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 Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.

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Georges Mikles

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MessageSujet: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 30 Jan - 16:48

En provenance de Liberte nous voilà !

Georges revenu d'entre les morts, son apparition n'avait pas suscité une très grande joie, comme il l'escomptait. Après tout il comptait se passer de leur compagnie pour parvenir à ses fins que personne ne partageait. Mais même si ce n'était pas la liesse, Jade fut pour le moins surprise de le revoir. Tant et si bien qu'elle l'incendia de question. Elle se fit même forte de faire les présentations, tandis qu'au loin se déroulait des évènements auxquels il ne comprenait rien.
Georges tandis une main crasseuse, et voyant que personne ne la saisissait, se ravisa sans une once de honte.

"Georges, what else. Enchanté plutôt, enfin non en fait. Oui je suis toujours en vie, même si ça a bien failli ne plus être le cas. Il est fort possible qu'on se soit croiser en effet. Termina-t-il sardoniquement."

Jade enfonçait le couteau dans la plaie en signifiant bien qu'il n'était plus rien. Plus de bateau, donc plus de titre de capitaine, plus de pouvoir, ni d'influence. Mais des souvenirs, oui. Il les avait encore. Il connaissait les bons coins, et les mauvais aussi, ceux qu'il fallait éviter à tout prix. Il savait qui contacter et qui éviter aussi. Il avait également le souvenir de la mort, et ce n'était pas elle qui s'agitait en tout sens là bas en pointant du doigt une direction. Mis à part le prénommé Rochel, personne ne s'agita, laissant le jeune couard s'exiler tout seul.
Si elles voulaient son aide, si Eve cherchait particulièrement ses services, alors elles allaient devoir payer. Georges savait comment retourner dans le monde réel, enfin disons qu'il savait à quels occasions cela se produisait. Il fit mine de ne réagir qu'à la dernière remarque, celle qui lui disait timidement d'aller prendre un bain. Il faisait nuit noir, et pas très chaud. Il irait prendre un bain pour réenfiler ses affaires, si on pouvait les appeler ainsi, trempées sinon tout aussi crade ? Très peu pour lui.

D'un coup, Eve se précipita en courant vers eux, leur disant de fuir. Il sentit le temps ralentir dans sa tête. Ah oui, elle souligna bien qu'elle le "sauvait" par pur intérêt. *C'est bien ma fille, tu iras loin* Mais fuir quoi ? Il vit une ombre surgir au dessus des herbes hautes, un peu trop près de lui à son gout. Ah, la saloperie qui avait failli le bouffer dans les égouts. Pris de panique, il suivit le rythme de Jade et Eve, même si ses jambes étaient déjà lourdes de la longue marche pour sortir des canalisations. Il prendrait soin de ne pas dire que les monstres l'avaient probablement suivit, elles l'accuseraient de ce nouveau malheur.

Ils partirent donc comme des flèches, abandonnant les autres à leur triste sort. Il aurait du aller prendre son bain finalement... Mais bien sur ! Le temps s’accéléra de nouveau dans sa tête.

"La flotte ! Faut traverser la rivière. Avec leur gueule béante, l'eau coulerait directement dans leur estomac, ils se noieraient !"

Georges eut donc l'occasion de faire trempette, tandis que les rats freinaient leur course. Ils purent reprendre la route en marchant, jusqu'à ce qu'Eve trouve ce panneau pyrogravé indiquant le prochain village dans 700 mètres.

Qualifié Blackwood de city était une exagération. Elle ne l'était pas, ou plus depuis longtemps. Tout au plus était elle un bourg, un hameau où vivait dans un bosquet quelques familles en marge d'Ellipse. Toujours est il que ce petit bois était sombre d'ordinaire, mais de nuit, on n'y voyait même pas l'entrée. C'est un joyeux panneau éclairé par un brasero presque mort qui leur indiqua qu'ils trouvaient refuge.

Georges chuchota presque afin de ne pas attirer de garde, ou ne pas déranger ces familles qui dormaient dans des cabanes arboricoles.

"Il faudrait qu'on trouve l'auberge."
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 30 Jan - 18:05

L’attitude toujours énigmatique de l’ancien capitaine déstabilisait toujours Jade, même maintenant qu’elle commençait à avoir l’habitude de le côtoyer. Son discours brouillon, ses références à des publicités douteuses, son je-m’en-foutisme et sa bonhommie… une foule de choses qui risquaient de ne pas faire bon ménage avec le caractère tranchant d’Eve qui pourtant semblait bien décidée à tirer les vers du nez à ce vieil excentrique. Ils sous-entendirent d’ailleurs se connaître et à vrai dire Jade n’avait aucune envie d’en apprendre les circonstances. Ce serait probablement aussi louche et douteux que l’hygiène corporelle de l’esclavagiste.

L’idée d’en apprendre plus sur ce monde dont elle était loin de connaitre tous les secrets même en l’ayant longuement arpenté était à lui seul un argument pour la pousser à rester auprès d’un Georges nauséabond. Elle put ainsi constater à l’arrivée marquante de Matthew qu’il y réagissait à peine comme s’il savait de quoi il retournait. Elle aurait tant aimé avoir autant d’assurance… mais heureusement pour elle, elle restait en possession de tous ses moyens. Ce ne pouvait qu’être Matt’ après tout non ? Il avait eu peur et était tout bêtement revenu vers eux après avoir retrouvé son costume par un stratagème obscur.

Mais pas le temps de se réjouir ou de l’accueillir avec un sourire. Des couinements et des bruissements en provenance des herbes hautes accaparèrent rapidement leur attention. Jay se tendit comme la corde d’un arc sous la pression alors que sa main tâtonnait à la recherche de sa lampe de poche, de sa batte de base-ball ou, soyons fous, des deux. D’une lenteur désespérante elle n’arriva bien sûr à rien d’autre qu’à regarder l’air bête la gueule béante d’un rat mutant se rapprocher dangereusement de leur groupe avant qu’Eve ne réalise un home run admirable malgré son piteux état.

Le poignet de la psychotique se retrouva bientôt enfermé dans l’étau formé par les doigts de la taularde qui les entraina le capitaine et elle sans autre forme de procès. Jay ne put qu’attraper au passage sa combinaison qui séchait et la fourrer dans sa hotte à la va-vite avant que Georges ne leur ordonne de traverser la rivière pour semer leurs poursuivants.

Dans son esprit embrouillé par la peur, la bonne jumelle ne pensait plus qu’à courir alors que l’eau imbibant son jean ralentissait ses mouvements, que la sueur froide dégoulinait de son front jusque dans ses yeux et que ses poumons lui hurlaient de les achever maintenant. C’est seulement une fois assez loin qu’elle se rendit compte que Rochel et Matthew ne les avaient pas suivi. Aussitôt les remords déferlèrent sur elle avec force et la seule chose qui l’empêcha de rebrousser chemin vu la peur de tomber seule sur l’une de ces odieuses créatures échappées des égouts.

- Mais on devrait pas chercher les au… commença-t-elle timidement.

Le regard glacial de la taularde la coupa net, l’adolescente trouvant soudain à ses chaussures trempées un immense intérêt. Soit, ils iraient plus loin pour semer les rats et elle devrait une fois de plus faire avec le fait que sa lâcheté la rendait méprisable à ses propres yeux. Après Elie et Melena c’était Matthew et Rochel qu’elle abandonnait à un sort pouvant être potentiellement la mort pure et simple. Elle se mordit la lèvre et réprima un sanglot en se forçant à presser le pas pour qu’aucun de ses deux compagnons ne constatent son malaise.

Ils arrivèrent au bout d’une dizaine de minutes devant un panneau en bois éclairé par un brasero presque éteint qui leur annonçait leur arrivée. Jade eut beau regarder à droite et à gauche de son regard embué, tout ce qu’elle voyait n’avait rien d’une ville. Juste un village un peu étrange, mélange de cabanes arboricoles et de chalets à même le sol perdu dans un bosquet obscur. La proposition « faisons demi-tour » arriva au bord de ses lèvres mais le capitaine lui coupa l’herbe sous le pied en annonçant qu’il leur fallait trouver une auberge. Euh… oui… aussi, pourquoi pas.

- Oui, il faudrait. Mais ils sont pas sensé les mettre près de l’entrée de la ville pour faciliter la tâche aux touristes ?

Tout en posant la question elle mit la main sur sa torche et balaya les environs de son faisceau. Son mouvement s’arrêta lorsqu’elle éclaira une pancarte en bois qui grinçait au vent sur laquelle on pouvait lire « auberge du poney boiteux ». Et bien c’était toujours ça de fait…

L'établissement se révéla être perché en haut d’un chêne massif mais l’entrée creusée à même le tronc était accessible depuis le sol. L’intérieur était noir comme un four, signe que même l’aubergiste dormait d’un profond sommeil. Les bonnes manières de la psychotique l’empêchait d’aller déranger ces pauvres gens en pleine nuit mais ses compagnons n’auraient probablement pas autant de scrupules.

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Lun 30 Jan - 19:18

Au-delà du panneau éclairé par un braséro à moitié éteint, le petit bourg n’avait pas l’air très accueillant. Dans les ténèbres qui enveloppaient toutes les habitations en bois, rien ne semblait vivre, ni même bouger, et les seuls bruits que l’on pouvait entendre étaient ceux du vent qui sifflait dans les branches et faisaient craquer les murs des chalets. Aller dans une auberge était une idée acceptable : Eve sentait qu’elle avait donné tout ce qui lui restait dans cette fuite, mais désormais que l’adrénaline quittait son corps, elle menaçait de s’effondrer d’un moment à l’autre. Seul l’orgueil l’empêchait encore de s’appuyer sur l’un de ses comparses pour suivre la marche, mais une fois devant l’entrée creusée à même le tronc d’arbre indiquée indirectement par la psychotique, elle se reposa fébrilement contre la paroi pour balader le faisceau sur une volée de marches qui grimpaient en colimaçon.

La russo-américaine serra les dents, sa respiration malgré tout saccadée par la douleur lancinante. La folie versa un peu de son venin dans son cerveau, condamnant les responsables de son état, diluant alors toutes les autres émotions, engourdissant les connexions synaptiques qui lui rapportaient inlassablement la souffrance. Pourtant, si elle avait eu quelques os fêlés après son passage à tabac, sa course n’avait rien arrangé, et il allait lui falloir un bon traitement si elle ne voulait pas restée paralysée par ses blessures pendant plusieurs semaines. Une fois au niveau de la porte, elle tambourina froidement dessus, sans se soucier de la tranquillité des autres éventuels clients, ni de celle du gérant.

Des pas lourds se firent entendre après quelques minutes de vacarme et le perron étroit s’alluma d’une lumière jaunâtre qui incita malgré tout la taularde à éteindre sa lampe de poche. Un homme empoté et mal rasé se présenta, grattant négligemment son ventre sous sa chemise de pyjama vert. Il ne devait pas être bien réveillé, mais la vu de trois étrangers, dont un homme qui empestait les égouts et une jeune femme salement amoché allait rapidement le faire redescendre sur terre.

- Vous nous faites entrer ou faut qu’on s’invite ? cingla Eve.

Enfin plutôt, sa voix s’était voulue aussi dure et inflexible qu’à l’ordinaire, mais l’épuisement et la douleur la rendait beaucoup trop faible. Malgré tout, sans doute parce qu’il était encore trop à coté de la plaque pour riposter, l’homme s’écarta pour laisser les voyageurs s’introduire dans le « hall », même si ce dernier était si petit qu’il butait sur le comptoir après moins de deux mètres. Le générateur électrique qui alimentait le circuit d’ampoules sales qui éclairaient les lieux ronronnait en fond sonore, comme si l’arbre dans lequel ils étaient perchés ronflait. Le gérant commençait à revenir sur terre, et même s’il ne voyait pas souvent des clients s’aventurer jusqu’à son auberge miteuse, il bougonna en marmonnant plusieurs paroles inintelligibles avant de demander sur un ton bourru :

- Pourquoi vous arrivé à c’t’heure là ? Vous voulez quoi ?

Le regard glacé de la détenue détailla le dreamlandien de haut en bas, comme si elle avait eut à faire au pire des idiots. Heureusement, son état rendait ses réactions moins vives et moins cinglantes, mais elle répondit malgré tout sèchement :

- D’après vous ? On voyage et on s’est perdus c’est tout. On voudrait une chambre, vous avez ça au moins ?

Le propriétaire eut une moue niaise, comme celui qui vient de se prendre une gifle inattendue. Etait-il d’un tempérament mollasson ? Ou bien la rareté des clients l’avait-elle rendu aussi docile qu’un agneau ? Mais il ne s’insurgea pas contre le manque de gentillesse de la russo-américaine et se contenta de grommeler encore une fois en se dirigea derrière son comptoir, dont les seuls mots audibles furent :

- … j’ai que deux chambres…

Eve leva les yeux au ciel. Elle aurait bien voulu pouvoir profiter d’une soirée de solitude, mais quelque soit les raisons pour lesquelles cet individu ne pouvait mettre à leur disposition que deux suites, ça l’obligeait à partager son espace avec l’un de ses acolytes. L’adolescente ou le vieux capitaine ? Difficile à dire, car si Jade paraissait évidemment moins dangereuse, elle craignait que Georges ne disparaisse dans la nuit, ses réponses et conseils avec lui. Il était pirate non ?

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 2 Fév - 13:13

Blackwood city, petit village niché au creux d'un bosquet sombre. Ses habitants auraient pu être des faunes. Ces bois étaient si obscures qu'en plein jour, l'éclairage était aussi lumineux qu'un jour d'éclipse, d'où le nom Blackwood. Georges n'y avait jamais séjourné, mais il savait que c'était un point de passage fréquent pour tout ceux qui se risquaient aux abord de la dangereuse métropole d'Ellipse. Il pria pour ne pas faire de mauvaise rencontre ou pire, retrouver quelqu'un qui le connaissait. C'est avec une pointe de chance qu'ils trouvèrent dans une obscurité handicapante l'auberge du poney boiteux - un nom qui témoignait de l'extravagance de son propriétaire.

L'accueil fut plutôt chaleureux étant donné les circonstances. Il devait être minuit passé, arraché à son précieux sommeil de qui n'a plus l'habitude de se lever pour recevoir de la clientèle. Quelques mots sans politesse furent arrachés au proprio. Georges n'était pas du genre à s'offusquer d'être mal reçu. Avec les gaillards qu'il avait conduit, la bienséance était une chose qu'il avait appris à se passer. L'aubergiste signala qu'il n'avait que deux chambre.

"Du moment qu'il y a une douche, et des vêtements de rechange.
-Ouais, y'a même des gogues. Royal non ? Allez, allongez 30 tintins par chambre, et 15 pour les frusques. C'est qu'j'ai des frais moi. Et du sommeil en retard. "

Quel prix exorbitant pour une chambre certainement miteuse, et des loques en toile même pas lavé, il pariait. Il fut convenu de ne prendre qu'une chambre pour trois. Le triolisme ne rentrait pas dans ses projets mais pourquoi pas. Il ne pensait qu'à sa douche et à de nouveaux vêtements. A bien y renifler, il remuglait sévère. Georges chercha odieusement de sous son pyjama, à sa ceinture pendouillait sa bourse en cuir, précisons bien, d'où il tira 30 rubs. 15 pour la moitié de la chambre qu'il partagerait avec Eve tandis que Jade patienterait sagement pour la nuit, 15 autres pour les vêtements de rechange. Sans attendre les autres, il s'attela à un dernier efforts pour ses pauvres guiboles, grimper l'échelle dans la pièce derrière le comptoir, et aller dans la chambre 2B.

La chambre était pour le moins étroite, le plafond bas, mais à quoi bon s'étonner pour une cabane dans un arbre. Il y avait un lit double sous une lucarne poussiéreuse, une table de chevet de chaque côté du lit, et dans l'angle supérieur droit, une salle ridiculement plus petite avec une cuve sur le plafond, et un plancher en dalle de carrelage avec un trou large de 10 centimètres de diamètre. La fameuse douche façon eau de pluie qui servait en même temps de toilettes, charmant et hygiénique, y'avait pas à dire.

Georges se plongea dans sa douche froide, mais délicieuse. Il sentait la crasse partir, le froid revigorer son sang, et l'odeur le quitter à mesure que l'eau rinçait le savon. Pendant ce temps, les filles montaient. Il jeta son pyjama d’hôpital complètement souillé et ruiné, inutilisable, et enfila ses vêtements de rechange, un pantalon en toile verdâtre et une tunique blanche qui tirait sur le gris. Il ressortit frais et dispos, et sans accorder la moindre attention aux deux filles, plongea sur le matelas ultra dur dans le but de dormir. Mais y arriverait-il ?
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 2 Fév - 15:58

Le moins qu’on puisse dire était que ses compagnons n’avaient pas autant de scrupules. Eve se chargea de réveiller sans douceur ni amabilité aucune l’aubergiste alors que Georges se dévouait pour prendre en main l’affaire et louer une chambre pour tout le monde. Au moment de débourser les rubz Jade glissa timide, le regard fuyant :

- Euh… comme je viens de dormir je n’ai pas vraiment besoin de louer une chambre donc…

Heureusement cette remarque passa comme une lettre à la poste et ses ainés se répartirent le prix de la chambre comme des grands. Ils purent ensuite rejoindre la chambre dont l’accès nécessitait de gravir une échelle, Jade se dévoua donc pour aider la taularde dont l’état n’était pas vraiment idéal pour ce genre d’acrobaties. La chambre se révéla vétuste mais propre et pour la salle de bain… il faudrait attendre que le capitaine la libère.

L’adolescente s’assit en tailleur à même le sol, laissant aller son dos contre le mur de bois brut. Maintenant qu’ils étaient posés elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour Matthew et Rochel. Peut-être même qu’ils les attendaient encore, les cherchant sans succès après le départ des rats mutés. Le remord la rongeait comme de l’acide mais c’était inutile d’attendre du soutien de la part de Georges, quant à Eve elle s’était déjà effondrée sur le lit comme une loque.

A la lumière du plafonnier ses blessures n’en étaient que plus vilaines, visage boursouflé et contusionné, sans parler du corps qui n’avait rien à envier à la tête maltraitée. La bonne jumelle aurait voulu l’aider mais son incapacité à être utile ne faisait que plomber un peu plus son moral. Même si elle était l’heureux possesseur d’une demi trousse de soin, celle-ci était sous la bonne garde de Melena qui se trouvait probablement 6 pieds sous terre à l’heure actuel.

Nouveau soupir. L’adolescente essuya la larme qui avait coulé sous sa joue sans même qu’elle ne s’en rende compte alors que le capitaine libérait enfin la salle de bain pour s’écrouler à son tour sur le lit, dans un ensemble assez vilain et plutôt désagréable à porter. Ce n’était pas le moment de se laisser abattre et de montrer aux autres qu’elle était faible. Un peu de nerf bon sang ! Elle se redressa de manière désordonnée à l’instar d’un automate et vint inviter Eve à la suivre jusqu’à la douche. Même si elle n’avait pas de quoi la soigner, nettoyer les plaies à l’eau seraient un bon début.

- Je vais t’aider à nettoyer tout ça, enfin si tu veux bien.

Le regard glacé de la taularde la figea alors qu’elle tendait la main pour soulever le t-shirt souillé, mais reprit sa tâche lorsqu’elle en vint à la conclusion que ce silence devait se résumer à un « oui » de mauvaise grâce. Qu’elle le veuille ou non Eve aurait été incapable de le faire seule à l’heure actuelle après tout. Haut et pantalon ne furent bientôt plus qu’un souvenir alors que Jade s’évertuait à nettoyer les plaies qui ponctuaient le corps de sa camarade, à l’aide d’une grosse éponge à l’ancienne qui se trouvait dans la pièce. Ce n’était pas idéal et elle s’arrêtait souvent lorsque son ainée grognait un peu trop fort mais elle réussit tout de même à terminer son travail avec un sourire satisfait.

L’eau qui s’écoulait désormais sur la peau tuméfiée de la paranoïaque n’était plus teintée de rose et si elle devait encore souffrir le martyr, la bonne jumelle était rassurée sur le fait qu’elle ne risquait pas d’infection. A vrai dire elle ne savait pas trop comment tout ça marchait, mais avec des plaies propres tout irait bien non ? Il ne resta plus qu’à draper Eve d’un peignoir et lui ordonner de se reposer pendant qu’elle réglait les derniers détails.

- Je vais essayer de ravoir tes vêtements pendant que vous dormez, t’inquiètes pas ! J’ai que ça à faire après tout, j’ai pas du tout envie de dormir.

Avec un grand sourire elle dirigea Eve vers le lit où Georges avait eu la décence de ne pas se coucher en diagonale, puis retourna dans la salle de bain. La psychotique passa les minutes qui suivirent à astiquer énergiquement les vêtements jusqu’à ce qu’ils soient présentables, avant de les étendre au rebord de la fenêtre taillée dans le tronc de l’arbre. Elle en avait les muscles endoloris à force d’avoir frotté, mais son cœur était empli de la satisfaction du travail bien fait. Même si l’ombre du remord flottait encore sur son cœur, elle se sentait un peu mieux et arrivait même à se persuader qu’eux aussi avaient dû s’en sortir. Ils étaient forts, non ?

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 2 Fév - 18:38

Le gérant exigea 30 rubz pour la chambre, et bien que ce prix exorbitant offusqua intérieurement la taularde, elle n’avait pas la force de protester. Au moins, il fut convenu de partager les frais, et donc de réduire de moitié ce qu’elle allait débourser. Ce n’était pas au goût du propriétaire, qui aurait bien voulu taxer ces pseudos-touristes autant que possible, mais il n’y avait là rien d’illégal.

Contrainte d’admettre que sa forme n’était plus suffisante, Eve fut forcée d’accepter l’aide de la psychotique pour grimper dans la chambre poussiéreuse et étroite qui les attendait. Décidément, c’était du vol, mais elle attendrait d’être remise pour le faire savoir à l’aubergiste qui devait déjà être retourné dormir. Titubant maladroitement, la russo-américaine prit simplement le temps de poser sa hotte à coté du lit et s’effondra dessus, à demi-inconscience. Son corps criait au supplice, protestait contre les pointes de douleur qui le perforaient de part en part, mais ça ne s’arrêtait plus.

Elle resta immobile un temps qui lui parut infini, sa respiration cherchant le calme, son esprit cherchant l’antre du sommeil, mais rien ne vint. En fait, elle n’avait pas encore vraiment envie de dormir, car qui savait ce que ses deux acolytes pourraient lui faire ? Sa paranoïa lui volant son repos, la jeune femme rouvrit ses yeux marron pour rencontrer lucarne poussiéreuse qui n’avait sans doute pas vu de personnel de nettoyage depuis longtemps. Georges sortit enfin de la salle de bain et se laissa tomber sur le matelas dur, diffusant une série de vibrations qui réveilla les blessures de la détenue. Cette dernière serra les dents jusqu’à ce que Jade lui propose de venir dans la salle de bain. Quoi ? elle avait peur d’une bêbête et ne voulait pas y aller toute seule ?

Non. Eve apprit que l’adolescente se dévouait simplement pour nettoyait ses plaies, et alors que celle-ci tendait déjà les mains pour lui retirer ses vêtements, elle lui jeta un regard glacé. Elle était assez grande non ? Est-ce qu’elle avait l’air d’une handicapée qui avait besoin d’une infirmière ? Toute cette gentillesse gratuite cachait forcément quelque chose ; ça n’était pas normal. Pourtant, il fallut admettre que seule, elle ne gagnerait qu’à faire un malaise dans la pièce d’eau et consentit donc à ôter sa veste alors que la psychotique s’occupait du reste.

A demi nue aux soins de la bonne jumelle, cette scène ne pouvait que lui rappeler des souvenirs de taule, quand l’infirmière la rafistolait après une grosse bagarre qui avait plus ou moins mal tournée, ou surtout quand les matonnes s’étaient défoulées sur elle. L’éponge glissait sur sa peau tendue, réveillant parfois des élans de douleur que la fatigue l’empêchait de réprimer. C’était rare qu’Eve se sente si faible, si dépendante de l’aide des autres, et ça ne lui plaisait pas. Elle avait appris à se débrouiller seule depuis ses 18 ans, même avant. Jusqu’à ce jour, elle avait été une créature libre que rien n’avait su dompter ou faire plier ; ce n’était pas une dizaine d’hommes de mains qui allaient lui faire rentrer les griffes. Ça, ils pouvaient rêver.

La douceur de Jade, incroyablement différente des gestes froids et pressés des médecins qui avaient pu la soigner jusque là, finit par apaiser le corps dur de la taularde. Ne plus se faire traiter comme un monstre bon à enfermer faisait son petit effet positif dans l’esprit dément de la russo-américaine, qui ne comprenait pourtant pas cette gentillesse gratuite. Impassible mais pas moins reconnaissante du geste généreux, elle se fit intérieurement le commentaire que cette petite méritait vraiment d’être protégée, ne serait-ce que pour lui rendre ce qu’elle avait donné. Eve n’acceptait jamais rien gratuitement, même si ce n’était pas grand chose, parce qu’elle avait toujours vécu dans un monde où la bonté se faisait piétiner et mépriser : c’était injuste.

Après s’être enroulée dans un vieux peignoir qui empestait le renfermé, elle accepta que sa comparse nettoie ses vêtements. Ça ne faisait que saler un peu plus sa dette, mais si jamais la moindre de ses affaires avait disparu au matin, non seulement le contrat serait rompu, mais elle lui apprendra à ne plus voler autrui en bonus. La détenue, allongée sur le lit, ferma les yeux sur cette pensée paranoïaque. Elle était vraiment incapable de vraiment faire confiance à qui que ce soit, pas même une adolescente qui venait de prendre de longues dizaines de minutes à nettoyer ses blessures. C’était pour cela qu’on l’envoyait voir un psy ? Non. Rien à voir. Elle n’était pas folle, c’est le monde qui l’était.

Pensant réussir à s’endormir, sans savoir si Georges l’entendrait ou s’il avait déjà rejoint Morphée, elle glissa tout de même d’une voix faible :

- Si vous essayez de me toucher, j’vous démonte…

Certes, sa fatigue ruinait toute la force de sa réplique, mais il était prévenu. Ensuite, la russo-américaine dut somnoler un certain temps, perdu dans un abime sans rêve, parce que lorsque ses paupières se rouvrirent, Jade revenait dans la chambre. Même si elle n’avait pas totalement émergée de son demi-coma, Eve éleva sa voix faible et inexpressive pour attirer l’attention de son infirmière d’un jour :

- Pourquoi… tu fais ça au fait ? Être aussi gentille et tout c’est pas… normal. Mais je te suis reconnaissante, compléta-t-elle après un soupir douloureux. Comment tu t’appelles au fait ?

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Ven 3 Fév - 20:52

Le lit était aussi dur qu'une planche. Georges s'y était allongé de tout son long, sur le ventre, et s'il ne bougeait pas dans les cinq secondes qui venaient, il allait avoir des escarres sur la joue. Il se retourna difficilement. Tout son corps était engourdi, ses muscles étaient vides d'énergie et de puissance. Le lit lui cassait le dos. Il remuait sans cesse et commençait à s'énerver. Pour tout couronner, ses vieux vêtements neufs le démangeaient.
Jade et Eve, qui discutaillaient, décidèrent de rejoindre la salle de bain toutes les deux. Tiens, deux filles dans une douche, deux femmes que dis-je. Voilà qui attisa sa curiosité.

Il se leva discrètement et alla à pas de velours coller son oreille contre la porte. Ce petit évènement lui avait donné un regain d'énergie. Que pouvaient-elles bien faire derrière. Il essaya d'écouter, d'espionner. Il fut déçu de comprendre que Jade aidait simplement Eve à se nettoyer. Tiens, il ne la savait pas aussi blessée au point de ne pas pouvoir se décrasser toute seule. Mieux, la plus jeune se proposait de ravoir ses vêtements.

Georges repartit donc se coucher, la curiosité satisfaite. Il avait une info précieuse après tout suite à cette petite séance d'espionnage. Il ne manquait pas de se la garder derrière l'oreille, ça pourrait lui être utile. Déjà il savait qu'il pourrait dormir en paix. Eve était blessée, donc potentiellement inefficace, et Jade il se la rappelait inoffensive. Il entreprit donc de s'endormir, toujours en vain, jusqu'à ce que les deux demoiselles sortent de la douche.

Eve revint se coucher à côté de lui, ce qui fit trembler le lit. Alors qu'il était plongé à moitié dans le sommeil, sa voisine de couche s'écria que si quelqu'un la touchait, elle se ferait une joie de les "démonter". Georges se fit une joie de rétorquer, d'une voix vague :

"C'est ça, prends tes rêves pour une réalité."

Après cela, il n'eut même pas le loisir d'entendre la répartie, s'il y en avait une, de la fougueuse taularde. La fatigue l'emporta. Et transporté il fut, dans un sommeil morne et sans vie.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Ven 3 Fév - 22:51

Malgré l’obscurité de la pièce qui aurait dû inviter au sommeil, la voix d’Eve l’interpella à peine sortie de la salle de bain pour lui demander le pourquoi de son aide. A vrai dire Jade ne s’était même pas posé la question. C’était juste… normal non ? Aider les gens dans le besoin, leur apporter son soutien, ce genre de choses qu’on lui rabâchait depuis toujours chaque dimanche à l’église, c’était une ligne de conduite qu’elle n’avait à vrai dire même pas besoin de s’imposer. C’était aussi facile que de respirer, seule exception faite des situations qui la mettait en danger. Elle se gratta l’arrière du crâne, confuse :

- Bah si justement, c’est normal… ce serait triste si tout n’était que calculs non ? J’aime à penser que les gens peuvent aussi agir de manière désintéressée, l’adolescente adressa un sourire éclatant à la taularde, Et je m’appelle Jade.

Après un coup d’œil furtif pour s’assurer que Georges dormait toujours elle s’assit de nouveau en tailleur sur le sol, faisant craquer du même coup ses articulations. Cette femme avait beau s’étonner de son aide gratuite, elle avait fait de même il y avait moins de deux heures en s’interposant entre Liam et elle. Pourtant ça ne lui avait rien rapporté à part de la reconnaissance de la part de la psychotique. Se jugeait-elle aussi anormale alors ?

Un papillon luminescent d’un bleu magnifique pénétra par la fenêtre, dispensant une faible lueur tremblotante permettant aux deux jeunes femmes de s’observer. Jay tendit la main en avant, émerveillée, et l’insecte se posa sur le dos de sa main comme s’il n’attendait que ça. Cette preuve que la magie de Dreamland n’était pas que mauvaise fit sourire la bonne jumelle qui le laissa s’envoler dans un soupir avant de reprendre avec lenteur, cherchant ses mots :

- Tu sais, tu as beau dire que ce n’est pas normal toi aussi tu m’as aidé alors que ça ne t’apportait rien. Et puis… rien que voir un sourire éclairer un visage, ou savoir que tu t’es rendu utile… c’est une récompense en soit. C’est une pensée un peu naïve je suppose, conclut-elle avec un rire léger.

Mais il se faisait tard, et il n’était pas bon pour Eve que lutter contre le sommeil dans un aussi piteux état. Jade se remit debout et tourna les talons pour retourner dans la salle de bain, lâchant par-dessus son épaule à l’adresse de la paranoïaque :

- Tu ferais mieux de dormir, tu as besoin de te reposer.

La porte se referma sur elle, après quoi elle soupira en passant sa main dans ses longs cheveux d’ébène. Ce n’était pas tout de discuter, mais elle aussi était pressée de prendre une douche, même froide. Son débarbouillage au ruisseau sans savon sous la main avait laissé une désagréable odeur, bien que légère, dont elle souhaitait se débarrasser. Ni une ni deux, ses vêtements atterrirent sur le sol, et avant d’avoir pu dire ouf une pluie d’eau fraiche cascadait sur elle en lui tirant un frisson. C’était surprenant mais agréable, au moins tout autant que l’odeur fleurie du pain de savon avec lequel elle se frotta énergiquement.

Bientôt propre comme un sou neuf elle fit de nouveau un sort à son costume techyoïte de manière plus correcte puis le mit à sécher à côté des affaires d’Eve. Puis vint le désœuvrement. Que faire ? Ses nouveaux compagnons d’infortune allaient probablement dormir des heures encore, minutes s’étirant à l’infini dans un ennui mortel. Pas de livre ni de télévision, personne avec qui discuter, rien, que dalle, nada. Faute de mieux elle s’enroula dans une couverture et entreprit de trouver sur sa carte de Dreamland l’endroit où se trouvait –s’était trouvée- Elie. C’était loin, très loin au nord-est de sa position actuelle.

- Est-ce que tu m’en veux ? C’est pour ça que tu me réponds pas ? souffla-t-elle à mi-voix.

Pas de réponse bien sûr. Jade resserra la couverture autour de ses épaules en se mordant la lèvre avec force. C’était tellement horrible de ne pouvoir être sûre de rien ! Ne pas savoir si le silence était dû à un refus de son double, ou à sa mort. Pourtant elle l’aurait senti non ? C’était une part d’elle-même après tout, elle ne pouvait pas disparaitre du jour au lendemain comme ça sans qu’on ne s’en rende compte ! L’attente était pire que tout, ça la rendait malade maintenant qu’elle n’avait rien pour lui changer les idées. Peut-être qu’elle devrait tenter de la retrouver finalement ? Après réflexion la peur de rester dans le flou semblait mille fois pire que celle d’affronter la colère ou le mépris de l’autre moitié de son être.

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 4 Fév - 0:25

Jade. C’était un joli prénom, songea la détenue, une de ses appellations évocatrices qui pouvaient soit saillir à merveille, soit être totalement déplacé. On lui avait souvent servi dans sa vie que pour quelqu’un qui s’appelait « Eve », elle n’avait rien d’un ange. Pourtant, si l’on considère que dans la genèse, le couple originel a été chassé du Paradis par Dieu pour aller vivre l’enfer sur terre, alors son prénom n’aurait pas pu être plus approprié : elle avait toujours été celle qu’aucune divinité n’avait gardée sous son aile, abandonnée et écrasée dès le départ. Ici bas, le serpent l’avait emporté, et ça lui restait au travers de la gorge.

Un papillon entra, illuminant un instant de sa lueur bleutée les deux femmes, mais si l’adolescente arborait un sourire émerveillé, la russo-américaine restait de marbre. C’était magnifique oui, bien plus que la plupart des choses qu’elle avait connu, mais ses capacités expressives avaient été atrophiées avec le temps. Vint alors la conclusion de la psychotique : l’avait-elle aidée par simple gentillesse ? La taularde resta pensive un moment, mais parvint à la solution que c’était effectivement purement naïf. Elle n’avait fait que protéger d’un homme dangereux une jeune fille visiblement effrayée et innocente. Ça ne devrait pas apparaître comme de la gentillesse, mais comme de la logique. Une logique inébranlable, qu’elle était la seule à respecter – ou peu s’en faut.

Laissant Jade s’enfermer dans la salle de bain, Eve se recoucha et après s’être assurée que la respiration paisible et régulière de Georges trahissait son sommeil, se laissa partir à son tour dans un gouffre sans rêve. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la lumière du jour filtrée par le feuillage de l’arbre se déversait dans la pièce étroite comme une mosaïque d’ombres irrégulières, au travers une petite fenêtre sans volet. L’épuisement l’avait délaissé, laissant derrière lui la douleur des courbatures et des hématomes qui se réveilla dès ses premiers mouvements. Impossible de connaitre l’heure et pour la première fois depuis son arrivé à Dreamland, ce constat la déstabilisa ; même en prison, elle s’était débrouillée pour rapidement s’acheter un radioréveil minable dans un catalogue interne, afin de ne pas perdre la notion du temps. C’était l’un des impératifs pour ne pas devenir cinglée quand on était en cage.

En voulant rentrer dans la salle de bain, la russo-américaine faillit flanquer un coup de porte dans l’adolescente qui se trouvait juste derrière. L’un de ses sourcils parut se soulever imperceptiblement, mais elle se contenta d’un « bonjour » à mi-voix avant de tendre douloureusement une main pour attraper ses fringues sèches. Sans prendre plus de précaution que de tourner le dos au lit où était toujours allongé le capitaine, la taularde laissa son peignoir glisser au sol pour se rhabiller, non sans que ses traits ne frémissent légèrement sous la souffrance.

- J’vais faire un tour, voir si j’peux pas trouver quelque chose pour m’arranger, expliqua-t-elle lorsqu’elle eut terminé, je reviens tout de suite.

De toute façon, Blackwood city était tellement petit qu’elle ne pouvait pas aller bien loin. Qu’importe que son infirmière improvisée soit d’accord ou pas, il fallait au moins qu’elle se dégote un medoc' pour calmer les douleurs. Non pas qu’elles étaient insupportables, mais elle en avait déjà assez de se sentir comme une bête blessée et vulnérable, elle n’irait jamais loin dans cet état. Eve consentit au moins à ce que Jade l’aide à descendre de l’échelle avec sa hotte, admettant à contrecœur que ça lui était totalement impossible seule, puis rejoignit la sortie en passant devant le gérant qui l’aborda d’un étrangement joyeux :

- Alors, bien dormi ?
- Très drôle, siffla la détenue en s’engouffrant dans l’escalier.

Elle aurait certes, pu lui demander de l’aide quant à ce qu’elle cherchait, mais ça lui arrachait tellement sa gueule déjà malmenée qu’elle s’y refusait totalement. De toute façon, il y avait forcément une pharmacie ou quelque chose approchant non ? Avec le nombre de baraque perchée dans des arbres, ils devaient bien avoir de quoi soigner en urgence les abrutis qui tombaient de leur balcon.

Il faisait sombre, malgré les éclats du soleil qu’on pouvait apercevoir à l’orée du petit bois, à défaut de réellement le capter à travers les feuillages épais ; le nom de « Blackwood » prenait tout son sens. Après une dizaine de minute à déchiffrer des enseignes qui n’avaient pas été entretenues depuis un moment, Eve dénicha à moitié encastrée dans un large tronc, une petite boutique flanquée d’un sigle qui ressemblait vaguement à celui des pharmacies dans le monde réel. C’était plutôt la cabane d’une vieille herboriste qui fabriquait toute sorte de traitements et infusions elle-même, en justifiant leurs prix par le caractère naturel de ses médicaments.

- Et ça c’est quoi ? demanda la taularde en montrant un petit flacon au contenu verdâtre sur lequel pendait une étiquette « 400 rubz ».
- Oh, c’est une potion de soin instantané ! Je fais venir des ingrédients directement de Gloutoniskaïa pour ça, ça vous guérit vraiment toutes vos blessures immédiatement ! Une affaire à ce prix là, mais je m’en voudrais de faire de la concurrence aux mages qui m’ont généreusement appris leur recette pendant un séminaire.

Avant d’avoir passé plusieurs jours à Dreamland, Eve l’aurait sûrement prise pour une vieille folle qui cherchait à la prendre pour une idiote ; mais désormais, même son esprit cartésien ne s’étonnait plus de rien. Il n’y avait qu’à essayer : dans le meilleur des cas, elle était remise à neuf. Au pire, la propriétaire allait devoir rapidement créer une réelle potion de régénérescence pour remettre les morceaux de son visage au bon endroit. Avec son bon de réduction -30%, elle n’eut plus qu’à donner 280 rubz en échange de la mixture qu’elle avala après lui avoir jeté un œil suspicieux.

Quelques secondes d’attente et effectivement, ses bleus, ses contusions, et même ses multiples foulures se résorbèrent comme s’ils n’avaient jamais existé. La détenue se sentait mieux que rafistoler, elle se sentait carrément lavée des coups et des injustices. L’une de ses mains blanches passa sur ses lèvres pâles alors qu’elle ruminait déjà sa vengeance démente contre les traitres qui l’avaient balancé : Liam et Jonh. Finalement, la bête s’était remise plus tôt que prévu, et elle aiguisait déjà ses griffes pour les saigner à blanc. Il ne lui restait plus qu’à rentrer à l’auberge pour faire une surprise à son infirmière d’un soir et elle serait prête pour la suite de leur périple.

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 5 Fév - 14:51

Georges dormait d'un sommeil inquiet. Il sentait, même dans ses songes vides la raideur du matelas qu'on aurait dit fait de planches en béton armé et la froideur de l'air ambiant. Ce sont probablement ces sensations désagréables qui provoquèrent son réveil. Il se réveilla en effet, mais pas là où il s'attendait. En ouvrant les yeux il trouva l'obscurité, la même douleur dans les muscles du dos et un courant d'air froid lui glaçait les os. Il farfouilla à l'aveuglette près de lui, où était censé se trouver une table basse et y trouva une lampe de chevet. La faible lumière lui révéla sa vieille chambre délabré avec sa lézarde au plafond, son papier peint rongé d'humidité d'un goût douteux d'une autre époque.

Il était seul. Un lien désagréable était planté dans son avant bras. La perfusion maudite qui le maintenait dans un sommeil éternel et le nourrissait chaque jour fut arraché sans ménagement. Il se leva péniblement et tomba lourdement. Ses jambes avaient à peine la force de le soulever. Il s'agrippa à une structure métallique, un déambulateur jouxtant son lit, et tout dégoûté qu'il fut de sa faiblesse, l'utilisa pour quitter sa maudite prison. Il arriva dans sa salle préférée. Tout était intact, tout était là, sa collection de pirate. Les gouvernails étaient toujours accrochés aux murs, grâce à des noeuds marins savamment élaboré, des maquettes de galères, et deux et trois-mâts, le brigantin, les canots et la caravelle siégeaient royalement dans leurs vitrines poussiéreuses et la fresque, quoiqu'un peu ternie, occupait toujours toute la largeur de la salle, décrivant la même scène où se mêlaient esclaves et bataille entre navires et capitaines. Une larme de joie mêlée de chagrin s'écoula.

Son Slavedog lui manquait, ses pouvoirs lui manquaient, sa situation lui manquait, même son équipage lui manquait. Au lieu de quoi il lui restait le choix de retrouver une forme pathétique, se retrouver quasiment impuissant comme à ses débuts avec la tâche titanesque de tout recommencer, en plus ou moins bonne compagnie, vieux et rompu. Ou ne plus jamais dormir, combattre son propre sang qui s'échinait à le plonger dans un sommeil perpétuel pour conserver l'entière tutelle des ses biens numéraires et immobiliers.
Le choix s'imposait de lui même. Il déambula jusque sa chambre où l'attendait une seringue de sédatif et se la planta sans hésitation.

Georges se réveilla une seconde fois. Il était ce coup ci dans la chambre où veillait Jade. Il faisait jour. Il ne se sentait pas reposé du tout mais au moins ses muscles s'étaient-ils remis. Ici au moins, il pouvait se mouvoir sans assistance débilitante. Il se leva d'un bond, comme s'il était en pleine forme euphorique, motivé par cette affreuse vision de lui sénile sur un déambulateur.

"Je crois que je vais sortir !" s'exclama-t-il. Il planta là Jade et la chambre, se laissa glisser sur l'échelle, et arriva à l'accueil.

"Bien dormi ? Demanda d'un sourire narquois l'aubergiste.
-Ouaiiis... Rétorqua Georges comme pour se vanter. Il s'approcha de son oreille et lui chuchota en réponse : On a baisé toute la nuit."

Il s'en alla devant la mine mi surprise mi offusqué du gérant. Qu'allait-il bien pouvoir faire dans ce bled pourrave ?
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 5 Fév - 18:55

La nuit s’était étirée encore et encore, d’un ennui mortel. Jade avait passé la plus grande partie de son temps libre à réfléchir ou plutôt à psychoter, c’est-à-dire se prendre la tête sur tout est rien, de manière stérile et contre-productive. Plus elle se penchait sur ses différents problèmes plus elle se sentait prise dans une toile d’araignée poisseuse et collante, avec une veuve noir juste au-dessus de sa tête tel une épée de Damoclès. La tête entre ses mains, l’adolescente avait l’impression de devenir folle, stupide, ou les deux. A vrai dire elle aurait tué pour n’importe quoi pouvant lui changer les idées.

Aux alentours de 4h du matin elle piqua du nez, assise à même le sol dans la salle de bain, pour ne rouvrir les yeux que deux heures plus tard. Elle se sentait vaseuse, nauséeuse et sa conscience toujours au 36ème dessous. Elle se frotta les yeux en se redressant, baillant à s’en décrocher la mâchoire. Un tâtonnement rapide lui permit de constater que ses fringues techyoïtes avaient séché, elle s’en revêtit donc pour profiter de nouveau de l’agréable sensation de chaleur dispensé par le tissu high-tech. De nouveau fringuant dans sa tenue noire et blanche fourmillant de fermetures éclairs, elle acheva le tout en enfilant ses bottes fourrées. **Par-fait** pensa-t-elle en observant son reflet dans le miroir qui lui faisait face.

Puis ce fut de nouveau le temps de l’attente, longue et désespérante, qui ne prit fin qu’au réveil de Eve qui s’introduisit dans la salle de bain pour s’habiller devant Jay sans pudeur. Soit elle l’avait vu la veille mais… c’était pour la soigner, c’était différent non ? Pas le temps de se pencher sur ces questions de bonnes manières car la taularde avait en tête une balade dehors en solitaire, nouvelle qui laissa la psychotique passablement circonspecte.

- Dans ton état ? Mais t’arriverais même pas à descendre l’échelle ! mais autant parler à un mur, ne restait plus qu’à abdiquer, Ok… mais je t’aide à descendre.

Une fois Eve partie, ce fut au tour du capitaine de se lever pour lui fausser compagnie. Et pour quelle raison ? Mystère et boule de gomme, le bonhomme ne prenant même pas la peine de l’informer. Plantée au milieu de la chambre, abandonnée comme une malheureuse Jade lâcha un juron étouffé avant de se laisser tomber sur le lit en position de l’ange. Et maintenant ?

La chouette du DreamlandSoir fit irruption dans la pièce pour lui lâcher un journal qui résumait les dernières catastrophes en date. Quelques bonnes nouvelles aussi, mais toujours rares dans les médias peu importait le monde où l’on se trouvait. Elle roula sur le ventre, étalant le journal sur le lit au matelas trop dur, puis se mit à chercher fébrilement des nouvelles d’Elie. Si elle n’obtint aucun résultat, impossible de dire si ça l’inquiétait ou la rassurait. Alors qu’elle repassait les pages en revue une seconde fois pour être sûre de n’avoir rien raté, un « plop » étrange résonna dans son dos juste avant qu’un poids lourd ne chute sur elle et la fasse suffoquer.

Premier réflexe ? Crier. Le second ? Crier plus fort. Ce n’est qu’après une dizaine de seconde qu’elle réussit à se retourner pour voir que ce qui lui était tombé dessus n’était ni un morceau de la toiture ni un animal made in Dreamland mais… un homme. Plutôt mignon d’ailleurs dans le style bad boy rebelle. En se tortillant elle réussit à s’extirper du lit pour rejoindre le parquet depuis lequel elle se remit debout, les jambes flageolantes.

- T’es qui toi ?! s’exclama-t-elle les yeux ronds.

Son dos lui faisait mal mais ça importait peu. Le fait est qu’elle était seule avec un inconnu qui avait la capacité de se téléporter jusque dans le lit des jeunes filles. Et si… et si c’était un doppelgänger ? Un mage dérangé ? Ou un voyageur voyeur et voyou comme cet enfoiré de Liam ? Le sang de l’adolescente ne fit qu’un tour alors qu’elle reculait lentement vers le mur sans perdre des yeux l’inconnu.

Une fois près de ses affaires elle récupéra sa batte, trop terrifiée pour prêter attention aux paroles que prononçait cet homme. Ce n’est qu’une fois l’arme en main et tendue devant elle qu’elle retrouva l’usage de ses oreilles et de sa langue par la même occasion.

- Bon… je ne sais pas qui tu es, mais ici c’est ma… c’est notre chambre à moi et mes amis. Elle n’est pas libre alors… euh… sors ou j'appelle la police, tenta-t-elle d’ordonner pitoyablement avant d’ajouter, presque suppliante, S’il-te-plait…


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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 5 Fév - 21:54

Je sortais du bar pourri après avoir descendu le stock de bière. Vraiment, j’étais déçu, je n’avais pas trouvé de quoi me satisfaire pour le reste de la nuit … Je mettais mes mains dans les poches de ma veste en cuir pour prendre les clés de ma bagnole. Saloperie de bagnole en carton qui ne s’ouvrait pas ! Après quelques coups de pieds dans la portière, elle finit par s’ouvrir. J’insérais la clé dans le démarreur qui se lançait du premier coup : la chance. J’aurais dû balancer cette bagnole depuis longtemps, mais je ne le pouvais pas ; trop de souvenirs … Le premier viol, les premiers coups, le premier meurtre … Tant de bons souvenirs faisaient que cette voiture comptait à mes yeux.

Je prenais l’autoroute, il n’y avait presque personne … Très agréable de ne pas se prendre les phares des voitures dans la gueule. Je sentais la fatigue venir. Quoi, déjà ? Je regardais ma montre : 3 heures. Il n’était pas tard et je commençais à piquer du nez ? Commencerais-je à me faire vieux ? Je continuais de rouler, mais ce qui dû arrivé, arriva. Je m’endormais comme un mioche. Je ne me réveillais que lorsqu’il était trop tard, j’avais déjà défoncé les barrières de sécurité et je n’arrivais pas à reprendre le contrôle de ma caisse. Je tombais dans le ravin … Et merde ! Pourquoi moi ? Je n’avais pas fait tant de choses mal, quoi que, mais quand même je ne méritais pas de mourir dans un ravin …

Le choc fût énorme, mes jambes et mes bras me faisaient un mal de chien. Un mal impossible à supporter … Je sombrais dans les limbes de l’inconscience.


Je me sentais tomber. Encore ? Je n’étais pas mort ? Peut-être étais-je tombé aux enfers, ça aurait été cool … Mais non. J’ouvrais les yeux, j’étais tombé sur une jolie jeune fille qui avait l’air plutôt apeurée … et qui criait. Étrange, je tombais dans un ravin et j’avais des blessures graves à un moment et au moment d’après je tombais sur une jolie minette, sans aucune blessure. Si c’était le paradis, c’était plutôt sympa, merci le Bon Dieu. La jeune fille se retournait et réussi à s’extirper, je la laissais partir, je n’allais pas lui courir après. Elle ne s’en allait pas d’ailleurs, elle restait à me fixer, tremblante. Avait-elle peur de moi ? Je pensais pourtant paraître cool … Je m’asseyais sur le bord du lit. Je la regardais trembler en reculant.

- J’ai l’air si méchant que ça ? ironisais-je, je ne te veux aucun mal tu sais, tu n’as pas à avoir peur de moi …

Je me levais pour me diriger vers elle, les mains en évidence, histoire de la rassurer un peu. Ça n’avait pas l’air de fonctionner : elle saisissait une batte de baseball. Je n’avais pas l’air de la rassurer. Je m’arrêtais. La batte, que de souvenir … Ce pauvre clochard que j’avais battu à mort avec sa propre arme de défense, ça m’avais fait marrer pendant un bon moment … Je tentais de ne pas laisser paraître mes pensées. Elle me disait de partir. Je l’aurais bien voulu mais je ne savais pas où j’étais. Je saisissais sa batte pour lui prendre des mains et la jeter par terre.

- Mais écoute moi au lieu de me menacer, je ne sais même pas où je suis et … Oh, je ne me suis pas présenter, Peter Smith, à votre service mademoiselle, dis-je en tentant de lui faire un sourire rassurant. Je ne te veux pas de mal, ok ?

Je m’éloignais un peu d’elle mais la demoiselle n’avait pas l’air convaincu. Elle tremblait, je me demandais même comment elle pouvait tenir sur ses jambes. Je l’observais en silence. Allait-elle se présenter ou devais-je être devin ?
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 5 Fév - 22:54

Il s’en était fallu de peu pour qu’Eve croise Georges en revenant à l’auberge, mais elle le manqua. Elle avait bien envie de se griller une clope avant de rentrer, histoire de fêter sa remise à neuf, mais il fallait au moins qu’elle prévienne Jade avant. Elle lui avait dit revenir tout de suite, et dans tous les cas, la laisser trop longtemps seule avec un potentiellement pervers de la cinquantaine, c’était impensable.

En haut de l’escalier étroit creusé dans un arbre qui menait à leur établissement, le comptoir avait été déserté par le propriétaire. Suspicieuse, la taularde ralentit, s’arrêta même, pour écouter les sons qui lui parvenaient. Les exclamations de l’adolescente s’élevèrent, visiblement effrayées, suivies des réponses trop assuré d’un inconnu. Qu’est-ce qui se passait au juste ? Et où était le capitaine ? Déjà assassiné par cet individu qui s’en prenait désormais à Jade ? C’était in-con-ce-vable. Le gérant devait être dans le coup, sans quoi il serait à son poste, mais la russo-américaine s’occuperait de son cas plus tard.

Dans ses entrailles, le monstre rugit sauvagement, en pleine forme. A Elipse, elle avait eu à laisser passer trop d’injustices, trop d’ordures qui auraient mérité qu’elle leur apprenne les bonnes manières, mais là, tout était différent. Si elle n’avait pas tué le copain de Trisha par un simple excès de bonté, pour lui laisser l’occasion d’expier sa faute, la personne qui s’attaquait à sa comparse n’aurait pas cette chance. La folie se déployait comme le venin d’un serpent, déformant ses perceptions, transformant les intonations de l’inconnu en menaces. « Le laisse pas faire ! » « Après elle, tu devais être la prochaine ! » « Tu le sais que personne ne vous rendra justice si vous êtes tuée ici ! Fais le toi-même ! »

Souplement, Eve se hissa par l’échelle sans faire du bruit, du moins, aussi peu qui lui permettait les barreaux usés. Heureusement, Peter était encore trop obnubilé par l’adolescente pour s’apercevoir qu’ils n’étaient plus seuls. Il était de dos, de fait, seule la psychotique put voir la détenue ramasser sa batte abandonnée au sol et lui flanquer un coup entre les omoplates. Un coup de pied au derrière acheva de le faire basculer sur le lit dur, et la russo-américaine s’approcha pour lui faire sentir le bout en métal de l’arme contondante à la base de sa nuque. Son expression glacée et son regard débordant de démence devait la faire passer pour une cinglée, mais c’est avec un calme étonnant qu’elle déclara :

- Bouge plus. J’aurais pu te faire éclater la tête, mais… on va dire que je te laisse une chance d’essayer de justifier que tu te retrouves ici, à harceler une jeune fille. Estimes-toi heureux ! En temps normal, les types comme toi, je les éviscère.

Rien qu’à la froideur de son intonation, la température de la pièce eut l’air de descendre de quelques degrés. En guise de menace, Eve faisait glisser doucement la batte le long de la nuque de l’intrus, signifiant qu’elle n’avait qu’un geste à faire pour la lui briser nette. « Vas-y ! » « Tue-le ! » ordonnait le monstre qu’était sa démence, mais même si les habituels tremblements témoignant de son envie de frapper agitèrent sa main libre, elle se contenta d’ordonner froidement à sa comparse :

- Jade, prends ma batte dans ma hotte, et sois prête à l’assommer s’il faut.

Au lieu de lui obéir, non seulement l’adolescente lui demanda d’arrêter en justifiant qu’il était simplement apparut de nulle part et qu’il ne lui avait encore rien fait, mais en plus, elle écarta doucement la batte en métal que tenait la taularde pour s’approcher de Peter et s’assurer qu’il allait bien. Eve se sentait presque trahie, mais elle ne pouvait pas s’en prendre à celle qu’elle cherchait à protéger, ça n’avait aucun sens. Était-elle trop vite montée au créneau ? Avait-elle fait preuve de paranoïa ? Non. Non parce qu’elle n’était pas folle, c’était Jade qui était lamentablement naïve, à un point qui la faisait halluciner.

Le monstre sous sa peau s’agitait, grognait, rugissait, mais elle était contrainte de le retenir et de supporter la vue de l’inconnue entre les mains de la psychotique. Son masque inexpressif restait le seul rempart entre la tempête de démence qui agitait ses neurones, et dans son regard marron, le blizzard glacial fermait les portes qui menaient à son cœur froid.

- C’est naïf, commenta-t-elle sèchement, mais comme tu veux.

La russo-américaine lâcha la batte qui résonna en tombant sur le plancher et partit à l’opposé de la pièce. Sa hotte posée à coté de ses pieds, elle s’adossa au mur et détailla l’inconnu. Avant de croiser les bras, elle activa son pouvoir pour faire apparaitre sa montre : si jamais il projetait de commettre une injustice, elle serait immédiatement informée.

- Vas-y, présente-toi, ça m’intéresse, exigea-t-elle sèchement de Peter.

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 7 Fév - 14:25

Les feuilles recouvraient les étroites rues du village et accompagnaient de leur bruissement les pas de Georges qui errait au hasard. Il ne connaissait pas l'endroit, aussi y attacha-t-il un oeil curieux à chaque bâtisse. Tantôt au sol, tantôt aux arbres, les habitations étaient faites de bois sombre tirant sur le vert, de la même couleur quoiqu'un peu plus clair que l'écorce de ces bois. Il se promenait donc, sautillant, frémissant d'idées et de projets. D'abord il fallait qu'il rejoigne sa demeure à Sextus. Pour cela il devait atteindre la côte ouest et trouver un bon port, un bon navire en évitant les galères. Il n'avait pas assez d'argent pour voyager simplement de l'autre côté. Il lui faudrait travailler, un perspective qui n'était pas pour lui plaire. De toutes les manières, il n'avait pas assez d'argent pour se payer des provisions pour aller jusqu'au port. De même, il doutait que sa compagnie l'accompagne jusque chez lui, Jade ne voulait pas auparavant, il ne voyait pas pourquoi elle changerait d'avis. A moins qu'elle et l'autre lesbienne suive la carotte... !

Par un défaut de concentration sa bonne idée lui échappa au profit des trésors, se demandait-il, qui pouvaient se trouver sur le sol, sous les feuilles. N'importe quel objet, comme des rubs, sitôt tombé malencontreusement à l'insu de sa poche se retrouverait englouti et masqué par le tapis feuillu.
Le cinquantenaire s'agenouilla aussitôt et se mit à farfouiller au grand bonheur la chance pour ne rien trouver d'autre que le regard méprisant des autochtones, et un vieux lacet humide.

Il se releva, s'épousseta et, trouvant le temps un peu frisquet, entreprit de rentre à l'hôtel. Il maudissait tout haut sa malchance, ce qui lui attira encore plus le regard des gens du village, tandis qu'il retrouvait le chemin du retour. L'aubergiste était toujours là, encore moins souriant que d'habitude, et réussit à paraître encore moins sympathique lorsqu'il le vit rentrer au bercail. Il grimpa l'échelle plus facilement que la veille et surgit dans la chambre en pleine discussion. Les filles étaient sur leur garde face à un homme qui avait fait une intrusion dans leur nid d'amour.
Georges le pointa du doigt :

« Mais c'est qui lui, je pars 5 minutes et vous me remplacez déjà ? »

Apparemment ce ne serait qu'un mal entendu. Mais il ne pouvait pas se douter que ce nouveau venu, un jeune coq concurrentiel qui plus est, n'était qu'un voyageur de plus, perdu et apparu comme par magie ici même. Georges avait l'intention de les laisser s'expliquer. Elles ne comptaient pas le trahir déjà ?


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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 7 Fév - 15:15

La batte arrachée à sa main atterrit sur le sol dans un tintement métallique avant d’aller rouler plus loin, les doigts de Jade se refermant plusieurs fois sur du vide, palpitants comme des ailes de papillons, avant de comprendre que son arme s’était fait la main. Le blizzard de la peur avait soufflé sur ses neurones, les emprisonnant dans une coque de givre qui paralysait ses pensées. Il allait la tuer. Pire encore, il briserait son corps fragile et son esprit plus encore. Suffoquant, elle se plaqua contre le mur une main sur sa poitrine qui remuait spasmodiquement dans l’espoir de lui apporter l’oxygène que ses poumons réclamaient. Elle ne le supporterait pas, déjà son esprit se déconnectait alors qu’elle ressentait cette impression cotonneuse d’avant l’évanouissement puis…

Il recula. Et il la rassurait. La psychotique resta stupide quelques instants aussi immobile qu’une statue. Seuls ses yeux qui papillonnaient de surprise semblaient encore doués de mobilité. Peter Smith ? Il ne savait pas où il était et ne lui voulait pas de mal ? Les informations avaient un mal fou à être intégré par l’adolescente encore paniquée, si bien que même en apercevant Eve elle ne réagit que lorsqu’il était déjà trop tard, l’inconnu envoyé au tapis d’un coup de batte bien placé. Sa batte.

L’étonnement passé son sang ne fit qu’un tour. La taularde menaçait de le tuer et elle voulait même qu’elle aille récupérer une autre batte pour se joindre à la partie. Comme si elle avait été piquée par un taon Jade bondit en avant pour repousser l’arme avec douceur et vérifier que l’homme allait bien.

- Arrête bon sang, il ne m’a rien fait ! Je… j’ai eu peur bien sûr, il est apparu de nulle part comme ça mais quand il m’a désarmé il a rien tenté à part me rassurer… s’il était vraiment un agresseur il en aurait profité non ?

Visiblement non, du point de vue de la paranoïaque du moins, qui qualifia sa pensée de « naïve ». Jay encaissa ce coup de poignard dans le dos sans rien dire. Elle avait l’habitude qu’Elie lui attribue cet adjectif à tort ou à raison, le fait est que sans preuve de mauvaises intentions… l’agresseur était Eve et pas ce Peter Smith. Alors même si elle pouvait s’avérer naïve ou trop optimiste comme elle préférait dire, sa morale lui imposait de rester au moins correcte avec ce pauvre mec qui venait de se faire fracasser la nuque. Celle-ci ne semblait pas cassée et il respirait ce qui tira un soupir de soulagement à la bonne jumelle au moment où Georges se décida à revenir au bercail avec une blague de son cru.

Levant les yeux au ciel, Jade ne répondit pas tout de suite. Elle retourna d’abord avec soin le corps massif de l’homme étalé sur le lit et qui n’avait pas l’air d’avoir perdu conscience. L’adolescente agita sa main devant ses yeux en tentant avec une pointe d’inquiétude dans la voix :

- Tu te sens bien ? Enfin… pas trop mal ? Je suis vraiment désolée d’avoir paniqué et que ma camarade soit… impulsive. Tu peux t’asseoir ? se tournant vers Georges elle daigna enfin lui parler avec un air sévère, Au lieu de dire des bêtises capitaine vous devriez venir m’aider. Il est juste tombé du ciel, c’est tout sauf un casting pour dénicher le prochain esclavagiste en vogue.

Amusé, Georges accepta contre toutes attentes et s’approcha pour asseoir Peter au bord du lit. Un silence pesant s’installa alors, que la psychotique se sentit obligée de briser. Rien que pour se présenter déjà. Après tout ce pauvre mec venait d’apparaitre de nulle part, de se faire menacer, puis frapper, puis de nouveau menacer à un degré bien plus important alors il méritait au moins d’apprendre à qui il avait à faire. Jay tendit donc ça main en avant et tenta un sourire gêné :

- Au fait, je m’appelle Jade. Jade Martins. Et voilà Eve et le capitaine Georges Mikles. Mais dis moi… quand tu m’as demandé où tu étais, tu voulais savoir où tu te trouvais à Dreamland ou… ou tu ne sais même pas ce qu’est Dreamland ?

Une façon comme une autre de se renseigner sur sa qualité de voyageur. Jade préférait ne pas être trop claire de peur de tomber sur un antivoyageur ou que Blackwood city elle-même de par sa proximité avec Elipse ne le soit aussi. La prudence à l’excès était nocive comme venait de le prouver la taularde, mais un peu de temps en temps ne pouvait pas faire de mal.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 7 Fév - 21:40

Je sentais une présence dans mon dos, je n’avais pas eu le temps de me retourner que je reçu un coup entre les omoplates. C’était un beau coup, je n’aurais pas fait mieux. M’écroulant sur le lit après avoir pris un coup dans le cul. Celui ou celle qui m’avait assommé allait devoir payer … On ne traine pas Peter Smith dans la boue ! Une voix froide de femme me parvint, elle disait qu’elle aurait pu me faire exploser la tête, je n’en doutais pas vu la force avec laquelle elle venait de me frapper. Que je m’explique ? Bien sûr, mais comment expliquer être arrivé dans un endroit sans même savoir quel est cet endroit ? Héhé, j’étais dans la merde si cette fille était plus violente que moi … Je trouvais cette situation intéressante même, la phrase du voleur volé me faisait penser à la situation que je vivais. L’agresseur agressé. Pas mal quand même …

La jeune fille sur qui j’étais tombé écartait la batte de ma nuque tout en assurant que j’allais bien, trop mignon … J’entendais une voix d’homme, mais combien y avait-il de gens dans cette fichue chambre ? Elle me retournait sur le dos, c’est vrai que j’avais mal, mais je pouvais tout de même me relever seul ! Elle me demandait si ça allait tout en essayant de m’asseoir.

- C’est bon, j’suis pas mort, lançais-je, c’est juste que j’aime pas être accueillis à coup de batte …

Une fois assis, la jolie minette se présentait, elle s’appelait Jade, jolie prénom … Elle présentait aussi ses compagnons, le capitaine et Eve. Eve, c’était elle qui m’avait assommé, elle était plutôt mignonne elle aussi … Mais bon, elle était aussi, voire plus, violente que moi … Jade parlait de Dreamland, qu’est-ce que c’était que ce délire ? Je les regardais tous un à un, la plus jolie était quand même Jade. Elle était très mignonne, je lui aurais bien roulé une pelle à celle-là … Je passais ma main dans mes cheveux en me levant, je me dirigeais vers la fenêtre pour y poser mon cul. Les trois rigolos me fixaient.

- Je suis Peter Smith, pour ceux qui n’étaient pas là, ou que je n’ai pas remarqué tout à l’heure. Et je ne sais même pas ce qu’est Dreamland, dis-je et m’adressant à Jade.

Je la fixais, vraiment très jolie, penchant la tête sur le côté, je la détaillais de haut en bas tout en réfléchissant. Si je devais rester dans ce soit disant Dreamland, il serait bon de ne pas tuer tout le monde … Je glissais mon regard sur Eve, jolie elle aussi, mais moins que la petite Jade, et sûrement plus agressive ...

Mon regard finissait sur Jade, accompagné d'un léger sourire, histoire de ne pas lui faire peur comme elle l'avait eu tout à l'heure. Elle avait l'air d'être une gentille fille, il faudrait que je pense à lui rendre la monnaie de sa pièce, elle avait quand même empêchée l'autre folle de réduire mon crâne en pâtée pour chien ...


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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Mar 7 Fév - 22:52

Georges était revenu à son tour, s’introduisant avec une plaisanterie de son cru. Décidément, il n’y avait qu’elle pour prendre le nouveau venu pour ce qu’il était vraiment : un intrus potentiellement dangereux. C’était quand même étrangement curieux d’apparaitre directement dans la chambre d’auberge d’une adolescente seule, pendant le laps de temps d’une quinzaine de minute – au plus – ou ses compagnons l’avaient abandonnée. Et s’ils étaient espionnés ? S’il s’était simplement téléporté là avec un objet high-tech, n’attendant que le moment opportun pour agresser Jade ? Il l’aurait tué, et serait reparti sans que personne ne le sache, sans que justice ne soit faite.

Non, au lieu de formuler les mêmes suspicions, sommes toute tout à faire plausibles et réalistes, ses deux comparses aidèrent l’inconnu à se redresser. Les orbes glacés de la russo-américaine le détaillaient si intensément qu’ils pourraient presque le traverser le part en part. Jamais elle ne regretta de l’avoir frappé, non, elle regrettait de ne pas l’avoir réduire en pièce du premier coup. Il lui aurait suffit de viser la tête pour la lui fracasser, et il ne serait à l’heure actuel qu’une carcasse au crâne morcelé, un danger anéanti. Ses mains tremblantes sous les excès de démence passèrent dans ses cheveux noirs alors que le dénommé Peter se levait pour s’assoir à la fenêtre, tripotant la bonne jumelle au passage.

COMMENT se permettait-il ça ? Les mecs comme lui commençaient par des contacts volés, puis ils embarquaient la fille dans un coin, et elle passait l’un des pires moments de sa vie – si ce n’était pas le dernier. Comme sa mère, violée et assassinée par son patron après avoir subi des années d’attouchements. La police n’avait pas voulu agir, mais Eve avait agi, elle, et on avait retrouvé ce sale type baignant dans son sang au milieu de son salon. Si ce meurtre restait imprimé dans sa mémoire aussi nettement, ce n’était pas parce qu’il la hantait, mais parce qu’il était sa réponse : la justice, il n’y avait qu’elle pour se l’apporter, et l’apporter aux autres éventuellement. Elle avait raison, même si le monde entier voulait la croire folle.

Pendant tout son petit show de présentation, Peter n’avait pratiquement pas cessé de dévisager Jade. Il la reluquait de haut en bas sans même se cacher, limite si ses yeux ne brillaient pas de convoitise. Il avait l’air plutôt bien bâti, le genre de type costaud qui devait être coriace quand ils n’étaient pas pris par surprise, mais c’était loin d’effrayer la paranoïaque. Rien ne suffirait, surtout lorsque la bête de ses entrailles tournait en rond comme un lion en cage, rêvant de planter ses crocs dans la chair de l’intrus.

Sa montre ne bipait toujours pas pourtant, elle ne pouvait pas se permettre d’attaquer à nouveau sans avoir une preuve tangible des bassesses que projetait très certainement le cachexophobe. Elle l’avait à l’œil. Et d’ailleurs, elle s’avança d’un pas pour se rapprocher de la bonne jumelle, sans quitter Peter de ses yeux inexpressifs. Avec un calme étonnement plat, tellement que la lourdeur de la folie qui l’animait était palpable, Eve répondit :

- Si tu continues à nous dévisager Jade et moi comme si on était des morceaux de viande, tu n’auras pas longtemps le temps de voir Dreamland de toute façon, j’te crèverai les yeux vite fait.

« Il va essayer de vous violer ! » « C’est obligé ! » « Putain, mais t’attends quoi pour le tuer ?! ». Les pensées paranoïaques fusaient, véritables coups de griffes qui déchiraient la toile de sa raison. Impossible de s’empêcher d’approcher ; la détenue réduisit à néant la distance qui la séparait de Peter pour se planter juste devant lui, bras croisés. Il était peut-être trop serein, c’était ça le plus dérangeant. Même assis, il était largement plus grand que la brunette, mais elle le fixait de ses yeux marron glacés, ses pupilles de monstre dément impassibles et impénétrables.

- On matte, on tripote, et un jour on peut pas s’empêcher de vouloir posséder par la force, hein ?! Les types comme toi, j’en ais connu plusieurs, ajouta-t-elle presque sur le ton de la confession, sans même se dire que sa réaction puisse être exagérée, tu veux savoir ce que j’en ai fais ?

Elle les avait massacrés, écrasés, frappés jusqu’à ce qu’on ne puisse plus ramasser les morceaux de leur crâne autrement qu’à la petite cuillère, jusqu’à les membres disloqués fassent plus penser à une poupée de chiffon qu’à un être humain. Durant son silence, les images de ses victimes défilèrent devant ses yeux ; morts dans une ruelle des quartiers peu fréquentables, trop méconnaissables pour une identification rapide, trop sauvagement pour qu’on pense à une simple jeune femme, trop peu nombreux et disparate dans les États-Unis pour qu’une enquête à échelle nationale ne soit ouverte. Tant d’éléments qui lui avaient permis de rendre sa justice, la seule valable à ses yeux, sans finir en cage à vie ou sur la chaise.

La russo-américaine secoua légèrement la tête de gauche à droite, signifiant qu’il valait mieux que Peter ne sache pas, puis elle s’éloigna à reculons pour ne pas perdre sa cible de vue, et ne se détourna qu’après y être forcée pour contourner aisément le grand lit au matelas dur.

- Si quelqu’un doit faire un séminaire de rattrapage sur Dreamland, ce sera pas moi, informa Eve en empoignant sa hotte, et on va devoir reprendre la route, non ? J’attends vos instructions d’ailleurs… Georges. Vous aviez des tuyaux à nous donner il me semble ?

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 9 Fév - 16:04

Eve avait maîtrisé l'inconnu à coup de batte de baseball. Voilà qui était rassurant sur plusieurs point. Au moins une des deux femelles savait se défendre seul, ce qui à DreamLand était de bon augure. De l'autre, l'inconnu n'était pas là pour le remplacer. Il avait donc pour le moment toujours deux alliés. Mais le nouveau venu alors pouvait constitué une menace. C'était un voleur, un tueur de voyageurs, destructeur de l'univers, mais cependant face contre terre !

« A mort ! » Cria-t-il de façon très maniéré tandis qu'il pensait en rime.

Son cri de guerre fut accueillit avec la mine sévère de Jade, qui expliqua que Peter ne lui avait rien fait. « Il n'a rien fait parce qu'il n'a peut-être pas eu le temps. » Georges aimait instiller le doute dans les esprits. Mais il ne fit pas mouche. Il fut contraint, mais plutôt amusé par la jumelle, d'installer l'intrus confortablement sur une chaise. Il avait une sale gueule. Une gueule de vicieux à reluquer aussi peu discrètement mais aussi goulûment les demoiselles.

Ainsi le pervers était arrivé par magie, pouf, le nuage de fumée en moins.

« C'est un voyageur certes, mais il n'est pas pour autant blanc comme un agneau. La belle aurait-elle oublié la leçon ? »

Il eut à peine le sentiment d'avoir dépassé les bornes, ni eu du remord à rappeler ce terrible événement à Jade. Et voilà qu'Eve mettait aussi du sien, traitant l'inconnu de violeur potentiel. Décidément, cette femme rustre plaisait de plus en plus au capitaine, bien qu'elle eut l'air d'avoir un terrible passé. A côté d'elle, certains de ses galériens passaient pour des lapins de six semaines.

« Mais j'imagine qu'on a pas le choix que de lui laisser le bénéfice du doute. »

Fit Georges en relâchant sa tension. Il avait beau zyeuter maladivement et se baver littéralement dessus, le gaillard n'en avait pour le moins rien fait, et c'était ça le problème. Très bien, il le garderait à l... Il perdit le fil de ses pensées au profit de l'oeil de verre de Williamson, un pirate dans les normes en vigueur sévissant dans les océans du sud.

Eve le rappela à la réalité en lui disant qu'il avait des tuyaux à donner.

« A bon ? On pourrait aller chez moi, hasarda-t-il. A Sextus, je vous promet fortune et confort, amour gloire et beauté. J'ai un domaine au bord de la plage et un bon coffre-fort, un Lefortin voyez vous, de manufacture Techyoïte, du solide. »

Elle ne croyait pas qu'il allait donner des infos précieuses sans en payer le prix. Et chez lui on payait rubis sur l'ongle, d'avance.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 9 Fév - 18:14

Il ne savait pas ce qu’était Dreamland… l’air terriblement fière, Jade jeta un coup d’œil entendu à Eve pour lui signifier qu’elle avait eu raison de ne pas se montrer méfiante face à la méthode peu commune de Peter pour entrer dans les chambres d’hôtel. Ce devait être un nouveau voyageur tout simplement qui était tombé dans l’un de ces drôles de vortex qui pullulaient dans les terres gelées, et ailleurs sûrement. Ce mec était juste perdu dans un monde étrange, réceptionné à la batte de base ball et donc plus à plaindre qu’à craindre, non ?

Malgré tout la psychotique ne pouvait qu’admettre que les regards dévorants qu’il lui lançait la mettaient profondément mal à l’aise. C’était ce genre de regards qu’adressait Liam, celui qui signifiait que s’il en avait l’occasion il l’effeuillerait comme une marguerite. L’adolescente déglutit bruyamment mais les yeux de Peter se firent aussitôt plus doux, moins menaçants. Peut-être avait-elle rêvé tout simplement ?

Peut-être pas en fait, vu la pluie de menaces qu’Eve fit tomber sur le cachexophobe. Devant tant d’agressivité et de paranoïa Jay ne pouvait qu’avoir l’impression de retrouver Elie ce qui la plongeait dans un état légèrement nostalgique. Néanmoins ce n’était pas le moment d’avoir des remords, ou de regretter la présence de son double. Il fallait calmer le jeu avant que la taularde ne s’emporte définitivement ou que Georges ne tente une fois encore de les trainer jusqu’à sa maison au si merveilleux coffre dans lequel il tenterait probablement de les enfermer. Avec lui, on ne savait jamais.

- Ou esclavage, railla Jade en levant les yeux au ciel, Donnez-moi une seule preuve que ce que vous nous servez ne sont pas des salades, une seule.

La seule chose qu’il trouva à répondre à ça fut qu’il n’avait pas de bateau. On avait trouvé mieux comme argument, mais il faudrait faire avec. Et puis à bien y réfléchir il n’était plus que l’ombre de lui-même et avait perdu ses pouvoirs, si bien que dans la pratique il ne pouvait pas représenter de danger, même minime. Dans le pire des cas elle n’aurait qu’à s’éclipser aussi inconsistante qu’un fantôme non ? Ce petit fil de penser suffit à rassurer la psychotique qui s’assit sur le lit laissé libre.

Aucun de ses deux compagnons ne semblaient enclins à briefer Peter sur l’endroit où il se trouvait, et pour sa part elle l’avait répété si souvent ces derniers jours que rien qu’y penser lui filait mal au crâne. Et pourtant… trop bonne trop conne, elle s’y colla une fois encore.

Jade s’approcha de Peter toujours assit sur le bord de la fenêtre qui, comme celle de la salle de bain, était creusée à même le tronc. Malgré l’heure matinale il faisait sombre dehors, si bien que le faible contre-jour ne l’empêchait aucunement de remarquer que le jeune homme qui lui faisait face avait des yeux magnifiques. Machinalement la bonne jumelle rougit, ses doigts s’entortillant pour évacuer le stress qu’elle ressentait à chaque fois qu’il s’agissait de prendre les devants pour expliquer ce chaos ambiant qu’était Dreamland à des voyageurs fraichement débarqués – et souvent franchement sceptiques-.

- Bon, par où commencer… alors Dreamland, c’est l’endroit où nous nous trouvons. Le monde des rêves comme son nom l’indique. C’est une sorte de monde parallèle. Je sais que c’est totalement délirant et pourtant… c’est vrai ! elle écarta les bras pour souligner l’évidence de ses paroles avant de reprendre, Et on peut arriver là de plusieurs manières. Le capitaine est dans le coma par exemple, et moi je me suis juste endormie. Mais la dernière fois que je suis venue ici c’était sous hypnose.

Oui, il ne risquait pas de croire un mot de son discours jusqu’au moment où il n’aurait plus d’autre choix que de le faire. Lorsqu’il croiserait une licorne, un poulpe géant ou une armée de Rome antique. L’adolescente mal à l’aise jouait avec l’une de ses mèches, s’évertuant à l’entortiller autour de son index. Ce qui lui restait à dire était encore moi crédible, de quoi lui donner envie de faire demi-tour avec ses bonnes intentions sous le bras mais elle persista malgré tout.

- Les gens qui comme toi et moi viennent du monde réel sont appelés « voyageurs ». On a tous des pouvoirs qui se développent au fil du temps en fonction de nos… de nos problèmes psychologiques. Des phobies ou d’autres trucs encore moins glorieux. Et on ne sait pas comment se réveiller…voilà voilà.

Dansant d’un pied sur l’autre, Jay avait désormais atteint le stade du cramoisi tant le rouge enflammait son visage. Expliquer toutes ces conneries dans l’obscurité des égouts ou dans celle de la nuit s’était révélé bien plus facile. Si seulement Eve ou Georges avaient bien voulu l’aider un peu !

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 9 Fév - 19:59

Soit Eve était vraiment une folle, soit elle m’en voulait sacrément. Mais je ne la connaissais pas, donc elle était folle. Ses menaces de morts me passaient largement au-dessus de la tête. Ce qui m’intéressait, c’était Jade. Après que l’autre folle soit partit de mon champ de vision, je lançais un léger sourire à Jade. Je ne voulais pas lui faire peur, mais Eve et Georges voulaient sûrement qu’elle ait peur, vu la façon dont ils lui parlaient.

Jade parlait d’esclavage, je me sentais totalement largué … Peu importe, la jolie Jade s’approchait de moi quelques temps après. Elle rougissait et se tripotait les doigts, trop mignon. Stressait-elle ? Je lui souriais, histoire de lui faire prendre confiance. Elle m’expliquait ce qu’était Dreamland tout en jouant avec une de ses mèches. Ce qu’elle me racontait me paraissait dément, cependant, je la croyais. J’étais quand même tombé dans un ravin, et je n’allais pas si mal que ça en fin de compte. J’étais donc un voyageur … Voyageur, j’aimais bien ce titre, c’était assez jolie.

Quand elle eut fini de m’expliquer, avec comme conclusion « voilà, voilà », je la fixais dans les yeux en dessinant un léger sourire sur mon visage. Elle était devenue aussi rouge qu’une tomate, se balançant d’un pied sur l’autre. Elle était si mignonne.

-Merci de m’avoir expliqué ma jolie, lui dis-je.

Je lui remplaçais la mèche avec laquelle elle jouait derrière l’oreille. J’aurais cru qu’elle n’allait pas apprécier et me gifler, comme toutes les filles le font communément en temps normal. Mais, elle se contentait de rougir encore plus. Je me levais pour me pencher au niveau de son visage.

-Tu sais, je te dois un service, lui chuchotais-je à l’oreille, si tu n’avais pas été là, Eve m’aurait sûrement tué …

Je me redressais et prenais le temps de la regarder dans les yeux. Elle avait de beaux yeux … Hm … Je ne devais pas la toucher, pourtant j’en avais sacrément envie. Mais je savais me contenir, et je devais la protéger jusqu’à avoir épongé la dette que j’avais envers elle : une vie. Je devais lui sauver la vie, au moins une fois, et j’y mettrais le temps qu’il faut. Je tenais mes engagements, tous, même les plus difficiles à tenir.


Dernière édition par Peter Smith le Sam 11 Fév - 18:49, édité 1 fois
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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Jeu 9 Fév - 21:21

Aller chez Georges ? Pour y trouver amour, gloire et beauté ? C’était tellement ridiculement dis que même si elle ne l’avait pas rencontré dans un pyjama d’hôpital souillé par les égouts, elle ne l’aurait pas cru. Ce mec devait vraiment la prendre pour une demeurée à espérer l’appâter avec de telles promesses. Alors qu’elle jaugeait le cinquantenaire de ses yeux glacés, Jade annota une information intéressante : l’esclavage ? Alors il faisait dans la traite des êtres humains autrefois ? Tiens, tiens… pourquoi elle ne lui en collait pas une déjà ? Ah oui, parce qu’il était censé être utile. Entier.

Tandis que la bonne jumelle s’approchait de Peter pour lui expliquer brièvement où elle se trouvait, Eve préféra rejoindre l’ancien capitaine pour attirer son attention en lui enfonçant un index pâle dans le sternum. Du coin de l’œil, elle surveillait que sa protégée ne soit pas en danger immédiat, mais rétorqua à Georges de sa voix inexpressive :

- Il en faudra plus pour me convaincre que d’avancer que vous n’avez pas de bateau. Si vous avez une preuve que vos… conseils peuvent m’aider, et qu’ils s’avèrent vraiment utile, je payerai s’il faut.

Eve laissa planer un silence, sous-entendant que si les rubz étaient un problème, selon l’importance de l’information, elle pouvait aussi se moyenner elle-même. Son corps n’était qu’une carcasse après tout, une enveloppe, une prison, une arme, mais il y avait bien longtemps qu’il n’avait plus rien de sacré. Bien sûr, le fait qu’il soit un esclavagiste rendait la perspective d’un paiement en nature beaucoup plus difficile à entrevoir, parce que sa démence lui refusait de se vendre à un criminel mais… une fois l’échange de bon procédé fait, rien ne l’empêchait de le tuer, n’est-ce pas ? Un petit troc ne rachète pas les crimes, jamais.

- Par contre, reprit la russo-américaine avec un calme glacial, si vous n’avez plus rien qui puisse m’être utile, je vous conseille de me l’avouer maintenant. Parce que si vous essayer de me rouler, je vais m’en rendre compte… et à ce moment, je risque d’être moins… coopérative.

La jeune femme fit un pas de recul en passa une main dans ses cheveux noirs. Ça lui donnait mal au crâne de devoir faire comprendre à tout le monde qu’ils avaient intérêt à rester réglo s’ils ne voulaient pas qu’elle abrège méchamment leurs espérance de vie. Au moins, en taule, sa réputation l’avait précédée et la plupart des codétenues lui avaient immédiatement foutu la paix. Les autres, elle avait dût leur enseigner la leçon à coup de latte. Ça n’était pas toujours rose les représailles, mais le message entrait bien au fur et à mesure. Maintenant qu’elle était « libre » dans un monde inconnu, elle se sentait comme un fauve lâcher dans une savane inconnue : tous les autres pouvaient être des prédateurs ou des alliés ; incarner ce qu’elle abhorrait ou avoir compris le sens de la justice.

De son coté, Peter remerciait Jade avec un air de dragueur du dimanche. Et après on viendrait lui dire qu’il ne la reluquait pas ? Suffisait de le regarder pour se rendre compte qu’il était plus vieux qu’elle en plus ; trop pour que ce soit parfaitement clean. Consciente que ses interventions ne servaient à rien puisque la petite naïve se plaisait à recevoir des avances, Eve observa la scène, impassible, profondément affligée. Quoiqu’il en soit, elle garderait ce nouveau venu à l’œil ; il ne pourra plus se curer le pif sans qu’elle soit au courant, et s’il tente un geste déplacé, n’importe quoi, il n’en aura plus besoin, de pif.

L’air de la chambre devenant irrespirable, la russo-américaine reprit sa hotte sur son dos et amorça un geste vers l’échelle. Ils n’avaient plus rien à faire ici de toute façon et Peter n’apprendrait pas mieux qu’en découvrant Dreamland par lui-même, tant qu’il avait encore ses deux yeux.

- Vous ne voulez pas qu’on reprenne la route ? sa voix sans émotion s’adressait surtout à Jade. On ne sait pas encore où aller, alors autant ne pas perdre de temps. J’étouffe dans cette piaule.

En effet, l’étroitesse des lieux lui rappelait un peu sa cage habituelle, les barreaux et les surveillantes en moins. Eve était tiraillée entre le fait que l’ancien capitaine puisse lui apporter des réponses, mais que paradoxalement, il pouvait aussi tout aussi bien l’entrainer dans un piège. De son coté, la bonne jumelle était plus digne de confiance, mais n’avait aucune idée de la manière de procéder pour se réveiller. Une vraie plaie ce doute. Elle ne savait même plus vraiment pourquoi elle tenait à quitter ce monde parallèle qui, bien qu’étant dangereux, était toujours beaucoup plus vaste que sa « demeure » à San Francisco ; mais c’était devenu un leitmotiv pour lui donner une ligne de conduite. Que faire sinon ?

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Georges Mikles

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 11 Fév - 9:28

Georges était dépité, consterné, affreusement gêné, et si sa concentration et son vocabulaire n'étaient pas limités, il aurait trouvé d'autres mots. Et ce par plusieurs choses.

Déjà les explications sempiternelles sur DreamLand de Jade. Bien que correctes, elle les prononçaient avec tellement de timidité que c'en était affligeant. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle n'avait pas une once de jugeote, elle n'avait pas dit ce qu'il fallait. Il fallait lui faire peur, lui dire qu'on était dans un monde hostile, plein de danger de mort, et lui faire payer pour chaque information. Mais elle avait au moins eu à sa charge l'initiative des les énoncer, ces explications, ce que Georges n'avait vraiment pas envie de faire.
Elle aurait pu cependant éviter le passage de l'esclavagisme, ça n'arrangeait pas l'ambiance du groupe. Et puis combien de fois on allait encore le lui ressortir !

Ensuite c'était de voir Peter aussi à l'aise dans un milieu aussi hostile. C'était pas bon ça. Le pire était de le voir faire la parade du paon, et nul doute qu'il voulait déployer sa queue. Des "ma jolie" par ci, des œillades et des petits sourires par là. C'était tellement gros que c'en était gênant. Ils venaient à peine de se rencontrer,et miss candeur était déjà rouge pivoine et l'autre tout bosselé du pantalon. Son numéro de noceur était réellement consternant. Georges ressentait presque de la honte pour ce type et avait envie de se cacher le visage pour ne pas voir ça. Surtout le passage où il lui susurre à l'oreille.

Et finalement il y avait Eve, grande-gueule-Eve, à vouloir toujours tabasser tout le monde. Georges ne mentait pas quand il promettait qu'il partagerait sa richesse une fois à bon port, mais quelle preuve pouvait-il fournir ?

"Esclavage ? Mais c'est finit depuis longtemps ça." Il n'avait pas l'intention de se justifier plus avant. Pour progresser dans DreamLand, on faisait automatiquement du mal à autrui. Georges s'était débrouiller pour en faire le moins possible, et il avait réussit. "Des preuves des preuves, j'ai plus de bateau, j'ai plus d'équipage, je suis seul. Si j'avais voulu faire quelque chose, je l'aurais déjà fait, j'en ai eu l'occasion." Sa voix brillait d'une colère qu'il avait du mal à contenir. De quel droit lui brisait-on sa bonne humeur.

Puis Eve en vint à sa proposition qui le bouleversa. Elle payerait s'il le fallait. Le sous entendu planant lui laissa un drôle de goût dans la bouche, comme une envie soudaine de chasser. Voilà, Georges était un chasseur, et lui seul savait ce qu'il ferait une fois le canon à bout portant sur sa proie. La suite était moins drôle, quoique ce fut une sempiternelle menace.

"J'en tremble de tous mes membres. Ce serait plus efficace ci ce n'était pas à tout bout de champ. Des infos j'en ai oui. Mais on verra le moment venu."

Georges suivit la taularde à l'échelle.

"Si vous ne savez pas où aller, alors ma direction vaut mieux que rien non ?"

En effet il était temps de partir.
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Jade Martins

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Sam 11 Fév - 20:20

Ma jolie ? Le sourire de Jade tremblota jusqu’à disparaitre l’espace de quelques secondes, renaissant de plus belle. Ces mots lui avait rappelé ceux de Liam, mais la situation était différente n’est-ce pas ? Déjà Peter ne lui collait pas un couteau papillon sous la gorge ce qui faisait une sacrée différence et… il aurait pu l’agresser plus tôt non ? S’il ne l’avait pas fait à ce moment-là il ne le ferait probablement jamais, la bonne jumelle en était persuadée.

Lorsque le jeune homme se pencha pour lui susurrer quelques mots à l’oreille, l’adolescente frissonna et recula d’un pas rouge comme une pivoine. La proximité avec les hommes la rendait décidemment mal à l’aise depuis cette nuit qu’elle aurait préféré oublier. Elle se contenta de hocher frénétiquement la tête en guise de réponse, bredouillant maladroitement :

- Oh non ce n’est rien ! C’est… c’est normal ! J’a… j’allais pas la laisser te tuer.

Le bad boy plongeait son regard dans le sien et le seul réflexe qu’elle eut fut de baisser les yeux vers ses chaussures. La voix tonnante d’Eve la fit alors sursauter et Jay mit un certain temps à comprendre qu’on les invitait à quitter la chambre dans laquelle ils se trouvaient serrés comme des sardines. Voyant là une occasion d’échapper à sa gêne, la psychotique fila vers l’échelle après avoir récupéré son sac et descendit sans se faire prier, les joues toujours en feu.

Une fois en bas ils quittèrent l’auberge sous le regard suspicieux du gérant qui devait probablement se demander pourquoi il n’avait pas vu arriver ce grand dadais aux airs de dur. Dehors le vent soufflait dans les branches et faisait voleter la longue chevelure ébène de l’adolescente comme un étendard. Georges avait l’air de savoir où aller, elle le suivit donc sagement mais non sans appréhension. Il avait beau dire que l’esclavage était du passé, c’était encore bien trop récent pour qu’elle lui fasse confiance. Les trois semaines passées à bord du Slavedog Millionnaire avaient été un enfer qu’elle avait traversé sur un nuage de narcotiques. Et d’ailleurs en parlant de ça…

Jade pressa le pas pour arriver à hauteur du capitaine et baissa assez le ton pour que personne d’autre ne puisse capter ses paroles. Quelle honte ce serait s’ils venaient à apprendre sa requête… elle se sentait comme une junkie devant son dealer. Peut-être tout simplement parce que c’était le cas.

- Dites-moi capitaine, à tout hasard vous n’auriez pas de ces pilules que vous m’aviez donné ? Non pas que j’en ai à tout prix besoin mais… je suis très angoissée, et quand je repense à certains évènement je… j’aurais bien besoin de calmants.

A peine eut-elle formulé sa demande qu’elle le regrettait déjà. Georges appréciait tellement de se moquer d’elle qu’il allait sûrement la railler comme la fois où il l’avait traité de pigeon à cause de ses ailes d’ange. Pire encore, il allait raconter aux autres son court passé de droguée suite à « l’incident » de la nuit sanglante. L’adolescente déglutit bruyamment en se maudissant intérieurement. Sans même s’en rendre compte elle ralentit le pas pour mettre un maximum de distance entre le responsable de sa future déchéance et elle, jusqu’à se trouver aux côtés de Peter.

Il n’avait pas l’air dans son élément au milieu de ce bosquet obscur, et Jay aurait voulu lui dire quelque chose pour le mettre en confiance. Débarquer dans un monde était déboussolant, il devait être troublé non ? Elle l’avait été à son arrivée en tout cas.

- Ça va ? Pas trop perdu ? Tu ne sais même pas où on t’entraine alors si tu as besoin de poser des questions n’hésite pas hein ! A mon arrivée j’ai eu du mal aussi, surtout que pleins d’ennui nous tombaient dessus en cascade… au moins là, tu es bien entouré. Georges a l’expérience, Eve… je la connais pas très bien mais elle a du cran et moi j’ai l’air de rien mais j’ai pas mal de pouvoirs tu sais ?

Un sourire avait éclos sur ses jolies lèvres alors qu’elle mimait un oiseau à l’aide de ses deux mains.

- Je peux même avoir des ailes, même si je ne comprends pas encore très bien comment ça se déclenche.

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Eve M. Todrovitch

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 12 Fév - 0:45

Il fallait admettre que malgré toutes ses réticences, l’ancien pirate marquait un point en avançant qu’en absence de direction, la sienne restait la plus valable. En effet et de toute manière, le mode d’opération « par défaut » était celui qu’avait adopté la taularde depuis son arrivée à Dreamland. Une fois dans la rue principale du village, les bourrasques de vent qui traversaient Blackwood city de part en part soufflaient sa chevelure noire qui tournoyait chaotiquement autour de son visage blême. Il faisait désormais « un peu » plus jour, mais le soleil peinait toujours tellement à se frayer un chemin au travers le feuillage qu’il régnait malgré tout une semi-obscurité assez atypique.

Eve écouta d’une oreille distraite la bonne jumelle venter son « cran » auprès de Peter, mais s’abstint de faire tout autre commentaire. Si sa protégée se complaisait dans le rôle de guide touristique ou de formatrice de nouveaux voyageurs louches, c’était son affaire. La détenue, elle, n’interviendrait que s’il se permettait un geste trop déplacé, c’était tout. Apprendre que sa comparse pouvait avoir des ailes la surprit néanmoins, mais elle était dans ce monde depuis suffisamment longtemps pour l'intégrer rapidement comme quelque chose de normal.

En fait, la seule chose anormale pour l’instant, c’était sa désagréable impression d’être surveillée. Ses yeux glacés balayèrent les environs et outre de – très – rares habitants locaux qui se déplaçaient d’une cabane à l’autre, observant les inconnus avec étonnement, elle s’aperçut qu’une silhouette un peu en aval semblait avoir calé son rythme sur le leur, retournant parfois la tête d’un air qui se voulait nonchalant. La russo-américaine s’apprêtait à l’approcher pour tirer cette histoire au clair, mais il se retournait déjà en pointant une arme à feu tout particulièrement vers la psychotique.

Immédiatement, la montre de Eve se mit à sonner, très fort, et selon une fréquence très grande également. Sur son gadget était affiché très distinctement deux noms : Gary Vilmer – Jade Martins. La cible et très certainement le coupable, comme lorsqu’elle avait repéré le pic poquet. La démence s’injectant immédiatement dans ses veines, elle prit les devant pour pouvoir faire comprendre à l’inconnu que son espérance de vie venait de chuter de façon critique, mais il éleva la voix, tremblant mais déterminé :

- On ne bouge pas, aucun de vous, mais surtout pas elle !

Il était évident qu’il n’avait pas l’habitude de manipuler d’arme de ce genre. C’était un jeune au regard fou, mal rasé et habillé avec des breloques d’un goût étrange qui devait être la mode dans ce patelin. La russo-américaine s’immobilisa, fulminant intérieurement d’une colère glacée, mais se refusant à lever les mains. Elle aperçut que dans l’une des mains de celui qui menaçait la bonne jumelle se tenait un vieil avis de recherche à moitié froissé où apparaissait le visage de Jade.

- C’est vous hein ?! reprit le dreamlandien. C’est vous qui avez tué ma petite amie à Elipse… pendant la nuit sanglante… j’y croyais presque pas en vous voyant là, mais... mais je vous reconnais ! ça fait déjà longtemps… mais elle mérite une vengeance !

Ce dernier mot résonna dans l’enceinte du crâne d’Eve, jusque là envahi par la folie. C’était comme s’il n’y avait que lui qui comptait désormais. Le bruit de sa montre s’évanouit, le discours du jeune homme aussi, tout disparut en faveur d’une incroyable sérénité intérieure, comme si le vide avait été fait dans ses neurones emberlificotés depuis des années. Ses vêtements s’étaient brusquement teint de blanc immaculé alors que, aussi inexplicablement que cela puisse paraitre, la solution à ce conflit lui paraissait si évidente…

- Doucement, je crois que vous devez vraiment… vous tromper. Mon amie là, elle ne serait pas capable de tuer quelqu’un.

Tous les protagonistes étaient pris dans le rayon du nouveau pouvoir de la taularde, y compris l’habitant local qui se sentit soudainement incroyablement stupide de pointer une arme à feu vers une adolescente. Tout penaud, il l’abaissa et expliqua en brandissant l’avis de rechercher.

- Mais là… c’est elle non ?
- Et les « erreurs » judiciaires, vous connaissez pas ? Les voyageurs sont tous traqués à Elipse, qu’ils soient coupables ou pas… alors une tête sur un bout de papier là, ça ne veut rien dire du tout. Je suis persuadée qu’elle est innocente.

Soeur Eve se tourna vers la concernée, attendant qu'elle l'appuie de manière appropriée pour convaincre le vengeur du dimanche.

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Peter Smith

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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   Dim 12 Fév - 12:58

Eve proposait de s’en aller, pourquoi pas. Un nouveau monde attendait dehors, et j’avais des choses à découvrir. Je descendais l’échelle en fermant la marche après Jade. Le gars au comptoir me lançait un regard suspicieux, je le lui retournais. On ne me regardait pas ainsi, à moins de vouloir se faire casser la gueule. Bref, je suivais le trio, restant un peu en retrait pour pouvoir explorer le village des yeux.

Je voyais Jade se rapprocher du capitaine, lui parler puis ralentir le pas jusqu’à se retrouver à mes côtés. Je regardais devant moi, un homme se retournait un peu trop souvent à mon goût … Jade voulait parler apparemment, si je voulais poser des questions, je pouvais les lui poser, c’était bon à savoir … Elle souriait, ayant perdu sa couleur rouge, me disant qu’elle pouvait avoir des ailes.

- Des ailes ? Si c’est des ailes d’ange, ça ne m’étonnerais pas, car je crois que t’en es un, lui répondis-je en souriant.

Malgré la drague, je portais la plupart de mon attention sur le mec qui ne cessait de se retourner. Eve accélérait l’allure pour arriver au niveau de l’homme, mais elle n’en eu pas le temps, ce dernier c’était retourné, pointant un flingue vers Jade. Instinctivement, je me plaçais devant elle pour lui servir de bouclier. S’il voulait sa peau, il devrait avoir la mienne. Et s’il bougeait son doigt sur la crosse, rien que d’un cheveu, je lui cassais la gueule. J’avais une dette envers Jade, et je l’épongerais coute que coute.

L’inconnu avait donc une envie de vengeance, mais ce n’était pas une raison pour butter une fille qui, à priori, ne ferait pas de mal à une mouche. Une chose attirait mon regard : Eve, ou plutôt ses vêtements. Ils changeaient de couleurs, non, devenaient incolores. Et la voilà de blanc vêtue … Dans quel délire étais-je tombé ?

L’homme au fusil baissa immédiatement son arme avec un air idiot. Mais que ce passait-il bon sang ? L’idiot montrait un papier, avec la tête de Jade dessus. La jolie Jade était-elle une bad girl ? Ça aurait été intéressant si Eve n’avait pas contredit cet homme.
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MessageSujet: Re: Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.   

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Blackwood City, pour le meilleur et pour le pire.
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