AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerboutiqueConnexion

Partagez | 
 

 Home sweet home

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Home sweet home   Dim 5 Juin - 14:21

Provenance >> Union square

- Dégage ! Bon débarras !

On l'avait abandonné. Encore. On lui avait tourné le dos. Encore. De rage l'adolescente envoya voler sa lampe de chevet qui alla se fracasser contre le mur, répandant sur le sol des débris de céramique. Le bruit avait rameuté sa mère qui passa la tête par l'embrasure de la porte que Melena n'avait pas prit la peine de fermer. Devant l'ampleur des dégâts ses lèvres se pincèrent jusqu'à n'être plus qu'une fente et après un long silence elle lâcha sèchement :

- Jade Martins, je te donne 10 secondes pour m'expliquer ce qui se passe.

- Je ne suis pas Jade ! S'égosilla Elie, rouge comme une tomate.

Sa mère resta un moment interdite puis finit par porter sa main à son front, exaspérée. Ce devait encore être une crise... combien faudrait-il de séance avant que tout cela ne finisse ? Elle s'approcha en douceur de sa fille et l'attira dans ses bras, et si Elie fut d'abord raide comme un bâton elle finit par se détendre. Enfin. Mme Martins caressa un long moment la chevelure d'ébène de l'adolescente jusqu'à ce que les derniers frémissements de colère se soient résorbés, après quoi elle recula légèrement pour plonger ses yeux noirs dans ceux azurs de sa progéniture dérangée.

- Tu sais bien que tu es Jade mon bébé... Le docteur Parkinson va arranger ça, tout ira bien ensuite. Tout ira bien...

Sauf que c'était faux et la mauvaise jumelle aurait voulu le lui hurler, lui dire que disparaître ne guérirait jamais Jade, que ça la tuerait juste elle. Elle brûlait du désir d'être appelée par son nom, d'être appréciée pour ce qu'elle était et pas pour ce que représentait le corps dissimulé dans un recoin de sa chambre. Que sa maman l'aime.

Les dernières paroles de sa mère s'étaient révélées une vrai douche froide, et elle finit par se séparer totalement des bras de celle-ci pour se rapprocher des dégâts causés par sa rage aveugle. Elle rangerait, elle serait une fille sage. Tout pour qu'on lui fiche la paix et qu'on ne l'écrase plus de cet amour blessant qui ne lui était pas réellement destiné. Elle voulait juste être un peu seule, pour penser.

- C'est bon, je vais nettoyer. J'en paierais une nouvelle avec mes économies ça va ? Ça vous coûtera rien, grommela-t-elle entre ses dents.

Sa mère poussa un nouveau soupir avant de quitter la pièce pour rejoindre la cuisine. C'était toujours éprouvant pour elle d'être témoin des régulières « sautes d'humeur » de sa fille comme elle les appelaient avant de découvrir qu'il s'agissait en réalité de dédoublement de personnalité. La mort d'Ambre avait été si atroce, et elle continuait à les poursuivre jusqu'à aujourd'hui à travers ses autres enfants.

Pendant ce temps Elie était allé cherche pelle et balai et s'attelait à réparer le désastre qu'elle avait causé. Mais plus que la lampe c'était son cœur qui partait en morceaux et qu'on jetait à la poubelle sans la moindre once de remord. Elle resta ensuite un moment assise par terre la tête contre ses genoux à ruminer ses pensées noires et ce fut un flash info spécial qui la tira de son inactivité. Ça parlait d'un fait divers inquiétant en Allemagne, soit disant une femme qui aurait gelé un immeuble entier. Les images montraient la silhouette d'Hildegarde que la mauvaise jumelle ne put reconnaître faute de l'avoir rencontré mais les choses avaient au moins le mérite d'être claires.

Les ennuis commençaient.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Dim 5 Juin - 15:35

Le bus finit par arriver et Melena grimpa à l’intérieur sans regarder personne. Elle évitait de toucher les gens en se déplaçant dans l’allée centrale, plissant légèrement le nez à cause de l’odeur de fauve qui régnait, et se trouva une place isolée dans le fond. Là, elle passa une main dans ses cheveux et se perdit dans le ciel bleu qui surplombait la ville. Dire qu’il faisait beau, que c’était une journée à s’amuser et à se promener, et qu’elle se trouvait embourbée jusqu’au cou dans une histoire parfaitement invraisemblable. Elle se souvint brusquement du reportage sur Georges Mikles et se détourna de l’extérieur pour détailler chacun des autres usagers qu’elle voyait dans le bus. Et si parmi eux, il y avait des voyageurs ? Peut-être même la personne la plus proche, la pin-up qui triturait nerveusement ses mèches blondes, le vieil homme assis les yeux fermés, voire même le chauffeur. Quoiqu’il ait bien pu se passer à Dreamland, le monde réel serait lui aussi affecté. Et si… et si le gouvernement des Etats-Unis proclamait une sorte de chasse aux voyageurs ? Et si ces derniers devenaient une sorte d’ennemis de la nation, comme les mutants de X-men ?

L’irlandaise secoua la tête, chassant ces inepties de sa tête encore douloureuse. Du moins, elle ne voulait pas encore y penser, car elle se doutait qu’avec le pragmatisme habituel des pays à la tête du monde, les gens comme elle seraient perçus au mieux comme des rats de laboratoire, au pire comme des ignominies à éliminer. Elle en avait eu assez de la course poursuite à Sextus et espérait bien ne pas avoir à fuir de la même façon ici. A San Francisco, elle n’était plus dans un rêve.

A mi-parcours, Melena voulut consulter son portable, mais elle se rendit compte qu’il s’était éteint, sans doute parce que la batterie s’était déchargée. Elle poussa un soupir et rangea son appareil ; le voyage lui parut subitement atrocement plus long. Épuisée, elle avait tendance à s’assoupir quelques secondes, sa tête tombant alors dodeliner le menton contre sa poitrine, et faillit manquer son arrêt à Hayes street. C’était une avenue réputée pour ses magasins et ses restaurants. Le quartier en lui-même semblait être une incursion du passé anglais dans l’architecture moderne, rappelant les maisons de l’époque de la Reine Anne ou de style victorien.

Le pavillon de Gwen Halleberry n’échappait pas à la règle et sur les marches blanches de son perron, Cécilia et Jackson Clothild attendaient, visiblement inquiets. Lorsqu’ils aperçurent leur fille adoptive, la tutrice accourut vers elle, pâle comme un linge, ses rides de femme mûre accentuées par son angoisse :

- Oh ! Tu es là, tu vas bien ?! Tu n’as rien ? On n’a pas arrêté de t’appeler, mais on tombait sur ta messagerie tout le temps. On s’est fait un sang d’encre.
- J’ai juste plus de batterie, expliqua platement la nécrophobe, intriguée par cette démonstration, quelque chose ne va pas ?

Cécilia se tourna vers son mari qui fit mine de ne pas être aussi stressé que sa femme. Il remit en place ses lunettes, se racla la gorge et prit la parole de la façon la plus détachée possible :

- Depuis cette nuit, il y a eu plusieurs petits problèmes étranges en ville. Des trucs sans importances qui inquiètent quand même les autorités. Mais tu connais Cécilia hein ? Elle s’est tout de suite demandée si tu n’avais pas eu un problème.

Une esquisse de sourire étira les lèvres de Melena. Dire qu’elle, elle savait ce qu’il se passait. Elle reconnaissait bien à son ton le caractère de son tuteur. Le connaissant, elle supposait très bien qu’il devait avoir été aussi inquiet que son épouse intérieurement, mais il n’aurait jamais accepté de le montrer.

- Ça va, rassura l’adolescente en s’efforçant de paraitre la plus innocente possible, je me baladais et je n’ai pas vraiment vu l’heure passer.
- Bien, bien, dit sa tutrice en hochant la tête. Et ta séance ?
- Plus tard… là, j’ai surtout envie de prendre une douche et de me changer. Mais, ne vous attendez pas à quelque chose d’extraordinaire hein.

Sur ces mots, elle fit la bise à Jackson et entra la première dans la maison. Assise sur le canapé du salon, Gwen était occupée à donner le biberon à son bébé d’à peine quelques mois. La bienséance voulut que l’irlandaise aille la saluer poliment avant de disparaitre. Ce n’est pas qu’elle ne l’appréciait pas, mais tout comme les Clothild n’étaient pas ses vrais parents, la sœur de Cécilia n’était pas sa tante, et elle la connaissait depuis trop peu de temps pour savoir se montrer souriante et familière. Quand son ainée reparut dans le salon, Gwen informa brusquement :

- Pendant que vous étiez dehors, il y a eu un reportage sur un gosse bizarre à San Francisco. Apparemment, il s'est réveillé d'un coma d'un an hier soir et depuis, toutes les personnes qui l'ont touché sont tombées raides mortes... c'est dingue quand même...

Melena se raidit mais s’efforça de ne pas se retourner. Un frisson glacé l'ébranla et elle ne souffla qu'une fois dans la chambre d'invité qui lui était dédiée. C'était sûr désormais : les problèmes commençaient.



Dernière édition par Melena Autumn le Sam 20 Aoû - 12:48, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 13:24

Les flashs spéciaux s'enchaînaient désormais à une vitesse folle : un gamin qui tuait les gens en les touchant, un homme faisant exploser ses dents, un autre à moitié plante... et ce n'était qu'un échantillon des incidents qui se déclenchaient partout, volontairement ou non. En fin d'après-midi les médias remarquaient déjà la forte concentration de phénomènes dans la région de San Francisco et le lien avec les comas et hypnoses ne tarderait pas à tomber tel le couperet qui signerait leur arrêt de mort. La mauvaise jumelle ne pouvait quitter des yeux le poste de télévision alors qu'une contrariété monstrueuse montait en elle. Ces imbéciles allaient les faire repérer !

Il n'avait fallut qu'un jour pour que les moins discrets et les plus audacieux des voyageurs se mettent en tête d'utiliser leurs pouvoirs au grand jour, et sur qui ça allait retomber ? Sur eux, les nouveaux... comme d'habitude. Sa mère était déjà venue la voir plusieurs fois pour commenter l'actualité, suspectant un énorme canular. Si seulement ça avait pu être ça...

Internet aussi était en effervescence et les témoignages pullulaient désormais comme de la moisissure sur un vieux bout de munster. La plupart était probablement faux mais Elie les griffonnait tout de même sur un bloc note, juste au cas où. La masse d'informations était tellement énorme qu'elle ne savait plus où donner de la tête, elle préféra donc se concentrer sur ce qui apparaissait comme des messages de voyageurs eux-même. Certains étaient bidons, mais d'autres l'intriguaient grandement comme celui de cet homme qui disait rejoindre un monde étrange par le biais de drogue, et un autre juste en faisant ce qu'on appelait un rêve lucide. C'était probablement ce qui était arrivé à Jade d'ailleurs, ce qui voulait aussi dire qu'elle ne l'avait pas fait de son plein gré. Raison de plus d'aller la chercher dans les plus brefs délais.

Plus le temps passait et plus le papier se noircissait de l'écriture serrée de l'adolescente dont les yeux voguaient sans prendre de repos entre l'écran de télévision et celui de son ordinateur. Tout ce travail de recherche l'épuisait et penser qu'elle serait peut-être tout bonnement enfermée une fois qu'on lui aurait mis la main dessus n'était pas pour la réjouir. Est-ce que ça valait vraiment le coup de se démener ? Peut-être que son double était mieux là-bas malgré les dangers que ce monde représentait.

Elle fut interrompue une nouvelle fois, la 6ème de l'après-midi peut-être, par le bruit de la porte de sa chambre qui s'ouvrait. Mais au lieu de découvrir le visage de sa mère ce fut celui de son père qui se dessina dans l'embrasure de la porte. Il avait l'air autant contrarié qu'inquiet. Ça pouvait autant être à cause des nouvelles que par la faute de l'incident de la lampe. La mauvaise jumelle se raidit aussitôt et plaça intelligemment son bras devant son bloc note pour qu'il ne puisse pas lire ce qui y était écris. Contre toute attente il ne la réprimanda pas le moins du monde, se contentant de se gratter le menton pour tenter :

- Ca va ? Ta mère ma dit ce qui s'était passé plus tôt. Tu t'étais fâchée avec ton amie ? Quelque chose te perturbe ? Ta thérapie peut-être ?

- Je suis pas perturbée, rétorqua Elie les sourcils si froncés qu'ils se rejoignaient, Melena...mon... amie... m'avait contrarié c'est tout. Avec tout ce qui passe à la télé en ce moment je suis un peu sur les nerfs. Je voulais pas inquiéter maman.

Son paternel s'avança pour se laisser tomber sur le lit à côté d'elle, silencieux et pensif. Ses yeux scrutaient l'un des flashs spéciaux qui passaient toujours en boucle sur l'écran.

- Tu as peur à cause de ces gens ? Tu en as croisé hier quand tu étais chez cette Melena ? Tu sais que tu peux me parler ma puce, ta mère et moi on est là pour ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 15:15

L’eau de la douche lui fit du bien. Sa migraine se décida enfin à laisser respirer son cerveau et c’est totalement fraîche que l’adolescente regagna sa chambre d’invité enroulée dans une serviette pour enfiler un short et un long tee-shirt large et délavé. Son ordinateur portable l’attendait, sagement rangée dans sa house. Elle le sortit pour le brancher et le mit sous tension juste au moment où Cécilia frappait pour passer sa tête dans l’embrasure de la porte. Melena leva brièvement les yeux au ciel et s’assit en tailleur sur le lit.

- Oui ? demanda-t-elle en sachant pertinemment ce qu’allait lui dire sa tutrice.
- Tu es déjà en train d’allumer ton ordinateur, réprimanda cette dernière avec une moue réprobatrice. Tu ne veux pas plutôt venir nous expliquer comment s’est passé ta séance ?
- Si je dis non…, commença l’irlandaise avant d’être interrompue par le regard que lui lança Mme Clothild. Bon ok, mais plus tard.
- Ça nous intéresse tu sais, expliqua Cécilia avec douceur. On aimerait savoir si… si ça t’aide à aller mieux.

La nécrophobe savait que sa tutrice ne pensait pas mal. Ses parents adoptifs s’évertuaient depuis qu’ils avaient décidé de la recueillir à essayer de lui faire oublier non pas sa mère, mais l’horreur de l’accident et les difficultés de sa vie d’enfance qu’elle avait fini par confier. Pourtant, elle n’arrivait pas encore, même si elle s’était habituée à vivre avec eux, à supporter leurs intrusions dans ce qui se liait à son enfance. Chacun des « on t’aidera à aller mieux » sonnaient à ses oreilles comme « on te fera oublier ta mère et ce qui te rattache à elle ». Melena savait que ce n’était pas le cas, elle le savait mais… ces souvenirs étaient encore trop douloureux, et chaque fois que les Clothild l’amenaient à s’en rappeler, elle devait transformer cette souffrance en colère pour ne pas fondre en larmes. Et malgré toute leur bonne volonté et toute la dévotion dont ils faisaient preuve pour cette adolescente orpheline, ils étaient chaque fois la cible de ses humeurs.

- Pour l’instant, ce qui me ferait vraiment aller mieux, rétorqua froidement la nécrophobe, ce serait que tu me laisses tranquille avec ce psy… s’il te plait, conclut-elle en s’efforçant d’adoucir son ton.

La mine réprobatrice de Cécilia disparut instantanément, passant par une tristesse fugitive avant d’être remplacée par léger un sourire compréhensif. Ou en tout cas, qui se pensait compréhensif, car jamais pour l’instant elle ne devinerait ce qui s’était réellement passé chez Parkinson… ou ce qu’il ne s’y était pas passé, c'est-à-dire une séance de psychanalyse tout à fait ordinaire.

- On verra au diner alors, ok ?
- Oui euh… ok, accepta Melena, prise au dépourvu par la soudaine douceur de sa tutrice.
- On va faire un tour au Golden Gate Park demain. Tu vas venir avec nous ?
- Je sais pas encore…

L’image de Jade traversa son esprit. Même si le souvenir de sa brouille avec Elie faisait encore bouillir ses entrailles, elle se doutait bien qu’elles allaient devoir se retrouver pour mettre un terme aux problèmes de la bonne jumelle et ne savait pas encore comment y parvenir. Néanmoins, l’idée d’une échappatoire lui vint immédiatement :

- J’aimerais plutôt revoir des… amies. Enfin, des jumelles que j’ai rencontrées après la séance et… voilà quoi ! On s’entend bien, et j’avoue que c’est avec elles que j’ai passé la journée à Union Square. Là j’dois… entrer leurs coordonnées sur msn et tout. Tu comprends ?
- Oh…

Un grand sourire illumina le visage de Cécilia. Ce n’était pas tous les jours que leur protégée parlait de s’être fait des « amies » et c’était d’autant plus surprenant. Elle prit son aveu factice comme une preuve de pudeur et lui adressa un clin d’œil complice avant de commencer à s’éclipser.

- Je vois. Tu nous raconteras tout ça plus tard alors, je te laisse… reste pas cloitrée dans la chambre tout le restant de la journée quand même.
- Oui, oui, répliqua la jeune fille qui avait déjà reporté son attention sur le mot de passe de sa session.

Une fois seule, elle poussa un profond soupir et entama ses recherches dès que son bureau fut complètement chargé. Elle avait à peine commencé à parcourir les dernieres news que des reportages sur des faits divers étranges – et immanquablement liés aux voyageurs – s’enchainaient en évinçant totalement toutes les autres problématiques étatiques et mondiales. Dans les commentaires qui suivaient souvent, nombreux étaient les internautes qui criaient aux canulars, aux « fakes », mais l’adolescente était bien placée pour savoir que rien, du moins dans les récits des médias sérieux, n’était inventé. Elle répertoriait dans un document texte toutes les plus grosses manifestations de pouvoirs, comme le bâtiment gelé en Allemagne ou le gosse de San Francisco qui tuait par simple contact. Elle était certaine que tous ces gens devaient être des voyageurs importants et si jamais leur condition venait à empirer dans le monde réel et qu’ils n’avaient pas la possibilité de s’échapper à Dreamland, ils seraient de bons points de ralliement.

L’heure avançait et à 19h, elle avait remplit plusieurs pages de témoignages qu’elle jugeait plausibles de gens qui disaient savoir se rendre au pays des rêves. Drogues, méditations shamaniques, coma, hypnose, rêves lucides… tout semblait y passer, sans garantir qu’une méthode était meilleure que l’autre. Après avoir longuement hésité, elle brancha son portable qu’elle avait tout bonnement oublié et l’alluma afin d’écrire à Elie :

« J’en vois pas le bout de ces recherches. Apparemment, des tas de gens disent être capable de retourner là-bas de façons différentes mais… personne n’évoque de façon contrôlée et sûre à 100% de réussir. Tu trouves d’autres choses ? »


Dernière édition par Melena Autumn le Lun 6 Juin - 19:01, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 15:59

Peur des voyageurs ? Elie dû se pincer la cuisse pour ne pas rire devant une énormité pareille. D'un elle ne pouvait pas ressentir de peur à proprement parler et de deux craindre les voyageurs revenait à se craindre elle-même. Elle craignait à la rigueur pour l'avenir mais pas parce qu'une nana à poil s'amusait à geler les immeubles allemands. On côtoyait bien assez ce genre d'énergumène dans l'autre monde pour ne pas s'effrayer de tours de cet acabit. Que lui répondre franchement ? Non papa, j'ai juste peur qu'ils ne braquent l'attention des médias sur mon propre cas ?

- En croiser ? Euh... je dois aller aux toilettes, improvisa-t-elle soudain en se levant.

C'était bien la diversion la plus pitoyable qu'elle n'ait jamais sortie, mais c'était Jade la pro du mensonge et de la débrouille de leur duo. Hors de question de laisser à son paternel l'occasion de la rattraper pour la cuisiner, elle fila comme une flèche vers les toilettes sans laisser l'opportunité de l'arrêter et ferma la porte à clés derrière elle. Bon, et maintenant ? Elle ne pouvait pas se permettre de passer sa vie assise sur la lunette des chiottes. Il fallait préparer quelque chose de béton pour le moment où elle retournerait faire face à son père...

La brunette se laissa tomber sur la cuvette fermée et se pinça l'arrête du nez. Elle en avait la migraine d'avance, rien de tel que des parents pour vous interroger pendant des heures sans vous lâcher la grappe. Pire que des chiens de chasse sur la trace d'un gibier. L'adolescente se saisit d'un livret de jeux et d'un crayon disposé sur un petit meuble à sa droite, histoire de passer un peu le temps. Trouver une réponse convenable qui ne la trahirait pas risquait d'être long.

Dans la chambre d'Elie son paternel n'avait pas bougé et attendait patiemment que sa fille daigne revenir. Il avait bien compris qu'elle fuyait les explications et ne comptait pas lui faire le plaisir d'abandonner. Il s'installa donc plus confortablement et c'est en repoussant ce qui se trouvait sur le lit que sa main heurta le bloc noir de notes. Il s'en saisit, intrigué, et parcouru les pages avec un étonnement croissant. Pourquoi relever autant d'informations sur les phénomènes récents ? Et puis que pouvait bien vouloir signifier ce paragraphe qui disait lister les « méthodes d'introduction » ? introduction de quoi d'ailleurs ? Son doigt calleux suivait sa lecture alors que ses sourcils broussailleux se fronçaient de plus en plus. Le mot « hypnose » parmi d'autres fit tiquer son œil et le poussa à lire la page entière.

Méthodes d'introduction :
-Hypnose (Parkinson, Thores ?, MacKingsley ?)
-Sommeil lucide (Jade ?)
-Drogues
-Transes
-Comas

Comment se réveiller ? Les témoins disent que l'on se réveille de nous même pour drogue, transe et sommeil. Comateux prisonniers de DL ?? Hypnose dépend du pratiquant, vérifier la validité de méthode des deux autres.


Le reste se perdait en gribouillis illisibles mais c'était déjà suffisant pour provoquer une profonde perplexité en Sergio Martins. Il allait tourner la page pour mieux comprendre quand le portable de sa fille vibra dans son sac. Sans aucune considération pour sa vie privé il fouilla aussitôt jusqu'à trouver le téléphone qui affichait la réception d'un message provenant d'une certaine « Melena ». Rien d'autre que la fille qui était rentrée plus tôt en compagnie de Jade... Il n'en fallut pas plus pour le pousser à consulter le message dont la lecture le laissa sans voix.

La mauvaise jumelle choisit ce moment pour enfin revenir après 15 bonnes minutes de réflexions intenses. Elle comptait tabler sur un simple « l'hypnose m'a un peu mit la tête à l'envers » l'air de rien, mais la vue de son père bloc sur les genoux et portable dans la main la figea aussitôt. Elle hésitait à exploser de rage ou à se sauver en courant, mais son père la prit de vitesse en demandant avec un calme presque surnaturel :

- Pourquoi ton amie parle de « retourner là-bas » ? C'est quoi « là-bas » d'ailleurs ? Et puis ces notes... je crois que je mérite quelques explications.

- C'est... c'est... oh et puis merde.

Il fallait savoir baisser les armes, et le moment était venu pour elle de déballer son sac. Elle saurait bientôt si elle avait eu raison ou pas de le faire, mais c'était déjà trop tard pour reculer. Jade aurait compris.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 17:17

Elie ne lui répondait pas et à l’approche de 20h, Melena fut conviée à se rendre à table. Elle n’aimait pas ces grands moments de rassemblement de la communauté, mais c’était au moins un prétexte pour reposer ses yeux fatigués par son écran d’ordinateur. La salle à manger était assez sobre. La plus grande partie de l’espace était occupée par un gros buffet en bois où trônaient toutes sortes de photos, souvenirs, papiers et œuvres d’enfant. La table, sous une lampe moderne suspendue au plafond, était tout juste assez grande pour accueillir tous les convives. Les sept couverts mis sur une nappe fushia étaient destinés aux parents Halleberry, leurs deux enfants de 6 et 11 ans, les Clothild et Melena. Les deux hommes s’octroyèrent chacun un bout de table, laissant la part féminine du groupe face aux deux plus jeunes.

Gwen relatait encore de sa voix aigüe tous les faits divers dont elle avait entendu parlé dans la journée, avançant que si tout était vrai, il faudrait très certainement enfermer tous ces gens bizarres quelque part où ils ne risquaient pas de faire de mal à quelqu’un. En se retenant de faire un commentaire, l’irlandaise salua les membres de la famille qu’elle n’avait pas encore vu et s’assit à coté de Cécilia en poussant un profond soupir. Sa tutrice lui mit un coup de coude renchérit d’un regard réprobateur. Elle rétorqua avec un fugitif sourire forcé et sarcastique.

- Fais un effort s’il te plait, lui demanda Mme Clothild dans le creux de l’oreille. Je sais qu’elle n’est pas toujours facile à supporter, mais tu n’es pas non plus obligée de faire la tête.

Melena hocha la tête sans vraiment prêter attention à ce qui lui avait été dit. De l’autre coté de la table, le petit Harry ne la quitta pas de ses grands yeux verts. L’entrée fut servie mais même en mâchant d’un air peur convaincu ses carottes râpées, le benjamin de la famille dévisageait la nécrophobe qui finit par brusquement s’exclamer :

- Quoi ?!
- T’as pas l’air malade, expliqua-t-il d’une voix fluette en toute innocence. Tu tousses pas.
- Voyons, mange chéri. Laisse Melena tranquille, intervint sa mère gênée.
- Mais c’est toi qui a dit qu’elle a été voir le docteur parce qu’elle était malade.

Son frère se pencha vers lui pour lui murmurer d’une façon involontairement audible par tout le monde sa vision personnelle de la chose.

- Elle a été voir un psychiatre. C’est un docteur pour les fous.
- Eric ! S’écria Gwen rouge comme une pivoine.

L’irlandaise fit claquer ses couverts sur la table, abandonnant son entrée à peine entamée. Décidément, elle n’avait déjà plus faim. Elle croisa les bras, n’osant pas lever ses yeux gris pour rencontrer ceux de ses hôtes ou de ses parents adoptifs. Cécilia posa une main sur la sienne, mais elle la retira nerveusement avant de passer une main dans ses cheveux et d’avaler ce qui lui restait en bouche. Ses carottes avaient soudainement un goût de caoutchouc qui lui donnait envie de vomir.

- Il n’y a pas que les fous qui voient des psychiatres, tenta d’expliquer Mr Halleberry pour tempérer la chose, mais aussi des gens qui ont vécu de… de graves accidents, et qui on besoin d’aide pour guérir.
- Je pense que ça ira, trancha la nécrophobe. Je peux sortir de table là ? J’ai pas faim en fait.
- Voyons, calme toi Melena, lui dit doucement son tuteur. Tu sais bien qu’ils sont petits et ne comprennent pas trop… parle-nous de ta séance, ça évitera qu’ils ne t’embêtent encore à l’avenir, proposa-t-il maladroitement.
- Elle n’a peut-être pas envie…, intervint Cécilia qui regrettait finalement d’avoir demandé à sa protégée de parler de son rendez-vous au diner.
- Mais y’a RIEN de spécial à dire ! s’emporta soudainement la concernée. On m’a hypnotisée, je me suis endormie, je me suis réveillée, et je suis partie ! Voilà !

Ses yeux étaient toujours rivés sur son assiette et ses mains tremblaient. Un silence lourd était désormais tombé sur le salon, si pesant que plus personne n’osait manger de peur de faire trop de bruit avec ses couverts. Mme Clothild posa sur la jeune fille un regard compatissant qu’elle ne vit pas. Cette fois, elle n’essaya pas de lui prendre la main, mais lui glissa à l’oreille qu’elle pouvait s’en aller si elle voulait mais qu'elles discuteront à deux plus tard. Sans un mot, l’adolescente s’exécuta et quitta la table pour retourner s’enfermer dans la chambre qu’elle n’avait pas quittée depuis son retour de chez les Martins. Pendant qu’elle s’éloignait, elle entendit Cécilia l’excuser en disant tout était encore trop récent pour elle et qu’elle avait énormément de mal à en parler.

Une fois réfugiée, Melena s’assit sur le lit et pris un oreiller dans ses bras pour y appuyer son menton. Ils ne comprenaient rien et ne comprendraient jamais rien à ce qu’elle avait vécu. Cette simple pensée l’écœurait et lui donnait envie de fuir très loin de la maison des Halleberry, même si elle savait au fond que ses tuteurs, eux, ne la laisseraient jamais tomber, quoiqu’elle soit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 19:03

Assise à la table du salon, Elie croisait les bras en fixant tour à tour les membres de sa famille eux aussi attablé. Son œil tiquait régulièrement dans le silence pesant qui régnait et elle était à deux doigts de revenir sur sa décision en quittant la pièce. Sa mère se triturait les mains nerveusement alors que son père gardait les mains crispées sur les « pièces à conviction », autrement dit le bloc et le téléphone des jumelles. De leurs côtés ses frères ne semblaient pas comprendre pourquoi on leur avait demander de venir et s'ennuyaient déjà ferme. L'adolescente finit par rompre le silence à contrecœur, l'air bougon :

- On était obligé de faire ça comme ça ? Je veux dire, merde quoi ! Je me sens à peine observée, comme si ça aidait à parler !

- On est une famille, on règle ça en famille, rétorqua son père.

- Oui mon ange, dis nous ce qui se passe, renchérit sa mère.

- Je peux retourner regarder la télé dans ma chambre ? Hasarda son plus jeune frère.

- La ferme Josh ! Fut la seule réponse qu'il reçut.

C'était Emilio, le plus âgé, qui avait rabroué sévèrement le plus jeune. Il ne savait pas pourquoi on les avait réunis mais il devait y avoir une bonne raison. Et vu la tête que tirait Jade s'était d'importance. Le silence de nouveau rétablit Elie poussa un soupir en calant son menton dans la paume de sa main. Par où commencer ? Il y avait tant à dire... Elle les aurait bien emmener dans sa chambre pour leur montrer le contenu de sa penderie mais il y avait fort à parier que sa mère tournerait de l'œil. Si on pouvait éviter ça c'était tout aussi bien.

- Je sais pas quoi vous dire franchement... on est... enfin je suis allée chez le psy, Parkinson. Seulement son hypnose était pas classique. Elle m'a projeté dans un autre monde qui s'appelle Dreamland et...

- Et la marmotte...

Le père de famille fit taire son fils d'un regard foudroyant avant de prier Elie de continuer. C'était tout bonnement impossible, sans queue ni tête mais quand on constatait ce qui se passait dehors à l'heure actuelle on pouvait au moins faire l'effort de la croire. La mauvaise jumelle qui se sentait tout sauf à l'aise eut un mal fou à reprendre, ce qu'elle fit malgré tout.

- Je disais donc : là-bas on a des pouvoirs. Comme ces gens qu'ils montrent à la télé. Ils sont fonction de... de nos problèmes mentaux. En arrivant à DL mes deux personnalités se sont séparées. Jade d'un côté, Elie de l'autre. Pour information moi c'est Elie, alors si vous pouviez m'appeler avec le bon prénom ça m'arrangerait.

Elle fit une courte pause avant d'ajouter :

- Jade est dans le placard là. Elle y est retourné en sommeil lucide sans le vouloir. Quelle co...

Le regard offusqué de sa mère empêcha l'insulte de passer l'enclos de ses lèvres. Les regards qu'on posait sur elle étaient désormais sceptiques et inquiets. Mais comment faire pour leur prouver qu'elle ne mentait pas ? Est-ce que le corps inanimé de Jade suffirait ? Fallait-il exposer à la vue de tous un autre de leurs « dons » ?

La mauvaise jumelle se leva brusquement, envoyant valser sa chaise en arrière. Elle ne prit même pas la peine de la ramasser, trop pressée de filer dans sa chambre. Une fois là-bas elle ouvrit la penderie ou reposait encore Jade, dormant comme un bébé. La porter seule serait plus dur mais elle remerciait mentalement sa famille de l'attendre sagement. Elle préférait n'avoir à expliquer les choses qu'une fois, et pour ça elle devait leur présenter son autre elle en même temps. Elle attrapa l'un des bras de Jade qu'elle passa par dessus son épaule, puis entreprit de glisser l'un des siens sous les genoux de la belle aux bois dormant. Elle se redressa ensuite tant bien que mal, tanguant sous le poid de son double mais tint bon. Elle n'eut plus alors qu'à revenir au salon en s'appuyant au mur, dévoilant alors à ses proches une preuve irréfutable de sa sincérité.

- Vous me croyez là ? Mais on sait faire d'autres choses. Enfin ça marche mieux quand on est consciente toutes les deux mais... par exemple... on peut partager nos blessures ! Et... et dialoguer par la pensée ! Je me transforme pour la défendre, et elle peut devenir inconsistante quand elle a peur. Elle peut aussi redevenir celle qu'on était, avant. Faut que je vous montre ou bien ?

- Putain de merde, lâcha Josh, les yeux ronds.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 19:30

Une bonne demi-heure après avoir quitté la table, on toquait à la porte. Melena, qui n’avait pas bougé mais s’était légèrement assoupie sur l’oreiller, perdue dans ses pensées, répondit faiblement d’entrer. Cécilia fit discrètement irruption, referma derrière elle et vint s’assoir à coté de l’adolescente. Cette dernière regardait fixement le vide devant elle, totalement inexpressive. Une mèche de ses longs cheveux noirs décrivait des allers-retours réguliers devant son nez au gré de sa respiration.

- Je suis désolé, commença sa tutrice pour briser la glace.
- Ce n’est pas ta faute, coupa sèchement la nécrophobe.

Mme Clothild poussa un long soupir et prit un instant de silence. Ses yeux voyagèrent sur le papier peint, la valise ouverte de sa protégée, son ordinateur en veille qui la dévisageait de son écran noir, puis enfin ses propres mains. Machinalement, elle fit tourner son alliance autour de son annulaire tandis qu’elle reprenait lentement la parole :

- Tu sais… je ne te l’ai jamais dis, mais ma mère aussi a eu un accident quand j’étais petite. On se promenait simplement sur une voie piétonne dans ma ville d’enfance et… un type à perdu le contrôle de son véhicule et l’a heurté sur le trottoir alors que je lui cueillais des fleurs.

La voix de la femme tremblait légèrement, mais elle poursuivit, les yeux rivés sur ses doigts qui faisaient faire des tours à sa bague. Encore, et encore.

- J’avais 8 ans. Gwen n’était pas là, et je suppose qu’elle ne s’en souvient que vaguement… mais moi, j’ai dû voir un pédopsychiatre plusieurs années pour réussir à me remettre du traumatisme. Je n’ai pas vraiment oublié ; on ne peut pas oublier. Mais je suis allé de l’avant…

Un sourire triste fendit son visage.

- Je ne cherche pas à échanger l’un de mes secrets contre l’un des tiens. Mais je voudrais juste que tu comprennes, que tu comprennes vraiment, que… je comprends réellement ce que tu ressens. Je sais que… ce n’est pas facile du tout. Et je ne remplacerai jamais ta mère, tout comme Jackson ne sera jamais ton père… mais nous serons toujours là pour t’écouter si tu le veux, et t’épauler si tu as besoin.

Cette fois, Melena leva les yeux vers sa tutrice. Ce n’était pas la première fois qu’elle formulait cette promesse que répétaient tous les parents à leurs enfants, mais à la lueur de l’émotion qui marquait son visage et de son aveu, jamais elle ne l’avait perçu aussi… maternelle. La beauté de ses traits qui avaient commencé à vieillir éveilla comme jamais l’attention de l’adolescente. Ses grands yeux bleus brillaient d’affections et de dévotions. A cet instant, la jeune fille aurait presque voulu tout avouer, lâcher le poids que Dreamland faisait peser sur ses épaules et se laisser, pour une fois, choir entre les bras de Mme Clothild. Pourtant, sa gorge restait bloquée lorsqu’elle essayait de lui expliquer ce qu’elle avait vécu. Ses lèvres s’ouvraient et se fermaient lentement, sans formuler le moindre son. Finalement, elle poussa un soupir en hochant la tête et rétorqua simplement :

- Merci Cécilia, c’est très gentil. Je… je suis fatiguée, c’est tout.

Elle se força à sourire pour convaincre sa tutrice. Cette dernière prit ses mains dans les siennes et cette fois, elle ne se défila pas. Elle sentait trembler Mme Clothild qui ne lui avait jamais parut aussi fragile. Sentant qu’un geste affectueux ne serait pas de trop, elle laissa aller sa tête contre l’épaule qui lui était offerte et ferma les yeux. Melena sentait son sang frapper ses tempes et son cœur battre douloureusement. Ce n’était pas un mensonge qu’elle était fatiguée ; toute cette histoire l’épuisait, physiquement, moralement et émotionnellement.

Après un moment indéterminé, à la fois long et trop court, elle s’écarta presque à contrecœur et se libéra doucement de l’étreinte de Cécilia. Cette dernière essuya furtivement une larme qui menaçait de couler de ses yeux et se releva :

- Je vais te laisser. Si jamais tu as besoin…
- Je sais, coupa calmement l’irlandaise.

Elle se sentait soudainement étrangement sereine, c’était presque surnaturel. Sa tutrice lui sourit et quitta la pièce en silence, la laissant seule avec ses pensées, son ordinateur en veille qui masquait ses recherches et son portable muet qui ne recevait aucune nouvelle d’Elie. Peut-être qu’elle faisait encore la tête ? Songeant au caractère de la mauvaise jumelle, c’était possible. La nécrophobe ouvrit une page vierge pour composer à l’intention de son ancienne rivale :

« Tu fais quoi ? Me fais pas croire que tu essayes de faire bande à part pour aider Jade hein ?! Je t’ai dis que j’en suis, je devais juste rentrer pour éviter que mes parents appellent la police pour me retrouver. Jade ne s’est pas réveillée je suppose ? Quand est-ce qu’on peut se voir ? »

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 19:49

Sous le coup de la surprise Maria ne pensa même pas à réprimander son fils. Alors c'était vrai ? Vraiment vrai ? C'était complètement impossible et pourtant, elle en avait la preuve devant ses yeux. Penser avoir deux filles de nouveau lui provoqua un violent pincement au cœur qui la poussa à refermer sa main sur sa poitrine alors que son mari se levait pour récupérer Jade dans les bras d'Elie. Voir ces deux visages si semblables ne pouvait que lui donner la certitude que tout venait d'Amber. Le choc, le manque de sa sœur avait dû lui faire se créer une autre jumelle. Elle ne voyait pas d'autre raison pour l'obtention d'un pareil résultat.

- Vous... vous allez rester comme ça pour toujours ? Demanda-t-elle d'une voix blanche.

A cette question le corps de la mauvaise jumelle se raidit. Elle ne savait pas si son existence était une nouvelle fois vu comme une mauvaise chose ou si elle interprétait encore. Dans le doute et parce qu'elle aimait sa mère elle se contenta de grommeler un juron dans la barbe qu'elle n'avait pas. Comment pouvait-elle le savoir ? Elle n'avait même pas encore trouvé le moyen de retourner à Dreamland, alors de là à savoir s'ils pourraient réparer cette « erreur »...

Le corps de la belle aux bois dormant fut déposé sur le canapé et chacun réintégra sa place dans un silence gêné. Personne ne savait à vrai dire comment réagir et on ne pouvait pas le leur reprocher. Ce n'était pas le genre de situation qu'on vivait tous les jours. Elie tapotait nerveusement sur la table, attendant une réaction différente de celle de sa mère mais le silence perdurait. Gênant, angoissant, déstabilisant... il s'insinuait en elle comme un poison. Tout ce qu'elle voulait c'était qu'ils finissent par parler bon sang ! Ne pas savoir la tuait littéralement.

- C'est cool, finit par lâcher Josh les yeux brillants, Vous êtes un peu comme des mutantes alors... si j'y vais moi aussi j'aurais des pouvoirs ? Comme cracher du feu ou voler ?

Emilio passa son bras autour de son cou pour l'attirer à lui et lui faire une brûlure indienne qui tira un cri d'indignation au gosse.

- Arrêtes de dire n'importe quoi. Elle a dit que c'était lié aux problèmes psychologiques. Toi t'es juste stupide, alors quitte à chercher un pouvoir trouves en un en rapport minus.

-C'est bon t'inquiètes pas, tempéra Elie avec un sourire en coin, On sait bien qu'il comprend jamais rien de toutes façons.

Cet instant complice finit de détendre l'atmosphère. C'était peut-être la preuve qu'il fallait à tous pour comprendre qu'Elie était bien une partie de leur petite Jade. Ils se jetaient désormais des regards timides par dessus la table sans savoir comment reprendre la conversation là où ils l'avaient arrêté. Alors que Sergio s'apprêtait à ouvrir la bouche pour parler le portable de sa fille vibra dans sa main. Avant même d'y jeter un oeil il savait déjà qu'il y lirait le nom de Melena.

- Tu as encore reçu un message de ton amie, débuta-t-il avant de le lire à voix haute afin que tout le monde en profite.

Ce n'était pas pour plaire à Elie qu'on se donne ainsi le droit d'intercepter et diffuser des messages qui lui étaient adressé mais elle ravala sa hargne. Elle se contenta de se pencher par dessus la table pour récupérer le téléphone avec un regard noir. Si l'irlandaise ne recevait pas rapidement une réponse elle allait probablement la harceler encore et encore, les empêchant de poursuivre cette difficile discussion. Elle signifia aux membres de sa famille d'attendre un peu d'un geste de la main, avant de pianoter de l'autre sur les touches du portable.

« Ma famille sait tout. On est en train d'en discuter dans le salon et ils ont vu Jade. Je crois qu'ils nous aideront si possible, je vais tenter de leur en parler. Viens quand tu peux, je bouge pas de la maison. »

Le portable réintégra la poche de son jean alors qu'elle levait les yeux pour croiser le regard de ses parents. Il fallait qu'elle leur dise qu'elle comptait y retourner. Ils avaient le droit de savoir à quels dangers elle s'exposait.

- Je veux y retourner avec Melena. Jade est en danger là-bas, toute seule. Elle sait pas se défendre.

La mauvaise jumelle poussa un soupir en envoyant dans son dos sa longue chevelure d'ébène. Tout leur dire serait peut-être une erreur après tout, mais leur cacher lui semblait presque une trahison. Après tout ils avaient vu leurs pouvoirs et ils restaient pourtant auprès d'elles sans hésiter. Elle leur devait au moins un peu de sincérité.

- A Dreamland on est pas aimé partout, et on a faillit mourir pas mal de fois. On a même été vendus comme esclaves et encore ça c'était plutôt tranquille. Je peux pas rester les bras croisé alors que je ne sais pas ce qu'elle endure...

- Tu veux y retourner ? Mais tu es complètement inconsciente ! S'insurgea sa mère en se levant brusquement.

- Bah j'y suis déjà à moitié t'façon, rétorqua l'adolescente en pointant du doigt la silhouette endormie de son double.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 21:26

La réponse ne se fit pas attendre et coupa le souffle de la nécrophobe. Sa famille était au courant ? Alors elles s’étaient démenées pour trimbaler le corps inconscient de Jade depuis Union Square, l’avait fait rentrer par sa fenêtre pour la planquer dans son armoire… pour qu’elle révèle le pot au rose dans la soirée qui suivait ? Sur l’instant, Melena oublia la partie du message qui disait que les Martins pourraient les aider et commença à rédiger une réponse acerbe qui consistait grosso modo à demander à la mauvaise jumelle comment elle avait pu être aussi peu douée. Au moment de l’envoyer, son pouce resta en suspend au dessus de la touche requise, puis elle poussa un soupir et quitta la page sans expédier le contenu.

Assise seule dans la chambre, elle ne savait pas trop quoi faire. Elie lui demandait de venir quand elle « pouvait » ce qui voulait dire objectivement qu’elle avait le droit de se rendre chez son amie sur le champ. Elle n’avait rien à faire de plus avec les Halleberry et ses recherches n’aboutiraient sans doute pas si elle continuait de son coté. Si la famille de Jade acceptait de l’aider, ils seraient au moins quatre cerveaux à réfléchir pour savoir comment retourner à Dreamland, et plus seulement deux. De toute manière, quitte à être regardée comme une extra-terrestre, l’irlandaise préférait l’être parce qu’elle était voyageuse que parce que des gosses la croyaient folle.

Elle chercha rapidement sur internet où se situait géographiquement la station de bus qu’elle avait emprunté près de chez les Martins pour identifier une adresse. Elle rangea ensuite son ordinateur dans sa housse, embarqua également son câble d’alimentation, mit son portable dans sa poche et ouvrit la porte pour demander à la volée :

- Céciliaaa ! Tu peux m’emmener chez mes amies maintenant s’il te plait ?
- A cette heure-ci ? s’intrigua la voix de son tuteur depuis le salon.
- Oui à cette heure-ci, répéta l’adolescente, j’ai été invité à passer la nuit. Vous allez pas me refuser ça quand même ! J’suis en vacances !

Un bruit de chasse d’eau se mit entendre et sa tutrice sortit des toilettes. Tout en se dirigeant vers la salle de bain pour se laver les mains, elle questionna simplement :

- Elles habitent où ?
- Dans Mission District.
- Ça craint un peu par là-bas, commenta Gwen depuis sa chambre.

Melena allait répliquer quelque chose, mais sa tutrice sortit de la pièce d’eau et dressa la main avec une expression qui lui signifiait gentiment de laisser tomber.

- Je t’emmène, prépare-toi.

Un sourire fendit le visage de la jeune fille et elle regagna sa chambre d’invité pour se préparer. Elle enfila un pantalon noir, sélectionna un haut mauve sur lequel était dessiné en traits plein ébène un lecteur mp3 dont le fil des écouteurs passait autour de son cou, puis mit ses chaussures. Au cas où, elle prit dans son sac de quoi passer la nuit, des sous-vêtements de rechange, sa brosse à dent et son dentifrice. D’ailleurs, elle opta soudainement pour se servir de ces deux derniers ustensiles avant de les ranger. Sa chevelure reçu un coup de brosse et elle les rabattit d’un coté de son visage ivoirin. Dans le salon, son tuteur lui jeta un œil entre inquiétude et bienveillance. Avant de se replonger dans les mots croisés qui remplissaient dans grande conviction, il lui dit :

- Faites attention hein… si vous sortez.

L’adolescente faillit répliquer qu’elles n’avaient pas prévu de soirée hype, mais se retint juste à temps pour simplement acquiescer avec un sourire de jeune fille sage :

- Oui, ne t’en fais pas.

Lorsque Cécilia vint lui annoncer qu’ils partaient, l’irlandaise envoya un sms à sa complice pour l’avertir de son arrivée prochaine. Elles empruntèrent la voiture de Gwen, une Passat Wolfwagen bleu métallisé qui paraissait trop grande pour son garage. Une fois à l’intérieur, Melena ouvrit sa fenêtre pour laisser les courants d’air de la route lui fouetter le visage. Elle ne dit pas un mot, hormis lorsque sa tutrice lui demanda une adresse un peu plus exacte ; et dans ce silence surnaturel, les bruits du moteur, des commandes et de la circulation étaient incroyablement omniprésents.

Une fois l’arrêt de bus en vu, la voiture s’arrêta, mais pas le mutisme des deux protagonistes. Cécilia n’osa pas poser de questions trop indiscrète, encore fragilisée par son aveu, et l’irlandaise n’arrivait pas parler de ce qu’elle comptait faire. Elle avait voulu pourtant ; elle avait eu toute la route pour expliquer à sa tutrice ce qu’elle était, pourquoi, et ce qu’elle avait l’intention d’accomplir. Mais sa gorge restait sèche et l’appréhension lui tenaillait le ventre. Il faisait nuit désormais mais malgré la pénombre de l’intérieur du véhicule, elle distinguait les yeux brillant de Mme Clothild et une nouvelle fois, fut tentée de la mettre dans le secret. Mais à quoi bon ? Elle serait sans doute plus inquiète en sachant qu’en ne sachant pas. Un pressentiment lui donnait la chair de poule, comme si elles risquaient de ne jamais se revoir. Melena ne pouvait pas lui dire, parce que si elle ne pouvait pas empêcher Cécilia de souffrir de sa distance constante, elle pouvait lui épargner l’angoisse de la savoir dans un monde où elle risquait de se faire tuer presque continuellement. Elle sourit alors, un sourire à la fois triste et tendre, avant d’ouvrir la poignée et de sortir sur le trottoir.

- Merci Cécilia, passe une bonne soirée, à demain.

Et immédiatement, sans se retourner, la nécrophobe prit le chemin de la maison des Martins.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 22:16

La discussion s'était poursuivie pendant une bonne heure, parfois calme parfois houleuse. Personne n'avait l'air de se réjouir de sa décision d'y retourner, mais il était vrai que laisser Jade seule à Dreamland n'était pas plus acceptable. Ils s'étaient tous proposés de l'accompagner, Josh avec un enthousiasme très marqué d'ailleurs, mais elle refusa catégoriquement. Une personne à protéger était largement suffisant pour un bout de femme comme elle, une troupe entière était une charge bien trop grande.

- Non c'est bon j'ai déjà Melena, répéta la mauvaise jumelle pour la énième fois de la soirée.

Son grand frère ouvrait déjà la bouche pour argumenter mais la sonnerie retentit alors, signe du destin. Elie bondit hors du canapé où elle se trouvait à présent affalée à côté de Jade pour foncer vers la porte. Elle ne savait pas qui leur rendait visite aussi tard, mais c'était une intervention qui tombait à pic. Elle aurait tout donné pour que ses proches arrêtent de vouloir la materner ainsi. Si plus d'un mois à Dreamland n'avait pas eu raison d'elle, elle pourrait bien tenir le temps d'un nouveau voyage.

Ses pas la menèrent dans l'entrée où on pouvait discerner à travers le verre poli de la porte une silhouette chétive. Instinctivement El' comprit que ce n'était rien d'autre que Melena qui avait prit ses mots au pied de la lettre. Elle aurait quand même au moins pu envoyer un message pour dire qu'elle arrivait ce soir... C'est en ronchonnant qu'elle tourna le loquet et ouvrit la porte pour découvrir ce à quoi elle s'attendait.

- Quand tu veux ça veux pas dire qu'il faut pas prévenir, lâcha-t-elle en guise de bonsoir, enfin tu peux rentrer. Je crois qu'ils t'attendent tous comme le messie. Ils espèrent que tu vas me faire changer d'avis.

Une fois son ancienne rivale à l'intérieur elle referma la porte d'entrée derrière elle et ouvrit la voie vers le salon. Toute la famille guettait et ils se levèrent comme un seul homme en voyant qui s'était présenté à cette heure tardive. Ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils attendaient de cette fille, un geste, une parole, juste un je ne sais quoi qui persuaderait Elie de les laisser les accompagner. Beaucoup d'espoir pour pas grand chose en réalité.

La brunette désigna du pouce sa comparse, se sentant investie de la mission de présentation.

- Voilà Melena. Elle était aussi chez Parkinson, on s'est croisé à Dreamland sur le bateau des esclavagistes. Après elle a été vendue avec Jade donc...

Elle haussa les épaules pour signifier qu'elles ne se connaissaient en réalité pas très bien. Ses parents s'avançaient déjà pour étouffer l'irlandaise de questions, mais Josh fut plus rapide. L'enfant s'était approché de l'adolescente pour la détailler, sceptique, puis finit par demander avec un naturel déconcertant :

- C'est quoi ton pouvoir à toi ? T'es élastique ? Tu peux faire pleuvoir ? Il la jaugea longuement de ses yeux gris-bleus puis ajouta, En tout cas c'est pas un charme irrésistible, ça c'est sûr.

- La ferme Josh, répondit aussitôt Emilio en tirant son frère en arrière.

Il adressa un regard désolé à Melena avant de lui adresser un sourire étincelant tout en cherchant à excuser son cadet. Le charme qui émanait de lui était très proche de celui de Jade, quelque chose de pur, d'abordable et de bon. Une impression diamétralement opposé à ce qu'inspirait Elie alors très occupée à rire derrière sa main de la blague du petit.

- Ne fais pas attention à lui. Il se croit dans X-men.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Lun 6 Juin - 23:13

Le bruit de la voiture qui s’éloignait ne la fit pas se retourner. Melena retrouva sans peine la maison des Martins et sonna à la porte. A travers le verre poli, elle distinguait que la lumière du salon était encore allumé, signe que la famille devait sûrement encore débattre de Dreamland et ses conséquences. Tout compte fait, elle se félicita de n’avoir rien avoué à Cécilia… elle ne l’aurait jamais laissé partir. Une ombre se dessina de l’autre coté de la porte et Elie lui ouvrit pour l’incendier immédiatement.

- Mais je t’ai envoyé un message, s’offusqua-t-elle. Tu n’as qu’à surveiller ton portable !

Son ancienne rivale ne répondit pas et la guida au devant de toute la famille qui se leva à son approche. Intimidée, le « bonsoir » de l’irlandaise fut pratiquement inaudible et ses yeux trouvèrent un intérêt fascinant pour le sol. Que pouvait-elle leur dire ? Qu’attendaient-ils d’elle exactement ? Elle était venu faire ce qu’elle pouvait pour aider Jade et retourner au pays des rêves, mais les regards que lui lançaient les Martins semblaient demander autre chose. Son amie était d’ailleurs visible, endormie sur le canapé, et son attention fut détournée de son jolie visage par le plus jeune qui s’avançait pour la dévisager de ses yeux gris bleu. Elle avait presque l’impression de revoir le petit Harry, mais au lieu de la traiter de folle, il lui demanda de quoi elle était capable. Être élastique ? Faire pleuvoir ? Ça aurait sans doute été mieux que ses véritables dons. Non, ce qu’elle savait faire était bien plus effrayant que ça, et elle n’était pas sur que le révéler d’entrée de jeu soit une première impression correcte.

La réplique du benjamin Martins sur le charme lui fit l’effet d’une gifle, mais elle était trop étrangère à cette famille pour oser rétorquer quoi que ce soit. Elle dût se pincer les lèvres pour retenir tout riposte et heureusement que l’ainé remit son frère à sa place avant de l’approcher avec un grand sourire. Il capta à lui seul l’attention de la nécrophobe qui oublia Elie en train de pouffer derrière sa main. Les yeux gris de l’adolescente croisèrent ses pupilles sombres, puis elle détourna le regard en rosissant. Il dégageait quelque chose qui lui rappelait Jade. Quelque chose qui, même s’il n’était pas sa petite sœur, faisait légèrement battre son cœur. La remarque au sujet de X-men la fit sourire tristement. Elle aussi s’était crue dans X-men.

- Ce n’est pas grave, assura l'adolescente. Il y a de la ressemblance…, conclut-elle avec un trait ironique.

Elle poussa un soupir, mais le suspens ne dura pas plus longtemps. Les parents de son amie lui permirent de se débarrasser du malaise qui lui tordait l’estomac parce qu’elle se demandait ce qu’ils voulaient pour lui en offrir un autre relatif à leurs attentes : ils voulaient venir à Dreamland, tout simplement. C’était prévisible en réalité, si prévisible qu’elle aurait dû s’en douter avant de venir. Désormais, elle se sentait épiée par quatre paires d’yeux qui étaient suspendues à ses lèvres et à sa réponse. Un coup d’œil à Elie lui apprit que son ancienne jumelle ne lui serait sans aucun secours. Melena passa machinalement une main dans ses cheveux et tenta de formuler ce qu’elle pensait le plus correctement possible :

- Euh… je ne pense pas que ce soit une bonne idée…

A voir les mines qu’affichèrent ses interlocuteurs, elle commençait mal. Il fallait qu’elle se rattrape vite pour ne pas être interrompue :

- Pour des gens comme nous… qui venons du monde réel, survivre là-bas est… difficile. Je pense que sans nos pouvoirs… même s’ils sont handicapants parfois, nous ne serions pas revenues. Et malheureusement, pour avoir des capacités spéciales il faut…

Elle ne savait pas comment finir sa phrase. « Être folle ? » « avoir des problèmes psychologiques ? » « avoir un pet au casque ? ». Finalement, elle tenta, en désespoir de cause, d’aborder une autre stratégie :

- Elie et moi connaissons déjà les lieux. On y a survécu plus d’un mois selon le temps de là-bas… A deux expérimentées, on secouera Jade beaucoup plus rapidement, et nous avons besoin de quelqu’un pour… veiller sur nos corps quand on sera inconscientes.

Après cette explication, Melena retint son souffle. Pour le moment, elle ne voyait pas comment convaincre les Martins. Certes, avancer que deux adolescentes survivraient plus facilement seules dans un monde hostile que deux adultes pourraient paraître absurde. Pourtant, qu’est-ce qui ne l’était pas depuis qu’elles avaient découvert le pays des rêves ? Leurs vies même étaient devenues absurdes. C’était presque risible, si la situation n’était pas si dramatique.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Jeu 9 Juin - 12:26

L'horloge accrochée au mur de la chambre de Jade indiquait maintenant minuit. Josh avait été envoyé au lit depuis une heure déjà alors que ses ainés discutaient à n'en plus finir sur le fait de retourner à Dreamland et en compagnie de qui. L'avis de Melena n'avait pas été bien perçu par les parents des jumelles qui refusaient de se percevoir comme d'éventuels boulets mais l'obstination des deux adolescentes eurent raison d'eux. Ils baissèrent les armes aux alentours de 11h30 et chacun avait regagné ses quartiers.

La mauvaise jumelle et sa rivale avaient atterri dans la chambre où elles s'étaient disputées plus tôt et s'acharnaient désormais à choisir un moyen de retourner dans le monde des rêves. Elles avaient feuilleté leurs notes pendant cette demi heure dans un silence studieux, cherchant de temps en temps de nouvelles information sur l'ordinateur alors que la télé tournait toujours. Catastrophes et phénomènes surnaturels s'enchainaient à une vitesse alarmante, on se demandait presque comment cela était possible. Ils avaient bien dû être une centaine de voyageurs voir plus pour en arriver à un résultat pareil. Comment une communauté aussi importante avait pu se cacher si longtemps ? Peut-être tout simplement parce que personne ne croyait les fous.

La voix de l'irlandaise la poussa à détacher ses yeux de l'écran pour froncer les sourcils. Elle était pourtant persuadée que cette question était réglée ! Avec ces révélations elle ne pouvait pas se permettre de demander à ses parents de financer leur potentielle action suicide. Quant à ses économies déjà maigres elles avaient été grandement diminuées depuis leur nuit à l'hôtel.

- Je te répète que le psy est trop cher. Et puis franchement, avec toute la merde qui se passe dehors j'ai pas envie de me retrouver dans la liste de deux praticiens suspectés d'être lié à tout ce qui arrive depuis notre retour.

Les doigts d'Elie pianotaient sur son bureau alors qu'elle réfléchissait, son autre main soutenant son menton. Il fallait un truc passe-partout, qui ne laisse pas de traces. Un truc abordable financièrement. On pouvait exclure d'avance les psy et la drogue, sans parler du coma qui était une option tout sauf envisageable. Elle éplucha une nouvelle fois le bloc note qu'elle avait finit par arracher à son père avant de lui souhaiter bonne nuit. Il y avait bien ce gars là mais...

- On pourrait voir avec le marabout là, tu sais ? Y'a de bons avis sur lui sur le net. Ce serait aussi efficace que l'hypnose et ça pour presque rien. En plus c'est dans Mission District à 3 pâtés de maisons d'ici... ça me paraît le meilleur moyen.

Melena avait l'air de ne pas être contre cette idée contrairement à ce qu'elle aurait pu imaginer. Elles n'avaient plus qu'à dormir et s'y rendre le lendemain à la première heure. Ne restait qu'à régler la question des lits. Depuis sa mort la chambre d'Amber était devenue un no man's land dont l'éventuel intrus se serait vu fusiller sur le champs. Les lits des autres chambres étaient tous pris et le canapé réquisitionné par Jade depuis que sa mère avait insisté. Il ne restait qu'une option qui risquait de ne plaire à aucune des deux donzelles et ce fut Elie qui la formula la première.

- On va devoir partager mon lit.

Après la nuit dernière cette idée ne ravissait probablement personne. Le souvenir de dégoût et de trahison était encore bien trop vivace, tout comme celui de la honte et plus faiblement du regret. Car elle regrettait bien en partie sa décision. Elle voyait bien avec un peu de recul que ça avait été cruel et puéril, mais ça avait été ce qu'il fallait pour éclaircir la situation. Un mal pour un bien en somme, mais un mal qu'on n'oubliait pas facilement. Le lit se révélant particulièrement étroit il leur imposerait une proximité plus que gênante.

La brunette fixa le tapis qui recouvrait une partie du sol de sa chambre avant de secouer la tête pour chasser cette pensée. Proposer à la nécrophobe de dormir par terre serait probablement très mal perçue, et il était hors de question qu'elle le fasse elle-même. C'était son lit à elle après tout ! Elie se leva donc pour se glisser sous les draps avant de tapoter le matelas à côté d'elle en arborant une moue étrange. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que sa camarade risquait de la tripoter en dormant. Une fois avait largement suffit, merci.

- Tu viens ou bien tu préfères dormir par terre ? Et oublie pas d'éteindre la lumière, l'interrupteur est près de la porte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Jeu 9 Juin - 13:46

Elle n’avait pas convaincu les Martins, c’était une certitude. Mais en même temps, comment convaincre des parents aimants et protecteurs qu’il était plus raisonnables qu’ils envoient deux adolescentes – dont une inconnue – pour sauver leur fille plutôt que de se déplacer eux-mêmes ? Heureusement, Elie n’avait pas accepté de lâcher le morceau et suppléer par la nécrophobe elles avaient obtenu un abandon las et sans doute amer. Revenues dans la chambre de Jade, les deux complices avaient entrepris de fouiller leurs notes, encore et encore. Des noms ressortaient parmi toutes les catastrophes qui se déployaient au travers San Francisco, voire du monde. Aucun qu’elle ne connaissait pour l’instant, mais Melena estimait qu’il pourrait être intéressant d’en retenir quelques uns.

Les options possibles s’étaient très vite dégagées, mais la manière de les mettre en œuvre demanda de nouvelles tentatives de recherches. Le nom de deux praticiens, Camélia Thores et Johnathan Mackingsley, apparaissaient régulièrement. Ils se revendiquaient de la méthode d’hypnose apportée par le Dr Parkinson dans la psychiatrie et affirmaient avoir obtenus des résultats tout aussi convaincants. En désespoir de cause, l'irlandaise les proposa à Elie qui refusa l’offre en prétextant ne pas vouloir se trouver sur la liste de deux médecins suspects. Ce n’était pas faux. En combien de temps les liens seraient-ils faits ? Il suffisait de peu pour que les forces de l’ordre se rendent chez Parkinson, consultent les dossiers et prennent contact avec tous les patients pour les interroger, peut-être même les arrêter. Tout devait être régler avant, si les jeunes filles voulaient être en dehors de tout soupçons. La nécrophobe s’imaginait capturée par les services secrets ou l’armée, torturée dans un bunker secret inaccessible où on lui ferait porter la responsabilité de dix-huit chefs d’accusations différents alors qu’elle n’avait rien fait de mal.

Elie la tira de ses réflexions exagérées en proposant d’aller voir un marabout. Melena l’écouta en s’essuyant un œil, accablée par la fatigue, et réfléchit un instant, son regard gris perdu dans le vague. Après tout, s’il ne coutait pas cher, ça ne pouvait pas être pire qu’une séance d’hypnose ou plus risqué que de dégoter de la drogue dure quelque part.

- Pourquoi pas, lâcha-t-elle d’une voix qui commençait à s’endormir.

La mauvaise jumelle dut comprendre à la mine pâle et aux bâillements de l'irlandaise qu’il était temps de dormir, ou bien elle était elle-même épuisée, car elle dit brusquement qu’elles allaient devoir partager le lit. Comme une vilaine claque qui cingle pendant plusieurs longues secondes, les images de la nuit précédente défilèrent en un éclair devant ses yeux pâles. S’il avait pu, son teint aurait blêmit d’avantage. Ses lèvres claires s’étaient entrouvertes, mais pas un son ne sortait de sa gorge sèche. Il fallut qu’Elie se lève et tapote le matelas à ses cotés pour que Melena accepte de bouger. Sans un mot, elle acquiesça, rangea son ordinateur dans sa house, éteint la lumière et vint s’allonger dos à son ancienne rivale. Le lit était étroit, l’obligeant à entretenir un équilibre précaire pour essayer de ne pas entrer en contact avec elle. Sa tête avait recommencé à lui faire mal et elle espérait que cette nuit de sommeil l’aiderait à dissiper sa migraine.

S’endormir dans la chambre de Jade aurait dû susciter un sentiment d’excitation, mais un nœud à l’estomac de la brunette l’empêcha longtemps de fermer l’œil. Elle devrait retourner dans un monde où elle avait faillit mourir des tas de fois en faisant équipe avec une fille avec laquelle elle ne s’entendait vraiment et avec la désapprobation des parents de son amie.

Elle finit par rejoindre les bras de Morphée aux alentours de 2h du matin et ne rouvrit l’œil que lorsqu’elle sentit sa comparse s’extirper du lit, derrière elle.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Mer 15 Juin - 16:18

Voir Melena tout faire pour ne pas effleurer son épiderme faisait voguer Elie entre amusement et soulagement. L'idée de lâcher une ou deux remarques taquines lui passa par la tête mais elle la chassa bien vite. La fatigue de la journée se faisait déjà sentir, elle n'avait pas besoin d'une dispute pour parfaire son épuisement physique et moral. Choisissant l'option mutisme, la mauvaise jumelle se plaqua donc contre le mur pour profiter de sa fraicheur et de son contact pour se sentir moins seule à défaut de pouvoir se blottir dans ceux de sa moitié.

Au petit matin un rayon du soleil darda entre les rideaux pour atteindre son visage ensommeillé. Ses yeux papillonnèrent un instant pendant lequel elle se demanda de nouveau où elle se trouvait, et qui diable avait un bras posé sur son ventre. L'irlandaise malgré sa volonté de n'avoir aucun contact physique avait laissé voguer son bras au dessus des draps, empêchant El' de se lever. L'américaine fixa un moment le morceau de chair pâle qui faisait pression sur son ventre avant d'attraper le poignet qu'elle repoussa comme elle se serait débarrassé d'une branche morte. Pas de quoi gueuler ni de s'attendrir, pas le temps de trainer non plus et sa comparse sembla le comprendre car elle se réveilla presque aussitôt qu'Elie fut debout.

Elle ouvrit sa penderie et se surprit de ne pas y voir Jade, puis les souvenirs de la discussion en soirée lui revinrent en mémoire. Ah oui elle dormait sur le canapé... Sans se poser plus de question elle attrapa au hasard un jean élimé, des sous-vêtements noirs et un t-shirt rouge sur lequel s'étalait un logo de groupe de rock peu connu. La salle de bain l'accueillit rapidement et c'est avec plaisir qu'elle retrouva son shampoing pour cheveux secs, son gel douche au kiwi, son peignoir trop grand et, ô luxe suprême, sa brosse à dent. Les 20 minutes qu'elle passa en solitaire entre ces 4 murs furent un pur bonheur et c'est presque de bonne humeur qu'elle en sortie prête pour de nouvelles pérégrinations.

- Si tu veux te doucher la salle de bain est libre, je t'attends dans la cuisine. Je préparerais le petit dej'. Y'a des serviettes propres dans le placard sous le lavabo, expliqua Elie en passant la tête par la porte de sa chambre.

Sans attendre de réponse elle fila jusqu'à la cuisine encore vide. L'horloge indiquait 7h du matin et son tic-tac était le seul son qui brisait le silence. Sa mère avait probablement été exténuée par toutes ces révélations, et pour être franche avec elle-même la mauvaise jumelle préférait largement ne pas la recroiser avant son départ. De nouvelles discussions, de nouveaux adieux seraient trop difficiles.

Il lui fallut quelques secondes pour se remémorer l'emplacement des bols, du lait, des céréales et autres choses indispensables pour commencer la journée du bon pied. Elle avait beau n'avoir quitté sa maison qu'une journée dans le monde réel ça faisait près de deux mois qu'elle n'avait pas eu l'occasion de fureter dans le coin. En dix minutes elle finit par arriver à un résultat qu'elle jugeait correct, ce qui concrètement se résumait à une table croulant sur tout ce qu'il était possible d'espérer au petit déjeuner. Pain, miel, confiture, nutella, beurre de cacahuète, céréales, lait, café, jus de fruits, yaourts, bacon, œufs, pancake... il y avait au moins à manger pour toute la famille mais Melena et elle avaient besoin de prendre des forces. On allait pas à Dreamland l'estomac vide.

La mauvaise jumelle s'était déjà servi copieusement lorsque la nécrophobe pointa son nez dans la cuisine, et s'acharnait à l'heure actuelle sur une assiette d'œufs noyés sous du bacon bien gras. Elle leva les yeux de son festin pour signifier à sa camarade de ne pas faire de manière et de poser ses fesses pour manger. Joignant la parole au geste elle ajouta une fois qu'elle eut avalé sa bouchée :

- Fais toi plaisir. J'ai pas mis de poison dedans, rassure toi. Il paraît même que je suis pas mauvaise cuisinière. Yé fé la couizine et le ménache comme dirait l'autre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Mer 15 Juin - 17:11

Il fallut un certain temps à Melena pour identifier l’endroit où elle se trouvait. Elle avait énormément changé d’endroit où passer la nuit ces derniers temps et chaque matin apportait son lot d’interrogations. Lentement, elle se souvint des mésaventures de la veille puis de son trajet pour revenir chez les Martins. La chambre de son amie avait été désertée, la laissant seule avec l’horloge murale qui indiquait un peu moins de 7h et le bruit de fond de l’eau qui cascadait dans la douche. L’adolescente se frotta les yeux d’un air ensommeillé, l’épuisement encore présent dans toutes les fibres de son corps, mais il fallait bien qu’elle se lève.

Une fois sur pieds, elle récupéra son sac et en sortit ses sous-vêtements de rechange ainsi que sa brosse à dent. Elle les disposa sur le lit et, en attendant le retour de la mauvaise jumelle, sortit silencieusement pour essayer de dénicher les toilettes. Les trouver instinctivement ne fut pas trop difficile et l’irlandaise pu soulager sa vessie avant de retourner sagement attendre dans la chambre de Jade.

Lorsqu’Elie eut libéré la douche, Melena s’y rendit avec appréhension. Découvrir l’univers de son amie lui faisait plaisir mais en même temps… le fait qu’elle ne soit pas ici simplement par une invitation amicale pesait lourd sur son estomac. Une glace lui renvoya un visage blême et cerné qui lui faisait une mine maladive. Sans grande conviction, elle choisit une serviette sous le lavabo et se réfugia sous la douche, empruntant timidement le dernier gel douche qui avait l’air d’avoir été utilisé. Le contact de l’eau chaude la revigora, plus encore que sa petite nuit, et la nécrophobe sortit se sécher légèrement plus colorée. Elle s’habilla, se brossa rapidement les dents pour se débarrasser de son empâtement matinal, suspendit sa serviette et quitta la pièce.

Une fois ses affaires rangées dans son sac, elle rejoignit la cuisine où sa complice avait préparé un festin pour une famille entière. Bien qu’elle soit encore gênée de se trouver chez les Martins, sachant son amie endormie sur le canapé, l’irlandaise ne pouvait nier qu’elle avait faim et que l’odeur du petit-déjeuner était alléchante. Elle s’assit face à Elie en la remerciant d’un sourire pâle et lui demanda presque trop naturellement :

- Tu pourrais me prêter un peigne ou une brosse avant qu’on parte ?

Melena entama alors son repas avec une tranche de pain couverte de beurre de cacahuète, puis se servit des œufs et du bacon qu’elle se reprochait presque d’avoir engloutit trop vite. En y repensant, son dernier vrai repas remontait à l’avant-veille ; elle n’avait rien mangé du tout depuis la pizzeria, hormis trois bouchées de carotte crue chez les Halleberry. Elle avait donc extrêmement faim en cette matinée qui marquait certainement le début de nouvelles aventures dreamlandienne pour les deux anciennes rivales.

Leur accrochage de la veille lui restait toujours en tête, pas vraiment par rancœur, mais parce qu’elle se demandait si elle devait dire à Elie que sa mère était morte et que c’était la raison pour laquelle elle en était venue à voir Parkinson. En fait, elle aurait aimé le faire, mais la mauvaise jumelle avait l’air de tellement bonne humeur qu’elle ne voulait pas risquer de plomber l’ambiance avec d’autres confessions macabres. Au lieu de ça, elle sourit franchement avant de croiser de ses yeux gris le regard de sa comparse :

- C’est vrai que tu cuisines bien, c’est super bon.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jade Martins

avatar

Maladie mentale : Troubles dissociatifs de la personnalité

Messages : 1244

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2268 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Sam 18 Juin - 18:59

L'atmosphère qui régnait dans la cuisine était presque normale avec ces odeurs enivrantes et le paresseux tic tac de l'horloge. Peu à peu la table s'allégeait de ses victuailles alors que adolescentes se perdaient dans un mutisme appliqué. On ne parlait pas la bouche pleine, c'était bien connu. Lorsque Melena rompit le silence pour demander un peigne ou une brosse Elie haussa un sourcil avant que ses épaules prennent la relève. A quoi bon demander ? Elle pouvait directement se servir. Il n'y avait aucun molosse dans la salle de bain pour l'empêcher d'ouvrir les tiroirs et l'engueuler si elle laissait la moitié de sa tignasse brune sur la brosse.

- Bah... s'tu veux. C'est dans l'armoire à droite du lavabo.

L'animosité de la veille semblait s'être évanouie entre les deux donzelles, peut-être parce que la nuit avait été bien moins chargée en émotions malsaines. A la grande surprise d'Elie, l'irlandaise se permit même le luxe de la complimenter sur sa cuisine. Peu habituée à ce genre de réflexion elle ne sut d'abord pas comment réagir, se contentant de regarder fixement la brunette qui lui faisait face. Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire scénario qui était pour l'heure un mensonge ironique, mais les traits tirés de la nécrophobe ne dévoilaient aucunement ce genre d'intention.

- Plus c'est gras, plus c'est bon. Tes fesses me remercient déjà, finit-elle par répondre avec un sourire légèrement crispé.

C'était bien plus dur d'être aimable et de faire des efforts en plein jour, alors que le regard de l'autre était braqué sur elle. Mais le sentiment d'une évolution positive possible restait vif. A défaut de devenir de l'amour la haine pourrait peut-être se changer en amitié ?

Ami... ce mot n'avait pas de réelle signification pour l'adolescente d'ailleurs. C'était Jade qui avait toujours eu le beau rôle, c'était elle qui était au premier plan pour les parties de rigolade, les plans foireux, les soirées pyjamas. La bonne jumelle collectionnait les copines et ne restait plus à son double que les ennemis. Qu'est-ce qu'on devait faire d'ailleurs avec un « ami » ? El' jaugea discrètement sa comparse pour tenter de trouver un sujet de conversation adéquat mais laissa vite tomber. C'était pas son truc, de lier des relations. Trop compliqué, trop fastidieux, trop fatiguant. Ça se ferait tout seul ou pas du tout.

Un ronflement sonore dans une chambre proche la fit légèrement sursauter en instaurant une sorte d'état d'urgence dans sa caboche. Elles avaient assez trainé dans le coin et il fallait partir avant que ses parents ne pointent leur nez dans la cuisine. Sa chaise racla au sol alors qu'elle la repoussait en arrière pour se lever et commencer à débarrasser le bazar qu'elle avait causé en préparant la table. Alors qu'elle avait les bras chargés de pots de confitures diverses elle expliqua à l'adresse de Melena :

- Je crois qu'ils vont pas tarder à se réveiller et j'aimerais être partie avant. Je te laisse faire ce que t'as à faire dans la salle de bain et je t'attendrais dehors, elle jeta un coup d'œil troublé vers le couloir avant d'ajouter, Les adieux, tout ça là, c'est vraiment pas mon truc.

Une fois le tout rangé elle se saisit de son sac à dos contenant en tout et pour tout son téléphone, un MP3, son portefeuille, ses notes et une petite bouteille d'eau. Pour parer à toute éventualité quand à son retour à Dreamland elle s'était chaussée de ranger imposantes qui aurait fait couiner de douleur n'importe qu'elle personne dont elle aurait malencontreusement écrasé le pied. Elle était persuadée de faire ainsi un choix stratégique pour un nouveau long périple et aurait sûrement fait grise mine en sachant qu'elle réintègrerait en réalité ses frusques laissé sur place.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://exil.hypeforum.net
Melena Autumn

avatar

Maladie mentale : Thanatophobie

Messages : 1512

Feuille de personnage
Sac à dos:
Pouvoirs:
Bourse: 2173,5 rubz

MessageSujet: Re: Home sweet home   Dim 19 Juin - 1:27

Elie la dévisagea un instant avant de lui rétorquer une phrase qui la fit légèrement sourire. Sincèrement. En parlant de ça, Melena se rendit compte qu’elle n’avait jamais spécialement fait attention à sa ligne. Peut-être sa propension naturelle à toutes sortes d’activités sportives dans le cycle scolaire l’avait entretenu un minimum, ou bien était-elle génétiquement chanceuse. Quoiqu’il en soit, elle n’avait jamais eu à accuser de kilos en trop, sans pour autant se priver des bonnes choses.

Le silence qui les enveloppait se poursuivit jusqu’à ce qu’un ronflement sonore rappelle la présence endormie des parents Martins. La chaise d’Elie racla alors le sol tandis qu’elle se relevait et la nécrophobe la regarda, la bouche encore pleine d’une autre tartine au beurre de cacahuète. Après les explications de sa complice, elle comprit et avala sa bouchée en vitesse avant de filer dans la salle de bain dérober un peigne pour se coiffer. Une fois parvenue à un résultat satisfaisant, elle constata ses traits décolorés par la fatigue dans le miroir puis s'en fut sans se retourner. Son sac fut prêt en moins d’une minute, elle récupéra son ordinateur portable et rejoignit la mauvaise jumelle dans l’entrée. Un dernier regard sur le corps endormi de Jade la motiva, lui rappelant la raison pour laquelle elle se devait de partir une nouvelle fois, puis les deux acolytes quittèrent la demeure à l’aura chaleureuse pour trouver la fraicheur de la matinée.

Le jour était à peine levé, la rosée imbibait encore l’herbe récemment tondue du jardin et dégoulinait le long de la boite au lettre. Les travailleurs les plus matinaux du quartier regagnaient déjà leurs voitures, lancés pour une dure journée de labeur… une journée comme toutes les autres, ou presque. Presque, car désormais, les voyageurs étaient à San Francisco, et rien ne pourrait être pareil.

*Plus jamais.* Songea sombrement Melena en mettant un pied dehors.

Serait-elle de nouveau normale un jour ? Et puis, qu’était-ce être normale finalement ? L’avait-elle été avant l’accident qui avait bouleversé sa vie ? N’était-elle pas plutôt une étrangeté depuis sa naissance ? C'était peut-être la raison pour laquelle les enfants de son voisinages ne l'avaient jamais acceptée en Irlande. Le visage d’Anney lui apparut, son sourire affectueux et triste lui réchauffant le cœur d’un éclat froid. Que penserait sa mère si elle savait ce qu’elle était devenue ?

Alors qu’elles marchaient toutes les deux en directions du marabout désigné pour leur séance, une interrogation frappa soudainement l’esprit de la nécrophobe. Presque tellement évidente qu’elle s’étonnait de ne pas encore y avoir pensé. Avec hésitation, elle ouvrit ses lèvres blanches frémissantes et demanda faiblement, l’air ailleurs :

- Dis,… Dreamland se constituent à partir… des rêves des gens d’ici n’est-ce pas ? Alors d'après toi… si quelqu’un de décédé apparait dans nos rêves… est-ce que cette personne va exister à Dreamland ?

Son regard gris se tourna vers sa complice. Dénué de sa distance habituelle, étonnement transparent et fragile. Oui… si elle avait une chance de revoir sa mère dans l’autre monde, est-ce qu’elle ne choisirait pas d’y rester finalement ?

Suite => L'appartement du marabout
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Home sweet home   

Revenir en haut Aller en bas
 
Home sweet home
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hypnose : l'Exil :: San Francisco :: Les bas quartiers-
Sauter vers: