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 Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.

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Jade Martins

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Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 12 Fév - 20:20

Elle, un ange ? Jade éclata d’un rire frais en secouant la tête pour nier. Soit elle était gentille et plutôt pacifique, mais elle avait encore bien trop de défaut pour prétendre à ce titre. Mais le moins qu’on puisse dire était que Peter était bien plus charmant que le capitaine qui l’avait assimilé à un vulgaire pigeon, comparaison somme toute insultante. Le sourire du phobique lui mettait du baume au cœur, ça faisait plaisir de tomber sur des personnes sympathiques pour une fois ! Il fallait avouer qu’elle avait eu plutôt de la chance ces derniers temps, entre Cassie, Matthew, Eve et Peter et l’adolescente espérait que la roue de la chance ne tournerait pas en sa défaveur. Avoir des gens sur qui compter à Dreamland était un bienfait dont elle ne se sentait pas de se priver.

Jay s’apprêtait à se lancer dans une réponse taquine lorsque le canon d’un flingue braqué sur elle lui gela les neurones. C’était… comme une impression de déjà-vu. Tout comme l’avis de recherche que l’agresseur tenait à la main et sur lequel son visage s’étalait en double exemplaire, conjoint à ceux de Maxim et de Lily. Les souvenirs de son premier jour dans ce monde onirique déferlèrent sur elle avec une terrible netteté : la rencontre de Gabriel et Svetlana, la vente de la chauve-souris à l’animalerie, la rencontre avec trois autres voyageurs puis… ces deux adolescents qui les avaient menacé, avant qu’elles ne les tuent Elie et elle. La psychotique déglutit bruyamment alors qu’Eve prenait sa défense sans connaitre son passé.

La culpabilité plombait son cœur alors que la taularde se retrouvait vêtue de blanc à prêcher l’erreur judiciaire. Et pourtant… si elle n’avait tué personne pendant la nuit sanglante et n’était donc pas coupable du crime dont on l’accusait, elle était loin d’être blanche comme neige. L’aura d’absolution dans laquelle elle était prise n’avait pas grand effet sur la pacifique qu’elle était, mis à part titiller son besoin de s’expliquer. Voir Eve se fourvoyer en disant qu’elle n’était pas capable de faire du mal à une mouche la faisait se sentir coupable, presque nauséeuse.

- Euh… c’est vrai que je n’ai pas tué votre petite amie pendant la nuit sanglante. D’ailleurs je n’ai tué personne cette nuit-là, tout ce qu’on a fait c’était fuir, elle grimaça légèrement en pointant l’avis de recherche du doigt, Ca, ça datait d’avant la nuit sanglante. Elie et moi… on a dû abattre deux personnes qui menaçaient de nous tuer parce qu’on était des voyageurs. C’était juste de la légitime défense, je voulais pas, je voulais vraiment pas…

Son regard obliqua vers ses chaussures. Elle avait beau savoir qu’elle disait la vérité, qu’elle n’avait pas eu d’autre choix pour sauver sa peau ce jour-là, c’était impossible de pardonner son geste. Ces deux mecs avaient au moins deux ans de moins qu’elle, c’étaient juste des gosses endoctrinés ! Si seulement ils avaient pu trouver un moyen de s’enfuir sans effusions de sang ! La bonne jumelle se mordillait la lèvre, les poings serrés, incapable de formuler les remords qui pressaient son cœur comme une orange.

L’agresseur sembla la croire, par miracle pensa-t-elle alors qu’il ne s’agissait que du pouvoir d’Eve qui le rendait plus conciliant. Il détaillait le visage de Jade comme pour y déceler un mensonge et cette observation mettait la concernée encore plus mal à l’aise. La tristesse de cet homme lui brisait le cœur, elle ne comprenait que trop la douleur que l’on ressentait en perdant un être cher.

- Je ne sais pas qui a tué votre petite amie, mais sachez que je suis vraiment désolée pour vous. Moi aussi j’ai perdu quelqu’un cette nuit-là, je comprends ce que vous pouvez ressentir. Mais je ne pense pas que chercher à vous venger soit bon pour vous… ça ne la ramènera pas, et vous vous empêchez d’avancer. C’est probablement un voyageur qui l’a tué, mais qui ? Impossible de le deviner. Vous n’allez quand même pas passer votre vie à courir derrière tous les étrangers non ?

La psychotique posa sa main sur le bras armé de l’homme pour y effectuer une pression douce, amicale. Elle aurait voulu faire plus, bien plus que d’aligner quelques mots qui sonnaient bien. Si seulement elle pouvait au moins réussir à convaincre cet homme que les voyageurs n’étaient pas qu’une bande de tueurs en puissance…

- Et puis souvenez-vous aussi de l’origine de la nuit sanglante. Vous nous avez traqué comme des bêtes, nous étions paniqués… et que fait une bête acculée ? Elle mord. Votre amie n’a peut-être été que la victime des circonstances, non ? Je pense… je pense que vous devriez essayer de tourner la page, de trouver un but à votre vie.

Plus facile à dire qu’à faire malheureusement.

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 13 Fév - 15:08

Enfin ils s'étaient mis en route, ce n'était pas trop tôt. L'ambiance étouffante de la chambre l'oppressait tout de même au point qu'il désira partir. N'importe où pour le moment, du moment qu'ils regagnaient l'air frais du dehors. Sa proposition de direction par défaut semblait être passée mine de rien. Ils étaient donc partis pour la sortie ouest de Blackwood city en direction de la côte. Georges, une fois n'est pas coutume, prit les devants non loin d'Eve. Derrière lui, des pas le rattrapaient.

C'était la demoiselle Jade. En avait elle marre de ce dragueur du dimanche ? Avait elle enfin eu peur de cet étranger dont finalement elle en savait moins que sur lui ? Non, c'était pour tout autre chose, à laquelle il ne s'attendait pas. Elle lui demanda des pillules. Ces petits cachets ô combien précieux étaient issu de l'un de ses pouvoirs. Auparavant, la thématique de sa puissance, avait-il remarqué, était la capacité de calmer. Cela valait autant pour sois même que sur les autres, il pouvait même jusqu'à calmer les pouvoirs d'un autre. Mais aujourd'hui il ne possédait plus rien que le pouvoir de calmer les idées qui fusaient dans sa tête pour pouvoir les tirer au clair.

Il tapota de dépit ses poches vides pour signifier à Jade qu'il n'en possédait plus. Elle sembla le fuir sans pourtant attendre la réponse. De quoi avait-elle peur ? Elle retournait aux côté de Peter, qui l'engluait à nouveau d'une drague lourde, insistante et poisseuse. Et le pire c'est qu'elle riait sans s'apercevoir de rien. Derrière le sourire enjôleur se trouvait peut-être des dents de carnassier.
Georges finalement n'en avait cure. Elle se ferait certainement violer une deuxième fois, et serait du genre à n'en tirer une leçon qu'à la troisième.

Mais pour l'heure ce n'était pas Peter qui inquiétait Georges, mais cette voix qui les appela à s'immobiliser. Et la montre d'Eve qui sonnait le glas du danger. Il avait déjà entendu ce genre de ton, et ça ne sentait jamais bon. Ca fleurait l'Ellipsien zélé, limite facho. Le meilleur, c'est qu'il tenait un flingue. Le sang de Georges ne fit qu'un tour et s'immobilisa de suite en levant haut les mains. C'était un braquage en bonne et due forme, mais il ne pouvait pointer son engin que sur une seule personne, et comme par hasard, c'était sur la moins dangereuse du groupe. En voyant cela, le cinquantenaire se détendit imperceptiblement, ce n'était pas lui qu'on visait. Il s'aventura à baisser les mains et à dire d'une voix chevrotante :

« Écoute, tu dois faire erreur sur la personne. »

Mais Eve et Jade prirent le relais des négociations, tandis que l'étranger balayait le groupe de son viseur. Il releva les mains d'un sursaut quand il repassait devant lui. Apparemment, il en voulait à la jumelle pour avoir tué une proche. Ah ah ! Jade, faire du mal à quelqu'un ? C'était une farce ou quoi, e ce pendant la nuit sanglante. Alors là ça changeait tout. Georges se rappela de la nuit sanglante. Enfin, pas en elle même car il n'y était pas. Il avait suivit les infos alors qu'il était en route pour Ellipse. Il avait eu l'idée, avec son second, de capturer des voyageurs pour les vendre en tant qu'esclave à Sextus. Son dernier coup d'éclat, et la richesse assurée. La nuit sanglante était tombée à point nommé pour avoir rabattu autant de gibier à un seul endroit. Il avait fait une belle prise, et une belle vente. Ces souvenirs avec son équipage le ragaillardit.

Il se vit alors se jeter sur le braqueur, lui coller son poing dans la figure, le faire tomber lui et son flingue pour le rouer de coups de pieds au sol. Alors qu'il s'apprêtait à commettre cette bêtise, Eve se para magiquement de blanc, et toutes pensées de violence s’anéantirent. Envolées les idées de bravoure stupide où la récompense n'était qu'un bout de plomb dans le buffet. Georges de toutes manières détestait les pistolets... même s'il en possédait lui même deux auparavant. C'était pour le cachet du capitaine, comprenez.

Jade avait donc déjà tué. Et lui reprochait d'avoir vendu des esclaves ?! Elle expliquait au menaçant Ellipsien le cours de la vie, que si on attaquait, il fallait assumer les représailles. C'était vrai. Mais sans le pouvoir d'Eve, ce discours n'aurait pas tenu dix secondes. Mine de rien, progressivement, elle réussit à l'approcher et à poser ses mains sur son arme. En fait, pensa Georges, cette fille n'était pas bête, elle était juste folle. Si l'envie le prenait, l'Ellipsien n'avait qu'une pression à effectuer, et hop, envolée Jadounette.

Mais que faire ? Sitôt que Georges pensait à se jeter sur l'agresseur que cette pensée s'envolait au profit d'une autre plus pacifique. Au lieu de penser à lui coller une baigne il désirait plutôt :

« Oh mes frères, soyez tout de douceur, ooooooh-oh-oh-oooooooh ! »

Il s'approcha d'eux et les enlaça en leur faisant un gros calin. Il invita les autres à en faire de même.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 13 Fév - 20:09

Encouragée par le pouvoir de la paranoïaque, Jade avait laissé sortir son discours argumentatif visant à expliquer l’existence de l’avis de recherche et son innocence. Ainsi, elle avait déjà tué, mais par légitime défense. Les yeux marron de la détenue, dégelés par son statut de prédicatrice de la paix, se tournèrent vers elle pour étudier ses expressions. L’adolescente ne mentait pas, et même si le dreamlandien aurait eu normalement du mal à la croire, l’aura pacifique étiolait immédiatement ses accès de violence dès qu’ils naissaient. Ne restait alors plus que l’écoute et la compréhension : une réaction idéale en somme, comme il n’en existait jamais ordinairement.

La psychotique poursuivit en essayant de lui faire comprendre que cette quête éternelle ne vengeance le faisait stagner et alla jusqu’à poser sa main sur son bras en signe de réconfort et de soutien. Incroyable alors que moins de cinq minutes auparavant, il menaçait de la tuer, ses comparses avec sans doute. Les pensées rationnalistes d’Eve, endurcies par sa vie et ses années de prison, la poussaient à se dire que cette discussion était trop belle pour être vraie… mais elle l’était pourtant, et sans pouvoir l’expliquer, elle se sentait satisfaite que ce qui était une menace ait pris cette tournure de non-violence.

Georges quant à lui y alla de son petit geste en réunissant l’inconnu et la brunette dans une accolade amicale, invitant la russo-américaine et le nouveau voyageur. Bien que la jeune femme préféra ne pas participer à cette réunion atypique, elle ne put s’empêcher de faire une chose qu’elle n’avait pas fait depuis plusieurs années : sourire. Bien entendu, elle avait déjà eu des sourires moqueurs, des sourires en coin, ou simplement cette expression polie qu’elle se forçait à arborer en de rares occasions… mais « sourire » si franchement, ça devait sans doute remonter à avant la mort de son père. Son visage ivoirin était soudainement bien moins dur, beaucoup plus humain, presque féminin quelque part.

Une rafale de vent qui agita les feuillages dans un concert de froissement déploya une nouvelle fois sa chevelure noire comme un étendard. Ce fut implicitement le signal de la fin de l’étreinte, d’où le dreamlandien en deuil sortit profondément troublé. Balbutiant des excuses confuses, il s’éloignant en rangeant l’arme dans sa poche et en jetant au sol l’avis de recherche. Même s’il quitta vite le rayon d’action du pouvoir de la taularde, il lui faudrait encore un certains temps avant que son mécanisme de pensées naturel ne le fasse éventuellement revenir sur ses bonnes résolutions – d’ici là, les voyageurs seraient loin.

La montre d’Eve disparut mais à la place, Robert se manifesta dans une exclamation de joie qui pourrait se traduire par « yeah-heyyyyyy !! ». La tirelire cochon volante tournoya rapidement autour de sa détentrice, uniquement à moitié surprise de sa visite. Il apparaissait dès qu’elle résolvait un problème non ?

- Bien joué ! s’exclama le pouvoir en s’arrêtant à hauteur de son visage, tu as réussi à convaincre ce type de ne pas commettre son acte trooooow injuste sans faire preuve de violence. Je suis bluffé !
- Qu’est-ce qu’il y a de si étonnant, rétorqua la détenue, c’était la meilleure solution non ? J’aurais pu lui en coller une… mais ça n’aurait pas vraiment guéri son aversion des voyageurs.

La mâchoire inférieure du cochon s’abaissa soudainement, comme s’il tombait des nues. Il n’y avait plus que ses ailes qui battaient désormais, pour éviter qu’il ne tombe, mais son immobilisme parfait finit par faire la russo-américaine demander avec un brin d'agacement :

- Quoi ?!
- T’es malade ? Tu es sous le choc ? Ce sont les mecs qui t’ont cassé la figure hier qui t’ont esquinté le cerveau ?!

Tout en posant ses questions, la tirelire lui tournait autour joyeusement, mi-plaisantin mi-incompréhensif. Sans doute cela dépendait d’un autre pouvoir ; parce que même s’il s’était déjà attaché à Eve en grand sentimental qu’il était, il n’était pas non plus dupe hein ?! La jeune femme qu’il connaissait aurait plutôt eut tendance à refaire le portrait de l’inconnu à la mode cubiste mais bon… tout progrès était bon à prendre. D’ailleurs, les vêtements de la concernés redevenaient normaux et son inexpression glacée habituelle redevint maitresse de son visage décoloré.

- Tu me soules, cingla-t-elle en écartant le cochon d’un revers de la main.
- Bah alors, se défendit Robert avec une moue boudeuse, pourquoi devenir si désagréable alors que j’allais t’offrir 3 points sur ta tirelire ?!

Il pivota pour montrer la jauge remplie pour l’instant d’une unique unité. Le contenu de la barre de chargement quadrupla pour atteindre tout juste la moitié. Haussant les épaules, Eve lança :

- A ce rythme là, j’atteindrai pas le bout, tu me sers pas à grand-chose.

Comme blessé par cette remarque, le cochon ailé se renfrogna plus encore et fit doubler le gain obtenu. 7 points, plus que 3 pour arriver au bout. Juste avant de disparaitre, il tira la langue à sa propriétaire et déclara :

- Nah ! Mais n’me demande pas de le refaire aujourd’hui ! Meugneuronchon…

La fin des propos était incompréhensible et la détenue n’en avait cure. En fait, une fois la manifestation relativement ridicule de ses pouvoirs absente, ce qui venait de se passer lui revint très nettement en mémoire. Elle avait prôné la paix ? Réagit pacifiquement à ce type qui menaçait de tuer Jade ? Toutes ses pensées paranoïaques déclamant qu’il aurait mérité d’être puni, qu’elle n’aurait jamais du lui permettre de s’en aller ainsi, s’affaiblirent devant le fait accompli : tout s’était résolu sans accro et sa protégée était saine et sauve. Pourtant, c’était tellement incroyable qu’il était évident qu’un élément extérieur était intervenu. Ou bien…

Eve repensa à ses vêtements devenus blancs. Elle avait été la seule dans ce cas et c’était d’elle qu’était partie l’initiative de discuter, franchissant ses lèvres avant qu’elle n’ait pu considérer autre chose. Serait-ce… un pouvoir ? Un don de pacifisme qui l’atteignait elle et les autres ? Si pour cette fois ça les avait tirés d’affaire, impossible d’être certain que ce serait immanquablement le cas. Ses poings avaient toujours été les meilleurs de ses arguments contre les individus qui la menaçaient ; ne pas les corriger, c’était oublier toute une partie de ses convictions : leur faire comprendre qu’ils n’avaient pas intérêt à recommencer. En tout cas, s’ils étaient encore vivants.

Ses yeux froids balayèrent le village, mais le coupable s’était déjà envolé, sans doute retourné dans sa cabane pour pleurer sa petite amie. Il s’en tirait bien, sauvé par un pouvoir inopportun, mais la prochaine personne qui chercherait à les agresser n’aurait pas cette chance. Se refusant à aborder le sujet, la russo-américaine lâcha juste sèchement :

- On peut y aller ? Je crois que si je reste encore ici une minute, je vais retrouver cet enfoiré et lui faire comprendre que les excuses, ça suffit pas quand on voulu buter une innocente.

Pourtant, bien que toute sa folie teinte cette réplique, une note de cette litanie sonnait faux désormais. L’une des phrases de Jade lui revint, celle qui disait que chercher continuellement à se venger n’amenait à rien d’autre qu’à stagner. Et elle, dans sa perpétuelle lutte contre les injustices, n’entraient-elles pas dans ce schéma ? Avait-elle besoin de ses détacher de ce en quoi elle croyait ? Non. « Non, non, non » se forçait à se répéter Eve. Parce que si c’était vrai, elle serait folle, n’est-ce pas ?

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Peter Smith

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Maladie mentale : Cachexophobie

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 14 Fév - 20:01

Georges tendait les bras vers Jade et l’inconnu pour les prendre dans les bras. Je faillis pouffer de rire, mais je devais rester sérieux. Si l’homme revenait sur sa décision et pointait à nouveau son arme vers Jade, je devais être prêt à agir. Le capitaine nous invitait, Eve et moi, à les rejoindre, je déclinais gentiment l’invitation. Eve leur sourit en déclinant à son tour. Elle était mignonne quand elle souriait finalement …

Jade avait donc vraiment tué quelqu'un, sachant ça, je la trouvais encore plus belle. Je n'avais pas à me faire de soucis pour elle alors ... Si elle savais se défendre, c'étais tant mieux, mais ça voulais dire que je devrais attendre encore plus longtemps avant de pouvoir la toucher ...

Après que l’homme ce soit éloigné et qu’Eve eut repris ses couleurs de vêtements, un cochon-tirelire apparût. Décidément, ce monde me réservait bien des surprises … Après que la folle ait finit sa conversation et une fois la tirelire disparût, nous pouvions enfin reprendre la route.

Je réfléchissais en prenant un rythme de marche régulier … Mais quel con je faisais ! J’aurais dû lui casser la gueule à ce mec ! Je manquais à tous mes devoirs sur ce coup-là. Cet homme méritait une correction, merde ! La colère montait en moi, quel incapable ! Eve avait raison, si nous n'étions pas partit, je serais sûrement aller le chercher pour le butter aussi. Mes poings se serraient, je baissais la tête en essayant de me calmer. Mais je ne me pardonnerais jamais pour cet accroc. Bon, je n’allais pas les ralentir en faisant demi-tour pour tuer un mec certainement sans importance.

Je reportais mon attention sur Jade, le simple fait de la regarder me calmait. Elle m’avait bien dit que je pouvais lui poser des questions non ?

- Alors tu peux avoir des ailes … Tu as quoi d’autres de caché derrière ce jolie minois ? lui demandais-je non sans draguer un peu.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 15 Fév - 10:13

Comme pour clore ce chapitre touchant de pacifisme et d’écoute mutuelle, Georges les pris l’agresseur et elle dans ses bras pour leur faire profiter d’un free hug dans sa toute beauté. Jade se sentait si mal à l’aise de se trouver dans les bras de celui qui l’avait vendu –après avoir embrassé son double- qu’elle ne put qu’accueillir avec soulagement le refus d’Eve et de Peter à participer. Elle avait beau apprécier la tendresse, cette situation était trop antinaturelle, même pour elle sous l’influence du pouvoir de la taularde.

Lorsque les corps se séparèrent enfin, elle lissa sa combinaison techyoïte le rouge aux joues, jouant sans y penser avec les fermetures éclairs qui parsemaient sa tenue futuriste. Celui qui avait voulu la tuer s’éloignait déjà, les traits déformés par le remord, et le retour à la normale de la paranoïaque vint parachever cette scène étrange qui venait de se dérouler. Avec le recul, mais surtout le retour de toutes ses facultés mentales, l’adolescente était horrifiée de sa témérité. Elle avait posé la main sur le bras armé de l’homme qui lui faisait face alors qu’il aurait pu l’abattre d’une pression de l’index… quelle mouche l’avait piqué ?

Avant qu’elle n’ait pu relier sa réaction inconsciente à la transformation vestimentaire d’Eve et la propension du capitaine à câliner ses matelots, un cochon tirelire apparu de nulle part pour débiter un charabia concernant des bonnes actions, des points et d’autres choses tout aussi floues. Apparemment les actions de la prédicatrice en herbe lui avaient apporté quelque chose, et la psychotique ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur ce qui arriverait lorsque ce petit machin volant serait plein. En tout cas une chose était sûre : l’invocatrice et l’invoqué n’allait pas, mais alors pas du tout ensemble.

- Tu… peux invoquer une tirelire cochon… constata-t-elle avec lenteur, se grattant l’arrière de la tête.

Soit elle ne l’entendit pas, soit elle préféra l’ignorer car la jeune femme demanda aussitôt à tracer la route. Jay répondit par un haussement d’épaules. Après tout sans l’influence d’absolution elle ne se sentait plus en sécurité sous le couvert des arbres. Peut-être même que l’agresseur la guettait depuis une cabane en hauteur, l’arme à la main ? Et s’il tirait ? Elle ne le verrait même pas venir. L’imagination débordante de la portoricaine stimulait son angoisse et son stress, si bien qu’elle pressa le pas pour ne pas rester en arrière.

A ses côtés Peter semblait s’en vouloir de quelque chose, et Jade n’osait pas demander quoi. Heureusement c’est lui qui finit par briser la glace après l’avoir observé un moment, l’air un peu plus serein. La question laissa l’adolescente interdite, à vrai dire elle n’était pas sûre d’avoir bien compris et craignait de répondre à côté. Qu’est-ce qu’il désirait savoir au juste ? Des informations sur elle ou sur ses pouvoirs ?

- Euh… sur mes pouvoirs ou sur moi ?

Oh allez, soyons fous ! Elle aborderait les deux ! Après tout ils n’avaient rien d’autre à faire que de marcher, alors autant s’occuper en discutant un peu. Elle avait toujours aimé ça, discuter. Ça vous rapprochait des gens, vous permettait de vous connaitre… on ne savait jamais où se mettre face à quelqu’un de silencieux, impossible de savoir s’il vous appréciait ou pas, ou ne serait-ce que si vous partagiez des centres d’intérêt.

Jade s’étira nonchalamment alors que le petit groupe dépassait enfin la sortie de Blackwood city, cherchant par où commencer. Il y avait à la fois tellement de choses et tellement peu qu’elle pouvait se permettre de dévoiler…

- Alors, bon niveau pouvoir c’est un peu le bordel je dois t’avouer. Comme on est deux y’a des trucs que je peux faire, d’autre qu’Elie peut faire, d’autres qu’on peut faire toutes les deux… par exemple on peut se parler par la pensée, partager nos blessures, nos possessions aussi. Quand je suis en danger la nuit elle se change en loup-garou, quand elle est en danger la journée je me change en ange. Je peux aussi redevenir comme j’étais avant, je peux devenir inconsistante… et on peut faire disparaitre un sentiment chez quelqu’un… ah oui, et je peux faire ça aussi !

Un cadeau se matérialisa dans ses mains comme par magie, tintement de clochettes en option. L’adolescente arracha le papier brillant pour dévoiler un petit sac en cuir qu’elle accueillit avec le sourire. La chance ! Elle allait pouvoir y ranger ses affaires qui commençait à déborder de son autre sac en bandoulière.

- Oh ! Lucky ! s’exclama-t-elle avec le sourire en passant l’anse par-dessus sa tête, Enfin ça c’est un pouvoir qu’on est pleins à avoir, depuis qu’on a aidé le père noël. Sinon sur moi… je sais pas trop quoi dire à part que j’ai 17 ans, que j’habite San Francisco et que je vais au lycée. Ah si, je fais du piano, j’adore le cinéma, mais bon faire une liste ça craint un peu. Parle-moi plutôt de toi !



Dernière édition par Jade Martins le Mer 15 Fév - 10:19, édité 1 fois
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Le Marchand de sable

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 15 Fév - 10:13

Le membre 'Jade Martins' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Super joyeux noël' :
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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 15 Fév - 13:15

Elle m’expliquait les choses qu’elle pouvait faire, j’eu même le droit à une démonstration. Elle matérialisait un petit cadeau dans sa main, elle en enleva le papier pour y découvrir un petit sac. Elle avait l’air d’apprécier ce qu’elle voyait, elle mit ce sac en bandoulière avant de continuer. Elle était lycéenne, avait 17 ans, aimait le cinéma et faisait du piano. Le piano, cet instrument faisait un beau son quand on savait y jouer. J’en avais déjà joué, mais sans grand succès, j’étais une vrai brèle avec la musique. Je préférais largement jouer avec les filles, c’était beaucoup plus amusant que de rester assis à appuyer sur des touches pour que ça sorte un son …

-Que je te parle de moi ? Hm… Je suis pas très intéressant tu sais. J’habite à San Francisco, j’ai un boulot de secrétaire dans un cabinet de psy, j’ai 22 ans et sinon j’aime bien me balader dans les parcs et faire la fête avec mes potes. Mais bon, ça, tout le monde s’en fou, n’est-ce pas ? ironisais-je en plantant mon regard dans le sien. Ah oui, j’ai faillis oublier, je tiens toujours mes promesses, c’est dans ma philosophie

Que pourrais-je lui dire de plus ? Je n’allais pas lui dire que je me faisais des filles d’à peu près son âge, que je les torturais et que je les laissais dans des petites rues pas fréquentées pour qu’un jour un passant découvre le carnage. D’ailleurs, une chose m’étonnait … Pourquoi n’avais-je pas envie de la tuer ? Ce n’étais pas normal ça, pas normal du tout … Je l’observais, qu’est ce qui pouvait bloquer mon envie de meurtre ? Je lançais un regard vers Eve et Georges, eux, j’avais bien envie de les butter mais dès que mon regard se posait à nouveau sur Jade, cette pensée disparaissait. En même temps, elle était la fille la plus mignonne que j’ai rencontrée. Mes victimes étaient souvent des poufs, habillées en pouf, maquillées en pouf. Le genre de filles qui trainent dans les bars pour se faire tirer quoi. Elles voulaient prendre du plaisir, mais quand elles se rendaient compte de ce que je faisais, généralement, elles prenaient peur. C’était même un peu embêtant avec les cris parfois. Mais bon, vive le triple-vitrage.

-Je sais pas si tu vas le prendre mal mais … Je resterais avec toi jusqu’à ce que je t’ai rendu la pareil pour tout à l’heure.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 15 Fév - 14:43

Pendant leur discussion, Peter et elle avait ralentis le pas jusqu’à laisser 5 bons mètres de distance entre leurs ainés et eux. Au-dessus du groupe le couvert des arbres s’amincissait, laissant percer les rayons du soleil matinal. Plus ils se rapprochaient de la lisière du bois plus l’atmosphère s’allégeait à l’instar de la luminosité croissante, et cette impression de soulagement détendait Jade mieux qu’un chocolat chaud.

La voix de Peter la berçait alors qu’il résumait sa vie comme elle l’avait fait, de manière brouillonne et plus qu’incomplète. Le peu qu’il daignait révéler confirmait l’image de badboy qu’il semblait cultiver. Trainer avec des potes ou dans des parcs, de préférence la nuit supposait-elle. Il dégageait à la fois une impression de force, un peu d’inquiétude aussi mais pourtant il était si gentil avec elle que ce ne pouvait qu’être la conséquence de son look, de sa stature en général non ?

Les yeux de Jade s’écarquillèrent de surprise lorsque le phobique déclara qu’il resterait avec elle jusqu’à lui rendre la pareille. Mais… quelle pareille ? Elle n’avait rien fait à part prendre sa défense face à Eve ce qui lui paraissait si naturelle qu’elle ne pouvait même pas concevoir qu’on ait besoin de la remercier pour ça. Le laisser se faire tabasser aurait été vraiment égoïste et insensible, et elle souffrait déjà trop de ses dernières actions pour alourdir gratuitement la masse de remords qui faisaient ployer ses frêles épaules.

Sur un coup de tête elle attrapa le bras du jeune homme et lui adressa un sourire lumineux. Peu importe que les raisons qui poussait ce mec à la suivre lui paraissent insensée, ce qui comptait c’était qu’il était prêt à la protéger et qu’elle lui en était infiniment reconnaissante. Dreamland était un monde dangereux et la perspective de la traverser seule lui coupait les jambes.

- Merci, mais faut pas que tu te sentes obligé. Ça me fait plaisir en tout cas, t’as l’air d’un mec bien et puis vu que tu bosses dans un cabinet de psy je suppose que tu me jugeras pas trop…

Légèrement gênée elle lui tira la langue, taquine, avant de lever les yeux vers la cime des arbres. Elle avait laissé entendre qu’elles étaient deux, ce qui sous-entendait son dédoublement de personnalité. Impossible de savoir s’il n’avait juste pas tilté où s’était tut par gentillesse, mais dans tous les cas c’était reposant de ne pas avoir à se justifier.

- En tout cas, ça me dérange pas que tu restes même si… je pense que ça va pas plaire à Eve. Je sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’elle te déteste. Et le capitaine… c’est le capitaine, je le comprends pas vraiment.

Toujours au bras de Peter elle se mordilla la lèvre, pensive. Georges était vraiment une énigme à ses yeux. Après les avoir capturé, il s’était montré compréhensif en calmant ses angoisses sans rien demander en retour, il avait même embrassé Elie puis il les avait vendu comme des bêtes à Sextus. Voilà maintenant qu’il leur promettait monts et merveilles s’ils le suivaient jusque chez lui et Jay aurait été bien incapable de dire si c’était du lard ou du cochon.

Doucement mais sûrement, sa main glissa de l’avant-bras du phobique pour retomber inerte le long de son corps. Ils s’approchaient enfin de la lisière du bois pour retrouver les plaines immenses qui s’étendaient à perte de vue, mais le trouble avait envahi son joli minois. Elle avait comme l’impression de sentir son double de nouveau sauf que… ce n’était pas possible. C’était comme si elle était là, mais plus là à la fois, comme… si elle était morte et vivante à la fois.

Encore plus blême qu’à l’accoutumée, l’adolescente porta sa main à son cœur qui s’emballait alors qu’une foule de questions se bousculaient sous son crâne. Qu’est-ce qui se passait au juste ? L’esprit d’Elie était toujours fermé à ses questions, la laissant dans un flou déprimant. Jade se rembrunit inconsciemment, tout en cherchant à cacher son trouble en parallèle. Sa copie conforme finirait bien par la contacter pour lui dire ce qui se passait non ? Non ?

- Peter… tu crois que si une partie de toi mourrait tu t’en rendrais compte ? Je veux dire… ça se sentirait non ? Une sorte de certitude, sinon c’est vraiment vraiment trop tordu.

Jade ne se rendait même pas compte que son discours ne signifiait rien pour son interlocuteur. Elle avait besoin d’être rassurée, par n’importe quel moyen.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 15 Fév - 22:48

Je ralentissais peu à peu l’allure afin de mettre une certaine distance entre les deux autres voyageurs et nous pour pouvoir discuter sans que l’autre folle ne me tombe dessus. Jade m’attrapait le bras, autant dire que je ne m’y attendais pas. Je lui lançais un regard étonné et elle me souriait, trop mignonne cette petite … Elle me disait que j’avais l’air d’un mec bien, foutaise, je savais bien que je n’étais pas blanc comme neige. L’important était de ne pas lui faire savoir, sinon elle aurait peur pour sa peau et je ne pourrais jamais éponger ma dette. Elle pensait que, comme je bossais chez un psy, je ne la jugerais pas, c’était sans doute vrai. Elle me tira la langue à la manière d’un enfant content d’avoir sorti une blague qui fait rire, ça me faisais sourire.

-Ne t’inquiètes pas, j’avais bien remarqué que je n’étais pas le bienvenu pour tout le monde, lui dépondis-je en souriant.

Nous nous approchions de la lisère du bois, Jade enlevait peu à peu sa main. Son contact me donnait l’impression de ne plus être un monstre, eh oui, même à mes yeux j’étais un monstre. Au moins, j’en étais conscient, pas comme les gens qui consultait et qui ne voulaient pas admettre qu’ils n’allaient pas bien dans leur tête alors que ça allait vraiment pas bien.

Jade me fit part d’une question étrange « si une partie de toi mourrait tu t’en rendrais compte ? ». Qu’entendait-elle par-là ? Je me souvenais de ce qu’elle m’avait dit, son double, bien sûr. Quel con je faisais parfois … Mais c’était une bonne question, si elle souffrait d’un dédoublement de personnalité et qu’il avait pris forme ici, subirait-elle des dommages suite à son autre moitié ? Je ne m’en étais pas rendu compte, mais je m’étais arrêté, cette question m’étonnait et m’intéressait. Je devais trouver un moyen de lui répondre pour la rassurer. Elle paraissait troublé, et ça me troublais. Je devais la rassurer. Pour ça je lui pris la main, plantais mon regard dans le sien et répondais avec conviction :

-Je ne sais pas trop, mais s’il le faut, je retrouverais cette « Elie », coûte que coûte, d’accord ?
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 2:20

Ils s’étaient donc remis en route, prenant la direction de la sortie du bosquet pour retrouver les plaines Félicités. En approchant de la lisière, les tâches dorées dessinées par le soleil sur le sol se faisaient de plus en plus nombreuses, incitant Eve à sortir ses lunevolutives de sa veste pour les mettre sur son nez. Le type qui les lui avait refourguées lui avait assuré qu’elles se rechargeaient à la lumière solaire, s’il n’avait pas mentit pour le reste, ça devait être la vérité ; elle ferait donc d’une pierre deux coups.

Tandis qu’elle suivait le capitaine silencieusement, l’adolescente prit du retrait avec le nouveau venu. La russo-américaine s’était retournée au début, pour s’assurer qu’il ne lui faisait rien, puis poursuivit sa route en guettant que les seules choses qui lui parvenaient ne soient que des rumeurs de conversations inintelligibles, et non des cris étouffés ou un silence inquiétant. Au moment de quitter définitivement l’abri des arbres pour passer sous le soleil radieux qui plombait les plaines, la détenue s’était retournée et avant vu sa protégée main dans la main avec Peter. C’était trop, vraiment « trop ». Cette fille ne prenait aucune précaution, sa naïveté endormant totalement tous les réflexes d’auto-préservations qu’elle devrait avoir si elle ne voulait plus que des salauds comme Liam lui remettent le grimper dessus. Le flot de pensées paranoïaques qui s’écoula dans son encéphale, entièrement relatif aux crimes dont seraient capables le cachexophobe, charia les bribes de souvenirs qu’Eve pensait avoir disloqué dans le néant.

Tony Blaze, c’était le nom de ce type charmant qu’elle avait rencontré dans une petite ville du Wyoming, pas longtemps après s’être enfuie de Californie. C’était le premier endroit où elle faisait escale, du haut de ses dix-huit ans, avec seulement quelques fringues de rechange, ses papiers et un couteau de cuisine sur elle. Ses économies étaient pratiquement épuisées, c’était la raison qui l’avait forcée à s’arrêter pour travailler un peu et se refaire. Malgré sa méfiance paranoïaque déjà démesurée à l’époque, la jeune Eve s’était laissée charmée par ce jeune homme de la vingtaine qui l’avait hébergé chez lui après l’avoir trouvée assoupie sur un banc aux premiers jours de l’hiver. Peut-être des restes de naïveté, ou bien les résidus de l’espoir enfantin que tout le monde ne soit pas mauvais : la russo-américaine dégela légèrement sa personnalité en sa compagnie, jusqu’à être capable de lui offrir l’un de ses sourires. Teinté de désarroi, comme une lumière émergeant de la folie, mais si rare et inattendu.

En réalité, vivre avec lui aurait presque pu, à la longue, lui rendre ses couleurs et chasser la folie qui la dévorait corps et âme, mais Tony avait tout gâché. Un soir, ils s’étaient acheté de quoi boire copieusement pour fêter l’anniversaire du jeune homme. Ils avaient descendu plusieurs bières et quelques verres d’alcool fort en s’adonnant à des jeux et plaisanteries stupides, jusqu’à finir avachis sur le canapé comme deux loques incapables de stopper leurs fous rires superficiels.

Eve n’avait pas conscience de pouvoir paraitre attirante, jamais ça ne lui avait traversé l’esprit, mais son ami s’était approché jusqu’à se placer maladroitement à califourchon au-dessus d'elle et lui déballer confusément ses sentiments. Tout aurait pu s’arrêter avec le refus de la détenue, mais Tony s’était montré insistant, puis entreprenant, et avait tenté de la violer. Elle avait eu de la chance qu’une bouteille de vodka traine encore à proximité, lui permettant de la fracasser sur le crâne de son agresseur et de le poignarder avec le tesson un nombre incalculable de fois, sa force démultipliée par la démence. C’était son deuxième meurtre, celui qui ruina toutes les chances qui subsistait de la sortir de son gouffre sans fond. Elle ne regrettait que de ne pas l’avoir tué avant, mais son acte en lui-même, ne soulevait aucune émotion, aucun remord ; elle était déjà inhumaine.

La russo-américaine ressortit de cette réminiscence impassible, mais intérieurement troublée. Son cerveau malade superposait Tony à Peter, jusqu’à confondre les deux hommes en un seul criminel dangereux qu’elle se devait d’arrêter. N’écoutant que sa folie, la voix unanime qui s’exprimait dans sa tête, elle s’approcha du duo qui avait fait halte et se planta face à eux pour déclarer froidement :

- Jade, faut que j’te parle.

Son ton ne se prêtait à aucune discussion. Derrière ses lunettes aux verres teintées, ses yeux inexpressifs se tournèrent vers Peter pour le transpercer tandis qu’elle cinglait :

- Tu permets ?

En vérité, il n’avait pas le choix. Eve attendit le temps qu’il fallut pour qu’il s’éloigne bon gré mal gré, résistant à l’envie de simplement lui coller son poing dans la mâchoire, et lorsqu’il fut trop loin pour l’entendre, elle commença laconiquement à réprimander l’adolescente :

- A quoi tu joues ? C’est dans tes habitudes de fricoter avec les mecs que tu viens de rencontrer ? Parce que si c’est le cas, dis le, j’aurais plus à me demander comment Liam a pu faire de toi ce qu’il voulait.

Nul besoin que l’adolescente lui en ait parlé pour qu’elle ait compris, et la notion de tact qui lui aurait soufflé de ne pas ressortir cet incident si violemment lui était totalement inconnue. Néanmoins, le discours de la taularde n’avait pas pour unique but de dégouter la psychotique de sa relation naissante, elle cherchait à lui inculquer une leçon, en espérant qu’elle soit une bonne élève. Elle saisit fermement le menton de Jade pour la forcer à la regarder, accueillant ses orbes bleus dans ses yeux marron froid. Ce n’était pas l’émotion, mais la dureté de la voix de la russo-américaine qui trahissait le vécu dans ce qu’elle abordait :

- Les mecs peuvent avoir l’air aussi gentil qu’un ours en peluche, ça ne veut pas dire qu’ils sont incapables de te faire un truc dégueulasse. Tu n’es pas qu’une personne à leurs yeux, tu es un trou avec deux nichons ; et ça, tu ne peux pas prévoir à quel moment ils chercheront à te le rappeler de force si tu ne te laisses pas faire, avant de t’égorger pour te balancer dans un caniveau comme une merde usager.

Ce n’était pas l’émotion, mais la folie qui faisait vibrer la main d’Eve resserrée sur le menton de sa cadette. Il fallait qu’elle comprenne qu’elle devait faire attention, parce que le monde était illogique, injuste, et que c’était les jeunes innocentes comme elle que le sort accablait, sans jamais rien leur envoyer en retour.

- Fais moi confiance, je sais de quoi je parle, siffla la taularde en relâchant sa prise pour glisser sa main dans sa poche.

Ça oui, les enflures, elle en connaissait pas mal, et elle avait rossé celles qu’elle n’avait pas crevées tout simplement. Il suffirait d’un rien pour que Peter s’ajoute à sa liste, lui permettant presque de conclure un premier ouvrage de nécrologie.

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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 10:53

La main qui attrapa la sienne, l’englobant presque totalement lui tira un frisson. Le regard si se planta l’ébranla d’autant plus… les mots aussi. Il allait l’aider à retrouver Elie ? Jade en aurait pleuré. Face à de fortes personnalités qui avaient l’habitude de s’imposer qu’on le veuille ou non comme Eve et Georges, l’adolescente n’avait même pas osé faire part de ses angoisses et de son besoin d’éclaircir cette zone d’ombre. Avec Peter c’était différent, c’était comme si cet ours de plus d’une tête de plus qu’elle cherchait à la protéger coûte que coûte et si elle ne comprenait pas bien pourquoi, ça ne pouvait que la rendre heureuse.

« Je ne suis pas seule » résonnait dans sa tête, se répercutant en écho sur les parois de son crâne. Alors que ses lèvres se mettaient à trembler pour s’étirer en un sourire timide, légèrement triste, et qu’elle hochait la tête pour signifier qu’elle était d’accord, la paranoïaque déboula dans son monde. Lunettes noires vissées sur le nez et ton glacial, la bonne jumelle n’eut d’autre chose que d’obtempérer. Sans la chaleur de la main du phobique, elle se sentait comme une enfant que sa mère allait punir. D’ailleurs à bien y regarder c’était tout à fait ça.

A chaque remontrance la tête de l’adolescente s’enfonçait un peu plus dans ses épaules, sûrement dans l’espoir de pouvoir y disparaitre. Au nom de Liam, Jade s’était mise à trembler et n’arrivait désormais plus à s’arrêter. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que la paranoïaque lui balançait que c’était de sa faute si elle s’était fait violer ? Est-ce que c’était criminel de donner leur chance aux gens ? C’était faux, totalement faux… et injuste aussi. Les larmes aux yeux Jay se mordit la lèvre avec force pour réprimer les sanglots qui s’accumulaient dans sa gorge.

Croisant ses mains sur sa poitrine, la psychotique respirait difficilement. Elle ne méritait pas qu’on lui fasse la leçon comme ça, elle n’avait rien fait du tout, rien ! Et puis toutes ces références à son viol et à la mort d’Amber la rendaient nauséeuse et sa tête lui tournait, forçant Jade à s’appuyer au tronc d’un arbre.

- Tais-toi… tais-toi… geignit-elle le visage toujours tourné vers le sol, Ça a rien à voir ! Rien du tout !

Le fait de prendre la parole avait fait sauter les digues qui retenaient ses larmes et elle se mit aussitôt à pleurer comme une fontaine. La vision du monde de la taularde était trop noire pour qu’elle y adhère. Comment vivre dans un monde où tout un chacun se présentait comme un potentiel ennemi ? La main de la tueuse qui étreignait son menton lui faisait mal, la rendant d’un coup bien plus menaçante que le cachexophobe.

- Liam… Liam m’a agressé pendant que je dormais et j’ai jamais, JAMAIS, fricoté avec lui. C’est à peine si je lui avais dit bonjour ! Et les mecs ont pas besoin que tu leur tendes la main pour te sauter dessus et t’égorger, et là je sais de quoi je parle moi aussi. D’ailleurs ceux qui te veulent du mal en général, ils n’attendent pas pour le faire.

Sa main droite était remontée inconsciemment jusqu’à sa gorge qui présentait encore la fine cicatrice laissée par le couteau du violeur sur sa gorge, mais ce n’était pas à lui qu’elle pensait. Elle avait replongé dans le passé jusqu’à une ruelle sombre où une bande de voyous lui avait volé sa sœur, son unique sœur.

Au loin Peter semblait intrigué, voir inquiet. Il ne pouvait pas entendre un traitre mot de ce qu’elles disaient à cette distance et Jay ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable. Qu’aurait-elle pensé si on l’avait écarté de la sorte à son arrivée après avoir fait des efforts pour s’intégrer ? Elle ne l’aurait pas supporté. Au fond de son cœur elle était persuadée qu’il ne lui ferait rien de mal et qu’il suffisait juste de lui donner sa chance pour le prouver. Après tout il ne lui avait rien fait dans la chambre, la théorie d’Eve ne tenait pas debout !

- C’est un crime pour toi de tenter de nouer des liens ? Je… je supporte pas d’être seule, ça me fait peur. J’ai besoin d’être entourée, d’avoir des amis… c’est si grave que ça ? elle essuya son visage trempé de larmes du dos de sa main, Mais tu sais, j’ai changé moi aussi et je laisserais pas le passé se reproduire. Si jamais ça tourne mal je pourrais toujours devenir inconsistante et m’éclipser mais… je pense pas que ça arrivera jusque-là. Est-ce que tu peux au moins me faire confiance là-dessus ?

Elle craignait malheureusement que la réponse soit non. Dans un coin de sa tête, la sensation étrange concernant Elie ne faisait que la déboussoler d’avantage au point d’engluer la bonne jumelle dans une pernicieuse sensation chaotique. Eve semblait prendre la place de son double pour lui rappeler qu’elle n’était que faiblesse et inconscience, comme si la disparition de la mauvaise jumelle était effective et que la place était laissé vacante. Un signe peut-être ? Jay rejeta cette idée avec force en serrant les poings. Non, non, non, non… hors de question que ce soit le cas, elle ne le supporterait pas.

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 13:30

Jade avait éclaté en sanglot face à elle, lui renvoyant qu’elle cherchait simplement à se faire des amis, qu’elle en avait besoin pour ne pas être seule, et que si la situation dégénérait, elle avait toujours ses pouvoirs. Eve croisa les bras, immobile, une rafale de vent bouleversant sa chevelure et sa veste comme les voiles d’un bateau. L’adolescente avait tort, incroyablement tort ; supposer que le mal n’arriverait pas, c’était lui laisser une grande porte ouverte, accrocher un panneau de bienvenue sur son front. Elle pouvait se rendre inconsistante ? Grand bien lui fasse ; et que ferait-elle si le jour où elle en a besoin, ses dons ne fonctionnent pas ? Si les facultés d’un autre les paralysent ? Ça devait exister après tout, non ? Il y avait une telle diversité de pouvoirs qu’il serait absurde que personne ne soit capable de geler ceux des autres.

Voir toute la détresse de la psychotique faillit presque rendre sa chaleur au cœur de la détenue. Presque. Elle le sentit battre, une unique fois perdue dans le néant, puis retrouva son refuge glacial dans l’insensibilité. Toutefois, elle ouvrit lentement ses bras pour enlacer Jade et l’attirer jusqu’à elle. Un geste maternelle qui ne lui allait pas, elle était trop dure, trop froide, comme une statue qui avait été mise en mouvement. Pourtant, elle garda sa protégée contre elle jusqu’à ce que ses larmes sèchent, lui murmurant d’une voix désespérément dénuée de sentiments :

- Tu te trompes, les gens qui veulent te faire du mal, peuvent attendre longtemps pour le faire. Des heures, des jours, des années parfois… et au final, le résultat est le même : le coupable s’en tire à meilleur compte que toi.

Une toile de souvenirs s’étendit devant les yeux de la russo-américaine. Particulièrement plus nettement, l’image du type qui l’avait plantée pendant son adolescence. Pas de preuve, pas de témoignage, et aucun crédit accordé à la parole d’une jeune rebelle intenable qui passait plus de temps en colle qu’en cours. Il avait fallu qu’elle brave les interdictions de sa mère, et aussi la raison qui lui recommandait de ne rien faire, pour retrouver celui qui l’avait envoyée à l’hôpital, et lui rendre la pareille voire plus encore. Il n’était pas mort non… mais il se souviendrait sans doute d’Eve jusqu’au restant de sa vie, et il n’oserait jamais avouer que c’était une fille qui lui avait fait ça.

- ‘Te laisse pas avoir, c’est tout. Ça me mettrait… vraiment hors de moi de savoir que quelqu’un essaye de s’en prendre à une gamine comme toi.

Oui, ce serait injuste, immensément injuste, et il était temps de rééquilibrer tout ça, non ? La taularde desserra son étreinte froide et libéra sa protégée. Un instant, elle l’observa derrière ses lunettes teintées : Jade semblait si fragile, si naïve, comme si elle incarnait ces traits, purement et simplement ; incapable d’être autre chose. Même l’instinct détraqué par la folie de la russo-américaine ne percevait d’elle que de la faiblesse, qu’une incapacité à faire du mal ; et pourtant…

Eve ne savait pas trop ce qu’elle éprouvait devant cet antagonisme d’elle-même. Elle qui avait du sang plein les mains, le cœur gelé, qui ne savait s’exprimer qu’en frappant ce qu’elle abhorrait et en couchant pour le simple plaisir de la chair, juste pour oublier qu’elle était un monstre. Pour oublier cette horreur qui la dévorait à petit feu, la confortant dans sa folie aigüe : mais ça ne durait jamais assez longtemps. Jamais assez longtemps pour se souvenir qu’elle était une femme avant d’être une carcasse vide vouée à un destin sinistre. Ne restait alors plus que cette conviction fondue dans sa chair, celle que les autres ne comprenaient rien, qu’elle seule avait la force nécessaire de ne jamais plier. On voulait la faire passer pour une malade ? Non, elle était juste lucide et différente.

Finalement, elle se détourna pour se remettre en marche aux cotés de l’adolescente et quitter enfin la ville boisée. En revenant à la hauteur de Peter, elle lui adressa une parodie de sourire qui n’étendit ses lèvres pâles qu’une petite seconde. S’ils voulaient continuer à discuter, soit, mais elle ne s’écarterait plus pour lui laisser la psychotique en tête à tête pour l’instant : il serait capable de l’inciter à la poignarder dans le dos pour se venger de sa mise en garde. Alors qu’elle pensait rester dans un mutisme, une question traversa l’encéphale de la paranoïaque, qu’elle posa au cachexophobe avec une absence d’expression qui pouvait être inquiétante :

- Vous avez déjà tué quelqu’un Peter ?

Eve laissa volontairement planer son interrogation, étudiant minutieusement derrière les verres de ses lunettes tous les signes qui pouvaient passer sur le visage de son interlocuteur. Sans changer de ton, elle s’expliqua :

- Je demande parce que… vous n’avez pas l’air vraiment perturbé de réaliser à quel point Dreamland peut être dangereux pour les gens comme nous. Pourtant, il l’est suffisamment pour qu’une adolescente aussi inoffensive se fasse menacer dans la rue d’un village pommée pour le simple fait d’être voyageuse, et qu'elle ait commis des meurtres pour se défendre. Vous n’avez pas peur de devoir aussi en arriver là ?


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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 15:57

Eve voulait que je m’en aille, que je les laisse toutes les deux, je lançais un regard discret à Jade. Je n’eus d’autre choix que de m’éloigner, mes omoplates se souvenaient encore un peu trop du coup que m’avait mis la folle. Je mis de la distance jusqu’à ce qu’elle soit suffisante pour ne plus les entendre. Je m’adossais au tronc d’un arbre pour les observer, Eve paraissait menaçante et Jade commençais à pleurer. Aussitôt, il se passa une chose qui ne m’était jamais arrivée : un pincement au cœur. Je versais une larme malgré moi, mais pourquoi Jade pleurait-elle ? Que pouvait lui dire Eve ? J’essuyais cette preuve de faiblesse de mon visage de revers de la main. C’était ma première larme depuis bien longtemps … A quand remontait la dernière fois que j’avais pleuré ?

C’était quand j’étais au collège, j’étais encore jeune … Il y avait une fille qui me plaisait dans ma classe, je m’en souvenais bien à présent, j’aimais cette fille plus que tout, même si je ne me souvenais plus de son nom à l’heure actuelle. Je me vois encore lui faire des petits cadeaux, elle était ma meilleure amie mais moi je voulais plus. Le jour où elle m’avait dit que nous deux c’était impossible, j’étais rentré furieux chez moi, l’idée de mort en tête. J’avais pleuré plus que jamais, me jurant de ne plus jamais tombé amoureux, plus jamais. Je me jurais aussi de ne plus pleurer. Mes promesses à moi-même avaient été tenue jusque-là … Mais Jade allait tout faire capoter.

En repensant à ce souvenir, d’autres larmes coulaient, toutes ces larmes qui n’avaient pas été évacuées pendant tant d’années, je les retenais en même temps que j’encaissais les coups durs. Mais je ne devais pas pleurer comme un nourrisson, j’essuyais de nouveau mes larmes.

Eve et Jade revenaient dans ma direction. Je respirais profondément pour tenter d’atténuer mes pleurs. Pleurer oxygénait mon cerveau, si bien que j’avais déjà un petit mal de crâne qui se préparait. De légères larmes coulaient encore. Nous reprenions la route lorsqu’Eve me posait une question qui me mit très mal à l’aise : est-ce que j’avais déjà tué ? Étrange question, mais son argumentation tenait debout. Elle était peut-être folle, mais elle était aussi intelligente. Je devais inventer un mensonge, et vite.

- Non, je n’ai jamais tué quelqu’un. Et si je n’ai pas l’air impressionné par la violence, c’est que je suis né dedans et que je le côtois tous les jours, dis-je en essuyant de nouveau une larme qui coulait lentement. Et je n’ai pas peur d’en arriver à la violence, j’ai une dette envers la demoiselle ci-présente, s’il y a besoin de mettre une balle dans la tête d’un mec pour la protéger, je le ferais.

Mon discours avait de quoi refroidir, mais au moins, je n’avais pas trop mentis car la plupart des choses dites étaient vraies.
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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 16:37

Comme à l’accoutumé, personne n’accordait de crédit à ce qu’elle disait. Crédule, naïve, innocente, peu perspicace, autant de qualificatifs qu’elle sentait pleuvoir sur elle-même si Eve ne les utilisait pas explicitement. D’ailleurs le mot « gamine » tomba comme un pavé dans la mare, renfrognant la bonne jumelle dont la tristesse venait de s’envoler comme par magie, les trainées humides laissées sur ses joues séchant rapidement sous l’effet du vent.

Sans ce sentiment profond d’injustice et de désespoir, ne restait plus qu’une contrariété digne d’un enfant grondé à tort par ses parents. Jade était d’ailleurs déjà tellement en mode butée qu’elle ne réalisa même pas tout de suite que comme pour prendre le relai c’était Peter qui pleurait désormais. Elle ne le vit qu’après avoir suivi la taularde en trainant les pieds, s’interrogeant sur la raison qui la poussait à côtoyer quelqu’un qui la dépréciait autant. Elle n’était pas un nounours, une poupée de porcelaine à protéger ! Elle avait le droit de donner son avis sur sa vie non ?!

Le groupe s’était remis en marche bon gré mal gré, en retrait par rapport au capitaine qui avait l’air décidé à ne pas participer à cette parodie de d’amour, gloire et beauté. Une fois à la hauteur de Peter qui sanglotait, Eve lâcha une question tellement décalée que Jay manqua de s’étouffer. S’il avait tué ? Mais c’était quoi cette question bon sang… Elle en rajoutait d’ailleurs une couche en insinuant que sa conduite était anormale et si le jeune homme se contenta de répondre calmement, la psychotique était abasourdie du manque de tact de sa camarade. La réponse du cachexophobe la laissa aussi pantoise.

Il pourrait… tuer pour elle ? Impossible de savoir si elle se sentait flattée ou effrayée par cette révélation, par conséquent ce fut l’embarras qui prit le relai faute de mieux. Ses joues s’enflammèrent alors qu’un silence profond s’installait et qu’ils dépassaient enfin les derniers arbres avant la plaine. C’était comme un chevalier se déclarant à sa princesse, un brin fleur bleu mais réellement touchant si on écartait la violence des propos. Jade se mordilla la lèvre, tournant ses grands yeux bleus vers ceux humides de Peter. La tristesse qu’elle y lu coinça les mots dans sa gorge.

Le désir de faire quelque chose pour lui rendre son sourire l’oppressait, elle posa donc sa main menue sur son bras en espérant pouvoir faire disparaître sa tristesse et… c’est ce qui arriva, justement. Les traits du jeune homme se détendirent, retrouvant la force tranquille qu’ils arboraient en temps normal. Cette vision tira un sourire lumineux à l’adolescente qui avait enfin l’impression de se sentir utile.

- Ça… ça va mieux ? T’avais pas l’air bien alors je me suis dit que je pouvais essayer de faire disparaître ça et je… je crois bien que ça a marché. Ça a marché hein ? Je suis pas encore très au point avec ce pouvoir.

Avec une mimique coupable elle raffermit sa prise sur l’avant-bras de Peter, presque autant parce qu’elle cherchait ce contact que pour montrer à Eve qu’elle ne mourrait pas foudroyé en touchant le phobique. La faiblesse qu’il avait temporairement annihilé chez elle lui donnait la force de s’affirmer, au moins un peu, même si elle savait bien que le regard glacé de la paranoïaque la jugeait derrière ses verres teintés.

- Mais pour cette histoire de balle dans la tête on n’en arrivera pas là. J’ai pas envie que des gens meurent à cause de moi, c’est déjà arrivé trop souvent, j’en supporterais pas d’avantage. Fuir, pardonner, oublier… c’est pas mal non plus vous savez.

Sa dernière phrase s’adressait autant à Pete’ qu’à Eve. Dans un sens elle avait l’impression que c’était même plus dur de lâcher prise, et qu’ils feraient bien de s’entrainer à acquérir cette « force » à leur tour. D’ailleurs le phobique semblait déjà sur la bonne voie, après tout il n’avait pas cherché à se venger après que la taularde l’ait agressé non ? Si ça n’était pas une preuve de sa bonne foi, Jade ne savait pas ce que c’était.

Avec douceur elle se saisit sur un coup de tête de la main de ses deux compagnons et les força à se serrer la main malgré la réticence évidente de la paranoïaque. S’ils voulaient s’entendre un jour, il fallait commencer par aplanir les choses entre eux.

- Tenez, commencez par faire la paix. Je sais que vous avez des à priori l’un sur l’autre c’est malsain. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le au moins pour moi si vous recherchez vraiment mon bonheur et ma sécurité comme vous me le répétez sans cesse.

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 16 Fév - 18:43

Alors que les pleurs de la bonne jumelle s’étaient calmés, c’était Peter qui essuyait des larmes en lui répondant. L’un des sourcils de la taularde se souleva imperceptiblement, complètement incompréhensive devant cette marque de faiblesse : il faisait pratiquement deux mètres et cent kilo, mais il chouinait sans raison ? Ça n’avait pas de sens, ça n’allait tellement pas avec ce qu’il avait montré jusqu’à lors – et avec son discours affirmé – qu’ajouter à l’adolescente étrangement vite ragaillardie, Eve soupçonna l’action d’un pouvoir. Difficile à cerner pour l’instant mais…à vérifier.

Ainsi, le jeune homme se disait vivre tous les jours dans la violence, mais n’avait jamais rien commis lui-même. La détenue aurait presque pu compatir, il ne manquait que les violons dramatiques. C’était une évidence qu’il n’hésiterait pas à en venir aux méthodes musclées s’il en avait besoin, mais pas uniquement parce qu’une situation l’y pousserait, mais parce qu’il y avait déjà eu recours. Voyons, il la prenait pour une poire ?! Les types qui côtoyait les difficultés tous les jours, les affaires de gangs, les quartiers difficiles… soient ils devenaient des lavettes qui rasaient les murs, soient ils trempaient dans certains soucis au moins une fois dans leur vie. Pour s’être bâti ce corps musclé, Peter ne devait pas être de ceux qui se planquaient ou se faisaient oublier, n’est-ce pas ?

Mais soit. Si Jade prenait sa ferveur pour une déclaration moyenâgeuse d’un chevalier vaillant, la russo-américaine ne dirait rien de ses soupçons. Elle-même ne comprenait pas vraiment comment un individu de cette carrure pouvait ne pas avoir profité de sa force pour lui rendre la pareille. Réelle cœur d’or dans cette carcasse de géant ? Ou bien abritait-il un mal sombre et sournois ? Cela devenait presque un mystère obsédant ; son mode de pensée paranoïaque n’arrivait pas à cataloguer le cachexophobe, malgré tous les soupçons qu’il percevait puis laissait s’étioler pour s’attacher à un autre. Une chose était sûre : un homme capable d’assurer sans fléchir qu’il était prêt à tuer pour protéger n’était déjà qu’à quelques pas des autres formes de meurtre. Il n’était pas net. Il ne pouvait pas être net.

La psychotique s’interposa en prenant le bras de son preux chevalier, prônant la fuite et l’oubli. Eve serra les dents, mais ne dit rien. Ces options n’étaient pas les siennes ; elle n’oublierait jamais comment sa famille avait été écrasée et négligée, ce serait une insulte à leur mémoire, ce serait se plier au système minable qui accueillait les injustices comme des invités de marque. A la lumière chaude du soleil qui se déposait pourtant sur ses traits, le visage de la russo-américaine restait glacé, de marbre et inexpressif. Le souvenir de son dernier pouvoir se manifesta, la renvoyant à l’infirmière de la prison, qui lui avait déjà dit une fois qu’elle devrait peut-être faire avec et passer à autre chose. Le directeur lui avait déjà conseillé ça aussi… de simplement purger sa peine et de sortir commencer une nouvelle vie, d’arrêter de cogner comme une folle qui ne contrôlait pas ses pulsions.

Bien sûr, Eve était incapable de percevoir que ces gens cherchaient à l’aider. On disait que c’était la raison pour laquelle on avait fait appel à Thores, bien qu’elle ne soit PAS malade. Les seuls cinglés, ce sont tous ceux qui veulent la faire enfermer, parce qu’ils ont peur de ce qu’elle représente. Jade la tira de ses penser en lui prenant une main pour la mettre en contact avec celle de Peter. La détenue chercha à résister, mais l’insistance de l’adolescente était telle qu’elle consentit à marcher dans son jeu. Cette confiance excessive devenait presque pathologique, mais il fallait qu’elle plie au moins cette fois pour rester à ses cotés et percer à jour le jeu du cachexophobe.

Elle serra la main beaucoup plus grand que la sienne avec fermeté, ses yeux marron figés dans ceux de son cadet derrière ses verres teintés. Son visage impassible masquant toutes les pensées qui défilaient sous sa caboche de démente, Eve se força à adopter une ébauche de sourire et puisa dans ses réserves pour rendre son ton le moins glacial possible, à défaut de pouvoir le colorer de manière franchement engageante.

- Jade à raison, autant essayer de coopérer. Et puis… ça vous donnera l’occasion de discuter avec quelqu’un de plus proche de votre âge, non ? glissa-t-elle en récupérant ses doigts pour les ranger dans sa poche.

Bien sûr qu’elle mentait, tout ce qu’elle voulait, c’était tenir à l’œil ce nouveau venu pour être sûr qu’il ne tenterait rien. D’ailleurs, si elle voulait tenir son rôle d’ambassadrice de la paix jusqu’au bout, il allait lui falloir de quoi apaiser les grognements mécontents de la bête enfermée dans ses entrailles. Elle dégota donc son paquet de clope et son briquet pour s’en griller une, tout en suivant l'ex pirate qui ne daignait pas participer à leurs discussions. Eve inspira profondément son poison en tube avant d’expirer un nuage gris qui s’éleva dans l’air tiède de cette fin de matinée.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Ven 17 Fév - 22:02

Tout compte fait, ça faisait du bien du pleurer un peu, de relâcher le stress. Jade posait sa main sur mon bras et mes larmes cessèrent de couler au moment même. Je plongeais mon regard de le sien avec l’envie de lui dire que si elle savait ce que j’étais elle ne ferait pas ça. Mais rien ne sortit, je la contemplais, elle était vraiment mignonne, mais vraiment naïve aussi. Que se passerait-il si elle découvrait ce que j’étais ? Elle ne devait pas le découvrir, jamais !

Quand elle raffermit son étreinte, une seule chose me vint à l’esprit : la prendre dans mes bras. Cette petite me faisait perdre tous mes idéo … Si une fille me faisait ça, en général, je lui proposais tout de suite de l’emmener chez moi avec l’idée de lui faire vivre son pire cauchemar. Mais là, c’était vraiment différent, je ne lui voulais pas de mal, encore moins la faire souffrir … Quelle sensation étrange. Je fus tiré de mes pensées lorsqu’elle me demandait si ça allait mieux. Je la regardais en lui répondant que oui, je ne m’étais jamais senti aussi bien.

Quand elle me fit serrer la main d’Eve, je lui lançais un regard accusateur. Elle n’allait pas bien ou quoi ? Je devais me retenir de ne pas me venger et elle me collait sa main dans la mienne, elle était folle … Je tentais de paraitre calme, mais à l’intérieur de mon crâne, le mot « vengeance » résonnait.

Je lui souriais gentiment, ne pas paraitre hostile était mon but premier et je me devais de ne pas tout foutre en l’air. Nous faisions une poignée de main rapide avant de se lâcher.

- Moui, sûrement … Mais si on pouvait se tutoyer, ça serait pas mal non plus, vous croyez pas ? lui demandais-je d’une voix calme.

Je prenais la main de Jade, comme pour me faire oublier ce contact, et ça marchait. Je forçais ma mémoire à effacer cette poignée de main. Si je n’oubliais pas rapidement ça, Eve était morte d’avance, dans la journée ou dans les heures qui suivaient.

Quand je plongeais mon regard dans celui de Jade, j’avais envie de la prendre dans mes bras et de l’embrasser. Mais pourquoi ? Il fallait que je le sache absolument, question de vie ou de mort. C’en était limite insoutenable à la longue … Pourtant c’était relaxant, soulageant … Rah, ces deux émotions opposées me faisaient perdre le nord.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 19 Fév - 11:07

Son idée de poignée de mains de l’amitié ne semblait faire aucuns émules, bien au contraire. La seule chose qu’elle reçut de prime abord fut des regards froids et accusateurs devant lesquels elle rentra la tête dans ses épaules comme pour y disparaître. Ça allait lui retomber dessus à tous les coups et elle n’aurait plus qu’à s’en mordre les doigts. Elle avait voulu être l’élément fédérateur et tout ce qu’elle obtenait c’était de la haine ou… ou non en fait. Ses deux comparses finirent par se plier bon gré mal gré à sa lubie, tirant aussitôt un large sourire à Jade. Tout espoir de cohésion n’était donc pas perdu ! Enfin… c’est ce qu’elle croyait naïvement.

Oh bien sûr elle n’était pas aveugle, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que ça ne réjouissait qu’elle au fond, mais les voir faire un effort était déjà une récompense en soi. La taularde reporta ensuite son attention sur son paquet de clopes tiré de sa poche alors que Peter glissait ses doigts dans ceux de la psychotique. A peine le temps de rougir qu’il accrochait déjà son regard de ses yeux bleu-vert Il semblait la dévorer littéralement du regard et Jade se surprit à penser que ce n’était pas si désagréable.

L’ombre de Liam planait toujours sur elle, mais le contact avec le phobique n’avait rien à voir avec cette nuit atroce. C’était doux, chaleureux et réconfortant. Dans le monde réel elle lui aurait probablement proposé un café ou un cinéma, enfin seulement après être s’être assurée que la réponse serait « oui », absence de courage oblige. Ici à Dreamland, tout ce qu’elle pouvait faire c’était laisser ses doigts emprisonnés dans ceux du jeune homme. L’impression de sécurité qui émanait de ce corps massif lui permettait de souffler, au moins un peu.

Plus ils avançaient en rangs serrés, plus l’herbe se faisait haute et luxuriante. Bientôt la bonne jumelle était masqué jusqu’à mi-cuisse par la végétation ce qui lui donnait l’air d’une nymphe des bois version futuriste. Le paysage s’étendait à l’infini, plaines balayées par les vents noyée sous les rayons du soleil, et cette vue suffisait à ragaillardir la psychotique après la traversée de ces bois sombres. Tout semblait lui envoyer le message que le monde entier mettait tout en œuvre pour que la roue de la chance tourne enfin en sa faveur.

- Tout ira bien maintenant, hmm ? murmura-t-elle pour elle-même.

Jade resserra sa prise sur la main de Peter, tentant d’ignorer l’odeur désagréable de fumée de cigarette que le vent rabattait vers elle. Ses cheveux ébène claquaient comme un étendard alors que son regard azur se portait au loin vers l’horizon. Même si elle se sentait toujours inquiète, son optimisme la poussait à repousser tous ses doutes pour croire à la version la plus utopique du futur qui s’étalait à ses pieds. Elie serait vivante, Melena aussi, et elle les retrouverait. Ce serait vraiment la gloire et la richesse qui l’attendraient à Sextus et non les chaines des sbires de Leviathan pour la trainer, esclave qu’elle était, vers la demeure de leur maitre dérangé.

Le mode origine la galvanisait si bien qu’elle se sentait presque à l’aise dans ce monde, une fois n’est pas coutume. Faire un peu confiance au destin était reposant, même si c’était faire preuve d’inconscience dans ce monde chimérique.

- Ce paysage est magnifique… Dreamland n’a finalement pas que des mauvais côtés, soupira l’adolescente avant d’ajouter, Et dire qu’en réalité je dors juste tranquillement dans un lit ! D’ailleurs est-ce que je vais venir ici à chaque fois que je dors maintenant ? Du coup, est-ce qu’il me suffirait de vouloir me réveiller pour me réveiller vraiment ?

Pensive, elle pencha la tête sur le côté en fronçant les sourcils. Même si cette idée lui avait déjà effleuré l’esprit elle n’avait pas voulu l’essayer de peur d’être déçue mais… après tout que perdait-elle à tenter le coup ? Tout en continuant de marcher Jay ferma les yeux avec force pour forcer son esprit à s’éveiller. Au début elle se sentit juste idiote, puis des picotements étranges envahirent ses membres et…

… elle disparut, tout simplement.

>> Direction le monde réel

[hrp : je reviens plus tard les loulous. Non, non ne pleurez pas voyons ! huhu]

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 19 Fév - 12:06

Se tutoyer ? Eve haussa les épaules en donnant une pichenette à sa clope pour en dégager les cendres. Plutôt que de s’attarder sur l’adolescente qui ne savait pas voir le bien fondé de ses conseils, elle observa les environs au travers ses lunettes de soleil. Alors que de nuit, l’étendu de plaines paraissait lugubre et hostile, l’éclat du soleil la rendait radieuse et magnifique. Les vents soufflaient, faisant danser les hautes herbes, emportant dans un tourbillon pollen et pétale de fleurs sauvages. Les insectes qui butinaient paisiblement ressemblaient fort à ceux du monde réel, des abeilles aux papillons, et la russo-américaine se surprit à oublier quelques instants qu’elle était à Dreamland.

Abandonnant sa cigarette quelques instants, elle inspira profondément l’air naturel pour emplir ses poumons empoisonnés par la nicotine. Si longtemps qu’elle ne connaissait que l’enfermement dans une cage, et Elipse n’avait été qu’une cellule plus grande. C’était la première fois qu’elle pouvait gouter à toute l’ampleur de sa liberté, au sentiment incroyable que cela suscitait dans son cœur froid, et en fin de compte, elle se demandait même si se réveiller n’était pas une mauvaise idée. Pourquoi quitter un monde qui ne connaissait pas son existence, ou elle n’était entravée par aucune chaine, alors que tout ce qui l’attendait était une sortie de prison surveillée avec son lot de séances de psy obligatoire. Elle serait un animal bagué, un prédateur qui avait continuellement un fusil de chasse pointé sur le crâne – ça n’avait rien de réjouissant.

Lorsque les hautes herbes dépassaient ses genoux, la psychotique reprit la parole pour constater que Dreamland n’avait pas que des mauvais coté. Elle n’avait pas tort, la taularde était forcée de l’admettre. Ses yeux marron tombèrent au hasard de leur vagabondage sur le dos de l’ex-capitaine, qui continuait de les précéder d’un bon pas, sans trop se soucier de ce qu’ils trafiquaient. Toutefois, Eve ne l’avait pas encore vu sortir le moindre instrument d’orientation. Peut-être connaissait-il d’autres manières de se repérer dans la nature mais dans le doute, elle allait lui poser la question.

Elle l’aurait même fait dans l’immédiat si Jade n’avait pas continué sur sa lancé en confiant qu’elle n’était qu’endormie dans le monde réel, et que son réveil ne tenait peut-être que de sa volonté. Les lèvres pâles de la détenue s’ouvrirent pour se refermer aussitôt : pourquoi ne pas encore avoir essayé, plutôt que d’endurer tout ce qu’elle a vécu depuis qu’elle était revenue ?! C’était absurde. Néanmoins, sans même avoir entendu les pensées de sa comparse, la bonne jumelle se concentra et… disparut brusquement, emportant avec elle toutes ses possessions. Ne restait plus que l’herbe courbée par son poids à l’emplacement où elle se trouvait quelques secondes plus tôt.

Eve fit soudainement halte, fixant l’endroit où était censée être la benjamine du quatuor. Si son visage n’exprimait pas sa surprise, il lui fallut un moment avant de canaliser son flot de pensées et articuler simplement :

- Elle a réussi à se réveiller…

Sa cigarette entre deux doigts, elle était comme statufiée, c’était si évident que ça en devenait ridicule. Et elle, au fond, si elle essayait aussi ? Fermant ses paupières sur ses pupilles froides, elle se concentrait, cherchant à redessiner dans son esprit le bureau qui l’avait accueillie pour sa séance, le visage de Camélia Thores, l’ambiance morte de la prison d’état, mais rien. Le vent des plaines Félicités continuait de caresser son visage en emportant ses cheveux d’ébène dans un élan aléatoire, le soleil pur ne laissait pas sa place à l’atmosphère polluée de San Francisco.

- Elle s’est réveillée, reprit la russo-américaine plus fort, on ne va pas l’attendre ici indéfiniment.

Retrouvant l’usage de ses fonctions motrices, elle glissa sa clope entre ses lèvres pour en tirer une bouffée et fouilla dans les poches de sa veste pour en sortir sa carte et sa boussole. Une fois qu’elle eut repéré Sextus de l’autre coté de l’océan, elle chercha à trouver la bonne direction et s’approcha de Georges pour lui montrer le cap qu’ils devraient logiquement emprunter.

- C’est bien par ici qu’on va ?!

Après tout, si elle ne vérifiait pas, qui dit qu’il ne chercherait pas à les amener dans un piège ? Ou quelque part qui n’avait rien à voir avec ce qu’il avait assuré ? Il était arrivé comme une fleur au beau milieu de la nuit et comme l’avait crédité l’adolescente, il avait de l’expérience et des contacts. Peut-être qu’il avait prévu de rabattre un nouveau cru de voyageurs vers de vieux amis à lui ?! Rien ne garantissait qu’il avait réellement stoppé son activité d’esclavagiste hormis sa parole de vétéran pirate, et la cascade de déductions paranoïaques bourdonnait dans l’encéphale de la jeune femme, sans les intervention de Jade pour les tempérer désormais.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 19 Fév - 16:35

Une fois que Jade eu disparût, un grand moment de solitude m’envahit. Qu’est ce qui avait bien pu se passer ? J’étais troublé au plus haut point, sentir une présence s’évaporer était étrange. Je fixais l’endroit où elle se trouvait il n’y a pas 5 secondes. La voix d’Eve me tirait de mes pensées. Quoi ? Elle voulait qu’on reparte comme si de rien n’était ? Et elle se disait protéger Jade ? « Sale conne » fût la seule pensée qui réussissait à décrire cette femme plus que folle. J’avais promis à Jade que je veillerais sur elle et je tenais toujours mes promesses, je le lui avais dit. Ne plus la voir me faisait mal au cœur, je me rendais compte par la même occasion que j’en avais encore un. Jade reviendrait, j’en étais quasiment sûr ! Partir tout en sachant cela serait malsain. Et, elle n’était pas très forte, si quelque chose lui arrivait, je ne me pardonnerais jamais …

Je regardais un instant Eve rattraper Georges … Pourquoi rester avec des gens qui voulaient ma mort ? Il n’y avait aucun intérêt à les suivre, ces deux enfoirés ne méritaient pas ma présence à leurs côtés.

Par où aller alors ? Et pourquoi bouger ? Certes, Jade ne reviendrait peut-être que dans plusieurs jours, mais je devais être là au cas où. Donc, que faire ? Retourner à Blackwood city me paraissait raisonnable pour le moment. Il fallait également que je trouve quelques trucs à manger, pour ça, je ne me dérangerais pas trop, il suffisait d’aller voler dans une épicerie. Après tout, j’en avais eu l’habitude pendant un moment.

Le vol avait été mon seul moyen de survivre pendant un bon moment à mon arrivé à San Francisco, j’avais peut-être perdu la main, mais j’avais toujours la technique, c’est tout ce qui comptait. Je regardais le duo s’éloigner un instant avant de revenir sur mes pas pour retrouver le village.

Je pensais à Jade, et si je la retrouvais dans le monde réel ? Que se passerait-il ? Et je retrouvais mon envie de tuer tout ce qui bouge en la revoyant ? Je ne voulais pas lui faire de mal, elle était si mignonne, impossible que mon envie de meurtre soit étendue jusqu’elle …
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 20 Fév - 14:41

Georges marchait devant, les mains dans les poches, laissant son esprit vaquer à ses multiples idées confondues. Il marchait en direction de la côté ouest, rapport au soleil, et l'extase de se diriger vers chez lui, alors qu'à la base personne n'était d'accord avec ça, le faisait penser à mille plans sur la comète. Une fois chez lui il retrouverait enfin ses beaux vêtements de Capitaine qu'il affectionnait tellement. De son ancienne apparence il ne lui restait que ses cheveux. Il se verserait un bon verre de liqueur d'ambre, se cuirait un bon steack et irait faire un petit bonjour aux vignes de Tyrano. Et pourquoi pas tirer un coup, pourquoi pas...

D'ailleurs Eve suivait de près, jusqu'à ce qu'elle aille se mêler des histoires de fesses de Jade. Georges ne voulait pas foncer dans la dispute. Il était trop content pour ça, et puis le désordre de ses idées l’empêcherait de débattre correctement. Si Jade ne voyait pas qu'elle faisait entrer le loup dans la bergerie, alors à quoi bon. Elle cherchait visiblement un protecteur, quitte à risquer de le payer cher. Tant pis pour elle.

*sifflote *

Il captait vaguement quelques bribes de conversation. Ca parlait de Liam, un agresseur qu'il avait réduit en esclavage, et dont il avait bien deviné le tort qu'il avait causé à la jeunette. C'est à cette occasion que Georges lui avait donné des pilules calmantes. Eve s'emportait suite à cela, probablement pour essayer de la raisonner.

*sifflote *

Ils allaient faire la paix ? Grand bien leur fasse, mais Georges ne la ferait pas. Il avait tellement de mal à se concentrer pour réfléchir qu'il se fiait à la première impression, pas moyen de se remettre en question. Cette dernière était mauvaise, et le resterait, et il pouvait bien faire tout les beaux discours poignants qu'il voulait.

*sifflote *

Jade disparut *sifflote* mais il daigna finalement se retourner pour effectivement constater que la demoiselle n'était plus là. Eve résuma la situation, elle s'était réveillée. Alors il n'y avait rien à faire d'autre que poursuivre. Le temps s'écoulant inégalement dans les deux mondes, ils pouvaient très bien l'attendre deux ans sans qu'elle réapparaisse. Et puis le « bonheur » des réapparition faisait que les gens réveillés ne revenaient jamais bien loin de quelques compagnons. D'autres histoires de fesses pour elle, grand bien lui fasse.

Peter restait comme un gland au pied du chêne tandis qu'Eve revint vers lui.

« Elle reviendra près de nous de toutes façons. »

Ils poursuivraient leur route, guidés toutefois par la magnifique carte et boussole de la paranoïaque. Il guida Eve pour coller la boussole à la rose des vents de la carte, puis inclina celle ci pour faire correspondre le nord magnétique. Il refit le même geste en douceur pour faire vaciller l'aiguille en direction de l'ouest.

« Ta carte est incomplète, ici il y a un village portuaire dépendant d'Ellipse, pointa-t-il du doigt. C'est bien là qu'on va. Au comptoir on trouvera quelqu'un qui fera la traversée... »

Lorsqu'il leva les yeux de la mappemonde, il croisa d'abord ceux troublés d'Eve, puis vit du coin trois personnes sortir du bosquet de Darkwood. Le groupe les pointa du doigt puis coururent dans leur direction. Il y avait le braqueur parmi eux qui avait trouvé deux copains mais abandonné son pistolet. L'atténuation des pouvoirs d'Eve lui avait certainement redonner un peu d'entrain à la violence. Enfin pour le moment c'était du trois contre un, car entre George et Eve, et les Ellipsiens, il y avait Peter, seul.
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 20 Fév - 18:58

Face aux précisions de Georges, Eve fronça imperceptiblement les sourcils. Sa carte était incomplète, hein ? Encore une donnée qu’elle ne pouvait pas vérifier, la forçant à adhérer aveuglément aux mots de l’ancien pirate. Se retournant, elle aperçut non seulement que Peter ne les avait pas suivis mais qu’en plus, il se faisait assiégé par trois types en ayant décidé de retourner à Blackwood City. La première pensée qui traversa l’esprit insensible de la détenue fut que c’était son problème et qu’il n’avait qu’à s’en défaire, si seulement il avait de quoi étaler ses agresseurs.

Toutefois, le mécanisme de sa folie se mettait en branle, vicieux, et deux faits la convinrent de revenir d’un pas déterminé vers l’endroit où le cachexophobe avait commencé à se battre. Le premier était que tant que la culpabilité de ce dernier n’était pas avérée, le laisser à portée d’une mort potentielle sous les coups d’inconnus sous anabolisants était une injustice qu’elle ne pouvait pas se permettre. D’autre part, elle avait reconnu le dreamlandien éploré qui avait menacé Jade, celui que le monstre logeant dans ses entrailles ruminait de ne pas avoir pu mettre en pièces.

Peter se débrouillait plutôt bien pour coller une dérouillée aux agresseurs du dimanche. Lorsque la russo-américaine fut assez proche pour que ces derniers, chancelants mais rendus hargneux par la bêtise, comprennent qu’elle s’invitait dans le ring naturelle, elle posa sa hotte au sol pour en sortir sa battre d’un geste lent et glacial. Elle balança son mégot et le piétina en réduisant à néant les derniers mètres qui la séparaient encore de la bagarre. Ses yeux marron inexpressifs détaillaient la scène avec un calme que seule la démence déchainant ses entrailles pouvait générer. Visiblement, le jeune homme n’avait pas besoin d’elle pour en finir, mais c’était plus fort que sa volonté, il fallait qu’elle s’en mêle, qu’elle décharge la pression accumulée par sa folie.

D’ailleurs, déstabilisé par une énième droite au visage, la victime privilégiée de la taularde tituba maladroitement dans sa direction. Son mouvement partit comme propulsée par une fusée dont le carburant consumait sa raison et sa mesure. La batte cueillit violemment le jeune homme qui avait menacé Jade en plein dans l’estomac, mais c’était trop beau pour qu’Eve en reste là. Elle attrapa l’agresseur par les cheveux, et le tira en arrière pour le redresser alors qu’il toussait et crachait une salive ensanglantée. Penchée sur son oreille aussi écarlate que le reste de son visage, elle susurra :

- Tu n’aurais pas dû faire ça… chercher à tuer des innocents, c’est pas joli-joli…

La paranoïa affluait dans l’encéphale de la détenue, faisant étinceler ses yeux froids dans lequel aucun espoir de clémence ne pouvait être lu. Pourtant, si c’était réellement de la terreur qui imprégnait peu à peu le visage tuméfié du dreamlandien, la folie traduisit cette dernière en expression de défi malsaine. « Tue-le » hurla alors la bête dans sa tête malade « tu le vois non ?! Il ne vaut rien ! » « Il avait l’intention de tuer Jade et de te tuer après ! ». Tout son corps s’embrasait, en proie à un incendie glacé qu’elle ne pouvait contenir. « Vite, vite, vite » « Détruis-le ! ».

Au paroxysme de la démence, Eve envoya l’homme blessé au sol et lui asséna un violent coup de talon sur le crâne. Ce dernier émit un craquement sonore, fendu, mais ça ne l’arrêtait pas, loin de là. Usant de sa batte et de ses pieds, elle réduisait le pauvre amant éploré en tas de viande brisé, sans aucune pitié, sans aucune émotion, jamais. Sa maladie la transcendait de part en part, guidant ses gestes selon une logique chaotique et dévastatrice. Du coin de l’œil, même si elle n’y prêtait plus attention, elle vit Peter assommer un autre des types qui avait le nez en sang et envoyer au tapis l’ultime agresseur.

La russo-américaine s’arrêta soudainement, lorsqu’elle sentit que frapper ne servait plus à rien, que toutes les flammes les plus ardentes de sa démence s’étaient atténuées. Haletante et échevelée, elle leva ses yeux glacés vers le cachexophobe. Certaines de ses mèches noires collaient à son visage blafard à cause de la sueur ; elle les écarta d’une main tremblant encore sous les pulsions de la folie.

- Je ne suis pas revenue pour toi, expliqua-t-elle de sa voix anti-émotionnelle, mais juste parce que ce type avait voulu tué Jade tout à l’heure, et qu’on était forcément tous sur sa liste. Au moins, maintenant il a compris que les gens qui s’en prennent aux innocents me font gerber.

Silence. Eve jaugea Peter un instant : s’il restait un danger potentiel, d’autant plus désormais qu’elle avait constaté qu’il savait se servir de ses poings, il n’en resterait pas moins un allié plus potable que le capitaine mystérieux. Et puis, si elle voulait s’assurer qu’il ne commettait pas d’autres méfaits, il fallait qu’elle le garde à l’œil, non ?! Indiquant Blackwood city de sa batte ensanglantée, elle reprit la parole, impassible :

- J’te conseille pas de retourner là-bas maintenant, mais fait comme tu veux. Je ne connais pas encore grand-chose, ajouta-t-elle, mais on m’a dit que le temps n’est pas le même ici que dans le monde réel. Si jamais Jade revient, ça ne sera peut-être pas avant des semaines ou des mois. Ça vaudrait peut-être mieux pour toi que tu viennes mais… je ne suis pas ta mère.

Sur ceux, elle fit volte face pour retourner vers l’ex-capitaine pirate. La russo-américaine retrouva sa carte et sa boussole abandonnées près de sa hotte, qu’elle prit sur son dos, et poursuivit sa route, prêtant simplement attention aux éventuels bruits de pas dans les hautes herbes, pour savoir si Peter les rejoignait.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 20 Fév - 22:50

Des gars arrivaient vers moi, l’air mécontent … Ils voulaient me casser la gueule, tant mieux, j’avais besoin d’extérioriser. Je me préparais à frapper en faisant craquer mes doigts.

-Vous tombez bien vous, lançais-je en souriant, j’ai besoin de cogner.

Un sourire mi heureux, mi sadique, naissait sur mes lèvres, depuis quand n’avais-je pas eu de baston sérieuse ? Ça devait bien remonter au lycée, car je ne m’en souvenais même plus. Trois contre un, ça m’allais à merveille. Surtout quand j’aperçus l’agresseur de Jade, pourquoi ne l’avais-je pas détruis déjà ? Je ne savais pas, mais il allait payer maintenant qu’il était là. Bien sûr, je m’assurerais qu’aucun des trois n’en reviennent vivant. Je n’aimais pas trop que l’on me dise que je tuais des gens, j’avais même horreur des rumeurs, bien qu’il y en ait plusieurs à mon égard à San Francisco.

Je détaillais mes « agresseurs » un à un. Minable, sans aucune arme, c’était franchement trop facile là, c’était une blague ? Une caméra cachée ? Ils me faisaient tellement pitié, je me demandais s’il fallait en rire ou en pleurer. Mais je ne fis ni l’un, ni l’autre, ce que je devais faire, c’était me défouler sur ces imbéciles.

Je faisais craquer une seconde fois mes doigts avant de lancer un coup de poing dans la mâchoire d’un premier gars. Il atterrissait à terre, un peu abasourdit. Le second eu le droit à un coup de genoux dans les bijoux de famille, et dieu sait comment ça peut faire mal. Je le mettais à terre avec un poing bien placé entre les deux yeux. Et le troisième, l’agresseur de Jade, il allait crever ce salopard ! Je me défoulais à un point inimaginable. Il prenait cher ce connard. A un moment il tentait de s’éclipser, mais d’un coup de batte bien placé, Eve le jetait au sol. Les deux autres se levaient pour reprendre la baston, ce qui me fit sourire. L’expression « en prendre un pour taper l’autre » me vint à l’idée, pourquoi pas, ça pourrait être drôle … Je donnais un coup de poing de toutes mes forces dans la tête d’un des gars, qui se mit à saigner abondement du crâne, il n’allait pas rester vivant lui non plus. Je le pris par l’épaule pour le balancer sur l’autre gars qui, soit disant, essayait de me blesser sans grand résultat. Le mec tombait sous le poids du corps de son ami. Je mis un genou à terre et l’ensevelis de coup de poing au niveau du crâne.

Le massacre terminé, bien qu’il fût court, me remplissais pleinement de béatitude. Eve s’était elle aussi amusée apparemment … Et elle osait me demander si j’avais tué quelqu’un alors qu’elle venait de le faire et qu’aucune trace de remords ne se lisait sur son visage ? Elle se foutait de ma gueule ou quoi ? C’est comme si un poisson demandait à un autre s’il savait respirer sous l’eau !

Bref, elle me disait qu’elle n’était pas revenue pour moi (sans blague ?) et que ce mec voulait sûrement tous nous butter.

-Tu m’étonne qu’il a compris ce sale connard, dis-je en lançant un regard dégoûté vers l’homme à terre, si tu l’avais pas tué je l’aurais fait …

Elle ajouta, en brandissant sa batte, que je ferais mieux de ne pas retourner à mon point de départ et que Jade ne reviendrait que dans quelque semaines, voire quelques mois … Et alors ?!

-Effectivement, tu n’es pas ma mère, lui lançais-je alors qu’elle faisait volte-face, et je ne suis pas des gens qui ne m’apprécient pas.

Je la regardais prendre sa hotte et s’éloigner. Bon, j’avais du travail moi, je devais planquer ces corps, si Jade revenait plus vite que prévue, ça ne ferait pas bonne impression …
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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 22 Fév - 16:07

Les trois revanchards approchaient, tandis qu'à bonne distance, Georges ne bougeait pas d'un cil. Ils rejoignirent peu à peu Peter qui apparemment se fit une joie de les accueillir. Il fut bientôt aider par une Eve au meilleur de sa forme. Ce qui devait être une agression dans les formes se transforma en une boucherie sans nom. Georges s'assit en tailleur sur l'herbe épaisse et fraîche de la plaine pour observer la boucherie. Peter se défendait bien à mains nues, envoyant valser ses adversaires et les rouant de coup. Là où c'était moche, c'était la batte d'Eve et la purée d'Ellipsien qu'elle en avait réduit, au comble de sa folie.

Le cinquantenaire se racla la gorge et se rappellera vivement cette information de premier ordre. Ils savaient se défendre tout les deux, ils savaient tuer, et ils aimaient ça. La bagarre lui avait bien appris qu'ils n'étaient pas vraiment blancs comme neige, aussi ne devaient-ils rien lui reprocher, au risque de passer pour une belle paire d'hypocrite. Les agresseurs étaient venus les mains libres, le flingue était resté dans Darkwood, c'est bien la preuve qu'ils n'avaient pas d'intentions meurtrières. Mais ils les avaient réduit en charpie, et pas en silence non plus.

C'est certainement ce qui ameuta une bande beaucoup plus nombreuse qui sortait du bosquet sombre. Georges se releva aussitôt et avertit Eve qui revenait vers lui de ce qui se tramait derrière elle. Immobilisés par cette vision d'enfer, une quinzaine de Darkwoodiens outillés à la va-vite, attirés par les bruits et les cries s'immobilisèrent un instant. Ils constatèrent les dégâts, trois corps au sol dont deux au visage méconnaissables, et des inconnus couverts de sang. Un petit malin percuta très vite et enflamma la foule :

« C'étaient des gars de chez nous ! Vengeance, attrapons les !
-Et ceux là vous comptez vous amusez avec ? »

Hurla Georges à l'intention d'Eve et de Peter. Puis il prit ses jambes à son cou. Même s'il n'avait rien fait, il ne passerait pas pour innocent aux yeux de la justice publique. Un bandit restait un bandit, et un bon bandit était un bandit mort.

Mais il ne faut pas se leurrer, leur atout était leur nombre, pas leur force. Et si la poursuite avait pour le début des allures de fin de sketch à la Benny Hill, les individus ne brillaient pas par leur force. Aussi les derniers poursuivant freinèrent leurs ardeurs quand ils se rendirent compte que les autres étaient bien essoufflés. Les malfaiteurs avaient fuis, ils pouvaient maintenant s'occuper de leurs morts.

Georges finit par arrêter de courir, hors d'haleine. Plus que tout le monde, il savait que le plus important dans une fuite, c'était de courir, de partir en premier, et de ne jamais regarder derrière soi. Crachant finalement ses poumons il s'accorda un coup d'oeil. Plus de poursuivant. Il avait les jambes qui flageolaient encore lorsqu'il vit Eve pointer le bout de son nez. Il sentit la moutarde monter :

« Et ça se croyait malin à faire du steack haché avec les têtes des citoyens Kof kof Vous croyiez pouvoir faire ça impunément kof ? Vous ne pouvez pas agir discrètement kof au moins ? C'est pas croyable. Pour un peu ils allaient nous tomber sur le rable. Si seulement vous ne les aviez que dérouillé, mais non, il a fallut que vous les massacriez. »

Bon, il n'était pas triste pour eux, mais ça aurait pu leur attirer des ennuis, Sans transition, le cerveau subissant une déferlante de propos et de remontrances, le capitaine reprit.

« On voit les innocents les mains pleines. Pleines de sang oui, on va pouvoir passer inaperçu comme ça c'est bien ! »
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mer 22 Fév - 19:31

/!\ Message édité parce que j'avais mal compté le cooldown d'absolution.

Georges lui indiqua quelque chose dans son dos et la taularde se retourna pour voir, s’attendant à voir Peter lui débouler dessus. En réalité, le capitaine avait eu la bonté de la prévenir qu’une bande de paysans du bosquet outillés à la va-vite sortait de Blackwood city, avec dans la tête l’intention de faire la peau aux inconnus qu’étaient les trois voyageurs. Certes, ils n’avaient peut-être rien fait de prime abord, mais c’était trois de leurs concitoyens qu’ils venaient de réduire en charpie, des amis ou des parents, et ça, ça ne passait évidemment pas. Derrière les verres opaques de ses lunevolutives, les yeux froids d’Eve comptaient le nombre d’assaillants. Ils étaient beaucoup, trop peut-être, mais la folie qui coulait dans ses veines la galvanisait. Figée sur place, l’instinct de survie qui luttant contre son monstre paranoïaque. Le déclic vint d’un éclat de lucidité, perverti, parce qu’il lui susurrait qu’elle reviendrait se rendre justice, plus tard.

La jeune femme traçait une voie dans les hautes herbes, le cachexophobe sur les talons, et ne s’arrêta que lorsque le doyen, plusieurs mètres devant elle, avait décidé être assez en sécurité pour faire halte. Haletante, elle déposa au sol sa hotte qui lui avait meurtri le bas du dos à force de le frapper pendante sa course et retira sa veste pour la jeter nonchalamment par-dessus. Elle transpirait, autant par l’effort qu’à cause de la chaleur du soleil, et retroussa les manches courtes de son tee-shirt en subissant les remontrances de Georges.

- Ils projetaient de nous tuer, tous les quatre, et de s’en tirer impunément. Ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient, rétorqua-t-elle froidement.

Le sang qui recolorait ses baskets et avait éclaboussé ses mains n’était pas celui d’innocents, mais d’une bande de criminels qui comptaient s’en prendre à une adolescente et à ses acolytes dans la foulée, juste pour ce qu’ils étaient : des voyageurs. Eve n’avait rien fait d’autre que de frapper avant d’être frapper, de faire comprendre que chez elle, le monde ne tournait pas à l’envers. Ses mains tremblaient encore, symbole que la démence continuait de la tourmenter.

D’un geste vif, elle remonta ses lunettes sur son crâne et dévisagea le colosse qu’était Peter. Désormais qu’ils étaient hors de danger, ses neurones recommençaient à fonctionner normalement, et l’état dans lequel son cadet avait laissé ses victimes soulevait un point étrange. Pour un type qui disait n’avoir jamais tué personne, il avait sauté le pas drôlement rapidement, et sans aucune Jade à protéger comme il l’avançait. Il mentait, c’était évident. Pour réduire un type en charpie sans rien éprouver, il fallait être une brute dans l’âme, un démon, un monstre. Comme elle ; d’après ce que disait son entourage carcéral.

Combien de temps avant qu’il ne s’en prenne à elle ? Jusqu’à la fin de la journée ? Moins ? Plus ? Hors de question qu’elle laisse se répéter l’erreur de Liam. On la trompait une fois, mais pas deux. Ses orbes glacials détaillaient le cachexophobe, évaluant ses chances de l’abattre sur le champ. Il faisait bien une vingtaine de centimètres de plus et elle ne bénéficiait pas de la surprise, comme dans la chambre de l’auberge. Elle n’avait pas peur, jamais, mais n’était pas suicidaire non plus. Ce n’était qu’un sursis, un simple sursis. Il fallu qu’elle se répète cette phrase, comme une litanie doucereuse pour endormir la folie, jusqu’à ce que son flot de spéculations paranoïaque prenne fin.

- Tu nous suis finalement, lança-t-elle de sa voix inexpressive, mais si ça peut te rassurer, je suis heureuse de constater comme tu t’accoutumes bien de tes premiers meurtres. Y’en a qui deviennent fous pour moins que ça.

Ses pupilles impénétrables le transperceraient à l’aide de pic à glace s’ils pouvaient, l’air de dire « j’ai compris que t’es un tueur, et que tu te fous de ma gueule », mais elle se détourna en ruminant intérieurement l’impossibilité de mener ses projets meurtriers à bien dans l’immédiat. Mais si jamais Peter levait la main sur elle, une seule fois, elle lui montrerait qu’elle n’avait d’une femme que l’apparence. S’intéressant alors de nouveau à leur guide et ainée, Eve commanda laconiquement :

- On va continuer et comme monsieur Georges ne supporte pas la vue du sang, on se nettoiera dès qu’on aura retrouvé un ruisseau, comme celui de cette nuit. Si jamais on croise un arbre fruitier, ou n’importe quoi de comestible, vous nous le signalerez ? Il n’y a que vous qui connaissez vraiment la région.

C’était vrai, et ça lui faisait mal de s’en remettre à cet ancien pirate qui touchait les cinquante balais. La pensée qu’il puisse les empoisonner, les inciter à consommer des plantes hallucinogènes, et tout ce genre de bonnes petites farces lui traversa la tête, mais elle garda ses menaces pour elle. Il devait avoir compris désormais, à quoi s’exposaient ceux qui cherchaient à lui nuire. Elle récupéra donc sa carte, sa boussole, et reprit sa hotte sur son dos en y fourra sa veste.


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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 25 Fév - 15:53

J’aurais dû me douter que les habitants du village allaient se ramener, je n’aurais peut-être pas dû les achever, quoi que. Je les jaugeais, ils étaient un peu trop nombreux à mon goût et la meilleure solution dans ce cas-là était de fuir. Non, je n’étais pas un lâche, mais je tenais simplement à ma vie. Je prenais donc la fuite en suivant Eve et Georges, bien que je ne veuille pas les accompagner, je n’avais plus trop le choix à présent. Après plusieurs dizaines de mètres, les assaillants avaient rebroussés chemin et nous pouvions enfin nous arrêter.

Le sport que je pratiquais ne servait pas totalement à rien tout compte fait … Eve posait sa hotte à terre et enlevait sa veste. Quoi ? Elle était déjà essoufflée ? Quelle faible … Je regardais dans la direction d’où nous venions, je devais ralentir le groupe un maximum pour que Jade nous retrouve facilement quand elle reviendrait. Et si elle se faisait attaquer par les villageois quand elle revenait ? Si elle n’avait rien qu’une égratignure, je ne me le pardonnerais jamais. Je lui avais promis de la protéger, je me devais de tenir ma promesse. Je ne prêtais pas attention aux paroles des deux autres, après tout je m’en fichais.

Quand Eve s’adressa à moi, j’eu le réflexe de regarder si elle avait pris sa batte ou une arme quelconque. Et voilà que j’avais été grillé, quel con … Premiers meurtres, mon cul, elle avait bien vu que je faisais ça avec un peu trop de naturelle et que j’y avais mis du cœur. Après tout, elle aussi elle avait tuée quelqu’un, elle n’avait pas à me juger merde ! Son regard froid avait de quoi transformer l’enfer en banquise.

- J’avais besoin de me venger pour trois fois, tu aurais préféré être à leur place peut-être, lançais-je en faisant craquer mes doigts.

Si elle me cherchait, elle me trouverait. Me tournant le dos, j’hésitais à lui foutre un coup dans les côtes. La voir souffrir m’aurais fait tellement plaisir … En fermant les poings, je me rendais compte que j’avais du sang partout, j’en avais même sur le tee-shirt. Quand on dit que la merde éclabousse, ce n’était finalement pas qu’une expression débile. Je fermais ma veste, même si mon tee-shirt était noir, ça se voyait.

Georges ne supportait pas la vue du sang, étrange, pour un homme ayant fait de l’esclavage … Bref, il fallait bien reprendre la route un jour. Après quelques vingtaines de minutes de marche, Eve repéra un ruisseau. Le sang avait séché mais bon, je faisais du mieux que je pouvais pour en enlever le maximum. Le mieux pour enlever le sang, c’était l’eau chaude et un bon savon. Mais nous n’avions ni l’un ni l’autre.

- Sinon, on va où au juste ? lançais-je à l’intention de Georges.
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Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.
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