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 Pour un nouveau départ

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Jade Martins

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Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mer 6 Juin - 20:25

Jade pleurait à chaude larmes comme si c’était elle qui avait été touchée par la balle. D’ailleurs en un sens c’était bien elle, mais la réalité devenait bien compliqué quand on avait pris l’habitude de flirter avec Dreamland. « Elle » était Elie et elle à la fois, alors si son double venait à mourir qu’adviendrait-il de sa propre vie ? Et si le pouvoir c’était elle et non l’autre moitié de sa personnalité ? L’adolescente avait toujours tenu comme acquis la réalité de son existence, mais maintenant qu’Elie était aux portes de la mort le doute s’instillait dans ses veines comme un poison. Elle se voyait déjà disparaitre en une poignée de seconde, nuage de poussière dispersé par le vent.

Cette vision fugace lui fit l’effet d’un coup de poignard. Il fallait qu’elle la sauve, il le fallait vraiment. Elle se concentra une nouvelle fois – la sixième… ou la septième ? Elle avait perdu le compte depuis longtemps- pour se dégonfler aussi sec quand ses muscles se déchirèrent brutalement. Son cri s’éleva dans l’air humide, bien vite étouffé par la main qu’elle plaqua sur sa bouche. Elle ne pouvait pas, c’était trop dur. La volonté nécessaire à cet acte courageux avait été donné totalement à la mauvaise jumelle sans aucune équité, la condamnant à échouer lamentablement à chaque fois devant son manque de détermination.

- Je suis désolée, j’y arrive pas… je suis vraiment, vraiment, vraiment, vraiment…

Ses sanglots couvrirent ses excuses sans fin alors qu’elle baissait les yeux vers le sol que la pluie commençait à détremper. Depuis combien de temps Ace était-il parti ? Très longtemps. Trop longtemps. La mauvaise jumelle perdait ses couleurs à une vitesse folle sous le regard effrayé de son alter ego désemparé. Tout ce sang, il y en avait tellement… il imprégnait sa robe d’été déjà raidie par la boue, poissait ses mains et ses jambes, semblait englober l’univers entier pour lui rappeler qu’il n’était autre que le sien.

- Ace va revenir, tu le connais ! Il te laissera pas tomber ! Il… il est allé chercher de quoi rendre utilisable les pouvoirs de Melena… *ne pas dire cadavre, ne pas dire cadavre, ne pas dire…* Tu verras, en moins de deux tu seras sur pieds ! On se cherchera un abri, on retournera à Dreamland pour régler tout ça et…

Mais elle ne l’entendait déjà plus. Les yeux emplis de larmes Jade crispa ses doigts sur le poignet blême d’Elie. Jamais elle ne lui avait paru si fragile, si exposée. C’était comme si on avait voulu retourner leur situation complexe sans lui donner les moyens de l’assumer. Aussi désemparée qu’une enfant elle ne pouvait que fixer avec affolement la poitrine de son double qui ne se soulevait que rarement maintenant, et sa peau qui commençait à bleuir.

C’était fini. Jamais Ace ne pourrait revenir à temps. S’était-elle déjà sentie aussi vide ? Même la mort d’Amber paraissait insignifiante face à ce qu’elle vivait en cet instant. Jay aurait voulu fuir une nouvelle fois en se brisant mais plus rien en elle n’avait la force d’affronter ce genre d’adversité. Ses doigts se crispèrent sur le sol mais ne firent que passer au travers, lui rappelant qu’elle était toujours inconsistante. Inutile et inconsistante, précisa son esprit auto-flagellateur.

Le pyromane choisit précisément ce moment pour revenir, et lorsqu’elle le fit s’approcher un cadavre décomposé de chat entre les mains son cœur bondit dans sa poitrine sous l’effet du soulagement et du dégoût mêlés. Quand l’irlandaise s’apprêta à s’en repaitre Jade baissa les yeux vers le sol de peur de vomir, ferma les yeux et attendit. Attendit longtemps, tellement longtemps qu’elle perdit tout espoir puis… la voix d’Elie –la sienne- lui fit ouvrir brutalement les yeux.

- Tu m’as fait flipper putain ! s’écria-t-elle tout en se remettant à pleurer, phénomène à peine visible sous l’orage qui battait son plein.

Elle était une fugitive pourchassée avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête mais elle se sentait plus heureuse qu’elle ne l’avait été depuis longtemps. Les tensions entre son double et elle avaient été comme balayées par le vent, ne restait plus que le profond amour qui la reliait à l’autre moitié d’elle-même. C’était affligeant de constater qu’il fallait manquer de peu de transformer le duo en singleton pour lui faire comprendre à quel point elle ne pouvait vivre sans Elie.

- Ne me refais plus jamais ça ou c’est moi qui te tue ! ajouta-t-elle ironiquement avant de se joindre à la mauvaise jumelle, entre rires et larmes.

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Melena Autumn

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Maladie mentale : Thanatophobie

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mer 6 Juin - 22:46

Ace était parti en trombe, sans lui laisser le temps de lui dire qu’elle allait l’accompagner. Son instinct de nécrophage, car il lui semblait bien que c’était de ça qu’il s’agissait, aurait pu l’aider à détecter plus vite de quoi faire. Impossible de rattraper le pyromane, à qui la mort proche de sa petite amie donnait des ailes. Par dépit, Melena huma l’air humide qui se gorgeait de pluie, mais ne capta rien qui lui permettrait d’être utile. Les tentatives vaines de la bonne jumelle, autant que la vision d’Elie couverte de sang et agitées de tremblements incontrôlés, étaient si insoutenables que l’irlandaise ferma ses yeux gris.

Elle ne se souvenait pas, malgré tout ce qu’elle avait vécu à Dreamland, avoir déjà vu succomber un allié – un(e) ami(e). La première épreuve de Freedoom était mise à part bien sûr, mais même là, Ace n’était pas encore un camarade et le contexte ne se prêtait pas à des adieux déchirants avec son ancienne rivale. Plus tôt, dans le crash de Blaine, elle n’avait pas vu les corps d’Alex et Lysander, elle pouvait toujours se protéger en espérant naïvement qu’ils aient été hospitalisés à temps.

Cette fois, c’était différent. Ça n’avait rien d’un jeu, ou d’un rêve, c’était effroyablement réel et ici, pas de rituel de réanimation en mode zombie, pas « d’après » pour récupérer la vie. Après le trépas, il y avait le néant, sombre cavité glaciale d’où on ne revenait pas, et qui était à l’origine de la peur viscérale de la nécrophobe. Dans l’ombre réconfortante que lui apportaient ses paupières, les images d’Elie blafarde et ensanglantée s’imposaient comme un fond d’écran, comme une cicatrice de sa culpabilité. Elle avait tué des tas de gens pourtant, brisé des dizaines de familles, causé une peine irréparable à des centaines de gens qui ne lui avaient rien fait… mais tout ça lui passait au dessus de la tête, parce que SON amie avait pris une balle dans le ventre, parce qu’elle était à son chevet en refusant de la regarder agoniser.

Comme une conclusion logique à une journée grise, mais aussi comme si le ciel commémorait déjà la fin d’une personne d’exception, la pluie se mit à tomber, messagère d’un orage dont les éclairs zébraient furieusement le ciel noir. Melena n’avait même pas la force de pleurer, ni de se focaliser sur sa propre blessure, dont la douleur brûlante s’était étendu dans toute son épaule gauche. Même sa migraine atroce était insignifiante, tout l’était désormais, tout.

Lorsqu’elle ouvrit ses yeux, Elie baignait dans une mare de boue et de sang, si blanche qu’elle paraissait grise ou bleue. Sa poitrine se soulevait trop peu souvent, et le pyromane ne revenait pas. Il ne revenait pas parce qu’il ne trouvait pas, parce qu’elle ne l’avait pas accompagné pour débusquer un cadavre. C’était de sa faute, encore, de sa faute sur toute la ligne. Que devait-elle dire pendant les derniers instants de celle qui avait été sa rivale, puis son amie, puis avait nié la connaitre ? Devait-elle s’excuser encore ? Dire un truc cool comme dans les films ? Faire une de ses promesses ridicule si courantes dans les scenarii du cinéma ? Ou bien…

Pas le temps de creuser plus, Ace revenait, et pas les mains vides. Il déposa sa carcasse féline devant la nécrophobe et bien évidemment, la première pensée réflexe de cette dernière fut « il est hors de question que je mange ce truc ». Du chat crevé à la sauce boue et pluie, de quoi lui donner envie de gerber, si seulement ses sensations acceptaient d’exister normalement. Elle aimait beaucoup les chats, surtout ce depuis ce Gribouille qui l’avait marqué dans son enfance. Se voir écarter les chairs putréfiées pour arracher une cote sur laquelle pullulaient viande morte et bestioles nécrophages la répugnait profondément. Son teint venait de perdre les très succincts couleurs qui le marquaient encore, mais elle n’avait plus le temps d’hésiter.

Dégageant autant d’insectes qu’elle le pouvait à coup de pichenettes horrifiées, Melena se mit à ronger les muscles à moitié décomposés, cruelle parodie d’un festin de cuisses de poulets. Elle ne savait même plus ce qui était le pire, entre la consistance étrange, l’odeur pourtant balayée par la pluie, les insectes qu’elle sentait craquer sous ses dents, ou le trauma psychologique que suscitait de pouvoir. Comme une hyène, ou n’importe qu’elle autre vulgaire charognard, elle se repaissait de carcasse abandonnée. Une vraie bête, un monstre.

Ses blessures se résorbaient bien sûr, à une vitesse hors du commun, et elle guida les effets curatifs pour qu’ils touchent également la mauvaise jumelle. Pour que les tissus de cette dernière se régénèrent complètement, poussant la balle vers la sortie à l’instar d’une bande de videurs gonflés à bloc, l’irlandaise dû avala une telle quantité du chat que malgré toute sa bonne volonté, elle crut qu’elle allait craquer et vomir tout le contenu de son estomac.

Elle comprit que ça suffisait lorsqu’Elie déclara que ça n’était pas passé loin. Là, alors que les deux copies conformes s’unissaient dans un concert de rires et de larmes, Melena se leva fébrilement et s’éloigna dans le terrain vague. Elle ne s’arrêta que lorsqu’elle se sentit suffisamment coupée du trio et dressa vers le ciel orageux son visage de craie dont les contours de la bouche étaient encore souillés de graisse et de parcelles de vieille chair. La pluie l’avait trempée, élargissant la tache de sang qui s’était étendu sur son tee-shirt, mais qu’importe. La nécrophobe ferma les paupières, ressentant alors chacune des grosses gouttes qui s’écrasaient contre ses traits tendus.

Maman, je suis folle désormais. Pardonne-moi, je sais que tu ne voudrais pas ça, je le sais. Si seulement je pouvais me réveiller de ce cauchemar et redevenir humaine.

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Ace Ridley

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Maladie mentale : Pyromane

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Ven 8 Juin - 16:14

Le pyromane se voyait déjà répondre par Melena que sa trouvaille ne serait pas suffisante, mais il était vraiment à bout de souffle. Dingue qu’il faille aller si loin pour trouver un truc crevé ! On était dans les bas quartiers, oui ou merde ?
Ça devait être suffisant parce qu’il ne se sentait pas la force de repartir à la chasse de sitôt.

A bien y réfléchir, c’était franchement salaud d’imposer ça à une nécrophobe, mais si elle était aussi désolée qu’elle le disait, elle pouvait bien faire ça, au moins : réparer ses conneries. Et puis elle et Elie étaient amies, non ? Malgré tous ces couacs, une amitié ne pouvait pas crever comme ça ! Avec du feu, Ace aurait peut-être pu cautériser la plaie… Enfin nan, ‘fallait enlever la balle d’abord, logiquement. Et puis ça laisse des traces, le feu. Il en avait fait l’expérience, sur lui pour commencer, puis sur bien d’autres choses. Un feu. Il lui fallait un feu. Pour déstresser, pour n’importe quoi, et cette pluie lui tapait sérieusement sur les nerfs !

C’était comme dans ces films où le héros meurt. Eh ben à chaque fois il y a cette foutue pluie. NON ! Elie ne mourrait pas et Ace était prêt à faire gober le cadavre à Melena s’il le fallait ! Par chance, il n’eut pas à arriver à de tels extrêmes : la nécrophobe le fit de son (plein..?) gré.
Il se releva à moitié, suivant en direct la guérison de la mauvaise jumelle. Si le fait de voire quelqu’un arracher les chairs putréfiées à un corps que la vie avait quitté depuis longtemps était rebutant, le pyromane ne détourna pas les yeux pour autant. Ce serait un peu le comble… Si pour lui c’était ignoble, qu’est-ce que ça pouvait être pour Mel ? Simple question de respect, il vomirait plus tard ; il n’avait pas franchement le temps, de toute façon.

Une fois la balle ressortie, la plaie se referma peu à peu. Pas besoin d’une guérison totale, mais tant que la balle était sortie, Elie était quasiment hors de danger. Et puis le Ken avait des bandages chez lui, au pire. Tout pour ne pas aller à l’hôpital ; ce lieu devait être étroitement surveillé, et personne n’entrerait sans dévoiler son identité… Ace se sentait vraiment comme un clochard, à cet instant : il ne pouvait aller nulle-part, ne pouvait rien faire, et les flics lui en voulaient directement. Putain de vie, ça !

Il n’était pas lui-même un enfant de chœur, mais ceux qui avaient abusé de leurs pouvoirs au point de foutre en rogne tout San Francisco faisaient chier, franchement ! Ils devaient être assez puissants, d’un autre côté. Alors pourquoi les poulets courraient après Jade, Elie et Melena plutôt que derrière leurs vraies cibles !? Un jour, peut-être que lui aussi serait très puissant. Et ce jour-là, ceux qui l’auront emmerdé le paieront cher ! En cendres, le commissariat ; calciné, l’appart’ du marabout ! Et hop, ça serait casé. Chier, il avait vraiment besoin de cramer quelque chose.

A mesure que l’élue de son cœur reprenait des couleurs, le désir de vengeance du pyromane s’atténuait pour enfin disparaitre lorsqu’Elie leur adressa la parole. Il ne fallait que ces quelques mots pour rassurer tout le groupe ; la bonne jumelle était aux côtés de la convalescente et Ace, sentit le poids qu’il avait sur le cœur s’envoler d’un seul coup, ne laissant plus aucune limite à sa joie… Ou presque.

Son regard se posa sur Melena, à qui ils devaient la survie d’Elie. Elle s’était mise à l’écart, peut-être pour ‘digérer’ ce qu’elle venait de faire. Mais qu’est-ce qu’elle venait de faire ? Pas seulement bouffer un chat crevé, non : elle avait sauvé quelqu’un ! Ace se souvenait des paroles de la mauvaise jumelle à ce propos : ça n’était pas une malédiction mais une bénédiction ! Mais elle le savait surement déjà, elle avait surement besoin d’être un peu seule.
S’approchant des deux jumelles, il se baissa et déposa un baiser sur les lèvres de la rescapée.
- On aurait jamais pu s’en sortir sans toi.. Alors on te d’vait au moins ça pour te r’mercier, ajouta-t-il en souriant.

Ils auraient tout le temps de discuter plus longtemps une fois en lieu sûr, mais pour le moment, mieux valait se remettre rapidement en route. Impossible d’aller récupérer la bagnole, vu où elle était. Il faudrait marcher..
Ace retira sa veste qu’il mit sur les épaules d’Elie. Ses habits avaient au moins l’avantage d’être taillés assez grand ; ça couvrait le principal et empêcherait que la mauvaise jumelle se chope la crève.

Il se leva et alla rejoindre la nécrophobe. Arrivé à côté d’elle, il chercha ses mots un instant ; les remerciements et excuses, ça lui arrachait un peu la gueule, mais il sentait que c’était nécessaire, au moins pour cette fois.
- Hey… Désolé d’t’avoir fait c’coup-là, mais… ‘Fin je sais qu’c’est pas facile pour toi et tout… Merci. Pour Elie, c’est sûr, mais vraiment, j’voulais qu’tu saches. On t’dois une fière chandelle, à toi aussi.
Bon… On f’rait mieux d’rentrer avant qu’ça dégénère dans l’quartier.


Sur ces mots, il posa une main amicale sur l’épaule de Melena et rejoignit les jumelles pour s’assurer qu’elles étaient en état de se remettre en marche. Et puis il pouvait toujours porter Elie, en cas de besoin.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Sam 9 Juin - 14:59

Toujours allongée dans la boue mêlée à son propre sang, Elie regardait le ciel pleurer en riant. La pluie nettoyait tout, à commencer par la piste qu’ils avaient laissé derrière eux et que les chiens pourraient difficilement suivre à présent, ainsi que la colère qu’elle éprouvait jusqu’à peu pour Melena. Elle ne pouvait pas se leurrer : si elle l’avait emporté sous son bras c’est que malgré sa trahison la nécrophobe comptait toujours pour elle, mais elle venait carrément de lui sauver la vie en oubliant sa phobie l’espace de quelques instants. Combien de personnes auraient pu manger un cadavre putréfié pour elle ? Il n’y avait pas foule au portillon, c’était le moins qu’on puisse dire.

Dans ces conditions continuer à lui en vouloir et à l’ignorer semblait ridicule, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de ressentir cette boule au ventre à chaque fois qu’elle tournait les yeux vers elle. Ça passerait peut-être avec le temps et en attendant… elle prendrait sur elle. C’était le moins qu’elle puisse faire après ça et elle n’avait pas la force de trouver une meilleure solution.

C’est avec le sourire qu’Elie accueillit le baiser du pyromane, oubliant l’espace de quelques instants qu’elle était nue, trempée, anémiée et une foule d’autres qualificatifs tout aussi peu engageants. Le « merci » prononcé était accessoire, le voir vivant était tout ce qu’il lui fallait pour la rendre heureuse. Sortir de cette affaire sans un mort sur les bras était la plus belle récompense qu’elle aurait pu espérer.

- C’est bon, je m’en serais voulu à mort si je l’avais pas fait, répondit-elle simplement alors qu’il s’éloignait vers Melena après lui avoir abandonné sa veste.

Serrant le tissu contre sa peau gelée, la mauvaise jumelle chercha à se mettre en position assise, ne réussissant qu’à gagner le tournis et un mal de crâne carabiné. Dès qu’elle cherchait à faire le moindre geste un peu osé le monde se mettait à tourner jusqu’à lui soulever le cœur. Pas étonnant quand on voyait la quantité de sang phénoménale qu’elle avait perdu. Mais au moins grâce au pouvoir de régénération de la nécrophobe l’hémorragie s’était bel et bien arrêtée.

Pendant qu’elle cherchait à stabiliser sa vision qui s’obstinait à jouer les derviches tourneurs Jade se penchait sur elle, visiblement frustrée de ne rien pouvoir toucher. Comme d’habitude son double n’avait servi à rien, elle n’avait même pas réussi à surmonter la douleur pour l’aider mais… oh et puis merde. Quand on venait de frôler la mort tout ça avait-il réellement de l’importance ?

- Ça va Jade, arrête de t’inquiéter. Tout va bien, je te jure. J’ai juste à me lever et… hmm… donne-moi cinq minutes pour ça par contre.

Tout en parlant, la blonde peroxydée avait tenté de se mettre debout mais n’avait réussi qu’à retomber sur les fesses. Ses jambes refusaient de la porter mais elle comptait bien ne pas planter sa tente dans ce terrain vague. Malgré l’action de la pluie il lui semblait que les sirènes de police se rapprochaient et il aurait été dommage qu’ils aient tous fournis autant d’effort pour peau de balle.

Il fallait mettre les voiles, se tirer d’ici pour un coin tranquille ou personne ne viendrait les chercher mais la question du « où » se posait désormais. Les lieux de résidence de Melena et elle étaient des no man’s land tant qu’elles seraient recherchées et tant qu’ils n’auraient pas confirmation sur un point qui turlupinait la psychotique, retourner chez Ace était hors de question. Il y avait peu de chances que la flicaille ait eu le temps de bien voir son visage et rien ne semblait le lier de près ou de loin aux fugitives, mais Elie ne se sentirait soulagée qu’après avoir vu aux informations que l’identité de son homme n’était pas connue des services de police.

Alors où aller ? Se rendre chez ses camarades de classe ou amis était juste délirant, mais il devait bien y avoir un entrepôt désaffecté ou se poser quelque part… ils pullulaient dans le coin et aucune autre idée plus brillante ne lui venait à l’esprit. La réflexion n’avait jamais été son fort de toute manière.

Alors qu’Ace revenait vers elle, Elie lui tendit la main pour qu’il l’aide à se relever, le monde tournant alors si vite qu’elle s’accrocha de toutes ses forces à la chemise du jeune homme. Non vraiment, ça n’allait pas le faire. A ce rythme il leur faudrait une heure rien que pour quitter le terrain vague. L’adolescente leva son visage affreusement pâle vers celui du Ken, son maquillage qui avait plus que largement dégouliné lui donnant un air presque comique.

- Euh… j’aime pas demander ça, mais je crois que je vais avoir besoin de toi sur ce coup. Tu pourrais me porter ? J’ai déjà du mal à tenir debout toute seule alors marcher… c’est même pas la peine.

L’idée de dépendre de quelqu’un la travaillait sérieusement, et elle n’aimait pas ça. Pas ça du tout même. Pour chasser ces pensées d’orgueil bafoué, elle chercha du regard Melena qui avait encore au coin des lèvres une substance répugnante et visqueuse que la mauvaise jumelle n’eut pas de mal à identifier. Elle pinça les lèvres, ses doigts se crispant un peu plus sur le torse du pyromane.

- Merci, finit-elle par articuler l’air sombre, Je t’en aurais pas voulu tu sais. De ne pas l'avoir fait. Mais merci.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Sam 9 Juin - 18:11

Lorsque sa crise de rire/larmes (rayez les mentions inutiles) eut cessé, Jade essuya ses yeux avec précaution pour éviter de se retrouver transformé en panda à l’instar de son double. Elie lui disait de ne pas s’en faire, mais malgré ces paroles rassurantes il lui était impossible de recouvrir complètement son calme. La mauvaise jumelle avait beau dire… elle était horriblement blême et la voir s’y reprendre à deux fois pour s’asseoir n’était pas pour tranquilliser l’angoisse qui tenaillait le cœur de la bonne. La seule chose qui lui permettait de sourire et de passer outre était de réaliser que l’autre « elle » avait arrêté de la regarder comme une ennemie. Enfin.

- Tout ce que tu veux, une heure même s’il le faut ! répliqua aussitôt Jay avec une prévenance exagérée.

Malgré ses belles paroles leur groupe n’avait pas une heure devant lui, même pas 10 minutes à vrai dire. C’était la deuxième voiture de police à passer en trombe devant la palissade qui délimitait leur refuge et ils finiraient par le trouver sous peu. Il fallait dire qu’Elie avait laissé une belle piste sanglante derrière elle que la pluie ne pourrait complètement effacer.

Pendant qu’Ace aidait sa copie conforme à se mettre debout, Jade reprenait peu à peu de la consistance. C’était à la fois un soulagement, mais aussi une profonde source d’inquiétude. Impossible d’éviter les balles à présent, et si les flics avaient le malheur de leur tomber dessus à cet instant elle ne donnait pas cher de sa peau. Le souvenir de la balle traversant sa tête, puis une autre son corps lui revint en mémoire et elle frissonna violemment. Aussi à cause de la pluie glacée qui commençait à imprégner sa robe maintenant qu’elle ne la traversait plus comme par magie.

- Je crois qu’on devrait filer rapidement en fait, couina Jade alors qu’un véhicule équipé d’un gyrophare avait eu la mauvaise idée de s’arrêter de l’autre côté de la palissade à une vingtaine de mètres de là.

Ni une ni deux, elle attrapa le poignet de Melena qui semblait profondément traumatisée par le sacrifice pourtant admirable qu’elle venait de faire et ouvrit la marche, direction « n’importe où sauf ici ». En une minute à peine elle émergeait du terrain vague qui donnait du côté est sur une ruelle déserte. La bonne jumelle la traversa après avoir regardé au moins 3 fois de chaque côté pour être sure que personne ne leur tomberait sur le râble et s’engouffra ensuite dans une autre qui menait à une série d’entrepôts. La plupart étaient utilisé mais aucun ouvrier à l’horizon, l’heure tardive aidant. Il lui fallut 10 bonnes minutes de marche excessivement prudente avant qu’elle ne s’arrête devant une paroi de tôle rouillée.

L’endroit était désert et une pancarte « à louer » qui ne datait pas d’hier pendouillait à droite de l’entrée au bout d’une chaine rongée par la rouille. Aucun cadenas pour verrouiller l’entrepôt, il n’y avait rien à y voler de toute façon, Jay n’eut donc qu’à pousser la porte pour entrer. L’intérieur sentait la poussière, l’humidité et le poisson. Quelques caisses étaient empilées dans un coin mais mis à part ça l’endroit était désert, constatation qui soulagea grandement la bonne jumelle. Personne ne viendrait les chercher ici, du moins elle l’espérait.

Tout en s’ébrouant pour débarrasser sa chevelure blonde de l’eau qui l’imprégnait, Jay marcha jusqu’à l’abri qu’offrait les caisses et s’assit derrière, rapidement suivie par l’irlandaise dont elle tenait toujours la main et Ace qui portait Elie dans ses bras comme une princesse de contes de fée. Une pointe de jalousie piqua l’adolescente qui détourna timidement les yeux. Elle aussi aurait voulu pouvoir chercher du réconfort dans les bras de quelqu’un, mais cela ne lui était pas permis.

- On… on n’a plus qu’à attendre ici que les choses se tassent.

Ça paraissait ridicule même à ses propres yeux. Ils venaient d’être responsable de la mort d’une dizaine de flics voir plus, comme s’ils allaient passer l’éponge en quelques heures juste parce qu’ils avaient disparus dans la nature… Jade soupira, ses yeux s’égarant de nouveau vers le couple formé par Ace et Elie. Jusqu’alors elle n’y avait pas vraiment fait intention mais maintenant qu’ils étaient au calme elle réalisait que tout le monde était indemne sauf le pyromane. Elle avait échappé aux blessures, celles de Melena et Elie s’étaient résorber mais le Ken, lui, les exhibait toujours. Oh, pas grand-chose bien sûr, quelques coupures et écorchures mais juste assez pour que Jade culpabilise.

- Merde, t’es blessé… faudrait pas que ça s’infecte, murmura-t-elle, le front barré d’un pli soucieux.

L’adolescente lâcha avec douceur le poignet de l’irlandaise pour s’approcher et examiner ça de plus près. Son premier coup d’œil lui confirma que c’était bénin mais le voir ainsi la mettait mal à l’aise. Par un instinct dicté par son dernier pouvoir, la bonne jumelle attrapa la main de la mauvaise pour la serrer dans la sienne et posa l’autre sur l’avant-bras écorché du pyromane alors que son double faisait de même. Elle aurait vraiment voulu faire quelque chose, n’importe quoi pour se rendre utile et que tout le monde aille bien…

Et Dieu sembla entendre sa prière. Les mains des deux jumelles se mirent à irradier d’une lumière éclatante devant laquelle les maux reculaient comme des vampires aveuglés par le soleil. Les plaies se refermaient et la douleur s’envola comme soufflé par le vent sous les yeux écarquillés de Jade. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois comme un poisson hors de l’eau avant de balbutier, profondément surprise :

- Je… hey… qu’est-ce qui vient de se passer au juste ?!

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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Sam 9 Juin - 19:22

Le visage tourné vers le ciel orageux, Melena accueillait la trombe d’eau qui plaquait ses cheveux peroxydés et ses vêtements contre sa peau. C’était difficile d’admettre que sa vie venait de basculer radicalement, inévitablement. Combien de fois avait-elle entendu parler de criminels en tout genre à la télé, tout en se sentant coupée de la réalité du danger ; dans le camp des personnes standards pour lesquelles les démêlés judiciaires ne seraient jamais que des mythes de série télé. Désormais pourtant, elle était une meurtrière, une voleuse, et refusait d’obtempérer avec les autorités. Trois critères d’accusation qui la condamnaient à coup sûr, d’une façon ou d’une autre, pour le restant de sa vie.

Elle n’entrevoyait désormais plus aucune solution, plus aucune issue, à part celle de fuir là où la juridiction et l’aura des Etats-Unis n’existait plus. Le Mexique ? La Colombie ? Le Brésil ? Tout cela ressemblait beaucoup trop à un scenario de téléfilm et pourtant… espérer continuer à exister dans San Francisco après ce qu’ils venaient de faire était une utopie. Décimer des rangs de policiers, c’était le pire des crimes qu’ils pouvaient commettre. La Californie toute entière serait sur leur dos maintenant, si ce n’était pas l’état fédéral en lui-même ; et avec l’autorisation de les tuer en prime.

Ace l’interrompit dans son voyage de pensées sinistres. Ce n’était pas tant les remerciements qui la touchèrent, mais la main amicale sur son épaule qui lui donna soudainement envie de fondre en larme pour se jeter dans les bras du pyromane. Comment, après ce qu’elle avait fait – après ce qu’elle était – pouvait-elle toujours avoir des amis qui la soutenaient ? Ne comprenaient-ils pas qu’elle était une criminelle ? Que ses pouvoirs la dotaient d’une aura morbide, la deshumanisant chaque fois un peu plus ? Comment faisaient-ils pour passer outre le sang sur ses mains, outre le fait qu’elle était vouée à perdre la raison.

La pluie battante avait au moins lavé son visage, mais il lui restait cet arrière goût écœurant. Étouffant un soupir, Melena fit volte face et rejoignit ses camarades, qui n’attendaient plus qu’elle pour repartir. Elle reçut les remerciements d’Elie cette fois, pensant qu’ils viendraient avant une salve de paroles bien senties concernant sa culpabilité, mais il n’en était rien. Ses yeux gris fixaient son amie au teint cadavérique et pourtant, aucune réponse ne lui vint, rien ; malgré la pluie qui la trempait de la tête au bien, sa gorge restait sèche.

Jade attrapa son poignet et l’irlandaise se laissa entrainer. Celle-ci avait l’impression d’avoir perdu la connexion avec le monde réel et peinait à la retrouver. Elle ne savait plus si elle avait froid ou si elle ne ressentait rien, si elle avait peur ou si elle voulait juste échapper aux flics, si elle existait ou si « Melena Autumn » était déjà morte.

Une fois dans l’entrepôt, la nécrophobe s’assit et attrapa ses jambes d’un bras, calant son menton entre ses genoux, alors que sa meilleure amie la tenait toujours. Attendre ici que ça se tasse ? Alors qu’ils étaient trempés, qu’ils n’avaient rien à manger et aucun contact avec l’extérieur ? Il ne fallait pas se leurrer, le lendemain les attendait avec une bonne crève, la dalle, et la peur au ventre de voir débarquer brusquement une escouade d’hommes surentrainés. D’ailleurs, s’il y avait une sensation qu’elle n’avait pas perdu, c’était la migraine qui lui écrasait le cerveau pour lui rappeler qu’elle avait utilisé son pouvoir de manipulation.

Quand Jade l’avait lâchée, Melena eut l’impression d’être larguée seule dans un océan sans fond, mais elle s’accrocha de toutes ses forces à ses amis de ses yeux gris, afin de ne pas couler. Miraculeusement, les jumelles réussirent à résorber les blessures d’Ace. Vraiment, et sans manger de cadavre ; elles avaient de la chance.

- Vous l’avez soigné, dit-elle enfin d’une voix dont elle n’arrivait pas à fixer les intonations, c’est cool.

Le sourire encourageant qu’elle voulut offrir se transforma malheureusement en rictus étrange sur son visage au teint maladif, trahissant clairement qu’elle pensait quelque chose comme « vous au moins, vous n’avez pas besoin de bouffer du chat crevé ». Elle se détourna, appuyant sa tête contre le mur derrière elle. Ses cheveux décolorés gouttaient sur le sol, sans qu’elle ne se soucis de les essorer. Sans aucun signe avant coureur, elle lâcha de but en blanc :

- Je suis folle, hein ?!

Il fallait que ça sorte ; elle avait envie de parler, de lâcher ce qu’elle avait sur le cœur, et ils étaient ses amis, non ? Ses seuls amis, et les seuls soutiens qui lui restaient.

- Je sais que tu m’avais dit c’était une bénédiction Elie mais… je dois manger des morts ! Je les MANGE putain ! Et je manipule les cadavres, et je leur vole leurs facultés en les touchant ! Et… et… et j’ai tué tellement de gens maintenant, tellement… et ça ne me fait plus rien.

Des tremblements venaient agités son corps frêle et elle se crispait pour essayer de les réprimer. Sa tête lui donnait l’impression d’être sur le point d’exploser, son estomac de vouloir renvoyer tout ce qu’il avait avalé, mais le flot de paroles ne tarissait plus :

- Vous savez pas ce que c’est de sentir qu’on ingurgite un organisme décomposé ?! De sentir la substance pourrie, les insectes qui croquent, l’odeur, et le goût, d’avoir une peur incroyable… mais de le faire quand même, parce que c’est le seul moyen de rester en vie, ou d’aider ceux qui comptent. Alors je suis quoi maintenant ?! Mes pouvoirs deviennent de plus en plus forts, toujours… et je ne veux pas devenir un monstre.

Sur ces dernières paroles, les digues de la résistance craquèrent. Melena fondit en larme, recroquevillée sur elle-même. Elle avait peur que la mauvaise jumelle le prenne mal en pensant qu’elle lui reprochait de lui avoir fait avaler une charogne ; ce n’était pas du tout ça. Elle avait juste besoin que ce ressenti sorte, qu’il soit entendu, même si rien ne saurait vraiment la consoler. Peut-être avait-elle besoin d’être certaine que ses amis l’acceptaient comme elle était, et pas en la prenant pour ce qu’elle n’était plus ; de savoir qu’elle ne croiserait jamais dans leurs yeux le dégout de se trouver face à une créature qui n’avait plus rien d’humain.

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Ace Ridley

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mer 20 Juin - 22:47

Il se sentait un peu stupide, mais en cet instant précis, il avait l’impression d’aimer de moins détester tout le monde, comme si plus aucun problème n’avait de réelle importance. Et pourtant il savait que le danger restait bien réel, que ça soit la police ou le mal qui rongeait ses amies, mais il ne voulait pas y penser. Il souhaitait juste profiter de sa joie de savoir Elie en vie.

Enfin en vie… Moins amochée, disons, même si elle ne semblait pas pour autant en état de marcher. Mais pourtant, il fallait bouger de ce terrain vague comme le proposait si justement Jade.
L’aidant d’abord à se redresser, Ace porta donc Elie jusqu’à ce que le groupe soit assez loin pour ne plus entendre les sirènes des voitures de police qu’en bruit de fond. La pluie ne rendait pas la progression facile, mais au moins elle brouillerait les pistes. Il n’avait répondu à sa belle que par un sourire, ne sachant pas vraiment quoi dire, en fait.

Cela ne l’avait pas choqué au premier abord, mais il comprenait que l’orgueil de la mauvaise jumelle en prenne un coup, aussi ne rien dire semblait une réponse assez judicieuse, en fait. De toute façon, pourquoi aurait-il refusé ? Il l’aurait laissé là, à pourrir par terre ? Hors de question.

A une bonne dizaine de minute de leur lieu de naufrage, le quatuor trouva un hangar à priori désaffecté ; ça pourrait faire une bonne planque en attendant de trouver un plan B. A l’intérieur, rien d’exceptionnel. Ça puait, c’était moche… mais au moins, la bonne jumelle avait vu juste : c’était désert.
- Bon ben c’est salement dégueulasse, mais ça d’vrait faire l’affaire… On s’pose ?

La proposition sembla acceptée d’office. Et quoi, ensuite ? Attendre que la pluie se calme ou aller récupérer la bagnole au plus tôt ? Avec la plaque, les poulets pouvaient remonter jusqu’à chez lui et même s’il parvenait à cacher Jade, Elie et Mel, son père lui arracherait la tête pour avoir osé prendre une de ses foutues caisses.
En même temps, s’il avait suffi de payer pour avoir le permis, il l’aurait eu depuis des années, voire même à la naissance. Mais non, il fallait aussi « savoir conduire »… Savoir conduire, savoir conduire… putain mais il savait conduire, merde ! D’ailleurs si on demandait aux filles, elles avaient surement vu que sa conduite était parfaite, nan ?

Revenant de son escapade mentale, le pyromane s’installa dans un coin, gardant Elie dans ses bras. Non seulement ça lui permettait de passer un peu de temps avec elle, mais en plus ça faisait office d’excuse : « je prends soin d’elle » ! Excellent !
Il n’en fallait pas plus au pyromane, pour le moment. Enfin si.. On pouvait toujours avoir ‘plus’ ou ‘mieux’… mais c’était façon de parler !

La bulle qu’Ace avait formé autour de lui et Elie ne fut brisée que par la prise de conscience qu’effectivement : il était blessé. D’où il tenait ça, déjà ? Aucune idée, totalement oublié. Le pire, avec ce genre de connerie, c’est que ça fait pas mal tant qu’on sait pas qu’on l’a. Mais là, c’était foutu, alors forcément, ça piquait.
- Ah ouais… boh, c’rien, ‘pas en crever… Le Ken ne se rendit compte qu’après coup que les jeux de mots avec « crever », ben ça l’faisait pas des masses, à fortiori quand sa petite amie avait failli y passer.

Il ne comprenait pas franchement pourquoi ça préoccupait autant la bonne jumelle… Peut-être qu’elle était encore sous le coup de la blessure d’Elie. Un traumatisme ou un truc du genre. Mais franchement, pour si peu…
Enfin.. Il se laissa ausculter sans trop rien dire, même lorsque Jade se mit en tête de prendre la main d’Elie pour on ne sait trop quoi.

Sauf que ce ‘on ne sait trop quoi’ déclencha un pouvoir que ni lui, ni les filles ne semblaient connaitre. Il sentait ses écorchures se refermer, la douleur disparaitre en dessous des mains des jumelles… Une sensation étrange mais assez agréable.
- Dingue ! Et euh… vous croyez que ça marche aussi pour les brûlures..? Juste pour savoir… Evidemment, il pensait à Feufolé. Quelle bonne marrade ça serait de pouvoir allumer des giga incendies un peu partout et se soigner juste après ! Rien que de l’imaginer, c’était déjà le paradis.

Sans crier gare, Melena assassina la bonne ambiance avec sa question. Folle.. comment ça, folle..? Dit comme ça, Ace avait l’impression d’assister à une de ces réunions d’alcoolo anonymes : « bonjour, je m’appelle Melena et je suis folle ». Elle attendait quoi ? des applaudissements ?
Hm… Probablement pas. Mais du réconfort, oui. Avoir bouffé le chat mort avait dû la travailler largement plus que ce qu’il avait cru… En même temps, il comprenait un peu : lui non plus, déjà à la base, il n’aurait pas voulu manger ça…

Au diable le tact, de toute façon ça ne servait qu’à tourner autour du pot sans rien dire. Le Ken se lança :
- Ouais, nan, t’as raison : j’ai aucune idée de c’que ça fait. C’que j’l’ai jamais fait, tout simplement. Aussi parc’que c’est pas tout l’monde qu’a la force de le faire !
J’me doute que c’est pas facile, mais bordel, t’es pas un monstre ! Moi aussi, j’ai buté des types, aujourd’hui mais merde, t’aurais préféré crever à leur place ? T’as pas l’droit d’penser ça.


Il fit une pause, reprenant un peu de contenance. Son but n’était pas de faire chialer la nécrophobe, juste de lui faire comprendre que ça avait aussi de bons côtés, aussi paradoxal que ça puisse paraitre.
- Ecoutes, t’as fait c’qu’y fallait. J’trouve rien d’autre à te dire… Moi, c’que t’as fait, j’en aurais été incapable. Pas parc’qu’y faut être timbré, mais parc’qu’y faut avoir les couilles de l’faire.
Demande à Jade ou Elie ; pour moi en tout cas t’es pas un monstre. T’es mon amie.


Ace confia Elie aux soins de Jade alors qu’il se levait et se dirigeait vers la porte du hangar. Avec le peu de tact dont il faisait preuve, il ne réussirait pas à calmer les choses, alors autant se rendre utile ailleurs. La seule chose dont avait besoin Melena, c’était du temps pour penser. Du temps au calme, sinon c’était sûr qu’elle allait devenir dingue.

Sur le pas de la porte, il se retourna et lança aux filles :
- Restez ici, j’vais chercher la bagnole ; j’me ramène dès que j’peux.
… Eh, Mel ? Si t’étais vraiment un « monstre », tu crois que j’prendrais la peine de m’bouger l’fion pour toi ? Réfléchis là-d’ssus. A toute !

Et sans rien ajouter d’autre qu’un clin d’oeil, il partit sous la pluie battante, direction : le parc. Il prit soin tout de même de faire un léger détour pour ne pas se retrouver nez à nez avec les flics. Il avait dit qu’il reviendrait, alors s’il revenait pas, ça allait un peu foutre la merde.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 21 Juin - 14:54

Le fait de s’être transformée en lampe halogène aux propriétés curatives laissait Elie à moitié surprise, à moitié sceptique. C’était assez kitch quand même, cette histoire de se tenir par la main pour effacer les maux. A croire que le destin s’était mis en tête de lui prouver par A+B que si son double et elle se serraient les coudes elles seraient plus fortes, moins faibles, avec bonus de force et de charisme de 300% et une réduc’ sur les croissants entre 9h et 10h du mat’. Une façon de leur donner envie de fusionner comme des BN estropiés ? Peut-être, mais pas sûr du tout que ça marche.

La mauvaise jumelle laissa donc à la bonne tout le loisir de l’émerveillement béat, se contentant pour sa part d’un simple haussement d’épaules. Le jeu de mot involontaire du pyromane lui avait tiré un léger sourire qui disparut lorsqu’il posa une question loin d’être anodine. Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle le laisserait se mutiler encore et encore juste parce que potentiellement elles pouvaient le soigner ?

- J’en sais rien, et à vrai dire je veux pas le savoir. On a déjà bien assez souvent de blessures pour que tu t’amuses à te brûler tout seul, chou’.

Elle tempera sa réponse sèche d’un baiser volé, profitant de la chaleur des bras qui l’enserraient. L’endroit était miteux, ils étaient dans une merde noire mais elle se sentait bien. Enfin ça avait été le cas jusqu’à ce que Melena recommence avec ses cas de conscience. Elie laissa échapper un grognement contrarié en levant les yeux au ciel alors qu’Ace essayait de rassurer l’irlandaise. Combien de fois allaient-ils devoir avoir ce genre de discussions ? Son opinion avait été clairement exprimée la dernière fois et l’idée d’avoir à se répéter encore et encore jusqu’à la fin de ses jours comme une petite vieille radodante lui tapait d’avance sur le système. Une chance que son homme soit plus aimable qu’elle ne l’aurait été.

Mais toutes les bonnes choses avaient une fin hélas, et le Ken la délaissait déjà pour partir à la recherche de son bolide. Le cœur d’Elie bondit dans sa poitrine à cette annonce et elle voulut se lever pour le suivre et l’empêcher de se jeter directement dans la gueule du loup mais son corps refusa d’obéir. Sa tête lui tourna à peine eut-elle tenté de se mettre debout, forçant l’adolescente à se rasseoir avec une contrariété flagrante.

- Bordel Ace ! ‘Fais pas de conneries ok ?! balança-t-elle par-dessus son épaule alors que le jeune homme disparaissait dans la nuit noire avant de refermer la porte du hangar derrière lui.

La psychotique ébouriffa sa chevelure peroxydée mon évacuer sa frustration croissante et lorsqu’elle leva enfin les yeux du sol crasseux ce fut pour les poser sur Melena. Melena… Elle lui en voulait toujours bien sûr. Si les soins lui avaient offert la possibilité de se voir adresser la parole les embrassades étaient toujours bien loin de l’esprit de l’adolescente. Surtout qu’il lui semblait avoir entendu sous forme bestiale que les flics étaient venus pour elle. Elle les avait attiré jusqu’à eux, hors sans ça pas de blessures, et pas de mort imminente. Pas besoin d’être redevable non plus. Elle s’en tirait plutôt bien en réalité, même si la reconnaissance d’Elie pouvait paraître aux yeux de certains bien trop maigre.

**C’qu’ils n’ont pas toutes les cartes en mains, c’tout.**

Le regard gris de la nécrophobe lui envoyait une prière silencieuse de réconfort avec laquelle El’ manqua de s’étouffer. Qu’est-ce qu’elle attendait d’elle au juste ? Qu’elle répète la même chose ? Qu’elle lui fasse un câlin ? Misère…

- Bien sûr que tu es folle. On l’est tous, et c’est pas une raison de pleurer sur ton sort.

Oui bon, un peu trop sec peut-être, mais l’adolescente n’était pas du genre à s’encombrer avec des notions de tact et d’amabilité. Elle laissait ça à Jade, et avec plaisir.

- Je t’ai déjà dit ce que j’en pensais et j’ai pas changé d’avis. Et puis franchement… un monstre ? Tu me dis ça à moi ? El’ éclata d’un rire qui résonna dans l’immense espace vide, Tu parles à la fille qui se change en loup-garou. Si y’a un monstre ici, c’est moi. Même pas besoin de costume pour Halloween, la grande classe !

Ça ne lui posait d’ailleurs aucun problème. Leurs opinions, les gens pouvaient se les foutre là où le soleil ne brillait jamais. Ce n’était pas comme s’ils avaient demandé à avoir ces pouvoirs, ils leur étaient tombés simplement tombés sur la gueule et ils avaient dû faire avec. C’était comme juger quelqu’un parce qu’il avait le malheur d’être blond ou brun, petit ou grand, gros ou maigre. On ne peut rien contre notre nature.

La psychotique resserra la veste d’Ace contre son corps nu après un violent frisson qui l’ébranla toute entière. Elle se sentait claquée et ses cheveux humides qui dégoulinaient dans son dos comme une fontaine n’était pas pour améliorer son confort. La pneumonie guettait, mais elle l’enverrait se faire foutre elle aussi. Il y avait des jours où il ne valait mieux pas la faire chier.

- Je l’aurais bouffé si j’avais dû, ton cadavre de chat. Et Ace avait pas tort… c’est une histoire de couille, pas de monstruosité. Alors fais moi le plaisir de retrouver ces burnes et d'arrêter de chialer. 'Tain...

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Lun 25 Juin - 21:26

Soigner… elle pouvait soigner. Apporter la vie, résorber les maux et ce sans avoir recours à une technique aussi atroce que celle de Mel’ un peu plus tôt. Les yeux de Jade ne pouvaient se détacher de ses mains qui pourtant ne brillaient plus. La réponse de l’irlandaise résonnait dans son crâne comme une volée de cloches, emplissant ses oreilles jusqu’à ce qu’il n’existe plus pour l’adolescente que ces mots. Elle entrevoyait désormais toutes les possibilités que lui offrait ce don. Fini les trainées de morts dans leur sillage, les amis tombés au combat, les blessures atroces, le désespoir et la peur. C’était peut-être encore faible mais on lui donnait la possibilité dans un futur plus ou moins proche de soigner ceux qui lui étaient chers. De ne plus perdre personne… d’être utile tout simplement. Jay en aurait presque pleuré.

Elle était tellement déconnectée de la réalité qu’elle mit quelques secondes à comprendre ce que Melena avait dit. Folle ? Un monstre ? Elle aimait vraiment son amie mais les mots lui manquaient pour la rassurer comme il se devait. Si Ace et Elie semblaient parfaitement accepter l’horreur d’avoir à dévorer le cadavre d’un animal, Jade avait encore du mal à accepter ça comme quelque chose de naturel. Rien que d’y repenser l’envie de rendre son déjeuner pointait son nez, fourbe et fulgurante.

Dévorer des chairs putréfiées rongées par les vers, c’était difficilement qualifiable de « bénédiction » comme Elie avait pu le dire, le « courageux » d’Ace demeurant beaucoup plus acceptable. Mais malgré tout, Jade n’arrivait pas à s’ôter l’adjectif « répugnant » du crâne. Ce qu’elle avait vu cette nuit était bien différent des minuscules bout de cadavre encore frais qu’elle avait déjà vu ingurgité par sa camarade. C’était une immonde carcasse putride qu’on avait rongé devant ses yeux. Dire que c’était normal dans ces conditions ? Elle en était parfaitement incapable.

Pendant qu’elle tergiversait sous son crâne, le pyromane s’était éclipsé et Elie avait pris le relai avec une rudesse et un manque de tact qu’on lui reconnaissait bien. La bonne jumelle grimaça en l’entendant rabrouer Melena. Même si le fond était plutôt gentil, c’était dit d’une telle manière qu’on ne pouvait presque que le prendre mal. A croire qu’elle le faisait exprès…

- C’est bon Elie, c’est normal qu’elle soit éprouvée par ce qui vient de se passer, tenta Jade, le regard fuyant.

Impossible d’ajouter autre chose, de tempérer, de se montrer compréhensive. A vrai dire ce n’était pas l’envie qui manquait mais l’adolescente craignait que son dégoût ne transparaisse dans son expression. Par un plissement de nez, une moue étrange ou l’incapacité à regarder la nécrophobe dans les yeux. Pourtant… c’est ce qu’on attendait d’une amie non ? Epauler. Soutenir. Rassurer. Mais devait-on le faire quitte à mentir ? Jade était bien incapable de répondre à cette question. Jamais un cas de figure aussi extrême ne s’était présenté à elle jusqu’alors –et tant mieux selon l’avis de la concernée.

Après une profonde inspiration elle plaqua ses mains sur le sol glacé pour s’empêcher de les triturer nerveusement et se força à lever les yeux vers ceux gris et torturés de Melena. Elle était douée pour mentir après tout, peu importait que ce soit un proche plutôt qu’un inconnu. Un exercice de théâtre comme un autre où elle devrait se montrer particulièrement convaincante. C’était dans ses cordes, si tant est qu’elle s’applique un peu. A défaut de le penser, elle pourrait au moins dire que tout ça n’était rien.

- Ne te torture pas l’esprit comme ça, tu n’as rien fait qui mérite d’être blâmé. Sans toi la moitié de moi-même serait morte… c’est plutôt positif non ? Qu’est-ce qui est le plus important : sauver une vie ou le moyen employé ? C’est sûr que c’est loin d’être… idéal, mais c’était nécessaire. On pourra jamais te qualifier de monstre parce que tu as sauvé quelqu’un, c’est absurde.

Elle se laissa glisser sur le sol jusqu’à l’irlandaise pour lui saisir la main, cherchant à ignorer l’haleine fétide qui venait faire fleurir des pensées totalement contradictoires dans son esprit.

- Peu importe tes pouvoirs, je t’aime quand même ok ?

Un sourire timide vint fleurir sur ces lèvres teintes en rouge sang alors qu’elle pressait la main de sa camarade. Sur ça au moins elle ne mentait pas. Personne n’était responsable de ses dons et ça ne changeait en rien ce qu’ils étaient et ce qu’ils avaient fait jusqu’alors. Les faits d’arme et d’amitié de Melena avaient fait d’elle quelqu’un de cher à son cœur et tous les chats crevés du monde ne pourraient rien y changer.

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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mar 26 Juin - 11:07

Melena ne savait plus où donner de la tête. Entre les félicitations d’Ace et les réprimandes d’Elie confirmant sa folie, Jade vint modérer ses propos en lui affirmant qu’elle l’aimait, quoi qu’elle soit capable de faire. La main qui saisit la sienne était chaude, ou bien était-elle glacée, mais elle resta immobile un moment, à fixer sa meilleure amie de ses yeux remplis de détresse. Elle avait « arrêté de chialer » certes, mais le vide qui lui creusait les entrailles ne disparaissait pas. L’impression qu’ils ne comprenaient pas, que personne ne comprenait la chimère qui la rongeait, lui donnait envie de… non pas mourir, mais sans doute quelque chose d’approchant.

L’irlandaise avait tellement envie de parler de sa mère, de laisser sortir ce poids de l’avoir assassiné. N’était-elle pas un monstre d’avoir fait ça ? N’était-elle pas un monstre d’avoir tué des dizaines de personnes, alors qu’Anney lui avait dit être « fière » de ce qu’elle était devenue ? Oh oui, fière que sa fille devienne une parfaite criminelle psychologiquement instable. Bien sûr. Tant mieux pour Ace et Elie s’ils vivaient correctement avec leurs cas de conscience ; Melena, elle, se sentait souillée par une mélasse noire qui lui collait à la peau. Elle ne savait même plus dans quel camp elle était au final : les « gentils » ? Les « méchants » ? Après tout, elle aurait pu se rendre sans faire d’histoire et tenter de coopérer. Peut-être que tout cela serait passé, qu’on l’aurait aidé à retrouver son ombre, et…

- Ouai ok, souffla-t-elle en essuyant ses yeux du revers de sa main libre.

Parler de la dernière épreuve de Freedoom reviendrait à parler d’Amber et la nécrophobe devinait parfaitement qu’il valait mieux ne pas évoquer cet épisode devant la personnalité fragile de la psychotique. Pourtant, elle n’avait envie d’aborder aucun autre sujet. Que pouvait-elle dire de toute façon ? « Oh, et au fait, puisqu’on est là, tu me parles un peu plus de ce… Peter là ? » … ridicule.

- Merci, murmura-t-elle en serra amicalement la main de son amie, le regard perdu dans le vague.

Elle s’adressait autant à Jade qu’à Ace, qui était parti désormais et ne pouvait pas en profiter directement. L’irlandaise se surpris à regretter son absence. Non pas simplement parce qu’il risquait gros si les flics le reconnaissaient et l’embarquait, mais parce que sa présence avait souvent été synonyme de dérision ou de blague foireuse qui la faisait rire malgré tout. Même Feufolé lui manquait. Dans l’ombre oppressante qui régnait dans le hangar alors que l’orage tonnait à l’extérieur, sa lueur violette et son babillage incessant aurait sans doute pu la distraire. Elle en aurait eu marre au bout d’une minute certes, mais au moins, elle aurait pensé à autre chose qu’au fait qu’elle était recherchée par toutes les autorités de San Francisco.

Le seul point positif était qu’ils ne savaient pas qu’elle avait la faculté de régénérer les blessures. Aussi, en toute logique, ils allaient sûrement envahir les hôpitaux en se frottant les mains, pensant y coincer une Jade Martins blessée par balle, alors qu’aucun des membres du trio n’y mettra jamais les pieds. Une fausse piste qui leur fera peut-être gagner quelques heures, pas plus.

Un éclair fendit brusquement le ciel proche du hangar, projetant à l’intérieur un éclat laiteux sur les lieux désolés. Melena passa une main dans ses cheveux humides et se tourna enfin vers sa meilleure amie. Dans ses yeux gris brillaient toujours son trouble, mais elle lui adressa un petit sourire sincère, reconnaissant, peut-être un peu secret aussi. Ce sourire qui pouvait signifier « moi aussi je t’aime, si tu savais » ; mots qui ne franchiraient jamais ses lèvres.

En jetant un œil à Elie, nue et frigorifiée dans la veste de son petit amie, l’irlandaise percuta alors que si elle avait perdu son ordinateur pendant l’assaut des flics, elle avait toujours son sac à dos. Sac qu’elle avait emporté pour passer la nuit chez les Martins avant de rendre visite au marabout pour la première fois, elle y avait mis du change, juste au cas où. Elle sortit alors un jean et un tee-shirt noirs et les tendit à la mauvaise jumelle, impassible.

- J’ai ça si tu veux. J’suis désolé, c’est un peu mouillé parce que mon sac à pris l’eau, et ça doit être trop grand, mais ce serait peut-être mieux que rien.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mar 26 Juin - 19:21

Le regard d’Elie voguait de Melena au sac qu’on lui désignait, puis du sac à Melena dans une boucle infinie. Qu’est-ce que c’était au juste ? Ça ressemblait à une tentative pour se racheter, un calumet de la paix qu’on lui tendait. A ça la mauvaise jumelle n’avait qu’une envie : celle de rire en clamant « ma liberté pour un jean ! ». Car si c’était bien ce genre d’intentions que cachait ce geste, c’était juste estomaquant. Melena l’avait rendu coupable de complicité de meurtre, puis de meurtre tout court avant de l’avoir fait frôler la mort de peu. Des fringues ne pourraient jamais éteindre l’océan de colère qui bouillonnait au sein de la blonde peroxydée, et la dernière chose qu’elle voulait était que l’irlandaise se croit quitte pour si peu.

D’un geste brusque la veste se referma un peu plus sur son corps frissonnant alors qu’elle plantait son regard dans celui de la nécrophobe. Il ne fallait pas se leurrer, elle mourrait de froid et niveau respect de la pudeur on avait vu mieux que sa tenue actuelle mais il était hors de question d’accepter un marché tout sauf équilibré. L’éventualité de seulement de faire des films et l’ombre de la pneumonie qui guettait ne pourraient rien changer à sa détermination farouche. Rien n’était plus têtu qu’une Elie contrariée.

- Si je les prends, ça ne veut pas dire que je te pardonne. J’ai rien dit jusqu’à maintenant mais sache que je suis parfaitement consciente de la personne que les flics cherchaient. Ces cons de clebs ont une ouïe d’enfer, si tu savais !

Volontairement provoquante elle attrapa ce qu’on lui tendait et entreprit de les enfiler. La veste d’Ace tomba au sol en dévoilant son corps qu’elle ne chercha même pas à cacher. Pourquoi faire ? Le groupe entier l’avait vu à poil et son anatomie n’était plus un secret pour personne. Jade s’en offusquerait peut-être mais après le mensonge qu’elle venait de proférer elle ferait mieux de ne pas la ramener. Si Mel’ n’avait pas marché mais couru, la mauvaise jumelle n’avait pas été dupe. Elle connaissait assez son double pour être au courant du dégoût qu’elle avait dû ressentir – et ressentait encore vu son regard braqué sur le sol maintenant qu’on se désintéressait d’elle.

Le contact du jean humide contre sa peau était désagréable mais le tissu sècherait rapidement. La pluie n’avait pas eu le temps de le détremper, pas plus que le t-shirt aussi n’eurent-ils pas l’effet de la frigorifier d’avantage comme elle l’avait supposé. Le pantalon était trop long et méritait quelques ourlets mais ça pouvait attendre, aussi l’adolescente se contenta de réenfiler la veste de son petit ami avant de réintégrer sa place, sa tête lui tournant légèrement.

Maintenant que le froid se trouvait recalé au second plan, c’est sa soif qui lui sauta au visage comme une harpie toutes griffes dehors. Son organisme cherchait visiblement à remplacer le sang qu’elle avait semé derrière elle comme le petit poucet et réclamait de la matière première à corps et à cri. La pluie qui tambourinait sur le toit de tôle était une torture particulièrement raffinée. On aurait presque pu imaginer que ce bruit sourd était une voix lui ordonnant de sortir pour aller chercher l’eau là où elle se trouvait quitte à se retrouver avec de jolies menottes aux poignets.

Prendre son mal en patience, rester calme et espérer qu’Ace reviendrait bientôt. Reviendrait tout court. La psychotique n’avait pas d’autres choix mais ce n’était pas pour autant qu’elle appréciait cette inactivité forcée. C’était comme redevenir un enfant, être geignard et faible. Elle était une femme d’action pas un gosse à qui on demandait sagement d’attendre que ses parents reviennent ! Si seulement elle avait eu assez de force pour se lever… même taper un sprint en cercle dans l’entrepôt aurait été préférable à ce jeu de statues de cire auquel jouaient les trois filles.

Le temps paraissait long, très long, trop long. Le grondement du tonnerre le ponctuait régulièrement tandis que la pluie continuait de tambouriner furieusement. L’ennui gagna Elie tout autant que l’inquiétude qu’Ace se soit fait arrêter. Depuis combien de temps était-il parti déjà ? La portoricaine jeta un regard furtif vers la porte close et poussa un profond soupir.

- ‘Tain j’espère que les flics l’ont pas coffré, grommela-t-elle non sans un regard noir en direction de Melena, Il s’était garé pas loin du marabout et avec sa voiture de Kéké il risque d’attirer l’attention…

Ses doigts se mirent à tapoter nerveusement sur le sol, reproduction miniature du boucan provoqué par l’orage. Qu’est-ce qui la retenait de courir dehors pour voir directement ce qu’il en était ? Ah oui, elle ne tenait pas debout. Putain d’anémie.

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Ace Ridley

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Mer 27 Juin - 17:46

Courir – à nouveau – c’était déjà pas chouette, mais alors sous la pluie qui n’avait fait que redoubler d’intensité, c’était franchement lourdingue. Ses chaussures s’enfonçaient de 2 centimètres dans la boue à chaque enjambée et manquaient de lui fausser compagnie à tout instant. Bordel, des pompes à 200$, c’était vraiment pas cool !
Sans sa veste, il sentait chaque goutte traverser son T-shirt pour venir le tremper jusqu’aux os dans une désagréable sensation. Les soirées T-shirt mouillés, c’était pas si cool que ça, en fait… et si avec ça il choppait pas la crève…

Mais il avait une mission à accomplir. Autant pour sa vie que celle des filles ; tout était lié, il ne pouvait pas laisser la caisse se faire embarquer. Alors qu’il approchait du parc, le pyromane eut un petit pic de stress ; appréhension de se faire gauler. Et si un des flics le reconnaissait ? Et si les clébards le reniflaient ? Chier, c’était vraiment pas une partie de plaisir.

Il se souvint de ce que sa petite amie lui avait dit un peu plus tôt : être prudent. Et discret. Pour ça, il devait faire comme si de rien n’était, comme s’il n’avait rien fait. Il avait bien le droit de trainer ici, non ?
… en plein orage… dans un parc glauque… après une attaque de loup-garou… et une intervention massive des forces de l’ordre…
Euh… Ouais, admettons qu’il avait quand même le droit.

Plusieurs fois, le Ken tâta ses poches pour s’assurer qu’il avait bien ses clés. Il n’avait vraiment pas besoin de se fourrer dans ce guêpier pour que dalle. Il arriva finalement à quelques pâtés de maisons de l’endroit où il avait laissé sa voiture et se mit à ralentir l’allure, de course jusqu’à marche rapide, de marche rapide jusqu’à marche normale. Pour dire vrai, il n’était pas vraiment pressé de revoir les flics, alors…

La rue où l’attendait la Maserati avait été désertée et seul demeuraient le bruit assourdissant de la pluie et les lumières des voitures de police. Quelques patrouilles par-ci, par-là, mais assez loin pour qu’il puisse filer sans se faire remarquer.
Une fois devant son graal, le pyromane sursauta et laissa tomber ses clés alors que quelqu’un l’attrapait par le bras. Il se retourna instinctivement, prêt à faire bouffer son poing à celui qui osait le toucher.

Manque de pot, c’était un des policiers chargés de quadriller le secteur et qui, en plus d’être armés, étaient bien protégés par des gilets pare-balles épais et un casque tout aussi solide d’aspect sinon plus.
- Héla ! Du calme, gamin ! Qu’est-ce que tu fiches ici, t’as pas vu qu’il est interdit aux civils de circuler dans le quartier ?

Le policier tenait fermement le bras gauche du pyromane, et la réticence de ce dernier à sortir sa main de sa poche malgré l’insistance de l’agent lui valut d’être étiqueté en tant qu’individu suspect.
Le flic attrapa un talkie-walkie et ne recevant à sa précédente question qu’un « J’m’en fous ! » de la part du pyromane, il appela du renfort :
- Unité 23 à unité 15, on a un code 10-14 à la sortie Est du parc, je répète, on a un code 10-14.

A voir la tronche que tira l’officier, on venait surement de lui refuser les renforts escomptés ; Ace ne broncha pas pour autant. S’il pouvait s’en sortir sans faire de vagues, c’était largement mieux.
- Bon, vas-y, lâche-moi ! Z’êtes chiant, j’ai rien fait, moi.
- Alors sors ta main de ta poche, si t’as rien à cacher ! C’est quoi, ton nom, t’as tes papiers ?

- Steve Hengals, répondit-il du tac au tac. Il n’avait ni carte d’identité sur lui, ni les papiers du véhicule, mais c’était hors de question de donner à ce connard sa vraie identité.
Malgré ses efforts, le flic arriva à arracher la main du Ken de sa poche et entreprit une fouille au corps. A part les clés du véhicule et le portefeuille qu’il éplucha minutieusement, ce dernier ne trouva rien d’autre sur le jeune homme. Il constata la brûlure sur la main d’Ace sans y porter plus d’attention que ça.

- Je vais devoir relever votre plaque d’immatriculation, ensuite vous me suivrez jusqu-..
L’agent fut interrompu par son talkie-walkie qu’il reprit en un éclair pour écouter l’annonce. Une alerte, apparemment ; à quelques quartiers d’ici. Ace ne fut pas en mesure de comprendre le reste, mais cette interruption joua en sa faveur.
- Ici unité 23, bien reçu. J’arrive de suite. Terminé. Replaçant le talkie à sa ceinture, le flic fixa le jeune Ken droit dans les yeux avant de poursuivre : j’ai pas de temps à perdre avec toi, gamin. Alors un conseil : tire-toi d’ici vite fait.

Oh bien sûr, le pyromane s’exécuta ; on ne lui dirait pas deux fois. Il pénétra en vitesse à l’intérieur du véhicule et partit à toute vitesse en direction de la ZI.
C’était mal indiqué et la route était un peu différente de celle qu’il avait prise à l’aller, mais il finit par trouver un panonceau indiquant la destination qu’il cherchait. Evidemment, les grilles étaient fermées : il ne pourrait pas entrer en voiture là-dedans. Frustré, il descendit et se remit à courir en direction du hangar où l’attendaient les filles.
Rassuré de les voir toutes les trois saines et sauves, Ace ne perdit pas de temps à décrire la joyeuse rencontre qu’il avait faite quelques minutes plus tôt.

- Allez, ‘faut se magner : la bagnole est dehors, ‘pas pu la faire entrer ici.
Sans chercher à savoir si Elie souhaitait marcher ou non, il la reprit dans ses bras comme la dernière fois ; marcher n’était pas suffisant.
Il installa l’élue de son cœur à la place du mort et lui vola un baiser avant de reprendre le volant. Enfin ils pouvaient retourner à la maison, loin de ces timbré de puristes.

Conduisant aussi prudemment que d’habitude, Ace appuyait un peu plus sur le champignon dès que cela lui était possible. S’éterniser par ici n’était pas une bonne idée, et ça risquait de ne pas l’être pour les jours à venir.
- Ça va, j’vous ai pas trop manqué ? demanda-t-il en regardant ses passagères dans le rétroviseur.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 28 Juin - 22:33

Melena n’avait pas l’air convaincue mais Jade fit mine de s’en satisfaire. Après tous les ennuis qui leur tombaient sur le coin de la gueule elle n’avait pas la force de fournir plus d’efforts. C’est avec un soulagement certain qu’elle accueillit le fait que la conversation tourne sur la nudité d’Elie qui faisait montre une fois encore d’une franchise à toute épreuve, doublée d’une rancune légendaire. Alors comme ça la nouvelle que les flics étaient venus pour la nécrophobe n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd… ça risquait d’envenimer un peu plus leurs rapports qu’ils ne l’étaient déjà et la bonne jumelle n’était pas sûre que le groupe se relèverait après de telles épreuves.

Pendant que son double enfilait les fringues humides, elle reporta son attention sur l’orage qui grondait à l’extérieur. Elle avait toujours aimé les tempêtes, le mugissement du vent, la pluie battante et le tonnerre, jusqu’aux éclairs zébrant le ciel. C’était comme une démonstration pour novice de la puissance divine. L’adolescente avait toujours été persuadée que c’était la manière de Dieu de montrer sa désapprobation face aux conneries humaines et pour la première fois de sa courte vie elle se sentait visée.

Ramenant ses jambes instinctivement comme sa poitrine, barrière illusoire, la psychotique tentait d’effacer de son esprit l’image des morts qui la hantaient. Elle n’en avait pourtant tué aucun mais leurs visages persistaient, peau blême et yeux vitreux, éclaboussés de sang dans un nuage putride de chairs mortes. Elle imaginait aussi les familles, les femmes, les enfants. Elle voyait leurs pleurs et leur désespoir. Si Mel’ se morfondait sur son évolution, sa nature et sa morale, Jade déplorait les victimes de leur folie. Ce n’était pas réellement de leur faute, s’ils l’avaient pu ils auraient évité ça… mais était-ce vraiment le cas ?

L’adolescente n’était pas dupe. Depuis leur retour à Dreamland ils avaient changé et pas seulement parce qu’ils étaient revenus avec des pouvoirs délirants dans leurs bagages. C’est leur manière de pensée qui avait changé drastiquement. Les règles de la société étaient devenues accessoires, voilà la vérité. Le monde des rêves avait développé chez chacun de ses compagnons une culture de la survie à tout prix, même à celui du sang. Surtout à celui des autres.

La foudre tomba non loin du bâtiment, lui tirant un sursaut alors qu’elle se blottissait instinctivement contre les caisses auxquelles elle était adossée. Elle ne se sentait pas concernée par tout ça, elle n’était pas comme eux. Si ça n’avait tenu qu’à elle, Jade se serait rendue plutôt que de déchiqueter des hommes sous ses griffes ou de leur trouer la peau avec leurs propres balles. Personne n’avait le droit de vie ou de mort sur les autres. Elle avait déjà trop tué là-bas pour plomber sa conscience de cadavres bien réels cette fois. Mais il était déjà trop tard pour les autres.

Alors qu’Elie commençait à râler sur l’absence de son petit ami qui se prolongeait, celui-ci reparu pour les emmener comme un prince charmant sur son beau destrier blanc. Mais loin de la faire sourire, voir sa copie conforme transportée comme une princesse en direction du château qu’on leur offrait en refuge ne la faisait que se sentir plus mal. Ils ne comprenaient pas. Ils ne voyaient pas le mal. Ils trouvaient ça légitime.

En silence Jay se remit debout et ne formula pas un mot jusqu’à ce qu’elle eut bouclé sa ceinture à l’arrière de la Maserati. A la blague du Ken son regard dériva vers le paysage noyé par la pluie alors qu’elle murmurait sans y croire elle-même :

- Ça va…

La vision fugace d’un gyrophare crispa ses mains sur la banquette et elle se mordit violemment la lèvre. Son mensonge était pathétique : bien sûr que rien n’allait ! Elle était terrifiée de simplement traverser la ville, de devoir se justifier de crimes auxquels elle n’avait pas participé, de ne jamais pouvoir revoir sa famille, ses amis… ou simplement avoir une vie normale. Paralysée à l’idée de ne pas avoir d’avenir, ni même de présent. Le flou le plus total l’englobait parfaitement si bien qu’elle ne savait plus quoi faire. Dreamland qu’elle avait jusqu’alors vu comme une plaie se présentait progressivement comme une échappatoire acceptable.

Lorsque le bolide s’immobilisa enfin dans le garage des Ridley, Jade fut la dernière à quitter la voiture. C’est l’œil morne qu’elle leur emboita le pas, peu à peu persuadée que sa vie était fichue pour toujours. Ne lui restait plus qu’à vivre dans un rêve. Mais était-ce vraiment vivre ?

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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Ven 29 Juin - 1:48

« Mais va te faire foutre ! », c’est grosso modo ce qui traversa l’esprit de Melena lorsque la mauvaise jumelle lui fit passer le message que les fringues n’étaient pas une monnaie d’échange concevable pour se faire pardonner. Blanche d’une colère qui avait brusquement éclaté au milieu de ses émotions désespérées, l’adolescente pinça les lèvres, crispant ses doigts sur ses vêtements, hésitant sincèrement à les garder pour elle en fin de compte. Qu’est-ce qu’Elie croyait ? Qu’elle allait mendier sur amitié à coup de petites faveurs ? C’était d’un égocentrisme stupide qui lui retournait l’estomac. Elle lui prêtait ses fringues parce qu’elle en avait besoin, point final ; ça lui apprendra à être généreuse, elle s’en souviendrait la prochaine fois.

La nécrophobe consentit à céder ce qu’elle avait proposé à la mauvaise jumelle et se détourna, évitant définitivement de la regarder. Imaginer seulement que cette dernière puisse comprendre ce qu’elle avait ressenti quand ils étaient rentrés de Dreamland, traquées comme des bêtes dangereuses, relevait de l’utopie. Écouter l’orage devenait alors tout ce qu’il y avait à faire dans ce vieil entrepôt désaffecté, une mélodie rythmée par l'averse et les coups de tonnerre qui convenait parfaitement à l’était émotionnel de Melena.

Colère. Peur. Détermination. Dégout. Confusion. Doutes. Et tant d’autres choses encore se mêlaient dans son cœur qui, depuis le désastre de Freedoom, n’était plus qu’un récipient fragile rafistolé et menaçant de voler en éclat – encore. Le froid et la fatigue aidant, malgré son esprit gardé en alerte, l’irlandaise du s’assoupir un instant, car elle eut l’impression que quelqu’un avait appuyé sur le bouton accélération jusqu’à ce qu’Ace revienne.

Comme un robot, elle suivit jusqu’au bolide rouge garé sous la pluie battante et s’installa à coté de sa meilleure amie. Un instant, ses yeux gris se tournèrent vers elle pour la détailler. Elle n’était pas bien. Certes, c’était une évidence, parce qu’aucun d’eux n’était en mesure d’assurer être en pleine forme, mais Jade semblait particulièrement – ou différemment – atteinte. Melena avait l’impression que le mur invisible les séparant se faisait de plus en plus épais. Un mur fait d’empilement de cadavres.

Elle mourrait d’envie de – comme elles se l’étaient dit plus tôt dans la journée – dormir aux cotés de la bonne jumelle et discuter avec elle jusqu’à ce que l’épuisement total l’emporte. Qu’importe de quoi, il fallait que des mots sortes, pour évacuer directement ou indirectement le trop plein d’émotions instables.

A la question de Ace, l’irlandaise se tourna vers le rétroviseur. Elle tenta de lui faire un sourire, même un petit, mais n’était pas certaine d’avoir réussi. Lui aussi lui donnait l’impression d’être derrière une cloison infranchissable, car bien qu’il affirmait être son ami, tout ce qu’il faisait en ce moment, il ne faisait surtout pour Elie n’est-ce pas ? La nécrophobe ouvrit la bouche, sur le point de rétorquer quelque chose, puis ferma les lèvres. Rien. Finalement, elle ne voulait rien dire.

Une fois arrêtée dans le garage, Melena attendit, aussi immobile qu’une statue de cire, et sortit juste après que le pyromane eut reprit son aimée dans ses bras pour l’aider à sortir. Elle croisa son reflet dans la vitre sur laquelle glissaient encore des gouttes de pluie, et fut frappée par son allure de blondasse peroxydée complètement échevelée. Blafarde, elle n’avait rien de quelqu’un en pleine santé et se ferait presque peur. Dans la maison des Ridley, l’irlandaise se rua vers la salle de bain dès qu’elle reconnut les environs, trouva brosse à dents et dentifrice dans son sac à dos, puis s’affaira à la tâche. Il lui fallut de longues minutes pour que l’arrière goût du chat crevé soit physiquement remplacé par celui de l’eucalyptus. « Physiquement » parce que psychologiquement, jamais elle n’oublierait à quoi ça ressemblait.

Une fois terminée, elle resta penchée sur le lavabo, ses mains appuyées de chaque coté, n’osant même pas lever les yeux vers son reflet. Pour y voir quoi ? Une adolescente décolorée qui n’avait plus rien que son sac à dos et des amis complices de meurtres ? Non. L’envie de frapper la vitre du poing la traversa, mais la pensée qu’elle était chez celui qui lui offrait refuge, gite et moyen de transport stoppa son geste. Ace avait fait beaucoup pour elles, ce serai ingrat de lui causer des ennuis, même aussi anodin que casser un miroir. Melena remballa alors ses affaires et se dirigea machinalement vers la chambre d’invité qui lui avait été désignée plus tôt : l’endroit au monde désormais, qui ressemblait le plus à un « chez elle ».

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Ven 29 Juin - 14:09

Alléluia ! Ace revenait entier et sans flics au cul, à croire que Dieu concédait enfin à Elie un minimum de paix spirituelle après le charnier qu’ils avaient laissé derrière eux. Dès lors la fatigue ne comptait plus, pas plus que le sang incrusté sous ses ongles –pas que le sien de toute évidence- et les frissons qui secouaient son corps glacé. On l’autorisait à être aimée, à vivre et continuer ne serait-ce qu’un peu. Se faire soulever du sol comme une poupée fragile n’était pas à son goût mais c’était le pyromane donc ce n’était pas si important finalement. Le fait qu’il soit trempé comme une soupe non plus. Son contact était gelée et brûlant à la fois, la mauvaise jumelle purement terre-à-terre ne put s’empêcher de se demander si c’était dû à l’amour ou à la fièvre.

La distance entre le hangar et la Maserati était suffisante pour la tremper jusqu’aux os mais elle ne pipa mot, trop pressée d’enfin rentrer « à la maison » pour râler. Le baiser qu’on lui vola la fit même sourire, presque autant que la question pour le moins déplacé de son cher et tendre. Vivre avec le Ken c’était tout prendre à la légère et ce genre de réflexion était un exemple typique de ça manière d’être. Ils venaient d’assassiner une tripotée de flics, étaient recherchés comme les ennemis publics n°1 de l’Amérique et il s’inquiétait, superficiellement du moi, de leur avoir manqué.

- Je n’étais pas encore fixée, rétorqua l’adolescente avec un regard félin, J’étais en train de dresser la liste des mâles acceptables pour te remplacer. Je te dirai ça quand j’aurai terminé.

La mauvaise jumelle tira la langue au reflet de son homme dans le rétroviseur, presque surprise de ne pas y voir la marque de Freedoom marquée au fer rouge. Son second coup d’œil dans la surface réfléchissante fut pour la banquette arrière où Melena et Jade tiraient des gueules de dix pieds de long. Si tout le monde savait ce qui secouait la nécrophobe, elle ne pouvait que s’interroger sur son double. Leurs esprits étaient dissociés depuis si longtemps maintenant qu’elle ne saisissait pas toujours ses intentions, ses dilemmes et ses coups de cœur. Elles n’avaient beau être qu’une seule et même personne, Elie aurait été capable de l’oublier si leurs visages n’avaient pas été si semblables. Penser redevenir une en étant si différente était presque inconcevable. Ça aurait été une petite mort pour chacune d’elle, purement et simplement.

Chercher à combler le silence pendant le reste du voyage lui semblait aussi fastidieux qu’inutile aussi s’en abstint-elle, les yeux rivés tantôt sur Ace, tantôt sur le paysage. Sa main caressait distraitement la cuisse d’Ace à travers son pantalon et ne s’interrompit qu’une fois dans le garage. Personne ne semblait décidé à bouger si bien que les premiers à sortir furent le pyromane et elle. Comme si ce mouvement migratoire avait servi d’électrochoc à l’irlandaise celle-ci avait ensuite filé droit on ne savait où. Probablement la salle de bain pour s’y morfondre, encore. Elle pouvait bien y pleurer ou s’épiler le maillot que la mauvaise jumelle s’en serait désintéressé tout autant.

Alors que Jade obliquait vers le salon pour une petite cure télévisuelle, Elie entraina Ace jusqu’à sa chambre. Elle se maintenait debout les mains fermement refermées sur le bras du jeune homme de peur de tomber mais trop fière pour se laisser porter infiniment. « Je ne suis pas infirme ! » lui hurlait son orgueil, fourche dans une main et torche enflammée dans l’autre. Rien ne servait de combattre cet aspect d’elle-même, aussi tint-elle jusqu’au jardin secret du Ken et la salle de bain personnelle sur laquelle elle donnait.

A peine le temps de compter jusqu’à dix que ses vêtements parsemait le sol de l’entrée jusqu’à la salle d’eau comme s’il s’agissait d’un chemin tracé par un petit poucet excentrique. Si Ace suivait le sentier il arriverait jusqu’à une jeune femme en tenue d’Eve, allongée dans une baignoire en plein remplissage à défaut de réussir à tenir debout tout seule dans la douche plus d’une demi-minute.

Dans le grondement de l’eau se déversant à torrent des robinets ouverts au maximum, l’adolescente tapota l’émail comme une invitation alors que le propriétaire des lieux pénétrait dans la pièce. Bien que pâle et fatiguée, son attitude n’en était que plus provoquante. Elle voulait oublier tout ça, toutes ces conneries qui leur tombaient sur le coin de la gueule comme s’ils avaient pris un abonnement à Poisse magazine. Prendre un bain, se détendre et profiter de la chaleur du pyromane autant que de celle de l’eau qui grimpait progressivement le long de ses cuisses musclées.

- Tout bien réfléchit tu m’as manqué. Allez… viens. Ta baignoire est assez grande pour deux...

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Ace Ridley

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 5 Juil - 12:20

A part Elie dont la blague fit tout de même un peu tiquer l’œil du pyromane, personne n’en menait large. Même si les deux passagères arrières tentaient par tous les moyens de faire bonne figure, on sentait à dix kilomètres que cette soirée resterait gravée dans les mémoires – et pas en bien. Enfin sauf peut-être… non, ça aussi, c’était naze.

Ouais, bon. Admettons que « ça va », de toute façon c’était une question rhétorique. Enfin si quelqu’un souhaitait vraiment répondre « oh oui, Ace, tu nous as manqué, on s’est tellement inquiétés mais on est super content que tu sois de retour, tu es magnifique », y avait no souci ! Plutôt deux fois qu’une. Bien évidemment, personne ne répondit. Tant pis !
La seule source de réconfort fut le contact de la main d’Elie sur sa cuisse, rappelant au pyromane que même dans ce genre de moments ils avaient la chance d’être ensemble.

Enfin bon, ça donnait quand même un peu l’impression d’être seuls au monde : pas un chat dans les rues *note pour moi-même : pas sortir c’te connerie à Mel avant 10 ans*… Le point positif était qu’à ce prix-là, rien n’empêchait Ace de se faire des pointes à 100 km/h dans les grandes rues. Pour le fun, certes, mais plus officiellement parce qu’ils étaient relativement pressés. Pressés de rentrer, de ne pas rester dehors, d’oublier, de replonger à Dreamland où ils avaient un semblant d’immunité.

Finalement, Ace retrouva la route de Pacific Heights sans trop de difficulté et ralentit l’allure alors qu’il arrivait devant chez lui. Il fit entrer le bolide directement dans le garage, « à l’abri des regards indiscrets », comme y disent sur les bornes de carte bancaire.
Au moment de sortir, la mauvaise jumelle tenta d’y aller par ses propres moyens. Ace la laissa faire mais se tenait tout de même à ses côtés, au cas où. Si c’était un genre de défi qu’elle se lançait à elle-même, les coups de pouce n’étaient pas interdits, si ?

Une fois à l’intérieur, tout le petit groupe se disloqua ; l’une s’éclipsant sans doute vers le salon, l’autre réservant la salle de bains.. Ne restait finalement plus que lui et Elie qui l’entrainait au premier.
Tiens ? Elle savait pour sa salle de bain personnelle ? Cette fille avait le coup d’œil ! Le Ken esquissa un sourire qui signifiait bien que la suite des événements lui plaisait pas mal.

Une veste par-ci, un jean par-là, et ici, oh ! un soutif. Pas besoin d’être un fin linier, Ace suivit la piste, assez amusé, pour se retrouver dans la salle de bain en compagnie d’Elie.
Le pyromane ne se fit pas prier et il ne lui fallut pas plus de temps qu’à la mauvaise jumelle pour entrer dans l’eau à son tour et serrer celle qu’il aimait dans ses bras. Après une journée pareille, il n’y avait rien de mieux qu’un peu de détente au calme.

Les bruits de coups de feu et de pneus crissant étaient derrière eux à présent, mais encore trop récent pour que le pyromane l’affronte avec une conscience vraiment tranquille. Il avait été déconnecté de la réalité trop longtemps, mais ce soir-là, il avait vu de ses propres yeux que la tranquillité de Pacific Heights n’était qu’une infime partie de ce qu’était actuellement San Francisco. Comme si toute la ville s’était complètement métamorphosée pendant son absence.

Il tenta d’oublier les récents événements pendant son bain, relativisant comme il le pouvait. Après tout, il n’en était pas à son premier ‘crime’, en soi. Même si cette fois la mort des flics avait été un peu plus expéditive que celle qu’il réservait à ses clients d’habitude. Boh, ces cons l’avaient bien cherché.
Les caresses que le couple échangèrent dans un cadre presque romantique et coupé du reste du monde détendirent les nerfs mis à vifs, les préparant tous deux à la suite du programme qui se déroulerait à Dreamland. Avoir affaire à deux histoires dans deux mondes différents rendait la chose difficile à suivre ; avec un peu de chance il finirait par se convaincre que tout irait mieux après…
… Après quoi ?

L’eau était tiède, désormais. Le pyromane estima être resté dans la flotte suffisamment longtemps à son goût et après s’être étiré, il alla chercher deux serviettes ; une pour lui et une pour Elie quand elle voudrait sortir.
Il s’essuya distraitement et rejoignit sa chambre pour y choisir des fringues propres – et sèches, surtout.
- Si t’as besoin d’fringues, tu peux piquer chez ma mère. ‘Doit y avoir des trucs un peu moins grave que c’que vous avez porté c’soir lança-t-il à la mauvaise jumelle sans plus de tact que d’habitude. De toute façon elles l’avaient dit elles-mêmes que ça faisait pute.. alors bon.

A vrai dire, ce qui le préoccupait à présent, c’était surtout la partie ‘retour à Dreamland’… Il se posait une foule de questions et le fait d’avoir été trop borné pour essayer de plonger quand tout le monde l’avait fait n’arrangeait rien. Que se passerait-il s’il n’arrivait pas à retourner dans le monde des rêves ?
Mais ça.. ça n’était pas la question qui lui causait le plus de soucis. Pourtant il n’avait pas envie d’en parler, se convainquant que ça éviterait des problèmes aux filles qui en avaient déjà assez comme ça. En parler pour quoi, de toute façon ? La réponse devait venir de lui, et personne d’autre.

- J’suppose qu’on r’tourne à Dreamland dès ce soir, nan ?
Sûrement, oui. Pourquoi attendre ? Cela ne lui laissait que peu de temps pour se décider. Encore moins s’il comptait en faire part aux filles ; c’était vraiment chiant comme dilemme.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 5 Juil - 13:46

Immergée dans l’eau savonneuse, les bras d’Ace enroulés autour de son corps lessivé, Elie se sentait bien. C’était comme si Dieu avait décidé d’appuyer sur le bouton pause de sa télécommande en lui offrant un repos bien mérité. Dans cette bulle de tranquillité elle pouvait presque oublier les cris, la poudre et le sang. Presque. Ils lui parvenaient comme atténués, chose facilité par l’aspect bestial de ses souvenirs. Tout y était en nuances de rouges, en mouvement… un brouillon précipité réalisé par un maniaque de l’écarlate.

Ses paupières se fermèrent, lourdes portes claquemurant ces rémanences morbides dans un coin de son esprit. La mauvaise jumelle était trop lasse pour parler, pour penser, aussi se contenta-t-elle de ses prélasser dans les bras du pyromane jusqu’à ce que l’eau du bain perde de sa chaleur, lui volant du même coup sa compagnie. Elle regarda son compagnon s’éloigner dans le plus simple appareil avant de revenir lui déposer une serviette pour s’évanouir aussitôt dans la chambre après lui avoir dit qu’elle pouvait piocher dans la garde-robe de sa vieille. El’ lâcha un rire moqueur avant de lâcher à l’adresse du vide laissé par le départ du Ken :

- Quel honneur ! ‘Fin j’me contenterai d’une chemise, les tailleurs c’est pas mon truc.

Surtout pas pour dormir. Car l’adolescente était bien déterminée à s’affaler sur le lit directement après sa toilette pour filer direction Dreamland. Prévenir Jade ? La télépathie était pas faite pour les chiens. Melena ? C’était une grande fille, et si elle avait décidé de s’exiler dans la salle de bain sans se soucier de quiconque il n’y avait pas de raison qu’elle ne lui rende pas la parole en ne donnant pas de top départ. Elle saurait les retrouver, si elle flairait les cadavres deux nouveaux adeptes ne devraient pas être durs à pister.

La psychotique se hissa hors de la baignoire, s’octroyant une pause sur le rebord en émail lorsque sa tête se mit à tourner comme une toupie. La fatigue qui plombait ses membres était à présent insoutenable, tout comme sa soif. Ne lui restait plus qu’à descendre jusqu’à la cuisine et… oh et puis merde. S’approchant du lavabo elle ouvrit en grand le robinet d’eau froide pour boire jusqu’à plus soif, ne s’arrêtant que lorsqu’un détail attira son attention.

- Qu’est-ce que… ?

Du bout de l’index elle essuya la goutte rouge vif qui décorait l’émail et grimaça quand sa seconde main portée à son visage lui confirma ce qu’elle craignait. Elle saignait du nez, encore, ce qui annonçait le retour peu attendu de ses symptômes. Directement dans le monde réel, preuve que ce qui n’allait pas marchait dans les deux sens. Frôler la mort avait dû accélérer le phénomène, motivation suffisante pour qu’elle peste en s’aspergeant le visage, débitant une flopée de juron qui aurait choqué le prêtre de leur église.

Une fois nette elle n’eut plus qu’à s’essuyer et revêtir l’une des chemises propres de son homme, sagement pliées sur une commode en attente de rangement. Elle était bien trop grande pour elle bien sûr, lui arrivant à mi-cuisse et masquant ses mains qu’elle ne dévoila qu’après trois ourlets. Était-elle donc aussi petite ? D’un haussement d’épaules elle chassa cette question jugée « inutile » et rejoignit Ace dans la chambre où elle se laissa tomber tout à trac sur le matelas. Ça répondait assez bien à la question qu’on lui posait mais elle prit tout de même la peine de répondre oralement alors que ses yeux se fermaient déjà.

- Ouais, dès maintenant même. C’est ça ou dormir, ce qui revient au même du coup. Je tiens plus debout et je recommence à pisser le sang par le nez, comme si j’en avais pas assez perdu tout à l’heure, pour palier à tout mouvement de panique elle ajouta dans un sourire, Mais ça passera une fois là-bas, alors ramène ton p’tit cul par ici… une transe nous attend !

Sans attendre de réelle réponse Elie ferma les yeux, envoyant un bref « On décolle, à plus tard » à Jade avant d’essayer de se remémorer ce qu’elle avait appris auprès du marabout. A reproduire son rituel il y avait de quoi se sentir ridicule mais elle sentait que ça marchait. C’était comme se séparer de son âme à l’aide d’une décolleuse à papier pain. Peu à peu elle perdait la notion de ce qui l’entourait pour se retrouver dans ce qu’elle nommait mentalement « ce foutu grand tout et rien » qui séparait Dreamland du monde réel. On s’y sentait à la fois libre et seul, menacé aussi, comme si un simple souffle de vent pouvait lui faire perdre son chemin et errer éternellement dans les ténèbres.

Puis… il y eut le trou en tête d’épingle par lequel elle se glissa avant de tomber toujours plus vite, toujours plus bas, jusqu’à l’endroit d’où elle était partie à peine un jour plus tôt.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 5 Juil - 15:37

Le salon était désert et baignait dans un silence presque religieux. Tout y était propre et bien rangé comme dans ces magasines de décorations, le genre de cadre qui n’avait pas été pensé par les propriétaires du lieu mais par une armée de décorateurs d’intérieur dans des costumes cintrés, sourire colgate en prime. On ne s’y sentait pas chez soi, mais comme elle ne s’y sentirait plus jamais nulle part Jade se laissa tout de même tomber dans le canapé de cuir alors que des pas résonnaient dans les couloirs bientôt suivi par des claquements de porte involontaires.

Après un soupir l’adolescente laissa aller sa tête contre l’accoudoir alors que sa main cherchait à tâtons la télécommande qu’Ace avait abandonné un peu plus tôt sur la table basse. Elle n’était pas sûr de vouloir savoir ce que lui réservaient les informations, mais elle ressentait le besoin impérieux de savoir . Combien de morts, quels dégâts infligés, qu’est-ce qui les attendaient s’ils décidaient de reparaitre la tête base comme des enfants penauds. Il lui fallut pourtant un effort monstrueux pour ne serait-ce qu’appuyer sur le bouton « on », les mâchoires crispées par l’appréhension.

Elle se souvenait de la manière dont était décrite l’apocalypse dans la bible et si ça ne collait pas vraiment à ce qu’elle voyait, Jay avait pourtant l’impression d’y être déjà. Une fin du monde rien que pour eux, servie sur un plateau d’argent.

Les reportages se succédaient, flots d’images chocs vomies par le téléviseur à cette heure tardive où il n’y avait pas à craindre qu’elles ne soient vues par des marmots. Un spectateur peu averti n’y aurait vu qu’un film d’action plutôt bien fait s’il n’y avait pas eu les commentaires du journaliste de CNN qui matraquait en boucle, écho plus vrai que nature du maire d’Elipse deux mois plus tôt.

Un nouveau rebondissement a eu lieu dans l’affaire que les médias ont nommé « la chasse aux x-men » en référence aux héros de comics bien connus, même si les concernés n’ont cette fois-ci rien d’héroïque. La police de San Francisco, suite à une écoute téléphonique et à l’aide de citoyens conscients de leurs devoirs ayant aperçu l’un des suspects de l’accident de ce matin, Melena Autumn, avait lancé une opération non loin de Mission Dolores park. Mais au lieu de trouver l’adolescente seule pas moins de quatre « mutants » les attendaient. Parmi eux un homme dont l’identité n’a pu être déterminée, Jade Martins elle-même recherchée et un loup-garou. Oui… un loup-garou.

A l’écran elle pouvait voir l’apparence bestiale de son double sous les projecteurs de voiture de police. La réalité semblait déformée, plus horrible… plus dure aussi. Melena et elle avaient l’air de cadavres ambulants, leurs peaux blêmes contrastant plus que de raison avec leurs cernes profondes. A peine humains, juste des bêtes traqués. Personne ne cherchait à comprendre pourquoi ils agissaient comme ça, ce qui les avait rendus différents. Tout ce qu’ils avaient en tête c’était la liste des morts, les pleurs des familles lésées et cette différence qu’ils pointaient du doigt avec la ferme intention de l’anéantir. Dans un monde de conformisme aucun pas de travers n’était accepté.

Elle zappait encore et encore mais c’était la même chanson sur toutes les chaines, et ils n’étaient pas les seuls à avoir fait parler d’eux. Combien y avait-il de fichus voyageurs dans cette ville ? Les patients de Parkinson, d’autres psy, les drogués, les comateux, les clients de leur marabout et d’autres aussi, ceux qui comme elle n’avaient fait que dormir. Ils étaient des centaines, des milliers, traqués comme des bêtes pour être menés à l’abattoir. Certains c’étaient déjà fait arrêter et leurs traqueurs adulés, élevés au rang de héros. Ça donnait autant envie de rire que de pleurer.

Après de longues minutes de visionnage, une demi-heure peut-être voire plus, elle éteignit le poste dans un soupir. Rien de plus que ce qu’elle n’imaginait déjà n’avait été montré, mais ça fichait quand même un sacré coup. Ne leur restait plus qu’à s’exiler à l’étranger ou rester reclus éternellement dans la maison des Ridley comme des oiseaux en cage. Mais ce n’était pas ça qui l’avait le plus choqué au fond.

Non… c’était elle. Et eux. Elle haïssait l’image prostrée d’elle-même, les balles lui passant au travers. Incapable de se défendre, de les protéger ou même de fuir. Incapable de prendre son destin en main et de faire ce qu’il fallait parce qu’elle n’avait pas le choix au fond. Elle détestait aussi la leur, désespérée et sauvage. Celle de gens capables de tout et même du pire sans se poser la moindre question, des gens qui minaudaient après coup sur leurs mauvaises actions alors qu’ils n’avaient eu aucun cas de conscience lors du crime. Ils étaient aussi hypocrites qu’elle était lâche et impossible de déterminer ce qui était le pire.

Comme si Elie avait compris que sa copie pensait à elle, elle envoya un message mental comme quoi elle « décollait ». Elle partait déjà ? Jade totalement avachie dans le sofa se redressa brutalement, prise d’un stress intense. Eux revenaient ensembles, mais elle ? Les autres ne l’avaient sûrement pas attendu et la perspective d’un voyage en solitaire à la merci de tous les fous qui croiseraient sa route n’était pas pour la mettre en confiance. Son cœur commençait déjà à s’emballer mais elle savait bien qu’il n’existait pas de solution alternative, aussi se rallongea-t-elle pour tenter, avec une appréhension palpable, de reproduire l’état de transe appris plus tôt dans la soirée.

Ce fut aussi facile qu’angoissant et bientôt il ne restait plus allongé sur le cuir du canapé qu’un corps vide, son esprit voguant déjà à travers le néant vers un autre monde.

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Melena Autumn

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 5 Juil - 17:17

Dans la chambre, Melena s’était laissée tombée sur le lit, le regard fixé sur le plafond. Celui-ci était comme un écran qui rediffusait sa journée, accélérant jusqu’à l’apothéose macabre, leur carnage en règle qui ferait certainement rugir tous les moyens de communications. Combien de personnes à San Francisco étaient en train de parler d’elle désormais ? Elle entendait d’ici Gwen défendre à Cecilia qu’elle était un monstre et que l’adopter avait été « selon son avis et malgré tout le respect qu’elle lui devait » une grosse erreur.

L’adolescente se sentait compressée par des sentiments parfaitement contradictoires. Sa peur devenait haine, une colère sourde dirigée vers toutes les personnes qui la jugeaient sans la connaitre, bien au chaud dans leur salon à se galvaniser de leurs vies « normales ». L’envie de tous les faire disparaitre en un éclat lui donnait envie de pleurer, puis se retransformait en crainte et en désespoir en s’écoulant sur ses joues blêmes. Elle s’attendait à ce que sa meilleure amie vienne la retrouver, mais celle-ci n’apparaissait pas, alors elle attendit un temps incertain, flou, jusqu’à ce que le silence devienne trop pesant.

Bien sûr. Pourquoi la bonne jumelle l’aimerait-elle encore ? Un mensonge, ça n’avait été que ça. L’irlandaise savait être le diable désormais, le mal incarné traquée par la force lumineuse de la « justice » et en bonne croyante, Jade devait avoir mis un point d’arrêt à leur amitié. Dire qu’elle l’aimait. Dire que son cauchemar, son vrai cauchemar, avait commencé au moment où elle avait voulu retourner la chercher à Dreamland. Ce n’était peut-être que de la mauvaise foi, qu’une façon de ne pas admettre qu’elles avaient été condamnées dès l’exil ; mais Melena ne pouvait s’empêcher de penser que si la psychotique n’était pas stupidement rester dans le monde des rêves alors qu’elle s’était simplement endormie, les choses auraient été différentes.

- Si tu ne veux pas que la peur du mal te hante, tu n’as qu’à incarner le mal en personne, murmura la nécrophobe.

Elle ne savait plus d’où elle connaissait cette phrase, mais elle avait l’impression de l’appliquer avec soin. Une manière de raccrocher sa folie à une raison démente. Ou bien une manière de lâcher prise ? De céder à la force négative qui attire beaucoup trop de voyageurs ? Va savoir. Mais Elie lui avait dit : elle n’était plus saine d’esprit désormais. Alors qu’importe ce qu’elle fasse. Qu’importe… elle n’avait plus grand-chose d’autre à perdre que sa vie.

- Jade ? appela l’irlandaise sans savoir pourquoi, Ace ?

Personne ne répondait. Elle daigna se lever, renvoyant sa chevelure peroxydée encore humide dans son dos, et se mit quête de trouver ses comparses. Il fallut un certain temps – le temps de se retrouver dans la grande baraque de bourge – pour s’apercevoir que tous étaient en transe. Pas un ne l’avait prévenue, pas même sa « meilleure amie ». Une flèche amère au travers du cœur, Melena s’assit à coté de la bonne jumelle qui respirait paisiblement, déjà loin de l’autre coté de la tête d’épingle.

Malgré sa pâleur et son maquillage de pouf qu’elle n’avait pas retiré, il subsistait ce quelque chose qui lui donnait l’air d’un ange. Un ange qui contrastait tellement avec la nécrophobe désormais. Une larme solitaire roulant sur l’une de ses joues, l’irlandaise se pencha, retenant les mèches de cheveux qui menaçaient de cascader sur son amie, et embrassa tendrement les lèvres immobiles de cette dernière, non sans avoir vérifié qu’elle dormait vraiment.

- Je t’aime, tu sais ? murmura-t-elle au corps ensommeillé, mais je sais que ça marchera jamais… ça me fait mal mais… c’était bien d’être ton amie. Juste ton amie, c’était bien, elle soupira, je… je pensais que tu me comprendrais, mais toi aussi tu me trouve dégoutante, pas vrai ? J’ai tué ma mère… pour moi, ou pour toi, je ne sais pas trop… ma propre mère… tu as le droit de me détester, il faut que tu le fasses si tu ne me veux plus comme amie parce que…

« ça prouverait que tu tiens encore à moi ». La fin de sa phrase resta coincée dans sa gorge mais qu’importe, personne ne l’entendait. Il ne lui restait plus qu’à partir à son tour, rejoindre sa vie freedomienne, mais surtout sa tentative de guérison. Retournant dans la chambre, Melena restitua ce que lui avait appris le marabout et bientôt, elle put traverser cette tête d’épingle pour plonger vers la cuisine de la tour de la paresse.


>> Melena direction Dreamland (Freedoom)

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Ace Ridley

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Maladie mentale : Pyromane

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MessageSujet: Re: Pour un nouveau départ   Jeu 5 Juil - 22:12

L’appréhension noua le ventre du pyromane pendant l’espace de quelques secondes en comprenant qu’ils allaient retourner à Dreamland dès maintenant.
Elie ne lui laissa pas le temps de dire ce qu’il avait sur le cœur qu’elle s’était déjà endormie… Ace resta seul avec ses questions, tiraillé entre deux choix et n’ayant pas le temps d’y réfléchir d’avantage.

Il vint s’asseoir sur le lit et prit la main d’Elie, tout en la regardant sans trop savoir quoi penser. Elle semblait presque dormir paisiblement, alors que son esprit était déjà retourné à Freedoom, au cœur de l’enfer zombie.
Ace voulait se donner du temps, mais il savait que cela ne ferait que reculer l’échéance sans pour autant lui apporter de réponse. De toute façon, que faire ? Aller voir Jade, ou Mel, ou bien aller errer dans la maison sans but ?

Caressant la main de la mauvaise jumelle avec son pouce, il ressassait la question : qu’est-ce qui le poussait à retourner à Dreamland.
Pourquoi devrait-il y retourner ? La première fois, il était allé dans le monde des rêves par simple curiosité, après avoir entendu parler des travaux de Parkinson. La seule raison pour laquelle il y était resté, c’est parce qu’il y était coincé. Mais maintenant, rien ne l’empêchait de ne pas replonger…

Mentalement, le Ken pesa le pour et le contre. Choisir Freedoom, c’était s’exposer aux risques du monde des rêves, cet univers étrange où tout le monde leur en voulait. Idem pour le monde réel : les gens voulaient leur peau et s’il n’avait pas été reconnu, c’était un miracle.
Se rendormir ne règlerai pas les problèmes qu’ils avaient dans le monde réel, mais s’ils restaient trop longtemps dans un monde, les filles recommençaient à souffrir de leur maladie.

Il n’y avait aucun de ces deux mondes qui lui convenaient, pas une réalité plus agréable que l’autre, pas un plan pour relever l’autre. Où qu’ils aillent ils auraient leur lot d’emmerdes gratuites.
L’aventure qu’il suivait en accompagnant Elie et Mel, c’était pas la sienne : s’il n’était pas tombé sur elles par hasard, il n’aurait rien eu à y faire de toute façon. Logan était bien reparti comme il était venu sans que ça choque quiconque, d’ailleurs plus personne ne parlait de lui !
Qu’est-ce qui le rendait indispensable, alors que les seules choses qu’ils avaient fait de notable, c’était de tuer Avok – et là, encore, c’était Elie qui avait fait le plus gros du boulot, en sauvant Ace et Mel en prime.

Ses questions ne trouvaient de réponse que lorsqu’il posait les yeux sur celle qui faisait battre son cœur. Il voulait plus que tout être avec elle, mais il ne pourrait pas en restant dans ce monde tandis qu’elle était dans l’autre. Elle lui manquerait tout comme il lui manquerait à elle, c’était sans doute ça qui différenciait Ace du cruciphobe : Elie et lui s’aimaient.
Il voulait l’aider à guérir, peu importe le prix, peu importe qu’il reste coincé dans ce monde tant que ça leur permettait d’être ensemble.

Mais en récupérant son ombre, Elie serait à nouveau incapable de se matérialiser dans le monde réel… C’était un peu comme la perdre à moitié. Le pyromane eut un nouveau pincement au cœur en imaginant le jour où Jade serait totalement guérie. Il souhaitait ce jour autant qu’il le redoutait.
Pourtant, ce deuxième dilemme eut pour effet d’annihiler le précédent : si Elie n’ « existait » qu’à Dreamland, alors il n’y avait pas une minute à perdre.
- Bordel, c’que j’fous encore ici, moi !?

Décidé à refaire le grand saut, le pyromane s’allongea aux côtés d’Elie et ferma les yeux, tentant d’appliquer la méthode du marabout.
Il eut un peu de mal à comprendre le principe jusqu’au moment où il vit enfin le passage entre les deux mondes.

Alors qu’il s’apprêtait à traverser la faille, il crut entendre Melena l’appeler. Etait-ce dans le monde réel ? Dans le monde des rêves ?
- Mel ? trop tard. Il venait de franchir la frontière, se retrouvant dans la cuisine de la tour de la paresse, à l’endroit exact où la nécrophobe l’avait fauché.
La seule personne qui lui répondit ne fut pas celle escomptée :
- Non, moi c’est Feufolé. T’as déjà oublié ? Mince, vous êtes partis un sacré bout de temps ! J’ai même cru que vous ne reviendriez jamais, c’était triste. Tu m’aurais manqué, tu sais ? Enfin je suppose que moi je t’ai pas manqué…

Encore un peu distrait par l’appel de l’irlandaise, Ace se retourna vers la petite boule de feu violette et lui lança un sourire presque attendri.
- Si.. si, tu m’as manqué à moi aussi.
Feu’ en resta bouche bée : à événement exceptionnel, on répondait par un autre événement exceptionnel.

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