il avait envisagé de passer la nuit dans son abri improvisé, le tueur en avait décidé autrement. Une ombre passa dans le couloir et vint s’allonger sur le sol du rez-de-chaussée d’où le pirate observait sans bouger.
Le corsaire s’attendait à voir surgir d’une seconde à l’autre l’individu dont la voix restait ancrée dans son esprit sans qu’il sache pourquoi elle lui était étrangement familière. Un homme grand, baraqué, menaçant et armé…

Il se voyait déjà mettre les voiles ; pourquoi pas sortir malgré le froid et la neige. Oui, tout plaquer et partir d’ici à pied s’il le fallait.
Une silhouette se détacha finalement mais à la surprise du capitaine au bandana, son ‘tueur’ était bien plus malingre qu’il ne s’y était attendu. Beaucoup plus petit, aussi. Ah… Et un tueur avec des serpents à la place des cheveux, il n’en connaissait qu’un… Dakota !

Que venait-elle faire ici ? Vérifier que le boulot était bien fait ou le finir, dans le cas contraire ? Son apparition ne coïncidait que trop avec la manifestation du tueur ; c’en était louche. Un timing aussi remarquable ne pouvait qu’être suspect. Et puis le pouvoir ! Les écailles, ça ne trompait pas.
L’avait-elle remarqué ? Ou non ? Elle se dirigea dans un premier temps vers le comptoir dont elle fit sonner la clochette. Si l’aubergiste n’était pas apparu, le pirate aurait fini par croire que c’était un moyen de l’appeler lui, comme s’il était un laquais ; après tout, niveau mise en scène en vue de le ridiculiser, Dakota avait une imagination grandiose.

Elle demanda une simple aspirine ; moyen détourné pour faire comprendre au corsaire qu’il était lourd ? *Ouais, eh bien désolé, mais je préfère être lourd que réduit en esclavage ou en tas de chair !*
Ayant obtenu ce qu’elle désirait, elle alla s’installer à une table ; Sydney la suivit du regard comme une proie guetterait un éventuel prédateur, décidé à ne pas bouger. Si elle ne l’avait pas vu, ça n’était pas plus mal : ça lui éviterait de devoir s’expliquer pendant des heures.

Raté : la gamine le repéra en moins de temps qu’il n’en fallait pour dire ‘ouf’… Niveau discrétion, il faudrait retravailler.
Faciliter la tâche de ce cinglé ? Qu’est-ce que t’en sais ; t’as l’air bien informée, dis-moi… Et tais-toi, tu vas nous faire… Oh diantre, je suis déjà repéré…
Dépité et un peu frustré, le capitaine parano’ sortit de sa cachette tant bien que mal pour aller s’asseoir à la table de la phobophobe. Le fait que cette dernière soit désagréable ne l’enlevait pas de la liste des boucliers potentiels pour autant.

- Je sais pas ce que c’est que ton « monstropoulpe » et je m’en fiche un peu. De toute façon c’est assez clair comme ça. Mais si c’est pour me donner une leçon de survie, je peux me débrouiller seul, merci.
Un long silence gêné s’ensuivit, silence pendant lequel Sydney se persuada que si Dakota était encore ici, c’est qu’elle avait une raison valable de rester – et siroter de l’aspirine ne fait pas partie des raisons valables.
- Pourquoi tu me racontes ça ? Tu as quelque chose à me dire ? demanda-t-il finalement.

Il joignit les mains et observa un instant son interlocutrice. Aucune émotion, rien ne filtrait. C’était reparti pour une discussion joyeuse… hourra.
Prenant sur lui pour ne pas paraitre désagréable pour une fois, il espérait que la diplomatie donne d’avantage de résultats que les précédentes tentatives. Il n’avait aucune envie de se retrouver cerné par des serpents + un ninja fantôme + un contrat d’esclavagiste ! Ce combo lui serait fatal à coup sûr.

- Si c’est pour me faire avaler ton contrat une nouvelle fois, je te préviens, la réponse est non ! C’est pas en me menaçant que je vais vouloir t’aider d’avantage, et tu le sais, insista-t-il tout en croisant les bras. Le sujet de la discussion ne lui était pas inconnu, il savait que ‘ça’ allait revenir sur le tapis. Ce qu’il ne savait pas, par contre, c’était comment – par quel stratagème – la méduse allait-elle lui demander son aide à présent.

C’était une occasion en or qu’il lui proposait car il savait qu’elle avait besoin de lui tout comme il avait besoin d’elle. Mais plus le temps passait, plus le bilan de la blondinette s’alourdissait ; Sydney n’oubliait rien du mal qui avait été fait jusqu’à présent. Légitimement, il avait lui aussi le droit de ne pas accorder sa confiance facilement ! Tentative de meurtre, agression physique, menaces, enlèvements et meurtre commandité. De quoi faire un joli casier judiciaire.
Mais il fallait avouer qu’ils partageaient tout de même quelques idéaux comme la prudence et la sécurité… Une symbiose devait être possible, quelque part… Avec une probabilité infinitésimale..
Il ne demandait pas grand-chose ; un simple « s’il te plait » franc et sincère. Mais il ne voulait pas de ces « s’il te plait » administratifs où on n’attendait plus que sa signature pour clore le dossier.
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