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 Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 26 Fév - 15:05

Georges reprenait difficilement son souffle, il se faisait vieux après tout. Et il avait perdu bien vite l'habitude de crapahuter partout tout azimut. Pour se déplacer il avait une voiture tiré par des larbins, ces mêmes larbins qui faisaient tout le sale boulot pour lui. Autant dire qu'il n'avait plus la condition physique de sa prime jeunesse, ni de ses débuts dans ce monde de fou. Il compensait avec la puissance psychique, celle qu'il avait perdu en quasi totalité. Mais bon, on ne va pas le redire.

Il était encore sous le coup de la colère. Ces imbéciles avaient failli les faire tuer. Il avait piqué sa crise, et cela n'avait eu aucun effet. Pour eux, cela semblait naturel de zigouiller des gens alors qu'une simple dérouillée aurait suffit. Que pensaient-ils de la peine de mort, eux qui étaient si prompt à la dispenser ?

« Pff, lanca-t-il avec mépris. Rien ne vous empêchait de les cogner. Mais là, vous les avez tué ! Vous nous avez grillés dans toute la région. D'ici une journée tout les bleds du coins seront au courant, et ce sera du bol si les poulagats d'Ellipse ne sont pas à nos trousses. Où est-ce qu'on va se reposer, où est-ce qu'on va reprendre des provisions ? »

Il balança un coup de pied, arrachant quelques brins d'herbes. Ils s'en foutaient, ils préféraient faire des étincelles. Eve confrontait Peter à ses meurtres, petit menteur qu'il était. Il avait besoin de se venger, c'était ça son explication ? Cela lui suffisait pour ôter la vie, c'était bon à savoir. Jade ne savait vraiment pas dans quoi elle mettait les pieds, décidément. Si elle était là, elle pourrait constater la morale de ses justiciers, tout les deux couverts de sang, il suffisait de les regarder.

Eve gardait étrangement son calme. C'était une attitude que Georges connaissait, c'était la froideur de la folie qui animait ses entrailles. C'était le sang froid des tueurs professionnels, de ceux qui n'hésitaient pas à appuyer sur la gachette. Elle énonçait déjà son plan. Ce à quoi Georges rétorqua :

« La vue du sang ? Moi ça va, ce sont ceux qu'on va rencontrer qui risquent de ne pas trop apprécier, merci la crédibilité. Puis faisant la moue, il reprit aussitôt. Ouais, on va bien trouver un cours d'eau. Y'aurait pas autant d'herbe s'il n'y avait pas de flotte. Les arbres fruitiers, sont dans des fermes et des vergers, y'en a un peu partout tout autours, ils exploitent pour Ellipse... »

Il laissa sa phrase en suspend comme pour dire : enfin, si on est pas déjà grillé. Mais qu'importe, il fallait avancer. Il s'apprêta à reprendre la route en direction du sud ouest cette fois-ci lorsque Peter s'interposa. Il était grand, aussi grand que lui. Ainsi, il put le fixer droit dans les yeux et lui répondre nonchalamment :

« On va chez moi, sur les côtes de Sextus. Mais d'abord on trouve de quoi laver vos saloperies et des provisions, sinon on va clamser. »

Ainsi reprirent-ils vraiment la route cette fois.

Ils tombèrent sur le bras d'un ruisseau après une bonne heure de marche. Il les laissa se débarbouiller pendant que son ventre grognait de faim. C'est pendant cette petite pause désaltérante qu'une voiture fit halte pour faire boire ses chevaux, non loin d'eux. C'était peut-être là l'occasion de se faire conduire jusqu'au port, ou du moins jusqu'à une ferme.
Peut-être que la caravane transportait des vivres ou quelque chose d'utile à se procurer... ou à dérober. Au point où ils en étaient.

Quelqu'un descendit de la voiture qui était armé d'une épée qu'il avait la ceinture, et sortit de son sac à dos une paire de jumelle dont elle se servit pour observer le groupe. C'était un garde, un mercenaire, et son regard semblait rivé sur Eve qui prenait son bain. Il fit un geste autorisant le conducteur à dételer les chevaux et à les faire descendre jusqu'au lit du ruisseau. Un deuxième garde apparut, et sans se soucier de son collègue s'étira. Ils avaient fait probablement un long voyage. Ils ne pouvaient pas déjà être au fait des meurtres précédemment commis.

Georges quitta un instant ses deux compagnons d'infortune pour se diriger vers la caravane. Il leva les mains en signe d'apaisement et les gardes l'autorisèrent à approcher.

« Ola voyageurs ! S'écria le cinquantenaire. Prendriez vous des passagers par hasard ? »
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Eve M. Todrovitch

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Maladie mentale : Troubles paranoïaques

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 26 Fév - 18:47

Après les indications de Georges, Eve hocha légèrement la tête et se remit en route sans prendre la peine de tilter sur les termes qu’ils avaient employés pour définir l’acte de barbarie qui venait d’avoir lieu. Avait-elle des leçons à recevoir d’un ancien esclavagiste qui avait vendu ses semblables par dizaines ? Il ne devait pas se rendre compte de la clémence dont elle faisait preuve en ne lui faisant pas regretter ses magouilles obscures à coups de batte. Aussi difficile que cela lui coûtait de l’admettre, la jeune femme avait besoin de lui pour ne pas errer sans but dans Dreamland, et lui devait donc bien de le laisser intact.

Le soleil qui dépassait paresseusement le zénith prenait un malin plaisir à plomber l’échine des trois voyageurs. La russo-américaine avait refait glisser ses lunevolutives sur son nez pour pouvoir scruter l’horizon et ainsi ne pas être éblouie par les rayons qui enflammaient la plaine de ses reflets intenses. Le silence avait finalement eu raison de leur trio, ce qui n’était pas plus mal. N’ayant toujours rien avalé depuis la nuit de la veille, hormis sa boite de chocolat, l’estomac d’Eve se remit à pester furieusement tandis que ses forces lui échappaient littéralement à chaque pas. Les mains blanches envahies par les fourmis se plaquaient parfois contre son front lorsqu’un étourdissement semblait se manifester, pour ensuite glisser entre ses mèches de cheveux humides.

Ça l’agaçait de se sentir si peu en forme, même si elle avait déjà enduré pire après son passage à tabac. Il ne lui fallait pas grand-chose pour se remettre d’aplomb, habituée à ne manger que pour subvenir à ses besoins indispensables alors que son esprit n’éprouvait plus la « faim » depuis longtemps, mais pendant toute la première partie de leur marche, les denrées comestibles les avaient visiblement fuit.

Un petit « bip » signalant que ses lunevolutives étaient chargées retentit au moment où un ruisseau fut enfin visible. La taularde s’approcha jusqu’à la rive et déposa sa hotte au sol pour s’accroupir et commencer par se désaltérer. L’eau était fraiche. Elle s’en passa sur tout le visage, puis entreprit de nettoyer ses baskets, qui avaient été le plus maculées de sang. Ça ne fut pas tâche facile, mais ce fut fait, et sa batte put connaitre le même sort, ainsi que ses mains et les manches de sa veste.

En nage lorsque toutes les preuves de son méfait avaient été effacées, Eve estima qu’un petit rafraichissement ne lui ferait pas de mal. Sans aucune pudeur, malgré la présence des deux hommes non loin, elle retroussa son jean jusqu’au dessus de ses mollets et ôta son tee-shirt, ainsi que ses chaussures, pour mettre les pieds dans le ruisseau. Elle s’aspergea alors copieusement, se délectant des filets d’eau qui coulaient le long de son dos et au creux de ses seins retenus par son soutien-gorge usé. Avec des manières presque féminines, la détenue s’appliquait à tremper ses cheveux d’ébène et se redressait subitement pour les faire claquer contre sa nuque, déployant au passage une gerbe d’eau qui étincelait à la lumière du soleil.

En massant sa nuque tendue, Eve finit par se retourner et constater que Georges était en train de discuter avec deux types armées d’épées alors que le conducteur de la caravane faisait boire les chevaux en jetant régulièrement des regards dans sa direction. Levant imperceptiblement les yeux au ciel, la russo-américaine revint sur la berge pour enfiler son tee-shirt, remettre ses chaussures, dérouler les jambes de son pantalon et prendre sa hotte pour s’approcher à son tour des voyageurs qui faisaient halte.

Toutes les têtes s’étaient tournées vers elle, à croire qu’ils voyageaient entre mâles et n’avait pas vu de femme depuis longtemps – ou simplement parce qu’elle se baignait à demi-nue quelques instants auparavant – mais Eve conserva son expression impassible et sa voix inexpressive lorsqu’elle demanda, imperturbable :

- Qu’est-ce qui se passe ?

Elle se planta aux cotés de Georges, sa peau mouillée attirant son haut à épouser ses formes. Ses cheveux sombres comme un gouffre, encore bien humides, reflétaient les rayons du soleil qui avait l’air de vouloir embraser la plaine Félicité toute entière. Derrière les verres teintés de ses lunettes, ses yeux froids dévisageaient les deux dreamlandiens, prêts à retenir la moindre expression qui les condamnerait dans son esprit malade.

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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 5 Mar - 15:14

- … non, répondit simplement le garde après avoir rabaissé ses jumelles.

L’homme était visiblement contrarié d’avoir été interrompu dans son rinçage d’œil vicieux, et se rendre compte qu’Eve s’était rhabillée pendant cette interruption acheva de renfrogner ses traits. Hors de question de prendre en stop cette bande de pouilleux puants. La fille à la rigueur, mais s’embarrasser des mâles était hors de question. De toute façon la cargaison était trop précieuse pour s’embarrasser de passagers, possiblement voleurs dans l’âme.

Les gardes firent signe à Georges de prendre le large et le capitaine eut la présence d’esprit de capituler, au moins pour l’instant. Un homme d’expérience comme lui ne pouvait que reconnaître une situation défavorable et celle-là l’était. Tout ce qu’il gagnerait à insister serait un coup d’épée. Eve n’eut d’autre choix que de suivre sans aucune explication, après quoi la caravane se reposa une bonne dizaine de minutes avant de repartir.

Lorsque le convoi ne fut plus qu’un point à l’horizon, des chuchotements s’élevèrent de l’herbe haute, d’abord à peine audibles puis de plus en plus forts. Deux personnes se disputaient à n’en pas douter, et leur voix fluette laissait à penser qu’il s’agissait soit d’enfants, soit de créatures non humaines. La seconde proposition se révéla bien vite exacte lorsque deux petits êtres haut comme trois pommes écartèrent l’herbe jaunie pour jeter un coup d’œil au trio.

- Ils ne nous aideront pas, je te dis ! s’exclama le premier dont le visage était mangé par une abondante barbe rousse.

- Et qui d’autre le fera gros malin ? rétorque le second… ou plutôt la seconde dont la longue chevelure rousse cascadait dans son dos.

Tous deux fluets et vêtus de vert, ils n’arrivaient même pas aux genoux de nos comparses et portaient chacun sur l’épaule un baluchon au ventre renflé. L’homme agitait agressivement une longue flûte dans la direction de celle qui se révélait être sa femme, avant de la pointer sur Peter qui était le plus proche.

- Il a du sang sur ses vêtements, tu ne le sens pas, femme stupide ?

- Vieux grognon ! Retourne donc à la maison et laisse-moi me charger de cette affaire. Tu m’encombres et me fais honte, les dieux en sont témoins !

S’ensuivit alors une dispute incompréhensible au terme de laquelle l’homme finit par se taire et croiser les bras l’air grognon. Visiblement plus satisfaite la femme se fendit d’une charmante courbette avant de prendre la parole. C’était une délicate affaire qu’il s’agissait de régler rapidement, et ces étrangers semblaient envoyés par le destin pour remplir cette tâche. La confier à des locaux serait une folie, ils tentaient déjà trop souvent de les dépouiller pour pouvoir leur faire confiance.

- Voyageurs, je me présente à vous pour vous exposer une requête. Je m’appelle Aslinn, et voilà mon mari Dallan. Nous sommes des leprechauns pour le cas où vous ne l’auriez pas encore compris, et en tant que tel nous avons chacun un chaudron d’or.

La petite rousse au net fluté marqua une pause pendant laquelle elle observa le visage des membres du trio pour évaluer s’ils étaient dangereusement vénaux. Plutôt satisfaite de ce qu’elle y vit, elle reprit l’air grave :

- Or hier dans la nuit, quelqu’un est venu voler celui de mon époux, elle ajouta à son adresse la voix chargée de reproches, Parce qu’il est trop benêt pour veiller sur ses propres affaires. Bref, nous aimerions que vous retrouviez les voleurs et nous rapportiez notre bien. En échange nous vous donnerions des vivres nécessaires à notre voyage. Deux ou trois babioles utiles aussi, si vous travaillez bien.
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 5 Mar - 17:23

Pendant que Peter et Eve se décrassaient du sang des innocents sur leur peau et leurs vêtements, Georges avait décidé de prendre le taureau par les cornes afin d'améliorer leur situation. Au loin, une caravane s'arrêtait, et il prit l'initiative d'aller les voir. Qui sait s'ils pouvaient les embarqués jusqu'à bon port, ou au moins jusqu'à une fermette sur la route, histoire des les approcher un peu plus de leur objectif. Tout sourire, il leur fit une demande enjoué.

La banane pleine de dent qu'il affichait se raidit très vite à la réponse nonchalante du mercenaire. Un non, un simple non, juste un « non ». On ne pouvait pas faire une réponse plus directe et concise que cela. Et cela lui brisa le cœur. Georges comprit qu'il était dès lors inutile d'insister, sinon les épées remplaceraient les mots, et là, ce serait moche. Le garde affichait d'ailleurs quelques signes d'irritation. Georges l'importunait et l'avait interrompu dans sa séance de voyeurisme, aussi déguerpit-il sans demander son reste, entraînant Eve par le bras à la manière des gentlemen. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, aussi le quinquagénaire l'informa :

« Je crois que nous nous sommes fait éconduire, non pas que ton escorte les dérangerait. Je leur demandait s'ils pouvaient nous emmenés quelque part, mais ils m'ont répondu non.»

Ils étaient revenus vers Peter, agréablement silencieux, et continuaient leur petite pause, jusqu'à apercevoir la caravane sur le départ. *Ah les bâtards !* Le petit point que constituait la voiture les hommes et les chevaux disparut dans l'horizon...
Aussitôt, deux voix s'élevèrent dans le vent, on aurait dit deux enfants qui se disputaient. Georges se figea en direction des deux voix, et se détendit lorsqu'il vit surgir les deux êtres en écartant les brins d'herbes. Ces deux petites créatures ne leur arrivaient pas au genou, elles étaient rousse et vêtues tout en vert. D'habitude, les leprechauns ne se montraient pas aussi ouvertement aux étrangers, d'autant plus aux humains. Ils étaient intéressants, tout comme leurs possessions. La femme du couple de petits monstres, après une interminable dispute, prit la parole.

Georges, silencieux et encore sous le choc, c'était la première fois qu'il en croisait, s'assit en tailleur et écouta attentivement. Ils s'appelaient Aslinn et Dallan, c'étaient comme il l'avait deviné des leprechauns, et ils avaient un chaudron d'or. Ses yeux se mirent à briller, de l'or, comme celui qui l'attendait chez lui à Sextus. Mais le barbu se l'était fait volé. D'un premier abord, Georges pensa qu'ils n'avaient pas le temps de s'attarder. Chacun sa merde, la leur étant de gagner le port à temps avant de mourir d'inanition. Il leva la main, prêt à faire une pichenette entre les deux yeux d'Aslinn.
Mais il y avait une récompense à la clé, des provisions et des objets probablement magiques ! Il camoufla son geste en se passant la main dans les cheveux.

« Des babioles hein ? »

Il se caressa la barbe et se perdit dans ses pensées. Avec un peu de chance, ces « babioles » auraient assez de valeur pour leur payer la traversé en mer. Et puis des provisions, ça ne se refusaient pas quand il n'avaient rien d'autres dans le ventre que de l'eau de ruisseau depuis la veille. Pour lui, c'était ok. Ils avaient décidément trop de chance, rencontrer des leprechauns, qui plus est dans le besoin !

« Moi ça me va, top là petit machin ! »
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 6 Mar - 14:54

Elle ne reçut aucune autre réponse que celle de Georges qui l'entraina en lui prenant le bras. Malgré son geste sans brusquerie aucune, Eve se dégagea presque immédiatement, se refusant toujours à accepter les contacts qu'elle n'avait pas accepté au préalable. Faute de mieux, elle se rassit au bord du ruisseau et observa l'eau couler sans plus se tourner vers les inconnus qui leur avait refusé un peu d'aide. Elle n'avait pas besoin d'eux de toute façon, ce n'était pas comme si elle n'avait pas l'habitude de marcher de longues heures à pieds : pendant sa période d’errance aux États-Unis, elle avait très rarement eu le luxe de se payer un moyen de transport digne de ce nom.

Durant tout son mutisme, ses pensées se disloquaient, comme attaquées par un serpent de paranoïa aussi brumeux qu'elles l'étaient. Les raisons de son voyage vers Sextus, le pourquoi de son désir de réveil, ses antécédents dreamlandiens,... tout se mêlait en une boule inextricable, d'où ne ressortait que la liste des personnes que ses pulsions pathologiques condamnaient à un traitement très peu enviable. Sous couvert de savoir parfaitement ce qu'elle faisait, la russo-américaine avait l'impression de perdre pied dans un monde complexe où les étapes intermédiaires entre elle et son objectif se démultipliaient à chaque fois qu'elle croyait avancer. Peut-être devrait-elle accepter d'entamer une nouvelle vie dans cette dimension ? Peut-être que les réponses se présenteraient au fur et à mesure qu'elle cessera de les chercher ?

Poussant un long soupir, elle appuya ses mains dans l'herbe et se pencha légèrement en arrière, savourant sur son visage laiteux les morsures du soleil de la plaine - sensation si rare derrière les barreaux. Sans aucune vraie raison, les souvenirs de l'intimité partagée avec Liam lui revint, fugaces, presque sournois. Et si ça avait été l'occasion de passer l'éponge sur le portrait taillé sur mesure par les tribunaux ? Renier le monstre et rester la femme, celle qui subsistait loin, très loin sous la carcasse aliénée. ...Non, elle n'aurait pas pu : parce que l'ex-taulard s'était révélé être un individu de la pire espèce, parce que son acolyte n'était pas mieux, parce qu'elle avait croisé vermine sur vermine, parce que sans sa force, elle n'était plus que destinée à plier sous le poids des injustice. Prisonnière qu'elle était de cette "humanité" aux traits distordues. Les médecins la disaient folles, mais c'étaient les autres qui l'étaient. Uniquement les autres.

Le manège chaotique de ses réflexions, entre puits paranoïaque et sommets de lucidité, fut interrompu par deux individus roux aux vêtements verts qui commencèrent par s'enguirlander devant le trio de voyageurs. Agacée par ces opportuns, Eve faillit leur demander de s'en aller, mais la femme prit enfin la parole pour leur exposer le problème. Des Leprechauns, il ne manquait plus que ça. La détenue les détailla de ses yeux froids, s'attendant presque à ce que brusquement, l'un d'eux déclare que c'était une bonne plaisanterie. Le peu de jour qu'elle avait passé à Dreamland ne lui permettait pas encore d'admettre sans sourciller le fait de rencontrer deux êtres de contes de fées. Pourtant, elle fut obligée d'accepter la réalité des propos et surtout, sa conscience malade l'empêchait de tourner le dos à une injustice si évidente. L'idée de recevoir des provisions en échange était en soi attrayant : si son esprit savait se détacher de la nourriture, son corps, même astral, ne résisterait pas éternellement aussi mal alimenté.

Si Georges proposait déjà de conclure le contrat, la russo-américaine pivota pour regarder les deux petits êtres de ses pupilles inexpressives. La dernière fois qu'elle avait aveuglément fait confiance à un inconnu, on lui avait demandé de mettre à jour des comptes mafieux tout en la défendant de rectifier les mauvais payeurs. Même si Aslinn et Dallan paraissaient moins suspects que Blackberry, il lui faudrait au moins un minimum d'information s'ils pouvaient espérer être aidés ; il était hors de question qu'elle ratisse l'intégralité de la plaine félicité pour retrouver l'or d'un Leprechaun étourdi, elle aurait plus vite fait de se trouver ses provisions elle-même. Eve retira ses lunevolutive, dévoilant ses yeux aux éclats glacés, aussi impénétrables que son impassibilité, et demanda laconiquement :

- Vous n'auriez pas des informations pour nous aider à commencer ? Une idée de l'identité du voleur ? De son moyen de transport ? De l'endroit où il va emmener l'or ? Éventuellement comment il a réussi à le voler, les armes qu'il utiliserait, ses facultés... n'importe quoi qui nous donnerait une piste. Vous ne pensez quand même pas qu'on va fureter au petit bonheur la chance jusqu'à tomber sur votre coupable ?! Il est peut-être déjà loin.

Une vieille - très vieille - réminiscence d'histoires qu'elle avait pu lire étant petite lui revint. Levant imperceptiblement ses yeux marron au ciel, elle croisa les bras avant de demander avec un calme inexpressif qui jurait avec le caractère fantastique de ses propos, qui ne lui allait pas vraiment :

- Il n'y a pas un moyen de suivre la trace de l'or par hasard ? Dans notre monde, on raconte aux gosses qu'on trouve des pots d'or de Leprechaun aux pieds des arcs-en-ciel, alors la réciproque est peut-être vraie ? Je suppose que ça nous arrangerait qu'elle le soit.

Eve préférait ne pas penser à ce qu'elle était en train de faire : la voici presque traqueuse d'or pour le compte d'un duo de personnages féeriques. Si Thores apprenait ça, elle aurait sans doute une très bonne raison de vouloir la faire suivre à vie.

Direction => ICI

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Dernière édition par Eve M. Todrovitch le Mar 17 Avr - 20:38, édité 1 fois
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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 18 Mar - 13:34

Après un « non » significatif, le convoi reprit la route et disparût bientôt de mon champ de vision. Qu’ils n’aient pas acceptés de nous embarquer était une très bonne chose, Jade allait peut-être revenir dans pas longtemps … Dans tous les cas, je savais qu’elle allait revenir, c’était une sorte de certitude, comme si elle m’avait dit elle-même qu’elle reviendrait …

J’allais poser mon derrière dans l’herbe quand deux petits êtres pointèrent le bout de leur nez. Qu’est-ce que c’était que cette connerie ? Des elfes ? Et puis quoi encore ? Des poneys roses avec des fées clochettes aussi … Je me demandais si je ne m’étais pas un peu drogué. Remontant le temps dans ma tête en laissant de côté les nains qui expliquaient leur situation, je ne me souvenais pas avoir pris quelconque médicaments ou drogues. Et si c’était vraiment un autre monde, le ‘monde des rêves’, c’était bien ça Dreamland … Les deux acolytes semblaient accepter d’aider les deux petites choses sous prétexte qu’il y avait une récompense à la clef.

Si ce n’était pas intéressé, il fallait me dire ce que c’était … Eve leur demandait des renseignements sur ce qu’ils devaient rechercher. Ils pouvaient se téter les yeux pour que je les aide, ils avaient qu’à se démerder seuls. Pendant que les elfes ou je-ne-sais-quoi donnaient les renseignements que la tueuse demandait, je m’éclipsais sans faire de bruit pour aller m’asseoir plus loin, le long de la rivière.

C’est vrai que j’avais du sang sur mon tee-shirt, si Jade voyait ça, elle flipperait. J’enlevais ma veste et mon haut pour les nettoyer, une fois terminé, je les laissais sécher à côté de moi quelque temps. En attendant qu’ils soient secs, je m’allongeais dans l’herbe en fermant les yeux. Je pouvais voir Jade, je sentais encore sont contact … Qu’est-ce qu’il pouvait bien m’arriver ? C’était étrange, trop étrange … Je sentais que je devais l'attendre, même si cela devait me coûter du temps, beaucoup de temps, voir quelques bastons.

Je regardais les petits êtres quelques instants avant de rouler des yeux pour observer le ciel. Comment avais-je pu tomber ici ? L'accident, ou plutôt la connerie que j'avais fais de m'endormir au volant, bien sûr, mais je ne m'étais jamais endormis en conduisant avant, je me demandais si quelqu'un n'avait pas mis quelque chose dans ma bière ...
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 12 Avr - 15:24

« Petit machin » n’était pas ce qu’on appelait un qualificatif agréable mais c’était mieux que rien. A vrai dire Aslinn connaissait le capitaine de réputation et avait même assisté à l’enlèvement de nombreux voyageurs par cet homme étrange. Ce n’était pas quelqu’un de confiance mais même s’il tentait de les doubler il se retrouverait le bec dans l’eau. C’était une garantie acceptable du point de vue de la demoiselle leprechaun. Et si la conduite de Georges n’était pas très urbaine, celle d’Eve était presque insultante. Elle les prenait pour des idiots à n’en pas douter. Qu’est-ce que croyait cette grande perche guindée ?

- Prenez-vous le temps de respirer, parfois ? interrogea malicieusement la rouquine avant de reprendre plus sérieusement, Vous croyez sincèrement que je vais m’amuser à raconter l’histoire complète à tous les passants sans m’être assurée qu’ils sont fiables, ou même volontaire pour ce travail ? Le mot patience n’existe pas simplement pour combler un trou dans les dictionnaires mademoiselle.

- Je t’avais dit de ne pas aller les voir, grommela son mari qui tournait le dos à la troupe.

- Ça suffit ! l’interrompit sèchement Aslinn, Bref. Pour résumer cette affaire, c’est un gamin du coin de 16 printemps qui l’a dérobé à n’en pas douter. Mon mari passait son temps à le taquiner alors que l’enfant tentait de le dépouiller de ses biens et à force de le sous-estimer il s’est fait avoir comme un débutant.

Un grommèlement contrarié s’éleva de la barbe fournie de Dallan mais sa moitié n’y prêta pas attention le moins du monde. Elle était bien trop occupée à tendre à Georges une carte miniature des environs sur laquelle apparaissait quelques hameaux (parmi lesquels Blackwood city). L’une d’elle du nom de Bolbec établie le long du cours d’un ruisseau était entourée d’un large trait rouge, sûrement l’endroit où le voleur résidait.

- Le chenapan a trouvé refuge chez lui, et nous ne pouvons-nous permettre de déambuler dans une ville humaine comme bon nous semble. Je suppose que sa soudaine richesse ne passe pas inaperçu mais il risque d’être difficile à trouver malgré tout. Pas besoin de le châtier ou de lui faire la morale : tout ce que l’on veut c’est récupérer le chaudron et son contenu. Tout son contenu.

Elle avait insisté sur les derniers mots en croisant les bras, son regard vert dardant les deux personnes qui lui faisaient face. La troisième avait visiblement repoussé leur offre et n’existait donc plus pour elle. Si certains ne savaient pas saisir les opportunités qui se présentaient à elle, ce n’était pas son problème.

Il ne resta plus qu’à désigner l’endroit où ils se trouvaient comme lieu de rendez-vous, après quoi le couple s’éclipsa le temps d’un battement de cils. On aurait presque pu se demander si tout ça n’avait pas été un rêve sans la persistance de la carte locale entre les doigts de l’ex-capitaine du slavedog millionnaire.

Que la chasse au trésor commence…

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Alice Sprigan

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 22 Mai - 20:55

Tout était si noir … Et pourtant, je n'avais pas peur. Enfin pas vraiment. Mais le noir disparut assez vite pour laisser la place à un ciel limpide. Étrange. J'étais entourée d'arbres pourtant. Comment le ciel pouvait-il être aussi dégagé en cet instant ? Plus de branches, plus de feuillage, rien que le ciel et des herbes, si hautes, qu'elles montaient haut sur mon corps frêle.
J'essayais de rassembler mes souvenirs. Quelque chose venait de se passer … Mais quoi ? Impossible à dire...
Ah ! Mais si ! Le nid ! L'oiseau furieux et ses coups de bec ! Et … la chute...
J'étais tombée ? Mais pourtant …
Rapidement, je me passais la main sur l'arrière de mon crâne, là où, quelques secondes avant j'avais ressentit une vive et fugace douleur. Rien. Je n'avais pas mal. Et il n'y avait pas de bosse.
Soulagée, je me demandais tout de même une chose …
JE SUIS OU ??????
La boule d'angoisse qui se saisissait d'ordinaire de mon estomac et de ma gorge lorsqu'il se produisait un événement inadéquat fit soudain son irruption. Seulement, elle était plus véloce que d'ordinaire. C'était comme si mon univers tout entier était en train de vaciller dans un abîme sans fond. Ma respiration se fit rapide et courte, comme un petit animal apeuré. De panique, je me mis à observer les alentours avec frénésie sans pourtant imprimer la scène que je voyais. Mon cerveau ne parvenait pas à analyser les choses. Tout était trop brusque, trop anormal !
ÇA NE DEVRAIT PAS ETRE COMME ÇA ! NON NON NON !

De mes deux mains je me saisi la tête, un peu au dessus des oreilles et appuyais très fort, comme si ce simple geste pouvait chasser cette scène absurde. Une grimace déformant mon joli visage, je me mis à gémir sans même m'en rendre compte. La panique. Voilà tout ce qui coulait à présent en moi, poison vicieux à la recherche de ma raison pour la dévorer. Panique suffocante comme une marée trop haute ! Panique étouffante comme un désert de sable s'écoulant dans ma gorge sèche ! Panique ! Tout n'était plus que cela !

Le son dans ma gorge ne mourait pas, note unique se prolongeant, ne cessant que lors de mes nombreuses inspirations saccadée par des sanglots qui se refusaient à se déverser par des larmes. De temps en temps, ponctué par des fluctuations incontrolées.

Il fallait trouver. Il fallait me calmer. Sinon j'étais perdue. Me calmer. Trouver la paix. Trouver le chemin, la seule voie possible.
A mes oreilles, alors que je commençais à osciller d'avant en arrière, debout à pied joint, un tintement familier résonna comme un glas libérateur. Tendant l'oreille pour en découvrir l'origine, mais ne cessant pas de me balancer doucement, je cherchais tout en fixant mes pieds. Mon gémissement s'était tut, ainsi j'entendais mieux ce petit bruit que j'adorais. Un mot me vint à l'esprit. Associé à ce bruit.
« Coquille », dis-je dans un murmure inespéré.

Puis, mes doigts se glissèrent vers mon cou, quittant mes tempes, et agrippèrent une série de coquilles nacrées et bleutées agencées le long d'un simple fil de nylon. Hypnotiquement, je me mis à les faire tourner doucement, les faisant s'entrechoquer tout aussi doucement et produisant faiblement ce son rédempteur. « gling » « gling »
Un petit sourire discret se dessina timidement au coin de mes lèvres et au bout d'un long moment je levai enfin les yeux et remarquai deux hommes prêt de moi.
Mes yeux passèrent rapidement sur leur corps sans rencontrer une seule fois leur regard et mon attention se reporta sur les coquillages. Rien d'autre ne comptait. Les coquillages. Ces petits bouts de nacre polis par la mer que j'avais trouvé et réunis ensembles pour que plus jamais ils ne soient séparés. Petites coquilles vide qui avait abrité la vie...
Et durant tout ce temps, je ne cessais de me balancer doucement d'avant en arrière, comme si je me trouvais sur un navire instable et que je cherchais mon équilibre.
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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 22 Mai - 21:34

J’entendais des bruits, il y avait quelqu’un d’autre, tout près. Jade ? Je me levais et suivi le bruit. Non, cela ne pouvait être Jade. C’était des pleurs d’enfants … Je n’aimais pas les enfants, mais, si même un adulte est perdue ici, qu’est-ce qu’un enfant pourrait devenir ?… Je trouvais une fillette dans les hautes herbes, sans m’en rendre compte, le capitaine m’avait suivi, sûrement alerté par les gémissements, ou alors était-il en quête du trésor perdue par les êtres étranges … Eve n’était plus là, c’était déjà ça, je n’avais donc plus à supporter d’être surveillé constamment comme un prisonnier en liberté conditionnelle. La fillette paraissait belle et bien perdue, tentant sans doute de calmer ses pleurs en tripotant son collier de coquillages. Elle levait la tête quelques instants en faisant glisser son regard sur nous sans vraiment sembler nous prêter d’attention particulière. Bref, elle n’avait pas l’air bien … Je posais un genou à terre pour me mettre à sa hauteur et tenter de lui décrocher quelques mots.

- Hé, petite, dis-je en tentant de prendre un ton rassurant, comment t’es arrivée là ?

Pas de réponse. Pas même un regard ou une réaction. Cette petite était étrange. Elle paraissait faible … Son allure de petite fille sage, ses long cheveux qui cachaient la quasi-totalité de son visage … J’avais deux solutions : soit je la gardais à l’œil, soit je la tuais … Après un rapide regard vers Georges, je me disais que la première solution serais plus convenable. Le capitaine aurait sûrement trouvé ça horrible de tuer quelqu’un avec pour seule raison, la faiblesse. Mais bon, quand on y est habitué, ça devient tout à fait normal. Bref, je me mis en tailleur à côté de la petite en attendant une quelconque réaction de sa part. Après 2 ou 3 longues minutes d’attente, je décidais de retourner à ma place, voyant que le capitaine était encore là. En fait, je trouvais que cet homme n’avait aucune utilité, je pourrais le tuer, mais je n’en avais pas l’envie pour l’instant, je verrais bien au moment où ça me prendra. Je m’assieds au même endroit où j’étais il y avait peut-être 10 minutes à peine, et regardais l’eau couler doucement. Quand Jade allait-elle se décider à revenir ?
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 23 Mai - 20:04

Eve avait disparu tandis que les deux leprechauns finissaient de peaufiner le marché. Georges saisit avidement la carte locale bien précieuse, non seulement pour connaitre l'emplacement de leur objectif, mais aussi pour ne pas errer inutilement dans ces plaines herbeuses infinies et périr stupidement d'inanition. Les deux petits êtres disparurent, laissant le capitaine pantois, comme si cette rencontre n'était que le vague souvenir d'un rêve pourtant bien réel.

Peter partit bouder dans son coin. C'est en le suivant du regard qu'il s'aperçut de la présence d'une petite fille recroquevillée, à peine dépassant des hautes herbes. Elle semblait sévèrement perturbée et tripotait frénétiquement son chapelet de coquillage. La présence de Peter ne devait rien arranger aux choses, d'autant plus qu'il s'y prenait assez gauchement. C'était comme si cette petite chose le répugnait, et qu'il s'enquerrait de son sort uniquement par une convention de politesse, comme lorsqu'on demande si ça va en disant bonjour. En fait, quelle que soit la réponse, on s'en fout.

Georges s'approcha, consterné une nouvelle fois par ce violent personnage, de la gamine. Il se pinçait l'arrête du nez. Cette fille allait être un boulet.

"Il est évident que la mioche n'est pas une autochtone... C'est une voyageuse comme nous, et elle à l'air sacrément atteinte."

En effet la gamine détaillait ce qui l'entourait frénétiquement sans chercher le contact avec eux. Pour elle, ils n'existaient pas, pas encore. Elle devait certainement vivre dans son petit monde. Mais aussi atterré qu'il était, le quinquagénaire était bien décidé à accomplir sa mission pour toucher la récompense (après tout il fallait juste botter le cul à un sale petit morveux et de lui voler sa sucette) sans cruellement abandonner Alice entre les mains de ce piètre boucher. Après le meurtre à mains nues, qui pouvait savoir ce dont il était capable avec une proie aussi jeune.

Georges s'agenouilla devant elle, lui tendit sa main et dit :

"Salut gamine, c'est quoi ton nom ? On va devoir bouger, tu viens avec moi ?"

Il sentit souffler le vent du désert suite au silence qui s'en suivit. Il maintint sa main avenante tendue, elle était peut être longue à la détente ?
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Alice Sprigan

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 23 Mai - 20:40

Je n'avais prêté aucune attention au premier garçon qui était venu me voir. Pas même lorsqu'il avait posé ses fesses dans les herbes hautes. Même le deuxième ne m’intéressa pas vraiment. Tout en continuant de faire tourner et s'entrechoquer mes précieux coquillages nacrés, je me mit à fredonner un air qui me trottait dans la tête. Je ne savais plus vraiment où je l'avais entendu. Peut-être à la maison. Ou alors c'était le sifflement d'un oiseau que j'avais retenu. Peu importait j'aimais le fredonner. Comme un doux métronome, il mettait du baume à mon cœur et mon sourire s'élargit. Lui qui était timide au début s'étendait désormais d'une oreille à l'autre de mon visage rayonnant. Terminée l'angoisse, envolée la terreur !
Je lâchai enfin mon collier et relevai la tête. Je vis alors une main que l'on me tendais et fut surprise de voir un homme au bout. Je sursautai tout d’abord. Je le fixai un moment, sans jamais croiser son regard. Il me faisais penser à quelqu'un que j'avais déjà vu. Mais je n'arrivais plus à me rappeler qui.
*Peu importe* songeais-je.

Puis je me mis à rire aux éclats. Parce que le vent était frai, qu'il sentait bon et qu'il caressait mon visage comme les plumes d'un oiseau fugitif. Alors, je saisi la main qu'on me tendais. C'était bien cela qu'on m'avait appris à faire !
Lorsqu'on me tend une main c'est pour me mener dans un endroit important, pour faire quelque chose d'important. Et puis l'homme avait un visage qui me rappelait quelque chose. Peut-être que je le connaissais mais que je ne me souvenais plus ? Quelle importance ? Lui devait savoir qui j'étais !

Lorsque mes petits doigts rencontrèrent la peau dure et rugueuse de cet homme, mes poils se hérissèrent un instant. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
Mais, apaisée par la douceur du vent et la chaleur qui rayonnait dans mon cœur, je laissai là mon instinct pour le moment et savourai le délicatesse du moment.



Cet endroit était magnifique. Mieux encore que ma foret ! Il devait sûrement y avoir des amis à se faire ici aussi ! Il faudrait que j'essaye d'en trouver. Mais pour le moment, le monsieur voulait m'emmener quelque part... Il était si grand à côté de moi! Une vrai montagne! Tout autre que moi aurait sans doute eu peur d'un tel colosse à ses côtés. Pourtant, il me laissait complètement indifférente... Il aurait été l'un de ces brins d'herbes qui me chatouillaient parfois le visage qu'il n'aurait pas suscité plus d’intérêt. Sa main était chaude et sa poigne ferme sans pour autant être douloureuse. C'était très bien comme ça. Au moins je connaissais ce contact... Je me demandai quand même à un moment où il voulait m'emmener. peut-être à la maison?

Cependant, alors que je marchais doucement, une sensation familière s'insinua en moi, désagréable et immuable. Je me mis alors à me tortiller comme un ver et, pressant ma main libre sur ma vessie je levais pour la première fois un regard rapide et fuyant vers celui qui me tenait la main en faisant une grimace des plus explicites. Nul besoin de parole lorsque les gestes parlent à leur place !
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 28 Mai - 14:14

La main figée dans le vide, le capitaine insista malgré le vent retentissant qu'avait engendré son geste. Il regardait le visage enfantin de la gamine qui s'échinait à fureter partout sauf dans ses yeux, à ce moment il était difficile d'établir le moindre contact quand on ne captait pas la moindre attention. Triturant son collier de nacre, elle chantonna un air mystérieux, le sourire de la petite s'élargissant en une banane attendrissante. Soudain, ce fut comme si elle se rendit compte de la présence de Georges.

Elle eut un sursaut de surprise puis s'attarda sur le corps de l'opportun sans jamais croiser son regard. Au grand étonnement du cinquantenaire, elle eut un éclat de rire. Cette gamine était vraiment déstabilisante, il ne savait plus quoi faire, et le flot intarissable de pensées qui déferlaient dans sa tête l'empêchait de réfléchir sérieusement. Il pensait à la fois à une ombre, à une créature perdue et à Mary Ingalls. Impossible de la définir, elle ainsi que la conduite à adopter. A défaut de mieux, il se secoua la tête et maintint sa main chaleureuse tendue vers elle.

Au bout d'un long moment de solitude, Alice attrapa enfin sa main et se releva, prête à marcher. Elle n'avait pas décrocher un seul mot, laissant ses questions sans réponse. Georges se gratta la tête, se demandant bien ce qu'il pourrait bien faire de cet enfant. Il pourrait très bien l'emmener jusqu'au village où se trouvait le gamin qui avait dépouillé le leprechaun et la laisser au bon soin d'un habitant. Quoiqu'il s'en voudrait de faire une erreur de jugement et de l'abandonner à un charlatan de première. Et sa vulnérabilité la rendait attachante.

"Rrraaaaah, bordel !"

Jura-t-il. Il n'aimait pas être incommodé de la sorte. Avant, tout était clair, aucun scrupule, il en aurait tiré ce qu'il pouvait puis serait partit, un peu plus riche que la veille. Mais maintenant tout était différent, plus de pouvoir, plus d'influence, plus de contenance. Une chose au moins était sûre, ils ne devaient pas s'attarder plus ici, au milieu de nulle part. Georges entama la marche, son long bras maigre se prolongeant avec celui plus courtaud d'Alice.

"Tu m'as toujours pas dit comment tu t'appelais au fait ? Moi c'est Georges. Et lui là bas qui boude c'est Peter, mais c'est un très vilain garçon. C'est un connard même."

Le silence le pesait un peu. Et puis qui sait, comme pour la poignée de main, peut-être qu'en insistant il obtiendrait quelque chose. De sa main libre il plaça la carte miniature que les petits être lui avaient fourni devant ses yeux.

"Alors... On doit aller à... Bol...bec. Bolbec, c'est le long d'un ruisseau, ça devrait pas être difficile à trouver."

Tandis qu'ils longeaient la rivière jusqu'à atteindre le fameux ruisseau, Georges sentit le contact régulier de sa main se remuer. Il porta attention à Alice qui se tortillait comme un vers. Elle demeurait silencieuse mais son langage corporel était sans équivoque.

"...Non..."

Elle l'entrainait dans une situation assez gênante. Il n'était pas babysitter, même s'il avait déjà eu une fille (aussi ingrate soit-elle), cela remontait à il y a une éternité.

"Bon ba, vas-y. Tiens, va derrière ces buissonnets. Tu veux pas que je t'y emmène quand même ?!"
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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 28 Mai - 22:16

Pfou, qu'est ce qu'on peut s'ennuyer dans ce bled ... Voyant que le capitaine et la fillette prenaient la route, j'hésitais à les suivre. Après tout, Jade n'allait peut-être pas revenir tout de suite. Je suivais le duo, après que la petite chose soit allée derrière les buissons pour faire ses besoins, j'interpellais Georges.

- Alors, je suis un connard ?

Il ne semblait pas avoir remarqué que je les avais suivi. S'il voulait parler à propos de moi, j'étais très ouvert ... Pour lui refaire le portrait ! De quel droit croyait-il pouvoir m'insulter de la sorte ? Non mais oh ! Soit il s'excusait, soit il confirmait ses dires et ça allait aller mal pour lui. Je savais que j'étais un sale type, un tueur, ce mec n'avait pas le droit de m'insulter de connard sans ma connaitre. Oui, il m'avait vu tuer un mec, et alors ? Ce n'est pas une raison ! J'allais le choper au col quand je me rendais compte que la petite ne revenait pas. Il ne fallait pas deux heures pour faire ça non plus ...

Cette petite n'était pas nette elle aussi ... Elle me faisait penser à ... Cette fille ... Comment s’appelait-elle déjà ?
Sandra ? Non. Lana ? Non plus. Anna ? Non, Anne, oui, c'était Anne ... Une jolie fille, plutôt attirante, brune, pas trop mince ni trop grosse, un peu plus jeune que moi, peut-être avait-elle 20 ou 21 ans maintenant ... Je ne savais plus où je l'avais rencontré, c'était une de mes premières rencontres, et c'était même la première et dernière qui c'était bien passée pour une fille qui passaient entre mes mains. Je ne l'avait même pas torturé, même pas violé ... Je me rappel du nombres de questions inimaginables qui avaient défilée dans ma tête. J'avais bien essayé de la retrouver par la suite, mais c'était impossible de retrouver quelqu'un sans avoir son nom de famille, son numéro ou même son adresse.

Bref, cette petite fille me rappelait Anne, J'avais comme une envie de violence envers cette petite chose, mais je sentait également que je ne devais rien lui faire pour l'instant ... Etrange, vraiment. Elle semblait toujours perdue, comme si nous n'étions pas dans le même monde, comme si elle vivait quelque part dans une autre dimension ... Qu'est ce que je raconte ?! Ce n'est qu'une gosse totalement paumée, ou du moins, qui tente de faire croire qu'elle est paumée.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 29 Mai - 14:30

HRP : Et qui est de retour pour le plus grand plaisir de Peter ?! Mais c'est Eeee-veuuh. kof kof. Je n'ai pas spécialement parlé de toi parce qu'au moment où elle arrive, tu étais derrière ton buissonnet Alice, mais je ne t'ai pas oublié ne t'en fais pas. ^^

*** A San Francisco – centre pénitencier pour femmes ***

Le grincement de la porte de sa cellule lui chanta une mélodie devenue si familière. Les normes de sa libération sous surveillance lui tournaient encore dans le crâne, comme un leitmotiv susurrant qu’elle ne serait pas sortie de taule, on allait juste lui agrandir sa cage. Elle avait même gagné des séances chez une psychiatre barge qui l’hypnotiserait régulièrement pour l’envoyer dans une autre dimension. Eve avait du mal à croire ce qui lui arrivait en réalité. Plus les minutes s’écoulaient, longues comme des heures entières, plus elle avait la sensation que son périple n’avait été qu’un songe, une chimère de son esprit cousue en quelques secondes. Qui sait ? Ses désirs refoulés de liberté, dirait Freud ? Après tout, même le sexe avait été au rendez-vous, ainsi que toutes les tares qui la mettaient hors d’elle.

La gardienne la poussa à l’intérieur avec un brin de rudesse. Ce n’était pas particulièrement le genre de la maison non, il fallait le reconnaitre, mais en ce qui la concernant, le « monstre », les mesures de douceurs étaient écartées depuis longtemps. La russo-américaine tourna vers la quarantenaire son regard glacé, aussi inexpressif qu’une bille de verre.

- On vient te faire sortir ce soir, informa l’employée du pénitencier en fermant soigneusement la cage.
- Je suis sûr que je vais tous vous manquer, ironisa la paranoïaque de sa voix sans couleur.
- Ouai, compte là-dessus.

La gardienne s’éloigna de son pas sec, sans un mot supplémentaire. La comparse de cellule d’Eve, la seule qui ait réussi à lui tenir compagnie plus de quelques mois sans se faire casser la figure, leva les yeux d’un livre corné qu’elle dévorait pour la dixième fois. Celle-ci n’avait pas non plus la trentaine. Une blondinette aux traits tirés par une vie difficile, condamnée pour une bête affaire de consommation de drogue.

- Alors ? demanda-t-elle simplement.
- Une psy, rétorqua la russo-américaine en montant sur son lit, elle m’a hypnotisé en me faisant croire que ça me « guérirait » ; et elle m’a balancé le deal que soit j’ai droit à ma libération sous condition de la visiter chaque semaine, soit elle me fait enfermer dans un asile.
- La salope…
- C’est un peu ça. Je pense que ça fait bander le directeur de me croire tarée.

La blonde eut un bref éclat de rire, puis le silence s’installa entre les deux colocataires. C’était toujours comme ça : pas de relation de « bonnes copines », pas de discussion enflammée pendant des heures. De toute façon, les deux jeunes femmes n’avaient rien à raconter, rien à se confier que des vies sans intérêt, rempli de son lot de misère et d’injustices. Certes, la paranoïaque aurait pu parler de Dreamland, raconter comme tout ce séjour – pourtant long de presque deux jours – s’était pourtant déroulé dans sa tête en quelques minutes. Mais non. Avouer s’être rendue dans un « monde parallèle » ici et maintenant, ce serait briser toute la crédibilité qu’elle avait mis si longtemps à se forger en prison.

Allongée sur son lit miteux, ses paupières s’abaissèrent sur ses yeux marron glacés. Lentement, elle se sentit s’assoupir. D’un sommeil tout à fait normal d’abord, puis d’un coup, la même sensation désagréable qu’elle avait eu en revenant du monde des rêves se manifesta. Son esprit, sans doute encore fragilisé par son précédent voyage, était de lui-même retombé dans les affres oniriques et cette fois, sans l’aide de personne.

*** A Dreamland – Plaine Félicité ***

Eve se retrouvait là où elle était partie, au détail près que les Leprechauns n’étaient plus là. C’était à n’y rien comprendre. Comment ?! Pourquoi ?! Tout était comme si elle n’était jamais partie, de son apparence qui laissait à désirer aux alentours ensoleillés. Il y avait même encore les deux zigotos qui lui avaient tenu compagnie, Georges et Peter, éloignés de moins d’une centaine de mètres. La russo-américaine n’avait pas encore vu la petite autiste, et se demandait sérieusement si ça valait le coup de rejoindre le couple d’hommes. Elle passa une main dans ses cheveux noirs, le soleil frappant sur son front blême, puis se souvint que le pirate était expérimenté, et qu’il aurait peut-être des réponses – lui.

S’attendant encore à disparaitre de nouveau à chacun de ses pas, la paranoïaque rejoignit le cinquantenaire, non sans gratifier au passage le cachexophobe de son regard inexpressif.

- Vous partiez sans moi capitaine ? J’avais pourtant cru comprendre que vous aimiez la bonne compagnie.

Impossible de déceler l’ironie derrière son expression impassible, et d’ailleurs, Eve n’avait pas envie de rire. Elle renvoya d’un mouvement de tête sa chevelure onyx dans son dos et reprit avec sérieux :

- Je ne comprends pas… on m’a réveillé de mon hypnose, mais je suis revenue ici tout de suite après, de moi-même. Je ne vais plus pouvoir fermer les yeux tranquille ?!

En fait, elle n’attendait pas vraiment de réponse, il n’y en avait pas. Mais tout ce que pouvait lui dire Georges d’utile était bon à prendre.

_________________
♫ Le sang épais & chaud galvanise mes mains . Mon cœur, par terre, emprunte le chemin qui mène à l'horreur d'une excitation morbide . ♪


Dernière édition par Eve M. Todrovitch le Mar 29 Mai - 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 29 Mai - 15:29

L'homme me désigna les buissons... Moi qui d'ordinaire ne comprenais rien à ce qu'on me demandait, j’avais très bien comprit ce qu'il voulait. Il faut dire que lorsque j'allais en foret avec maman et que celle ci s’asseyait sur un tronc couché pour lire tranquillement, j’avais prit l'habitude de soulager ma vessie toute seule, comme une grande et sans en mettre sur mes vêtements !!!! Un exploit remarquable !
Je m'en fut donc à l'endroit désigné et, une fois bien camouflée, je m'employai à défaire les boutons de mon pantalon. Comme ils étaient durs !
Toute à mon affaire, j'entendais une voix de garçon, ou deux, je ne sais pas trop. Puis la voix d'une femme ! Étrange. Il n'y avait pourtant pas de femme... Bah, peu importe. Elle était peut-être apparue, comme moi-même j'étais apparue. Ça se tenait.

Une fois terminé, je remontais mes vêtements et dissimulais mon besoin avec de la terre comme faisaient les animaux. C'était vrai que c'était quand même plus propre ainsi !
C'est alors que je vis la plus belle plume qu'il m’est jamais été donné de voir ! Elle était toute petite, à tel point qu'elle tenait sans dépasser dans la paume de ma main. D'une couleur noir de jais elle avait pourtant à certains endroits des petits reflets bleutés absolument sublimes. Elle était toute ébouriffée, comme si l'oiseau qui l'avait perdue s'était prit une grosse bourrasque de vent avant de la perdre.
Toute émue, je la saisi délicatement, la subtilisant à la branche qui l'avait retenu jusque là. Puis, avec précaution, je l’approchais de mon visage pour la voir encore mieux. Tout doucement, je me mis à lui murmurer qu'elle était la plus jolie plume du monde et que je prendrais grand soin d'elle.

Précautionneusement, je la glissai dans ma poche de telle sorte qu'elle ne risquerait pas de s’abîmer.
Puis, toute guillerette de cette magnifique trouvaille, je me mis en quête de plus beaux trésors !

M'enfonçant plus encore dans les buissons qui m'avaient dissimulés, je cherchais frénétiquement d'autres plumes sans en trouver une seule. Cette petite plume noire ne pouvait pas être la seule des environs quand même ! Les oiseaux perdaient souvent leurs plumes et là où il y avait un oiseau il y en avait plusieurs. Donc, la logique voudrait que d'autres plumes se trouvent là. Et pourtant …

Cela faisait peut être cinq … ou dix minutes … En fait je n'en savait rien. J'essayais d'estimer le temps sans en avoir aucune notion ! Enfin bref j'étais là depuis un certain temps quand soudain, j'entendis un drôle de bruit derrière d'autres buissons. J'écartais délicatement les branches et eut la plus horrible frayeur de ma vie. Une énorme bête ! Au moins aussi grande que moi ! Elle était en train de manger quelque chose en produisant d’horribles craquement. Je m'imaginais aussitôt qu'il s'agissait de mes propres os et un frissons glacé me parcouru l'échine. Un terrible hurlement s’échappa de ma gorge au point que je cru que mes poumons allaient exploser. Moi qui d'ordinaire aimais les animaux et faisais tout pour les trouver, j'étais nez à nez avec une chose que je n'avais jamais vu et que je n'avais vraiment pas envie de connaître.
Sans cesser de hurler, je me retournai et me mis à courir comme une folle vers le seul endroit que je considérais comme sur ; les bras du drôle de monsieur. J'y parvint en quelques secondes à peine, sautant presque lorsque les hautes herbes me fouettaient les bras. Puis, les larmes aux yeux, mes sanglots n'en finissant pas, je l'enserrai de mes petits bras. L’adrénaline me donnant des forces, nul n'aurait put m'écarter de lui. Et si je n'avais pas été si petite, nul doute que je l'eus étouffé !

Je trouvais cet endroit joli, finalement, tout bien considéré, je trouvais cet endroit horriblement dangereux et inconnu ! Il fallait que je fasse attention. Pour le moment, le gentil monsieur était le seul être réconfortant dans cet endroit. En plus, il ressemblait à quelqu'un que je connaissais... Mais qui ?
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Ven 1 Juin - 15:42

La petite lâcha sa main. Elle ne parlait visiblement pas, mais au moins Georges constatait qu'elle comprenait un minimum ce qu'on lui disait. Alice s'éloigna, la main tâchant de retenir sa vessie, et disparut derrière les petits buissons à quelques mètres de là. Cette pause pipi intervenait bien trop tôt dans leur cheminement, suffisamment pour permettre à Peter de le rejoindre. Ce dernier montrait les crocs et semblait prêt à lui sauter à la gorge, ayant mal pris le fait que l'ex capitaine l'ait qualifié de la sorte.
Nullement impressionné, Georges lui répondit :

"Oui, t'es un connard, et un gros en plus ! C'est comme ça qu'on appelle les imbéciles meurtriers qui bourrinent sans réfléchir. Connard ! Connard ! Connard !"

Si c'était la bagarre qu'il voulait il allait l'avoir. Georges serra le poing. Il avait beau être plus frêle et plus vieux que Peter, sa longue expérience en piraterie lui réservait quelques vilains tours dans son sac. Il avait vu la mort plus d'une fois en face, provoquer cet assassin notoire n'en n'était qu'une fois de plus.

Alors que la moutarde lui montait sérieusement au nez, une voix familière qui avait disparu retentit. C'était Eve qui revenait de son réveil. Elle avait comme quelque chose de changé, comme si elle avait découvert une réalité, une vérité fondamentale. Son ton de voix était particulier.

La colère du cinquantenaire baissa d'un cran, pour répondre au moins correctement, si ce n'était pas agréablement, à la revenante :

"Ravi de te revoir parmi nous. Quant à la bonne compagnie, il fusilla Peter du regard, il faudra repasser."

Il nota la réflexion d'Eve et sa question rhétorique. Il ne fit que répondre mystérieusement :

"Si tu es revenue, c'est parce que tu l'as voulu..."

Il entendait parallèlement à la discussion des remous dans les buissons. Qu'est-ce qu'elle foutait cette gamine, ça ne prenait pas dix minutes pour pisser tout de même. Il allait vérifier par lui même la source du bruit quand un hurlement retentit. C'était la gosse, qui donnait de la voix d'un cri à vous glacer le sang. Georges se figea de surprise quand il aperçut une masse qu'il n'avait pas eu le temps d'identifier se je ter sur lui. Il s'agitait et se débattait pour la repousser quand il réalisa que ce n'était qu'Alice, en mode sirène hurlante.
Elle l'enserrait comme jamais personne ne l'avait fait. Elle le serrait si fort qu'il crut la circulation de son sang s'arrêter. Il aurait fallu un pied de biche pour la décrocher, Georges y renonça, complètement perturbé.

Elle était pétrifiée de peur et c'est vers lui qu'elle trouvait refuge ? Cela faisait si longtemps que quelqu'un ne lui avait pas fait une telle marque de confiance, lui qu'on cataloguait constamment comme un criminel, un vendeur de chair fraiche. Il laissa retomber ses bras sur les épaules de la petite et lui demanda :

"Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe ?! ... Oh putain !"

Une sale bestiole aussi haute qu'un enfant sortait sournoisement des mêmes buissons qui avaient servis de litière à Alice. Georges, bien encombré, tâcha de reculer lentement. La bête quant à elle se mit à brouter de l'herbe.
L'horrible réalité de cette situation, c'était que si le monstre attaquait, il ne pouvait se défendre. Il n'avait pas d'arme, et par conséquent, serait incapable de protéger qui que ce soit.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 5 Juin - 15:17

HRP : bon bah... on va pas attendre Peter jusqu'à ce qu'il pleuve des cuisses de poulet hein !


Revenue parce qu’elle l’avait voulu ? Même si elle ne voulait pas l’admettre, elle savait au fond, que cette théorie n’était pas réfutable. Tout était bon pour une fuir cage à laquelle on était implicitement promise jusqu’à la fin de sa vie, mais sombrer dans un rêve était réellement une manière digne de s’en sortir ? Après tout, ce n’était que nier la réalité, comme un adolescent qui refuse grandir et de voir le monde des adultes. Quand bien même elle parvenait à repartir de 0 à Dreamland, à se construire un univers qui en valait le coup, à s’éterniser de longues années dans cette dimension onirique, il n’en restait pas moins qu’elle se réveillerait un jour. Lorsque ce serait le cas alors, il faudrait reprendre la vie réelle là où elle l’avait laissée… c’était encore plus dur que de l’affronter tout de suite en fin de compte.

Eve ne dit rien, focalisée sur ses pensées silencieuses. Elle fût distraite par un cri inattendu, poussé par une gamine qui jaillit d’un buisson pour se réfugier dans les bras de Georges. Qu’est-ce que c’était que cette histoire encore, ils faisaient dans la garde de môme désormais ? Cette situation ne lui rappelait que trop celle vécue la veille, à Elipse avec le petit autiste recueilli par John ; à croire que tous les voyageurs avaient l’instinct paternel. Pas le temps de demander des explications sur la présence de la petite brunette, une bête hideuse aussi haute que l’enfant jaillit à son tour. Si elle ne faisait pour l’instant que brouter passivement, lâchant régulièrement quelques feulements de fauve, la russo-américaine savait qu’elle pourrait attaquer d’un moment à l’autre.

Lentement, sans gestes brusques, elle tira sa batte de baseball de sa hotte et la brandit, prête à frapper, tout en soufflant de sa voix inévitablement calme et inexpressive :

- Reculez avec la petite, doucement.

Il fallut bien que ses comparses obéissent. Au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient, la taularde les suivait, sans cesser de fixer la créature de ses yeux glacés. Il n’y avait que de Peter dont elle ne se souciait, mais celui-ci aurait pu disparaitre ou se faire dévorer que ça ne lui tirerait pas le moindre soupçon de remord. Bientôt, plus d’une dizaine de mètres avaient été mis entre leur trio et l’animal, une distance suffisante pour qu’Eve abaisse sa batte et continue de faire marche arrière, tout en interpelant le capitaine :

- Elle sort d’où cette gosse ? Et vous comptez en faire quoi ? Je vous préviens, je n’ai ni la patience, ni l’expérience pour m’en occuper. Et je crois qu’elle sera plus une gêne qu’autre chose… on doit toujours rejoindre la cote pour prendre un bateau et aller chez vous, n’est-ce pas ?

La russo-américaine ne se préoccupait pas de savoir que ses paroles lâchées sans l’ombre d’un sentiment pouvaient être comprise par Alice. Cette dernière était toujours cramponnée à Georges et aussi adorable fût-elle, pas un sourire n’étira les traits impassibles de la détenue lorsque ses yeux froids se tournèrent vers elle. Non, elle n’était en rien capable d’élever une enfant, c’était certain. Tout ce qu’elle pourrait faire, ce serait s’assurer qu’elle trouve un endroit correct où rester – parce que ce serait pire qu’immonde de l’abandonner – mais pas la garder.

Il était assez loin désormais. La bestiole s’en était allée d’une démarche féline, son dernier repas n’appelant visiblement pas à un dessert, mais à une bonne sieste. Tant mieux, parce qu’elle n’avait pas que ça à faire de s’offrir un combat improvisé contre un fauve local, récupérer l’or de Leprechauns couards était déjà assez dans le registre de la perte de temps. Eve rangea son arme contondante et récupéra plutôt son briquet et ses clopes dans une poche de sa veste pour profiter de l’apaisement d’un cancer en tube.

Du coin de l’œil, elle observa le cinquantenaire : plus elle le fréquentait, moins elle savait quoi penser de lui. Un esclavagiste qui avait écumé les mers de Dreamland reconvertit en gardien pour autiste ? C’était tellement improbable que ça méritait de creuser un peu pour découvrir le fond de cet homme. Il n’était peut-être pas complètement bon à jeter en fin de compte.

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Charlie Adams

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 13 Juin - 22:28

Charlie jeta un coup d’œil paresseux vers la fenêtre. Le soleil dardait déjà ses premiers rayons, annonçant une belle journée et pourtant l’anglais n’éprouvait aucune envie à sortir de son lit. Les derniers jours passés s’étaient révélés bien éprouvants physiquement et ses muscles semblaient faits de plomb. Luttant contre une poussée de flemme, le blond repoussa sa couverture et bondit hors de son lit pour filer vers la salle de bain. Pas encore bien réveillé il s’aspergea le visage d’eau fraiche et se désaltéra par la suite à même le robinet tout en attrapant de sa main gauche une serviette. Après s’être un peu épongé le visage, ne laissant que quelques mèches humides coller à son front, Charlie entreprit de mettre rapidement un t-shirt gris clair et un pantalon de jogging.
Chaussures en main, il se dirigea tranquillement vers la porte de son appartement avec la désagréable impression de manquer d’huile, comme les machines après un trop long service. Ses muscles peinaient à suivre le mouvement ordonné par son cerveau et mettaient du temps à se mettre en marche. Plus encore, c’est une douleur au niveau du sternum et irradiant vers son épaule gauche qui le gênait sans qu’il n’en sache l’origine.
Qu’importe, comme tous les matins il irait courir.

Baskets au pied et une fois en bas de l’immeuble il entreprit de faire son parcours journalier, plusieurs kilomètres pour bien commencer la journée. Après tout, quoi de mieux qu’un peu de sport pour démarrer du bon pied ? Réveiller en douceur les muscles et l’esprit pour être au top des heures durant.

Les minutes passant, Charlie sentit quelques haut-le-cœur le prendre. Hypoglycémie ? Peut-être aurait-il dû plus manger la veille, ou prendre une barre de céréale avant de partir. Bah, il était à un bon tiers de son parcours, la faim n’allait pas le tuer…
La faim non, mais…
Pourquoi est-ce que son cœur semblait battre plus vite qu’à l’ordinaire ? Plus vite et…
Le blond serra les dents. Chaque palpitation se faisait plus douloureuse, sa respiration haletante, superficielle. Il entreprit de ralentir.
Ce fut comme un choc. Une balle n’aurait pas été moins douloureuse. La douleur, foudroyante, arracha un cri au sportif alors que ses jambes se dérobaient sous lui. L’espace d’un instant les images se brouillèrent autour de lui, s’estompèrent… Plus un son. Plus rien.


Noir.
Noir comme une vue avec des paupières closes une nuit sans lune.
La douleur s’était évanouie aussi vite qu’elle était venue, ne laissant plus qu’une désagréable impression au jeune homme, comme un pincement, ou un étau lui enserrant légèrement le cœur.
A coup sûr il avait rêvé, et là le rêve touchait à sa fin. D’ailleurs cette lumière au loin n’en était-elle pas la preuve ? Certainement les rayons du soleil qui tombaient sur ses paupières closes après avoir passé le rideau à sa fenêtre.
L’heure de se réveiller.
Décidé à sortir de ce vilain cauchemar un peu trop long et réaliste, Charlie s’avança vers la lumière…

La clarté, aveuglante, le contraint à mettre un bras entre la source lumineuse et ses yeux pour les protéger. Il cligna quelques instants, une fine grimace aux lèvres.
L’air était frais, les rayons sur sa peau agréables. Minutes… ce n’était pas une légère brise qu’il sentait ? Pourtant il n’avait pas souvenir d’avoir ouvert la fenêtre la veille…
Les sourcils de l’anglais se froncèrent alors qu’il écartait son bras, révélant à sa vue une vaste plaine dont les herbes hautes ondulaient au gré du vent.
En l’espace d’une seconde, son expression passa de la fatigue à la subjugation. Où diable avait-il atterrit ?! Sa main passa de manière hésitante sur son visage, comme pour chasser une vilaine image, une impression dérangeante, alors que ses yeux bruns entreprirent de scruter les environs. De l’herbe à perte de vue, parsemée ça et là de quelques bosquets de buissons et petits arbustes.
Aucun doute, il devait encore rêver. Délirer même.

Quelques mots portés par le vent l’arrachèrent à sa contemplation passive des lieux. A quelques dizaines de mètres derrière lui se tenaient plusieurs personnes, tout âge confondu. La plupart d’entre eux lui tournaient également le dos. N’ayant pas vraiment bougé depuis son premier pas dans ce qui se trouvait être tout sauf sa chambre, Charlie se contenta de les détailler en regardant par-dessus son épaule. Quatre individus. Quatre êtres humains aussi proches que différents.
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 16 Juin - 12:49

La bête fauve attrapait de sa langue râpeuse des touffes d'herbes entières qu'elle arrachait par la suite de sa mâchoire dangereusement dentée. Elle possédait des crocs acérés témoignant qu'elle ne se nourrissait certainement pas uniquement de la végétation ambiante. Peut-être se purgeait-elle l'estomac, comme les chats, ou peut-être était-ce nécessaire à sa digestion ? L'idée de découvrir la réponse à ce mystère zoologique de très près n'était pas pour plaire à Georges. Il ne comptait pas servir de hors d’œuvre au monstre. Lui non, mais la petite... Il suffirait de la pousser un peu, et avec un peu de chance elle occuperait suffisamment longtemps le fauve pour couvrir sa fuite.

Éprouvant une once de honte par le fruit d'une réflexion d'un cerveau malade, il préféra renoncer et suivre le conseil emprunt de sang froid d'Eve. Reculer, lentement, très lentement.

"Je comptais pas aller lui faire un câlin !" Répliqua-t-il sarcastiquement.

Les deux mains sur les épaules de la gamine accrochée à ses basques, il tâcha de reculer sans se prendre les pieds dans on ne sait quoi. Les accidents bêtes, ça arrivait. Et chuter en arrière c'était se rendre en position de faiblesse, position que le fauve pourrait considérer comme une occasion de se tailler un bon steack. Mais surtout, ne jamais la quitter des yeux. Tandis qu'elle mâchouillait paisiblement sa touffe d'herbe, la bête prudente - ou prévoyante - n'avait pas dévier son regard des humains sacrément bruyant.

Enfin ils mirent assez de distance entre eux et le danger potentiel, suffisamment pour qu'Eve abaisse sa batte de baseball. L'heure était aux reproches.

"Cette mioche m'est tombé dessus aussi incommodément qu'une fiente de pigeon. C'était pas prévu au programme !"

Répondait-il agacé. Que la taularde n'avait ni le temps, ni l'envie, ni la capacité de faire la babysitter, il s'en serait douté. Qu'elle imagine donc pour lui ! Lui avait été Capitaine de galère, il avait tenu en respect une trentaine de criminels et d'esclaves qui avait constitué son équipage, pas directeur de crèche.

"Ouais, fit-il, évasif. On va toujours chez moi. On prendra le bateau pour traverser l'océan, rejoindre la côte Sexturi. Mais pour ça il nous faut de la thune et des provisions... C'est pour ça qu'on va aider les leprechauns, botter le cul au sale gosse qui les a dépouiller et se tirer de cette foutue plaine."

Il esquiva volontairement la question de l'enfant qui ne desserrait pas sa prise. Il ne savait pas quoi en faire. Autrefois, son sort aurait été clairement planifié, mais aujourd'hui tout était différent. Adieu clarté de l'esprit, place à une cascade simultanée de pensées brouillonnes. Fallait-il l'imposer dans le groupe, la garder, la nourrir, la protéger, elle qui avait l'air si "spéciale" et vulnérable ? Ou l'abandonner sur place, la laisser en proie aux diverses bestioles qui hantaient les hautes herbes ? Ou l'amener jusqu'au prochain village, la vendre comme esclave, ou la confier à un habitant qui voudrait bien d'elle, au risque de la laisser à quelqu'un de peu recommandable ? Georges n'arrivait pas à entrevoir la juste solution à ce problème. On lui avait souvent dit que dans le doute, mieux valait s'abstenir.
Alors il s'abstint d'agir, et donc la garder pour le moment avec lui. De toute manière, tant que Peter était dans les parages, mieux valait pouvoir garder un œil sur elle.

"Bon bah, on y va !"

S'enjoua-t-il. Finalement il était pressé de finir sa mission afin de prendre la mer au plus vite. Mais il se retourna, et constata qu'un inconnu les observait par dessus son épaule, non loin de leur position. Le jeune homme semblait perdu. *Fais chier...* Pesta-t-il intérieurement. Décidément, ils ne pourraient jamais décoller de là. Il fit signe au blondinet :

"Aller, qui que tu sois, viens avec nous. On fera connaissance en marchant !"

Une décision très imprudente de la part du Capitaine. Il fallait voir là les méfaits de l'effet ras-le-bol.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 16 Juin - 18:33

L’image de la fiente de pigeon fit plaisir à la taularde : au moins, il ne s’était pas soudainement improvisé nounou pendant son absence. Toutefois, il occultait ce qui concernait la façon dont ils allaient se débarrasser de cette gosse. Ça devrait venir pourtant, et assez rapidement de l’avis de la jeune femme, parce qu’elle avait tout sauf envie d’être ralentie par une enfant. Pas de petits frères et sœur, pas de neveu/nièce, pas même d’amie – si elle en avait eu – qui avait nécessité un coup de main pour garder son bébé. Les marmots étaient des créatures aussi inconnues à la russo-américaine que ne l’était l’élevage des zébus au Costa Rica, et elle n’avait pas encore prévu d’aller faire un tour en Afrique pour s’informer.

La perspective de résoudre le souci des Leprechaun l’incita à ne pas s’éterniser éternellement sur le sujet. Elle avait bien envie de mettre une bonne correction personnelle au voleur, une envie maladive, mais la curiosité l’appelait à se tenir à carreau : son – stupide – cochon était presque rempli désormais, et elle aimerait savoir s’il pouvait être utile ou s’il se foutait réellement de sa gueule. Il suffisait de faire peur au gosse sans le toucher, ça devrait pouvoir être faisable.

Eve souffla un nuage de fumée, acquiesçant silencieusement lorsque le capitaine tonna la remise en route, mais voilà qu’il se retournait pour inviter quelqu’un – semblait-il un inconnu – à les rejoindre. Elle fit brusquement volte face, complètement atterrée par la décision de son ainé. Ce blondinet en tee-shirt et jogging là, il pouvait être n’importe qui, et n’importe quoi. Et s’il était l’autre créature qu’ils avaient distancée il y a quelques minutes ? Après tout, le souvenir du doppleganger de la veille n’était pas assez loin dans l’esprit psychotique de la détenue, tout était possible.

- C’est une blague ?! grinça-t-elle en transperçant Georges de son regard glacé.

« Et s’il vous suivait pour vous tuer ? Il vient peut-être de Blackwood city ! » « Et s’il était comme Peter ?! » « Il vient peut-être d’Elipse ? » « Peut-être qu’il chasse les voyageurs en se faisant passer pour un pommé ?! » « Il a peut-être une bande cachée quelque part ?! » ; lancinantes, confuses, les pensées paranoïaques se démultipliaient comme autant de virus dangereux. Ça commençait à faire trop de personnes qui apparaissaient auprès d’elle pour que ça semble honnête, et la nonchalance du capitaine en disait long sur sa possible culpabilité. Que c’était-il passé pendant son retour dans le monde réel ? Et si un plan avait été manigancé pour lui nuire à son retour ? Après tout, le cinquantenaire était un ancien esclavagiste, et certaines habitudes ne disparaissent pas vraiment.

- N’avancez plus ! cingla Eve une main tendue, alors que Charlie n’était plus qu’à 3 mètres.

Ses yeux marron sans expression le détaillaient avec froideur, laissant entrevoir les pupilles du monstre de folie qui la dévorait de l’intérieur. Sa cigarette se consumait entre ses doigts blancs, mais pour l’instant, elle ne la porterait à sa bouche pour rien au monde : elle voulait être certaine de bien se faire comprendre, parce qu’elle n’aurait pas la patience de se répéter.

- Je crois que mon collègue est fatigué, il a oublié de me demander mon avis avant de vous inviter. Vous allez vous présenter et nous dire ce que vous faites dans le coin ici et sans faire un pas de plus. Si je suis convaincue, et seulement si je suis convaincue, que vous nous suiviez jusqu’à la prochaine ville me passe au-dessus de la tête.

A l'instar de sa voix sans couleur, malgré le beau soleil de la plaine Félicité, Eve restait aussi froide et immobile qu’un bloc de glace. Son visage impassible et son regard illisible, elle tentait d’analyser ce type sans doute plus jeune qu’elle, malgré toutes les marges d’erreurs possible à Dreamland. Il avait l’air perdu soit, et sa tenue dissonait un peu avec les environs égaré où ils n’avaient croisé qu’une caravane d’un autre âge et une ville bâtie dans un bosquet. Alors quoi ? Un innocent voyageur envoyé ici par un coma pendant son footing ? Renversé par un véhicule ?

De mémoire, la russo-américaine savait que c’était possible, parce que sa première rencontre – une détraquée habillée en abeille – disait s’être retrouvée à Elipse après avoir eu un accident de voiture. Quoiqu’il en soit, elle espérait bien que le jeune homme ait compris qu’elle ne plaisantait pas, sans quoi il regretterait amèrement d’avoir accepter la proposition de Georges, surtout s’il était ici pour leur nuire.

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Charlie Adams

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 16 Juin - 19:49

Quelques secondes passèrent avant que le blond ne secoue la tête. Ses yeux se levèrent un bref instant vers le ciel sans s’y attarder.
Une réalité aberrante, c’est comme ça qu’on peut qualifier les rêves non ? Là où l’impossible semble faire parti du commun.
Revenant sur le groupe, il rencontra le regard de l’homme. Celui-ci était de haute stature et tenait une gosse contre lui –à moins que ça ne soit l’inverse en fait… Son visage marqué laissait à penser qu’il avait déjà connu de belles années. D’un signe il l’invita à approcher et se joindre à leur troupe. Sitôt l’invitation lancée la seule femme du groupe se retourna d’un bloc. Visage de marbre, regard de glace, bien moins avenante que son compagnon.
Instant d’hésitation. Bah, de toute façon il n’allait pas rester planté là…

Un pas. Ses baskets foulèrent les herbes dans un bruissement caractéristique, différent de celui des plantes chassées par le vent. Il s’avança vers le groupe, son pas n’étant ni particulièrement rapide, ni particulièrement lent. Qu’est ce que ça aurait apporté ? On l’aurait pris pour quelqu’un de stressé, nerveux, ou encore méfiant alors que ce n’était pas vraiment le cas n’est ce pas ? Non, il semblait plutôt à l’aise et naturel, comme s’il était en terrain connu et s’avançait vers un groupe anodin.

Un geste, une phrase, la femme le stoppa net.

A présent bien plus proche il pu mieux la détailler. Un visage de pierre, le regard sans expression… Un petit quelque chose de dérangeant qui donna naissance à un léger frisson parcourant l’échine du blond. Même un mur aurait été plus expressif. Mur, ou plutôt rempart, c’était ce qu’elle semblait être à l’instant, tenant le jeune anglais en respect.
Immobile, droit, Charlie soutenait malgré tout ce regard où brillait quelque chose d’animal, quelque chose qui incitait à la méfiance et la fuite. Non il ne faisait pas le malin, mais son calme pouvait avoir quelque chose d’étonnant. Une étincelle brillait dans ses yeux bruns, lui donnant une dimension prudente et sérieuse.
Le temps semblait presque s’être glacé lui aussi si bien que Charlie n’aurait su dire combien de secondes s’étaient écoulées avant que la femme ne reprenne. Ses mots étaient clairs, tranchants comme des lames de rasoirs. Le blond ne broncha pas. Plusieurs pensées se bousculaient dans sa tête et un petit voyant rouge clignotait, signe de danger. Cette femme était de celles qu’il ne fallait surtout pas provoquer, le moindre mot de travers pourrait lui rester en travers de la gorge.

Son regard se fit plus humble et il leva légèrement la main droite, de façon très calme.

- Je m’appelle Charlie Adams.

Le blond s’interrompit soudainement dans ses explications et ses sourcils se froncèrent légèrement. Pendant un bref moment son regard se perdit au sol. Qu’est ce qu’il faisait ici au juste ? Elle allait le prendre pour un dingue à tous les coups… Cependant il ne savait rien des environs et lui annoncer l’air de rien qu’il cueillait des champignons c’était peut-être la meilleure manière de se retrouver dans un cercueil. Elle connaissait les environs, lui non.
L’espace d’un instant, le masque de l’assurance était tombé pour dévoiler un jeune homme sans aucun repère.
Rapidement, son regard se heurta à celui du cinquantenaire, survola la gamine et revint à la statue de glace qui posait les questions.

- Et je ne sais pas ce que je fais là. Je suppose que je rêve.

Avec un brin de courage, ou peut-être d’audace, il plongea à nouveau son regard dans celui de la femme. Il voulait qu’elle le croit.
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 18 Juin - 15:47

C'est grandement lassé que Georges consulta la carte des leprechauns, seule et unique preuve que leur rencontre avait bien eu lieu. Ce genre de créatures, petites et faibles, ne devaient leur survie dans le grand terrain de chasse de la sélection naturelle qu'à ce genre d'artifices, sortilèges ne laissant qu'un vague souvenir onirique de leur concrétude.
Le hameau du sale gosse étaient encore loin, plus en aval de la rivière qu'ils tâchaient de suivre. Ce serait une tâche aisée si seulement ils n'étaient pas sans arrêt interrompus par quelques bêtes sauvages ou voyageurs inopinés.

Il n'y avait qu'à observer guère plus que cinq secondes le blondinet pour remarquer qu'il détonnait dans le paysage. Il n'avait pas la tenue d'un Ellipsien, ni d'un habitant des bosquets de Blackwood. Plus encore, il paraissait moins dangereux et sournois que Peter, avec sa coupe de cheveux de coquelet et son regard égaré.
Georges avait déjà entendu des rumeurs concernant le Marathonien errant, étrange personnage parcourant au pas de course le tour du monde, sans raison apparente, le souffle haletant et les aisselles auréolées. Mais visiblement, ce n'était pas lui.

Il obéissait sagement aux invectives de son Iceberg de compagnie, et répondit à moitié rassuré s'appeler Charlie Adams.

"Je connais la famille Adams, il n'y a pas de Charlie dedans."

Remarqua Georges suspicieux. Ceci étant dit, ce Charlie avait dit les mots magiques qu'un imposteur n'aurait pas prononcé de façon aussi juste.

"C'est ça, tu rêves. On y va maintenant ?"

Le cinquantenaire tenta de se dégager de l'emprise toujours aussi solide de la gamine muette. Pas moyen de la décrocher. Il lui tapota la tête et s'efforça d'aligner un pas devant l'autre sans manquer de tomber ou trébucher.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 18 Juin - 17:30

- Ouai, tu rêves…, répéta passivement la russo-américaine d’un air à moitié absent, ses yeux froid rivés dans ceux du nouvel arrivant.

En vérité, elle-même ne savait pas vraiment comment qualifier leur situation. Était-ce réellement un songe ? Était-ce quelque chose de plus ? Après tout, elle n’avait eu qu’à s’allonger sur la couche inconfortable de sa cellule pénitencière pour revenir. En se remettant en route, elle dégagea les cendres de sa cigarette d’une pichenette avant d’en tirer une bouffée appréciée par ses poumons fatigués. Elle savait que Charlie les suivrait, parce que malgré sa méfiance qui ne dégrossissait jamais totalement, elle avait lu à ses expressions sincèrement perdues qu’il s’était simplement égaré. Un de plus.

Eve avait tellement eut l’habitude de fréquenter des voyous et des criminels qu’elle ne savait plus vraiment comme réagir lorsqu’elle voyait une nouvelle tête. En prison c’était facile, il suffisait de montrer que personne ne lui marchait sur les pieds pour faire passer les messages essentiels aux détenues qui débarquaient ; mais à Dreamland… certes il y avait eu liam et Jonh qui n’étaient pas recommandables, mais Jade par exemple, n’avait été qu’une adolescente pommée qui méritait amplement son aide. De la même manière, ce serait injuste de ne pas donner sa chance à Charlie. Il n’avait pas l’air dangereux juste… cet air de type sorti d’une famille friquée, qui vivait dans un monde complètement différent du sien.

- Pour l’instant, dis-toi juste que tu es dans un rêve incroyablement réel, que tu vas y rester coincé un moment indéterminé et que tu devrais immédiatement commencer à essayer de survivre par toi-même.

Alors que la jeune femme foulait l’herbe au bord de la rivière, ses yeux marron fixés sur un point à l’horizon, sa voix inexpressive dictait un peu instinctivement – et grossièrement – le B A BA des choses à savoir sur le monde où ils se trouvaient. Elle-même n’y connaissait pas grand-chose à bien y réfléchir, alors si le besoin se faisait d’entrer dans les détails, elle laissait volontiers le soin au doyen de jouer les guides touristiques s’il voulait s’occuper la langue pendant qu’ils progressaient.

- Je suppose qu’avant d’arriver dans le coin, tu étais inconscient non ? Vu comme t'es sapé, je dirai plutôt un accident en plein footing, non ? Quelque chose comme ça ?

Ses yeux illisibles se tournèrent vers le concerné pour le détailler. Ce n’était qu’une hypothèse, mais peu de personne dormiraient en baskets, ou se rendraient chez leur psy en jogging. Néanmoins, peut-être existait-il d’autres façons de voyager qu’elle ne connaissait pas. Trop de choses lui échappaient encore, et ça n’était pas pour lui plaire.

Nouvelle bouffée de cigarette, nouvelle brulure sur ses poumons, retour de cette sensation d’être une carcasse prisonnière. Tout allait si lentement, les chemins étaient tortueux et plein de détours. Eve craignait de perdre le fil, elle ne savait déjà plus si elle appréciait Dreamland, ou si elle n’aspirait qu’à s’en aller. Une liberté onirique qui ne faisait que retarder l’échéance, ou une réalité sinistre dans une cage invisible et surveillée appelée San Francisco. Quel choix pourri. Parfaitement assorti à sa vie cela dit.

Ses paupières balayèrent ses pupilles glaciales et elle revint à des considérations plus actuelles. Devait-elle parler à Charlie de ce qu’ils faisaient ou bien se contenter de l’abandonner une fois au hameau du voleur ? Ou plutôt, car c’était évident qu’elle ne dilapiderait pas gratuitement des informations sur ses objectifs, est-ce qu’elle lui laissait une chance de faire ses preuves et de les accompagner, ou bien jouerait-elle simplement la bonne compagnie jusqu’au prochain village ? Après tout, elle voyageait avec Georges parce qu’il était censé lui filer des renseignements sur le monde des rêves et les bonnes personnes à rencontrer. Pour le reste, elle n’était pas du genre à s’encombrer les pattes d’oisillons tombés du nid.

Provenant d’un point lointain à l’est, une route étroite venait alors longer le cours d’eau, bifurcation à laquelle était implanté un panneau confirmant la direction à prendre pour rejoindre Bolbec, et la distance restant à parcourir. Soufflant un nuage grisâtre qui se perdit dans les brises douces de la région, la taularde murmura autant pour elle-même que pour les autres :

- Au moins, on approche.

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 18 Juin - 20:47

A l’homme de répondre en premier, suivi de peu par la femme de glace. Un même résultat.
« Tu rêves »… Si eux-mêmes savaient déjà la réponse alors pourquoi lui avoir demandé ce qu’il faisait là ? La question tourna quelques instants dans l’esprit tourmenté du jeune anglais et se dissipa sitôt que ses nouveaux compagnons se mirent en marche. Charlie leur emboita naturellement le pas. De son esprit il chassa toutes les questions. Trop d’incertitudes l’entourait pour qu’il cherche à démêler le vrai du faux, le probable de l’improbable. Son regard s’ancra aux flots calmes de la rivière proche alors que ses pas succédaient à ceux des deux aînés.
En silence il écoutait et assimilait les dires de la femme dont il ne savait même pas le nom –tout autant que l’homme et la gosse en fait. Son explication ressemblait à celle donnée aux véritables rêves : un temps infini ici pour quelques instants dans la réalité.
Survivre ? L’instinct n’en voudrait certainement pas autrement. Quel avenir à la douleur, aux peines et à la mort ? C’était humain, même animal de chercher à se préserver et de tout mettre en œuvre pour y arriver, et quand bien même il s’agissait d’un rêve il était suffisamment réel à ses yeux pour qu’il prenne sa vie comme vraie. Cependant… on dit qu’il est impossible de mourir dans un rêve. Que l’esprit est incapable de se figurer sa mort et qu’à chaque fois quand cela devient inévitable… balle, blessure, assassinat, éventration, décapitation… à chaque fois l’être endormi se réveille, ôté de son cauchemar. Une façon de sortir d’ici ?

La voix monocorde de la femme le sortit une nouvelle fois de ses pensées hasardeuses.

Inconscient ? Footing ?

Son regard se porta sur les vêtements qu’il portait. Ses baskets foulaient l’herbe tranquillement.
Charlie resta un instant stone. Baskets, footing, inconscient… On aurait presque pu dire qu’il était déconnecté tellement il était absorbé par ses réflexions.
Puis, tout aussi soudainement, ses yeux s’écarquillèrent et son regard se figea. S’il n’était pas encore en train de marcher on aurait pu croire qu’il venait de se changer en stature de pierre.

*Oh bordel…*

Pas un rêve…
Ce footing il ne l’avait pas imaginé, il l’avait bel et bien fait ! Pourtant là il rêvait non ? Eux-mêmes l’avaient dis. Alors quoi… ?
Un accident ? Un… incident ?
Son poing se serra légèrement alors que ses sourcils se fronçaient. Compression. Douleur.
Son cœur cognait plus fort contre son torse, battait dans ses tempes. Cœur ?
L’anglais secoua la tête tout en se passant une main sur le visage, refusant d’imaginer la suite, suite qu’il avait malheureusement déjà bien en tête.
Et si ce malaise faisait également parti d’un autre rêve comme il l’avait imaginé à l’origine ?
Le blond étouffa un grognement tout en chassant cette pensée désagréable de son esprit.

- Avant d’arriver ouais… j’courais. Mais j’sais pas si j’étais pas déjà en train de le rêver… Enfin on s’en fout de toute façon.

Un haussement d’épaule accompagna sa dernière phrase.

Se murant à nouveau dans le silence, Charlie se contenta de suivre, d’écouter, d’avancer… et d’éloigner de son esprit ces évidences désagréables. Il n’était pas en train de dormir. Il lui était arrivé quelque chose et il ne savait pas quoi. Un malaise, pire peut-être ?
Pourquoi est-ce que pour une fois il n’était pas resté à traîner au lit ?
Pourquoi avait-il fallu qu’il s’entête à courir malgré la sensation douloureuse qu’il avait éprouvé dès le réveil ?
Parce qu’il était comme ça, sportif, entêté, et à présent bien loin de la réalité…
S’il ne dormait pas, et s’il était dans un état plus grave qu’il ne voulait l’imaginer, qu’occasionnerait une mort en rêve… ?
Toutes ces questions bourdonnaient dans sa tête, tournaient autour de lui comme une nuée d’insectes qu’il ne parvenait pas à chasser.

Et ce fut une fois de plus la voix de la taularde, cette fois salvatrice, qui l’extirpa de ces pensées dévorantes.
Les yeux bruns se posèrent à leur tour sur le panneau de bois recouvert par endroit de mousse et lichen.

- Y’a quoi là-bas ? fit-il sans pour autant s’arrêter.
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Georges Mikles

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Maladie mentale : Troubles maniaques sévères

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Ven 22 Juin - 16:23

Georges menait mécaniquement un pas devant l'autre, le regard dans le vide, complètement perdu dans ses pensées. Il voguait en mer trouble au rythme des associations d'idées, partant des mots prononcés qui se muaient en paroles d'une chanson. Elle était dans une langue étrangère et n'en connaissait que le refrain, chantant le reste en yaourt. Il aimait manger ces laitages, surtout quand comme aujourd'hui, il avait des aigreurs d'estomac. Des crampes le faisaient souffrir, et nouaient sa gorge. Il était barbouillé comme s'il avait avalé des grosses limaces. Cela le fit repensé à cette gamine, encore accrochée à son bras.

Elle le serrait tellement qu'il ne sentait plus sa main, et ce à tel point qu'il en avait oublié leur existence. Elle restait constamment muette et paraissait toujours ailleurs, dans son propre petit monde, avec ses propres joies et peines. La frayeur de la rencontre avec le fauve semblait lui avoir néanmoins passé. Tant mieux, et à vrai dire, à Georges aussi. Il secoua le bras histoire de faire circuler un peu de sang dans son membre, et voir si au cas où Alice lâchait prise. Non, pas de bol. Qu'allait-il faire d'elle ? Et de lui aussi tiens. Pour un peu il en oubliait Charlie.

Eve l'interrogeait son son activité pré-Voyage à DreamLand. Vu son accoutrement, il ne devait pas avoir rendez-vous chez son banquier, et vu les marques de transpiration, il ne devait pas se goinfrer de popcorns affaler dans son canapé. Autant de détails qui passèrent par dessus le cinquantenaire, complètement inattentif à l'observation. Pour peu qu'on s’intéressait à lui, Charlie semblait être du genre à raconter sa vie de bon coeur.

"Ouais on s'en fout, c'est clair."

Ponctua Georges. Il n'aimait pas les réponses auxquels il n'avait pas posé de questions. Le silence retomba jusqu'à ce fameux panneau en piteux état indiquant qu'ils approchaient de Bolbec. Le nouveau s'enquit alors de leur objectif, ce qui fit soupirer son vieux compagnon de route. Dépité de devoir faire le bulletin d'information, il tâcha néanmoins de ne pas être trop désagréable :

"Alors, pour toi ce sera mon capitaine. On va à Bolbec, faire gouter aux fesses d'un chenapan la marque de nos crampons de la justice. On trouve le nouveau riche dans ce bled paumé, on récupère le chaudron rempli de pièces d'or et on file vite fait au point de rendez-vous ramasser notre juste récompense."

Il marqua une pause. Finir le topo sur cette phrase le mettait mal à l'aise, comme s'il finissait une chanson sur une note qui en appelait d'autres derrière. Il hésita à faire part de la suite des évènements au blondinet, mais celui-ci risquait fort des les suivre pour un bon moment. Quitte à devoir le faire plus tard, Georges décida de ne pas céder à la procrastination :

"On fait le boulot pour pouvoir financer la traversée de l'océan, rejoindre le continent ouest, sur la côte de Sextus plus précisément. On va chez moi, trouver richesse et confort..."

Et après, on verra. Au pire il se trouverait un nouveau but. Il avait promis sa part de richesse à Eve et à Jade, et il s'y tiendrait. Enfin pour cette dernière, faudrait-il qu'elle soit encore présente. Mais il ne donnerait certainement rien à Charlie, et encore moins à Peter. C'est même lui qui devrait lui donner de l'argent tellement son estime pour lui tombait dans le négatif. Et la petite autiste ? Il n'avait toujours rien décidé pour elle. Il faudrait qu'elle s'exhorte à sortir de sa torpeur.

Tandis qu'ils poursuivaient leur marche, dans un vallon entre deux plateaux apparut Bolbec, cité de la mousse & lichen.
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